La presse, 19 octobre 1963, Supplément 1
[" .j-'V* '¦ ';.&£Ïj§t§3a \u2022'it-:- -j .'§ \"¦ I \u2022 \u2022: \u2022\u2022\u2022 : \u2022 '0?& iiiill \u2018M ¦ llppifl S.ÿs> ¦ £üü »iii: HD1IKS /n\\nn ® MONTRÉAL, SAMEDI 19 OCTOBRE \\m Quand français voyage RANCE.Joli nom.doux nom aux oreilles et aux coeurs des gens du Québec, seuls Français en ce vaste continent américain et anglophone.I.a mère-patrie nous visite les bras chargés do ces colis précieux, de ces témoignages péremptoires : ses arts.Jamais encore on n'a pu voir si bien, de tant de façons, la richesses fantastique de ce vieux pays, ce pays de nos origines.Les résistants que nous sommes bombent un peu le torse.Il nous semble que toutes ces merveilles sont un peu notre héritage.Ces expositions, au Musée pour la peinture, à l'Institut des arts appliqués pour l\u2019art décoratif (vitraux, tapisseries.céramiques, gravures, maquettes de théâtre, meubles», à la Place des Arts pour la tapisserie, à la Place Ville-Marie 'grand hall» pour l\u2019art religieux, toutes ces expos, dis-je, montrent d'éclatante façon la force culturelle, la puissance intellectuelle du pays de nos ancêtres.Tous ceux qui habitent la \u201ccapitale française de l'Amérique du Nord\" se feront un devoir (et un vif plaisir1 de visiter ces ardentes chapelles de l'art français.L'expo des arts appliqués II me faut, en premier lieu, parler de l\u2019exposition des arts décoratifs.Elle est fabuleuse.Les couloirs, des salles entières de l'Institut des arts appliqués se transforment en un vivant et pratique musée de l\u2019art français contemporain.Il est absolument impossible d'en faire un compte rendu soigneux.Les gravures fameuses qui sont montrées à l\u2019un des étages de l'Institut sont en trop grand nombre, les céramiques 'dont quelques assiettes de Picasso) méritent toutes la plus grande admiration, les tapisseries 1 Braque, Picasso, Vasarely» sont nombreuses qui demandent une description élogieuse .enfin.Le directeur, Jean-Marie Gau-vreau, jubilait lundi dernier et avec raison.Non seulement son école avait l'honneur d'abriter de telles oeuvres, mais elles sont montrées avec un art parfait de l'étalage moderne.A faire honte aux muséologues spécialisés.Jacques Laÿsaigne, grand gaillard fort sympathique, écrivain et critique de belle réputation, grand responsable de ces nombreuses expositions artistiques, se dit très heureux de la collaboration efficace da l\u2019Institut, directeur, professeurs et élèves.Lundi donc, une foule d'amateurs d'art se pressait dans la hall de l\u2019ancienne école polytechnique de la rue St-Denis.Notre ministre de l\u2019éducation (en fait sinon en titre», M.Gérin-Lajoie, a présenté André Malraux de façon très personnelle.Son long exposé contenait des phrases importantes, il a décrit de façon extrêmement intelligente le dynamique essor, la nouvelle volonté d'affirmation nationale des Québécois.Parlant de l'expo des arts appliqués, il a souligné le fait nouveau de la participation des artistes les plus célèbres aux techniques des arts décoratifs.Et, avec raison, il parla d'uno nouvelle Renaissance, \"Culture populaire\" Il faisait rudement plaisir d'entendre Gérin-Lajoie parler des soifs nouvelles des travailleurs qui disposeront bientôt da nombreuses heures de loisirs.Alors, il n\u2019a pas craint da s\u2019écrier : \u201cII faut ouvrir les musées, les châteaux et les cathédrales.\" Le progrès des techniques, a-t-il souligné, voudra dire incarnation des valeurs de l'esprit et aussi égalité des chances dans la découverte et le partage des richesses artistiques.\u201cL'émancipation sociale, le temps retrou- 'PWt |HM|£ v Yy- r&àsé- sX:fj-~; ;4vftgi-3g .ï?®6 .É@&-PPt inm .*¦ ;.v |pfw|§gg lllfll&sæs ¦ ÿj^grcyii'fetvxsi «11 ¦ - ; o \\f~ psychologie et de pédagogie.Editions du Jour, Editions Bellarmin, Editions de l\u2019Hexagone, Editions Nocturne, Edition Iris, Editions D\u2019Aigle, Editions de l\u2019Atelier, Revue \u201cRelations\u201d, Revue \u201cMaintenant\u201d, Editions du Bien public, Editions du Soir, Editions Atys, Librairie Déom, Editions \u201cJe voux savoir, L\u2019Institut de personnalité.Editions des Foyers Notre-Dame, Editions Goglin, Editions de la Vallée, Editions St-Louis, Editions de l\u2019Académie canadienne-française, Editions à la Page, Editions H.M.IL, Editions Les écrits du Canada français, les Presses de l\u2019Université de Montréal.L'édition française se prépare au Salon du Livre de Montréal! P ET ARIS.(DNC) \u2014 La 6a Salon du livre de Montréal, qui se tiendra du 2 au 7 avril prochain, est de ce temps-d l\u2019un des grands sujets de conversation des milieux culturels de Paris.Depuis quinze jours, l\u2019organisateur général du Salon, M.J.-Z.-Léon Patenaude, se fait ouvrir toutes les portes du monde de l'édillon et s'assure ies plus précieuses adhésions à \u201cla plus grande exposition de livres français du monde\".Déjà, il est certain que la Salon 1964 va dépasser celui de 1963 par le nombre des exposants et des ouvrages exposés, estime M.Patenaude, qui résume ainsi les résultats acquis jusqu'à ce jour i \u2014L'invité et conférencier d'honneur sera M.André Cham-son, de l'Académie française, directeur général des Archives publiques de France.\u2014Une exposition groupera les journaux et périodiques de 74 pays soit quoique 1,303 publications.\u2014Un panorama organisé en collaboration avec le Comité national des illustrateurs de livres présentera 120 oeuvres originales (gravures, peintures, etc.) de Picasso, Braque, Rouault et d'autres maîtres qui, de 1900 à nos jours, ont illustré des ouvrages français.\u2014Hachette et Hatier consa- creront dix stands à leurs publications destinées à l'étranger, notamment des manuels en usage en Afrique.\u2014Le Syndicat national des éditeurs français exposera 3,000 ouvrages parus chez 140 éditeurs de France au cours des trois dernières années.\u201cToutes ces attractions et bien d'autres, sans compter la participation canadienne, feront du 6e Salon une manifestation prestigieuse de l'édition en langue française en même temps qu'une foire populaire du livre\", déclare M.Patenaude.Au cours d'une brillante réception qui réunissait, à la Délégation générale du Québec, ies représentants du gouvernement ainsi que des organismes culturels et professionnels fran-çais, il a officiellement invité les 31 pays francophones du monde à y prendra part.Soulignant le rôle important que joue la Délégation générale dans la développement des relations culturelles entre la Québec et la France, M.Patenaude a félicité le conseiller culturel, M.Robert Elie, da l'excellent travail qu'il accomplit dans ce domaine.Une fois terminée sa mission à Paris, M.Patenaude est parti pour Francfort, Allemagne occidentale, où se déroule la grande Foire du livre (9-14 octobre).Il y représente la Conseil supérieur du Livre, dont II est secrétaire général et directeur des relations extérieures.A ta Foire de Francfort, les ouvrages canadiens sont exposés au stand de ('Association des éditeurs canadiens, dont les délégués sont MM.Jean Bode, de la librairie Déom, et Gaston Miron.A son retour d'Allemagne, M.Patenaude participera, avec MM.Bode et Miron, à In réunion annuelle de l'Union des éditeurs de langue française, à laquelle il demandera de bien vouloir accorder son patronage d'honneur au 6e Salon.Il se rendra ensuite en Belgique, puis en Suisse, où il invitera le Syndicat des éditeurs belges et la Société des éditeurs et libraires de la Suisse romande à prendre part au Salon.Sur la liste des personnalités que M.Patenaude aura eu l'occasion de rencontrer au cours de son séjour en Europe, on remarque les noms do deux écrivains, Jules Romains et Jacques Chabanncs.Ce dernier, qui est président de la' Société des gens de lettres, partira pour Montréal au début de novembre.Il donnera des conférences à travers le Canada sous les auspices do l'Alliance française.Enfin, M.Patenaude a été successivement reçu par MM.Jacques Guignard, conservateur en chef de la Bibliothèque de l'Arsenal ; Jean-Alexis Ziegler, secrétaire général de la Confédération internationale des Sociétés d'auteurs ; Georges Car-lieu, administrateur général de la Caisse des Lettres ; Mmes Geneviève Jaudoin-Prom, délégués générale internationale de l'Union culturelle française, et Lise Lebel, secrétaire générale de l\u2019Association nationalo du livre français à l'étranger.Pierre Saint-Germain Le dramaturge Sean O'Casey JEAN BÉRAUD v>' f fcÿEAN \u2014 on prononce Shawn \u2014 O'Casey, le dramaturge que nous joue présentement le Théâtre du Nouveau Monde, Offre cette particularité d'être de coeur et d'esprit un rebella Irlandais qui ne fut pas seulement un rebelle contre l'Angleterre mais qui est aussi un rebelle contre l'Irlande.O'Casey vit à Londres depuis près de quarante ans.Octogénaire, il est presque aveugle et vit paisiblement avec sa femme et une fille qui étudie l'art dramatique.Depuis quelques années, ses pièces ont du succès à travers le monde et lui rapportent des droits intéressants.\"Cela vient bien tard .tauplre-t-il.L'auteur de \"Juno and the Paycoek\", \"Within the Gates\", \"The Silver Tassie\" et \"L'Ombra d'un Franc-Tireur\" entre autres, fut dans sa jeunesse un jeune rebelle contre l'Angleterre.Il écrivit alors des drames de résistance, pourrait-on dire.Mais On jour il s'avisa de dire que tous les rebelles irlandais ne sont pas des saints (\u201cThe Plough and the Stars\" \u2014 La Charrue pt les Etoiles); que la cause irlandaise n'était pas cent pour fient bonne; qu'une jeune Irlandaise, son héroïne, n'était pas cent pour cent pure; et que le drapeau républicain pouvait être affiché dans un \"pub\".Le poète Yeat* a participé à l'énor-rne chahut déclenché par la pièce, et O'Casey pensa dès lors que l'Irlande devenait pour lui un habitat peu sympathique.Plus tard, à propos da \"The Drums of Father Ned\", I* dramaturge eut fort à faire avec l'Eglise Irlandaise, l'archevêque de Dublin ayant objecté que la pièce était anticléricale dans ses attaques contre la bigoterie, le puritanisme et la fausse piété.Un autre \"Tartuffe\", quoi.En 1958, O'Casey interdisait toutes ses pièces en Irlande.Il reçoit maintenant une ample compensation dans le monde extérieur, car on le joue partout en Europe et en Amérique.En rupture avec une bonne part du théâtre de son temps, avec la mode de la première partie du siècle vouée au naturalisme, au réalisme, au théâtre de boulevard, O'Casey proposa que même dans la pièce la plus vraie le symbole ne soit jamais absent.\"Pourquoi, demande-t-il, un auteur écrit-il pour la seine dans le ton où le peuple parle?Y a-t-il de la beauté dans la conversation ordinaire, par exemple dans le dialogue que nous échangeons présentement?Si je faisais parler mes Irlandais sur la scène comme ils parlent dans la vie, j'écrirais de la camelote.Je prends une phrase de cuivre et essaye d'en faire une phrase en or.\"Car M existe une vie plus profonde que celle que nous voyons et entendons, et c'est là la vio qui a de l'importance et qui dure.Une maison sur la scène ne peut jamais être une maison, et ce qui la représente doit toujours être en quelque sorte un symbole.\"La nouvelle forme d'art dramatique prendra ses qualités dans la théâtre classique, romantique et expressionniste, les mêlant ensemble, leur insufflant une nouvelle vie.Ainsi naîtra une nouvelle forme de jeu et de mise en scène, ainsi naîtra un nouveau moyen de communication entre la scène et la salle.\" Et le dramaturge de citer en exemple Shakespeare, Ibsen, Pirandello et Shaw.Son symbole le plus cher est le \"cri déchirant vers l'espoir d'un monde meilleur\".Quant à ses autres symboles, ils sont tris clairs: il y a l'Irlande, patrie chérie pour laquelle on donne volontiers sa vie \u2014 O'Casey n'est pas devenu Anglais, loin de là\u2014; il y a la religion; il y a occasionnellement la grève, indice d'un syndicalisme encore en bataille ouverte contre un monde dur et fait pour une classe privilégiée; Il y a aussi le loyalisme et la rébellion qui, à l'occasion, font de voisins les pires ennemis.Ainsi le symbole engendre tous les conflits qui ont déchiré si longtemps l'Irlande, à l'époque de sa plus grande misère.C'ert, somme, le thème de la plupart des pièces du répertoire à l'Abbey Theatre et au Gate Theatre, que les troupes de ces théâtres venaient nous jouer à Montréal II y a vingt-cinq ans.Pour O'Casey, il n'y a pas de théâtre sans poésie.En jouant O'Casey, la troupe du Théâtre du Nouveau Monde LA SEAN O'CASEY nous offre un théâtre très actuel, dont les résonances peuvent porter aussi bien chez nous, aujourd'hui, qu'elles portaient au temps où l'Irlande rêvait d'indépendance et commençait à se battre pour elle.On peut se demander ce qu'attendent nos propres dramaturges pour s'attaquer à des sujets qui nous touchent.PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 19 OCTOBRE 1963/3 LES I ARTS CETTE SEMAINE cinéma théâtre ¦ ' l'.v Dcyglun.Paul Guèvre-mont.Mise en scène rie Paul Guévremont.Tous les soirs à S h , relâche le lundi.célèbre \"gospel singer\", ille de la Place des Art» si \u2022V- ¦ \u2018 lx*'-*-; ' ^\t.v.:: .variétés F-.:-.beaux-arts AHUNTSIC : \"Shock Ccrri- ridor\".2:45, 0:10, 9:35.\"The Gun Hawk\".1:05.4:3.'!.8:00 ALOUETTE : \"Cleopalra\": mere., sam., dim.et fêtes: 2 00 Soirées; 8:00.Diman-the : 7:30.AVENUE: \"Nurse On Wheels\": 1:35, 3:35 5:35, 7,35, 0 35 BEAUBIEN : \"L'héritage d' la chair\".12:15, 4:13.8:11.\"Billy Bud\".2:08, 6:06, 10:04.BIJOU et SAINT-DENIS : \"La vérité\", do II C.Clouzot.avec Brigitte Bardot et Samy Prey.CANADIEN et PLAZA : \u201cTrop jeune pour aimer\" : 12:00, 3:20, 0:30.9:55.\"La belle et l'empereur\": 1:35, 4:55, 8:10.CAPITOL : \"The Stripper\", nvre Joanne Woodward 10:35, 12:45, 3:0(1, 5:15 , 7:30, 9:50 CHAMPLAIN : \"L hérÜoge de la chair\".2:20.5:15, 10:15.'Billy Bud\".12:15, 4:05, 8:00.CHATEAU : \"La pros'ilu-tion\".1:05, 4:35, 8:00 \"Nuits d'Orient\".3:15, 0:40.10:15.CINEMA FESTIVAL : \"L'Ile nue\", de Kaneio Shin-tlo 5:00, 7 30, 9:40.Cl NE R AM A-THEATRE-IMPERIAL: \"How the West Was Won\".Tous les soirs, dimanches compris, à 8:30.Matinées le mercredi a 2.00.samedi et dimanche à 1 .no Dimanche représentation spéciale à 4:45, CREMAZIE : \"Billy Bud\".32 45, 4:13.8:06 \"L'héritage de la rhilr\".2:26.6:19.10:17.OORVAL : Red Room \"Spencers Mountain\".9:25.\"Island of Love\".7:40.Mere, sam.et dim.1:00.Salle \u2022' COCTEAU OU le héraut d'un demi-siècle L E monde entier connaissait son visage, ses mains, ses oeu-treî et son rôle.On le nommait [a franc-tireur de toutes les avant-gardes, le prince des enfants terribles, l\u2019oiseleur, la [.ferlin de tous les instruments faits pour chanter.Et l\u2019on avait admis, et cinquante ans durant, qu\u2019il fût l\u2019ordonnateur de toutes les fêtes.On s'habitue mal à S3 mort.Et c\u2019est d'ailleurs dans l\u2019au-| delà des limbes, no man\u2019s land entre la vie et la mort et en-| fer à la mesure de l'homme, qu\u2019on voyait s'éloigner posément, pour toujours, entre des murs vivants, les condamnés d'\u201cOrphée\u201d, dans la dernière Image de son film.Parlons-en au présent.Jean Cocteau se fait gloire, de bonne heure, de découvrir la poésie en tout, dans un boxeur, lut ballet, une forme, une chanteuse, un court métrage, une murale.La poésie.Il en compose lui-même de fort belle, et de multiforme.A son estime (c\u2019est une formule qui lui est chère), il ne compose même que cela.Pourtant, dangereusement habile, il n\u2019est pas tout à fait, tout d\u2019abord, l'enfant des Muscs, mais leur page élégant, surdoué, leur confident mondain, leur introducteur chez les snobs.Tâche éminemment utile \u2014 le snobisme a seul assuré le succès du théâtre de Giraudoux \u2014, à condition toutefois de ne pas hésiter entre les Muses, de savoir distinguer les authentiques, rares, des fausses innombrables.Cocteau ne se trompe pas.De cette lucidité, les exemples abondent.On célèbre la littérature de l\u2019exotisme, de la nostalgie, du départ.Il répond : \u201cJe ne crois pas à ce terme à la mode : l\u2019évasion.Je crois à l\u2019invasion.Je crois qu\u2019au lieu de s\u2019évader par une oeuvre, on est envahi fleur la mauve juke-box des de Tirésias\" ou \u201cSacra du Printemps\u201d sans qu\u2019il résumât soir-là ce qu\u2019on dirait plus tard d\u2019Apollinaire, de Stra-winsky ou de Poulenc.Ainsi fabrique-t-il ses mots d'ordre au snobisme, mais ces mots d'ordre sont ceux de l\u2019avant-garde ; plaide-t-il pour un délinquant hirsute et malcommode, qu\u2019il mènera par le bras dans les premières, mais ce repris de justice se nomma Jean Genêt ; bouscule-t-il.jongleur Impertinent, les conventions, mais c\u2019est pour proclamer, en tous domaines, et pour faire consacrer, les richesses vraies de son époque.On l\u2019a vec lui, \u201cles valeurs mau-sont.devenues valeurs mondaines\u201d.par elle.\u201d Réponse qui est bien dans sa manière.On conteste les qualités de \u201cCitizen Kane\".Il répond : \u201cOrson Welles est un grand poète par sa violence et par sa grâce.\u201d On s\u2019extasie sur les dons précoces de Minou Drouet.Il affirme que tous les enfants sont poètes sauf Minou Drouet, \u201ccette naine octogénaire\u201d.Car ses antennes sont infaillibles et ses formules saisissantes.Son éternel jeunesse, c'est de toujours guetter ce qui va poindre.De Radiguet à Joséphine Baker, de Beckett à Marianne Oswald, de Trénet à Christian Bérard.Il est de ces guides merveilleusement diserts qui n'acceptent pas qu\u2019apparaisse une tentative artistique sans l\u2019avoir à la fois prévu et parrainé, un livre dont peut-être on parlera sqns l'avoir préfacé, un Groupe des Six sans que lui-même l'ait groupé, un Diaghilev sans qu\u2019il y mène tout Paris, un Satie ou un Picasso sans qu\u2019il ait orchestré leur \u201cParade\", Il tient passionnément à ce rôle do héraut et q dépit des ans, ne le On dira donc qu\u2019il \u201cl\u2019éternel rescapé des avant-gardes\", que son \u201cSang d'un poète\u201d n\u2019a que le tort raitre deux ans après et \u201cLe Chien andalou\", qu'il qu\u2019il s\u2019interrogera : Est-ce un vrai créateur ou un petit maitre ?Un enchanteur ou un jeteur poudre aux yeux ?Un acrobate ou un chantre profond ?Le prisme universel de virtuosité fait parfois qu'on le croit insincère.Est-il dans l\u2019air du temps de faire une tragédie classique, un drame romantique ou bourgeois, un oratorio, un film surréaliste, une oeuvre lyrique, un ballet, il s\u2019assimile toutes ces techniques avec une habileté déconcertante et tire de sa manche \u201cRenaud et Ar-mide\u201d, \u201cL\u2019Aigle à deux'tètes\u201d ou \u201cLes Parents terribles\", \u201cOedipus Rex\u201d, \u201cLe Sang d'un poète\u201d, \u201cOrphée\u201d, \u201cLe jeune homme et la mort\".Il n\u2019y manque ni la connaissance d'autant de genres, ni le respect de leur essence, ni la virtuosité qu'il faut pour les lustrer d\u2019une apparence nouvelle.Il n'y manque parfois que ce que l\u2019on appelle, faute de mieux, la nécessité intérieure (\u201cBacchus\u201d, entre le lyrisme dramatique de Claudel et l'engagement de Sartre, entre \u201cL\u2019Otage\u201d et \u201cLes Séquestrés d\u2019Altona\u201d, fait figure d\u2019astucieux exercice', l\u2019urgence.la force concentrée du génie, plus brute, moins séduisante, encore que ce ne soit vrai ni pour \u201cThomas l\u2019Imposteur\", dépouillé de tout esthétisme, ni pour les remarquables \u201cEnfants terribles\u201d, ni pour la prose admirable de \u201cLa difficulté d'être\u201d, ni pour ce \u201cRequiem\u201d, si émouvant à retire aujourd'hui .Il serait vain, et il serait odieux, de conclure.Mais c'est le temps de rappeler que, complice et révélateur de toutes le3 formes de l'art moderne, créateur desservi par son personnage, Cocteau se plaignit fréquemment que l\u2019on cachât son âme derrière une façade mondaine et déformante.Ses détracteurs et ses fervents l'ont d\u2019ailleurs enfermé en deux images opposées, entre lesquelles il faudra bien que la postérité choisisse : l\u2019équili-briste au répertoire truqué, protéiforme ; le poète profond \u201cqui scrute les abîmes de l'acte intellectuel et donne ses réponses comme les oracles en les travestissant sous des mythes.\u201d Mais le choix sera malaisé.Il se pourrait que l\u2019une et l\u2019autre des Images soient ressemblantes.Alain Ponfauf ¦bDITH PIAF est morte et tous ceux-là sont accourus qui accouraient la voir dans les innombrables boites où elle a chanté.Jean Cocteau 3ussi est mort, mais on ne parle que de Piaf et c\u2019est aux funérailles de Piaf que la foula s\u2019est ruée.Car aveugle dans les petites choses, la foule ignore le talent et les subtilités pour ne voir que les grandes choses.Et toute l'histoire d'Edith Piaf est une grande chose, une réussite sans proportion avec les moyens dont elle disposait.Les Français, et surtout les Parisiens, l\u2019ont aimée parce qu\u2019à leurs yeux elle était \"la môme\", la \u201cmoineau de Paris\u201d; parce qu'elle était le cri d'amour et d'angoisse de ces millions de petites gens aux prises avec de petites histoires dans de bien petites vies.Mais au Canada, que peut-on penser d'Edith Piaf ?Elle était venue en M8, en '55.en \u201959.A chaque occasion, des tas de gens s\u2019étalent pressés aux guichets pour l'entendre et les autres l\u2019avaient vue à la télévision, petite au point de remplir à peine le petit écran ! Piaf avait aussi sa large, sa trè3 large place dans les émissions de chansonnettes de la radio.Tout le monde, môme dans la haute, connaissait Piaf.Pour qu\u2019uns chanteuse tombe amoureuse d'un boxeur-et pour que toute l'humanité s'en attendrit.il fallait que cette fille fût Piaf.Pour que l'avant-garde, l\u2019arrière-garde, les ultras et tout le reste écoutent une chanson avec le même recueillement.il fallait que ce fût Piaf qui la chantât.Pour ceux qui ont les pieds ici et la tète partout, peut-être était-elle ici aussi \u201cla môme\u201d et \u201cle petit moineau\u201d.Mais en dépit de ce respect inconsidéré qui lui venait de partout, pour l\u2019immense majorité des Canadiens qui l\u2019ont aimée, Piaf était avant tout la fleur de nos \"jukebox\u201d.C\u2019est dans nos tavernes et dans nos salles d\u2019amusement photo LA FR.ESSŒ les plus lugubles que Piaf prenait toute sa mesure.De tou» ces lieux, elle est la reine depuis longtemps.Combien d\u2019invétérés de la machine à boula ne trouvaient leur pleine forme qu'aux accents de \u201cMilord\u201d, des \"Vieux pianos\u201d ou de \u201cBravo pour le clown\" ?Combien de jeunes et de vieux, attardés à pomper leur bière jusqu\u2019au petit matin, ont meublé leur solitude de \u201cl'Hymne à l'amour\u201d ?Dans ces repaires où la nuit s'éclaire au ncon, sa petite voix criarde et obsédée faisait des remous dans les fumées bleues et roses qui flottaient au-dessus des tables.Pour peu qu\u2019un buveur eût eu le vin triste.la longue plainte recommen çait interminablement.C'était minablo comma empire ?Peut-être, mais elle y mettait de ;û grandeur tout do même.Dans ses mots d\u2019espoir, dans ses mots d'amour, d y avait une certaine fatalité, mais c\u2019étaient quand même des mots d\u2019espoir, des mots d'amour, et la fatalité quelle y attachait était lo seul moyen dont elle disposât pour leur donner droit d\u2019asile dans ces lieux.Edith Piaf était encore Is première à vous accueillir dans les reluisants motels et snackbar qui escortent nos grandes routes, et, généralement, dans tous ces établissements anonymes et ennuyeux d\u2019où vous aviez hâte de partir.Elle était partout et ses mélos sont, do gré ou de force, entrés dans la vie de tout le monde.Quand elle chantait, c'est un peu la misère de chacun qui chantait.Ça n\u2019était pas forcément beau mais le plus souvent, c'élait émouvant.Et maintenant elle est morte Même sa mort a quelque chose de misérable, comme sa vie, comme ses chansons.Maintenant, elle est morte et ne chantera plus jamais, sauf dans les \u201cjuke-box\u201d où, en chantant pour dix cents, elle revivra longtemps les premières heures de sa carrière.J.O'Neil LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 19 OCTOBRE 1963 /5 Randonnées littéraires : Henry Bars, Pierre-Henri Simon lilS GILLES MARCOTTE j'-fV :: WÊsâ E sais peu de choses d'Henry Bars, auteur de \"La littérature et sa conscience\" (1) : qu'il est prêtre ; qu'il vit en province, loin des milieux littéraires ; qu\u2019il a tâté de la philosophie, ayant écrit notamment deux livres sur Jacques Mari-tain.Mais ce que je sais surtout, après avoir lu son dernier li.re, c\u2019est qu\u2019il voue à la littérature une passion dévorante 11 a lu, cet homme, que c\u2019en est incroyable ! Lu et relu, compulsé, noté, comparé.On dirait (pi i! a tout lu, si lui-même ne démontrait mathématiquement, au début de son ouvrage, qu'il est impossible de lire tous les livres \u201cqu\u2019un honnête homme doit avoir lus\u201d.A-t-il suivi un plan, au moins, s\u2019est-il fait un programme, s\u2019est-il consacré à certains cantons particuliers de la littérature ?Cela aurait fait de lui une sorte de spécialiste, et Henry Bars est tout le contraire d'un spécialiste.Parce qu'il est prêtre, il a soigneusement étudié la Bible, les Pères, la théologie scolastique.Mais pour le r este, il s\u2019est abandonné à ses goûts, et le hasard a fait le reste.Sa constellation d\u2019auteurs choisis va de Homère à Conrad, de Proust à Claudel, de Valéry à saint Augustin, de Mallarmé à Bre-mond, de Stendhal à Kierkegaard, de Balzac à < hurles du Bos, d\u2019André Breton à Thibaudet.H i ite encore beaucoup d\u2019écrivains, de tous les siècles et de plusieurs pays, et je serais bien en peine de fixer des limites à son information littéraire.Mais le foyer de sa culture, si je ne me trompe, loge dans le premier quart du vingtième siècle: entre la fin du symbolisme et le début du surréalisme.On le voit à l\u2019importance qu\u2019il accorde aux principaux écrivains de cette période, et surtout à la conception \u2014\u2022 plus ou moins explicite \u2014 qu\u2019il se fait de la littérature.Malgré qu'il en ait, sa pensée est historiquement située.11 est le contemporain de Mallarmé plutôt que d\u2019Eluard, et Proust lui est plus présent que Bernanos ou Malraux.La forme de son esprit, et jusqu\u2019à celle de son- écriture, ne doivent rien aux dernières révolutions littéraires.Le charme de son livre car c'est un livre de charme, autant et plus que de science \u2014 semble d'abord un peu suranné.Mais n'est-ce pas succomber au terrorisme de l\u2019actualité que d\u2019exiger d\u2019un essayiste qu\u2019il partage les préoc-« upaiions, voire les obscurités d\u2019écriture, d'un Maurice Blanchot ou d'un Roland Barthes ?Les problèmes qu\u2019agite Henry Bars, dans \u201cLa Littérature et sa conscience\", sont bien assez modernes pour que nous puissions faire notre profit de l'intelligente, subtile discussion qu'il en propose.L\u2019ouvrage se veut en quelque sorte exhaus-1 if.c\u2019est-à-dire qu'il envisage tous les aspects de la vie littéraire : de l'amour des livres à la fonction spirituelle de la littérature, en passant par la vocation d\u2019écrivain, l\u2019inspiration, la prose, les vers, le roman, l'essai, la critique.Je ne suivrai pas Henry Bars dans ses randonnées souvent capricieuses à travers ce vaste territoire.Je m'en tiendrai à deux thèmes, deux pro- blêmes, sur lesquels l\u2019auteur insiste particulièrement.Le premier concerne les vers et la prose.Ce n\u2019est pas un problème purement académique ; il est signale par l\u2019ambition mallar-rnéenne \u2014 également poursuivie chez les surréalistes \u2022\u2014 de créer une poésie absolument poétique, absolument pure, sans aucune fonction de signification, celle-ci étant réservée à la prose devenue, selon la conception de Sartre, \u201cpur moyen de passage\", (\"est là une conception toute manichéenne de l\u2019écriture et Henry Bars établit, par de nombreuses citations, par des rapprochements éclairants, qu\u2019en réalité la littérature n\u2019accepte pas de se laisser scinder ainsi : les vers ont besoin de prose pour inclure la continuité temporelle, et une pro^o qui ne s\u2019ouvrirait pas à la poésie n aurait aucune existence littéraire.Il décèle, et analyse finement, dans la littérature du vingtième siècle, une \u201cmauvaise conscience\u201d de la prose, coupable à ses propres yeux de n\u2019êlre pas entièrement poésie ; dommage que son étude n\u2019aille pas jusqu\u2019au \u201cnouveau roman\", qui constitue le dernier avatar de la prose voulant se faire poésie.Assistons-nous à une accidentelle, et temporaire confusion des genres, ou bien la littérature tend-elle à une fusion définitive de genres autrefois distincts ?Pour Henry Bars, la question ne se pose pas aussi radicalement \u2014 comme elle ne se posait pas aux écrivains dont il s\u2019est nourri.l)e même, sur l\u2019autre grande question qui l\u2019occupe : la critique, il offre beaucoup de vues justes et fécondes, mais sans voir la forme nouvelle qu\u2019elle a prise aujourd'hui.Le fait nouveau, tout à fait nouveau, c\u2019est que la critique a fini par s'insérer au coeur même de l\u2019oeuvre d\u2019imagination, Le poème comme le roman contemporains se.contestent et se critiquent dans le temps même qu\u2019ils s\u2019écrivent ; la conscience et le faire de la littérature tendent de plus en plus à coïncider.Mais un scrupule m\u2019arrête : je demande sans doute au livre d\u2019Henry Bars plus, et autre i hose, que ce qu'il voulait donner.La pensée de l'auteur est très peu dogmatique, et il lui importe moins, semble-t-il, de discuter des problèmes que de se promener en liberté dans quelques oeuvres qui lui tiennent à coeur.\"La Littérature et sa conscience\u201d est avant tout le livre d'un très abondant, très attentif, très chaleureux lecteur.C\u2019est son charme, et sa limite.Henry Bars est si amoureux des livres des autres, qu'il ne songe pas à aller jusqu'au bout de sa propre pensée.Aussi bien son livre laisse-t-il insatisfait.Je lui en veux de n\u2019avoir qu\u2019esquissé, dans son dernier chapitre, \u201cDe la fêle à l\u2019abdication\u201d, le thème si riche des rapports de la littérature et de la vie.Il y avait là la matière d'un livre, qui aurait peut-être mieux valu que celui-ci.\"La Littérature et sa conscience\u201d est valable par ses apartés, ses analyses de détail, plutôt \u2022tue par ses vue d\u2019ensemble.Saviez-vous que Bremond avait, avant Kierkegaard et peut-être aussi profondément que lui.développé \u2014 et résolu à sa manière \u2014 le conflit de L'esthétique\u201d et de la vie spirituelle ?II nous faudra lire Bremond.Ainsi le livre de Henry Bars nous renvoie, non pas à lui-mème.mais aux oeuvres dont il nous entretient, (\"est tout de même un assez grand mérite.Le domaine héroïque De la critique voletante, éminemment personnelle, d\u2019Henry Bars, passons à la critique universitaire, telle que la pratique Pierre-Henri Simon dans \"Le Domaine héroïque des lettres ,sC\\e«ce HfNRI SIMON aine * des lettres XIX- siècle ARMAND COLIS françaises\u201d (2).Elle a ses vertus ; complète, mesurée, attentive à toutes les voix, elle s\u2019efforce à une objectivité qui, en art, ne peut jamais être totale, mais s\u2019impose comme une fin lointaine à qui veut dessiner de grands ensembles.La littérature française est-elle, dans ses lignes de force principales, une littérature héroïque ?Définissant le héros comme un \u201cêtre d\u2019une essence particulière, soumis à une morale d\u2019exception\u201d, Pierre-Henri Simon le trouve présent dans les lettres françaises, mais non pas au tout premier rang.Plus justement, il n\u2019y est jamais seul : il dialogue sans cesse avec l\u2019humaniste, le sage, comme chez Rabelais.Tandis qu\u2019en Allemagne, le héros et le sage appartiennent à des \u201cgravitations spirituelles\u201d nettement distinctes, en France ils vivent tout près l\u2019un de l\u2019autre, jusqu\u2019à sé confondre parfois \u2014 paradoxalement \u2014 dans un même personnage.\u201cLe balancement du génie français, écrit Pierre-Henri Simon, du moins à son niveau supérieur, n\u2019est pas tant entre le naturel et l\u2019idéal qu\u2019entré un humanisme qui enveloppe des valeurs d\u2019aristocratie et de haute maîtrise de soi-même, et un héroïsme qui s\u2019humanise par l\u2019intelligence et la culture.\u201d Après ces fines, et importantes distinctions, suivez le guide : il est sûr, bien informé, il écrit une langue élégante et ferme.Il vous fera traverser sans douleur dix siècles de littérature française \u2014 du dixième au dix-neuvième, de la Chanson de Roland à \u201cLa Colline inspirée\u201d de Barrés.Au fait, serait-il impertinent de ne voir, dans le thème de l\u2019héroïsme, qu\u2019un simple prétexte à voyage littéraire ?Peu importe, 3e voyage est agréable et utile.(H Grasset (21 Armand Colin Mong rédiert: yn porfresît de Louis XIV môme \u2014 les hommes de son temps.Il sait toutes nos cu-i iosités et leurs limites.Que de lecteurs sont prêts à avouer eut Louis XIV\u2019 les passionne et que son règne les ennuie.L'histoire est pleine de courants et te remous auxquels nous n'avons plus la patience de nous attacher.A n\u2019en pas douter, le siècle de Louis XIV n'est déjà plus celui qu'on nous faisait étudier dans notre enfance.Il a pns un \"coup de vieux\u201d, du fait même que.depuis août 191 -î.les événements se sont précipités sur nos tètes, d'autres conséquences pour nous que les campagnes de Turenne ou que les Guerres de succession.L\u2019accélération des catastrophes a bou- -\u2022 -t: 'N LIVRE comme on les rime.Riche, noyé de lumièie.rapide.On peut rêver autour.11 rt ' ient l\u2019attention, il ne l\u2019épui- se pa< Georges Mongrédien, qui a un sens si vivant it si vif de l'histoire, comprend aussi \u2014 j'allais dire par là 6/1A PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 19 OCTOBRE 1963 h versé noire sens du passé.G'est un peu comme si on avait changé l'échelle des vieilles cartes.Pourtant, chose étonnante, Louis XIV, homme et nu, iniéresse plus que jamais les honnêtes gens qui \"lâchent\" son règne Ils ne voient que lui a \\ ersailles.Il ne résume plus seulement son siècle, il le remplace et le masque.En moins de cinquante pages.mais d'une très belle venue.ci qui résultent d une connaissance intime tie tous les mémoires et documents d\u2019époque.Georges Mongrédien nous donne un \"portrait\" de Louis Xl\\ d aillant plus remarquable qu'il n'est jamais trop appuyé.Le danger évident était de vouloir faire tn une fois mieux que tous les mémorialistes.ambassadeurs et envoyés extraordinaires qui avaient pu étudier le modèle vivant.L\u2019historien scrupuleux et exact qu\u2019est Georges Mongrédien s\u2019en est bien gardé, mais il est allé à l'essentiel avec sûreté, tact et modestie.Cette réserve est immédiatement récompensée, puisqu'elle a l'avantage de mettre en pleine valeur les témoignages-de tout premier ordre qu\u2019il a choisis et retenus parmi tant d\u2019autres.L'introduction, due à Gérard \\Valter, a le grand mérite de situer Louis XIV parmi les hommes qui ont fait le XVIle siècle.Du même coup, elle indique tout ce que l\u2019on peut at- tendre du bilan des vingt slides de notre ère.que Gérard Walter se propose d\u2019établir at'tC des collaborateurs do CM1S, dans une collection qui compren dra line série EVENEMENTS et une série HOMMES et dont l'ensemble constituera LE ME\" MORTAL DES SIECLES.Biffi sûr.ce dernier titre est un pêU lourd à porter.Mais Gérafd Walter nous a déjà prouvé qu'il était digne des plus ambitieuses entreprises.Henri-Petit 0 \"Le Mémorial des siècles' < établi par Gérard Walter) XVIle, Georges Mongrédien) \"Louis XIV\" (Editions AID\" Michel). 3411 St-Denis, Montréal DISTRIBUTEUR i U P.rrb 180\t-VN, 1-1791 10.000.000 /6e lecteurs ACHETENT marabout marabout géant illustré Marabout Flash I marabotft junior marabout université CATALOGUE GRATUIT SUR DEMANDE JliÉÉ DOSTOÏEVSKI TOLSTOI tlal.Pressentant ce que nous Pâme individuelle.La salut savons, \u2014 que l'insecte gagna d'un homme vaut plus que le de plus en plus sur l\u2019homme, \u2014 progrès matériel de la société n'hésita pas à scruter l\u2019abime tout entière, d'angoisse d'une humanité me- Pour défendre ses convic- cst facile de comprendre pourquoi le premier, qui percevait la destinéo des hommes dam le flux du temps, a écrit des épopées, tandis que le second.LES ESSAIS PIERRE VA LLIERES Tolstoï ou Dostoïevski, épopée ou tragédie, l'ordre ou l'absurde I ERSONNE ne songe plus & contester le génie de Tolstoï ét de Dostoïevski, pas plus que éelul d'Homère, d'Eschyle, de Cervantes ou de Shakespeare.Les deux grands romanciers russes appartiennent d'emblée lux plus hautes traditions de 'art.Ce sont des titans de la lttérature.Et leur esprit, selon 'expression de Montaigne, fut vraiment \u201cgrand ouvrier de miracles\u201d, déployant un pouvoir créateur tel que s\u2019y trouve révélée, exprimée et rassemblée toute la lumière qu'il est sans doute possible de posséder Sur la nature de l\u2019homme.La critique ne peut aborder ces géants sans une reconnaissance fondamentale.Tout ce qn\u2019elle ose en dire doit naître d'une dette d'amour, comme le Souligne George Steiner dès la première ligne de son essai.Autrement, elle sombre vite dans un ridicule prétentieux et sans valeur.Il n'est certes pas facile de mettre le public en contact vivant avec les oeuvres de Tolstoï et de Dostoïevski.Car, pour Cela, il ne faut pas prétendre juger, mais consentir à servir d'intermédiaire, à être un médiateur imparfait mais ardent.Au début de son étude sur Tolsoï et Dostoïeyski, George Steiner définit le rôle recréateur du critique, sa tâche particulière qui est de révéler aux autres la qualité et la force de l\u2019expérience vécue au contact des grandes oeuvres d\u2019art.La critique doit être tout un art méditatif et non pas une entreprise de dissection.A la différence de la chronique et de l'histoire littéraires, c\u2019est des Çbefs-d\u2019oeuvre qu\u2019elle doit s\u2019occuper, non pour les juger mais pour les rendre plus proches du public, par l'amour et \u201cpar la Conscience angoissée qu'a le Critique de la distance qui sépare son métier de celui du poète\".L\u2019amour du critique pour les grandes oeuvres est \"un amour que l\u2019amertume rend lucide j il contemple les miracles du génie créateur, en discerne les principes d\u2019être, les expose au public, sachant cependant qu'il n\u2019a aucun rôie ou du moins qu'il n'a qu'un rôle Infime dans la véritable création\".Epopée, tragédie Engendré par l'admiration la plus authentique, l'essai de George Steiner, Tolstoï ou Dostoïevski (1), est la fidèle expression do ces principes et Tune des plus fortes tentatives fle la critique littéraire contemporaine pour revenir aux deux grandes traditions auxquelles 8e rattachent \u201cles poètes suprêmes du monde\" : l'épopée et la tragédie.\u201cAppelons épopée cette forme de vision poétique au centre de laquelle se trouve engagé Un moment de l\u2019histoire ou un grand mythe religieux ; disons de la tragédie qu'elle est une Vision de la vie qui fonde sa signification sur l\u2019infirmité de la nature humaine, sur ce que Henry James appelait \u2018l\u2019imagination du désastre\u2019.'' Tolstoï étant le plus grand héritier de la tradition épique et Dostoïevski ayant totalement Renouvelé la tragédie, leurs Svres représentent sans con-e l\u2019un des principaux triom- Ëps de la littérature occiden-o depuis les Grecs.Mais ce n\u2019est pas d\u2019abord parce qu'elles supportent la comparaison avec l'Odyssée et Electre, qu'elles nous touchent, mais parce qu'elles sont formées de deux interprétations du destin de l\u2019homme et de l'histoire, de deux métaphysiques opposées, entre lesquelles chacun de nous a déjà fait sou choix.Tolstoï et Dostoïevski ne s\u2019opposent pair la technique romanesque que parce qu\u2019ils s'opposent fondamentalement par l\u2019esprit, Tolstoï et Dostoïevski, comme l'a bien vu Berdiaev, illustrent \u201cune insoluble controverse dans laquelle deux séries d\u2019affirmations, deux conceptions fondamentales de l'existence se confrontent\".Cette controverse, tragiquement apparentée à la querelle idéologique de notre temps, constitue l\u2019essentiel de l'essai de Steiner, d\u2019où son titre : Tolstoï ou Dostoïevski, qui signifie non seulement une opposition irréconciliable, mais la nécessité d'un engagement, au sens existentialiste du mot.Je ne connais pas d\u2019étude littéraire qui ait exploité aussi profondément 1 e s différences qui opposent le monde d\u2019Anna Karénine et celui de l'Idiot,, l'eschatologie laïque et l\u2019eschatologie religieuse, la tranquillité du monde et les tremblements de l\u2019apocalypse.Pour \u201cdistinguer le poète épique de l\u2019écrivain tragique, le rationaliste du visionnaire George Steiner n\u2019hésite pas à prendre parfois du recul visa-vis du texte pour considérer l'intention morale, qui se tient au centre d\u2019un conflit historique, politique et religieux.S'il n'hésite pas à fouiller les origines littéraires de l'épopée tolstolenne et celles de la tra-g é d i e dostoïevskienne, au moyen d'une culture étourdissante, il ne sépare jamais l'interprétation philosophique de la manière esthétique de chacune et l\u2019on sent que pour lui Tolstoï et Dostoïevski ne peuvent être compris que si le lecteur consent à s'immerger dans leur vaste et étrange univers d\u2019idées et de choix.Tolstoï et le concret Ainsi, Tolstoï construit des romans cohérents et solides, des épopées comparables à l'Iliade, parce qu\u2019il aime l\u2019ordre plus que tout L\u2019essentiel de son art reside dans la richesse du concret, dans le tableau abondamment coloré de la via militaire, mondaine et paysanne.Cet habitant des campagnes et ce grand propriétaire terrien est un favori de la nature, comme Homère et Goethe.Gorki disait de lui i \u201cGrand d\u2019une curieuse manié:», vaste, Indéfinissable, avec des mots, il y a en lui quelque chose qui me donne envie de crier très fort à tous \u2019.Regardez quel homme merveilleux vit sur la terre 1\" Maître absolu de ses terres, Tolstoï conserve son autorité jusque dans sa manière d\u2019écrire.De toute évidence, il considère les relations entre lut et ses personnages comme celles d'un créateur omniscient avec ses créatures : \u201cMoi-même ,dit-il, quand j'écris, J'ai soudain pitié d'un de mes personnages, et alors je lul donne Suelque bonne qualité, ou j\u2019en-ive une bonne qualité à un autre, pour qu\u2019en comparaison il n\u2019apparaisse pas trop noir.\" De plus, Tolstoï croit aux vertus de la clarté et ce qu'il veut dire d\u2019essentiel est rarement obscur.Tout à l\u2019opposé de Dostoïevski qui déclare qu'il aimerait mieux être du côté du Christ que du côté de la vérité, s\u2019il était prouvé que le Christ n'est pas la vérité, Tolstoï préfère nettement la vérité à la religion et son implacable sincérité le force à reconnaître qu'il n\u2019y a pas de preuve.définitive de l'immortalité de l\u2019âme.Certes, il est hanté par l'impossibilité d'échapper à la mort, il est tourmenté par l'issue fatale, mais il trouve dans sa raison un mythe consolant en déclarant que Dieu est la vie, et ta mort, \u201cune consécration iuiLiro pur i univers cuuci'mra- tionnaire.Pour lui, ce citadin d'une sombre métropole de Russie, ce qui importe, c'est de surprendre au tournant de chaque rue sale les vérités terrifiantes que transportent les hommes, jour ot nuit, À travers le brouillard.la neige à demi fondue, la pluie ou la poussière.C\u2019est pourquoi Dostoïevski n\u2019a pas écrit des épopées, mais des drames qui s'enfoncent dans le labyrinthe de l'anormal, du louche, de l'obscur, de l'inquiétant et du criminel.Alors que Tolstoï s'avance comme un seigneur sur \"la grand-route de la vie\", Dostoïevski patauge dans les marécages de l'obsession, de la peur et de l\u2019Incertitude.Et contraire- i*uilap 17U.11U1V.i en* Kiu iiiwiuo appel i la raison qu'à la liberté.Qu'est-ce que cette liberté?D'être vulnérable â Dieu et qu'est-ce qui prouve Dieu ?L'existence du mal.Ainsi, l'homme dostoîevskien se trouve sans cesse placé entre les secours de la grâce et les ravages du mal.\"Les puissances surnaturelles occupent une place très importante dans la cosmologie dostoïevskienne ; mais on ne voit pas très clairement comment il concevait leur nature.\" La position de Dostoïevski est en contradiction radicale avec toutes les utopies terrestres et elle trouve sa justification dans une fol Incompréhensible à la raison.Dostoïevski a créé essentiel- Hui üi [iriLuvuu OMTiiininmiH dans \u201cl'immobilité palpitante de l\u2019instant dramatique\u201d, 9 écrit des tragédies.L\u2019horoscope du \u201cgrand soir\" et celui du désastre se fout face, sans que l\u2019on puisse affirmer vraiment lequel |>rophé.tise la vérité.Peut-êtro prophétisent-ils l'erreur tous les deux.On s\u2019en apercevra, si les deux métaphysiques qui se partagent le monde depuis Platon sont un jour dépassées.En attendant, chacun de nous ne peut être que l\u2019un ou l'autre de deux interlocuteurs qui dialoguent dans La légende du Grand Inquisiteur, Tolstoï ou Dostoïevski.(1) La Seuil (dist.Fomac) \"On ne se contente pas de lire Tolstoï et Dostoïevski, on croit en eux.Pourrait-on dire qu'on \"croit en Flaubert\"?\" \u2014 George Steiner de la force de vie\u201d, \"le passage d'un état de conscience à un autre\u201d, d\u2019une image, du monde à une autre.En fait, la mort n\u2019est pas la fin de la vie, comme la naissance n'est pas le début de l\u2019existence.La vie, étant Dieu, constitue la plus positive des réalités, l'éternité.Tolstoï trouve dans sa puissante nature tout ce dont il a besoin pour repousser l'idée d\u2019un Royaume au delà de ce monde.II ne ressent pas le désir de transcender la vie et do s\u2019en aller \"ailleurs\".Il est bien sur terre.A l'aise.Et ce qu\u2019il nomme, comme les chrétiens, \u201cle Royaume de Dieu\", doit être bâti par des mains mortelles.Ce qu'il appelle Dieu, c'est \u201cle désir de la prospérité universelle\", et Christ, c'est la conscience rationnelle totale de l'humanité\".Il possède, comme dit D.H.Lawrence, \u201cla sagesse du sang\".Tolstoï \u201cécrivait des romans comme il chassait le loup ou taillait le bois de bouleau, avec un plaisir des sens, uno prise sur le concret qui font paraître les inventions d'autres romanciers irréelles comme des ombres\u201d.Et quand Tolstoï affronte les télèbres, comme dans La Mort d'Ivan Ilitch, ce ne sont pas celles de l\u2019âme qui l\u2019étreignent, mais les ténèbres du corps, de la chair en révolte, de la matière charnelle qui, par ses souffrances et ses corruptions, pénètre et dissout la discipline de la raison.La discipline de la raison.,, voilà bien la manière tolstoïen-ne d\u2019écrire et de vivre.\"Toute sa vie 11 a cherché un principe unificateur grâce auquel les mille visages de la vie puissent se concilier avec l'existence d'un ordre.\" Dostoïevski et l'absurde Dostoïevski, au contraire, choisit de rendre hommage à l\u2019absurde et n\u2019hésite à regarder en /ace l\u2019écroulement hallucinant de l\u2019humain dans le bee-1 ment h l\u2019auteur de Guerr» et paix qui sa libère de ses questions par un raisonnement tout-puissant, Dostoïevski introduit le surnaturel et la rédemption \"gratuite\" dans ce qui pourrait bien s\u2019avérer finalement, comme le fait remarquer George Steiner, un simple tissu de rêves.Dostoïevski, l'épileptique malheureux, ne croit pas dans le progrès humain et refuse totalement la conception marxiste de l'histoire.Pour lui.seule importe la résurrection de Iement un univers religieux, car, pour lui.un monde dans lequel le problème de Dieu ne préoccuperait plus l\u2019âme humaine serait un monde sans tragédie.La liberté, voie d\u2019accès à Dieu, offre les conditions de cette tragédie, car elle porto en germe le refus toujours possible de Dieu.C\u2019est pourquoi chez lui le problème de Dieu est inséparable de celui de la liberté.Comme on voit, le monde de Tolstoï et celui de Dostoïevski s\u2019opposent radicalement, et il EDITIONS MÀRABOUTJJASAN 225 EST.CHRISTOPHE COLOMB - QUEWfeq P?Q.Qui était MAURICE DUPLESSIS ?\u2022\tUn démagogue ?\u2022\tUn grand nationaliste ?\u2022\tUn autocrate ?\u2022\tUn champion de l'autonomie ?Leslie Roberts vous donne une réponse lumineuse dans \"LE CHEF\" Une biographie politique de Maurice Duplessis, (traduite par Jean Paréj Passionnant comma un roman I Un fort volume de 200 pages, illustré par LaPalme, en vente partout à $2.00 Les Editions du LA PRESS8, MONTREAL, SAMEDI 19 OCTOBRE M/f VOUS OFFRE UN MAGNIFIQUE VOLUME RELIE A votre choix parmi les suivants i ^\u2022R-BANKS DtRNJER .M\"W .vjv' . of Life\u201d avec Bob Donat e Kay Walsh.COTES MORALES Voici les cotes morales des films présentés à la télévision, telles que préparées par l'Of fice Catholique National de techniques de diffusion.ll.tW p m.8:30 p.m.CANAL 2 (Samedi) \u2014\t\u201cI,e rfbclje\", Adulte de nettes receives CANAL 10 \u2014\t\u201cMarie-Antoinette*'.Ailute**.__ \u201cArc de triomphe\u201d Adultes, des réserves \u2014\t\u201cliai Cupidon\u201d.A dé conseiller.CANAL 7 (Dimanche) \u2014 \"Le faucon maltais\u201d Adultes, des reserve CANAL 10 7:30 p.m.\u2014 \"Calibre 44\".Adulte* 11:00 p.m.Une émission à ne pas manquer est certainement le \"Festival\" du mercredi 30 octobre, à 9 h.30, à CBMT.On y présentera, en différé, la production du \"Médecin malgré lui\" de Molière réalisée par le TNM la saison dernière.La pièce, on lo sait, avait été transposée au Canada à l'époque du Régime français.Ce sera la première fois que \"Festival\" présente un spectacle en français et l'émission se- Les journaux et les téléspectateurs répètent continuellement l'erreur, et moi aussi, à mon tour, je suis tombé dans le panneau.Dans un récente chronique, j'ai attribué à Jacques Fauteux des qualités d'interviewer qui étaient méritées, ce soir-là, par Pierre Nadeau.A-t-on Idée aussi d'engager sur la même émission deux an- Etant parfois dans l'obligation de me lever, comme on dit, à l'heure des pompiers, j'en profite pour me rendre compte de la bouillie qui sa sert tôt le matin sur les ondes.On dit que le petit déjeuner est le repas le plus important, car c'est celui-là qui vous met \"en condj-tion\" pour la journée.Il devrait en être de même, il me semble, des émissions qu'on présente à cette heure-là à la radio.Tel n'est pas le cas, malheureusement.D'un posta à l'autre, on retrouve plus ou moins la même formule t on mélange de la façon la plus abracadabrante les courts bulletins de nouvelles, les commerciaux (parlés et chanté» !), les polkas, les charlestons et les chansonnettes, le* bouts de prières, l'heure précise, les historiettes, le temps qu'il fait.Je dois dire que les annonceurs que l'on emploie à cette heure-là ont généralement des voix bien vivantes, ce qui n'est pas le cas pendant toute la journée, mais sous du confort pour ceux qui portent des DENTIERS! coussinet r DENTAIRE ?/Il épais ou mince ¦¦ Mm Conlribtn ii \u2022\tArrîur lit inkt .Kiaiiiir II pinlii \u2022\tfiin tiiir II fiitiir \u2022\t[¦petit lu ilipuntil PROVISION D'UN MOIS:*1.10J Aux pharmacies et grands magasins, louez Ulf PHILIPS \"63\" TV PORTATIF 19\" ^9 PAR MOIS minimum d* 3 mois ou $11 PAR MOIS Consolidated Radio Ltd.1130 BERNARD 0.-TEI.CR.3-7261
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