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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-01-06, Collections de BAnQ.

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VOIR m ®b m Comuiswi-vous tous les avantages il’une Rl.P.R autogéré?Informez-vous! Montréal: (514) 875-4810/871-3U8 Québec: (418) 647-4026 Vol.LXXXI — No 4 ?Neige en matinée.Max.: -4.Demain: doux.Détail page B-7.Montréal, samedi 6 janvier 1 990 3 CAHIERS —1,25$ AUJOURD’HUI Un mois après le drame de Poly, les clubs vidéo ne louent pas moins de films violents Louis Lortie, premier de classe Notre chroniqueur de musique classique Carol Bergeron trace un bilan de l’enregistrement discographique des créateurs et interprètes québécois et conclut que la qualité surpasse avantageusement la quantité quand on se compare à l’ensemble des artistes canadiens.Page C - 2.Éditorial Le Québec devra prendre au sérieux les avertissements que multiplient les Européens au sujet du traitement réservé à nos forêts.L’éditorial de Paul-André Comeau.Page A-6 Des idées Journaliste au DEVOIR durant les années 30, Maurice Huot évoque, à la veille du 80e anniversaire de la fondation du quotidien, quelques anecdotes de l’époque.Page A-7 Charlie Haden, jazzman de l’année Non seulement le Festival de iazz de Montréal de l’été dernier lui a-t-il consacré dix soirées avec les meilleurs jazzmen de l’heure mais l’année 1989 a été pour le contrebassiste Charlie Haden remarquable à plus d’un titre Serge Truffaut fait le point.Page C-1.Jocelyn Lemieux passe à Chicago En plus de l’échange, le Tricolore rétrograde les défenseurs Donald Dufresne et Jean-Jacques Daigneault, ce dernier refusant de se rapporter à l’équipe de Sherbrooke Page B-9 Avis à nos lecteurs LE DK VOIR ne pouvait y échapper.A compter de ce pre nmi samedi de iwo, l’édlUoede fin (le semaine, riche du Culver du samedi et du Plaisir des livres, se vendra 1.251 Répercussion logique, le prix del’ubon iiomont annuel est porté à 170$.Nos lecteurs comprendront les raisons à la base de cette décision «logée Boileau UN MOIS après les événements de Polytechnique, Sylvester Stallone fait toujours recette et les films de violence, pudiquement rebaptisés films d’action, sont plus populaires que jamais selon une petite enquête menée auprès de clubs vidéo de la région montréalaise.De Laval à Brossard en passant par Rosemont, le Centre-Sud, Ville d’Anjou ou Verdun, la quinzaine de clubs contactés sont unanimes : la tragédie de Poly n’a rien changé.« Il y a eu une baisse dans la location des films d’action dans la semaine qui a suivi ce qui s’est passé à Poly.On aurait dit que les gens étaient en dépression.Mais ça n’a duré que quelques jours », de dire M.James Magma, gérant du Club Trans Vidéo à Montréal-Nord.« À ce moment-là, c’est sûr, les parents ont paniqué un peu.Us venaient choisir les films avec leurs enfants pour pouvoir se renseigner sur leur contenu », précise de son côté une em- ployée de Lafleur Vidéo à Ville La-Salle.La télévision elle-même avait alors fait quelques efforts en retirant de l’horaire certains films à caractère violent et ayant surtout dos femmes pour victimes.Mais depuis, les-vieilles habitudes ont repris le dessus un peu partout le dessus.Dans les clubs vidéo, elles ont d’ailleurs été favorisées par l’arrivée des dernières nouveautés: Haute sécurité avec Sylvester Stallone ou Messagers de ia mort mettant en vedette Charles Bronson.« Les locations dépendent beaucoup de ce qui sort dans le mois.On roule selon les nouveautés et plusieurs films d’action sont arrivés pen-Voir page A-8 : Films Qfi&e * * pf***p* ***** Les réfugiés cessent leur grève de la faim Quarante personnalités québécoises parraineront les ressortissants latino-américains Paui Cauchon LES 14 RESSORTISSANTS latino-américains qui étaient en grève depuis 24 jours à Montréal ont mis fin a leur action, hier, vers 18 h, après qu’une quarantaine de personnalités québécoises se soient engagées publiquement à les aider.Cette aide leur a été présentée par l’ex-ministre péquiste Bernard Landry, par le députe Gérald Godin et par Mme Nicole Boudreau, ex-presidente de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).Ces personnalités tenteront de convaincre la ministre fédérale de l’Immigration Barbara McDougall de juger avec « le plus d’humanité possible » les cas individuels des enfants et conjoints laissés à l’étranger.La veille, les grévistes avaient refusé de suspendre leur action suite à la médiation entreprise par le député fédéral Benoit Tremblay, craignant justement que le ministère considère de façon trop étroite la notion de danger telle que vécue Kir leurs familles.On préférait une terprétation plus large, qui reconnaisse les problèmes liés à la séparation des familles.Un autre député fédéral, Jean-Pierre Blackburn, a, semble-t-il, assuré les grévistes hier matin que les dossiers seraient traités avec humanité.Les 40 personnalités s’engagent aussi à travailler à ce que les familles des grévistes soient réunies dans les plus brefs délais.Il semble également qu’ils feront pression auprès de la ministre provinciale fie l’Immigration, Monique Gagnon-Tremblay, afin qu’elle puisse Omettre des « CSQ », des Certificats de sélection du Québec.Le dossier de ces requérants pourvoir page A-8 : Grève PHOTO JACQUES GRENIER Heureux de l’appui de 40 personnalités québécoises, les grévistes de la faim ont mis fin à leur moyen de pression après 24 jours de jeûne.Dix ans après le référendum le Québec révisera-t-il son «non»?Québec somme les policiers d’appliquer la nouvelle loi sur la ceinture de sécurité QUEBEC (PC) — Le port de la ceinture de sécurité sur la banquette arrière est obligatoire depuis le 1er janvier et « tous les corps policiers du Québec sont tenus d’appliquer ces nouvelles dispositions ».C’est la mise en garde qu’a servie hier le ministre des Transports Sam Elkas dans un communiqué parvenu à la presse en fin d’apres-midi.M.Elkas annonce aussi que la Régie de l’assurance automobile du Québec (RAAQ) va entreprendre dès lundi une campagne de publicité qui répondra aux questions que les automobilistes posent actuellement par téléphone aux corps policiers.La campagne sera menée dans tous les quotidiens du Québec et dans bon nombre d’hebdomadaires, note le communiqué.Le cabinet des ministres a adopté, en décembre, un décret ordonnant la mise en application d’un article, resté jusqu’ici inopérant, du Code de la route II s’agit du nouveau système de points de démérite qui prévoit que Voir page A-8 : Québec s Lesa< de notre SI LE CANADA ANGLAIS dit « non » au Québec — par la faute de quelques provinces réalcitrantes qui rejettent raccord du Lac Meech, a la date fatidique du 23 juin prochain — quelles conclusions ou leçons les Québécois en tireront-ils ?Encaisseront-ils en maugréant, mais sans conséquences réelles à court terme ?Ou entreprendront-ils, stimulés en cela par le Parti québécois et les autres forces nationalistes déjà à l’oeuvre en ce sens, de remettre en question leur propre « non » à la souveraineté du Québec, il y a dix ans?Telle est la grande énigme politique de ce début d’année cruciale qui, une fois de plus, remet en haut de l’affiche le sempiternel débat constitutionnel sur l’avenir du Québec et de son rôle au sein du Canada.Encore plus que le ralentissement économique, le spectre du chômage accru, les difficultés financières et budgétaires du gouvernement, l’échéance de la veille de la Saint-Jean reste la plus préoccupante pour M.Robert Bou-rassa et son gouvernement.D’autant que, à la même date, U y a de bonnes chances — des risques plu- tôt — que les libéraux fédéraux se donnent comme chef M.Jean Chrétien, un architecte de la constitution de 1982 qui a laissé le Québec de côté; comme son maître à penser, M.Pierre Elliott Trudeau, le successeur robable de M.John Turner s’oppose l’entente conclue entre les 11 premiers ministres, il y a près de trois ans, dans le but de permettre au Québec de réintégrer le giron constitutionnel dans l’honneur et l’enthou-, siasme.Le choix éventuel de M Chrétien compliquera davantage une équation fort complexe, surtout si la cote de Voir page A-8 : Non mm -« mmmmmm i m**' rmm Edmonston apparaît comme l'homme à battre dans Chambly PtoTe O’Neill L’ÉLECTION du 12 février dans le comté de Chambly est une partielle qui aura des échos à la grandeur du pays et qui pourrait marquer le cheminement des trois grands partis politiques canadiens Election significative à plusieurs égards D’abord, en ce qu'elle permettra de vérifier si la débandade des conservateurs trouée son proion gement même en terre promise qué Décote Aussi, parce que l'entrée de Clifford Lincoln à la Chambre des communes est un prérequis à sa can didature à la direction du PLC, donc un facteur potentiel d’interférence dans le retour en force de Jean Chrétien.Enfin, une élection qui représente la première véritable chance du NPD-Canada, et peut-être sa dernière, d'associer le Québec à son avenir politique Autant d'enjeux nationaux servis à la sauce du lac Meech.Une première fois, le 15 décembre dernier, l’importance des enjeux de cette partielle est apparue évidente.Ce jour là, le premier ministre Mul-ront) s'est lui même rendu dans Chambly pour donner le coup d'envoi de la campagne électorale de son candidat officiel, Serge Bégin Cela à l'occasion d’un diner-causerie de la chambt *\nnoN «i nirivr ¦ < ivmimcn mrauwsuioM : J rttHOMi 4MUNGIMENTI 1 ) OIMSCTK» D’ENUMM-I CLASSE OUVERTE, uance d’Inforauriom Bg.gT4Ll»l9jantlfTira?ày»(K> panfconal Timm toi T IfTERATUR LIRE ÉCOUTER, VOIR ave-:c le GOETHE INSTIIT I MONTRÉAL SESSION D’HIVER du 15 janvier au 26 avril 1990 Inscription à partir du 8 janvier A Ucnuind pour touristes: commençant dans la semaine du 26 mars.Durée: 5 semaines.Renseignemenfs: 499-0918 GOETHE-^ O INSTITUT fUy?418.rue Sherbrooke esi (Métro Sherbrooke) LE MONDE EN BREF L’aide tarde en Éthiopie ADDIS ABEBA (AFP) — La moitié seulement de l’aide alimentaire nécessaire pour venir en aide aux 3,5 millions de personnes menacées par la famine a été promise à l’Éthiopie, a indiqué hier le bureau du programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM).Les engagements pris par les donateurs atteignent 280 000 tonnes, alors que 565 000 tonnes sont jugées nécessaires.Les estimations globales de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sont plus élevées et atteignent 700 000 tonnes.Une représentante du PAM a souligné que l’aide promise était uniquement destinée à l’Érythrée.Aucun engagement n’a été pris, semble-t-il, en faveur des autres provinces du nord de l’Éthiopie, Tigré, Gondar et Wollo, où la guerre civile fait rage.Pourtant, selon le PAM, le Tigré, en particulier, souffre d’une grave disette bien que les autorités éthiopiennes le démentent.La distribution de l’aide alimentaire en Érythrée, où un cessez-le-feu de facto est en vigueur depuis mai dernier, ne devrait pas poser de problème.En revanche, les gouvernements donateurs se sont déclarés préoccupés par les difficultés d’accès aux populations du Tigré en raison des combats entre troupes gouvernementales et rebelles.720 000 exilés allemands BONN (AFP) - Quelque 720 900 Allemands de l'Est et Allemands de souche originaires des pays d’Europe de l’Est se sont installés en RFA en 1989, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur à Bonn.Selon les dernières statistiques du ministère, 343 854 Allemands de l'Est ont émigré l’année dernière en RFA, ce qui représente une progression de 261 % par rapport au chiffre de 1988.Par ailleurs, le nombre d’Allemands de souche qui sont venus s’établir définitivement en RFA s’est élevé à 377 055 personnes, soit une progression de 86 % par rapport à l’année précédente.Parmi ces Allemands de souche, 250 340 étaient originaires de Pologne.Glasnost militaire BRUXELLES (AFP) - Des militaires soviétiques vont assister à partir d’aujourd’hui à un exercice de l’OTAN qui se déroule en Belgique depuis le 27 décembre, a annoncé hier le ministère belge des Affaires étrangères.Les quatre militaires soviétiques sont attendus ce matin à Bruxelles.La durée de leur séjour ne devrait pas excéder 48 heures, conformément aux accords prévoyant ce type d’inspection.Les observateurs soviétiques assisteront au transit par la Belgique de troupes américaines supposées intervenir en RFA, dans le cadre des manoeuvres annuelles de l’Alliance atlantique.Ces manoeuvres, intitulées Reforger 90 ( pour « Retour de forces en RFA ») prendront fin en Belgique le 12 janvier et se poursuivront ensuite en RFA.Reforger mobilise cette année 15 400 hommes, soit 15 % de moins que les années précédentes.Drogue en Haïti PORT AU-PRINCE (AFP) - Un lot de 850 kilos de cocaïne a été saisi jeudi à Jacmel, à 110 km au sud-est de Port au Prince, à bord d’un avion vénézuélien dont les six occupants ont été arrêtés, a annoncé la télévision d’État haïtienne, citant les responsables du Bureau des narcotiques.L’avion, un bimoteur immatriculé YV 109, se rendait à Miami avec sa cargaison et six personnes à bord, trois Américains d’origine vénézuélienne et trois Vénézuéliens, qui ont été conduits jeudi après leur arrestation à Port-au-Prince au siège du Bureau des Narcotiques, chargé de la répression du trafic des stupéfiants en Haïti.Cette saisie a été effectuée en liaison avec le Centre d’information et de coordination (CIC) haïtien qui opère en étroite collaboration avec l’antenne des services anti-drogue américains, la DEA (Drug Enforcement Administration) de Port-au-Prince.Le 18 octobre dernier, 918 kilos de cocaine en provenance de Colombie avaient été saisis à Port-au-Prince.Mise à prix d’Escobar BOGOTA (AFP) — Les autorités colombiennes ont lancé hier une nouvelle offensive pour capturer le trafiquant de drogue Pablo Escobar, chef du Cartel de Medellin, en offrant une récompense de 450 000 $ à toute personne qui permettra sa capture.« Faites-le pour la sécurité de la Colombie », dit un tract diffusé par la quatrième brigade de l’armée, qui a son siège à Medellin (capitale de la province d’Antioquia, 500 km au nord-ouest de Bogota).Les tracts, qui promettent « une discrétion totale » aux informateurs, sont abondamment distribués dans la province d’Antioquia.Ils comportent une photographie du trafiquant et affirment : « Hier, c’était Rodriguez Gacha, maintenant, c’est Pablo Escobar ».Gonzalo Rodriguez Gacha, dit El Mexicano, numéro deux du Cartel de Medellin, a été abattu par la police le 16 décembre dernier.Il avait probablement été localisé grâce à une dénonciation. Le Devoir, samedi 6 janvier 1990 ¦ A-5 L ACTUALITE INTERNATIONALE ' ~ HOUSE PHOTO AP Le président Bush s’est montré très satisfait de la tournure des événements au Panama, lors de sa conférence de presse d’hier.Aucun « accord » entre Noriega et la Maison-Blanche d’après AFP et Reuter L’opposition roumaine demande un report des élections d’après AFP et Reuter BUCAREST — Mécontents de la mainmise du Conseil du Front de salut national (CFSN) au pouvoir à Bucarest depuis la victoire de l’insurrection anti-Ceausescu, les partis d’opposition roumains désirent un report des élections libres prévues dans le pays en avril, et un contrôle du scrutin par l’ONU.Des contacts ont lieu entre les différentes composantes de l’opposition roumaine, principalement le Parti national paysan chrétien-démocrate, le Parti national libéral, et le Parti démocratique roumain.Au cours des réunions tenues dans la journée d’hier à Bucarest, ceux-ci ont envisagé de fonder un front commun anticommuniste qui n’a toutefois, pour l’instant, pas été concrétisé.Au cours des mêmes réunions, le Parti national paysan, l’une des principales formations politiques avant l’arrivée des communistes dans le pays, s’est déclaré en faveur d’un report des élections d’avril.Il apparaît que les moyens de mener campagne pour ce scrutin sont pour le moment dérisoires.Le Parti démocrate, lui, a exprimé le souhait d’un contrôle du scrutin par l’ONU.Par ailleurs, le CFSN a prononcé hier une amnistie générale de tous les délits politiques dans le pays, et décidé de gracier certaines peines de droit commun.Cette amnistie revêt la forme d’un décret du Conseil portant annulation de toutes les lois existant depuis le 30 décembre 1947 en Roumanie pour réprimer les délits politiques.Ce décret, rendu public par l’agence Rompress (ex-Agerpres) hier après-midi, met fin à 42 années de répression politique sous le régime communiste de Gheorghiu Dej puis de Nicolae Ceausescu.Sont annulés les lois et décrets prévoyant des poursuites pour toute expression de protestation contre la dictature et le culte de la personnalité, contre la terreur et l’abus de pouvoir.Annulées également les poursuites pour les actions demandant le respect des droits et libertés fondamentales de l’homme, les droits civiques et politiques, économiques, sociaux et culturels, et les actions dirigées contre toute mesure discriminatoire et en faveur de toute autre revendication démocratique.Enfin, le ministre soviétique des Affaires étrangères, M.Edouard Chevardnadze, est attendu aujourd’hui à Bucarest pour un premier contact avec le nouveau pouvoir.Dans une interview publiée hier par la Komsomolskaïa Pravda, M.Chevardnadze salue « le soulèvement du peuple roumain » contre le pouvoir « totalitaire » de Nicolae Ceausescu.WASHINGTON — Le président George Bush a déclaré hier que le gouvernement américain ne cherchait pas à obtenir un accord quelconque avec le général Manuel Antonio Noriega en échange de son aveu de culpabilité de trafic de drogue.Bush a affirmé, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, que le dossier juridique contre l’ancien homme fort du Panama, actuellement emprisonné à Miami, était « solide » et que les États-Unis étaient fermement décidés a mener le processus légal jusquà son terme.« Notre gouvernement ne cherche aucun accord avec Noriega », a dit Bush.Il faisait apparemment allusion à certains articles selon lesquels Washington aurait accepté de faire preuve d’une relative clémence lors du procès attendu.Noriega a déjà été un « salarié » de la CIA.Son avocat a dit que le général déchu pourrait demander que des documents « sensibles » soient produits lors du procès.« Nous nous sommes engagés à offrir un procès équitable assorti de toutes les garanties de la Constitution des États-Unis et de la loi », a ajouté Bush.Noriega a été officiellement inculpé jeudi par un tribunal fédéral de Miami de trafic de drogue et blanchiment de narco-dol-lars.Il risque un maximum de 200 ans de prison s’il est reconnu coupable.Il s’était rendu la veille au soir aux autorités américaines au Panama après être demeuré réfugié dix jours dans la nonciature apostolique.Bush a insisté sur le fait que Noriega, qu’il a qualifié de « criminel de droit commun », aura un procès « équitable ».Interrogé sur les conséquences de l’invasion américaine du Panama le 20 décembre dernier, Bush a reconnu qu’elle avait pu nuire aux relations de Washington avec l’Amérique latine, ou certains pays ont vu d’un mauvais oeil un retour à la diplomatie de la canonnière.« Mais je pense que c’est corrigible », a-t-il dit, précisant que des efforts diplomatiques allaient être déployés pour résoudre les tensions suscitées au Sud du Rio Grande par l’intervention au Panama.Le chef de l’éxécutif a, en revanche, catégoriquement rejeté l’hypothèse émise par un journaliste, voulant que l’invasion du Panama ait été décidée pour « améliorer l’image personnelle » de Bush.« Je n’ai rien fait pour des raisons politiques.Non, je n’ai pas fait ça, je l’ai fait pour protéger des vies américaines », a-t-il répondu.M.Bush a d’autre part assuré que les États-Unis aideraient le Panama à reconstruire son économie et que les 14 000 soldats américains dépêchés sur place le 20 décembre pour renverser le général Noriega seraient retirées « rapidement ».Il n’a toutefois pas donné de calendrier.Le président a annoncé qu’il discuterait personnellement avec les dirigeants latino-américains et enverrait prochainement son vice-président, M.Dan Quayle, en tournée dans la région pour expliquer les raisons de l’opération américaine.IRAN-IRAK Hussein propose de renégocier la paix d’après AFP et Reuter BAGDAD — Le président irakien Saddam Hussein a proposé hier, lors du 69e anniversaire de l’armée irakienne, que des représentants d’Irak et d’Iran se rencontrent à Bagdad et à Téhéran, sous les auspices de l’ONU, pour tenter de s'entendre sur l’interprétation de la résolution 598 du Conseil de sécurité.Cette résolution a permis, il y a 17 mois, la conclusion d’un cessez-le-feu dans la guerre du Golfe, mais les négociations de paix qu’elle prévoit sont depuis lors dans l’impasse.Hussein a egalement déclare que l’Iran et l’Irak devaient échanger leurs prisonniers politiques et ouvrir leurs frontières pour permettre aux pèlerins d’aller dans les lieux saints musulmans situés dans les deux pays.Les villes irakiennes de Nadjaf et Kerbala sont considérées par les musulmans chiites comme leurs villes les plus sacrées.Dans une allocution prononcée à l’occasion du 69e anniversaire de l’armée irakienne, Hussein a dit que ses propositions découlaient de la volonté de l’Irak d’« ouvrir une nouvelle porte à une paix honorable ».Pour créer une atmosphère propice aux pourparlers, il a également proposé un échange immédiat de tous les prisonniers de guerre blessés et malades, et de ceux qui ont été capturés entre 1980 et fin 1982.L’Iran pose jusqu’à présent comme condition à un échange de tous les prisonniers de guerre, le retrait des forces irakiennes des parcelles de territoire iranien qu’elles occupent encore.Les deux pays détiennent au total quelque 100 000 prisonniers de guerre.Par ailleurs, le président irakien se trouvait dans de moins bonnes disposition envers Israël, hier, lorsqu’il a affirmé que l’Irak « ripostera par tous ses moyens » à toute attaque israélienne contre son pays.« Nous riposterons avec tous nos moyens et réagirons fermement à toute tentative de la part de l’entité sioniste de bombarder les installations scientifiques ou militaires ira- kiennes, en vertu de notre droit de lé-gitime défense », a-t-il dit dans le même discours où il lançait son offre de paix à l’Iran.3 9 13 BLEU NU I T Du 6 au 13 janvier Bleu Nuit vous invite à profiter des prix réduits jusqu'à 50% sur des articles sélectionnés EXXA DUVET 550 PRÉSIDENT KENNEDY 843-6248 ST-JEAN: 1 PLACE DU MARCH BLEU NUIT 3913, nie Saint-Denis Montréal (514) 843-5702 La crise des nationalités bouscule l’horaire de Gorbatchev d’après AFP et Reuter MOSCOU — La crise des natioalis-lés, qui s’est encore aiguisée cette semaine en U RSS, bouscule le calendrier de Mikhaïl Gorbatchev, le force à annuler ses rendez-vous avec les leaders étrangers, et inquiète jusqu’aux places boursières du monde.M.Gorbatchev, préoccupé par une montée des périls sans précédent en Azerbaïdjan, la plus turbulente des républiques d’Asie centrale, et à la fronde séparatiste des trois républt ques baltes, doit se consacrer en toute priorité aux affaires intérieures soviétiques, après avoir marqué des points sur la scène internationale.Avec ce voyage en Lituanie du 10 au 12 janvier, son premier déplacement à Vilnius en tant que chef du Kremlin, le président Gorbatchev espère désamorcer la crise provoquée par la décision des communistes locaux de rompre avec Moscou pour créer leur propre parti indépendant du pouvoir central, le 26 décembre.En annonçant la nouvelle hier, Radio-Moscou a précisé que Gorbatchev allait s’informer de la situation sur place pour en rendre compte au Comité central du PCUS à la fin janvier.La date de la visite a été divulguée au lendemain d’une rencontre au Kremlin entre Gorbatchev et une délégation lituanienne menée par Al-girdas Brazauskas, le chef du PC local.À l’issue de cet entretien, le deuxième secrétaire du PC lituanien, Vladimir Beriozov, s’était déclaré convaincu que le Kremlin n’obligerait pas son parti à revenir sur sa dé- cision, considérée par les Lituaniens comme le seul moyen d’éviter une scission à Vilnius.« Je suis convaincu que rien ne sera fait pour bloquer les choses », avait dit Beriozov.Il avait cependant ajouté que d’autres membres plus conservateurs du Comité central du PCUS pourraient se montrer moins compréhensifs que Gorbatchev.Conséquence des problèmes intérieurs qui secouent l’U RSS, le chef de l’État a reporté plusieurs rencontres prévues ce mois-ci avec des personnalités étrangères.Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guennadi Gue-rassimov a invoqué hier un « calendrier très serré».La création d’un PC lituanien indépendant est le premier cas de scission au sein du PCUS depuis la révolution bolchévique de 1917.Cette ini tiative a été condamnée par Gorbatchev lui-même.Le Comité central du PCUS n’est cependant pas allé jusqu'à refuser toute reconnaissance au nouveau parti et il a décidé d’attendre les conclusions de la visite de Gorbatchev (tour prendre une décision.Mais la Lituanie n’en a pas moins créé un précédent dangereux pour l’unité de l’Union soviétique.Dans la république voisine de Lettonie, la direction du PC a repoussé une réunion de son Comité central prévue cette semaine pour discuter de son avenir afin d’attendre la fin de la visite de Gorbatchev à Vilnius.Pendant ce temps, de nouvelles manifestât ions se sont produites le long de la frontière soviéto-ira-nienne.Les émeutiers ont saccagé des clôtures, selon un journaliste lo- cal.Nazim Ragimov.Les troubles, qui ont débuté à la veille du Nouvel An, ont fait au moins un mort.Une délégation de hauts responsables communistes, parmi lesquels le chef du Parti pour l’Azerbaïdjan, Ab-doul Vezirov, et le président de l’une des deux chambres du Parlement so-viétique, l’Ouzbek Rafik Nichanov, s'est rendue au Nakhitchevan où elle poursuivait hier ses consultations pour se rendre compte de la situation.La région est interdite aux journalistes étrangers depuis jeudi.L’interdiction s'applique également à la capitale de 1 Azerbaïdjan, Bakou, où 10 000 personnes, selon les autorités locales, ont manifesté jeudi pour soutenir leurs frères du Nakhitchevan.Ils ont également réclamé le maintien du Haut -Karabakh dans le giron azéri.Selon des responsables du mouvement radical azéri qui organisait la manifestation de Bakou, entre 150 000 et 200 000 personnes se sont rassemblées jeudi après-midi sur la place Lénine, rebaptisée pour la circonstance « Place de la liberté ».Pour une porte-parole du groupe social démocratique (modéré) de la République, Mme Liela Ioussounova, la manifestation a rassemblé» moins de 100 000 persones».M.Ibraguim a indiqué que le rassemblement, prévu à l'origine pour discuter de la situation et du statut du Nagorny-Karabakh, la région autonome peuplée en majorité d'Arméniens, avait en fait porté essentiellement sur l’ouverture de la frontière avec l’Iran.Beyrouth veut bloquer les comptes d’Aoun PARIS (AFP) — Les autorités libanaises ont effectué une démarche pour demander le blocage des comptes de banque en France du général Michel Aoun, a confirmé hier à Paris le porte-parole du ministère des Af faires étrangères.Cette demande a été transmise à l’ambassade de France à Beyrouth par le gouvernement de M.Selim Boss, a précisé le porte-parole.Le porte-parole s’est refusé à tout commentaire sur les suites que pourra avoir cette demande, en renvoyant aux déclarations faites la veille par le ministre, M.Roland Dumas.Une telle demande devra « suivre les canaux diplomatiques habituels et s’insérer dans noire dispositif judiciaire », avait déclaré ce dernier.L'hebdomadaire satirique français l.o Canard enchaîné avait fait état, mercredi, de l’existence de deux comptes joints au nom du général Aoun, chrétien, chef du gouvernement militaire rival de celui de M.Iloss, et de son épouse, d’un montant de 15 millions $.Canada Les bourses sont octroyées par INDUSTRIE, SCIENCES et TECHNOLOGIE CANADA.Université de Montréal Les boursiers de 1cr cycle à l'Université de Montréal 1989-1990 L'Université est heureuse d'accueillir environ 150 boursiers inscrits au baccalauréat.Ces jeunes sont les lauréats de trois programmes de bourses qui encouragent ceux et celles qui se distinguent par leur mérite.Adams, Marc Alarco, lean-Pierre Aktouf, Karina Allard, Pierre Bélanger, Marie-Ève Bellerive, Alain Benoît, Bruno Bernard, Nancy Bilodeau, Marlyn Blondin, Annie Bluteau, Michel Boisvert, Ghyslain Boucher, Dominique Boucher, Julie Boucher, Martin Bradshaw, Corey Brière, Annie Brisebois, Martin Campeau, Nadine Carbone, Giovanna Carignan, Martin Cloutier, Nathalie Corriveau, Sophie Cossette, Sylvie Derome, Julie Desjardins, Hugo Dionne, Doris Dufourj Marie-losée Dugas, Linda Dumais, Guy Drouin; Nathalie Fortin, Claude Fortin, Manuel Fortin, Martin Francoeur, Martin Gagné, Mathieu Gaudette, Bruno Germain, Lynn Guimond, Louis-Sébastien Guy, Louis-Georges lodar, Céline Iulien, Nathalie Lachance, Nicole Lacoursière, Martine Lacroix, Daniel Lacroix, Michel Ladouceur, Nathalie Laforest, Martin Lamy, Sylvie Laplante, Caroline Lauzier, Marie-Ève Lauzon, Martin Leduc, Martin Lemay, Chantal Lemire, Sophie Lépine, Valérie Letourneau, Eric Lévesque, Isabelle Magnan, François Marchand, Lucie Ouimet, lean Pichette, Nathalie Pineault, Annie Pitre, Caroline Pouliot, Philippe Robert, Tony Rouillard, Céline Thibaudeau, Pierre Titolo, Steve Tremblay, Annie Turgeon, Stéphane Turner, Sandra Les bourses au mérite proviennent d’un fonds de l'Université de Montréal constitué par des dons privés.Elles sont attribuées à des étudiants de 2r et de 3r année.Amyot, Marc Beaudoin, Marie-Nathalie Beaudry, Catherine Bélanger, I ouise Bellemare, Patrick Béruhé-t auziere, Yves Cazelais, Gilles Cornet, Christine F.Cyr, Francine Demers.Nathalie Demeule, Patrie k Duchastel, Morency Farley, I rarue Farther!, Denis I ortin, Marie-t ram e Four her.( arole Gay, David Giannangelo, Louisa Guertin, Marie-Claude Haché, ( hristina Houlaclu.lean-Pascal labbé, Erika Lagueux, Olivier Lahaie, Henri Lamarre, François Lorimier, Renée-Claude Mamet, I rançoise Marion, ( lande Marsillo, Chantal Mayrand, Hélène Miron, Diane Monty, Anne Quecnton, Marc Rainville, Pierre Raymond, Geneviève Seppey, Frédéric thaï, Nga Fousignant, Jocelyne I remblay, Sébastien Vigneault, Fric Villeneuve, Nathalie Les bourses de 1er cycle de l'Université de Montréal sont accordées par un jury de professeurs aux cégépiennes et aux cégépiens qui s'inscrivent à l'Université de Montréal.Allard, Andrée Arguin, Marie-Line Baril, Julie Bélanger, Chantal Boivin, Natar ha Boucher, Dominique Bui, Diem Thuy Cloutier, Nathalie Dionne, Doris flie, ( hantai Ferguson, Erick Fiset, Marie-losée Fournier, Sarah Tunaro, Deana Giroux, Lyne Guesthier, Manon Hébert, France Itoule, |ean-Rene Ibraham, Reda leria, Ivan Lacroix, Michel Lalande, Marc-André I éclairé, Stéphanie Lefebvre, Marie-Claude Locas, Caroline Pek, Bonavuth Roberge, Danielle-Seguin, Éliane Sénécal, Nathalie St-lacques, Caroline Therrien, Sylvain * A-6 ¦ Le Devoir, samedi 6 janvier 1990 FAIS CE QUE DOIS" Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directeur: Benoit Lauzière Rédacteur en chef: Paul-André Comeau Directeur des services administratifs: Christian Charron Rédacteurs en chef adjoints: Jean Francoeur, Albert Juneau, Michel Lefèvre Directeur de l'information: Jacques Chabot Directeurs adjoints: Guy Deshaies, Pierre Cayouette Le traitement de nos forêts L ’Europe remet en question notre style d’exploitation sylvicole COMMENT traitez-vous vos forêts ?» Cette petite question, les hauts-fonctionnaires des gouvernements fédéral et québécois l’entendent fréquemment depuis quelques mois.Les industriels qui tendent un peu l’oreille ont eu droit à des formulations de même veine.Cette petite question, ce sont des Européens qui la glissent au hasard des conversations.Aussi bien entre deux verres que lors des rencontres plus structurées entre fonctionnaires de la Communauté européennne ou de l’un ou l’autre des gouvernements de la CÉE et leurs homologues canadiens ou québécois.Il ne s’agit pas d’une question innocente.Après l’amiante, après les bébés-phoques, les forêts ! À moins que de vouloir encore une fois se réveiller trop tard, le Canada et le Québec doivent prêter attention aux conseils, aux avertissements en provenance d’Europe.Il ne s’agit pas là d’une question marginale.Cette fois-ci, c’est la principale ressource du Canada qui est en cause.Est-il besoin de rappeler que la forêt représente toujours la premiere source de revenus au sein de l’économie du Canada, au sein de l’économie du Québec ?« Comment traitez-vous vos forêts ?»> Cette question, on la formulait, il y a quelques mois, à l’intention des exploitants des forêts du Brésil.Elle témoignait de l’inquiétude et de la réprobation devant la dévastation de la forêt d’Amazonie.Elle cristallisait un certain malaise devant ces coupes à blanc qui transforment d’immenses étendues en des paysages de désolation.Cette petite question n’est plus le fait de quelque écologiste en mal de cause.Elle surgit spontanément de la part de membres du grand patronat européen qui ne peuvent guère être soupçonnés de prosélytisme en faveur du mouvement des Verts.« Comment traitez-vous vos forêts ?» La question a au moins le mérite de la franchise.Elle est lancée directement, sans apprêt inutile.Et pourtant, on ne semble guère la prendre au sérieux de ce côté-ci de l’Atlantique.« Une mode, une nouvelle lubie », ricanent certains visiteurs de retour des « vieux pays ».Avec une même joyeuse inconscience, on s'apprête à ré éditer le fiasco de deux précédentes affaires qui ont marqué les relations entre le Canada et l’Europe occidentale durant les années 70 et 80.Malgré les signaux émis là-bas, le Canada a fait et continue de faire les frais de deux crises aujourd’hui un peu oubliées.En traitant a la légère les premières manifestations dans certains publications spécialisées, le Québec a vu son industrie de l’amiante s’écrouler en quelques années.Fort d’un engagement électoral, le gouvernement du Parti québécois a joué les aveugles superbes en procédant à la nationa- lisation d’une partie des mines et de l’industrie de l’amiante.On connait la suite de l’histoire.En se contentant de ridiculiser les écologistes et autres apôtres, le Canada a été incapable de sauver une partie de l’industrie saisonnière de la chasse aux bébés-phoques.Peu importe les fondements moraux ou éthiques de toute cette entreprise de boycottage, un seul fait doit retenir notre attention : la menace n’était pas gratuite, encore moins stérile.Dans un cas comme dans l’autre, les signaux avant-coureurs ont été minimisés, dans certains cas ignorés.Personne, à Ottawa comme à Québec, ne prêtait vraiment attention aux questions qui s’inscrivaient avec régularité au « feuilleton » du Conseil de l’Europe, de l’Assemblée parlementaire des Communautés européennes.A l’époque, on se gaussait devant ces assemblées sans pouvoir.Et on tournait la page en vaquant à des choses plus sérieuses.« Comment traitez-vous vos forêts ?» La question n’est pas gratuite.Elle s’inspire d’observations élémentaires que tout visiteur peut glaner facilement.La pratique des « coupes à blanc », l’incroyable retard accusé au Québec et au Canada en matière de reboisement systématique, autant de faits qui n’exigent pas des recherches méticuleuses, mais qui suscitent craintes et questions Les grandes entreprises forestières, certains chercheurs récusent en deux temps, trois mouvements la petite question qui a valeur de reproche et d’avertissement tout à la fois.On vous démontre aussitôt que, d’un strict point de vue scientifique, les méthodes d’exploitation de nos forêts seraient irréprochables.La pratique de la coupe à blanc se justifierait en regard de critères sylvi-coles irréprochables.En raison des caractéristiques de nos forêts et de notre climat, il y aurait même avantage à s’en tenir aux méthodes traditionnelles.Voilà qui est impressionnant.Exactement comme les études épidémiologiques menées à grand frais pour démontrer l’innocuité des fibres d’amiante extraites au Québec.Exactement comme les recherches lancées par les autorités gouvernementales pour prouver l’utilité biologique de la chasse annuelle aux blanchons.Des études méthodologiquement valables, des conclusions très bien étayées : le résultat était sans doute intéressant.Mais tout cela n’a rien changé.Les mines d’amiante ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles étaient.Les peaux de blanchon ne trouvent plus preneurs.Mais on avait raison.« Comment traitez-vous vos forêts ?» Une question en forme d’avertissement.— PAUL-ANDRÉ COMEAU Du côté des deux Corées L’éveil à la démocratie effleure un dinosaure communiste LA Corée du Sud a rejeté, après un premier accueil « enthousiaste » le message de Nouvel An du maréchal Kim Il-sung proposant de démanteler le mur séparant les deux Corées depuis 1953.Séoul s’apprête à proposer un accord de libre passage au travers du 38e parallèle, sur le modèle de celui conclu entre la RFA et la RDA en 1972.Timide frisson de détente dans ce dernier bastion de la guerre froide tant l’hostilité et la méfiance sont profondes entre les deux Corées, qui savent chacune manipuler avec maestria l’arme de la propagande.Mais le fait même qu’en ce début de 1990, on se réfère encore à des accords datant de l’ère brejnévienne montre le retard que conserve la péninsule coréenne en ces temps de bouleversements tous azimuts.Si, depuis les manifestations étudiantes de 1987, la Corée du Sud, enfin démocratisée, a lancé une offensive de charme en direction de la Chine, de l’URSS et de l'Europe de l’Est, la Corée du Nord est restée pour sa part l'un des derniers dinosaures du communisme.Le vieux maréchal Kim Il-sung, grand adepte du népotisme comme son vieil ami Ceausescu, dont il vient de faire publier les oeuvres en coréen, fait désormais figure d’ancêtre, de statue du Commandeur du stalinisme.De plus en plus isolé, il ne lui reste guère comme soutien que M.Deng Xiaoping et la Chine normalisée.C’est peut-être ce qui explique, outre la tradition des tonitruants messages de Nouvel An, ses nouvelles propositions.Encore faut-il relativiser la dernière en date, puisqu’il affirme que le « mur de béton » se trouve du côté sud de la ligne de démarcation et que « de notre côté, il n’y a aucune muraille ».Le retard de la Corée du Nord par rapport au Sud dans tous les domaines — démocratique, voire militaire — au moment où se prépare la lutte pour la succession du vieux dictateur, dont le fils aîné et héritier présomptif, le « cher dirigeant » Kim Jong-il, est contesté, pourrait la contraindre à des concessions.Face à un Sud de plus en plus conscient de sa réussite, Pyongyang aurait en effet du mal à recourir à une solution militaire parfaitement inacceptable aujourd’hui par Moscou comme par Pékin.Cette ouverture serait, pour la Corée du Nord, une chance d’éviter de devenir une sorte de Disneyland d’un communisme pur et dur ailleurs disparu, l’ultime réserve d’indiens du stalinisme avec l’Albanie.Ce serait aussi, là encore plus qu’ailleurs, la reconnaissance du constat de faillite d’un système fondé sur la répression, l’autarcie et le culte du chef — et l’admission de la primauté d’un Sud capitaliste, longtemps honni mais plus peuplé et tellement plus riche.M.Kim Il-sung est-il prêt à accepter ce harakiri politique après quarante-cinq ans de pouvoir sans partage ?— LE MONDE Amende honorable, M.Côté.BILLET GILLES LESAGE À CHACUN ses bonnes résolutions en ce début d'année.J’en ai une pour mes confrères, affectés comme moi à la couverture politique.Cessons de pourchasser et de harceler les politiciens, de déformer et de détourner les propos et décisions des ministres ! Reprenons notre rôle de haut-parleur et de porte-voix, ou qu’on nous y force, enfin ! Grâce à M Marc-Yvan Côté, c’est fait depuis un mois (le lundi 4 décembre), en pleine Assemblée nationale.Une pièce d’anthologie.De la belle ouvrage, propre, bien faite.L’honorable ministre de la Santé et des Services sociaux ayant osé, fi nalement, crever l’abcès, le moins que les scribes peuvent faire, c’est d’avaler leur pilule, sans rechigner.Et de faire amende honorable, avec le ferme propos de ne plus recommencer.Je veux ici donner l’exem-le à mes jeunes collègues, en ce déut d’année.Il y a eu maldonne.On croyait le ministre fort, solide, sans peur et sans reproche.Tellement omnipré sent et omnipuissant, en fait, que la confrérie journalistique l’a affublé de tous les quolibets: beu de Matane, parrain de Québec, coq du Village, seigneur de Charlesbourg.J'en passe, et des pires.Les récentes lar- gesses électorales du valeureux ministre lui ont valu le titre anachronique de Père Noël.Même son aimable avertissement («Je serai à l’écoute le 26 dans la mesure où Claire-llélène Hovington sera à nouveau député de Matane») a été qualifié, par des scribes malveillants, d’arrogant et méprisant.On le croyait fort, il est faible et vulnérable.Il le confesse à ses pairs: «Il est toujours risqué pour un élu de juger la presse, ne serait-ce que parce qu’il n’a pas le crayon ou le micro.» Crayon ou micro avec lequel, c’est bien connu, la méfiante presse fait la pluie et le beau temps.C’est elle qui a le pouvoir, non le pauvre ministre: lui, il ne peut compter que sur les 4,000 membres de son association pour le défendre; et quelques milliers de lecteurs sont, évidemment, bien plus puissants que les centaines de milliers de fans libéraux.Le plus humble reporter, n’est-ce pas, est plus redoutable qu'un superministre et général en chef d’une armée rouge.Mis à nu, diagnostiqué, disséqué, intimidé, le ministre fait pitié.Dans son épitre aux sceptiques, M.Côté oppose, à la méfiance viscérale de quelques journalistes, la crainte et le sentiment de profonde impuissance du politicien Qui eût cru que le ministre soit démuni comme un nouveau-né, ou traqué comme un lièvre ?Porter plainte au Conseil de presse sur le pénible traitement qui lui a été infligé en campagne électorale ?Sur le comportement d’une presse déchaînée et hostile envers le gouvernement et le Parti libéral ?Ça donnerait quoi ?se demande un député libéral qui accumule les griefs contre la presse parlementaire.Ce Conseil est formé de journalistes et de leurs patrons: aucune chance, donc, d’obtenir justice, évidemment ! Pris sur le fait et accablés de remords, nous devons de plates excuses au député-ministre de Charles-bourg.Apres tout, c’est peut-être un peu de notre faute s’il n’a pu remplir sa promesse de rayer les péquistes de la carte électorale de la région de Québec.Il y a de quoi être frustré, furieux même, n’est-ce pas ?L’honorable ministre confirme qu’il s’agit de son dernier mandat, comme d’autres avant lui, de troquer bientôt sa faiblesse contre un puissant stylo ou un dangereux micro.Impartial, neutre et indépendant comme il l’est, il fera un malheur dans la confrérie.Au moins aussi grand que son ami des ondes, le Roi Arthur.Ensemble, tout à loisir, avec courage et pertinence, ils pourront séparer le non grain de l'ivraie, enlever la paille qui est dans l’oeil du voisin et la poutre qui obstrue celui des (autres) journalistes, les pelés, les galeux, de qui vient tout le mal.Mes hommages, honorables ministres, bonne année, et le paradis avant la fin de vos jours ! CB c/fôqoieME PtissfieeR à ïr 02 LETTRES AU DEVOIR Déplacer la voie ferrée Lettre adressée à M.Benoit Bouchard, ministre fédéral des Transports LORSQUE je songe à ce qui pourrait se produire à Boucherville ou Varennes, je ne peux que souscrire aux inquiétudes de nos commettants qui réclament à plus de 90 % le déplacement de la voie ferrée.L’accident de St-Léonard d’Aston générera des coûts importants qui, selon des avis compétents, représenteraient au moins la moitié du coût du projet de relocalisation Boucherville/Varen-nes.Ça fait songer, monsieur le ministre.Comment ne pas souscrire aux arguments des citoyens de Varennes et Boucherville qui prétendent que les gouvernements supérieurs suive une politique contestable en tolérant la voie ferrée dans le corridor actuel.Monsieur le ministre, je me joins à mon collègue le maire de Varennes pour vous demander de signer, avec le Québec et les villes concernées un protocole en vue de la relocalisation de la voie ferrée.Les villes pourraient être désignées maître-d'oeuvre sur leur territoire respectif.La cadre financier pourrait être le suivant : la relocalisation payée à 100% par les ministères des Transports du Canada et du Québec et la réhabilitation de l’ancien corridor à la charge des villes de Varennes et Boucherville dans leur territoire respectif.— HUGUES AUBERTIN maire de Boucherville — JEAN ROBERT maire de Varennes Montréal, le 19 décembre.Pourquoi l’inverse ?AINSI, ce serait inhumain de demander à ces Pôvres Anglâs d’apprendre une douzaine de mots en français pour comprendre la signalisation routière du Québec ?Autrement, ils risqueraient d’en mourir.Pauvres petits ! Est-ce que les symboles internationaux, employés dans la signalisation routière, ne suffisent pas ?Et les conducteurs d’autos et de camions ?Leur quotient intellectuel est-il bas au point d’avoir à tout leur mâcher et même à les guider par la main ?En Ontario, où il se parle plus de 56 langues, la signalisation ne se fait qu’en une seule, exception faite de rares régions qui ont un nombre important de francophones, et la concession ne leur a été faite que de manière réduite.Pendant des années, j’ai conduit une Mercédès sur les routes et autoroutes d’Allemagne et d’Autriche et je ne me suis nullement senti en danger parce que les indications sont complètement en allemand.De même en Italie, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Hollande, en Espagne et naturellement en Angleterre.Chacun fait respecter sa langue nationale et chacun fait bien.Aux étrangers de s’adapter et c’est ce que j’ai fait, y compris en Israël, Égypte, Arménie, Géorgie et Azerbaïdjan.Pendant plus de trois ans, j’ai conduit à gauche du chemin de Ghana, avec signalisations routières dans une langue qui n’était pas la mienne et je n’en suis pas mort.Aucun accident.Il m’arrive fréquemment de piloter un avion ici en Ontario et je dois communiquer en anglais seulement et, effectivement, il m’a bien fallu apprendre le jargon nécessaire.Alors, pourquoi l’inverse serait-il un mal ?M.Claude Ryan peut se donner bonne conscience tant qu’il voudra mais personne d’autre n’est obligé d’avoir mauvaise conscience pour refuser d’être de son avis.— J.R.M.SAUVÉ géographe Toronto, le 20 décembre.Oser « penser » NOUS AVONS lu, quelques amis et moi, votre éditorial du 29 décembre; il nous a comblés par la clairvoyance, la précision, la justesse de pensée, le courage.et par le style, limpide et incisif.Voilà une analyse digne des plus grands journaux.Bien sûr, votre scalpel dégage des réalités accablantes, mais il apporte aussi le réconfort d’une intelligence qui ne se soumet pas.Oser « penser » face à une superpuissance à la fois hooligan et pharisienne n’est pas donné au commun des journalistes.Le Monde diplomatique mis à part, quel journal manifesterait une attitude aussi libre et critique devant le gendarme américain, blindé dans son bon droit et sa bonne conscience ?Nos remerciements et nos félicitations les plus vives ! — JACQUES POISSON Rosemère, le 30 décembre 1989.Face au deuil LA FILIALE de Montréal de l’Association canadienne pour la santé mentale se joint aux familles et aux amis des victimes du drame de Polytechnique pour partager leur immense peine.Elle transmet également ses condoléances à la mère et à la soeur de Marc Lépine.Nul doute que la santé mentale ou l’équilibre émotionnel de bien des gens sera mis à dure épreuve par ce deuil si difficile à porter.Le chagrin est un phénomène compliqué.La réaction initiale est souvent un refus de comprendre ce qui se passe.Les stades suivants sont souvent caractérisés par de profonds bouleversements physiques et affectifs.Nous pouvons, par exemple, être atteints de troubles psychosomatiques.Ce sont cependant les répercussions affectives ressenties au plus profond de notre être oui risquent d’engendrer les problèmes les plus sérieux.Crises d’angoisse, grande peur, dépression, tendance obsessionnelle à évoquer le souvenir du défunt et du drame : toutes ces manifestations et d’autres sont des réactions communément ressenties face à la mort.Plusieurs éléments sont matière à de nombreux remords auxquels il semble impossible d’échapper ; et tout cela peut nous laisser épuisés et désemparés.Les gens ne sont pas préparés à ressentir des émotions d’une telle intensité et ils ont peine à croire qu’il s’agit là de réactions normales et communes en cas de perte d’un être cher.Ils peuvent se demander s’il ne sont pas en train de perdre leur équilibre émotionnel, leur santé mentale.Rares sont ceux qui réussissent à surmonter sans aide extérieure la douleur qu’entraîne un deuil.Si les circonstances le justifient, la recherche d’une aide extérieure n’est que l’un des nombreux moyens de faire face.C’est un signe de vigueur et de connaissance de soi, et non de faiblesse.Notre filiale [tél.(514) 521-4993] offre gratuitement une brochure, Faire face au deuil, où on trouve une réflexion qui pourra être apaisante et quelques conseils.— JACQUES DUVAL Montréal, le 15 décembre.La Mère des Canadiens Lettre adressée au gouverneurs du Canada, Mme Jeanne Sauvé JE VIENS d’entendre, sur les ondes de Radio Canada, votre message du nouvel an aux Canadiens et j’en garde une émotion profonde que je n’ai ressentie que dans les grands moments de ma vie.Rarement ai-je eu l’occassion d’écouter un plaidoyer aussi fervent et aussi sincère pour une cause aussi noble et aussi juste que celle que vous défendez avec l’amour et la passion dont seul un coeur de femme et de mère est capable.Je ne prétendrais pas que vous n’avez convaincu puisque je l’étais déjà auparavant ; mais vous avez trouvé les termes justes pour dire ce que je ressentai profondément sans pouvoir l’exprimer avec cette sérénité et cette certitude qui caractérisent votre discours.La conviction et la foi profondes qui ont inspiré la douceur et la clarté de vos propos ont renouvelé mes espoirs et raffermi ma foi en un moment de grand besoin.S’il m’est permis de prendre quelques instants supplémentaires de votre temps et de faire un parllèle, j’aimerais ajouter ceci.Dans l'histoire de l’Egypte moderne, une seule fois l’épouse d’un premier ministre, Madame Safia Saad Zaghloul, s’est mérité le titre de « Mère de tous les Égyptiens » en raison de sa participation active à la lutte que menaient le peuple et le gouvernement dirigé par son mari Saad Zagloul Pacha pour l’indépendance de l’Égypte dans les années 1920.En souvenir de cette femme héroïque et de cette période de l’histoire que je chéris le plus de mon pays d’origine, permettez-moi de vous donner le titre de « Mère de tous les Canadiens».— FAKHRY GABER Saint-Laurent, le 1er janvier.LE DEVOIR LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal, H2Y 1X1 II est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, Division du Groupe Québécor Inc., dont les ateliers sont situés au 7743, rue Bourdeau, LaSalle.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., située au 775, boul.Le-beau, St-Laurent.Courrier de deuxième classe: enregistrement numéro 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec (514)844-3341 Abonnements (514) (44-S7JC .LE DEVOIR .(USPS » 003708) is published daily by L’Imprimerie Populaire.Limitée 211 rue Si-Sacrement.Montréal.Québec H2Y 1X1 Subscription rate per year is $439 00 USD Second Class Postage paid at Champlain, N Y U S POSTMASTER send address changes to Insa, PO Box 1518.Champlain, NY 12919-1518 Le Devoir, samedi 6 janvier 1990 ¦ A-7 DES IDEES, DES EVENEMENTS LE DEVOIR des années 30 Le journal défendait tenacement la survivance française au Canada et aux États-Unis MAURICE HUOT A la veille du 80e anniversaire de fondation du DEVOIR (10 janvier 1910), l'auteur, qui a été de l'équipe de rédaction du quotidien durant les années 30, évoque quelques anecdotes d'il y déjà un demi-siècle.CJ EST en 1937 que j’entrai au DEVOIR.À ce moment, le journal avait pignon sur rue dans un édifice modeste en briques rouges rue Notre-Dame, à quelques pas de la rue Bonsecours.Sous ce toit logeait l’imprimerie qui, en plus de mettre le quotidien sous presse, exécutait force travaux d’imprimerie tant pour des particuliers que des organismes gouvernementaux, ce qui apportait de l’eau au moulin.LE DEVOIR était alors sous la direction de Georges Pelletier, journaliste chevronné et travailleur acharné qui donnait des chroniques étoffées sur l’actualité nationale et internationale et des éditoriaux percutants.Il avait été avant chroniqueur parlementaire sous Henri Bourassa, le fondateur.Parvenu à la barre du journal, Pelletier avait imprimé à cette feuille une direction générale que ses principaux collaborateurs : Orner Hé-roux, rédacteur en chef, Louis Dupire, secrétaire de la rédaction, Émile Benoist, Napoléon Lafor-tune, suivaient à la lettre, car alors LE DEVOIR avait une direction serrée, des principes rédactionnels dont personne ne songeait à dévier notamment sur la politique et la morale catholique.Sept Jours par semaine Au point de vue politique, LE DEVOIR consacrait son attention à la survivance française non seulement au Québec mais dans tout le Canada et dans les milieux où aux États-Unis persistaient les descendants des Québécois ayant émigré aux dernières années du 19e siècle.Orner Héroux était de tous pèlerinages qu’organisait le journal vers les centres de la survivance française.C’était le temps d’avant les syndicats de journalistes, le temps où on était corvéable sept jours par semaine, pour quelque 17 $ ou 18 J.Nous avions aussi au début droit à 15 jours de vacances par année.Pas de congés.Les jours d’absence étaient ceux que nous valait la maladie.Des gens me disent aujourd’hui, quand je leur raconte ces souvenirs, que les journalistes du temps ont été exploités.Peut-être, sans doute même.Mais moi, j’aimais mon métier et je ne songeais guère à l’exploitation dont j’ai pu être l’objet.J’aimais trop la pratique du journalisme dans un quotidien pour songer à cela et rechigner.C’est plein de joie que je me livrais à l’activité de journaliste.Je me souviens d’une initiative que j’avais prise en l’été de 1938.Un grand pontife de la survivance française venait à Montréal faire rapport à des groupes nationalistes du Québec de la misère des Franco-Manitobains à survivre en français.Le cas est encore le même dans toutes les provinces anglaises du Canada, cela n’a pas changé.Je fus dépêché par LE DE VOIR à la rencontre de ce person nage.Je me rendis vers les six heu res du soir à l’ancienne gare Bona venture, aujourd’hui disparue, qui faisait face à l’hôtel Queens, lui aussi disparu.Le train de l’Ouest entrait en gare vers cette heure.Nous étions en plein été et il faisait une chaleur d’étuve.Notre homme descendit du train ayant grand besoin de se rafraîchir après un long parcours de centaines de milles.Le moment était au propice pour prendre une entrevue, je sug- Lors de son premier voyage en terre acadienne, en 1924, le fondateur du DEVOIR, Henri Bourassa, s'est adressé à la foule réunie dans un petit village du Nouveau-Brunswick.gérai au visiteur, puisqu’il descendait à l’hôtel Queen’s, d’aller se rafraîchir et je le verrais par la suite dans la salle à dîner de l’hôtel où je l’invitais à manger et m’entretenir de ce qui le préoccupait.Devant un bon souper à 3 $ pour deux, c’était le prix alors, je pris l’entrevue, une entrevue d’importance pour LE DEVOIR, puisque la survivance française était un de ses grands chevaux de bataille.Le lendemain, j’avisai le trésorier du journal de ma dépense.Il me regarda avec étonnement, me remboursa mais m’avertit du même coup de ne pas recommencer.« Comment, vous payez des repas à l’hôtel ?», m’avait-il dit.C’était les moeurs du temps.Dans la bonne humeur Attenant à la salle de rédaction du DEVOIR, il y avait une petite salle où les journalistes allaient prendre leurs repas ou collations et boire leur café ou autres.Il ne s’agissait pas d’une cafétéria; les journalistes, par économie comme les écoliers, apportaient leurs vivres pour certains repas quand leur service ne prévoyait pas de manger aux frais des organisateurs de réunions où ils devaient aller chercher quelques nouvelles.Dans cette salle ou plutôt cet étroit réduit, on refaisait ses forces mais aussi on discutait âprement des nouvelles du jour.Surtout le matin à bonne heure, avant de se disperser, chacun appelé par son service, les échanges s’étiraient dans la bonne humeur.Que de fois, le chef de pupitre et même le directeur, Georges Pelletier, venaient indiquer que la récréation était finie et qu’il fallait aller à la chasse aux nouvelles.Heureux temps où la pression des événements était moins grande qu’aujourd’hui.La vie journalistique s’écoulait plus tranquillement.L’ancien édifice qui abritait LE DEVOIR est hélas disparu.Dommage.On aurait pu le convertir en une sorte de musée de la presse française.On aurait pu réunir là des fac-similés des journaux français parus au pays.Cela aurait constitué un centre d’intérêt pour les curieux des étapes de la presse écrite.D’autant plus que, situé dans le Vieux-Montreal, des touristes et des chercheurs auraient pu y converger.Au cours de mon séjour au DEVOIR, couvrir les tribunaux criminels constituait le plus clair de mes fonctions du matin.Beaucoup de petits procès y avaient lieu.Avec mes confrères des autres journaux, je devais courir d’une cour à l’autre, cherchant le plus pittoresque des procès en cours.La cour des assises offrait plus d'intérêt pour LE DEVOIR, c’est là que j’allais le plus souvent.La difficulté majeure était d’écrire pour s’aligner avec la tombée du journal, soit vers midi, LE DEVOIR étant alors un journal du soir.Je me souviens que nombre de procès affectant de petites gens traumatisaient les membres des familles des accusés.On voyait alors un père, une mère, venir supplier les journalistes de ne pas rapporter les séances du tribunal les concernant.Ces procès n’ayant pas grand intérêt pour le public, mes confrères et moi-même faisions nos petites charités en faisant silence sur ces méfaits.À la grande joie des impliqués.Souvent, ceux qui voulaient qu’on ne parle pas des accusés offraient des billets verts aux représentants de la presse, billets la plupart du temps refusés par les journalistes.Sans vouloir me vanter, je ne touchais pas personnellement à ces achats du silence.Mon arrêt de mort Une fois, un père éploré m’offrit un billet vert pour taire le nom de son fils à la suite d’un petit procès de vol sans importance.Je lui fis comprendre que le procès n’intéressait pas mes lecteurs et que, de plus, il avait assez de chagrin de voir son fils mal pris que je n’ajouterais pas à sa peine pour tout l’or au monde.C’est au début de la guerre de 1939 que je quittai LE DEVOIR car, ayant tenté de m’inscrire comme correspondant étranger, alors que LE DEVOIR menait une campagne anticonscriptionniste pour service outre-mer, j’avais signé mon arrêt de mort.Je fus remercié et poursuivit ailleurs ma carrière de journaliste, c’est-à-dire au journal Le Canada, où je passai la guere, l’armée m’ayant refusé pour une raison médicale, mes yeux pas trop bons.L’ouverture de la porte de Brandebourg TEMOIGNAGE FABRICE BLOCTEUR L'auteur était à Berlin au moment où les Allemands de l'Ouest et de l'Est célébraient l'ouverture de la porte de Brandebourg.UN GROUPE d’écoliers contemplent en silence la dizaine de croix blanches dressées au bord de la rivière Spree.Leur recueillement est bientôt interrompu par un martellement saccadé : deux adolescents, un marteau dans une main et un burin dans l’autre, s’acharnent à décrocher du Mur des morceaux de pierre recouverts de graffiti.À quelques mètres de là, trois gardes est-allemands, debouts sur le sommet de la construction, contemplent la scène d’un air indifférent.Le soleil qui s’élève au-dessus de la porte de Brandebourg projette leurs silhouettes minuscules sur l’imposant bâtiment du Reichstag.Transportée par le vent, la fumée de leurs cigarettes se dirige vers l’est en se dissipant dans les restes de brume matinale.Nous sommes à la veille d’un grand jour pour l’Allemagne.Dans quelques heures, les marteaux-piqueurs se mettront en marche et perceront le Mur devant la fameuse porte, symbole par excellence de l’unité allemande.C’est le plus beau cadeau de Noël jamais offert aux Berlinois.L’atmosphère est chargée d’émotion.Les gens se sourient.Berlin est en fête.Devant les barrières métalliques dressées par la police, des ouvriers ¦SsSasSg I’LUiE DE IH\V\ BEACH ROBERT PILORGÉ |514J 270-7404 FAX: (514) 270-1493 i>-vi iiHiflik' » - •'< .[.v RENE FRADAY .• DONN ARDEN ,o.PIERRE IOUIS GUERIN DONNAROEN EllEN t* AUCE KESSLER ** >A>rV-»-« LES BlUEBELi GRLS CiMEP»*-» »OtCO 9m»\M VVAWlN-iG VICCIA im»** G VlCClA O - r » kV/O i MAiMONAOOhP PACSaBO Mvttlv» % J OAkfR ‘ ‘ Ori.* NO»l'*‘> n-H-NI/ U-r*.* I’ IN IVfvCOURt — _ xlLvec cent artiste, en scène, un grand orchestre, une machinerie sophistiquée, 50 cuisiniers, ÎOO maîtres d’hôtel et garçons de salle, 600,000 visiteurs venus de tous les pays, le LIDO, aujourd’hui comme hier, est un lieu de divertissement fastueux.P A hare des mille et une nuits parisiennes, le LIDO a inspiré l’auteur français populaire par excellence: Guy Des Cars.Il se fait ici le distingué maître de cérémonie de l’histoire d’un lieu magique, fréquenté depuis toujours, par les personnalités les plus illustres des milieux politique, scientifique, industriel et artistique du monde entier.-Â.leur suite, guidé par la plume alerte d’un écrivain enthousiaste, ce merveilleux livre d'images nous fait pénétrer dans l’enceinte fabuleuse.L'ouvrage en effet est aussi un album illustré dont on ne se lasse pas de feuilleter les pages plus colorées, plus lumineuses les unes que les autres.Le fabuleux roman du de 1 Jaris Par GUY DES CAPS • Volume relié • couverture to liée • Jaquette Illustrée et pelliculée • 216 pages • 200 photos couleurs • photos d’archive en noir et blanc • Format 23 x 25,8 cm Éditions Atlas Le volume 72,25$ DISTRIBUTION EXCLUSIVE Les Encyclopédies Populaires Inc.933, rue Sud, Cowansville, Qué.J2K 2X9 Tail.: (514) 263-6829, télécopie 263-8809 A-8 ¦ Le Devoir, samedi 6 janvier 1990 La décennie qui vient sera celle de la lutte contre la drogue Maurice Girard ¦ - de la Presse Canadienne WASHINGTON - À la toute fin de sa première année de pouvoir, le président George Bush a ordonné l’invasion militaire du Panama, transposant ainsi sur la scène internationale la « guerre totale » que son administration a déclarée, au plan intérieur, à la drogue.Impuissants à empêcher, la nuit venue, la transformation de quartiers entiers de ses grandes villes en marchés ouverts de crack, cocaine, héroine et bientôt de « ice », les États-Unis ont voulu régler le problème à la source en s’attaquant aux barons sud-américains de la drogue.Fussent-ils, comme Manuel Noriega, d’anciens alliés des États-Unis et, comme lui, ex-salarié de la CIA (à 200 000 $ par an) et de plusieurs autres agences de renseignements.La décennie 1990 commence donc assez bien pour George Bush.Risquée, l’opération militaire au Panama aura été, avec la reddition du général Noriega mercredi dernier, un franc succès.Non seulement les soldats dépêchés sur place commencent-ils à retourner au bercail, mais l’opération reçoit un appui massif du public, qui n’attend plus que des « révélations » du général sur ses liens avec la CIA et d’autres membres du gouvernement américain, dont des contacts directs avec George Bush au moment où il était vice-président.Guerre à la drogue.Le ton est donc donné à la nouvelle ère George Bush, qui continue d’imprimer sa personnalité à l’Amérique post-rea-ganienne des années 1990.Héritier d’un lourd passé de l'administration républicaine précédente, le successeur de Ronald Reagan à la Maison Blanche aura réussi au cours des 12 derniers mois à faire sa marque en matière internationale tout en poursuivant, avec plus ou moins de bonheur, à livrer certaines batailles au plan interne : réduction du déficit commercial et budgétaire, lutte à la pauvreté, au racisme et au sida, pol- lution, interdiction de l’avortement, détérioration de la qualité de l’éducation, etc.À l’épithète de «mauviette» ( wimp) dont on l’avait affublé pendant les présidentielles, on reproche maintenant au président de jouer au macho en insistant, au détriment de sa propre sécurité, pour assister en février à un sommet des pays latino-américains sur la drogue en Colombie.En politique étrangère, on critique son retard a applaudir la révolution démocratique en Europe de l’Est, qui a fini par rejoindre la Bulgarie uis la Roumanie, mais en s’arrêtant la frontière de l’Albanie, et son rempressement à renouer avec Pékin après l’élimination du courant démocratique.Par contre, il a reçu l’appui de toute la classe politique dirigeante pour son soutien au gouvernement des Philippines tandis que son attitude à l’endroit de l’Europe post-1992 faisait pratiquement consensus.Tous ne sont pas unanimes sur les résultats obtenus mais, s’il faut en ju- ger par sa cote de popularité, le président Bush continue de recevoir l’appui massif des Américains.Un an apres son élection, son taux de satisfaction frise un record.À 66 %, il est même supérieur aux résultats obtenus en 1981 par le « grand communicateur» Ronald Reagan.Pourtant, son apprentissage du pouvoir a été laborieux, parfois même humiliant.Son choix comme vice-président Dan Quayle reste encore aujourd’hui la cible préférée des amuseurs publics et son premier choix comme secrétaire à la Défense, John Tower, a été, dans un geste historique, rejeté par le Congrès.Par ailleurs, avec un Congres toujours aussi majoritairement démocrate, le président républicain a affirmé son autorité en utilisant le droit de veto que lui donne la constitution.Par deux fois, il s’est opposé à des projets de loi prévoyant le financement avec l’argent du fédéral d’avortements, résultat d’inceste ou de viol.Puis, il a rejeté la demande du Congrès de reconnaître aux 40 000 résidents chinois une sorte du statut de réfugié.C’est au plan interne cependant que la situation pourrait se corser en 1990.Déjà, on sait que les résultats de l’invasion au Panama et sa durée pourraient jouer un rôle déterminant sur l’avenir de l’administration Bush et faire réfléchir certaines capitales sud-américaines comme Managua et La Havane qui voudront continuer de tenir tête à Washington.L’action militaire au Panama ne devrait pas faire oublier qu’à l’amorce d’une nouvelle décennie, les États-Unis entreprendront un virage important dans le secteur de la défense, qui devra absorber au cours des cinq prochaines années des compressions budgétaires de l’ordre de 200 milliards $.Conséquence directe du rapprochement Est-Ouest, M.Bush devrait de plus signer en juin un nouvel accord sur la réduction des armements stratégiques avec le président d’URSS Mikhail Gorbatchev.Entre-temps, au Congrès, les tra- vaux devraient se poursuivre dans un climat de tension, alimentée par de multiples enquêtes sur des affaires de moeurs et de trafic d’influence impliquant des congresssis-tes.Des audiences publiques se poursuivront sur les détournements de fonds de la part de sympathisants républicains au programme de subventions à la construction de logements à loyer modique (H.U.D.) et sur la faillite des caisses de crédit Savings and Loans, qui s’annonce selon le FBI comme la plus importante de toute l’histoire américaine.Lutte contre la drogue, séquelles de l’invasion au Panama, scandales de toutes sortes impliquant les républicains, réduction des dépenses militaires, baisse du déficit, tensions sociales et raciales, nouvelle dynamique en Europe de l’Est, situations préoccupantes aux Philippines et au Salvador, l’année 1990 s’annonce chargée pour le nouvel occupant de la Maison-Blanche, qui terminera cette année la première partie de son mandat de quatre ans.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Grève rait ainsi suivre son cours plus rapidement.Les grévistes s’estimaient très satisfaits, et ils ont applaudi vivement, à travers les larmes, l’annonce de ce soutien public.La veille, ils avaient déjà obtenu du ministère fédéral l’assurance que leur dossier serait traité avec la plus grande rapidité.Des agents du ministère, accompagnés d'interprètes, arrivaient d’ailleurs sur les lieux de la grève dès 19 h hier, pour commencer à interroger les grévistes afin de retracer les membres de leur famille.Parmi la quarantaine de personnalités en question, on compte les députés Michel Bourdon, Louise Harel, André Boisclair, André Boulerice, les chefs syndicaux Lorraine Pagé, Gé-rald Larose, Pierre Paquette, Louis Laberge, Fernand Daoust, Clément Godbout, les auteurs ou artistes Gilles Vigneault, Marie Laberge, Mia Riddez, Marco Micone, Alice Parizeau, Pauline Julien, Hélène Pelle-tier-Baillargeon.On compte aussi Michel Therrien de l’Association québécoise des professeurs de français, Jean Dorion de la SSJB, Jacques Proulx de l’Union des producteurs agricoles, le journaliste Gil Courtemanche, etc.Bernard Landry a promis que d’autres noms devaient s’ajouter à cette liste dans les prochains jours.« Je vais aussi contacter des députés libéraux», a-t-il ajouté.Plus tôt dans la journée, un porte-parole de l’Archevêché de Montréal, Robert Beaupré, avait visité les grévistes en leur promettant de chercher l'appui des évêques du Québec.« Vous n’êtes plus seuls », a lancé aux grévistes émus Nicole Bou-drault, qui ajoutait cependant que « le travail ne fait que commencer ».Bien sûr, ces ressortissants de quatre pays latino-américains n’ont pas encore retrouvé leur famille, mais pour beaucoup d'entre eux il s’agit là du premier espoir véritablement tangible de pouvoir la retrouver, et ce après des années d’attente.L'action des grévistes, qui a suscité la controverse, a toutefois dé- montré à quel point la machine administrative était encrassée.Après avoir été incapable entre 1986 et le début de 1989 de traiter le dossier d’environ 100,000 demandeurs de refuge, le gouvernement canadien a mis sur pied l’été dernier une structure particulière pour éliminer tous ces dossiers, le Programme de suppression de l’arriéré, programme qui présente de sérieuses lacunes de l’avis de plusieurs.Le Comité permanent de la Chambre des communes estime que cette nouvelle structure s’est elle-même encrassée, et que l’analyse de tous les dossiers pourrait prendre six ans.Le gouvernement a toujours refusé d’amnistier ces requérants en attente du statut de réfugié.« L’immigration ce n’est pas seulement une question de lois et de règlements, mais aussi une question d'individus », lançait jeudi aux grévistes Mme Westmoreland-Traoré, présidente du Conseil des communautés culturelles du Québec.C’est ce qu’a démontré le « cri du coeur » des grévistes.Mais leur action risque de causer problème au ministère fédéral de l’Immigration, qui doit toujours trouver la meilleure façon possible de traiter avec justice, humanité et rapidité les 100,000 dossiers en attente.4 Films dant le temps des Fêtes », dit le pro priétaire d’un club vidéo de Ville d’Anjou, sur la foi du bilan de location de films qu’il dresse quotidiennement.C’est d’ailleurs sur la base de ce rapport qu’il peut affirmer que chez-lui, la tragédie de Poly n’a eu absolument aucun impact.Tout au plus tombait-elle dans un creux du marché avant la période des Fêtes.En général, dans les clubs vidéo, les films d'action côtoient les comédies au chapitre de la popularité.Mais ce sont dans les clubs où ils sont le plus demandés que l’impact après-Poly a été le moins ressenti.« C’est dommage mais dans mon secteur, les gens en mangent de ces films », fait une employée d’un club vidéo de Verdun.Au Club vidéo Esprit, sur la rue Ontario, on tient quelque 10 000 films, dont 2000 qualifiés d’action, et là non plus on n’a pas remarqué de changements dans les goûts de la clientèle au cours du dernier mois.« On a 27 copies du film de Stallone, huit du film de Bronson, dix du films Les rénégats, et d’autres nouveautés du genre, et elles sont toutes sorties.On ne les voit jamais sur les tablet- WEEK-END SAMEDI Exposition thématique Place au poteau !, du 8 au 12 janvier de 11 h à 17 h à l'Université de Montréal, Salle de muséologie Manus-Barbeau, Pavillon l.ionel-Groulx, H150 rue Jean-Brillant.Entrée libre 343-6577 ¦ Présentation du film h'iero, l’été des secrets, au Plateau-Mont-Royal, 465, av.Mont-Roval est, aujourd'hui à 14 h.872-2266 l.e Centre de ressourcement Laval offre un atelier sur le thème : Pourquoi tant de nouvelles religions au Québec ?, par Adèle Brodeur du Centre d’interven tion sur les Nouvelles Religions, le 17 janvier de 19 h .10à 21 h JO, au 235A, boul des Prairies, Laval-des-Rapides.668-3670.¦ l.e Centre charismatique Christ-Roi, 9430 rue l.ajeunesse à Montréal, vous offre une fin de semaine sur le thème La puissance du nom de .Jésus, le samedi 20 janvier de 9 h à 22 h, et le dimanche 21 janvier de 9 h à 17 h Entrée libre.Rens.381-2196 ou 725 8167 ¦ Les Soirées d'Hélène invitent les personnes seules de 30 ans et plus tous les samedis à des soupers-causeries « Parler pour Parler », à la Maison Perrault, 67 St-Antoine est à Montréal.Réserv.: 279-7846 du jeudi au samedi de 9 h à 17 h (Hélène Gosselin).¦ Ce soir à 19 h 30, Forum lutte ouvrière organise une table ronde sur le thème États-Unis, hors du Panama 1 Solidarité avec les peuples d'Amérique centrale !, à la Librairie Pathfinder, 6566, boul.St-Lau-rent.273-2503.¦ Samedi 20 janvier de 9 h 30 à 16 h, journée d'espérance pour personnes seules, animée par l'abbé Jacques Nourissat, au Grand Séminaire de Montréal, 2065 rue Sherbrooke ouest à Montréal.Inscr : 931 7311 (Ghislaine Thibault) 427 rue de la Commune, l’archevêque de Montréal le cardinal Paul Grégoire assurera le service aux tables pour un repas du temps des fêtes offert aux itinérants.Rens.: 845-3906.¦ L’Association régionale de Ski Alpin de Montréal, en collaboration avec le service des loisirs et du développement communautaire de la Ville de Montréal, organise les 19, 20 et 21 janvier 1990, une fin de semaine de ski alpin à la station Sto-neham dans la région de Charlevoix.Date limite d'inscription, le 7 janvier Rens.: 722-2551.Ciné-Famille présente le film : /.’agent fait la farce de David Zucker, aujourd'hui à 13 h 30, au Collège Lionel-Groulx, 100 rue Duquet à Ste-Thérèse.Rens.: 430-3120, poste 340.¦ Le Centre de ressourcement Laval offre une session sur le thème : Comment transformer une perte en gain par Jeannine Desjardins, les lundis 15 janvier au 26 mars de 19 h 30 à 21 h 30, au 235A boul des Prairies, Laval-des-Rapides.tiens.668-3670 ¦ \ujourd'hui à 13 h 30, visite guidée de l'exposition Le goût de l'art : les collectionneurs montréalais IHH0 1920, au Musée des beaux-arts de Montréal — A 15 h, chorale de la cathédrale orthodoxe ukrainienne de Ste-Sophie sous la direction de M.William Woloschuk.Rens.285-1600 ¦ L'(>rdre de la Rose-Croix vous invite à une conférence audiovisuelle I.a Rose-Croix dans le monde moderne, le mardi 9 janvier à 19 h 30 au 5140 rue St Hubert.Entrée libre.Rens.274-8911 ¦ Aujourd’hui de 11 h à 13 h, conférence-santé intitulée L’assouplissement et la force musculaire clés au bien-être et à la prévention des blessures, par Mindy Levin, physiothérapeute, au 5125, av.du Parc, 2e étage.Prochaines conférences : les 4 février, 4 mars et 1er avril.Réserv.: 274-3110 M.Edouard Roy invite le grand public à se joindre aux méditations pour la paix qui ont lieu tous les dimanches soirs de 19 h à 20 h, au 3643 rue St-Laurent, 3e étage à Montréal.845-8022.DIMANCHE Aujourd'hui à 11 h, à l’accueil Bonneau, Le Club des diplômés universitaires inc., organisme à but non lucratif pour célibataires universitaires, organise aujourd’hui à 14 h, des activités hivernales.— » Happy Hour», mercredi 10 janvier à 17 h 30 au Holiday Inn Crowne Plaza — Vendredi 12 janvier à 21 h, soirée dansante à la Faculty Club de l’Univ.McGill, 3450 Mc Tavish.337-1672.tes », affirme Serge Tremblay, un employé.Un cliché peut malgré tout être renversé.Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les jeunes qui sont les plus fervents adeptes de Rambo et de ses dérivés.« Les jeunes louent plutôt des comédies ou des films d’horreur.Les films d’action, ce sont les hommes de 35,40 ans qui les prennent », dit Josée Guérin du Club vidéo Karo de Rosemont.Une observation également faite dans d’autres clubs.Paradoxalement hier, à l’occasion de la conférence de presse organisée à l’École polytechnique, plusieurs jeunes étudiants faisaient valoir qu’ils étaient maintenant plus sensibles à la violence sur le petit et le grand écran.Ils disaient la trouver difficile à supporter.Nathalie Provost elle-même, victime du tueur fou, affirmait maintenant croire que les gens pouvaient enrayer la violence en agissant d’abord dans leur vie, « voir quels genres de jouets ils achètent ou quels films ils regardent ».« Mais quand il s’agit de louer des films, on voit par leurs commentaires que les gens au fond ne se sentent pas concernés », concluait la jeune employée d’un autre club video, rue De-lorimier.4 Edmonston conservateurs, qui risquent d’y trouver la confirmation du bris de confiance qui s’exprime chaque jour avec plus de sévérité à travers les intentions de vote de l’électorat.Lourdement handicapé par cette odeur de scandales, le PC n’a pu trouver mieux pour le représenter qu’un expolicier à la retraite, Serge Bégin, qui devra se débattre avec une organisation à la dérive.Illustration de cette désorganisation, dans plusieurs des 161 sections de vote du comté, l’un des deux recenseurs ne sera pas un représentant du Parti conservateur, un droit que lui reconnaît pourtant la loi électorale pour être arrivé au premier rang lors des élections de 1988.Le directeur du scrutin, M.Raphael Richard, a confirmé hier au DEVOIR que l’insuffisance de noms conservateurs l’avait obligé à puiser dans une liste fournie par le Parti übéral, qui s’était classé troisième en 1988.Il a dû agir ainsi pour éviter que l’on retrouve dans une même section de vote, deux recenseurs du N PD.Les libéraux eux, ne se sont pas encore remis de l’humiliation d’avoir été devancés par le NPD en 1988.Il s’agit d’une organisation en reconstruction.Et à cet égard, en retardant l’annonce de sa candidature jusqu’à la mi-décembre, Clifford Lincoln a nui à la remise sur pied de la machine.Plus encore, il y a des éléments importants de l’organisation libérale qui ont choisi de ne pas se mêler de cette campagne, prenant pour acquis que M.Lincoln est de mèche avec Paul Martin et que sa candidature au leadership ne pourrait que défavoriser Jean Chrétien.Des übéraux divisés et un candidat sur la défensive, pour sa gestion de dossiers locaux empoisonnés qui promettent d’occuper une place considérable dans cette campagne.Lui qui était ministre de l’Environnement quand est survenu l’incendie de l’entrepôt des BPC de Saint-Basile-le-Grand, une municipalité du comté.Un candidat vulnérable face à un néo-démocrate qui l’accuse d’avoir permis le saccage du mont Saint-Bruno; la famille libérale Desourdy, qui y exploite une carrière, projette en outre d’en transformer une partie en site d’enfouissement, ce qui a valu à Philippe Edmonston d’inspirer la formation d’un mouvement de contestation.Sans compter le développement de la piste de ski, qui menace la survie d’une faune fragile dans ce parc de conservation administré par le gouvernement Bourassa.Le Parti vert, représenté par une jeune avocate, Me Jocelyne Descary, y met aussi son grain de sel, faisant notamment campagne pour la dépollution de la rivière Richelieu, oui coule d’un bout à l’autre du comte.Rectificatif Les deuxième et troisième films d’Orson Welles annoncés hier clans le Guide du Weekend, Lady From Shanghai et Macbeth, sont présentés demain (respectivement à 19 h et 21 h) au Conservatoire d’art cinématographique.Nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous excuser d’avoir omis de préciser le lieu de projection.Bon cinéma ! 0* « 5 8 • Malgré tout, Clifford Lincoln, personnalité attachante et communicateur hors pair, demeure un adversaire redoutable.Et il porte la bannière d’un parti dont la cote de popularité est en nette remontée au Québec.Quant à Philippe Edmonston, il s’est remis en campagne dès le lendemain de sa défaite aux mains de Richard Grisé.Depuis, il a été de toutes les causes communautaires, s’associant plus particulièrement aux luttes des mouvements écologiques.Il est servi par une puissante organisation.Mais c’est son parti qui prête flanc à la furie de l’adversaire.Ainsi, aujourd’hui même, le chef des néodémocrates ontariens, Bob Rae, débarque dans le comté pour lui donner un coup de main.En présence de la presse et devant les électeurs, il sera appelé à prendre la défense de l’entente du lac Meech.En fin de semaine prochaine, fraîchement élue chef du NPD-Canada, Audrey McLaughlin, viendra y faire son tour, tenue d’expliquer aux mêmes auditoires pourquoi son parti est contre le lac Meech.Deux discours contradictoires sur le même thème, position ambiguë que le libéral Clifford Lincoln, tout comme le conservateur Serge Bégin, ne manqueront d’exploiter.Aux élections générales de novembre 1984, les électeurs de Chambly ont ainsi réparties leurs voix: 25,770 au conservateur Richard Grisé; 17,268 au néo-démocrate Phil Edmonston; 10,886 au libéral Bernard Loiselle et 792 à Stéphane Desmarteau du Parti Rhinocéros.Aujourd’hui, à 38 jours du scrutin, Philippe Edmonston apparaît comme l’homme à battre.Les trois partis ont eu recours à des firmes firmes de sondage reconnues pour vérifier l’humeur des 69,000 électeurs de Chambly.À quelques décimales près, ces trois enquêtes d’opinions en sont venues à la même conclusion: Philippe Edmonston devance le libéral Clifford Lincoln d’une dizaine de points, suivi loin derrière du conservateur Serge Bégin.Par délà les enjeux nationaux et les thèmes locaux, il s'agit de savoir ce qui guidera davantage le choix de l’électeur dans l’isoloir du bureau de scrutin : l’homme ou le parti, Philippe Edmonston ou le Parti libéral.4 Non popularité de M.Brian Mulroney et de son gouvernement, le meilleur allié de M.Bourassa depuis quatre ans, continue de dégringoler comme elle le fait depuis un an.Il peut sembler abusif à certains de comparer les affres du Lac Meech à ceux du référendum de mai 1980 au Québec.L’image a pourtant cours et n’est pas dénuée de fondement.Il est à la fois simpliste et justifié de dire que 1990 sera l’année du référendum du Canada anglais sur le Québec, estime William Thorsell, l’éditeur du Globe and Mail.Que ça plaise ou non, l’accord du Lac Meech s’est imposé comme le vaisseau-amiral de ce référendum, ajoute-t-il.Si cet accord n’entre pas en vigueur le 23 juin, le Québec en conclura probablement que le reste du Canada a répondu « non » au « oui » que le Québec a offert, il y a dix ans, lors de son propre référendum sur la souveraineté-association.L’éditeur explique l’importance, la nécessité même, de ratifier le Lac Meech.Au Québec, il y a eu des mouvements d’appui, dont la Coalition des gens d’affaires (avec M.Claude Cas-tonguay comme porte-parole) en faveur de Meech ; mais il n’y a pas de bousculade dans les autobus, ni pour ni contre, d’ailleurs.Au Canada anglais, en revanche, on s’en préoccupe davantage, dans les deux sens, autant les opposants (Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve) que les personnes inquiètes des conséquences d’un rejet.À preuve, les « Friends of Meech Lake» (les Amis du Lac Meech), lançés hier autour de MM.Robert Stanfield, Stephen Lewis, et de la sénatrice Solange Chaput-Rolland.Encore dans le Globe and Mail, le columnist Jeffrey Simpson s’inquiète aussi des « démons de la désunion ».Le Lac Meech recèle un fort potentiel de division parce qu'il a la capacité unique de rappeler au Canada anglais et au Canada français leur manque d’intérêt croissant, ainsi que leur irritation mutuelle, l’un envers l’autre.M.Simpson rappelle que cet accord est base sur les exigences les plus raisonnables que le gouvernement du Québec ait formulées depuis 1960.Si Meech est rejeté, il semble inconcevable que tout autre gouvernement québécois ait moins d’exigences.D’où, encore une fois, la nécessité d’adopter Meech.Le jour même où M.Simpson lance son plaidoyer, le caricaturiste Filmé, fiché, fichu PHOTO AP Cette photo de police du général Noriega, rendue publique par les autorités américaines jeudi, a fait le tour du monde hier.Un secret quasi-total et des conditions exceptionnelles de sécurité du Globe and Mail montre M.Bourassa, tout énervé et criant « Call the cops ! » (Appelez la police! ) parce que, sous un énorme « Joyeux Noël », il vient d’apercevoir, en lettres minuscules : « Merry Christmas».Sans forcer la note, on peut noter que le ressentiment envers le Québec a fait des adeptes, ainsi que le « Let them go ! » relevé par M.Gérard Bergeron et d’autres.Ainsi, trois Mani-tobains sur cinq opinent que la situation serait pire dans l’Ouest si l’accord Meech est adopté.En revanche, s’il est rejeté, autant de Québécois seraient favorables à ce que le Québec devienne un État souverain, associé économiquement au reste du Canada, selon Sorécom.Selon Gallup, un Canadien sur trois accepte l’i-dee d’une sécession du Québec.Deux Québécois sur cinq appuieraient la séparation, soit 5 % de plus qu’à l’été dernier.Certes, il faut évaluer les sondages avec circonspection, d’autant que, dans ce cas, ils réfèrent à des questions hypothétiques.Ils n’en indiquent pas moins, à mesure que l’échéance approche, des tendances inquiétantes pour ceux que préoccupent l’avenir et la stabilité du Canada, ce pays qui est incapable de se définir, ainsi que l’indique M.Fernand Dumont.Les signes discordants continuent de se multiplier, de part et d’autre.Tandis que le gouverneur-général sortant, Mme Jeanne Sauve, plaide en faveur du Lac Meech, ainsi que la reine l’avait fait elle-même à Québec, le 23 octobre 1987, un chroniqueur de The Gazette n’hésite pas à accuser : « Pendant qu’ailleurs les murs tombent, le Québec reconstruit les siens ! » Et son collègue Bill Johnson tonne tous les deux jours contre l’hypocrite Mulroney et l’infâme accord Meech.Rien de moins, et vlan ! Pendant que des personnalités canadiennes se regroupent pour tenter de sauver le Lac Meech, et que le ministre fédéral responsable, M.Lowell Murray, reprend le bâton du pèlerin (lundi, avec M.Franck McKenna, du Nouveau-Brunswick), le premier ministre de Terre-Neuve, M.Clyde Wells, poursuit sa croisade pour un accord élargi.Le 19 janvier, il sera même au Canadian Club de Montréal pour faire part de ses revendications, sur le modèle de celles de ses amis Trudeau, Chrétien, Carstairs, et consorts.Ainsi, c’est surtout au Canada anglais que l’on commence à s’agiter.Au Québec, comme l’a bien noté Mme Gretta Chambers (The Gazette, jeudi), la souveraineté n’est plus envisagée comme une menace ou une panacée; elle est vue comme une option parmi d’autres, non pas avec enthousiasme, mais comme une possibilité raisonnable en cours de route si le Québec ne peut obtenir satisfaction sur le plan constitutionnel.Si le Lac Meech faillit, conclut-elle, plusieurs Québécois seront fort désappointés.Mais ce sera ce qu’ils considèrent comme une faillite ( failure) du Canada qui les rend tristes et mal à l’aise.Pour le moment, ils continuaient d’entourer le général hier.L'ancien homme fort du Panama serait détenu dans un lieu appelé « le sous-marin », une pièce réservée en général aux témoins de l’accusation protégés par les U.S.Marshalls et située dans le sous-sol du vieux Palais de Justice fédéral de Miami.Autres Informations page A-5 considèrent leurs propres options avec une certaine sérénité.On ne saurait mieux dire.Pour éviter l’impasse, le 23 juin, concoctera-t-on d’ici là un accord parallèle, une résolution d’accompagnement, une entente politique, quelque compromis qui apaise M.McKenna et les deux autres provinces récalcitrantes, plus le Parti libéral du Canada, plus le NPD ?De toute évidence, les manoeuvres de sauvetage, délicates et complexes, sont à l’oeuvre ici et là, discrètement pour l’heure.Elles prendront de l’ampleur au fil des prochaines semaines.La réponse, cette fois, n’est pas celle du Québec, mais du reste du pays : What does Canada want ?Rendez-vous historique en perspective, un peu partout autour des feux de la prochaine Saint-Jean.Dans l’honneur, peut-être, mais sans enthousiasme.4 Québec les passagers de la banquette arrière d’une auto doivent attacher leur ceinture, que s’il s’y trouve des mineurs qui ne sont pas attachés le chauffeur du véhicule perdra trois points de démérite.La Sûreté du Québec a annoncé jeudi qu’elle avait pris l’initiative de ne pas vérifier pour le moment si les passagers sur la banquette arrière des autos ont bouclé leur ceinture de sécurité.Un porte-parole de la SQ a expliqué que l’organisation policière avait été forcée de prendre cette décision parce que la population manque d’information au sujet de cette loi.La Sûreté a expliqué jeudi que la population manque d’information au sujet de cette loi et que depuis le 1er janvier, elle inonde ses bureaux d’appels téléphoniques à ce sujet.Les gens veulent notamment savoir quoi faire dans le cas de trois enfants assis sur la banquette arrière, quand il n’y a que deux ceintures de sécurité, ce qui est très fréquent.Doit-on en attacher deux ensemble ou faire installer une ceinture supplémentaire ?Lors du décret, la RAAQ avait annoncé qu’il y aurait concertation avec les corps policiers, aussi bien municipaux que provinciaux, ce qui n’a pas encore été fait, selon la SQ.Un porte-parole de la SQ a affirmé ue le corps policier est en mesure ’appliquer la loi que les agents ont étudiée et connaissent bien.« On est en mesure de pouvoir l'appliquer.Sauf que quand les citoyens du Québec ne savent pas exactement uels sont les règlements, c’est assez ifficile pour le policier dans le champ d’appliquer cette réglementation là.» Il ne s’agit nullement d’une guerre ou d’un conflit entre la SQ et la RAAQ, a affirmé le porte-parole.Dans son communiqué, M.Elkas rappelle que l’efficacité de la ceinture dans la réduction des blessures et des mortalités sur les routes a été amplement démontrée.
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