Le devoir, 12 avril 1990, Supplément
LE DEVOIR Montréal, jeudi 12 avril 1990 RELIGION cahier spécial La paroisse vit une crise très sérieuse; aux catholiques de trouver les solutions Üüh-Pierre Proulx Les évêques viennent d’inviter les catholiques du Québec à prendre la parole.« La paroisse, disent-ils, traverse une crise très sérieuse.» Ils sont donc conviés collec-tivement à identifier « les voies d’avenir » pour en sortir.Déjà, on a commencé à réagir.Cette « invitation à prendre la parole » pourrait aboutir en 1992 à la convocation des « États généraux » de la communauté chrétienne locale ou « à un vaste rassemblement des forces vives » de ces communautés.Cela reste à voir.On « rêve » encore.La présente démarche rappelle spontanément celle de la Commission Dumont des années 1968-1971.La crise de l’Action catholique avait révélé la crise générale de l’Église du Québec.Pendant un an, Fernand Dumont et ses 11 commissaires ont tenu des audiences partout au Québec à la manière d’une commission royale.Au même mal, le même remède ; la crise amène la prise de parole.Mgr Maurice Couture, à qui l’Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) a confié la présidence de l’équipe responsable de la nouvelle operation, vient d’être nommé archevêque de Québec, n entend conserver ce dossier, ce qui en indique l’importance.Sa genèse le dit aussi : il a mûri au sein du comité épiscopal des priorités.Les évêques lui ont finalement donné la première impulsion au cours de leur session annuelle de mars 1989.Le diagnostic est clair : « Un fort pourcentage du membership de la paroisse l’a désertée », écrivait le comité en 1987.« Et même chez ceux qui continuent fidèlement de la fréquenter, on entend s’exprimer beaucoup d’insatisfaction, en particulier a propos de la vie communautaire.» « Il y a eu un relâchement très répandu de l’appartenance, insis-tait-il.Les paroisses ne peuvent plus compter que sur un nombre réduit de membres actifs, 1 % peut-être, pour assumer les responsabi-Volr page 2: Catholiques PHOTO RENOUVEAU/DIOCÈSE DE SAINT-JEAN LONGUEUIL aar* i ypi i « i 1 ¦ 1 Renouveau communautaire ou Nouvel Âge L’AVENTURE RELIGIEUSE des Québécois est, en cette fin de millénaire, marquée, par un phénomène étonnant: autant les uns s’acharnent à retisser les mailles d’un tissu communautaire qui, en trente 30 ans, s’est largement effiloché, autant, d’autres font de l’individu le pôle de leur résurrection spirituelle.Le premier courant, c’est le Renouveau communautaire qui souffle sur l’Église du Québec depuis un an.Le second, un peu plus vieux, mais qui émerge actuellement dans le grand pubic, c’est le Nouvel Age.Le mot clé du premier est * fraternité ».Les catholiques prennent conscience de leurs contradictions: entre eux, ils s’appellent • frères », mais rien n ’est plus anonyme que leur messe dominicale.Les évêques admettent aujourd’hui que la paroisse traverse une crise profonde.La nouveauté tient au fait que des prêtres et des laïcs prennent maintenant des moyens pour en sortir.C’est ce que révèle la première série de reportages de ce cahier.L’effritement du christianisme chez nous n’a pas pour autant signifier la mort de la religion.L’âme, dirait-on, a horreur du vide.Beaucoup de Québécois cherchent fébrilement, comme tout l’Occident d’ailleurs, à refaire T* harmonie » avec eux-même et le monde.C’est le mot clé du Nouvel Age.Mais ici, comme on le constatera dans les derniers reportages de ce cahier, c’est d’abord seul que chacun refait son voyage intérieur, tout en enpruntant aux religions orientales, à l’ésotérisme, à l’astronomie, mais aussi aux médecines douces, à la musique, à l’alimentation naturelle, etc.La question se pose: les voies d’a venir de la religion tiennent-elles dans le Renouveau communautaire ou dans le Nouvel Age ?— Jean-Pierre Proulx ¦ Le Second Rouleau A.M.Klein traduit de l’anglais par Charlotte et Robert Melançon 222 pages -19,95$ ¦aaieHiaeaapiaivPPPewMn UN GRAND ROMAN MYSTIQUE j Une œuvre écrite en relation constante avec la Bible qu’elle replace dans l’histoire contemporaine.Boréal *1 "tac I 2 ¦ Le Devoir, jeudi 12 avril 1990 Une invitation à prendre la parole (Suite de la pagel) lités pastorales de plus en plus lourdes.» Autour de ce noyau central, 20 % de catholiques formeraient « une clientèle assidue mais plutôt passive ».Puis tout autour, la masse des paroissiens, « plus ou moins distants », des catholiques « de recensement », mais qui réclament des services occasionnels de leur paroisse.Et le cercle extérieur s’agrandit toujours.La paroisse est comme dans une centrifugeuse : l’urbanisation, les changements culturels, même des changements à l’intérieur de l’Église poussent les chrétiens vers l’extérieur.Jusqu’à maintenant, le taux de pratique dominicale servait à dire le bulletin de santé de la paroisse.Cette fois, les évêques vont plus loin : c’est le membership lui-même qui décroît et, autant que lui, le sentiment même d’appartenance.On a donc préparé des instruments d’animation à l’intention des aroisses désireuses de participer la prise de parole.On leur propose de tenir des audiences publiques, ou des sessions d’études, ou de reprendre localement l’étude d’un document intitulé « Pour une Église fraternelle et communautaire », un instrument qui permet à chacun de faire un examen approfondi de sa situation.Pour l’heure, cinq diocèses se sont déjà officiellement commis : Montreal, Trois-Rivières, Baie-Comeau/Hauterive, Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Sherbrooke.Montréal s’est, l’automne dernier, donné un projet pastoral intitulé « Pour une Église fraternelle et communautaire ».Les paroisses sont toutes invitées à tracer le bilan de leurs forces et de leurs faiblesses, autant par rapport à la façon dont ils vivent leurs relations communautaires et fraternelles, la prière liturgique, que leur vie de foi et leurs engagements sociaux et missionnaires.À Rouyn-Noranda, on a pris les devants.A l’occasion de son 15e anniversaire, le diocèse a tenu ses « Ecclésiades ».Entre février 1989 et 1990, explique le coordonnateur du dossier, M.Noël Gauthier, chaque paroisse a tenu trois forum qui ont abouti à un grand forum diocésain.Le conseil diocésain de pastorale et chaque paroisse passent maintenant à l’action.Le diocèse de Saint-Jean/Lon-gueuil a, lui aussi, pris le leadership y a déjà un an et demi avec son « Projet Renouveau».Il est en train de changer profondément le milieu paroissial.Plusieurs centaines de petits groupes de partage regroupent quelque 6000 personnes dans 90 paroisses.Le cerveau de ce projet à Saint-Jean, l’abbé Clément Farly, est aussi le penseur de l’opération que lancent actuellement les évêques.La création de ces petits groupes, auquel chacun adhère librement, est, de l’avis de l’AÉQ, le meilleur moyen de revifier la paroisse, de redonner un sens vrai au mot « communautaire » qui se caractérise justement par « la présence de relations interpersonnelles, toujours chargées d’un certain degré d’affectivité ».En somme, écrit l’AÉQ, les rapports « purement fonctionnels » ne suffisent pas.Les personnes doi- vent pouvoir « établir des contacts intimes, directs, spontanés, informels, impliquant le minimum de différence entre les individus, la réciprocité et la solidarité ».C’est loin d’être le cas actuellement.L’anonymat et l’individualisme prime largement.Une paroisse de Montréal, Notre-Dame-des-Neiges, a vérifié en novembre 1989 : 55 % des pratiquants ont dit n’entretenir aucun rapport fraternel avec d’autres chrétiens de la paroisse.« Si la vie chrétienne relève d’une activité éminemment personnelle, elle est aussi une aventure communautaire », souligne le comité des priorités.Parallèlement à ce travail d’animation, l’AÉQ a entrepris, en collaboration avec l’Institut de pastorale des dominicains, une recherche-action auprès d’une trentaine de communautés paroissiales choisies à travers le Québec et représentatives des différents milieux socio-économiques.Pour l’heure, explique M.Jean-Louis Larochelle, coordonnateur du projet, six communautés ont été vues : elles ont fait le récit de leurs pratiques depuis vingt ans « en centrant avant tout l’attention sur la vie communautaire ».On va ensuite faire la classification de ces pratiques, les évaluer à la lumière des idéaux que l’on poursuit dans l'Église puis renvoyer le tout aux communautés visitées pour recevoir leurs réactions.On vise ensuite, dans une deuxième étape, à entraîner les communautés dans un processus de formation puis, dans une troisième étape, à PHOTO JACQUES NADEAU C’est le nouvel archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, qui préside de comité de coordination du pro|et: « Les voies d'avenir de la communauté chrétienne locale ».permettre « une prise en main plus nette des communautés par elle-mêmes, tout particulièrement de sa dimension communautaire et fraternelle et une action davantage planifiée dans leur milieu ».LA FAMILLE TRINITAIRE UNE FAMILLE dont les membres composés de religieux, prêtres et frères de l’Ordre de la Très Sainte Trinité, de soeurs contemplatives et actives, des oblates, et de laïcs de l’Ordre séculier ou des divers mouvements ou associations trinitaires, «vivant en communion de vie», selon l’esprit et le charisme de saint Jean de Matha.Chacun s’efforce d’imiter et de suivre de plus près le Christ Rédempteur: — pour le secours des persécutés en raison de leur foi au Christ; — pour la consolation des pauvres, des malades et des errants; — pour édifier l’Église en convertissant les païens en temples vivants de la Trinité.ATTENTIVE à vivre sous la mouvance de l’Esprit-Saint, comme le demande la Règle de St-Jean de Matha (en 1198), fondateur de la Famille trinitaire, dans la simplicité, l’humilité, l’égalité, la joie, l’hospitalité, la prière, la charité et le service.TOUTE HEUREUSE * de faire l’expérience de la TRINITÉ toute aimante et de la RÉDEMPTION du Christ TEL EST L’ORDRE DE LA TRÈS SAINTE TRINITÉ! Secrétariat Provincial Tél.: (514) 288-3639 Les Pères Trinitaires, 3449 Ave du Musée, Montréal, Qué.H3G 2C8 LE DIOCESE » , iêê*- •» DE SAi M JEAN A L'H münautés de foi un monde juste Cahier spécial religion Coordination : Jean-Pierre Proulx Maquette : Yves d’Avignon Publicité : Michelle Alie Promotion : André Leblanc Ce cahier spécial est édité par le journal LE DEVOIR sous la responsabilité de : Michel Lefèvre : Rédacteur en chef adjoint ___/>TvV— cowun CATION ^^1 Û Liés au projet de lu fondation de Montréal dès 1640 Engagés au pays depuis 1657 dans des ministères pastoraux variés Consacrés à la formation des prêtres à Montréal, à Rome au Japon, en Colombie et au Brésil Dédiés à la formation chrétienne des jeunes Les Prêtres de Saint-Sulpice 116, rue Notre-Dame ouest, Montréal, Canada H2Y 1T2 (514) 849-1070 LES SOEURS DE SAINTE-ANNE à la suite du Christ-Éducateur à l’oeuvre dans l’enseignement le soin des malades le ministère pastoral la justice évangélique Au Canada aux États-Unis en Haiti au Cameroun au Chili Maison mère 1950, me Provost LACHINE, Québec H8S 1P7 8469 Spécial religion |f^ ^ Le Devoir, jeudi 12 avril 1990 U 3 Saint-Jean-Longueuil Un diocèse prend le leadership du Renouveau auwiUiSie âctn i ) PUBLICATIONS & DISTRIBUTIONS
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