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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-04-21, Collections de BAnQ.

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kg • le plaisir des ivres »Jg ULYSSE LA LIBRAIRIE DU VOYAGE Sous so) Sainte-Catherine angle de la Montagne CX'illW 842 7711 im 4176 Saint Denis Metro Mont Royal 843 9447 560 President Kennedy Metro McGill 289 0993 GUIDES DE VOYAGE CARTES ROUTIÈRES CASSETTES VIDÉO ACCESSOIRES OUVERT LE DIMANCHE AU 4T76 SAINT OrNIS Montréal, samedi 21 avril 1990 Portraits et portrait de Daniel Gagnon GUY FERLAND Fonctionnaire, il avait un bon job : sécurité d’emploi garantie à vie, salaire respectable, avantages sociaux inestimables, travail plutôt sans effort.Mais voilà, il avait également une passion : il voulait devenir écrivain.Et son job l’ennuyait mortellement.« Si j’étais resté fonctionnaire, je serais sûrement devenu cancéreux », lance à la blague Daniel Gagnon, auteur de Venite a cantare qui vient de paraître chez Leméac éditeur.Pour pallier à ce dilemme, l’auteur de La fille à marier emprunte une voie radicale.Il abandonne tout en 1976 pour se consacrer entièrement à l’écriture.Pendant sept ans, ce sera des années de vaches maigres.Il sur-vitde petits chèques du Bien-être social et ses manuscrits sont refusés les uns après les autres.Ses parents et amis lui accordent leur appui malgré tout.Heureusement.En 1985 paraît enfin La fille à marier chez Leméac et le roman remporte le prix Molson de l’Académie canadienne-fran-çaise.C’est l’élément déclencheur d’une carrière d’écrivain.Même si l’auteur avait déjà publié quelque romans auparavant, il s’est surtout fait connaître à partir de ce moment.Le péril amoureux, Mon mari le Docteur, La fée calcinée, Ô ma source et Riopelle grandeur nature viendront s’ajouter à une oeuvre forte et originale qui se démarque surtout par son travail remarquable sur l’écriture.Souvent, en lisant un de ses romans, un de ses essais ou une de ses nouvelles, on croit entendre une voix chaleureuse, presque une musique de chambre.w rjp\\ \ PHOTO JACQUES NADEAU Daniel Gagnon et ses portraits d’écrivains.C’est cet aspect de l’écriture qui frappe le plus dans le dernier iman de it aspe ! le plu; roman'de Gagnon, Venite a cantare.Le court récit (74 pages) raconte les derniers moments d’une diva italienne atteinte du cancer.Le président de la République du pays tente désespérément de la faire revenir à Rome, ne serait-ce que pour s’assurer un capital politique.Pendant cette courte période, deux jeunes aux grâces parfaites aident la diva dans son acceptation de la mort.« J’ai commencé à composer mon récit à partir du diction- naire italien, explique l’auteur.Je me suis laissé séduire par les mots et la musicalité de la langue.Ensuite, j’ai imaginé une situation conforme à l’image que j’avais de l’Italie.Diva, maffia, politique, passion.» Ce qu’illustre en grande partie le roman, c’est le combat à l’intérieur de chaque être entre la part poétique et la part d’ambition.« Chaque personnage est double.Ils sont tous déçus de la vie au’ils ont menée, bassement matérielle, et voudraient tous atteindre des idéaux, réaliser une fois des gestes beaux.Malheu- reusement, le président est pris par des contraintes politiques tandis que la cantatrice est à l’article de la mort, déçue.» Autre particularité de l’écriture de Gagnon, le narrateur est souvent effacé dans la trame du récit.À tel point que dans Venite a cantare, on assiste à un échange continuel d’appels téléphoniques entre les personnages.Ce qui forme une mélodie à plusieurs voix.« J’essaie de faire en sorte que mes personnages vivent d’eux-mêmes, poursuit l’auteur.J’aimerais qu’ils poursuivent des dialogues sans mon intervention.» Ce désir d’assister à la vie intérieure d’autres personnes, même de celles qui sont nées de sa plume, est une constante dans l’oeuvre de Gagnon.Ce dernier a poussé cette tendance jusqu’à réaliser un essai sur le peintre Riopelle récemment.« Ce fut une expérience enrichissante, constate M.Gagnon.J’ai écrit mon essai à partir de ma vision de son travail et de son art.C’est un grand vivant et ses tableaux transpirent l’allégresse qui nous manque dans la vie quotidienne.Cette énergie que je ressens devant ses toiles m’a fait découvrir un homme unique, ivre de liberté.Je l’ai rencontré après la parution de mon livre et il m’a complètement séduit.On s’est rendu à la pêche sur la glace dans son corbillard et, l’alcool aidant, on a appris à se connaître.C’est un géant dans son domaine.» Sans vouloir rivaliser avec le maître, Daniel Gagnon a entrepris il y a près de 18 mois de peindre le portrait des écrivains du Québec.Cette aventure a commencer comme un violon d’Ingres et est devenue depuis six mois une véritable partie de la vie quotidienne de l’auteur.« Je suis un peintre amateur autodidacte, ajoute modestement M.Gagnon.Je ne peins pas de portraits fidèles des écrivains, mais j’essaie de faire vraisem- blable en mettant de la couleur.Je considère cette activité comme un privilège.Cela me permet de connaître des écri vains d’un autre point de vue que par le biais de leurs oeuvres ou des rencontres littéraires.» On peut voir actuellement à la Bibliothèque nationale une exposition des 62 portraits que Daniel Gagnon a réalisés jusqu’à maintenant.Le tout a débuté modestement.« J’ai commencé par peindre les gens que je connaissais.Ensuite, j’ai voulu élargir mon champ d’action et j’ai commencé tout naturellement à solliciter par écrit les écrivains.Ceux qui étaient intéressés venaient chez moi et on passait une couple d’heures ensemble : moi à peindre et eux à servir de modèle.Heureusement, tousse sentaient à l’aise, un peu comme chez le coiffeur.« Évidemment, plusieurs femmes demandaient de les faire belles tandis que plusieurs hommes prétendaient avoir engraissé récemment et devoir suivre un régime amaigrissant pour revenir à leur poids normal.Toutefois, le pacte de départ est simple : je fais un portrait que les modèles peuvent acheter par la suite à 250 $.Ils peuvent egalement refuser l’exposition de leur portrait s’ils ne veulent pas s’en porter acquéreur.» Pour la réalisation des portraits, Daniel Gagnon se donnait quelques contraintes.Il demandait d’abord au sujet ses deux couleurs préférées qu’il utilisait dans le tableau et celle la plus haie qu’il n’utilisait jamais.De plus, il ne changeait jamais la couleur des yeux des modèles.Pour l’instant, Daniel Gagnon travaille à un roman à partir de la vie de Marie de l’Incarnation et il va séjourner une douzaine de jours au couvent dans lequel a vécue cette célèbre religieuse, à Tour.Après quoi, il continuera d’écrire et de peindre.Pour notre plus grand plaisir.Que peut-on savoir de Daniel Poliquin?FRANCE LAFUSTE Daniel Poliquin n’est ni routard, ni aventurier des mers polaires.De Jack Kerouac qu’il a traduit a deux reprises (Picet The Town and The City), il ne partage pas grand chose si ce n’est sa qualité d’écrivain minoritaire.De Jude, grand explorateur et fondateur de l’Institut arctique, héros absent mais combien adulé de son dernier roman, il dit avoir du respect pour sa réussite et de la compassion pour son côté Casanova.À 36 ans, Daniel Poliquin, physique d’éternel étudiant, est un homme de lettres tranquille, un germaniste distingué, un prof de traduction et, dans Visions de Jude, le dépositaire des confidences de quatre femmes qui ont aimé Jude jusqu’à la déraison.D’un chapitre à l’autre, l’écrivain se coule harmonieusement dans la peau de ces femmes d’élite, Marie Fontaine, Maud Gallant, madame Elizabeth et Vé- JEAN-YVES SOUCY LESCHEVALERS DE LA NUIT LES HERBES ROUGES / ROMAN ronique Fontaine.Quatre variations sur un même thème : la mystification d’un être aimé.L’amour au bout du compte ?Un terrible malentendu.» «Ce qui m’intéressait, c’était le regard que porte chacune de ces femmes sur l’objet aimé, comment elles l’investissent de qualités qu’il n’a pas.Et plus globalement : Que peut-on savoir d’un homme ?comme le disait Sartre à propos de Flaubert.Qu’y a-t-il dans les replis de sa pensée, quels sont les secrets de sa vie ?» Ces secrets, Marie, Maud, Elizabeth et Véronique cherche-ront à les connaître. chaque fois, ils leur échapperont.Telle est la réponse parodique de Daniel Poliquin, le pied de nez de J ude à ces femmes attirées par la soif de vivre de ce roi esseulé, de ce seigneur sans terre.Entreprise biographique inachevée donc.À l’écrivain de prendre le relais.Étrangement, Jude occupera une grande place : «Personnge malheureux dans sa mémoire, Jude n’a jamais pu se défaire de ce lourd passé marqué par un père autoritaire et jaloux, hante par le retour à la terre.» Le comportement de Jude, ses frasques amoureuses, ses fuites et son parcours professionnel hors du commun, renverront constamment à ce passé qu’il ne peut as- confronter sa propre mémoire.Il est prisonnier de sa mémoire jalouse héritée de son père.Elle empoisonne sa vie affective.» Ni voyeur ni libertaire, Daniel Poliquin.Plutôt exégète du comportement amoureux et pathologiste de l’âme, il se dit fasciné pr ces «conditions de répétition » qui vous poussent à reproduire des schémas oubliés, par ces «pouvoirs sexuels mythiques dont on investit le racisme ».Il suffit d’extrapoler juste un peu, ajoutera-t-il, pour voir dans l’anti-sémitisme sexuel de Jude, comme dans la francophobie très marquée en Ontario, « l’idéologie des gens qui se sentent floués.».Référence oblige, Daniel Poliquin conclura en disant que son personnage est nostalgiue de ce monde virginal et bucolique qu’a réinventé son père en pleine terre orangiste en Ontario.À tel point que Jude ne saura jamais dire s’il est un coureur des bois ou un colon sédentaire.« Jude appartient à cette race de conquérants en droite ligne d’Iberville.Cette difficulté de choisir correspond à l’éternelle dichotomie canadienne française, à cette lancinante nostalgie du monde de la terre qui a peuplé l’imaginaire des Belles histoires des pays d’en haut, à la tenttion de repli ou de l’aventure.» Daniel Poliquin serait-il l’apôtre d’une certaine psychologie populaire ?« Ça m’intéresse toujours bien sûr mais une chose est sûre, c’est que j’en ai fini avec l’histoire franco-ontarienne, trame de mes deux premiers romans, Temps pascal ell’Obom-sawin».La rupture a été consommée après Nouvelles de la Capitale, mélange de souvenirs et d’expériences partagés avec des proches.Le temps était venu de sortir d’Ottawa, son « village cosmopolite » : « J’ai décidé que je pouvais écrire des histoires à moi.Pour la première fois, je me suis senti mûrir.J’ai laissé derrière moi l’écrivain franco-ontarien pour devenir un écrivain tout court.» Avant de faire acte littéraire, Daniel Poliquin a fait découvrir Kafka, Goethe, Nietzsche et Schiller à ses étudiants de l’université Carleton d’Ottawa.En partie pour se mesurer à Jean-Marc Poliquin, ce père tant aimé, ancien courriériste parlementaire à Radio-Canada et l’un des deux biographes de Lester B.Pearson.« Parfait autodidcte, mon père lisait les auteur allemands dans le texte ».Avec les belles lettres françaises, il remontera à la naissance des idées : « Impossible de lire Goethe sans avoir lu Jean-Jacques Rousseau.C’est en faisant une maîtrise sur Kafka que j’ai lu l’oeuvre de Flaubert au complet.» Quant à la traduction littéraire, elle sera une excellente école de rigueur et de souplesse : «Ce que j’aime, c’est changer de registre, me plier à un exercice de style, être un autre.» Hier, il était Jack Kerouac, aujourd’hui il est l’écrivain canadien W.O.Mitchell, auteur de Ladybug, La-dybug.C’est précisément cet art de se fondre et de se conformer qu’il enseigne à temps partiel à l’Université d’Ottawa.Entretemps, il lui arrive d’être l’auteur de ses propres histoires, uniquement quand il croit qu’elles en valent la peine : « Parce qu’on ne peut écrire qu’un certain nombre d’oeuvres, à moins de se répéter.Bien souvent, les auteurs finissent par s’imiter eux-mêmes.» N’empêche qu’en s’attardant tout particulièrement, dans une de ses récentes nouvelles, sur l’ambiguïté et les contradictions de l’amour au féminin motivé par une certaine volonté de domination, Daniel Poliquin semble ne pas en avoir tout à fait fini avec les mystères de la séduction.Ses visions de Jude risquent alors d’être les fragments d’une oeuvre qui cherchera à les décrypter.JEAN-YVES SOUCY LES CHEVALIERS DE LA NUIT SB Le livre aussi a son F estival GUY FERLAND Le Festival national du livre, vous connaissez ?Non ?Pourtant, cette fête du livre organisée par le Conseil des arts du Canada en est à sa 12e édition et offre des activités littéraires d’un bout à l’autre du pays pendant une semaine.Cette année, le thème de la célébration est : La lecture, c’est l’aventure., À écouter Ginette Beaulieu, or- T* ganisatrice de l’événement pour le Québec, on ne pourra faire un pas dans la province du 21 au 28 avril sans entendre parler de littérature.« De l’Abitibi aux lles-de-la-Madeleine, de Bona venture à Maniwaki, de La Minerve à Ro-berval, des auteurs d’ici de tous les genres littéraires rencontreront des gens de tous les âges.» Car c’est cela, le Festival national du livre : « Huit journées d’activités pour que les auteurs et les lecteurs se rencontrent dans une ambiance de fête.» 11 faut souligner en premier lieu que les activités sont organisées par quiconque (ou groupe) qui soumet un projet au Conseil des arts du Canada (CDA) avant le mois de décembre de chaque année.Pour le Québec seulement, le budget de fonctionnement octroyé par le CDA est de 47 000 $.Partout au pays, plus de 500 écrivains canadiens participent à des projets dans 442 localités.À travers le Québec, par exemple, 22 stations radiophoniques participent au Festival en offrant des concours littéraires à leur auditeurs qui pourront gagner des exemplaires des livres couronnés du prix littéraire du Gouverneur général.À Montréal se tient jusqu’au 28 avril à la Bibliothèque nationale une exposition de portraits d’écrivains réalisés par Daniel Gagnon.L’Association des traducteurs littéraire du Canada propose, quant à elle, une soirée culturelle de récréation qui aura heu à 21 h le lundi 23 avril, au Bistro d’Autrefois, 1229 rue Saint-Hubert.Ronald Guèvremont lira avec l’auteur Kent Stetson des extraits de la pièce de théâtre Comme un vent chaud de Chine.Jean Antonin Billard lira ses traductions des poèmes de Dorothy Livesay.Robert Paquin, accompagné par Michael Browne à la guitare, récitera en français des blues du poète new-yorkais Ray- Volr page D - 6 : Festival ROMAN LES HERBES ROUGES où I écriture fait la littérature ROMAN t Z, -D-2 ¦ Le Devoir, samedi 21 avril 1990 • le plaisir des ivres Questions d’enfants sur notre millénaire DOMINIQUE DEMERS n r* ;« Les propos des enflants rejoignent beau-u,coup plus ceux des fethiciens que des techniciens.Ils ont une vision plus globale et plus philosophique du monde que certains de nos grands ingé-'.hieurs de pointe, ceux-là même „qui inventent l’an 2000 », dit .Raoul Dubois, co-auteur, avec ; son épouse Jacqueline, des Aventuriers de l’an 2000, aux éditions /‘Messidor/La Farandole, un al-,bum documentaire qui tente de ,.répondre aux questions des en-* fants sur ce millénaire dont ils franchiront bientôt le seuil.Avant de passer des mois à sonder l’an 2000, Raoul et Jacqueline Dubois ont interrogé 500 enfants des quatre coins de la France.De la Normandie au Midi, ils ont retrouvé les mêmes préoccupations et découvert des enfants « lucides » et « inquiets ».« Ils nous ont demandé s’il y aura /encore des arbres et de l’eau ‘./lorsqu’ils seront grands.L’un jl’eux nous a dit : je ne voudrais ' pas qu’on invente l’immortalité ‘ jparce qu’alors on vivrait tous "'comme des sardines dans une “boîte», dit Jacqueline Dubois.Jacqueline et Raoul Dubois ont Iii(enseigné côte à côte pendant 37 "ans — « la preuve qu’on n’en meurt pas » — elle à la maternelle, lui au collège.Et, depuis 35 nns.ils lisent des livres pour enflants et adolescents.Par curiosité d’abord mais très vite par '' passion.Leur métier de critique a débuté en 1955, date à laquelle ;/Us rédigèrent leurs premières filches.Depuis, ils ont voyagé à "bord de plus de 25 000 titres et "’complétéautant de fiches.Ils ont ‘‘Collaboré à de nombreuses re-^ vues, entre autres Camaraderie Tbt leurs choix de üvres apparaissent même sur Minitel a raison "de 400 titres par année.« Notre fi-fchier représente un véritable centre de documentation, confesse Raoul Dubois.Nous avons des titres que les éditeurs ne se souviennent plus avoir publiés.» Ils dévorent tout ce qui leur tombe sous la main, y compris les manuscrits et sans court-cir-cuiter les rééditions qu’ils relisent « pour tenter de comprendre ce qui fait que certains titres tiennent le coup ».Ils explorent scrupuleusement, de la première à la dernière page, même les oeuvres en séries d’auteurs qu’ils n’affectionnent guère.Enid Bly-ton, par exemple, dont ils connaissent tous les titres, du Clan des sept au Club des cinq en pas- Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS aujourd’hui 21 avril de 14h à 16h Lancement du dernier N de LA REVUE PROTÉE «Rythme» samedi 28 avril de 14h à 16h GERALD GODIN L’ange exterminé • l'Hexagone samedi 12 mai de 14h à 16 h EDMOND DAVID BACRI (EDDY MARNAY) Lave-toi les mains, mon fils, et pèle-moi une orange.Stankç samedi 19 mai de 14h à 15h ALEXANDRE JARDIN Fanfan Flammarion avec nous le dimanche al5»^___ 9h 2M0 362 jours par année \ V Raoul Dubois, co-auteur, avec son épouse Jacqueline, des Aventuilers de l’an 2000.sant par Uui-Oui.Une fois leur excursion dans chaque oeuvre terminée, ils confrontent leur lecture à celle des enfants.« Notre travail a donc changé parce que les enfants ont changé, dit Jacqueline Dubois.Ils ont gagné en autonomie et en connaissances.Ils sont plus ouverts, plus curieux, mais ils ont perdu autre chose.Ils sautillent.En littérature comme ailleurs.C’est la civilisation du zap.» Au fil de ces 35 années d’observation attentive, la littérature pour enfants a beaucoup changé.« Elle est sortie d’un ghetto et elle a conquis un public, explique Raoul Dubois mais, en France du moins, elle est en crise.Nous publions de moins en moins d’ouvrages français.Dans le roman, nous avons un titre français pour trois ou quatre traductions et le nombre d’exemplaires vendus a baissé.C’est une littérature qui se cherche.Le documentaire se vend bien mais trois titres sur quatre sont des traductions.Et l’édition française n’est audacieuse que dans la mesure où elle vient d’ailleurs.Il y a de gros efforts sur le plan de l’illustration pour enfants qui est maintenant très proche de l’art de notre temps mais on écrit encore comme au 19e siècle.Ce qui est décrit est différent mais la façon de le dire est beaucoup trop la même.» Pourtant, envahis par une production abondante, Jacqueline et Raoul Dubois ne se sont pas contentés de suivre pas à pas la littérature jeunesse contemporaine.Ils ont remonté le courant jusqu’au 18e et au 19e siècle, aux racines de cette littérature, à l’époque où les frontières étaient beaucoup plus floues entre le livre destiné aux enfants et celui réservé aux adultes, afin d’y chercher un éclairage pour mieux lire les oeuvres de leur époque.Professeur de lettres et d’histoire, Raoul Dubois a d’ailleurs puisé abondamment dans les romans de la Comtesse de Sé-gur pour enseigner à ses élèves la vie sous le Second Empire.Plus que toute autre, peut-être parce qu’elle schématise et reflète donc encore plus les stéréotypes, la littérature jeunesse est un excellent témoin de la société qui l’a vu naître, constate Raoul Dubois.Le succès actuel de Picsou (l’oncle de Donald Duck) s’explique aussi bien que celui de Tintin le boy-scout à son époque.Tout comme la Comtesse de Sé-gur et Jules Verne ont formidablement incarné l’aristocratie et la bourgeoisie.L’opposition de ces deux auteurs résume le grand débat du siècle.Verne disait que tout ce qu’un homme peut imaginer, d’autres hommes peuvent le réaliser.C’est la bible du bourgeois de l’époque coloniale.« Ce n’est pas pour rien que l’oncle Picsou a éclipsé Donald Duck.L’oncle Picsou, c’est un « pique-sous », le modèle du capitaliste américain.Donald était une victime mais l’oncle Picsou — qui ne vit que pour ses pièces d’or et ses dollars — est plus représentatif de nos sociétés contemporaines.On voit peu Donald aujourd’hui mais beaucoup l’oncle Picsou.» Avant de les quitter, j’ai voulu leur soumettre une question piège.Si vous n’aviez droit qu’à quelques üvres pour enfants dans vos bagages, lesquels emporteriez-vous vers l’an 2000 7 Ils ont refusé de répondre.« D’abord, parce qu’il y en a trop de valables et puis, parce que les livres de l’an 2000 seront fonction de l’avenir et cet avenir, on n’en sait rien.Nous croyons que, si l’on intervient à temps, ce sera formidable.Sinon, ça pourrait être effroyable.Lisez Jean Hamburger que nous citons à la fin de notre livre.Comme lui, nous croyons que les enfants décideront.» Jean Hamburger écrit : « Ou bien ils choisiront de revenir à la règle brutale des temps anciens, en oubliant tous leurs élans de justice, de morale, de paix, de défense de l’individu.Ou bien, au contraire, comprenant le miracle de leur aventure, ils choisiront de donner à leur vie un sens.» Fiction et biographies 1 Le pendule de Foucault Umberto Eco Grasset (1)* 2 Tremblement de coeur Denise Bombardier Seuil (3) 3 Fanfan Alexandre Jardin Flammarion (6) 4 L’Immortalité Milan Kundera Gallimard (2) 5 Les Pérégrines Jeanne Bourin F.Bourin (9) 6 La Petite Marchande de prose Daniel Pennac Gallimard (7) 7 Les Tommyknockers Stephen King Albin Michel (5) 8 L’univers Gulliver Lili Gulliver VLB (-) 9 Pourquoi j'ai mangé mon père Roy Lewis Actes Sud (-) 10 Un noeud dans le coeur Élisa T.JCL (10) Ouvrages généraux 1 Les Années Trudeau Axworthy-Trudeau Le Jour (D 2 Le Bazar Daniel Latouche Boréal (3) 3 L’orthographe en un clin d’oeil Jacques Laurin L'Homme (-) 4 Journal Journal de guerre André Laurendeau VLB (-) S Le Québec, un pays, une culture Françoise Têtu de Lapsade Boréal (-) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Rat-fin, Demarc, Gallimard; Québec ; Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G.-G Caza; Jollette ; Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Gotlib a transposé ses talents de créateur VÉRONIQUE PELLETIER « Mais voyons, ce n’est pas sérieux.Les retombées de Tcher-nobyl n’ont pas amoindri le potentiel de créativité du genre humain.Le quotient créateur des auteurs de bandes dessinées n’a pas été réduit à néant au cours des 10 dernières années.» Et vlan ! dans les gencives.À l’occasion, comme ça en entrevue, on pose, sans trop le savoir, des questions un peu be-bê-tes.En interrogeant Gotüb sur la morosité du milieu de la bande dessinée, sur la stagnation du médium en tant que forme artistique propre et sur l’absence de relève de haut calibre, sa réponse fut à l’image du personnage et de son oeuvre.Une preuve par l’absurde pour répondre à une question absurde.Il aurait été tellement facile de parler de Gotüb comme d’un auteur dépassé.Pour les nostalgiques, la folie et le délire de ses Rubriques-à-Brac, de ses Dingo-dossiers n’existent plus.Gotlib, Sour eux, ne serait qu’un « has een », un vieux de la vieille qui n’aurait pas su se ressourcer.Pourtant, depuis 1975, Gotlib est aux commandes, avec son collaborateur Jacques Diament, de la revue française Fluide Glacial et des Éditions Audie.Fluide Glacial est, en ce moment, la seule dans le domaine qui réussisse à maintenir ses chiffres de ventes à près de 100 000 exemplaires.Au cours des 7 ou 8 premières années d’existence de Fluide Glacial, Gotüb participait activement en tant qu’auteur au contenu de celle-ci.Maintenant, re- \ J Marcel Gotlib est l’invité du Salon de se tient à Québec jusqu’à ce soir.tranché derrière son titre de conseiller rédactionnel, il voit à en assurer la relève et à maintenir contre vents et marées (comprendre le Groupe Ampère) sa devise : umour et bandessinees.« Développer de nouvelles formules de narration en humour c’est loin d’être évident.Cela demeure un exercice difficile qui n’est pas à la portée de tous.Neuf fois sur dix on répète.du « sous-Greg » du « sous-Fran-quin », etc.Toutefois, ce qui manque davantage, ce n’est pas le talent, mais bien les outils, les supports nécessaires pour que la re- PHOTO JACQUES NADEAU la bande dessiné francophone qui lève puisse être diffusée.» Il faut admettre à cet égard, que Fluide Glacial n’a pas failü à Phaneuf pour lire la tâche.Que seraient aujourd’hui des auteurs comme Edika, Tronchet, Goosens, Binet, Lelong ou Master sans Fluide Glacial ?Ils sont tous présentement l’avant-garde de l’humour, de la parodie, de la dérision et du burlesque en bandes dessinées.La venue de cette nouvelle garde montante par l’entremise des pages de Fluide Glacial représente, au fond, l’envers de la médaille, la face cachée « d’un certain désarroi créateur » chez Gotüb.À la suite des succès des Rubriques-à-Brac, des Dingodossiers, de Cinémastock et autres au A tournant des années 70, Gotlib s’est retrouvé devant un mur, un très gros mur.« Contrairement à Woody Allen qui au cours des ans a su transformer son humour (du burlesque à ses débuts vers la comédie de moeurs surtout après des films comme Annie Hall), je n’ai pas su développer de nouveaux créneaux avec autant de créativité.Je me suis senti englué dans ma démarche.Alors, plutôt que d’user la formule jusqu’à la corde, j’ai préféré transposer mes talents de créateur en ceux de directeur de revue.Ce fut mon choix.» D’accord M.Gotlib, maintenant que « ce choix » est pleinement assumé, n’oubliez pas que même le mur de Berlin s’est effondré.À quand le vôtre ?TRIPTYQUE C.P.5670, SUCC.C, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2X 3N4 I 120.av.laurier ouest outremont, niontréai tél.: 274-3669 ACQUES AUBE CHANSON ET POLITIQUE AU QUÉBEC (I960 -1980) IRII’TYOUI 136 p., 14,95$ (V.P.) Aux admirateurs de Phaneuf ou tout simplement pour ceux qui aiment bien les caricaturistes, à noter la parution aux Éditions Stanké du recueil de ses meilleures caricatures des deux ou trois dernières années parues dans LE DEVOIR.Très versé sur la politique et collant toujours de très près à l’actualité, Phaneuf saura sûrement vous ar- racher quelques sourires et matière à réflexion.Une image valant mille mots, vous pourrez ainsi repasser en peu de temps l’actuaüté poütique des dernières années, tant québécoise qu’inter- -nationale.Ne manquez surtout pas la dernière caricature de ce recueil : un vrai coup de poi-^ gnard au coeur ! TÊL: (514) 524-5900 ou 525-5957 Hélène Dame Robert Giroux Poésie québécoise évolution des formes Triptyque 216 p., 14,95$ Yve* Navarre La Terrasse des audiences au moment de l’adieu GJfiSS U-Mf'V Venez rencontrer Yves Navarre auteur de La terrasse des audiences au moment de l’adieu Éditions Leméac le dimanche 22 avril de 14 h 30 à 16 h T-"t| LA LIBRAIRIE • Hammarion 371, avenue Laurier ouest 277-9912 t Le Devoir, samedi 21 avril 1990 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Les terreurs de l’an 2000 LA RÉPUBLIQUE DE MONTE-CARLO Louis-Bernard Robitaille Denoël, Paris, 1990, 287 pages [£T Michel LkURIN nanti .JW ¦ Lettres A québécoises Correspondant à Paris du quotidien La Presse depuis 18 ans, Louis-Bernard Robitaille signe ici son premier roman, La République de Monte-Carlo, qui pourrait tout aussi bien s’intituler les terreurs de l’an 2000.En l’an 2008, réfugié à Nice, le narrateur, Mister Z (comme s’il s’agissait de l’oméga d’Adam), journaliste sportif de 46 ans, y écrit, « sentant la mort probable » et désabusé devant ce que fut sa vie (« rien fait que de blâmer, chaparder, parasiter, boire, dormir, scribouiller des inepties»), une longue lettre (287 pages ! ) à l’intention de celle qui fut son amour durant les 11 dernières années.Ce qui n’a pas empêché cette Vénus — c’est son nom — de le quitter à de très nombreuses reprises.La fin du roman réserve une explication inattendue à ces fugues.Mais, ce n’est pas tant l’amour qui ressort de ce roman que le climat de terreur qui règne sur l’Occident, et sur l’Europe en particulier, depuis le naufrage de la dernière décennie du XXe siècle : les pays, balkanisés, sont ' gouvernés par des despotes sanguinaires, « le vent de la mort » souffle partout, nul n’est à l’abri d’un lynchage, d’un massacre, d’un pillage, d’une déportation, d’une terrible épidémie « à laquelle seule pouvait se comparer la peste noire du XI Ve siècle ».En fait, la liste des dangers potentiels de cette période apocalyptique pourrait remplir quelques feuillets.Comme si l’auteur ait voulu concentrer en quelques années TOUS les actes reflétant la barbarie et la bêtise humaine du XXe siècle.Depuis les prémices de l’holocauste juif jusqu’à l’absurde guerre que les Libanais se livrent entre eux.En passant par tous les Pinochet ae cette planète.Qu’on me permette un premier commentaire dès maintenant.D’abord, l’écrivain aurait pu mieux masquer ses ficelles par trop apparentes.Puis, le fait que le roman paraisse à un moment historique où l’espoir tente de fleurir, après la chute des régimes totalitaires de l’Europe de l’Est tombés comme une rangée de dominos, ou que l’auteur n’ait Eu prévoir cette victoire de la li-erté ne peut qu’enlever de l’éclat à son propos, la réalité se montrant plus imaginative que sa fiction ! La principale valeur de ce récit me semble tenir à la riche personnalité des gens que le narrateur côtoie à différents moments de sa vie : Alex le tombeur de femmes, l’androgyne Dario, Macao le « drogué de sexe en manque perpétuel », le sympathique médecin Bronstein de même que les étranges personnages que sont Natoll et Putnam.Pour la plupart, des êtres tragiques et sans espoir, auxquels il ne reste Elus que le bénéfice de l’égoïsme, •ans cet univers où ne survivent que les plus forts : les débrouillards et les tricheurs.Si le fil conducteur du roman est la narration de Mister Z, que le lecteur ne s’attende toutefois pas à une structure linéaire.Le récit fait appel à une pluralité de lieux et de personnages, ces derniers perçus bien davantage à travers leurs actions que leur psychologie, et, sans cesse, la narration est tronçonnée, charcutée par ses innombrables bonds dans le temps, le procédé du flash-back se voulant ici véritable art romanesque.Ce qui donne parfois l’impression au lecteur d’assembler un puzzle dont les seules représentations visuelles seraient un camaïeu de gris.Un récit qui ne pêche donc pas par excès de fluidité.De plus, malgré l'horreur du décor, aussi étrange que cela paraisse, l’on ne peut pas vraiment parler d’un roman noir.D’abord, l’auteur a su inventer des variations tout à fait étonnantes sur le thème inusable du couple, en plus de jouer avec une multitude de tons, y compris celui de l’humour.Jusqu’aux scènes de fêtes et de bals masqués qui gomment parfois celles d’outrances policières.Ce qui permet peut-être d’ex- pliquer la difficulté pour le lecteur de prendre au sérieux le climat de terreur sur lequel repose le roman.Certains ne manqueront pas enfin de s’étonner que cet auteur, dont les intéressants articles journalistiques révèlent une re- marquable maîtrise de la langue, emploie des mots comme « lumpen », « loser » ou « lugubrité » : Ou des phrases à la structure éto-nante : « J’étais déjà venu ici à l’improviste, car il n’a jamais eu de répondeur et qu’il ne répond pas non plus au téléphone ».Il ne peut s’agir sans doute que de néologismes lexicaux et grammaticaux qui enrichiront la langye française d’ici l’an 2008.En somme, des personnages intéressants et une structure romanesque savante même si un peu trop complexe qui affirment le talent de romancier de l’écrivain.Même si ce talent semble davantage reposer sur le labeur que sur l’inspiration.Ce qui explique sans doute que le lecteur reste sur son plaisir.La paix, une utopie?PARCE QUE LA PAIX N’EST PAS UNE UTOPIE Serge Mongeau Libre Expression ’Montréal 1990 YVES DUBÉ Après avoir voulu « libérer » la sexualité des Québécois, après avoir cherché à convaincre ces derniers de mieux prendre soin de leur santé, le Dr Serge Mongeau s’attribue la tâche ardue et difficile de nous faire miroiter les mérites incontestables de la Paix parce que, dit-il, « la Paix n’est pas une utopie ».À la façon d’Ivan Illich, il s’attaque aux grands problèmes auxquels nous sommes confrontés et, en excellent éducateur qu’il est, il veut nous proposer des réponses dont nous pourrons constater « librement et pacifiquement » la clarté et l’opportunité.La difficulté de son entreprise ne lui échappe pas.En effet, personne ne songe à contester les bienfaits de la Paix, mais toutes les sociétés actuelles se rattachent à des comportements violents, autant sur le plan personnel que sur le plan des institutions gouvernementales de toutes allégeances.Personne ne souhaite à priori l’adhésion à des solutions désastreuses devant l’existence de conflits entre individus ou entre nations et pourtant certaines lois persistent qui font prévaloir la force, l’arrogance, la suprématie des uns sur les autres, donc l’asservissement des plus faibles, finalement l’injustice sous toutes ses formes.C’est toujours le triomphe de tous ceux qui croient, en toute lé- gitimité, que la loi doit passer avant la justice.Mais on parle de Paix, « ad nauseam» même .comme pour se donner bonne conscience.En emboîtant le pas par l’écriture de ce livre (et par la direction d’une nouvelle collection à Libre Expression), le Dr Serge Mongeau veut sans doute nous faire partager des convictions profondes et essentielles, acquises autant par le contact avec de nombreux interlocuteurs que par la réflexion et la fréquentation de nombreux auteurs, tous dévoués à la même cause.Son livre est une espèce de vade-mecum à l’usage de « l’honnête homme », quels que soient son âge, son sexe, la couleur de sa peau ou sa nationalité.On y trouve une foule de renseignements utiles, des chiffres d’une éloquence brutale et sans contredit possible et surtout un fil conducteur qui sous-tend avec logique et à propos, toute une philosophie de la Paix, de la non-violence et de la possibilité d’adhérer à l’une comme à l’autre.Comme le plus grand ennemi de la Paix est la NON PAIX, l’auteur s’empresse de nous mettre en garde contre la passivité, la fermeture du coeur et de l’esprit, la fuite - moyen récurant qui n’arrange rien et qui retarde tout.Au contraire, c’est à l’engagement qu’il nous convie pour atteindre l’harmonie, la sérénité de la conscience.Il nous explique l’action positive des non-violents qui dérangent parce qu’eux seuls peuvent espérer refaire l’ordre public au profit de tout et non au seul bénéfice des mieux nantis.Il nous rappelle que l’Amour est l’antidote de la violence.Donc, il revient à une vérité première qui fieut seule recommencer « tout ’ouvrage» pour qu’ainsi un monde nouveau, revu et corrigé, puisse être installé.À la fin de son livre, il accorde une attention spéciale « aux vieux », aux gens du troisième et du quatrième âge.Ses propos, en plus de refléter un humanisme authentique et éclairé, nous permettent de comprendre du même coup que notre civilisation a pris une mauvaise direction, qu’elle doit revenir en arrière avant qu’il ne soit trop tard et reprendre le bon chemin, celui qui mène quelque part au lieu dra-boutir a un infernal cul-de-sac.En d’autres mots, notre civilisation doit cesser de sacrifier stupidement ceux qui seuls peuvent avoir la sagesse nécessaire pour nous éclairer.'* Cet ouvrage guidera les réflexions de tous ceux et celles qui veulent encore donner une chance à la Paix, à la non-violence, à l’Amour.En effet, plus qu’un simple traité d’éducateur à la page, ce livre, s’appuyant sur tant de conviction et de témoignages vécus, en est un de Vie, de salut fraternel et communautaire.IfaloC alvino Le baron percltf ^ $jr jj.± m r, V, - T- Jacques Ciodlxwl | Salut Galarneau! John In inc Le monde selon Garp Anne Hébert t| Michel del C La gloire de Dîna Anthony I Me Red Fox V' > lm Im’uc 1 1 popée 1( u f buveur d'eau If \ 1 !lv- • de Point À l'achat de 3 volumes de la collection Points, votre libraire vous offrira un exemplaire gratuit du livre inédit de Bertrand Visage, Le Talisman SEUIL roman 1.1 [| I «» hiniilU de.P.ISC.ll ! )UclMe Eduardo Mendoza Le labyrinthe aux olives William Iknil Les Nouvelles ( bntessious 1 Mina Rêves Le Bom lier Agotd krislof Legrand cahier l.ilun lien lelkmn [ La unit sacrée Alison Lurie Liaisons étrangères Votre libraire, le plus court chemin d'un point à un autre. Le Devoir, samedi 21 avril 1990 |a passion du droit public PÀUL-ANDRÉ COMEAU .*•' *- Durant des années de recherche et d’ensei-gjiement du droit constitutionnel, Gé-rald Beaudoin a cultivé un rêve : célui de laisser aux jeunes, à ses étudiants, un « petit traité » de droit public canadien.Sourire modeste, le nouveau membre du Séûat vient de publier un traité monumental de près de 1000 pqges.•Voilà 40 ans que Gérald Beau-dôïn se passionne pour celte branche du droit.Après ses étu-de$à l’Université de Montréal, le VQici auprès de Me Paul Gérin-Lajoie.Le créateur du ministère dû l’Éducation du Québec, de retold’ d’études à Oxford, fait alors figpre de spécialiste incontesté , en ce qui concerne les techniques de modification constitutionnelle ! }La carrière de Gérald Beaudoin se trace presque rectiligne, exception faite de quatre années à la Chambre des communes.comme juriste-conseil.En 1900, il sçjoint au corps professoral de la-faculté de droit de l’Université d’Ottawa dont il devient doyen en 1969, poste qu’il conservera durant dix ans.C’est d’ailleurs à la Payeur de son enseignement qu’il copimence déjà à accumuler matière et notes pour ce fameux traité.ule, l’estomac dans les talons, un figure en coin de rue, les nerfs en boule et vous avez mis la main à la pâte (et non au feu) pour en avoir le coeur net.Cette anthologie des expressions populaires que vient de publier Mathias Lair recense plus de mille cinq cents métaphores anciennes ou contemporaines.Son ouvrage constitue une nouvelle incursion dans l’histoire des mots, plus précisément dans celle des locutions qui ont pour thème un élément de notre anatomie.Ainsi l’auteur nous apprend qu’au XVIIe siècle, l’expression causer bec à bec n’avait rien d’a-gressif puisqu’elle signifiait « parler en tête en tête ».Etre Jacques Ëhossard .L'Oiseau de feu Tome 1.Les années d'apprentissage 1 |nçquo Bri*ssard ¦ V T L’Oiseau de feu « mmiH I l Ml V Révolté par la société médiévale et servile au sein de laquelle il doit vivre, Adakhan Demuthsen, maître-forgeron de la Cité de Manokhsor, s'efforce avec acharnement de percer les secrets du pouvoir et du savoir.Souvent seul, parfois avec l’aide de son aini Boris, un maçon, ou de sa première femme, une artiste et courtisane, il traverse la fête des Violences, se joint aux sociétés initiatiques de Zéphirodet du Diamant noir, joue le jeu de l’hommage au Roi, affronte l'Archonte de son quartier et se retrouve en prison - mais se rapproche pas à pas de son objectif sous la surveillance occulte de ceux qui l’encouragent à violer les interdits qui oppressent Manokhsor.„ La littérature d AUJOURD'HUI LEMÉAC éditeur pris par le bec, c’est être pris au piège de ses propres paroles.La prise de bec est un affrontement verbal au cours duquel on risque de se faire clouer le bec.Rester le bec dans l’eau : l’image viendrait du héron qui tient son bec dans l’eau en attendant le poisson et qui n’obtient rien parce que le poisson n’est pas venu.Quand elle est connue, Mathias Lair nous raconte l’origine de ces expressions qui sont devenues d’usage commun et qui s’apparentent à des dictons.La langue est un jeu de création infinie et tous les thèmes sont le prétexte à mille découvertes.Par exemple, nous disons de la personne qui évalue les distances et les proportions avec exactitude, d’un simple coup d’oeil qu elle a un compas dans l’oeil.D’après Mathias Lair, l’expression qui date de la Renaissance serait due à Michel-Ange lui-même.On dit de quelqu’un qui a les yeux perçants qu’il a un oeil de lynx.Le lynx, tout féün qu’il soit, n’a pas la vision nocturne excellente de son cousin, le chat.À quoi rime cette comparaison ?L’expression daterait des Romains, sinon des Grecs.Voici l’explication qu’en donne l’auteur : « Dans la mythologie grecque, Lyncée, le pilote du navire Argo, est réputé pour sa vue capable de percer les nuages pour voir les étoiles.Le peuple anal- phabète (qui ne lit pas le grec dans le texte) a associé Lyncée, qui leur était inconnu, au lynx » Mathias Lair prend plaisir à chercher l’histoire, l’évolution de ces expressions populaires, parfois blasphématoires, qu’on emploie souvent machinalement tellement elles sont bien ancrées dans nos habitudes verbales.Comme une photo pâlie par le temps, ces métaphores on souvent perdu leur puissance évocatrice.C’est à Rabelais que Mathias Lair attribue le proverbe toujours vivant Qui trop embrasse mal étreint.Est-il question de baiser ?On nous apprend que l’auteur de Gargantua et de Pantagruel qui écrivait « qui trop embrasse peu estraint » entendait « serrer dans ses bras » et non « donner un baiser ».On sait que donner les coudées franches a quelqu’un, c’est lui laisser toute liberté d’action.L’auteur nous explique que « la coudée, distance entre le coude et le pouce, était une unité de mesure.L’aune était la longueur de tissu qu’on pouvait enrouler du pouce au coude, aller et retour; le double de la coudée, donc.Dans les deux cas, il était préférable d’avoir le bras long ! » À l’instar de la triple Vénus de Milo qui orne la couverture du livre de Lair, on ne perdra pas la tête, on ne perdra pas pied à décrypter ainsi les métaphores du Faites-vous plaisir.abonnez-vous au cahier littéraire le plus en vue au Québec.Prenez plaisir à découvrir tous les samedis une information soignée et détaillée sur les principales nouveautés en librairie.Des critiques pertinentes et des commentaires sur les jeunes auteurs, ceux de renom et leurs oeuvres.De la poésie au roman, de la fiction à la nouvelle, tout y est, rien ne vous échappera.Chaque samedi, faites-vous plaisir, abonnez-vous au Plaisir des Livres! m Irplüisirdes ivres [_] Oui je désire m'abonner au Devoir du samedi incluant le cahier Le Plaisir des Livres 13 semainos: 16 25$ | ] 26 semaines-31.20$ 1 52 semaines: 54 60$ Adresse .] chèque indu» _H comptant [ ] lecture/-moi min i CH v,*« [ ] Matter Card H Am Express TTTTTTT Tél hnr J Signature numéro d* carte Krinumn ce coupon fe ladre*** «vivante LE DEVOIR “Semce de* abonnement** 211, me St Sacrement, Montreal, Québec H2Y1X1 data d expiration 'Tartt «pptic*»** Qu S noir* rteeao tanwoi Cane l**nd 1* le 31 décent»* 1MO corps, mais il se pourrait bien que les bras nous en tombent.NDLR : Les lecteurs sont invités à faire part de leurs commentaires, de leurs critiques et de leurs 4 Festival mond Patterson.Puis Alberto Kurapel chantera et interprétera ses traductions espagnoles de poètes québécois.Dans toute la métropole, on pourra rencontrer une quinzaine d’écrivains dans 18 bibliothèques publiques.Dans les Laurentides, la Lake-field Community organise un voyage dans le passé de la région à bord d’un autobus littéraire.Les deux guides sont Graham Decarie et Canon Baugh.En Abi-tibi-Témiscamingue, le regroupement des bibliothèques publiques présente un vidéo sur le thème La lecture, c’est l’aventure, avec Margot Lemire, qui est diffusé par les télévisions de la région.À Sherbrooke a lieu aujourd’hui à 20 h « La fête de la parole édition 1990 », à l’hôtel Delta de la Place des congrès.En hommage à l’écriture et à la parole, l’Association des auteurs des Cantons de l’Est a invité une quinzaine d’auteurs à lire et à raconter le printemps 1990 de la planète.Le metteur en scène et concepteur de la soirée, André Poulain, sera assisté de l’humoriste Normand Labelle et du musicien Pierre Blais.Raymond Lévesque, Nicole Brossard, Jean-Claude Germain, Marie-Claire Blais, Dany Laferrière et Yves Boisvert, entre autres, participeront à l’événement.La société des écrivains de la Mauricie et la Bibliot hèque municipale de Trois-Rivières recevront Madeleine Ouellette-Mi-chalska et Daniel Gagnon, le mercredi 25 avril prochain.Sous le thème de « L’Aventure, la mésaventure », ces deux écrivains traiteront de la « nouvelle » à l’Université du Québec à Trois-Rivière le midi, au cégep de Trois-Rivières à 14 h et à la mezzanine de la Bibliothèque municipale de l’endroit à 20 h.Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on présente une exposition de volumes des auteurs de la région prix du Gouverneur général à la Galerie Jonquière du 23 au 28 avril, un encan de livres rares et un « coquetel» bénéfice le 21 avril au Centre national d’exposition Mont-Jacob de Jonquière.Dans la région du Bas Saint-Laurent et de la Gaspésie, on propose une exposition Félix Leclerc composée de tableaux, volumes, videos, disques, cahiers de musiaue, écrits, etc.Du 21 au 28 avril a la bibliothèque municipale de Biencourt.Aux Îles-De-La-Madeleine, Suzanne Jacob entreprend une tournée de rencontres littéraires suggestions à l’auteur de cette chronique.La correspondance doit être adressée au Plaisir des mots, aux soins du DEVOIR, 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal, H2Y 1X1.qui la conduira du 21 au 23 avril de l’Étang-du-Nord à Cap-aux-Meules, en passant par Havre Aubert.C’est à Québec toutefois qu’aura lieu la plus importante manifestation tenue cette année dans le cadre du Festival.Il s’agit d’un événement littéraire organisé par la Corporation du Salon du livre de Québec au cours duquel on procédera à la remise de trois prix littéraires : le Prix Robert-Cliche de la relève du roman québécois; le Prix Octave-Crémazie de la relève de la poésie québécoise; et enfin le Prix Adrienne-Choquette de la nouvelle.Le lauréat du premier Prix recevra 1000 $ de la part du Salon du livre de Québec et verra son manuscrit édité par Les Quinze éditeur.Le gagnant du second Prix sera édite par Les Écrits des Forges et recevra une bourse de 500 $ offerte par l’Institut canadien de Québec.Le lauréat du troisième Prix obtiendra une bourse de 1000 $, gracieuseté de Voyages Lambert et son oeuvre sera publié par les éditions L’Instant même.L’événement aura lieu au Palais Montcalm à 16 h30 le mardi 24 avril prochain et sera animé par Marie Laberge selon un scénario de Rémi Brousseau.M.Gilles Loiselle, député de Langelier et ministre d’État aux Finances, Mme Lucienne Robillard, ministre des Affaires culturelles, M.Jean-Paul L’Allier, maire de Québec, et Mme Claire Bonen-fant, présidente de la Corporation du SLQ, feront des allocutions.On attend plus de 500 personnes à cette remise de prix au cours de laquelle on signalera que le prochain Salon du livre de Québec se tiendra au Centre des congrès de Québec du 23 au 28 avril 1991.Jusqu’à maintenant, la Corporation du SLQ a obtenu une aide financière de 10 000$ de la ville de Québec et une subvention de 25 000 $ du ministère des Affaires culturelles.Avec un tel foisonnement d’activités littéraires partout à travers le Québec durant ces huit journées, un seul conseil mérite d’être donné : informez-vous en écoutant la radio et en lisant les journaux pour savoir ce qui se déroule dans votre coin de province.Garavou vous dit :
de

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