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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 1990-04-27, Collections de BAnQ.

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AU ROYAUME DU LOGICIEL BEAUCOUP D'APPELÉS, PEU D'ÉLUS LA REVOLUTION ROS| (3) LE DEFI DE LA DIFFÉRENCE LE SYSTEME DE SANTÉ UNE CARTE MINÉE PAR LA MALADIE FORCES DE BATTRE PAVILLON ÉTRANGER LE GROUPE RHÔNE-POULENC Comme le Petit Poucet avec ses bottes de sept lieues r ar /- V/ LE NUCLEAIRE RESPECTE L’ENVIRONNEMENT.Savez-vous que les centrales nucléaires canadiennes produisent de lelectricité à partir de l'uranium sans causer de pluies acides7 Savez-vous que l'exploitation des centrales nucléaires ne donne lieu à aucune emission de gaz carbonique et que l'accumulation de ce gaz dans l'atmosphère est une des principales causes de l'effet de serre7 Savez vous que I industrie nucléaire canadienne agit de façon responsable depuis le tout debut en utilisant des méthodes sécuritaires de gestion des dechets et que ses recherches lui ont permis de mettre au point une technique de stockage permanent des dechets radioactifs7 Pour obtenir de l'information sur l'énergie nucléaire et l'engagement de l'industrie en matière d’environnement.il vous suffit de composer, sans frais, le 1-800-387-4477 ou d écrire à l'adresse suivante Association nucléaire canadienne 3405, rue Saint-Urbain Montreal (Quebec) H2H 2N2 À l Association nucléaire canadienne, nous croyons qu'il est temps de parler de l'avenir Association Nucléaire C anadienne’ DE LA RUE BAY À LA MER DE BEAUFORT, I H CANADA COPIE SUR CANON.ÎSÇBJPJI rKr>”v 58HM 4*2 .•«t* ^SprS; Les copieurs Canon sont partout, dans les grandes villes aussi bien que dans les coins les plus reculés.Pourquoi sont-ils si populaires?D’abord, ils existent en modèles très variés, du NP-1010 parfait pour les petites entreprises au NP-8580, notre copieur le plus rapide et le plus productif.Ils accomplissent avec compétence les travaux les plus complexes.Ensuite, il y a notre esprit d’innovation caractérisé par le fait que nous consacrons plus de 10 % des revenus provenant des ventes à la recherche et au développement.Cet investissement porte ses fruits et se concrétise par des produits d’une conception technologique nettement supérieure.Ainsi en 1988, aux États-Unis seulement, Canon a déposé 723 brevets.En outre, un grand nombre d’utilisateurs désirent se procurer la marque de copieur favorisée par plus de la moitié des cinq cents plus grandes sociétés canadiennes.Puis enfin, les Canadiens attachent beaucoup d’importance au fait que les produits Canon sont soutenus par des services d’entretien de la plus grande qualité.De Victoria à St.John’s, les copieurs Canon sont solidement appuyés par le plus grand réseau au pays, animé par plus de cent dépositaires Canon.Ce sont de véritables experts qui se soucient de vous offrir le meilleur ____ _______ service qui soit.^ Ali Bref, que vous soyez sur terre ou sur mer, il ^ Canada copie sur Canon, existe mille raisons éloquentes de choisir un copieur Canon.Renseignez-vous sans tarder sur les remarquables copieurs Canon.Composez sans frais le 1-514-631-8821./5 n remercie Pétroles Esso Canada pour sa collaboration fêyqSf! .INFORMATIQUI AU ROYAUME DU LOGICIEL BEAUCOUP D'APPELÉS, PEU D'ÉLUS Pierre Deschamps Il existe au Québec un véritable génie logiciel.La firme Logiciels Avantage, pour une, fait bonne figure ici et compte maintenant s'attaquer au marché anglophone. INFORMATIQUE PAS FACILE D'ÊTRE PROMOTEUR EN TERRE LOGICIELLE.AU QUÉBEC.ON A DES IDÉES À REVENDRE.MAIS ON ARRIVE DIFFICILEMENT À VENDRE LES PRODUITS.EN FAIT.LES EINSTEIN DU LOGICIEL ONT DES DIFFICULTÉS À REVÊTIR LE COSTUME DES GENS D'AFFAIRES.CE SONT DES PURS DE L INFORMATIQUE QUI PRÉFÈRENT PEAUFINER UN LOGICIEL PAR SOUCI DE PERFECTIONNISME PLUTÔT QUE DE PENSER À LE COMMERCIALISER ADÉQUATEMENT IL FAUT DIRE ÉGALEMENT QUE LE FINANCEMENT FAIT DÉFAUT.POURTANT.QUAND ON ARRIVE À VAINCRE TOUS LES OBSTACLES.LE PRODUIT FINI DONNE DES RÉSULTATS DES PLUS INTÉRESSANTS SUR LE PLAN COMMERCIAL AINSI.ON POURRAIT DIRE QUE.PLUS QUE L INDUSTRIE.CE SONT LES PRODUITS QUI IMPORTENT ET S'EXPORTENT.fn 1988.le marché mondial du logiciel (ou.plus précisément, du seul logiciel) «atteignait 53.4 milliards S US.et l'on s'attend à ce que ce chiffre ait plus que doublé en 1993», affirme Michel Racicot de l'étude Clark-son Tétrault.Y dominent effrontément des firmes comme les américaines Microsoft et Lotus, les numéros un et deux mondiaux avec des chiffres d'affaires de plus de 500 millions de dollars américains chacune.Loin derrière vient Borland, le petit numéro trois californien qui se targue de revenusannuelsdel ordrede 120millionsdedol-lars.américains toujours.Face à ces géants, les entreprises québécoises de logiciels font figure de véritables parents pauvres.En effet, les ventes globales des seuls logiciels conçus au Québec auraient atteint, de peine et de misère, le seuil des 100 millions de dollars canadiens en 1989.Force est de constater qu'au royaume du génie logiciel le Québec est un lilliputien.Ce constat un peu sec et «guillotin» pourrait laisser croire à l'inexistence ou presque d'une industrie du logiciel au Québec.Or.il n'en est rien, loin de là.Car.en la matière, nombreux sont au Québec ceux qui savent y faire.Au dire de Michel Zins.de l'étude Zins Beauchesne & Associés.il y aurait près de 500 firmes québécoises ayant conçu des logiciels.Bien moins nombreuses sont toutefois celles véritablement actives, celles capables de survivre à la phase de recherche et développement de leur produit.Tout au plus une centaine, assure-t-il.DES IDÉES SANS MARKETING Cette profusion d entreprises en landau s'explique aisément: le logiciel n'est pas I automobile.l'aéronautique ou toute autre industrie de fabrication: les infrastructures y sont donc des plus sommaires et les capitaux de démarrage des plus légers.ïïop souvent, pourtant, s'amorce cahin-caha une phase de développement de produit qui tourne court ou qui ne sait où s'arrêter, faute d'un réel esprit d entrepreneurship.Compétitif Logique Fonctionnel Varié - Économique Centralisé Sécuritaire Spécialisé Service Qualité Support LE GROUPE INFORMATIQUE ACGl INC.LES SPECIALISTES DES RESEAUX 5692, rue Jean-Talon est 450, boul.René-Lévesque ouest, Saint-Léonard, Qc Montréal, Qc H1S1M2 H2Z1Z6 (514) 255-3799 (514) 878-3144 SOCIÉTÉ DE SERVICES INFORMATIQUES Fondée en 1974,1ST est une société de services informatiques qui offre une gamme de produits, de services et de systèmes d’information de grande qualité dans des marchés déterminés où elle a acquis une solide expérience.1ST a choisi d'oeuvrer dans quatre axes de développement: ?la consultation et l’intégration de systèmes ?la livraison et le suivi de solutions clés en main ?la gestion de centres informatiques ?la télématique Sa réputation est tributaire de la motivation et de la compétence de ses 700 spécialistes, femmes et hommes, qui composent son équipe.Filiale de la Corporation Financière Alliance-LTndustrielle, 1ST enregistre des revenus annuels de plus de 65 $ millions.-?- Montréal (514) 383-1611 Québec (418) 687-9300 Ottawa (613) 238-7886 London (519) 685-7020 Toronto (416) 886-8411 Saikatoon (306) 955-6355 ?18 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 À croire qu'il y a des Einstein logiciels qui ont quelques problèmes à revêtir le complet Prince-de-Galles du businessman.Ou qui ont un souci du perfectionnisme qui les honore sans pour autant les enrichir.Ainsi, Claude Coulombe.de Machina Sapiens, une petite boîte pleined idées, lauréate en 1986 du prix du «Meilleur produit logiciel- Plus de 50% du chiffre d'affaires d'Asyst Technologies, filiale d'Atkinson Tremblay, est réalisé aux États-Unis.leune entrepreneur» de la Fédération informatique du Québec et en 1988 du prix «MICA pour la recherche» décerné par le Conseil de l’industrie électronique du Québec, déclare sans ambages: «Ici.nous sommes tous des informaticiens purs et durs.Aucun n’est un véritable entrepreneur.Nous préférons que nos produits soient véritablement au point avant de les commercialiser.» Pour ce qui est des produits cette fois et.plus que l'industrie.ce sont les produits qui importent.et s'exportent, si plus de 600 logiciels FICHIERS DE BASE COMPTES À RECEVOIR COMPTES À PAYER COMPTES DE BANQUE GRAND LIVRE FACTURATION • FACTURE AU COMPTOIR • FACTURE OUVERTE INVENTAIRE UTILITAIRES • GÉNÉRATEUR DE FORMULAIRES • GESTION DES COULEURS • CLÉ DE FONCTION • ÉTIQUETTES • COURRIER ÉLECTRONIQUE • TIROIR CAISSE • PLUSIEURS IMPRIMANTES • MOTS DE PASSE AVANTAGE Montréal (514) 328-7108 Québec (418) 622-8288 Toronto (416) 238-0144 INFORMATIQUE sont écrits chaque année dans ia Belle Province, il n'y en a qu'une poignée qui sont réellement misenmarché.Lédition I989de "Logibase".le répertoire des logiciels québécois, en dénombre environ 3 200.Beaucoup d appelés, fort peu d'élusen somme! UNE CROISSANCE DIFFICILE «La situation du logiciel au Québec se rapproche de celle des États-Unis, souligne lacques Saint-Pierre, directeur général du Conseil de I industrie électronique du Québec.À l'exception de quelques "success stories", on compte, aux États-Unis comme ici.une large majorité d entreprises n'ayant qu'un seul produità offrir.De plus, si la ou les personnes qui développent le logiciel sont en mesure de le faire adéquatement, elles s'entourent par contre rarement de personnes aptes à vendre leur produit.En somme, I industrie se heurte à un problème généralisé de commercialisation.» Concrètement, plusieurs causes expliquent cette situation de sous-commercialisation.D'une part, l'entreprise québécoise tend à consacrer des sommes moindres à la commercialisation de ses produits.Dans cette veine, le profil sectoriel «Lindustrie québécoise du logiciel» (réalisé par le ministère québécois de l'Industrie et du Commerce de l'époque, il a paru en janvier 1988) notait que «les entreprises québécoises, contrairement aux américaines, ne déboursent pas des montants très élevés pour mettre en marché leurs progiciels.En moyenne, elles consacrent 17% de leur chiffre d'affaires à la commercialisation de leurs produits.Aux États-Unis, les entreprises qui offrent des progiciels pour la micro-informatique dépensent environ 35% de leurs revenus en commercialisation.» D'autre part, il appert qu'il s'est investi «au Canada II millions de dollars seulement dans les compagnies de logiciels en 1988.Par contraste, les investissements de capital-risque dans des compagnies américaines de logiciels dépassaient les 500 millions, soit 40 fois l'investissement canadien», constate Stephen Bingham, de la firme torontoise Alias Research.Selon lacques Saint-Pierre, plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de fait.«Pour l'industrie du logiciel, le financement à la commercialisation est très difficile à trouver.Le capital-risque ne s'y aventure pas parce qu'il ne comprend pas le produit.Pour lui.le logiciel est quelque chose d intangible dont la durée de vie est très courte, quelque chose d insaisissable.Pour qu'un logiciel puisse suivre l'évolution du matériel et demeurer à la fine pointe, des versions revues, corrigées et améliorées devront voir le jour moins de deux ans après sa commercialisation.Ce qui signifie d autres investissements.mais jamais de produits réellement finis au sens où l'entendent généralement les investisseurs de capital-risque.» DES SOUS ET DES ÉTUDES Pas facile donc d être promoteur en terre logicielle.Qui plus est.quiconque voudrait faire appel aux deniers publics pour mettre en marche un programme de commercialisation tomberait en plein vacuum et reviendrait bredouille à la case d origine.Tout simplement parce que les ministères, habituellement visés par de telles demandes, sont, à Québec autant qu'à Ottawa, en pleine période de réflexion sur le Commercialement et stratégiquement.Micro Tempus a surtout fait alliance avec le géant américain Microsoft.LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 ROBIN UX3AR «Et faites-moi vo • •• swissair Æ"- ¦ ' ' L'art du voyagea A compter du 25 mars 1990.Swissair offre, de Toronto et de Montréal, des envolées quotidiennes vers Zurich et les villes suivantes: Abidjan.Abou Dhabi.Accra.Alger.Amman, Amsterdam.Anchorage.Ankara.Athènes, Atlanta, Bagdad.Bâle.Bangkok.Barcelone, Beijing.Belgrade, Birmingham, Bologne, Bombay.Bordeauv.Boston, Brazzaville.Bruxelles.Bucharest.Budapest, Buenos Aires, Le Caire.Caracas.Casablanca.Catane.Chicago.Cologne Bonn.Copenhague, Dakar.Damas.Dar-csSalant.Djakarta.Djeddah.Douala.Doubai.Düsseldorf.Francfort, Gènes.Genève, Goeteborg.Graz, Hambourg.Hanovre, Helsinki, Hong Kong, Istamboul, Izmir.Johannesbourg, Karachi, Kinshasa.Koweit, Lagos.Larnaca.Libreville, Linz.Lisbonne.Ljubljana.Londres.Los Angeles, Lyon, Madrid, Malaga, Malte, Manchester.Manille, Marseille.Milan.Monrovia.Moscou, Munich.Nairobi, New York.Nice.Nuremberg.Palma de Mallorca.Paris.Porto.Prague.Rio de Janeiro, Ryadh.Rome, Salzbourg, Sào Paulo, Séoul.Singapour, Sofia, Stockholm.Stuttgart, Téhéran, Tel Avis, Thessalonique, Tirana, Tokyo, Toulouse, Tripoli, Tunis, Turin.Varsovie, Vienne.Zagreb, Zurich. eeriest n ¦•¦¦¦¦¦BU IIIII¦I BI¦¦till ¦KAKX.k.i.x mm -tintfx&t- Lgrr~ir~rwi*Ttl NISSAN Camry et de l'Accord.En fait, la Stanza est la plus puissante voiture de sa catégorie.C'est aussi la plus abordable.Alors depuis, tout le monde sait que la puissance ça s’achète.mais à petit prix! gêniaLet humain comment et le combien de l aide à apporter à l industriequébécoise du logiciel.Mais les projets ne manquent pas.Au ministère canadien del Industrie, de la Science et de la Technologie |MIST|, plusieurs études sont présentement en cours.La première, confiée en février dernier à la maison Zins Beau-chesne.vise à «vérifier la faisabilité d'un plan de commercialisation pour l industriequébécoise du logiciel», précise Michel Teasdale, du MIST.Si ses conclusions s'avéraient positives, cette étude ouvrirait la porte à la possible mise en oeuvre d'un programme fédéral d'assistance à la promotion du logiciel.Au premier stade, la tâche de Zins Beau-chesne n'est pas des plus simples, «[industrie du logiciel est très particulière, estime Michel Zins.Déterminer le marché du logiciel équivaut à déterminer une mosaïque de marchés.C'est une industrie tellement fragmentée qu'il n'y a pas ou très peu de chevauchement entre les différents marchés (professionnel, grand public, éducation, industriel ou entre les sous-marchés (les différentes professions, par exemplei.De plus, selon la clientèle visée, les outils de promotion varient énormément: prise de contact direct, présence aux foires et salons verticaux, publicité dans des revues spécialisées ou publicité grand public, réseau de distribution.» Mais, comme le soutient Michel Zins, c'est souvent de l'amont que viennent les problèmes.«Les entreprises évaluent ou prévoient mal les sommes à consacrer à la commercialisation.Elles mettent de 80% à 90% de leurs capitaux dans la R & D.Pourtant, la commercialisation En matière de logiciels, nombreux sont au Québec ceux qui savent y faire.Environ 500 entreprises.coûte aussi cher que le développement.Pour s'en sortir, les entreprises n'ont d'autres choix que de calculer le coût de commercialisation dès la capitalisation de l'entreprise.» La Stpiza: 138 chevaux pour 15690$.Il fut un temps où la puissance appartenait exclusivement aux riches.Et puis Nissan lança la Stanza 1990.Son moteur de 138 chevaux est plus puissant que celui de la UNEMAISON DES TECHNOLOGIES Un deuxième projet du MIST concerne une Maison des technologies et des communications qui aurait pignon sur rue à Montréal, à l'édifice du Téléport, semble-t-il.Soutenu par Ottawa, par Québec, par les organismes apparentés montréalais et l'industrie privée, le projet aurait un «caractère multipartite et multi-services», dit Claude Doré, du ministère québécois des Communications.Enfin, un troisième projeta bénéficiéd une enveloppe budgétaire de 240 000 S qui proviennent à parts égales du secteur privé (dont BM.Spar Aérospatial, Oerlikonl.de Québec et d Ottawa.Cette enveloppe permettra aux cabinets conseils APG et Secor de procéder à une étude de faisabilité devant conduire à l'installation, à Montréal, d'un Centre canadien du génie Logiciel.Cette étude prendra fin en juin 1990 et.si ses conclusions sont positives, il pourrait s'agir d'un investissement de quelque 10 millions de dollars.Le logiciel aurait enfin une vitrine en propre.En ce qui concerne le financement de la commercialisation du logiciel, Denis Thériault, du temps qu'il oeuvrait à l'Aide à la commercia- lisation au ministère québécois de l'Industrie, de la Science et de la Technologie, avait longuement réfléchi au problème.«Il n'y a pas mille solutions.Comme les sources traditionnellesdecapital-risquesont réticentes à investir dans la commercialisation d'un logiciel, on devrait mettre sur pied un fonds d'aide à la commercialisation des logiciels québécois.La SDI et le Fonds de solidarité de la FTQ Dans 42 villes de 25 pays les responsables du transport urbain utilisent un logiciel de GIR O.pourraient participer à une telle initiative Le fonds pourrait soutenir I entrepreneur dans ses efforts de conception de plan de mise en marché d'étude de marchés, laquelle pourrait l'obliger à réajuster son produit.Dans cette pers- HOTO IMJBUPHOTO INFORMATIQUE pective.l'entrepreneur devrait toujours considérer son logiciel, même s'il est déjà en vente, comme un prototype, et ainsi de suite.Au départ, le fonds disposerait de 15 à 20 millions de dollars.Et on devrait envisager aussi la rentabilité du fonds.» LE GÉNIE QUÉBÉCOIS Le questionnement socratique conduit cependant à poser cette question: «Y a-t-il au Québec un véritable génie logiciel capable de concevoirdes produits dequalité?»Poury répondre.aidons-nous de cet autre élément de l'héritage gréco-romain.I "exemplum" Microïempus.après une difficile année 1988, «des pertes de 4 millions de dollars pour 3 millions de revenus», lance le président Richard Pelletier, a récemment procédé à une nouvelle injection decapitaux et a vu I exercice financier 1989 être positif.Commercialement et stratégiquement.elle a surtout fait alliance avec Microsoft.Le géant américain ne fait rien de moins que de recommander les produits Microïempus quand un de ses clients a des besoins de programmes en grands systèmes et en interrelation de systèmes.Les outils de génie logiciel ("case tools' destinés à la conception de logiciels) Sylverrun.de XA Systems, ont trouvé preneur auprès de grands noms comme Northern Telecom (I 00 modulesi, en Caroline du Nord, et Apple 1100 modulesi.Fait à souligner, cette firme, logée à Québec et fondée par des enseignants de I ' Université Laval, constitue en fait un véritable laboratoire de recherche de haute volée dont la réputation est fort enviée.«La qualité du travail que nous réalisons est comparable à ce que fait Microsoft», avoue Robert Mantha.ledirecteurdu développement des produits.Les outils de même nature Développeur et Intégrateur d'Asyst Technologies, une filiale d Atkinson Tremblay, sont présents au laboratoire IBM d'Atlanta, chez Sears à Chicago, chez Southern California Casà Los Angeles.«Nos ventes aux États-Unis comptent pour 50% de notre chiffre d'affaires et celles en Europe pour 5%, mais elles sont en croissance.En fait, précise avec Le génie logiciel québécois est exportable et digne, à l'instar de la soupe Campbell d être vendu dans tous les Fauchon électroniques de la terre.sérieux le pdg Normand Tremblay, nous sommes à la recherche d'un partenaire pour faire la conquête du monde.» Dans 42 villes de 25 pays différents, les responsables des réseaux de transport urbain utilisent Hastus de la firme Giro pour optimiser l'affectation des chauffeurs et des véhicules.«Notre programme a été mis en marché en 1982 et sert à produire des horaires plus efficaces afin d obtenir une meilleure performance deschauffeurs et des autobus», souligne lean-Yves Blais.Après avoir fait fort bonne figure au Québec où elle a vendu 5 000 unités de ses quatre logiciels vedettes (Comptabilité générale.Gestion d inventaire.Coûts de contrat.Gestion comptable pour cabinet d'avocatsl.Les Logiciels Avantage Inc.s'attaque maintenant au marché du Canada anglais.Les deux premiers logiciels susmentionnés ont été traduits en anglais et I ui serviront de cheval de bataille Le succès risque d être toutefois rapide puisque I entreprise offre de concert un logiciel de conversion qui permet à une entreprise en croissance de transférer dans ses programmes les données qu elle aurait inscrites sur un logiciel comptable Bedford, le plus populaire programme comptable au Canada anglais.Pour sa croisade commerciale en terre anglo-saxonne, l'entreprise a ouvert un bureau de ventes dans la Ville-Reine et espère comme le note Alain Genest.vice-président marketing et production, que «les résultats seront à l image des statistiques qui disent que I million de dollars vendus au Québec permettent d espérer trois fois plus au Canada anglais».Cette jeune firme de Québec fondée en 1986 et inscrite au parquet de la Bourse de Vancouver depuis février 1990 lune émission de 630000 S, soit 600000 actions au prix unitaire de 1,05 $| compteainsivoir lechiffredaffairesde l989croi-tre de 66 p cent en 1990 Et la liste pourrait s'allonger! Ce qu'il faut retenir surtout, c'est que du logiciel, il en va commedu roman: les grandes oeuvres sont celles à caractère universel.Quoi de plus naturel alors que des logiciels anglais conçus au Québec pour un marché qui, de toute façon, désire des produits utilisables dans cet espéranto de notre fin de siècle C'est ce qui s'appelle adopter son produit au marché Cequ 'ont su faire avec brio les quatre entreprises mentionnées Preuve que le génie logiciel made in Quebec est exportable etdigne à l'instar de lasoupe Campbell.d'être vendu dans tous les Fauchon électroniques de la terre ¦ ï ?! ¦ PMPJbjbSSSI i y/, v Mji.^ 4 »» • » I • ¦ VOUS AIMEREZ NOTRE FAÇON DE PENSER VAX, MicroVAX, VMS et le logo de Digital sont des marques de commerce de Digital Equipment Corporation.Digital Equipment du Canada Limitte est un usager inscrit du logo.UNIX est une marque de commerce d’American Telephone and Telegraph Company.S La liste des succès est sans fin.Certains servent d’ordinateurs centraux dans de petites entreprises.D’autres commandent des machines en usine.D’autres gèrent des zones de chargement.Digital a installé plus de 165 000 ordinateurs MicroVAX, les modèles milieu de gamme pratiques de ses fameux VAX.Ils peuvent exécuter plus de 6 000 applications VMS ou UNIX.Bien qu’à peine plus gros qu’un ordinateur personnel, même le plus petit des systèmes MicroVAX peut créer un réseau local ou un grand réseau, et relier tous les éléments d’un environnement multi-constructeur, des ordinateurs de bureau aux gros ordinateurs.Les ordinateurs MicroVAX de Digital.Ni trop petits, ni trop gros.Tout simplement parfaits.Le parfait mariage! 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LA FORCE DE L ORGANISATION L organisation, à travers son idéologie, sa structure, sa culture, tend à I homogénéisation de ses membres.Rollande Montsion.vérificatrice générale d Hydro-Québec et seule femme de la société d'État à faire partie du comité exécutif.décrit ainsi le cadre supérieur hydroquébécois.«C'est un homme (il n'y a que 6 femmes sur 102 cadres supérieurs!, blanc, canadien-français.âgé de 45 à 55 ans.Il est ingénieur ou technicien, a fréquenté la même école ou faculté que plusieurs de ses collègues et vit dans le Grand Montréal.Ses valeurs imprègnent le fonctionnement.les interrelations, les priorités de I entreprise Dans un tel contexte, la personne différente.isolée, ne peut faire de miracles.» Pour l'ensemble des femmes d'Hydro-Québec.soit 20% de I effectif total, cette situation est difficile à vivre, fait remarquer Rollande Montsion.surtout «qu elles occupent des postes pour lesquels elles sont souvent trop com- Francine Harel-Ciasson.directrice des programmes et chercheure à l'École des hautes études commerciales de Montréal.PHOTO ROBERT FTCHFVFRRY FEMMES pétentes et qu elles le sont généralement plus que leurs homologues masculins de même niveau».Même à son niveau.Rollande Montsion doit faire preuve d imagination et de stratégie pour faire passer ses idées, «l'adapte la présentation de mes dossiers, le capitalise sur ceux qui sont différentsou à tout le moins ouvertsau changement, ceux qui sont centrés sur la réalité et la mission de I entreprise plutôt que sur la carrière ou les stratégies gouvernementales, le m en fais des alliés.Il faut, pour pouvoir percer et obtenir des changements, avoir un grand équilibre personnel.ne pas se sentir menacée, être capable d'aller chercher l'aide dont on pourrait avoir besoin.Il y a des moments où je me dis qu'il serait agréable d utiliser l 'énergie que je consacre à cette adaptation à des activités beaucoup plus productives.» À Hydro-Québec comme ailleurs, les femmes qui refusent l'assimilation éprouvent des difficultés, doivent redoubler d efforts et recourir à des stratégies pour satisfaire leurs ambitions pourtant fort légitimes (voir encadré) En fait, la question célèbre « Être ou ne pas être» demeure une question quotidienne pour les femmes Rollande Montsion.vérificatrice générale d'Hydro-Québec.est la seule femme membre du comité exécutif de la société d 'État.Fédération 3 des femmes du Québec POUR LA PARTICIPATION DES FEMMES À TOUTES LES SPHÈRES D’ACTIVITÉ FICHE D’INSCRIPTION MEMBRE INDIVIDUELLE Nom Prénom Adresse___________________ Ville Sociale Politique Économique Familiale Culturelle Province___________________Code postal Tél.travail _________________résidence Le dossier qui m'intéresse le plus: Autres: Lauréate du PRIX DE LA RECONNAISSANCE NATIONALE 1986 pour son dévouement peu commun à l'amélioration de la situation de la femme: le courage d'accepter la nécessité d agir: la joie de travailler ensemble avec d'autres femmes à des activités politiques, sociales, economiques et son élan vital féminin collectif.COTISATION ANNUELLE 1989: 25 $ Retourner à: Siège social - Fédération des femmes du Québec 1265.rue Berri, bureau 820 Montréal, Qc H2L4X4 (514)844-7049 décerne par L INSTITUT CANADIEN POUR LA CULTURE DE LA FEMME et proclamé en collaboration avec le Congrès canadien pour la promotion des études chez la femme, le Conseil national des femmes du Canada, l'Institut canadien de recherches sur les femmes et le Comité canadien d'action sur le statut de la femme.Toute personne désireuse de soutenir financièrement la FFQ peut aussi faire parvenir une contribution en argent à la Fiducie de la FFQ, à l'adresse de son siège.Sur demande, reçus émis pour fins d'impôt.Organisme sans but lucratif J9 cadres qui savent fort bien qu 'adopter le modèle masculin facilite la carrière.Il y a donc un prix individuel et social à payer.Rollande Montsion croise régulièrement des femmes qui ont survécu en s'intégrant.- Beaucoup en sortent usées.Plusieurs ont développé des problèmes de santé.Elles offrent, à mon avis, un modèle bien triste.» Dans une étude sur la haute fonction publique québécoise.Sylvie Paquerot constate que les femmes interrogées ont.de façon générale intégré le modèle masculin.«Quand on doit pendant vingt ans secon-former à un moule et correspondre deux fois plus que les hommes aux critères pour être choisies.il est difficile, une fois dans un poste, de remettre en question ces critères.» Or, les changements dans les organisations découleront de l'affirmation par les femmes de ce qui les distingue.LE LEURRE DU NOMBRE Des gestionnaires, et ils sont nombreux, croient qu'il suffit d'augmenter le nombre de France Picard, directrice d'une association sans but lucratif, souligne que les femmes leaders doivent être capables de vivre une certaine solitude.femmes dans les postes de direction pour que les changements interviennent.Ce ne serait alors qu' une question de temps pour que l'égalité et I équité s'installent.«C'est un credo bien naïf, affirme Francine Harel-Giasson, directrice des programmes et chercheure à 1 École des hautes études commerciales.Bien que l'on reconnaisse génralement que la faible représentation des femmes au sein des postes cadres constitue un frein à l'influence spécifique qu'elles pourraient exercer, il ne faut pas attendre de miracles du nombre: il ne peut à lui seul assurer le changement.» D ailleurs, des études récentes démontrent que la force du nombre est moins grande que prévu.Bien plus, la masse critique se situerait à un niveau beaucoup plus élevé qu'on ne le pense généralement.Nathalie Rinfret prépare une thèse de doctorat en psychologie industrielle à I Université d'Ottawa.Elle a observé, à l'instar de chercheures américaines, que la résistance envers les gestionnaires féminins a tendance à diminuer tant que leur nombre demeure inférieur à 20%.À partir de ce point, leur présence est perçue comme une menace et les comportements sexistes augmentent.Nathalie Rinfret se demande quelle proportion de femmes cadres est nécessaire pour que les attitudes à leur égard redeviennent favorables.Ses premiers résultats indiquent un seuil de 35%! Il faudra donc du temps pour que les mentalités changent en profondeur.LE POTENTIEL DE CHANGEMENT «Le groupe des femmes cadres, nous dit Francine Harel-Giasson.présente des caractéristiques spécifiquesqui le distinguent du groupe qui a, jusqu'à maintenant de façon quasi exclusive.donné le ton aux organisations.Cela constitue un capital potentiel pour introduire de nouvelles façons de penser, de parler et de faire.» Quel est cet héritage féminin dont pourraient profiter les organisations?«Dans 1 univers domestique, le travail est non parcellaire, non taylorisé, non mesuré, constate Francine Harel-Giasson.on n'y perçoit pas de coupures entre la conception d'un projet et sa réalisation, entre le rationel et l'affectif, entre l'efficacité des opérations et le bien-être des personnes.» Beaucoup de femmes gestionnaires remettent d'ailleurs en question ces pôles, faussement opposés, qui figurent au credo des organisations.«Une question m'est souvent posée, raconte Rollande Montsion.Elle m'embête toujours.C'est la suivante: es-tu orientée résultats ou personne?Que puis-je répondre d'autre que: j'ai besoin du monde pour obtenir des résultats, non?» «L univers domestique est encore caractérisé.poursuit Francine Harel-Giasson, par la proximité, la personnalisation et la permanence.On y interagit directement, de personne à personne, alors que dans la sphère publique les interactions sont souvent fondées sur les institutions, les normes bureaucratiques, les hiérarchies, les distancesà respecter.» Les entreprises pourraient profiter de cet aspect particulier de la culture féminine.«Pour prendre le virage nécessaire à sa survie.HydroOuébec a besoin, croit Rollande Montsion.de ce que les femmes font de la main gauche, notamment: leur plus grande habileté à communiquer, leur habitude de la conciliation.i i LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 DANS UN MONDE DE SANTE, DE CONFIANCE ET D’ESPOIR (ÏF RHÔNE-POULENC Bienvenue dans le monde de Rhône-Poulenc.Notre vocation est de prévenir et de combattre les maladies.C’est pourquoi nos nombreux laboratoires de recherche et de production mettent à la disposition des patients une large gamme de médicaments, une gamme qui s’étend des éléments nutritifs aux analgésiques, des anti-inflammatoires aux anti-infectieux, des anticancéreux aux cardiovasculaires.Au Canada, nos deux divisions, Rhône-Poulenc Pharma et May & Baker Pharma, se donnent pour but de vous fournir la meilleure information scientifique dans ces divers domaines, et de vous aider ainsi à mieux protéger la santé de vos patients.Bienvenue dans un monde que nous contribuons jour après jour à rendre meilleur.11 FEMMES leur goût de régler les problèmes en profondeur les impacts majeurs qu'a sur l'organisation du tra-et non seulement en apparence.» vail et la société l'impératif de concilier vie pro- Les attributs liés au rôle maternel font par- fessionnelle et vie familiale, tie intégrante de la culture féminine.Ce rôle étant perçu comme une responsabilité directe et continue, il devient une responsabilité centrale qui ne saurait être subordonnée à aucune autre.Les conséquences d'une telle perception expliquent DES HABILITÉS PARTICULIÈRES La nature de leur rôle parental incite les femmes à développer des habiletés particulières comme, précise Francine Harel-Giasson, «une Marie-France lerfino est à l'emploi d'une très grande entreprise de service public dont, dit-elle.«la culture est technique, technologique et économique».perception fine des besoins de l'autre ou l'art de stimuler le développement d'un être humain.Être mère plutôt que père, c'est aussi entretenir une forme différente de rapport avec le pouvoir.Alors que les pères ont traditionnellement disposé de l'autorité formelle sur les enfants, les mères, elles, ont vu leur pouvoir fondé principalement sur le contrôle des activités de tous les jours et sur la persuasion.Elles ont vraisemblablement appris beaucoup sur l'influence que I on peut tirer du contrôle direct des opérations quo-tidiennesdemèmeque sur l'art de convaincre.» Cet héritage de l'univers domestique témoigne de la possibilité de vivre et de s'organiser autrement.La rencontre de cet univers privé avec I univers public des entreprises constitue.selon Francine Harel-Giasson.«une base pour interroger les dictats de la gestion.Toutefois.il ne faut pas faire porter aux femmes la responsabilité d'humaniser les organisations.Ce sera une co-responsabilité ou cela n'aura pas lieu.» .Un METIER.DE GARS?VOTONS DONC! Ultramar invite les étudiantes inscrites en techniques de chimie analytique et en techniques de génie chimique à soumettre leur candidature à un programme de bourses d’étude et de stages d’été.Nous remettrons alors cinq bourses d’étude de 1 500$ chacune et offrirons un stage d’été d’une durée de trois mois à deux étudiantes parmi les cinq boursières.Ultramar participe ainsi avec fierté à la célébration du 50t: anniversaire de l’obtention du droit de vote par les femmes.On n'a pas fini de vous en donner.M FEMMES Entre les dictats et la réalité, il existe un écart qui suggère qu'il y a plus d'intégration entre les deux univers qu'il n'y paraît à première vue, «Lorsqu'on se sert avec les hommes des instruments de mesure qui ont été développés pour amener les femmes à parler de leur expérience, explique Francine Garel-Giasson, on se rend compte que les hommes établissent plus de liens qu'on ne le pensait entre leur vie familiale et leur vie professionnelle.» LES CATALYSEURS DU CHANGEMENT Cette note d'espoir ne doit pas faire oublier les nombreuses autres conditions requises pour favoriser l'émergence de ces changements dans les organisations.Plus une femme occupe un poste élevé, plus son influence sera grande, cela va de soi.Toutefois, il faut vérifier si ses responsabilités sont centrales ou seulement périphériques par rap- IkSttuiBfidttMHHHiMMMMMHHBMMHBBMMMMBBBHBNMMMMHHMMMIBBMMMIMHM DE LA DIFFICULTÉ D'ÊTRE! OH uatre des vingt-sept femmes sélectionnées dons le cadre d'un programme de maîtrise en administration conjoint ÉNAP/ FRAPPE, le programme Femmes au sommet, racontent les difficultés gu 'elles ont rencontrés en refusant l'assimilation.Francine labelle est coordonnatrice de campagne d'un Fonds de développement universitaire «l'une des expressions du Old Boys Club».Selon elle, une femme gui arrive dans un milieu masculin ne peut rien tenir pour acguis.«Il lui faut établir sa crédibilité, bâtir la confiance, en connaissant bien tousses dossiers, en poussant sa formation.Il faut gu 'elle se mette continuellement en valeur, chose gue son éducation ne lui a pas apprise.File doit développer son aptitude à communiguer aussi bien avec les hommes gu'ovec les femmes.» France Picard est directrice générale d'une association à but non lucratif et engagée au niveau national et international.«Tous les leaders doivent être capables de vivre une certaine solitude, les femmes leaders encore plus.Savoir encaisser, naviguer au-dessus des remargues mesguines tout en demeurant généreuse, transparente, désireuse de relever des défis, exige de la stratégie et une approche gui permette de garder son éguilibre.Personnellement, je sais gue je suis surtout intéressée par le débat de l'action et je me suis fixé des objectifs clairs.À mesure gue je progresse, je me définis par rapport aux obstacles gue je rencontre en me demandant chague fois jusgu'où je suis prête à aller.Une fois confirmée ma volonté d'avancer, je fonce.» Maria Louisa lerfino est à l'emploi d'une très grande entreprise de service public dont, nous dit-elle, «la culture est technigue, technologie et éco-nomigue».File déplore le fait gue les voies de promotion ne soient pas suffisamment diversifiées et un outre secteur, à cause, le plus souvent, d'impératifs opérationnels à court ou â moyen terme.Il devient alors très difficile d'aller chercher l'expérience technigue ou financière et, partant, les cotes gui ouvrent la voie à des promotions.» fout en restant dans sa «famille», elle occupe maintenant un poste de nature plus technigue.«Mes collègues ont été surpris de voir gue, bien gue j'aie une petite fille, je puisse avoir la même disponibilité pour voyager ou effectuer des heures supplémentaires.On demande beaucoup aux femmes.Ma collègue et moi avons montré gue nous pouvions être performantes; nous sommes les deux seules femmes du groupe et les deux seules à avoir obtenu un "Merit Award''.Malgré cela, la confirmation permanente de notre échelon de salaire tarde.Cela fait trois ans gue nous sommes «temporaires» à cet échelon.Cela ajoute ù la pression.» Colette Dubois (nom fictif) oeuvre dans le domaine bancaire.«Chez nous, les femmes cadres supérieurs ont dû se conformer à la culture masculine de l'entreprise, et cela, même lorsgu'elles sont responsables de secteurs traditionnellement plus féminins comme les ressources humaines, les affaires juridigues, le suivi des engagements ou les relations publigues.Certaines, même des jeunes, en remettent et cherchent à faire oublier gu'elles sont des femmes.Je ne l'ai pas fait.Des promotions m'ont échappé, mes relations interpersonnelles sont plus difficiles.Grâce à l'appui de mon pdg, je suis ù l'essai dans le secteur commercial, mais comme vice-présidente adjointe.Je suis la seule femme du groupe et la moins bien payée.Si je m'étois conformée au modèle, je serais aujourd'hui vice-présidente à la tête d'un gros service.» ¦ 33 AU CENTRE DES AFFAIRES LE CENTRE SHERATON -1 Où le service personnalisé et le souci du détail permettent aux gens d'affaires de combiner le travail et la détente.?situé au coeur du centre-ville de Montréal 0 un hôtel offrant plus de luxe et de confort qu'un hôtel quatre étoiles ?service à l'étage 24 heures ?des professionnels pour coordonner vos réunions d'affaires et organiser vos banquets ?service de secrétariat et centre d'affaires ?club santé, piscine Intérieure, sauna et baln-tourblllon ?départ-vidéo sur téléviseur Joignez l'utile à l'agréable, affaires et plaisir au Centre Sheraton.Partenaire Aéroplan Pour réserver, appelez sans trais le 1 800 325-3535 ou contactez votre agent de voyages.Le Centre Sheraton Montréal Hôtel et Sommet de la tour Le service hôtelier d' ITT 1201, boulevard René-Lévesque Ouest Montréal, Québec H3B 2L7 (514) 878-2000 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI I 990 I CES AGENTS DE CHANGE PEUVENT CONCLURE 500 OPÉRATIONS À L’HEURE À WALL STREET.m-i.MAIS DEVINEZ SUR QUI ILS COMPTENT POUR EFFECTUER LEURS TRANSACTIONS?Pour eux, quelques secondes peuvent faire la différence entre l’affaire du siècle et le Fiasco de l'année.Quelle que soit la tournure des événements, ils se précipitent sur la première «entente à l’amiable».Mais parole d'honneur ou pas, une opération n’est complète que lorsque la solvabilité du client a été vérifiée et les transactions traitées.C'est là que les agents de change comptent sur nous.Grâce à notre réseau, nos collègues aux Etats-Unis reçoivent des informations au sujet de leurs clients canadiens.Seulement, les agents de change sont trop occupés à faire de l'argent pour s’inquiéter de ces détails.AT&T International Private Line Service n’est qu’un exemple de la gamme des services AT&T loués à bail, offerts entre le Canada et les Etats-Unis.Ces services sont proposés en étroite collaboration avec votre compagnie canadienne de télécommunications.Le temps c’est de l’argent.Pour un transfert rapide et efficace de données, les services AT&T loués à bail offrent le choix le plus souple.Quand vous avez besoin d’une ligne directe d’affaires entre le Canada et les Etats-Unis, choisissez AT&T.Ou.pour de plus amples renseignements, appelez AT&T sans frais au : 1 800 448-8600, poste 200.AT&T.La technologie pour les communications professionnelles d’aujourd’hui.Et de demain.JS FEMMES Francine Labelle est coordonnatrice de campagne d'un Fonds de développement universitaire, «l une des expressions du Old Boys Club-, écoute.» Enfin.les dirigeants d'une entreprise, selon leur degré d'ouverture personnelle à la modernité et à la féminité, se révéleront ou non des freins aux initiatives des femmes cadres.port à la mission de l'entreprise et si elle fait réellement partie du cercle incontournable des décideurs.Combien de femmes cadres ont eu la mauvaise surprise de découvrir un bon matin que les décisions étaient prises en dehors des réunions formelles, lors de conciliabules dont elles étaient exclues?Les femmes qui ont franchi le cap de la quarantaine prennent davantage leur distance par rapport au modèle intégrateur.Leur expérience leur assure une légitimité et une crédibilité plus grandes.Enfin, leur confiance en elles accroît leur audace.Le vieillissement de la population des femmes cadres pourrait donc être source de progression.Certaines organisations sont plus ouvertes que d autres au changement.Elles seront donc plus aptesà intégrera leurculture organisationnelle des traits de la culture féminine.En général, les entreprises qui oeuvrent dans un secteur traditionnel et fonctionnent selon un mode bureaucratique ont davantage tendance à neutraliser la féminité.Les entreprises dont la direction est très homogène aussi.«L homogénéité au sommet, affirme Rollande Montsion.rend Hydro-Québec vulnérable.Elle est imperméable aux nouvelles idées ou approches et limitée dans son DES MESURES PLUS FORMELLES L implantation d'un Programmed'accèsà l égalité |PAÉ| dans une entreprise rerpésente également un facteur d'accélération du changement.Un tel programme a en effet un impact majeur sur la gestion des ressources humaines, sur l'organisation du travail et sur les relations de travail.«Les PAÉ font appel à une nouvelle culture du travail, avance Ginette Legault dans sa thèse de doctorat en sciences politiques, défen-dueà l'UQÀM en octobre 1989.Ils questionnent la hiérarchie des emplois, le découpage et le cloisonnement des charges de travail, les descriptions de fonctions.Quand il est question de la sous-représentation et de la revalorisation du rôle des femmes dans les négociations collectives.une complicité s'établit entre les femmes de part et d'autre de la table, ce qui remet en cause la tradition de conflit et le rapport de forces.» Les femmes, enfin, ont senti le besoin de réseaux formels et informels et elles en ont créés.Cette solidarité féminine est un élément très prometteur.Il n'est plus rare de voir des femmes cadres poser des gestes concrets en faveur des autres femmes.Elles jouent le rôle de mentor, leur donnent de l'information concernant les postes ouverts susceptibles de les intéresser, dis- 36 cutent de stratégies de carrière.Elles acceptent de faire partie de jury de sélection, tentent d 'agir sur les politiques et procédures pour éliminer ce qui défavorise les femmes, se portent avec d'autres femmes cadres à la défense de certains dossiers.«Lexpérience a enseigné aux femmes qu elles se jouaient un mauvais tour en s'entêtant à ne rien devoir à personne, en ne parlant pas de ce qui se passe au bureau, en séparant travail et amitié, nous dit Francine Harel-Giasson.Tout simplement parce que.malgré le discours en sens contraire, les hommes ne le font pas.» Rollande Montsion croit aux réseaux féminins et y participe à l'interne comme à l'externe Elle est active au sein du Comité pour l'avancement des femmes de la Chambre de commerce de Montréal.«Ce comité, explique-t-elle, travaille très concrètement à la promotion des femmes cadres.Par exemple, nous avons recruté vingt présidentes et vice-présidentes qui.pendant deux ans.agiront comme les mentors de certaines femmes.Nous allons engager toutes les femmes «éminences grises» dans la cause des femmes.» LA LUTTE EST LOIN D'ÊTRE FINIE Malgré des gains individuels très visibles, la lutte collective est loin d être gagnée.«Il faut éviter de laisser croire que tout est réglé, avertit Francine Harel-Giasson.sinon les gestionnaires vont s'en laver les mains et les femmes qui ont des problèmes se croire marginales.» D'autres générations de femmes devront livrer bataille.Les dauphins actuels, ceux à qui sont destinés les rennes du pouvoir, sont encore en majorité des hommes.Les jeunes diplômées universitaires ont peut-être connu la co-éducation et l'égalité des évaluations objectives, elles devront néanmoins faire face aux discriminations des organisations et au dilemme famille/carrière.Pourquoi les couples, particulièrement les plus jeunes, ne feraient-ils pas front commun pour faire bouger les organisations?La question est louable: la réponse ne semble pas vouloir être immédiate.Car.lorsque l'intérêt individuel est en jeu.certains principes ne font pas long feu.S'il y a quelque part un talon d'Achille, il faut le chercher du côté de ces pères gestionnaires qui ont une fille au seuil d'une brillante carrière.¦ X LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 ASM ;V\0' ÿr Chaque matin, en tant que décideurs, ils exigent la meilleure information.Ils connaissent l’importance des intentions des gouvernements, des tendances de la société, des mouvements de la concurrence.Leur souci d’excellence les a conduits vers Le Devoir et chaque matin à sa lecture, ils s’en réjouissent.Être un lecteur du Devoir, une autre bonne décision.LE DEVOIR Abonnements: 844-5738 31 ¦$pm: QUE FAUT-IL POUR QUE MONTRÉAL DEVIENNE UNE VILLE PORTUAIRE INTERNATIONALE?LES 12 000 EMPLOYÉS DE L INDUSTRIE MARITIME RÉTORQUERAIENT SANS L OMBRE D'UN DOUTE OUE MONTRÉAL L EST DÉIÀ.ET DEPUIS TOUIOURS! MÊME EN HAUTE MER.LES ARMATEURS CANADIENS N'ONT D'AUTRES CHOIX QUE DE BATTRE PAVILLON ÉTRANGER.CES DERNIERS GÊNÈRENT TOUT DE MÊME 1.2 MILLIARD DE DOLLARS DE REVENUS CHAQUE ANNÉE.AVEC LEURS FLOTTES OUI SILLONNENT LES OCÉANS DU GLOBE CE SONT DES CANADIENS DE PREMIÈRE ET DE DEUXIÈME GÉNÉRATION.QUI ONT SU GARDER ET DÉVELOPPER DES RÉSEAUX A TRAVERS LE MONDE.HEUREUSEMENT.CAR OTTAWA LES IGNORENT COMPLÈTEMENT.APRÈS AVOIR SURVÉCU A LA RÉCESSION DES ANNÉES HO QUI A FRAPPÉ DUREMENT L INDUSTRIE MARITIME.CES ARMATEURS DOIVENT AUIOURD'HUI SE RÉORGANISER POUR MIEUX AFFRONTER LA CONCURRENCE Si! Le Cast Husky, masse sombre de 70 912 tonnes battant pavillon des Bahamas, entreprend une autre traversée de I océan.George Tombs et Angeline Fournier • '.y ' ÉËIMfe ¦i \ ï ¦'CL;.'.' ?! ' // v INDUSTRIE ¦¦¦H ¦¦¦ ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ Bombardier Inc.Nomination Pierre MacDonald Le président du Groupe matériel de transport de Bombardier Inc., M.Jean-Yves Leblanc, est heureux d'annoncer la nomination de M.Pierre MacDonald au poste de vice-président du Groupe matériel de transport, projet TGV.Dans l'exercice de ses fonctions, M.MacDonald sera responsable du dossier TGV, sous l’angle de la promotion et de la commercialisation du projet TGV, et de la réunion d’entreprises et d’institutions aptes à participer à l'implantation d’une liaison ferroviaire à grande vitesse dans le corridor Québec — Windsor.Avant de se joindre à Bombardier, M.MacDonald avait fait carrière pendant 15 ans dans l'assurance, l'actuariat et l’industrie manufacturière, et avait été ensuite vice-président et administrateur de la Société d'énergie de la Baie James et premier vice-président et chef du réseau Est des réseaux ca-nadiens de la Banque de Montréal.Élu membre de l’Assemblée nationale du Québec en décembre 1985, il fut d'abord ministre du Commerce extérieur et du Développement technologique, puis ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie jusqu'en octobre 1989.ix heures du matin.Vingt-huit degrés sous zéro.Enveloppé d'un brouillard épais, le Saint-Laurent semble brûler sans flammes.Le Cast Husky, masse sombre de 70 912 tonnes et battant pavillon des Bahamas, se dégage lentement du quai.Les remorqueurs font tourner l 'avant du navire en aval, le pointant vers l'Atlantique.Pour le capitaine d'origine allemande Herbert Harmsen.vétéran de trente années en mer, un autre voyage commence.«La dernière fois, en traversant l'océan à partir de la Belgique, dit-il.impassible, les vents ont atteint 85 noeuds (l 57 km/h|.Les rapports météo le démontrent clairement: d année en année, le temps se gâte.» La navigation en haute mer n'est pas pour tout le monde.Solitude, traditions secrètes, intempéries, attaques en zone de guerre, piraterie: au cours de leur carrière, les membres ouest-allemands et polonais de l équipage du Cast Husky auront tout vu.Y compris.dernièrement.leurs conteneurs arrachés par des hauts murs d'eau noire qui se déversaient sur le navire! Le souvenir paisible du Saint-Laurent n'aura jamais semblé si loin.Mais pourquoi en haute mer les équipages sont-ils entièrement composés d'étrangers?À cela, il y a une raison, car les intempéries et les difficultés liées au métier de marin n'expliquent pas tout.Il faut plutôt regarder du côté de la fiscalité fédérale et des coûts de la main-d'oeuvre canadienne.Ces deux principaux obstacles obligent les armateurs canadiens à battre pavillon étranger Belgique.Libéria, Chypre.Yougoslavie.Bahamas.Vanuatu (archipel à l'est de l'Australie).Ainsi, bien que le Canada dépende du commerce outre-mer et qu il existe au pays des armateurs internationaux, surtout à Montréal, la navigation n'y a jamais vraiment pris racine.Même si.le long de nos côtes et sur les Grands Lacs les navires sous contrôle canadien doivent avoir des officiers et des marins canadiens.GARDER LE CAP.UNE TÂCHE ARDUE Mais naviguer en haute mer.«ce n'est pas comme installer une manufacture à Montréal-Nord.à Sainte-Thérèse ou sur la Rive-Sud.pour fabriquer meubles, chaussures ou automobiles», dit KlausGlusing.pdg et plus grand actionnaire ROLEX MET L’ACCENT SUR L’ÉLÉGANCE L'art consommé légendaire de la Suisse marie avec bonheur l'or 18 carats et l'acier inoxydable, conférant à la Rolex Oyster Perpetual Datejust et à la Rolex Datejust pour dame une allure extraordinaire et une durabilité à toute épreuve.» Seulement chez votre dépositaire officiel Rolex.Vente et service technique 630 A Cathcart, Montréal, centre-ville 866-3876 40 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 INDUSTRIE tKaaMC&HSEVsnmoHMfflinMMMHaRiiRKaMai de la compagnie Cast Marine Holdings.Klaus Glusing.un Canadien d origine ouest-allemande évalue le chiffre d'affaires de Cast à quelque 415 millions de dollars.La compagnie est présente dans I Atlantique-Nord où elle déploie une flotte de cinq navires (dont le Cast Huskyi qu elle possède à part entière, ou presque.tous équipés pour le transport de conteneurs et dedenrées sèches en vrac.Un sixième porte-conteneurs est affrété, de même que.à travers la filiale Penbulk.de sept à dix grands vraquiers océaniques Cast possède enfin près de 21 000 conteneurs.Depuis qu'il a acheté la compagnie «par endettement» (leveraged buy-outl en 1986, M.Glusing en a déménagé le siège social de Montréal au paradis fiscal de Hamilton, aux Bermudes.Cast n'en demeure pas moins premier utilisateur du port de Montréal.«La navigation opère dans l'espace compris entre les nations.C'est pourquoi les gensde l'industrie maritime sont des gens internationaux.à 1 esprit large, à l'affût des occasions qui s'offrent dans les différents blocs économiques.Et si vous vivez dans cet environnement, il faut être en bonne position.Si vous devez payer plein En haute mer.non seulement les navires canadiens battent pavillon de complaisance, mais/équipage est presqu entièrement composé d étrangers.C'EST POURTANT SI SIMPLE SEMINAIRES GRATUITS Venez essayer un ordinateur et constater la simplicité des systèmes comptables Fortune 1000.Assistez gratuitement à un des séminaires qui auront lieu partout au Québec, en mai, juin et juillet.Réservation ou information: 1-800-463-2607 FORTUNE 1000I W1 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE 41 MAI 1990 INDUSTRIE il impôts etquecenest pas le cas pour vos concurrents vous n allez pas survivre » La grande récession maritime des années 80 a failli couler Cast.Son fondateur, I Anglo-Lgyptien Frank Narby.a d abord travaillé chez Fednav premier groupe maritime du Canada avant de lancer sa propre société en 1969.au début de la révolution du conteneur II avait alors une cheville dans le plâtre feast" en anglaisi, d'où le nom de la société.Génial inventeur du système “Blue box» du transport personnalisé porte-à-porte en Amérique du Nord et en Europe.M Narby a tout misé suri expansion de la flotte 600 millions $ US au moment même où le marche allait s effondrer La Banque Royale a fini par rappeler ses prêts, pour ensuite vendre Cast à M.Glusing et à quelques-uns de ses associés.Klaus Glusing croit que lépoque où un entrepreneur pouvait bâtir à partir de rien une flotte de porte-conteneurs est révolue.Dans le Pacifique-Nord, par exemple, cela demanderait un investissement de l'ordre de 400 millions $ US Ce qui explique pourquoi il n y a pratiquement plus que les grandes institutions financières qui peuvent faire de telles mises de fonds, M.Glusing affirme toutefois que sa compagnie n a ïamais été en aussi bonne forme que maintenant, grâce a sa niche le transport de conteneurs et de vrac dans ! Atlantique-Nord.Il se demande cependant si Cast n aurait pas intérêt, une fois son bail à Montréal terminé en 2002 à ouvrir un terminal au port de Québec.Leau plus profonde devant la Vieille Capitale permet tout de même ! accès de navires beaucoup plus grands LA VOLONTÉ DE S ANCRER A MONTRÉAL De son côté Laurence Pathy pdg de Fed-rci.plus grand groupe maritime au Canada résiste quant a cala tentation de quitter Montréal entait ,1 ne se pose même pas la question.Fednav compagnie privée appartenant à la famille Pathy et qui en 1989 a tait plus de 650 millions de dollars dechiffred affaires possède 22 navires et en affrété 60 autres «Montréal nest pas vraiment un site convenable pour une commpagme maritime interne c 'nale o >mme la nôtre- admet M Pathy dans une interview exclusive accordée au Dec oir éco- Klaus Glusing.Canadien d origine ouest-allemande est président directeur general et le plus important actionnaire de Cast Marine Holdings.nomique .«La plupart ries compagnies maritimes sont basées dans des paradis fiscaux -Mais Montreal nous offre le grand avantage d'une qualité supérieure de \ le Nous ne sommes pas intéressés à n.ou- installer aux Bermudes En tant que communauté Montréal a beaucoup a offrir aussi bien a ma famille qu aux familles de tous ceux qui travaillent ici Comme pour souligner le caractère international de l'industrie M Pathy ises proches l appellent Ladi) explique que les employés de Fednav viennent de vingt nats s - différentes.“Malheureusement nnv.ii a- - letradition mari- 11me au Canada ou au Québec Parmi les gens de ma compagnie plusieurs sont des immigrants c le première génération Compte tenu de I expertise maritime que I > >n retrouve en Angleterre, en Grèce c m en Inde, cette évolution me semble plutôt normale.» La famille Pathy elle-même est originaire de la Hongrie.Le père de M Pathy a fait ses débuts clans le transport fluvial sur le Danube pour ensuite s'installera Alexandrie au début des années 30.où il a créé la marine marchande égyptienne.C est là qu est ne Laurence Pathy Un - >ncle Scsi installe à Toronto où il a formé, en 42 Il D t V O I R ÉCONOMIQUt MAI I v y O ince de votre entreprise vous forcera-t-elle à de votre système de communications?lue votre ne respecte pas les normes internationales?à un concurrent, seriez-vous dépassé?;\if>tre système téléphonique répondra-t-il aux besoins des am CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR >• wî;* Pour le savoir à coup sûr, il vous faudrait voyager dans le temps. Mais la société a forcément été affectée par le déclin du trafic dans la Voie Maritime lie fleuve et les Grands Lacs en amont de Montréal).Les Européens achètent moins de céréales qu'avant les Asiatiques plusqu'avant.De plus, les subventions fédérales du transport ferroviaire font que même les céréales en destination de l'Af rique du Nord ont tendance à transiter par Vancouver! «Évidemment, nous ne sommes pas très contents de ce déclin, dit M.Pathy.puisque nous détenons et affrétons beaucoup de navires spécialement conçus pour les Grands Lacs.Nous avons toutefois réussi à prendre une plus grande part du marché.Par conséquent, le déclin de nos activités dans la Voie Maritime n'a pas été aussi important que celui de la Voie Maritime elle-même, Dans un sens, cela nous a lancé un tel défi que nous avons cherché à nous diversifier davantage.» Laurence Pathy.Canadien d'origine hongroise est président et directeur général de Fednav.le plus grand groupe maritime canadien.1944.la Federal Commerce and Navigation qu'il a déménagé ensuite à Montréal dans les années 50.Depuis, la raison sociale a été réduite à Fednav.La spécialité de cette compagnie, c'est le transport de denrées sèches en vrac: sucre, céréales, charbon Ainsi, un voyage typique du grand vraquier Orinoco de Navios Corporation, filiale américaine de Fednav.commencerait à Bangkok, avec le chargement de plus de cent mille tonnesde tapioca à destination de I Europe.Il traverserait ensuite I Atlantique sur son lest pour remonter l'Orinoque au Venezuela, où il chargerait du minerai de fer pour le compte des laponais! Fednav a acheté Navios de l ancienne United StatesSteel (aujourd hui USX|.«Nousavons acquis cet intérêt au plus haut du marché, avoue M Pathy cequi.au milieu des années 80.n'a pas arrangé les choses!» Si Fednav s'en sort actuellement.c'est en partie parce que les tarifs journaliers d'un grand vraquier comme le Orinoco sont remontés, de 7 200 S US qu'ils étaient, à 18 000 S US.LAVENIR HOULEUX DES GRANDS LACS De plus, en 1988.Fednav a vendu le 50% quelle détenait dans le Groupe CSL.dont la filiale Canada Steamship Lines a une présence importante sur les Grands Lacs, où elle déploie une flotte de vraquiers équipés de systèmes d'autodéchargement.L acheteur de cette part?Un dénommé Paul Martin, actuellement candidat à la direction du Parti libéral du Canada, qui détenait déjà l'autre 50%.Le groupe CSL de Montréal s'est aussi récemment lancé dans la navigationen haute mer en faisant parexemple construire au Brésil des navires Panamax lia taille maximale pour le canal du Panama, soit entre 60 000 et 70 000 tonnes.Canadien Pacifique est très actif dans la navigation internationale aussi.Cette vente du Groupe CSL représente-t-elle.pour Fednav.un désengagement desGrands Lacs?Loin de là.si l'on considère que la compagnie de la famille Pathy reste le premier opérateur international du système et possède ses propres terminaux à Chicago.Hamilton, Toronto.Montréal.Québec et Port-Cartier, pour ne citer que ceux-là.LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 PHOTO ROHtKT KTCHF.VE RRY " > -:'m' •T .'>'4- Void le Meridian 1 Il vous mènera vers l'avenir avec assurance.Soyez prêt pour un avenir où le climat des affaires sera plus rapide, plus intense, plus universel et plus imprévisible que jamais.Un avenir qui exigera un système souple offrant de multiples possibilités.Les téléphones numériques les plus évolués qui soient.Les nouveaux systèmes de communications Meridian 1 ont été conçus en fonction de cet avenir.Ils peuvent apporter voix, données et services RNIS à chaque poste de travail de votre entreprise.Ils peuvent relier entre eux tous vos établissements dans le monde entier.Ils peuvent évoluer à votre rythme, que cette évolution soit planifiée ou non.Ces systèmes vous offrent également un éventail complet de téléphones numériques dotés de nouveaux écrans d’affichage, services et fonctions de données.Et ils s'adapteront aux technologies futures, comme les fibres optiques et leurs applications.Un système qui transmet voix et données et qui vous relie au monde entier.Bref, ils peuvent faire face à pratiquement tout ce que l’avenir nous réserve.Si une telle déclaration vous semble difficile à croire, considérez nos réalisations passées.En 1975, nous lancions le Meridian SL-1, premier système PBX numérique.Et le premier conçu pour s'adapter à toute nouvelle technologie.Dès lors, nous nous engagions à toujours fournir à nos clients la technologie la plus avancée, sans qu'aucun système ne devienne désuet.C'est cet engagement qui a permis au Meridian SL-1 d’être le PBX le plus vendu dans le monde.Avec le système de communications Meridian 1, cet engagement se poursuit.L'architecture modulaire facilite l'évolution du système.Chacun de nos systèmes Meridian SL-1 peut évoluer pour devenir un Meridian 1.Et grâce à une puissance accrue, répondre à de nouveaux besoins, continuer d'évoluer et vous offrir plus d'options que jamais.Pour voir l'avenir de plus près, composez le 1-800-NORTHERN.Nous vous indiquerons comment le Meridian 1 peut vous mener vers l'avenir avec assurance.northern tdccom LES RÉSEAUX FONT LA FORCE Meridian I, Meridian et Sl-I sont des marques de commerce de Northern Telecom. INDUSTRIE AVIS DE NOMINATION GESTION PLACEMENTS DESJARDINS André Dubuc Monsieur Raymond A.Reid, président de Trustco Desjardins, a le plaisir d'annoncer la nomination de monsieur André Dubuc au poste de président de Gestion Placements Desjardins.Monsieur Dubuc a été au service de la Banque du Canada de 1969 à 1975.En 1975, il s'est joint à Hydro-Québec où il a occupé divers postes dont celui de vice-président, Finances et trésorier, à partir de 1985.Monsieur Dubuc est reconnu pour les qualités de son expertise tant dans les milieux financiers québécois et canadiens qu'internationaux.Sa venue au sein de Gestion Placements Desjardins permettra la poursuite de révolution positive qu'a connue l'entreprise au cours des deux dernières années.Gestion Placements Desjardins, filiale de Trustco Desjardins, est engagée dans la gestion de portefeuilles, soit les caisses de retraite, les comptes d'entreprises, les fonds de placements et les comptes d'individus.Elle gérait, au 31 décembre 1989, 1,4 milliard de dollars.Cette diversification passe entre autres par un renforcement de ses activités dans l'Arctique, l'offshore et l'industrie pétrolière, et par ^développement de nouveaux services dans le Pacifique.UNE ODYSSÉE FAMILIALE Face à l'avenir problématique du trafic sur les Grands Lacs, d autres armateurs auront décidé de s'en dégager complètement.Tel cet entrepreneur légendaire.D'origine grecque.Phrixos Papachristidis.alors vendeur de timbres, s'éprend de Mariette Vachon de Saint-loseph-de-Beauce; devenu citoyen canadien, il aide son ami Aristote Onassis à acheter, à la fin de la guerre, une flottede navires marchands bon marchédu gouvernement canadien Au lieu d unecommis-sion.il a la brillante idée de demander .un navire.Pour s'assurer éventuellement une présence importante en haute mer.et à partir de l'ouverture de la voie maritime en 1959 au Canada.Quelques années avant sa mort, il se départira de sa flotte canadienne pour se consacrer uniquement à I international.Le Québécois, le Montréalais.La Grande Hermine La Petite Her- mine et l'Émérillon ont tousété vendus à Upper Lakes Shipping de Toronto.Pour se rapprocher du coeur de Faction, son fils Basil part pour Londres au début des années 80.où, en plus de bâtir sa propre flotte, il dirigera la prestigieuse organisation Intertanko qui regroupe les propriétaires internationaux de pétroliers.Mais Phrixos avait une fille destinée à faire carrière dans l'industrie maritime: Niky, qui préside aujourd'hui Papachristidis Maritime, de Montréal.«Croyez-vous aux fantômes?» lance-t-elle, l'air mystérieux, avant d'évoquer dans des termes plus concrets les activités de sa société, «lusqu'à tout récemment, nousavions trois pétroliers qui faisaient du cabotage en Nouvelle-Zélande.À cause d'une situation fiscale défavorable, nous avons vendu ces vaisseaux à des Néo-Zélandais, les remplaçant par un vaisseau plus grand.» Il s'agit du Hellespont Spirit, pétrolier de 112 000 tonnes, qui transportait dernièrement du brut patagonien del Argentine jusqu'en Méditerranée.«Êtrearmateur.dit-elle, n'est pas aussi fascinant qu'on pourrait I imaginer Vous ne voyez T ADAGIO Collection ¥ RAYMOND WEIL GENEVE LE TEMPS CRÉATEUR BIJOUTERIE CLAUDE GOUGEON 3116.rue Masson 721-0410 46 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 INDUSTRIE pratiquement jamais vos navires.Vous faites face plutôt à des montagnes de paperasse, et vos décisions sont d'ordre financier.» Une des rares femmes à pratiquer ce métier, Niky Papachristidis vit aussi la dualité de ses origines.«Quand, par exemple, des Québécois me font la tête parce que je suis étrangère et croyez-moi.ça arrive assez souvent j éprouve un malin plaisir à sortir mon québécois le plus pur!» LA TRADITION MÉDITERRANÉENNE Tradition maritime, esprit cosmopolite flair pour I entreprise: lorsqu'on regarde Narby.Pathy.Papachristidis ces immigrants de l'Égypte et de la Grèce on se demande si, pour être armateur, ce ne serait pas un avantage de grandir au bord de la Méditerranée! Le plus récent membre du club sélect des armateurs de Montréal semble confirmer cette hypothèse puisqu'il s'agit, encore une fois, d'un Égyptien d Alexandrie! Il faut dire que le capitaine George Iskander.pdg de Enerchem Transport, a la navigation dans le sang.Son père copte travaillait dans Herbert Hamsen.le capitaine du Cast Husky, est un vétéran de trente ans en mer.l'administration du canal de Suez, tandis que du côté de sa mère, d'origine grecque, on est avant tout navigateur, M.Iskander a fait d'abord des études nautiques en Écosse.Il passe ensuite plusieurs années en mer et devient commandant d'un navire-citerne chez le plus grand transporteur de produits chimiques au monde Stolt-Nielsen.Enfin, il décide d'accoster pour de bon, à Montréal.«Du point de vue professionnel, c'était une décision difficile, le commençais à récolter les fruits de mon travail.Maisdu point de vue social, c'était évident: j etais marié, nous avions un enfant en bas âge et, pour moi, l'argent n'est pas l'essentiel.» M.Iskander a travaillé comme conseiller en marketing chez Halcode Montréal, flottede vraquiers et de pétroliers.Lorsque Halco a fait faillite.le capitaine et deux associés l'ont acheté par endettement.«Nous sommes trois associés-gérants.Nous remplissons les fonctions à tour de rôle, changeant tous les deux ans.Ainsi, aujourd'hui je suis pdg.plus tard je serai président.et ensuite secrétaire-trésorier.» U ' -A • mmut MOUVEA Répertoire des produits fabriqués au Québec • Découvrez la liste des entreprises par municipalités et par régions; • identifiez les personnes clés de l'entreprise; • repérez de nouveaux fournisseurs, leurs produits, leurs marques de commerce, leurs points de vente; • attaquez directement votre marché cible; • exploitez à fond votre territoire de vente.CRIG En vente au CRIQ au prix unitaire de 65 $.Commande postale accompagnée du paiement.Pour plus d’information: (418) 652-2234 ou 1-800-463-3390 Répeftoî! MAINTENANT DISPONIBLE *1 industrie ^ ¦* \ Avec un premier versement d'environ 25%.des prêts et le solide appui de plusieurs investisseurs institutionnels, tel le fonds de pension Dofasco.les associés ont rebâti la société de fond en comble.Aujourd'hui, elle concurrence les flottes de Socanav (de Michel Gaucher) et des Pétroles Esso Canada.«Ce que je pense de mon métier?Ce n est pas comme escalader le mont Everest.Mais, je me plais dans ce que je fais, je m'amuse très bien.» M.Iskander trouve le temps aussi d être entraîneur d'une équipe majeure de soccer, et président du conseil de la Fédération maritime du Canada.Enerchema unchiffred affairesde plusde 30 millions de dollars et emploie 350 personnes, dont 50 à Montréal et le reste sur ses navires.Lun d'eux seulement bat pavillon libérien |i! s'agit d'un pétrolier desservant la Méditerranée depuis l'Est du Canadai, alors que les sept autres vaisseaux battent pavillon canadien et font du cabotage.La spécialité de la maison7 Le transport des liquides en vrac, quecesoit le carburantd avion I asphalte, le mazout, le diesel, l'essence, le caustique lexylène le benzène, le toluène ou encore les lubrifiants.Au-delà des voyages interminables, il y a.pour M.Iskander, une autre réalité: «On gagne bien sa vie en transportant des produits de A à B.mais c'est surtout en achetant et en vendant les navires eux-mêmes qu'on fait le plus d'argent.» ET BATTRE PAVILLON CANADIEN.Les navires sous pavillon étranger d'Ener-chem, de Cast, de Fednav et de Papachristidis peuvent ressembler à de petites pièces sur le vaste échiquier du commerce mondial.Et une question s'impose enfin.Sera-t-il possible un jour de «rapatrier» au Canada les flottes internationales des armateurs de Montréal?Déjà des puissances maritimes traditionnelles, la Norvège et le Royaume-Uni.par exemple ont créé de nouveaux registres-bis».offrant la possibilitéde battre le pavillon du pays, d utiliser des équipages étrangers et de jouir d'un régime fiscal des plus favorables.La politique canadienne à cet égard a toujours été de laisser libre cours au marché international.ce qui revient à dire: ni avantage fiscal ni subvention pour les armateurs canadiens.Le gouvernement fédéral préfère laisser la navigation en haute mer à des navires sous pavillon étranger, même si cela oblige les sièges de compagnies comme Cast à quitter le Canada Pour sa part.Fednav a obtenu un financement avantageux pour la construction de quelques navires dans des chantiers navals belges En contrepartie elle s'est engagée à avoir des équipages belges, fautedequoielledevra rembourser I argent épargné à la Belgique.D'autres pays industrialisés offrent des conditions semblables afin de renflouer leurs chantiers navals et garantir à leurs marins la sécurité d'emploi «D après ce que j'ai pu comprendre, conclut M.Pathy.on croit à Ottawa que le fait d 'offrir des avantages fiscaux à l'industrie maritime créerait un précédent pour d autres industries, et.par le fait même beaucoup de problèmes, l'aimerais bien pourtant pouvoir battre pavillon canadien mais je ne crois pas que ce soit pour demain » ¦ Le plus récent membre du club sélect des armateurs de Montréal George Iskander, un Égyptien d Alexandrie, est président d Enerchem Transport LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 Des bons tuyaux jaillissent les bonnes idées.Lorsque Gérard Houle, grossiste en équipement de plomberie, de chauffage et de produits municipaux, a projeté d’élargir le cadre de ses activités p dans une région avoisinante, il est venu demander ^ conseil au Service de consultation CASE de la t, || Banque fédérale de développement.Nous avons d’abord procédé à une étude du marché éventuel, puis nous avons recommandé à M.Houle de tenter sa chance dans cette nouvelle région en lui donnant des tuyaux sur la meilleure façon d’y pénétrer.Son entreprise, J.U.Houle Ltée, occupe maintenant une position enviable dans deux régions.En plus d’assurer des services de consultation, la BFD propose des services de formation et de planification.Elle offre également du capital de risque, des prêts, des cautionnements de prêt et aide les PME à obtenir du financement d’autres institutions.Les services offerts aux PME dans votre localité viennent s’ajouter à ceux du secteur privé.Pour plus de renseignements, communiquez avec le personnel de la succursale la plus près de chez vous ou téléphonez sans frais au 1 800 361-2126.& Banque fédérale Federal Business de développement Development Bank Canada I • I L GROUPE V ¦>' RHONE-POULENC COMME LE PETIT POUCET AVEC SES BOTTES DE SEPT LIEUES Le Croupe Rhône-Poulenc, avec un chiffre d'affaires qui dépasse les 15 milliards de dollars, est le plus important groupe chimique et pharmaceutique de France.Le groupe est présent dans plus de 140 pays.Au Canada, elle contrôle, entre autres Mérieux, Connaught.RP Pharma et RP Agriculture. ENTREPRISE T i4 LA MONDIALISATION DE L INDUSTRIE ET DU COMMERCE PRÉOCCUPE BEAUCOUP DE GENS SUR CETTE PLANÈTE.DE TRÈS GRANDES ENTREPRISES QUI RAYONNENT DÉ|À LARGEMENT DANS LE MONDE NE PEUVENT ÉVITER DE SE REMETTRE EN QUESTION.CERTAINES EN ARRIVENT À LA CONCLUSION QUE.POUR SURVIVRE, IL FAUT GRANDIR.ET VITE.C’EST LE CAS DU GROUPE RHÔNE-POULENC.UN NOM FORT DONNU DANS L’INDUSTRIE CHIMIQUE ET PHARMACEUTIQUE.QUI.EN FAIT.PLONGE DÉIÀ TÊTE PREMIÈRE DANS LE XXIe SIÈCLE.ET ELLE VIENT TOUT IUSTE DEFAIRE L ACQUISITION DE RORER AUX ÉTATS-UNIS.CE QUI LA PROPULSE AU CINQUIÈME RANG MONDIAL DE L INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE.Spécialités setzchouannaises et pékinoises mm L të- (Le Chrysanthème Cuisine chinoise exquise dans un environnement de choix Réservations 397-1408 1208 rue Crescent /I donne I impression d être énorme, mais se trouve trop petit.Ce groupe industriel se situe en effet parmi les moins gros des géants de la chimie et de la pharmacie, ce qui lui donne un appétit d'ogre qu’il a pu rassasier depuis un an Rhône-Poulenc, avec un chiffre d’affaires quia dépassé les 15 milliards de dollars canadiens en 1989.est le plus important groupe chimique et pharmaceutique de France.Présente dans 140 pays et obtenant hors du territoire français près de 75% de ses revenus, cette société qui est depuis longtemps une multinationale se trouve tout de même trop petite lorsqu'elle se compare aux entreprises rivales bien qu elle ait effectué une vingtaine d acquisitions l’année passée au coût d’à peu près trois milliardsdedollarsaméricains.sans compter la plus récente et non la moindre, celle de Roreraux États-Unis pour un montant de 3.2 milliards de dollars.Cette vague d acquisitions a d ailleurs provoqué des secousses jusqu’à Toronto, alors que I Institut Mérieux.filiale de Rhône-Poulenc, a obtenu une position de contrôle dans Connaught BioSciences, ce qui a permis au Groupe de devenir le numéro un au monde dans les vaccins humains avec 30% du marché.Rhône-Poulenc occupe aussi des positions enviables dans d autres domaines.Il est premier dans les analgésiques et aspirines, troisième dans les semences potagères et florales, et ainsi de suite.Dans l’industrie pharmaceutique, le Aux laboratoires de RP Pharma à Montréal, Iencapsulation se fait au moyen de I informatique pour mieux assurer la qualité.Groupe se situait au dix-septièeme rang mondial en 1988: les acquisitions de Connaught et Rorer le font grimper au cinquième rang dans le monde et au deuxième en Europe.Rorer plus particulièrement.dont le siège social est à Fort Washington en Pennsylvanie, a par lui-même une envergure mondiale avec un chiffre d'affaires dépassant un milliard de dollars.Ses principales spécialités thérapeutiques touchent les domaines cardio-vasculaire, gastro-entérolo-gique.antiallergique ainsi que lesdérivésdu sang et le métabolisme osseux.UN APPÉTIT D'OGRE L expansion de Rhône-Poulenc n’est certainement pas terminée comme on le constate en écoutant lean-René Fourtou, président-directeur général du Groupe, qui répète à qui veut I entendre cadres, employés, journalistes et concurrents.une phrase qui revient sans cesse: «Nous avons I ambition d'accentuer encore cette internationalisation dans les années à venir.* L objectif de «rattraper les cinq leaders mondiaux de la chimie en l'an 2000* est simple mais pas nécessairement facile à atteindre Rhône-Poulenc était au neuvième rang avant l'achat de Rorer.Mais 52 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 ENTREPRISE il reste quand même des paliers considérables à sauter avant de rejoindre le peloton de tête composé de BASF Hoechst, Bayer et ICI qui sont deux fois plus gros que lui.Par ailleurs, la taille relative des sociétés n'est sans doute pas l'objectif ultime de cette course mondiale, et quand M.Fourtou fait part de son «ambition», on aurait tort de croire qu'il veuille uniquement jouer à la grenouille désireuse de devenir aussi grosse que le boeuf, tout simplement pour le plaisir ou la gloriole.Il y a au fond des réalités beaucoup plus importantes des enjeux stratégiques que l'on ne peut pas ignorer au pays de Pasteur, que I on soit de droite ou de gauche.Nationalisée par les socialistes en 1982 dirigée depuis 1986 par un président nommé par lacques Chirac, premier ministre de droite et reconfirmé dans ses fonctions par un gouvernement de gauche en 1989.Rhône-Poulenc jouit d'une grande autonomie d'action et d'un appui constant de son actionnaire.I État français, ce qui lui permet de travailler dans une paix apparente pour assurer «la pérennité», un autre mot clé dans le vocabulaire de M.Fourtou.Le Groupe Rhône-Poulenc, grâce à Iacquisition de Connaught par Mérieux.est le numéro un mondial dans les vaccins humains avec 30% du marché.LE DEVOIR É DES SECTEURS STRATÉGIQUES Rhône-Poulenc exerce en effet des activités dans des domaines de très grande importance stratégique, entre autres dans les sciences de la vie sous toutes ses formes, depuis l'homme jusqu'au grain de semence.Bien entendu, tout le monde est au courant des efforts de recherche qui sont faits chez Rhône-Poulenc et dans d'autres laboratoires pour trouver des solutions à certains fléaux, tels le sida, le cancer, mais il y a des défis tout aussi fondamentaux et spectaculaires dont on parle très peu souvent Les semences en font partie.On oublie souvent que ce sont des richesses naturelles très fragiles, périssables et dont on ne peut absolument pas se passer.Ce bien Avis de nomination Laurent Nadeau Monsieur Raymond Cyr.président du Conseil d'administration du Centre d'initiative technologique (CITEC) annonce la nomination de monsieur Laurent Nadeau à la présidence de cet organisme.Monsieur Nadeau est en fonction depuis le 1er avril.Il succède à Don Assaff.qui réintègre ses fonctions à Bell Canada.Au Québec, monsieur Nadeau est une personnalité bien connue dans le milieu de la haute technologie.Il a joué un rôle de premier plan dans le secteur de l'informatique, à la tête du groupe Comterm Inc.puis à titre de président et chef de la direction de Xicom Technologies Ltd.Précédemment, monsieur Nadeau exerçait les fonctions de vice-président, Finances, chez Central Dynamics Ltd.Monsieur Nadeau est président du comité consultatif du Centre canadien de recherche sur l'informatisation du travail (CCRIT).Il était membre du groupe SAG1T durant la période de négociation entre le Canada et les Etats-Unis concernant l'accord de libre-échange.Il a été vice-président du conseil d'administration de l'ACTP (Association canadienne de technologie de pointe), fondateur du groupe de micro-informatique de l'Université de Sherbrooke et membre du conseil du Centre d'innovation Industrielle de Montréal (CI1M).affilié à l'École Polytechnique de Montréal.Il a siégé au sein de divers comités de haute technologie créés par les gouvernements fédéral et provincial et de plusieurs conseils d'administration d'entreprises œuvrant dans le domaine de la haute technologie.À titre de président, monsieur Nadeau poursuivra le travail accompli par le CITEC.dont la mission est de favoriser la croissance économique à long terme de la région métropolitaine de Montréal par l'établissement d’industries de haute technologie, grâce à une collaboration étroite et constante entre les entreprises, les universités et les pouvoirs publics.Il assurera notamment l’essor du parc de recherche Technoparc Montréal Métropolitain dont la création était annoncée récemment.9 CITEC MONTRÉAL 53 CONOMIQUE MAI 1990 ENTREPRISE CLASSEMENT PARMI LES GRANDS CHIMISTES MONDIAUX C.A.en milliards de $ 24,8 Rhône-Poulenc : 9ème rang en 1988 19,6 16,7 USA EUROPE 12,1 t1,6 10,9 9,7 lllliï HOECHST BASF BAYER DU PONT* DOW SHELL MONTEDISON AKZO ICI CHEMICAL CHEMICALS" MONSANTO CIBA RHÔNE - GEIGY POULENC iP RHÔNE-POULENC dans trois centres, en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.Un quatrième est en construction à Tsukuba au lapon.Certains de ces chercheurs travaillent à I amélioration des cultures végétales En 1988.ils parvenaient à créer une plante transgénique par I introduction d'un gène de résistance à un herbicide Le génie génétique a inventé des semences artificielles II a de plus mis au point un procédé de technologie de pointe, le pelliculage.lequel consiste à enrober la graine avec unetrèsfine pelliculeconstituéed un polymère biodégradable libérant au fur et à mesure de la germination des principes actifs, fongicides et insecticides.Tout cela n appartient pas à la science-fiction, mais fait partiedéjà d'une réalité très concrète qui est désormais au coeur du développement industriel et commercial pour ÜKAPHIOUt- SRHÔNt POU II \c QUATRE SECTEURS D'ACTIVITES COMPLEMENTAIRES Nouveaux Sciences matériaux del.vie et Spécialités Chimiques organiques et minéraux iP RHÔNE-POULENC 11 y a quelques semaines.Rhône-Poulenc a fait l'acquisition de Rorer aux USA au prix de 12 milliards de dollars, ce qui la propulse au cinquième rang mondial, deuxième en Europe, de l’industrie pharmaceutique.spécialités setzchouannaises & pékinoises Réservation: 287-1878 2017 rue Peel, Montréal, Québec H3A 1T6 précieux repose en définitive dans les mains de quelques grandes entreprises que l'on peut compter sur les doigts d'une main Rhône-Poulenc pour sa part contribue à la préservation et aussi à l'amélioration de ce patrimoine génétique.en mettant au point par exemple «des semences armées pour se défendre contre les maladies et le stress».On a déjà pu sentir les énormes tensions politiques, économiques et militaires causées par des crises dans le pétrole ce qui serait en somme moinsque rien en comparaison d'une catastrophe naturelle ou provoquée par l'homme qui s'abatterait sur les semences.Rhône-Poulenc possède une division «agro» dans laquelle s'affairent 1200 chercheurs un nombre grandissant d entreprises de pointe « Nous faisons un pari sur notre propre innovation», insiste M.Fourtou.On comptait chez Rhône-Poulenc 85630 employés au début de cette année, dont une armada de 8 000 docteurs, ingénieurs et techniciensoccupésà un nombre incroyable de travaux dans les quatre grands domaines qui sont ceux du Groupe, à savoir la chimie, les fibres.la santé et I agro.On se demande en quoi les fibres peuvent intéresser la science industrielle?Qu'il suffise de rappeler que les vitesses de filage doublent tous les dix ans alors que les fils ne cessent de s'affiner Rhône-Poulenc a été présent dans les textiles depuis ses débuts, il y a 150 ans, dans la région de Lyon.Il y joue encore un rôle déterminant 54 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 ENTREPRISE risques à I Est comme il le fait à l'Ouest depuis toujours, en formant des sociétés, des associations.etc.Déjà 15 projets sont à I étude et il y a même une entreprise conjointe en voie de réalisation en Hongrie.Rhône-Poulenc veut grandir parce que cela devient une nécessité.Ses dirigeants sont convaincus qu'on ne peut plus arriver et rester au sommet sans une vision planétaire.Il n'y a pas de domaine où cela soit plus vrai qu'en santé humaine.«L industrie pharmaceutique est mondiale ou n'est pas», explique-t-on dans le Groupe /l lean-René Fourtou, président-directeur général du Groupe Rhône-Poulenc.UN CERTAIN PARADOXE Il y a en fait un certain paradoxe à voir cette société industrielle fort ancienne, ayant des ramifications depuis un demi-siècle en Grande-Bretagne et 70 ans au Canada, gouvernée maintenant par une équipe de gestionnaires plutôt jeunes et indiscutablement tournés vers l'avenir et le monde.Ces gens parlent de croissance avec une ardeur juvénile et ils causent de I Europe unifiée d'après 1992 comme si elle existait depuis longtemps.Il est vrai que Rhône-Poulenc est présent depuis un long moment dans la plupart des pays membres de la Communauté et que ses dirigeants ont une vision qui dépasse grandement les frontières du marché commun et les rives du continent.Pour l'heure, seule la politiqueenvironne-mentale que pourrait adopter cette nouvelle Europe sous les pressions d'un mouvement vert nettement plus influent qu'en Amérique semble les inquiéter: ils craignent en effet une politique trop rigide.Rhône-Poulenc fait par ailleurs des efforts considérables pour rassurer 1 opinion quant à sa détermination de prendre toutes les mesures pour réduire au minimum la pollution industrielle.De toute évidence, la direction du Groupe est consciente qu'il lui reste encore un long travail à faire avant d'avoir convaincu la majorité de sa bonne foi et surtout de son efficacité à maintenir un environnement propre.Et l'Europe de I Est qui évolue à vive allure?Encore une fois, les dirigeants de Rhône-Poulenc semblent regarder de ce côté d un oeil détaché en donnant l'impression de n ôtre aucunement pris au dépourvu.En réalité, le Groupe fait depuis longtemps affaire avec les pays de I Est où ses ventes dépassent les SOO millions de dollars.Léli-mination du rideau de fer a incité tout de même la direction à procéder à une réorganisation de ses services qui jusqu'à maintenant étaient entièrement confiés à des sous-traitants locaux.Le Groupe a l'intention désormais de prendre des Où poser le pied dans le marché unique Avec ses 325 millions de consommateurs, l'Europe deviendra, en 1992, le plus grand marché individuel du monde.Si votre société entend aller vendre ses biens et services sur ce marché unique, elle devra se familiariser avec ses normes, ainsi que ses programmes de certification et d’essais.Nous guiderons vos premiers pas sur la scène européenne! Pour aider les entreprises canadiennes à se lancer sur ce marché multi-milliardaire, nous avons établi un Centre d’information sur la CE de 1992: nous offrons nombre de services, notamment des avis préliminaires sur les normes européennes.Pour en savoir plus long sur les implications du marché unique et l’aide disponible, demandez notre brochure gratuite, en écrivant au: Conseil canadien des normes 350, rue Sparks, pièce 1200 Ottawa (Ontario) K1P 6N7 Ou en téléphonant: de la région d'Ottawa: (613) 238-3222 d’ailleurs, sans frais: 1-800-267-8220 CONSEIL CANADIEN DES NORMES STANDARDS COUNCIL OF CANADA 55 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 ENTREPRISE car il ne suffit pas d'innover, il faut également savoir diffuser ses innovations à travers le monde.Voilà pourquoi Rhône-Poulenc, présent aux États-Unis depuis trois ans seulement, voulait absolument prendre pied de façon substantielle en Amérique du Nord.Mais même pour innover il est devenu important d'avoir des racines un peu partout.Le secteur santé du Groupe peut compter sur des équipes médicales spécialisées dans une trentaine de pays pour participer au développement de produits originaux.Derrière ces bouleverse- ments apparents.constatent les chercheurs, se dessinent en réalité une nouvelle vision stratégique de la recherche qui doit conduire le Groupe vers «une deuxième vague d innovation thérapeutique».Bien entendu, la course se fait beaucoup sur le terrain de la recherche et du développement.Lan dernier.Rhône-Poulenc a consacré à ce chapitre 5,8% de son chiffre d'affaires, c'est-à-dire près de 900 millions de dollars.Cependant.des concurrents avec des revenus plus élevés investissent davantage dans la recherche et DE RHONE A ME RI EUX Une forte présence canadienne Ze Canada est l'un des 140 pays où se retrouve le Groupe Rhône-Poulenc.Cette présence avant même la prise de contrôle de Conn aught à loronto se manifestait, selon les résultats de 1989, par un chiffre d'affaires de 234,6 millions de dollars, dont les deux tiers environ provenant de produits fabriqués au Canada.Présidé par un Québécois, Pierre Lapalme, Rhône-Poulenc Canada a plus de 1200 employés, des usines à Montréal et à Calgary, et des centres de distribution à longueuil, Ville Saint-Laurent, Guelph, Winnipeg et Regina.Sur les 325 employés à Montréal, où se trouve le bureau administratif, 74 sont affectés à la production de médicaments.A Calgary, on produit évidemment en fonction de l'agriculture: herbicides, insecticides, foncigices et régulateurs de croissance.Connaught ne relève pas de Rhône-Poulenc Canada mais de l'Institut Mérieux, qui va réorganiser ses activités dans les vaccins humains et créer une nouvelle filiale, Pasteur Mérieux, à laquelle sera rattachée la compagnie torontoise et dont la vente à des intérêts français a suscité de nombreuses réactions dans les milieux nationalistes de la ville-reine.Les dirigeants de Mérieux et de Rhône-Poulenc ont donné l'assurance que les Canadiens auront éventuellement la possibilité de devenir actionnaires de Pasteur Mérieux.L'acquisition de Connaught a coûté 942 millions de dollars.Certains de ses actifs, tels les Laboratoires Nordic et BioRecberches, seront revendus de préférence à des Canadiens sans toutefois faire de compromis sur les lois du marché.Quoi qu'il en soit, Connaught et ses I 500 employés font partie du Groupe Rhône-Poulenc par le biais de sa filiale dite internationale, et qui détient une participation de 51% dans Mérieux.Connaught figure désormais en très bonne place dans la stratégie de développement mondial de Rhône-Poulenc, qui a par ailleurs fait au Canada un certain nombre d'acquisitions moins spectaculaires depuis un an.Il y a eu l'achat des droits de fabrication sous licence d'AAS et de paracétamol de Monsanto, puis la société RT2 et ses affiliés, Alcolac et Colloids, principaux fabricants d'agents tensioactifs et de produits chimiques spécialisés; il y a eu enfin Marshall, spécialiste dans la fabrication de produits de fermentation et d'agents de conservation des aliments.Toutes ces entreprises sont situées dans la région de Toronto.Le développement d'une telle multinationale se lait parfois par des voies imprévisibles.Cela a été le cas pour Rhône-Poulenc Canada.Il y a eu d'abord la fondation à Londres, en 1834, de May 8.Baker, fabricant de produits chimiques en vrac, dont les recherches sur les agents antibactériens et antipaiositaires ont finalement entraîné une fusion avec La Société des usines chimiques Rhône-Poulenc.De son côté, le groupe français a ouvert, en 1920, Laboratoires Poulenc Frères du Canada, qui se limitait en somme à un petit laboratoire, cinq employés et deux produits.On ne sait pas ce que réserve l'avenir, mais avec le projet Soligaz et les possibilités majeures de développement industriel en aval de la pétrochimie, Rhône-Poulenc pourrait peut-être un jour songer à un développement industriel important dans la région métropolitaine, bien qu'il n'y ait aucun projet en ce sens dans la marmite présentement.Certains milieux d'affaires montréalais entretiennent tout de même des contacts, au cas ou.56 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI I 9 9 O le développement que le Groupe français.Selon des données de 1987.Ciba Geiby investissait alors 10,6% de ses ventes, soit environ 1.3 milliard de dollars.Basf avec seulement 4% de ses revenus réussissait à injecter plus d'un milliard de dollars, alors que Rhône-Poulenc avec un effort de 6.3% n'avait que 700 millions de dollars à consacrer à l'innovation.LE TEMPS DE LA CONSOLIDATION Évidemment, pour soutenir et même accroître ses investissements dans la recherche, «vy-r JS _____ Àfci ^ »V.^5 .iftîlfcv- La récente acquisition de Connaught par Mérieux confirme Iengagement de Rhône-Poulenc de mettre au point de nouveaux produits au Canada.le Groupe doit chercher à grandir et à augmenter ses revenus et ses marchés pour ses nouveaux produits.Sa poussée a été considérable ces dernières années et il faut maintenant prendre le temps de digérer tout cela, de réorganiser et restructurer en mettant en place des plans de synergie.En annonçant cela, M.Fourtou reconnaît que «ça pèsera» sur les résultats financiers de cette année, mais il prédit que I équilibre sera retrouvé dès l'an prochain et qu'en 1992 Rhône-Poulenc aura «un levier considérable».Ce qui servira sans doute à le relancer vers une nouvelle poussée expansionniste ¦ PHl Mr ) KHÔNil -POUI.t N CASCADES Lauréate 1990 du concours “F.R.A.P.P.E.” {Femmes regroupées pour l’accessibilité aux pouvoirs politique et économique) ¦ kiFii'ui îiiliiiî i { remercie son personnel féminin pour sa contribution à l’essor et au succès de Cascades. Qu'ont toutes ces femmes en commun ?La célébration des 50 ans du droit de vote des Québécoises la ntmt'ulTlnfits la,.du pouvoir t**0*0* 0H&010 4 ATELIERS-AGORAS Pouvoir et Economie • Pouvoir et Médias Pouvoir cl Politique • Pouvoir et Religion POSAL IEBERtELI p0/E^ 10$ ¦0^ ET 17 ATELIERS Pouvoir et Arts • Pouvoir cl Droit Pouvoir et Education • Pouvoir ci Langue Pouvoir et Paix • Pouvoir et Santé Pouvoir et Sexualité • Pouvoir ci Syndicats Pouvoir et Ecologie • Pouvoir et Handicapées Pouvoir et Troisième âge • Pouvoir cl Civilisation Pouvoir et Natalité/Dénatalilé • Pouvoir el Relève Pouvoir et Sciences • Pouvoir et Sports Pouvoir et Travail "% lfT£l El Un rendez-vous à ne pas manquer avec ces femmes de pouvoir DU 3 AU 8 JUIN 1990 au Palais des Congrès de Montréal ® Air Canada Bd! Desjardins a Hydro Québec Pour de plus amples renseignements, contacter: F.R.A.P.P.K.822, rue Sherbrooke est, bureau 322, Montréal (Québec) Canada H2L 1K4, téléphone: (514) 521-0152Télécopieur: (514) 521-7686 P E R S I N N E L LES 100 FAÇONS DE LA CONTREFAÇON Il ontre Oyster de Rolex.it/i sac Kelly d'Hermès, f Fl polo Lacoste, briquet Laque de Chine de Dupont, agenda Must de Cartier, sac de voyage de Vuitton.Sans aucun doute les articles de luxe parmi les plus plagiés du monde.On achète leur copie conforme pour une fraction du prix entre deux stands de bagels et de hot-dogs en plein coeur de New York, au sous-sol d une boutique de Tokyo qui vend les modèles authentiques à l'étage supérieurlli.ou encore dans les rues fourmillantes de Taipei, de Hong-Kong ou de Bangkok.Comment trier le faux du vrai?Difficile à dire.Car pour le commun des mortels, une copie conforme ressemble à s'y méprendre à I original.Forme matériau, couleur, signes distinctifs, tout est imité, repiqué, récupéré Pour les pirates du toc.rien n est laissé au hasard, et rien n est sacré: le respect de la propriété intellectuelle et artistique, connaît pas! Leur seul mobile: le fric.Liquide, anonyme.Avec pour odeurcelledu (fauxiChanel no 5.Inutile de préciser I ampleur des retombées socio-économiques de ce phénomène sur le marché: elles sont colossales.Ainsi, l'univers des articles de luxe se trouve-t-il considérablement lésé par cette production massivequi.du coup, en banalise et en désacralise les produits et I image.En effet, quel intérêt pour les puristes argentés de posséder S Les taux bijoux sont une occasion de s offrir une part illusoire de luxe pour pas cher.la montre ou "lé briquet si tout le monde peut se I offrir sous forme de copie’ Résultat les modèles les plus copiés sont boudés.voire méprisés par I élite qui se tournera vers des modèles toujours plus exclusifs, allant même jusqu à faire dessiner l'objet de leur choix.Comme le dit un esthète qui sait de quoi il parle, les articles de luxe sont des objets d art en soi qui ont aussi un rôle de distinction.Produisez-les à la chaîne, rendez-les populaires, et ils perdront une large part de leur valeur aux yeux des puristesqui.avouons-le.constituent la large part de la clientèle des grandes maisons.D'où le péril de la contrefaçon.ON NE BADINE PAS AVEC LE FAUX! Les contrefacteurs savent bien qu'on ne joue pas impunément avec le faux.En effet, les grandes maisons, plus que jamais alarmées par cette pratique frauduleuse.sont là pour leur rappeler.Le plus impitoyablement du monde.À preuve, filatures, enquêtes policières privées, saisies.sanctions pénales, destructions aussi massives que spectaculaires à coups de rouleau compresseur: la société Cartier ne ménage pas ses efforts pour anéantir la pratique de la contrefaçon.Au fait, saviez-vous que les célèbres trois anneaux, créés en 1923 par Louis Cartier, à la demande de lean Cocteau, ont occasionnés plus de 600 procès intentés constamment dans le monde en raison de leur plagiat frauduleux?«Quelle sclérose, quelle paresse, quel goût administratif quel manque de foi dans I invention que d'avoir peur des contrefaçons!» condamnait Coco Chanel.celle qui a révolutionné la mode en créant les premiers faux bijoux quelle mêlait aux vrais avec aplomb.Manifestement, les temps ont changé rue Cambon Aujourd'hui.Chanel prend sa marque de commerce au sérieux et la direction va jusqu'à exhorter les journalistes à proscrire des expressions telles que à la Chanel.chanellisé.chanellisant.«Même si elles sont des plus flatteuses, affirme Sonia-Marie Kelemen, relationniste chez Parfumerie Versailles.distributeur des produits Chanel, ces expressions n'en contribuent pas moins à semer la confusion parmi les consommateurs, en plus de nuireà l image de marque de Chanel.» LE PRIX DU VRAI Toujours considérable, voire inaccessible, le prix des articles de luxe est-il justifié?Tout dépend de vos valeurs et bien entendu de vos moyens financiers.Ainsi, quand on considère les années de recherche, le génie créateur et les prouesses techniques qu exigent la plupart des objets de luxe qui sont entrés dans la légende, on est plus en mesure d apprécier leur véritable valeur.Prenez la Oyster de Rolex.Créée en 1926 cette montre la plus vendue au LE DEVOIR ECONOMIQUE CARRIERE LE GESTIONNAIRE DES TEMPS MODERNES monde exige à elle seule une année entière de fabrication, 272 opérations sont nécessaires à la confection de son boîtier 32 autres à celle de son remontoir.Plus encore la couronne du remontoir est vissée contre le boîtier taillé dans un bloc d'or, d'argent et de platine.Quant au verre, il est parfaitement ajusté afin d'assurer une totale étanchéité de la montre jusqu'à 100 mètres.Même comble d'excellence pour la réalisation d'un carré de soie Hermès.Depuis son lancement en 1937 sa confection demeure inchangée.Il faut compter neuf à douze mois de recherche et de création avant que la maquette définitive soit acceptée, puis plus de sept mois pour sa réalisation dans des ateliers de Lyon, bastion de la soie.Gravé, imprimé, apprêté puis ourlé à la main, chaque carré marque une paged histoire de la maison.et de votre carnet de chèques.UN ACHAT RISQUÉ Si l 'envie vous prend d'acheter une copie, sachez que cela comporte souvent des risques.Exemple une fausse Gucci pour 20$ ou 30$.L aubaine du siècle, pensez-vous.Mais, que dire des risques et des frustrations qui viennent en prime?Ne vous étonnez donc pas de voir le bracelet plaqué or de votre pseudo-Gucci s'éteindre un peu plus chaque jour.Ou de ne plus entendre son tic-tac.comme ça.sans aucune raison apparente.Car.si elles ne coûtent presque rien et qu elles sont très tentantes, les copies ne sont jamais munies de garantie et leur achat reste toujours hasardeux.Mais, pour qui aime vivre dangereusement, le meilleur moyen de déjouer les pâles imitateurs est encore de les payer avec de faux billets de banque! Et toc! ¦ Manon Chevalier-Desproges n a tellement dit et répété, toujours sur un ton défaitiste, que «plus ça change, plusc'est pareil», qu'il est rafraîchissant de constater le contraire dans les entreprises de demain, et dans quelques entreprises d'aujourd hui.Celles qui sont déjà en quête de la qualité totale Celles qui ont effectué le grand virage.Qu'est-ce qui change et qu est-ce qui n'est plus pareil?À peu près tout.Mais surtout le rôle du gestionnaire.Tout change sur le plan de la technologie; de la conception (assistée par ordinateur) à la commercialisation.en passant par la fabrication (souvent robotiséel Rien n'est plus pareil sur le plan de la gestion des ressources humaines.Le contremaître ne donne plus les ordresqu il reçoit du surintendant qui les a reçues du vice-président qui les tient de.Le gestionnaire nouveau, en un mot.n'est plus le «boss».Il est ou devrait être, le catalyseur d une réaction de la chimie administrative nouvelle qui fait que les décisions ne viennent plus automatiquement et invariablement de la haute direction, mais sont plutôt le produit d'une interaction entre la base, les cadres intermédiaires, les cadres supérieurs et les stratèges de I entreprise.LA FORMATION SUR MESURE Le problème est que ce gestionnaire nouveau on ne le fabrique pas dans les facultés de génie, d'administration, de commerce.Ce qui ne veut pas nécessairement dire que le cadre nouvelle vague doit être un animateur issu des sciences sociales.Il lui faut et la technique pour maîtriser la technologie et une bonne connaissance de l'homo sapiens pour amener celui-ci à jouer son rôle dans une structure de gestion participative.Cette formation intégrée, puisqu'elle n'existe pas comme telle, sera acquise en trois étapes 60 Le gestionnaire des années 1990 doit faire preuve d une grande capacité d adaptation et d'innovation pour répondre aux besoins de Ientreprise en mutation.formation de base en institution, formation «sur le tas» en entreprise et formation ad hoc offerte par les dirigeants de corporations avant-gardistes.Ceux qui ont déjà franchi les deux premières étapes ne devraient donc pas être traumatisés du fait qu'on les invite à affronter la troisième.Les stages de formation qui prennent diverses appellations ne doivent pas être considérés comme un pensum pour les «mal-fonctionnants» ni comme un bonbon offert aux gen t i ls-peti ts-gestionna i res-q u i-font-ce-qu'on-leur-demande.La formation, c'est un «must» imposé par le libre-échange, par la vague de fusions, d acquisitions, de réorganisations.de globlisation des marchés et le reste.LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 En somme, si on ne vous invite pas à suivre une quelconque session de formation, faites-vous inviter: sinon, vous risquez d'en être réduit à éplucher des patates au snack-bar du coin avant longtemps.Quel genre de formation le cadre doit-il aller chercher?Une bonne formation en communication est la pierre angulaire de la nouvelle approche en gestion.Une formation qui permettra au gestionnaire non seulement de mieux transmettre I information mais aussi et peut-être faut-il dire surtout de déployer de nouvelles antennes pour mieux percevoir les messages.LA COMMUNICATION BIDIRECTIONNELLE Dans une entreprise qui adopte le concept de qualité totale, il devient vite essentiel que toutes ses ressources soient sensibilisées.mobilisées et motivées.Autant d objectifs qui demandent une bonne communication entre tous les intervenants.Une communication du haut vers le bas et du bas vers le haut.En passant, il va sans dire, par les cadres Or les ingénieurs et les comptables, pour ne nommer que ceux-là.ne sont pas nécessairement de bons communicateurs.La formation des cadres passe aussi par I acquisition de notions en gestion du changement.par une sensibilisation aux exigences du vieillissement de la main-d'oeuvre et bien d autres aspects du management nouveau que personne n'a appris sur les bancs de l'école, mais que tous peuvent et doivent acquérir.En un mot.être gestionnaire.ça n est plus ce que c était Et c est tant mieux ¦ Guy Lefebvre ODE AU CAPITALISME OCCIDENTAL ourquoi I Occident est-il devenu si riche en si peu de temps?Voilà LA grande question d un milion de dollars! Les Américains Nathan Rosenberg et L.E.Birdzell ne sont pas les premiers à tenter leur chance sur le terrain miné de I interprétation historique.Et parions qu'ils ne seront pas non plus les derniers! Marx et son fidèle compagnon Engels s'étaient déjà, jadis, payé une sérieuse virée sur le sujet et leur analyse des transformations socialesalimente encore quelques bonnes conversations de fin de soiréedans les chaumières d intellectuels de Cuba, de Chine et même de Paris ou de Montréal.Rosenberg et Birdzell n'a-dhèrent pas aux thèses marxistes de l'impérialisme ou de I exploitation ouvrière comme sources premières de la croissance en Occident capitaliste.S'ils y reviennent souvent, c'est pour y poser les talons et mieux bondir aussitôt vers des cieux plus libéraux.«Si les maigres payes, les longues heures de travail et la discipline draconienne des usines de la première génération doivent nous indigner, c'est parce qu'en se montrant tout prêts à accepter ces conditions, les pauvres témoignaient silencieusement de la misère plus insondable encore qui avait été leur lot jusque-là.» Toujours sur la même question, les auteurs réfutent un à un les arguments voulant que la révolution industrielle se soit faite sur le dos des plus pauvresde I Occident.Ce serait le sous-prolétariat chassé des campagnes par la révolution agricole qui aurait formé la première main-d'oeuvre industrielle, eux «qui n'avaient pas d argent pour acheter les quelques outils nécessaires qui ne 1 pouvaient non plus faire leur apprentissage, faute de I épargne et des relations nécessaires (dans les corporations de métiers très sélectes et très fermées]».En somme, «ceux qui bénéficièrent du progrès économique furent plus nombreux que ceux qui n'en retirèrent rien, et ce nombre s'accrut régulièrement depuis».DÉPARTAGER LA VÉRITÉ DE LERREUR Ce qu'il y a de toujours un peu frustrant en sciences sociales, surtout en histoire, c'est qu'il n'est jamais possible de départager une fois pour toute la vérité de 1 erreur d interprétation Staline a fait biffer le nom de Trotsky de I histoire de l'URSS parce qu il n aimait pas sa face, et voilà que nos deux Américains tentent jet ils y parviennent presque!! de nous convaincre que la montée de I industrialisation en Occident fut ce que les paysans et les ouvriers du XIXe siècle pouvaient espérer de mieux.Mais il n'y a pas que leur interprétation des thèses concernant I exploitation des ouvriers qui fasse 1 intérêt de cet ouvrage.II y a aussi et surtout I analyse passablement exhaustive de l'enchevêtrement de phénomènes, de conditions objectives diraient cer tains, qui se sont conjugués pour donner naissance aux institutions et aux mécanismes de marché propres à favoriser I accélération du développement économique Il y eut.bien sûr, toute la pa nopl ie des découvertes scientifiques et techniques.Mais cela n explique pas tout puisqu'à la même époque la Chine et plusieurs pays islamiques, notamment.possédaient une bonne avance sur I Occident en cette matière.«Les sources les plus directes de la croissance, avancent lesauteurs.furent les''innovations" d'ordre commercial, technique et institutionnel, jointes à I accumulation des capitaux, à l 'abondance de la main-d oeuvre et à une meilleure utilisation des ressources naturelles.» LE PROCESSUS D'INNOVATION Et parmi ces facteurs, le plus important serait justement le processus d'innovation en lui-même, basé sur le risque financier et sur I expérimentation constante.La dispersion des décisions d expérimentation entre une multitude de centres que sont devenues les entreprises, l'absence d interdits politiques ou religieux et les incitations financières qui récompensaient I expérience réussie, expliqueraient cet esprit d innovation sans précédent qui a déferlé sur I Occident Au même moment, les structures traditionnelles très hiérarchisées de la Chine favorisaient sinon le statu quo.du moins une évolution très lente de ses institutions et de ses techniques de production.Parmi les innovations déterminantes pour le développement commercial, les auteurs soulignent I instauration d'un nouveau système juridique permettant de LE DEVOIR ÉCONOMIQUE MAI 1990 réduire la part d arbitraire lors des conflits.I invention des lettres de change qui facilitèrent les transferts d argent et le crédit et le remplacement de I expropriation selon le bon plaisir du souverain par une fiscalité systématisée.Dans un autre ordre d'idées, on a beaucoup palabrer autour de l'hypothèse d'un lien causal entre la Réforme protestante et l'avènement du capitalisme en Europe occidentale.Lequel des deux phénomènes fut à l'origine de I autre?Qui de Weber ou de ses opposants a raison?Rosenberg et Birdzell croient, quant à eux.que rien n indique que ce soient les capitalistes qui aient choisi une religion pour servir leurs intérêts financiers.«Une hypothèse vraisemblable serait qu au XVIe siècle, dans l'Europe de la Renaissance, une part relativement importante de gens scrupuleux aient été attirés par les mouvements de réforme religieuse, et que ces mêmes personnalités aient joué dans le développement des institutions du capitalisme un rôle également disproportionné à leur importance numérique.» Ils ajoutent: «On peut concevoir que les qualités personnelles qui se prêtaient à I édification du capitalisme aient individuellement coïncidé avec I intérêt pour la Réforme.» LE RÔLE DE LA SCIENCE En ce qui a trait au rôle de la science dans I enrichissement de I Occident, les auteurs y vont de quelques nuances qui ne sont pas non plus sans intérêt.Ils font dabord remarquer qu'avant 1875, «les innovations technologiques furent le plus souvent l'oeuvre d inventeurs qui n'étaient pas des savants», et que.sauf exception, la ségrégation professionnelle entre la science et I industrie avait toujours été rigide Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour rencontrer des industriels de plus en plus intéressés aux découvertes scientifiques.On pense à l'électricté et à la chimie, pour ne nommer que ces deux spécialités dont les applications sont bientôt chose courante dans l'industrie.Et cette liaison.T, .n * BOMBARDIER
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