Le devoir, 3 mai 1990, Page(s) complémentaire(s)
Le Devoir, jeudi 3 mai 1990 1$ Amendement mineur à la loi sur l’égalité économique des conjoints I Venne de la Presse Canadienne QUÉBEC — La ministre déléguée à la Condition féminine, Mme Violette Trépanier, a déposé hier à l’Assemblée nationale un amendement mineur à la Loi 146 sur l’égalité économique des conjoints, qui ne remet nullement en cause les principes de la loi pourtant décriée.Cette loi, en vigueur depuis le 1er août dernier, oblige les époux à partager moitié-moitié entre eux, au moment de la dissolution de leur mariage, un patrimoine familial composé d'un nombre restreint de biens acquis durant leur union et ce, peu importe leur régime matrimonial.Le texte soumis hier a pour objet de clarifier un article de la loi qui exclut du patrimoine familial la partie des biens acquise et payée avant le mariage ainsi que la plus-value qui s’y rattache.Il prévoit également l’exclusion des biens acquis en remplacement de biens échus par succession, legs ou donation.Si l’on utilise un exemple pour illustrer le sens de l’amendement, cela veut dire que si un homme achète une maison avant son mariage ou qu’il l’acquiert par héritage, il n’est pas tenu d’en partager la valeur avec son épouse au moment du divorce.De même, s’il vend cette maison pour en racheter une autre durant son mariage, cette nouvelle demeure est également exclue du patrimoine commun.Il n’est donc pas obligé d’en partager la valeur au moment du divorce.La ministre Trépanier a expliqué devant les journalistes que le texte soumis hier correspond exactement à l’intention du législateur et ne constitue donc qu’une clarification d’un article dont la formulation initiale portait à interprétation et qui avait soulevé des inquiétudes.Convaincue que la loi 146 est une bonne loi, Mme Trépanier croit que la contestation observée dans la population est due principalement à un manque d’information auquel son ministère compte remédier par une vaste campagne publique prévue pour l’été.Il n’est pas question, dit-elle, de permettre aux époux de se soustraire à la loi au moment de leur ma- riage, comme cela est permis en Ontario, car cela reviendrait à retirer la loi.La ministre rappelle que le patrimoine partageable en Ontario comprend tous les biens, alors qu’au Québec, le patrimoine créé par la loi ne comprend que les résidences principale et secondaire, les meubles, l’automobile et les régimes de retraite.Elle souligne également qu’à peine 1 % des couples déjà mariés (13 000 sur 1300 000) se sont prévalus jusqu'à maintenant de la disposition qui leur permet de se soustraire à l’application de la loi s’ils se sont mariés avant le 15 mai 1989.« C’est loin d’être un signe de désapprobation, affirme la ministre.Nous nous attendions à ce qu’il y en ait plus que ça ».Rappelons que la ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration, Mme Monique Gagnon-Tremblay, qui a parrainé le projet de loi lorsqu’elle était ministre déléguée à la Condition féminine, s’est également soustraite à son application.34 pays vont réfléchir ensemble sur une éventuelle «loi de l’atmosphère» « • dément Trudel LA DEUXIÈME VILLE de Norvège, Bergen, sera l’hôte, du 8 au 16 mai, de l'une des plus importantes conférences sur l’environnement à se tenir depuis la parution du rapport Brundtland, du nom de l’ancien premier ministre norvégienne qui présidait la Commission mondiale sur l’environnement et le développement.Ce rapport insistait sur le développement durable.À deux ans du sommet mondial prévu au Brésil sur les mêmes thèmes.La conférence de Bergen se présente comme une réflexion intense pouvant mener à une « loi de l’atmosphère » et à un ordre du jour commun à tous les pays pour renforcer l’économie sans nuire à l’écologie.Trente-deux pays européens, ainsi que le Canada et les États-Unis, participent à la rencontre et tenteront de se mettre d'accord suides actions pour notre avenir à tous.Avant la rencontre au niveau ministériel, qui doit se tenir du 14 au 16, cinq colloques sont prévus, regroupant des jeunes, des organismes s'occupant d’environnement, des organismes syndicaux, des milieux industriel et financier, ainsi qu’une brochette impressionnante de Chercheurs et de scientifiques américains, soviétiques, Scandinaves ou européens.De ces cinq rencontres devront ensuite se dégager des desiderata à transmettre aux 34 gouvernements représentés, quant à l’éducation et a la sensibilisation, quant aux politiques touchant l'énergie, quant au comportement des industries et quant aux liens économiques à développer.Oslo a choisi comme rapporteur général de la conférence M.Pierre-Marc Johnson, ex-premier ministre du Québec (retourné à la pratique du droit, professeur au Centre de médecine, d'éthique et de droit de l’université McGill : » Il s'agit de coordonner le flot des contenus, d'un niveau à l’autre de la conférence, et d’en préparer le suivi », a dit M.Johnson avant de s’envoler pour Oslo.Outre les quelques 50 ministres de l'Environnement, de l’Énergie et des Affaires étrangères des pays participants, on note la présence à cette conférence du directeur général du programme des Nations unies pour le développement, M.Mostaka T.Kolba; de M.Maurice Strong, désigné pour présider la Conférence de 1992 sur le développement et l’environnement (au Brésil); de Mme Gro Harlem Brundtland, député au Parlement norvégien, ainsi que du premier ministre du pays hôte, J an P.Syse.Normalement, la rencontre de Bergen débouchera sur une déclaration ministérielle qu'il aura fallu « négocier », l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud n’ayant pas des vues similaires sur les mêmes dossiers.L’un des documents de préparation rappelle qu'il ne s'agit pas seulement de prendre acte de la préoccupation grandissante envers la destruction de la couche d’ozone et au sujet du développement de l’ef-* • fet de serre.• • Pour les organisateurs de la ren- - * contre, le succès se vérifiera si le ;, plus grand nombre possible des participants établissent un consen-1 ; sus sur des schémas d’intervention , propres à assurer le mieux-être.des générations à venir, compte i tenu du fait que l’environnement ne .peut pas être traité séparément de ta croissance économique et du progrès de l’humanité en général.Le comité du programme du MÉMO propose un virage confessionnel Jean-Pierre Proulx LE COMITÉ du programme du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) propose au parti de reconnaître explicitement la place de l’école catholique à la CÉCM.C’est ce qui ressort du « document de travail » que le comité du pro gramme, présidé par M.Kenneth George, a transmis le 25 mars dernier à la direction du parti, document, précise-t-il, qui « à ce moment-ci n’a pas à connaître une large diffusion ».Le comité de direction, nous a précisé hier la présidente du MEMO, Mme Monique Mus-Plourde, ne fait qu’en commencer l’étude.Le comité du programme suggère donc de « proposer aux conseils d’orientation de développer un projet éducatif catholique qui corresponde aux perspectives du Comité catholique du Conseil supérieur de l’éducation ».Le congrès des 8, 9 et 10 juin prochains sera saisie de la proposition en vue des prochaines élections à la CÉCM du 15 novembre prochain si, d’ici là, la direction du MEMO décide de l’y acheminer.Dans le programme électoral de 1987, on ne trouve aucune référence à l’école confessionnelle, même si on reconnaît explicitement aux catholiques le droit d’exiger pour leurs enfants un enseignement catholique, mais en pleine égalité avec ceux qui veulent un enseignement moral non religieux.Le comité du programme s’en-ligne cette fois carrément sur la nouvelle loi sur l’Instruction publique (loi 107) qui reconnaît aux catholiques le droit à des écoles confessionnelles reconnues formmellement par le Comité catholique.La question confessionnelle risque donc de soulever un débat au congrès de juin prochain puisque le MÉMO compte un certain nombre de militants proches, sinon carrément membres, du Mouvement laïque québécois.Par ailleurs, le comité du programme propose de faire de « la lutte au décrochage scolaire » et de « l’action à mener en milieu défavorisé » deux priorités de la prochaine campagne aux élections à la CÉCM du 15 novembre prochain.En avant-propos, le comité indique que la « aualité des apprentissages et la qualité de vie à l’école doivent être au coeur de nos propos » et être reliées « à la réalité d'un Montréal pauvre, multiethnique et urbain; ces dimensions du milieu et, en particulier, leur impact sur la vie à l’école doivent, non pas paraître en filigrane, mais bien plutôt être comme des constantes dans notre programme.Il s’ensuit qu’il faut maintenir l’accent sur la dimension communautaire de l’école ».Le comité du programme veut donc faire « de l’obtention par chaque élève d’un diplôme d’études secondaires (général ou professionnel) » un ¦< objectif prioritaire à l’atteinte duquel il faut mobiliser toutes les énergies ».Aussi, propose-t-il de « mettre en oeuvre une politique d’action audacieuse pour lutter contre le décrochage scolaire ».En matière d’éducation en milieu défavorisé, le MÉMO reproche à ses adversaires d'avoir opéré une « brisure entre le social et le scolaire » et d’avoir maintenu un « programme inefficace ».On reproche aussi à certaines commissaires de « tenter de détourner les fonds à l'avantage des écoles qu’elles représentent » et de n’avoir pas fait d’effort particulier pour « reconnaître le statut particulier de ceux qui oeuvrent dans ces milieux ».Le comité du programme préconise la création d'un « programs spécial de recrutement,de sélectionet de perfectionnement de ce personnel » et la reconnaissance d’un « statut spécial » à ceux qui y oeuvrent., En matière d'intégration des immigrants, le comité propose une nouveauté ; réserver les classes d’at-cueil aux enfants du deuxième cVJe du primaire.D’après le comité, « top tes les études démontrent que seul le bain dans la langue du pays d'accqqil permet l’acquisition et la maîtrise de la langue à apprendre ».!«* SPORTS L’or à l’URSS ; déconfiture du Canada BERNE, Suisse (AP et PC) — L’Union soviétique, misant sur ses joueurs d’expérience au moment où cela compte le plus, a blanchi la Tchécoslovaquie 5-0, hier, pour mériter un 22e titre au championnat du monde de hockey.Le Canada a pour sa part complété le tournoi en queue de poisson, s’inclinant 6-4 devant la Suède pour se contenter du quatrième rang au classement général.La formation de Dave King avait pourtant dominé la ronde préliminaire.Viatcheslav Fetisov, qui a éprouvé des ennuis à ses débuts au hockey professionnel nord-américain avant de conclure la saison en force, a mérité deux passes dans le gain des So- viétiques et il a terminé au deuxième rang des marqueurs chez les défenseurs du tournoi.L’Union soviétique, qui a mérité son premier titre à sa première participation à Stockholm en 1954, a terminé la ronde des médailles avec-une fiche parfaite, dominant ses adversaires 15-1 dans le score.Les Soviétiques n’ont pas subi une défaite dans la ronde des médailles depuis le tournoi présenté à Prague en 1985, lorsque Mario Lemieux avait guidé le Canada à la victoire.L’entraîneur soviétique Viktor Tikhonov mérite sa huitième victoire en 11 tournois.Il présente une fiche impressionnante de 94-9-5 de- puis qu’il a pris en main l’équipe nationale en 1977.La Suède a décroché la médaille d’argent en vertu de son gain face au Canada.Kent Nilsson a enfilé deux buts pour les Suédois, qui détenaient une priorité de 3-0 après une période et de 6-1 avant une poussée de trois buts des Canadiens lors du dernier engagement.La déception était grande dans le camp canadien, surtout après être demeuré invaincu en sept matches dans la ronde préliminaire.L’entraîneur Dave King a expliqué que ses joueurs « ont perdu leur motivation en raison de la longueur du tournoi.« C’est malheureux.C’est décou- rageant de retourner au pays sans médaille après avoir fait tant d’efforts.» Steve Yzerman a remporté le titre des marqueurs avec neuf buts et 10 mentions d’aide et il a été nommé meilleur attaquant du tournoi par un comité de la Fédération internationale de hockey.Mais c’est une bien mince consolation.Outre Nilsson, qui complétait le tournoi avec une belle fiche, Thomas Rundqvist, Anders Eldebrink, Ulf Sa-muelsson et Magnus Svensson ont complété la marque pour les Suédois.Greg Adams, deux fois et Doug Gilmour ont répliqué pour le Canada.EN BREF.Les North Stars vendus Wilander renonce à Roland-Garros STOCKHOLM (AFP) — Le Suédois Mats Wilander a laissé entendre hier qu’il ne disputerait pas cette année les Internationaux de France de tennis, du 28 mai au 10 juin, et qu'il était encore incertain quant à sa participation à Wimbledon.Lors d’une conférence de presse donnée pour présenter son autobiographie écrite en collaboration avec un journaliste suédois, Mats Wilander a déclaré : « J’ai besoin de deux à trois semaines d’entraînement intensif pour pouvoir jouer.Il faut de quinze à vingt matches pour revenir à mon meilleur niveau et il semble impossible d’être prêt physiquement ».Le deuxième match encore fatal à Edberg MUNICH, RFA (AFP) — Le Suédois Stefan Edberg, deuxième joueur mondial, a été éliminé hier lors de son deuxième match du tournoi de tennis de Munich, comptant pour le circuit ATP et doté de 246 000 $, par le Tchécoslovaque Martin Strelba (77e), vainqueur en deux manches, 6-4,6-1 au terme d’une rencontre de 68 minutes.C’est la deuxième semaine consécutive que pareille mésaventure arrive au Suédois.Au tournoi de Monte-Carlo en effet, il s’était incliné dès sa seconde rencontre, en deux manches également, face à l’Espagnol Juan Aguilera.À moins d’un mois du début des Inlernatonaux de France, dont il avait été finaliste l’an passé, la mise enroute sur terre battue est très difficile pour Edberg.Avec le Suédois, c’est un nouveau favori qui disparaît de l’épreuve munichoise, après les Américains Michael Chang et Pete Sampras, l'Argentin Guillermo Perez-Roldan et l’Autrichien Horst Skoff, éliminés lors des deux premiers jours.Steffi Graf en quarts sans se forcer HAMBOURG, RFA (Reuter) - L’Allemande de l’Ouest Steffi Graf, numéro un mondial, n’a pas eu à forcer son talent pour se qualifier pour les quarts de finale du tournoi d’Hambourg aux dépens de l’Australienne Nicole Provis, 6-0 et 6-2.Graf, qui avait sorti la veille l’Italienne Laura Lapi, 6-1 et 6-2, au deuxième tour du tournoi doté de 350 000 $, trouvera sur la route des demi-finales le vainqueur du match entièrement tchécoslovaque entre Helena Sukova, tete de série no 5, et Regina Rajchrtova.L’Américaine Martina Navratilova, numéro deux mondial, a éprouvé plus de difficultés pour se défaire en trois sets, 3-6,6-1 et 6-1, de Rachel McQuillan.Du hockey en Floride ?ST.PETERSBURG, Flo.(AP) — Un groupe d’investisseurs ayant à sa tête l’ancienne vedette Phil Esposito, souhaite obtenir une nouvelle concession dans la Ligue nationale de hockey.L’équipe évoluerait au Florida Suncoast Dome.Esposito, qui a refusé d’identifier les autres investisseurs, a indiqué que du hockey pourrait très bien être présenté dans cet amphithéâtre qu’il a visité hier.Esposito, dont le groupe a pour nom le Tampa Bay Hockey Group, espère obtenir une concession pour la saison 1992-93.MINNEAPOLIS, Minn.(AP) - Howard Baldwin, ancien anctionnaire minoritaire des Whalers de Hartford, et son partenaire Morris Belzberg, ont conclu une entente avec les frères George et Gordon Gund pour faire l’acquisition des North Stars du Minnesota, de la Ligue nationale de hockey, a annoncé Baldwin, hier.« Nous ferons l’annonce de la vente aujourd’hui », a-t-il révélé au sujet de la transaction qui devra obtenir l’accord des gouverveurs qui se réuniront mardi à Chicago.Baldwin a toutefois refusé de donner les détails de l’entente.« Le moment serait mal choisi, a-t-il dit.Il y a encore trop de conjectures.» Parmi celles-ci, il y a la volonté des Gund d’implanter une nouvelle concession dans la région de San Francisco.Ceux-ci ont déjà déclaré qu’ils ne vendraient pas les North Stars à moins qu’ils n’obtiennent un club de l’expansion, de préférence en 1991-92, soit un an avant la date fixée par la Ligue nationale.Une dépêche diffusée hier laissait entendre que les Gund garderaient la moitié des effectifs des North Stars pour leur équipe de l’expansion et qu’un repêchage spécial se tiendrait pour compléter les cadres des deux formations.« À ce que je sache, j’achète les North Stars du Minnesota, a dit Baldwin.C’est tout ce qui m’intéressse.» Baldwin a affirmé qu’il gardera les North Stars au Minnesota.HOCKEY Ligue nationale Séries éliminatoires Demi-finales de section Mardi Edmonton 6, Los Angeles 5 (Edmonton gagne 4-0) Chicago 3, St.Louis 2 Mercredi Montréal 4, Boston 1 Wash'gton 4, Rangers 3 Jeudi Chicago 3, St.Louis 2 Vendredi Boston 3, Montréal 1 (Boston gagne 4-1) Washington 2, Rangers 1 (Washington gagne 4-1) Samedi St.Louis 4, Chicago 2 Lundi Chicago 8, St.Louis 2 (Chicago gagne 4-3) Finales de section Hier Chicago à Edmonton Ce soir Washington à Boston Demain Chicago à Edmonton Samedi Washington à Boston Les meneurs Match d’hier non Inclus b a pts Hull, St.L 13 8 21 Larmer, Chi 4 13 17 Simpson, Edm 8 8 16 Neely, Bos 7 8 15 Messier, Edm.5 10 15 Druce, Was 12 2 14 Oates, Tor 2 12 14 Janney, Bos 1 13 14 Roenick, Chi.9 4 13 Tikkanen, Edm.8 5 13 Brind'our, StL.5 8 13 Kurri, Edm 5 8 13 Lamb, Edm 5 8 13 Nicholls, Ran.7 5 12 Courlnall, Was.4 8 12 Savard, Chi 4 8 12 Elik, LA 3 9 12 Brown, St.L 2 10 12 Cicca'li, Was.8 3 11 Poulin, Bos 6 5 11 Gilbert, Chi 5 6 11 Thomas, Chi.5 6 11 Patrick, Ran 3 8 11 Hunter, Was 3 8 11 Duchesne, LA.2 9 11 Wilson, Chi 2 9 11 Presley, Chi 7 3 10 Thompson à Indianapolis ¦’t i.i .* i * i Michel Lajeunesse ¦¦¦¦ de la Presse Canadienne LES EXPOS ont cédé hier le lanceur droitier Rich Thompson à leur filiale d'Indianapolis et ont placé le nom du releveur Dave Schmidt sur la liste des joueurs actifs, ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à Thompson, qui n’a vraiment pas eu de chance avec les Expos.Thompson avait conservé une fiche de neuf victoires contre six revers à Indianapolis l’an dernier avant d’être rappelé par les Expos.À Montréal son dossier avait été de 0-2, mais il avait tout de même présenté une bonne moyenne de points mérités de 2,18 en 19 matches.Cette saison, il n’a été utilisé qu’une seule fois par les Expos.Il n’a lancé que pendant une seule manche, accordant un coup sûr.« Je me suis fait avoir royalement, a dit Thompson.Je suis dans le baseball depuis 11 ans et je n’ai jamais rien dit.J’ai tou- jours tout accepté sans rien dire.' Mais cette fois-ci, c’est différent.J’ai rencontré David Dom-'1 browski et Buck Rodgers et je’ " leur ai dit ce que je pensais.» , ’ En arrivant au camp d’entral- j nement, Thompson pensait qu’il, ; devrait livrer bataille avec Brett.-, Gideon pour le dernier poste de., releveur des Expos.Il a trouvé le.î jeune Bill Sampen sur sa route et ¦ il n’a jamais eu la chance de se.» faire valoir.o « « Je pense que les Expos ont-, oublié ce que j’ai fait l’an dernier,! 1 a dit Thompson dans une envolée oratoire.Les fondements du baseball sont bien simples : il faut*» marquer plus de points que l’au-j^ tre équipe et, l’an dernier, j’ai: ! empêché les autres équipes de marquer.Mark Gardner a été choisi le lanceur par excellence de l’Association américaine parce qu’il a réussi 175 retraits sur des prises.J’ai passé inaperçu même si j’avais une moyenne de points mérités de1 2.06.» BASEBALL Ligue nationale Aujourd'hui 0) à Kansas City, Gor- Mardi Cleveland, Farrell (2-1) à don (1-3), 14 h 35 Phil'phie 4, Cincinnati 2 New York, Cadaret (1- Texas, K.Brown (4-0) A Atlanta 5, New York 2 1), 13 h Chicago, Kutzler (1-0), Montréal 2, Houston 1 Minnesota, A.Anderson 20 h 05 St.Louis 2, San Diego 1 (1-3) à Detroit, Tanana Californie, C.Finley (3-1) L Angeles 4, Pittsburgh 1 (2-1), 13 h 35 à Seattle, Young (0-3), Chicago 7, S.Francisco 4 Milwaukee, Mirabella (O- 22 h 05 Hier Chicago à San Francisco LIGUE NATIONALE Atlanta à Montréal Section Est Houston à Phil’phie g p moy.dm.St.Louis à San Diego PITTSBURGH 14 7 .667 — Pittsburgh à Los Angeles MONTRÉAL 11 9 .550 2W Cincinnati à New York PHILADELPHIE 11 9 .550 ÏV, Aujourd'hui ST.LOUIS 10 11 476 4 Atlanta, Glavlne (1-2) à CHICAGO 9 11 .450 4Vi Montréal, Boyd (1-2), NEW YORK 9 11 .450 iV, 19 h 35 Section Ouest Cincinnati, Armstrong (4- CINCINNATI 13 4 .765 — 0) à New York, Fer- LOS ANGELES 12 10 545 3V4 nandez (1-2), 19h35 HOUSTON 9 11 .450 5 Vi Houston, Gullickson (1-1) SAN DIEGO 9 11 .450 6 Vi à Philadelphie, Mul- SAN FRANCISCO 8 13 .381 7 holland (1-0), 19h35 ATLANTA 5 13 .278 8 Vi Ligue américaine LIGUE AMÉRICAINE Mardi Section Est t| I Oakland 4, New York 2 MILWAUKEE 13 6 .634 — Californie 7, Baltimore 1 BOSTON 12 8 .600 1 Vi Boston 8, Seattle 2 TORONTO 13 9 .591 1 Vi Toronto 4, Cleveland 3 CLEVELAND 9 10 .474 4 Minnesota 9, Detroit 5 BALTIMORE 9 12 .429 5 Chicago 5, Texas 1 NEW YORK 7 11 .389 5 Vi Milwaukee 6, Kansas City 4 DETROIT 8 13 .381 6 Hier Section Ouest Milwaukee à Kansas City OAKLAND 15 5 .750 Seattle à Boston CHICAGO 11 6 .647 2 Vi Oakland à New York TEXAS 11 10 524 4 Vi Californie à Baltimore CALIFORNIE 9 11 .450 6 Toronto à Cleveland MINNESOTA 8 12 .400 7 Minnesota à Detroit SEATTLE 8 13 .381 7tt Texas à Chicago KANSAS CITY 6 13 .316 8H CULTURE ET SOCIETE Montréal, jeudi 3 mai 1990 PHOTO Speclra/Scèna Chantal Francke, Yves Pelletier, André Ducharme, Bruno Landry et Guy Lepage : cinq Indomptables bêtes de scène.Rock et Belles Oreilles: une solide attaque à cinq LES QUATRE garçons dans le vent et la fille dans la brise du groupe humoristique Rock et Belles oreilles ont provoqué une véritable tornade de rires, hier soir, à la première montréalaise de leur nouveau spectacle, Bête de scènes.D’entrée de jeu, ils ont mis cartes sur table en entonnant une de leurs dernières chansons : I want to pogne.Mission accomplie puisque la foule, composée en grande partie de vedettes montréalaises, les a longuement et chaleureusement applaudis à la fin de la représentation.Pour commencer, une mise aux enchères désopilante des quétaineries du monde des artistes a donné le ton à la soirée.Le groupe n’épargnera personne et égratignera tout au passage, y compris nos préjugés.C’est dans cette veine de l'humour décapant que Rock et Belles oreilles est à son meilleur.Lorsque le groupe joue avec la tendresse, les numéros tombent souvent à plat.Comme tout spectacle d’humour, la difficulté majeure consiste à créer une continuité entre les sketches.Dans Bêtes de scène, les temps morts sont réduits au minimum et le rythme tient en haleine les spectateurs.Surtout que ce spectacle mise également sur la force des chansons loufoques du quintette.Évidemment, quelques sketches ont plus de mordant que d’autres.Comme par exemple l’entrevue avec l’inénarrable Ringo Rinfret, une conversation de dépanneur (sic) entre Québécois de vieille souche pas racistes, les potins méchants de Guy Lepage, le concours d» bingo remporté par l’inévitable Mme Brossard de., le bulletin d’informations mimé pour les sourds, le discours grandiloquent de Serge Turgeon, le chpitss de Cherze Siachon, la recette dégueulasse du chef Groleau, le Jésus freak show et, bien sûr, Bonjour la police, le désormais célèbre hymne à la brutalité policière.Une des grandes qualités du spectacle est la performance égale des cinq bêtes de scène.André Ducharme, Chantal Francke, Bruno Landry, Guy Lepage et Yves Pelletier jouent dans une harmonie qui semble parfaite.Ainsi, on ne peut pas dire qu’un membre du groupe vole la vedette aux autres, chacun apporte sa contribution, selon sa personnalité.L’effet comique de certains numéros repose en partie sur les costumes qui ont été choisis et dessinés avec doigté par Suzanne Harel.Les éclairages de Denis Brossard contribuent aussi grandement à rehausser certains moments forts du spectacle.Et les décors de Robert « Bobby » Breton, d’immenses haut-parleurs qui remplissent entièrement l’ar-rière-scène, semblent projeter les humoristes dans les airs.Enfin, toute personne de bonne volonté désirant se dilater la rate et oublier ses soucis quotidiens devrait être satisfaite de sa soirée en compagnie de ces espiègles.Ustinov, médaillé d’Athènes ATHÈNES (AFP) — L’écrivain et comédien britannique Peter Ustinov a annoncé hier qu’il avait reçu la Médaille d’Or de la ville d’Athènes.Dans une conférence de presse dans la capitale grecque, à l’occasion de la remise de cette médaille, M.Ustinov, a précisé que cette récompense était sans doute « le fruit de sa beaucoup trop longue expérience » dans de multiples domaines.L’écrivain, qui est aussi ambassadeur de l’UNICEF (organisation pour l’enfance des Nations unies), a renouvelé son attachement à la cause de l’enfance, en se déclarant consterné qu’on ne trouve pas les moyens relativement modestes nécessaires pour vacciner tous les enfants du monde contre les principales maladies mortelles.Il a fait savoir par ailleurs que son prochain rôle serait probablement celui du metteur en scène Alfred Hitchcock.Henri, le Crevier «UNE CHANSON sans rimes est forcément mauvaise.» Ça ne rime à rien, pourrait ajouter Henri Dès, auteur-compositeur suisse.En spectacle, ce grand frère moustachu, au légendaire pantalon rouge à bretelles et à la chemise blanche, chante des paroles qui coulent doucement à l’oreille d’un jeune public qui les reprend en choeur a tout coup.C’est classique ! Lors de son plus récent passage à l’Olympia de Paris, Henri Dès a attiré 13 000 personnes.C’est le même spectacle qu’il présente actuellement à l’occasion de sa 6e tournée au Québec.On pourra le voir à Québec, le 5 mai à 14 h, à la salle Albert-Rousseau, puis à Montréal, le 6 mai à 13 h et 16 h, à la salle Marie-Gérin-Lajoie de l’Université du Québec à Montréal.Henri Dès se présente seul sur scène avec sa guitare et chante le quotidien des enfants, à l’école, à la maison, entre amis, en reprenant des pièces anciennes ou de plus récentes tirées de ses derniers albums, Le beau tambour et La glace au citron, superbement illustrés par son grand ami, Étienne Delessert.Le regard bleu narquois, Henri Dès déteste les faux-semblants et lit du San-Antonio pour se détendre.Il collectionne les honneurs comme d’autres les vexations : Grand Prix de l’Académie Charles-Cros, Grand Prix de l’Académie du disque, disques d’or, etc.Récemment, l’artiste a appris — à sa grande surprise — qu’une école de village en Touraine porterait son nom.Comment prend-on cela à 50 ans ?« Vaut mieux obtenir la reconnaissance de son vivant, non ?Les honneurs arrivent comme cela sans que je les cherche; j’en suis ravi sans outre mesure », dit-il philosophe.C’est curieux la vie, non ! Au départ, Henri Dès — Destraz de son vrai nom — se destinait à la carrière d’architecte.Quand un beau jour de « charriage » (chahut des étudiants dans la ville), il décide avec des copains d’interpréter Brassens — ou était-ce Béart ?— lors d’un concours Le demi Le Réverbère Texte et mise en scène de Paula de Vasconcelos, scénographie de Stéphane Roy, éclairages de Stéphane Mongeau, son de Claude Lemelin, avec Nathalie Coupai, Florence Figols, Michelle Labonté, Louisa Martins-Collins, Widemir Normil, Leni Parker, Paul-Augustin Querton et Paul-Antoine Taillefer.À la Salle Fred-Barry jusqu’au 19 mai.Alain Pontaut SOUS LA LUMIÈRE fixe ou intermittente d’un réverbère qui semble vouloir évoquer La Rue sans joie, de Pabst, ou L'Accordéoniste, d’Édith Piaf, une fille marche en équilibre sur le bord du trottoir, funambule sans emploi, gymnaste sans destination précise.Le temps passe.Quartier louche.Quai des brumes et Dédé d’Anvers.Carte postale.Une interprétation prodigieuse Les Grands Concerts de l’Orchestre symphonique de Montréal Sous la direction de Charles Dutoit : Lalo, Concerto pour violoncelle en ré mineur, avec le violoncelliste Lynn Harrell; Chostakovitch, Symphonie no.4 op 43.Mardi 1er mai, salle Wilfrid-Pelletier.Carol Bergeron EN ATTENDANT son hypothétique départ, Charles Dutoit est bel et bien là, parmi nous; et mardi soir, il dirigeait la 4e Symphonie, de Chostakovitch, comme un dieu ! Une interprétation aussi prodigieusement sentie d’une oeuvre où le désarroi et le sentiment de solitude atteignent une dimension cosmique montre la force de l’interprète qui en la reprenant à son compte parvient à retrouver son énergie originelle et toute sa charge d’émotion.Achevée en 1936, la création de cette Symphonie dut cependant attendre 25 ans; l’âpreté de son contenu y étant sûrement pour quelque chose dans la décision de son auteur de la retirer de la circulation après seulement quelques répétitions.Ici, il faut se rappeler que Chostakovitch ne voulut pas jeter de l’huile sur le feu de la controverse qu'avait soulevée la présentation moscovite (en 1934) de son opéra Lady Macbeth de Mzensk dont le modernisme de la musique et l’érotisme de certaines scènes avaient horrifié Staline lui-même qui avait ordonné qu’on en cesse toute représentation.Il va sans dire que La Pravda s’était alors déchaîné contre le compositeur.C’est sous le choc de ce rejet, profondément bouleversé, que ce dernier entreprit l’écriture de ce colossal monument symphonique.On l’a déjà dit, cette Quatrième possède quelques affinités avec l’univers mahlerien, notamment par le pessimisme qui l’anime.D’une façon plus superficielle, le début du troisième mouvement n’évoque-t-il pas, ar la scansion rythmique des tim-ales, la marche funèbre (troisième mouvement) de la 1ère Symphonie, de Gustav Mahler ?Comme Mahler, écrit Michel Hofmann, Chostakovitch « semble (dans la 4e) considérer le monde avec émerveillement et horreur, avec amour et dégoût, avec cynisme et idéalisme, avec un pessimisme grin- çant ou résigné.» Superbement orchestré, l’ouvrage impose à l’orchestre une discipline exceptionnelle.Par ailleurs, il oblige le chef à se surpasser, à contrôler à la perfection et la structure rythmique, et la clarté du jeu, et la'préci-sion des couleurs.Pendant les 60 minutes que durent les trois mouvements, rien n’a semblé échapper à l’attention de Dutoit.On le sentait tout autant préoccupé par la forme que par le fond.Toujours et partout, se remarquait une complicité idéale entre le chef et son musicien.Rarement, sans doute, une lecture de Chostakovitch aura été si captivante, si émouvante aussi.On comprend l’ovation que lui a réservée l’auditoire de la salle Wilfrid-Pelletier.Ce haut sommet de l’expression artistique aurait pu, à la limite, occuper à lui seul tout l’espace du concert car le Concerto pour violoncelle, d’Edouard Lalo, qui a précédé l'entracte n'a strictement rien ajouté.D’autant que son interprète, le réputé violoncelliste américain Lynn Harrell, a gaspillé les deux premiers mouvements à se sortir d’une sorte de torpeur qui semblait engourdir son imagination.ÜSaroque et Classicisme LES CONCERTS BANQUE ROYALE Charles Uuluil CHARLES DUTOIT, t:hef; Sinfonietla de Montréal HAYDN Symphonies no HZ «L'ours» no 83 «La poule» no 84 3-4 mai < >R( HKSTKI SYMPHOMOl I 1)1 MON'f Ri Al Basilique Notre-Dame, 19 h il O BILLETS: 22 $, 13 $, 7 $.en vente aux bureaux de l'OSM Tél: (514) 842-9951 Utilise/ votre carte decrédit.¦jour du Réverbère grand escogriffe suisse amateur dans une petite boite à Lausanne.Puis, amnésie totale côté musique jusqu’à son mariage.Ensuite, il écrira ses premières chansons à l’intention de son fils ( Pierrick) et de sa füle (Camille).De la maison à la scène, le saut restait à faire.Henri Dès sut s’imposer rapidement avec ses chansons, simples, raffinées, franches, sans fioritures et, sans mièvrerie, enrobées d’une musique faeüe à retenir.De nos jours, n’est-ce pas un peu naïf de vouloir s’adresser ainsi aux enfants de la génération Nintendo ?Il s’en explique : « Ils peuvent écouter du rock à la télé puis apprécier ma musique dans leur chambre et rêver.» Et ça marche comme jamais pour Henri Dès.L’auteur du chien « gentü mais sale .quand il mange dans son assiette, U s’en met plein le menton, comme un cochon », du petit garçon qui « a craqué son pantalon en sautant la barrière », ou encore de la fourmi amoureuse qui « fredonne par ses mandibules une chanson nulle », continue d’étonner en France, en Belgique, en Suisse, et même au Cameroun.Dans ses bagages, Henri Dès trimbale 95 chansons bien comptées.Il livre bon an mal an plus d’une centaine de récitals et partout où il passe c’est la même chose : les spectateurs rient et chantent sans cesse avec lui.Henri le grand carbure grâce à son jeune public à qui il arrive d’offrir deux représentations par jour .C’est sa manière : en donner plus à la clientèle.Autrement, il retourne aussi vite possible chez lui, en bordure du lac Léman, et, là il écrit des chansons.Il avoue cependant que plus ça va, créer devient exigeant : « C’est comme un puits qui se vide.C’est vraiment difficile de trouver encore de nouveaux mots et mélodies.» En outre, comment savoir si une chanson est réussie ou pas ?C’est une question de rime, soutient mordicus Henri Dès.« La rime est extrêmement importante en chanson ; c’est ce qui fait qu’on peut retenir aussi bien les paroles que la musique, parce que la rime impose le souvenir de ce qu’on a dit avant et de ce qu’on va dire PHOTO WAN MURISET L’auteur-compositeur Henri Dès se produira à Québec, le 5 mal à 14 h, à la salle Albert-Rousseau, et le 6 mai à 13 h et 16 h, à la salle Marie-Gérln-Lajoie de l’Université du Québec à Montréal.après», commentait en 1988 l’idole des enfants de la francopho- nie.On devrait dire aussi l’idole des parents et des éducateurs qui vouent à Henri Dès un véritable culte, saluant en lui une figure classique, au puis- sant charisme.Si vous ratez cet escogriffe suisse, ne vous en faites pas il sera de retour à Montréal du 27 au 30 décembre à la salle Port-Royal de la Place des arts.Y’a rien de trop beau pour la classe.enfantine ! PHOTO ARCHIVES f m.V ¦ ' ¦ Leni Parker et Wldemlr Normil dans Le Réverbère.Et lorsqu’une autre fille, celle-là caricature de l’hétaïre classique exerçant quelque part du côté de la Place Pigalle, lui demande ce qu’elle fait là, l’équilibriste répond gentiment qu’elle attend la pluie.Ce n’est pas aussi gratuit qu’on pourrait le penser : ça nous vaudra, après bien des temps creux, quelques effets rafraîchissants à la fin du spectacle.Un drôle de spectacle, un peu creux en effet, ou sans idées maîtresses, sinon sans substance.Un spectacle qui n’a retenu qu’à moitié la formule de Virginia Woolf : « J’écris en fonction d’un rythme, non d’une intrigue.» Un spectacle qui est surtout, je crois, handicapé au niveau du langage, du texte, prétentieux et très vide, sans nul éclat lyrique malgré les intentions et les ronrons, le ver-lainien et les flonflons.Un spectacle plaisamment construit comme une chaîne, un quadrille à répétition, une danse où l’on change de main, c’est-à-dire composée de tableaux-rencontres où A, ayant joué sa scène avec B, s’en va pour laisser B avec C, qui, au départ de B, fait son numéro avec D, qui ouvrira son coeur à E, et ainsi jusqu’à H, puisqu’il y a huit tableaux et huit personnages.Le flambeau de la course à relais.Ce n’est pas délirant d’invention mais c’est amusant.On n’en meurt pas à force de se trémousser de rire, d’admiration et de bonheur.Mais c’est original et un peu cocasse.Bon.C’est une cavalcade de personnages pittoresques ou sympathiques, quelquefois attachants et quelquefois brumeux (le quai, toujours), un peu babélisants, comme la Tour, qui parlent plusieurs langues et se joignent à nous venus de l’anglophonie continentale, de l’hispanophonie typique, de la francophonie noire.Ça veut probablement nous expliquer, au cas où nous ne le saurions pas, que, sur le plan local, notre réalité culturelle est multi-ethnique et que, sur le plan global, l’homme contemporain a bien du mal à communiquer, à vaincre la peur ou le mépris de la différence, à trouver le chemin du coeur des autres.La multitude et le désert.D’accord.Mais cette démonstration sous le réverbère ne s’impose pas par la succession des tableaux et des épisodes, malgré l’habileté de leur construction.Elle n’est pas amenée non plus par un dialogue qui hésite le plus souvent entre un réalisme un peu plat et une poésie qui n’arrive pas à déranger efficacement les étoiles d’un ciel pourtant très en demande.Il est remarquable de ce point de vue que l’amant stellaire de la fin soit à ce point éloquent le long temps qu’il demeure Garavouvous dit: muet et à ce point insignifiant dès qu’il prend la parole.Non, le charme de ce spectacle est physique.Il est précisément chorégraphique et corporel.Il ne repose pas du tout, comme le croit l’auteur, sur une quelconque intégration du corps et d’autres éléments, comme le textuel, le mythique, le religieux, le mythologique, sollicitations qu’on ressent mais qui demeurent lettre morte, objets de ressourcement supposé qui n’ont pas réussi à sortir du magasin aux accessoires et qui ont tout à fait bien fait de continuer à y dormir avec Ulysse et Joseph Campbell, inspirateurs revendiqués.Dirigés instant par instant par quelqu’un qui sait faire un opéra, un poème, un ballet féérique d’un rire ou d’une larme, d’un mouvement anodin, d’un geste quotidien de joie, de lassitude, de tristesse, de n’importe quoi, qui sait tout faire exprimer par la courbe d’une nuque, d’une jambe, d’une main, ces comédiens font tout, et admirablement avec leur corps.Exemple, la scène, à voir absolument comme on dit, où Leni Parker, timide, raide et frustrée, se met à danser, d’abord gauchement et avec répugnance, avec Widemir Normil, et où celui-ci l’entraîne, peu à peu, dans une danse folle, hurlante, de possession où, bientôt déchaînée, elle se transforme totalement sous nos yeux.Cet art de tirer du comédien, par la seule gestuelle, une expression aussi vive et complète, tient du miracle.Pour le reste, ces personnages en quête d’auteur, meublant pourtant si bien la scène, donnent le goût de réentendre le texte, par exemple, de Marthe Robert dans Le Cri, autre spectacle, plus substantiel, de Pi- geons International et de Paula de Vasconcelos.LA TÉLÉ CE SOIR * Lumières et sons.Élisabeth Paradis et Guy Richer, du magazine Lumières, s’intéressent aux albums de l’automne dernier.Les invités sont Daniel Mercure, Laurent Saulnier, Gaston Mandeville, Maude, Bundock, Francine Raymond, Sylvain Lelièvre, Claude Lé-veillée, Carole Laure et les B.B.R.Q., 20 h.* Dénatalité.Le film de Carole Poliquin, Le dernier enfant, explore le désir d’avoir des enfants tel que vécu et ressenti par des hommes et des femmes d’aujourd’hui.R.Q., 21 h.?Fatale répulsion.Inspiré d’un fait réel sordide, la dernière condamnation à mort d’une femme en Angleterre, le drame de M.Newell, Dance with a Stranger ( Un crime pour une passion) met en vedette Miranda Richardson, Rupper Everett et Ian Holm.TQS, 21 h.?Mâle à l’âme.La comédie de Gilles Carie Les mâles traite des états d’âme d’un bûcheron et d’un jeune étudiant en manque de femmes.R.-C., 23 h.— G.F.
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