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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-05-05, Collections de BAnQ.

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Ml • le plaisir des ivres jsJ# ULYSSE LA LIBRAIRIE DU VOYAGE 4176 Saint Denis rVm»'- Sous sol Metro Mont Royal 843 9447 1tt|j [ Sainte Catherine Li-m-i.l angle de la Montagne 560 President Kennedy Metro McGill 289 0993 C X .IIVN 842 7711 GUIDES DE VOYAQE CARTES ROUTIÈRES CASSETTES VIDÉO ACCESSOIRES Montréal, samedi 5 mai 1990 »»* * 4 • i * $ » f » 4 * PHOTO JACQUES GRENIER CLAUDE VAILLANCOURT - v ¦-L-.Ll-'-: ! \ M 11 f,.-.V tolre est fréquenté par une faune de gens fragiles et instables qui regardent les mêmes films et se nourissent des mêmes Illusions.force de voir des films, Ils ne distinguent plus le réel de la fiction, confondent l’amour du cinéma avec l’amour au cinéma.son premier roman, remarquable, Claude Valllancourt nous raconte avec brio cette histoire d’amour et de cinéma.ROMAN f) l’Hexagone lieu dislinctll de l'édition littéraire québécoise ROMAN Gabzou L'auteur de Promenades et tombeaux, Jean O’Neil, vient de publier chez Libre Exprès-sion Gabzou de Marieville, prince de Man- O dragalore.Il H nous y raconte g son quotidien H de père d’un ^ J jeune garçon pj dans une pe- \/ tite ville, mais surtout le quotidien d'un enfant dégourdi, dé-luré, Gabzou.JEAN O’NEIL C’est Noël et Gabzou exige d’assister à la messe paroissiale des enfants célébrée à vingt heures en la vigile.Le désir tient davantage aux propos entendus à l’école qu’à ceux échangés à la maison.— Carine et Vincent sont dans le choeur de chant.Simon va servir la messe et moi je ne vais jamais à l’église.C’est Noël et je veux y aller.On ne va tout de même pas en faire un enfant martyr du mouvement laïc.Sauf que Lyne, enseignante, se fait toujours accoster par ses élèves et / ou leurs parents et qu’une visite à l’église de sa paroisse se terminerait forcément par d’interminables « Joyeux Noël » dans la neige et le froid sur le portique alors qu’elle est déjà grippée.Me voici donc à l’église avec mon beau-fils, moi, le plus inconnu des inconnus de Marieville.Délectation pour tous ceux qui connaissent Gabriel sans connaître son récent beau-père.On me zyeute sous tous les angles, du moins le crois-je, et la cérémonie est loin de me déplaire avec sa mise en scène, ses décors, ses costumes et l’implication des paroissiens qui me rappellent qu’au Moyen Âge le social et le sacré étaient indissociable.Même la guerre n’était pas la guerre, c’était la croisade.Gabzou est loin de ces préo-cupations et il s’amuse éperdument à reconnaître Danièle Voir page D - 9 : Inédit Claude Vaillancourt Le Conservatoire Il s’avance, il déjoue les défenseurs ennemis, lance.et c’est le livre : Guy Lafleur, l’ombre et la lumière, de Georges-Hébert Germain, publié par Art global et Libre Expression.C’est une autre montée spectaculaire, au firmament des best-sellers cette fois, pour le démon blond.Car la légende vivante originaire de Thurso ne laisse personne indifférent.On comprend pourquoi lorsqu’on le ren- contre dans un de ses restaurants préférés.un restaurant japonais spécialisé dans la préparation de sushis.Guy Lafleur porte un complet noir à la fine pointe de la mode.La tête haute, la stature impres- Entrevues de GUY FERLAND I L’écriture sans frime ; de Claude Duneton 4 % ’ Guy Lafleur PHOTO JACQUES GRENIER sionnante, il marche d’un pas décidé.Lorsqu’il sert la main, on a l’impression d’avoir une petite menotte de rien du tout.Ses yeux sont clairs et sa parole franche.De toute sa personne émane une sorte de joie de vivre, de bien-être.Ses propos sont précis, secs et rapides, comme ses lancers au hockey.À toutes les questions, il répond simplement, sans détour.« C’est mon avocat qui m’a proposé de faire un livre sur ma vie lorsque j’ai pris ma retraite, explique l’ailier droit.Je trouvais l’idée bonne, mais je ne voulais pas que ça se réalise à ce moment-là parce que je commençais seulement à relaxer.Lorsqu’on m’a proposé, plus récemment, de faire un livre sur moi, mais en mettant en valeur le côté humain, j’ai immédiatement embarqué dans le projet.J’ai demandé que l’auteur soit un écrivain pour donner un autre point de vue du sport, une vision différente du hockey qui va chercher un autre type de clientèle.» Connaissant déjà Georges-Hébert Germain, Lafleur savait que tout fonctionnerait bien avec lui.« Nos rencontres ont toujours été cordiales et en aucune occasion je n’ai été gêné de raconter quoi que ce soit.Il faut dire que je ne regrette jamais rien.Une fois une décision prise, je la poursuis jusqu’au bout.» Cette droiture de caractère est certainement la marque distinctive du démon blond.Tout au cours de sa vie, il a poursuivi un but précis.Dès l’age « pee wee », par exemple, il voulait Voir page D - 9 : Lafleur tive.Le contrat en question comportait une autre clause importante : compléter la rédaction de la biographie de Flower dans un laps de temps très court.Georges-Hébert Germain avait déjà publié quelques livres, mais jamais de cette ampleur.« Il faut dire aue c’est moi qui est aller voir l’éditeur pour me proposer comme auteur, explique le biographe.Au départ, Denise Bombardier avait été approchée et c’est elle-même qui m’a dit qu’on cherchait un biographe pour Lafleur.De mon côté, tout concordait : j’avais déjà rencontré Guy pour un reportage pour la série “Démocratie”, il avait aimé notre entretien et son personnage m’intéressait.» ODILE TREMBLAY Il porte des demi-lunes à la Pivot derrière lesquelles il' vous décoche quelques regards mi-doux mi-goguenards.Et puis il se met à parler lentement en pesant ses paroles puis à rire entre les pauses.Centre-ville de Montréal, entre le potage et le poulet, dans la salle à manger d’hôtel abritant mon entretien avec Claude Duneton, l’atmosphère est chaleureuse et rigolote.Est-ce de percevoir la littérature comme une école de sincérité qui le porte à fuir l’affectation ?« C’est en se dépouillant de toutes les frimes possibles que l’on découvre le son de son propre instrument », me confie, soudain grave, l’écrivain.À travers la douzaine d’oeuvres semées derrière lui, Claude Duneton a bondi d’un genre à l’autre.Si son nom demeure surtout identifié aux ouvrages qu’il a composés sur la langue française (dont Parler croquant et La puce à l’oreille), il a tâté aussi du roman historique (Petit Louis, dit XIV), flirté avec la poésie fantastique (L’Ouilla).Voici que ce prolifique lance Rires d'homme entre deux pluies, un premier vrai récit de vie et d’amour et une oeuvre qui soulève sur son passage les murmures flatteurs de la presse et du public.Il faut dire que le livre vous a au charme de ses accents tendres qui tombent juste là où il faut, d’une histoire qui n’en est presque pas une, tellement elle s’étire, traîne parfois en longueur, puis se met à bouillir, comme la vie.Un ouvrage intimiste, beau aussi, avec ses pages d’amour, de gouaille, de mélancolie, sa langue merveilleusement vivante.En vedette : le Paris des années 70 à Voir page D - 9 : Duneton Claude Duneton Georges-Hébert Germain avait un double défi à relever en entreprenant la rédaction de la biographie du célèbre numéro 10 du Canadien de Montréal : raconter de façon intéressante une histoire dont tout le monde connaît les grandes lignes et éviter d’écrire une hagiographie ou un texte à sensation rempli de révélations piquantes.Ces écueils franchis, Georges-Hébert Germain devait également garder à l’oeil les journalistes sportifs qui ne manqueraient pas une occasion de montrer ses erreurs du doigt et essayer de piquer la curiosité des gens qui ne connaissent pas nécessairement le hockey.« Tout un contrat », lançait ironiquement le journaliste Réjean Tremblay à l’auteur lorsqu’il le voyait grappüler des informations chez la gente spor- De plus, le projet d’écrire une sorte de grand reportage sur un sujet que M.Germain ne connaissait pas U ès bien constituait un stimulant supplémentaire.L’auteur, en effet, est journaliste avant tout.11 a commencé sa carrière à La Presse avant de devenir reporter à L’actualité.Il a pris congé il y a deux ans pour entreprendre un roman sur Christoph Colomb qu’il a finalement laissé en plan pour Voir page D - 9 : Germain PHOTO JACQUES GRENIER Georges-Hébert Germain UN BIOGRAPHE ET SON SUJET GEORGES-HÉBERT GERMAIN Écrivain par la bande GUY LAFLEUR Celui qui fait bande à part T I D-2 ¦ Le Devoir, samedi 5 mai 1990 î^: ;iï • h’plaisir des ivres Le beau risque de l’écrivain JEAN ROYER Écrire ou ne pas écrire l’écrivain de cette fin même et à sa société ?Autour de cette question se sont réunis une trentaine d’écrivains venus de dix pays, à l’occasion de la 18e Rencontre québécoise internationale qui s’est tenue à Mont-Rolland puis à Montréal, du 27 avril au 1er mai.Le ton se faisait tantôt grave et matérialiste.On aurait cru assister par moments à une rencontre entre dandys et militants: les uns portant la bannière de l’écriture comme morale et les autres défendant celle de la communication comme arme de la démocratie.Durant trois jours sont revenus autour de la table les mots « vérité», «responsabilité», «statue », « doute » et « silence ».Au moment où des sociétés se libéralisent à l’Est, l’écrivain hier en prison peut se retrouver au pouvoir aujourd’hui.D’un autre côté, tandis que l’économie fait foi de tout à l’Ouest, l’écrivain perd du terrain dans la Cité et son pouvoir est ailleurs.Mais il y a toujours, dans le monde, des écrivains qui se taisent en prison et d’autres qui écrivent des best-sellers.La diversité des écrivains invités à la Rencontre, poètes, romanciers, essayistes, professeurs et critiques, a fait naître la réflexion d’un heureux mélange des cultures.On y a reconnu l’élégance des uns (Michèle Per-rein, Madeleine Gagnon, Monique LaRue ainsi que les Brésiliens Marina Colasanti et Affonso Romano de Sant’Anna, entre autres), la finesse et l’humour des autres (dont l’Italien Carlo Frut-tero et Naim Kattan).On a remarqué l’esprit de liberté des poètes comme le Tunisien Tahar Bekri et les Français G il Jouan-nard et François de Cornière.On a admiré la virtuosité du discours d’écrivains comme Jacques-Gérard Linze, Jacques God- Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS jeudi 10 mai de 17h à 19h JEAN-FRANÇOIS USÉE Dans l’oeil de l’aigle if Boreal vendredi 11 mai de 17h à 19h MARGARET ATWOOD Oeil-de-chat ÉDITIONS ROBERT LAFFONT samedi 12 mai de 14h à 16 h EDMOND DAVID BACRI (EDDY MARNAY) Lave-toi les mains, mon fils, et pèle-moi une orange.Stankç samedi 19 mai de 14h à I5h ALEXANDRE JARDIN Fanfan Flammarion vendredi 25 mai de 17h à 19h CHARLOTTE BOISJOLI Jacinthe • l'Hexagone samedi 26 mai de 14h à 16h HÉLÈNE DESPUTEAUX MICHEL AUBIN Aujourd’hui je reste chez moi CASTERMAN Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche à 15hetàMh_ 1120.av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 ?Quels risques court de siècle, face à lui- i bout, Jacques Folch-Ribas et Nicole Brossard, par exemple.La rencontre posait donc la question des risques du métier pour l’écrivain (LE DEVOIR du lundi 30 avril).Quels sont ces risques ?On a évoqué les tentations de la solitude et du doute, de la mort contre l’invention de la vie, du mensonge et du radotage.On a aussi placé les risques de l’écrivain par rapport à ses lecteurs et à la société.« Le mythe de l’écrivain s’est modifié, a rappelé John Saul: on ne veut plus de nous comme révolutionnaires.Nous travaillons avec un langage mort qui n’arrive plus à changer la société.D’autre part, ajoute Nairn Kattan, l’écrivain devenant vedette d’un star-system risque d’employer son oeuvre comme carte de visite.À partir de ce moment, conclut Jacques Godbout, on cesse d’écrire.La question des risques du métier invitait aussi à parler de l’engagement de l’écrivain dans nos sociétés occidentales, où il ne court aucun risque personnel, sinon celui de la censure des pouvoirs financiers.Autrement, il peut écrire en paix.Dans la société québécoise, l’écrivain ne court aucun risque, ont répété Jacques Godbout et André Brochu.Ce dernier a fait surtout remarquer « l’absence des écrivains et des intellectuels dans un débat devenu très général sur la souveraineté du Québec ».Là-dessus, le Canadien John Saul s’est cru autorisé à renchérir, accusant non seulement le silence des intellectuels québécois mais reprochant au Québec d’avoir vendu les droits du Canada en acceptant l’accord du libre-échange avec les États-Unis.Ce sont surtout les poètes qui, tout le long de cette Rencontre, ont porté le débat sur un plan littéraire.Ils ont rappelé les risques virtuels du metier: ceux du silence, du désespoir et du cabotinage (Nicole Brossard).« Le risque du métier, c’est moi », a lancé Normand Chaurette, plaçant l’écrivain devant sa mort.Le risque, c’est de perdre le sens de l’oeuvre (Guy Cloutier) ou de la forme (Normand de Belle-feuille).Le risque du métier, c’est de vouloir communiquer au lieu de parler, a rappelé le dramaturge Valère Novarina, dans un texte qui fait l’apologie de la parole.« À l’image mécanique et instrumentale du langage que nous propose l’idéologie de la communication, j’opposerai l’écrivain et son travail, et sa descente dans les paroles ».Novarina nous met en garde contre « le risque d’être pris par le bal communicatif, enrôlés dans l’armée des communiquants, et d’oublier ce que nous avons tous entendu au moins une fois, en secret, dans la solitude des mots».« Parler, dit Novarina, c’est attaquer le monde avec sa bouche, briser, renverser et savoir mordre.Champigny célèbre LE DEVOIR Les dirigeants de la librairie Champigny, sise au 4474, rue Saint-Denis, veulent contribuer à leur façon à la campagne de financement du quotidien de la rue Saint-Sacrement.En se rendant dans ce haut heu de la culture aujourd’hui et demain, les visiteurs pourront en effet contribuer indirectement à la campagne de souscription, soit en achetant un livre dont on remettra 20 % du prix au DEVOIR, soit en déposant les coupons-rabais dans une boîte spéciale, la librairie remettant le double du montant total ainsi accumulé au quotidien.De plus, les ventes totales d’un encan humoristique qui se tiendra dimanche à compter de 13 h seront versées au journal.« On veut participer à la compagne de financement du DEVOIR parce qu’on croit en la nécessité d’un journal indépendant et qui accorde une place privilégiée à la littérature, explique le directeur général de la librairie Claude Talbot.Au lieu de donner simplement une somme d’argent, on a pensé créer un événement qui sensibiliserait les gens au livre.On fait ainsi d’une pierre deux coups.» Plusieurs écrivains, des journalistes et des éditeurs participeront à cet événement unique à Montréal.Ainsi on pourra rencontrer Fran- çois Barcelo, Roch Carrier, Francine D’Amour, Marcel Dubé, Daniel Gagnon, Dany Laferrière, Jean-François Li-sée, Yves Navarre, Alice Parizeau, Raymond Plante, Jean-Marie Poupart, Monique Proulx, Élise Turcotte et plusieurs autres.Parmi les objets soumis aux enchères, on remarque plusieurs centaines des meilleurs livres offerts par les éditeurs, des livres dédicacés, des manuscrits d’auteurs célèbres, un tableau de Daniel Gagnon, etc.Bref, c’est un rendez-vous à ne pas manquer.RECHERCHE 57.RUE DE SEINE 75280 PARIS CEDEX 06 TEL (1) 43 54 32 84 numéro SPECIAL SPÉCIAL N° 221 MA11990 5,50$ LES MYTHES DE L'EAU par P.Thuillier LA STRUCTURE DE L'EAU par D.Eagland L'EAU DANS LE COSMOS par A.Omont et J.-L.Bertaux LE CYCLE DE L'EAU ET LE CLIMAT par J.Pinto Peixoto et A.-H.Oort LES EAUX DE PLUIE DANS LES VILLES par IA.Desbordes, J.-C.Deutsch et A.Frérot LES GISEMENTS D'EAU SOUTERRAINE par J.Margot LA QUALITÉ DE L'EAU par J.Mallevialle et T.Chambolle LA POLLUTION DES FLEUVES par Al.Meybeck LA POLLUTION PAR LES PHOSPHATES par G.Barroin LE LAC BAIKAL EN SURSIS par G.Galazii LA DESERTIFICATION par F.Di Cast ri L 'IRRIGATION DU FUTUR par Fl.-G.Jones L 'ICONOMIC DC L'EAU CHU ICS NIAMMIFÈMS par C.de Rouffiqnac et L.Bankir LA SOIF par S.Nicolaïdis EAU!, PUBLICITÉ ET VIE PSYCHIQUE par E.Toubiana et G.Gachelin A QUI APPARTIENT L'EAU?par J.-L.Gazzaniga OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT — UN AN: 49,00 $ Je souscris un abonnement d'un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 49,00 $.Veuillez payer par chèque établi à l’ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom______________________________—-—-Adresse- Ville______________________________________________ Code postal Fiction et biographies 1 Guy Lafleor, Georges-Hébert Libre L’ombre et la lumière Germain Expression (-)* 2 Tremblement de coeur Denise Bombardier Seuil d) 3 Fanlan Alexandre Jardin Flammarion (2) 4 A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie Hervé Guibert Gallimard (3) 5 Le pendule de Foucault Umberto Eco Grasset (4) 6 L’Immortalité Milan Kundera Gallimard (5) 7 Les Hommes cruels Katherine Pancol Seuil (6) ; 8 Les Pérégrines Jeanne Bourin F.Bourin (7) • 9 L'Univers Gulliver Lili Gulliver VLB (8) 10 La Petite Marchande de prose Daniel Pennac Gallimard 0) Ouvrages généraux » 1 Dans l’oeil de l’aigle J.-F.Lisée Québec/Amérique (-) 2 Lettres à Sartre Simone de Beauvoir Gallimard (-) , 3 Le Bazar Daniel Latouche Boréal (2) 4 Les Années Trudeau Axworthy-Trudeau Le Jour O) 5 Journal de guerre André Laurendeau VLB (4) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Raf-lin, Demarc, Gallimard; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G.-G.Caza; Joliette Villeneuve, Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente GUY FERLAND Une librairie pour les jeunes La librairie Renaud-Bray jeunesse, sise au 5199, chemin de la Côte-des-Neiges, sera inaugurée officiellement mardi prochain de 18 h à 20 h.La directrice de cette institution, Louise Pratte, profite de l’occasion pour lancer le livre de Dominique Demers, collaboratrice au DEVOIR, La bibliothèque des enfants (Editions de l’Homme).Les 300 livres sélectionnés par l’auteur dans son ouvrage seront exposés à la librairie.Un soldat de bois sera à l’accueil et un dragon géant fera le guet sur le toit.Bande dessinée québécoise en assemblée générale L’association des créateurs et des intervenants de la bande dessinée tiendra sa 3e assemblée générale dimanche à l’Université du Québec à Montréal.L’ACIBD est un organisme sans but lucra tif créé dans le but d’encourager la réalisation, l’édition, la diffusion et la promotion de la bande dessinée québécoise.Elle regroupe une quarantaine de professionnels, tant des scénaristes, des dessinateurs, des éditeurs que des journalistes, des bibliothécaires et des libraires.Gala littéraire À l’occasion des 25 ans d’existence de Ville de Laval et du 5e anniversaire de la Société littéraire de Laval, cette dernière a organiser un concours Laval s’écrit et une soirée de gala au cours de laquelle seront proclamés les lauréats du concours.Le public est cordialement invité à cette soirée qui se déroulera le lundi 7 mai à 20 h, à la salle de spectacle de la Maison des Arts (1395, boul.de la Concorde Ouest).Téléphone : 662-4442.Prix littéraire Jacques Gauthier a remporté le premier prix du concours de poésie de l’Alliance-française d’Ot-tawa-Hull pour son recueil de poèmes L’envol de joie.Voyage littéraire Il reste encore quelques places pour le voyage littéraire organisé par la Société des écrivains canadiens, qui aura lieu du 1er au 22 juillet en France.Le séjour comprend la visite de 25 musées d’écrivains, de Victor Hugo, Balzac, Flaubert, Zola, en passant par Rabelais, Corneille, Jean De Lafontaine, Chateaubriand et Geroge Sand.Il y aura également des visites des châteaux de la Loire, de Verseilles, de Malmaison, de Compiègne, de Vaux-le-Vicomte; et de quelques cathédrales telles que celles de Rouen, Reims, Chartres, Beauvais.Informations supplémentaires : (418) 681-1703.Rencontres littéraires Guy Lafleur sera à la librairie Demarc du Complexe Desjardins pour une séance de signature, mardi le 8 mai entre midi et 14 h.L’écrivain philosophe Paul Chamberland rencontrera le public mardi le 8 mai au collège des Eudistes, 3535 boul.Rosemont, à 20 h.L’infatigable poète animante Ja-nou Saint-Denis reçoit François Charron et Sylvain Turner à la Place aux poètes, mercredi à 21 h, à la Butte Saint-Jacques, 50, rue Saint-Jacques Ouest.LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER! Santé et Services sociaux Québec Daniel Gagnon Venite A CANTARE l/écriturc de Daniel Gagnon, d ieux ic en ieu\ rc.dex ient une xéritaNe musique.I )ans ex- n mian scintillant * 'VKJÎVxil Z.*** :::r, h ‘ La littérature d'aujourd'hui Jean-Paul Fugère LA PLACE DE LA MUSIQUE Quelle phu e occupe la musique dans les vies il Allred et île I red' À travers le déroulement pesant d’une journée d'attente, au ci mis de laquelle Alfred, nouveau retraité, se débarrasse île son piano, et le surgissement aléatoire d’instants de la l ie île I red.deux mondes se juxtaposent dans un montage abrupt.A travers Eileen aussi, qui est à la lois la musique et son contraire, ces lieux mondes finiront par se toucher ei nous rejoindre.I5,s0 $ - LEMÉAC JKAN FOYIAIW: LES LIEVRES DE Saint-Giron ROMAN LES LIÈVRES DE SAINT-GIRON PRIX ROBERT-CLICHE 1990 JEAN FONTAINE Une chronique fantaisiste où défile un cortège de personnages vivants et burlesques.Quinze- 15,95 S < D-10 ¦ Le Devoir, samedi 5 mai 1990 • le plui sir des ivres L’art difficile d’apprivoiser l’amour Claudie Stanké et Marc K.Parson écrivent en duo.À l’occasion d’un précédent roman publié aux éditions Robert Laffont (et intitulé Naïve de Yves DUBE A Les cornets Gouache) en 1988, on a beaucoup insisté sur l’art d’écrire à quatre mains.Peut-être voulait-on faire remarquer la musicalité de l’écriture ou peut-être simplement s’interrogeait-on sur les mystères que doivent partager deux auteurs pour co signer une oeuvre.Je ne crois pas utile de revenir sur ce questionnement.Il me suffit de remarquer que la présence de deux écritures, de sexe différent, apporte à ce roman d’amour une complémentarité qui permet aux personnages d’être davantage eux-mêmes.Marc K.Parson a-t-il illustré les propos de Jacques et Claudie Stanké ceux d’Évelyne ?Je crois plutôt que, force majeure pour la réussite du roman d’amour, ils en ont été tour à tour tous les personnages, en ont défendu leur vision, les ont fait évo- luer vers leur achèvement comme deux rameurs qui doivent « s’accorder» pour faire avancer la pirogue.Le résultat, à mon sens, comporte les éléments nécessaires pour assurer notre envoûtement.J’aime les romans d’amour.J’en raffole, même.Je veux qu’ils me transportent, qu’il aiguisent mes passions, qu’ils m’aident à les transposer, qu’ils me forcent à les revivre au rythme des palpitations des personnages qui, s’ils sont sincères, me deviendront plus que complices.me deviendront porte-parole, porte-flambeau, porte-flamme aux Olympiques des saccades du coeur.Le si beau mensonge de Flaubert s’écriant « Madame Bovary c’est moi » ne couvre qu’à demi la vérité fondamentale du passionné qu’il était.Il aurait dû dire : « De toute ma volonté, j’aurais bien voulu être Madame Bovary, mais on ne me l’a pas permis.» Dans la vie, on ne se laisse que rarement aller jusqu’au faîte (fêtes ?) de la passion.Madame Bovary, elle, oui.C’est sans doute pourquoi les exégètes de l’oeuvre ont dit qu’elle n’était pas intelligente.Mais Flaubert, lui, avait la prétention de l’être, intelligen-t.Il a donc beaucoup trans posé pour oser affirmer son identité à son personnage.C’est là le sens de son demi-mensonge.Les COLLECTION 5 Y N ° f H ° £ 5»f dirigée par Jacques Leclerc COMMENT PARLER D’UN SPECTACLE DE THÉÂTRE?.h ii i su \ i g e ;i il t Avec des outils pour décrypter la «performance» de l’oeuvre dramatique: l'espace théâtral, les objets et le jeu.Avec des modèles d’analyse: Vie et mort du Roi Boiteux.Les Paravents, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, Oublier.Avec des activités théoriques et pratiques.COMMENT PARLER DE LA LANGUE?.c c I e r u I n la situant parmi d'autres, en présentant son histoire et scs influences, lin présentant les relations entre la langue et la psychologie, le droit, la sociologie et l'ethnologie.lin la questionnant.Collection Synthèse Le roman québécois, Monique Lafortune Langue et société, Jacques Leclerc ht communication orale efficace, Michel f rankland En vente chez votre libraire m™ 1977.boul.Industriel Laval (Québec) H7S 1P6 Ici 667-9221 - I 800 361-9264 PHOTO JEAN-MARIE BIOTEAU Le duo des écrivains, Claudie Stanké et Marc K.Parson.romanciers qui parlent de l’amour sont toujours des menteurs.Il semble que nous devions adorer ces faiseurs de fausses vérités parce qu’ils nous permettent de crever le voile sur quelques autres qui risquent de nous toucher dans notre intimité la plus profonde.Il n’est pas facile d’innover quand on écrit sur la passion.Il faut que le lecteur ait l’impression qu’on lui révèle de nouvelles facettes d’une réalité qui le tenaille sans cesse et dont il croit avoir fait mille fois le tour.Tout de même, heureusement, il faut bien le dire, le lecteur est un peu comme l’enfant qui a besoin qu’on lui raconte une histoire avant de dormir.« Non, pas celle-là .Celle de l’autre soir.Tu sais.Raconte-moi une belle histoire, je t’en prie ».Entre le goût de la nouveauté et le besoin d’entendre des mélodies dont les rythmes enchanteurs berceront notre âme à tout coup se logent des sursauts de curiosité bienfaisante, des désirs fiévreux, brûlants, des angoisses à faire taire, des intuitions à vérifier.Plus jamais l’hiver, en comblant ces attentes, en éponge les fièvres par moments, en provoque les délicieux délires.En effet, ce roman, en même temps fiévreux et délirant, conjugue les ébats amoureux aux élans du coeur de façon à nous entretenir sous le charme renouvelé des propos à saveur de larmes et d’extase, de retenue et de violence, d’images fugitives et de projections brutales.Les auteurs veulent en faire le roman du mûrissement de l’amour.Dans les faits, Évelyne et Jacques ne se sont pas vus depuis 10 ans.Tout doit les séparer comme tout finira par les unir, en passant par toutes les expiations, voires toutes les purifications incantatoires.En explication, on nous parle d’intuition génétique, et meme de mémoire génétique .Pourquoi pas ?Je trouve cela assez amusant.Mais, je m’inquiète parce que s’il y a intuition et mémoire génétique, il pourrait également y avoir trahison génétique, et alors tout s’écroulerait et tout serait à recommencer.Peut-être aurais-je peur que cette histoire d’amour avorte comme souvent dans la vie les idylles achoppent à des pierres posées, on ne sait où, par les dieux mesquins, jaloux des quelques minutes de bonheur que les amants ont décidé de voler à leur destinée.Trahison génétique, ai-je dit, transposition dangereuse aussi, devrais-je ajouter.Évelyne note : « Il me parlait de son père, je pensais à ma mère.» La mémoire génétique, mal irriguée, a des fuites, des échappatoires, des circonvolutions impénétrables.Puis, de plus, il y a des concessions à la facilité qui empêchent de poursuivre sur la voie qui fait peur autant qu’elle enthousiasme, des atermoiements qui s’expriment ainsi : « Dis-moi des mensonges, des mensonges qui se trahissent eux-mêmes, mais auxquels je m’accrocherai parce qu’ils sont beaux, parce qu’ils sont doux.» L’amour.La passion.Mais la confusion des sentiments aussi.En effet, comment insérer le doute sur l’existence des souvenirs dans cette mémoire génétique qui, par moments, devient impénétrable et qui, à d’autres, pourrait bien devenir imperméable ?D’où le débat risque des antagonismes et les constatations d’usage : « Tu sais, Hope (c’est ainsi que Jacques a rebaptisé Évelyne), une histoire d’amour, ça ne se raconte pas ».Ajoutons qu’il y a aussi le milieu ambiant — les autres.la mémoire collective qui n’a que faire des intuitions génétiques.N’est-ce pas un mythe de croire que les amoureux sont seuls au monde ?Et encore plus, il y a l’absurdité des comptes à rendre obligatoirement — Ça c’est le froid, le lieu où s’étiolent précisément tous ceux qui ne franchissent pas la barrière : les laissés pour compte.— Provocation d’une poussée d’agressivité et possibilité, comme écrivent les auteurs, que « l’agressé devienne agresseur ».Mais, c’est là le jeu et je le trouve sacré.De nombreux bonheurs de style.Évelyne, continuation d’Anne, imprévisible, un peu incarnation d’un psychédélisme « revisited ».Jacques, retiré à la campagne pour mieux conjuguer ses pulsions au printemps de la nature, lui, pourtant rendu à l’automne de la vie.Et tous les autres .surtout, plus jamais l’hiver.Car, il y a l’amour ! Je crois que, si j’aime tant les romans d’amour, c’est qu’aucun ne peut contenir toutes les impulsions en une seule envolée.Pas plus qu’aucun acte amoureux, si totalement achevé soit-il, ne peut tuer le désir de recommencer.PLUS JAMAIS L’HIVER Claudie Stanké et Marc K.Parson Libre-Expression, Montréal, 1990, 149 pages.Le présent, le passé, la fiction et la réalité OLIVIA POUR MÉMOIRE Liliane Gourgeon Paris, Belfond 1990, 204 pages CHANTAL BEAUREGARD Sébastien aimait profondément Olivia.C’était une vraie rousse et, croyait-il, une mère extraordinaire comme il y en a peu.Sa mort subite survenue au cours d’un voyage a plongé l’enfant, âgé de 11 ans, dans une longue léthargie.Une mort longtemps demeurée mystérieuse.À mesure que le temps passe, l’enfant reprend peu à peu le goût à la vie.Un trésor récupéré dans la chambre d’Olivia et composé de lettres, de photographies et du journal de sa mère, aide Sébastien à reconstituer les souvenirs d’une femme dont il ignorait la vie secrète.Par ses lectures, il a vite la confirmation que Luigi, complètement déboussolé par le vide laissé par Olivia, est son père adoptif.Il cherchera donc le vrai.Le personnage principal qui est aussi le narrateur restera longtemps tourmenté par le décès de sa mère.Cela donne un récit dense, chargé d’émotions et entrecoupé d’extraits du journal d’Olivia.Le lecteur est ainsi entraîné dans un chassé-croisé entre présent et passé, fiction et réalité.« Olivia miséricorde, alléluia, allegria, venait me voir.(.) C’était comme la séquence d’un film à l’infini répétée et projetée dans ma chambre ou plutôt les rushes d’une séquence».Puis, l’histoire qui progressait avec une extrême lenteur s’emballe alors trop vite à mon sens.Sébastien grandit et vit son premier amour auprès d’Armelle dont le corps rappelle un modèle de Renoir ou Rubens.Il apprend que Luigi est homosexuel, déménage avec lui en Italie pour des raisons pas si évidentes, devient un photographe de grand talent et tombe amoureux d’une fille superbe, Alba.Toute cette action précipitée vient malheureusement briser le rythme du roman.Le lecteur trouvera par ailleurs une explication à la mort d’Olivia dans les dernières pages.S’il n’a pas perdu le goût de l’intrigue en cours de route.Les francophones se donnent le mot MARIE-ÉVA DE VILLERS TOUTES proportions gardées, les Québécois achètent, et probablement consultent davantage de dictionnaires, d’ouvrages portant sur la langue que tous les autres francophones.Cette fièvre lexi-cographique semble maintenant dépasser les frontières du Québec.De Moncton à Toronto, on s’offre également des outils pour la défense et l’illustration du français.En Acadie À Moncton, Louis Fournier, professeur de français, vient de publier aux Éditions Rabelais le premier cahier intitulé Anglicismes I de la série Sur le bout de la langue.Avec humour, bon sens et mesure, il débusque et décortique les anglicismes de toutes natures (calques, emprunts, anglicismes d’orthographe, de sens, de prononciation, de syntaxe) auxquels sont particulièrement exposés ses compatriotes.Si la nomenclature de l’ouvrage est relativement restreinte (environ 450 entrées), l’information est présentée de façon dynamique, à l’aide d’exemples bien concrets qui sont accompagnés d’explications claires et d’exercices qui permettent de vérifier les connaissances acquises.Dans son avant-propos, l’auteur nous précise que son cahier est autodidactique et que toute personne intéressée à perfectionner son français pourra l’utiliser avec profit.Parce que le recueil est constitué des « fautes les plus horrifiques et les plus magnifiques » relevées dans les copies des étudiants, dans les articles de journaux, et même dans les notes de service des supérieurs de l’auteur ( ! V Sur le bout de la langue — Anglicismes I traite certainement des problèmes les plus courants et apporte les clarifications les plus utiles.À Toronto Les Éditions Rényi viennent de publier le Dictionnaire français auquel ont collaboré Sophie Arthaud, René Le Bel, Gina Lepage, Pierre Rényi et Patrice Soulard.Cette publication fait partie de la collection remarquablement polyglotte Heritage Language Dictionaries qui comporte déjà des versions en cantonais, en grec, en letton, en polonais, en ukrainien, en estonien, en italien, en lituanien et en espagnol.Paraîtront notamment des versions en arménien, en catalan, en allemand, en hongrois, en japonais, en portugais, en russe; au total, le dictionnaire paraîtra en 31 langues ! Destiné aux jeunes anglophones qui souhaitent se familiariser avec le français, ce dictionnaire illustre à la manière des bandes dessinées plus de 3000 expressions ou mots français qui sont accompagnés de leurs équivalents anglais nord-américain.Les variantes orthographiques de l’anglais britannique sont signalées; les notions abstraites, difficiles à traduire en images, sont précisées à l’aide de contextes explicatifs.Les entrées sont classées dans l’ordre alphabétique de l’anglais, mais un index exhaustif des mots français permet aux francophones d’accéder rapidement à l’information illustrée et au vocabulaire anglais.Excellent outil pédagogique — on songe notamment aux jeunes allophones — le Dictionnaire français des Éditions Rényi donne à l’enfant la possibilité d’apprivoiser une autre langue en s’amusant, en décodant des bandes dessinées en couleurs dont le personnage central est une fillette espiègle, Julie, qui a un petit frère, mille idées, un papa qui est amiral et une maman qui aime l’aventure.Il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouvel ouvrage linguistique paraisse; il me semble que jamais la langue française n’a suscité autant de recherches, de réflexions, de créativité de la part de tous les francophones.Il est vrai que le plaisir et la richesse des mots sont inépuisables.Le voyage, miroitement ou miroir de la vie SMARA Michel Vieuchange Phébus, Paris,1990, 264 pages ANDRÉ GIRARD Merveilleuse vocation des curieux, le voyage fusionne l’art d’être ailleurs, et la soif de connaître au mouvement de soi vers les autres.La littérature des voyageurs est diverse.Elle commence dès que l’itinéraire abstrait, tracé sur les cartes, devient parcours, part vécue, accomplissement du désir.Découvertes, déconvenues, retards, enchantements se conjuguent avec rencontre, catastrophes, dégoût du retour et dilatation du temps.Voyager, ou découvrir par soi-même l’étrangeté reconnaissable, le miroitement de la vie.Le voyageur persistant en la curiosité de son regard, réveille le pouvoir en chacun de devenir étranger à la carte des lieux et des trajets — généralement connu sous le nom de réalité — et chaque épisode de son journal, de son récit, devient ce message impérativement inscrit dans le paysage : Allons ! Viens voir.Ces carnets de route d’un fou du désert nous font découvrir un homme qui brûla sa vie au feu du plus vaste brasier terrestre.Le 10 septembre 1930,« dans un instant qui n’était ni de joie, ni d’inquiétude, mais de hâte », Michel Vieuchange, déguisé en femme berbère et escorté de quelques compagnons indigènes, se lance sur la piste de Mauritanie.Cet amoureux des cartes et des estampes a repéré, au coeur du Sahara mauritanien, une province encore interdite ou tout étranger surpris en intrus est automatiquement puni de mort.Dans cette zone dissidente se trouve la légendaire cité de Smara.Tel est le but de sa route, parcourue dans la contraction de l’espérance.Michel Vieuchange cherche un espace à conquérir, où se perdre.L’écriture de ses carnets, écriture en état d’urgence, réduite à l’essentiel, confère aux épisodes de son périple une caractère inoubliable ; nuits passées au fond du désert, campements balayés par le vent, oasis inespérées, rencontres inquiétantes ou fraternelles autour d’un feu de broussailles : mais aussi la soif ardente, les blessures lentes à cicatriser et les découvertes de cités enterrées par le Temps.Le voyage dont il est ici question relève à l’évidence de l’initiation : « Smara fini, je le sens, nos jeunesses seront accomplies, nous entrerons dans un autre âge.» Ce qui importe ici, de même qu’en toute quête, c’est le chemin parcouru — ou plutôt c’est le chemin lui-même qui secrètement se confond avec le but visé.
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