Le devoir, 11 mai 1990, Supplément
LE DEVOIR Montréal, vendredi 11 mai 1990 ENVIRONNEMENT cahier spécial Pour un développement durable Une Une forât artificielle, mâme verte, n’est pas synonyme de développement durable.y ViOl - y.MW** *1 Il â'J>» Des changements radicaux s’imposent s-Gllles Francoeur utilisation à toutes les sauces du concept de « développement du- Lrable » répand l’impression rassurante que les gouvernements ont entrepris à fond « d’harmoniser », de « conjuguer », « d’intégrer », voire meme de « marier » économie et environnement, production et conservation des ressources.« La réalité est quelque peu dif- férente : ce ne sera pas facile de s’engager véritablement dans la voie du développement durable car il faudra baliser, c’est-à-dire encadrer, voire limiter certaines formes de développement économique en fonction des exigences de la conservation.Cela suppose des changements radicaux à notre mode de production, dans notre façon de prendre des décisions économiques et dans nos priorités collectives et personnelles, y compris l’automobile.» Celui qui parle, Bertrand « Burt » Tétreault, était des ouvriers de la première heure qui ont construit le ministère québécois de l’Environ- nement et ses premières politiques.Il préside aujourd’hui le Conseil de la conservation et de l’environnement (CCE).À ce titre, il signait en juin dernier un étonnant rapport sur le développement durable à la québécoise, commandé en 1986 par le gouvernement.Ce premier « avis général » sur le développement durable sera suivi de rapports particuliers sur chaque sphère d’activité économique importante.Malgré l’ampleur du virage suggéré à Québec, ce rapport du CCE n’a pas eu même la couverture médiatique qu’obtiendrait un vieux transformateur échappé d’un camion ! Pourtant, ce rapport com- mandé par le cabinet provincial fournit la première grille objective d’évaluation environnementale de l’activité gouvernementale et économique du Québec.« Burt » Tétreault s’insurge contre un certain « galvaudage » du concept développement durable, un concept mis de l’avant par la commission Brundtland (ONU) en 1987.Il ne suffit pas, dit-il, « d’ajouter un vernis vert » aux politiques, aux projets économiques ou à des innovations technologiques.< Il faut que les exigences de la survie des espèces ou du renouvellement des ressources balisent le Suite à la page 2 question de survie Rané Dumont ===== collaboration spéciale if Québec, peu peuplé, est doté de ressources naturelles — énergie hydraulique, minerais.forets — fabuleuses, fort abondantes.On n’y voit pas toujours la nécessité de se préoccuper des problèmes de l'environnement ; ni surtout des urgences qu’ils nous posent.Retour d’Afrique et d’Asie, nous estimons — a vec le rapport Brundtland et l’État de la planète de Lester Brown — que l'effet de serre représente de loin, pour l’avenir de l'humanité, la plus grave des menaces.L’augmentation du C02 et du CH4, etc.a déjà provoqué le réchauffement global de la planète, ce qui entraîne des dérèglements imprévisibles de nos climats, menaçant ainsi la sécurité alimentaire mondiale.Déjà, nous dit la Banque mondiale dans Le défi de la faim en Afrique, cent millions d’Africains au moins — le cinquième de la population de ce continent — souffrent « d’insécurité alimentaire chronique*.Or, c’est du fait de l’effet de serre que les sécheresses sont devenues, autour de la Méditerranée, du Sahel en Éthiopie, puis en Inde et en Chine, de plus en plus redoutables.En 1988, les États-Unis n’ont pas récolté plus de céréales qu’ils n’en ont consommées.Us avaient encore des stocks, mais si une sécheresse analogue se renouvelait, ils n’en auraient presque plus.En présence d’une situation aussi grave, il faut bien situer les sources du problème et les responsabilités.On retrouve des émissions de ces gaz nocifs en Europe de l’Est, en Chine et en Suite à la page 2 CONTRAINTE-?OU LA MORT tint* AUXQuMCOt» sut i avsMit os t a et anIîs CONTRAINTE OU LA MORT RENÉ DUMONT ET GILLES BOILEA U «LE QUÉBEC DE DEMAIN SOUFFRIRA ENORMEMENT DE CET EFFET DE SERRE, SI L’ON NE FAIT RIEN» RENÉ DUMONT 1980 ouest, rue Sherbrooke yVîëridLien ÉDITIONS DU MÉRIDIEN 1980 ouest, rue Sherbrooke bureau 520 Montréal, H3H 1E8 Téléphone: 932-9037 Télécopieur 932-3986 Fax 174 pages 19,95$ 2 Le Devoir, vendredi 11 mai 1990 Spécial environnement L’environnement doit primer sur l’économique PHOTO JACQUES GRENIER Bertrand Tétreault, président du Conseil de la conservation et de l’environnement.Suite de la page 1 développement économique.Ultimement, c’est l’environnement qui doit primer, pas l’inverse.» Le rapport du CCE le dit d’entrée de jeu : Québec doit énoncer clairement une stratégie de conservation, qui « repose sur une approche anticipative des menaces pouvant affecter les milieux et les ressources ».En clair, Québec doit déterminer avec précision ce qu’il veut protéger, doit savoir où il va en matière de développement avant d’appuyer sur l’accélérateur économique.« Et les arbitrages ne seront pas faciles car il faudra aller plus loin que nous l’avons fait avec l’aménagement du territoire.Il faut penser désormais à aménager l’économie et le développement », dit-il.L’éventuelle stratégie québécoise de la conservation doit reposer, ajoute-t-il, sur une approche « intégrée » des ressources : en somme, une seule et unique politique de conservation des écosystèmes qui s’applique à tous les sec-teurs du gouvernement.En somme, les ministères devront travailler dans la direction indiquée par l’Environnement, qu’il s’agisse de l’Agriculture, des Forêts, de l’Énergie, des Transports.On peut mesurer ainsi le chemin à faire ! Le gouvernement, poursuit M.Tétreault, doit aussi baser sa stratégie de développement durable sur une « charte » de l'environnement qui « donne des poignées solides » aux citoyens qui veulent aller plus vite que certaines administrations ou qui ont été oubliés par ces dernières.Une telle charte avait été promise en 1985 par le Parti libéral du Québec.Étrangement, cette promesse non tenue a été oubliée lors de la dernière élection ainsi que par les ministres qui se sont succédés à l’Environnement.Le CCE estime qu’aucun développement durable n’est possible sans loi qui définisse les règles de la conservation et rende leur appli- cation à la limite, obligatoire.En réalité, les pas du Québec sont plutôt timides dans ce domaine.Depuis 10 ans, péquistes et libéraux ont promis des lois de moindre envergure en matière de conservation.Pourtant, aucun n’en a jamais fait adopter, aucune, comme celle sur les habitats fauniques qu’on remet depuis sept ans! On peut aussi mesurer le retard du Québec en matière de développement durable lorsqu’on constate qu’en décembre 1988, l’Assemblée nationale a modifié la loi de l’Environnement pour interdire désormais toute altération des milieux humides et aquatiques au Québec sans permis préalable.Deux ans plus tard, cet ajout n’est toujours pas en vigueur, faute d’avoir été promulgué dans la Gazette officielle.Certains ministères publics, comme le ministère responsable de la faune, veulent en être dispensés ! On peut aussi mesurer l’écart avec les recommandations du CCE et la réalité en constatant que péquistes et libéraux ont remis depuis 10 ans l’entrée en vigueur de l’article 2n du règlement sur les études d’impacts.Ce dernier rendrait obligatoire l’évaluation publique et indépendante des grands projets industriels.Les ministères à vocation économique ont toujours bloqué l’entrée en vigueur de cet irritant environnemental.Selon le CCE, qui a reçu 200 mémoires sur la question, Québec doit commencer à « introduire dans les comptes publics des indicateurs environnementaux ».En somme, une véritable comptabilité environnementale.Le CCE estime aussi que le développement durable passe par un accroissement du « leadership et de la fonction de coordination du ministère de l’Environnement ».Ou en est-on de ce côté?Depuis les élections, l’Environnement a obtenu un siège sur l’important comité intermininistériel de l’économie.Mais, murmurent certains hauts fonctionnaires, on y scruterait davantage les séquelles économiques des projets de l’Environnement que le contraire.De plus, tout le monde à Québec feint d’avoir oublié la principale recommandation du rapport Lacoste faite au nom du développement durable qui réclamait une évaluation environnementale publique de l’ensemble des « politiques » du gouvernement.En comparaison, Québec accepte de soumettre à une audience publique ses futurs programmes d’arrosages des forêts.Mais il refuse de soumettre à une audience indépendante sa politique de protection des forêts, soit la question principale.Le développement durable au Québec passe enfin, selon le CCE, par une renaturalisation des berges et une sérieuse amélioration de la qualité des eaux.Où en est-on de ce côté?On pourra s’en faire une idée aussi à l’intérieur du présent cahier qui fait le point sur l’assainissement industriel et sur le dossier agricole, pas très avancé, celui-là.« La résistance aux véritables changements qu’exige le développement durable sera énorme, conclut le président du CCE en entrevue.Des collègues me disent que personne ne bougera à moins qu’un mot d’ordre ne vienne d’en haut.Tout le monde veut bien parler d’environnement, avoir une carte d’affaire sur du papier recyclé.Cela fait bien.Mais tous les décideurs gouvernementaux continuent de partir du principe que le développement économique est toujours la priorité.Et cela, parce que plusieurs élus n’ont pas saisi que le monde veulent aller vers autre chose.» MÉTAMORPHOSE* O’UNE PLANETE LÀ TERRE EN PÉRIL Soul U direction a » m m m * o' ¦** a mn tt m ¦#» « « » r » » B ¦ a h 4^' «a *• a a « * ¦"•¦••J !«¦¦¦¦¦I M» ¦ M ai ¦ i ¦ ¦¦¦a* •», 9m mmiti an itiaaia MM Hlj ¦ m ** aa aa m *«a twai .Zmmm % iiarr'ar f t •¦aiiiiti ¦ m .a a « *a««li V* m >?a.Combien de ces lumières sont essentielles pour la sécurité de ces édifices, une fois que les concierges ont terminé leur travail ?Pélouas Fermez les yeux et imaginez .au Québec, une ville « nouvelle » où qualité de vie et environnement seraient rois, à la maison au travail et dans les déplacements.Une ville moins « énergivore » où les indices de pollution seraient au plus bas.Science-fiction ?Pas si sûr ! Car, on pourrait facilement faire d’un tel rêve une réalité si chacun y mettait du sien.Les individus comme les responsables gouvernementaux.Les premiers ont à changer sensiblement leur style de vie, les autres à encourager et à promouvoir les actions les plus susceptibles de modifier les habitudes des Québécois urbains.Dans une étude récente, le Comité directeur fédéral-provincial sur le transport à distance des polluants atmosphériques dressait une liste impressionnante des grandes et petites mesures à prendre pour réduire la demande d’énergie et limiter la pollution.On peut les regrouper en trois blocs : les transports, la maison et les lieux de travail.Un certain nombre de ces réformes sont d’ailleurs déjà en marche.Mais assez timidement, faut-il le préciser.Prenons un cas simple : l’automobile.Pour moins consommer, il suffit de conduire avec souplesse, sans accélération ou freinage brusque et en respectant les limites de vitesse.Qui le fait ?On peut améliorer sa consommation encore en utilisant des pneus radiaux dont la pression serait vérifiée régulièrement, en effectuant des mises au point régulières et en utilisant de préférence de l’huile de moteur recyclée.Le consommateur devrait évidemment acheter des véhicules plus petits, moins puissants et dotés d’équipements anti-pollution.Le conseil vaut tout autant ici pour les individus, les dirigeants de compagnie et les responsables gouvernementaux qui ne donnent pas l’exemple avec leurs limousines.Diminuer les problèmes de circulation et la pollution atmosphérique en ville suppose, par ailleurs, que l'on encourage d’autres formes de transport comme l’autobus et le métro, le covoiturage, la bicyclette et même.la marche.Boston vient de créer un système de covoiturage qui réserve une voie rapide aux voitures transportant plus de trois passagers.Chaque voiture qui roule dans cette voie en fait disparaître, d’un seul coup, deux autres.Sans le moindre équipement public ou dépolluant supplémentaire.Les « pollueurs » — ceux qui sont seuls dans leur voiture — roulent au pas de l’oie sur les autres voies.Le covoiturage pourrait aussi être encouragé par les entreprises et les municipalités si elles offraient des stationnements gratuits aux utilisateurs, comme l’a fait Pratt & Whitney, de Longueuil.Les villes peuvent construire un plus grand nombre de pistes cyclables et de zones réservées aux piétons.Certaines de ces voies pourraient même servir en hiver car on annonce maintenant l’arrivée des vélos en matériaux composites, non corrosifs ! On pourrait enfin, comme cela se fait à Paris, rembourser aux utilisateurs de transports en commun une partie de leur carte mensuelle.Pour créer une ville moins énergivore, il faut élargir le cercle des préoccupations.Les lieux de résidence et de travail doivent aussi faire l’objet d’une révision en profondeur car les possbilités d’économies y sont nombreuses.On con- naît celles qui peuvent être réalisées en utilisant à bon escient les thermostats de chauffage, d’air climatisés ou d’eau chaude.On s’y préoccupera moins de la lampe allumée dans une pièce vide que du sur-wattage de toutes ampoules de la maison ou de la puissance souvent excessive des appareils électrique (poêle, laveuse, sécheuse, congélateur, réfrigérateur .) Chacun utilisera sa bouilloire électrique plutôt qu’un rond du poêle électrique pour faire bouillir de l’eau.Les couteaux, ouvre-boîtes et autres gadgets électriques seraient remplacés par des petits équipements manuels, tout comme la pelle à neige reviendrait à la mode aux dépens de la souffleuse.Tout le monde s’achèterait des frigos plus performants mais en ne faisant pas la gaffe de laisser l’ancien au garage pour en faire une cave à bière ! Zéro pour l’économie ! En matière d’éclairage, les édifices commerciaux ou de bureaux sont de véritables baromètres lumineux du gaspillage.Dans bon nombre de pays, il y a longtemps que seuls les éclairages de sécurité sont autorisés la nuit ! Mais l'isolation des bâtiments et leur chauffage ou leur climatisa tion demeure le bastion des grandes économies.Encore aujourd’hui.C’est au moment de la construction ou des rénovations majeures qu’on doit y penser car les mêmes mesures coûteront 10 fois plus cher au moment des rénovations.Malheureusement, l’isolation et la mise en place d’équipements plus efficaces en matière d’énergie ne sont souvent pas rentables à court terme.C’est donc aux gouvernements de promouvoir ce type d’investissements par des subventions ou l’imposition de normes plus élevées applicables aux nouveaux édifices.Les lieux de travail sont souvent très énergivores, eux aussi.Là aussi l’éclairage quasi permanent et l’utilisation d’appareils électriques plus ou moins nécessaire peut constituer un bon champ d’autocritique.Le chauffage et la climatisation fonctionnent souvent à des niveaux aberrants.Une température supérieure à 20 centigrades en hiver est inutile.En Europe, on travaille même à des températures de 16 à 18 degrés .avec un léger chandail ! Et la productivité s’en porte mieux.Un simple changement de cet ordre peut se traduire par des économies substantielles.On peut aussi abriter les édifices avec des arbres à feuilles : cela conserve la fraîcheur en été et laisse passer le soleil en hiver.D’autres petites idées qui font lentement leur chemin : l’utilisation de la boîte à lunch et de contenants recyclables dans les cafétérias d'entreprises en remplacement des produits jetables qui s’empilent dans les poubelles ; la généralisation des horaires flexibles et l’adoption de la semaine de quatre jours qui permettraient de réduire les transports ou, au moins, la congestion aux heures de pointe.On peut aussi limiter le transport par un usage plus intense des systèmes de téléconférences, FAX et d’ordinateur.Comme consommateurs, les habitants d’une ville moins énergivore auraient finalemet une conscience environnementale plus forte.Ils achèteraient des vêtements faits de fibres et matériaux naturels plutôt que de tissus synthétiques, énergivores en production et polluants à la fin de leur vie.Ils consommeraient plus d’aliments en vrac plutôt que du préemballé et des produits ménagers sans nocivité sur l’enviironnement.Pour faire leurs courses, ils utiliseraient des sacs de toile réutilisables plutôt que des sacs de plastique.Ces consommateurs avertis accorderaient leur préférence aux contenants réutilisables ou recyclables et aux matériaux naturels.La cité d’aujourd’hui a quasiment tous les moyens de devenir celle de demain.A condition que chacun dans sa sphère — politique, économique ou quotidienne — mette la main à la pâte.Le Groupe NRJ Inc.Conseil en communication Développement organisationnel 360, rue St-Francois-Xavier Bureau 400 Montréal, H2Y1S8 Des décisions à communiquer?Des situations.délicates à expliquer?Des groupes-cibles à convaincre?Un message à faire passer?Stratégiquement.Systématiquement.Vous pouvez vous aider a tirer le meilleur de nous-mème en appelant Dominique Ferrand ou Pierre Landry (514) 282-97BH Sciences Technologie Environnement équation pUU3 Cabinet-conseil en relations publiques Au service des entreprises et des organismes des secteurs scientifique et technique depuis 1982 180.bout Rene-Levesque Est.bureau 300.Montreal IQuebec) H2X 1N6 Téléphoné: (514) 878-9996 9 MI Spécial environnement Le Devoir, vendredi 11 mai 1990 ¦ 7 Le solaire, une technique disponible et économique Le solaire, c’est pour le Sud.Pas pour nous ! Au Canada, on croit généralement que le climat n’est pas propice à l’utilisation de l’énergie inépuisable que fournit le soleil.Les températures trop basses et le faible taux d’ensoleillement durant certains mois d’hiver expliquent maintes décisions d’écarter le solaire quand vient le temps de choisir un mode de chauffage domestique.C’est une fausse idée même si elle est largement répandue.Certes, reconnaît l’architecte Christian Ouellette, le climat crée des contraintes et réduit la rentabilité de systèmes basés sur l’utilisation du solaire par des capteurs traditionnels.Mais si le stockage proprement dit n’est pas rentable, il y a d’autres moyens de diminuer, grâce au soleil, sa facture énergétique tout en se donnant une meilleure quaüté de vie à la maison.La solution ?« C’est le solaire passif », explique cet architecte qui dirige l’Institut GRACE.Cet organisme est un groupe de recherches en architecture, construction et énergie, qui vient de développer une technique permettant de maximiser la récupération de la chaleur du soleil.Sans capteur et avec un minimum d’équipements, on peut chauffer les pièces d’une maison pour coût fort modéré.« Nos clients veulent d’abord avoir des maisons plus ensoleillées et plus lumineuses.La priorité est donc accordée à l’orientation et la localisation de la maison, à l’emplacement des baies vitrées, à la qualité de vie et donc aussi à celle de l’air qu’on y respire.Mais une fois que le soleil est dans la maison, autant ne pas le perdre comme source de chaleur.» Il suffit de faciliter son entrée par des fenêtres et un solarium, adjacent à la pièce la mieux située.La maison solaire « nouveau style » a toujours un solarium.Pour aller chercher la chaleur tout en limitant les pertes, on construit une barrière thermique entre lui et la maison.Le solarium est ainsi isolé et non chauffé.Quand la température s’élève à l’intérieur, un thermostat fait démarrer le ventilateur qui aspire cet air chaud vers l’intérieur.Le système s’arrête lorsque baisse la température du solarium.Rien d’exceptionnel jusque là.Ce qui l’est davantage, c’est le système — baptisé Géminé — qui permet de conserver et de répartir dans la maison cet air chauffé par le soleil.Pas seulement celui qui transite par le solarium mais aussi l’air qui entre par les fenêtres.Même la chaleur du foyer est recyclée dans le processus ! Christian Ouellet refuse de parler de stockage d’énergie solaire.« Nous faisons, dit-il, du déphasage de chaleur, en décalant l’utilisation de la chaleur du jour de quelques heures, pour la nuit ou les journées à faible ensoleillement ».Comment s’y prend-on ?En réalité, avec des moyens fort simples, soit en aspirant l’air chaud qui s’accumule au plafond dans un conduit étanche.Ce conduit mène au sous-sol.« Toutes les maisons ont une dalle de béton, dit Christian Ouellet.Le conduit, comme un simple tuyau, y est enfoui.L’air va alors chauffer le béton du sous-sol».Cette chaleur sera ensuite diffusée lentement vers les pièces du haut.Cette technique permet de stocker temporairement les surplus de chaleur ambiante de la maison — provenant du soleil, du chauffage, du foyer — et d’y faire circuler l’air.L’aspiration de l’air accumulé au plafond s’effectue avec une petite soufflerie et un thermostat de climatisation.Le système démarre à 25-28 degrés.On contrôle ainsi la surchauffe, tout en récupérant par le solarium l’air chaud d’un jour ensoleillé.Jusqu'à présent, il n’était guère facile d’avoir autre chose que de l’air froid à faire entrer dans la maison en plein hiver.Mais la technologie a changé et il existe maintenant des fenêtres « dynamiques » qui savent transformer l’air froid en air chaud avant de pénétrer à l’intérieur.Christian Ouellet est un ardent promoteur de ces fenêtres révolutionnaires conçues en Europe.« Le procédé a fait l’objet de recherches financées par le gouvernement fédéral et Willmar Windows commence à fabriquer de telles fenêtres à Winnipeg.Mais nous sommes les premiers à construire des maisons avec ce système».La fenêtre a, en plus du double-vitrage, un troisième verre à l’extérieur.Entre ce verre et le double vitrage, l’air frais circule du bas vers le haut avant de pénétrer dans Savourez un délice de la nature depuis (514) 522-3138 LES EAUX LAURENTIENNES VOUS OFFRENT LE CHOIX DE TROIS GRANDES EAUX ET UNE SELECTION DE REFROIDISSEURS QUI REPONDRA A.VOS BESOINS.DEPUIS PLUS D'UN SIECLE, NOUS SOMMES LES SPECIALISTES DE L'EAU EMBOUTEILLEE.LA SATISFACTION DE NOTRE CLIENTELE EST GARANTIE DE LA QUALITE DE NOTRE SERVICE.chacune des pièces de la maison.Comme il monte lentement, il est pré chauffé par le soleil à la température ambiante.L’air qui entre n’est donc plus froid mais et le renouvellement s’effectue ainsi sans autre appareil.Le solarium, le foyer, les fenê- tres ordinaires comme celles qui conduisent l’air dans les pièces contribuent tous à une utilisation maximale de l’énergée solaire.Les moyens sont simples, pratiques, non polluants et peu coûteux.Pourtant, le solaire n’est guère prisé ici, contrairement à d’autres pays.On pense encore au Québec que les systèmes de chauffage solaire sont coûteux et compliqués.Mais ce sera de moins en moins vrai au fur et à mesure que s’effectuera le transfert de cette technologie en provenance des pays plus avancés dans ce domaine.t.n m pter pour l'environnement, c'est aussi choisir le progrès.Agent de progrès, la protection de l'environnement et de ses ressources constitue la base indispensable à un développement économique durable.rm*'**^ i.^ „ * Québec s s Il y va de la vitalité à long terme des secteurs d'activités majeurs pour le Québec tels la forêt, la pêche, l'agriculture et le tourisme.Il y va aussi de la compétitivité de nos entreprises En investissant dans des mesures qui réduisent l'emploi de matières premières et la consommation d'eau ou d'énergie, les industries enregistrent des profits.En adoptant des procédés de fabrication qui minimisent les sources de pollution, elles innovent et optimisent leurs outils de production.Gouvernement du Québec Ministère de l’Environnement 8 Ü'L"^Devoir, vendreàP^'l rnét'IÔÔO ¦ ¦ Si pécial environnement I—i ¦ | m 1 » I L»< *#*«*.¦ « « 4 m m 4 « • « ««•«««.h M *4 » « * > 4 « «««‘'ll ft 4 A4 La performance environnementale, c’est rentable Jean-Marc Papineau Polluer à peu de frais ou dépolluer à grand frais.Voilà le dilemme qui confronte de plus en plus d’entreprises.Il y a quelques années, la performance d’une entreprise s’établissait en termes purement financiers.On tentait de réduire le plus possible les coûts de production et d’augmenter la productivité de façon à maximiser les profits.Sans égard aux conséquences pour l’environnement.Mais le mouvement écologique, dont on se moquait avec condescendance il y a dix ans, a imposé de nouvelles règles aux plus puissants géants de l’économie : toutes doivent désormais cerner de plus en plus près leur rendement environnemental.Ne serait-ce, à la limite, que pour tenir compte du fait que les gouvernements, les banquiers et les assureurs exigent de plus en plus que les entreprises possèdent un bon dossier vert.Ainsi, le Mouvement Desjardins tient désormais compte de l’impact environnemental des activités d’une entreprise dans l’octroi de ses prêts commerciaux.Les mesures législatives, assorties de sanctions financières plus lourdes, se multiplient.Des accidents écologiques peuvent même hypothé- quer l’existence des multinationales.Union Carbide a payé plusieurs centaines de millions pour régler le dossier de Bhopal.Exxon fait face à des poursuites excédant deux milliards $ à la suite de la catastrophe d’Alaska.Face à ces réalités nouvelles, les entreprises ont de plus en plus le réflexe de s’auto-discipliner.Certaines inventent un nouveau genre : le marketing environnemental.On donne aux clients des sacs de plastique supposément biodégradables, dont les experts découragent l’utilisation.D’autres ont émis une carte de crédit verte, comme Steinberg, dont une partie des profits va à un organisme voué à la défense de l’environnement.D’autres se contentent d’utiliser du papier recyclé dans leurs correspondances d'affaires, histoire de rehausser leur image corporative.D’autres vont beaucoup plus loin que ces simples opérations de marketing dont l’impact est essentiellement symbolique.Certains ont commencé à modifier carrément leur processus de production pour attaquer leur pollution à sa source.Et cela s’avère rentable ! C’est le cas notamment de la fromagerie de la Coopérative Agropur d’Oka et de l’usine Galvano de Saint-Mathieu-de Beloeil, filiale de la compagnie Ivaco.Deux prototypes de l’entreprise écologique de demain.Agropur possède une ving- taine d’usines au Québec.Dont celle d’Oka qui fabrique des fromages fins.Au milieu des années 80, elle met en marche à Oka une station d’épuration utilisant un procédé biologique afin d’obtenir un effluent qui respecte les normes de rejets gouvernementales.Mais l’expansion de l’usine provoque un accroissement des charges polluantes.On décide alors de s’attaquer à la racine du mal pour arriver à diminuer radicalement les polluants rejetés dans le Lac des Deux-Montagnes.On révise en profondeur toutes les étapes de production pour identifier les causes de pollution, pour déterminer aussi les mesures de correction et évaluer les coûts d’implantation du nouveau système.Résultat de cette gestion optimale de l'eau, des matières premières et des produits fabriqués, on est arrivé à économiser 270 000 $ par rapport aux coûts qu’aurait entraîné l’installation d’un deuxième traitement biologique, précise le chef de l’usine, M.Jacques Jobin.On a ainsi diminué des deux tiers les pertes de matières premières.Jusque-là, on perdrait 9% du lait reçu.Cette perte a été réduite à 2 % seulement.Et, en réduisant de 80 % la charge organique avant le traitement biologique, l’usine d’épuration obtient un effluent final épuré à 98 % à moindre coût ! Bref on gagne sur tous les tableaux.ORDRE DES ifcvl AGRONOMES DU QUÉBEC Avec nous, agriculture et nature Les agronomes du Québec sont sensibles à l'impact de leurs pratiques sur l'environnement.Avec nous, toute l'agriculture québécoise met l'écologie au coeur de son développement.se conjuguent au futur.1259, rue Berri, bureau 710 Montréal (Québec) H2C 4L7 Téléphone: 844-3833 Télécopieur: 844-7462 « Au total, ajoute M.Jobin, l’expérience est rentable, car les éco-momies totales réalisées sont supérieures au demi-million de dollars que nous avons investi pour nous convertir à des technologies propres.» Pas étonnant que ce projet pilote ait fait des petits dans cette importante compagnie agro-alimentaire québécoise.« On a répété la même expérience, indique Roland Peters, directeur ingénierie chez Agropur, sur une plus grande échelle, à l’usine de Notre-Dame-du-Conseil, près de Drummondville.Et les résultats ont été là aussi très concluants puisque nous avons réduit de 70 % nos rejets.» Ce qui est considérable quand on sait que cette fromagerie est l’une des plus grosses au monde.Des expériences similaires sont présentement en cours dans deux autres usines d’A-gropur, à Granby et à Plessiville.Dans un tout autre secteur d’activités, Galvano, une usine de placage au zinc et la plus importante du genre au Québec, a réussi également à mieux gérer ses eaux usées bourrées de toxiques.« Nous avons pris le risque du rendement environnemental, déclare le directeur général de Galvano, Joseph Bahadrian, et c’est une décision qui s’est avérée judicieuse, dans notre cas du moins.» En 1981, la nouvelle direction de l’usine profite de la réfection de ses équipements de production pour mettre en place un système complet de traitement des eaux résiduaires contaminées qui, jusqu’alors, étaient diversées dans un fossé longeant l’usine après un traitement inadéquat dans un système devenu désuet et inopérant.Dès lors, Galvano réduit ses rejets d’eaux usées de 810 litres par minute à 100, soit une baisse spectaculaire de 87 %, ce qui entraîne une baisse équivalente des frais de consommation en eau d’alimentation.De plus, l’introduction de techni- ques plus propres a aussi permis de réduire de 30 % la consommation de produits chimiques utilisés, et de 10 % les boues résiduelles qui résultent de l’utilisation de ces produits.Cela permet, en réalité, de récupérer quotidiennement une tonne de zinc et d’augmenter de 50 % la période d’utilisation de certains équipements.Soit une économie annuelle totale de 464 000 $, précise M.Bahadrian.Sans compter que la rationalisation de certaines opérations a accru de plus de 50 % la productivité, permettant ainsi d’absorber une part substantielle des frais d’exploitation du système de traitement des effluents.« Je suis convaincu, conclut M.Bahadrian, que les dirigeants d’entreprise qui ont vraiment la volonté de rendre l’environnement moins pollué ont à leur disposition tous les outils nécessaires.» Une chose est certaine : les assureurs vont de plus en plus tenir compte de cette performance car ils devront de plus en plus faire les frais des ratées.De grandes compagnies internationales en sont à se dégager de toute responsabilité environnementale.Au Québec, il a fallu des années à certains transporteurs de déchets dangereux pour obtenir la police d’assurance environnementale exigée par le Règlement sur les déchets dangereux.Personne ne voulait assumer ce risque et l’État a passé à deux doigts de mettre sur pied une assurance sectorielle pour les transporteurs, dont le dossier vert pourrait bien à l’avenir avoir autant d’importance que leur exactitude à rembourser les banquiers.Les entreprises, quel qu’elles soient, sont a la croisée d’un chemin.Les plus performantes au plan environnemental comme au plan énergétique vont prendre une avance qui pourrait bien faire la différence dans la course incessante qu’elles se livrent.Génie de l'environnement Experts-conseils en ingénierie au service de l'industrie dont les pâtes et papiers.Compagnie canadienne de plus de 3 500 employés mettant en oeuvre des technologies de pointe pour améliorer la qualité de l'environnement.H.A.Simons Ltée 2001, rue Université, 6e étage Montréal, Québec H3A 2A6 Téléphone (514) 284-3676 LE DEVOIR Publi-reportage environnement Le Devoir, vendredi, 11 mai 1990 PLAN D’ACTION SAINT-LAURENT -A0>< ¦¦¦y V >*>¦ «âET Prendre le virage de la conservation.pour sauver le Saint-Laurent par Ginette Beaulieu « Les gens ne s'aperçoivent pas que les milieux s'artificialisent près d’eux.Soumis à une pollution omniprésente et à des impératifs pressants de développement, on ne réalise guère la perte ou la dégradation des milieux naturels et sauvages qui nous entourent.La capacité de réaction des gens est réduite, leurs réflexes sont en quelque sorte au ralenti.Avec le résultat que le contact avec la nature est de moins en moins significatif.» Ces propos de Jean Cinq-Mars, directeur régional du Service canadien de la faune d'Environ-nement Canada, traduisent bien l'urgence d’agir pour éviter d’en arriver à un point de non-retour.C'est de plus en plus évident: nous vivons dans un environnement extrêmement fragile fait d’écosystèmes particulièrement délicats et vulnérables aux agressions de tous genres.Le fleuve Saint-Laurent est l'un de ces écosystèmes dont la beauté et la richesse n'ont d'égal que la fragilité.Pollué par des milliers de substances toxiques, amputé d'une partie de ses rives naturelles, ce fleuve, parmi les plus importants au monde, a un urgent besoin de protection si l'on veut en préserver à la fois la productivité biologique et le potentiel de récréation et de plein air pour les québécois et d’habitat pour la faune.Restaurer, conserver, protéger et étudier le milieu.C'est le défi qu'a décidé de relever, au cours des cinq prochaines années,le Plan d'action Saint-Laurent.S'inscrivant dans le cadre d'un remarquable effort de partenariat, le Plan s'appuie sur une entente d'harmonisation, signée en juin 1989, entre le gouvernement du Canada, représenté par Environnement Canada et le gouvernement du Québec, représenté par le ministère de l’Environnement et celui du Loisir, de la Chasse et dè la Pêche.La remise en état du fleuve, • c'est l'affaire de tous. Le Devoir, vendredi 11 mai 1990 Publi-reportage environnement /o.PLAN D’ACTION SAINT-LAURENT Une richesse à conserver C'est plus particulièrement autour du thème de la conservation que gravitent, pour I 990-1991, les activités du Plan d’action Saint-Laurent.Force est de constater que l'atteinte des objectifs de conservation dans le contexte actuel n'est pas chose aisée si l’on en juge par l'état de santé de cet écosystème.Bemaches, Lac St-Pierre.r jm ¦ j « Au cours des dernières décennies, le Saint-Laurent a perdu 5 000 hectares de milieux humides, essentiels entre autres à la nidification de la sauvagine, constate Daniel St-Onge, directeur de la gestion des espèces et des habitats au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche (MLCP).De plus, certaines espèces comme le bar rayé ont pratiquement disparu alors que d’autres, comme l’esturgeon noir, sont fragiles.» Du côté de la flore, « plus du deux tiers des espèces de plantes qui sont dites rares se situent dans le corridor du Saint-Laurent », constate Léopold Gaudreau, direc- qui y travaillent, qui en vivent.« Des activités de conservation des habitats se justifient largement quand on pense aux importantes retombées économiques que génère la faune, notamment dans certaines régions, souligne Jean Cinq-Mars.On en a un bel exemple avec l’activité touristique développée dans la région de Ta-doussac autour de l’observation des mammifères marins dont le béluga, et qui rapporte des millions à cette région, chaque année.Il en est de même pour l’observation des fous de Basson à l’île Bona-venture.Ce sont là des activités très importantes pour l’économie régionale.Si on laisse disparaître les ressources fauniques qui sont à l’origine de ces activités, il en coûtera combien par la suite pour les recréer ou pour les remplacer?Enfin, pourraient-elles jamais-être remplacées?», s'interroge M.Cinq-Mars.Conscient de l'importance de protéger les habitats essentiels pour la faune, le Service canadien de la faune d'Environnement Canada a entrepris un programme d’acquisition d'habitats stratégiques le long du Saint-Laurent pour compléter le réseau des territoires protégés.Le réseau des réserves nationales de faune compte actuellement huit territoires répartis entre le lac Saint-François et les lles-de-la-Madeleine, représentant des milieux diversifiés et très productifs.Le ministère du Loisir, de la *
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.