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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-05-12, Collections de BAnQ.

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®l v Ed®® L .N La / i b r a i r i e V L 1 M 4 * .‘V" 3700 LITTÉRATURES boni.Saint-Laurent DICTIONNAIRES LIVRES D'ART DU MONDE ENTIER LIVRES DE Montréal LIBRAIRIE VOYAGE 514.499.2012 JEUNESSE Montréal, samedi 12 mai 1990 DOMINIQUE DEMERS 300 albums qui grandissent avec l’enfant PHOTO JACQUES GRENIER •j- De l'enfance, Dominique Demers a gardé l’oeil bleu myosotis et le rire en cascade.FRANCE LAFUSTE Dominique Demers enseigne, lit, écrit sur la littérature jeunesse.Depuis des années, malgré l’incompréhension de son entourage, malgré les sourires gentiment condescendants que suscite cette «drôle de passion».« L’enfance est un monde unique, un monde important dont nous sommes coupés et qui a tellement de choses à dire.» Là où le discours s’arrête, les livres prennent le relais.Qui a eu la chance de voir un jour sa « caverne d’Ali Baba où s’entassent dans le plus joyeux désordre quelque trois mille livres pour enfants » a compris l’essentiel de la mission : les livres pour enfants peuvent dire magnifiquement de grandes et belles choses et les petits lecteurs ont droit à autant d’égards que leurs aînés.Aussi, quand les Editions Le Jour lui ont demandé de faire une sélection de 300 albums, Dominique Demers a choisi les plus beaux.Autant de coups de foudre, d’albums fétiches, qui figurent dans sa bibliothèque idéale, fruit de dix ans de critique et recherche.Ces livres, Dominique Demers les a choisis parce qu’ils sont riches, précieux et importants.Leur particularité ?Celle de grandir avec l’enfant et de respecter son individualité :« Le Pi-nocchio de Carlo Collodi n’a que faire des catégories de lecteurs.Il convient aussi bien à un enfant de quatre que de neuf ans.Et Les malheurs de Sophie que l’on ré- serve aux enfants de six, huit ou dix ans, se raconte très bien aux tout-petits de quatre ans.C’est justement l’âge de Sophie ! » Leur intérêt ?Celui de dire des choses sans pour autant chercher à enseigner : « Un enfant doit apprendre en premier à être heureux.» De l’enfance, Dominique De-mers a gardé l’oeil bleu myosotis et les rires en cascade.Ses études de maîtrise et son travail d’enseignante et de journaliste lui ont certes appris à décoder, analyser, évaluer mais la spontanéité et la capacité d’émerveillement sont restés intacts.Écou-tez-la raconter l’histoire du chien bleu qui protège la petite Charlotte contre le mauvais génie de la forêt ou encore celle du dragon qui a peur des humains.Vous saurez alors que ce qui compte pour elle, c’est de pouvoir partager ses découvertes avec tous les enfants et peut-être aussi avec celui qui sommeille en nous : « Quand il y a des livres comme ceux-là, c’est dommage que les gens ne le sachent pas.Il me semblait que mon devoir était de les leur faire connaître.» Simon, Alexis et Marie, ses propres enfants, auront été ses meilleurs juges.« Il n’est souvent arrivé de rentrer fourbue à la maison et de ne pouvoir rien leur donner.Heureusement, ces livres-là pouvaient parler pour moi.C’était bon de les voir galoper dans leur tête.Un album, c’est aussi une rencontre.Accompagner un enfant dans sa découverte, c’est participer à une expérience intime et intense.Si tous les enfants pouvaient apprivoiser et garder le lien avec le livre, ils auraient toujours une bouée de sauvetage.» Précieux viatiques pour faire le voyage dans la vie d’adulte en somme.Un ombre se profile cependant.Pour Dominique Demers, l’essor que connaît le monde du livre pour enfants — la France publie a elle seule quelque cinq mille li vi es et bandes dessinées chaque année — mais aussi l’abondance des activités musicales et théâtrales qui leur sont réservées, des jeux et des boutiques spécialisées cachent une sombre réalité : « Nous sommes en rupture avec l’enfance.Moins il y a d’enfants, plus on achète de livres.On les gâte outrageusement mais on sait de moins en moins qui ils sont.Les livres ont pour mission de les informer, parfois de mettre les bouchées doubles.Pour se rapprocher d’eux, on écrit des livres sur les monstres, les sorcières et les dragons.Mais au fond, ces lieux de l’enfance renvoient à notre propre vision nostalgique, nous refaisons notre enfance à travers nos propres souvenirs.» Parmi la centaine de titres que publie le Québec annuellement; Dominique Demers souhaiterait voir plus d’albums.Des albums qui rendraient compte de la réalité québécoise, qui aborderaient des sujets aussi difficiles que la mort, l’angoisse, la solitude.Des livres qui parleraient de tout cela sans souci moralisateur, sans didactisme.Comme quand on a une relation riche et sincère avec quelqu’un qu’on aime.Ce qui est dommage c’est que les pouvoirs politiques ne prennent pas le relais.Certaines bibliothèques n’ont à offrir que des livres vieux de vingt-cinq ans ou des livres à saveur pédagogique, en lout cas rarement des livres qui émeuvent, font rire, laissent des traces.» Dans la foulée, Dominique Deniers avouera prêter quelques-uns de ses livres aux bibliothèques.A quand un livre de votre cru, Dominique Demers ?À quand une de ces belles histoires qui allient miraculeusement la force du texte à la puissance des images, le plaisir de lire à l’esthétique, le bonheur du conteur à celui de son jeune public ?« Peut-être un jour, quand la chronique ne me suffira plus.Pour le moment, je me sens trop humble face à tant de belles choses.Je ne veux pas écrire un livre que je regretterai.» LA BIBLIOTHÈQUE DES ENFANTS Un choix pour tous les goûts Dominique Demers Éditions Le Jour France Vézina, rebelle et solitaire ——t-tt WM ?M - PHOTO JACQUES GRENIER France Vézlna, le magnétisme de l'aurore boréale.JEAN ROYER On la surnommait «Rimbaud» quand elle avait 19 ans.Aujourd’hui qu’elle a publié cinq livres, on en fait la jumelle de Réjean Ducharme.Mais qui est-elle, France Vézina, la romancière de Osther, le chat criblé d’étoiles (Québec/Amérique), que toute la critique acclame ?Derrière cette voix de flûte, la plus douce voix de femme que j’aie entendue, se profile le magnétisme de l’aurore boréale.Comme Alice, son personnage, France Vézina est une boule d’énergie, rebelle et solitaire, qui cherche la liberté absolue.« Rimbaud ?Je l’ai lu à 27 ans et je l’ai aimé tout de suite, évidemment.Ducharme ?Je l’aime.Il est uni-ue.Il nous inspire comme un crivain peut en inspirer d’autres.Mais il est tout seul de sa gang comme je suis toute seule de ma gang.En même temps, nous avons des affinités, puisque beaucoup le disent.» En publiant Osther, le chat criblé d’étoiles, France Vézina ne voulait pas donner d’entrevues.La médiatisation la scandalise.Ou la paralyse ?Elle ne veut pas parler de son enfance, qui s’est jouée en trois ans d’Ecole de réforme et en claustrophobie.« Pourquoi j’écris ?Parce que c’est la seule respiration qui me restait, à un moment donné.» À 44 ans, France Vézina s’avoue toujours délinquante.« Je suis une rebelle et ça continue.Je n’arrive pas à fitter avec le système.Je suis venue à bout de surnager et de me débrouiller assez bien quand même.Mais chez moi la révolte revient tout le temps.Je pense que je ne suis plus révoltée, cela dure deux ans puis tout à coup : bang, ça revient ! C’est fatigant.J’aimerais mieux la sérénité mais il semble que ce ne soit pas mon bag.Je me demande encore quand je vais être sage et sereine.» Son univers littéraire est celui d’une rebelle irréductible.Dans ses pièces de théâtre comme dans son récent roman, on reconnaît les mêmes jumeaux du Bien et du Mal, de l’ombre et de la lumière, de l’asphyxie et de la liberté, qui cherchent le sens de la danse de vivre.« Si je n’avais pas écrit, j’aurais aimé être danseuse », me dit France Vézina.Avez-vous vu sa pièce L’ilippo-canthrope, que Jean-Pierre Ron-fard avait mise en scène au TNM, à la fin des années 1970 ?Avez-vous lu son autre drame intitulé L’Androgyne (l’Hexagone, 1982) ?Avez-vous lu encore son récit poétique, Slingshot ou la Petite Gargantua (Noroît, 1979) ?D’ailleurs, la petite Gargantua du poème annonçait déjà la petite Alice du roman.Lisons Slingshot, page 152 : « Il y a ces cordons ombilicaux qu’on ne coupe pas/ Et qui durcissent tant et tant au long des jours étirés/ Qu’ils finissent par devenir des chaînes/ Avec au bout des enfants dangereux qui grondent/ Ou bien qui grognent et qui chient sur des perrons/ Et qui crient Vive les cochons Vive les cochons/ Ou bien ces autres mamans toutes bien pomponnées/ Qui au lieu de couper le cordon ombilical/ En font une jolie laisse au bout de laquelle/ Un petit caniche issu de leurs entrailles/ S’apprête à faire le beau pour le restant de sa vie.» France Vézina fait partie de ces écrivains sans concession, pour qui le poème, ou le roman, ou le théâtre, est un ultime acte d’amour envers la vie.Pour France Vézina, comme pour Ducharme ou Rimbaud, la vie doit être libre ou ne sera pas.« Si je n’avais pas été une rebelle, je n’aurais pas écrit, me dit France Vézina.J’ai toujours voulu la liberté totale, absolue.Je brisais tout ce qui se trouvait en-deçà, ou entre moi et la liberté.Je dois dire que j’en ai connu, des moments de liberté absolue, dans ma vie.Je tripais fort.La sensation d’être la au moment où il fallait et de faire exactement ce que je voulais.« Entre 18 et 21 ans, c’était fulgurant, mon affaire ! Arrivée en Mauricie avec rien dans les poches, je travaillais en usine.Le soir, j’allais danser toute la nuit puis je rentrais à l’écurie .Il faut dire que durant des mois je demeurais dans une écurie ! J’écrivais sur des caisses de bière entourée de chevaux, avec mon petit tourne-disque .J’avais écrit tout un manuscrit de 300 pages sur les chevaux.Gérald Godin voulait le publier à Parti Pris mais je l’avais égaré.J’étais bien libre, le jour, la nuit.Après cela, je me suis enfermée durant trois ans dans une relation avec quelqu’un.J’ai essayé parfois de me dompter moi-même.Mais cela n’a jamais marché.Je le dis de toutes sortes de façons dans Slingshot : j’ai essayé de me plier en quatre et en vingt pour rentrer dans les tiroirs mais je ressors toujours des tiroirs ben raide ! « Des fois, j’essaye de m’imaginer que je suis installée, avec quelqu’un, et que j’ai les pieds dans mes pantoufles.Tu sais, le trip harmonieux complet où tout est cool ?Eh bien ! ça prend trois secondes dans ma tete èj les pantoufles revoient ! Et je médis : pauvre lui ! D’ailleurs, je suis en train de me rendre compte que je suis incapable de me reposer quelque part.M’arrêter ?Là je meurs ! Je sais que quand je vais m’arrêter je vais mourir.C’est comme si c’était juste le mouvement qui m’avait tenue en vie.« La solitude ?Je pense qu’on est tout seul, fondamentalement.On peut faire bien du bruit et des steppeltes pour ne pas le savoir — j’en ai fait en masse moi-même —, mais on est seul.Moi, la solitude, c’est ma chum, réellement.Ceci dit, j'ai des amis et des amants.Ma vie est pleine.Je ne suis pas complètement retranchée, même s’il m’arrive de m’en aller au fond du bois.La vraie solitude, celle qui est en tout le monde, je trouve ça riche.C’est là que tu fais quelque chose de ta vie.C’est bizarre : c’est là que tu rejoins les autres dans leur solitude.C’est là aussi que tu arrives à créer.Mais créer quoi ?Je ne sais pas.Qu’est-ce qu’on crée, exactement ?« Si je commence à penser cosmique, oui je suis seule et je sais qu’on n’est pas grand-chose.On n’a pas besoin de se regarder longtemps pour savoir ce qui va rester de tout ça .C’est pourvoir page D - 5 : Vézina LE PRINTEMPS DE BEIJING CHRONIQUE D’UN MASSACRE par Yi Wei Voici un livre d’actualité qui va tenir le lecteur en haleine de la première à la dernière page.Écrit par un Chinois — qui a vécu personnellement les événements tragiques de Beijing — ce livre raconte ce qui n’a encore jamais été dit nulle part.L’auteur a réussi à fuir la Chine et à s’installer au Québec.Ce qu’il écrit n’a rien à voir avec ce que vous avez lu ou entendu jusqu’ici.C’est le récit authentique d’une expérience hors du commun.200 pages — 16,95 $ Stanké les éditions internationales alain stanké Itée, 1212, rue saint-mathieu, montréal h3h 2h7 (514) 935-7452 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 12 mai 1990 •> Lr-' t~~~'rn t\\| )' • le plaisir des ivres Le Montréal-bazar de Daniel Latouche PAUL-ANDRÉ COMEAU Après dix sept ans d’enseignement universitaire, Daniel La- Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS aujourd'hui 12 mai de 14h à 16 h EDMOND DAVID BACRI (EDDY MARNAY) Lave-toi les mains, mon fils, et pèle-moi une orange.StankQ samedi 19 mai de 14h à 15h ALEXANDRE JARDIN Fanfan Flammarion vendredi 25 mai de 17h à 19h CHARLOTTE BOISJOLI Jacinthe • l’Hexagone samedi 26 mai de 14h à 16h HÉLÈNE DESPUTEAUX MICHEL AUBIN Aujourd’hui je reste chez moi CASTERMAN - nardei avec nous ^OSTHO^S le dimanche a_^_ 1120.av.laurier ouest outremont, montréai tél : 274-3669 touche s’est mis à l’étude de l’italien.L’objectif de la nouvelle passion de celui qui fut, un temps, conseiller de l’ancien premier ministre René Lévesque : mieux cerner les civilisations urbaines de la fin du XlVe siècle, début du XVe.Florence, de Machiavel, Rome, de Michel Ange, il faut entendre s’enflammer le chroniqueur du DEVOIR.« C’est un moment privilégié de l’Histoire où, dans certaines villes d’Italie, on met en place les structures politiques telles qu’on les connaît aujourd’hui », explique-t-il.À travers une civilisation qui a inventé la ville moderne, ce dernier s’interroge avec anxiété sur l’avenir de Montréal, dans son dernier ouvrage intitulé curieusement Le bazar.Faut-il ajouter que ce professeur est maintenant attaché à l’INRS (Institut national de la recherche scientifique) qui a développé un important secteur de recherches sur les phénomènes d’urbanisation ?.Montréal est une ville qui fascine, méduse et inquiète tout à la fois ce politicologue qui a consacré sa thèse de doctorat.aux coups d’État en Afrique.« Pour la première fois depuis tôt au dix-neuvième siècle, explique Daniel Latouche, Montréal suit une trajectoire complètement différente de celle du Québec.C’est une ville qui pourrait être à peu près n’importe où en Amérique du Nord et peut-être même en Europe.C’est une ville qui a cessé d’être un grand foyer d’at-tractation régionale, mais qui est devenue l’un des terminus pour les déplacements de population sur la planète ».En marchant beaucoup dans cette ville, en utilisant le métro, l’auteur du Bazar s’est imprégné des multiples transformations de Montréal.S’il constate la prolifération des « trous » qui percent le tissu de la ville, il s’intéresse davantage aux interstices où se greffe à l’occasion l’une ou l’autre commuanuté ethnique.Car Daniel Latouche, dans cet ouvrage en forme de lettre ouverte à de jeunes enfants d’immigrants, s’interroge lucidement, sans angoisse, sur l’impact réel de l’arrivée massive des allopho-nes.C’est en examinant Montréal à travers un tissu humain en voie de profonde mutation qu’il a retenu ce titre de « bazar » pour PHOTO JACQUES GRENIER Daniel Latouche à l’oeuvre.cette épitre d’un genre bien particulier.Son éditeur s’est effrayé du premier choix : « bordel permanent ».Latouche s’est replié sur ce mot-image qui évoque ces lieux du monde arabe où la transaction va au delà des simples échanges de bien.Si de nombreux immigrants s’installent ici chaque année, on ne connaît pas véritablement le ressort des mouvements de cette population dans le bazar que devient Montréal, pense Daniel Latouche.La ghettoïsation guette Montréal ou, « il y a beaucoup moins de mobilité chez certains groupes ethniques que dans d’autres villes américaines, moins de diffusion géographique également ».Ce dernier tente de livrer un message précis aux Québécois « dits de souche en les incitant à tenir aux immigrants un discours autre qu’une overdose de politesse ».À plus forte raison rejette-t-il la démarche inverse qui consiste à accabler ces derniers de tous les maux que connaît Montréal, depuis la hausse de la criminalité jusqu’au déclin économique.Même rejet d’une politique de multiculturalisme a outrance qui n’aboutit qu’à accentuer le phénomène des ghettos.« Il faut donner une chance à la RECHERCHE 51 RUE DE SEINE 75280 PARIS CEDEX 06 ¦ TÉL (I) 43 54 32 84 numéro SPECIAL N° 221 MA11990 5,50$ LES MYTHES DE L 'EAU par P Thuillier LA STRUCTURE DE L'EAU par D.Eagland L'EAU DANS LE COSMOS par A.Omont et J.-L.Bertaux LE CYCLE DE L'EAU ET LE CLIMAT par J.Pinto Peixoto et A.-H.Oort LES EAUX DE PLUIE DANS LES VILLES par M.Desbordes, J.-C.Deutsch et A.Frérot LES GISEMENTS D'EAU SOUTERRAINE par J.Margot LA QUALITÉ DE L'EAU par J.Mallevialle et T.Chambolle LA POLLUTION DES FLEUVES par M.Meybeck LA POLLUTION PAR LES PHOSPHATES par G.Barroin LE LAC BAIKAL EN SURSIS par G.Galazii LA DESERTIFICATION par F.Di Casin' L'IRRIGATION DU FUTUR par H.-G.Jones L'ÉCONOMIE DE L'EAU CHEZ LES MAMMIFÈRES par C.de Rouffiqnac et L.Bankir LA SOIF par S.Nicolaïdis EAU, PUBLICITÉ ET VIE PSYCHIQUE par E.Toubiana et G.Gachelin A QUI APPARTIENT L'EAU?par J.-L.Gazzaniga | OFFRE SPÉCIALE D'ABONNEMENT — UN AN: 49,00 S Je souscris un abonnement d'un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 49,00 i.Veuillez payer par chèque établi à l'ordre de Diffusion Dimédia Inc.machine assimilatrice québécoise francophone.Je m’objecte à ceux qui réclament l’arrivée ici des seuls immigrants (rancopho-nisables.Cette hypothèse ne nous donnera pas grand’chose ».Il réclame tout au contraire l'intégration de tous les arrivants à la culture et au groupe français d’ici.« Il faut que ces derniers « rentrent » dans le groupe francophone, s’approprient certaines de nos valeurs, quitte à les transformer et à nous les renvoyer».Le chercheur de l’INRS trouve le moyen dans Le bazar de revenir sur la crise du libre-échange qui divise profondément les intellectuels des deux Canadas.C’est un thème qu’il a traité dans une verte réplique à la lettre provoquante d’un professeur de science politique de Vancouver, Philip Resnick, et dont la version française vient tout juste de paraître à Montréal.Catalyseur d’une crise d’identité canadienne, cette affaire entraîne une conséquence inattendue, selon Daniel Latouche.« Ce débat, suggère l’universitaire, c’est le premier moment d’affranchissement des intellectuels canadiens-anglais.Ces derniers n’ont jamais eu chez eux voix au chapitre parce qu’il n’y a jamais eu de débat de société, à l’opposé de ce que l’on connaît ici.Ce débat, c’est leur acte de naissance, c’est leur libération.Maintenant ce qu’ils disent sur le Canada, sur le Québec est, pour la première fois, considéré et jugé important ».Devant ses confrères anglophones, Daniel Latouche continue de semer le doute en affichant haut et fort cette vocation d’indépendatiste qui lui est venue, non pas au cabinet de René Lévesque, mais, tient-il à préciser, à la suite d’un discours de M.Jean Chrétien sur la côte ouest où ce dernier « jouait son numéro de French Canadian».Entre deux recherches sur l’intégration des allophones dans le bazar montréalais et sur les conséquences de l’informatique en architecture, Daniel Latouche poursuit une carrière originale et féconde.Ce qui ne l’empeche pas de se transformer, le temps d’une saison, en entrepreneur en construction, histoire de rebâtir sa maison du lac Memphré-magog hissée au rang de haut lieu touristique pour avoir accueilli les protagonistes du Déclin de l’empire américain et détruite par le feu à l’automne.m |iiiiiiiiui| (illllIlMIij aUll^lllk illMllllllll [iiiiilaini| 11111111111]] Y Y r~"i T\ H Fiction et biographies 1 Guy Lafleur, L’ombre et la lumière Georges-Hébert Germain Libre Expression Art Global (1)* 2 A l'ami qui ne m’a pas sauvé la vie Hervé Guibert Gallimard (4) 3 Fanfan Alexandre Jardin Flammarion (3) 4 Tremblement de coeur Denise Bombardier Seuil (2) 5 Le pendule de Foucault Umberto Eco Grasset (5) 6 L’Univers Gulliver Lili Gulliver VLB 0) 7 L'Immortalité Milan Kundera Gallimard (6) 8 Les Pérégrines Jeanne Bourin F.Bourin (8) 9 Les lièvres de St-GIron Jean Fontaine Quinze (-) 10 Par action, par omission P.D.James Fayard (-) Ouvrages généraux 1 Dans l'oell de l'aigle J.-F.Usée Boréal (1) 2 Le Bazar Daniel Latouche Boréal (3) 3 L’Accord Geroges Mathews Éd.du Jour (-) 4 L'orthographe en un clin d'oell Jacques Laurin Éd.de l'homme (-) 5 Menus et recettes du défi alimentaire Louise Lambert-Lagacé Éd.de l'homme (-) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès.Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Raf-fin, Demarc, Gallimard: Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve; Drummondvllle : Librairie Iran- j çaise.* Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Quand les vieux racontent LES VIEUX M’ONT CONTÉ (Tome 29) Germain Lemieux Montréal, Bellarmin, 1990 (M.L.) On ne parviendra jamais à dire avec justesse tout ce qu’on doit à Germain Lemieux, cet infatigable chercheur qui, sur le terrain, a recueilli des centaines de contes oraux, autant de fils qui nous relient à nos ancêtres d’il y a quelques milliers d’années, qui forment le grand courant de fiction de l’humanité entière.Cet oeuvre d’une vie, il le lègue an héritage aux générations à venir dans sa collec- tion Les vieux m’ont conté, qui sera formée de trente-deux volumes.Le vingt-neuvième est maintenant disponible en librairie.Il comprend dix-sept contes qu’on peut lire, comme toujours, en deux versions : la version originale du conteur non retouchée et une traduction en français correct, plus accessible au lecteur.Qui lira ces contes dans le seul but de connaître des histoires du passé éprouvera tôt la surprise de constater qu’il y a plus ici : il prendra connaissance de l’imaginaire collectif de tout un peuple à l’état brut.Jodit-i vos Dutnii ‘Tecfiés dé vieiness 129 pages/15,95$/ISBN: 2-89133-III-7 en librairie dès le 27 mai Les Éditions du Préambule Péchés de vieillesse Jean-Yves Dupuis Un jeune homme désabusé et une vieille dame froidement désespérée.Le conflit des générations n'est pas toujours celui qu’on pense.Collection Roman Le Préambule Les Editions du Préambule.169, rue Labonté, Longueuil.Quebec.J4H 2P6 Tel.: (514) 651-3646 Fax: 651-0378 TRIPTYQUE Nom.Ville.I I v A retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dimédia, 539, boul.Lebeau, Saint-Laurent H4N1S2.«Un délai de 8 à 12 semaines Interviendra entre la dade de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an é compter du premier numéro reçu.» Adresse Code postal C.P.5670, SUCC.C, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2X 3N4 TÉL: (514) 524-5900 ou 525-5957 JACQUES AUBE Hélène Dame Robert Giroux Poésie québécoise évolution des formes ET POLITIQUE AU QUÉBEC (1960-1980) TRIPTYQUE Triptyque > r I, \ I 136 p„ 14,95$ 216 p., 14,95$ Le Devoir, samedi 12 mai 1990 ¦ D-3 Des phrases qui se font grappes d’émotion PARCOURS PIÉGÉS Lise Harou VLB éditeur, Outremont, 1990, Cri Michel LkURIN :7 Lettres 4 québécoises J’avais particulièrement apprécié le dernier roman de Lise Harou (À propos de Maude, 1986), un récit tourmenté et dérangeant comme peu savent l’être, qui rappelait la prépondérance de la passion sur l’agir.L’auteure, toujours située du côté de la « vulnérabilité de l’existence », publie cette fois un recueil de huit récits comme autant de parcours amoureux, Parcours piégés, des textes aussi envoûtants que son roman, même s’ils semblent avoir perdu la confiance totale en l’amour et aux fantasmes manifestés naguère.D’entrée, l’écrivaine avoue ne connaître que des « vérités labiles, insaisissables ».Le silence et la solitude semblent avoir fait leur nid, au milieu de « la brume du désespoir ».Les femmes de ses nouvelles sont aux prises avec un long questionnement qu’elles imposent bientôt au lecteur, sur le sens de la vie, de l’amour, de la mort.Des questions qui demeurent sans réponses, si on en exclut une : la vie est une impasse et, trop fréquemment, « les chemins (de l’amour) sont vides et ne mènent (.) nulle part ».Restent quelques raisons de vivre : débusquer la part de conscience qui réside en chaque instant et, quand c’est possible, profiter abondamment de « (l’)en-thousiasme fantasmatique ».On peut se demander ici si le fantasme amoureux n’est pas supérieur à l’acte lui-même.11 faut aussi parvenir à communiquer avec les autres, dans l’amour ou dans l’amitié, la ligne de démarcation entre l’un et l’autre étant toujours fort ténue chez Lise Harou.Sans oublier l’écriture : « Le fil des aventures de ma vie fait des noeuds qui ne se défont que par le biais de flux d’encre irréguliers à la rencontre du papier ».Devant l’appel du « grand trou noir », plusieurs personnages connaissent la fascination pour l’abîme, le désespoir : « Une seule certitude : toute vie va vers la solitude, vers la mort ».Si certaines détresses particulièrement aiguës trouvent le repos dans le suicide, d’autres se résignent à observer la fuite inéluctable du temps, le seul sens qui reste à leur vie pour ces femmes « prise(s) dans le filet d'une inutilité flagrante».Contrairement à son dernier ouvrage, l’auteure interroge sans cesse l’après-amour et la vieillesse : « Que devient la tendresse, intime et sans défauts, lorsque l’acte d’amour est achevé et les corps épuisés ?» Quand la sérénité a déserté et que le corps n’est plus que survie.Quand on a la « sensation désagréable de dégringoler entre les parois inhospitalières de la vie ».Quand on a acquis la certitude que la vie n’est « qu'une parenthèse entre deux formes comparables de néant ».Malheureusement trop peu reconnue, Lise Harou compte pourtant parmi nos plus grands écrivains.Peintre de la détresse intérieure, elle a la trempe des Daniel Gagnon, avec ses récits ob-sessivement centrés sur les tourmentes de l’amour, servis par un imaginaire d’une rare richesse.Elle possède le don de créer des ambiances et de traduire des visions dans lesquelles elle plonge sans peine le lecteur.Avec elle, chaque phrase se fait grappe d'émotions, des émotions qui prennent la mesure du poids de la vie.La vie d’artiste:une injustice JE VOUDRAIS ETRE UN ARTISTE la condition d’artiste : une injustice Jean-Guy Lacroix VLB éditeur, Montréal 1990 MARCEL FOURNIER Que les artistes soient nombreux et qu’ils soient pour la plupart d’entre eux mal payés, nous le savions.L’étude que Jean-Guy Lacroix, professeur de sociologie à l’UQU AM, a menée auprès d’un échantillon de 6170 artistes (auteurs, musiciens et comédiens) fournit quelques données pus précises : revenu annuel moyen, pour l’nannée 1985, de 8170$; 67,4 % des artistes dont une majorité de femmes ont un revenue annuel de moins de 5000$.Pour sa part, certain d’être écouté par les diverses associations d’artistes qui actuellement se battent contre le gouvernement Bourassa pour qu’il respecte ses promesses électorales, Jean-Guy Lacroix n’hésite pas à crier à l’injustice.Certes, quelques grandes vedettes sont riches et célèbres, mais à côté il y a un « immense réservoir de main-d’oeuvre artistique, un vivier général d’artistes ».Et tous, du bas au haut de la pyramide sont exploités.Le plaidoyer prend, même si l’auteur s’en défend, un ton larmoyant et verse dans le misérabilisme : insécurité, horaires de travail trop chargés, rythme frénétique de travail, longue préparation, évaluation constante, stress important, nécessité du PR, rares va- cances, nombreux déplacements, vie affective difficile, vie familiale précaire, problèmes de santé, alcool et drogues.Ce tableau « assez noir » vaut même pour les artistes qui ont réussi, la trentaine de « têtes d’affiches » qu’a aussi interrogées Jean-Guy Lacroix.Que peut-on conclure ?De toute évidence, pour une majorité d’artistes, souvent les femmes et les jeunes, la « vie d’artiste » est loin d’être rose.Face à cette « misère », Jean-Guy Lacroix adopte la position du chercheur-militant : il identifie d’abord un principe explicatif — « la rente culturelle » — ; ensuite il propose des solutions et appuie des revendications : mesures fiscales, fonds suffisants pour le développement de la culture, consolidation du secteur « classique » du marché du travail artistique, amélioration des condi- tions de travail.Voilà un programme qui devrait pouvoir rallier tous les artistes et les auteurs, et en premier lieu les pigistes du DEVOIR.Le monde de l’art est cependant un « univers très complexe ».Qu’y a-t-il de commun entre l’annohceur-vedette d’une chaîne de télévision et le poète des Herbes rouges ?La seule Union des artistes regroupe des artistes de plus de 80 secteurs, des comédiens aux chanteurs populaires en passant par les cascadeurs et les mannequins.Quiconque veut tenir compte d’une telle diversité des situations ne peut se contenter de statistiques globales pour l’ensemble de la population des artistes.Jean-Guy Lacroix en est conscient qui différencie deux filières d’accès et de pratique des métiers aritisti-ques : d’un côté, la filière « classique », celle de « culture socia- lement reconnue et valorisée qui est produite et diffusée dans des lieux institutionnels subventionnés »; de l’autre, celle de la « fabrication et de la diffusion de la culture de masse, donc des industries culturelles».Le sociologue manipule quelques variables (sexe, secteur, âge) mais jamais son analyse ne tient compte de la structure même du « champ artistique ».Personne ne contestera ses chiffres, même lorsque les données sont incomplètes : revenus d’un second emploi; revenu familial; etc.Il faut tout simplement regretter que l’étude n’ait pas été plus poussée, plus fine.L’oeuvre d’art est indissociablement une création, une marchandise et un bien culturel.La pratique de l’art, c’est plus que du travail, c’est aussi une profession et une passion.Les hommes des femmes gagnantes Le rapt de la forme Le livre le rsonne, t le plus uche de Margaret Atwood.±V±J- ATWOOD ŒIL-DE-CHAT PAR IWARfiARFT ROBERT LAFFONT des livres ouverts sur la vie et LES FEMMES DE POUVOIR ET LEURS HOMMES Gilbert Tarrab en collaboration avec Chris Coëne Editions G.Vermette 1990, 278 pages JOSÉE BOILEAU « Passez-vous l’aspirateur ?», « On vous appelle du nom de votre femme, qu’est-ce que cela vous fait ?», « Percevez-vous votre femme comme menaçante ?» Questions anodines ?Conversation de salon ?Pas quand monsieur a pour nom Charles Dutoit ou Robert Sévigny, que madame s’appelle Pauline Marois ou Hu-guette Bouchardeau, qu’elle est directrice générale du Centre Georges Pompidou à Paris ou vice-rectrice à l’administration et aux finances à l’UQAM.Le thème a été rarement aborde, il est même tout nouveau dans la littérature sociologique : comment vit un homme, au quo-tidien, avec une femme de pouvoir ?Comment conçoit-il les responsabilités de sa compagne, son style de gestion, la vie de couple qui en découle.Pour qui s’intéresse au sujet, ce livre est fascinant.Foin des chiffres et des statistiques, des études sur ce qui devrait être et ce qui n’est pas, la vingtaine d’entrevues rondement menées par l’auteur, professeur à l’Université du Québec à Montréal, personnalisent les revendications féministes pour toucher de près leur application « sur le terrain ».Bien sûr, il faut tout de suite noter que les hommes interrogés sont eux-mêmes bien peu représentatifs.D’entrée de jeu, Gilbert Tarrab souligne qu’il a essuyé bien des refus avant qu’une dizaine de maris français et autant de québécois acceptent de se confier, lui qui avait au départ souhaité interroger les compagnons des 49 femmes qu’il avait déjà rencontrées dans le cadre d’autres enquêtes sur la gestion au féminin.Or, tous ces hommes qui ont accepté de parler sont eux-mêmes ou « hommes de pouvoir », ou professionnels à belle carrière, ce qui leur permet peut-être plus facilement d’accepter les succès de leur femme.Est-ce pour cela que les autres se sont tus ?Y a-t-il d’ailleurs des hommes qui acceptent de rester au- près d’une femme qui réussit de façon beaucoup plus éclatante qu’eux ?Ces femmes gagnantes elles-mêmes ne sont-elles séduites que par les professionnels accomplis ?Ces questions dépassent le cadre du livre mais elles pourraient en être le prolongement tant les idées de débat sont présentes au fil des témoignages qui se succèdent.La dernière partie du volume est d’ailleurs consacrée à l’analyse de contenu des entretiens.L’auteur met en relief rapprochements et contradictions, tire prudemment certaines conclusions, ouvre des perspectives sur la suite de la réflexion.Mais le lecteur, et la lectrice, se réjouira surtout du fait que pour une fois, « les hommes ont été amenés à s’interroger sur les réactions et à interpréter leur manière de partager la vie d’une femme de gestion, situation encore assez peu courante ».Un débat tout nouveau, tout beau, intel-ligemment présenté par un homme assez ouvert pour pousser ses confrères dans leurs derniers retranchements, ça vaut, pour tout dire, vivement la peine de s’y intéresser.LES LAIDES OTAGES Josée Yvon VLB Éditeur DANIEL CARRIÈRE Les « filles-commandos bandées » de Josée Yvon sont des femmes aujourd’hui.Alors que dans les pages des précédents récits, on assistait à leurs nuits apparamment interminables, semées de drogues, à leur jeunesse sacrifiée sur l’autel du réel et dont le sacrifice s’éteignait avec les premières lueurs de l’aube, maintenant elles se réveillent, le matin, la trentaine bien sonnée, toujours éméchées par l’alcool, le dektol et la folie, certes, toujours entachées par le meurtre.Depuis 15 ans, l’écriture de Josée Yvon oppose à la morale qué- _ DANS LES IITYPO LES MEILLEURS BOUQUINS Fernand Ouellette Fernand Ouellette Geneviève TYPOii .'lu il: .ni TU REGARDAIS INTENSÉMENT GENEVIÈVE roman 224 panés — 7.95$ «.lin grand livre d'amour que j'ai lu ,d'une traite, étonné et ’ra\i.»> Jueques (lodlxnil TYPOII POCHE ¦¦ l’HEXAGONI \ bécoise une vision qui naît à l’est de l’Hôtel Tropicana, une morale qui passe inexorablement par le rapt de la forme, et par fidélité aux émotions excessives.C’est au rituel de l’horreur banale que nous convie l’auteure maudite de feu la nouvelle écriture.Josée Yvon fait de la poésie documentaire, elliptique et incisive.Cette beauté qui ne s’écrit pas / cherche encore la veine-mai tresse / boit la strega /sur la gerbe des communiantes / étire la peau du silence.Les laides otages ne se lit pas facilement, comme du reste toute l’oeuvre de Josée Yvon, dont Travesties-kamikazes demeure le meilleur exemple.On en ressort un goût étrange dans la bouche, les doigts tachés de sang, mais avec la certitude qu’ailleurs, les mots n’ont pas fini de faire chanter tous les « jurons savamment étudiés ».Jacques Ferron Théâtre I TYPO TYPOII POCHE ¦¦ l’HEXAGONE Jacques Ferron THÉÂTRE I 560 pages — 14.95$ Noutelle édition sous la direction de Jean Marcel.Theatre I vous restitue la voix ironique et moqueuse de Ferron DANS LES IITYPO LES MEILLEURS BOUQUINS L’intelligence, ça s’achète! :ê socif rt CANADIFNNt DU CANCER CANADIAN CANCIR SOtII TV HUGO PLUS le dictionnaire et la grammaire par Manseau, Malka, Des Roches, Li/.éc, Héiu Vérification orthographique et grammaticale, compatible avec WordPerfect 5.1, WordPerfect 5.0, WordPerfect 4.2, Wordstar 4, Word 5, Écrivain public, Secrétaire personnel.IBM l»C 256 K 84,95$ ACTION WRITER rinm\i\ ri in K L’ÉCRIVAIN PUBLIC PC par Roger Des Roches cl Francis Malka Beau, bon, pas cher! 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En vente partout et chez LOGIDISQUE Inc.1225, de Condé, Montreal QC II3K 21-14 (514) 933-2225 FAX: (514) 933-2182 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 12 mai 1990 IM • le plaisir des ivres Nice: une ville devenue infiniment romanesque L’AMOUR NOIR Michel Grisolia Flammarion, Paris, 1990, 250 p.Lisette MORIN A Le feuilleton Pour les lecteurs dits « professionnels » — ou qui croient mériter ce titre(?) — Nice est la ville des Gallo, Le Clézio et Modiano.Voici que ce trio d’excellents romanciers devient un quatuor, avec l’ajout de Michel Grisolia, mieux connu pour les fidèles des hebdos L’Expresset L'Événement du jeudi comme journaliste et chroniqueur littéraire.11 a cependant signé quelques polars, dont l’un au titre fort amusant : La promenade des Anglaises.Le dernier ouvrage de ce Niçois d’origine ne peut se démarquer de ce passé très récent puisque L’amour fou renferme suffisamment de situations ambiguës pour que le lecteur y progresse, constamment haletant, jusqu’au suspense final.Grisolia respecte avec une sourcilleuse attention les traditions littéraires classiques.Son roman est divisé en quatre parties, s’ouvre sur un prologue et se termine, pourrait-on dire, sur un épilogue, annoncé par les trois astérisques conventionnels.Voilà pour la présentation.technique.Habile, le romancier est cependant plus artiste qu’artisan: ses héros, un très jeune homme et une femme qui l’est à peine un peu moins, se rencontrent dans ce lieu essentiellement neutre, dans ce cadre habituellement anonyme qu’est un hôtel.Mais, ici, le Marbella, qui est un quasi palace — un * * * à la façon européenne ! devient partie intégrante, un véritable « personnage» de L'Amour fou.Car, à toutes fins utiles, l’intrigue est une romance .hôte lière.Antoine Louvier, qui a tué sa femme pour cause d’adultère, trouve un emploi, grâce à un garçon rencontre dans le train qui le ramenait dans sa ville natale.Dominique Damien, qui fut elle aussi accusée du meurtre de son époux, descend dans cet hôtel où, des son arrivée, elle fascine le garçon qui la conduit à la suite, la meilleure chambre du Marbella, réservée pour elle.Ces deux-là, pourrait-on dire, se retrouvent.Ils s’aimeront d’amour fou, en dépit des obstacles constants, et toujours imprévus pour le lecteur, que le romancier sème comme à plaisir sur leur itinéraire amoureux.Attentif aux détails, Grisolia a choisi de ne rien omettre de l’ap- prentissage d’Antoine Louvier : U ne néglige même pas la garde-robe ! On apprend comment sont vêtus, au jour le jour, les personnages, ce qu’ils commandent au petit déjeuner, au restaurant et même au casse-croûte.Dominique Damien, qui a un fils « épisodique » (puisqu’il lui fut retiré par sa belle-famille, à l’issue du procès) le reçoit à l’hôtel et l’amant de maman devient le papa, lui aussi provisoire.Le petit Christopher est, à sa façon, un enfant modèle.Christopher ne s’étonne de rien : transbahuté depuis sa naissance, entre des grands-parents qui lui donnent tout, une mère qu il aime malgré tout tendrement, il est le faire-valoir de cet Amour noir.Plus intéressant, à vrai dire, que le mystérieux Anglais qui ne cessera de suivre les amants, et qui n’ajoute à vrai dire pas grand-chose à l’atmosphère de ce roman, essentiellement centré sur le malheur de deux paumés.Qui vivent une passion que le lecteur sent condamnée, dès les premières pages.Passion, néanmoins, si bien racontée, si bien située dans le cadre niçois, que l’on admire bien Un cadeau à maman LE LIVRE DE MAMAN Une anthologie des plus beaux textes de la littérature française Présentée par Marie Chaix Acropole, Paris 1990, 200 p.De tout temps, les mères ont inspiré les écrivains.Marie Chaix en fournit la preuve en présentant cette anthologie des plus beaux textes de la littérature française traitant de la figure maternelle.« Joies ou peines, on ne tient à rien tant qu’à son enfance, et l’enfance c’est la mère, écrit l’an-thologiste.La littérature “maternelle”, pourrait-on dire, est pleine de têtes blondes, de caresses, de regards alanguis sur l’enfant reposant sur le doux sein, plein d’hommages émus et desuets venant d’adultes ou de vieillards qui se souviennent du temps béni où cette personne unique et lumineuse les gardait serrés et chauds à l’abri d’un monde inimaginable et forcément hostile.» De François de Salignac de La Mothe Fénelon à Marcel Proust, en passant par Jean-Jacques Rousseau, Chamfort, Stendhal, Lamartine, Michelet, Balzac, Hugo et plusieurs autres, les écrivains regroupés dans ce volume livrent des confidences sur leur rapport à leur chère maman.Li- sez Stendhal, par exemple : « Ma mère, Mme Henriette Gagnon, était une femme charmante et j’étais amoureux de ma mère.Je me hâte d’ajouter que je la perdis quand j’avais sept ans.(.) Je voulais couvrir ma mère de baisers et qu’il n’y eût pas de vêtements.Elle m’aimait à la passion et m’embrassait souvent, je lui rendais ses baisers avec un tel feu qu’elle était souvent obligée de s’en aller.J’abhorrais mon père quand il venait interrompre nos baisers.» Guy de Maupassant soutient, quant à lui, qu’« on aime sa mère presque sans le savoir, sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre; et on ne s’aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu’au moment de la séparation dernière.Ancune autre affection n’est comparable à celle-là, car toutes les autres sont de rencontre, et celle-là est de naissance; toutes les autres nous sont apportées plus tard par les hasards de l’existence, et celle-là vit depuis notre premier jour dans notre sang même.» Pour découvrir d’autres textes d’auteurs célèbres sur le même sujet, il ne vous reste plus qu’à offrir ce bouquin à votre maman pour la fête des mères et à le lire en cachette.Les effets de la censure avantage le romancier qui l’a imaginée que son anecdote, somme toute assez banale.Sorti de prison, en prologue, Antoine Louvier y rentre de nouveau aux dernières pages.Moins heureux, à mon avis, le tic du romancier qui montre un peu trop souvent son goût pour les observations de type.socio-logique.« Pour la plupart des hommes, imiter son semblable est la seule chose.Un jour, l’imitation rate et on devient soi ».Comme on est orgueilleux quand on aime, l’amour et l’orgueil présentent quelquefois le même visage ».« Il ne se rendait pas compte qu’il était en contradiction avec une époque qui nie la durée et multiplie plaisirs et désirs concurrents ».Il est heureux que le style de Grisolia, efficace, rapide, presque nerveux, permette d’excuser cette propension au moralisme.Il faut lire L’Amour noir pour parcourir, à toute heure du jour et de la nuit, et dans tous ses parages, la très belle cité où tout se passe, le bonheur et le malheur d’amants maudits.C’est le roman niçois par excellence ! PROVOCATION Stanislaw Lem Traduit du polonais par Dominique Sila Ed.du Seuil, 1989, 118 pages LE DOUBLE CONTE DE L’EXIL Mona Latif Ghattas Boréal, 1990, 170 pages.Alice R4RIZEAU Lettres A étrangères Les effets de la censure s’exercent de diverses façons.D’une part on peut empêcher les écrivains de publier, ou pis encore leur enlever ce goût de créer qui peut être à l’origine d’une grande oeuvre, et d’autre part fausser complètement leur inspiration.Afin de ne pas s’ex- Un Périer sur les poser, afin de se protéger contre les pressions du pouvoir, les romanciers se réfugient dans la science-fiction qui est un genre à part, ou encore dans des réflexions philosophiques à ce point étanches que personne ne se permet de prétendre le décoder.Ce qui, par ailleurs, demeure symboliquement valable au pays même où vit le romancier ne l’est pas du tout à l’étranger.S’il quitte donc son contexte national il est doublement exilé, en tant qu’individu et en tant que créateur qui risque de demeurer incompris et à partir de là oublié non seulement à l’étranger, mais aussi dans sa propre patrie où auparavant il disposait d’un cercle plus ou moins large de lecteurs.Stanislaw Lem, médecin et fils de médecin, a traversé trois époques, celle des années trente, celle de l’occupation allemande et de la libération, puis celle de la Pologne communiste, soviétisée, et en ce moment le voilà à l’heure des changements et du grands boulevards FRANÇOIS PÉRIER PROFESSION: MENTEUR François Périer Le Pré aux clercs, Paris 1990 ROBERT LÉVESQUE La première chose que l’on note avec surprise, lorsqu’on survole la carrière de François Périer, et avec lui, ce qui n’est pas sans un plaisir intense, c’est que ce comédien exceptionnel n’a pratiquement jamais touché aux rôles classiques.On l’imaginerait fabuleux chez Corneille, Racine, Marivaux, H ugo et même Claudel, et voilà que faisant son bilan de personnages Périer nous rappelle que, s’il a assuré quelque 10,000 représentations en scène (pour 34 pièces), il n’a jamais joué un classique, si ce n’est Tartuffe de Molière où il fut Tartuffe en 1961 (mise en scène de Jean Anouilh à la Comédie des Champs-Élysées) et Orgon en 1983 (mise en scène de Jacques Lasalle à Strasbourg).Qu’a-t-il joué ?Du boulevard, en majorité, mais au boulevard, théâtre facile par essence, il a été un acteur rigoureux, consciencieux, il a donné de la classe à tout ce qu’il a touché.S’il a joué Marcel Achard, André Roussin, Jean Anouilh (le haut-de-gamme du boulevard), il a surtout créé le rôle de Hugo dans Les Mains sales en 1948 et le rôle de Goetz dans Le Diable et le bon Dieu en 1968, s’inscrivant comme le grand interprète de Jean-Paul Savez-vous que Ton enseigne encore Que diviser c'est partager ou mesurer?Cette notion empêche les enfants et les adultes de comprendre que: 1$ - 1/2 = 2$ 6m2 -*• 0,5m = 12m La collection Défi Mathématique modifie cette pratique.Communiquez avec nous pour en savoir plus long.Sartre à la scène.Aujourd’hui, alors que vient d’entrer au répertoire de la Comédie-Française (le 5 mai 1990) Huis clos, on peut se demander si l’oeuvre dramatique de Sartre, dix ans après la mort du philosophe, résistera et demeurera.François Périer, qui place Sartre parmi ses deux pères de théâtre (avec Louis Jouvet), en est sûr, et il a une page, dans ses mémoires, pour dire combien il sait que, passé le purgatoire théâtral actuel, Sartre retrouvera le chemin d’un théâtre universel.Il est beaucoup plus dur pour un Anouilh, auteur aux antipodes politiques de Sartre, dont il dit qu’il manque à son théâtre cette humanité qui fait les grandes oeuvres.Profession : menteur, tel est le titre choisi par Périer pour revoir sa vie.Quel bel adjectif pour un acteur ! C’est avec sa grand-mère qui était très oublieuse (on n’avait pas défini à l’époque la maladie d’Alzheimer) que François Pillu a commencé sa carrière de menteur.Il lui inventait des histoires le matin ! Qu’il modifiait le midi ! Qu’il renversait le soir ! Et toujours, dit-il, sa grand-mère était d’une attention remarquable, elle croyait tout.Au lycée, il s’était inventé un ami fictif, un dénommé Désiré Mestiféré, qu’il fit vivre en imagination (auprès de ses parents) jusqu’au jour où la supercherie éclata.« Dès l’enfance j’ai eu le goût du mensonge », écrit Périer à la première page de ce livre admirable, écrit sur le ton d’une confidence, et qui se révèle un véritable « art du comédien ».Devenu François Périer en 1937, alors qu’il était élève au Conservatoire (« Pillu n’était pas un nom de théâtre »), il va avoir une chance énorme en décrochant un rôle dans Les Jours heureux de Puget au théâtre Michel, spectacle qui sera un des gros succès d’avant-guerre.Ce sera le premier de ses rendez-vous avec les « millièmes », ces succès qui tiennent au moins trois ans (Bo-bosse de Achard sera son plus célèbre) et qui, malheurs aux classiques, ont gardé François Périer dans le giron des « théâtres privés» et des grands boulevards.On parcourt son livre avec un plaisir immense : on y voit apparaître les silhouettes de Jouvet, Sartre, le fabuleux et antipathique Pierre Fresnay, ses camarades de Conservatoire comme Bernard Blier, puis Jules Berry cet acteur qu’il admirait (« il y avait du Méphisto dans cet homme du monde »), et surtout Simone Signoret, qui fut son amie, et dont il brosse un portrait remarquable.Tous les amateurs de théâtre devrait lire ce bouquin de Périer : on y trouve à la fois la légèreté et la gravité de ce métier.De cette profession de menteurs.renouveau, âgé de soixante-dix ans.Ce qui est significatif c’est que son optique socio-politique ne change pas pour autant.À forçe d’osciller entre deux genres, celui de l’essai et de science-fiction, il propose une vision particulière du présent et de l’avenir de l’humanité qui est d’autant plus fascinante quer soigneusement documentée.Quand Stanislaw Lem raconte l’évolution des astronautes dans son livre intitulé Solans, publié aux éditions Denoël en 1978 et traduit depuis en plusieurs langues, il apporte des données techniques qui demandent à un écrivain des années d’études.Médecin, fasciné par la cybernétique comme par les ma-, thémaiques, il a toujours sa façon originale et différente de concevoir l’homme.Le petit livre qui comprend deux nouvelles Provocation et Réflexions sur ma vie est Un échantillon de son talent, mais il serait injuste de considérer qu’il s’agit là d’une oeuvre qui permet vraiment de la découvrir.Dans Provocation, Stanislaw Lem présente le génocide des Juifs perpétré par les Nazis comme le précurseur du terrorisme moderne.Le narrateur Horst Asper-nic, personnage proche par certains côtés de Mefisto, mais en même temps historien et anthropologue très savant, démontre le mécanisme de la cruauté.La vie, la mort et la violence ne cessent de se croiser au fil des événements abominables dont la justification ne s’explique plus par aucune idéologie.Le double conte de l’exil de Mona Latif Ghattas se situe aux antipodes de la vision de Stanislaw Lem.C’est un roman proche, comme cela arrive souvent dans la littérature québécoise, de récit poétique.Mona Latif Ghattas, née au Caire, vit à Montréal depuis 1966 où elle a publié jusqu’à présent des recueils de poésie et deux romans.Son livre relate la rencontre d’un homme, un marin et d’une fille plutôt pauvre, Madeleine, qui veut bien le recevoir dans son petit appartement.Immigrant clandestin celui qui s’appelait autrefois, chez lui, Fève le Fou, n’a pas le droit de travailler et vit mal dans la crainte d’être déporté.Malheureusement l'écrivain se contente ici d’esquisser à peine cette angoisse réelle de l’immigré clandestin qui ne connaît aucune de deux langues officielles et se fait exploiter dès lors par des entrepreneurs et commerçants heureux d’utiliser une main-d’oeuvre bon marché.Vaste sujet, souvent traité avec plus ou moins de bonheur par des romanciers américains, comme par des romanciers français, mais rarement à notre connaissance, par ceux du Québec.Sociologiquement et psychologiquement cela s’explique en partie par une certaine forme d’insécurité chronique propre aux Québécois, car les artistes reflètent fatalement, les romanciers et les poètes surtout, les préoccupations de leur collect!-, vité.Or autant en France qu’aux États-unis la question d’identité ne se pose pas et le fait par exemple qu’Henri Bernstein, était d’origine russe et Arthur Miller est d’origine allemande n’a aucune importance à cet égard.À l’opposé comme dans notre monde francophone, mais nord-américain, on oscille encore entre des définitions telles que « canadien », « canadien-français »Let « québécois », il est normal que Mona Latif Ghattas campe, face au réfugiém Madeleine, née Ma-nitakawa.Et c’est ainsi que contre toute vraisemblance quand le pauyje réfugié est expulsé, Madeleine retourne vivre sur la réserve ïh-dienne où, comme le constate l’auteur : « Elle n’eut pas à mon-, trer patte blanche, sa langue ancienne ayant rejailli comme un fleuve dont les barrages artffi-ciels avaient cédé.On l'intégra sans hésiter au Conseil des Anciens.» t Le double conte de l’exil estjjn livre où Mona Latif Ghattas raconte un amour beau, pur et vrai, mais on ne peut s’empêcherfle regretter qu’elle ne campe pas plus solidement ses personnages tout en glissant dans des descriptions très politiques des éléments très, pour ne pas dire trop, concrets.1977, boul.Industriel Laval (Québec) H7S 1P6 ® (514)667-9221 bliçjté Sei?d^a835;9645 Le Devoir, samedi 12 mai 1990 ¦ D-5 • te plaisir des ivres j « Quelques mots des lecteurs Être diariste ou ne pas être?MARIE-ÉVA DE VILLERS « Ni les grands chemins ni les p’tites rues n’avaient reçu de noms officiels, parfaitement inutiles puisque tout le monde les connaissait, bailleurs, il n’u avait pas de postillon.Le gamin était crapoussin, mutin, blond, un peu roux, pivelé».Sour le plaisir de l’heure du thé, Mme Hélène Perras de Montréal m’a transmis un court récit truffé de mots courants d’âTitrefois, Elle a extrait ces québécismes de ses souvenirs aü)£i que d’un recueil de témoignages qu’elle a constitué : Le langage des vieux dans la vallée dû.Richeheu.Cîest en effet le postillon qui livrait le courrier dans les campagnes québécoises aussi bien que normandes.Quant à son gamin crapoussin, le Glossaire du parler français au Canada nous précise qu’il s’agit d’un diminutif du.nom crapaud usité pour réprimander de jeunes enfants en Normandie, en Picardie, dans le Berry et le Nivernais.L’adjectif piv.elé (dont on m’a souvent gratifiée) signifie « marqué de taches de rousseur » ; il se dit en Bretagne de la robe rouge d’un animal mouchetée de nombreuses petites taches blanches.O > u Q Service de PUBLICITE 842-9645 -ti Enfarger À propos d’un emploi transitif du verbe enfarger que j’ai donné comme exemple dans une récente chronique sur la langue d’ici (Julien a enfargé Laurence .), M.Adrien Thério me signalé que ce verbe ne s’emploie qu’à la forme pronominale : « Je me suis enfargé et je suis tombé ».J’avais consulté le Glossaire, les Régionalismes québécois usuels de Robert Dubuc et de Jean-Claude Boulanger ainsi que le Dictionnaire des canadianismes de Gaston Dulong qui donnent tous les trois à ce québécisme la catégorie grammaticale verbe transitif et des exemples à la forme pronominale et à la forme transitive.Consulté à ce sujet, M.Victor Barbeau croit que le verbe est généralement pronominal, mais qu’il s’emploie également à l’occasion à la forme transitive.Idiotismes De Joliette, M.Clément Pelletier qui a apprécié ma « Tempête dans une tasse de thé » sur les idiotismes nous en propose de nouveaux : c’est bien le fils de son père qui correspond à l’ex- 4 Vézina quoi il est important d’aimer.Etre aimée, c’est une autre paire de manches.Mais aimer, cela me fait dire : la dernière chose que je voudrais avoir comme flash avant de mourir, c’est d’avoir aimé.Il me semble que c’est encore plus important de t’inscrire dans le coeur des êtres que même dans un livre.Il y a des gens qui n’écriront jamais de livre ni de film ni de pièce de théâtre mais qui restent quand même dans le fond de ton coeur.Finalement, ce qui m’intéresse, c’est la chaleur et la lumière.J’espère que je vais en avoir laissé un peu.» i HURTUBISE HMH Contre nous de la tyrannie Josiane Bouiad-Ayoub Voici analysée pour la première fois l’influence des Philosophes des Lumières sur la Révolution de 1789 Collection Brèches 388 pages - 26,95$ En vente chez votre libraire éditions hurtubise hmh Itée 7360, boulevard Newman, Ville LaSalle (Québec) H8N 1X2 Téléphone (514) 364-0323 osiane Bouiad-Ayoub CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE.DLS RELATIONS IDfOUX.IQl LS ENTRE I If RT.S CT RfVOl un ' ' ’ FJ Brt\hcs hurtubise hmh loi 25% DE RABAIS SUR BEST-SELLERS’ ET NOUVEAUTÉS* 0 25 A 50% SUR LA PAPETERIE 9269, RUE LAJEUNESSE TÉL.: (514] 388-2362 À TROIS RUES AU NORD DU MÉTROPOLITAIN AJEUNESSE •SAUF QUaQUES EXCEPTONS T~ ibRAiRiE pression anglaise « he’s a chip off the old block ».Si vous n’y allez pas par quatre chemins ou si vous ne tournez pas autour du pot, l’anglophone « doesn't beat around the bush ».Comment diton en français « Once bitten, twice shy » ?Vous l’avez peut-être deviné : Chat échaudé craint l’eau froide.Barbarisme Exaspérée par un tic de langage très courant, Mme Monique Désy condamne avec raison l’« erreur grossière qui se retrouve dans la bouche d’une majorité de Québécois :ça la ».Elle écrit « Nos journalistes, nos enseignants et combien d’autres trouvent que ça la de l’importance, ça l’a demandé des efforts .».Il est exact que cette construction sys-taxique répandue est tout à fait incorrecte.Anglicismes De l’Université de Sherbrooke, M.Claude Boucher, professeur à la Faculté des Sciences, déplore l’emploi de l’expression « focus sur .«dans les pages du DEVOIR.Il souhaiterait abattre ce terme qui, par dérivation, a donné naissance au monstrueux verbe « focusser » que commencent à proférer, écrit M.Boucher, certains de ses collègues.Et il poursuit avec à-propos -:« D’une même flèche, vous pourriez viser et atteindre ces gens qui mettent l’« emphase » sur je ne sais quoi, alors qu’ils pourraient fort bien mettre l’accent ou insister sur ce qu’il leur plaira ».Il est difficile de faire état de tous les commentaires intéressants formulés par de nombreux lecteurs du Plaisir des mots que je remercie vivement.Chose certaine, ne n’est pas demain la veille que les questions langagières laisseront indifférents les Québécois ! L’habitude du journal personnel, comme le fait de consigner et de colliger des notes intimes, peut engendrer des effets contraires : DUBE ou on s’adonne abusivement à ses obsessions — lesquelles deviennent rapidement malsaines, — ou on apprend à s’habiter pour s’affranchir de fréquentations extérieures aliénantes, mettant ainsi à profit la leçon socratique du « Connais-toi toi-même ».Il faut donc, quand on décide d’écrire positivement pour soi, s’établir soi-même dans une logique commandée de l’intérieur et ayant un double but de prolongement et d’épanouissement.Quelle image de soi devrait-on chercher à projeter alors dans de tels écrits ?Pour qu’elle soit et reste valable, l’image la plus rapprochée possible de la réalité risque toujours d’être la plus acceptable.On ne peut faire la trace de personne d’autre si l’on veut, quand on aura à rebrousser chemin, pouvoir poser ses pieds dans les bonnes empreintes.Le journal personnel ressemble à un instantané qu’on prend pour marquer le temps et qu’on pourra regarder plus tard afin de s’y reconnaître et de s’y revivre.Par le truchement du Magazine littéraire, Philippe Lejeune a lancé une invitation à tous les diaristes non professionnels de la chose écrite, (à Monsieur Tout le Monde .a-t-on ajouté assez faussement car c’est précisément pour cesser d’être considéré comme tel qu’on note ses états d’âme, ses évolutions, ses passions, les résultats de son combat contre la mort — un diariste a d’ailleurs noté : « C’est bien la question de la mort qui est à l’arrière-plan de tout journal intime »), afin d’expliquer l’existence de leurs écrits.Quarante-trois personnes lui ont répondu et plusieurs d’entre elles ont même été invitées à préciser leurs réponses dans des deuxièmes et des troisièmes lettres.Des femmes et des hommes de tout âge et de toute condition sociale ont tenté d’expliquer pourquoi ils écrivaient leur journal intime, dans quelles conditions ils l’avaient commencé (et terminé aussi, parfois), s’ils le laissaient lire par d’autres et quel sort final ils réservaient à ce miroir de leur intimité.Les éditions Gallimard vienne nt de publier, sous le titre de Cher cahier.Témoignages sur le journal personnel, les propos recueillis par Monsieur Lejeune.Le résultat me semble instructif et utile : il nous force à nous replacer dans des perspectives existentielles qu'on a quelquefois tendance à oublier.Chaque fois qu’on laisse aux seuls écrivains le soin de nous représenter dans l’exercice de l’expression écrite de révolution humaine, on se nie à soi-même un droit fondamental.En agissant ainsi, on fait comme tous les sportifs du monde qui cessent de faire du sport parce qu’ils ne participeront pas aux Olympiques .On cesse de « cultiver son jardin » parce que l’herbe du voisin est plus haute, plus verte, plus réjouissante.On précipite ainsi l’instant de notre anéantissement en s’ensevelissant d’avance dans des états léthargiques aussi insipides qu’improductifs.Même si la connaissance fondamentale de soi est une des bases les plus solides de notre culture occidentale, cela ne change rien au fait que plusieurs adeptes des faux-fuyamts actuellement à la mode s’évitent eux-mêmes, se fuient : ils poursuivent, dans le trouble d’activités fébriles devenues des fins en elles-mêmes au lieu de demeurer des moyens de parvenir à des états supé- rieurs d’être, la vision de paradis superficiels — qui ne comportent en rien les éléments profonds des paradis artificiels baudelairiens — dans lesquels la mémoire pourra être rayée des facultés agissantes.Un des correspondants de Lejeune écrit que « la vie n’est pas un bon sujet de roman ».Même si des romanciers comme François Mauriac et Albert Camus, Ga-brielle Roy et Michel Tremblay ont prouvé le contraire, je comprends assez bien ce diariste qui n’a pas envie de se colleter avec les professionnels de l’écriture mais qui a décidé tout simplement de faire quotidiennement ses exercices comme d’autres font leur jogging dans des parcs solitaires, aux petites heures du matin, loin des regards indiscrets et à l’abri des accidents de toute sorte .dans le seul but de protéger et d’améliorer leur santé.Finalement, comme il semble qu’il n’existe toujours pas de chirurgie esthétique de l’âme pour en assurer le rajeunissement, un bon moyen d’inventer un « lifting » moral à qualité durable ne pourrait-il pas être de pouvoir se relire tout doucement sa vie et tenter de se convaincre qu’elle n’a pas été complètement inutile ?Être diariste, ça permet de consigner un présent qui, une fois passe, jettera sur le futur des lueurs que nos yeux pourraient avoir oubliées étant donné l’opacité d'une nuit qu’on entend venir de très loin.(Je dédie cet article à mon ami Claude Jasmin qui, lui, fut un diariste professionnel dans l’espérance qu’il revienne à cette pratique pour notre plaisir et pour le sien.) CHER CAHIER .Témoignages sur le journal personnel recueillis et présentés par Phil-lipe Lejeune collection Témoins, Gallimard, Paris, 1989, 242 pages.m**'1* couru 1 LES NOUVEAUTES VLB Plume Latraverse CHANSONS POUR TOUTES SORTES DE MONDE Plus de 180 chansons! Certaines appartiennent déjà au répertoire classique de la chanson québécoise, d’autres, plus récentes, ne demandent plus qu'à être lues et écoutées, pour notre plu grand bonheur.Poil au coeur! 280 pages — 12$ Jorge Fajardo LA ZONE Une chronique satirique qui ridiculise le pouvoir d'Êtat.Ce roman fait la preuve par l'absurde que le totalitarisme, le ridicule élevé au rang d’institution et l’intolérance ne pourront Jamais venir à bout de la liberté, de la poésie.Un pied de nez à toutes les républiques de bananes de la terre.132 pages (collection • latino-américaines ») — 14,95$ Anne Legault O’NEILL Un texte dramatique qui aborde avec sensibilité les tourments d'un écrivain — Eugène O'Neill, dramaturge américain, auteur de Long voyage vers la nuit — face à son oeuvre autobiographique.Par l'auteur de La visite des sauvages.Cette pièce a récemment été jouée au Théâtre du Rideau vert.160 pages — 12,95$ Jocelyne Beaulieu, Josette Couillard, Madeleine Greffard, Luce Guilbeault L'INCROYABLE HISTOIRE DE LA LUTTE QUE QUELQUES-UNES ONT MENÉ POUR OBTENIR LE DROIT DE VOTE POUR TOUTES L’histoire, théâtralisée, de cette lutte des femmes du Québec pour obtenir le droit de vote.64 pages — 8,95$ GREENPEACE LE POUVOIR DU CITOYEN EN ENVIRONNEMENT d’Yves Corrlveau et Andréanne Foucault le premier guide d’inteTven-tion québécois! Un ouvrage attendu qui donne conseils et "recettes" pour poursuivre les pollueurs, qui fait connaître les expériences de Québécois et Quétrécoises qui ont osé s'opposer aux pollueurs de toutes sortes et qui recense les lois de protection de l'environnement.436 pages — 22,95$ Lise Harou PARCOURS PIÉGÉS Dans une prose somptueuse, bucolique, Lise Harou nous livre ici sa vision des rapports humains où l'angoisse le dispute en intensité au rêve amoureux.LUI Gulliver L’UNIVERS GULLIVER Une Jeune Québécoise, flère et aventurière, part à la recherche du meilleur amant au monde.Première escale: Paris.Un roman drôle, osé, un scandale! 104 pages—14,95$ 172 pages — 14.95$ DICMTÂT CM I IDn A ÏDIC b*1* peuples de Dieu et de la forêt, d’André Côrten — Les parties intimes de l’homme, du Dr Taguchi ültlN lui LIN LlttKAlKIL: Avril, ou l'anti-pression.d’Antonio D’Alfonsd — Dans le silence de la jungle, de Roger Gaboury ALEXANDRE JARDIN Fanfan Roman Flammarion Pour Alexandre Jardin qui nous a déjà donné «Le Zèbre», l’aventure c’est le couple.VENEZ RENCONTRER ALEXANDRE JARDIN, AUTEUR DE FANFAN: le dimanche 13 mai de 15h à 16h30, à la librairie Flammarion 375, avenue Laurier Ouest • 277-9912 le jeudi 17 mai de 12h à 13h30, chez Eaton Centre-ville, rayon des livres Le Mail • 284-8436 le vendredi 18 mai de 19h à 20h, à la librairie Gallimard 3700, boul.St-Laurent • 499-2012 1 D-6 ¦ Le Devoir, samedi 12 mai 1990 EMail LJ .i Sv.>4 ; iüa ' 15e MILLE BEST-SELLER DÈS SA PARUTION Barbara Frum - CBC Les Américains et l’indépendance du Québec LES MEDIAS: Usée est « presque une commission d’enquête à lui tout seul ».Lise Bissonnette The Globe and Mail « Remarquable.Gilles Lesage Le Devoir « Une contribution exceptionnelle à notre connaissance de Fliistoirc récente du Québec.» René Durocher L'Actualité « Impressionnant.» Pierre Pascau - CKAC * « Ecrit dans un français élégant, vivant, solide.c’est rare.» Pierre Bourgault - Radio-Québec « .ce bouquin témoigne d’une maîtrise surprenante de la technique historique.En un mot un très grand livre, écrit dans une langue précise.» Paul-André Comeau - Le Devoir « Se lit comme un roman d’espionnage.» Michel Vastel - TVA « .comme un véritable " thriller ".» Robert McKenzie - Toronto Star « Usée a effectué une heureuse synthèse entre l’analyse et l’enquête minutieuse.» Jeffrey Simpson The Globe and Mail « N’allez pas vous imaginer que c’est un bouquin pour les professeurs d’université.» André Arthur CHRC JEAN-FRAN ǰIS USÉE Ü *7 tx kun mt .4 P BORÉAL 580 photos 29,95$ Boréal « Beaucoup de gens parlent de Dans l’œil de l’Aigle sans avoir lu le livre, mars seulement des extraits parus dans un magazine.C’est dommage pour eux, car ils ratent l’essentiel d’un des plus stimulants ouvrages de journalisme écrits récemment au Québec.» Laurent Laplante The Gazette LES POLITIQUES: « Je ne m’attendais pas à apprendre grand-chose.Erreur!.Du nouveau, Dans l’œil de l’Aigle en est rempli.» Claude Morin ex-ministre des Affaires intergouvemementales Le Soleil « C’est du croustillant, c’est anecdotique.Moi je suis assez fier du verdict ultime de ce livre.» Jacques Parizeau chef du Parti québécois À LA CHAMBRE DES COMMUNES: QUESTION: « Qui d’autre au Canada est espionné par le gouvernement américain?John Brewin député néo-démocrate RÉPONSE: — Monsieur le Président, je n’ai pas lu le livre! » Pierre Cadieux solliciteur général D90D
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