Le devoir, 30 juin 1990, Page(s) complémentaire(s)
LA BIÈRE QUI CHANGE LA FACE DU MONDE.3 CAHIERS —1,25$ Montréal, samedi 30 juin 1990 Vol.LXXXI — No 151 ?Averses dispersées.Max.: 22.Détail page B-5.AUJOURD’HUI Éditorial Au moment où il entreprend de ' redéfinir son statut au Canada, le Québec ne peut plus ignorer la diaspora francophone.L'éditorial de Paul-André Comeau.Page A-8 Idées Un témoignage du constitutionnaliste et sénateur Gérald Beaudoin sur l'ancien juge en chef de la Cour suprême du Canada, M.Brian Dickson.Page A-9 Laurence Jalbert - L’ombre et la lumière Du jour au lendemain, Laurence Jalbert est passée du noir dérisoire des trous de province au blanc aveuglant de la lumière, vendant quelque 50 000 exemplaires d'un premier album.Nathalie Petrowski l’a rencontrée.Page C-1 Lucien Bouchard Pas de nouveau parti, dit Bouchard Les députés conservateurs démissionnaires à Ottawa dirigés par Lucien Bouchard ont décidé de ne pas créer un nouveau parti politique, mais plutôt de former un bloc parlementaire cohérent mais non partisan.Page A-3 Vytautas Landsbergls La Lituanie marque le pas La crise lituanienne s'est brusquement débloquée hier, à trois jours de l'ouverture du 28e congrès du Parti communiste de l’URSS, les députés de Lituanie votant en faveur d'un moratoire de cent jours de la déclaration d'indépendance du 11 mars.Page A-4 Difficile consensus chez les libéraux L'unanimité au sein de l'aile parlementaire libérale à l’Assemblée nationale est loin d'être faite sur la nouvelle formule constitutionnelle que le Parti libéral du Québec entend proposer aux Québécois dans la foulée de l’échec de l'accord du lac Meech, écrit Bernard Descôteaux.Page A-2 Parizeau renonce aux états généraux Bourassa et le chef de l’opposition s’entendent sur la tenue d’une commission parlementaire PHOTO JACQUES GRENIER iv-'l •;£ WM M.Bourassa et Parizeau ont tous deux exprimé hier leur satisfaction d’en être venus à s’entendre le processus de consultation de l’après-Meech.Pierre O’Neill ROBERT BOURASSA et Jacques Parizeau ont conclu une entente de principe visant à consulter les forces vives de la société sur les grandes orientations constitutionnelles du Québec.À l’issue d’un entretien de deux heures, hier, à l’édifice d’Hydro-Qué-bec, le premier ministre et le chef de l’opposition ont convenu de mettre sur pied une commission parlementaire élargie et non partisane, avec mandat de procéder a des audiences publiques et de dégager des conclusions qui pourraient donner lieu à l’adoption d’une constitution québécoise.Devant les représentants des médias, les deux chefs politiques se sont dits satisfaits de ce compromis qui traduit dans les grandes lignes leurs objectifs réciproques.Geste sans précédent que M.Bourassa a commenté en soulignant l’importance pour le Québec de montrer un visage uni dans une période aussi cruciale de son avenir politique.« Ça augure bien pour les prochains mois».Pour sa part heureux d’avoir arraché quelques concessions au chef du gouvernement à travers ces négociations, M.Parizeau a remercié son vis-à-vis d’avoir permis cet « important premier pas dans la redéfinition de ce que le Québec veut».Au départ, le chef du PQ avait proposé une démarche en trois étapes: la mise sur pied d’états généraux, l’adoption d’une constitution québé-Volr page A-10 : Parizeau Mulroney cherche comment se relever de l’échec de Meech analyse Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa LE QUÉBEC et le Canada anglais vont entreprendre dès cet été de situer les bornes et les points de repère de l’après-Meech.Un des premiers jalons sera posé dans à peine six semaines, le lundi 13 août, avec, au Québec, une élection partielle qui en dira long sur les sentiments de la population.La même journée, au Manitoba, les premiers ministres des provinces doivent se retrouver pour leur rendez-vous annuel.sans le Québec.À moins que le prétexte d’élections provinciales ne permette d’éviter cette rencontre autour d’une table dégarnie.D’ici là, le gouvernement Mulroney va tenter de retomber sur ses pieds.L’exercice s’annonce périlleux.Pour se garder fragilement en équilibre au Québec, les conservateurs ont en effet sacrifié leurs frêles appuis au Canada anglais.Lorsgu’ils sont rentrés chez eux pour l’été, les députés anglophones ont été accueillis par un barrage de reproches d'électeurs pour lesquels leur gouvernement s’est « vendu au Québec ».Mardi, l’état-major du conseil des ministres se rencontre pour décider par quel bout commencer à tenter de remettre le gouvernement à flot dans l’opinion publique.Depuis la mort du lac Meech, les conservateurs ont en effet vidé leurs tiroirs pour créer des diversions : juge en chef à la Cour Suprême, stratégie nationale sur le sida, contrôle des armes à feu, même le rapport Dubin sur la mésaventure Ben Johnson qui est sorti sans même que le ministre responsable n’ait fini d’en prendre connaissance.Mais pour affronter l’automne, le gouvernement examine des mesures plus substantielles.¦ Environnement : tous les sondages confirment au gouvernement que les Canadiens veulent que ce dossier soit traité en priorité.L’été pourrait voir le retour au cabinet du député Jean Charest à ce poste névralgique, et des gestes qui pourraient, finalement, devenir aussi musclés que le discours écologique du gouvernement conservateur.¦ Garde d’enfants : les conserva teurs songent à déterrer leur programme de garde d’enfants sous une forme améliorée.Leur projet original avait reçu l’aval des Communes, mais pas celui des groupes qui oeuvrent dans ce secteur et qui avaient été unanimes à le dénoncer.¦ Sénat : le gouvernement va régler ses comptes avec la Chambre haute libérale.Avec une douzaine de nominations rapides pour combler les sièges vides et, peut-être davantage si Brian Mulroney a recours à une règle archaïque qui lui permet de Voir page A-10 : Mulroney PHOTO JACQUES NADEAU «U % Pendant qu'une pluie fine, mais constante, réduisait la foule des festivaliers à sa plus simple expression, Pat Metheny, le héros du Festival de Jazz de Montréal depuis maintenant 11 ans, occupait la salle Wllfrld-Pelletler.Metheny ouvre « son » festival ¦>l!ne Montpetlt ______Serge Truffaut LA PLUIE battait à l’extérieur, mais le feu couvait hier dans la salle Wilfrid-Pelletierde la Place des arts, sous les accords de quatre des plus grands noms du jazz actuel : Pat Metheny, à la guitare, Herbie Hancock, aux claviers, Dave Holland à la basse, et Jack DeJohnette aux percussions.Devant un public bien mis, les quatre étoiles, toutes issues des formations de Miles Davis à l’exception de Metheny, ont inondé l’air de décibels, avant d’interpréter les pièces aérées et langoureuses du dernier album de Jack Dejohnette, Parallel Realities.« On ne pourrait ouvrir cette onzième édition du Festival de jazz et cette nouvelle décennie sans penser à Pat Metheny.», a déclaré le président du Festival, Alain Simard, à l’ouverture du Festival.Hirsute et rayonnant, le prodige a donc rejoint sur scène les vieux routiers du jazz moderne, en rendant à l’assistance réjouie le plein son âpre et désormais connu de sa guitare électrique déchaînée.La deuxième pièce, moins intensément bruyante mais plus rythmée, laissait s’envoler les ac- Volr page A-10 : Metheny Elle était belle, Bernadette ! Poète et essayiste, Jean Royer est journaliste culturel et littéraire depuis 26 années, dont les treize dernières passées au DEVOIR.Poète, il a mérité le Prix du Journal de Montréal, le Prix Claude-Ser-net ( France) et le Prix Alain-Grandbois de l’Académie canadienne-française.On retrouve l’ensemble de sa poésie sous le titre Poèmes d’amour dans la collection de poche « Typo ».Essayiste, il a publié de nombreux recueils d’entretiens dont les cinq tomes de la série Écrivains contemporains aux éditions de l’Hexagone.gjigh Royer ÉTÉ 1949.Dans la poussière de la cour, en plein soleil, sept ou huit cuvettes remplies d’eau fraîche.C’est une baignade d’enfants de la haute-ville de Québec : mes trois jeunes soeurs, Paule, Francine et Odette, mon frère Louis, nos deux amis les frères Talbot, et Bernadette, notre voisine, qui a le même âge que moi, onze ans.Tout ce petit monde passe un après-midi de canicule dans la piscine improvisée par ma mère.Pour la circonstance, je porte mon coutume de bain vert, à l’ancienne, avec cette manche unique en laine que ma mère a cousue, afin de soustraire du regard des curieux mon petit bras droit, celui qui avait été empêché de grandir dans son ventre, étouffé par le cordon ombilical, et qui m’oblige aujourd’hui de répondre à l’étonnement des gens : « C’est de naissance ».Certes, je me sens mal à l’aise dans ce costume, mais je tiens à participer aux mêmes activités que les autres enfants.Quand elle me voit arriver dans cet accoutrement, Bernadette éclate de rire, puis s’aperçoit de sa gaffe et devient silencieuse.Moi, je fais mine de rien.Mon amie est un peu grande pour enfant se plier en deux dans la cuvette.Ses petits yeux rieurs sont aussi noirs que ses cheveux en couettes.Elle est moins jolie que mes soeurs, Bernadette, avec ses oreilles immenses, son nez camus, son menton avancé.Mais elle n’est pas laide non plus.Son mince cou blanc rejoint ses épaules rondes et ses longues mains se referment sur le bord de la cuvette.Nous nous arrosons joyeusement.Les garçons s’amusent des cris des filles.Les plus jeunes pleurnichent.Bernadette, sans doute inconfortable dans sa cuvette, finit par se lever.Sous son maillot mouillé ses deux petits seins naissent devant mes yeux.Mon coeur se met à battre très fort.Mon sang s’échauffe.La tête me tourne.Bernadette m’apparaît pour la première fois.Sa silhouette effilée me bouleverse.Je la contemple en rougissant.Après le souper, Bernadette vient me rejoindre dans la ruelle.Elle porte sa robe-matelot et ses cheveux tombés sur les oreilles.Nous aimons fureter à la grande porte de l’atelier de l’École des Beaux-Arts qui ouvre sur la ruelle.Ce soir, c’est le professeur gentil, avec ses petites lunettes rondes et son éternel béret, monsieur Jean-Paul Lemieux, qui donne un cours de dessin.Une femme nue pose pour les étudiants des cours d’été.On la voit de dos.Les artistes sont appliqués.Monsieur Lemieux fait le tour des chevalets en donnant Voir page A-10 : Bernadette Jean Royer BOREAL DANS L’ŒIL DE L’AIGT^ WASHINGTON FACE AU QUÉBEC Jean-François Lisée 580 pages - 29,95$ m » K m\ LE NOUVEL BILAN DE LA DÉCENNIE 1980-1990 432 pages - 24,95$ ETAT MONDE BONHEUR 304 pages - 19,95$ FOU roman François Gravel «Un livre qui rend de bonne humeur.Un livre formidable.» Suzanne lêvesque - CKAC LES ÉDITIONS DU BORÉAL A-10 ¦ Le Devoir, samedi 30 juin 1990 EN BREF.Hubble aura une nouvelle caméra en 1993 WASHINGTON (AP) — Une erreur dans le meulage et le polissage des principaux miroirs à l’intérieur du télescope spatial Hubble est à l’origine de son mauvais fonctionnement, a annoncé dans la nuit de jeudi à hier Terence Facey, un ingénieur de l’entreprise d’optique Hughes Danbury qui a fabriqué les miroirs.La faute a été commise au cours des trois années de travail méticuleux qu’a nécessité la fabrication des miroirs primaires et secondaires de Hubble, a précisé M.Facey.< Nous sommes arrivés à la conclusion que la forme d’un des miroirs est incorrecte », a-t-il déclaré, en ajoutant que sa compagnie allait étudier à fond les tests effectués pendant la fabrication des miroirs afin de déterminer précisément lequel est défectueux.M.Facey a expliqué que l’acuité du système optique ne pourrait être améliorée que de 10 % à partir de la Terre.Un savant de la NASA, Ed Weiler, a déclare qu’une caméra grand-angle de remplacement, équipée de nouvelles lentilles, serait installée sur Hubble en juin 1993.Le Thunderdome et le Limelight ferment LES BARS Thunderdome et Limelight, situés sur la rue Stanley à Montréal, ont fermé définitivement leurs portes le 17 juin dernier, à la suite de l’enquête publique sur la mort de Presley Leslie, survenue au Thunderdome, le 9 avril dernier.Presley Leslie, jeune Noir de 25 ans, a été abattu par trois policiers de la CUM après avoir tiré des coups de feu en l’air, à l’heure de fermeture de l’établissement.Le rapport du coroner Denis Boudrias devra déterminer les circonstances exactes de la fusillade.Selon Jerri Bresier, porte-parole de AKAX, une organisation d'étudiants de descendance africaine qui a milité pour la fermeture des établissements, la jeune clientèle noire qui fréquentait le Limelight et le Thunderdome n’osait plus s’y rendre à cause du haut taux de criminalité qui avait cours dans ces bars.« Une grande partie de la clientèle du Thunderdome n’avait pas l’âge requis pour fréquenter les bars.C’était un endroit où l’on faisait le trafic de la drogue et où les gens portaient des armes », a-t-il dit.Le bar Limelight avait pignon sur rue à Montréal depuis 1973, et le Thunderdome était ouvert depuis 1986.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Parizeau coise et la tenue d’un référendum.D’abord enclin à limiter la consultation à une commission parlementaire traditionnelle, M.Bourassa a finalement consenti à une commis-sionn parlementaire élargie et non partisane, formée non seulement de députés de la majorité libérale et de la minorité péquiste, mais également des représentants des corps constitués, des groupes d’intérêts reconnus et des communautés constitutives du Québec.Processus de consultation publique qui, comme l’avait souhaité M.Parizeau, sera animé par une présidence d’une indiscutable neutralité.Sur le choix de la personnalité susceptible d’assurer cette neutralité, les deux chefs politiques ont délibéré mais ne sont pas encore parvenus à s’entendre.Ils ont convenu de reprendre la discussion sur cette question, à l’occasion d’une nouvelle rencontre prévue pour le 10 juillet prochain.Ils en profiteront alors pour définir la composition de la commission parlementaire, pour arrêter toutes les autres modalités de fonctionnement, ainsi que pour établir un agenda et un ca-I lendrier précis.Il est déjà acquis que cette commission parlementaire pourra être itinérante, « si les besoins l’exigent ».Quant à la deuxème étape du processus, l’adoption d’une constitution québécoise, le premier ministre s’est montré ouvert à l’idée, mais a refusé de s’y engager formellement.C’est une hypothèse que l’ancien premier ministre Jean Lesage avait évoquée une première fois en 1965 et que son ministre de la Justice, Gil Rémillard, a reformulée à quelques reprises au cours des dernières semaines.Sous réserve de l’accord de ses ministres et députés, M.Bourassa pourrait y donner suite, si les travaux de la commission parlementaire aboutissent à des consensus impliquant des changements constitutionnels substantiels.Enfin, pour ce qui est de l’opportunité de conclure le processus de consultation publique par la tenue d’un référendum, MM.Bourassa et Parizeau conviennent que c'est au gouvernement et à lui seul qu’il reviendra de prendre la décision.Et que cet appel au peuple, pourrait aussi prendre la forme d’élections générales.À moins que le premier ministre juge à propos de se prévaloir du consensus populaire qui se dégagera du processus de consultation, pour amorcer de nouvelles négociations constitutionnelles avec Ottawa.De ces discussions entre le premier ministre et le chef de l’opposition, il ressort un seul point claîr-obs-cur : le sort des conclusions du comité constitutionnel du PLQ, qui risquent de venir en contradiction avec les orientations de la commission parlementaire.À cette objection, M.Bourassa réplique que son parti doit se donner un nouveau programme constitutionnel au congrès de mars 1991, une démarche essentielle qu’il n’est pas question de modifier.Enfin, Robert Bourassa et Jacques Parizeau s’entendent sur la nécessité de procéder avec célérité.Le premier ministre croit que la commission parlementaire pourrait avoir terminé ses travaux quelque Part au printemps 1991, tandis que M.arizeau préfère fixer l’échéance en décembre prochain.4 Mulroney nommer huit sénateurs supplémentaires.Mais même sans avoir recours à une mesure extraordinaire, le premier ministre rendra la vie plus difficile aux libéraux, peu habitués aux rigueurs de l’assiauité obligatoire au Sénat, en réduisant considérablement leur majorité.¦ Finances : le ministre Michael Wilson a entrouvert la porte à un mini-budget à l’automne.Pour amortir le choc politique de la TPS, le gouvernement voudrait bien offrir des taux d’intérêt moins élevés aux Canadiens.¦ Relations fédérales-provinciales : le sénateur Lowell Murray, qui s’est « brûlé » auprès de plusieurs provinces pendant l’agonie du lac Meech, ne fera pas long feu à ce portefeuille.Kim Campbell, perçue a la Justice comme l’étoile montante du cabinet, pourrait en hériter.¦ Organisation : le bureau du premier ministre est également à la recherche de sang neuf.L’équipe qui a piloté l’aventure ratée du lac Meech est prête à céder sa place, mais à qui ?On ne se précipite pas aux portes de Brian Mulroney ces jours-ci, avoue-t-on à Ottawa.Surtout que tous ces efforts seront  SURVEILLER SAMEDI Le 7 août prochain aura lieu la 5e édition de l’Omnium de golf Claude-Brunet au club de golf Triangle d'or de St-Rémi.Rens.: 768-8266.Le Conseil uni des sports tiendra son 10e tournoi annuel de ballon panier Dr.Martin Luther King jr., les 13,14 et 15 juillet 1990, au Centre Gadbois, 5489 Côte Saint-Paul.Rens.: 481-3598.¦ J ASS inc., club social et sportif, organise tous les samedis une marche de santé et d'amitié sur le Mont-Royal pour les personnes seules.Après la marche, apéroet danse vers 17 h au bar Decibel, 289 Mont-Royal; le dimanche, randonnée pédestre, le mardi soir cinéma, et le vendredi tennis tout l’été.Rens.: 388-8727.célébrera la Fête du Canada au parc Pine Beach, situé sur le chemin Bord du Lac à l'angle du boul.Pine Beach.Rens.: 633-4000.¦ L'oeuvre des Petites Dénicheuses sollicite la générosité du public pour meubles, vêtements, articles ménagers, etc.Cueillette à domicile.Rens.: 270-2297.¦ Lucie Trudeau offre des cours de natation à des adultes qui ont très peur de l’eau.Cette activité physique propose aussi une approche thérapeutique.Rens.: 737-4981.¦ Le Comité sida aide Montréal, organisme comunautaire à but non lucratif, offre un service d'information-écoute téléphonique du lundi au vendredi, de 9 h à 22 h.Rens.: 282-9888.Le Groupe Sainguin en spectacle à Blainville, le vendredi 6 juillet à 19 h 30.Rens.: 430-2442.Devenez bénévoles qualifiés au service des jeunes en difficulté et recevez une formation gratuite.Rens.: 331-2599.¦ Ce soir à 19 h 30, Forum lutte ouvrière organise une conférence intitulée : Non à l'accord du lac Meech; défendons les droits des Québécois et des autochtones avec Michel Dugré, à la Librairie Pathfinder, 6566, boul.St-Laurent à Montréal.Rens.: 273-2503.L’Organisation montréalaise des personnes atteintes de cancer (OMPAC) invite les personnes atteintes et/ou leurs proches à profiter de ses services spécialisés gratuits : écoute téléphonique, rencontres individuelles, rencontres de groupe, documentation et référence.Au 6653 rue St-Denis à Montréal.Rens.: 273-3676.a Le Bon Pilote, organisme à but non lucratif voué à la cause des handicapés visuels, a un urgent besoin de bénévoles.Rens.: 521-9860.Cours de natation haut de gamme.Cours privés et spécialisés contre la peur de l'eau, donnés par des professeurs qualifiés pour tous les niveaux d’apprentissage.Rens.: 596-1805 (Ginette Déziel).DIMANCHE Aujourd’hui dès 15 h, la Cité de Dorval Festival de la rue Jeanne-Mance au bénéfice du Centre communautre Stra-theam, le dimanche 8 juillet de 10 h à 20 h.Rens.: 849-0552.¦ Festival souvlaki de LaSalle, les samedi et dimanche 7 et 8 juillet à la Terrasse Serre, angle boulevard LaSalle et Bishop Power à LaSalle (en cas de pluie, les samedi et dimanche 14 et 15 juillet).Rens.; 364-5442.¦ Brunch information en environnement tous les dimanches de 10 h à 12 h au restaurant Le Commensal, 2115 rue St-Denis à Montréal.Rens.: 287-7392 ou 766-9616.¦ J ASS inc., club social et sportif, organise une excursion à Ste-Marguerite du Lac Masson (plage municipale), le dimanche 29 juillet.Rendez-vous au métro Crémazie nord à 10 h.Rens.: 388-8727.¦ Le dimanche 12 août aura lieu à Lache-naie, la journée des retrouvailles pour toutes les familles Mathieu.Réservations avant le 21 juillet.Rens.: 474-7119, 477-2541,471-4555.¦ Le collectif urbain l’Autre Montréal organise une visite animée sous le thème Montréal au féminin.La visite aura lieu le dimanche 8 juillet.Départ à 10 h angle Berri-Ste-Catherine.Rens.: 276-4164.¦ Nous désirons faire part à nos lecteurs que la chronique « A Surveiller • fait relâche durant la période estivale et reprendra en septembre.L’Association canadienne d’athlétisme critique le rapport du juge Dubin OTTAW A ( PC ) — Les dirigeants de l’Association canadienne d’athlétisme ont fait connaître leur réponse au rapport Dubin.Le message est celui-ci : ne nous blâmez pas, nous avons fait ce que nous pouvions pour empêcher les athlètes canadiens de recourir au dopage.« Nous avons fait de notre mieux », a dit Jean-Guy Ouellette, directeur de l’Association.En réponse au rapport Dubin sur le dopage dans le sport, Ouellette et d’autres dirigeants de l’association ont exprimé l’avis que Charles Dubin avait eu tort de les accuser de négligence dans le dossier du dopage.« Les informations en ce sens étaient constamment qualifiées de rumeurs sans fondement et étaient souvent considérées comme des cas de jalousies », écrit Charles Dubin dans son rapport.Mais le president de l’association d’athlétisme, Paul Dupré, a raconté que les gens qui parlaient de cas de dopage dans le passé n’étaient pas en mesure de prouver leurs dires.« Chaque fois que l’on demandait aux entraîneurs ou aux athlètes de fournir des preuves, ils refusaient d’aller plus loin », a dit Dupré, qui croit de plus que le rapport Dubin contient plusieurs inexactitudes.« La commission n’a pas vraiment examiné les efforts que nous avons fait pour combattre le dopage.Nous croyons vraiment avoir été à l’avant-garde de la lutte contre le dopage, tant au Canada que sur le plan international.» Le rapport Dubin fait part d’une crise morale dans le sport, parce que les athlètes veulent gagner à tout prix.Sur ce point encore, les gens de l’association d’athlétisme ne sont pas d’accord.A leur avis, Ben Johnson et son entraîneur Charlie Francis ne sont pas représentatifs des milliers d’athlètes et de bénévoles impliqués dans l’athlétisme canadien.« Ils (Johnson et Francis) ne représentent pas l’athlétisme, a dit Paul Savage, dirigeant du comité antidopage de l’association.Parmi tous les commentaires négatifs qu’on entend, il ne faut surtout pas oublier que l’athlétisme est la pour les gens.» Les dirigeants de l’association s’opposent aussi à la recommandation du rapport Dubin qui souhaite que les athletes canadiens ne se mesurent qu’à des athlètes de pays qui ont des programmes antidopages aussi sévères que celui du Canada.« Il est difficile pour nos athlètes de faire face à des adversaires qui ont peut-être recours au dopage, mais il est difficile aussi d’être privé d’une participation aux Jeux olympiques », a dit Savage.Air Canada conclut une entente de principe avec ses machinistes d'après la Presse Canadienne LE PLUS IMPORTANT syndicat des employés d’Air Canada, celui de machinistes, a annoncé hier qu’il venait de conclure une entente de principe avec la compagnie en vue du renouvellement de la convention collective.L’entente porte sur un contrat de deux ans qui prévoit des augmentations de 6 % par année pour les quelque 9000 membres du syndicat de même qu’une clause de protection contre les effets sur les prix de la taxe sur les produits et services (TPS).En vertu de cette disposition, les machinistes d’Air Canada recevront 1,5 % de plus par mois, au delà d’un taux d’inflation de 6 %, afin de com penser l’augmentation des coûts occasionnée par l’instauration de la taxe sur les produits et services, qui entrera en vigueur en janvier prochain.Selon le président de l’Association des machinistes, M.Michel Cyr, cette clause de protection pourrait influencer les négociations dans d’autres secteurs d’activité.Les machinistes seront appelés à se prononcer sur les termes de cette entente au cours des deux prochaines semaines.Leur salaire moyen est actuellement de 17,50$ l’heure.sans grand lendemain politique si les électeurs de Laurier/Sainte-Marie donnent le signal d’un nouvel exode des rangs conservateurs.Le gouvernement aimerait en effet mieux voir Jean Chrétien remporter l’ancienne circonscription de Jean-Claude Malépart que le bloc uébécois de Lucien Bouchard, arce que si les souverainistes l’emportent, calcule-t-on avec inquiétude dans l’entourage de Brian Mulroney, la tentation de joindre leurs rangs deviendra irrésistible pour bon nombre de ceux qui se sont résignés, in extremis, à ne pas quitter leur gouvernement.Le vrai compte des troupes, pré-dit-on au sein au caucus du Québec, aura lieu à la fin de l’été, lors d’une rencontre de deux jours à Gaspé des seules troupes québécoises de Brian Mulroney.Avant-goût de l’humeur de l’après-Meech au Québec en perspective, nouveau portrait politique en vue au Canada anglais.Grant Devine, de la Saskatchewan, et Bill Vander Zalm, de la Colombie-Britannique, ne pourront en effet plus repousser bien longtemps leur rendez-vous avec l’électorat de leurs provinces.Et au Manitoba, Gary Filmon a en main le scénario d’un scrutin pour le début de l’automne, tout comme David Peterson qui se prépare, en devançant d’un an son échéance, à faire campagne en Ontario comme le meilleur défenseur des intérêts du Canada dans le débat qui s’engage.Avec ces élections en vue, les provinces anglaises se cherchent d’ailleurs actuellement une excuse pour annuler leur rendez-vous de la mi-août à Winnipeg, rendez-vous qui promet surtout de les associer, sans Québec et Ottawa, aux mauvais souvenirs d’un échec politique.4 Metheny cords funky d’un Herbie Hancock triomphant.Les quatre compères s’exécutaient dans la détente.Dans révolution progressivement aérienne d'un spectacle somme toute paisible, Metheny a finalement empoigné sa guitare acoustique pour se livrer en toute simplicité.Puis il y eut le spectacle fascinant des mains de McCoy Tyner reconstruisant Monk au Théâtre Port-Royal.L’interprétation par le premier de I Mean You fut sans aucun doute le moment que l’on chérira le plus en repensant aux débuts de la onzième édition du Festival.L’ancien complice de John Col-trane, a réussi à s'approprier l’une des plus complexes pièces rythmiques de Monk avec brio et classe.Dans les vides que Monk avait délibérément laissés, Tyner a glissé ses notes.Il a introduit Sa façon de faire.Il a ouvert la porte à sa façon d’être.Placé entre une de ses compositions et le standard Someone Watch Over Me, les notes de ce I Mean You ont individuellement expliqué pourquoi McCoy Tyner se produisait aujourd’hui en solitaire.C’est simple, il est fait désormais parti de la caste des concertistes.Tyner est un classique.Au Spectrum, dans un tout autre ordre d’idées, la foule blanche à dansé sur les rythmes jamaïcains de Toots and the May tais dirigé par un des musiciens qui ont mis au monde le reggae dans les années soixante.Meme si le show de Toots fut musicalement moins prenant que celui de Pat Metheny, les spectateurs ont tout de même répondu à ses interpellations, et se sont déhanchés à l'instar des trois choristes vêtues de paillettes qui accompagnaient le chanteur.Plus tard dans la soirée, les amateurs et les curieux dépourvus de billets se sont délectés, malgré le froid, des spectacles présentés sur les scènes extérieures, notamment celui, romantique et prenant, de Charles Ellison, trompettiste enseignant à l’Université Concordia, qui avait rassemblé un orchestre composé d’une dizaine d’instrumentistes pour cet occasion.À 18 h, au Théâtre du Nouveau Monde, cette fois, les guitaristes John Abercrombie et Ralph Towner ont donné une prestation où les arpèges d’un classicisme que n’auraient pas renié les compositeurs du XVIIe siècle ont alterné avec des standards traités parfois aux couleurs brésiliennes, parfois aux accents « free ».Ils ont tout d’abord attiré l’attention d’une salle pleine aux trois quarts en interprétant une composition signée John Abercrombie.Cette Ralph’s Piano Waltz, c’est d’elle qu’il s’agit, a eu l’amabilité de faire des clins d’oeil aux maîtres vénétiens du XVIIe, grâce aux talents étendus d’Abercrombie, pendant qu’en arrière, et avec un naturel désarmant, Towner glissait sur sa guitare les accords hispanisant du XXe.Villa-Lobos, le grand compositeur brésilien, aurait certainement apprécié, autant d’ailleurs que les personnes présentes, cette alchimie sonore.Par la suite, Abercrombie a saisi sa guitare électrique, Towner a conservé sa guitare acoustique, et tous les deux sont partis à l’assaut d’un des ces standards que fréquemment le pianiste Bill Evans visitait, soit Beautiful Love.Interprété avec une passion toute rentrée, ce classique du jazz fut traité avec dissonance par Abercrombie pendant que Towner assurait tous les passages.Ce moment fut agréable.Ensuite, ils ont pour ainsi dire augmenter la tension en se lançant dans une pièce aux accents plus « free ».Fait cocasse, alors que Abercrombie arborait un air menaçant et que trois retardaires s’installaient, une ombre dans le fond de la scène s’est mise à longer en toute innocence le décor urbain et pluvieux de la salle.Une scène qui nous a fait croire un instant que nous allions assister à une interprétation de Meurtre au Théâtre romain.Après tout nous étions au Théâtre du Nouveau Monde où, ce soir, la formation de Bob Berg et Mike Stern se présentera.Stern est guitariste.Berg est saxophoniste.L’un et l’autre ont joué dans le même orchestre, et pas n’importe lequel.L’un et l’autre ont été en effet des membres influents de la formation qu’a dirigée Miles Davis au cours des années 80.Des deux, le saxophoniste Bob Berg est le plus expérimenté.Avant de joindre le quintette de Miles Davis en 1985, il était en effet l’une des figures de proue du quartette fondé par le pianiste Cedar Walton.Aupa- Jean-Luc DUGUAY ZJA a Hors-jeu Préférences.ON ne peut aimer tout le monde et son père.Ainsi dans le domaine du sport, n est des athlètes grandioses qui vous mettent en rogne et d’autres, assez ordinaires, avec qui vous aimeriez prendre le petit déjeuner, et vice versa.Pourquoi ?C’est comme ça, une question d’atomes.Inexplicable.Prenez les animateurs de la télévision.Comment se fait-il que dès lorsque Michel Louvain ouvre la bouche, les oreilles m’en rougissent ?À l’inverse, Bernard Pivot peut discourir de heures durant sans que j’en éprouve la moindre gêne.Allez donc comprendre ! Pourtant, M.Louvain est homme de culture — n’a-t-il pas chanté La chair est triste et j’ai lu tous les livres ?— tandis que son cousin français n’a d’intérêt que pour le foot et le beaujolais.Mais trêve de palabres : j’en reviens à mes préférences sportives.En feuilletant les journaux cette semaine, j’ai noté les noms des personnalités sportives qui m’horripilent ou me fascinent particulièrement.Les voici.Carl Lewis est, selon certains et sa mère, l’un des plus grands athlètes vivants et même décédés.Pourtant, je ne l’aime pas, cette gazelle, avec son air hautain, cette façon qu’il a de porter tout seul la torche de la pureté et de la rectitude.Je lui souhaite donc de perdre la poursuite de 311 millions $ qu’il a intentée au magazine allemand Stem et à Darrell Robinson, un ancien coéquipier.À l’opposé, je n’en ai que pour Ben Johnson.À cause de ses yeux par-faitment ronds et tristes, il me semble qu’avec tant de mélancolie dans le regard, un homme ne peut être aussi vilain que la gent sportive bien-pensante voudrait nous le faire croire.Stéroïdes ou pas, je suis de ton bord, big Ben.Je le sais, moi, pourquoi tu t’es gonflé : parce que tu te sentais petit nègre.Je comprends.Plusieurs crans plus bas quant aux qualités athlétiques, Helen Ke-lesi la tenniswoman, qui manie la raquette comme une hache.Elle a d’ailleurs un petit côté bûcheron.Je la vois très bien s’attaquer à un séquoia en se mouchant avec une branche.Mais ce sont là des préjugés, je le reconnais, mesdames.Mais on ne me fera pas croire que cette fille-là sait perdre dans la dignité.À Wimbledon, elle s’est fait rosser par l’adolescente Capriati et n’a pas eu un bon mot pour sa rivale.Aucune classe, Helen Kelesi.Vous conaissez Chris Sabo, le 3e-but des Reds de Cincinnati ?C’est, paraît-il, le successeur de Pete Rose.Il est donc normal que je déteste autant le disciple que le maître.Il porte les cheveux en brosse et, sous ce plateau poilu, arbore un visage aussi fendant qu’un vin suisse que ne réussissent pas à masquer des lunettes style Saint-Exupéry quand celui-ci jouait les facteurs de l’air.Sabo, dont, en passant, les origines ne sont pas hollandaises, a l’air de dire au reste du monde ; votre « role model », c’est moi.Le prototype parfait du « folk hero » américain.Je préfère Wallace Johnson dont le talent est plus limité certes mais qui s’est fait à l’idée que toute pièce, y compris un match de baseball, comportait des seconds rôles.J’ai toujours aimé les seconds violons.Au cinéma, par exemple, Carette ou Pauline Carto, ce qui ne vous rajeunit pas si vous savez de qui je parle.Un coup sûr de Wajo, c’est comme une réplique qui prépare une tirade.Tout le monde ne peut jouer Cyrano.Claude Lemieux sera échangé et c’est bien dommage.Comme Sabo, il rue dans les brancards (excusez-là) mais il garde la tête baissée tandis que l’autre la porte si haut que les pieds lui lèvent de terre.Lemieux représente pour moi le hockeyeur moyen qui doit souffrir et faire souffrir pour réussir.Ce n’est pas pour rien qu’il a une tête de boxeur.Martina Navratilova, la « grand-mère » de Wimbledon, est la plus hollywoodienne des tenniswomen.Elle ne va jamais chez Jean Coutu sans son entourage, qui est nombreux, et son chiot.Mais quelle brillance ! L’athlète le plus intelligent que j’aie rencontré, tous sexes confondus.Elle a le verbe transparent, cette femme courageuse et « son-gée ».Si elle écrivait, ses phrases auraient l’évidence de celles de Colette ou de Gide.Quand Martina parle, les journalistes se pourléchent : c’est du bonbon.Et quand Don Cherry parle, personne ne comprend, même pas lui.Voilà bien le plus arrogant, le plus démagogue et le plus niaiseux de tous les « analystes » du hockey, qui prend tous les Canadiens (anglais) pour des hommes et tous les Suédois pour des fifis.que voulez-vous ?Il est épuisant de trimbaler sur ses épaules cette chose ronde et lourde qui, vers le bas, se termine par un cou.ravant, il fut membre du groupe d’un autre pianiste, et non des moindres, soit Horace Silver.Son style ?Un phrasé construit dans le Hard Bop.Élève de Pat Metheny à la célèbre Berklee School, le guitariste Mike Stern est l’exemple même de ces artistes qui sont rentrés de plein pied dans la « fusion » après avoir longuement fréquenté le rock and roll.Stern fut en effet le guitariste de Blood, Sweat And Tears de 1975 à 1977.Sur la recommandation du « saxo » Bill Evans, il rejoindra l’orchestre de Miles Davis.Si on est réfractaire au «jazz-rock » de ces musiciens, il serait préférable d’attendre 20 h 30 pour assister au concert du duo formé du pianiste Don Pullen et de la saxophoniste Jane Bunnett.Instrumentiste brillant, Don Pullen fut sans aucun doute l’un des meilleurs accompagnateurs de Charles Mingus.Depuis une dizaine d’années, il co-dirige avec le saxophoniste ténor George Adams l’un des meilleurs quartettes à avoir vu le jour au cours des trente dernières années.Du blues, nous vient une des premières déceptions de cette lie édition.En effet, le guitariste Hubert Sumlin, ancien compagnon de Muddy Waters, vient de se désister.Il devait se produire aux côtés de Little Mike And The Tornadoes et du pianiste Pinetop Perkins qui fut membre également de l’orchestre de Muddy Waters.Cette absence n’em-péchera pas ces derniers de se produire demain soir sur la scène située à l’angle des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.4 Bernadette des conseils.Quand il nous aperçoit dans la ruelle au bord de la porte, il nous fait signe gentiment de déguerpir.Il fait terriblement chaud.Nous sommes adossés au mur du hangar dans l’humidité de la cour.Je suis excité soudain de me retrouver seul avec Bernadette.Elle a attrapé un coup de soleil sur le nez.Elle a ce soir un air espiègle.Nous aimons rire ensemble.C’est ce qui me fait préférer sa compagnie à celle des garçons.Elle me parle de sa soeur equilibriste, qui vit dans un cirque avec son amoureux.Puis elle me regarde en rougissant : « Il paraît que les garçons grandissent quand ils aiment une fille », dit-elle en me fixant droit dans les yeux comme si elle devinait ce qui se passe en moi.Il me vient alors une idée folle : « Pourquoi n’irions-nous pas marcher tous les deux sur les Plaines d’Abraham et nous baigner au Cap Blanc ?» — « Demain, peut-être », acquiesce Bernadette en baissant les yeux.Je connais le chemin.Nous y sommes allés quelques fois avec mon père.Il faut descendre le grand escalier de bois des Cove Fields, près de la Citadelle, pour arriver au fleuve.Bernadette a pu s’esquiver de chez elle.Cependant, nous ne sommes pas seuls.Ma soeur Paule pleurait pour venir avec nous ! Sur le trottoir, ma jeune soeur nous précède.Je marche à la droite de Bernadette.Je n’ose pas lui prendre la main.Je la regarde intensément.Elle me sourit.Je suis fier de me promener en ville à côté d’elle.Nous marchons du même pas.Nous ne parlons pas beaucoup mais, j’en suis sûr, le même émoi conduit notre promenade.La fraîcheur des arbres me ravit, dans l’escalier qui descend à la plage.Bernadette donne la main à Paule pour l’aider à bien prendre les marches.Je retrouve l’emplacement du vieux quai où mon père nous emmène parfois.Des mouettes tournoient au-dessus de nos têtes.L’eau du fleuve est verte.L’immensité des lieux me rend euphorique.Bernadette me tourne le dos : elle portait son maiUot noir sous sa robe qu’elle vient de retirer.Paule enlève sa jupe à son tour pour mettre les pieds à l’eau.Moi, je porte pour la première fois mon maillot bleu.J’ose enlever mon gilet.Presque nu devant les deux filles, je saute à l’eau et je les éclabousse.Rires et cris.Puis un grand silence.Le sang me cogne aux tempes.Je boirais toute l’eau du fleuve.Bernadette est belle ! Je fais mine de la pousser dans l’eau, mais c’est un geste pour me rapprocher d’elle.Je suis ébloui.Elle sait nager.Pour la première fois, je ne suis pas gêné de laisser voir mon bras « infirme » par une étrangère.Paule s’interpose entre nous pour qu’on ne l’oublie pas.Au retour, à l’ombre d’un arbre, je poserai ma main sur l’épaule de Bernadette, puis je glisserai mon bras autour de sa taille.Sans rien dire.Son regard m’interrogera.Elle voudra sans doute que je lui parle mais je ne le pourrai pas.Ce soir, j’irai retrouver dans les livres d’art de mon père le beau corps de Bernadette.Je le reconnaîtrai peut-être dans la légèreté lumineuse de La Naissance de Vénus, de Botticelli, un de mes tableaux préférés.Je n’ai jamais reparlé à Bernadette de notre baignade.Ni plus tard à Claudette des baisers de nos dix-sept ans.Ni même à Clairette, cette comédienne qui aimait tant parler en groupe et qui se taisait mystérieusement aussitôt que nous nous retrouvions seuls, émus d’être ensemble tous les deux.Je ne savais pas comment parler aux filles.On ne m’avait jamais rien dit d’elles, ni au sujet de mon corps.Comment les aimer d’une seule main ?Si au moins j’avais su les embrasser.Si au moins j’avais osé leur tenir la main.Une seule fois.J’avançais dans l’amour sans me connaître.Avec la crainte de n’être jamais aimé tel que je suis.J'avais souvent le coeur lourd de tant d’élans retenus dans ma tête.Elle était belle, Bernadette !
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.