Le devoir, 7 juillet 1990, Cahier C
1 ai sir des MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 7 juillet 1990 Si| ELVIN JONES Il était une fois la batterie Serge Truffaut , L’AUBE, ils étaient séparés.Au crépuscule, ils étaient rassemblés.Au debut, il y avait le tambour, • la caisse claire, la caisse sombre, la petite cymbale et la grande cymbale.Pour chacun de ces instruments, il y avait une personne.Au sein de Y Excelsior Brass Band, la première fanfare à avoir arpenter les rues de la Nouvelle-Orléans, pas moins de trois à quatre personnes étaient nécessaires pour marquer le rythme.La famille était alors séparée.En 1895, un certain Dee Dee Chandler, chagriné par cette séparation, eut l’idée de rapprocher tous les membres de cette famille à coups de ficelles et de bouts de bois.Un instrument venait de naître.La batterie, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a vu le jour grâce au jazz.En fait, c’est à se demander si ce ne fut pas la batterie qui a favorisé l’émergence de ce genre musical appelé « jazz ».Toujours est-il que Chandler invente un nouvel instrument.Les premiers stylistes se nomment Baby Doods et Zutty Singleton.C’est deux-là en effet ont écrit le premier chapitre de « La méthode ».Après eux, Sonny Greer, Dave Tough, Chick Webb, Cozy Cole et Lionel Hampton imprimèrent leur marque respective à cet instrument.Puis, en 1945, Kenny Clarke d’abord, Art Blakey ensuite, se sont mêlés à cette histoire.Ils ont fait une révolution.Et comme le but d’une révolution consiste — normalement !— à faire sauter les verrous de l’obscurantisme, Clarke et Blakey ont inventé des cocktails percus-sifs qui ont littéralement permis au bebop de Monk et Parker d’émerger d’un sous-sol de la 52e rue à New York.Clarke et Blakey furent les éclaireurs de cette libération.On fait un bond.Un beau jour arrive un batteur de Detroit.Il est le cadet d’une famille de grands, de très grands musiciens.Le nom ?Jones.Le prénom ?Elvin.C’est lui, c’est Elvin Jones qui va déployer derrière John Coltrane ces nappes sonores qui vont « orientaliser » le jazz.C’est lui qui, le premier, a introduit au beau milieu d’un ensemble rassemblant, outre sa batterie, un saxophone, un piano et une contrebasse, ces riches et puissantes couleurs africaines.Plus subtile qu’on ne le pense, la programmation du Festival international de jazz de Montréal nous aura permis d’entendre, en moins d’une semaine, trois de ces rythmiciens qui ont écrit un chapitre important de l’histoire de la percussion.Ce soir, en effet, on pourra se délecter une fois de plus à l’écoute du jeu ardent de Art Blakey et sourire avec Lionel Hampton.Le troisième de ces artisans à l’égard de qui nous avons une énorme dette, c’est Elvin Jones.On l’a vu.On l’a entendu.On l’a apprécié.Mieux, on l’a aimé.Alors, on l’a rencontré.Ne soyons pas timorés.On devrait plutôt dire qu’on a eu le bonheur de le rencontrer et d’en savoir plus long sur cette histoire.Chaleureux et généreux de son temps, brillant et humble, sympathique et indulgent, tel était Elvin Jones lorsque nous l’avons rencontré mercredi dernier sur la rue de l’Épée.Avec sa voix aussi riche et puissante que son accompagnement sur Harlem Blues de Phineas Newborn, il a précisé et élagué.Il a expliqué ou, plus précisément, il a tout ramené à l’essentiel.« Les livres écrits sur le jazz ne vous donnent pas tout le spectre de l’histoire du jazz, explique Jones.Prenez, Max Roach et Philly Joe Jones.Les deux m’ont souvent parlé d’un batteur génial, très inventif, qui vivait à Chicago et de qui ils ont appris quelque chose.Il s’appelait Ike Day ».Les bvres, et il y en a un « maudit » paquet, ne parlent pas de M.Day.De la même façon qu’il ne mentionne pas le nom de Fred West.« Un homme brillant qui, par bonheur, m’a enseigné alors que j’était encore à Detroit.» Au-delà de la technique, « c’est lui qui m’a donné la motivation ».À l’instar de Ike Day, « il a été très important pour quelques-uns d’entre nous, et pourtant on ne le connaît pas ».Ce que les livres n’arrivent pas à traduire, c’est que fondamentalement les musiciens que l’on peut considérer comme les maîtres du jazz « sont des gens qui se sont moralement engagés à demeurer honnêtes ».Personnellement, « c’est cela mon objectif, ajoute Jone.Tâchez d’être honnête avec moi et avec les autres ».Pour cet homme âgé de 63 ans, cette règle se traduit musicalement ainsi : « Je continue, non pas à apprendre comme tel, mais bien à chercher comment il faut apprendre ».« J’ai appris autant auprès de Philly Joe (Jones) et « Papa Joe » (Joe Jones) qu’en écoutant Pablo Casals, qui est un de mes musiciens favoris.À chaque fois que je l’écoute, il me donne quelque chose.Mentalement, il m’inspire pour le reste de la journée.C’est ça l’essentiel.C’est d’être inspiré.Kenny Clarke, Roy Haynes, Jimmy Crawford, qui fut un des batteurs de Jimmy Lunceford, Cozy Cole, Max Roach, pour ne parler que des batteurs, sont tous des gens inspirés et qui vous inspirent.» « Que ce soit à la batterie ou au piano, vous devez, si vous souhaitez sincèrement être à la fois intègre et créatif, pratiquer votre instrument huit heures par jour.Tout instrument requiert beaucoup de pratique.Car si vous n’avez pas cette discipline, vous ne parviendrez pas à traduire ce qu’il y a en vous.Vous ne parviendrez pas à communier.» « Pour moi ce qu’il y a de capital dans la vie, c’est d’être constamment présent.» Voir autre texte en page C-2 PHOTO JACQUES NADEAU Elvin Jones (notre photo) fut le premier à réunir autour de sa batterie un saxophone, un piano et une contrebasse pour peindre de riches et puissantes couleurs africaines.r- 'nwtypppn jap 1 S* *î A - 1 >915 wsarm sv Claire Gravel Emily Carr, génie solitaire LE MUSÉE des beaux-arts du Canada à Ottawa présente jusqu'au 3 septembre une des plus grandes rétrospectives (180 oeuvres) consacrées à un artiste canadien.Et cet artiste est une femme : Emily Carr.Que connaissons-nous au Québec de cette peintre de la côte Ouest ?Peu de choses, hormis ses nombreux totems et ses arbres enlevés dans un mouvement spiralé du pinceau.L’exposition s’ouvre sur un Autoportrait de 1938-39 où l’artiste déjà âgée nous contemple gravement.Cette huile sur papier, chatoyante comme un pastel, n’a rien à envier à la brillance des aquarelles de 1908-09 : elles montrent le même élan, fluide et serein, qui qualifie toute l’oeuvre.Emily Carr est une des plus grands peintres canadiennes et certàinement la plus grande artiste de la période moderne de la côte Ouest.Née en 1871 à Victoria de parents britanniques, elle s’insurge contre les valeurs de cette société, s’en éloignant dès l’enfance pour dessiner des journées entières sous les arbres.Pille ira étudier la peinture à San Francisco (1890-1893), puis à Londres (1900-1903) et plus tard à Paris (1910).En 1899, elle entreprend le premier de ses longs voyages dans les réserves amérindiennes.Les premières oeuvres, paysages aux relents d’académisme hollandais, font place à des compositions plus dépouillées et, après Paris, l’influence du post-impressionnisme fait vibrer une palette qui se rapproche de celle des Fauves.Carr transcrira à son retour les sites amérindiens dans ses nouvelles préoccupations formelles.Il faut avoir en tête qu’elle ne rencontrera les membres du Groupe des Sept que bien plus tard et que les communications entre les milieux artistiques étaient à l’époque inexistantes.Elle doit se battre contre l’inertie ambiante, fondant la British Columbia Society of Fines Arts, louant des espaces pour pouvoir exposer.Comme l’écrit la conservatrice de l’exposition, Doris Shadbodt (qui avait organisé l’exposition du centenaire d’Emily Carr à la Vancouver Art Gallery en 1971), la Colombie-Britannique était alors démunie de structures pour les artistes et Carr a vécu dans un isolement très dur.Poursuivant ses voyages dans les villages amérindiens, elle s’aperçoit que leur culture est en train de disparaître.Les mâts totémiques qu’elle va dès lors s’attacher à peindre avec la plus grande attention, laissant de côté la pure exaltation colorée post-impressionniste pour une ligne accusée plus soucieuse du détail, vont devenir la métaphore du peuple qui s'étiole, et c’est sans doute pourquoi il se trouve peu de personnages dans ses toiles, les arbres sculptés, comme la forêt décimée plus tard, portant tout le poids du drame.Des cartes recensent ses périples chez les tribus Nootkas de la côte Nord-Ouest de l’île de Vancouver, les Kwakiutls du Sud qui s’étendent du Nord de l’île jusqu’à la côte continentale, les Salish plus au Sud, les Aidas des îles de la Reine-Charlotte, les Tlingits du golfe de l’Alaska (où elle se rend en 1907 avec sa soeur Alice), les Tsimshians de la région des rivières Nass et Skeena et les Kwakiutls du nord.Elle écrira le récit de ces voyages et les journaux locaux relateront ses excursions.Voir page C-2 : Carr PHOTO COLLECTION PARTICULIÈRE Autoportrait de Emily Carr, une huile sur papier (1938-1939).PHOTO VANCOUVERT ART GALLERY Queen Charlotte Islands Totem (Halna) (1928), une des toiles de Emily Carr exposées jusqu'au 3 septembre au Musée des beaux-arts à Ottawa.,_AM JEAN- DUSSAULT .L ’INDE VIVANTE /¦¦¦ ¦' A-h DES MONASTÈRES DU LADAKH AUX RIVES SACRÉES DE KANYA KUMARI • Un récit de voyagé qui révèle une Inde vivante et réelle, comme si nous y étiont», -J • .Jean-Claude Dussault nous raconté avec briercelle Inde vivante qui continue de fasciner le vovaqeur occidental.:VV.'.• Un livre de vacances qu'il faut absolument apjxrrtet dans ses haqaqes.- ¦ RÉCIT DE VOYAGE • I’HCXSQOIIC RÉCIT DE VOYAGE lieu distinctif de l'édition littéraire québécoise • IHEXAGONE /)(¦> ninHilMili \ ,lu IaIiIüUi illl\ n\r\ mu n ,h Stinui Kitmun RÉCIT DE VOYAGE JEAN-CLAUDE DUSSAULT L'Inde vivante i C-2 ¦ Le Devoir, samedi 7 juillet 1990 • le plui sir Je s Musique et littérature se rencontrent au Festival de Trois PHOTO REYNALD LEBLANC Anne-Marie Alonzo, organisatrice du festival.Guy Ferland Compte tenu de l’orgie de festivals de toutes sortes qui assaillent le Québec, il n’était pas évident qu’un nouveau festival, à Laval tous les lundis de l’été, et consacré à la littérature de surcroît, serait un succès.Pourtant, après une première année, le festival de Trois a le vent dans les voiles et on parle même d’étendre les frontières pour la prochaine édition en invitant des auteurs étrangers qui donneraient un caractère « international » à l’événement.L’organisatrice et l’initiatrice du projet, Anne-Marie Alonzo, est la première surprise de l’expansion du festival.« Au départ, je voulais organiser des lectures publiques pour quelques amis.Mais j’ai rapidement constaté qu’ils attiraient trop de spectateurs.J’ai demandé alors à d’autres auteurs de participer à des lectures-spectacles et ils ont tous été emballés par le projet.Je leur disais qu’il fallait construire une sorte de lecture publique animée par la musique et par la dramaturgie ».C’est ainsi qu’Anne-Marie Alonzo a demandé à près d’une dizaine d’auteurs de réaliser un spectacle dont ils seraient entièrement responsables.« Je dis toujours aux auteurs invités de réaliser ici leur rêve en interprétant comme ils le veulent et avec qui ils veulent leurs textes.Je ne sais jamais à l’avance le contenu des spectacles.» Le charme particulier du festival tient entre autres au lieu où se déroule les soirées, dans l’agora extérieur de la Maison des arts de Laval.L’endroit est paisible, isolé, champêtre et prête a l’audition de la parole.« La maison d’éditions Trois, qui a publié une vingtaine d’ouvrages, et la revue qui porte le même nom, a son siège social à Laval et il était normal que la ville lui donne son soutient, explique l’auteur-organisatrice.» Cette année, c’est la Maison des arts qui a insisté pour la tenue du festival.« Organiser seule un événement de cette envergure est épuisant.Cela représente huit mois de travail intensif.Mais devant l’insistance de la direction de la Maison et des auteurs qui voulaient participer à cette fête de l’écriture, je me suis laissée embarquer une autre fois dans l’aventure.» Anne-Marie Alonzo, née en Égvpte, élevée en français mais éduquée en allemand, n’a appris à écrire correctement le français qu’à sa venue au Québec, il y a 27 ans.« Ce qui explique peut-être ma syntaxe particulière », lance-t-elle en boutade.En paraphrasant Colette, sur qui elle a écrit une thèse de doctorat, elle dit : « Je m’ai cassé le cou .» En effet, trois ans après son arrivée dans la belle province, elle perd l’usage de ses jambes à la suite d’un accident.Ce qui ne l’a pas empêchée d’être très active et productive dans le do- maine des lettres québécoises.Son festival est un des plus beaux cadeaux qu’on ait fait aux auteurs québécois.« Je tiens à certains principes.Chaque personne invitée par le festival doit être payée.Je me suis même arrangée pour qu’on paie tout le monde au même tarif : auteurs, musiciens, comédiens, techniciens.Je veux également que toutes les sortes d'écriture soient représentées : poésie, chanson, essai, prose, etc.Ainsi, la première présentation qui a eu lieu lundi dernier mettait en vedette France Castel, qui a donné tout un éventail de son talent pour chanter l’écriture.Lundi prochain, le 9 juillet, c’est le poète-essayiste Normand de Bellefeuille qui interpétera quelques textes en compagnie du comédien Jean-Pierre Alonzo et du musicien Charles Papasoff.Le 16 juillet, Monique Miller, Gilles Pelletier et François Cousineau rendront hommage à Marcel Dubé.» Parmi les autres invités, mentionnons Suzanne Jacob le 23 juillet, Francine D’Amour et Jean L’Italien le 30 juillet, Louise Dupré et Pauline Julien le 6 août, Denise Desautels et Luce Guilbault le 13 août, Francine Ouellette et Gérard Poirier le 20 août et, finalement, Monique Leyrac qui rendra hommage à Emile Nelligan le 27 août, en guise de clôture.« Ce que j’aime par dessus tout dans le principe de ces rencontres, ce sont les rapports très étroits qui naissent quelquefois des performances entre les musiciens, les comédiens et les auteurs.On décloisonne de cette façon les genres.Tout le monde est enthousiaste et plusieurs personnes veulent revenir.Ainsi, on tisse des liens profonds.» Les performances ont lieu à l’intérieur de la Maison des arts de Laval s’il pleut, mais il faut espérer du beau temps pour que la fête de l’écriture soit complète tous les lundis de l’été à Laval.Les préférés d’Elvin Jones PREMINADO BARRY HARRIS TRIO BARRY HARRIS TRIO 1 - llUVKHSIDt', Serge Truffaut ELVIN Jones, tout le monde le sait, fut le pivot rythmique du fameux quartette que dirigeait, au début des années 60, le saxophoniste John Coltrane.On le sait beaucoup moins, mais il fut le pivot rythmique d’enregistrements très influents.Il a participé en effet à des sessions qui font encore aujourd'hui le délice de beaucoup d'amateurs.Avec cinq de ces albums où il a laissé son empreinte, on est allé à sa rencontre pour lui demander ce que chacun d’entre eux évoquait.Preminado sur étiquette Riverside, avec Barry Harris au piano et Joe Benjamin à la contrebasse : « Barry est un homme de savoir, dit Jones.C’est lui qui, à Detroit, nous a notamment appris ce que l’instrumentation dans le jazz signifie.Ce qu’il y a de fascinant chez cet homme doué, c’est qu’avec toutes les connaissances qu'il a accumulées au cours des années il continue à apprendre et à enseigner.» Pour ce qui est de son style, « il est un pianiste très articulé.C’est un pianiste au toucher merveilleux.Lorsqu’il joue, et c’est le cas avec cette session, on entend, on sent que Barry est un homme de connaissance.J'avais beaucoup apprécié cette session.D'autant plus qu’à la contrebasse il y avait Joe Benjamin.Un musirien au toucher sûr, solide.Ses intonations étaient toujours parfaites».Harlem Blues sur étiquette Contemporary, avec Phineas Newborn au piano et Ray Brown à la "contrebasse : « Ah ! Phineas ! Pour moi, il est le maître du piano.Je crois sincèrement qu’il fut le meilleur musicien sur cet instrument.» « Ce qu’il y a de plus incroyable, c’est qu’au cours des 12 mois qui avaient précédé cette session il n’avait pas touché à son piano.Il était de santé fragile.C’était un homme doux qui ne parvenait pas à prendre soin de lui-même.Il pouvait jouer avec une main ce que d’autres faisaient avec les deux.Il y avait en lui une grande sensibilité.Lorsque nous avons enregistré Come Sunday, pour cet album, toutes les personnes présentes avaient la larme à l’oeil.Il y avait beaucoup d’émotion en lui.» Juju sur étiquette Blue Note, avec Wayne Shorter au saxophone, McCoy Tyner au piano, et Reggie Workman à la contrebasse, et In ’n Out sur étiquette Blue Note, avec Joe Henderson au saxophone ténor, Kenny Dorham à la trompette, McCoy Tyner au iano, Richard Davis à la contrebasse et Elvin Jones la batterie : « Il y a des similarités entre eux.Leur jeu est coulant et subtil.Dans les deux cas, ce fut pour moi une belle expérience intellectuelle et spirituelle.Encore aujourd’hui, lorsque j’écoute ces albums, j’apprend des choses.» Encounter ! sur étiquette Prestige, avec Pepper Adams au saxophone baryton, Zoot Sims au saxophone ténor, Tommy Flanagan au piano et Ron Carter à la contrebasse : « Vous savez, Pepper et moi nous étions proches.Il fut un de mes grands amis.Il me manque énormément.Ensemble nous avons eu des discussions à n'en plus finir sur une foule de sujets.Cette session, je ne m’en souviens pas très bien.Ce dont je me rappelle c’est la pièce Elusive écrite par Thad (Thad Jones est le frère de Elvin).Ouais ! Pepper.».PEPPER ADAMS ZOOT SIMS TOMMY FLAN, RON CARTER ELVIN JONES K4* Reservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 S sur tout bi|let de plus de 10 S Q CKAC73AM ADMISSION S22-1245 LE DEVOIR Wilfrid-IVllelier pi Salle Wilfrid-Pelletier UU Place des Arts O.c i.Cumshewa (1912), de Emily Carr.PHOTO MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA 4 Carr En 1913, elle expose 200 de ces oeuvres, espérant les vendre au gouvernement provincial, insistant sur leur valeur documentaire.Le Musée des beaux-arts du Canada consacre plusieurs salles à cette série.La conservatrice, Doris Shadbodt, dit : « Je souhaite que ce soit une des choses remarquables de l’exposition, ces larges proportions d’oeuvres peintes dans les reserves, car toutes ont été pour Emily Carr des expériences émouvantes.Elle n’était pas une artiste qui faisait du tourisme, elle s’était engagée à produire des documents historiques, ayant vu les premiers signes du processus de détérioration.Elle avait un grand respect des Indiens et son attitude envers eux était bien en avance sur son temps.» Tous ces mâts totémiques s’éri- fent comme des gardiens de paradis l’abandon ; les visages sculptés se tordent parfois comme pour crier l’urgence et le désespoir.Les mêmes lieux au fil des ans sont exprimés de façons différentes mais le pinceau est toujours souple.D’abord réalistes, ils se laissent ensuite emporter par la vitalité du trait et de la couleur, pour en venir à une sorte de compromis entre les deux dans une pâte de plus en plus fluide.Le gouvernement rejette la proposition et Carr, sans le sou et passablement dépitée, ouvre une maison de chambres et élève des chiens.La peinture passe au second plan pendant près de 15 ans.Mais elle a attiré l’attention de collectionneurs importants et d’un peintre américain célèbre, Mark Tobey, qui la suppliera de ne pas gâcher son talent dans l’eau de vaisselle.En 1928, elle rencontre le Groupe des Sept et se lie d’amitié avec Harris.Elle se remet alors à peindre avec une énergie décuplée et, jusqu’à sa mort, nous assistons à l'émergence d’une véritable oeuvre.À 50 ans, Carr puisa dans la reconnaissance de ses pairs la force d’aller au bout d’elle-même : elle retournera vers ses chers totems, qui deviendront le lieu de grandes métamorphoses.Sous la pensée abstraite de Tobey, théosophique de Harris, ses formes se durcissent, ses couleurs délaissent le « soleil dans l’ombre » pour accentuer le clair et le sombre, parlant un tout autre langage, celui de la permanence de l’esprit.Ce n’est plus la pluie torrentielle des forêts qui trempe son papier, qui mouille son pinceau, mais un souffle intérieur qui transforme sa vision du monde.Les feuillages deviennent des enveloppes (South Bay 1928), les totems se pétrifient.Dans Vaincu (1930), les rayons lumineux traversent le paysage comme dans les toiles de Harris, les mâts totémiques se chevauchent comme les stèles d’un cimetière à l’abandon, l’atmosphère est tragique comme dans les meilleures oeuvres du Groupe des Sept.Sous les conseils de Harris, Carr tourne le dos aux Totems pour ne peindre que des paysages, moins connotés, plus abstraits.D’énormes troncs d’arbres remplissent les toiles, leurs purs volumes balisant de vastes mouvements de feuillages et de ciel qui vont petit à petit l’emporter sur tout le reste.Et c’est là qu’apparaît le génie d’Emily Carr, la où la stylisation abstraite, s’attaquant au feuillage et au ciel, les transcrit comme des spirales ascendantes.Tout n’est plus qu’élan vertigineux qui entraîne la nature dans une osmose glorieuse qui rivalise de ferveur expressionniste avec Van Gogh — et le dépasse.Il faut voir dans les deux dernières salles l’aboutissement d’une vie de peintre dans la transcendance absolue.Le paysage est transfiguré en lieu mystique : les arbres de Blue Sky (1934-36) s’élancent dans un ciel qui se referme comme une voûte ; le ciel de Reboisement (1936) est plus tortueux qu’aucun Van Gogh et Rejeté par les bûcherons mais aimé du ciel (1935), avec son arbre rachitique s’étirant jusqu’au soleil, est un chef-d’oeuvre de l’art canadien.De 1935 à 1942 (elle meurt en 1945), Carr exprimera cette incroyable force expressionniste dans des oeuvres mémorables où la forme a cédé la place au trait nerveux, décrivant de fabuleux paysages syncopés.Elle a laissé aux jeunes artistes ce message : « N’essayez pas de faire deg choses extraordinaires, mais faites des choses ordinaires avec intensité.» L’exposition, qui ajoute des extraits de récits aux oeuvres, est généreuse et bien pensée.Dans le catalogue se trouve par ailleurs une idéologie « Canadian » mal à propos, puisque le véritable pays de l’artiste, celui qu’elle a peint, est la seule côte Ouest.Mais Shadbodt a su rendre une Emily Carr grandeur nature : une artiste solitaire, une travailleuse acharnée, une femme libre.L’art et la mort: pourquoi pas?CIRCUITS CULTURELS vous offrent une visite toute spéciale au cimetière avant d’entendre le Requiem de Verdi au Festival de Lanaudière.Fin repas au restaurant Pierrat de Lavaltrie.Réservations: 276-0207 prochain circuit 28-29 juillet: les musées de l'Outaouafs avec la rétrospective Emily Carr et l’opéra Cost fan tutte de Mozart.co«'t‘.VoVski irée Tch“ î so,re Chef d'orchestre: Boris Brott Pianiste: Jean Saul nier Jeudi 19 juillet 1990 20h00 Entrée libre LE DEVOIR TCHAIKOVSKI La marche slave Concerto pour piano,no.1 Symphonie no.4 ^oiéphonie inc.Les Concerts Lachine inc.Église des Saints-Anges de Lachine, 14(H) boul.St-Joseph f J Le Devoir, samedi 7 juillet 1990 ¦ C-3 L • le plaisir des ivres De jazz, de blues et de chicane fa Nathalie PETROWSKI A Humeurs MON COPAIN « Truffo », celui qui jazz et blues régulièrement clans les pages de ce journal, voulait que je me lance dans une grande étude comparative.J’avais eu le malheur de lui demander ce que je pouvais écrire de plus, ou de nouveau, sur le Festival de jazz de Montréal.Tout avait tellement été dit et redit.À quoi bon en rajouter ?Mais Truffaut, un Roy Rogers de Montpellier, insistait.Il y avait selon lui une fascinante étude sociologique à faire sur les différences fondamentales entre les deux grandes clientèles du festival et la guerre des genres qu’ils se livraient pendant dix jours.Aux dires de Truffaut, les « blueseux » et les « jazzeux » n’étaient pas seulement aussi dépareillés que le jour et la nuit, la lune et le soleil, leur querelle idéologique était aussi profonde que celle qui sépare les chats des chiens, aussi viscérale que celle qui oppose leurs propriétaires.Il faut absolument que tu écrives quelque chose la-dessus, insistait Truffaut en trépignant.Le fait est que je n’avais rien à dire de spécial sur le sujet.J’avais certes fait le tour des salles et constaté qu’un océan séparait les habitués de la Place des arts des assidus du Spectrum.J’avais rencontré les premiers tôt en soirée, bien calés dans des sièges rembourrés qu’ils avaient payés cher ou qu’ils avaient eus sur le bras grâce à l’influence de leur commanditaire.Ils se tenaient tranquilles, un peu collet monté, un peu fesses serrées et écoutaient certes avec leur tête mais c’était quand même mieux qu’écouter avec leurs pieds, non ?Quand aux seconds, on les rencontrait tard le soir principalement au Spectrum, nettement plus « lousses » dans leur démarche, le jeans délavé, la casquette des Kxpos ou des Blue Jays vissée de travers, un verre de bière ou parfois même la caisse de 12 cachée dans le coffre de leur vieille « minoune ».Quand ils abandonnaient leur verre, c’était pour écouter de tout coeur avant de se fendre de cris et de sifflements, histoire de montrer à quel point ils étaient actifs quand ils n’étaient pas carrément radioactifs ou tout simplement partis pisser.Voilà, l’étude sociologique était esquissée.Il manquait certes, quelques détails.Les « blueseux », prétendait Truffaut, mangeaient épicé à grandes rasades de sauce piquante d’où le besoin de se défouler pendant la digestion.Les « jazzeux» pour leur part donnaient dans le zen, végétarien ou chinois.C’est avec l’estomac léger et les idées claires qu’ils se pointaient dans les salles après PHOTO JACQUES NADEAU Le Festival de jazz donne lieu cette année à un chassé-croisé entre Nathalie Petrowski et son collègue Serge Truffaut.L’une prétend que la guerre des clans se joue entre le public des salles et celui de la rue; l’autre croit davantage au clivage entre « Jazzeux » et < blueseux ».À le voir avec son pote Elvln Jones (notre photo), inutile de dire quel camp a choisi notre chroniqueur de jazz.une mini-séance de yoga ou de méditation.Sauf que si le monde se divisait en deux camps, me suis-je dit en approchant de l’immense bar à ciel ouvert, rue Sainte-Catherine, entre Bleury et Ontario, à quel clan appartenait donc la masse foireuse qui faisait le pied de grue devant les différentes scènes extérieures ?Et pour peu qu’on sache mieux compter que la police, on ne pouvait nier que cette masse était nettement plus nombreuse que tous les « jazzeux » et « blueseux » de la ville.Non seulement plus nombreuse mais éternellement changeante, réunissant à une même heure et sur un même coin de rue les madames de Boucherville et leurs cousines de Ville Brossard, les punks du Plateau et les putes de la rue Saint-Laurent, les biceps menaçants des chauffeurs de camions et les mollets développés du Monde à bicyclette.M’installant sur le balcon de la Place des arts pour respirer l’air lourd du béton et suivre la silhouette des gratte-ciel éclaboussés de néons, je me disais que Truffaut s’était mis le doigt dans l’oeil.La guerre des clans du festival ne se jouait pas entre les « jazzeux » et les « blueseux » qui n’adhéraient peut-être pas à la même secte, mais qui reconnaissaient le besoin d’une religion.Non, la guerre des clans se jouait entre le public des salles et celui de la rue.Aux pratiquants des salles qui étaient prêts à payer cher pour aller au ciel s’opposaient cette année les non croyants de la rue convaincus que le seul paradis possible était celui où on ne payait pas de prix d’entrée.Le phénomène n’est pas nouveau.Depuis les débuts du festival, les organisateurs ont toujours su que pour attirer du monde dans les salles il fallait mettre un peu d’atmosphère au dehors.Et dans les moiteurs de la rue Saint-Denis, la fusion se produisait sans heurt.On en arrivait à confondre les gens et les genres et à ne plus savoir qui se réclamait de qui ou de quoi.Tout le monde se mêlait plus ou moins harmonieusement et avec un minimum de schizophrénie.Cette année, pourtant, dans la splendeur des nouvelles installations avec le béton comme thème et comme toile de fond, les contraires se repoussent plus qu’ils ne s’attirent.Les gens de la rue ne mettent pratiquement pas le pied dans les salles.Et inversement, les gens des salles se poussent dès que le spectacle est fini.Pour l’éducation des masses, il faudrait repasser.Pour le jazz et le blues pur et dur, aussi.Je suis revenue au journal passablement perplexe.Truffaut piochait sur son ordinateur comme sur une batterie.Je lui ai dit qu’il fallait qu’il repense sa théorie à la lumière de mes nouvelles données sociologiques.Il n’y a pas que le blues et le jazz dans la vie, lui ai-je dit.Truffaut a haussé les épaules.Tu fais fausse route, m’a-t-il répondu.Le jazz et le blues, c’est la vie.Je n’ai pas su quoi rétorquer sinon qu’après le jazz et le blues, il y avait les vacances.J’en avais grandement besoin et lui aussi.L’année prochaine à la même date nous reprendrions nos querelles.En attendant un peu de silence et de calme nous feraient énormément de bien à tous les deux.Alors bonnes vacances à Truffaut et à tout le monde et n’oubliez pas que s’il n’y avait ni jazz, ni blues, ni festival, il n’y aurait pas de chicane.Personnellement, je ne saurais m’en passer.10.19IÎ30 Charles Dutoit, chef Iwan Edwards — Chœurs de l’OSM SOIRÉE UNIQUE Mozart Symphonie no 36, K425 « Linz » Ravel Daphnis et Chloé - ballet complet (pour célébrer le 10eanniversaire du P'1'enregistrement de l'OSM) Commanditaire du festival POWER CORPORATION DU CANADA ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL 23S.16S.8$ Ticketron (+ 2.00S) Place des Arts (+1.00$) Sièges réservés Basilique Notre-Dame LES TROIS SONATES DE SCHUBERT Entre deux tandems Franz Schubert : Trois Sonates pour violon et piano D.384, D.385 et D 408, avec Angèle Dubeau (violon) et Anton Kuerti (piano).Analekta AN 2-8703.Franz Schubert : Trois Sonates D 384, D.385 et D 408, Sonate (Duo) D.574, Rondo D 895, Fantaisie D 934, avec Isaac Stern (violon) et Daniel Barenboim (piano).Sony S2K 44504, coffret de deux CD.Carol Bergeron EN J ETANT un rapide coup d’oeil sur la programmation des festivals de Lanaudière et d’Orford, on remarque les noms d’Angèle Dubeau et d’Anton Kuerti.Le 3 août, à l’amphithéâtre de Joliette, la violoniste québécoise jouera le Concerto op.26 de Bruch avec l’Orchestre mondial de Jeunesses musicales.Quant au pianiste torontois, il sera d’abord le soliste du 3e Concerto de Beethoven, au grand amphithéâtre, le 20 juillet.Quelques jours plus tard, le 27 juillet, il donnera un récital d’oeuvres de Chopin, Schumann et Beethoven à la salle Gilles-Lefebvre du Centre d’arts d’Orford.Or, en février dernier, l’éditeur québécois Analekta réunissait ces deux artistes pour enregistrer les trois premières Sonates pour violon et piano de Franz Schubert.Sorti il y a à peine un mois, le disque apparaissait toutefois chez les disquaires au même moment où la puissante maison Sony inondait le marché avec une collection prestigieuse qui comprenait une intégrale des oeuvres pour violon et piano du même compositeur avec les deux grandes vedettes internationales que sont Isaac Stern et Daniel Barenboim.à prime abord, cette coïncidence fortuite semblera tout à fait inopportune pour le tandem Dubeau-Kuerti qui croyait sûrement occuper paisiblement, mais surtout sans compétition sérieuse, un créneau fort peu fréquenté.Maintenant, le discophile obligé de faire un choix n’hésitera sûrement pas, pour quelques dollars de plus, à préférer l’enregistrement qui lui permettra de faire le tour de toute la question.Les trois Sonates de jeunesse formant un tout homogène, on peut comprendre que des interprètes s’y attardent à l’exclusion des trois autres (le Duo.le Rondeau et la Fantaisie) qui furent écrites longtemps après.Dans son ouvrage sur Schubert (édité chez Fayard), Brigitte Massin va jusqu'à suggérer que le compositeur les aurait conçues à la manière d’un triptyque.Ainsi, la forme et le caractère de ces trois pages aurait été soigneusement planifiés pour faire en sorte que la seconde (en La mineur D.385) soit bien perçue comme l’élément central des trois tableaux.Ce détail semble par ailleurs avoir échappé à Diabelli qui, huit ans après la mort de Schubert, publia la première édition.N’y reconnaissant qu’une manière archaïque et plutôt schématique de traiter la « forme sonate », PHOTO ARCHIVES Anton Kuerti Angèle Dubeau PHOTO JACQUES GRENIER il en changea le titre de Sonate pour celui de Sonatine.C’est sous ce diminutif qu’elles sont encore généralement identifiées.Sur le premier des trois manuscrits, Schubert avait noté : « Sonate pour le pianoforte avec accompagnement de violon ».La précision « avec accompagnement de violon » ne s’applique en fait qu’à la première.Dans les deux autres le violon aura une participation beaucoup plus active ; il se dégagera de cette dépendance de l’autre.Voilà, à mon sens, un point important qui permet de juger de la valeur de toute interprétation.Ainsi, celle de Dubeau-Kuerti propose une image sonore qui ne me semble pas correspondre aux intentions perceptibles du compositeur.Étant donné que dans la première Sonate son rôle est effacé, le violon pourrait être entendu au second plan.Or, on a préféré le mettre au même niveau que le piano, ce qui n'est pas gênant outre mesure.C’est dans les deux autres Sonates que les choses deviennent fort discutables.L’instrument de Mme Dubeau passe nettement et inexplicablement derrière celui de Monsieur Kuerti.Cette erreur de perspective vient fausser ce rapport d’égal à égal implicitement inscrit dans la partition.Cela dit, ce disque Schubert permet tout de même d’apprécier le jeu des deux solistes.Plus âgé et plus expérimenté que sa collègue, Kuerti est celui qui prend l’initiative et qui semble mettre en place les paramètres de l’interprétation.Même si l’on souhaiterait qu'elle s’affirme davantage, il n’en demeure pas moins évident qu’Angèle Dubeau est une violoniste fort habile qui joue admirablement juste.Musicienne sensible elle parcourt ces trois Schubert avec beaucoup d’élégance.Chez Isaac Stern, on reconnaît le vieux routier.Avec un Barenboim merveilleusement en forme, il négocie le triptyque avec assurance.Il n'est donc pas question de se soumettre à son partenaire.Le seul ennui vient qu'il n’a sans doute pas pris tout le temps de retrouver la maîtrise absolue de son instrument.Ici l’archet ne répond pas bien, là le son n’est pas juste.En fait, c’est Barenboim qui sauve les meubles et qui finit même par entraîner son illustre compagnon jusqu’aux cimes altières de l’émouvante Fantaisie D.934.Dans la Sonate D.574 qui porte aussi le titre de Duo pour violon et piano, je continue de préférer de loin la version qu’ont signée Fritz Kreisler et Serge Rachmaninov (Fi-delio 8822, un enregistrement de 1929).Parfois agressive, la prise de son de Sony donne, dans l’ensemble, une image sonore qui rend compte du travail en duo qu’avec plus ou moins de bonheur, Stem et Barenboim cherchent à réaliser.BILLETS EN VENTE MAINTENANT Les Misérables TH) 1990 CMOL •K BILLETS EN VENTE MAINTENANT A LA BILLETTERIE DU THÉÂTRE AINSI QU’A TOUS LES COMPTOIRS TICKETRON OU TÉLÉPHONEZ À TÉLÉTR0N : (514) 288-2525 AVANT-PREMIÈRES : 17 JANVIER EN FRANÇAIS ET 18 JANVIER 1991 EN ANGLAIS (Pour plus de détails, téléphonez à Télétron) REPRESENTATIONS À COMPTER DU 24 JANVIER 1991 EN FRANÇAIS EN ANGLAIS MER., JEU., SAM.& DIM.à 20 h SAM.à 14 h (PREMIÈRE, 24 JANVIER, LEVER DU RIDEAU TOT A 18 H 45) * Billets d'étudiant à 15 $ disponibles à là billetterie du Théâtre sur présentation d’une carte d'identité valide MAR.& VEN.a 20 h DIM.à 14 h THEATRE SAINT-DENIS, MONTREAL 9 C-4 ¦ Le Devoir, samedi 7 juillet 1990 • le plaisir des ivres Une gentille comédie La violence valorisée Ghost Dad.Un film de Sidney Poitier.Scénario : Chris Reese, Brent Maddock et S.S.Wilson.Avec Bill Cosby, Kimberly Russell, Denise Nicholas, lan Bannen, Christine Ebersole, Barry Corbin.Photo : Andrew Laszlo.Musique : Henry Mancini.Montage : Pembroke Herring.États-Unis, 1990, 80 min.Aux cinémas Égyptien, Bonaventure, Carrefour Laval, Astre.France Lafuste COMME à chaque année à la même période, le cinéma vit sa traversée du désert.Après l’incontournable Cyrano de Bergerac, restent les comédies bon enfant et les panzers américains.Ghost Dad est une de ces comédies qui ne prêtent pas à conséquence.Gentille et inoffensive à souhait.On y retrouve le comédien Bill Cosby, célèbre pour son rôle de père dans la série télévisée The Cosby Show.La paternité, le comédien l’endosse à nouveau au cinéma sous la direction de Sidney Poitier.Père de trois enfants, Elliot n’a pas toujours le temps d’accomplir ses devoirs familiaux.Sa fille aînée, lasse de jouer un rôle de mère auprès de ses deux frères et soeurs, commence à ruer dans les brancards.Un jour, se produit l’accident fatidique.Le chauffeur de taxi qui l’a pris à son bord finit sa course folle dans les eaux d’une rivière 30 mètres plus bas.On croit notre homme sain et sauf.Il a subi cependant quelques transformations biologiques.En chair et en os quand les lumières sont éteintes, Daddy Cosby est un homme passe-muraille quand elles se rallument.On imagine aisément la surprise, les gags et les retournements de situation que ses apparitions vont susciter.La comédie est sans surprise.Pourtant elle parvient à nous dérider et à nous arracher de francs sourires.Même si les Noirs y sont plus ai- PHOTO HOWARD BINGHAM Bill Cosby et sa petite famille (Salim Grant, Brooke Fontaine et Kimberly Russell) dans Ghost Dad.sés que la moyenne, même si l’histoire est truffée d’invraisemblances, même si la morale y est d’un simplisme bon père.Bill Cosby en fait juste assez pour amuser sans exaspérer.Le ton y est bonhomme, jamais bêtement attendri et les tours de passe passe y sont suffisamment bien montés pour que l’on ait du plaisir à le suivre dans son incroyable aventure.• Bruce Willis incarne le détective John McClane dans Die Hard 2.PHOTO JOHN SHANNON Die Hard II.Un film de Renny Harlin.Scénario : Steven E.de Souza et Doug Richardson.D'après le roman 58 minutes de Walter Wager.Avec Bruce Willis, Bonnie Bedelia, William Atherton, Reginald Veljohnson, Franco Nero, Fred Dalton Thompson, Tony Ganios.Photo : Oliver Wood.Musique : Michael Kamen Montage : Stuart Baird.États-Unis, 1990, 120 min.Aux cinémas Place Alexis-Nihon, Bonaventure, Carrefour Laval, Astre, Décarie.France Lafuste PAS de surprise non plus avec Die Hard II.Renny Harlin nous sert son artillerie lourde en sachant d’emblée qu’elle fera encore des ravages.Surtout auprès du jeune public qui veut de l’action et des numéros d’élite.Qui cherche aussi à vivre un rôle de justicier par procuration.Délaissant les sous-sols d’un gratte-ciel, les dangereux mercenaires feront cette fois-ci main basse sur un aéro- port de Washington (D.C.).Au détective kamikaze Bruce Willis — sa marque de commerce est d’être « The wrong guy, at the wrong place, at the wrong time » — d’éviter une enfilade de catastrophes aériennes.L’action est menée avec une précision de métronome et selon des normes très éprouvées.Tout se passe (encore une fois) un soir de Noël dans une tour de contrôle coupée du monde.La neige qui tombe inlassablement rendra la tâche encore plus difficile et le suspense plus haletant.Difficile cependant de cautionner un film qui certes fait monter le taux de mercure de plusieurs centigrades mais qui est aussi un chef d’oeuvre de manichéisme.Contrairement aux Incorruptibles, à Batman ou à Dick 'Tracy, Die Hard II présente un univers faussement réaliste.La violence, sous couvert de morale, y est reçue en pleine figure, toujours valorisée.On parlera d’exutoire ?Cela reste à prouver.UNE EXPOSITION INTERACTIVE UNIQUE ET LE DERNIER GRAND SUCCÈS IMAX : .VIVRE AU SOMMET EXPOTEC IMAX ;*Oas' AC ' oAriSb\.oH'n 5**85?Prenez votre courage à deux mains I AU VIEUX-PORT DE MONTRÉAL Renseignements: 496-4629 Une présentation du Vieux-Port Angle de la Commune et Saint-Laurent, métro Place d’Armes Réservations de groupes: 496-1799 de Montréal en collaboration SERVICE DE HALTE-GARDERIE: Le Jardin du désir.Tous les jours de 10h à 22h avec Lavalin Communications.¦ 4I év Créa ÿ CveM ¦ Go'vXo'’ O*»***'* * Sen” * ÉM CFCF (CTV) Montréal News Travel, travel W5 g America’s Funniest.The Simpsons The Bourne Identity (lre/2) g News g News Entertainment this week It*1 TVS (Télévisions Francophones) Gourmandises (18hl5) Le divan Journal télévisé de ITT Expédition chasse et.Apostrophes : Vive les écrivains 21hlS/latitudes 22hl5/Envoyé spécial Hôtel (23hl5) 23h45/Joumal télévisé de TF1 (17) CIVM (R.-0-) Montreal Passe-Partout Ciné-Soleil : Un i zoo san\ éléphant la trentaine Cinéma : L 'appât —Am.52 Avec James Stewart et Robert Ryan L'Indice plus (20) Musique Plus Musique vidéo Dadabiz Musique vidéo (22) WVNY (ABC) Burlington News P Wheel of Fortune Life Goes On g America’s g Funniest Mr.P Belvedere The Bourne Identity (lre/2) g News P 23hl5 / War of the Worlds (24) CICO (TVO) Ontario Les amis ratons L'oiseau bleu Vivre en couleurs f>a France à la carte Ex-Libris Festival franco-ontarien .Documentaires en musique Il était une fois .le pouvoir (25) Much Music 19 h : Backtrax The Best of Much Vidéoclips Spotlight / Boulevard Vidéoclips (33) VERMONT ETV (PBS) All Creatures Great and Small Wild g America Naturesccne National Audubon Society g Masterpiece Theatre: g Piece of Cake The Jewel in the Crown Mystery ! Rum, Bailey : The La.pole of the g st Case Masterpiece Theatre g (35) QUATRE SAISONS Montréal Les Carnets de Louise: Inv.: Michel Barrette Caméra 90 Surprise sur prise Rêve d'un jour Les Guldcnburg Dernière édition Sports plus wee k-end (57) WCFE(PBS) Wonder Works g Runaway All Creatures Great and Small Triumph of the West Masterpiece Theatre : Q Piece of Cake Butterflies Shelley Two’s Company Sneak Preview C-10 ¦ Le Devoir, samedi 7 juillet 1990 le cahier du En attendant Van Gogh A la redécouverte de Frans Hals dans sa ville natale Bernard N’Guyen-The-Mai EN CETTE année du centenaire de la mort de Van Gogh, c’est la Hollande au complet qui semble s’être mobilisée pour lui rendre un vibrant hommage.Alors qu’Amsterdam accueille un flot continuel de visiteurs au Musée Van Gogh, la ville voisine, Haarlem, présente au Musée Frans Hals, jusqu’au 22 juillet, une rétrospective Frans Hals, qui était un des peintres favoris de Van Gogh.N’a-t-il pas écrit, en effet, dans une de ses lettres : « Quel plaisir de voir un Frans Hals ; comme cela est totalement différent de ces tableaux où tout est soigneusement lissé de la même manière.» L’exposition, qui rassemble pour l’occasion 75 tableaux de Hais, occupe le cadre parfait pour nous faire replonger dans le 17e siècle hollandais.En effet, le Musée est dans un asile de vieillards, un « Oudemannen-huis » construit en 1(108, où les fenêtres à petits carreaux font écho au sol carrelé noir et blanc.Avec les tableaux de Frans Hals (env.1582-1666), c’est toute une société qui revit sous nos yeux.Un des plus célèbres portraitistes de Haarlem, Hais est le peintre de ces toiles immenses de gardes civiques, de bourgmestres, de pasteurs, de ré- gents qui s’étalent ici sur des salles entières.Plus que tout autre, Hais est identifié à cette peinture hollandaise d’alors, si distincte, celle du Siècle d’Or sur laquelle trône la bourgeoisie régnante.Dû à un intérêt manifeste des commerçants et autres bourgeois pour collectionner les tableaux, le peintre hollandais peint ces patrons prospères qui ont remplacé les dignitaires de l’Église, à l’inverse des autres pays européens catholiques.S’appuyant seulement sur la classe dominante de Haarlem, les commandes de Frans Hals vont alors dépendre du contexte économique local.Il est intéressant de noter, par ailleurs, dans les galeries de portraits, l'évolution du style de Frans Hals.Ainsi ses premiers portraits d’environ 1616 comme celui du Banquet des officiers de la Garde civique de St-George (Frans Hals Museum, Haarlem, 1616), se caractérisent déjà par une touche très vive, rapide où les coups de pinceaux sont apparents, et par une palette de couleurs très étendue.Les portraits de 1640 comme celui des Régents de l’Hôpital St-Êlizabeth (Frans Hals Museum, Haarlem, 1641) marquent, par contre, une nette simplicité dans l’utilisation des couleurs.Il communique par cette sobriété, l’austérité de ces personnages.Les portraits ul- 135 ŒUVRES DALIBOLIQUES Tous les jours de 10 h à 19 h Billets en vente au Musée jusqu'à 18 h ainsi qu'aux comptoirs Admission (514) 522-1245 Musée des beaux-arts de Montréal 1379, rue Sherbrooke ouest (métro Guy-Concordia ou Autobus 24) Renseignements : (514) 285-1600 VI l J S I - .K IJ l
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