Le devoir, 17 juillet 1990, mardi 17 juillet 1990
DEVOIR Vol.LXXXI — No 164 ?Montréal, mardi 17 juillet 1990 Ensoleillé.Max : 28.Détail page 5.60 CENTS Côte-Nord Gaspésie Nouveau-Brunswick 60 cents Toronto 80 cents AUJOURD’HUI Éditorial Le gouvernement du Québec s’était engagé à préciser rapidement les modalités d'harmonisation de la TPS fédérale et de la taxe de vente québécoise.Il vient de faire le point, mais l’obscurité règne toujours, écrit Gilles Lesage.Page 8 Idées L'effet Meech en rend plusieurs euphoriques, mais il n’interdit pas quelques mises en garde.Page 9 Chronique Le Sommet des Sept a raté ses devoirs en environnement, écrit Lucien Bouchard qui suggère au Canada d’explorer d’autres forums internationaux où son influence serait plus réelle.Page 2 PHOTO AP Horreur aux Philippines.La terre tremble aux Philippines Plus de 100 personnes meurent et 150 autres sont blessées dans un séisme d'intensité 7,7 dans le nord des Philippines.Page 3 L’Ukraine se déclare souveraine Le Parlement d’Ukraine vote une résolution qui déclare « souveraine » la seconde république de l’URSS, mais tout en se gardant d’aller jusqu’à la sécession complète.Page 4 McDonnell licencie 17 000 employés Le constructeur aéronautique McDonnell Douglas licenciera 11 % de ses effectifs d’ici la fin de l’année dans le cadre d’un plan visant à économiser 700 millions $ US.Page 5 Les ventes de maisons chutent Les ventes de maisons ont diminué de 25 % dans la région de Montréal au mois de juin.Page 5 Bernard Pivot Le dernier Pivot Marie Laurier se rémémore quelques-uns des moments privilégiés à la télévision du grand communicateur Bernard Pivot à l'occasion de la 724e et dernière émission d'Apostrophes, présentée en reprise, dimanche prochain à 15 h, à TV-5.Page 7 Ottawa ne négociera que si la paix revient Ciaccia s’entretient toujours avec les Mohawks line Montpetit LE GOUVERNEMENT fédéral est prêt à négocier avec les Amérindiens relativement aux revendications territoriales des Mohawks de Kanesatake (Oka) et de Kanhawake à la condition que ces négociations se déroulent dans un climat de paix.« Pour l’instant, nous avons eu affaire à un maire de municipalité, M.Jean Ouellette, qui a réclamé l’intervention d’une force policière provinciale pour faire respecter une injonc- tion civile quant à l’occupation d’un terrain de la municipalité par les Mohawks.C’est ce qui fait du conflit un dossier de juridiction provinciale.Nous sommes prêts à assumer notre compétence sur le plan des revendications territoriales et nous avons donné certains engagements à M.Ciaccia dans le cadre des pourparlers qu’il entretient avec les Mohawks, mais il faut d’abord que la confrontation armée se termine », a déclaré Jean Leblond, attaché politique du ministre fédéral des Affaires indiennes, Torn Siddon.Le ministre provincial des Affai- res autochtones, M.John Ciaccia, a de son côté poursuivi, tout au long de la journée d’hier, ses négociations téléphoniques avec le Long House de Kanesatake.Au moment de mettre sous presse, des représentants de toute la communauté mohawk de Kanesatake et certains représentants de Kahnawake se réunissaient dans la pinède d’Oka pour s’entretenir des pourparlers tenus avec le ministre Ciaccia.« La fermeture du pont Mercier par les Mohawks de Kahnawake est une démonstration d’appui aux Mo-Volr page 10: Ottawa ' arc im*\ l; Vl Ksy* • * jj ~ r TH’'"" c*n PHOTO JACQUES NADEAU Pendant que les pourparlers se poursuivaient et qu’Ottawa se disait prêt à négocier avec les Mohawks leurs revendications territoriales, ces derniers maintenaient toujours, hier, leur barrage du pont Mercier (cl-haut vu de Ville LaSalle) désert et jonché de vieux pneus.Lorraine Lemay, la veuve du policier tué à Oka, en larmes derrière le cercueil de son mari, hier, à l'église de L’Anclenne-Lorette.Plus de 2000 personnes rendent hommage au policier abattu à Oka L’URSS se résigne à une Allemagne réunie sous l’OTAN d'après AFP et Reuter MOSCOU — Le président Mikhaïl Gorbatchev a lâché hier le morceau.L'U RSS accepte désormais ce contre quoi elle s’est battue au cours des six derniers mois : l’inclusion de la future Allemagne unifiée sous le parapluie de l’alliance militaire occidentale, l’OTAN.« Que cela nous plaise ou non, le temps viendra où une Allemagne unifiée sera membre de l’OTAN, si tel est son choix.Alors, dans une certaine mesure et d’une certaine façon, elle pourra travailler de concert avec l’URSS », a déclaré Gorbatche-v.au cours d’une conférence de presse donnée avec le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl, dans la cité balnéaire de Mineralnye Vody.Gorbatchev a cependant souligné qu’il s’attendait à un délai de trois ou quatre ans avant le retrait des 350 000 soldats soviétiques actuellement cantonnés en RDA.Il a déclaré qu’aucune arme nucléaire et aucune troupe étrangère ne seraient déployées sur le territoire de l’Allemagne de l’Est.Les ef- fectifs militaires allemands seront diminués par rapport à l’actuelle armée ouest-allemande qui compte 480 000 hommes, a-t-il ajouté.Kohl a assuré pour sa part que les forces allemandes seraient ramenées à 370 000 hommes.Jusqu’à aujourd’hui, l’URSS considérait que l’appartenance de la future Allemagne a l’OTAN remettrait en cause l'équilibre des forces en Europe.Après deux jours d’entretiens avec le chancelier Kohl, Gorbatchev a donc considérablement modifié sa position.Il a précisé que le fait que l’Alliance atlantique ait récemment déclaré qu’elle ne considérait plus l’URSS comme un ennemi l’avait aidé à changer d’avis.« Je dirais que nous avons agi dans l’esprit de la ‘Realpolitik’, une expression allemande bien connue », a dit Gorbatchev en évoquant la politique de rapprochement avec les pays de l’Est menée dans les années 1950 et 1960 par la RFA.« En termes absolus, la partie Voir page 10: L’URSS L’économie québécoise continue de décliner itùSh-Pierre Legault L’ÉCONOMIE du Québec, aux prises avec un fort ralentissement de l’activité depuis décembre dernier, continue de se dégrader.Pour le cinquième mois consécutif, l’indice précurseur Desjardins a fléchi, en avril, de 1,5 %.Et son comportement ressemble à s’y méprendre à celui du début de la dernière décennie, au moment des récessions de 1980 et 1982.Ce nouveau recul de l’indice fait suite à des diminutions de 0,1 % en décembre, 0,9 % en janvier, 0,1 % en février et 0,4% en mars.Huit des dix composantes de l’indice précurseur ont fléchi en avril dans une proportion variant de 2 % à 9 %, par rap- Volr page 10: L’économie d'après la Presse Canadienne L’ANCIENNE-LORETTE - Plus de 2000 personnes ont assisté, hier, à L’Ancienne-Lorette, près de Québec, aux funérailles du caporal Marcel Lemay, 31 ans, abbattu par balles mercredi dernier lors de l’intervention de la Sûreté du Québec contre le barrage dressé par les Mohawks à Oka.La cérémonie s’est déroulée dans le calme et le recueillement en présence de représentants des corps policiers de tout le pays et de la famille de l’infortuné policier mort en service.Le directeur de la SQ, M.Robert Lavigne, à invité ses hommes à ne pas céder à la vengeance.Elle ne réglerait rien, a-t-il dit.Nous ne trouverons pas de réponses à nos questions dans la vengeance, les représailles, la révolte », a-t-il déclaré aux quelque 1500 personnes qui avaient pu s’entasser dans l’église de L’Ancienne-Lorette.« Nous vivons des moments de crise sûrement parmi les plus difficiles de l’histoire de la Sûreté du Québec, a-t-il ajouté.Des événements tellement complexes que l’action autant que l’inaction policière font l’objet de critiques.« Dans ces circonstances, nous passons par différentes émotions : tristesse, colère, amertume.Mais, dit-il, s’adressant à ses troupes, seuLs le calme, la raison, la lucidité qui ont orienté les décisions de la Sûreté doivent encore guider nos comportements ».La voix étranglée par l’émotion et la fatigue, après six jours de siège à Uka, M.Lavigne a souhaité que « cette perte de l’un des membres d’élite de la SQ ne soit pas vaine et qu'elle puisse nous inspir er et guider -j-nos actions».En offrant ses condoléances à la famille éplorée, et notamment à la veuve en larmes, le chef des policiers provinciaux a vanté le sens civique de Marcel Lemay.« La société québécoise tout entière est en deuil.Marcel a péri au service de la société pour preserver ce qu’il y a de plus essentiel dans le fonctionnement de la démocratie », a-t-il conclu.La cérémonie a été célébrée sobrement par l’aumônier de la SQ, le ère Lucien Ouellet, dans la très elle église de L’Ancienne-Lorette.Le caporal Lemay vivait dans cette petite localité de la banlieue de Québec avec sa femme Lorraine, enceinte de trois mois, et sa fille Catherine, qui aura bientôt deux ans.L’épouse éplorée est arrivée à l’église peu après 13 heures au bras du frère du défunt, Pierre, également officier de la Sûreté du Québec.Une haie d’honneur composée d’une vingtaine d’agents de la SQ avait été dressée sur le parvis de l’église.Au son du tambour, huit confrères du caporal Lemay transportaient le cercueil drappé dans un fleurdelisé.L’un d’eux pleurait à chaudes larmes.Le caporal Lemay est le premier officier du groupe d’intervention ( GI ) à périr en devoir et le premier agent de la SQ à mourir au travail depuis 1977.Voir page 10: Hommage La liberté fait perdre à l’Église de Pologne l’argument du combat içois Brousseau envoyé spécial VARSOVIE — Un an après la chute du grand adversaire communiste, l’Église de Pologne se cherche de nouveaux combats.Et cette fois, il n’est plus sûr qu’elle fera, comme jadis, l’unanimité des Polonais derrière elle.Après le triomphe dans l’adversité, le déclin dans la liberté ?« L’interdiction de l’avortement et l’introduction de l’enseignement re- ligieux dans les écoles ne sont pas, chez nous, des causes aussi populaires que la lutte contre le mal totalitaire », laisse tomber, un brin cruel, le journaliste Edek Krzemien, du quotidien de Solidarité Gazeta Wy-borcza.Une allusion à deux grands débats qui seront pour l'Église, dans les mois à venir, des tests cruciaux de son influence sociale.Stegny, un quartier ouvrier du sud de Varsovie.Un alignement tristement typique de blocs de béton sans couleur et sans style, déjà décrépits après dix ans d’existence.En plein milieu de la place, une construction massive de brique rouge, solide et de grande qualité — à défaut d’être vraiment belle — vient de sortir de terre et tranche radicalement dans le décor : c’est l’une des centaines d’églises que l’on continue de construire, partout en Pologne.« On ne fournit pas à la demande », déclare-t-on chez les autorités religieuses.« L’Église est riche et aime beaucoup le montrer », répondent certains esprits chagrins, dans une répartie critique qui eut été à peine imaginable il y a 18 mois, à l’époque de l’union sacrée.« Il y a quelque chose de choquant dans toutes ces constructions, dit Magda, résidante de Stegny et étudiante à l’Université de Varsovie, alors que la population n’en peut plus de se serrer la ceinture ».Magda, à l’instar de nombreux jeunes citadins, commence aujourd’hui à mesurer, à l’aube du pluralisme postcommuniste, une certaine distance entre la société et une institu- tion restée jusqu’alors intouchable, pour cause de lutte exemplaire au totalitarisme.Elle ne porte pas dans son coeur les positions ecclésiales sur l’avortement, et sympathise avec les mouvements féministes, encore timides, qui ont commencé, début 1989, à militer ouvertement — fait sans précédent dans la Pologne moderne pour un mouvement de la base — contre l’Église sur une question politique.L’avortement, mais aussi l’ensei- Volr page 10: La liberté ’STS pierre^011 ^Alliance |S=p A$9B 2 ¦ Le Devoir, mardi 17 juillet 1990 Pas de Nobel pour le Sommet de Houston LES CHEFS D’ÉTAT et de gouvernement qui viennent de participer au Sommet économique de Houston ont dû se féliciter à nouveau d’avoir pris l’habitude de tenir ces réunions dans la canicule de juillet.L’inanité des résultats produits par cette énorme kermesse médiatique a plus de chances de passer inaperçue dans la torpeur estivale.Seules subsisteront dans les mémoires les images des Grands de ce monde devisant, avec le premier ministre Mulroney, du destin de la planète et affichant des sourires optimistes.D’ailleurs, pourquoi s’en feraient-ils?Ils sentent bien que le grand public s’en tiendra là.À coup sûr, rares sont ceux qui voudront s’imposer la corvée de lire le communiqué final dont la navrante banalité exprime, presque en clair, l’échec de la conférence.C’est à propos des questions environnementales que la faillite des discussions est la plus manifeste.Le Sommet de l’an dernier, à Paris, avait fait naître l’espoir que les sept pays les plus industrialisés contractent des engagements propres à faire résolument entrer l’économie mondiale dans l’ère du développement durable.Cet enthousiasme devait recevoir une douche d’eau froide dans la chaleur torride du Texas.Le désappointement le plus vif résulte certainement de l’incapacité du Sommet à décider quoi que ce soit Lucien BOUCHARD de significatif pour combattre le réchauffement de l’atmosphère, probablement l’un des plus graves dangers dont la Terre ait jamais été menacée.En ce sens, on aurait pu attendre davantage de l’hôte du Sommet.Avant et après son entrée en fonction, le président Bush avait tenu des propos qui se distinguaient nettement de l’indifférence profonde de son prédécesseur pour l’environnement.La nomination de l’environnementaliste Bill Hiley à la tête de l’Agence de protection de l’environnement et l’introduction d’un projet de loi qui aurait pour effet de réduire de 50% les émissions transfrontalières de pluies acides avaient, dans un premier temps, confirmé ces bonnes intentions.Si on en juge d’après la visite de M.Riley, à Ottawa, hier, il semble d’ailleurs que l’administration américaine pourra signer avec le Canada un accord pour encadrer certaines dispositions de cette loi.Mais il faut croire que, dans l’ensemble du dossier environnemental, M.Bush avait surestimé la marge de manoeuvre que lui laisseraient sa clientèle républicaine et les puissants lobbies industriels.Si bien que les efforts de M.Riley sont contrés, à la Maison-Blanche, par un entourage présidentiel de plus en plus récalcitrant.Les conférences internationales des derniers mois sur l’environnement ont donné un avant-goût de l’égoïsme des grandes puissances.À Bergen, les Etats-Unis ont résisté à toute les tentatives de fixer des objectifs de réduction et même de stabilisation dans la production de gaz carbonique.À Nordwick, ils avaient même obtenu l’appui du Japon, de la Chine et de l’Union soviétique qui refusaient, comme eux, de prendre des engagements spécifiques.C’est dire que les premières victoires du combat environnemental ne seront pas remportées dans des forums huppés comme celui du Groupe des 7, où le poids du Canada ne pèse guère plus qu’une plume.Au mieux, on nous utilise pour proposer des compromis inodores qui sauvent la face des protagonistes (comme la formation de comités chargés de poursuivre l’étude de questions laissées en suspens; c’est ce qui est arrivé, à Houston, au sujet de l’aide économique à l’URSS, sur laquelle les pourparlers ont achoppé.) Ceux qui souhaitent asseoir la politique extérieure du Canada sur des réalités plutôt que sur des apparences doivent en tirer une leçon.Il faut bien voir à quel point nous risquons, dans ce petit groupe exclusif, de nous trouver à la remorque des Américains, sans lesquels nous n’y serions probablement pas invités.Dès iors qu’elles s’alignent généralement sur les positions américaines, nos politiques sont éminemment prévisibles par nos autres partenaires.Il ne s’agit pas, bien sûr, de bouder un aréopage aussi prestigieux, non plus que de pratiquer l’anti-américanisme systématique qu’affectionnait M.Trudeau.Mais nous aurions beaucoup à gagner en intensifiant nos efforts multilatéraux au sein de regroupements élargis où notre influence serait infiniment plus déterminante.L’environnement nous donne toutes les occasions de forger des alliances, bilatérales ou autres, avec les Allemands, les Hollandais, les Français, les Norvégiens, les Suédois, les Finlandais et les Autrichiens.Nos entrées dans les pays du tiers-monde, de la Francophonie et du Commonwealth nous assignent un rôle de catalyseur pour alerter l’opinion mondiale sur les obligations environnementales des grandes puissances.Dans une première étape, ce serait une bonne façon de faire progresser, à l’échele internationale, la construction du nouvel ordre environnemental souhaité par la commission Brundtland.Seule la solidarité agissante des petites et moyennes puissances arrivera à faire bouger des pays comme les États-Unis, le Japon, l’Union soviétique et la Chine.Sans eux, on ne peut espérer la mise en train de mesures supranationales et coercitives, phase ultime du sauvetage de la planète.C’est aussi le moyen de redonner un sens à la diplomatie canadienne.Celle-ci, selon l’évaluation de nombreux observateurs, n’a jamais pu regagner la place que lui avait value la maîtrise de Lester B.Pearson.Ce diplomate de carrière avait une prédilection pour les politiques nourries de réflexion et de patience.Il est vrai que son époque lui a épargné les tentations auxquelles la propension contemporaine au faste télévisuel expose nos dirigeants.Cet homme réservé n’a probalement jamais imaginé que les futures conférences diplomatiques se dérouleraient sous les yeux de 4000 journalistes, comme ce fut le cas à Houston.Mais il a eu le mérite d’éviter le piège de l’émiettement aussi menaçant de son temps que maintenant.Au lieu d’éparpiller tous azimuts son action et ses ressources, (ce que tous nos gouvernements ont fait depuis, dans leur désir de suivre des amis mieux nantis) Pearson a su identifier une niche à la mesure de notre importance et de nos moyens réels.Se consacrant à peu près exclusivement à l’effort de paix, le Canada d’alors s’est mérité la reconnaissance et l’estime de tous.Il se trouve aussi qu’une politique extérieure tire son autorité de la correspondance étroite qu’elle entretient avec les impératifs de sa politique intérieure.Par mentalité, les Canadiens sont pacifiques.Au reste, leur géographie, immense et stratégiquement vulnérable, leur en fait une obligation.Pearson ne se trompait donc pas en faisant découler son action internationale des préoccupations de ses concitoyens.Ce retour en arrière ne devrait-il pas inspirer MM.Clark et Mulroney ?L’environnement s’inscrit au coeur des inquiétudes de tous; lui aussi a quelque chose à voir avec la protection et l’intégrité du patrimoine territorial, sur la frontière sud, contre les pluies acides américaines, sur la frontière arctique, contre les émissions nocives en provenance d’URSS et d’autres voisins circumpolaires.Ajoutez à cela que sa promotion nous démarque des États-Unis et nous rapprohe de l’Europe et vous avez mis le doigt sur ce qui pourrait bien être la clé de voûte d’une authentique politique extérieure canadienne.Parions aussi que l’environnement vaudra bientôt un prix Nobel à un dirigeant politique.L’attribution d’un Nobel cela ne fait pas de la mauvaise télévision.Les jeunes libéraux seront les premiers à amorcer le virage constitutionnel LAURIER/SAINTE-MARIE McLaughlin souhaite aux électeurs un député plutôt qu’un symbole SHERBROOKE (PC) — La commission-jeunesse deviendra la première instance du Parti libéral du Québec à promouvoir un nouveau cadre d’orientation constitutionnelle en marge de l’échec de l’accord du lac Meech, lors de son huitième congrès qui se déroulera du 10 au 12 août à La Pocatière.Cet exercice tiendra une place majeure à cette réunion de trois jours qui devrait attirer environ 800 participants puisqu’elle précédera de quelques semaines, en principe, le début de la commission parlementaire élargie sur la question nationale.Depuis moins d’une semaine, la commission-jeunesse effectue une tournée de consultation dans la province afin de déterminer les balises d'une nouvelle structure politique en fonction des valeurs et préoccupations des jeunes.« On a déjà visité l’est du Québec et il apparaît évident, selon ce qu’on entend, que le fédéralisme actuel n’est plus acceptable pour le Québec», révèle Michel Bissonnette, président de la commission-jeunesse.« Le consensus est très fort à l’idée que la solution doit venir du Québec et qu’il est inacceptable que le parti revienne avec une nouvelle liste de conditions.La tournée de consultation n’est qu’une première étape de réflexion et il nous faudra en arriver à quelque chose de concret et précis.On veut lancer le débat à l’intérieur de la coalition libérale », ajoute M.Bissonnette.À cet égard, le président de la commission-jeunesse prend soin d’indiquer que les jeunes militants ne seront pas limités au rôle de « prome-neux de pancartes » lors du congrès d’orientation du parti, en mars prochain, puisqu’un délégué sur trois devra être âgé de moins de 25 ans, conformément aux règles de fonctionnement du PLQ.D’autre part, l’environnement et la problématique de l’emploi chez les jeunes feront également l’objet de discussions majeures à La Pocatière.Les jeunes libéraux considèrent le temps venu de pousser d'un cran plus haut la réflexion en matière d’environnement afin de donner au ministère un statut fonctionnel efficace.«toaée Boileau « EST-CE QUE les électeurs veulent un symbole ou un député ?» Audrey McLaughlin a à peine haussé le ton, mais l’impatience perce.Venue donner un coup de main à la candidate du NPD dans Laurier/Sainte-Marie, Mme Louise O’Neill, la leader du parti n’a pu éviter les questions sur la souveraineté du Québec et les contradictions que ce sujet soulève au sein même de ses troupes.« J’ai grandi dans un pays avec le Québec, j’espère mourir dans un pays où il y aura toujours le Québec », insistait hier, en conférence de presse, Mme McLaughlin.À ses côtés, Mme O’Neill, qui ne cache pas ses convictions nationalistes, ne semblait pas aussi déterminée.« Je ne suis pas encore prête à mourir, a-t-elle rétorqué à la blague avant d’ajouter prudemment : Peu importe le type de souveraineté, il restera sûrement des liens avec le Canada.Mais ce n’est pas à moi de décider lesquels».Vendredi dernier, Mme McLaughlin affirmait que le NPD ne pouvait tolérer un candidat séparatiste dans ses rangs.Hier, tout en réi- VENDREDI LE 17 AOÛT • La démocratie en éducation • Le défi de la pluriethnicité • La bataille des frais de scolarité • La coopération internationale DANS LE DEVOIR térant son appui à Louise O’Neill, elle précisait : « Il y a une nouvelle réalité au Québec, mais comme parti fédéral, il est également important de travailler avec les autres pour définir un nouveau Canada».Louise O’Neill, elle, s’en remettait aux choix des Québécois en précisant, devant l’insistance des questions : « Ce n’est pas la mode, mais que voulez-vous, je suis candidate dans une élection fédérale et mon premier projet, ce n’est pas l’indépendance du Québec, c’est la justice sociale ».Dans cette optique, elle a fait état hier, devant une trentaine de représentantes de groupes de femmes de Laurier/Sainte-Marie, des problèmes économiques que vivent de façon aiguë plusieurs femmes de ce comté où l’on compte notamment 50 % de familles monoparentales.Mme O’Neill réclame pour elles un réseau universel de garderies ainsi que des programmes de formation et de recyclage.« Quand on les rencontre, on constate la très grande fierté de ces femmes, qui sont souvent très pauvres, mais on voit aussi la difficulté qu’elles ont à élever seules des enfants et à s’intégrer vraiment à la société ».Même en n’étant pas membre du gouvernement, Mme O’Neill croit que l’action reste possible.« Ce qu’un député fédéral peut faire, c’est ce que Jean-Claude Malépart a fait : utiliser les programmes et les ressources qui existent, mais en y intégrant une vision beaucoup plus globale qui prend au sérieux ce que vivent ces femmes».Audrey McLaughlin a également eu quelques mots sur le conflit d’Oka.Une directive VANCOUVER (PC) - Un concepteur de logiciels de Vancouver affirme qu’il est absolument impossible de produire une version française de ses programmes d’ordinateur avant le 1er janvier prochain, ainsi que le requiert l’article 36 (b) de la Loi sur les langues officielles, qui était passé jusqu’ici quasiment inaperçu.Chaque institution fédérale devra en effet s’assurer que tous ses nouveaux ordinateurs et logiciels puissent fonctionner dans les deux langues officielles avant cette date.Le concepteur, qui n'a pas voulu être identifié, dit avoir appris avec Comme elle l’avait déjà fait vendredi dernier, le chef du NPD a réclamé l’intervention du gouvernement fédéral.« Il faut que le ministre des Affaires indiennes Torn Siddon vienne au Québec pour éviter qu’il y ait encore plus de violence.Contrairement à M.Ciaccia qui fait du très bon travail, M.Siddon néglige ses devoirs ».Vendredi dernier, elle a bien tenté d’aller porter des provisions aux Mohawks de Kanesatake, mais elle n’a pu les laisser ni au maire d’Oka, ni dans une église, ni même les faire passer par l’entremise du ministre John Ciaccia qu’elle avait rencontré dans la soirée.Elle a finalement laissé les victuailles à un groupe communautaire de la région.Mme McLaughlin, qui est elle-même député du Y ukon, croit que les solutions négociées restent possibles.Mais elle estime que de façon générale, le fédéral a toujours fait preuve d’une « extrême insensibilité » face aux revendications autochtones.« De part et d’autre, on ne se fait plus confiance », conclut-elle sur un ton de regret.Enfin, le directeur du scrutin a annoncé hier par voie de communiqué que les électeurs de Laurier auront le choix entre six candidats le 13 août prochain.Outre Mme O’Neill, le libéral Denis Coderre, le souverainiste Gilles Duceppe, le conservateur Christian Fortin, l’indépendant Daniel Perreault et l’écologiste Michel Szabo avaient officiellement remis leur bulletin de présentation à la clôture des mises en candidature à 14 h hier après-midi.Le siège du comté est vacant depuis le décès de Jean-Claude Malépart, le 16 novembre dernier.inapplicable stupeur l’existence de cette disposition dans une circulaire du Conseil du Trésor du 30 décembre 1988.Dans le milieu, peu de gens étaient au courant de cette directive, selon la présidente de l’Association canadienne des entreprises de services en informatique (CADAPSO), Mme Truji Bull.Un porte-parole du Conseil du Trésor a expliqué que le gouvernement a toujours l’intention d’appliquer son plan sur les logiciels bilingues à compter du 1er janvier, mais que cette politique faisait actuellement l’objet d’une révision.LE DEVOIR Renseignements.(514) 844-3361 LéS otf Administration.(514) 844-3361 OUVERT5 ^hIdBED' Rédaction .(514)842-9628 0É gHOO A16 Annonces classées.(514) 286-1200 Publicité.(514) 842-9645 numéro sans Irais.1-800-363-0305 Abonnements tes numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot.Pour les abonnements postaux, contactez le (514) 844-7457 Montréal.(514) 332-3891 ou (514) 844-5738 Québec.(4181845-2080 Extérieur— Indtcatil 514.1-800-361-6059 Indicattl 418.1-800-463-4747 Indicatif 819.1-800-361-5699 Indicattl 613.1-800-361-5699 EN BREF.Les souverainistes s’intéressent aux Madelinots CAP-AUX-MEULES (PC) - Les députés nouvellement indépendants de l’aile québécoise à Ottawa feront pression, dès cette semaine, pour régler le problème d’admissibilité à l’assurance-chômage que vivent les Madelinots.S’adressant aux membres de la Chambre de commerce des îles-de-la-Madeleine, | le député de Mégantic-Compton, M.François Gérin, a soutenu qu’il faut obtenir des crédits supplémentaires pour l’application immédiate de programmes d’emploi.Selon le député Gérin, le problème de l’assurance-chômage se réglera à long terme par le rapatriement de son administration par le gouvernement provincial.Aussi a-t-il profité de l’occasion pour inviter les Madelinots à participer activement à la commission parlementaire sur l’avenir du Québec.Les ACEF ont les prix à l’oeil (PC) — La Fédération des Associations coopératives d’économie familiale (ACEF) du Québec doute de l’efficacité et de l’impartialité du Bureau de surveillance des prix durant la période de transition qui suivra l'entrée en vigueur de la taxe sur les produits et services (TPS).Déposant son mémoire aujourd’hui, à Montréal, devant un comité du Sénat en tournée de consultation sur la TPS, la fédération souligne que ce bureau n’a aucun pouvoir d’intervention.La fédération déplore que le Bureau ne peut ni nommer ni dénoncer des compagnies ou des produits spécifiques dont les prix de vente ne traduiraient pas la baisse de taxe découlant de la transition entre la taxe actuelle de 13,5 % et la TPS de 7 %.L’organisme craint aussi que le Bureau ait un parti pris, son président, M.Nicolas Murray, étant aussi président de l’Association des consommateurs du Canada qui s’est prononcée en faveur de la TPS.Crise de confiance envers la NASA WASHINGTON (AP) - Les défaillances du teléscope spatiale Hubble et l’interdiction de vol que connaît la navette américaine ont entamé la confiance que le Congrès plaçait dans le programme spatial des États-Unis.De plus, selon un rapport, la Maison-Blanche s’apprête • à nommer une commission d’experts i chargés de vérifier les travaux de la NASA.Cette commission pourrait être mise en place dès cette semaine.Le porte-parole de la Maison-Blanche a précisé que le programme spatial américain allait etre l’objet d’un « large examen ».D’assistée sociale à millionnaire EDMONTON (PC) — C’est une mère de famille monoparentale, qui s’est débattue pendant des années pour essayer de joindre les deux bouts, qui a réclamé, hier, le gros lot de 10 millions $ du tirage de la semaine dernière au Lotto 6-49.« D’un seul coup, toutes les portes dont j’ai rêvé se sont ouvertes devant moi », a commenté, radieuse, Mme Suzanne Kristie.Agée de 42 ans, Mme Kristie a vécu pendant des années des prestations d’aide sociale et d’une série d’emplois mal payés, pour réussir finalement à s’inscrire à l'université grâce à des prêts étudiants.Elle travaille maintenant au sein d’un organisme d’aide aux pauvres du centre-ville d’Edmonton. Le Devoir, mardi 17 juillet 1990 ¦ 3 Séisme meurtrier dans la région de Manille MANILLE (Reuter) — Un violent tremblement de terre a fait plus de 100 morts et des dizaines de blessés hier dans le nord des Philippines et à Manille, la capitale.Une trentaine d’enfants ont été tués dans l’effondrement d’un collège de cinq étages à Cabana-tuan, à 90 km au nord de Manille, où se situait l’épicentre du séisme, d’une magnitude de 7,7 sur l’échelle de Richter.Une centaine d’autres seraient prisonniers des décombres.Les sauveteurs ont entendu des gémissements.À Baguio, une station de montagne à 200 km au nord de Manille, au moins 250 personnes sont prisonnières sous les décombres de deux hôtels de la ville, a annoncé la Défense civile.Plusieurs hôtels et un bâtiment universitaire se sont écroulés faisant au moins 15 morts et des dizaines de blessés.Selon un journaliste d’une station de radio, un grand nombre d’employés et de clients sont coinces dans l’hôtel de luxe Hyatt et dans deux autres hôtels.Les liaisons téléphoniques avec Baguio ont été coupées.« Les hôpitaux sont pleins, la plupart des blessés sont des étrangers », a ajouté le journaliste.Au moins 33 autres personnes, dont quatre enfants, ont été tuées dans d’autres localités.Des écoles, des églises, des ponts se sont effondrés et des routes se sont fissurées dans tout le nord des Philippines sous l’effet de la secousse, qui a duré 45 secondes et a eu lieu à 16 h 30 locales.Dans la capitale, le séisme a fait des dizaines de blessés et provoqué plusieurs incendies.De nombreux immeubles ont été endommagés.Des milliers d’habitants pris de panique se sont rués dans les rues.Deux personnes ont succombé à des crises cardiaques, un homme s'est tué en tombant d’un étage élevé.Les autorités ont lancé des appels aux donneurs de sang.Les malades de l’un des hôpitaux de Manille se sont rués dehors leurs perfusions à la main.Beaucoup d’entre eux se sont mis à réciter des prières.À Bagupan, dans la province de Pangasinan au nord-ouest de Manille, un habitant a raconté qu’une fissure large comme son bras s'était formée dans le sol et que les canalisations d’eau avaient été rompues.Au moins sept personnes ont été tuées lors d’un mouvement de panique survenu dans une salle de cinéma.À Cabanatuan, des secouristes ont commencé à fouiller les décombres du bâtiment universitaire à la recherche de survivants.« Quatre étages se sont effondrés alors qu’il y avait des étudiants dans les locaux en train de suivre des cours », a déclaré Jo-lito Gonzalez, responsable de la Défense civile dans la région.La présidente des Philippines, Corazon Aquino, a aussi lancé des appels au calme à la population.Elle a raconté à la presse qu’elle s’était réfugiée sous une table pendant le tremblement de terre, qui s’est produit alors qu’elle était en réunion avec des sénateurs au palais de Malaca-nang.PHOTO AP Des employés du ministère du Travail et de l’Emploi ont dû passer par une fenêtre ouverte du second étage de l’Immeuble où ils travaillent pour réussir à s'extraire des décombres après le violent tremblement de terre qui a secoué les Philippines hier.Le vaccin, ne partez pas sans lui ! ain Blanchard LES QUÉBÉCOIS voyagent de plus en plus à l'étranger.Ça, c’est bien connu.Mais ce qui l’est moins, c'est qu’ils sont encore une minorité à fréquenter les cliniques médicales pour recevoir les vaccins appropriés.Résultat : durant les mois de janvier à mars, période au cours de laquelle plusieurs d’entre eux vont se réfugier sur les plages ensoleillées, l’Hôtel-Dieu de Montréal traite en moyenne cinq cas de malaria par semaine.Selon l’Organisation mondiale de la santé, 264 millions de personnes sont infectées par le moustique qui provoque cette maladie et 2 milliards d’êtres humains risquent le même sort si aucune forme de prévention n’est appliquée rapidement.Présentement, 445 millions de personnes vivent dans des pays à risques élevés où aucun programme de vaccination n’existe.Ce n’est pas le cas ici.Et pourtant, des milliers de Québécois qui séjournent dans des pays exotiques ne jugent pas nécessaire de s’arrêter à la clinique pour être vaccinés.« Il faudrait qu’on cesse de mettre l’accent sur les effets secondaires Les bordures de routes seront arrosées aux défoliants, sauf dans un comté protestataire LAC-MÉGANTIC (PC) - Plutôt que de s’engager dans une bataille verbale, le ministère des Transports du Québec effectuera des travaux mécaniques en bordure des routes de la circonscription de Mégantic-Com-pton.Du coup, il renonce à la pulvérisation de défoliants.Toutefois, des pulvérisations de défoliants seront effectuées ailleurs au Québec, en bordure des corridors de transport routier.Directeur de l’entretien pour le ministère des Transports à Québec, Roger Fortin a confirmé la décision prise par les autorités gouvernementales : « Même si nous avions obtenu du ministère de l’Environnement toutes les autorisations et permis nécessaires pour pulvériser ce produit, nous avons renoncé à cette méthode.Malgré qu’ils représentent des coûts supplémentaires, des travaux mécaniques seront effectués dans ce comté ».M.Fortin reconnaît que l’opposition manifestée par les médecins et pharmaciens de Mégantic-Compton a été à l’origine de cette décision.Mais Transports Québec soutient quand même que la pulvérisation de ce produit ne représente aucun risque pour la santé.En Estrie, la méthode de pulvérisation du défoliant était prévue dans le seule circonscription de Mégantic-Compton.À la direction régionale du ministère des Transports, on maintient qu’il n’y aura pas de pulvérisation de ce produit en Estrie.Le ministère des Transports, contrairement à ce qui avait été prévu, ne compte pas rencontrer les opposants de Mégantic-Compton.Une communication de la décision sera acheminée par contre aux médecins et pharmaciens à l’origine de ce mouvement d’opposition.« Nous ne voulions pas nous engager dans une bataille avec ces gens, bataille qui aurait pu durer des mois, précise Roger Fortin.Se faisant la porte-parole des opposants, le député Madeleine Bélanger nous a demandé de renoncer à ces pulvérisations.Finalement, nous décidons de faire des travaux mécaniques».De l’avis du haut fonctionnaire, aucun autre mouvement d’opposition n’a encore pris naissance ailleurs en province.Rejet de la poursuite contre le journaliste qui a dévoilé le dernier budget Wilson d'après la Presse Canadienne OTTAWA — Un juge de la Cour provinciale d’Ontario a mis fin hier à la poursuite contre le journaliste Doug Small, chef du bureau de Global Television dans la capitale fédérale, qui avait dévoilé prématurément les grandes lignes du budget Wilson, en 1989.Le juge James Fontana, en rendant sa décision sur le banc, hier matin, a déclaré que certains officiers supérieurs chargés de faire respecter la loi avaient fait preuve d’un excès de zèle et que ce zèle tend à établir qu’il y eut des procédures vexa-toires et déloyales.Mais contrairement à ce qu’avaient laissé entendre les avocats de la défense dans des représentations précédant le procès, a estimé le juge Fontana, il n’existe pas de preuve d’ingérence politique du cabinet du premier ministre Mul-roney dans cette affaire.La décision du tribunal est de mettre fin à la poursuite contre Small et contre deux coaccusés : Normand Belisle et John Appleby.Les trois étaient accusés de possession d’un bien volé d’une valeur de moins de 1000 $.Belisle était de plus accusé du vol d’un bien d’une valeur en deçà de 1000$.Doug Small, dont les frais d’avocats s’élèveraient à ce jour à 100 000 $, était très heureux de la décision rendue.Il réfléchit à la possi- bilité de poursuivre les responsables de ce qu’il considère comme un procès fait sur des bases futiles.On n’a pas pu obtenir hier les commentaires des procureurs de la Couronne ou savoir s’ils en appelleront.Les accusations portées ne sont pas appropriées, selon le juge.La brochure qui est au centre de la poursuite et s’intitule le bugdet en raccourci ( Budget in Brief) a une valeur insignifiante, soit 0.02$.Le ministre fédéral des Finances, Michael Wilson, s’était vu forcé en avril dernier de devancer d’un jour la présentation de son budget par suite de la « fuite » dont avait bénéficié le journaliste Small.Ce dernier avait lu en ondes des extraits de la brochure préparée par les adjoints de Wilson qui se préparait à dévoiler son budget le lendemain.Il a été mis en preuve que Belisle a pris cette brochure d’une poubelle qui se trouvait chez son employeur, une entreprise de récupération dont la clientèle comprenait une imprimerie travaillant pour le gouvernement.Appleby, commis au ministère de la Défense, est celui qui a remis le document à Doug Small ; il le tenait de son fils qui l’avait reçu de Normand Belisle.Pour prendre possession de la brochure résumant le budget, Small s’était porté à la rencontre de John Appleby dans une station de service.Small et les deux autres ont été ac- des vaccins pour s’attarder un peu plus aux vies qu’ils permettent de sauver», souhaite le Dr Richard Morrisset, président du comité national d’organisation du Congrès international sur les maladies infectieuses, qui se déroule présentement au Palais des Congrès.« Trop de Québécois séjournent dans des régions dites à risques sans aucune espèce de protection.Le temps est venu de les informer et de leur dire que plus on voyage, plus les risques d’attraper une maladie augmentent ».Cette protection, ce sont les Départements de santé communautaire, les CLSC, et les hôpitaux qui l’offre.À Montréal, le Département de santé communautaire de l'hôpital Saint-Luc est la plus importante clinique traitant les cas de maladies infectieuses.Là comme ailleurs, on incite fortement les voyageurs, qu'ils partent pour deux semaines ou six ans, à leur rendre visite pour recevoir les vaccins appropriés.À ceux qui craignent les effets secondaires de ces vaccins, le Dr Morrisset signale que les risques sont minimes et que les ignorer signifie rien de moins que jouer à la roulette russe avec sa vie.« Des hommes et des femmes meurent du tétanos et de la poliomyélite en Afrique.Plus ici.Il faudrait penser à ça un peu plus souvent.Depuis 18 mois, il y a 12 000 cas de rougeole à Montréal.C’est insensé dans un pays où le vaccin contre la rougeole existe depuis des années ».Si les vaccins éviteraient à des milliers de voyageurs québécois de se retrouver dans les urgences des hôpitaux, le Dr Morrisset souligne que les aliments absordés dans les régions éloignées du globe doivent aussi faire l’objet d'une extrême attention.Car 80 % de toutes les maladies tropicales sont contractées par la nourriture et l’eau.>¦ Les aliments doivent être cuits.Bien cuits.Donc, tenez-vous loin des salades et des viandes froides.Pour ce qui est l’eau, n’y pensez même pas ».De toutes les maladies « rappor tées » de l’étranger, c’est la diarrhée qui, au Québec, vient en tête de liste, suivie de la malaria et des différents type d’hépatite.Le Congrès international sur les maladies infectieuses.qui s'est ouvert dimanche, présente aujourd’hui et demain huit sessions de travail sur les maladies tropicales.Une trentaine de spécialistes seront sur place pour expliquer le fruit de leurs recherches.Ce congrès est sous la direction de l'International Society for Infectious Diseases.2000 spécialistes, provenant de 75 pays, sont au Palais des Congrès pour entendre 500 communications scientifiques sur les épidémies, les virus.Le tout se déroule dans un cadre anglophone omniprésent, un problème, selon le Dr Morrisset, qui constate une certaine « rigidité » au sein de l'International Society for Infectious Diseases.Pour l’avenir, indique-t-il, on devra s'adapter davantage au conditions locales.11 y a des politiques qui sont là pour être changées».Est-ce que la langue française tiendra aussi peu de place si un prochain congrès devait avoir lieu en France ?« Je ne sais pas».Optimisme précoce envers l’accord canado-américain sur la qualité de l’air cusés un mois environ après la fuite, quelques semaines après que Brian Mulroney eut déclare : « Un crime a été commis».La Couronne a, dès l’étape précédant le procès, vu vaciller une base de sa preuve lorsque le sergeant Richard Jordan, de la GRC, est venu témoigner qu’il avait refusé de porter des accusations parce que sa conclusion était que ce geste était destiné surtout à plaire à des élus.Les accusations furent tout de même portées lorsque Henry Jensen, à l’époque commissaire adjoint à la Gendarmerie Royale du Canada, dénicha un autre policier qui consentit à signer les affidavits accompagnant les accusations.Jordan a déclaré qu’il avait l’impression que Jensen — qui a démissionné de son poste le 31 décembre pour des « raisons personnelles » — voulait « donner une leçon aux journalistes».Le juge Fontana, dans sa décision orale, estime que Small a probablement rendu service au public en dévoilant les grandes lignes du budget, ce qui peut avoir empêché la spéculation qui aurait pu résulter d’une deuxième fuite, bénéficiant dans ce cas à la compagnie d’assurance-vie Mutual.La tournure des événements a rempli d’aise le principal accusé qui se dit amplement blanchi par la décision du tribunal.OTTAWA (PC) - C’est le 28 août que débuteront les négociations en vue de conclure un accord canado-américain sur la qualité de l’air.Au cours d’une conférence de presse conjointe, hier, l’administrateur de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement William Reilly et le ministre fédéral de l’Environnement Robert de Cotret se sont réjouis, chacun à leur tour, de pouvoir annoncer le démarrage prochain des pourparlers.« C’est un grand jour », a proclamé M.Reilly, affirmant qu’il n’existait pas, à sa connaissance, d’autre entente similaire par laquelle deux pays conviennent de prendre en commun des décisions impliquant d’aussi substantielles ressources économiques.Un large sourire aux lèvres, M.de Cotret a assuré que le cadre de travail dont les deux pays nord-américains s’engagent à se doter permettra de s’occuper de différents types de pollutions de l’air, et non seulement des pluies acides.Le ministre de Cotret a réfuté l’argument voulant que l’accord projeté ne fasse que refléter ce qui aurait été réalisé de toute façon par le biais de législations internes propres à chacun des pays.Cet accord, a-t-il dit, nous donnera les moyens de régler les autres problèmes causés par des émissions polluantes provenant d’outre-frontière, comme le smog urbain et l’accumulation de produits Décès d’un ancien du DEVOIR Marcel Thivierge, qui avait travaillé au DEVOIR comme directeur de l’information et courriériste parlementaire, est décédé à son domicile de Baie Saint-Paul le 13 juillet dernier, à l’âge de 65 ans.Après avoir collaboré au DEVOIR de 1950 à 1966, il mit ses talents de communicateur au service du gouvernement du Québec.D’abord directeur-adjoint à l’office d’information et de publicité du Québec, il devait contribuer à la mise sur pied de Communication-Québec, dont il fut d’ailleurs le premier directeur à Rimouski.Par la suite, il occupa le poste de directeur général de cette même institution, qu’il quitta en 1981 pour la direction des communications au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.Retraité en 1985, il vécu depuis paisiblement à Baie St-Paul.Un service sera célébré samedi le 21 juillet à 11 heures, en l’église de Baie St-Paul.CARTES D’AFFAIRES ROBIC Fonde en 1892 55 St Jacques Açj^ntS de d'invention Montréal, Québec brevets Canada, H2Y3X2 Télex: 05 268656 Fax: (514) 845 7874 et de marques Tel 15141987-6242 de commerce SWABEY 0GILVY RENAULT AGENTS DE BREVETS ET DE MARQUES DE COMMERCE Une Société dont SWABEY, MITCHELL, HOULE, MARCOUX « SHER et le cabinet juridique OGILVY RENAULT sont les associés 1001, bout de Maisonneuve ouest Montréal, Canada H3A 3C8 (514) 845-7126, Télex: 05-24355 Facsimilé (514) 288-8389 MONTRÉAL OTTAWA chimiques toxiques dans l’air.L’accord prévoit l’élaboration de programmes coordonnés de recherche et l’institution d’une agence de surveillance impartiale chargée de régler les litiges.MM.de Cotret et Reilly estiment que l’accord sera vraisemblablement signé peu après l'adoption, par le Congrès américain, de la Loi sur la qualité de l’air, loi qui devrait répondre aux demandes du Canada concernant les émissions nocives provenant des usines américaines et retombant en territoire canadien sous forme de précipitations acides.On estime que ces mesures américaines, combinées aux dispositions déjà prises par Ottawa, atténueront suffisamment le problème des pluies acides pour qu’elles cessent d’endommager les forêts et cours d’eau canadiens.L’équipe canadienne de négociation de l’accord bilatéral sera dirigée par M.Michael Phillips, sous-ministre adjoint aux Affaires extérieures et Commerce international, el M.Robert Slater, sous-ministre adjoint à l’Environnement.L’équipe américaine sera dirigée par le négociateur spécial et ambassadeur Richard Smith et par Mme Eileen Claussen, de l’Agence de protection de l’environnement.Jean Duceppe doit porter un stimulateur cardiaque CHICOUTIMI (PC) - Depuis la fin de semaine, le comédien Jean Duceppe a un stimulateur cardiaque qu’on lui a ima-planté lors d’une intervention chirurgicale pratiquée à l’hôpital de Chicoutimi.Jean Duceppe a bien réagi à cette intervention et il est en période de repos.Normalement, les patients qui subissent ce genre d'intervention peuvent quitter l’hôpital après quatre ou cinq jours.Le comédien Jean Duceppe est entré au centre hospitalier régional du Saguenay il y a sept jours.Mardi dernier, en effet, il se trouvait en excursion de pêche à la pourvoirie Poulinde-Courval, situé à 70 km au nord-est de Chicoutimi, quand il a été victime d’un malaise.Les responsables de l’endroit ont alors fait appel à une équipe héliportée de secouristes de la base militaire de Ba-gotville pour le transporter d’urgence vers le centre hospitalier.Dans le bulletin de santé du comédien, l’hôpital avait précisé ou’il ne s’agissait pas d’un problème cardiaque, mais plutôt d’un malaise.Depuis mardi, M.Duceppe a été soumis à des examens divers.Écoutez Ciel et parcoure le monde Écoutez Ciel MF et identifiez 4 mots passeport.vous pourriez vous retrouver sous le ciel de GRÈCE I Remplissez et retournez à: Ciel, C.P.98, Longueuil J4H 3Z3 Nom Adresse Ville Teii-phone residence Mois passeport Code postal telophone bureau Date de diffusion twuns0 Tirage le 31 juillet 1990 D64B 4 ¦ Le Devoir, mardi 17 juillet 1990 L’ACTUALITE INTERNATIONALE LE MONDE EN BREF Ultimatum remis en Haiti PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le Conseil électoral provisoire (CEP) a demandé à sept partis politiques de repousser (’ultimatum posé à la présidente haïtiene, Mme Ertha Pascal-Trouillot, pour faire arrêter deux anciens responsables des régimes déchus, a annoncé hier un responsables de ces partis.Ces sept partis, réunis au sein de l’Assemblée de concertation (AC), ainsi que le Comité « Honneur, respect, Constitution », représentant la société civile, ont accepté de respecter cette demande, et de prolonger leur ultimatum pour une durée non précisée, a confirmé à Radio Haïti-Inter le porte-parole de ce Comité, le père Antoine Adrien.Ces partis avaient donné à Mme Trouillot jusqu'à hier midi pour faire arrêter le docteur Roger Lafontant, ex-homme fort du régime de Jean-Claude Duvalier, et l’ex-général Williams Regala, numéro deux de l’ancien régime militaire de Henri Nam-phy.Ukraine : la souveraineté mais sans la séparation d'après AFP et Reuter MOSCOU — L’Ukraine veut être souveraine, mais sans toutefois se séparer complètement de l’URSS.La plus grande république du pays après celle de Russie a résolu hier de devenir un État neutre disposant du droit d’avoir sa propre armée et de battre monnaie.Le Parlement d’Ukraine, deuxième des 15 Républiques d’U RSS après la Fédération russe, a adopté par 355 voix contre quatre une déclaration affirmant la primauté de ses lois sur la Constitution de l’URSS.Cependant, rapporte l’agence Tass, une majorité de députés a fait valoir que l’Ukraine, moteur de l’économie soviétique avec la Russie, ne devrait pas quitter l’Union.Outre la Fédération de Russie, dont le président, Boris Eltsine, a quitté le Parti communiste la semaine dernière, la Moldavie et l’Ouzbékistan ont déjà adopté des déclarations de souveraineté similaires, tandis que les Républiques baltes, Lituanie, Estonie et Lettonie, ont proclamé leur indépendance.Cependant, en évoquant la possibilité de disposer d’une armée et d’une monnaie propres, l’Ukraine semble aller plus loin que la Fédération de Russie, la Moldavie et l’Ouzbékistan.Le président Mikhaïl Gorbatchev a déclaré le mois dernier aux présidents des Républiques qu’il envisageait la conclusion d’un nouveau traité permettant à chacune des Républiques de fixer les nouvelles modalités de leur appartenance à l’Union.Voisine de la Pologne, l’Ukraine compte 52 millions d’habitants.Ses terres sont parmi les plus fertiles d’URSS.Elle dispose d’usines chimiques, d’aciéries et de l’immense bassin houiller de Donetsk.Depuis les élections de mars, le mouvement nationaliste Rukh s’est affirmé comme une force importante dont les pressions ont joué un role important dans l’adoption, par un parlement jusqu’ici conservateur, de la résolution d’hier.Cette résolution, précise Tass, affirme le droit de l’Ukraine à réclamer une partie des devises étran- gères et des réserves pétrolières de l’U RSS et à se doter d’une monnaie et d’un système bancaire.Elle propose aussi que les entreprises dépendant du gouvernement central soviétique versent une indemnisation pour les dommages écologiques causés en Ukraine.La catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986, a causé une forte pollution radioactive en Ukraine et les agriculteurs subissent toujours des restrictions concernant le bétail et les récoltes.Les proclamations de souveraineté des différentes Républiques revêtent une importance avant tout symbolique, chacune se préparant aux futures négociations avec le Kremlin.En dépit de leur poids, ni l’Ukraine ni la Fédération de Russie ne pourraient faire aboutir leurs revendications économiques sans la coopération de l’URSS.Mais certaines Répubüques court-circuitent déjà Moscou en cherchant à établir des relations économiques, politiques et commerciales directes.AVIS PUBLICS l»rovince de Québec.District de Montréal, COUR MUNICIPALE No 49.0OU4U VILLK DK MONT; RÊAL, demanderesse, -vs- ÉCOLE l)K CONDUITE MACS LTÊK, dé fenderesse Le 27 juillet 1990 à llhOO de l'avant-midi au domicile de la défenderesse.au no 376, bout Créma-zie, en la cité et dLstnct de Montréal, seront vendus par autorité de Jus lice, les biens et effets de la défenderesse, saisLs en cette cause, con sistant en 1 véhicule de marque Ford modèle Escort Kc 1985, «séné 1KABP1340KU233106.imm K H 55969 Conditions ARGENT COMPTANT CAROL LYNN PK-TKRSON, huLssier.432 3848 RO GKR WHITFORI) & ASS.335 3848 St Jérôme, le 13 juillet 1990.CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO: 500-02-000943-907 COUR DU QUÉBEC (Chambre civile) PRÉSENT PROTONOTAIRE ADJOINTE LE GROUPE PÉTROLIER OLCO INC., Partie demanderesse c.2531-5235 QUÉBEC INC.Partie défenderesse ASSIGNATION ORDRE est donné à 2531-5235 QUÉBEC INC .de comparaître au greffe de cette cour situé au 1.rue Notre-Dame est, Montréal, province de Québec, salle 1 100.dans les trente (30) jours de la date de la publication du présent avis dans le journal LE DEVOIR Une copie du bref d’assignation et déclaration a été remise au greffe à l'intention de 2531-5235 Québec Inc.Lieu MONTRÉAL Date: 11 juillet 1990 DIANE BERLINGUET PROTONOTAIRE ADJOINTE ITovince de Québec, District de ST FRANCOIS.NO 8500130 La VlUe de Sherbrooke, demanderesse, vs-Boileau Jean-Claude, défendeur Le 31 juillet 1990, à 10h30 de l’avant-midi, au domicile du défendeur, au no 8255, rue St-Laurent, «103, en la cité de Brossard, seront vendus par autorité de Justice, les biens et effets du défendeur, saisis en cette cause, consistant en 1 coffre anti qued.1 vaisselier, 1 bibliothèque, etc Conditions ARGENT COMPTANT Y VAN MARTLMBAULT, huussier.M7 6400 PKLLKTIKR, BKRNIKR 4 MARTIMBAULT HUISSIERS Montréal, le 13 juillet, 1990, CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO: 50
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