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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-08-04, Collections de BAnQ.

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ïMEWe ¦r mm MONTRÉAL le cah ier du t • armai Montréal, samedi 4 août 1990 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE —- r~i f\ nGiiérZjmm» ftillf Vw«s HHOTOJACQUES NADEAU j|;r^ ‘ , Cïiyrj v* x t».ilJiikiMÉII aCvSr gps**»» uliT-•(***.~.V jgL% - ^ ¦' ¦* y-i V ¦%, .k.< Sflfrï ,v &>*?« Autoportrait » de Cézanne L’Impressionnisme, une révolution de la forme et une révolution du sujet « » ¦ Le Semeur » de Vincent van Gogh PHOTO JACQUES NADEAU t***' m Dumont | L EST certain qu’après avoir dé-, filé, avec des milliers d’autres, devant les chefs-d’oeuvre de la peinture impressionniste de la Collection E.G.Bührle présentés par le Musée des beaux-arts, plus d’un visiteur ébloui mais reste sur sa faim aura rêvé de s’être trouvé, ne serait-ce que pour quelques heures, dans les souliers du célèbre collectionneur.Non pas tant d’ailleurs pour la possession de cette extraordinaire collection, que pour la possibilité qu’il avait d’en goûter les trésors à sa volonté et à son rythme.Qui ne souhaiterait découvrir ces tableaux dans une lente promenade solitaire, « aux heures pâles de la nuit », dirait Ferré, « quand ils sont disponibles .».Mais disponibles, ils ne le sont plus de toute façon.Ils sont prisonniers de l’histoire et de leur célébrité.Leur réalité est cachée par les valeurs astronomiques qu'ils atteignent dans les encans, et tant a été dit sur eux qu’on n’entend Une Jeune fille admire le « Portrait de Mademoiselle Irène Catien d’Anvers » d'Auguste Renoir.PHOTO JACQUES NADEAU Daniel Desjardins, le fondateur de la librairie Ulysse, croule sous les guides, les cartes et les récits de voyages de sa boutique de la rue Saint-Denis.¦BAyi Tds «c* T ¦1 plus toujours très bien ce qu’ils ont à dire.Notre façon de les montrer, de les classifier, de les acheter, de les vendre, de les admirer, est une image de notre propre réalité.11 ne faut pas que cela nous fasse oublier qu’en son temps, chacune de ces toiles a été la réponse particulière d'un artiste donné à une des nombreuses questions posées par la société de son époque.Les peintres impressionnistes partageaient certes des préoccupations communes dans la volonté de remettre en cause une certaine peinture, mais l’éventail de leurs raisons, aussi bien que de leurs réponses, est bien plus étendu qu’il n’y parait de prime abord.Dans l’exposition, le bloc central des Impressionnistes, les Cézanne, Monet, Manet, Van Gogh, Renoir, Pissaro, Degas et autres, est encadré par des toiles plus anciennes qui pourraient porter déjà les prémisses du mouvement, et des toiles d’un art plus nouveau qui pourrait en être la conséquence.Et ce n’est pas le moindre intérêt de la présentation de permettre ainsi, à travers époques et Écoles, cette recherche passion- nante des indices et des liens, bien que cela encourage une lecture un peu linéaire de l'histoire.Mais pour apprécier, à sa juste va leur, le coeur même de l’exposition, le témoignage que constituent ces tableaux que nous ne reverrons peut-être jamais à Montréal, il faut circuler d’une manière beaucoup plus nomade entre les toiles.Ne pas craindre les retours, répondre aux coups de coeur et aux intuitions.Il faut surtout ne pas s’arrêter à une lecture pu rement esthétique des pièces.Si la critique de l’époque a éreinté les premières manifestations impressionnistes, ce n’est pas pour des raisons purement esthétiques, mais parce que la révolution esthétique était la manifestation de changements profonds dans la société.Le XIXe siècle a vu l’industrie se développer et la bourgeoisie monter au pouvoir et y remplacer 1’arLstocratie.Monique Brunet-Weinmann notait, dans une étude publiée il y a une quinzaine d’années, à l’occasion du 100e anniversaire de l’Impressionnisme, que la société bourgeoise de ce temps était incapable de reconnaître son reflet dans l’image qui?les peintres impressionnistes lui renvoyait d’elle même.Ses membres se voulaient beaux et individualisés : les multiples touches de la peinture impressionniste et son intérêt pour la 4-lumière et l’équilibre du tableau les reléguaient au second plan et à l’anonymat.Il n’est pas interdit de penser que les raisons profondes derrière les collections actuelles de certains magnats de l’industrie, soient aussi d’avoir d’eux mêmes une image avantageuse, non plus dans un portrait académique, mais dans le reflet prestigieux de la collection.L'Impressionnisme fut, autant qu’une révolution de la forme, une révolution du sujet.En réaction contre l’académisme, et aussi, pour certains, par conviction sociale, on abandonna les modèles sublimes pour s’intéresser aux motifs du quotidien, aux petites gens, aux paysages voisins, aux maisons de banlieue.Si tous étaient plus ou moins anarchiques, l’engagement social des peintres était inégal.Pissaro était très conscient de son rôle, Renoir Voir page C - 2 : Révolution Il faut bien plus que des bagages pour voyager OdIJe Tremblay ICI, le voyageur s’en donne à coeur joie : devant lui, des guides qu’il consulte sur place, compare, achète, des cartes géographiques aussi, des récits de voyage évoquant les expéditions passées, des grands volumes d’art sur les temples grecs, les châteaux de la Loire.Je suis au paradis du globe-trotter : la librairie Ulysse, rue Saint-Denis à Montréal.C’est bien connu : les gens voyagent de plus en plus.et de mieux en mieux.A l’heure des vacances, fini de trimbaler une ignorance de mauvais aloi sur les routes du globe.Dorénavant, le touriste (d’ici et d’ailleurs) se balade informé.Quant aux librairies, elles se sont empressées de répondre à la demande.Les États-Unis comptent déjà près de 150 commerces spécialisés uniquement dans les livres pour grands départs.Et l’édition du voyage prolifère à qui mieux mieux.En France, ce secteur croit bon an mal an de 20 %.Partout, la demande augmente sans cesse.Chez-nous aussi.En 1980, ils étaient quatre voyageurs à déplorer l’absence de librairie spécialisée en littérature voyage.Daniel Desjardins faisait partie du nombre.Avec ses compagnons, il mit sur pied le premier Ulysse.Depuis, l’entreprise s’est multipliée par cinq : trois à Montréal, une à Québec, une à Toronto.Ça roule à la librairie du voyage ! « En dix ans, notre clientèle a changé de visage, dit Daniel Desjardins.Auparavant, on desservait le grand voyageur.Aujourd’hui, monsieur tout le monde achète ici.Le voyagé s’est démocratisé.Et l’édition a suivi.Il y a quatre ans, il se pu- bliait dans le domaine 150 nouveaux ouvrages par mois; aujourd’hui on en compte 200 ».Résultat : sans qu’elles se soient nécessairement spécialisées dans le voyage et l’exotisme, toutes les grandes librairies ont vu leur rayon tourisme prendre de l’ampleur au fil des ans.Chez Renaud Bray, la section voyages se trouvait décidément trop à l’étroit dans la grande boutique générale.L’an dernier, elle déménageait dans un local voisin tout à elle.Du coup, sa surface doublait, ses ventes aussi.Laurent Hotte dirige la florissante boutique.Il y voit déferler une clientèle disparate, qui va partout et veut tout connaître.Même constatation chez Flammarion, rue Laurier.« Les gens sortent de plus en plus des sentiers battus, affirme le gérant Robert Beauchamp.Ses clients sont de toutes les générations : « Plusieurs personnes âgées, Voir page C - 2 : Voyage v*» kllfl 8&Ü2M ••.-:-v v ‘ J£j jy Une étrange histoire qui nous plonge au coeur de la jungle du Big Apple, parmi la faune bigarrée des enfants de la nuit jouant avec la mort.o Sexe, coke, fric et rap’n’rock sont au rendez-vous de cette stupéfiante opération qui a pour nom - de code “New York”.Une écriture syncopée qui rappelle Kerouac et Burroughs revus et corrigés par un maître zen.ROMAN # l’Hexagone lieu distinctif de l’édition littéraire québécoise ROMAN Marc Gendron Opération New York Roman • l’Hexagone C-2 ¦ Le Devoir, samedi 4 août 1990 ' le cahier du i • ameai Journal de voyage L’ÉPOPÉE MUSICALE PRÉSENTÉE EN VERSIONS FRANÇAISE ET ANGLAISE n balle Willrid-Helletier U U Place dos Arts Mivalions telopnoMMiiHfS.014 842 2112 I Rmlov.inco d«* 1 S sur tout hillot do plus dfi 10 S ADMISSION 522-1245 LE DEVOIR CKAC73AM THÉÂTRE SAINT-DENIS, MONTRÉAL + Révolution avait plus tendance à satisfaire le bourgeois.D’autres, comme Cézanne, se concentraient entièrement sur le problème que constituait le tableau.C’est sous cet angle qu’il faut regarder les merveilleuses toiles de ce dernier.La neige fondue à l'Es-taque, la très belle Nature morte avec des Pétunias, l’étonnant Garçon au gilet rouge, et les autres, autant de problèmes résolus par le peintre.Une angulation par ci, une deformation légère par là, et l’espace du tableau devient solide, équilibré.Ce fut peut-être cela la vraie ré volution de l’Impressionnisme.Plus NEW KIDS ON THE BLOCK L’impeccable tornade blanche ÜlÜéric Tomesco Collaboration spéciale ILS S’APPELLENT Joe, Danny, Donnie, Jordan, Jonathan.Ils ont entre 17 et 21 ans, ne boivent pas, de draguent pas, ne fument pas.Mais ils dansent.Qu’on aime ou non importe peu : les New Kids On The Block n’ont que faire des cyniques, qu’ils accusent de ne rien comprendre à la jeunesse d’aujourd’hui.Pire encore, de la mépriser.Pour un peu, armés de leurs sourires Pepsodent et d’un look « rebelle BCBG » trop étudié pour être vrai, nos garnements s’érigeraient même en conscience collective : non à la drogue, à l’excès, au misérabilisme.Oui aux valeurs familiales, à la réussite, à l’amour.L’Amérique blanche, elle, préfère applaudir : chaste, tranquille et engagée, voilà comment elle imagine sa progéniture.Huev Lewis l’avait pourtant claironné des 86 : « It’s hip to be square».Leur histoire, désormais légendaire — cinq adolescents bostoniens recrutés dans la rue par un producteur et mentor, Maurice Starr, qui joue les roi Midas —, fait figure de référence dans le merveilleux monde du showbiz.Pas tant pour les qualités de la musique (une pop léchée, aseptisée, irrésistiblement accrocheuse, qui aura sûrement sa place un jour dans les ascenseurs ou les centre d’achats de banlieue) ou de ses interprètes (très moyenne), que pour la clairvoyance commerciale de l’entreprise.Ici, tout rime avec marketing : timing, packaging .et sponsoring.Trois 45 tour numéro un aux États-Unis et dix-sept millions d’albums écoulés à travers le globe ont porté fruit : de juteux contrats avec Coca-Cola et McDonald’s confirment la réussite tous azimuts du projet.Un chausson avec ça?L’engouement, faut-il s’en étonner, a pris des proportions épidémiques.Après la « bombe » Hangin’Tough (onze millions de disques vendus à l’échelle mondiale), Step By Step, le nouveau 33 tours, menace de tout balayer sur son passage : 460 000 exemplaires écoulés au Canada, dont 125 000 rien qu’au Québec.En deux maigres mois ! De là à invoquer des précédents célèbres, il n’y a qu’un pas.À franchir avec circonspection, prévient Pierre St-Georges, directeur adjoint de la programmation à Musique Plus, et ancien représentant chez PolyGram aux beaux jours de Culture Club.« Contrairement au cas Boy George, on ne rejoint pas jusqu’aux grand-mères de banlieue.Le public impliqué est donc d’abord adolescent.» Mario Lefebvre, représentant chez CBS, la maison de disques du groupe, abonde dans le meme sens.« Si Culture Club était un phénomène médiatique, les New Kids sont surtout un phénomène musical.Comme hystérie collective, on se à forte majorité féminime.Les Beatles — Dieu ait leur âme — peuvent aller se rhabiller.Succès instantané, la percée de ces gamins qui n’en sont plus vraiment ?Loin s’en faut.Après l’échec du premier album (qui totalise tout de même, à ce jour, quelque deux millions d’exemplaires vendus !), Hangin'Tough mettra six bons mois à décoller.Entre la presse, superbement hautaine, et la radio, qui boude carrément leur musique (jugée trop « bonbon »), il faudra un véritable mouvement de masse pour que nos jeunôts commencent à grimper les palmarès.Une escalade qui ne donne aucun signe cTessoufle-ment.« Le phénomène est parti de la rue, rappelle Mario Lefebvre.Sans cette persistance du public, qui appelait les radios pour entendre la musique du groupe, rien ne serait arrivé.» Triomphe d’une génération, complète Pierre St-Georges.« Les enfants ont créé l’événement ; ce sont eux qui ont décidé que les New Kids allaient être des idoles.En fin de compte, la radio n’a pas eu le choix : elle a dû suivre.Maintenant, c’est l’overdose.Nos téléphonistes sont submergées d’appels : on veut savoir quand a joué le dernier clip, quand jouera le prochain, quand le band arrive en ville.C’est monstrueux — et ça n’arrête pas ! » Avec le recul du temps, l’équation s’impose d’elle-même : il y avait une demande, suffisait de lui trouver une offre.« La plus grande réussite des New Kids, estime Mario Lefebvre, aura été de viser un marché-cible négligé par presque tous les autres groupes : les filles de huit à douze ans.» L’effort de marketing, particulièrement ingénieux, aura fait le reste : T-Shirts, poupées, macarons, casquettes, napperons, serviettes, verres en plastique, rideaux de douche, tous frappés de l’effigie des héros, la boulimie des fans peut se déchaîner sans crainte.En attendant les dessins animés, annoncés pour l’automne.« Un adulte ne peut pas tripper là-dessus, compatit Pierre St-Georges : il subit le phénomène.Il va voir le show pour éviter que les enfants ne fassent une crise.» Entre ça et le Nintendo, autant choisir le moins abrutissant des deux.que la lumière faite matière, plus que la conquête de la nature : le droit de la peinture de s’affirmer, même au détriment de la vraisemblance de la représentation Les artistes d’aujourd’hui, qu’il ne faut pas oublier dans l’admiration de ceux d’hier, sentent cela d’instinct, ce pouvoir de la peinture.J’ai eu le privilège de visiter l’exposition en compagnie de deux d’entre-eux, dont Serge Lemoyne qu’on ne peut accuser d’être traditionnaliste.Chacun d’eux, sans consulter l’autre, m’a dit, à la sortie : « Moi, avoir vu ces tableaux, cela me donne envie de peindre.» Manet, Monet, Cézanne et les autres auraient aimé cet hommage en forme d’accolade avec l’art d’aujourd’hui.4 Voyage dit-il.Avant, elles se limitaient aux destinations traditionnelles : les États-Unis, la France.Maintenant, elles sillonnent la planète ».Le gros vendeur : le bon vieux guide de voyage.Celui qui dépanne, celui qui renseigne.Il occupe les trois quarts de la surface de « Ulysse ».« Mais le guide n’est plus ce qu’il était », prévient Daniel Desjardins.Ce type d’ouvrage fournit désormais moins d’informations générales ; au fil des ans, il s’est spécialisé : Guide des chambres et pensions, guide des Relais et Châteaux de France, guide du routard, du ca-noteur, guide des régions du Québec aussi (de plus en plus nombreux), de l’Europe de l’Est (auparavant inexistants) .Guides pour tous les goûts, pour chaque coin de pays.« Il se vend moins de voyages tout faits.Les gens délaissent les destinations de groupe, préférant aujourd’hui explorer par eux-mêmes.Alors ils se renseignent ».« L’aspect culturel est devenu très recherché, ajoute Nicole Ballyot de librairie Demarc.On veut connaître l’histoire, les us et coutumes, tout.» Signe des temps, le plein air est désormais à l’honneur.« Depuis quelques mois, des guides du marcheur, du cycliste, du cavalier sont apparus sur les comptoirs d’Ulysse.Autre « best seller » du lieu et publication maison : « Le journal de voyage Ulysse ».On y inscrit toutes les informations que commande un grand départ : numéro de passeport, de chèques de voyages, etc.Pensées du jour, espaces pour rédiger ses propres chroniques quotidiennes, cet ouvrage se veut le confident de l’explorateur.Sur les rayons voyages s’entassent mille merveilles : les cartes géographiques, les manuels d’apprentissage d’une langue, les beaux grands livres cadeaux illustrant l’endroit d’où l’on vient, où l’on va, et bien sUr.la littérature.Chez Renaud Bray comme chez Ulysse « Les mémoires d’un touriste » de Stendhal voisinent « Les voyages » de Victor Hugo ou ceux de Marco Polo.Désormais, on se promène dans le temps comme dans l’espace.L’avenir de l’édition vovage : « des guides de plus en plus spécialisés, affirme Daniel Desjardins.D’ici deux ou trois ans, on verra apparaître le concept de micro-édition — des documents vendus en petit nombre, 1 000 exemplaires peut-être, qui couvriront une région très restreinte.Les gens veulent apprendre à bien connaître le coin de terre qu’ils s’en vont explorer.Bientôt, nous serons en mesure de leur offrir les infor mations extrêmement précises qu’ils réclament.» La plus célèbre des librairies de voyage vend depuis peu un Journal de voyage.De gauche à droite, Joe McIntyre, Jonathan Knight, Donnie Walhberg, Jordan Khight et Danny Wood.rapproche dangereusement de Michael Jackson.» Avis aux intéressés : pour le concert du Stade Olym- pique, les boules de cire sont fortement conseillées.Pas tant pour la puissance des hauts-parleurs, très raisonnable, que pour l’intensité diabolique des hurlements de la foule (on attend plus de 50 000 personnes), BILLETS EN VENTE MAINTENANT À LA BILLETTERIE DU THÉÂTRE AINSI QU’À TOUS LES COMPTOIRS TICKEÏRON OU TÉLÉPHONEZ À TÉLÉTR0N : (514) 288-2525 AVANT-PREMIÈRES : 17 JANVIER EN FRANÇAIS ET 18 JANVIER 1991 EN ANGLAIS (Pour plus de détails, téléphonez à Télétron) REPRÉSENTATIONS À COMPTER DU 24 JANVIER 1991 EN FRANÇAIS EN ANGLAIS MER., JEU., SAM.& DIM.à 20 h MAR.& VEN.à 20 h SAM.à 14 h DIM.à 14 h (PREMIÈRE, 24 JANVIER, LEVER DU RIDEAU TÔT À 18 H 45) * Billets d'étudiant à 15 $ disponibles à la billetterie du Théâtre sur présentation d'une carte d’identité valide.BILLETS EN VENTE MAINTENANT Les Misérables ©1990 CMOL I I Le Devoir, samedi 4 août 1990 ¦ C-3 - j .-y.le cahier du t • ameai Un film plein d’aventures.Le bruit, la fureur et.l’humour de Billy The Kid Young guns II Un film de Geoff Murphy, scénario de John Fusco, produit par Paul Schiff et Irby Smith,avec Emilio Estevez, Kiefer Sutherland, Lou Diamond Phillips, Christian Slater, William Peterson, Image : Dean Semler, Musique : Alan Silvestri.Etats-Unis 1990.100 min.Egyptien, Place Alexis-Nihon, Pointe-Claire, Carrefour Laval, Astre, Cinéparc Saint-Eustache.Odile Tremblay DEVANT les montagnes bleues et le ciel blafard s’encadre à cheval (image connue) un cow boy solitaire, un vieil homme botté et chapeauté qui, au coeur du XXe siècle, prétend être nul autre que le célèbre Billy the kid.« Mais Billy the kid a été abattu par Pat Garret en 1879 », se fait-il répondre.Et le vieil homme de raconter son histoire : Flashback.Nous revenons en 1878, dans le comté de Lincoln, en plein Nouveau-Mexique, le royaume des desperados de tout poils.C’est dans ce désert et ces canyons que joue de la gâchette Billy the Kid avec son groupe de justiciers hors la loi.Aujourd’hui sur nos écrans : « Young Guns II », le dernier film de Geoff Murphy.Il constitue la suite, on l’avait deviné, du fort populaire « Young Guns » sorti en 1988.Dans ce premier film, on voyait le jeune Billy et ses acolytes se transformer en justiciers à la suite du meurtre de leur bienfaiteur.Le tout se soldait par une attaque des chasseurs de primes aussi sanglante qu’enlevante.Volet deux donc des aventures du « gang ».Voici les héros (les survivants du moins- Billy, Doc et Chavez)) de retour sur les lieux de leurs crimes et de leurs exploits.Ils se sont adjoints de nouvelles recrues, un ami de Billy : Arkansas Dave, un orphelin de 14 ans : Torn, et un fermier: Hendry.Hélas, la chance des justiciers a tourné.Les rois du bétail mènent la vie dure au chef enfant, le gouverneur et les shérifs également.Billy et ses amis perdent une bataille à Lincoln et disparaissent dans la campagne.Avec l’espoir de gagner le Mexique.Leur tête est mise à prix.Mais Billy veut-il vraiment s’expatrier ?« Là-bas, je ne serais qu’un gringo parmi les autres », soupire-t-il.Au fond, le héros préfère sacrifier la vie de ses amis, la sienne plutôt que de quitter son pays.Au programme donc ; de folles poursuites, Pat Garrett contre Billy the Kid, rien de moins.Avec sang et meurtres en prime.Près d’une vingtaine de films ont déjà traité des exploits du Kid.Dans sa version, Geoff Murphy n’y va pas avec le dos de la cuiller, côté violence.Tout, dans ce western peu fouillé mais prenant est placé sous le signe du bruit et de la fureur.Ce qui n’empêche pas Emilio Estevez d’incarner un Kid plein d’humour, au jeu juste et sensible.« Young guns II est un vrai film d’action qui ne prétend pas analyser les tréfonds psychologiques de ses personnages.Mais toutes ces cavalcades et fusillades à la Leone entraînent le spectateur dans leur ronde.D’autant plus que la photographie est très belle (quoiqu’un peu cliché), que la musique d’Alan Silvestri (à qui on doit celle de « Back to the future ») arrive à point nommé et envoûte parfois (à noter, certaines belles mais trop brèves pièces de musique « bluegrass ».Bref, un film un peu facile mais intéressant qui doit beaucoup à la nervosité et à la souplesse de sa caméra.Orson Welles et Henry Jaglom A voir pour Orson Welles Someone to Love Écrit et réalisé par Henry Jaglom, avec Orson Welles, Henry Jaglom, Andrea Marcovicci, Michael Emil, Sally Kellerman, Oja Kodar, Dave Frishberg, Stephen Bishop.Image: Hanania Baer.Musique: Diane Bulgarelli, Andrea Marcovicci, Stephen Bishop, Dave Frishberg, Jerome Kern et Ira Gershwin.USA, 1987.105 minutes.Au Cinéma Paris.Francine Laurendeau IL Y A TOUT juste deux mois, je tombais sous le charme de New Year’s Day, de Henry Jaglom, au point de le placer « quelque part entre Musset et Woody Allen ».Or, voici que le même cinéma, le Paris, inscrit cette fois à son programme l’avant-dernier film de Jaglom, Someone to Love.À l’origine de l’exercice, une constatation : tout un chacun est à la recherche de l’âme soeur.Et pourtant, assoiffés d’amour que nous sommes, nous passons notre vie à la rater.Ainsi, Danny (Henry Jaglom), qui pense avoir trouvé en cette fine et jolie chanteuse (Andrea Marcovicci), celle qui pourrait partager son existence.Mais justement, Helen, elle, a conquis un équilibre qu’elle ne veut pas compromettre : elle aime et veut dormir seule, se réveiller seule, déguster seule son café du matin.Allez donc essayer de construire une viç à deux sur de telles prémisses ! Le frère de Danny est de passage.Interrogé sur le sujet, Mickey (interprété par Michael EmU, authentique frère de Henry Jaglom mais presque comiquement dissemblable) doit admettre que sa vie sentimentale n’est pas plus brillante.Il faut faire quelque chose.Le jour de la Saint-Valentin, dans un ravissant petit théâtre de Santa Monica fourni par des circonstances que je vous laisse à découvrir, Danny va donc convoquer des hommes et des femmes, pour la plupart acteurs, écrivains, artistes du spectacle, non pas pour les accoupler mais pour les entendre raconter leur solitude.Et comme il est metteur en scène, il va filmer le tout.On fait tendrement connaissance, on se livre avec plus ou moins de réticences à la caméra.Tout ce beau monde se mélange ou se désassortit tandis que les musiciens se mettent au piano et que les techniciens du tournage se mêlent au jeu.Mais en fin de compte, Danny, inquiet, se demande s’il aura de quoi bâtir un film.C’est touchant et amusant pendant un certain temps.C’est bien mince aussi et ça se répète.Nous sommes encore loin de Woody Allen et à des années-lumière de Musset.On serait même par moments sur le point de s’ennuyer s’il n’y avait ce sympathique monsieur barbu assis au fond du théâtre, observateur attentif qui, depuis le générique, nous décoche ses commentaires malicieux.Et qui, vers la fin, apostrophe joyeusement les participants, plaçant la discussion dans une perspective historique inédite et donnant une éblouissante leçon de cinéma au metteur en scène médusé.Vous aurez reconnu Orson Welles dont c’é- AL1EMAGNE-AUTRICHE-SUISSE 7/26 sept.Accompagné par JEANNE JOLIVET NORMANDIE-BRETAGNE-LOIRE 9/23 sept.Accompagné par BERNARD MESTRE Demandez notre brochure —- VOYAGES MALAVOY Inc.£ 861-2485 tait la dernière prestation à l’écran.( Rappelons que Welles tirait sa révérence le 10 octobre 1985.Il avait soixante-dix ans.) Someone to Love a été présenté pour la première fois à la presse internationale dans le cadre du Festival de Cannes 1987, section Un certain regard, où Henry Jaglom a eu l’occasion de rappeler que le géant du cinéma avait joué dans son premier film, A Safe Place (1970), et qu’il avait été par la suite un ami fidèle et un conseiller stimulant.« Il m’a inculqué deux principes.Le premier : « Fais tes films pour toi-même, sans compromis, sans te laisser imposer quoi que ce soit.Tant mieux si le public te suit mais ne lui fais jamais de concessions.» Le second : « Arrange-toi pour ne jamais avoir à dépendre de Hollywood.» Enfin, il est intéressant de savoir que Yelena, la Yougoslave perspicace et futée qui a un petit faible pour Danny, est incarnée par Oja Kodar, la femme d’Orson Welles, collaboratrice et compagne de ses vingt dernières années.SN ACK-BAR 302 Ontario est / 842-2040 le 6 août a 11 heures MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.SAMF.D1 4 AOÛT LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE A 22:00 • concerto pour piano no.9 K.271 Jeunehomme (Mozart) • symphonie no.35 K.385 en ré Haffner (Mozart) • symphonie no.4 en la op.90 Italienne (Mendelssohn) • concertos pour flûte RV 509-514 (Vivaldi) DEMAIN SOIR, 22:00 • extr.symphonie no.6 Pastorale (Beethoven) • extr.quintette La truite (Schubert) • symphonies nos.6-8 Le matin et le soir (Haydn) • symphonie no.94 Surprise (Haydn) • landler extr.Les saisons (Haydn) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 Clothlde de Bayser et Michel Feller.Le ciel nous préserve de la passion! L'Enfant de l’hiver Écrit et réalisé par Olivier Assayas, avec Clotide de Bayser.Michel Feller, Marie Matheron, Jean-Philippe Ecoftey, Gérard Blain, Anouk Grinberg, Nathalie Richard.Image : Denis Lenoir.Musique : Jorge Arriagada.France, 1989.84 minutes.Au Complexe Desjardins.Francine Laurendeau NATALIA (Marie Matheron) est très enceinte mais Stéphane (Michel Feller), qui ne l'aime plus, la largue.11 a une liaison avec Sabine (Clotilde de Bayser), une décoratrice de théâ tre que l’on dit talentueuse.Laquelle est folle de Bruno (Jean-Philippe Ecoffey), comédien avec lequel elle s’est payé une aventure en tournée.Oui mais de retour à Paris, le beau Bruno est rentré chez lui auprès de Maryse, la femme qu’il aime pour de bon.Finies les galipettes.C’est méconnaître la passion qui brûle Sabine.Elle le traque dans les coulisses du théâtre, elle le poursuit chez lui où elle entre par les fenêtres, elle se glisse dans son lit, poignard à la main.Tout en gardant Stéphane comme amant.Un amant qui crève, oh très discrètement, de jalousie.S’il est vrai que l’amour est une course à obstacles, il est servi celui-là.D’autant plus qu’entre temps, Natalia a eu le bébé et s’est mise en ménage avec un autre.Du coup, la rage de la paternité saisit Stéphane qui va jusqu’à s’introduire nuitamment chez son ex pour bercer dans ses bras la chair de sa chair.Je ne vous ai pas raconté la moitié des péripéties qui composent la trame du deuxième long métrage (après Désordre) d’Olivier Assayas.Il est bien noir, ce film, de quoi vous dégoûter à tout jamais de la passion, ce vertige de l’âme et du corps qui fait perdre la raison et qui rend tout le monde malheureux et bête.Difficile de ne pas ironiser devant des comportements aussi stupidement masochistes.Mais soyons justes.Le film est grave et retenu, les comédiens sobres et intérieurs.La caméra, souple et mobile, suit de près les visages.À part l’illusoire embellie de la séquence italienne, le décor est sombre et rappelle l’univers de Téchiné dont Assayas fut coscénariste jxnir Rendez vous et Le Lieu du crime.Pour dire les choses autrement, je suis obligée de reconnaître que le réalisateur de L'Enfant de l’hiver a malgré tout réussi à m’intéresser à son ambiance confinée et à ses personnages suprêmement antipathiques.DITES, SI C'ÉTAIT VRAI "Yves Raymond superbe hommage a Brol" Denise Marte/ Journal de Quebec "Yves Raymond sait éviter le piege de l imitation” Francine Julien, Le Soleil AU RESTAURANT-THÉÂTRE LA LICORNE du 8 au 25 août du mercredi au samedi à 20h30.•'•••! Uiï.*.Salle dimatisrt LE DEVOIR Yves Raymond 4559, RUE PAPINEAU RÉSERVATIONS: 523-2246.-1“ Billots: $15 OO Jfgftt & Claude Léveillée et Hart Rouge Chef J'orchestre: Boris Broil Samedi 11 août 1990, 20h0ü Entrée libre LE DEVOIR Saint-Laurent 3t ^éphonie inc.Centre Sportif, 2345 Thimens, Ville Saint-Laurent C-4 ¦ Le Devoir, samedi 4 août 1990 Denzel Washington, qui joue le rôle de Bleek Gllllam, a le plaisir d'être dirigé par son meilleur ami, Spike Lee.Harlem en musique « Mo’ Better Blues » Un film produit, écrit et dirigé par Spike Lee, avec Denzel Washington, Spike Lee, Wesley Snipes, Giancarlo Esposito, Robin Harris, Joie Lee, Bill Nunn, John Turturro, Dick Anthony Williams, Cynda Williams.Image: Ernest Dickerson.Musique : Bill Lee États-Unis, 1990, 129 min.Faubourg Ste-Catherine, Pointe-Claire, Cinéma Centre-Ville Odile Tremblay « MO’ BETTER Blues» prend le spectateur par les sens.Il le saisit au détour d’une caméra affolée et affolante, toujours en mouvement, il l’entraîne dans un jeu de couleurs, de filtres, d’éclairages, dans sa musique aussi, faisant vivre et vibrer ses personnages.Après « Do the right thing », qui recevait en 89 à Cannes un accueil triomphal, le dernier film de l’américain Spike Lee envoûte encore par son atmosphère.Et quelle atmosphère ! Celle d'un Harlem coloré, décrit de l’intérieur avec humour et tendresse par le réalisateur noir.Ici le jazz est roi et les musiciens nous parlent à l’oreille, tant Spike Lee parvient à traduire la vision intime du milieu qu’il présente.Pourtant, le scénario se révèle un peu mince.Il met en scène Bleek Gilliam, un génial trompettiste.La mu- sique est le pivot de sa vie, reléguant au second rang ses deux maîtresses.C’est cet oscillement émotif sur un mode mineur que Spike Lee exprime ici.En fond de scène : le club où le jazzman et son band se produisent tous les soirs avec les amitiés, les brouilles qui s’y nouent et s’y dénouent.Mais le drame n’est pas loin et sera déclenché par une sordide histoire d’endettement.Le gérant du groupe doit de l’argent à des gangsters.Il se fait tabasser et Bleek Gilliam reçoit quelques coups au passage.La lèvre précieuse du trompettiste s’en trouve abimée, sa carrière détruite.Le dénouement est quelque peu moral, puisque l’épreuve ouvre au musicien les portes du mariage, de la paternité, de la fidélité.Rien de bien neuf donc dans cette histoire aux allures de déjà vu, mais sur une trame facile, Spike Lee a su greffer des scènes très belles, d’un érotisme souvent troublant.Quand sonne l’heure des grands embrasements, la caméra se met à tourner sur elle-même, emportant le décor dans une sensation de vertige.Aucun statisme dans ce film tout en demi tons appuyé par le jeu solide des acteurs qui composent une merveilleuse galerie de portraits.Et baignant tout le reste, omniprésentes, les envolées musicales de Marsalis, de Coltrane, de Mingus viennent classer « Mo’ Better Blues » au rang des très bons films de jazz.Locarno : le cinéma de l’Est à l’honneur LOCARNO (AFP) - LE 43e Festival international du film de Locarno, qui se tient dans cette petite ville du Tessin (sud de la Suisse) jusqu’au 12 août, est placé sous le signe du cinéma des pays de l’Est et présentera notamment des films censurés dans les années 60.Quelque 132 films, dont 15 en compétition officielle, seront projetés dans les différentes salles, ou en plein air, en fin de soirée à la Piazza Grande, au centre de la localité des bords du lac Majeur.L’URSS sera représentée avec trois films dans la compétition officielle, un film hors concours et une rétrospective des oeuvres du réalisateur Lev Koulechov (1899-1970).Des films de Hongrie, de Roumanie, de Tchécoslovaquie et d’Allemagne de l’Est figurent également aux différents programmes du festival.Traditionnelle pépinière du cinéma d’auteur, le festival a jugé bon, pour son édition 1990, de projeter des films que les régimes communistes avaient interdits.La section « films censurés des années 60 » permettra de voir Alouettes, un fil à la patte, un film de 1968 du réalisateur tchécoslovaque Jiri Menzel déjà primé à Berlin.Cette section comprend d’autres films tchécoslovaques, ainsi que soviétiques, roumains et bulgares.Au programme figurent notamment Tila 7 — la loi du Bourkinabé Idrissa Quedraogoba, et L’étoile interdite de l’Indien Ritwik Ghatak.Le jury international du festival comprend l'actrice d’origine allemande Nastassja Kinski, l’acteur italien Gian Maria Volonté, qui s’est vu attribuer le Léopard d’honneur du 43e festival, les metteurs en scène italien Nanni Moretti, indien Mrinal Sen, soviétique Alexandre Sokourov, iranien Abbas Kiarostami et l’écrivain tessinois Grytzko Mascioni.Locarno se présente aussi comme vitrine du cinéma suisse pour les participants étrangers du festival : seront ainsi projetés la dernière production de Fredi Murer, Dergruene Berg (La montagne verte), ainsi que La femme de Rose llill, d’Alain Tanner.La Suisse participe au concours officiel avec Reise der lloffnung de Xavier Koller, présenté en première mondiale, et, en coproduction avec l'Italie, L'aria serena dell’Ovest (L’air paisible de l’Occident) du Tessinois Silvio Soldini.Norbert Elias s’éteint AMSTERDAM (AFP) — Le sociologue et philosophe allemand Norbert Elias est décédé mercredi à l’âge de 93 ans, à son domicile à Amsterdam, alors qu’il travaillait à une oeuvre sur Mozart, ont indiqué jeudi ses proches.Né le 22 juin 1887 à Breslau, dans Fumer, c’est gaspiller Argent et santé l’actuelle Pologne, Norbert Elias avait fui l’Allemagne nazie en 1933 et s’était réfugié à Paris, puis en Grande-Bretagne, où il a acquis la nationalité britannique.Il a vécu les dix dernières années de sa vie à Amsterdam.Norbert Elias doit une renommée mondiale à une étude parue en 1939, intitulée en allemand Ueber dem Prozess der Zivilisation ( La civilisation des moeurs!, dans laquelle U décrit l’évolution des sociétés occidentales sous l’angle des modifications des méthodes d’éducation et des rapports humains.Le piano, ce prince des instruments PHOTO AP Vladimir Horowitz en concert à Moscou, en 1986, trois ans avant sa mort.Cela faisait 61 ans que le grand artiste n'avait joué dans sa Russie natale.Vladimir Horowitz Schumann, Concert sans orchestre op.14, Humoreske op.20, Fantasiestücke op.111, Nachtstucke op.23 no.3 et no.4 RCA, 6680-2-RG, enregistrements publics de 1976, 1979 et 1980.Dinu Lipatti joue Bach/Busoni, Concerto no.1 BWV 1052, avec l'Orchestre du Concertgebouw, dir.Eduard van Beinum (enregistré en 1947); Chopin, Concerto no 1 op.11, avec l'Orchestre du Tonhalle de Zurich, dir.Otto Ackermann, Nocturne op.27 no.2, Etudes op.10 no.5 et op.25 no.5 (enregistrés le 7 février 1950).Jecklin-Disco JD 541-2, enregistrements publics Dinu Lipatti joue Grieg, Concerto op.16, avec l'Orchestre Philharmonia, dir.Alceo Galliera (enregistré en studio, en 1947); Chopin, Concerto no.1 op.11, avec l'Orchestre du Tonhalle de Zurich, dir.Otto Ackermann.EMI CDH 7-63497-2.Carol Bergeron ÉDITÉ avec le concours du festival de piano de la Roque d’Anthéron, le Monde de la Musique publie un numéro hors série consacré à 14 interviews réalisées depuis une dizaine d’années par ce magazine français.On y voit successivement apparaître les commentaires d’Argerich, Bolet, Cherkassky, Dalberto, Egorov, Koc-sis, Lefebure, Magaloff, Perahia, Joao Pires, Pludermacher, Pogore-lich, Serkin et Zimerman.Cette collection de noms prestigieux n’est, on s’en doute, absolument pas complète.Les Arrau, Ashkenazy, Barenboim, Benedetti-Mi-chelangeli, Brendel, Cziffra, Gould, Horowitz, Kempff, Kocsis, Richter et Rubinstein, pour ne citer que ceux-là, n’y apparaissent pas.Toutes ces têtes d’affiche font voir à quel point le piano occupe une place privilégiée dans notre vie musicale.Ce prince des instruments a pour ainsi dire engendré un nombre impressionnant d’artistes exceptionnels dont certains ont mené des carrières fabuleuses.Mieux que l’écrit, c’est encore le disque qui a sauvegardé les témoignages les plus précieux.Par exemple, un Lipatti, mort le deux décembre 1950, existe encore, grâce à lui, au-delà de sa légende.Il a laissé des enregistrements réalisés en studio et quelques concerts et récitals fort heureusement captés par la radio ; trop peu, il est vrai, mais suffisamment pour que l’on puisse juger de la force extraordinaire de son talent.C’est l’éditeur anglais EMI qui, semble-t-il, possède le plus grand nombre de documents.À ma connaissance, cinq disques compacts ont été jusqu’à présent publiés (EMI 747390-2, 7-63038-2.7-63497-2, 7-69792-2, 69800-2).Il s’agit, bien entendu, d’éditions qui ont déjà parues au catalogue en pressages vinyle.La sortie du dernier CD EMI (7-63497-2) coïncide avec la parution, sur étiquette Jocklin-Disco, de ce qui, dans les circonstances, doit probablement être un « pirate » Lipatti.Or, nous retrouvons sur ces deux disques, la même interprétation géniale du premier Concerto op.ll de Chopin.A la différence cependant — et sans doute convient-il de s’en étonner — à que la gravure du petit éditeur suisse est nettement supérieure à celle du géant anglais.Chez Jocklin, le piano sonne mieux, ce qui permet de mieux suivre le travail de Lipatti.De plus, on s’est donné le mal de vérifier à nouveau l’exactitude du déroulement de la bande (ou du disque) originale.Chez EMI, le troisième mouvement ne s’entend pas tout à fait au même diapason que celui des deux précédents.Le reste des contenus n’étant pas le même, cela obligera toutefois les admirateurs du pianiste roumain à se procurer les deux CD.D’abord, EMI ressort la merveilleuse version du très populaire Concerto de Grieg.Ici, à l’opposé du Chopin, le transfert numérique a donné de très bons résultats.Selon toute vraisemblance, c’est parce qu’il interprétait le premier Concerto de Bach dans une salle aussi vaste que celle du Concertgebouw d’Amsterdam, que Lipatti aurait préféré utiliser la transcription moderne de Ferruccio Busoni ( 1866-1924).Si Horowitz n’a pas fréquenté l’oeuvre de Schumann avec la même constance que celle de Chopin, il y a tout de même laissé des interprétations largement digne d’intérêt.Prenons par exemple, l’étonnante llu- moreske op.20 dont la forme et le style tiennent de l’idée « schuman-nienne » du « carnaval ».À propos de cette pièce, Schumann se plaignait qu’en français on ne puisse traduire précisément le mot « humoreske ».« Il est bien malheureux que votre langue », écrivait-il à un Français, « n’ait pas de mot exact pour rendre justement deux particularités aussi enracinées dans la nationalité allemande que l’exaltation du rêve (das sehwarmerische) et l'humour : lequel est précisément un mélange heureux d’exaltation et d’esprit farceur.» Pour reprendre la formule de Beaufils, je dirai que c’est cette « rêverie flottante » et cette « galopade spectrale» deviennent chez Horowitz les deux axes de son interprétation.Le lyrisme et le rythme sont ici poussés à leur paroxysme.Rien n’est plus fascinant que de suivre un interprète capable à ce point de recréer l’univers poétique de cet être (Schumann) à la dérive.Détail intéressant, cet enregistrement, comme ceux qui complètent ce disque essentiel, provient d’un récital public.L’exécution n’ayant pas été sans erreurs, il a fallu revenir en studio pour faire certaines corrections.Mais il semble que l’on ait voulu garder apparente les traces de la « restauration ».Ajoutons encore que Horowitz inscrivit l’Humoreske pour la première fois à ses récitals de 1934-35.Il avait alors 30 ans.L’enregistrement dont il est ici question fut réalisé en avril 79, soit dans sa 73e années.Il est permis de croire que son interprétation a ainsi eu tout le temps de mûrir.«IMAX: vous en sortirez les mains moites, le coeur palpitant et la respiration haletante!» Carmel Dumas, MONTRÉAL EXPRESS EXPOTEC AU VIEUX PORT DE MONTREAL • RENSEIGNEMENTS: 496-4629 IMAX 1^1 Gouvernement du Canada Government of Canada ¦ B Condition physique et Sport amateur Fitness and Amateur Sport m Communications Canada
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