Le devoir, 27 octobre 1990, Cahier D
UK Nl IVlU* Vê.WUrtUÜ \A* Vvi> k* ««/) V\H » LU ET APPROUVÉ - Montiéal, samedi 27 octobre 1990 ANTONIO D’ALFONSO « Cessons de faire de l’écrivain un emblème politique » PHOTO JACQUES GRENIER Antonio D'ALfonso vient de publier Avril ou l'antl-passion chez VLB Éditeur.Jean Royer L N’Y A PAS de pays pur.nous sommes tous d’ailleurs ».écrit Antonio D’Al-fonso dans Avril ou l'anti-passion (VLB Éditeur), la* jeune romancier, né à Montréal de parents italiens, éduqué en anglais et publiant en français, incarne le nouvel écrivain québécois, nourri d'autres cultures que la « pure laine » Son roman raconte une traversée des cultures dans le Québec d’au jourd’hui, mais n'allez pas demander au romancier de prendre quelque po sition politique.Il tient à rester en lit térature.« Arrêtons de faire de l’écrivain québécois un emblème politique », me confiera D’Alfonso à la fin de notre entretien.Avril ou l'antipassion est un roman d’apprentissage qui met en scène une famille italienne dans le contexte québécois On y lit donc une méditation sur la famille des on gines et la culture d’adoption, des réflexions sur le problème de la langue et la société québécoise, en même temps qu’une réflexion sur l'amour et l’art.Les espaces vitaux qui for ment la-personnalité dès l’enfance, les rapports sociaux de l'amour et de l’amitié, le corps traversé de senti ments et l'art comme nouvelle nais sance : voilà autant de thèmes abor dés dans cette oeuvre baroque et de toute beauté.Avec Avril ou l'anti passion, An tonio D’Alfonso enrichit notre litté rature d'une vision neuve de l'identité québécoise.Il nous montre peut -être que l’Autre, pour le Québécois, ce n'est plus l'Anglais ou le Français d’en face, mais plutôt ce voisin venu d’ailleurs et partageant sa culture avec la sienne Cet Autre qu'il faut apprivoiser, le voici en Fabnzzio Notte, celui qui fa brique dans la nuit son rêve d'être ci néaste.« J'ai voulu créer un person nage qui crée, parce que c’est dans la création qu’il va atteindre l'état de grâce, qu’il va pouvoir parler à la mort, aux enfants de sa soeur, à la société québécoise pour laquelle j'ai écrit le livre, et parler à travers l'Histoire à Socrate et Antigone tant qu'il y a de l’art, l’être humain peut atteindre quelque chose de nouveau et de beau » Pourquoi ce titre.Avril ou l'Anti passion ?Avril est le mois de la nais sance, celui de la résurrection du Christ.L’anti passion est cette re tenue qu'a l’humain espérant attem dre l'état de grâce.• L'anti passion est à la limite le sacrifice de l'être humain normal, qui ne veut pas se perdre dans la passion.11 y a opposi tion entre passion religieuse et pas sion humaine, sur le chemin de la grâce ».Le roman est construit de taçon baroque et non pas linéaire « Le ha roque retenu constitue l’essence de la culture italienne, dit I)'Alfonso Le fil conducteur, ce n'est pas l'action mais l'émotion.Si le roman peut se tenir en inversant les chapitres, c’est que le lien sémantique se fait et que l’oeuvre est réussie» Et l’écriture ?Elle s'est faite en trois ou quatre langues Tel chapitre, celui de la promenade des deux amis, s’est écrit en italien.Tel autre, celui du cauchemar, où l’inceste il lustre « le côté laid de la famille et la culture refermée sur elle même •, s’est écrit en anglais à cause de Voir page D-4 : D'Altonso Y a-t-il une sorcière dans la soupe ?1 > ' «Y \ ictoi* et la .sorcière i ~ jours laissé une large place à ces vieilles jeteuses de sorts cannibales.Le temps d’un conte, des héros enfants croisent le fer avec ces terribles personnages et triomphent.La sorcière d’Haiisel et Gretel finit ses jours dans le four.Dans sa Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bet-telheim a démontré que ces récits effroyables sont aussi thérapeutiques.Ils mettent en scène des angoisses et des fantasmes aussi secrets qu’universels et donnent aux enfants des armes pour les affronter et les vaincre.« Si notre peur d’être dévoré se matérialise sous la forme d’une sorcière, il est facile de s’en débarrasser en la faisant rôtir dans un four ! » écrivait le psychanalyste.Pour Mélanie Klein, une des premières psychanalyste d’enfants, l’identité réelle des pilotes de balai criblées de verrues ne laisse pas de doute : « ces formes effrayantes reflètent d'une manière ou d’une autre les traits du père et de la mère quelque déformée et fantastique que la ressemblance puisse être ».Les contes de fées — c’est connu — n'ont pas de pitié pour les parents.En trois siècles de littérature pour enfants, les sorcières ont bien changé.Sous les chapeaux pointus se cachent encore d’affreuses créa tures mais aussi de chouettes vieil lardes, des marginales sympathiques et parfois même des enfants.Les sorcières se sont fait avaler par une littérature en pleine ébullition où la diversité sert de norme et la liberté de maître à penser.Amandine Malabul, une jeune sor cière maladroite, n’arrive pas à dompter son chat ni à maîtriser son balai.Elle est drôle, Vulnérable et at tachante.L’auteur, Jill Murphy, s'est emparée d’un personnage mythique pour l'apprêter à sa guise Sa soi cière est pourtant aussi thérapeu tique que celle de Grimm.Amandine représente et venge tous les petits perdants de la terre.Elle a beau lire et relire son Traité général des sor tilèges et enchantements, la bible de l’Académie Supérieure de Sorcellerie, elle rate toutes ses notions Qu'à cela ne tienne, elle démontrera à tous les élèves et les professeurs de l’école qu’on peut s’empêtrer dans sa magie mais accomplir d’autres ex ploits.Dominique Demers Le coup de balai de la sorcière Depuis que l’humour a fait son apparition en littérature pour enfants, ies sorcières sont affublées de tous les travers Malabul est maladroite et Pélagie un peu idiote.Elle vit dans Voir page D-6 : Sorcières Marie-Francine Hébert Une sorcière dans la soupe lo.courfe écteiie.JAI tous mes ingrédients, dit la sorcière.Il me manque juste un enfant.» Méli-Mélo n’en mène pas large à la page 35 d’Une sorcière dans ma soupe.L’héroiiie née de la plume de Marie-Francine Hébert tremble devant une vieille dame affairée à ses chaudrons.C’est que la vieillarde a des yeux en boutonnières, un nez en carotte, un menton fourchu, des oreilles en portes de grange, des cheveux raides comme de la paille et un grand chapeau pointu.Elle a aussi un chat noir.Pas d’erreur : c'est une sorcière ! Méli Mélo n’est pas dupe.Nous sommes en 1990, pas en 1812 ! À l’époque, Haiisel et Gretel s’étaient retrouvés nez à nez avec une sorcière sans le savoir.On connaît la suite.Sans un peu de chance et beaucoup de courage, ils se faisaient rôtir comme de vulgaires poulets.La littérature pour enfants a tou- le* « » û>rnml* ' • Les sorcières * I I I iOLIS IIAttMK PHOTO RADIO CANADA Une première biographie sur la célèbre académicienne.MARGUERITE YOURCENAR Josyane Savtgneau Gallimard, « nrf biographies », 1990, .541 pages Monique Larue EH JUIN 1903, la naissance de la future académicienne a lieu comme un drame Le père se dispute avec le médecin, qu’il traite de « boucher » « La belle chambre a l'air du lieu d'un crime », écrira plus tard la fille.Elle n'aura que « traversé » Fer nande, morte de fièvres puerpé raies dix jours plus tard Auprès des esprits tendres, elle soutiendra toujours que cette mère ne lui a jamais manqué La filiation sera donc exclus! vement paternelle.Michel de (Tayeneour, grand voyageur, es prit libre et sans attaches, homme à femmes, s’entend mal avec son fils, le demi frère de Marguerite.Celle ci, au cou traire, le ramène, par son intelli gence, à la vie de l'esjirit 11 lui lit Marc Aurèle et Tolstoï, et se sou eie peu du reproche qu’on lui fait de baigner sa fille dans les eaux de la - littérature étrangère * « un s’en fout, on n'est pas d’ici, on s’en va demain.» La fillette n'a que peu de jouets.Elle n'aura jamais été traitée en mineure Quand elle saura lire, elle lira tout Rien de ce qui est humain ne lui sera ca ché Très tôt, elle pensera qu'elle est « importante, très impor tante » Quoi de commun entre cette affranchie de naissance et l’asservissement féminin que tout son siècle s’acharnera à dé busquer ?Le père accompagne sa fille jusqu’aux portes de la littérature C’est lui qui établit le premier contact avec les éditeurs, as sume le compte d’auteur en 1921, signant la correspondance du nom de Marguerite, indiquant aussi son pseudonyme Marg Yourcenar.Le nom est, comme on sait, l'anagramme presque parfaite du patronyme paternel.Le prénom, de sexe inconnu.Sous ce camouflage éloquent s’effectue le premier pas dans le mer veilleux monde de l’édition, dans lequel il n’y aura d’autre solution, ensuite, que de se battre, avec la conviction qu'il faut Marg tombera prochainement amoureuse de son éditeur, André Fraigneau, fatalement un homme qui n’aime pas les fem mes.Cette barrière sera la première, la seule, qu’elle ne pourra pas abolir Plus impossible, quand on est femme, que de s'im poser en littérature séduire l'homme pur, le phallus même, ; un homosexuel • vrai ».Bien sûr, Yourcenar n'a que dégoût pour la maternité.« Un enfant est un otage La vie nous a », écrit elle.Le parcours se termine par l'entrée, non sollicitée, à l'Acu démie française La première femme admise dans la virile confrérie se fichera royalement de ses us et coutumes Tout se passe donc comme si la vie même démontrait ici, magistralement, que, pour une femme, le désir de porter son nom à l’écriture, si fortement réalisé par Yourcenar, est for cément un positionnement dans « l’ordre patriarcal Le grand mérite de l'ouvrage de Josyane Savlgneau — la première biographie de Yourcenar est de laisser le lecteur juge et libre Rédigée en l’absence des données complètes, une partie de la correspondance étant encore sous scellés, elle est un essai, au sens propre Sur l'antisémitisme, sur les po sillons politiques avant et après la Deuxième Guerre mondiale, sur le couple si étrange, et si étanche, qu’elle forma pendant |irès de quarante ans avec Grace Frick, sur la non moins étrange épopée de ses ultimes dérives en compagnie de Jerry Wilson qui devait mourir, peu avant elle, du sida, sur ses oeuvres enfin, parfois accusées de pompiérisme, et sur leui poids réel dans la |>éren mté de la littérature universelle, Josyane Savigneau se garde de trancher À l'aide des agendas tenus par Grace Frick, elle critique la chro nologie quelque peu fantaisiste établie par Yourcenar dans la Pléiade Elle pèse et soupèse les faits, formule parfois son juge ment, mais rie se permet pas d'imposer ni de figer la vérité.Inutile d’ajouter qu'elle se dégage du cortège irritant des idô latres de « Madame ».Elle réussit ainsi le tour de force de faire de la sexualité ce qu’elle est, le fil conducteur d’une vie, son point aveugle aussi, sans capturer son objet et, du même coup, le détruire.La biographie se rapproche alors du roman tel que le concevait Marguerite Yourcenar, qui estimait ne ja mais tout savoir de ses personnages, ne pouvoir se • rassasier » des Hadrien et des /.énon qui l’ont rendue célèbre, et qui lui « réservaient des surprises » bien après qu’elle eut livré sa version de leur histoire.Ce parcours de la vie d’une grande érudite rebondit sans cesse sur les réflexions de Your-cenar à propos de l'art, de l’histoire ancienne et contemporaine, des pays qu’elle visite, des auteurs qu’elle lit, et sur son amour de la langue française, seule patrie de la dame de File du Mont-Désert.YOURCENAR Une femme libre dans le siècle + ANNE-MARIE ALONZO /, 'immobile Une prose lumineuse, bouleversante, Impudique, sur le thème de l’immobilité du corps, où les mois ne mentent pas.«.des textes travaillés, poétiques, pleins de douceur et de désespoir, sans banalité, émouvants.» Lucie Côté, La Presse «L'Immobile se présente sous la forme d’un roman par lettres et le livre d’Alonzo s’inscrit, par la force de son écriture, à côté des plus grandes oeuvres qu’on peut lire dans le domaine de la littérature de l’intime.un livre superbement écrit dont la passion et la douleur font écho aux Lettres portugaises du comte de Guileragues.» Jean Royer, Le Devoir HEXAGONE F Hexagone 1H de l'édition littéraire A# québécoise LETTRES LETTRES D-2 B Le Devoir, samedi 27 octobre 1990 le plaisir des Premiers pas Robert LÉVESQUE Le ?Bloc-notes MICHEL TRKMBLAY avait 16 ans.Le Refus global 11.Duplessis était en route pour Shefferville et n’en reviendrait jamais.1959 est une année cheville au Québec.On l’a assez dit.Là basculait un monde.Michel Tremblay allait choisir d’écrire, Duplessis de mourir, et le contrepoi son des signataires du Refus global faisait lentement son effet daas les veines de la soumission.J'avais quinze ans, Duplessis était un bandit m’a vait dit mon père, je n’allais connaître le nom de Tremblay que neuf arts plus tard; je lisais Apollinaire, Cendrars et Rimbaud, et le pays du Québec m’indif férail totalement Je pris un train Mon Transsibérien venait d’Halifax et me laisserait à Québec revêtu d’idéal.Dans ma tête la prose se bousculait.À cet âge nos lectures nous allument.Un wagon suffit.Il devient l’étrange, il est l’étranger Ces mines patibulaires, qui dorment depuis Halifax, sont quelques cigariers en route pour Cuba.la dame seule est une actrice en exil.Un homme qui passe et dont le regard louche vous trouble est un assassin en puissance, la?voilà qui s’as soit sur la banquette en face de vous.Il vous offre un cigare.Le monde bascule encore.Le train traverse Trois-Pistoles et vous êtes quelque part vers Irkoutsk.Je ne sais à quoi rêvait Michel Tremblay dans les trains ou les trolley bus de son adolescence, mais c’est dans un train qu'il situe, à 17 ans, ses premiers pas en littérature.Il y a un homme qui va en tuer un autre durant le noir d'un passage en tunnel.Même étrangeté.Mêmes étrangers.Autres rêves.On ne peut lire qu’aujourd’hui le texte qui fut pré senté à RadioCanada en 1964 Tremblay, inconnu, avait gagné un concours de jeunes auteurs avec cette pièce a deux personnages qui, lue maintenant, montre surtout ses naïvetés, ses emprunts, un peu de ridicule, et qui, outre une sincérité qui [jointe, expose une ma ladresse d’écrivain qui se veut « engagé ».Monsieur X entre dans le compartiment où est Monsieur Z.Monsieur X veut parler, monsieur Z lit son journal.Monsieur X «lit qu’il va en ville parce que sa femme vient d’accoucher.Il offre un cigare à mon sieur 7.qui refuse et ne veut pas être imjiortuné.Mon sieur X devant l'homme au journal déplié dit : « Ça vous intéresse d’apprendre que des millions de gens meurent de faim dans des pays qui n’existent peut-être pas ?».Il dit aussi « Je connais une femme pauvre.Cette femme vit toute seule dans le fond d'une cave sombre et pleine de rats.Je connais celte femme pauvre que personne n’aide.• Tout cela indif fère monsieur Z.Monsieur X va tuer monsieur Z.Il mettra le cigare sur le corps du mort.« Tu l’auras eu quand même ce PHOTO LEMÉAC Michel Tremblay en 1959.cigare », dit-il Rideau.Il n'y avait pas de compartiment dans les trains canadiens en 1959, pas plus qu’aujourd’hui.Mais écrire c'est mentir, on le sait.Dans Le Train, Tremblay était prisonnier de toutes ses lectures (« j’étais passé de Jules Verne à Dostoïevski » écrit-il en préface), et le monde des Belles-soeurs qui grouillait en lui n’avait pas encore la permission de sortir.Les premiers pas sont souvent ceux de Limitation, avant d’être ceux de la confession.Marcel Proust a écrit bien des préciosités, descriptions de toilettes et d’ombrelles, avant d’entrer dans sa chambre capitonnée de liège et de livrer la vraie vie du baron Charlus.Les écrivains ne sont pas tous des Radiguet ou des Le Clézio Le premier livre sera souvent le dernier à retenir ou le premier à oublier.En 1959, Michel Tremblay sait-il qu’il est écrivain ?Il veut l'être, c’est évident.Il écrit aujourd’hui en préface du Train : « Je lisais Tennessee Williams en cachette sans trop savoir pourquoi et j’écrivais des choses dans la marge des romans de J ulien Green » ; il écrit surtout : « j'avais des secrets que je ne pouvais pas confier à qui que ce soit».Comme Proust qui ne veut pas avouer son homosexualité à sa mère, l'écrivain est toujours un supplicié de l’intérieur.Il ne fera pas son oeuvre en pigeant ailleurs qu’en lui.Michel Tremblay, cinq ans après son faux départ en Train, typographe à trente douars semaine, jeune homme, va libérer en un grand éclat de rires de copinerie (avec Brassard) les 15 belles-soeurs de la rue Fabre.Et dans ces rires on va trouver du drame.Il n’imite plus.Il n’essaie plus de faire comme les autres.Il rit et il crée.Sa naissance littéraire a lieu en 1968.Il a 25 ans.Le Refus global en a 20.Les os de Duplessis sont désintégrés.Et je rêve encore dans les trains.I.e Train, Michel Tremblay, Leméac, 1990 ' 903, ST-THOMAS Cl*.335, T ROIS-RIVIERES (QUEBEC) G9A 5G4 ÉCRITS 0 E S FORGES NOU'V EAUTÉS POESIE- Al ARIL DONALD et Au cru du vent 6,00$ POZIER BERNARD ALAR1E DONALD (coédition Musée d'art de Juliette) La terre comme un dessin inachevé 6,00$ ALBERT MICHEL Une photo il cAté du banc de neige 6,00$ BLOUIN LOUISE Des mots pour rêver (Anthologie) 7,95 $ noissf: h r i f ne (coédition Éditions Pierre Tisseyre) Je n'écris plus 6,00 $ BR! MONO JAC QUES Guillaume des Ors 12,00$ CHAI II I ON PIERRE (coédition Le Dé Bleu) Le violon soleil 10,00$ CHARRON FRANÇOIS La beauté des visages.10,00$ CHIASSON HERMENEGII.DEet FEDERICO GARCIA LORCA (GRAND PRIX DE POESIE FONDATION DES FORGES 19%) Lèvres urbaines No 19 6,00 $ CLOUTIER CÉCILE Lampée 10,00$ COLLECTIF Des Forges # 29 6,00$ COLLECTIF Poésie 89 12,00$ DAOUST JEAN-PAUL (coédition Collège de Juliette) Les cendres bleues 10,00$ DOBZYNSKI CHARLES Les heures de Moscou 12.00$ FERLINGHETTI LAWRENCE (coédition Europe/Poésie) Amant des gares 12,00$ HARVEY PAULINE Montréal français (Lèvres urbaines No 16) 6,00$ JUTEAU MONIQUE Trop plein d'angles 6,00$ JOUFFROY ALAIN Êros déraciné 12,00$ l.ANGEVIN GILBERT (coédition Le Castor Astral) Haut risque 10,00$ LÉGER PIERROT Les chants de la soif 10,00$ MURRAY SIMONE.G.À tir d'elles 6,00$ PETITS JEAN-PIERRE La fête des bannières emplumées 6,00$ ROUSSEAU PAUL Micro-textes 6,00$ SAINT-DENIS JANOU (PRIX OCTAVE-CRÊMAZIE 1990) Mémoire innée 10.00$ ST-YVES DENUIS Tranches de ciel 10.00$ TRANSTROMER TOMAS Balliques et autres poèmes 12,00$ VAN 1ER DENIS (coédition Le Castor Astral) Les stars du rodéo 10,00$ LA JEUNE POÉSIE BEAUCHAMPS LOUISE CORNELLIER LOUIS GUIMOND DANIEL LEDUC ANDRÉ MONETTE HÉLÈNE Objet (PRIX JOVETTE-BERNIER 1989) Neurones fragmentés Ne jamais rien dire Une barque sur la lune Lettres Insolites 5,00$ 6,00$ 5,00 S 5,00$ 6,00$ BEAUSOLEIL CLAUDE LA POÉSIE CASSETTE Ville concrète 10,00$ BROSSARD NICOLE (coédition Artalect) Amantes 10,00$ KURAPEL ALBERTO (coédition Artalect) Confidencfal / Urgent 10,00$ MIRON GASTON La marche à l'amour 15,00$ PRÉFONTAINE YVES (coédition Artalect) Le désert maintenant 10,00$ Guy Ferland L’Hexagone appelle à l’aide LE DIRECTEUR des éditions de l’Hexagone, Alain Horic, lance un appel pour trouver des collaborateurs prêts à s’engager « corps et biens » dans l’aventure de l’édition.M.Horic sent ses forces diminuer.• Je ne pourrai pas continuer à produire autant de livres par année, une cinquantaine, seul en assurant la direction éditoriale, la gestion administrative et la commercialisation de tous mes ouvrages, confie-t-il.Je remplis trois emplois à temps plein.On va me sortir d'ici les pieds devants.» M.Horic réfute les allégations en ce qui a trait aux problèmes financiers qui mettraient en difficulté sa maison d’édition.Il affirme que les finances sont saines et qu’il n’a jamais produit autant d’ouvrages que cette année, près d’une soixantaine tous genres confondus.Le chiffre d’affaires de la maison tourne autour de 750 000 $.Éducation et littérature LE 8e colloque des écrivains québécois a lieu samedi le 3 novembre, et réunira des auteurs pour traiter du problème de la place de la littérature dans l’éducation, à l’auberge Mont-Gabriel.Durant le week-end, les participants aborderont les thèmes suivants : littérature et héritage culturel enseignement de la littérature/lecture/écriture et la bibliothèque scolaire idéale.Il y aura remise de la médaille de l’Académie canadienne-française et lancement des Écrits du Canada-français.Parmi les participants, Jean Larose, Bruno Roy, Noël Audet, Robert Baillie et Francine d’Amour.Le colloque est ouvert à tous et ne comporte aucun frais d’inscription.Un service d’autobus est offert et on peut louer une chambre à l’auberge.Renseignements : (514 ) 526-6653.Nouveau conseil du P.E.N.International de Montréal LE NOUVEAU conseil d’administration du centre québécois du P.FL N.international est composé de Jean Êthier-Blais à la présidence, Jean-Pierre Duquette et Louise Gareau-Desbois à la vice-présidence et René le Clère secrétaire général-trésorier.Les autres membres Yves Dubé, Marie Émond, Michel Gaulin, Alexis Klimov, Louise Maheux-Forcier, Gaston Miron, Pierre Morency, Jean-Guy Pilon et Danielle Ross.Rappelons que ce conseil organisera le colloque Nord-Sud 1992 dont le thème portera sur l’avenir de la culture au XXIe siècle.Changement de nom L'ASSOCIATION des éditeurs de périodiques culturels (AÊPCQ) s’appelle désormais la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP).Cet organisme regroupe une cinquantaine d’éditeurs de périodiques.Les diverses revues qui abordent la littérature, le cinéma, les arts visuels, le théâtre, la danse, la musique, la philosophie, l’histoire, le patrimoine, sont présentées dans le répertoire « Le Québec en revues » disponible en appelant au (514) 523-7724.Le droit d'auteur ON VIENT de faire paraître une édition mise à jour des quatre premiers numéros de Feuillets sur le droit d'auteur.Ces publications contiennent des informations de base sur le droit d’auteur; elles s’adressent aux créateurs qui désirent se renseigner sur leurs droits et aux personnes soucieuses de respecter ces droits lors de l’utilisation d'oeuvre de création.On peut obtenir des exemplairesen s’adressant aux associations d’artistes, conseils régionaux de la Guy Ferland J.-K.HUYSMANS Alain Vircondelet, Plon, 306 pages.L’oeuvre de l’auteur d’/i rebours provoque encore des passions.Celle de L'ÉTAT DU MONDE 1991 Annuaire économique et géopolitique mondial ou MO*** LES LIVRES C'EST IMPOSER L'IGNORANCE L'analyse des événements qui ont marqué l'année.Une approche géopolitique par continents et grandes régions.Une réflexion sur les grandes questions stratégiques à l'échelle mondiale.LE DOSSIER DE L'ANNÉE: LES PAYS DE L'EST culture, directions régionales du ministère des Affaires culturelles et à Communication-Québec.Rencontres littéraires JOCELYNE FELX, auteur de Les petits camions rouges ( 1975), Nickel-Odéon ( 1985 ) et Les pa vages du désert (1988) fera une lecture publique de ses textes, à la galerie Skol 4060 boul.Saint-Laurent, espace 107, dimanche le 28 octobre à 15 h.L'écrivain Yves Navarre, camettiste au Plaisir des livres et lauréat du Goncourt pour Le jardin d’acclimatation, lira des extraits de son dernier livre.Douce France aux éditions Leméac, aujourd’hui de 14 h à 16 h, à la librairie Gallimard.Liste Interallié DANS les finalistes du prix Interallié, remis le 4 décembre, on remarque le nom de Denise Bombardier pour Tremblement de coeur paru au Seuil.Les autres finalistes : François Bott pour La femme insoupçonnée (Flammarion); Bayon pour Les animais (Grasset); Michel Caffier pour Les coches bleues (Grasset) ; François Ceresa pour La Vénus aux fleurs (Laffont); J.P.Dufreigne pour Mémoires d’un homme amoureux (Grasset); Jérôme Dumoulin pour Le Phare de Baleine(Gallimard) ; Marc Lambron pour La nuit des masques (Flammarion); Éric Neuhoff pour Les hanches de Laetitia (Albin Michel); J.-N.Pancrazi pour Les quartiers d’hier (Gallimard); François Taillandier pour Les clandestins (de Fallois) et Frédéric Vitoux pour Sérénissime (Seuil).Alain Vircondelet pour Huysmans est totale et nourrit sa biographie pour en faire finalement un essai littéraire.Le biographe baigne dans l’atmosphère des romans de Huysmans : « Il naquit le 5 février 1848, à Paris, au 11, rue Suger, au coeur du quartier Latin, à sept heures du matin, quand le quartier s’éveillait à peine à la vie, aux activités de la voirie, dans la rumeur affairée des boutiquiers, et que les livreurs entre deux absinthes ou deux cafés arrosés d’eau-de-vie faisaient rouler devant eux des tonneaux, des victuailles, des paniers d’osier remplis de pains encore tièdes du four.» BORGES OU LA RÉÉCRITURE Michel Lafon, Seuil, coll.« Poétique », 338 pages.L’AUTEUR consacre son essai à la pratique de la réécriture dans l’oeuvre de Borges qui n’hésitait pas à utiliser des citations cachées dans ses textes ou même à citer ses propres livres.CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS NATAL Aimé Césaire, Guérin littérature/Présence africaine, 102 pages.ON RÉÉDITE le long poème d'Aimé Césaire salué par André Breton comme un « document unique, irremplaçable ».En annexe, on trouve un texte intitulé En guise de manifeste littéraire, variation publiée en 1942, une préface d’André Breton à l’édition Bordas de 1947, la liste des différentes versions du Cahier d’un retour au pays natal et un répertoire des oeuvres d’Aimé Césaire.AUTOPSIE DU LAC MEECH Pierre Fournier, VLB éditeur, coll.« Études québécoises », 214 pages.LE SOUS-TITRE de cet essai, « La souveraineté est-elle inévitable ?».pose le problème constitutionnel du Québec au lendemain de l’échec de l’accord du lac Meech, dans un contexte bien défini.Dans un premier temps, l'auteur remet en question l’héritage Trudeau.Dans un second, l’essayiste montre que « l’opinion véhiculée par le gouvernement québécois actuel (.) selon laquelle le lac Meech constituait, sommes toute, un compromis acceptable, ne résiste pas à l’analyse ».Dans les trois derniers chapitres, Fournier entend répondre à la question de l’heure : « Le réveil des forces nationalistes au Québec n’est-il qu’un feu de paille, ou constitue-t-il un véritable point tournant dans son évolution politique ?» MARCEL LABINE I TERRITOIRES FÉTICHES 1 j LES HERBES ROUGES / POÉSIE Marcel Labine TERRITOIRES FÉTICHES Expérience, aventure, voyage, l’écriture inaugure une autre façon de voir des territoires, qui deviennent alors autant de fétiches proches ou lointains.Par sa langue claire et précise, Territoires Fétiches provoque une nouvelle perception de «la débauche du monde ».André Marquis NUL VIEUX CHÂTEAU • Les poèmes en vers et en prose de Nul vieux château évoquent d’étranges sensations, celles d’amoureux farouches qui fabulent sur leur passé et qui craignent l’avenir.• Sorte d’agenda de survie, ce livre d’André Marquis possède un ton et un rythme inimitables.POÉSIE LES HERBES ROUGES ou l’ecriture fait la littérature POÉSIE ANDRÉ MARQUIS * NUL VIEUX CHÂTEAU Ifl LES HERBES ROUGES / POÉSIE r y Le Devoir, samedi 27 octobre 1990 ¦ D-3 FRANÇOIS BARCELO ET ANNE-MARIE ALONZO Satire gaspésienne et style pharaonique Syvrv'v- v MARGUERITE par Josyane Savigneau Gallimard biographies Une Woff *3 LES LIBRAIRIES, 546P.39.95$ Sans doute Marguerite Yourcenar, qui n’aimait guère les curiosités d’ordre « privé», eût-elle été troublée par la superbe biographie qu’a écrite Josyane Savigneau.François Xourlssier, Le Figaro Josyane Savigneau sera au Québec du 5 au 9 novembre 1990.lue femme de chair et de sang ïlJ.£üCrJl ZJ Je vous al vue, Marie V* Tout le inonde sait qu'Anne Marie Alonzo se déplace en chaise roulante Qu'elle appelle son nouveau livre Llmmobile a pourtant quelque chose de surprenant car Anne Marie Alonzo n’est pas immobile du tout si on en juge parses activités à Laval.Outre qu’elle écrit beaucoup, elle anime une revue souvent stimulante, 7Yois, fait de l’édition, organise des colloques.Mais, bien sûr, il ne s'agit pas de cette mobilité-là.L'écrivain a voulu parler de son corps intime, plus paralysé encore que l'autre Klle vit, nous dit-elle, dans un univers « cuir-et chrome » C’est également un univers féminin puisque toutes les lettres, qui composent cet ouvrage, sont adressées a des femmes con nues ou inconnues Anne Marie Alonzo n'écrit jamais aux hommes Disons le sans détour, ce livre est extrêmement gênant, bien que ce ne soit pas le premier qui traite d’un tel sujet.C’est que Anne Marie Alonzo, volontairement ou non, fait appel à notre pitié avec un pathétique assez prétentieux qu’elle doit confondre avec la littérature.« Assise, noble pharaonne.Sentie accroupie faisant sa marque au stylet », écrit elle Kl, comme si ce n’était pas assez de la pharaonne, la couverture du livre» re présente la .loconde sur une chaise roulante II faudrait s’entendre Pire encore, elle écrit un texte qu elle fait lire à une amie qui fond en larmes en disant simplement à \nne Marie \lonzo « C'est si beau ' • D'ailleurs, Anne Marie Alonzo ne manque pas de nous expliquer elle même la beauté de ses tex tes qui font pleurer ses amies Ces fautes de goûts sont pharaomennes C'a ne pardonne pas S'il faut reconnaître en clair le droit de chacun de parler de sa souf franco, il faut admettre aussi que le lecteur a des droits Anne Marie Monzo n'est pas la première venue Pourquoi publie t elle un livre bà clé " Pourquoi ce style qui est à peu près n’importe quoi ?Parfois il \ a des pronoms personnels, parfois il n'\ en a pas Kl ces mots ' .L ima ginaire • pour imagination, « l'è crue » pour écrire • Fiction • pom récit ou roman ou, dans le cas pré sent, correspondance Pourquoi ces mots qui ne disent rien et qui font de l'avant garde du féminisme radical, genre Certrude Stein, une chasse gardée aussi vide que flagorneuse ’ .le suis personnellement pour une langue française correcte, à moins qu’on me dise pourquoi I e « jouai -du Cassé, par exemple, exprimait une révolte et un cri La langue de certains best sellers, pour flasque qu'elle soit, a du moins la qualité de \ user à l'effet direct et à l'aeeessibi lité Ce sont là des mérites .l'ai beau chercher dans la prose d'Anne Marie Alonzo, je ne vois aucune explication à ses tics et à ses manières ,1e trouve que le français de /.'Immobile.d'avant garde ou non, n'est nas du français Ce n'est qu'un écran derrière lequel se dissimule, • inévitablement » (un autre mot de son vo cabulaire), de la suffisance si ce n'est pas, pire encore, un mépris volontaire de la grammaire C'est bien beau d'écrire une lettre à Colette comme Anne Marie Alonzo le fait Moi, je (wn.se à la tête que Colette ferait en recevant ce volapiik.Quitte à jouer les (lions encore une fois, je vais me substituer à Colette pour ré]K)iidre à Anne Mane Alonzo.- Chère Anne Marie, le français est une langue simple 11 faut un su jet, un verbe et des compléments ju dicieusoment choisis et bien placés, l ue bonne façon que j'ai de passer mes insomnies et d'ignorer mon arthrite est de simplifier mon style et d’aller, comme je peux, vers la clarté, ce qui est très long.Pour écrire, c'est comme ça.Il n'y a rien à faire Mien amicalement votre » / 37,95 S Mb SEUIL / FAYARD ANNE-MARIE ALONZO L ’immobile LETTRES • l’HEXAGONE ___________________________I Des mots pour et le carnaval excusaient tout.On le considère aujourd’hui avec un peu de mépris.On a tort, du moins quand il s'agit de ce romancier qui a toujours de la verve, de l’invention et dont les Cersonnages sont toujours bien vus, ien campés et attachants.rêver Cloutier, Paul Mane Lapointe, Gaston Miron et Jean-Guy Pilon.Et même si ce livre parait onze ans après le colloque, ne doutons pas de la pertinence de ces textes Par exemple, lisons une phrase de Benoît Lacroix à propos du poème affiche Speak White de Michèle Lalonde M Lacroix écrit que le poème de Lalonde est « l'affirmation implicite que la culture est meilleure et plus apte à définir et à nourrir un peuple que l’argent et l'appareil publicitaire mis à son service ».Cette phrase et quelques autres autour de la poésie de l’Hexagone nous rappellent que les poètes furent les premiers, dans les années 1950, à définir l’identité québécoise.Est ce que nos hommes politiques, ceux qui forment la Commission parlemen taire sur l’avenir du Québec, s’en souviennent ?adapté à notre époque rebutante.• Il n’en fallut pas plus pour que convergent sur Notre Dame-des Roses des croyants devenus sceptiques ainsi que des agnostiques prêts à tout croire ».écrit l'auteur En tous cas.c'est la mine d'or pour un romancier d'observation comme François Barcelo.Il nous trace cent portraits plus extravagants les uns que les autres.Il y a des journalistes et des hommes politiques, des policiers et des curés, un sculpteur nazi, le pape même et une jeune punk que n’aurait pas détesté Queneau .Bien entendu, la satire n’est pas gratuite.François Barcelo profite de tous et de tout pour dénoncer la méchanceté, la laideur, la bêtise, tout en faisant nre ses lecteurs.Il ne faudrait pas croire que l’ironie du romancier manque de tendresse.Son personnage principal.Agaric Meunier, est un petit vieux délicieux et, quand il se laissera aller à quelque geste indélicat — un meur tre par exemple —, son créateur l’excusera du nueux qu’il peut.Le genre qu'a choisi d'illustrer François Barcelo a été un grand genre autrefois, quand la société était moins permissive et que le rire Mais ce qu’on apprécie encore plus dans le travail de Louise Blouin, c’est la qualité de son texte de présentation, attentif à la capacité de compréhension du jeune lecteur, à son vocabulaire, à son rapport au langage.11 est vrai que Louise Blouin, en plus d’enseigner, est responsable de la production aux Écrits des Forges et reste constamment en rapport avec le langage de la poésie.MaLs rarement lit-on un texte aussi heureusement pédagogique, qui risque d’amener les jeunes lecteurs à apprivoiser ce langage.Après avoir comparé le poème au vidéo-clip, Mme Blouin écrit : « Dans la société contemporaine, où informations, publicités et nouveaux éléments nous happent et nous submergent, la poésie permet d’accéder en peu de temps à une réflexion et à un dévoilement de l’émotion.L’intérêt du poème, c’est son inscription insidieuse dans notre imaginaire.On a l’impression de ne rien saisir, puis un vers revient, lancinant, au moment le plus inattendu .».« La poésie nous traverse comme un éclair et gomme l'inutile, écrit Mme Blouin.Les meilleurs textes lancent une flèche au coeur, sans détour, et savent surprendre.Les poètes n’expliquent pas le émotions, mais ils sont des lasers qui veulent éblouir pour nous faire plonger dans l’essentiel.Dans la poésie, le superflu n’existe pas».Quant au collectif intitulé La poésie de l'Hexagone, il réunit une vingtaine de communications d’un colloque organisé à l’Université de Toronto en 1979 par Cécile Cloutier et Ben Shek.On y étudie la place de l’Hexagone dans l’histoire littéraire, son rôle et l’évolution de sa politique éditoriale, son rayonnement et sa structure d’accueil, depuis sa fondation en 1953.D’autres textes, qui forment une suite d'essais remarquables de France Théoret, Joseph Bonenfant, Nicole Brossard et Louky Bersianik, examinent les rapports de « la femme et l’Hexagone».Enfin, une dizaine d’études sont consacrées à des poètes particuliers.On notera avec intérêt les textes concernant les oeuvres de Cécile Jean BASILE Lettres a québéc CETTE SEMAINE, je vais parler de deux livres très différents.Le premier tient de la bonne vieille tradition du roman de moeurs satirique.C’est Je vous ai vue.Marie, de François Barcelo.Le second, L’Immobile d’Anne-Marie Alonzo, relève de l’avant-garde littéraire féministe, et pas de la meilleure François Barcelo écrit beaucoup, même un peu trop Mais il aime regarder le monde à travers des lunettes résolument ironiques.Il trouve qu’il y a beaucoup de choses à redire sur notre petit monde.Un bon prétexte et le voilà parti.Cette fois, il s’agit d’un miracle.La vierge est apparu à un certain Agaric Meunier qui habite à Notre-Dame-des-Roses, près de Rimousla L'apparition n’est pas commune.Quand elle apparaît, la vierge montre son derrière.C’est un Fatima nouveau genre et parfaitement DES MOTS POUR RÊVER Anthologie de poésie québécoise Louise Blouin Pierre Tisseyre/ Écrits des Forges, 1990 LA POÉSIE DE L’HEXAGONE Collectif L'Hexagone 246 pages, 1990.Jean ROYER A Poésies SIGNES de la maturité d’une insti tution, voici une anthologie de poésie pour les jeunes et un collectif étu diant le premier quart-de-siècle des Éditions de l'Hexagone, maison dans laquelle est née ce qu’on appelle au jourd'hui la poésie québécoise.L’éditeur Pierre Tisseyre a eu tort de qualifier l’ouvrage de Louise Blouin d’« Anthologie de poésie québécoise ».La globalité du titre cache un choix éditorial plus modeste : il s’agit en effet de vingt poètes ayant publié aux Écrits des Forges.Il aurait été plus honnête de donner au livre le sous-titre de « Vingt poètes québécois ».L’entreprise de Louise Blouin est intéressante, tant par la qualité de ses choix que par la pédagogie de l’approche.Réunie à l’intention des jeunes lecteurs dans la collection « Conquêtes » chez Pierre Tisseyre, l’anthologie propose des textes qui correspondent aux préoccupations actuelles des jeunes et surtout hanteront leur imagination.La ville, le quotidien, mais aussi le social et le politique, l’éthique, la peur et la maladie, la solitude et la mort sont autant de thèmes abordés dans les oeuvres de Claude Beausoleil, Yves Boisvert, Nicole Brossard, Lucien Francoeur, Madeleine Gagnon, Rina Lasiuer, Hélène Monette, Alphonse Fiché, Bernard Pozier, Élise Turcotte et d’une dizaine d'autres poètes.LOGIQUES LA VIE MODERNE 120 p.14,95$ 1/ABUS SEM I L i i\itmiMi,A t iVtUH't % •'"J L’ABUS SEXUEL L’intervention par Pierre Foucault préface d’Andrée Ruiïo, juge à la Chambre de la Jeunesse Qu'est-ce que Tabus sexuel?Qui sont les victimes?Comment doit-on Intervenir?Pour les parents, les éducateurs, les intervenants.342 p.24.95) ?I OGIOUI s ORDINATEUR, ENSEIGNEMENT ET APPRENTISSAGE sous la direction de Gilles Fortier «Permet de mieux comprendre le monde Tinformatique et débroussailler la Jungle des informations.» Gilles Pilon, Journal de Montréal VIVRE m i ()t.i< n i l mon \ l MM SMM 1 SI • Ml U II Ml 11 M II 1 M l III 1 IM.Il II 1 s B E B 1 OGIQUI H • •MUS,|| 1 Ms 243 p.24,05$ l’KDAGONII- DU JEU |OI IM l’OI M M’I’MI M » MI ?|3D I OGIOUES M m l s PÉDAGOGIE DU JEU par Nicole De Grandmont «L’auteure, partisane de la pédagogie du jeu, nous aide à comprendre cette approche 3ui se veut respectueuse du bre choix de l’élève, de ses besoins ainsi que de son rythme d'apprentissage.» Apprentissage et socialisation En vente partout cl chez LOGIDISQUK Inc.1225, de Condé, Montreal QC II3K2H4 (514)933-2225 Fax:(514)933-2182 ine carie rie I UNICEF Achetez les cartes et les cadeaux de I ' IMCEK .m I Sl( Kl ( anada»43Mt pteasaniRo Toronto Ont M4S 216 Telephone f415j 4fi?4444 OU appelez sans s au i 600 ?88 6304 (Téléphoniste 809) D-4 ¦ Le Devoir, samedi 27 octobre 1990 • le plaisir des ivres K?- BOOKSTORE Les librairies anglophones de Montréal des Rivières CERVANTES et Tolstoi.se riant des continents, se côtoient solennellement dans la lari gue de Shakespeare.D’un rayon à l’autre, beaucoup d’espace, tellement que les librai res manquent de livres.La plus grande sur face libraire en ville, 32,000 pieds carrés Une musique de Schubert achève de nous faire oublier la frénésie du centre ville, à deux pas.Nous sommes à la nouvelle librairie McGill.Cette librairie est la dernière née d’une série de librairies anglaises qui ont ouvert leurs portes ces dernières années.Qui dit que la communauté anglaise se meurt ?La fermeture des librairies Classics avait laissé un vide dans le centre ville.Il est aujourd’hui amplement comblé, notamment par Lexis sur Feel, et Frospero, un bijou qui tient bon parmi les commerces malades du cours Mont Royal.Flus à l’est, sur la rue Duluth, F/cciones (en hommage à Borges) s’impose; déjà en littérature étrangère.Son propriétaire, Bill Dodge, se place dans la tradition du Shakespeare & co., que l’Américaine Syl via Beach avait fondé a l’aris dans l’entre deux guerres, chez qui se retrouvait la coin munauté étrangère.C'est à l'audacieuse Syl via Beach que l’on doit la première impression d’Ulysse, rejeté partout ailleurs.Ficcio nes publie son premier ouvrage ce mois-ci.Ces nouveaux commerces s’ajoutent à des librairies déjà bien établies, dont Paragra-phe, qui vient de faire |>eau neuve en s’équi pant d’un éclairage plus doux qui favorise la lecture.Vers l’ouest, sur la rue Greene à Westmount, Double Hook ne tient que des li vres canadiens et incarne un certain natio nalisme canadien.Une des deux propriétai res, Judy Mappen, une Torontoise qui a marié un Montréalais, voit les deux solitudes se rapprocher depuis l’ouverture du magasin en 1974 : « Plus de livres sont traduits dans l'autre langue ».Et un nombre croissant de Québécois de langue française fréquentent PHOTO JACQUES GRENIER A la nouvelle librairie McGill, Cervantes côtoie Tolstoï.Double Hook pour y acheter des auteurs canadiens non traduits.K lie tient Gabrielle Roy, Michel Tremblay, Roch Carrier et quel ques autres en français et en anglais.Four la touche britannique, il faut aller chez Ogilvy, où Avenue Bookshop s’est installé lorsque le magasin a divise ses plan chers en boutiques et commerces indepen dants.À cet endroit, beaucoup de livres de luxe, qui trônent sûrement sur les tables à café des chaumières de Westmount.Ces librairies font partie d’un réseau d’une vingtaine à Montréal.Aucune ne roule sur l’or, quel libraire peut réclamer un statut de millionnaire, mais elles tiennent toutes bon tes puisque l’Université s’engage à effacer les dettes que la librairie contracterait annuellement! En revanche l’Université interdit à la librairie de recourir à la publicité, par crainte d’être accusée de concurrence déloyale.Résultat ?La sprinteuse olympique canadienne Angela Issajenko, dont les révélations sur l’uülisation des stéroïdes ont marqué un tournant dans les travaux de la Commission Dubin, était à lalibraine McGill récemment, pour dédicacer son livre, Run nwg Risk.« Pauvre Angela, il n’y avait pas un chat Je me sentais mal pour elle », se rappelle George Franks, assistant gérant.La librarie McGill mise sur « la qualité universitaire » et offre notamment une bonne sélection en philosophie et en économie, que d’autres jugeraient trop casse-cou En fait, il y a un peu de tout sur les étals : un peu de littérature pour enfants, un peu de littérature voyages — et aussi une mini-agence de voyage à l’intérieur de la librairie —, un peu de livres d’art, quelques disques, quelques livres de cuisine.La librairie a deux atouts, la collection Dover, des ré-impres-sions à prix abordables des meilleurs livres universitaires, et la meilleure collection Penguin en ville (« la meilleure à l’est de Toronto précise M.Franks).Contrairement à la librairie de l’Umver sité de Toronto, qui loge dans un immeuble historique et où un clou ne peut être posé sans obtenir au préalable 15 autorisations, l’équipe de McGill a participé à la conception de l’édifice, tout neuf, bien éclairé et spacieux et s’intégrant plutôt bien dans l’en vironnement.Les affaires n’ont pas été mirobolantes depuis l’ouverture en juin mais il est trop tôt pour conclure quoi que ce soit.Il est clair cependant que n’était-ce des ventes de chandails et sacs-à-dos marqués de la griffe Mc GUI, qui occupent une bonne partie du premier plancher, « nous n’existerions tout simplement pas ».« C’est avec ces ventes que nous faisons notre argent».et commencent à faire mentir la rumeur qu’il faut aller à Toronto ou New York pour trouver les derniers titres en langue an glaise.Chez Faragraphe, 1a moitié de la clientèle est francophone.« Il y a des livres qui ne sont pas traduits et il y en a qui coûtent beaucoup plus chers en français », note Robert King, en se rappelant que Gérald Godin lui a déjà demandé des livres sur Franklin D.Roosevelt.M.King assure que ses ventes n’ont pas souffert, du moins jusqu’à présent, de l’arrivée de la libraire McGill.Au contraire, ce coin du centre-ville devient un quartier de librairies où les gens peuvent bouquiner d'un endroit à l’autre.Ceci dit, il faudrait être bien peu perspicace pour ne pas flairer le vent de la concurrence.Mais il y a quelque chose de touchant dans la décision d’afficher d’abord et avant tout une solidarité.La libraire McGill n’est pas tout à fait nouvelle.Elle existe depuis 40 ans! Mats jusqu’à cette année, c’est tout juste si elle ne se cachait pas.Elle s’adressait aux étudiants exclusivement et faisait relâche le samedi.Flus maintenant.Et elle est bien en vue, sur McTavish, juste au nord de Sherbrooke.Même si elle est indépendante, la libraire McGill a un net avantage sur ses concurren- PHOTO JACQUES GRENIER • Sur la rue Duluth, Flcclones s'impose déjà en littérature étrangère.PHOTO JACQUES GRENIER Rue Greene à Westmount, Double Hook ne tient que des livres canadiens et Incarne un certain nationalisme canadien.Moi,je«cMper: quêbEçoisoe LA REVUE LIBERTÉ Collectif S Tenu à la Sorbonne en novembre m 1987, sous la direction de Madeleine Ducrocq-Poirier, voici réunies les jg actes du Colloque consacré à la revue {J Liberté et organisé par le Centre °-international d'études fancophones.o • l’Hexagone/essais / 1 A7 11 I LIBERTÉ LIBERTÉ • III \ UiONI Revue STOP nouvelles récits et contes %, Tribune privilégiée pour les auteur-e-s, ouverte à tous les styles en prose - du récit le plus traditionnel au délire le plus inclassable - la Revue STOP cherche à favoriser une écriture inventive, libre et non censurée.«Sk Participez au Concours BELLE GUEULE de nouvelles 1991; unl“’r prix de 1 ,IXH)$.Vous trouverez les règlements du concours dans la Revue STOP.4*\U *1 •T\ ?QRfl|S OFFRE D’ABONNEMENT En vous abonnant pour un an, vous recevez le dernier numéro île S TOP, En vous abonnant pour \ deux tins, vous recevrez les deux derniers numéros.I J Je désire m’abonner pour: 1 an/4 nos 2 ans/t 'iv" _l Mandat-poste Individu J 18$ J 32$ J Chèque Institution J 28$ J 50$ J Visa Étranger J 35$ J 60$ J Master Card N ° de carte Expiration Signature Nom Adresse Villo/Prov.Code Postal PHOTO JACQUES GRENIER Antonio D’Alfonso 4 D’Alfonso l’ambiguité du Je dans cette langue.Le chapitre de la messe des morts, qui évoque l’avortement et le suicide, s’est écrit d’abord en latin.Évidemment, le roman est publié en français, mais l’auteur n’a pas fait disparaître toutes les traces des autres écritures.Car le roman d’Antonio D’Alfonso est celui d’un apprentissage social, il raconte la traversée d’un monde italien à un monde québécois.« J’ai tenté de comprendre ce qui se passe dans cette traversée, mais la création d’une identité est un phénomène très complexe qu’on ne comprendra qu’à la fin de mon oeuvre, quand j’aurai écrit d’autres romans jusqu’à ne plus parler de moi mais de l’autre.« Pour l’instant, je suis déchiré.(Un long silence.) Dans quel sens ?La réponse est politique.Je ne vais pas m’embarquer dans ce sujet.Je ne pense pas que la politique puisse aller avec l’art.Le roman me permet justement de ne pas entrer dans la politique.Je veux éviter cela, car la politique a tué beaucoup d’écrivains.« Il faut comprendre qu’on vit au Québec comme en Italie et ailleurs dans le monde cette traversée des cultures : on sort d’une culture pour entrer dans une autre.C’est ce qui m’intéresse comme romancier : ce qui se produit au moment où je sors de ma famille italienne pour entrer dans ma famille québécoise.« Le côté québécois, il faut que je l’analyse.Je vais toujours être un Italien.Je ne peux pas faire autrement.Ce n’est pas parce que j’écris en français que je suis autre.Ce qui est important pour moi, c’est d’écrire ici et maintenant.Je suis né ici et je dois écrire ce que je vis, faire du Québec le monde.« Si on colle une étiquette politique à ce que je fais, je pense que je vais Colloque des écrivains La Place de la littérature dans l’éducation (Auberge Mont-Gabriel) le samedi 3 novembre 1990 9 heures 30 Conférence inaugurale M.Jean I arose 14 heures Enseignement de la littérature / lecture / écriture Participants: M.Noël Audet M.Robert Baillie 11 heures Littérature et héritage culturel Participants: Mme France Boisvert M.Michel Gaulin M.Bruno Roy 16 heures lai Bibliothèque scolaire idéale Participants: Mme Marie-Andrée Beaudet Mme Francine D’Amour M.Gabriel-Pierre Ouellette Ce colloque est ouvert à tous les écrivains ainsi qu'au grand public Un autobus est nolisé Départ: Montréal/Mont-Gabriel — en face du 1600, rue Berri, à 8 heures, arrêt au Métro Villa-Maria, à 8 heures 15.Retour vers 22 heures 30 R.S.Y.P.avant le 31 octobre (514) 526-6653 Réservation de chambres: (514) 861-2852 Ce colloque est organisé par l’Académie canadienne-française, l'Association des écrivains acadiens, le Centre québécois du P.E.N international, la Société des écrivains canadiens, et l'Union des écrivaines et écrivains québécois.Renseignements: (514) 526-6653 arrêter d’écrire.J’écris déjà en plusieurs langues et quand le Canada anglais m’a poussé à n’écrire qu’en anglais, j’ai cessé d’écrire en anglais.Si on me pousse à n’écrire qu’en français, je vais arrêter d’écrire en français, je vais écrire en italien, je vais aller m’enfermer dans mon ghetto.« Écrire, pour moi, est un geste ul time, apolitique, qui n’a rien à voir avec la société.On doit décrire la société, mais on ne doit pas être enfermé par elle, comme écrivain.Ma traversée est vraiment géographique et temporelle : je veux tenter de regarder les gens, mais non pas avec des lunettes foncées qui me feraient voir que tout'le monde est jaune, rouge ou vert.Si on me pousse dans une définition, je vais arrêter d'écrire.« Il faut éviter de répéter ce qu’on a fait à des gens comme Gauvreau et Aquin.Sa violence verbale, Gau vreau l’a dirigée contre le Québec aussi.Dans Les oranges sont vertes, les fusils éclatent vers les specta teurs.Il nous a dit : tu me pousses.De même, on a essayé de faire d’A quin quelqu’un qu’il n’était pas complètement.Le suicide est ce qui m’effraie le plus.Je m’aperçois que j’ai deux chapitres sur le suicide, dans mon roman.Le suicide hante notre histoire littéraire, qu’on se suicide moralement ou physiquement, comme Nelligan et Aquin, ou qu’on soit confiné au silence, comme Saint-Denys-Gameau.« Arrêtons de faire de l’écrivain un emblème politique.Je pense que c’est la plus grave erreur du Québec, en ce moment.Pour l’écrivain, c’est sa conscience qui compte.Je suis tout à fait contre le rôle romantique de l’écrivain.L’artiste doit être un héros de la grâce.» Décès de BRUXELLES (AFP) - Le poète belge Norge est décédé à l’âge de 92 ans.Auteur d’une quarantaine de recueils de poésies dont certaines ont été chantées par l’actrice française Jeanne Moreau, Norge (pseudonyme de Georges Mogin) vivait en France depuis de nombreuses années.Son dernier ouvrage, Le stupéfait, avait été publié en 1988.Il était entré en littérature en 1923 avec la publication de « vingt sept poèmes incer tains ».Son oeuvre poétique originale, et marquée par un profond sens de l’humour, a parfois été comparée à celle du poète français Jacques Prévert.Elle avait été couronnée par plusieurs prix.MANGER MIEUX-C'EST MEILLEUR paRTicipamon, Le Devoir, samedi 27 octobre 1990 ¦ D-5 N’est pas Sagan qui veut.LA NUIT DES MASQUES Marc Lambron Flammarion, Paris, 1990, 263 pages AlORIN ?N’EST PAS SAGAN qui veut, hélas ! Et celui qui vient de puiser dans le même vivier les crustacés durs, et devenus rares, espèce menacée d'ex Unction, que sont les bourgeois ren tés, devrait le savoir mieux que per sonne.Ne tente-t il pas, de semaine en semaine, de décortiquer d'autres spécimens du monde romanesque où il baigne, celui du village parisien ?En fait, la dernière fois que je lus Marc Lambron, c'était dans la?Point où U rendait compte, assez fielleu sement, de la biographie que Jo-syane Savigneau, sa collègue du journal Le Monde, vient de consacrer à Marguerite Yourcenar.Il faut dire que l'univers cosmique, et innombrable, de la souveraine de Pe-tite-Plaisance est à des années lumière de la minuscule galaxie où tournoient, en s'agitant beaucoup pour faire croire qu'elles existenL les étoiles pâlies de La nuit des masques Bien qu’il les décrive avec exactitude, qu'il utilise pour ce faire une langue policée, affinée par des con tacts sans doute répétés avec ces maîtres en fourberie amoureuse que sont Laclos, Marivaux, Crébillon fils et Roger Vailland, Marc Lambron n’atteint pas à la grâce, si naturelle, de Françoise, et surtout pas à jouer une petite musique qui lui serait propre Ses deux trentenaires, jouisseurs, jouant la Merteuil et son Valmont, pour une Cécile qui a depuis longtemps été déniaisée, dans la comédie des erreurs (on cite beaucoup les auteurs immortels, dans le roman de Lambron, de Shakespeare à Fran-çois Mauriac) ne sont pas parvenus à séduire la lectrice qui en a, il faut l’avouer vulgairement, ras-le-bol des romanciers dits bien parisiens.Elle est, cette lectrice fatiguée, tout à fait d'accord avec Jacques C.odbout qui, tout récemment, s’affligeait de constater que « tout se passe comme si le territoire du roman français, depuis la décolonisation, s’était rétréci jusqu’à n’être plus que celui du lit ».Or donc, une certaine Nathalie et un certain François, fastueusement installés dans la vie grâce à leurs parents fortunés, concluent un pacte aux termes duquel le prénommé François séduira Sylvia, une corné dienne déjà célèbre, qui joue La nuit et le moment, de Crébillon fils.Pour ceux et celles, et j’en suis, qui ne connaîtraient que de réputation cet auteur, le romancier nous rappelle qu'« en un acte, La nuit et le moment, exposait le dialogue de deux roués qui dans une chambre s'affrontent jusqu’à l'aube ».Nathalie, qui joue, elle, l’entremetteuse, « retrouvait sur le scène le tableau de ses propres nuits.Combien de fois avait-elle été, au Trémoy (c’est le petit château de vacances Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 27 octobre de 14h à 16h MICHELINE LA FRANCE Le talent d’Achille ^ Boréal______ Vendredi 2 novembre de 18h à 20h ANDRÉE FERRETTI la vie partisane m l’Hexagone Vendredi 9 novembre de 18h à 20h YVES PRÉFONTAEME Parole tenue • l’Hexagone Samedi 10 novembre de 14h i 16h YVES MICHAUD La folie du vin LIBRE EXPRESSION Mercredi 14 novembre de 17h à 19b CHRISTIANE OLIVIER Filles d’Eve Psychologie et sexualité féminine DENOËL 1120.ave.laurier ouest outremont, montréal ta.: 274-3669 362 joutsP** PHOTO ARCHIVES Marc Lambron de la riche héritière), cette marquise déchaussée qui faisait la moue aux hommes et n'avait de cesse qu'ils basculent dans son lit ?N 'était-elle que le reflet d’un langage perdu, le personnage d’un dialogue écrit deux siècles plus tôt ?» La citation n’a pas été choisie au hasard : elle condense tout l’esprit XVlIle siècle du roman de Lambron.Cette Cidalise et ce Clitandre se sont échappés d’une gravure de Boucher, ont emprunté les frusques XXe siècle pour se livrer à des ébats, sou vent languissants, entre la rue Fortuny (la bien nommée, du nom du couturier qui taillait de si belles ro bes), les grands et petits hôtels, à Paris, au bord du Lac de Garde, et même à New York, ce qui permet à celui qui les traque de belles pages, fort bien léchées, sur les villas ita tiennes et les belles avenues de Man hattan.11 faut rendre à Limbron ce qui lui revient ; quand il se livre à la critique de moeurs, il trouve de très bonnes formules « La bourgeoisie de Paris a le talent particulier de rendre ses filles niaises, puis tristes — ce qui avec le temps forge des esseulées convenables ».(.)« Une femme de trente ans, sans mari, sans enfant, c’est une résistante Ici Londres, les Françaises parlent aux Fran çais ».De plus toujours grâce à ses maîtres, l’auteur de La nuit des masques nous rappelle de bons mots trop oubliés Dont, en exergue du chapitre II, de Jean-Jacques Bous seau, tirée de Lettre ;) d'Alembert, cette observation cynique « Car ce sexe plus faible, hors d’état de prendre notre manière de vivre trop pé nible pour lui, nous force de prendre la sienne, trop molle pour nous, et ne voulant plus souffrir de séparation faute de pouvoir se rendre hommes, les femmes nous rendent femmes » Quand il ne s’échine pas à gagner le pari que lui impose celle qui de viendra, aux dernières pages, sa vraie compagne, ce François rentre chez lui à l'aube et noircit du papier Car, j’ai omis ce • détail », il esl aussi romancier « L’écrilurc le redressait comme un tuteur 11 retrouvait l’iro nie, cette politesse» des échoués.( ) Une nostalgie brutale l’habitait 11 s’essayait sur la longueur, dévidait des souvenirs, risquait des défini lions.Il étouffait Sylvia sous la cou vertu ri' des mots.Elle lui avail légué une émotion ( ) Il la noyait sous le souvenir des aulres.Il entrait dans l’obsession française ».L’obsession française.Tout est dil On ne peut mieux définir les sujets préférés des romanc iers dits bien pu risiens.Rien à ajouter r TAXER > LES LIVRES C’EST IMPOSER L’IGNORANCE Après Dans Poeil de üaigk» Jean-François Lisée nous invite au carrefour des tendances qui portent la société américaine et préfigurent les dilemmes auxquels les Québécois seront confrontés.Jean-François LISÉE Carrefours Amérique 408 pages - 24,95$ crHque N»t r* La rentrée vlb ROMANS Francine Noël BABEL.PRISE DEUX ou nous avons tous découvert l’Amérique lin roman stimulant qui noua plonge à nouveau dans l’univers si original ik» Francine Noël, avec ses personnages attachants, ses situations parfois dramatiques, parfois cocasses Un roman d’une grande lucidité fare aux événements sociaux qui nous questionnent jour apt tS.jour, pat l'auteure de Warp*«* et i h- Myri&m première 412 pages — 22.95 $ Marie-Françoise I .îggari PAYE-MOI UNE BOUFFE, POÈTE! Catherine, jeune prostituée de seize ans.decide de couper couit avec le • milieu ».I Ile rencontre l’écrivain Frédéric k, roman ciel très en vue, et s'installe chez lui pour v refaire sa vie.lin premier roman haul en couleur et en rebondissements.176 pages — 15,95 $ UN CŒUR QUI CRAQUE Dans ce • journal imaginaire ».son premier roman.Anne Dandurand.qui n’est pas une novice dans le domaine de l’écriture, met en scène une fille an coeur gros comme la terre, en mal d'amour et d'affection • Un venl de délinquant e amoureuse » Geneviève Picard, fi/A'-Çlrt'bo 136 pages — 14,95 $ Anne Uaiultuaiul Antonio d’Alfnitso AVRIL OU LAN 11 PASSION les réflexions d'un Néo Quéftét ois sur la langue, l'amitié, l'ainout.la famille, lin premier toman dépayrsant, d'une tare tendresse « Antonio D'Alfooso vient île faire une entrée remarquable dans le utorule îles lettres Vraiment, un l>etlt chef-d'oeuvre.• .lean Basile, / e /Arvo/i 200 pages — 16,95 $ ESSAIS DE LA ^ révolution SEXUELLE Pierre I ournicr AUTOPSIE I)U I AC MEECH L’INDÉPENDANCE EST-ELLE INÉVITABLE ?Un essai remarquable, le premier du cméat ldiu-ur inc La littérature d’aujourd’hui LEMEAC Prince paillard Le Devoir, samedi 27 octobre 1990 ¦ D-7 Léonie dévore les livres Un album de la collection «Je commence à lire» Illustre par Frédéric du Bus IjUotcte •cLé/u-cxe üeô Prix do vonle: 7,SB t ¦ Laurence Hert>ort Frédéric du Bus ( coTwnvcrtuu.*s ü*a
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