Le devoir, 6 novembre 1990, Cahier A
if .'• '.xu M Ipfffwpp §j§g§| U m M gS®§i RI < un peut détour.p sShOP ISTORAN our une grande gu TV istronomie italienne» Vol.LXXXI — No 258 ?Pluie Max.: 6.Détail page B-7.Montréal, mardi 6 novembre 1990 Côte-Nord Gdspesie.Nouveau-BrunswicK 60 cents Toronto 80 cents 60 CENTS LE SILENCIEUX Le Dictionnaire du Marginal LA PENSÉE du jour: « L’homme est absurde : il se refuse à descendre du singe, mais il accepte volontiers de monter du sous-sol ».Pollution.— Tous les égouts sont dans la nature.Étapisme.— Danse aérobique des messieurs Petitpas de la souveraineté.Savoir.— Refuser le Paradis.Embellissement.— Du sucre sur de la confiture Musique.— langage universel qui dit tout et n’explique rien.Union libre.— Mariage au noir.Prophète.— Qui se souvient de ce qui sera.ALBERT BRIE SOCIETE La caravane vers l’inconnu Entre le statu quo et l’indépendance pure et dure, est-il possible que la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel fasse consensus, à défaut d’unanimité, sur ce qui est essentiel au Québec pour survivre et prospérer ?Une analyse de Gilles Lesage Page B-1 La France malade de ses lycées Quelque 100 000 lycéens manifestent dans les villes de France depuis deux semaines (voir la nouvelle en page A-7).Notre collaboratrice à Paris, Sylviane Tramier, explique que ce n'est pas contre l’école que la jeunesse française grogne, mais pour une meilleure école.Les jeunes s'inquiètent de la violence et de leur avenir.Page B-1 SOMMAIRE Éditorial La victoire électorale du maire Doré et de son équipe s'accompagne, hélas ! d'une certaine défaite de la vitalité de la démocratie à l’hôtel de ville de Montréal.L’éditorial de Jean Francoeur.PageA-8 PHOTO AP Chandra Shekar Scission en Inde Le Janata Dal, parti au pouvoir en Inde, se scinde en deux après deux mois de troubles sociaux et de violentes manifestations contre le régime de Singh.Son rival, Chandra Shekar, pourrait prendre sa place.Page A-7 Autre remède contre l’inflation La Banque Nationale estime qu'Ottawa devrait se servir des transferts fédéraux pour contrer l’inflation dans les provinces.Page A-5 Le Forum de l’emploi veut que Québec ait seul tous les pouvoirs Paul Cauchon UNE VÉRITABLE POLITIQUE de relance de l’emploi au Québec passe obligatoirement par le rapatriement de tous les pouvoirs du Québec en matière de formation professionnelle, d’assurance-chômage, d’immigration, de placement d'emplois et de développement régional et local.Après une année de discussions, le comité de parrainage du Forum pour remploi, placé sous la responsabilité du président du Mouvement Desjardins Claude Béland, est arrivé à cette conclusion, qu’elle entend soumettre à la Commission Bélanger-Campeau.Le Forum pour l’emploi, c’est ce grand rassemblement qui s’était tenu il y a un an à la même date à Montréal, afin de lancer une vaste concertation autour de l’emploi.À l’époque, les discussions ne présentaient pas de caractère politique : le Forum, auquel avait assisté quelque 1600 participants, constatait plutôt la faillite du système d’éducation, qui ne sait pas bien former les travailleurs.Il déplorait aussi le manque de soutien et d’encadrement pour les entrepreneurs potentiels, ou encore l’absence de recyclage des travailleurs par les entreprises.Hier, la trentaine de parrains de ce Forum radicalisaient nettement leur pensée par un acte de foi envers le maximum de pouvoirs pour le Québec.Le comité de parrainage s’est réuni quelques fois depuis un an, et plus ses travaux avançaient plus il constatait « la confusion, le dédoublement et l’inefficacité résultant des nombreuses interventions des deux Claude Béland niveaux de gouvernement », déclare Claude Béland.« Nous ne faisons pas de politique, nous n’étions pas partis avec les réponses d’avance », soutient-il, tout en ajoutant avoir cherché les façons d’éliminer les barrières au plein emploi.Le comité du Forum pour l’emploi comprend, entre autres, tous les grands chefs syndicaux de la pro vince (Mme Pagé, de la CEQ, MM.Larose, de la CSN, Laberge, de la FTQ, G ingras, de la USD), la Fédération des cégeps, les recteurs de l’UQÀM, des universités Laval et Concordia, l’Assemblée des évêques, l’Union des municipalités régionales de comté, les villes de Montreal et de Québec, 1’Union des municipalités du Québec, les Conseils de la jeunesse et des communautés culturelles.Le Conseil du patronat n’en fait pas par tie (il n’a pas voulu se joindre au Forum), mais on y retrouve Raymond Sirois le président de Québec-Télé phone, Jean Lambert, le président de la Chambre de commerce du Qué bec, Serge Racine, de Shermag, et même la section Québec de l’Association des manufacturiers canadiens.Le rapatriement des pouvoirs d’Ottawa en matière de main-d’œuvre peut-il empêcher les effets de l’actuelle récession ?« Pour être vraiment efficace ça prend des pouvoirs que le Québec n’a pas actuellement », résume Louis Laberge, de la FTQ.Claude Béland a justifié hier la position du regroupement à l’aide de nombreux chiffres : les dépenses relatives aux divers programmes de main-d’oeuvre des deux niveaux de gouvernement totalisaient en 1988 1989 5,7 milliards $, dont 11,3 % seulement sont versés à des programmes de formation et d’adaptation de la main-d’œuvre.À eux seuls, les programmes d’assurance-chômage et d’aide sociale représentent 88 % des dépenses des différents programmes de main-d’oeuvre, soit près de 5 milliards $ au Québec.Les deux niveaux de gouvernement emploient plus de 11 500 per-Volr page A-2: Le Forum PHOTO JACQUES GRENIER Les piétons au pas Les piétons qui, comme celui-ci, feront peu de cas des feux rouges seront désormais mis à l’amende à Montréal.Deux points de démérite ajoutés au permis de conduite ou une contravention de 20 $, tels sont les remèdes qu'entend appliquer le service de police pour diminuer le nombre d’accidents mortels chez les piétons qui a bondi de 20 % entre janvier et juin 1990.Pas moins de 25 piétons sont décédés durant cette période, happés par des automobilistes.En fait, le service de police ne fait, depuis hier, qu’observer à la lettre les 17 règlements déjà existants qui régissent la conduite du citadin à pied, jusqu'ici rarement apppliqués.Les traversées hors des points d’intersection ou sur les feux rouges font partie des infractions prévues par la loi.Doré jongle avec l’idée de la proportionnelle Laurent Soumis AU LENDEMAIN d’une élection où la moitié du vote exprimé a assuré son parti de 84 % des sièges au conseil muncipal, le maire de Montréal, M.Jean Doré, a admis hier qu’il jonglait avec l’idée d’introduire une forme de représentation proportionnelle lors du prochain scrutin en 1994.À l’occasion d’une conférence de presse marquant le début de son second mandat, le maire a indiqué qu’il ferait part prochainement de ses « réflexions » au ministre responsable de la réforme électorale.« Il me semble important d’introduire certains éléments compensatoires, notamment à l’échelle des neuf arrondissements (qui regroupent les 50 districts) pour que des partis d’opposition puissent y avoir une présence, de même qu’au conseil municipal ».Selon les dernière données fournies hier après-midi par le président des élections, les cinq formations d’opposition qui se sont partagées l’autre moitié du vote dans les districts ne sont parvenues qu’à faire élire huit conseillers, dont un indépendant.Ce sont MM.Alain André (Ahunt-sic), Nick Auf der Maur (Peter-McGill) et Pierre Gagnier (Cartier-ville), du Parti municipal; Pierre Goyer (Saint-Édouard), Sam Boskey (Décarie) et Marvin Rotrand (Snowdon), de la Coalition démocratique; Pasquale Compierchio (Saint-Michel), du Parti civique, et Germain Prégent, indépendant (Saint-Henri).Le maire Doré s’est défendu hier d’avoir mené « une campagne feutrée » rejetant la responsabilité du faible taux de participation de 35 % — le plus bas depuis l’adoption du scrutin universel il y a 20 ans — sur les médias qui ont « banalisé » les enjeux de la campagne.À l’heure où plusieurs leaders à Québec et à Ottawa éprouvent des problèmes de crédibilité, M.Doré s’est dit assuré qu’avec 59 % du vote à la mairie et une présence dans tous les quartiers, y compris ceux à forte composition ethnique, il pourrait parler haut et fort au nom de Montréal.« J’espère que la campagne aura permis de sensibiliser les gouvernements supérieurs et les décideurs au problème de la pauvreté à Montréal, a-t-il lancé.J’attends maintenant des gouvernements que les suivis soient donnés pour la relance de l’est et du sud-ouest de la Ville.Que les gouvernemenLs règlent leurs chicanes sur la formation professionnelle; qu’ils réévaluent leurs politiques d’habitation pour appuyer les stratégies de Montréal ; qu’ils donnent suite au rapport Bertrand sur la sécurité publique et la lutte à la drogue».Le maire, qui n’anoncera pas avant le 15 novembre la composition du comité exécutif de la Ville, a l’intention de témoigner en décembre devant la Commission Bélanger- Campeau pour faire valoir « la place de la métropole et des municipalités » dans l’avenir constitutionnel du Québec.Il abordera la prochaine ronde de négociations Québec-municipalités dans un esprit d’ouverture.« Ce ne doit pas être une guerre de pouvoirs ni un problème de délestage budgétaire», a affirmé M.Doré.« La question est : comment s’assurer que les besoins des citoyens soient mieux servis et à meilleur coût sans double emploi ».Le maire Doré espère enfin susciter « une volonté régionale » pour imposer d’ici l’an prochain une redevance sur le stationnement non résidentiel sur Hie de Montréal afin de Voir page A-2: Doré Les USA rappellent des unités de leurs réserves pour le Golfe d'après Reuter et AFP WASHINGTON — Le Pentagone a décidé de rappeler des réservistes appartenant à des unités de combat pour les envoyer dans le Golfe, a annoncé, sans plus de détails, le gouvernement américain hier.Les forces américaines actuellement déployées dans le Golfe totalisent 220 000 hommes.Par ailleurs, les États-Unis et l’Arabie Saoudite ont conclu hier un accord sur le commandement des opérations en cas d’intervention militaire contre l’Irak, ont annoncé des responsables américains et saoudiens.Le problème du commandement, qui menaçait de perturber une éventuelle offensive de la force multinationale, « a été résolu à la satisfaction totale du gouvernement saoudien et du gouvernement américain », a déclaré à la presse un haut responsable américain.L’accord a été conclu lors d’entretiens à Djeddah entre le secrétaire d'État américain James Baker et le roi Fahd, d’Arabie Saoudite.Aux termes de l’accord, les troupes américaines et saoudiennes opéreraient sous un commandement militaire commun du royaume, ont précisé les responsables.Mais en cas d’action militaire au-delà des frontières saoudiennes, les troupes américaines seraient placées sous commandement américain, une fois l’opération approuvée « au plus haut niveau politique » par les deux gouvernements.À Rome, les ministres des Affaires étrangères de la CÉE ont réaffirmé leur « volonté unanime de continuer à agir en respectant la déclaration sur les otages en Irak adoptée par le Conseil européen le 28 octobre dernier », a annoncé le ministre italien, M.De Michelis.Après avoir répété leur cohésion sur cette ligne, les ministres ont décidé d’examiner, sur proposition de M.Hans-Dietrich Genscher, ministre allemand des Affaires étrangères, la possibilité d’envoyer une mission de la CÉE « dans plusieurs pays susceptibles d’insister auprès de Bagdad pour que l’Irak accepte de recevoir une mission des Nations unies sur les otages», a indiqué M.De Michelis.A Taef, en Arabie Saoudite, l’émir du Koweit en exil a demandé hier au secrétaire d'État américain, James Baker, de libérer au plus vite son pays de l’occupation irakienne.« Pour ce qui me concerne, je préférerais voir mon pays libéré aujourd'hui plutôt que demain », a déclaré cheikh Djaber al Ahmed al Sabah en recevant James Baker à Taef, où son gouvernement en exil et lui-même résident depuis le 2 août, date de l’invasion de l’émirat par les troupes de Bagdad.Les dirigeants du Koweit ont également assuré James Baker qu’ils allaient augmenter leurs efforts pour financer l’alliance anti-irakienne déployée dans le Golfe, a rapporté un responsable américain.Voir page A-2: Les USA Le Salon rouge s’ouvre sur l’avenir du Québec Michel Venne de notre bureau de Québec C’EST DANS LE DÉCOR solennel du Salon rouge de l’Assemblée nationale, assis au bout d'une immense table en U, le fleurdelisé à sa droite et l’unifolié à sa gauche, que M.Michel Bélanger ouvrira, ce matin à dix heures, les travaux de la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec.L’ancien salon du Conseil législatif (aboli en 1968) a été transformé en un véritable studio de télévision pour cet événement politique, sans doute le plus médiatisé dans l’histoire parlementaire québécoise.Toutes les séances publiques de la commission seront retransmises en direct, via le satellite Anik C-l et les réseaux de câblodistribution, dans toutes les régions du Québec, au Nouveau-Brunswick, ainsi que dans une partie de l'Ontario.Aujourd’hui, la télévision d’État diffusera en direct les premiers pas de cet exercice démocratique sans précédent.La commission, dotée d’un budget de plus de 10 millions $, tiendra des audiences dans 11 villes du Québec à compter de demain pour entendre un échantillon représentatif des quelque 450 mémoires déjà reçus.La journée d’aujourd’hui est tout entière consacrée aux allocutions d’ouverture des 36 commissaires.Le chef du Parti Égalité, M.Robert Libman, qui est membre de la commission mais sans droit de vote, prendra lui aussi la parole.Les deux coprésidents, M.Michel Bélanger d’abord pour respecter l’ordre alphabétique, puis M.Jean Campeau, ouvriront Voir page A-2:Le Salon Cartier chez BIRKS Dans chaque boîte bleue se cache un rêve.4» y BIRKS J£lf» i A-2 M Le Devoir, mardi 6 novembre 1990 Les É.-U.refusent d’endosser les mesures du Canada contre le réchauffement atmosphérique OTTAWA (PC) — Les fonctionnaires canadiens sont frustrés par le refus des États-Unis d’endosser des mesures susceptibles de freiner le réchauffement climatique.« Malgré tous nos efforts, il a été impossible jusqu’à présent d’obtenir que les Américains reconnaissent l’urgence d’adopter dès maintenant un programme national de lutte contre le réchauffement global », déplorait hier M.Arthur Campeau, conseiller du ministre de l’Environne-ment Robert de Cotret, à Genève.Le ministre de Cotret se trouve à Genève pour une conférence internationale sur le phénomène du réchauffement global de l’atmosphère.Le réchauffement climatique est principalement attribué à l’augmentation des concentrations de gaz car- bonique, un gaz engendré par la déforestation et la combustion des hydro-carbures.De nombreux scientifiques préviennent que les concentrations croissantes de ce gaz pourraient transformer l’atmosphère de la planète en un véritable four, toujours plus chaud.la conférence de Genève, qui réunit des experts et politiciens de 126 pays, vise à paver la voie à un traité international de protection de l’atmosphère.Le Canada s’est engagé à limiter ses émissions de gaz carbonique aux niveaux actuels d’ici l’an 2000 et à ne plus les dépasser.Sans une telle mesure, tout indique que les émissions de gaz carbonique grimperaient substantiellement au cours des prochaines années.Huit pays européens ont aussi endossé un gel des émissions de gaz carbonique à Genève et pressé les États-Unis de les imiter, mais les Américains ne bougent pas, a dit M.Campeau, qui ajoute que l’Union soviétique et la Chine opposent aussi une résistance, mais pas parce que ces pays ne jugent pas le problème urgent.C’est plutôt qu’ils n’ont pas les moyens — la technologie — pour parvenir à geler leurs émissions au niveau actuel.Selon M.Campeau, il est inutile de penser régler le problème du réchauffement climatique sans l’appui des États-Unis.Et à son avis, il est fort peu probable que les Américains changent d’avis d’ici la fin de la conférence, demain.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Doré financer la relance du transport en commun.M.Doré a ensuite énuméré quelques * réalisations concrètes » qui marqueront l’année prochaine : l’ouverture du Centre de commerce mondial, du Jardin chinois au Jardin botanique, de cinq nouveaux hôtels et du nouveau Musée des beaux-arts, la tenue du troisième Sommet des grandes villes du monde, l’introduction de la carte Accès-Montréal, l'adoption d'une politique de gestion intégrée des déchets et la relance du transport en commun qu’il voudrait voir coïncider avec le 25e anniversaire de l’ouverture du métro.« L’an prochain sera aussi une année de chantiers, a-t-il dit : Pointe-à-Callières, Musée d’art contemporain, Vieux-Port, Champ de Mars, place Berri, place Charles-de-Gaulle, Parc Ahuntsic et Belvédère de la Montagne ».M.Doré n’a pas voulu commenter les discussions en cours sur la contribution de Montréal à la sauvegarde des Kxpos.En ce qui concerne les fêtes du 350e anniversaire, le maire a reconnu que la récession économique compliquait la recherche de commandites, mais a promis de nouvelles annonces d’ici peu.4 Le Forum sonnes pour gérer des programmes de main-d’oeuvre.Plus de 40 % des sommes versées par le fédéral en vertu des ententes sur la formation professionnelle vont aux frais administratifs.Le dédoublement des programmes est donc trop coûteux, et il n’y a pas assez de sommes consacrées réellement à la formation.Le Forum sur l’emploi est donc d’avis qu’il faut rapatrier d’Ottawa tous les pouvoirs, avec transferts des sommes adéquates, dans le domaine de la formation professionnelle, de l’immigration et du développement local et régional.En ce qui concerne le placement et la création d’emplois, Québec doit établir un guichet unique de placement et de création d’emplois (un seul centre de main-d’oeuvre donc).L’assurance-chômage représente 60 % de toutes les dépenses au Québec dans le domaine de la main-d’oeuvre (soit 3,4 milliards $).Québec doit donc récupérer la responsabilité de son administration et, à plus long terme, il lui faut rapatrier entièrement sa compétence en la matière, compétence qui avait été cédée au fédéral en 1940.Et toute réforme majeure des structures et des orientations de la politique fiscale, commerciale et monétaire au Canada doit accorder au Québec une place assez importante pour que ces politiques puissent répondre à ses besoins propres.Sinon, « il faudra se doter des outils nécessaires pour que le Québec détermine ses propres stratégies macroéconomiques ».Claude Béland ajoute qu’il faut être en mesure, comme le disait Jean Lesage en 1965, « de faire en sorte que le Québec puisse reprendre le plein contrôle de ses leviers économiques, politiques, administratifs et sociaux».La position présentée hier a été qualifiée d’unanime, mais Serge Racine, président de la compagnie Shermag, a voulu démontrer sa prudence : « Certains d’entre nous ne se rendent pas aussi loin (que la déclaration de principe).Mais personnellement ce qui m’a fait évoluer, c’est la capactié de cohésion de notre Ses grandes oeuvres originales 71 mi.y* / , 4.7* .* ^ *» xaa » y ¦ -v 7 « -% * j # VZ R “Osmose" Vlichel Leroux articipe/ l .Le ministre australien a clairement indiqué que le groupe de Caims entendait par là le réexamen de la conclusion du Round prévue au niveau ministériel du 3 au 7 décembre * prochain à Bruxelles.M.Blewett a en effet déclaré: « Cela pourrait bien prendre la forme d’un ajournement de la réunion de Bruxelles (.) d’un autre format pour cette réunion et de nouvelles négociations.Nous ne pouvons encore nous prononcer.Ce que nous disons, c’est que si d’ici dix jours nous n’avons pas réussi à sortir de l’impasse agricole, le format de la réunion de Bruxelles tel qu’il est actuellement prévu, ne sera pas possible ».FORRESTERIE NORANDA INC.AVIS DE DÉCLARATION DE DIVIDENDE AVIS est par les présentes donné qu'un dividende de 10 cents (0.10$) l'action en devise canadienne sur les actions ordinaires en circulation de la société a été déclaré payable le 21 décembre 1990 aux actionnaires inscrits à la fermeture des bureaux le 1er décembre 1990 par les administrateurs de Foresterie Noranda inc.Par ordre du Conseil d'administration T.G.Stinson.Le Sécretaire TORONTO, Ontario Le 24 octobre 1990 MINNOVA INC.DIVIDENDE DÉCLARÉ Le Conseil d'administration a déclaré un dividende en espèces de 0,10 $ (dollars canadiens) par action sur les actions ordinaires de la société, payable le vendredi 14 décembre 1990 aux actionnaires inscrits le vendredi 16 novembre 1990.Par ordre du Conseil.John B.Sage Secrétaire Toronto.Ontario Le 25 octobre 1990 A NOVA AVIS DE DIVIDENDE Avis est par les présentes donné que le conseil d’administration de NOVA Corporation of Alberta a déclaré les dividendes trimestriels Indiqués cl après qui seront payables le IS novembre 1990 aux actionnaires Inscrits à la date de clôture des registres à la fermeture des bureaux le 0 novembre 1990.ACTIONS PRIVILÉGIÉES Série 9V.%, dividende N° 23: Un dividende sur les actions privilégiées de premier rang à taux flxe/flottant, rachetables, à dividende cumulatif de 9% % pour la période se terminant le 15 novembre 1990, s’élèvera à un montant par action égal à un quart de 70 % de la moyenne du taux préférentiel (comme II est défini dans les dispositions rattachées aux actions privilégiées de premier rang à taux flxe/flottant, rachetables, à dividende cumulatif de 9'/« %) en vigueur chaque |our pendant la période de trois mois civils prenant fin le dernier Jour d’octobre 1990 (la « période de calcul »| multiplié par 25,00 $.Ce dividende, payable le 15 novembre, 1990, est de 0,6174875 S par action, d’après un taux préférentiel de l4'/« % jusqu’au 16 août 1990, un taux préférentiel de 14'/4 % |usqu’aû 20 septembre 1990, et un taux préférentiel de I i % par la suite.J.S.MUSTOO Vice président, contentieux et secrétaire NOVA Corporation of Alberta Calgary (Alberta) \jp l,r novembre 1990 Les ministres du groupe de Caims ont en outre souligné avec force qu’ils attendaient de la CÉE, dont les ministres de l’Agriculture se sont réunis une nouvelle fois hier à Bruxelles pour essayer de se mettre d’accord sur leur position, autre chose qu’une proposition sur des réductions minimales « à prendre ou à laisser ».« Nous voulons que la CÉE puisse négocier », a déclaré M.Blewett et que sa proposition « respecte les engagements » pris lors du sommet des sept grands pays industrialisés de Houston (Texas), et concerne tant « l’accès au marchés, que les soutiens internes et les aides à l’exportation ».Le groupe de Cairns rassemble l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, la Hongrie, l’Indonésie, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, la Thaïlande et l’Uruguay.Un 14ème pays, Fidji, s’est joint aux travaux du groupe, mais n’est pas membre du GATT.Dans un communiqué, les ministres ont souligné leur inquiétude de voir la CÉE reprendre d’une main ce qu’elle donnera de l’autre, en attachant à ses propositions des conditions visant a un « rééquilibrage et à des protections supplémentaires sur certains produits qui iraient à contre-courant des objectifs de libéralisation du Round ».M.Blewett a paç ailleurs indiqué qu’une délégation ministérielle se rendrait dans les jours à venir à Bonn, Paris et Rome pour y présenter la position du groupe de Caims.Il a ajouté que la question de la libéralisation du commerce agricole n’était pas une querelle Etats-Unis-CÉE, mais qu’elle opposait les Douze à l’ensemble des autres nations agricoles.Il a encore affirmé qu’en cas d’échec du Round, la CÉE en serait « le plus grand perdant ».Pour sa part le ministre canadien du Commerce, M.John Crosbie, a exclu la possibilité « d’une politique de la chaise vide » agitée il y a quelques jours par le ministre argentin de l’Agriculture, Felipe Sola.« Nous n’avons pas l’intention de partir », a déclaré M.Crosbie.Les ministres du groupe de Caims doivent poursuivre leurs consultations aujourd’hui, en particulier avec les États-Unis qui ont envoyé hier à Genève leur représentant pour les Affaires commerciales, Mme Caria Hills, et son adjoint M.Julius Katz.KERR ADDISON MINES LIMITED DIVIDENDE DÉCLARÉ Le Conseil d'administration a déclaré un dividende en espèces de 0.15 $ (dollars canadiens) par action sur les actions ordinaires de la société, payable le vendredi 14 décembre 1990 aux actionnaires inscrits le vendredi 16 novembre 1990.Par ordre du Conseil, John B.Sage Secrétaire Toronto.Ontario Le 25 octobre 1990 Imasco Limitée Avis est par les présentes donné que le Conseil d'administration d'Imasco Limitée a déclaré les dividendes suivants: DIVIDENDE N° 376 Dividende trimestriel, actions ordinaires 32 cents par action DIVIDENDE N° 18 Dividende trimestriel, actions privilégiées de premier rang rachetables au gré du porteur, à dividende de 7,375%, série C 46,0938 cents par action DIVIDENDE N” 7 Dividende trimestriel, actions privilégiées de premier rang perpétuelles à dividende de 7,90%, série D 9,875.dollars par action Les dividendes seront payés le 31 décembre 1990 aux actionnaires inscrits à la fermeture des bureaux le 23 novembre 1990.Par ordre du Conseil, Rodrick K.MacKinnon, Secrétaire et conseiller juridique.Montréal, Québec, le 31 octobre 1990.E J § | ' Si TOUJOURS Ambulance St-Jean U ACTUALITE INTERNATIONALE Le Devoir, mardi 6 novembre 1990 M A-7, ?» « LE MONDE EN BREF Le roi accepte KATMANDOU (AFP) - Le roi Birendra du Népal a accepté hier un projet de constitution soutenu par le gouvernement qui établit une monarchie constitutionnelle et introduit le multipartisme dans le pays, a annoncé le premier ministre Krishna Prasad Bhattarai.Selon une autre source, proche du gouvernement, le roi s’est engagé à promulguer cette constitution des vendredi prochain.D’après M.Bhattarai, seuls des changements mineurs ont été apportés au document initial, les quatre principes de base ayant été maintenus : monarchie constitutionnelle, multipartisme, souveraineté de l'État revenant au peuple, et plein respect des droits de l’homme.En vertu de la nouvelle constitution, le souverain népalais, chef de l’État, ne pourra gouverner seul et devra suivre les avis du conseil des ministres — notamment pour convoquer le Parlement bicaméral, le prolonger ou demander sa réunion d’urgence.Jusqu’à présent, le Palais royal amendait tout projet de constitution de maniéré à ce que la monarchie conserve tous les pouvoirs — exécutifs, législatifs et judiciaires, y compris certains pouvoirs exceptionnels.Adversaire élu KARACHI (AFP) — Un adversaire de l’ancien premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a été élu hier à la tête du gouvernement local du Sindh par l’assemblée de cette province, dont est originaire Mme Bhutto.M.Jam Sadiq Ali, soutenu par l’Alliance démocratique islamique (IJI) qui a remporté les élections d’octobre, a été élu premier ministre du Sindh lors d’un vote boycotté par la coalition de Mme Bhutto, l’Alliance démocratique du peuple (ADP).M.Ali a recueilli les voix des 58 députés provinciaux présents, sur un total de 109 membres.1,’ADP a affirmé avoir boycotté ce vote afin de protester notamment contre la détention de l’un de ses députés, M.Ghulam Husain Unnar, qui n’a pas été autorisé à assister à la session.La coalition de Mme Bhutto avait cependant présenté un candidat pour l’élection à la présidence de l’assemblée provinciale.Celle-ci a été remportée par un représentant du Mouvement Mohajir Qaumi (MQM), M.Abdul Raziq Khan.Fermeture d’écoles BRAZZAVILLE (Reuter) - Le gouvernement congolais a décidé hier de fermer tous les établissements scolaires et l’université de Brazzaville, à la suite d’une agitation dans les milieux scolaires et d’un début de grève des enseignants.Un communiqué précise que cette fermeture est momentanée et durera jusqu’à ce que « les conditions d’ordre et de sécurité de personnes et des biens redeviennent normales ».Les autorités, qui ont appelé les parents à « tenir éloignés leurs enfants de tout foyer d’agitation », présentent la fermeture des écoles comme un moyen de prévenir « la manipulation des élèves par des fauteurs de troubles ».Selon des témoins, les manifestations dans les écoles de Brazzaville on fait hier deux blessés, un policier agressé a coups de pierres et un ressortissant chinois molesté par un groupe de jeunes gens non identifiés.La Fédération des travailleurs de la science, du sport, de l’éducation, de l’information et de la culture, qui revendique 30 000 affiliés, a lancé hier un mot d’ordre de grève pour le 10 novembre pour réclamer des meilleures conditions de travail et des augmentations de salaires.Le corps enseignant n’a pas attendu ce délai et a manifesté dès hier.Les forces de l’ordre se sont déployées autour des établissements scolaires et aux points névralgiques de la capitale.Lubachivsky rentre ROME (AFP) — Le cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky, chef de l’Église catholique d’Ukraine, en exil depuis 52 ans, rentrera dans son pays, a annoncé hier un communiqué de la communauté ukrainienne de Rome.Le cardinal (76 ans) se rendra en Ukraine au mois d’avril prochain sur invitation de la municipalité de Lvov, diocèse dont il est l’archevêque.« Je n’ai pas de mots pour exprimer ma joie.Je remercie Dieu de m'avoir permis de voir mon Église à nouveau libre et de rentrer dans mon siège épiscopal », a commenté le cardinal.L’Église catholique d’Ukraine, qui compte environs 5 millions de fidèles, avait été intégrée de force dans l’Église orthodoxe par Staline en 1946 et a retrouvé son autonomie à la suite des bouleversements en U RSS.Sa légalisation deviendra definitive après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la liberté religieuse dans les républiques soviétiques.Fumer, cest gaspiller ^ Argent ^santé______ 100 000 lycéens français manifestent Les étudiants exigent un plan d’urgence de rénovation du système éducatif d'après Reuter et AFP PARIS — Près de 100 000 lycéens ont à nouveau envahi les rues des principales villes de France, hier, pour tenter d’obtenir du gouvernement l’adoption d’un plan d’urgence de rénovation du système éducatif.À Paris, de la place d’Italie à l’Assemblée nationale — où avait lieu la discussion sur le budget de l’Éducation nationale — 20 000 à 40 000 lycéens ont battu le pavé pour obtenir « des vraies réponses et non plus des promesses ».Quelques centaines de jeunes venus de la banlieue se sont livrés à des actes de vandalisme et ont harcelé les forces de l’ordre.Huit journalistes, trois policiers et deux gendarmes mobiles ont été blessés lors de la manifestation, a-t-on appris de source policière.Parmi les huit journalistes blessés, deux ont dû recevoir des soins.Un des cinq membres des forces de l’ordre a dû être hospitalisé.Le préfet de police de Paris, M.Pierre Verbrugghe, a indiqué à la presse que ces personnes ont été blessées par des projectiles lancés par « des groupes non identifiés ».Les échauffourées ont eu lieu devant l’Assemblée nationale entre les forces de l’ordre et une centaine de manifestants qui se trouvaient en tête du cortège.Le service d’ordre des lycéens est venu un moment à la rescousse de la police, repoussant les plus excités derrière les barrières et criant « halte à la provoc », tandis que les autres entonnaient « lycéens pacifistes ».Après la dispersion de la manifestation, quelques jeunes gens ont mis à sac un restaurant, saccagé un kiosque à journaux, détruit une cabine téléphonique et brisé plusieurs vitres de magasins.La délégation de lycéens qui a été reçue dans l’après-midi au Palais Bourbon s’est déclarée déçue et • lassée des promesses ».« Un n'a pas obtenu grand-chose.Demain, en retournant en cours, on aura toujours les mêmes problèmes de moyens, de liberté d'expression à l’intérieur de nos bahuts », a déclaré Nasser Ramdane, porte-parole de la Fédération indépendante et démo cratique des lycéens (FIDL).D’autres lycéens ont dénoncé le peu d’intérêt des députés pour le premier budget de la nation.« Ils n’étaient que 37 sur les bancs de l’assemblée, c’est scandaleux.Nous, on veut des résultats, sinon on sera là chaque semaine », a dit l’un d’eux.Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste, a néanmoins proposé que les appelés puissent effectuer leur service national en milieu scolaire, ce qui permettrait de doubler le personnel d'encadrement des lycées.En province, les manifestations ont réuni plusieurs milliers de jeunes, dont plusieurs centaines d’étudiants ralliés à la cause lvcéenne.Ils étaient 6000 à Lyon, 5000 à Marseille, 4000 à Strasbourg et plus de 4000 à Lille.Leur mobilisation ne s’étant pas émoussée malgré les vacances de la Toussaint, les jeunes en colère ont décidé de maintenir la pression pendant toute la semaine, jusqu'à la marche pour l'éducation prévue le 12 novembre.Devant les députés, le ministre de l’Éducation Lionel Jospin a affirmé que le message des lycéens avait été entendu et a lancé un appel au dialogue.« Au temps de la protestation doit succéder maintenant celui du dialogue et de la concertation.Car c’est avec les lycéens eux memes qu’il nous faut trouver les solutions aux difficultés qui sont mises en avant », a-t-il dit à l’Assemblée.Mais le ministre a souligné qu'il n'était pas ouestion d’augmenter le budget de l'Éducation, qui est devenu le plus important de la nation et dépasse pour la première fois depuis dix ans celui de la Défense.La peur de l’insécurité qui avait motivé la première fronde des jeunes le 22 octobre a fait place à des revendications tous azimuts.Elles sont à la fois quantitatives (moins d’é< lèves par classe, plus de professeurs, des locaux décents) et qualitatives (refonte des rythmes scolaires).Les animateurs lycéens avouent que ce malaise aux racines encore floues tient avant tout à un ras-le-bol et à l'inquiétude de rater les études.Ils disent vouloir éviter toute récupération politicienne.Les coordinations sont toutefois soutenues par la gauche du Parti socialiste, l’extrême gauche, les jeu nesses communistes, et plusieurs syndicats d’enseignants et de pa rents d’élèves.Le parti au pouvoir en Inde éclate en deux factions PHOTO AP Le leader dissident du parti Janata Dal, Chandra Shekar, au centre, parle avec les journalistes à New Delhi.NEW DELHI (AFP) — Le principal parti au pouvoir en Inde a éclaté hier en deux factions rivales, réduisant encore les chances du gouvernement minoritaire de M.Vishwanath Pra-tap Singh de se maintenir au pouvoir, alors que les sanglants affrontements autour de la mosquée d’Ayodhya secouent le pays.Plus de 60 parlementaires ont officiellement fait scission du Janata Dal, principale composante du Front national au pouvoir, et élu à leur tête ,M.Chandra Shekar, un dirigeant de longue date du Janata, et ennemi personnel de M.V.P.Singh.Simultanément, 108 des parlementaires du Janata Dal ont réaffirmé leur confiance au premier ministre mais les observateurs estimaient exclu qu’il puisse réunir une majorité à la chambre basse lors d’un vote de confiance prévu demain.Trente des dissidents dont M Shandra Shekhar ont immédiatement été exclus du parti.M.Shekhar, 63 ans, multipliant les critiques contre la politique de M.V.P.Singh, ne cachait guère depuis plusieurs semaines ses ambitions de devenir premier ministre.Son élection hier à la tête d’une faction rebelle a été interprétée comme une déclaration de candidature pour tenter de résoudre une crise politique née d’un conflit à propos d’une mosquée.Le Parti du Congrès (I) de M.Rajiv Gandhi, chassé du pouvoir lors d’élections en décembre dernier, a déclaré hier que l’élection de M.Shekhar était bienvenue.Il a ajouté qu’il lui apporterait une cooperation constructive s’il tentait de former un gouvernement.Une crise politique avait éclaté il y a deux semaines en Inde en raison des positions opposées prises par le gouvernement et le Bharatiya Janata ( BJ P), un parti de droite prohindou, sur le conflit qui oppose hindous et musulmans à propos d’une mosquée.Accusant le BJP, qui lui apportait un soutien crucial au Parlement, d’attiser la haine entre Hindous et musulmans, le gouvernement avait fait arrêter son président Lal Kris-han Advani.Ce dernier, qui avait pris la tête d’une véritable croisade vers la ville d’Ayodhya pour tenter de démolir la mosquée et d’y construire un temple hindou à sa place, avait immédiatement retiré son soutien au gouvernement, le privant du même coup d’une majorité.Les Hindous affirment qu’Ayo-dhya est le lieu de naissance de leur dieu Rama, et qu’un temple existait sur ce lieu sacré avant que les musulmans qui dirigeaient l’Inde au 16ème siècle le détruisent pour y édifier la mosquée.Les musulmans rejettent cette thèse.En 11 mois de pouvoir, M.V.P.Singh avait déjà dû faire face à plusieurs crises au sein de son parti, provoquée par l’indiscipline de son ex-vice premier ministre Devi Lal, un proche de M.Chandra Shekhar.Hier, deux membres de son cabinet ont annoncé leur démission, portant à sept le nombre des ministres qui ont fait défection en dix jours.Si M.V.P.Singh perd comme tous s’y attendent, le vote de demain, le président Ramaswamy Venkata-raman peut alors demander soit à M.Shakhar, soit à M.Rajiv Gandhi dont le parti est le plus nombreux à la chambre, de former un gouvernement.Il peut aussi convoquer des élections, mais a déjà fait savoir qu’il préférer éviter cette solution.La croisade d’Ayodhya, une ville sainte hindoue à 700 km au sud est de New Delhi, a atteint son point culminant la semaine dernière, lorsqu’à deux reprises des milliers de militants se sont lancés à l’assaut de la mosquée en bravant les balles de la police.Vingt-quatre personnes au moins ont été tuées.Au total, la controverse d’Ayodhya a provoqué des centaines de morts depuis un an, dont 250 depuis l'arrestation de M.Advani.Hier la police a rouvert la mosquée, peut-être la seule au monde à abriter des idoles hindoues, afin de laisser pour la première fois les militants prier.La veille le leader du Conseil hindou mondial, une organisation intégriste qui a organisé la campagne pour construire un temple sur le site de la mosquée, avait demandé aux militants venus de toute l’Inde pour tenter de détruire la mosquée, de rentrer chez eux, donnant l’impression qu’un compromis avait été trouvé avec les autorités locales, La situation restait toutefois confuse hier, où des milliers de militants ont continué d’arriver à Ayodhya.La France tente de relancer le processus de paix au Rwanda Gorbatchev doit compter sur l’armée pour les fêtes de la révolution NAIROBI (AFP) — La France va tenter de relancer le processus de paix au Rwanda, après les missions menées en octobre par la Belgique, avec la tournée diplomatique en Afrique qu’effectuent à partir d’aujourd’hui le ministre de la Coopération, M.Jacques Pelletier, et le conseiller du président pour les Affaires africaines, M.Jean-Christophe Mitterrand.M.Pelletier a entamé sa mission de paix hier à Bruxelles.MM.Pelletier et Mitterrand s’envoleront ensuite pour Kigali où ils devraient arriver aujourd’hui pour une première série d’entretiens avec le président Juvénal llabyarimana.MM.Pelletier et Mitterrand rencontreront également à Kampala le président ougandais Yoweri Museveni, qui est aussi président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).La France a envoyé 300 parachutistes à Kigali quelques jours après le début de l’invasion du nord-est du pays par les rebelles du Front patrio-tique rwandais (FPR), venus de l’Ouganda, le 1er octobre.Ces forces ont pour mission de protéger les ressortissants français.La présence militaire française et MOSCOU (Reuter) — Une commission de conciliation s’est rendue hier dans la partie russophone de la Moldavie pour tenter d’y apaiser les tensions après la mort d’au moins six personnes la semaine dernière, a rapporté l’agence Tass.La délégation, dirigée par le chef du Parti communiste en Moldavie, Piotr Luchinski, s’est rendue à Tiraspol, capitale de la région russophone du Dniestr, où six personnes ont été tuées vendredi lors d’accrochages entre la police et des civils armés.« Nous avons un ensemble de pro positions constructives et espérons celle de la Belgique — 535 parachutistes — ont été condamnées par les rebelles rwandais comme un soutien au régime corrompu du président llabyarimana.La Belgique a achevé la semaine dernière le retrait de ces parachutistes.Bruxelles a mené à la mi-octobre deux missions de paix au Rwanda, auxquelles ont participé le premier ministre, M.Wilfried Martens, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense Guy Coëme.Ce ballet diplomatique, qui a conduit la mission belge de Kampala à Nairobi et Zanzibar, s’est terminé sur un cessez-le-feu entre rebelles et forces régulières qui a été immédiatement violé.Après avoir abandonné leur quartier général de Kagitumba (nord-est), les rebelles sont repassés à l’offensive le week-end dernier, prenant samedi le poste stratégique de Ga-tuna, à la frontière ougandaise, qui est situé sur la route principale reliant Kigali à l’Ouganda.Les rebelles ont annoncé samedi qu’ils combattaient depuis le 2 octobre sans leur chef, Fred Rwigyema, qui selon le mouvement a été tué par une mine près de Kagitumba.Le FPR est dirigé depuis cette date par le major Paul Kagame, ancien chef que nous trouverons un langage commun avec les représentants des populations du Dniestr et des Gagaou-zes », a déclaré Piotr Luchinski, cité par Tass.Les Gagaouzes, minorité de souche turque, ont érigé leur région en république indépendante en août et les Moldaves russophones ont fait de même en septembre.Les deux minorités se plaignent de subir des discriminations de la part de la majorité de souche roumaine, qui a elle-même proclamé en juin l’indépendance de la Moldavie par rapport à Moscou.« Ils devraient changer leurs posi- de la sûreté de l’armée ougandaise, a indiqué un représentant du Front.Fred Rwigyema était pour sa part chef d’état-major adjoint de l’armée ougandaise jusqu’à la fin de l’année dernière.Le major Kagame est d’origine rwandaise, comme Fred Rwigyema, et comme lui membre de la corn munauté des Tutsi rwandais, exilés en Ouganda depuis une série de massacres ethniques dans leur pays, à partir de la fin des années 1950.Par ailleurs, à Montréal, l’Union nationale rwandaise (UNAR), parti représentant l’opposition en exil depuis 1965 au régime de Kigali, est prête à intervenir auprès du gouvernement du Rwanda et des rebelles du Front patriotique rwandais pour aboutir rapidement à une solution pacifique, a indiqué hier M.Claude Rukeba, le chef de l’UNAIt.Évoquant les combats opposant au Rwanda les troupes régulières et les rebelles, M.Rukeba, qui vit au Canada depuis quatre ans, a déclaré que son parti était prêt à dialoguer avec le gouvernement de Kigali.L’UNAR, qui selon M.Rukeba, représente la majorité des réfugiés du Rwanda, pourrait amorcer un processus de paix, a-t-il affirmé.tions et revoir certaines de leurs décisions », a déclaré Piotr Luchinski.« Ils devraient abolir par dessus tout leurs prétendues républiques, les élections et les résultats».Le gouvernement moldave avait imposé l’état d’urgence il y a dix jours sur le territoire gagaouze, dont les habitants avaient commencé à élire leur propre Parlement.Les russophones ont prévu de faire de meme le 25 novembre.Le Parlernent moldave a donné l’ordre dimanche à toutes les milices de se dissoudre dans les 24 heures et de remettre leurs armes à la Dolice.MOSCOU (Reuter) — Le Parti communiste soviétique, confronté à une hostilité croissante, a été contraint de faire appel à l’armée pour tenter de maintenir un semblant de cohésion au sein de l’Union à l’occasion des cérémonies marquant, demain, l’anniversaire de la révolution d’octobre.Le président Mikhaïl Gorbatchev a ordonné l’organisation de défilés militaires dans les capitales des 15 républiques et il a dénoncé les appels à bouder les festivités lancés par certaines personnalités réformistes.Dans de nombreuses républiques, des mouvements nationalistes de plus en plus sûrs d’eux ont ordonné l’annulation des cérémonies et dans plusieurs villes russes, les réformistes au pouvoir ont organisé une journée de deuil à la mémoire des victimes du bolchévisme.Mikhaïl Gorbatchev est dès lors pris en tenaille entre les mouvements d’opposition, sur sa gauche, et la droite qui resserre les rangs, en particulier au sein de l’armée et des communistes orthodoxes.Dans les républiques baltes ainsi qu’en Ukraine et en Moldavie et dans plusieurs villes russes, le commandement militaire a décidé de maintenir les défilés militaires malgré l’opposition des élus locaux.L’armée a par ailleurs annoncé que, pour la première fois, le défilé sur la Place Rouge comporterait un missile balistique intercontinental SS-25.Le PC de Moscou prévoit que ce défilé attirera 150 000 personnes, mais la presse laisse entendre que, pour être certain de réunir autant de monde, le Parti se prépare à faire appel à des militaires habillés en ci- vil.De leur côté, les mouvements démocratiques de base prévoient deux rassemblements anticommunistes à la mémoire des victimes de la révo lution, et notamment une procession religieuse jusqu’au domicile du dé funt prix Nobel de la paix Andrèi Sakharov.L’Union démocratique a pour $a part organisé un festival de chansons antisoviétiques.Le conseil municipal de Moscou, dominé par le bloc de la Russie démocratique, a refusé de payer les cérémonies annuelles, et le maire Gavriil Popov a demandé à ses administrés de rester chez eux.Les autorités municipales ont pris des précautions pour éviter toute rencontre entre les participants aiix différentes manifestations, mais dès étudiants ont laissé entendre qu’i|s pourraient chercher à perturber je défilé militaire.À Kiev, capitale de l’Ukraine, les dirigeants étudiants et le mouvement nationaliste Rukh ont prorr is d’empêcher l’organisation d’un déf lé militaire, et en Arménie le gouvernement nationaliste a déclaré la journée jour ouvré.En Géorgie, l’armée devra défiler à l’intérieur d’un camp militairejet non plus au centre de la capitaje, Tbilissi.I Le commandement militaire he Bakou, capitale de l’Azerbaldjanj a annulé le défilé de crainte de susciter une flambée de violence nationaliste.Plus de 150 militants azéris ont été tués en janvier dans l’assaut donné par l’armée rouge aux barricades qu’ils avaient érigées dans le centre ville.La Moldavie veut apaiser ses minorités m-8 ¦ Le Devoir, mardi 6 novembre 1990 ÉDITORIAL Par défaut, mais de quoi ?AVPIC UN TAUX de participation de moins d’un électeur inscrit sur trois, Montréal aura connu dimanche un des revers démocratiques les plus inquiétants qu’elle ait subis au cours des deux dernières décennies.Après quatre années de régime er-cémiste, le résultat est paradoxal.L’indifférence manifestée par l’électorat montréalais soulève d’énormes questions, en même temps qu’il présente un défi presque sans précédent.Pourquoi fallait-il que ça arrive au parti du maire Jean Doré — le Rassemblement des citoyens et des citoyennes de Montréal (RCM) dont le nom est déjà tout un programme et dont l’article numéro un de la plate-forme électorale porte justement sur la revalorisation du système politique montréalais ! On n’a pas fini de chercher les causes de cette déconfiture, ni d’en vouloir pointer du doigt les responsables.Mais le mal est fait.C’est tout Montréal qui sort affaibli de ce scrutin dans la mesure où, malgré le caractère artificiel de ses frontières, la ville centrale devait reprendre l’initiative et assumer le leadership qui fait toujours défaut à l’ensemble de la région métropolitaine.Avec, comme base électorale, un peu plus de la moitié d’un électeur sur trois, le maire de Montréal repart avec un sérieux handicap et sans panache.Pour une fois, les médias semblent à l’abri de la critique.L’effort déployé par la presse écrite et électronique, à la mesure des moyens de chacun, paraît à tout le moins comparable à celui de toutes les campagnes précédentes.On peut même penser que la masse colossale d’informations et de commentaires mise à la disposition du public dépassait largement les capacités d’absorption et même l’appétit de ce dernier.Sans vouloir tourner le fer dans la plaie, il semble que le RCM lui-même doive porter une partie du blâme.Ce peut-il que les résultats de dimanche aient mis à nu — ou simplement confirmé — un hiatus présume entre le discours de ce parti et ses actes ?Organisateurs et militants de ce parti n’ont pas réussi à « faire sortir» le vote, même pas celui de leurs propres partisans.Cela signifie tout de même quelque chose.Mais quoi ?Jamais, plus que depuis quatre ans, aura-t-on mis mis autant l’accent (verbal ?) sur la participation des citoyens, même au niveau des quartiers, ne fut-ce que par la création des comités-conseils d’arrondissement qui visent à permettre une plus grande adaptation des services municipaux aux conditions locales.En pure perte ?Il en va de même des démarches de consultation tous azimuts lancés par cette administration.On aurait tort cependant d’être trop sévère.Les réformes envisagées par le RCM ne sont pas de celles qui s’improvisent.Elles supposent des modifications si substantielles des attitudes et des comportements du citoyen qu’il faut y voir l’oeuvre d’une génération entière.Il y faut la maturation.En tout cas, s’agissant du RCM, les excuses ne manquent pas.Victoire pour le RCM, revers pour Montréal Car, enfin, on ne peut blâmer le maire réélu pour l’absence d’un candidat vraiment crédible qui aurait pu lui disputer son siège.Non plus, on ne peut blâmer le RCM pour n’avoir pas dû se colletailler avec un adversaire suffisamment articulé chez lequel les électeurs auraient pu entrevoir une solution de rechange.La reconstruction d’un véritable parti d’opposition, capable d’entrer dans le jeu de l’alternance, devient le premier devoir des élites sociales, intelectuelles, politiques et économiques montréalaises.À défaut, la traversée du désert risque de se prolonger, et les cailles et la manne de se faire rares pour les Montréalais, exilés de l’intérieur.Pour expliquer cette « défaite » de la démocratie montréalaise, il reste une autre hypothèse, plus large celle-là, beaucoup plus risquée également.Cette hypothèse repose sur une observation, faite ces dernières années dans plusieurs grands pays industrialisés : le relâchement des allégances partisanes.Le phénomène est particulièrement déconcertant pour les machines et les machinistes des partis traditionnels, même jouissant d’un fort enracinement historique : le recul des partis communistes en Europe de l’Ouest étant une illustration de cette tendance, mais non la seule.Le citoyen résiste de plus en plus à la mobilisation ; il répond plus plus mollement aux appels de clairon ; il réagit avec un scepticisme croissant devant le recours aux valeurs (toutes plus sacrées les unes que les autres) que l’on agite comme des étendards.Cette désaffection conduit à la chute de châteaux forts que l’on croyait imprenables, à l’ouverture de chasses que l’on pensait autrement mieux gardées ; des fiefs jugés bien défendus s’écroulent ; des dynasties meurent ; ici et là, on sonne le glas de l’ère des grands barons.Qu’on ne se méprenne pas : l’affaiblissement des idéologies ne mène pas fatalement à la mort du politique.Cette liberté recouvrée du citoyen vis-à-vis les formes d’embrigadement trop aveugles, si embarrassante quelle soit pour les partis, peut être un gain pour la démocratie.Quel rapport avec Montréal ?Même détachement partisan, mais qui ne pouvait se canaliser autrement que par l’abstention.En furent décimés les rangs du seul parti qui pouvait prétendre a former une majorité à l’hôtel de ville.Et c’est ainsi que l’analyse d’une victoire tout à fait légitime se transforme en l’autopsie d’une certaine défaite.Il y a là, pour la majorité municipale, une leçon à tirer.Moins de babillages, moins de rodomontades ; plus de travail à la base, plus d’actions concrètes.Il y a encore, dans ses formations politiques qui cherchent à sortir des sentiers battus, trop de militants qui croient avoir beaucoup fait contre la faim dans le monde, ou pour la paix entre les nations, ou contre la discrimination raciale, parce qu’ils sont descendus dans la rue, un beau dimanche après-midi, répondant à l’appel de quelques vedettes.Ils se sont bien amusés, c’est tout.Simple hypothèse.Politologues, à vos marques ! JEAN FRANCOEÜR LETTRES AU DEVOIR Un parti pris des pharmaciens pour la santé LA SOCIÉTÉ canadienne du cancer, division du Québec, ayant pris connaissance du projet de règlement modifiant le code de déontologie des pharmaciens publié à la page 3474 de la Gazette officielle du Québec, le 12 septembre 1990, appuie totalement la démarche de l'Ordre des pharmaciens du Québec qui établit clairement que le commerce du tabac est incompatible avec l’exercice de la profession de pharmacien.Nous considérons que les professionnels de la santé, tels les pharmaciens ont la responsabilité de promouvoir la santé.Or, le tabac est à l’origine de 30 % du nombre total des décès par cancer.Les produits du tabac provoquent des cancers du poumon, du larynx, de la bouche, de la langue, de la gorge et de l’oesophage, et ils favorisent certains cancers de la vessie, du pancréas et des reins.De plus, les produits du tabac sont à l'origine de près d’un tiers des crises cardiaques et de nombreuses maladies pulmonaires chroniques.Comment nos pharmaciens peuvent-ils assister les Québécois souffrant de ces maladies tout en faisant le commerce des produits qui en sont la source même ?L’Ordre des pharmaciens du Québec a répondu à cette question en demandant d'effectuer des changements nécessaires à leur Code de déontologie réflétant, par le fait même, leur parti pris en faveur de la santé des Québécois.M.Jacques Prémont Société canadienne du cancer (Québec) Québec, 26 octobre 1990 Des grévistes de l’amiante aux gars de Lapai me » ON PARLE de ce temps-ci de la renaissance de Cité libre.Il y a souvent dans notre histoire de ces sortes de nostalgies ! Car cette revue a bien vécu, et la ressusciter serait ressusciter des idées dépassées qui n’ont plus cours dans le Québec d’aujourd’hui.Il y a belle lurette que la pensée de M.Trudeau et consorts n’a plus aucune résonnance.Ce que ces messieurs prônaient comme contrat social a, à l’heure actuelle, des relents de déjà vu.Les rédacteurs de la défunte revue évoquait ad nauseam la « grande noirceur » pour qualifier le gouvernement Duplessis.Or, les dernières années du gouvernement Trudeau, toutes proportions gardées, avec ses luttes fratricides et dégradantes contre René Lévesque et le Québec, peuvent certainement être qualifiées de « grande noirceur » de l’époque avec un gouvernement libéral sclérosé qui aurait bien mieux convenu à un village arriéré qu’à un pays.On peut donc affirmer qu’il avait préparé l’échec Meech ces très lucides penseurs, anciens de Cité libre.Au grand dam de Cité libre, Maurice Duplessis était viscéralement anti-communiste.Il avait vu juste sur ce point puisque les dominos marxistes sont tombés en Europe l’année dernière; quel gouvernement oserait encore se dire communiste aujourd’hui ?Il est terminé, et bien terminé le temps où, par snobisme et ignorance, cela faisait très bien de passer pour communiste et athée, même pour les anciens de Cité libre.Les participants de Cité libre avait condamne le gouvernement Duplessis pour la répression des mineurs de l’amiante, ils ont eu pour une fois raison.Mais M.Trudeau et son gouvernement se sont-ils mieux conduits avec les « gars de Lapalme » ?Autre temps autres moeurs ! Et le gouvernement du Parti québécois a-t-il mieux agi dans la répression en s’attaquant aux conditions de travail et aux salaires de la fonction publique dans les années quatre-vingt ?Pour toutes ces raisons qui me paraissent valables, faire renaître Cité libre est une aventure vouée à l’échec parce que le contexte social a bien changé et qu’il y a liberté de parole et d’opinion dans le Québec contemporain.Jean Ferguson Val-d’Or, 29 octobre 1990 Les accidents du travail : pour un choix éclairé DANS un bloc-notes du 23 octobre 1990, M.Jean Francoeur fait une analyse de récents jugements de la Cour supérieure qui cassent des décisions de la Commission d’appel en matière de lésions professionnelles (CALP).Ces jugements de la Cour supérieure sont à l’effet que « la CALP vidait de son sens et de son contenu » la définition d’accident de travail telle que prévue par le législateur.Ce n’est pas la première fois que M.Francoeur parle des décisions de la CALP; en effet l’an dernier dans un éditorial il s’amusait à tourner en dérision des exemples de décision de ce tribunal administratif qui traitaient de la notion d’accident de travail.M.Francoeur oublie qu’à plusieurs reprises les tribunaux supérieurs à savoir la Cour supérieure, la Cour d'appel et la Cour suprême ont déclaré qu’une loi à caractère social doit avoir une interprétation large et libérale afin que les buts poursuivis puissent être assurés.Plus important encore, la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles prévoit à l’article 25 oue les droits conférés par la loi le sont sans égard à la responsabilité de quiconque; en mots clairs cela signifie qu’on écarte pour les employeurs les principes de responsabilité civile qui gouvernent les relations entre tous les citoyens du Québec.Par cette disposition de la loi les travailleurs ne peuvent poursuivre les employeurs qui sont bien souvent responsables des accidents qui leur arrivent.Les accidentés du travail ne sont pas des LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur Albert Juneau Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l’information Pierre Cayouette Jacques Chabot Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS bénéficiaires des largesses de l’Etat providence; ils sont bien souvent les victimes d’un système qui en plus de les empêcher de poursuivre le véritable responsable, les fait passer pour des parias de la société.Alors lorsque M.Francoeur écrit qu’on est en face d'un véritable choix de société, nous pourrions être d’accord avec lui; s’il veut que la société s’interroge sur ce choix il faudra cependant qu’on tienne compte de toutes les données de la loi et du compromis qu’ont fait toutes les parties pour en arriver à un tel régime.Nous ne croyons pas que les éditoriaux et bloc-notes de M.Francoeur sont des textes qui permettent à la société de faire ce choix d’une façon éclairée.Jean-Paul Proulx François Laprlse Québec, 1er novembre 1990 Rien d’anti-québécois chez Jean Chrétien JE N’AI point été surpris de la teneur des propos de Mme Lise Bissonnette en réponse au discours de M.Chrétien.Encore moins surpris de sa critique acerbe, malicieuse et qui cache très mal sa haine pour M.Chrétien et le Canada (LE DEVOIR du 30 octobre 1990).Cette critique est malhonnête et frôle la calomnie.De plus vous nous démontrez, Mme Bissonnette, à quel point vous maîtrisez l’art de dénaturer des propos en les retirant du contexte dans lequel ils ont été exprimés.La faiblesse de votre analyse est claire.Votre stratégie visant à discréditer tout discours fédéraliste en l’associant à Pierre Trudeau n’est pas très subtile et en fait très bien la preuve.Pierre Trudeau lui, avait une position claire, articulée, basée sur des principes inaliénables et il en a fait la promotion de façon transparente.Ceci n’est peut-être pas aussi évident quand on analyse le message indépendantiste québécois.Ceci étant dit, regardons maintenant le discours de M.Chrétien et l’analyse que vous en faites.Qu’y a-t-il d’anti-québécois à vouloir promouvoir le renouvellement de la fédération canadienne sur la base des libertés individuelles ?Qu’y a-t-il d’anti-québécois à vouloir réformer les institutions et le partage des pouvoirs en fonction de l’intérêt des citoyens plutôt que dans l’intérêt d’une élite gouvernante tel que vous le prônez ?Qu’y a-t-il d’anti-québécois de vouloir modifier le Canada afin de mieux le préparer à la concurrence mondiale ?Qu’y a-t-il d’anti-québécois à vouloir former le Sénat si cette réforme n’affaiblit pas le pouvoir politique du Québec et qu’elle y inclus de nouveaux moyens de défendre et de promouvoir la culture et la langue française au sein de la fédération tout entière ?En ce qui a trait aux libertés individuelles, ne peut-on pas prétendre que le projet indépendantiste est fondé sur les droits collectifs et non individuels des Québécois et Québécoises.À la lumière de ceci, il vous appartient donc de nous expliquer de quelle façon vous et vos amis séparatistes arriverez à conjuguer les droits collectifs et la défense des droits et libertés individuelles.Après tout, comme c’est vous qui décriez le Canada, il vous revient donc de nous prouver que votre projet souverainiste améliorera notre situation et non le contraire.Benoît Chlquette Montréal.31 octobre 1990 F A if ^ •r***/f.BLOC-NOTES De la confusion comme programme DANS l'éventail déjà large des options constitutionnelles qui s’étalent aux vitrines des partis et des commissions d’enquête, M.Benoit Bouchard, lieutenant québécois du premier ministre canadien, vient de proposer une position inédite : la confusion.Avant la réunion du conseil général du Parti progressiste-conservateur au Québec, en fin de semaine dernière, il avait prédit qu’elle régnerait.Au sortir de la réunion, elle était devenue programme.Il y a désormais, chez les conservateurs, la confusion souverainiste, la confusion associationiste, la confusion fédéraliste, et la confusion misérabiliste.M.Bouchard en est, qui se décrit comme « un pauvre Canadien, un pauvre Québécois, un pauvre ministre qui est en maudit parce que le lac Meech n’a pas marché mais qui essaie de s’en sortir ».Que d’afflictions ! On sympathiserait — après tout, nombre de quidams sont aussi confus que le conservateur moyen — s’il n’était du devoir de M.Bouchard, locomotive de l’aile québécoise du PC, de s’éclaircir les idées, près de cinq mois après la dernière débandade constitutionnelle.Quoi qu’il en laisse entendre, il ne s’agit pas de faire le ménage dans les concepts, et ce n’était pas le travail d’une réunion comme celle du Mont-Saint-Anne.11 s’agit de se brancher dans une mouvance ou dans l’autre, ce qui pour un parti fédéral qui prétend mener le Canada, ne peut décemment attendre.Or le Parti progressiste-conservateur sait bien qu’il s’achemine, à cet égard, vers une profonde division.D’aucune façon son aile québécoise peut-elle espérer que ses tentations « confédératives » pourront trouver preneur dans le reste du parti.Le sénateur Gérald Beaudoin lui a expliqué de façon limpide une affaire qui devrait tomber sous le sens : on ne saurait arriver à une union politique à l’européenne, à une véritable confédération décentralisée de laquelle l’Europe est d’ailleurs encore loin, sans passer par l’étape de la souveraineté.Les conservateurs de l’Ouest, ou ce qui en reste, ont beau être assez décentralisateurs, ils n’en sont pas encore à vouloir démembrer le Canada pour mieux le reconstruire.Ce n’est que par loyauté, pour plusieurs, qu’ils avaient soutenu l’accord constitutionnel du lac Meech; on les voit mal poussant la société distincte jusque dans sa forme souverainiste.Et ce n’est que normal pour un parti fédéral.Il y a maldonne aussi, chez les conservateurs québécois, quant aux opinions de leur chef.Certes M.Mulroney a été un champion des accords de Meech et on l’a souvent dépeint, hors Québec, comme un fossoyeur du Canada.Mais quiconque suit son cheminement politique avec son intelligence, plutôt qu’avec son imagination, sait que M.Mulroney est allé aussi loin qu’il le pouvait sans renier ses convictions minimales.Le fédéralisme, c’est sa patrie politique depuis l’époque Diefenbaker; il a fait vive campagne pour le NON au référendum de 1980 sur la souveraineté-association.Et s’il a pratiqué au pouvoir une politique plus souple que celle de son prédécesseur libéral à l’égard des provinces, il n’a quand même pas liquidé tout l’héritage du « gouvernement central fort ».Il n’est, pour s’en convaincre, que d’observer les mandarins de l’ancien régime qui ont survécu dans son entourage.Ses raidissements récents — un discours très anti-séparatiste en août à Baie-Saint-Paul, le blocage des accords Québec-Canada sur l’immigration, sa « sortie » du Mont-Sainte-Anne sur la sécurité économique des Québécois — ne sont des nouvelles que pour les néophytes.Ce que sont encore, à bien des égards, les conservateurs du Québec.Jamais ils n’ont eu à s’interroger beaucoup sur un programme constitutionnel II leur a été donné tout cuit avec l’élection de 1984, quand M.Mulroney a promis de ramener le Québec au Canada « dans l’honneur et l’enthousiasme » et le gouvernement du Québec a fourni lui-même la suite en formulant ses cinq conditions de retour.Le mélange d’indépendantistes repentis et de fédéralistes inquiets élus au Québec sous la bannière conservatrice a trouvé son compte au lac Meech en 1987, et l’a perdu en 1990.À partir de là, ils recommencent à se diviser, entre eux d’abord, puis avec le caucus canadien ensuite.Il n’y a pas que chez les libéraux de M.Chrétien qu’il est difficile de faire face à la musique québécoise.Et c’est dans les deux vieux partis que la tentation est forte d’attendre que le Bloc québécois sombre dans la guerre intestine.Bloc ou pas, on ne peut plus bretter longtemps à l’embranchement, tandis que les caravanes passent.Les confus seront confondus.LISE BISSONNETTE APROPOS.de la santé par l’alimentation LES AUSTRALIENS, depuis quarante ans, consomment moins de viande rouge, moins d’oeufs et moins de beurre, mais ils mangent davantage de fruits.Les chiffres suivants reflètent révolution de la consommation an- j nuelle moyenne depuis 1946 : — la consommation de viande rouge a diminué de 20 %, passant de 103 à 83 kg par personne aujourd’hui; — la consommation d’oeufs a baissé de 45 %, passant de 255 à 138 oeufs par personne; — la consommation de beurre a baissé de 70 %, passant de 11,2 à 3,5 kg par personne.En revanche, la consommation de fruits frais a augmenté de 52 %, passant de 56,4 à 85,9 kg par personne et par an.Il s’en est suivi selon le Dr Paul Ma- ) gnus, Medical Associate, National Heart Foundation, Canberra, Australie, « un recul absolument spectaculaire du taux de décès dus aux cardiopathies et aux accidents vasculaires cérébraux tint chez les hommes que chez les femmes ».Du fait de la « réduction générale des facteurs de risques cardio vasculaires, à savoir le tabagisme et une tension artérielle et un taux de cholestérol élevés », les Australiens sont aujourd'hui « moitié moins exposés qu’il y a vingt ans au risque de décès par cardiopathie ».De 1968 à 1988, la mortalité par cardiopathie a baissé de 58 % chez les Austra- liens de sexe masculin de 30 à 64 ans, passant de 330 à 138 décès par an pour 100 000 habitants, et de plus de 60 % chez les Australiennes, passant de 99 à 37 décès pour 100 000 habitants.« C’est au total la vie de plus de 115 000 Australiens d’âge actif quia été sauvée en 20 ans », a déclaré le professeur Konrad Jamrozik, University of Western Australia, Perth.Environ 35 % de l'apport énergétique du régime alimentaire moyen des Australiens proviennent des graisses.Selon un autre participant à la téléconférence, « l’objectif est de ramener ce chiffre à 30 % au cours des dix prochaines années, en recommandant essentiellement d’accroître la consommation d’a-limenls d’origine végétale, riches en acides gras insaturés et en fibres ».« Une légère modification de l’apport alimentaire et des schémas de consommation d’une communauté peut entraîner une réduction modeste mais néanmoins importante de toute la gamme des facteurs de risques auxquels elle est exposée », a déclaré le Dr Paul Nestel, Chief, Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization, Division of Human Nutrition, Adélaïde.SOURCE : Communiqué émis par iOrganisation mondiale de la santé lors d'une téléconférence sur la prévention des maladies cardio-vasculaires.
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