Le devoir, 9 novembre 1990, Page(s) complémentaire(s)
Vol.LXXXI — No 261 ?Ensoleillé en matinée.Max.: 5 Détail page B-7.Montréal, vendredi 9 novembre 1990 L£ SPECTACLE T ATTENDU! DÈS MARDI üjEiii Rés.: 861-0563 60 CENTS Côte Nord Gaspésie Nouveau Brunswick 60 cents.Toronto 80 cents SOCIÉTÉ Fièvre haïtienne à Montréal U Les élections du 16 décembre en Haïti commencent à mobiliser la diaspora, surtout depuis l'irruption dans la campagne du père Jean-Bertrand Aristide, qui donne son véritable envol à une consultation controversée, écrit François Brousseau.Page B-1 Le requiem de Winnie Oh les beaux jours de Samuel Beckett à l'Espace Go, « une production d’un professionalisme sûr, d’un goût remarquable et d'une solidité à toute épreuve », selon Robert Lévesque qui souligne en outre le jeu « exceptionnel » de Sylvie Drapeau dans le rôle de Winnie.Page B-1 SOMMAIRE Éditorial Faut-il négocier ou faire la guerre au Moyen-Orient ?La solution militaire comporte trop de risques, à tous les points de vue.La pression f armée est nécessaire, mais elle doit être accompagnée d'ouvertures vers un dialogue inévitable.Un éditorial d'Albert Juneau.Page A-8 Northern Telecom absorbera STC À la faveur d'une offre publique d'achat amicale, Northern Telecom mettra la main sur la totalité de STC pic, de Grande-Bretagne, la première entreprise anglaise de télécommunications.La transaction s'élève à 4,35 milliards $.Page A-5 Gandhi refuse de former un cabinet L'ancien premier ministre indien Rajiv Gandhi refuse de former un nouveau gouvernement comme le lui offre le président Ramaswamy Venkataraman.Page A-7 L’Albanie veut se démocratiser Le président albanais Ramiz Alia propose de profondes réformes constitutionnelles qui réduiraient le pouvoir du Parti communiste et rétabliraient la liberté de culte.Page A-7 Loiseile dépose ses règlements Le président du Conseil du Trésor Gilles Loiseile a présenté hier un dédale de règlements sur la prestation de services au public par les agences du gouvernement fédéral, conformément à la Loi sur les langues officielles.Page A-3 Il faudra 10 ans pour régler le cas des 100 000 aspirants-réfugiés Chantal Hébert et Paul Cauchon AU RYTH M E ACTU EL, le Canada en a jusqu’à l’an 2000 pour éliminer les 85 000 dossiers d’aspirants-réfugiés laissés en attente, et l’opération pourrait coûter au-delà d’un milliard de dollars.Ces chiffres, obtenues par LE DEVOIR à Ottawa, proviennent de projections inédites élaborées pour le comité permanent des Corn munes du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration.L’année dernière, le gouverne ment avait pourtant calculé que le programme spécial qui traite « l’arriéré des réfugiés » lui permettrait de le faire disparaitre en deux ans et ce, au coût d’environ 200 millions { Les calculs du comité permanent des Communes indiquent à quel point le programme est un cauche mar.De plus, les difficultés à se débarrasser de l'arriéré débordent sur le système de traitement des nou veaux aspirants-réfugiés arrivés depuis janvier 1989, puisque ce système accuse déjà un an de retard, selon le rapport du vérificateur-général du Canada publié le mois dernier Le programme de l’arriéré s'adresse à plus de 100 000 personnes qui ont demandé refuge au Canada entre mai 1986 et décembre 1988 et qui n’ont pu obtenir de réponse à leur demande, la machine administrative ne pouvant faire face à un tel afflux.Le gouvernement adopta donc une nouvelle loi sur les réfugiés en janvier 89, histoire de resserrer les contrôles, mais aussi pour faciliter les démarches.Mais pour régler les 85 000 dossiers laissés sur le carreau, la ministre de l'Immigration Barbara Mc Dougall mettait en place un programme spécial où chaque cas allait être analysé un par un.Un dossier peut représenter plusieurs personnes d’une même famille, ce pour quoi on parle de plus de 100 000 personnes.En ce qui concerne les 85 000 dossiers accumulés, les projections (que le comité a fait vérifier par les fonc tionnaires du ministère), pourraient même être teintées d’un certain optimisme.Elles s’appuient en effet Voir page A-4 : Réfugiés W ashington envoie 100 000 militaires de plus dans le Golfe L’URSS n’exclut pas le recours à la force NICOSIE (Reuter) — Le président George Bush a annoncé hier qu’il al lait envoyer des renforts de troupes dans le Golfe afin de pouvoir engager une offensive contre l’Irak si les moyens pacifiques ne suffisaient pas à contraindre Bagdad à évacuer le Koweit.L’Union soviétique, jusqu’à présent plutôt réticente quant à une intervention militaire, a de son côté fait savoir, par la voix du chef de sa diplomatie, Edouard Chevardnadze, qu’elle n’excluait pas un recours à la force en cas d’échec des tentatives diplomatiques.Le secrétaire américain à la Défense Dick Cheney a précisé que les renforts comprendraient 100 000 soldats et marins, trois porte-avions, un cuirassé et des centaines de chars M-1A1, ce qui devrait porter les effectifs américains sur place à plus de 330 000 hommes.Lors d’une conférence de presse donnée avec le secrétaire d’État James Baker, en visite à Moscou, Edouard Chevardnadze a insisté sur le fait que tout recours à la force devait être décidé dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies.Les États-Unis envisagent de soumettre au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution autorisant le recours à la force contre l’Irak.Il leur faut d’abord s’assurer que ni la Chine, ni l’URSS ne s’y opposeront.Mais le ministre soviétique n’a donné aucune assurance en ce sens, précisant que la question ferait l’objet de discussions ultérieures.La Chine, par son ministre des Affaires étrangères Qian Qichen en tournée dans le Golfe, a jugé nécessaire de poursuivre les efforts de paix « tant qu’il y aura une lueur d’espoir ».L’Irak a menacé de son côté de réduire en cendres la Péninsule arabique et de faire des champs pétroli fères saoudiens une mer de feu en cas d’attaque.Ces menaces — les plus virulentes proférées par Bagdad depuis le dé but de la crise du Golfe — ont envoyé une nouvelle onde de choc sur les marchés financiers.Le président Saddam Hussein a limogé le chef d'état-major de l’armée de terre irakienne et l’a remplacé par le général chargé du commandement global des troupes d’élite qui ont envahi le Koweit il y a trois mois, a-t-on appris hier de source militaire.Le général Abdel-Karim al Khaz-radji a été remplacé voici trois semaines, a-t-on précisé de même source.Tout en évoquant l’apocalypse, l’Irak a continue à libérer des étrangers retenus sur son territoire depuis près de cent jours.Un avion spécial affrété par le gouvernement de Varsovie a ainsi décollé de Bagdad avec à son bord 243 Polonais.Neuf Britanniques et deux Australiens ont aussi été autorisés à partir par les autorités ira-Voir page A-4 : Golfe PHOTO JACQUES GRENIER L'essor de l’empire montréalais Le cinéaste Denys Arcand et le tout nouveau sénateur Claude Castonguay, ainsi que Soeur Denise Lefebvre, ont accédé hier soir au titre de « Grands Montréalais », lors d'un gala annuel, au Palais des congrès de Montréal.Informations page A-3 La liste des pouvoirs à rapatrier au Québec s’allonge à la Commission Bélanger-Campeau La FTQ propose un référendum dès le printemps 1991 La course à la succession de Fainstat est ouverte Laurent Soumis LA CONFIRMATION hier du départ de M.Michael Fainstat a relancé la course à la succession au fauteuil de président du comité exécutif de la Ville de MontréaL Dans une lettre adressée hier au maire Jean Doré, M.Fainstat a fait part de son désir de ne plus siéger au comité exécutif, confirmant le bien-fondé des rumeurs qui couraient depuis quelque temps sur son départ du saint des saints de la rue Notre-Dame.Élu conseiller municipal pour la cinquième fois dimanche dans le district Notre-Dame-de-Grâce, M.Michael Fainstat estime « avoir établi de solides assises sur lesquelles l’avenir peut se construire » en mettant en oeuvre, au cours des quatre dernières années, des réformes impor tantes dans les domaines de la fiscalité, du budget, des finances, de l’administration, des relations de travail de l’environnement et de l’éthique des élus municipaux.« Je crois que mes connaissances et mon expérience pourront être utiles dans d’autres tâches que vous voudrez bien me confier », écrit-il dans sa lettre au maire Doré.À l’âge de 67 ans, M.Faijistat, qui est ingénieur, marié, père de quatre filles et grand-père de cinq petiLs-en-fants, sollicite ainsi des fonctions moins « exigeantes » après avoir cumulé celles de vice-président du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), vice-président de la Commission de l’environnement de la CUM, et membre du Comité-conseil de l’arrondissement CDN-NDG.D’ici la réunion spéciale du conseil Voir page A-4 : Fainstat Michel Venne de notre bureau de Québec LA LISTE des pouvoirs à rapatrier d’Ottawa pour assurer l’avenir du Québec ne cesse de s’allonger au fur et à mesure que comparaissent de nouveaux témoins devant la Commission Bélanger-Campeau.Mais sur les dix organismes qui ont présenté des mémoires jusqu’à maintenant, deux seulement se sont prononcés sur le statut constitutionnel le plus approprié pour le Québec.La Fédération des travailleurs du Québec et la Ligue d’action nationale furent en effet les premiers, hier, à exprimer une opinion claire, au de- Pierre April de la Presse Canadienne QUÉBEC — Le président de l’Assemblée nationale française, M.Laurent Fabius, a mis fin, hier, à une vi site officielle de deux jours à Québec en insistant sur la nécessité pour les nations et les États démocratiques de conserver, dans les grands en semblés économiques qui se dessinent, leur culture, leur langue, leur identité et de garantir à leurs Par lements nationaux tous les pouvoirs pour y arriver.Au cours d’une conférence de presse-bilan, M.Fabius, accompagné par le président de l’Assemblée na meurant déjà connue, en l’occurrence en faveur de la souveraineté.La FTQ réclame par ailleurs la tenue d’un référendum hâtif, dès la fin des travaux de la Commission au printemps 1991.« Il ne faut pas que nos désirs d’affirmation soient encore, et peut-être à jamais, engloutis dans les marécages d’interminables discussions constitutionnelles », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, M.Fernand Daoust.L’éventualité la plus probable, dit-il, c’est que la Commission accouche d’un rapport où seront présentées les deux principales options en présence : la souveraineté et un fédéralisme renouvelé.Il faut trancher rapidement car le temps, tionale québécoise, M.Jean-Pierre Saintonge, a refusé de livrer son opinion sur les difficultés constitutionnelles que traverse le Québec et sur les orientations qui lui sont offertes.ToutefoLs, il a admis qu’il repartait du Québec avec une meilleure connaissance des enjeux, des problèmes et des solutions envisagées par les Québécois et qu’il était prêt à leur faire confiance.M.Fabius a rencontré le premier ministre Robert Bourassa, le chef de l’opposition .1 acques Parizeau, et a pris le temps d’assister, mercredi, à une séance complète des travaux de la Commission Bélanger-Campeau.Il a trouvé que tous les interlocuteurs rencontrés au cours de sa L’analyse de Gilles Lesage, page B-1 dit-il joue contre nous.(Voir le texte de Gilles Lesage en page B-1) Si la FTQ est fixée, d’autres ne le sont pas.La Fédération des commissions scolaires catholiques, comme l’Association des organismes régionaux de concertation et de développement et l’Association des commissions de formation de la main-d’oeu vre, sont venues réclamer de nouvelles compétences exclusives pour le Québec dans leurs secteurs respec- courte visite lui avaient fait part franchement de leurs points de vue respectifs.« Je peux vous dire, a-t-il indiqué, que j’ai trouvé chez tous nos interlocuteurs, sur ce sujet-là, beaucoup de franchise, parfois de l’amertume, parfois de l’espérance et que, revenus en France, nous comprendrons sans doute mieux les enjeux et les positions des uns et des autres ».M.Fabius a rappelé que la France « non indifférente», laisserait les Québécois faire leur choix sans in gérence de sa part et qu’elle leur conserverait toujours son amitié.S’il n’a pas voulu s’engager dans le débat constitutionnel d’ici, en évitant habilement les questions-pièges, M.tifs, sans toutefois indiquer quel était à leur avis le meilleur véhicule constitutionnel.Mercredi, la Chambre de commerce du Québec, la Fédération des AC EF et l’Association des ma-nufacuriers canadiens avaient réagi de la même façon.Cette situation provoque des réactions diverses de la part des commissaires dont certains « restent sur leur appétit quant à la question fondamentale » tandis que d’autres s’en accommodent fort bien.Des souverainistes, comme le pé-quiste Jacques Brassard, diront que si les organismes rejettent les étiquettes, l’accumulation des deman des pour le rapatriement de pouvoirs Voir page A-4 : Pouvoirs Fabius a pris tout le temps nécessaire pour bien expliquer l’importance des démarches que son pays a entreprises pour faire sa place dans l’Europe de 1992 1993, cette superstructure dont parle beaucoup le premier ministre québécois Robert Bourassa.M.Fabius a longuement parlé de la nécessité pour la nation française de préserver sa langue, sa culture, son Parlement, ses priorités et objectifs économiques et sa façon de voir les choses dans ce grand ensemble européen.Alors que certains ont déjà prédit que l’anglais deviendra la langue officielle au Parlement européen, M.Voir page A-4 : Fabius L’intégration économique ne doit pas compromettre la souveraineté des États, rappelle Laurent Fabius NOËL TRADITIONNEL EN PROVENCE DU 22 AU 29 DÉCEMBRE 1990 Voyages Malavoy Inc.y 861-2485 UNE VISITE QUE DIR/ NIMES, AVIGNON, TARASCON, LES BAUX, FONTVIEILLE, ARLES, AIGUES MORTES.Découvrez l’atmosphère chaleureuse des FÊTES de NOËL dans une région de .France particulièrement attachée à continuer les traditions.AU PAYS DES SANTONS.i J Le Devoir, vendredi 9 novembre 1990 M A-3 Québec annonce un nouveau règlement pour contrôler l’eau potable Louis-Gilles Francoeur Québec s’apprête à contrôler les concentrations de trihalométhanes, y compris les chloroformes dans l’eau potable des municipalités qui utilisent un procédé de chloration et à abaisser de deux, voire de trois fois les concentrations actuellement admises pour des sous-produits de la désinfection de l’eau.C’est ce qu’a annoncé hier au DEVOIR le directeur de la Division des eaux de consommation du ministère québécois de l’Environnement, M.Simon Théberge.Ce dernier réagissait à la publication dans ces pages de l’étude effectuée en 1987 et 1988 sur l’eau potable de 18 villes de la province.Comme le bureau du ministre, il a dit que plusieurs mesures avaient été prises pour que les villes aux prises avec des concentrations inquiétantes de chloroforme, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques ( 11A P ) ou de pesticides dans leur eau potable passent à l’action dans les meilleurs délais.Quant aux amendements projetés au règlement sur l’eau potable, il prévoit obliger les villes, qui chlorent leur eau, à y vérifier quatre fois par année la présence possible de trihalométhanes (TH M ), dont le chloroforme.C’est ce problème que la campagne d’échantillonnage 87-88 présentait comme le plus important.Certains trihalométhanes sont réputés cancérigènes et ce fait a incité Ottawa a envisager la promulgation au début de 1991 de normes ramenant de 350 à 100 parties par milliard (ppb) les concentrations permises (les concentrations publiées hier en « ppm » doivent toutes se lire en « ppb » ou en microgrammes par litre).La réglementation s’appliquera en principe à tous les réseaux desservant plus de 31 personnes.Cette règle fera passer de 2000 à 6000 le nombre de réî publics.Les constatations de la campagne d’échantillonnage 87-88, publiées hier, ont incité le ministère a élargir son contrôle des trihalométhanes à huit villes plus problématiques, soit Québec, Ste-Foy, Charny, St-An-selme, Lauzon, Boischatel, Sept-Iles et Natasquan.I^es taux étaient si élevés à Natasquan, où la norme de 350 microgrammes était carrément dépassée, que la direction de M.Thé-berge a demandé la fermeture de cette usine.Il a été impossible hier de savoir si la suggestion avait eu des suites.Les systèmes de pré-chloration, les plus susceptibles de former des chloroformes ou trihalométhanes (TH M), ont été corrigés ou sont en voie de l’être à Sorel, Repentigny, Ste-Foy et St-Hyacinthe, a ajouté le porte-parole du ministère.La chasse aux H AP s’est aussi intensifiée depuis la campagne de 1987, surtout à Baie Comeau qui s’alimente dans un lac qui pourrait être touchés par les rejets de H AP de l’a-luminerie locale.Le ministère a demandé aux firmes qui fournissent des tuyaux d’aqueduc aux villes de lui proposer désormais des matériaux qui libéreraient moins de H AP dans l’eau potable.Quant aux pesticides, le ministère a aussi intensifié sa quête de données en échantillonnant les eaux des municipalités les plus susceptibles d’être contaminées.Il s’agit de Sainte-Eulalie, de Sainte-Clotilde d’Horton, de St-Dominique, St-Cézaine, St-Rémi et Notre-Dame-de-Lourdes (I^anaudière).eseaux surveillés, privés ou Ottawa dépose sa réglementation sur les deux langues officielles Plus de 90 % des gens auront des services fédéraux dans leur langue Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa APRÈS s’être fait tiré l’oreille pendant deux ans et demie, Ottawa a dévoilé hier des projets de règlements pour assortir la loi sur les langues officielles adoptée en juillet 1988.Ils garantissent l'accès à des services fédéraux dans leur langue à 92 % des francophones hors-Québec et 96% des Anglo-Québécois.Une mesure qui survient après des remontrances sans précédent du commissaire aux langues officielles qui avait sommé le gouvernement fédéral, il y a quelques semaines, de produire ses reglements au plus tôt, sous peine de faire subir des reculs Coalition contre une suggestion de la Commission Charbonneau Louis-Gilles Francoeur LA COALITION Décontamination-Mercier (CDM) a rejeté hier avec virulence une recommandation de la commission Charbonneau qui propose de doubler, c’est-à-dire de porter à 90 000 tonnes par an, la capacité d’élimination des matières organiques dangereuses de l’incinérateur Tricil-Laidlaw.La coalition environnementale, qui regroupe des organismes locaux, la Société pour vaincre la pollution (SVP) et Greenpeace notamment, estime qu’« à Mercier, la cour est pleine », selon le mot d’un échevin local, M.Gabriel Grégoire.Ce dernier se rappelle avoir été bien reçu, voire louangé par la commission pour sa lutte en faveur de la décontamination des eaux souterraines de la région de Mercier, polluées dans les années 70 par le rejet dans une lagune sablonneuse de 40 000 tonnes de produits organiques hautement toxiques.L’incinérateur de Tri-cil a été construit pour détruire cette pollution.Mais quelque 1000 tonnes n’ont pu être retirées de la lagune de Mercier et contaminent aujourd’hui la région sur 30 km.Les deux méthodes pour nettoyer cet héritage de la pétrochimie sont elles-mêmes polluantes : l’usine Tricil rejette depuis 18 ans dans l’air ambiant des métaux lourds et des particules dans des concentrations qui ont été longtemps supérieures aux normes.Quant a l’usine de filtration installée par Québec pour extirper les toxiques du sous-sol, elle rejette des eaux contaminées au-delà des normes.La coalition cite comme menaces supplémentaires le fait que 60 % de la région est gorgée de pesticides agricoles, que les rejets des usines de Beauharnois et Melocheville y font sentir leur pollution et que des millions de pneus sont à leur porte, sans parler des deux projets d’incinérateurs de Valleyfield.« On se demande encore comment la commission Charbonneau a pu évoquer l'hypothèse de doubler la capacité de traitement de l’incinérateur Laidlaw (Tricil) », s’est demandé Michel Beaupre, d’un comité de citoyens local.Selon Daniel Green, de la SVP, il est indécent dans un tel contexte de penser à doubler la production d’un incinérateur de décheLs dangereux ».M.Grégoire a pour sa part demandé à Québec de consacrer à l’étude des problèmes de pollution de Mercier et à la décontamination du secteur les 16 millions $ qu’il s’apprête à prêter aux Expos.Pas de privilèges constitutionnels pour les religions, recommande la Commission des droits de la personne Michel Venne de notre bureau de (Québec QU EL QU Fl soit le statut du Québec dans l’avenir, la Commission des droits de la personne recommande d’enchâsser daas la Constitution certains droits énoncés dans la Charte québécoise, de même que les droits fondamentaux des autochtones, les droits linguistiques et ceux des minorités ethniques.Seule la « constitutionnalisation » des droits est en mesure d’assurer la plus haute et la plus complète garantie contre les fluctuations politiques, allègue l’organisme, dans le mémoire soumis hier à la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec.Cependant, croit la commission, les droits ou privilèges constitution nels accordés aux personnes de confessions catholique ou protestante dans le domaine scolaire, comme c’est le cas aujourd'hui, ne devraient pas avoir leur place daas une Constitution révisée, dans un pays où cohabitent des personnes de diverses origines et cultures.L’enchâssement de ces droits pourrait se faire, selon le statut constitutionnel choisi par les Québécois, soit dans la Constitution canadienne en ne liant que le Québec, soit daas la Coastitution québécoise, si le Québec devient souveraia Comme la récente crise d’Oka nous l’a rappelé, écrit la commission, il est de la plus hautre importance, pour la société québécoise, d’établir avec la autochtones des rapports ha-monieux fondés sur le respect et la confiance mutuelle et sur la reconnaissance de certaias droits spécifiques à préciser en consultation avec eux.La commission recommande de s’inspirer des principes adoptés en 1983 par le gouvernement, confirmés en 1985 par l’Assemblée nationale, reconnaissant que les peuples autochtones du Québec sont des « natioas distinctes qui ont droit à leur culture, à leur langue, à leurs coutumes et traditions, aiasi que le droit d’orienter elles-mêmes le développement de cette identité; le droit de pos séder et de contrôler elles mêmes les terres qui leur sont attribuées dans le cadre des lois du Québec et de se gouverner sur ces terres».D’autre part, l'organisme souhaite que soient élevés au rang de droits fondamentaux les droits linguistiques de la majorité francophone et de la minorité anglophone.Il faut éviter, souligne toutefois la commis sion, que l’affirmation des droits linguistiques de la majorité ne deviennent la couverture ou l’alibi de manifestations d’intolérance ou de racisme.Il est vrai, dit-on, qu’au Québec les droits de la majorité de créer des situations favorables à l’utilisation de sa langue, dans un cadre nord-américain majoritairement anglophone, doivent être respectés, mais il est tout aussi important de ne pas aller au-delà de ce qui est requis pour assurer ce respect.importants au principe de la dualité linguistique au Canada.Mais après avoir vécu des tiraillements internes au moment de l’adoption de la loi — les seuls députés à voter contre le bill étaient conservateurs — le gouvernement a mis des gants blancs hier pour manipuler ses projets de règlements.« Nous ne sommes pas en train de transformer le paysage linguistique du pays », insiste le texte qui accompagne la liste des règlements.Ledit texte ne comporte aucune précision quant aux améliorations de services qui pourraient résulter des règlements.À la place, il est assorti de graphiques pour montrer qu’à l’ouest d’Ottawa, l’impact des règlements sera minimes, 14 des 904 subdivisions de la Saskatchewan à l’extérieur des centres urbains seront touchées et seulement 7 des 627 subdivisions rurales de la Colombie-Britannique.Aucune allusion non plus aux emplois rattachés à ces services.« Personne ne va perdre son emploi, mais il y aura plus de postes bilingues », a reconnu le président du Conseil du Trésor Gilles Loiselle pour préciser du même souffle : « Enfin, il y en aura un peu plus».De plus, Ottawa signale qu’il ne s’aventurera pas davantage dans le champ de mines linguistique.Il n’a aucun projet pour départager, comme le prévoit pourtant la loi, la place du français et de l’anglais au sein de l’appareil bureaucratique fédéral.« L'important, c’étaient les services au public qui pouvaient varier selon les administrateurs en l’absence de règlements », précise le ministre Loiselle.Pour tout cela, les organismes porte-parole des minorités de langues officielles, tout comme le commissaire aux langues officielles, ont fait bon accueil au geste du gouvernement.« Une marque de confiance envers la dualité linguistique », note D’Iberville F'ortier, tandis qu’à la FF'HQ, on fait état d’un grand soulagement de voir finalement le gouvernement mettre en pratique certains des principes de la loi sur les langues officielles.En vertu de ces règlements : ¦ il y aura des services bilingues dans toutes les provinces du pays, c’est à
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