Le devoir, 17 novembre 1990, Cahier A
"TTTT 3 Vf PHOTO JACQUES NADEAU WmLifï itoaS: «£***& ^.ng.¦^r/îr.**¦*( Pierre GODIN .Lai~o udriere • a 0 lUf LA RÉVOLUTION TRANQUILLE 1967-1970 Bourassa est sur la voie de la guérison Pierre O’Neill ROBERT BOURASSA est sur la voie de la guérison et il pourra sous peu reprendre le rythme normal de ses activités.Le bureau du premier ministre a publié en début de soirée, hier, le bulletin de santé émis par le Dr Steven Rosenberg, de l’Institut national du cancer, de Washington, indiquant que le cancer de la peau situé au bas du dos n’a pas progressé depuis l’opération chirurgicale de septembre dernier.Le bulletin de santé nous apprend que le premier ministre a subi en début de semaine, soit mardi, une inter- vention chirurgicale exploratoire.Le Dr Rosenberg précise qu’il s’agissait de vérifier si le mélanome enlevé le 12 septembre s’était répandu à d’autres régions du corps.« Il n’y a aucun signe que le mélanome s’est répandu ».Selon le Dr Rosenberg, au cours de l’opération il a été impossible d’établir l’évidence que d’autres mélanomes avaient pu apparaître ailleurs, alors que les prélèvements ne sont pas cancéreux.Le spécialiste constate que l’organisme du premier ministre a to léré avec un minimum d’inconvénients cette nouvelle série de tests et qu’il s’en rétablit normalement.« Il Voir page A4: Bourassa L’auteur trace brillamment le portrait d’une époque déterminante dans l’histoire du Québec: celle de l’implantation des premières lois touchant la langue.Les questions qui se sont alors posées restent plus actuelles que jamais après un quart de siècle.La Poudrière linguistique constitue le quatrième tome de l’histoire de la Révolution tranquille.384 pages - 29,95$ UN AUTOMNE AUX COULEURS BOREAL Odette Beaupré La muse d’Hoffmann Odette Beaupré, que l’on entendra dans les Contes d'Hoffmann à l’Opéra de Montréal, a déjà une carrière fort bien amorcée en Amérique du Nord.Son nom commence aussi à circuler en Europe Marie Laurier l’a interviewée.Page C-1.Le Canada presse l’ONU d’autoriser le recours à la force contre l’Irak d'après l'Agence France-Presse LE PROJET de réunir un sommet arabe « exceptionnel » sur la crise du Golfe du Roi Hassan II du Maroc est mort-né du fait de la division du monde arabe et de l’intransigeance de l’Irak, alors que le président George Bush, qui n’a pas encore décidé de recourir à la force, a averti une nouvelle fois Bagdad qu’il était « on ne peut plus sérieux ».Entre-temps, à Bahrein, le minis tre canadien de la Défense, Bill McK night, a déclaré que le Canada presserait le Conseil de sécurité de TON U d’adopter une résolution permettant le recours à la force contre l’Irak.Moins d’une semaine après l’appel lancé par le souverain marocain pour la convocation d’un sommet arabe de la « dernière chance », seuls trois des 21 membres de la Ligue arabe avaient approuvé le projet.Le Koweit et l’Arabie Saoudite, intéressés au premier titre, mais aussi la Syrie et l’Egypte, ont estimé qu’une telle tentative était vaine et qu’il fallait que l’Irak applique les résolutions des Nations-unies.L’ensemble des autres pays arabes observaient un silence remarqué, reflet de leur embarras, y compris ceux qui, comme la Jordanie, avaient soutenu Bagdad, ou comme l’Algérie et la Tunisie avaient désapprouvé le dé- ploiement de forces occidentales dans le Golfe.Le président Bush a averti l’Irak qu’il ne ferait « pas un iota de compromis avec ce genre d’agression caractérisée ».« Ce que je veux c’est une solution pacifique », a ajouté M.Bush qui a répété « qu'aucune option n’était exclue » mais qu’il n’avait pas « décidé d’utiliser la force militaire ».Le Canada, actuellement membre du Conseil de sécurité des Nations-unies, demandera au Conseil d’adop ter une résolution permettant le recours à la force contre l’Irak pour l’obliger à se retirer du Koweït, a af firmé hier à Bahrein le ministre ca-Volr page A-4: Irak OIR MCMEIL MANTHA Connaissez-vous tous les at ullages d'un REÉR autogéré personnalisé?Iniormez-tous auprès de nos ?iè'f Sl'vJv! courtiers en placements Montréal: (514) 8754810/393-7700 Québec (418) 6474026 Vol.LXXXI — No 268 ?Dégagement graduel.Max 2.Détail page B-9.Montréal, samedi 17 novembre 1990 4 CAHIERS —1,25$ LE SILENCIEUX Le Dictionnaire du Marginal LA PENSÉE du jour : < Si vous ne vous connaissez pas, comment voulez-vous qu’on vous présente ?» Coulisse.— L’enfer du décor.Citation.— Dans une oeuvre littéraire, l’infime partie d’un pla giat que son auteur reconnaît.Pomme.— Selon la sainte Bible, fruit de nos pommiers pa rents.Bénévole.— Travailleuse qui, non contente de ne pas être salariée, paie de sa personne.Mari.— Bien pris qui croyait prendre.Voleur.— Financier à qui l’honnêteté ne réussit pas.ALBERT BRIE Éditorial Malgré les difficultés, la liberté du DEVOIR est plus grande que jamais, écrit Mme Lise Bissonnette Page A-14 te plaisir des vres De Ségur en Ellroy Qu’ont en commun la comtesse de Ségur et James Ellroy ?Jean Baudrillard et Jean Giraudoux ?Mark Twain et Michel Serres ?Marie Cardinal et Lawrence Durrell ?On les trouve tous dans les pages du Plaisir des livres .De plus, on remarquera une nouvelle signature en page D-13, celle d’Alina Reyes, l’auteur du Boucher, qui dépècera pour nous ses tranches de lectures.Cahier D.Anne Dorval et Johanne-Marie Tremblay.La Portugaise d’Arcand Robert Lévesque a retracé la petite histoire des Lettres de la religieuse portugaise, cette Mariana Alcoforado qui s’amouracha d’un officier français au XVIIe siècle.Certains prétendent qu’elles ont été écrites par un homme ou par Mme de Sévigné Page C -1.L’appel du DEVOIR obtient une réponse inespérée Josée Boileau 50 pi ré» horizons ont répondu hier soir à l’invitation du DEVOIR, faisant de la soirée-bénéfice organisée pour le 80e anniversaire du quotidien un écla tant succès.« Sentir LE DEVOIR au centre d’un tel mouvement, c’est une joie pure », s’enthousiasmait dans son allocution de bienvenue la directrice, Mme Lise Bissonnette.Par leur présence, tous ces invités venaient manifester leur appui à un journal qui, contre vents et marées, tente aujourd’hui encore, comme depuis 1910, d’allier information et réflexion, en dépit des difficultés financières qui semblent aussi faire partie de la tradition du DEVOIR et qui vont jusqu’à remettre en cause sa survie.« Nous avons un million et demi de dollars de dettes, explique Mme Bissonnette.Cette soiree-bénéfice nous permettra de recueillir entre 300 000 $ et 400 000 $, et cet argeni sera consacré à la fois à la dette et à des investissements technologiques que nous devrons faire sous peu ».En réunissant, à 800 $ le couvert, des personnalités politiques, des gens d’affaires, des représentants du monde culturel, syndical, social, LE DEVOIR s’est attiré de vives critiques au cours des derniers jours.Le conflit d’intérêt est craint et des journaux concurrents ont vilipendé l’indépendance ainsi perdue.« LE DEVOIR, c’est le journal qu’on veut vierge et qu’on s’arrange pour rendre martyr», répliquait hier soir Mme Bissonnette devant la foule rassemblée à l’hôtel Le Reine-Elizabeth.« Nul autre n’est aussi souvent accusé de dévier de ses principes fondateurs, à aucun autre on ne demande autant de comptes moraux de ses dettes.[.] On prétend que la vertu n’est plus possible, que la morale fout le camp, mais on s’attend à ce qu’elle tienne le coup tout de même, discrètement, sur une vingtaine de pages à petit tirage, tous les matins.Et qu’elle le fasse sans un sou, c’est plus convaincant », ajoutait-elle, avant d’y voir la preuve que LE DEVOIR reste « porté par une idée, la meilleure que notre société se fait d’elle-même, et que nous refusons d’y renoncer».Les propos de Mme Bissonnette ont été relayés par ceux du premier ministre canadien Brian Mulroney qui, amusé, a indiqué : « Je n’irai pas jusç i’à dire que tous mes matins sont nsoleillés par la lecture du DEVOIR.D’autres ici ont sans doute, aussi, trouvé parfois ce café un peu fort.Mais parce que nous sommes convaincus qu’il est indispensable, nous voulons appuyer l’effort de relance de l’équipe actuelle».De son côté, l’ancien directeur du DEVOIR et ministre, M.Claude Ryan, qui parlait au nom du premier ministre du Québec Robert Bourassa, absent pour des raisons de santé bien connues, a lui aussi plaisanté sur le coût de la soirée et « la bonne vieille austérité de vos prédécesseurs ».Mais il ajoutait : « S’il ne s’agissait que d’un journal comme les autres, plusieurs d’entre nous ne seraient pas ici ce soir.[.] Nous demandons au DEVOIR d’être vrai, d’être vigoureux, d’être franc, d’être clair.Ceux et celles d’entre nous qui avons le redoutable destin d’exercer les fonctions du pouvoir, nous lui demandons aussi d’être juste à notre endroit, autant pour nous châtier quand nous errons que pour nous soutenir quand nous servons des objectifs justes et droits.» Voir page A4: LE DEVOIR Une trêve historique Les figures dominantes de la scène politique canadienne et québécoise ont observé une singulière trêve, hier soir, afin d’exprimer leur solidarité au DEVOIR.Dans l’ordre, le chef du Parti libéral du Canada, M.Jean Chrétien, le chef du Nouveau Parti démocratique, Mme Audrey McLaughlin, le chef de l’opposition du Québec, M.Jacques Parizeau, le premier ministre du Canada, M.Brian Mulroney, et le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique du Québec, M.Claude Ryan, entourent la directrice du DEVOIR, Mme Lise Bissonnette, et le président du conseil d’administration de l’Imprimerie populaire, M.Laurent Picard. A-2 ¦ Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 LE GOÛT DE SORTIR.Henri Vézina, des tenues de soirée qui vous mettront dans une classe a part.Un magnifique smoking tout classique de Giorgio Armani ou peut-être le costume de soirée plus décontracté de Hugo Boss, le tout porté sur une chemise de soirée Van Laack qui sera ponctuée par un noeud papillon au motif audacieusement coloré.Voilà un plumage d’apparat digne des plus grands noms de la mode masculine.Henri Vézina, lorsque l’envie vous prend de sortir du rang! henriVezina ^ 920, rue Sherbrooke Ouest (coin Mansfield), Montréal, Ici.: (514) 844-197I 2520, boulevard Daniel-Johnson, Laval, Tel.: (5I4) 6X6-6800 Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 Bl A-3 L’idée d’une souveraineté négociable par la suite fait son chemin au PLQ JVJichel Venne de noire bureau de Québec I/IDÉE de la souveraineté est le seul moyen pour le Québec d'obtenir des changements constitutionnels significatifs et fait tranquillement son chemin au Parti libéral du Québec.Les adeptes d’un référendum hâtif, c’est-à-dire avant les élections, sont de plus en plus nombreux également parmi les libéraux qui craignent d’être envoyés aux douches, lors du prochain scrutin, si la aues-tion constitutionnelle n’est pas réglée avant.Ce courant, animé par les députés dits de l’aile nationaliste de la formation du premier ministre Robert Bourassa, commence à se faire jour, au fur et à mesure qu’approche pour les libéraux le moment de redéfinir le programme constitutionnel de leur parti.Cette semaine seulement, trois députés (dont l’un est ministre) ont tour à tour exprimé ouvertement qu’ils envisageaient maintenant la souveraineté comme le seul moyen pour le Québec d’obtenir ce qu’il veut La vague de fond serait assez puissante pour avoir amené le comité constitutionnel du parti, dont la présidence a été confiée à M.Jean Allaire, à considérer cette option sérieusement.Ce groupe de travail, formé en avril dernier pour préparer des scénarios de remplacement en cas d’échec de l’accord du lac Meech, doit soumettre avant le 15 février des recommandations sous forme de résolutions qui seront débattues au congrès libéral du mois de mars.Selon le quotidien The Gazette, citant une source proche du comité, le groupe de Jean Allaire en serait venu à la conclusion que Québec devrait tenir un référendum et proclamer la souveraineté s’il désire obtenir des changements constitutionnels significatifs et ce, avant les prochaines élections générales.Cette conclusion ne serait pas définitive, mais constituerait la pierre angulaire d’une proposition que le groupe s’apprête à coucher sur papier.La source anonyme du journal soutient que le Parti libéral ne considérerait jamais la souveraineté comme une fin en soi, mais comme le seul moyen efficace de renouveler le fédéralisme.Pour changer les cho ses de façons radicales, poursuit cette personne, il faut soritr du Canada.Et si nous n’avons pas réglé cette question avant les prochaines élections, nous (le PLQ) serons envoyés aux douches.Aucun des membres du comité joints hier par LE DEVOIR n'a voulu confirmer ou infirmer ces informations.M.William Cosgrove (candidat défait dans Westmount aux élections de 1989), a toutefois insisté pour dire que le comité dont il est membre n'en est encore venu a aucune conclusion.« Il y a de tout au Parti libéral, tous les points de vue sont représentés », a-t-il convenu, sans dire cependant si le courant souverainiste prenait le dessus sur les autres.Un autre membre du groupe, le président de la Commission jeunesse du parti, M.Michel Bissonnette, a rappelé quant à lui la position adoptée par les jeunes, à la mi-août, selon laquelle le Québec devra acquérir la pleine autonomie politique pour con dure une nouvelle entente avec le reste du Canada.• D’abord et avant tout, il faut sortir de l’ordre constitutionnel canadien, dit-iL Après l’échec de l’accord du lac Meech, le processus de révision constitutionnelle est discrédité.On sait que le reste du Canada n’a aucune volonté de changer l’ordre actuel des choses».Les jeunes, rappelle le président Bissonnette, compteront pour le tiers des délégués au congrès du mois de mars où les libéraux devront trancher entre deux options, selon lui : ou bien proposer une nouvelle série de changements à négocier à l’intérieur de la Confédération, ou bien déclarer la souveraineté du Québec d'abord et négocier ensuite.Hier, le député de Vanier, M.Jean-Guy Lemieux, suggérait à son tour de tenir un référendum sur la souveraineté le plus rapidement pos- sible après les travaux de la Commission Bélanger-Campeau.À son avis, le Québec devra déclarer son indépendance avant de pouvoir négocier avec le reste du Canada une nouvelle association.Les propos du député, reconnu depuis un certain temps pour son nationalisme, recoupaient ceux de deux collègues de l’Outaouais, MM.Ro bert Middlenuss (Pontiac) et Réjean Lafrenière (Gatineau), qui ont tour à tour cette semaine exprimé des positions similaires.« Après l'échec de l'accord du lac Meech, il est évident que le statu quo, ça ne marche pas, a soutenu le ministre délégué aux Transports Robert Middlemiss dans une entrevue au quotidien Le Droit.Pour être cohérent avec moi-même, je me dois d’être d’accord avec la possibilité d'avoir ù passer par la souveraineté ».M.Lafrenière est allé plus loin : « Il est évident qu’il va falloir passer par une forme de souveraineté (.) Je ne pense pas que le Canada an- glais nous ait pris au sérieux ».La liste d’épicerie constitutionnelle du Québec sera longue, prévoit le député, après les audiences de la Commission Bélanger-Campeau.« Comment croire alors, apres l'échec de Meech, que nous obtiendrons un oui alors que nous arriverons à la table avec plus de demandes ».D’ici à son congrès de mars, le Parti libéral tient des réunions à hues clos dans chacun des comtés sur la question constitutionnelle.La discussion est encadrée de façon professionnelle à l’aide d’un vidéo dans lequel on présente diverses options.Entre-temps, le comité Allaire complétera ses travaux.En fin de semaine prochaine, il tiendra des audiences, auxquelles ni le plublic ni les médias ne seront admis, dans le cadre du Conseil général que tient le parti ;i Québec.Lundi, M.Allaire doit lui-même faire le point avec la presse sur l'état des travaux du comité formé de 17 personnes.Hier, il n’était pas disponible pour répondre à nos questions.PHOTO AP Un champion futuriste Le véhicule suisse Spirit of Biel (Esprit de Bienne) a remporté, hier en Australie, la course de voitures solaires en franchissant la ligne d'arrivée du World solar challenge à l'issue d’un parcours de 3000 km à la vitesse moyenne de 70 km/h.Le véhicule, mis au point par des étudiants suisses et commandité par la firme Swatch, a terminé avec une avance de 400 km sur son concurrent japonais Honda.Trente-six véhicules participaient à cette course de vitesse et d'endurance.Décès tragique de Roger Nantel Keith Spicer veut réduire le nombre de Québécois membres de sa commission sur l’avenir du Canada Marie Tison d'après la Presse Canadienne LE RELATIONNISTE et ex-jour-naliste Roger Nantel a été trouvé mort, en fin d’après-midi jeudi, dans sa résidence de Bngham, près de Cowansville, dans les Cantons de l’Est Un porte-parole de la Sûreté du Québec a confirmé qu’il s’agissait d’un suicide.Ami de Brian Mulroney, il s’est occupé des relations publiques du Parti conservateur lors de la campagne électorale de 1984.Précédemment il avait travaillé aux campagnes au leadership de M.Mulroney.C’est à ce moment-là, que Bernard Roy, avocat et conseiller de la première heure de Brian Mulroney avait connu Roger Nantel.Les deux hommes avaient « gardé de bons liens» même s’ils se voyaient rarement.Les journalistes de La Presse soutiennent le DEVOIR SI TOUS ne pouvaient y assister, plusieurs ont choisi de contribuer à leur façon à la soirée-bénéfice du DEVOIR en y allant de dons variant de quelques dollars à plus de 5000$.Au nombre des donateurs on compte notamment le syndical des journalistes de l.a Presse qui ajoutait à son envoi, à l'intention de Mme Lise Bissonnette, le mot suivant : « Madame, soucieux de liberté et de pluralisme dans l’information, les membres du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse sont fiers de participer à votre cam pagne de souscription ».D’autres groupes tels le Syndicat national des employésdu DEVOIRou le groupe La Laurentienne ainsi qu’une vingtaine d’individus participent eux aussi à notre effort financier, s’ajou tant à la longue liste des donateurs du printemps dernier.CARTES D’AFFAIRES Foiult! ttn 1892 55 St Jacques Montréal, Québec Canada.H?Y 3X2 Telex 05 268656 Fax (5141 845 7874 Tel (514)987 6242 Agents de brevets d'invention ot de marques de commerce Me Roy a croisé M.Nantel il y a trois semaines.Il travaillait toujours en relations publiques pour quelques bons clients qu’il avait conservés après la fermeture de sa maison Nantel et associés, à l’hiver 85.Il avait alors perdu les importants contrats qu’il recevait du gouvernement fédéraL Me Roy se souvient que la mort du partenaire d’affaires de Roger Nantel, Rodrigue Pageau, peu après l’élection de 1984 avait beaucoup affecté son ami Nantel.de la l'resse Canadienne OTTAWA - S’il n’en tenait qu’à Keith Spicer, le Québec perdrait un des trois sièges qu’il détient au sein du Groupe de consultation des citoyens sur l’avenir du Canada.M.Spicer a déclaré hier qu’il avait demandé au premier ministre Brian Mulroney de remplacer Mme Thérèse Paquet-Sévigny par quelqu’un du Nord canadien.Mme Paquet-Sévigny a été contrainte de démissionner de la Commission Spicer cette semaine parce que les règles régissant son poste de sous-secrétaire général au département de l'information publique à l’Organisation des Nations unies l’empêchaient de participer aux travaux du groupe de citoyens.M.Spicer, qui participait hier à la première rencontre du groupe, a affirmé que se serait une excellente idée de remplacer Mme Paquet-Sévigny par quelqu’un du Nord.Il a ajouté qu’il avait fait quelques recommandations en ce sens au premier ministre.Il a expliqué qu’il était temps de cesser de voir le Canada avec la même perspective, soit l’axe Est-Ouest.Le fait de partir du Nord, et des autochtones, pourrait peut-être constituer une des clefs pour comprendre le pays, a-t-il soutenu.Il a fait remarquer que sa décision d’aller rencontrer des premiers témoins à Tuktoyaktuk et Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, la semaine dernière, découlait de cette même logique.M.Spicer a ajouté que la commission ne pouvait prétendre à être totalement représentative de la société canadienne.Il faudrait alors GALERIE SAMUEL LALLOUZ JOAN JONAS du 17 novembre au 22 décembre ouverture le 17 novembre Heures d'ouverture: du mardi au vendredi de 10h à 18h et samedi de 11 h à 17h 372, Ste-Catherine O., suite 528, Montréal (Québec) H3B 1A2, Tél.: 398-9806 Fax: 398-9807 ROBIC HÔTEL DES ENCANS MONTRÉAL 4521 boul.St.Laurent, Montréal H2T 1R2 Tel: (514) 849-2505; Fax (514) 282-0342 VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES- 27 et 28 NOVEMBRE, 1990 De la collection de M.Yves Navarre et autres Par le ministère de légor de Saint Hippolyte Commissaire-Priseur /Nssisté de L’Hon.Serge Joyal, c.p.Expert Mnrc-Aurèle de Foy Suzor Côté (1869-1937) Pastel sur toile 29"x36" 73x92cm ART CANADIEN Mardi, le 27 novembre, 1990 à 19:00 ART INTERNATIONAL ANTIQUITÉS, MEUBLES, OBJETS D'ART Tapis, bijoux, livres, armes Mercredi, 28 novembre 1990 à 19:00 Exposition: Vendredi, 23 novembre, 1990 de midi à 21:00 Samedi, 24 novembre, 1990 de midi à 17:00 Dimanche, 25 novembre, 1990 de midi à 17:00 Lundi, 26 novembre, 1990 de midi à 21:00 Catalogue sur demande.L’Hôtel des Encans est ouvert pour les expertises gratuites les mardis et jeudis de 10:30 à 17:00 être 26 millions de membres, a-t-il déclaré.« Nous sommes là pour écouter, pas pour représenter telle ou telle communauté », a-t-il soutenu.Les membres de la commission Spicer passeront la fin de semaine à faire mutuellement connaissance et à raffiner le mandat confié par le premier ministre Mulroney.Ils rencontreront également le statisticien en chef du Canada, M.Ivan Felligi, de Statistique Canada, ainsi que deux bonzes de l’industrie du sondage, Allan Gregg, de Décima Research, et Angus Reid.La commission a pour tâche de se mettre à l’écoute des Canadiens or dinaires, a expliqué M.Spicer.Pour cette raison, et parce qu’elle n’a pas beaucoup de temps devant elle, il est essentiel de rencontrer ceux dont c’est la profession d’écouter les Ca nadiens à coeur de jour.« Nous voulons un instantané de l’attitude et des sentiments des Canadiens », a déclaré M.Spicer.Les membres de la commission mettront également au point l’ordre du jour et les procédures qui seront suivis dans les semaines à venir, en prévision de la date limite du 1er juillet 1991.Les audiences publiques ne devraient démarrer qu’au mois de janvier.M.Spicer a réitéré que la commission aura notamment pour tâche de préparer les Canadiens aux conclu- sions de la Commission Bélanger-Campeau sur l’avenir du Québec.11 a cependant ajouté que les Québécois devront faire leur part.« Les Qué bécois devront aussi apprendre à écouter le reste du Canada, a-t-il soutenu.Ils auront ainsi l’occasion de mesurer l’impact de leurs décisions sur le reste du pays».Il a insisté sur le fait que, selon un récent sondage, 85 % des Québécois désiraient conserver un lien avec le Canada.Un sondage Angus Reid paru hier était cependant porteur de nouvelles plus préoccupantes pour le président du groupe de consultation.Selon ce sondage, réalisé dans la semaine qui a suivi la création du groupe, seulement 31 % des Canadiens étaient d'avis qu’il s’agissait d'un pas dans la bonne direction, l’as moins de 64 % des répondants considéraient que c’était trop peu, trop tard.Chez les Québécois, 69 % étaient de cette opi mon.M.Spicer a cependant affirmé hier que la ligne téléphonique de la commission ne dérougissait pas d’appels de personnes intéressées à participer aux travaux.LE PLUS GRAND CHOIX PL MONTRES SUISSIS DI RENOMMIT INTERNAI IONAI.E HAPPY DIAMONDcS® GENÈVE $1! ‘félicitations au Journal le ‘Devoir ! KAU1 MAN N MAIIKIS | O Al I II I RS 1)1 PI'IS 1 *)r» 4 2195 Crescent.(514) 848-0595 PAT1K PHILIPPE Cartier ROLEX Br an< i-aiN £B€L 'Cto/ma/ l’lAl.11 BKtmiNC parc Un except au centre-ville La mémoire et le souvenir d’êtres aimés sont réunis à NOTRE DAME DES NEIGES, espace naturel privilégié au cœur de notre Cité.Près d’un siècle et demi de vie communautaire a fait de NOTRE DAME-DES-NEIGES une sorte de parc national, surprenant lieu d’art paysage, digne el familier.NOTRE-DAME-DES-NEIGES NOUS APPARTIENT La corporation sans but lucratif de NOTRE-DAME-DES-NEIGES offre des services professionnels bien adaptés aux besoins actuels du public, comme par exemple: 0 Arrangements préalables 0 Concessions funéraires 0 Inhumation 0 Crémation 0 Choix d’urnes 0 Columbarium ET MAINTENANT 0 Un nouveau mausolée Saint-Pierre et Saint-Paul 0 Le transport des défunts, du lieu de décès à NOT RE -DA ME-DES-NEIGES, pour les familles ne souhaitant pas d’exposition NOTRE-DAME-DES-NEIGES 4601, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal H3V 1E7 « 735-1361 f l- I Autoportrait cl Alfred LALIBERTÉ sculpteur m Vitrail de Lise CHARLAND FAVRETTI et Pierre OSTERRATH Mausolée Saint-Pierre et Saint-Paul Louis IX ou Saint-Louis I A-4 Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Irak nadien de la Défense, M.Bill McKnight.« Nous demanderons au Conseil de sécurité de TON U d’approuver l’usage de la force contre Saddam Hussein (le président irakien) pour l’obliger à évacuer ses troupes du Ko-weit », a déclaré M.McKnight, lors d’une conférence de presse à Manama, où il effectue une visite de 48 heures.Estimant que le président irakien « n’a pas l’intention de quitter le Ko-weit », le ministre a affirmé qu’« à l’évidence, les efforts diplomatiques n’ont pas jusqu’à présent abouti, et c’est pourquoi nous souhaitons une résolution de l’ONll de nature à mettre fin à l'occuaption» de l'émirat.Evoquant l’embargo contre Bagdad, il a affirmé queles « sanctions imposées sont efficaces, mais pas au point de contraindre Saddam Hussein à sortir du Koweit ».« Je crois, a-t-il poursuivi, qu’aucun règlement ne sera possible tant que Saddam n’aura pas compris qu’il existe une seule option, celle de libérer le Koweit pour pemettre la restauration du pouvoir légitime» de l’émir cheikh Jaber Al-Ahmed As-Sabah.Interrogé sur un éventuel envoi de nouvelles forces canadiennes dans le Golfe, M.McKnight a exclu un tel renforcement et souligné que les « troupes canadiennes déployées en ce moment dans la région sont suffisantes pour remplir leur mission ».Le gouvernement canadien a dépêché dans le Golfe 18 chasseurs de type CF-18 Hornet, deux destroyers et un ravitailleur, ainsi que 1700 soldats.Il a expliqué qu’en augmentant le nombre de militaires américains dans le Golfe, qui doit passer à plus de 400 000 d’ici le début de 1991, il cherchait à se donner les moyens d'une éventuelle option militaire et simultanément à envoyer « un signal clair à Saddam Hussein » qui signifie que les États-Unis sont « on ne peut plus sérieux en ce qui concerne le retrait du Koweit et la libération des otages.Américains et autres».Le président irakien a déclaré pour sa part qu’il était »prêt à parler avec les parties concernées» par la crise du Golfe, mais sans conditions préalables, ce qui veut dire qu’il n’est toujours pas prêt à évacuer le Koweit.Parlant pour son propre compte, l’émissaire au Proche-Orient du Président soviétique Mikhail Gorbatchev Evgueni Primakov a préconisé quant à lui de retarder l’usage de la force contre l’Irak, afin de laisser la possibilité au Président irakien de retirer ses forces du Koweit sans perdre la face, en échange d’une promesse du Conseil de Sécurité de l’ONU d’un réglement global au Pro-che-orient.M.Primakov a suggéré que les cinq membres permanents du Conseil se joignent aux pays membres de la ligue arabe pour envoyer un émissaire à Bagdad faire une telle proposition au chef de l’État irakiea Plus qu’un simple exercice de débarquement, les maoeuvres conjuguées américano-saoudiennes « Tonnerre immédiat » commencées jeudi en Arabie Saoudite, vont permettre de tester les capacités de coordination entre Américains et Saoudiens, notamment sur le plan aérien.Quelque 1100 avions et hélicoptères sont impliqués dans cet exercice au cours duquel « près de la totalité des unités de l’US Air force du théâtre d’opérations joueront un rôle», a précisé le Pentagone.Des unités de l’aviation et de la marine canadiennes prennent d’ailleurs part aux manoeuvres a déclaré hier un collaborateur du ministre canadien de la Défense Bill McKnighL C’est la première fois qu'il est fait état de la participation des forces militaires canadiennes à ces manoeuvres.Plusieurs chasseurs-bombardiers de type CF-18 Hornet, trois navires -les destroyers Terra Nova et Atha-bascakan ainsi que le ravitailleur Protecteur- participent à ces manoeuvres, baptisées « Opération Tonnerre Imminent », a ajouté le lieutenant Ian Thomson, responsable des relations publiques du contingent canadien basé à Bahrein.Le lieutenant Thomson a précisé d’autre part que le quartier général des forces canadiennes déployées dans le Golfe se trouve à Bahrein, où près de 150 militaires canadiens sont installés en permanence.Il a indiqué que les 18 appareils Hornet envoyés par le gouvernement canadien sont basés au Qatar et effectuent régulièrement des exercices de routine au dessus de la région.Les trois navires canadiens patrouillent dans le centre du Golfe pour « veiller au respect de l’embargo imposé à l’Irak », a-t-il encore ajouté.Il a indiqué que sur le terrain 1700 Canadiens au total sont déployés dans le cadre de la force multinationale.Du côté des otages, plus de 100 femmes, enfants américains et Américains d’origine arabe doivent quitter le Koweit demain à bord d’un avion charter de la compagnie irakienne Iraki Airways, a précisé le département d’État.Il s’agit de personnes qui avaient obtenu depuis longtemps un visa de sortie mais qui pour diverses raisons n’avaient pas pu ou voulu partir.Par ailleurs, seize ressortissants danois libérés par Bagdad ont quitté hier soir l’Irak en compagnie de l’ancien premier ministre danois Anker Joergensen, a indiqué l’agence officielle irakienne INA reçue à Nicosie.Une source officielle irakienne avait annoncé plus tôt le départ de M.Joergensen, sans mentionner les 16 otages libérés.L’ancien responsable danois a effectué une visite de huit jours en Irak où il a intercédé en faveur de ses 38 compatriotes retenus dans ce pays depuis le début de la crise du Golfe.Selon INA, les 16 Danois libérés l’ont été sur ordre du président irakien Saddam Hussein.Leur libération avait été annoncée mercredi par le ministère danois des Affaires étrangères.L’ambassadeur du Danemark au Koweit Dan Nielsen, qui avait regagné Bagdad après la fermeture de sa mission diplomatique, figure parmi les personnes autorisées à quitter l’Irak, selon Copenhague.Le Foreign office a « conseillé fermement » aux Britanniques qui en ont la possibilité» de prendre ce vol.Il reste environ 1400 Britanniques et 1100 Américains retenus malgré eux au Koweit et en Irak.Au plan économique, les effets de l'embargo décrété contre l'Irak ne sont pas à sens unique et commencent a faire leur effet en Occident et dans d’autres pays.S’il est vrai que le commerce maritime de l'Irak est désormais complètement paralysé l’action de la flotte multinationale patrouillant tout autour de la péninsule arabique ayant été très efficace, la hausse du prix du pétrole, de l’aveu du président Bush, « a compliqué et aggravé la situation économique américaine » à propos de laquelle le chef de l'exécutif américain a pour la première fois parlé de « récession ».De son coté, le Fonds monétaire international a annoncé une modification temporaire de ses réglements lui permettant de fournir une aide financière à ceux de ses 152 pays membres connaissant des difficultés économiques -par suite d’une chute des revenus d’importation ou des services- du fait de la crise du Golfe.Le Venezuela pour sa part va proposer sa coopération pétrolière aux pays affectés par la crise du Golfe, à l'occasion d'une réunion samedi à Paris convoquée par le Secrétaire général de l’ONU Javier Perez de Cuellar au siège de l’UNESCO destinée à analyser les conséquences économiques de la crise du Golfe sur les pays en développement.4 LE DEVOIR Même s'ils n'avaient pas eu lieu depuis plusieurs années, les banquets ont longtemps souligné les divers anniversaires du journal.Celui organisé en ce 80e anniversaire a ceci de particulier qu’il réunit les chefs de tous les grands partis politiques.À cette élite politique s'ajoutent les dirigeants des trois grandes centrales syndicales, des représentants du monde financier et des affaires, de Claude Béland à Charles Bronfman ( à qui pourtant un éditorialiste du DEVOIR faisait d’amères critiques en début de semaine.), les maires Jean Doré, Jean-Paul l’AUier, Gilles Vaillancourt, l’archevêque de Montréal Mgr Jean-Claude Turcotte, les anciens directeurs du DEVOIR, la direction de nombreux médias, du Conseil des communautés culturelles, du Conseil du statut de la femme, des recteurs, des universitaires, des artistes, des scientifiques.Surtout pas juste des riches et des puissants, de souligner Mme Bissonnette.« C’est un coup au coeur, disait-elle encore à la veille de l’événement.C’était un pari cette soirée-là et ç’a tourné très, très gros.Bien sûr, je suis contente qu’on fasse des sous, mais je suis surtout contente de cette réponse, qui donne du coeur à l'ouvrage en nous démontrant qu’au Québec, on veut vraiment que LE DEVOIR reste.Les billets ont été vendus en moins d’un mois et beaucoup de gens y viennent non aux frais d’une entreprise mais avec leur argent personnel.La relance de l’automne a éveillé un écho ».Tous les problèmes financiers du journal ne seront pas réglés pour autant après cette soirée, et les besoins, eux, se font toujours pressants* notamment du côté de l’ensemble des employés qui entreprendront sous peu les négociations en vue du renouvellement de leur convention collective.Pour le moment, Mme Bissonnette se réjouit que le journal, cet automne, ne fonctionne pas à perte.« Mais l’automne a toujours été une bonne saison, précise-t-elle.Et après la soirée, il restera un million de dollars de dettes à couvrir.Nous verrons à élaborer des formules imaginatives, mais comme tout au long de notre histoire, comme la campagne de financement du printemps dernier le démontre encore, nous sommes vraiment dépendants de la générosité publique.Autant se faire à l’idée : on n’a pas fini de me voir quêter.» 4 Bourassa devrait être capable de retourner à ses activités normales d’ici quelques semaines ».Le bulletin de santé du Dr Rosenberg met fin aux sombres appréhensions qui circulaient depuis que M.Bourassa a quitté le Québec pour le National Cancer Institute, de Washington.Même après son opération, le premier ministre a continué tout au long de la semaine à s’entretenir par téléphone avec ses proches collaborateurs.L’entourage du premier ministre est soulagé et espère que ce bulletin de santé réussira à mettre un terme aux spéculations et à faire taire les rumeurs de démission, soulignant que M.Bourassa est en pleine possession de ses moyens et a recommencé à s’occuper des affaires cou rantes de l’État.Pallascio tente de se tirer du pétrin Jean-Pierre Proulx À la veille de l’élection scolaire, le Regroupement scolaire confessionnel (RSC) a tenté hier de minimiser l’impact négatif de sa prise de position à la Commission Bélanger-Campeau dans laquelle elle fait savoir ses préférences pour une immigration française et judéo-chrétienne.Entouré de tous ses candidats appelés à serrer les rangs, le président du RSC, M.Michel Pallascio, a soutenu qu’on l’avait mal interprété.« La politique que nous avons suggérée n’a rien à voir avec les critères de sélection.L’intervention dont nous avons traité, qui consiste en un encouragement à l’immigration francophone et judéo-chrétienne, pourrait prendre la formation d’opérations de promotion ».Le texte controversé de son mémoire se lit ainsi : « S’il est permis et souhaitable d’encourager la venue des francophones, il devrait être considéré également que des peuples partageant avec nous les valeurs judéo-chrétiennes présenteraient des candidats s’intégrant plus facilement à notre société, sans oublier que de personnes quittant leur pays s'attendent à devoir accepter une nouvelle langue, mais sont beaucoup plus réticents à abandoner leurs valeurs sprituelles ou leurs convictions religieuses ».« Nos recommandations, a-t-il ajouté hier, vont dans le sens d’un encouragement prodigué à une clientèle cible».Sa position ne fait que respecter les critères de l’entente Cullen-Cou-ture sur l'immigration: « Il importe, précise celle-ci, d’assurer une sélection cohérente et harmonieuse des immigrants et de travailleurs temporaires en fonction des capacités d’accueil économiques, démographiques et socio culturelles des régions de destination».La référence aux « valeurs judéo-chrétiennes », a-t-il expliqué, dépasse les aspect religieux et doit se comprendre dans cette perspective culturelle.« On peut trouver un autre terme.Nous l’avons choisi parce qu’on le croit assez large parce qu’il est reconnu universellement».Invité ensuite à dire quelles formes devraient prendre les « encouragements » et les « opérations de promotion » auprès de la « clientèle cible », M.Pallascio a été incapable de répondre, si ce n’est pour dire qu’il ne veut privilégier aucun pays Québec Message du i^rentier Minisire ., Au nom du gouvernement du Québec, j'ai le plaisir de souligner le quatre-vingtième anniversaire du itvroir.tn donnant ce nom au journal qu 'il venait de fonder, au mois de janvier 1910, Henri Bourassa en traçait du même coup le programme: susciter la réflexion et encourager les prises de position des citoyens et citoyennes sur les questions d'actualité.Dès le début de son histoire, Ma* itwuir a ainsi occupé une place particulière dans le monde de l'information au Québec, en offrant à ses lecteurs et lectrices un contenu où se conjuguent la force de l'analyse et la rigueur intellectuelle.Le chemin parcouru depuis lors démontre que les dirigeants qui s'y sont succédé n 'ont jamais perdu de vue ces objectifs initiaux.Intimement liée à l'histoire québécoise de ce siècle, l'évolution de ce prestigieux quotidien témoigne des efforts déployés par ceux et celles qui ont oeuvré à maintenir son influence et la liberté de pensée qu 'il symbolise.À l'intention de tous les artisans de cette remarquable réussite, que je félicite chaleureusement, je formule le voeu que Ma» llrroir soit encore longtemps le témoin Jidèle de nos valeurs et de nos aspirations collectives ainsi que l'un des outils privilégiés pour les concrétiser.ilobvri Itourussa FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC La Fondation désire rendre hommage à la mémoire de tous ceux et celles qui lui ont laissé à leur décès des sommes destinées à poursuivre la lutte engagée contre les maladies cardiovasculaires.en particulier.Un témoin a rapporté par ailleurs au DEVOIR que le candidat RSC dans le quartier no 3, M.John Hannan, s’était dissocié puliquement jeudi soir de son parti à propos de cette déclaration.Mais hier, il était rentré dans le rang.« Le RSC est plus uni que jamais », a dit son président De son côté, le Mouvement pour une école moderne et ouverte a ter miné sa campagne par une intervention sur la lutte au décrochage scolaire dont il veut faire une priorité.« Cela passe par une action préventive dès le primaire, a dit M.Kenneth Geroge, la création de projets éducatifs adaptés à la clientèle desdé-crocheurs et le développement d’une approche particulière pour les rac-crocheurs ».Au primaire, le MÉMO propose des mesures de prévention comme des ateliers gratuits de récupération.Au secondaire, il veut promouvoir davantage les mesures « alternance-travail » et créer des centres éducatifs particuliers où les apprentissages académiques pourront passer au second plan pour un temps.Par ailleurs, d’autres groupes ont fait connaître leur position sur les partis en lice.Le Mouvement scolaire confessionnel a bien entendu appuyer les candidats du Regroupement scolaire confessionnel.Les députés du Parti québécois de Montréal, MM GéraldGodin, André Boisclair, André Boulerice, Michel Bourdon, et Mme Louise Harel ont dénoncé de leur côté le RSC et l’ont taxé « d’irresponsabilité ».Nous dé plorons, ajoutent-il « le combat d’arrière garde que M.Pallascio mène depuis des années, avec l’argent des contribuables, contre la création des commissions scolaires linguistiques ».Pour sa part, le Conseil central de Montréal (CSN) a accordé son appui au MÉMO.L’Alliance des professeurs de Montréal a fait de même, mais à mots couverts: « Faute d’avoir été capables de modifier la Constitution canadienne pour l’adapter aux réalités pluralistes du Québec moderne, nos dirigeants politiques comptent sur l’électorat pour déloger l’équipe qui dirige actuellement la CECM.C’est triste, mais c’est la solution immédiate qui s’impose».Le poste CIBL-FM (101,5) annonce par ailleurs qu’il va diffuser les résultats à compter de 20h00 jusqu’à 22h00.Rappelons aue l’ensemble de la population québécoise élit demain ses commissaires d’école.Mais déjà, en province 70% ont déjà été élus.Sur Pile de Montréal, 42 des 291 (28%) candidats sont déjà élus dans les huit commissions scolaires.SE-ront donc appelés à voter demain 840 523 des 941 886 électeurs inscrits sur les listes.Aux élections de 1987, la participation aux votes avaient été de 11%.C A I ( >M)A I l( >\ DI s MAI.ADII s Ml M AI I S £1 i S s Pour ses 80 années d’implication sociale et pour son appui constant à la cause des maladies mentales “LA FONDATION DES MALADIES MENTALES” remercie LE DEVOIR et lui souhaite longue vie r-—i I) E J A ex w***:*r " r XT*'-/#.!l VOTRE ASSURANCE QUALITE E X I (i E Z - L A , E S T V O T RE I) R O I T ! INS IIIUI DISC ( )\SI II I I KS IN MANAC .1 Vil NI I >U QUI-HIX 455 OUEST, RUE ST-ANTOINE, MONTRÉAL, QC 112/ l|l TEL: (514) 395-2313 R) ?» i » i » ( Vi it lit:} Wm\v ÛX'IWJ;} >r*l* SBKitt yA'jtîi M'Wik iILoCn /iVfw I E DE DEVOIR 80e ANNIVERSAIRE Montréal, samedi 17 novembre 1990 «Non, cela ne restera pas là» LE DEVOIR est devenu peu à peu partie prenante de l'histoire du Québec Josée Boileau .~\T OUS N’ALLKZ pas laisser // \ cela là, Bourassa.» On est V ?le 10 septembre 1910 et jusqu’à son parvis, toute l'église Notre-Dame grouille de prêtres et de dignitaires venus assister au 21e Congrès eucharistique international.L’événement est d’envergure dans le Montréal de l’époque comme en témoigne la procession qui le lendemain défilera par les rues : des milliers de fidèles s’attrouperont pour voir passer les représentants du clergé qui marchent en rangs serrés sous des arcs de triomphe construits pour l’occasion.Pour l’heure, les congressistes réunis à Notre-Dame sont toute oreille : l’archevêque de Westminster, Mgr Francis Bourne, l’un des personnages les plus éminents de son temps, parle.Et son ton calme cache mal ce que sa thèse a d’explosif.Pour que le catholicisme triomphe en Amérique du nord, dit-il, il doit s’angliciser.En plein débat sur la survie des écoles bilingues de l’Ontario, alors même que les francophones se battent pour leurs droits de canadiens-français, le messsage est clair.Ni Henri Bourassa, ni les évêques qui l’entourent ne s’y trompent.« Non Monseigneur, cela ne restera pas là », rétorque le fondateur du tout neuf LE DEVOIR à l’archevêque de Saint-Boniface qui le presse, en murmurant, de réagir.Et Bourassa se lança, dans un discours si passionné, si implacable, si éloquent, à la défense de sa foi et de son peuple, que l’auditoire s’enflamma.« Attrape mon maudit », cria un curé à l’adresse de Mgr Bourne pendant que, emportés par l’enthousiasme, les évêques frappent du pied et qu’une gigantesque ovation clôt les paroles de l'orateur.Non, Henri Bourassa n’avait pas reculé et le « sermon » de Notre-Dame, repris et discuté dans LE DE-VOI R, magnifié encore par l’écho populaire, passait à la légende.Quatre-vingts ans se sont écoulés depuis.Et si les légendes ne sont plus à la mode, LE DEVOIR, lui, est toujours là, riche d’une histoire ponctuée des coups d’éclats de journalistes, d’éditorialistes, de directeurs qui chacun à leur manière ont, comme Bourassa, un jour répondu : « Non, cela ne restera pas la ! ».Au départ pourtant, on ne prédisait pas un an d’existence à ce nouveau quotidien aux nobles prétentions.Mais de causes à défendre en scandales à débusquer, du combat à l'appui plus nuancé, LE DEVOIR est peu à peu devenu partie prenante de l’histoire du Québec, traversant les crises de toutes sortes, marquant même la couleur des mots.Comme ce « jouai » qu’André Laurendeau, dans un billet écrit en 1959, employa le premier pour désigner la langue des Québécois.Ou comme « les trois colombes » de Jean V.Dufresne, qui imagent aujourd’hui encore l’entrée en politique fédérale, à l'automne 1965, des Jean Marchand, Gérard Pelletier et Pierre Elliott Trudeau.En revanche, nombreux auront été les émois qui ont secoué la maison : les attaques orangistes ré- clamant la suppression du DEVOIR et la pendaison de Bourassa, les foudres de Duplessis, les dénonciations des ministres, les critiques, même les coups de feu de la pègre, portés contre le journaliste Jean-Pierre Charbonneau en 1973, alors qu’il scrutait les agissements du crime organisé.Loin de se taire, LE DEVOIR a chaque fois profité de l’occasion pour réitérer sa vocation : une indépendance à sauvegarder, parfois au prix de coups du destin, comme le veut une anecdote du temps de la Première guerre mondiale.Bourassa s’opposait alors avec véhémence à la conscription au point de risquer la suspension de son journal, donc sa disparition.Le censeur Ernest Chambers croule sous les La page éditoriale, la réflexion continueront toutefois d’occuper une place centrale dans le journal, selon les voeux mêmes du fondateur, à l’égal des préoccupations des directeurs qui se succèdent.plaintes contre LE DEVOIR.Mais M.Chambers est un ancien journaliste et un admirateur de M.Bourassa.Il rappelle donc au journal qu’il lui est possible de répondre à une plainte que lui adresse le censeur en exigeant des précisions, auxquelles il faudra encore un certain délai pour répondre.Et le temps passera car « telle est la vie », comme le note avec sagesse M.Chambers.Et heureusement la vie a continué, au rythme des grands dossiers du journal et d’une quête constante pour la justice, la vérité et les droits des francophones au pays.Il y a bien quelques points noirs au tableau d’honneur, dont au premier chef cette lutte affolée d’Henri Bourassa contre le féminisme et, par ricochet, le droit de vote des femmes.« Monstre hybride et répugnant », « femme-homme », « hommasse », « détraquées », rien n’est trop fort pour qualifier celles qui s’éloignent de leur vocation de « vraies » femmes.Véritable misogynie ou reflet des moeurs du temps, peu importe, c’est aujourd’hui un joli retour des choses qu’une directrice assume l’héritage ! Mais la fougue de Bourassa était sincère et nulle part ne s’exprimait-elle mieux lorsque LE DEVOIR vibrait de ses convictions nationalistes en appelant au respect de l’esprit des Pères de la Confédération : la reconnaissance partout au pays des droits des canadiens-français.Combatif, Henri Bourassa sillonna l’Ouest en 1913, l’Acadie en 1924 —cette fois avec 300 participants rassemblés sous l’égide du DEVOIR— pour apporter son soutien aux francophones de ces régions.Voir page A-6 : Engagement < PHOTO JACQUES GRENIER L’édifice du DEVOIR, sis au célèbre 211, rue du Saint-Sacrement, dans le Vieux-Montréal.Le cycle sans fin des quêtes et des banquets Jean-Pierre Proulx E JOURNAL n’avait qu'un an quand, pour la première fois, il 1 a invite ses lecteurs à banqueter.Et il en avait dix quand il s’est mis à quêter.Ce 30 janvier 1911, un an et quelques jours après sa fondation, le DE-VOIR triomphait à l’indicatif présent: « Cinq cent personnes, amis, collaborateurs, actionnaires employés de toute catégorie de notre journal ainsi que de distingués repéré sentants assistent à cette belle fête de famille, que la présence des da-ipes rehausse d’un éclat charmant ! » Ainsi commençait le compte rendu de ce premier banquet d’an niversaire tenu l'avant-veille à l’hôtel Windsor.La veille, Orner lléroux n’avait eu que le temps de signer un bref article célébrant le caractère historique de l’événement : « Pour la première fois, croyons nous, des hommes publics, des hommes d’af- Un premier banquet dès 1911 et une première quête dès 1920 faire, des professionnels de toute catégorie font à un journal une manifestation pareille.» « Ce sont, concluait-il, les accents magnifiques du chant national qui rythmaient la manifestation de samedi qui lui donnaient tout son sens et sa portée ».Ce chant, c’était « O Canada, mon pays, mes amours»! Henri Bourassa, lui, avait prophétisé: « La première année de nos opérations a tellement bien répondu à nos espérances, les a même tellement dépassées que nous avons aujourd'hui le droit de dire à nos amis que ceux qui ont placé leur argent dans ce journal, ou que ceux qui l’y placeront à l’avenir, aideront non seulement une bonne oeuvre de réveil moral, politique et social, mais qu’ils coopèrent à une entreprise fi- nancière pleine d’avenir.» Célébrant, quatre ans plus tard, le 5e anniversaire du journal, par une « grande manifestation » au Monument national, Bourassa a le propos plus inquiet.Il évoque pudiquement les « peines et les misères » qu’il lui a fallu endurer.Mais à l’endos du programme de la manifestation, le message est clair.On y indique les «moyens d'aider LE DEVOIR».« N’oubliez pas, prévient-on, que LE DEVOIR n’accepte les subsides d’aucun parti poltique, d’aucune société financière, intéressée à endor mir l’opinion publique.Il a besoin, pour vivre, d’une clientèle honnête, nombreuse et désintéressée ».Les moyens sont à l’avenant : s’abonner, placer à l’Imprimerie populaire ses commandes d’impression, et annon cer dans le journal.En réalité, l’année 1913 avait été catastrophique.LE DEVOIR avait épuisé son capital initial de 100 000$ souscrit par 600 actionnaires.Bourassa avait restructuré l’entreprise et obtenu de cinq souscripteurs un nouveau capital de 90 000$.Cette même année 1915, un évé-nenement significatif se produit :1a fondation officielle des Amis du Devoir.Ses lettres patentes en font une société à actions destinée « à prati quer, l’industrie et le commerce d’imprimerie, de gravure, de photographie, de reliure ».Ce qu’elle pratiquera effectivement.Ils organiseront surtout des souscriptions.C’est l’activité qui fera leur renommée.À l’automne 1919, ils prennent en charge l’organisation du « congrès » marquant le 10e anniversaire du journal.Le 13 janvier, toujours au Monument national, chacun a payé 50, 75 cents ou 1 $ pour sa place, ce qui a apporté la somme très exacte de 877,25 $.Cette fois, le ton est plus grave : « L’absence complète de tout assaisonnement artistique ou musical a fait dès le début ressortir le côté sérieux de la réunion », écrit Orner llé-roux.Henri Bourassa a perdu sa pudeur d’il y a cinq ans.Il dévoile froidement les faits : dès 1913, le journal se trouvait face à un déficit probable de 40 000$.« La vérité, lance Bourassa, nous oblige de dire aujoud’hui à nos amis de partout : nous avons besoin de votre aide».le « congrès », sans doute bien inspiré, recommande « que les Amis du Devoir étalissent partout où c’est possible, des comités régionaux dont le principal objet soit de recruter de abonnements au journal et des sous-Volr page A-6 : Le cycle La vie dure et la vie belle NDLK - Voici le texte intégrulde l'allocution de lu directrice du DEVOIR, Mine l.ise Hissonnette.à lu soirée bénéfice d'hier soir.DEPUIS qu’il est né en 1910, on dit du DEVOIR qu'il est un miracle quotidien.Ce soir, c’est vous le miracle.Merci.Merci de votre amitié qui vous amène à no tre fête.Merci de votre solidarité.Il est extraordinaire de voir ici qu'une société comme la nôtre en est toujours capable.Et de sentir LE DEVOIR au centre d'un tel mouvement, c'est une joie pure Une joie qui sera inoubliable.Et une date unique dans notre histoire qui continue Nous avons la vie dure, au DEVOIR, et souvent la vie belle, ou les deux à la fois, comme c’est le cas aujourd’hui.Merci.Vous êtes venus de partout, et si un ange passait au-dessus de la salle, il aurait de la difficulté à croire qu’il faut créer des commissions, des comités, des forums et peut-être des référendums pour vous faire vivre ensemble.Nous, on le sait, parce qu’il a fallu des simulations complexes à l'ordinateur pour faire les plans de tables, en séparant les adversaires et en rapprochant les amis, tout en tenant compte du fait que certains adversaires sont amis et que certains se croient amis qui en réalité sont des adversaires.Et c’est sans parler des sénateurs.Bref, si vous n’étes pas content de vos voisins, pour l’amour du ciel et celui du DEVOIR, n’en dites rien.Nous ne sommes pas une agence de rencontres, encore que, après cet exercice, nous jxiurrions désormais en remontrer à tous les gouvernements pour ce qui est de constituer des commissions parlementaires élargies.À vrai dire, ce rassemblement est si extraordinaire que nous devrions en profiter.Pour fermer à clé les portes du Heine Elizabeth, et vous interdire de sortir avant que vous ayez réglé l'avenir du Québec et du Canada, tous les confliLs dans le secteur public et quelques-uns dans le privé |M)ur les prochains deux ans, les modes d'application de la TPS notamment dans le secteur culturel, et la plus grande partie de nos problèmes sociaux Mais nous n’en ferons rien, pour la bonne raison que vos débats sont les nôtres.S’il fallait que vous vous entendiez, LE DEVOIR risquerait une sérieuse rechute.Nous avons besoin de vos chicanes pour nos pages, à condition que vous attendiez à demain pour les reprendre.Parlons donc du DEVOIR, plutôt.Je vous épargnerai les longs discours, encore que la tradition m’y autoriserait.On m’a fait cadeau, la semaine dernière, d’un tiré à part que l’Imprimerie populaire avait publié du discours du fondateur, Henri Bourassa, au dîner bénéfice de 1930 qui avait lieu à l’hôtel Windsor, à deux pas d’ici.Il avait trente pages, et réglait non seulement l’avenir du 1) EVOIR mais le cas du Transvaal et celui de l'Amérique protestante.Et il durait quatre-vingt-dix minutes.Ce qui m’a frappée, outre la façon d’histoire, c’est la virulence avec laquelle M.Bourassa devait, encore et toujours, défendre l’idée même de son journal.Tous les anciens directeurs ici présents savent de quoi je parle.De nul autre, on ne réclame autant de pureté.Nul autre n’est aussi souvent accusé de dévier de ses principes fondateurs.À aucun autre on ne demande autant de comptes moraux de ses dettes.Les autres journaux, on les lit sans leur faire trop d’histoires, celui-ci, on le menace d’abandon ou de mort pour des vétilles.LE DEVOIR, c’est le journal qu’on veut vierge et qu’on s’arrange pour rendre martyr.La virginité et le martyr sont passés de mode, sauf pour LE DEVOIR.On a encore, chez ceux qui le lisent comme chez ceux qui l’ignorent, une idée si exigeante de lui qu’elle a failli le consumer.Ce qui s’est passé, c’est qu’on lui a défendu de se normaliser.L'ensemble de la société, autour de lui, a baissé la garde, assoupli ses moeurs, toléré plus facilement les faiblesses individuelles et collectives.Mais LE DEVOIR n’a jamais eu le droit de mal accorder un participe passé, d’être distrait devant un scandale, d’oublier de redresser un tort.On a pour lui des rigueurs qu’on n’au-rait pas avec ses enfants, sa famille, ses amis, ses dirigeants, et presque jamais avec d’autres médias.On prévoir page A-6 : La vie LE DEVOIR remercie les 4200 amis qui l’ont soutenu en 1990 A-6 ¦ Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 LE DEVOIR 80e ANNIVERSAIRE 1910-1980, 80 années d’engagement et de combats 1892 — Henri Bourassa achète L'in terprdte, journal fondé en 1886 à Al fred, Ontario.Voué à la défense des droits des Franco-Ontariens, sa de vise est : « Fais bien et laisse dire.» Il le vend en 1894.1# janvier 1998 — Fondation de la compagnie La Publicité Limitée, entreprise commerciale vouée à la promotion de la pensée nationaliste et à la création d’un journal d’idées.13 août 1999 — Réunis au Monument national, 172 actionnaires élisent le conseil d’administration du journal LE DEVOIR qui sera composé d’hommes d’affaires.1919 à 1913 — L’équipe du DEVOIR s’installe au 71 A, rue Saint Jacques, à Montréal.19 janvier 1919 — Parution du premier numéro du DEVOIR, qui va prendre sa place sur le marché, comme journal de l'après-midi.Tirage initial 30 000 copies.Au cours de l'année, le tirage se maintiendra autour de 12 000 exemplaires.Prix : un cent Début 1913 — Déficit de 40 000$ Menace de faillite.6 février 1913 — Craignant la réaction de société éditrice La Publicité Limitée devant le déficit du journal, Henri Bourassa et son équipe d’actionnaires fondent une nouvelle compagnie : l’Imprimerie populaire limitée.28 mars 1913 — Réunion des administrateurs de l’Imprimerie populaire qui confirment Henri Bourassa dans son autorité absolue sur l'orientation et la direction du DEVOIR.Le conseil d’administration de l’Imprimerie Populaire Ltée se compose de Henri Bourassa, Oscar Dufresne, Guillaume-Narcisse Ducharme, Edmond Hurtubise, Louis-Narcisse Ducharme.Joseph-Narcisse Dupuis, Philippe Deslongchamps, Georges Pelletier et Orner lléroux.1913- LE DEVOIR déménage rue Sainte-Thérèse, vraisemblablement au numéro 20, dans les locaux autrefois occupés par Le Nationaliste.1914 — LE DEVOIR emménage au 43 rue Saint-Vincent, site de l’ancien Hôtel Richelieu.1er septembre 1914 — Le prix de la copie du DEVOIR passe de un cent à deux cents.14 janvier 1915 — À l’occasion du 5e anniversaire de la fondation du DEVOIR, il y a réception et discours d'Henri Bourassa au Monument national 1919 — LE DEVOIR menacé de fail-litte.13 janvier 1920 — Un congrès de deux jours et un banquet au Monument national soulignent le 10e anniversaire du DEVOIR.1920-1921 — Henri Bourassa fait une tournée de propagande pour chercher des souscripteurs et sauver LE DEVOIR d’une autre crise financière.1924, début juin — Emménagement dans les locaux du 434 rue Notre-Dame est, ancienne auberge et ancienne usine à chaussures.Année difficile monétairement.3 février 1938 — Célébration du 20e anniversaire du DEVOIR.Le ban- Henri Bourassa quet rassemble 1600 convives au Windsor.3 août 1932 — Démission d’Henri Bourassa.Georges Pelletier lui succède.1935 — 25e anniversaire du DEVOIR.Numéro spécial de 72 pages.1949 — 30e anniversaire du DEVOIR.On ne célébrera pas en cette année de guerre.Septembre 1949 — Les employés acceptent une semaine additionnelle de vacances sans rémunération.39 mars 1943 — Assemblée générale : changements au niveau du conseil d’administration.On y retrouve Edmond Hurtubise, Marius Dufresne, J.-A Bernier, J.-B.Prince, Georges Pelletier, Dominique Pelletier et Jacques Perrault.23 octobre 1943 — Émile Benoist, secrétaire de rédaction, a toute autorité sur le personnel du DEVOIR pendant l’absence de Georges Pelletier, atteint par la maladie.1945 — 35e anniversaire du DEVOIR.Pas de célébration.Climat de guerre et maladie du directeur, Georges Pelletier.24 janvier 1945 — Le syndicat des journalistes est reconnu officiellement comme négociateur.3 septembre 1946 — Démission de Georges Pelletier.8 octobre 1946 — Les pouvoirs conférés au directeur gérant du DEVOIR seront exercés par le conseil d’administratioa Ce dernier confie à Alexis Gagnon en consultation avec Orner Héroux la direction de la rédaction à certaines conditions.20 janvier 1947 — Mort de Georges Pelletier.19 février 1947 — Gérard Filion est élu membre du conseil d’administration en remplacement de Georges Pelletier.19 mars 1947 — René Paré est élu membre du conseil d’administration en remplacement de Candide Dufresne, décédé.9 avril 1947 — Gérard Filion devient directeur général du DEVOIR et administrateur délégué à l’Imprimerie Populaire Ltée.4 juillet 1947 — Le conseil d’adminis- b> .n Jean-Louis Roy Gérard Filion Benoit Lauzière Claude Ryan Lise Bissonnette tration adopte un projet de règlement autorisant un emprunt jusqu’à concurrence de 120 000 $ par émission d’obligations.17 septembre 1947 — André Laurendeau est nommé membre du conseil d’administration.2 mars 1948 — Assemblée générale : élections au conseil d’administration.Membres élus : J.-B.Prince, président, Jacques Perrault, vice-président, René Paré, André Laurendeau, Abel Morin, Gérard Picard, Gérard Filion.L’assemblée adopte un projet de règlement autorisant un emprunt jusqu’à concurrence de 150 000 $ par émission d’obligations.17 décembre 1949 — I,e CTCC fournit 10 000 $ à la caisse du DEVOIR.Point de départ d’une souscription publique organisée par les Amis du DEVOIR.12 février 1959 — Banquet du 40e anniversaire du DEVOIR, au Windsor.1300 personnes rendent hommage au journal.J.-B.Prince préside.5 mars 1951 — Le conseil d’administration décide de porter le pouvoir d’emprunt à 400 000$.25 avril 1951 — Le conseil d’administration décide l’achat d’une rotative usagée.7 février 1952 — Hausse du prix du journal à 10 cents.31 août 1952 — Mort d’Henri Bou rassa, fondateur du DEVOIR.17 novembre 1953 - LE DEVOIR devient un quotidien du matin.Janvier 1955 — 45e anniversaire du DEVOIR.29 et 30 janvier 1955 — Banquet de souscription : objectifs 100 000 $.29 avril 1955 — Grève et lock-out des employés de typographie.2 mai 1955 — Démission de Gérard Picard.19 juin 1955 — Grève des clicheurs et des livreurs.Boycottage dans les bureaux de photogravure.6 septembre 1955 — Des accords sont conclus avec les clicheurs et les livreurs.Les Amis du DEVOIR avancent 25 000 $ sur la prochaine souscription.29,39 et 31 janvier 1969 — Les Fêtes du cinquantenaire : 1200 personnes sont présentes à l’hôtel Reine-Elizabeth.Numéro souvenir de 40 pages (29 janvier 1960).25 mars 1961 — A l’assemblée générale, on note la présence de 36 actionnaires.C’est la première fois qu’ils sont aussi nombreux.Le même conseil d’administration est réélu.1962-1963 - Profit de 300 000 $.Augmentation du tirage.31 janvier 1963 — Gérard Filion dé missionne.1er février 1963 — Réunion du conseil d’administration qui accepte qu’un triumvirat prenne la direction pour un an.Le comité de direction se compose de Claude Ryan, Paul Sau-riol, André Laurendeau et demeure sous la présidence d’André Laurendeau.Afin d’intégrer Claude Ryan et Paul Sauriol au conseil d’administration, les membres du conseil passent de sept à neuf membres.23 mars 1963 — Assemblée générale : élection du conseil d’administration.Les membres élus sont : René Paré, président, F.-A.Angers, vice-président, Gérard Filion, Dr A.-D.Ar- chambault, André Laurendeau, P.-E.Robert, Jean Marchand, Claude Ryan, administrateur délégué, Paul Sauriol secrétaire.Arthur Lefebvre est le trésorier du conseil d’adminis tration.1er mai 1964 — Le conseil d’adminis tration nomme Claude Ryan comme directeur.29 mars 1965 — À l’assemblée géné raie, les membres du conseil sont réélus.André Laurendeau devient vice-président en remplacement de F.-A.Angers.28 septembre 1965 — Démission de Jean Marchand du conseil.Il participera à la campagne électorale.7 mars 1966 — Au conseil d’adminis tration : décision de payer un dividende de 1 1/2 % aux actionnaires pour le semestre courant 1er février 1967 — Au conseil d’ad ministration : décision de payer un dividende de 2 % aux actionnaires pour le semestre courant.8 juin 1967 — Le conseil d’administra tin approuve le projet de contrat pour faire imprimer LE DEVOIR à l’Imprimerie Dumont, à Ville La salle.1er juin 1968 — Décès du rédacteur en chef, André I^aurendeau.9 septembre 1969 — Renouvellement du contrat de l’Imprimerie Dumont.Même si celle-ci est passée sous le contrôle du groupe Péladeau, la gé rance de l’imprimerie reste la même pour cinq ans.19 janvier 1978 — 60e anniversaire du DEVOIR.Divers articles de Ryan, Sauriol et Ramsay Cook soulignent le fait.18 novembre 1978 — Le conseil d’ad ministration décide de porter à 15 cents le prix de vente du DEVOIR.17 avril 1972 — Déménagement au 211 rue du Saint-Sacrement.5et 6 novembre 1975 - LE DEVOIR ne parait pas, les journalistes tenant deux journées d’étude.12 novembre 1975 — Début de la grève des journalistes.19 décembre 1975 — Fin de la grève.Janvier 1978 — Démission de Claude Ryan.Il janvier 1978 — L’intérim est assuré par le rédacteur en chef, Michel Roy.Janvier 1988 — 70e anniversaire du DEVOIR.23 novembre 1988 — Entrée en fonction de Jean-Louis-Roy comme di recteur.7 avril 1981 — Grève des journalistes.11 juin 1981 — Fin de la grève.31 octobre 1981 — Le prix de la copie du DEVOIR est porté à 35 cents.31 mars 1983 — Grave crise financière au DEVOIR.La direction demande une baisse de salaire de 10 % à ses employés.10 janvier 1985 — 75e anniversaire du DEVOIR.Cahier spécial 28 janvier 1986 — Démission de Jean-Louis Roy, nommé à Paris.3 juillet 1986 — Benoît Lauzière prend la direction.12 juin 1999 — Démission de Benoît Lauzière.1990, juin 12— Lise Bissonnette devient la première femme à diriger le journal.4 La vie tend que la vertu n’est plus possible, que la morale fout le camp, mais on s’attend à ce qu’elle tienne le coup tout de même, discrètement, sur une vingtaine de pages à petit tirage, tous les matins.Et qu’elle le fasse saas un sou, c'est plus convaincant.C’est difficile et presque impossible, cette idée du DEVOIR, mais notre privilège c’est justement qu’elle existe et survive.Rares sont les institutions privées, aujourd’hui, qui soient portées par une idée, plus que par une fonction.Dans l’univers touffu et sans cesse multiplié des médias, LE DEVOIR pourrait bien disparaître saas que la machine à informer s’en aperçoive.S’il reste là, s’il revit chaque fois qu'on le dit à l’agonie, ce n’est pas tant parce que nous sommes là pour le faire, que nous noas accrochons, que nous trouvons des moyens de le renouveler.C’est qu’il porte et est porté par une idée, la meilleure que notre société se fait d’elle-même, et que nous refusons d’y renoncer.C’est cela que je comprends de votre présence ici ce soir.Avouez-le, certaias jours vous ne nous Usez pas, ou vous nous feuilletez distraitement.Mais dans le bruit des choses contemporaines, que nous aimons toas, la présence du DEVOIR est une assurance sur des valeurs.Vous n’ê-tes pas seulement venus soutenir financièrement LE DEVOIR, mais j’ai l’impression que voas avez pris le temps, le vôtre, pour dire à ce journal qu’il doit reprendre le collier, que vous attendez de lui quelque chose de plus, de mieux, de constamment difficile.J’ose me dire que vous répondez déjà à ce pari que l'équipe du DEVOIR vient de refaire, et qui est de tirer ce journal du côté des idées, du choc des opinions et de la redécouverte des valeurs culturelles qui sont au centre de nos choix politiques, sociaux, économiques.Ce n’est pas vrai que le Québec s’est assoupi et assouvi, qu’il ne réfléchit plus, qu’il ne s’engage plus.Nous n’avons pas assez de pages, ni assez de journalistes, pour faire écho à tout ce qui bouillonne, cherche, s’affronte et déboulonne les certitudes dès qu’elles ont envie de s’installer.C’est pour continuer ce travail que NDLR — La recherche historique et documentaire pour la rédaction des articles soulignant le 80e anniversaire a été effectuée par Hélène-Andrée Bizier.LE DEVOIR a besoin de la santé, morale et financière.I.a première va déjà beaucoup mieux que la deuxième, je vous l’avoue.Et pour la deuxième, il n’y a qu’une solution pour que nous cessions de taxer l’admirable patience de notre principal créancier, la firme Québécor.Il faut non seulement aimer l’idée du DEVOIR, il faut le lire et le faire lire, faire oeuvre de propagande comme on disait si joliment en 1930.Je crois sincèrement qu’il le mérite.U ne note plus personnelle, en ter-minant.Jamais je n’aurais cru, quand M.Ryan m’a offert la chronique d’éducation au DEVOIR en 1974, que je servirais un jour le journal dans la fonction qui est désormais la mienne.C’était un privilège inouï que d’y entrer, et cela me suffisait amplement à l’époque.Ma révérence de jeunesse envers LFI DEVOIR est restée intacte, absolument.On m’a confié un trésor et j’en suis aussi émerveillée aujourd’hui qu’hier, c'est le même mouvement qui me porte, comme il porte tous ceux qui oeuvrent au journal dans des conditions quasiment monacales qui comptent d’ailleurs, paradoxalement, pour un peu de notre plaisir.Si je ne sens pas la charge, malgré qu’elle m’envahisse, c’est que toute l’équipe du DEVOIR tire a la roue avec un sens de la trêve qui ressemble au vôtre, et qui se prolonge.Je veux remercier ici toute la rédaction et le personnel d’administration du DEVOI R, pour tout, et ils savent tous pourquoi.Fit saluer avec émotion mes deux collaborateurs les plus proches, le nouveau rédacteur en chef et directeur de l’information, mon collègue Bernard Descôteaux, qui savait tout et n’a reculé devant nen, ainsi que le nouveau directeur délégué à l’administration, André Ia; clerc, qui n’a même pas cligné d’un oeil en voyant le bilan avant de signer son contrat.Du courage, si j’en ai, c’est avec eux.Et avec le conseil du DEVOIR que préside l’être le plus déterminé qu’on puisse rencontrer, M.Laurent Picard, qui a décidé de mon sort avant moi, par un beau jour de l’été dernier.Fit qui affrontera avec nous bien d’autres saisons.FInfin je n'ai pas de mots pour vous dire ce que je pense de bien, de fou, de sidérant, de mon ami Marcel Couture qui a organisé cette soirée en exigeant de moi la foi du charbon nier.Je lui demande pardon oubli quement pour les nombreuses fois où j’ai doute.J’ai eu tort, il vous con naissait, il a gagné.Comme nous tous ici réunis.Merci.4 Engagement Fin 1915, il osa même dresser un parallèle entre le conflit mondial qui se jouait en Flurope et la situation des minorités francophones en Ontario : « Les ennemis de la langue française au Canada, ce ne sont pas les Boches des bords de la Sprée ; ce sont les anglicisateurs anglo-canadiens, meneurs orangistes ou prêtres irlandais ».Se défendre ici, avant d’aller combattre ailleurs.La thèse plaît aux francophones, qui se soulèvent en masse contre la conscription, au point où quatre manifestants mourront sous les balles de soldats lors des émeutes de Québec en 1918.Mais les propos de Bourassa lui attirent les pires calomnies des anglophones, particulièrement outrés de ses comparaisons.Loin de s’éteindre, ces vives polémiques se poursuivront après le départ d’Henri Bourassa.C'est la montée du duplessisme, que LFI DFI-VOIR, sous la direction de Georges Pelletier, appuiera quelques temps.Mais aux premières failles du système, faisant fi de la force du personnage qui tint pendant tant d’années le Quebec sous sa tutelle, LFI DF1-VOIR, maintenant dirigé par Gérard Filion, traquera sans limite le gouvernement de Maurice Duplessis, dénonçant la corruption et témoignant d’un net parti pris pour les travail leurs, comme durant la célèbre grève de l’amiante à Asbestos en 1948.Parallèlement à ces positions de principes se profilait un souci plus marqué pour l’information, ce qui permit notamment de lire dans LFI DFIVOIR de la même époque les révélations explosives de Pacifique Plante dénonçant la corruption de la police de Montréal.Des détails croustillants, des noms, des adresses, s’étalèrent jour après jour pendant quatre mois dans les pages du quotidien.Protégé par LE DFIVOIR, Pax Plante, assistant-directeur de la police municipale démis de ses fonctions, se terrait pour écrire, un revolver à ses côtés.De l’inédit que LE DFIVOIR répétera ensuite à de nombreuses occasions, soulevant le scandale du gaz naturel ( cf.article à ce sujet ), publiant les dénonciations d’un frère qui deviendra célèbre et qu’André Laurendeau camouflera sous l’épithète Untel.La page éditoriale, la réflexion continueront toutefois d’occuper une place centrale dans le journal, selon les voeux mêmes du fondateur, à l’égal des préoccupations des directeurs qui se succèdent.Au cours de la Révolution tranquille, un homme comme Claude Ryan, « le pape de la rue Saint-Sacrement », y gagnera même un prestige inégalé.Dans ce contexte, le principal point d’ancrage du DFIVOIR, son point sensible aussi, reste la question nationale.Comment s’articulerait aujourd’hui la pensée de Bourassa ?La question se posait il y a 20 ans, et Claude Ryan suscita une forte surprise en invitant les lecteurs à voter pour le Parti québécois en 1976.Fille n’était pas réglée au référendum, alors que, sans directeur depuis le départ de M.Ryan en 1978, le rédacteur en chef du DFIVOIR, Michel Roy, se prononçait pour le non et que les trois autres éditorialistes, dont Lise Bissonnette ( à qui l’on devait aussi un retentissant éditorial sur l’affaire des Yvette ), favorisaient le oui.Lorsqu’il fut nommé à son tour à la tête du quotidien, Jean-Louis Roy s’opposa farouchement au rapatriement unilatéral de la Constitution.Il eut lieu malgré tout, relançant de plus belle la crise constitutionnelle.Sous la direction de Benoît Lauzière, LFI DFIVOIR crut en l’Accord du lac Meech, y voyant un retour honorable pour le Québec au sein de la Confédération.Meech a échoué, l’avenir du Québec s’ouvre à nouveau à toutes les possibilités.« Un superbe moment pour bouger, le plus grand moment de liberté de choix que le Québec ait croisé depuis la Conquête », saluait Lise Bissonnette dans son éditorial d’entrée au DFIVOIR en juillet dernier.Fit comme Henri Bourassa en son temps, LFI DFIVOIR entend bien aujourd’hui être au coeur du débat.4 Le cycle criptions destinées à fortifier son or ganisation ».Dès le 17 janvier 1920, les Amis se lancent dans l’entreprise conjoin tement avec l’Imprimerie populaire.Henri Bourassa prend lui meme en charge les opérations.L’objectif: 100 000$.Pendant près de deux ans, Bou rassa y consacre tout son temps, si bien que ce sont les Amis du Devoir qui lui paient son salaire.Fin juillet 1921,1a campagne a rap porté 109 921 $.Quand on ferme les li vres, cinq ans plus tard, c’est 122 270,41 $ qu’on a ramassé.« Cette souscription, lit-on au procès-verbal du conseil des Amis, nous pouvons maintenant l’avouer en toute fran chise, a sauvé LE DFIVOIR de la banqueroute.» Sept cents personnes ont souscrit 175 $ en moyenne.Le journal se vendait alors 3 cents et l’abonnemment, 6 $.Fin 1990, le journal se vend 60 cents, l’abonnement annuel coûte 170$, la campagne de souscription du printemps dernier a rapporté 280 000$ auprès de 3613 donateurs, pour une moyenne de 83 $! 1930.Après 20 ans, LE DFIVOIR parait avoir retrouvé la stabilité fi nancière.On a le goût de fêter comme comme au début.« Le banquet groupe seize cents convives au Windsor.M.Bourassa acclamé», ti tre triomphalement le journal du 5 février.Bourassa y raconte en détail comment il a sorti le journal du bourbier financier.Fin réalité, une nouvelle crise se prépare.Depuis 1926, Henri Bou rassa a paradoxalement renié ses convictions nationalistes et les lecteurs ont commencé à déserter le journal.Le 2 août 1932, il démissionne.Ce même jour, on note au procès-verbal de la compagnie : Otf
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