Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 1990-11-17, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
WE®, ÏLg ® • le plaisir des ivres Ctidnipteny LU ET APPROUVÉ \ « ., \ 4474.riK SilVm» le plaisir.total A fU4-25*7 1 yuM/u 4.’/ Acu/e» /.«a» fcs **/s Montréal, samedi 17 novembre 1990 TOUT SÉGUR Le Le retour de la divine comtesse chapelet Odile Tremblay ELLE a bercé et terrifié déli eieusement bien des enfances; la mienne en tout cas qui pleurait sur les malheurs de Sophie, rêvait aux fééries de Blondine, Bonne-Biche et de Beau-Minon, frémissait aux volées de coups distribuées par madame Mac’Miche sur l’innocent j derrière du bon petit diable.Ah la ! comtesse de Ségur ! Vantera-t-on ja- I mais assez les charmes surannés de sa plume ineffable ?Certains éducateurs l’ont mise à l’index, interdisant à leurs enfants la fréquentation de récits où fleurissent comme des mauvaises herbes les préjugés de classe, la cruauté, le racisme et le sexisme.Mais, rien à faire ! 116 ans après sa mort, elle plaît toujours et les petits la goûtent et la réclament.À croire que sa recette était bonne : énormément d’humour, une grande compréhension du monde enfantin, beaucoup de tendresse, une imagination débridée, une dose de cette tonifiante horreur qui séduit tant les jeunes lecteurs.Bon an mal an, Hachette et Cas-terman écoulent à eux deux 500 000 volumes signés par la comtesse.En terme de chiffres de ventes, les livres de la célèbre grand-mère, née Rostopchine, dépassant aujourd’hui les 30 millions.Sans parler des éditions pirates, des traductions, des adaptations en bande dessinée, etc.Et voici que chez Robert Laffont, on frappait dernièrement un grand coup : la réédition des oeuvres corn plètesde l’inimitable conteuse (on en compte 21 ), avec, en prime, un glossaire, une chronologie et des lettres inédites à son éditeur.Le tout nous parvient en trois volumes dans un superbe coffret cartonné.De toute évidence, ces ouvrages magnifiques ornés de gravures d’époque ne sont pas destines aux bibliothèques des enfants mais à celles des adultes.Des adultes qui se languissent de leurs premières lectures et qui partiront au fil de ces 3523 pages à la recherche de leur temps perdu.Bien sûr, il y a les grands classiques; Les mémoires d’un âne, célébrant les exploits de Cadichon, Les malheurs de Sophie, délicieuses petites historiettes, d’autant plus vivantes qu'elles arrivent en droite ligne du passé de l’auteur, baptisée Sophie, qui passe ici ses souvenirs d'enfance Voir page D-6 : Ségur James Ellroy Écrire dans le noir Serge Truffaut A LONDRES, en 1953, Somerset Maugham s’est trompé.Dans *- une longue et parfois passionnante dissertation sur le genre policier, Maugham, auteur pourtant heureux d'un roman intitulé Le fil du rasoir, a bêtement cafouillé au moment de la conclusion.À la trente-quatrième et dernière page d’un article baptisé Déclin et chute du roman policier, Maugham, le ton péremptoire au bout du crayon, affirma que les héritiers de Dashiell Hammett et Raymond Chandler « se sont montrés si excessifs qu’ils ont atteint à l’absurde.Dans leur recherche forcenée du sensationnel, ils ont anesthésié leurs lecteurs au lieu de les terroriser et ils ont fini par les faire rire de dérision.Je ne vois guère qui peut succéder à Raymond Chandler.Je crois que le roman policier, aussi bien que le roman de pure déduction que le roman noir, est mort».Écho littéraire du tragique quotidien, le roman noir, n’en déplaise à ce brave Maugham, n’a pas cessé, depuis Hammett et Chandler, de se frayer un chemin.De s’infiltrer à droite comme à gauche, en haut comme en bas.Le roman noir existe et persiste parce qu’il est cannibale et que nous sommes tous des cannibales.Le roman noir est l’animal de cette chose vague qu’on nomme Littérature.11 est né bien avant Chandler et Hammett.Il est né au moment précis où Adam a goûté la peau de Eve et vice-versa.Le désir, l'obsession, le sang, la folie sont ses sujets favoris.L’alcool, la drogue, la cigarette, le couteau et le 38 sont ses accessoires favoris.Chacun en leur temps, et avec des outils divers, Balzac, Bataille, Céline, Dostoïevski, Faulkner, Shakespeare, Sophocle et Zola ont fait du roman noir.Entre ce mois de l’année 1953 au cours duquel Maugham clama la mort du roman noir et aujourd’hui, il y a eu Charles Manson et le sida, le massacre de My Lai et les Rolling Stones, les étudiants morts de l’université de Kent et l’overe qui séduit dans ce roman, ce dont se rappellera longtemps après la lecture, c'est I intelligence qui émane de l’écriture île Monique LaRue.Marie-Claude Fortin, Voir Le voici le roman fascinant des années 1980.Résolument moderne et féminin, intelligent et raffiné.Décapant.Jean Royer, Le Devoir Il émane de Copies conformes quelque chose de profondément mûri dans l'émotion comme dans l'écriture que seuls quelques grands d’ici ont atteint.Guy Cloutier, Le Soleil PHOTO JACQUES GRENIER Yves Navarre tôt que de s’interroger.Mais à la fin du repas le père Volard peut lancer un : « Douce France! » parce que toute la famille est réunie.« La douce France est un fossile », écrira le romancier qui renoue, dans ce livre, avec son univers romanesque ( Le coeur qui cogne, Je vis où je m’attache, Le Jardin d'acclimatation) où il est question de s’échapper de sa famille comme de son désespoir.Le sujet du romancier Navarre, on le reconnaît dans les propos de Tinette à sa nièce Geneviève (p.59) : « N'avoue jamais, n’avoue rien.Eux seuls sont coupables et seuls.Tu dois et tu peux comme moi inscrire l'aveu dans la pratique qu’ils font de leur pouvoir et dans les problèmes qu’ils créent à son sujet.Il y a du policier en eux, du policier attendrissant, du policier douloureux, de la tendresse matée, de la tradition sans audace, de l’amour sans humour.Ce sont des fureteurs, des aimables, des rongeurs.Ils se rongent eux-mêmes.Je les respecte.Respecte-les, ils sont malheureux ».Toute la matière du romancier est dans la distance prise avec la famille.Ainsi son personnage Geneviève avancera dans sa vie en écrivant des lettres imaginaires à ceux qui l’entourent.Ainsi son amant Julien écrira, lui aussi, à la manière d’un romancier, sa propre folie : (p.139) « Je crois qu’on peut refaire le monde et cette ville.Je ne veux pas de moi, je me veux tous et chacun, je suis nombreux et je suis seul, cela ne me quittera pas de sitôt ».S’il perd sa folie, il perd tout, comme un romancier.Yves Navarre SÉANCES DE SIGNATURE SEUIL PIERRE BILLON Samedi 17 novembre : HhOûà 15h00 Dimanche IS novembre: HhOOàUhOO DENISE BOMBARDIER Dimanche 18 novembre: 15h00à 16h00 CLAUDE DUNETON Samedi 17 novembre : I6h00à 17h00 Dimanche 18 novembre : 14h00à I5h00 ALINA REYES Samedi 17 novembre : I5h00àl6h00 Dimanche 18 novembre : I3h00àl4h00 MESSIDOR/LA FARANDOLE PHILIPPE BÉHA Samedi 17 novembre : 14h00 à 16h00 Dimanche 18 novembre 13h00 à 14h00 Lundi 19 novembre : lOhOOà 12h00 Mardi 20 novembre : 13h00 à 14h00 SALON DU LIVRE DE MONTREAL AU STAND DIMEDIA #369 silence doit continuer à se chercher un public dans l’écriture.C’est sa folie et la nôtre.Si Douce France est un roman qui côtoie le déjà-vu et le mélodrame, par moments, c'est aussi un livre écrit contre le silence qui nous a tués trop longtemps.Nous ne serons jamais assez nombreux pour savoir, comme du le romancier, que « les mots écrits ont de la voix ».Car la littérature est un pays où toutes les voix se rejoignent enfin.112 p.reliure spirale LOGIQUES LA VIE MODERNE Stands E7-E8 SIMPLIFIE L’ORDINATEUR L’ORDINATEUR SIMPLIFIÉ par Sylvie Roy cl Jean-François Guéilon La trousse de premiers soins pour votre ordinateur.Pour comprendre votre ordinateur et ses accessoires, et prévenir les problèmes les plus usuels.180 p.reliure spirale 18,95$ Word SIMPLE & RAPIDE MOT À MO T I «LOGIQUE 1 1 = a WORD 5 SIMPLE & RAPIDE (IBM) par Marie-Claude LcBlanc Le manuel qui répond à toutes les questions courantes concernant le traitement de texte Microsoft Word 5 sur IBM PC.Idéal pour les sessions de formation et l’autoapprentissage.PageMaker.SIMPLIFIÉ L'édition électronique sur IBM PAGEMAKER SIMPLIFIE (IBM) par Hélène Admit Apprenez à maîtriser l’édition électronique sur votre IBM PC et découvrez par l’exemple les principaux aspects de l’éditique.160 p.reliure spirale 19,95$ Word 4 SIMPLIFIE Les mots sur Macintosh n U a c i o ii a c i o u i o u a c i o u a e i o u WORD 4 SIMPLIFIE (Macintosh) par Line Trudcl Les trucs et les recettes pour écrire à l’aide de votre Macintosh et pour donner une apparence professionnelle à vos documents.En vente partout cl chez LOCIDISQUE Inc.1225, de Condé, Montréal QC II3K 2E4 (514) 933-2225 FAX: (514)933-2182 9642 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 Marie Cardinal Des histoires contre l’Histoire fi PHOTO JACQUES GRENIER Marie Cardinal Jean Royer LK DRÔLE de roman qu’elle vient de faire paraître chez Grasset, Marie Cardinal accepte de le qualifier de puzzle tout en le situant dans la continuité de ses livres précédents : « il tourne autour de ce que je remue depuis plusieurs livres : l’Histoire, comment on nous la raconte, comment on nous l’enseigne».« L'Histoire est mysogyne, elle n’est pas du tout démocratique et ne raconte que les faits saillants, dit Marie Cardinal.J’ai volontairement écrit mon roman sous forme de puzzle et je voulais l’intituler « L’Histoire en morceaux », mais chez Grasset on lui a donné le titre Comme si de rien n'était.».Certes, la romancière insiste sur certains destins et personnages, sur l’amour, le corps, la mort.Mais il faut dire que ce roman se présente comme une sorte de zapping socio-littéraire, plus sociologique que littéraire peut-être, où le lecteur devient voyeur des événements mondiaux récents.On n’assiste pas tant à révolution des personnages qu’à une suite de variations sur le thème du bonheur vu à travers l'Histoire poli- tique et les histoires anonymes.Marie Cardinal a écrit ce roman par touches et par à-coups, mais sa virtuosité ne nous donne pas tant une oeuvre d’invention littéraire qu’une réflexion qui se contente de rapporter et mimer les événements qui ont fait le téléjoumal des deux dernières années : la chute du mur de Berlin et la libéralisation des pays de l’Est, par exemple.De sorte que pour une page ou deux, parfois trois, la réflexion de la romancière nous entraîne en voyeurs du marxisme, de l’amour, du plaisir, du huis-clos, du corps, de l’idée du bonheur, du doux chagrin, de la peur de l’Allemagne, de Mandela, du cancer, de la pollution, des Polonais, de la fête de l’Huma, de mots croisés, des choses de l’affection, de la bonne mère bonne épouse québécoise qui est bilingue.Le zapping de la romancière se fait plus patient quand il s’agit d’évoquer ce qui remonte à la surface à la fin de ce siècle : les nationalismes, le racisme, l’antisémitisme et l’antiféminisme avec l’affaire de la Polytechnique, mais faussement savant quand il s’arrête à peine aux figures des philosophes Kant, Heidegger, Merleau- Ponty et Hegel.Au moins une centaine de sujets différents composent le puzzle en 183 pages.Ajoutez à cela les 23 pages qui, à la fin du livre, nous proposent les biographies de 48 personnages romanesques, historiques et mythiques rencontrés en cours de route et vous aurez tout ce qu’il faut pour saisir l’intention du livre.La forme de son roman, Marie Cardinal l’a trouvée par défaut.Après s’être rendue compte qu’elle était en train d’écrire « du Marie Cardinal », la romancière a laissé tombé un premier manuscrit.Puis un deuxième, sous forme d’entrevue avec elle-même, qu’elle a trouvé prétentieux.Vint alors l’idée d’un roman pointilliste fait d’une centaine de petites histoires contre l’Histoire.Peu à peu les deux premiers manuscrits abandonnés se sont intégrés au puzzle.Voilà pour la genèse de Comme si de rien n’était.* Ce livre m’a demandé beaucoup de travail, dit la romancière.Malgré l’apparent chaos, il est construit.C’est aussi le livre qui me ressemble le plus.Je me suis fait rire à certains moments en l’écrivant.C’est un livre de liberté.J’ai fichu en l’air ma for- mation académique.Face à l’écriture en soi, face à ce qui est le fond même de mon énergie, de mon activité, ce livre est une victoire pour moi et je vais y rester très attachée ».Pour le lecteur que je suis, ce roman de Marie Cardinal est plutôt déconcertant et m’apparaît comme une copie sans talent de la manière de Georges Perec.Comme si de rien n’était constitue surtout un document d’époque.D’ailleurs, avez-vous remarqué comme beaucoup (trop) de romans récents se passent devant l’écran du téléjournal?Les affaires publiques ne font pas de meilleure littérature que les bons sentiments.En ce qui concerne Marie Cardi nal, elle vous dira elle-même qu'elle n’a pas de théorie d’un livre à l'autre, mais que le roman est un outil qui sert à passer une réflexion.« Je suis professeur de philosophie et ce qui m’a fait écrire c’est toujours le désir d’approfondir une réflexion.Comme je ne suis pas une bonne essayiste, j’ai choisi de mettre cette réflexion en situation, sous forme romanesque.Le roman, c’est un outil pour partager ma réflexion avec les autres ».Guy Ferland MICII EL SERRES avoue d'emblée qu'il est un philosophe « naïf ».Le mot est à prendre au sens originel décrivant une personne qui vient de naître au monde.Le constat que pose ce « nouvel arrivant » est implacable : la terre appelle à l’aide et nous ne l’entendons pas.Ce qui nous condamne à la peine de mort.C’est du moins l'idée qu'il déve loppe dans son dernier essai intitulé Le contrat naturel (François Bou rin).Plus encore, l’homme, d'après Ser res, fait la guerre à son hôte, la Terre avec une majuscule puisque la pla nète est devenue un sujet qui nous parle.« Je compare l’homme à un parasite qui détruit ce qui le main tient en vie sans rien donner en retour.Peu à peu, les guerres, les pro grès techniques et scientifiques, l'envahissement industriel, les déchets sont en train de tuer l'organisme qui nous nourrit » Pour arrêter ce pro cessus de dégradation générale qui va finalement nous condamner tous, le philosophe propose une solution, ce qu’il nomme le Contrat naturel.« À la base de toutes discussions, de toutes guerres, de toutes relations humaines, de toutes découvertes scientifiques, il y a un contrat tacite, un terrain d’entente commun, affirme Michel Serres.Il faut identifier les liens qui nous unissent à la Terre et les exploiter dans une symbiose.C’est ça ou la mort.On doit maintenant penser l’interdépendance glo- bale et signer un contrat naturel nous unissant à la planète.» Car c’est depuis qu’on a vu la terre dans son ensemble qu’un nouveau problème se pose à la philosophie : « penser la globalité.Avant, on avait une représentation mentale du globe terrestre, maintenant on a vu la planète en son entier et le danger de la disparition devient mondial.Après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, on m’avait demander mon opinion sur la signification de l'événement et j’avais dit que la mort passait de l'individuel au collectif » Alors l'inédit en philosophie, d’après Michel Serres, « c’est que l’histoire globale entre dans la nature; )a nature globale entre dans l'histoire ».Avant, les philosophes s’intéressaient soit à l’individuel soit au langage.Michel Serres, lui, propose de revenir au réel, c’est-à-dire à la précarité de notre condition sur la Terre.En actualisant le pari de Pascal, le philosophe montre qu'on n’a rien à perdre.« D’un côté, si on laisse les choses aller, nous ne gagnons rien et nous risquons le pire ; de l’autre côté, si nous acceptons notre responsabilité en prenant des engagements et qu’il ne se produit rien, on ne perd rien, tout va comme avant, par contre si nous arrivons à vivre en symbiose avec la Terre, nous gagnons sur toute la ligne.Alors le choix est facile entre rien et un résultat incertain mais positif.» Pour entamer cette discussion HUM ANITAS nouvelle optique SAI.ON OU LIVRE Kiosque 902 POESIE.Les flèches de l’aube Bernard M(JNTOUO W•¦ 9é°P°'Æ»e ^OOd/bT ¦if U °fCOüVj j y ?j ?, Il annuaire économique i-> mCllSpCnS(tuIC et géopolitique môndial Boréal L’édition 1991 de / l’Etat du monde vous offre: •Le dossier de l’année: LES PAYS DE L’EST 638 pages - 22,95$ •Un contenu entièrement renouvelé.•Le bilan complet de l’année pour les 170 Etats souverains et pour 27 territoires non indépendants de la planète, complété par des études géopolitiques des continents et grands pays.•270 articles rédigés par 130 spécialistes, 43 pages de cartes, 75 pages de tableaux statistiques, 80 bibliographies, 15 chronologies thématiques, un index de 2000 entrées. D-6 Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 a • le plaisir des mes site Samedi à la place Alcan/Hydro-Québec 12h3C: ENCAN LA MAGNÉTOTHÈQUE 14h30: COMME UN GRAND LIVRE OUVERT Écrivains polygraphes ou passer d’un genre a l'autre Gérard-Marie Boivm reçoit Michéle Bazin Claude Duneton Louise Leblanc et Nathalie Pétrowski 15h30: AU THÉÂTRE ALCAN Le theatre Parminou présente Au pied de ta lettre 16h30: CONFIDENCES D'ÉCRIVAIN Gilles Archambault reçoit Pierre Rey 17h30: REMISE DU PRIXONÉSIME 18h00: REMISE DU PRIX LITTÉRAIRE AIR CANADA Sous l'égide de la Société des écrivains canadiens 18h30: REMISE DU PRIX CANADA-SUISSE Sous l'égide du Conseil des Arts du Canada 19h30: LA DICTÉE DONNÉE AUX MONTRÉALAIS Par Jacques Laurin Sélection des candidats Junior et Senior pour les championnats d'orthographe 1991 (Radio-Québec) 21 h 45: PROCLAMATION DES GAGNANTS DE LA DICTÉE DONNÉE AUX MONTRÉALAIS Dimanche à la place Alcan/Hydro-Québec 12h00: LE QUÉBEC EN QUESTION Anime par Marcel Leger Présente par les Editions Québécor 13h45: BIBI NOËL Avec Bibi et Genevieve Spectacle présente par les Editions Libre expression 14 h30: COMME UN GRAND LIVRE OUVERT Que lisent nos vedettes?Gerard Marie Boivm reçoit Janette Bertrand.Andree Boucher.Andre Brassard.Claude Charron.Georges Dor et Dominique Laieunesse 15h30: AU THÉÂTRE ALCAN Le theatre Parminou présente Au pied de ta lettre' 16h30: CONFIDENCES D'ÉCRIVAIN Gilles Archambault reçoit Pierre Bourgault 17h30: REMISE DU PRIX DU GRAND PUBLIC Organise en collaboration avec le Salon du livre de Montréal et La Presse EN DIRECT DU CAFÉ LITTÉRAIRE ALICE-PARIZEAU Radio-Canada présente l'émission DOUBLE EXPRESSO animée par Christiane Charette et Minou Pétrowski, le samedi de 14 h à 17 h 30 et NOSTALGIE présentée par Jean-François Doré, le dimanche de 13 h à 16 h.LE SPÉCIALISTE DE LA LITTÉRATURE MUSICALE CLASSIQUE - JAZZ - POPULAIRE - CHANT CHORAL LIBRAIRIE AMADEUS - ÉDITIONS A COEUR JOIE CANADA INC.8154 RUE ST-DENIS, MONTRÉAL, H2P2G6 (514) 387-6651 © JARRY LIBRAIRIE MUSICALE AMADEUS' Biographies des grands compositeurs Encyclopédies musicales • Dictionnaires de la musique Études • Recherches • Essais • Beaux livres cadeaux PHOTO ARCHIVES Jean Giraudoux 4 Ségur au crible de son imagination.Sous les thèmes éminemment moraux de : Sophie est gourmande, Sophie est coquette, Sophie est colère, Sophie est étourdie, etc., la romancière démon tre à quelles catastrophes s’exposent les enfants pourvus de tels defauts.La désobéissance lui paraît particulièrement odieuse.Malheur à Sophie qui a refusé d’écouter sa maman ! Elle voit son poulet dévoré par un vautour, un loup s’agrippe à sa manche, son âne est écrasé par une diligence, etc.La comtesse brandit le châtiment avec ardeur, courtise l’élément dramatique.Tous ses livres en témoignent : elle adore les événements extraordinaires, les naufrages, les incendies, les chevaux emballés, les loups, les ours et les sangliers qui s'émoustil-lent à l’idée de croquer un enfant ou deux.Lisez Les vacances quand les « sauvages » s’emparent de M.de Rosbourg et du bon petit Paul.Suspense et danger viennent appuyer l’action.C’est en ces espaces fiévreux que l’âme slave de l’auteur pulse son inspiration.Sophie Rostopchine est née en 1799.Filleule du Lsar Paul 1er, élevée à la Spartiate par une mère frigori Hante, elle tient sa fantaisie et son humour de son père, le comte Rostopchine, un fort controversé person nage.Alors qu’il était gouverneur de Moscou, c’est lui qui mit le feu en 1812 à la ville pour repousser Napo léon et ses troupes.Après son enfance russe à Voro novo, à Moscou, puis à Saint Peters bourg, elle doit s’exiler à Paris sur les talons d’un père en disgrâce.À partir de 17 ans, Sophie habitera la France, pour épouser 12 ans plus tard le comte de Ségur, beau gentil homme volage qui lui donnera huit enfants.À 55 ans, déjà grand mère et, semble-t il, désenchanté de son mariage, elle commence à composer dans son château normand des Nouettes une oeuvre dédiée à ses pe tits-enfanLs.Sa production, qui s’accroît de deux livres par an, devient bientôt considérable.Car la corn tesse de Ségur ne mourra qu’à 75 ans, un âge canonique pour l’époque.« Elle tira de desous son châle une forte verge, s’élança sur Sophie et la fouetta à bras redoublé, malgré les cris de la pauvre petite, les pleurs et les supplications de Camille et de Madeleine, et les remontrances de Mme de Fleurville et d’Élisa, indignées de tant de sévérité.Elle ne cessa de frapper que lorsque la verge se brisa entre ses mains.• Cette scène édifiante mettant aux prises Mme Fichini et la petite Sophie (qui n’a que six ans) est tirée des Petites filles modèles.Est-ce dans la Russie tsariste où, aux dires de ses biographes, elle aurait vu knouter des serfs, que la comtesse a acquis ce goût prononcé (et quasi pervers) pour la flagellation ?On l’a surnommée « la divine comtesse » comme on dit « le divin marquis » ; dans ses livres, à l’instar de Sade, elle fouette ferme.De la pauvre Sophie au bon petit diable, en passant par le pathétique Torchon-net de L'auberge de l'Ange gardien, servantes, marâtres, enfants; sa cravache n’épargne personne.Autre obsession de la comtesse : la mort.Elle se fait douce et vertueuse au chevet des bons chrétiens (dans Jean qui grogne et Jean qui rit, le décès du petit Roger est particulièrement édifiant) mais sanglante et honteuse quand sonne la dernière heure des bandits et des coquins.À travers Les bons enfants, pas de pitié pour le kidnappeur de petits garçons qui meurt déchiqueté par un ours furieux au Jardin des plantes.« Tout le monde avait l’air content que le bon Dieu l’eut si terriblement puni », conclut la romancière avec une candeur féroce.Dans l’univers ségurien, il y a les bons et les méchants.D’un côté, les Jean qui grognent, de l’autre les Jean qui rient.Les nobles se retrouvent habituellement dans la « bonne » catégorie, tandis que les ro-turiers expient pour l’éternité le crime d’être « mal nés ».À moins j qu’ils ne se résignent à un destin de loyaux serviteurs, comme Gribouille et sa soeur ou comme le pauvre Biaise.Vision nobiliaire du monde donc, | chez cette fille et femme de comtes.Mais elle a beau nous venir d’un autre âge, sa prose a beau suinter la morale et l’esprit de caste, l'étrange folie de la comtesse a su survoler le temps.À cause même de ce charme désuet, à cause quasi d’un vrai talent d’écrivain et de conteuse qui lui permet de fasciner et de refasciner sans fin, à coups de fables d’hier, les enfants d’aujourd’hui.SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL DU 15 AU 20 NOVEMBRE 1990 m PLACE BONAVENTURE Le jeudi de 17h à 22 h Vendredi, samedi, dimanche de 11 h à 22h Le lundi de 10h à 22h Le mardi de 10 h à 18 h Prix d’entrée: 5$ Étudiants/Aînés: 3$ A.mil,,, 'ALCAN Laval in MinisUre r)«« Affaires culturelle* Giraudoux le magnifique Christian Allègre LISE G AUVIN a de quoi être con tente.La parution, dans la prestigieuse collection de la Pléiade, du premier tome des Oeuvres romanes ques complètes de Jean Giraudoux, à laquelle elle a participé, couronne 20 ans de sa vie professionnelle et un long et patient travail d'érudition.Elle est la première Québécoise à avoir signé des éditions critiques à la Pléiade, dans le volume du Théâtre d’abord, puis celle de Suzanne et le Pacifique, le premier véritable roman de Giraudoux, publié en 1921, peut-être son plus important, puisque l’auteur y expose sa « doctrine » des rapports Nature-Culture.Elle me reçoit dans son bureau du Département d’études française de l’Université de Montréal, où elle est professeur, où elle dirige le programme d’études québécoises, bureau d’où l’on voit la coupole de l’Oratoire St-Joseph, et me raconte comment elle a été amenée à collaborer à cette édition savante.Férue d’études germaniques, une bourse lui a permis, dans les années 60, d’aller étudier en Autriche.Avec pour but un doctorat en Sorbonne, elle a ensuite cherché un auteur chez qui un rapport important s’était établi entre les deux langues, la française et l’allemande.Elle a découvert Giraudoux, l'auteur français le plus marqué par le romantisme allemand, depuis Nerval.Hélas le sujet était déjà pris.C’est ainsi qu’elle rencontra Jacques Body, le directeur de cette édition, qui « détenait » le sujet, et qui la fit entrer dans le cercle des « giralduciens ».Elle fit sa thèse sur Giraudoux et les mythes grecs.Au début des années 70, le même Jacques Body lui demanda de collaborer à l’édition de la Pléiade du Théâtre de Giraudoux.Elle donna Le Cantique des Cantiques et Les Gracques (édition posthume).Le volume parut en 1982, l’année du centenaire de Giraudoux.Et en 1980.Jacques Body, en prévision de l’édition des oeuvres romanesques, offrit à Lise Gauvin de choisir le roman de son choix.Elle prit Suzanne et le Pacifique, cette histoire merveilleuse où l’on voit une jeune fille vivre tout le temps de la guerre 14-18 sur une île du Pacifique, dans une communion exemplaire avec la Nature et le Cosmos.Dans un passage célèbre et qui a influencé des auteurs comme Michel Tournier — ce fut l’un de ses modèles pour Vendredi et Les Limbes du Pacifique — elle fustige le Robinson de Defoe, « encombrant déjà sa pauvre île, dit-elle, comme sa nation plus tard allait faire le monde, de pacotille et de fer-blanc».Pourquoi Suzanne ?Lise Gauvin, aussi secrète que Giraudoux, hésite et me dit : « le lien est sans doute plus avec les îles qu’avec Suzanne » et elle ajoute avec un sourire, « je passe mes étés aux îles de la Madeleine ».Mais le roman de Giraudoux proposait aussi un beau défi au chercheur.Car pour donner l'édition critique d’un texte, il faut un peu se métamorphoser en détective.Pour établir le texte, il lui a fallu en examiner sept étaLs différents et fouiller les bibliographies.Le fruit de ce travail d’histoire et d’érudition se retrouve aujourd'hui dans la notice, les notes et les variantes de l’édition de la Pléiade, et se lit comme le roman du roman.Pour Lise Gauvin ce travail pour la Pléiade « a été une école de rigueur », car il fallait se conformer à des normes d’édition très strictes; « une école de patience », car, même avec l’aide de ses assistants de recherche, le découragement la guettait; une école de modestie enfin, car « quand on voit à quel point un grand écrivain revoit et travaille son texte, on se dit que le style, c’est vraiment non pas un donné, mais un acquis; on se dit aussi que chaque phrase, chaque texte qu’on écrit est très, très largement perfectible ».« Collaborer à la Pléiade, conclut-elle, a été une expérience fort enrichissante; c’est comme si on m'avait dit : vous êtes une bonne ouvrière des lettres, vous avez votre carte de compétence».Lise Gauvin n’est pas la seule au Québec à avoir subi l’attrait de Gi raudoux.Jacques Ferron l’admirait, et beaucoup d’autres, notamment dans le monde du théâtre.Le 12 février 1944, Le Jour de Montréal, consacrait sa page 5 entière à un « Hommage à Jean Giraudoux », qui venait de mourir.On s’est depuis beaucoup questionné sur cet étrange auteur a qui aucune étiquette ne convient.Philippe Soupault, en 1922, le déda L'ÉTRANGE PEINE Florence Aboulker, Paris, Éd.du Rocher, 1990.Odile Tremblay « ON REGARDE sans voir.On écoute sans entendre.On ignore la puissance de l’enfance, jusqu’au jour où l’on se retrouve projetée à terre, les jambes brisées.» Florence Aboulker manie l’écriture intimiste.Elle est l’auteur de plusieurs romans, dont La Femme-tendresse, Pourquoi Sarah ?.Aujourd’hui, avec L 'étrange peine, sa voix devient grave, tandis qu’elle aborde les profondeurs.Son livre se chuchote comme une confession, s’explore comme une thérapie.Dans une série de phrases courtes, hachu rées où chaque mot est pesé, l’écriture de la romancière traduit l’urgence d’une lutte à finir.Après l’amour, un matin, aux côtés d’un corps amant, se réveille la petite fille qui sommeillait sous la femme endormie.Quelque chose dans cet homme, dans son odeur, sa posture, dans sa générosité, peut-etre, appelle les réminiscences.Le i ait poète.Sa réputation de magicien du langage a masqué la gravité profonde de son oeuvre et le commentaire radical qu’elle convient sur notre monde.Le volume qui vient de paraître contient toutes les oeuvres parues entre 1909 et 1928; les autres seront dans le tome 2.Nous pouvons donc maintenant redécouvrir à loisir ce précurseur du discours écologique (souvenez-vous de La Folle de Chail-lot !), ce rêveur d’un monde parfait, dont la jeunesse étonne et qui, dans toute son oeuvre, n’a pas écrit une l seule ligne morbide.père quitte alors la zone d’oubli où il était relégué, revient par effraction.Un album de souvenirs en mains, la narratrice part à la redécouverte de son enfance, pour se délivrer, pour en terminer avec l’angoisse.« À quatre ans, j’ai perdu le chemin », dira-t-elle.Son père mourra lorsqu'elle en comptera 17.Entretemps, il fait figure d’un éternel et séduisant absent qui les abandonne, elle et sa mère, qui poursuit la femme idéale à travers un chapelet d’aventures.Par tâtonnements, habitant successivement un amour présent et un passé qui la bloque.Marine rouvre de vieilles blessures pour mieux les refermer : défilent la gouvernante sadique, la gardienne perverse, les parents indifférents, à l’involontaire cruauté, toujours en guerre.La narratrice ressasse ses chagrins jusqu’à s’en libérer; puis l’amour l’entraîne au-delà de son étrange peine.Livre exorcisme que ce roman personnel et pudique.En parcourant ces pages, le lecteur a presque le sentiment de commettre une indiscrétion, de fouler un monde secret.Avec des mots qui touchent, Florence Aboulker offre ici un morceau d’elle-même.Père aux abonnés absents Invités d’honneur: Samedi • Janette Bertrand signe “Avec un grand A" de 14 h à 16 h au stand Libre expression (129) • Claude Duneton signe “Bouquet des expressions imagées ” de 16 h à 17 h au stand Seuil (369) • Pierre Rey signe "Bleu Ritz" de 16 h à 17 h au stand Robert Laffont (415) Dimanche • Pierre Bourgault signe "Maintenant ou jamais ” de 13 h à 20 h au stand Stanké (229) • Claude Duneton signe "Bouquet des expressions imagées " de 14 h à 15 h au stand Seuil (369) • Janette Bertrand signe "Avec un grand A" de 15 h 30 à 17 h au stand Libre expression (129) JE LIS, JE LE DIS Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 ¦ D-7 • le plaisir des ivres La vie comme elle va quand deux femmes la racontent.Lisette ÆORIN ?Le feuilleton COMME SI DE RIEN N'ÉTAIT Marie Cardinal, Paris, 1990, Grasset, 206 pages.PUISQUE, désinvolte, Marie Cardinal répondait par un très québécois pantoute à une question de l’animateur Gaston L’Heureux, l'autre sou- à l’Heure G, elle ne sera pas étonnée que l’on qualifie son dernier roman de courtepointe.Il s’agit donc d’une sorte de patchwork, comme on le dit en France, où, de page en page, se rassemblent les morceaux de plusieurs vies de femmes.On passe des couleurs les plus douces, des teintes passées, aux tons vifs de la conversation.Le téléphone, son clic et son déclic, y tient une large place.Éloignées l’une de l’autre, deux cousines s’entretiennent et, petit à petit, reconstituent la trame de leur existence quotidienne.Il y a Mimi qui pense au fils, qui vit au Canada.Il y a Solange qui hésite à épouser le gentil et pusillanime Monsieur Grémille, parce qu’il n’aime pas les chiens.Il y a Monique, qui se taille une robe sur la table de la cuisine.Et puis bien d’autres personnages, saisis dans des attitudes familières.Désarçonnant, ce roman n’est pas dans la manière de l’auteur de La clef sur la porte, à’Autrement dit, mais peut-etre davantage de celle qui écrivit autrefois Les mots pour le dire, il y a bien une quinzaine d’années.Depuis, Marie Cardinal vit la moitié de l’année au Canada.Son roman, tissé de fragments, mêle donc quelques paysages montréalais, quelques événements vécus chez nous, même la tuerie de Polytechnique, à l’effondrement du mur de Berlin, la mort des époux Ceausescu et à tout ce qui fait reagir des femmes et des hommes ordinaires à ce qui se produit dans le monde et autour d’eux.Mais les mots, toujours les mots, qui savent dire les choses mais tout aussi bien les masquer, obsèdent l’une des femmes, dans Comme si de rien n’était.Reprochant aux Français de trop bien les utiliser, l’un des personnages s’écrie : «Tout le monde, dans ce pays, sait faire dire n’importe quoi aux mots.Au bout du compte, les mots tuent ce qu’ils voulaient exprimer ou ne signifient plus rien.Comme s’il n’y avait plus de discours, seulement un brouhaha de syllabes, tintinnabulage de paroles en l’air.» Serait-ce donc pour les ramener, ces mots, à leur plus simple acception, que Solange Dumont est cruciverbiste ?Et que, s’attachant à la décrire, cédant à sa menue passion, l’auteur y va même de la présentation d'une vraie grille de mots-croisés ?De même, la Simone de ce roman parle, avec ironie, d’un tic de langage propre à notre époque : « Il y a une vingtaine d’années, il fallait absolument employer la locution quelque part.Exemples : « C’esl quelque part étonnant ce que vous dites.— Cette robe est quelque part ravissante.Le bain sera quelque part trop froid.Heidegger est quelque part moins intéressant que Kant.Etc.» Poussant encore une fois la dérision, Simone ajoute qu’elle eut du mal à entrer dans cette mode car, pour elle quelque part était synonyme de derrière comme dans : « ,1e vais te flanquer mon pied quelque part.» Et l’on continue avec un autre mot culte de l’époque, le mot signe.L’auteur ne cache pas qu’elle est bien proche de son personnage quand, après avoir constaté que cette mode est passée, elle se demande « si c’est parce que tout le monde a compris le sens de ces mots.Pourquoi sont ils devenus insignifiants ?Aujourd’hui elle ne sait plus quels mots sont à la mode.Elle sent qu’elle est devenue bête ».« Ça sert à quoi la vie si c’est pour en arriver là », se demande encore l'une des femmes de Marie Cardinal, dans un grand moment de solitude et de fatigue.Mais la question semble résolue pour une romancière qui a choisi de faire de cette vie, quotidiennement vécue, subie ou soufferte, une traduction bien littéraire.Sans s’éloigner pour autant de ce que les psy continuent d’appeler le vécu.« Mimi, pour quoi n’écrivez-vous pas un roman ?» demande-t-on au personnage le plus intéressant de cet ouvrage.— On ne devient pas romancière à mon âge, répond Mimi.i Mais j'y ai pensé, je l’avoue.J’ai tourné autour d'un roman.».Heureusement pour ses lectrices, aussi nombreuses au Québec qu’en France et peut-être encore en Algérie, Marie Cardinal ne se contente pas de « tourner autour d’un roman ».Elle l’écrit et, d’année en année elle en raffine la matière, renouvelle sa manière de conter.Cette fois, dans sa savante simplicité.Comme si de rien n’était nous offre ce que le père Hugo, grand journaliste à son époque, appelait tout simplement des choses vues.Mais, comme pour tout écrivain, ces choses de la vie sont vues différemment.Ici, en morceaux bien choisis et bien agencés.R E J E A N DUBC GALLIMARD/LACOMBE Ce n'est pas pour me vanter mais ce n'est pas une vie.Mais ce n'est pas de ma faute, je fais de mon mieux, le plus mal possitde, goguenard et égrillard.ÉDITIONS GALLIMARD/LACOMBE 260P.24,95$ vlb éditeur LA PETITE MAISON DE LA GRANDE LITTÉRATURE LE NOUVEAU FRANCINE NOËL EST ARRIVÉ! Anne-Marie Voisard, Le Soleil.Prnncinv Svèl tlaoel, prise deux OU 5c«iU n*or.» tout» ‘.•cvurort l 'Aaériqu» Un roman qui nous plonge à nouveau dans l’univers romanesque si original de Francine Noël, avec ses personnages attachants, ses êtres à mi-chemin entre la caricature et la réalité la plus loufoque.Un roman d’une grande lucidité face aux événements sociaux qui nous questionnent.Par l’auteure des best-sellers Maryse et Myriam première.• C’est un livre fascinant, drôle, émouvant, profond.Le résultat, très réussi, est une succession de textes pleins de vie au rythme rapide, enlevé, aux images nettes et saisissantes.» Lucie Côté, La Presse.« Francine Noël possède ce don précieux de créer des univers, des atmosphères et d’en envelopper le lecteur dans une prose luxuriante, pourquoi ne pas s’y abandonner!” Marie-Ève Pelletier, Le Droit.« La ruse, le talent et le génie de Francine Noël dans Babel, c’est de faire éclater le miroir en faisant zoom sur Fatima pour nous révéler le Montréal-mes amours.C’est ce qu’il y a de plus beau dans le travail de Francine Noël, une morale pour un grand siècle.» Jean-Roch Boivin, Voir.« Francine Noël a une grande qualité de romancière: ses personnages attirent immédiatement la sympathie.C’est qu’ils sont intelligents sans être compliqués.» Jean Basile, Le Devoir.« Voyez comme j’ai embarqué au premier degré.Voyez la force d’évocation de ce livre-là.C’est pour ça que je vous dis, lisez-le.Vous qui n’avez pas mes haines à gratter.Vous saignerez moins que moi.» Pierre Foglia, La Presse.« C’est le meilleur de ses trois romans.J’ai beaucoup aimé ça.» Nathalie Pétrowski, Radio-Canada.« C’est très intelligemment écrit.» René Homier-Roy, Radio-Canada.« Quand j’aborde les romans de Francine Noël, j’ai les papilles qui salivent.Ma gourmandise me fait aimer ça.C’est très bien écrit, ça coule, c’est une romancière très talentueuse.» Marie-France Bazzo, Radio-Canada.« Elle écrit des romans qui s’insèrent dans un vaste projet où le pays est présent pas seulement comme décor; elle revendique un espace, le Québec, et plus précisément Montréal, avec son tissu social traversé de différentes ethnies.» Monique Roy, Châtelaine.« 11 est impossible, quand on lit Francine Noël, de ne pas penser à l’oeuvre de Tremblay.C’est drôle et entraînant.» BABEL, PRISE DEUX ou NOUS AVONS TOUS DÉCOUVERT L’AMÉRIQUE LES NOUVEAUTÉS VLB AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL ZT™ du w**>«lung Paye-coi une bouffe 001 a NOM •eur r*>v.j «aln in' \)n ce- Chant S pour un ^ Québec U lointain «dttmr •D-8 ¦ Le Devoir, samedi 17 novembre 1990 • te plaisir des ivres Le tour de piste d’un bédéiste au Salon mm- LE PIÈGE MALAIS 2 ri # & «SfeSr; vv iy - > • • F^urrr LES BEDES Pierre Lefebvre DÉCEPTION, aucun grand nom de la bande dessinée n’est invité du Salon du livre cette année.Nous étions habitués à ces rencontres quasi-annuelles avec des dessinateurs ou scénaristes, d’ici ou d’Europe, au renom plus ou moins étincelant, mais cette année, rien.Que peut donc espérer de l’événement de la place Bon%venture un amateur de bande dessinée ?On serait tenté de répondre : rien, à prime abord puisque, de toute façon, l’ensemble de ce qu’on y trouvera est ou sera disponible en librairie, mais ce n’est tout de même pas le cas.Il y aura, tout d’abord, la première remise du prix Onésime, organisé par l’ACIBD (Association des créateurs et intervenants de la bande dessinée) qui sera décerné au meilleur album de Bl) québécoise paru depuis un an.Les albums en liste étaient au nombre de neuf et les trois finalistes sont Ma Météore bleue de Caroline Mérola, publié chez Kami-Kase, La Grande aventure d'Alphonse Desjardins, de Prouch, publié par les caisses populaires Desjardins et Ville-Versa, un collectif d’auteurs belges et québécois, publié aux éditions Papyrus.Le prix sera remis samedi le 17 à 17 h 30, à la place publique du Salon.Sera aussi, à cette occasion, remis un prix honorifique à Albert Chartier (créateur d’Onésime et « père » de la BD québécoise) pour l’ensemble de ;son oeuvre.Un jeune auteur québécois, Carbo, publiant à compte d’auteur, aura son propre kiosque pour y présenter son deuxième album : Papier Carbo, et au kiosque St-Loup seront présents, - en soirée, les samedi 17 et dimanche T18, Zora et Toufik, auteurs de Re-: quiem pour un tonton président pu- - blié chez Blanko, maison belge, mais ; soulignons que les auteurs sont établis au Québec.Le Salon peut également être l’oc-: casion de s’attarder un peu plus lon-¦ guement qu’on ne peut le faire parfois en librairie.Pourquoi ne pas en ! profiter pour parcourir les dernières nouveautés arrivées sur le marché depuis le début septembre.Je vous propose une liste, subjective, des choses qui me paraissent intéressantes parmi la cinquantaine d’albums de la rentrée.Au niveau des albums québécois, l’automne n’a pas vu fleurir grand chose.Mentionnons tout de même le troisième album de BD Estrie, collectif d’histoires courtes d’auteurs de la région de Sherbrooke, publié par les éditions du Phylactère, et Le Car ton de Yayo, chez le même éditeur.Pour ce qui est de la Belgique et la France, qui occupent la plus grande partie du marché, le choix est évidemment beaucoup plus vaste.Commençons avec ce qui m’apparaît être l’éditeur de BD francophone le plus intéressant des 10 dernières années : Casterman.Tout d’abord, De l’autre côté de Corto, un livre de Dominique Petit-faux, constitué d’entretiens avec Hugo Pratt, créateur du célèbre Corto Maltesse.Se basant sur le modèle du Hitchcock de Truffaut, Petit-faux interroge Pratt en se servant de ses bandes, selon leur ordre chronologique de parution, comme point de départ.Il en résulte des échanges passionnants, non pas tant en ce qui a trait au travail technique du dessinateur-scénariste qu’est Pratt (bien que cet aspect du travail de l’auteur soit abordé), mais bien au niveau des références culturelles, conscientes et inconscientes, et de la vie elle-même de ITatt (presqu’aussi aventurier lui-même que son personnage), qui ont servi de ferment à l’une des oeuvres les plus remarquables des 30 dernières années.Nous avons droit à un nouveau F’murr, dans la collection Comics.Délaissant ici son Génie des alpages, F’murr demeure tout de même fidèle à sa réputation et nous livre une fois de plus une de ses histoires sans queue ni tête où délire et nonsensese donnent rendez-vous (bien que la fin de l’album soit un peu décevante, comme si F’murr avait dû se limiter à un nombre de pages ou n’avait plus su comment se débarrasser de son baron maudit), la grande surprise de cet album demeure son exceptionnelle qualité graphique.Je ne sais si le format (17 x 26,6 cm) de la collection l’a avantagé : la petitesse des pages le force souvent a ne nous donner que deux ou trois, parfois quatre cases par page, mais son dessin acquiert dans cet album une force que je ne lui connaissais pas auparavant, qui nous oblige à reconnaître F’murr comme un dessinateur des plus talentueux.Si la réputation de l’humoriste, chez cet auteur, a toujours précédé celle du dessinateur, Le Pauvre Chevalier nous confirme l’homogénéité de son talent.J’aimerais aussi recommander Des écureuils et des filles, le dernier Jean C.Denis.Reprenant son personnage fétiche, Luc Lerois, Denis nous entraîne sur les lieux d’un tournage où, tour à tour, paranoïa et désillusion s’empareront du pauvre Lerois, toujours aussi victime de ses humeurs que dans les albums précédents.Peut-être un tout petit peu décevant en comparaison avec son merveilleux Nain Jaune (que je vous suggère plutôt si vous ne connaissez pas cette série), publié également chez Casterman dans la collection Studio, le dernier Luc Lerois demeure tout de même digne d’intérêt.Denis est à mon avis un auteur injustement méconnu, qui mériterait un peu plus de renom qu’il n’en possède présentement.Rares sont les bandes dessinées possédant une telle crédibilité psychologique, le caractère de Lerois s’étoffe évidemment avec le temps et les albums, mais Denis réussit ce rare exploit de rendre crédible, en fonction de sa pathologie, autant les agissements de son personnage que les événements auxquels il est confronté.Chez Dupuis, le deuxième tome du Piège Malais, dans la collection Aire libre, est à conseiller aux amateurs d’exotisme.Ayant pour cadre l’Inde sous la colonisation anglaise, Conrad (l’ancien compète de Yann, avec lequel il formait le duo terrible des In-nomables) nous raconte la découverte de l’Orient par un jeune Anglais naïf en mal de valeurs.Je tiens à préciser que ce volume-ci rachète amplement le premier tome qui souffrait de nombreux maux au niveau du scénario (Yann était le scénariste du duo).Les personnages sont désormais mieux campés, l’intrigue s’étoffe sans se tarabiscotter, comme c’était le cas précédemment, et les revers de situation simplistes ont également disparu.Nous savions que Yann pouvait se passer de Conrad (il a scénarisé une vingtaine d’albums depuis leur séparation), Le Piège Malais 11 nous démontre que la réciproque est également vraie.Les Humanoïdes associés sem- blent reprendre du poil de la bête en profitant de l’achat des éditons Dar-gaud par le groupe Ampère.Ils viennent, entre autes, de rééditer la saga politique de Bilal et Christin (cinq albums), parus préalablement chez Dargaud dans la collection Légendes d’aujourd’hui.Ceux d’entre vous qui n’auraient jamais lu Partie de chasse devraient acquérir cet album racontant une partie de chasse à l’ours entre divers membres du Politburo mais ayant pour véritable thème la soif du pouvoir.Album réalisé avant les événements qu’a connus l’Est l’an dernier (l’album paru d’abord en 80), cette édition-ci comporte un chapitre inédit rendant compte de ses bouleversements qui ont changé la face de l’Europe.Le restant de l’oeuvre de Bilal en cavalier seul ( Exterminateur dix-sepl, Mémoires d’outre espace, La Foire aux immortels et La Femme piège) est également disponible désormais chez cet éditeur (nouvelles couvertures alléchantes en prime).Toujours au chapitre des rééditions, les quatre tomes de la série Dans les villages ( malheureusement, le tome deux est manquant pour l’instant), de Cabanès, sont de nouveau disponibles chez les Humanoïdes.Cette série fantastique, relatant les faits et gestes des gentils « Mer-douzils » et des méchants « Jôles », est à relire à la lumière des derniers travaux de Cabanès, récits autobiographiques tournant autour de l’enfance et de la prime adolescence, d’une rare qualité.Paru l’an dernier, cet album ( Colin-maillard, aux éditons Casterman) est un des meilleurs albums des années 80 et ceux à qui il aurait échappé devraient à coup sûr se le procurer.Finalement, chez Dargaud, encore une réédition, Le piège diablique du grand Edgar P.Jacobs décédé en 87.La qualité des couleurs, alors que Lombard éditait les Blake et Mortimer, laissait tellement à désirer que ce n’est pas un luxe de s’offrir cette nouvelle édition.L’attachée de presse de Dargaud m’annonce qu’un nouveau Valérian est paru.Les Armes vivantes (la suite de Sur les frontières), un nouveau XIII, Le Dossier Jason Fly, est également annoncé.Pour les plus jeunes, et ceux d’entre vous qui se rendraient au Salon accompagnés d’enfants, un 14e Sch-troupfs est arrivé : L'aérosch troumpf.Bien que je crois sincèrement que la série s’est appauvrie depuis que Peyo s’occupe plus de mar-chandismg que de bande dessinée, les petits apprécient toujours les gnomes bleus.Également chez Dupuis, un nouveau Tuniques bleues est sur le marché : Drummer Boy.Cette série est, je crois, une des meilleures (sinon la meilleure) de la deuxième génération des auteurs Dupuis.I>am-bil et Cauvin étant, par contre, particulièrement prolifiques, les tuniques souffrent d’inégalité.Profitez-en, cet album est un bon cru.Avec toujours en toile de fond la guerre de Sécession, Bluteh et Chesterfeild sont aux prises avec un espion sudiste de 16 ans, infiltré dans leurs rangs comme garçon tambour.Chez Lombard, mentionnons en vitesse un nouveau Vasco, Poussière d'Ispahan, une série historique dans la tradition Jacques Martin (Alix), ayant pour héros un jeune Italien du 14e siècle.Chez Casterman, Dérib, l’auteur de Buddy Longway, nous donne un nouveau Yakari, Johan de Moor et Stephen Desberg un nouveau Gaspard de la nuit et Laurent Parcelier un nouvel épisode de la série La Malédiction des sept boules vertes.En terminant, la surprise de la rentrée, en BD pour enfants, est peut-être le retour de Fournier et de son personnage Bizu qu’il avait dû abandonner pour reprendre Spirou et Fantasio.Le Chevalier Citrouille nous montre clairement que cet auteur était, non pas sans talents, mais bien simplement mal à l’aise avec le groom rouge (bien que quelques albums soient tout de même réussis).On en vient à regretter, en parcourant cet album, que Fournier n’ait pu produire, toutes ces années, du bon Bizu comme celui-ci, plutôt qu’un Spirou de deuxième classe.2 a ir « a i r* * * t Du profane au sacré.Notre patrimoine est riche d’une grande variété d’objets, des plus simples aux plus précieux.De la girouette de tôle aux objets religieux finement ciselés.Le Musée canadien des civilisations vous offre deux publications qui présentent des objets illustrant les traditions profanes et sacrées.Signes des vents, de Pierre Crépeau, présente la Ces publications sont disponibles dans les boutiques du Musée canadien des civilisations ainsi que chez tous les bons libraires (Dittusion Prologue) collection de girouettes du Musée : les coqs, castors, chevaux et autres animaux qui ornaient les clochers et les maisons d’autrefois.Objets de l’exposition «La tunique aux couleurs multiples : Deux siècles de présence juive au Canada», de Irving Abella, présente une série d’objets religieux et profanes — patrimoine de la communauté juive canadienne.% A V» J I MUSÉE CANADIEN CANADIAN MUSEUM DES CIVILISATIONS OF CIVILIZATION 100, rue Laurier, Hull (Québec) J8X 4H2 (819)776-7000 frf C c ‘A DES NOUVEAUTES À DES PRIX IRRÉSISTIBLES.ANNE D’INGLESIDE Lucy Moud Montgomery Prixord.Notre prix 16,95$ 12,95$ EfStffe Parchemin.u- STATON MÉTRO, BERRHJQAM, MONTRÉAL, H2L 2C9 - (514) 845-5243 LIBRAIRIE AGRÉÉE Père Ambroise Lafortune CES SOLEILS DE MA VIE Globe-trotter infatigable et grand pèlerin devant Dieu, le père Ambroise nous fait partager les joies de ses souvenirs récents et anciens, d'ailleurs et d'ici.Cette fois, les enfants sont à l’honneur, partout dans ce livre ils nous interrogent et nous sollicitent.LEMEAC é cl i I (.• u r LEMEAC é cl i I c il r Suzanne Lebeau COMMENT VIVRE AVEC LES HOMMES QUAND ON EST UN GÉANT Troller est un géant qui souffre beaucoup de sa taille et de sa force; Alfredo est un vieux rat presque aveugle qui a appris à vivre dans l’entourage des hommes en profitant de la peur qu’il inspire.L’amitié qui se développe entre eux nous entraîne dans une nuit perpétuelle qui permet de découvrir quelques vérités terribles sur le sort des hommes.Jasmine Dubé AU BOUT DE MON CRAYON LEMEAC é il i le u r Elzie s’est inventé une bulle où elle se réfugie pour écrire, lutter contre ses monstres imaginaires et combler son besoin de solitude.Noémie, nouvelle arrivée, fait irruption dans cette bulle.L’une dessinant et l’autre écrivant, elles trouveront un terrain d’entente en mettant en commun leur imagination débordante. r TAXER ^ LES LIVRES, C'EST IMPOSER L'IGNORANCE.^assé composé Hurrrcmai 1RS CU MA Ml ML ivette Marchessau LE VOYAGE MAGNIFIQUE i'ÉMILY CARF arcours de la vie de I eintre et écrivaine Emil arr, la «huitième» peir •e du Groupe deç, Sep n témoignage de cou age et de ténacité fac ux forces d’un destin SC LEMEAC dite u r René-Daniel Dubois TROISIÈME Fl U PROFESSEU YOUROLOV pièce qui se déroule comme un ro-jman d’espionnage, avec des communica* fions par radio, des souvenirs d’aéroport, |des noms russes et des surprises lyriques.LEMEAC c ci 11 c u r Michel Tremblay A MAISOf USPENDU Trois générations di monde de Michel Trem blay se rencontrent i trois époques diffère» tes.Les personnage: familiers du cycle de: Belles-Sœurs et di Cœur dérouvert font h lien sous nos yeux.LEMEAC dite u r Le Canada dans la guerre du Viet-Nâm VICTOH LEVANT Éditions Hurtubise HMH 7360.houlevard Newman.LaSalle (Québec) Tel (5 14) 364 0323 Secrète alliance Victor Levant 352 paoes 28,95$ l n ouvrage .Moderne, Twain l’était résolument.N’est-il pas le premier écrivain qui ait installé chez lui le téléphone, utilisé le stylographe et la machine à écrire ?Selon Pierre Bro-din, qui signe une remarquable introduction à ce recueil, « il a transformé le dialecte de la vallée du Mississippi en une langue littéraire qui, peu à peu, a presque complètement remplacé l’anglais d’Angleterre dans la prose américaine », pavant ainsi la voie aux Sherwood Anderson, William Faulkner et autres Saroyan.Et le plus extraordinaire demeure que son oeuvre n’a pas pris une ride.L’homme fut typographe, journaliste, pilote de steamboat sur le Mississippi, officier (deux semaines) dans l’armée sudiste, pionnier de la frontière, chercheur d’or, directeur de journal, imprimeur, éditeur, voyageur, conférencier, polémiste, moraliste et probablement le premier monologuiste tel qu’on les conçoit aujourd’hui.Ceux qui ont eu l’occasion de voir Hal Holbrook recréer le personnage (il le fait depuis 1954), cigare, costume blanc et tête léonine à l’avenant, savent de quoi je parle.Qui ne connaît pas Tom Sawyer, qui est un peu beaucoup le jeune Sam Clemens lui-même, aventurier Comment être Persan en Belgique DE CENDRES ET DE FUMÉES Philippe Blasband, Gallimard, 156 pages.Guy Ferland ON TOMBE quelquefois sur de bons premiers romans.De cendres et de J fumées, du jeune auteur de 26 ans Philippe Blasband, n'est pas de ceux-là.En fait, ce récit est inclassable et dire qu’il est simplement bon relèverait de l’euphémisme.L'histoire d’Iradj Lévy et de sa famille nombreuse est hilarante et racontée sur un ton unique.La voix du romancier Blasband s’affirme dès les premières lignes et prend le lecteur à bras-le-corps.« Un jour sans doute je serai vieux, et plus gras.Je serai un vieil obsédé.J’irai dans les parcs — si les parcs existent encore —, je m’approcherai des petites filles, aux genoux écorchés, et leur proposerai des cachous.Je baverai.Elles me trouveront laid.» Dans ces phrases, on remarque, outre le sujet quelque peu scabreux, le rythme des phrases; chaque virgule, chaque point compte et produit un effet.Ça, c’est du style.Blasband dissèque la vie avec un stylet bien aiguisé.Évidemment, on ne peut pas maintenir une intensité pareille sur une centaine de pages.Mais l’auteur réussit à nous étonner du début à la fin.Résumer un tel texte est impossible et non souhaitable.Disons simplement que le personnage principal du roman est un Persan d’origine juive qui vit en Belgique.Cela ressemble à la vie de l’auteur, mais passons, c’est sans importance.Ce jeune homme a une famille haute en couleur.USE VEKEMAN SOI MYTHIQUE ET SOI HISTORIQUE;?Cette monographie relate un *0 drame de l’enfance et de l’âge ( adulte de Jacques Gameau et jjj.de Julie Stanton et la mise au O) monde de soi par l’écriture.0.Collection CRELIQ S l’Hexagone / ESSAI Il y a d’abord ses tantes qui veulent s’entre-tuer, même si elles sont dispersées aux quatre coins du monde.Il y a les Hosseini du côté maternel, qui forment un aréopage désopilant : llosseini-le-Peintre, Hosseini-le-Marxiste, Hosseini-Ba-zar, Hosseini-L’Aveugle, Hosseini-le-Jeune, Hosseini-le-Begue, autant de figures qui tissent la trame de ce roman particulier.Il y a aussi la famille immédiate, le père alcoolique qui a roulé sa bosse un peu partout, la mère intran-gigeante, le frère Maurice gigolo de son métier, le frère Raoul qui manipule les autres sans que cela paraisse.Il y a également les lieux.Téhéran qui « était divisée en deux mondes qui se côtoyaient sans se toucher.Pendant que la bourgeoisie organisait des soirées cosmopolites ou familiales, dans la rue, des étudiants, des mendiants, des ouvriers, se battaient contre l’armée.» Mais ce clivage ne dérange pas le narrateur qui émigre en Belgique car pour lui la révolution représente de grandes vacances.La terre d’adoption, la Belgique, est systématiquement ridiculisée.« Que pouvaient-ils comprendre de ma vie, ces petits bourgeois belges ?(.) La Belgique a des côtés orientaux.La vie y est douce; le temps s’y écoule comme à regret.» Et enfin Israël, sorte de terre promise, où la guerre fait partie de la vie quotidienne, mais où la température est clémente et les paysages splendides.Il y a surtout Cendres, la bien-ai-mée prostituée qui ne se laisse pas toucher par le narrateur.Elle repré- sente l’amour.« L’amour, cette noyade dans le canal, ce cancer des tripes et du vagin, cette petite mort, cette procession, cette nuit illuminée, Cendres.» On comprend que le narrateur n’est pas tendre.« Je déteste les sentiments, cette sucrerie insipide, ce cancer lent, cette paresse de l'âme.» Tout au long du récit court cette distanciation haineuse qui place Iradj Lévy dans une solitude désespérante.'La narration s’entend comme un cri.« Atrocement amoureux.» Cela résume mieux que toute description l’état d’âme de ce révolté qui voit tout en noir.« Les raisons officielles cachent d’autres raisons, plus troubles, plus intimes, et ces raisons-là servent de paravents à des motifs de moins en moins avouables, qui se superposent à l’infini.» Voilà la vision du monde du personnage principal.Il nous raconte sa descente au bout de la nuit.Et pour être certain de ne pas être récupéré, Iradj Lévy en arrive à cette conclusion tragique : « L’amour n’est que la haine déclinée.» Inutile de dire que j’ai aimé ce roman .4 Ellroy TRIPTYQUE scouts qui revenaient de camper, dans les buissons devant Royal High School.Sa voiture fut retrouvée dans le parking d’un bar.L’enquête a supposé qu’elle avait été levée dans ce bar par un homme aux cheveux noirs.On ne trouva jamais l’assassin ».Ce Je qui parle est celui de James Ellroy.Depuis 1978, il est écrivain.Il fait dans le noir.Le plus que noir.En mettant des moLs bout à bout, il et indiscipliné, malicieux, ingénieux et pas obéissant pour cinq sous, mais sympathique, et qu’on imagine aussi bien finir pendu ou gouverneur.Et son capain lluck Finn, le fils de l’ivrogne du village, qui pour cela fait ce qu’il veut, en l’occurence s’enfuir en traînant derrière lui un cochon crevé, laissant croire à sa propre mort, et s’embarquer sur un radeau qui, avec Jim, l’esclave en cavale, le mène vers de furieuses aventures.Ce qu’on oublie trop facilement, sans doute parce que les héros sont des garçons au seuil de l’adolescence, c’est que les deux chefs-d’oeuvre qui nous intéressent particulièrement ne méritent pas l’étiquette exclusive de littérature enfantine.Ce sont, à tous égards, des portraits de civilisation.Twain pose un regard d’enfant sur l’univers des grandes personnes, plutôt que l’inverse comme il est d’usage dans le roman-jeunesse.On a longtemps catégorisé Don Quichotte et Robinson Crusoé de la même négligente manière, sans se soucier d’aller plus loin.Il y a pourtant du pamphlétaire chez Mark Twain, et U n’est pas exagéré d’avancer que ses romans sont aussi d’irremplaçables documents.Martin, Ali, Pascal et Marco, Jocelyn, David, et Yves et Normand, n’auront qu’à se féliciter d’avoir laissé le viel homme leur conter ses histoires, car Tom Sawyer et Huckleberry Finn leur seront des amis pour la vie, ils auront toujours treize ans et mes gaillards ne les oublieront jamais.exorcise son drame.Et peut-être bien celui des autres.Il y a trois ans, et après avoir composé six romans, il s’est attaqué à ce qu’il appelle le quatuor de Los Angeles.James Ellroy est plus que le digne héritier de Hammett et Chandler, Jim Thompson et David Goodis.Il est leur égal.Il est le roman noir des années 50 qu’il écrit dans les années 90.Le premier volet de cette série consacrée au Los Angeles d’il y a quarante ans s’intitule Le Dahlia noir.Le deuxième ?Le Grand Nulle Part.Le troisième vient de sortir aux Éditions Rivages.Il a été baptisé L A.Confidential.C’est du noir en béton.C’est dense.Très dense.Parfois, c’est même trop dense.Au détour d’une phrase ou d’une page, il faut obligatoirement stopper.H faut « mettre les breaks ».Car notre bonhomme a du souffle ou plutôt du coffre.C’est cela, la manière Ellroy : du coffre davantage que du souffle.Question style, il fait de l’alpinisme.Question histoire, il fait de la spéléologie.Le tout avec rapidité et beaucoup de dynamisme.Il explore les cavernes nauséabondes de Los Angeles.Il fait de l’équilibre sur les cimes du langage.Et comme l’écriture n’est jamais innocente et qu’en plus notre bonhomme est à mille lieux du jansénisme littéraire, il règle des comptes.Il nous en met plein la vue.On le sait, parce qu’on l’a rencontré et que tout cela il nous l’a expliqué.Sur le sujet, très ambitieux, d’écrire l’histoire d’une ville sur dix ans, cet homme beaucoup plus sympathique que ses personnages a confié être obsédé par le Los Angeles des années 50.L’époque dorée des grands stars hollywoodiennes et d’un jazz qualifié de « cool ».Dans L A.Confidential, la croupe de l’actrice Lana Turner, c’est le cas de le dire, défile sous nos yeux au son du saxe alto de Art Pepper et de Charlie Parker.Dans ce roman, comme dans les précédents, Ellroy n’hésite jamais à marier des bipèdes ayant réellement existé à ceux qu’il a créés.Ils sont des acteurs de sa propre histoire.Une méthode qui, ajoutée à d’autres bien entendu, « vous permet de faire en sorte que le lecteur soit concentré ».Quelle est l'histoire de L A Confidential ?Impossible à résumer sans la trahir.L’histoire captivante de ce roman est trop foisonnante, trop intense, trop vivante avec ses multiples péripéties, pour se prêter à la perverse rationalisation cartésienne.Disons qu’elle fait 482 pages.Qu’elle commence le 21 février 1950.Qu’elle se termine en avril 1958.Du côté des flics, les personnages principaux s’appellent Bud White, Ed Exley et Jack Vincennes dit La Poubelle.Du côté des pourris, les acteurs principaux sont légion.Disons, sans vendre la mèche, qu'un certain Pierce Patchett est particulièrement odieux.Disons qu’un soir, en plein milieu du bar llibou de la nuit, six personnes ont été zigouillées.Soulignons que par ambition politique des magouilleurs oeuvrant au sein même des services municipaux et de la police se sont arrangés pour que trois délinquants écopent pour un crime qu’ils n’ont point commis.Mentionnons que parallèlement à tout cela, il y a tout un trafic de matériel « porno », des histoires de spéculation foncière, des histoires oedipiennes, une histoire qui remonte en 1948, des histoires de mutilation.Bref, disons que dans cette histoire il y a plein d’histoires qui s’entrechoquent sans que jamais un lecteur attentif ne se perde.Une prouesse.D’autant plus que Ellroy, comparativement à ses romans antérieurs, et notamment Le Dahlia Noir, a épuré son style au maximum.Désormais, question écriture, il fait dans le genre cinématographique.Au départ, cet écrivain apportant * un soin maniaque au détail » avait j rédigé « un plan de plus de 200 pages ».Oui ! Vous avez bien lu.n a fait un plan de 200 pages et non de 20.« En possession de tous les éléments, je commence à écrire le livre.Et tout ce que je sais sur l’action, les personnages, les lieux, la musique et les couleurs doit être couché sur le papier.Tout.Absolument tout».Dans L A Confidential, tout, absolument tout, contredit William Somerset Maugham.P.5670, SUCC.C.MONTRÉAL (QUÉBEC) H2X 3N4 TÉL.: (514) 524-5900 ou 525-5957 Michel Tremblay Roman Récits LES VUES ANIMEES ROBERT GIROUX suivi de LES LO U PS SE MANGEN1 ENTRE EUX Michel Tremblay raconte la découverte, par un enfant du Plateau Mont-Royal, du monde merveilleux des cinémas français, américain et québécois.Douze petits récits initiatiques qui retracent l’itinéraire d’une identité personnelle et d'un attachement fébrile aux univers réaliste et fantastique du monde cinématographique.Le treizième récit est un clin d’ieil de l'auteur qui nous permet de lire par-dessus son épaule le petit roman qu'il avait écrit à 16 ans OCCUPATION DOUBLE PMCOURS Lucie Désaulniers Occupation double 102 p.— 12,95$ Marc-André Paré Éclipses 100 p.— 14,95$ Jacques Julien La Turlute amoureuse (érotisme et chanson traditionnelle) 180 p.— 15,95$ Robert Giroux Parcours de l’imprimé à l’oralité 4% p.— 29,95$ Ixtméac Éditeur Inc.Montréal H2X2I7 Tel (SI UHJH-KWb - 1 I l)K»K LEMEAC La littérature d’aujourd hui STAND 833 En vente chez votre libraire Jacques Brossard L'OISEAU DE FEU 2.A LE RECYCLAGE D'ADAKHAN lakhan Antonine Maillet OURSIAD travers une galerie de attachants, ersonnages i monde des humains et elui des ours vivent une «ge épique et poétique le leur histoire.•L’Our-jade: un pouvoir de éduction indéniable».(Réginald Martel La Pressei poursuit sa iite de connaissance au in de la ville souter4 ¦ne.Il lait l’apprentis-jge d’une autre vie, en-| ira plus troublante que Ile qu’il avait connue; r terre.i LEMEAC LEMEAC l* cl i I e u r •in»; MUE Jean Ethier-Blais Jean Marcel JÉRÔME OU DE LA TRADUCTION lint Jérôme, présent! ir son animal fétiche — lion.En sept livret luteur de la Vulgaft rend vie sous nos yeujJj i même temps que si ïveloppe un portrait dei abuts de la chrétienté eI B la fin des dieux.: CHRIST c BRIOUDE auteur nous convie à sim incontres imprévues! je l’Histoire n’a pas i temps de permettre^ limais Jean Éthier-Blaijp 'avait été aussi loin danj| i fiction, aussi profondél lent dans les arcanes de histoire littéraire et dé LEMEAC LEMEAC I .•cl i 1 e u r Heu r Yves Navarre DOUCE FRANCE Mnan-roman tout pleivig i silences, de non-dit, de invention, d’égoismel i peur et d’appels.U nef ironique familiale qui v^ji ¦ait au but.LEMEAC LEMEAC I Claude Péloquin OU RAG A j DOUX Mant terrible de la lit irature québécoise aude Péloquin marqu traits vifs et incisifs I ésaliénation d ’homme.L’Ouraga Joux, vingt ans de retail s formant un documen ique, subversif et li> rateur, est le parcoun une mutation définitive, Flammarion Alain Pontaut HOMM EN FUITE essentii «Cet ouvrage, |ement ordonné vers tj désir de saisir la réalitî ::
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.