Le devoir, 20 novembre 1990, Cahier B
SOCIETE Le Devoir, mardi 20 novembre 1990 U COMBAT DCSBCIUROSE U DESTIN D'UN PEUPLE Louis CARON Le Coup de poing BORÉAL 368 p.22,95$ Non à cette guerre L’annexion du Koweït a été une faute grave.L’Irak aurait pu, patiemment, satisfaire les revendications légitimes de son pays à l’endroit de l’émirat.Il avait les moyens d’exercer sur son voisin les pressions susceptibles de lui faire abandonner ce qui revient de droit à l’Irak : la chronique d’André Patry.Page B-2 Table ronde qui tourne en rond Si le principe des tables rondes est de tourner en rond, celle d’hier au Salon du livre, qui portait sur la critique littéraire, fut particulièrement réussie .Par ailleurs, la Coalition contre toute taxe sur le livre ira à Québec, le 28 novembre, déposer une pétition réclamant l’abolition de la TPS sur le livre.Page B-3 Comment relancer la Gaspésie ?L’avenir de cette région n’est pas désespéré.Il y a un moyen de la sortir du sous-développement : il s’agit de rapatrier sur une base volontaire les Gaspésiens de la diaspora dont les immenses talents pourraient être mis à contribution dans l’expansion des entreprises en place et la réalisation de nouveaux projets industriels.Page B-8 Le procès de Nuremberg Le 20 novembre 1945, à Nuremberg, s’est ouvert ce qui demeurera peut-être le plus grand procès de l’Histoire.Plus de 400 audiences, une année de débats, des dizaines de milliers de documents et plus de 200 000 signatures d’attestation, pour juger 21 criminels de guerre nazis dont Rudolf Hess (ci-contre).Page B-6 La révolution de Marc-Yvan Côté PORTRAIT Feu Une réforme aussi ambitieuse que la réforme Castonguay Paul Cauchon LA RÉFORME de la santé, Marc-Yvan Côté en fait un cas personnel.Trop de situations l’indignent.Il ne peut plus tolérer, par exemple, que « dans des centres d’accueil ou des centres hospitaliers longue durée on trouve cinq personnes âgées dans une petite salle, avec des lits séparés par des rideaux, sans lavabo, sans porte aux toilettes.Il faut replacer nos priorités.» Alors avant de lancer d’ici quelques semaines une réforme qu’il veut aussi ambitieuse que la réforme Castonguay du début des années 70, Marc-Yvan Côté a d’abord voulu prouver de quel bois il se chauffait.Il lui fallait démontrer nu’il existait un nouveau leadership a Québec.Pour ce faire il fallait choisir quelques dossiers.Il a choLsi les dossiers des urgences et des sages-femmes.De plus, le cas des sages-femmes illustrait à merveille une de ses obsessions : l'humanisation des soins.Pour ceux qui ne l’auraient pas compris encore, le dossier des sages-femmes préfigure ce qui arrivera avec la reforme de la santé.Le gouvernement décidera du quoi, des grands objectifs, et ce sera sans appel.Le réseau discutera ensuite avec le ministère du « comment appliquer le quoi ».Ce leadership du ministère est essentiel parce que « le système est entre les mains des producteurs de services, il n’est pas pour le citoyen, déplore le ministre.Et le plus grand danger pour le ministre, c’est de se laisser enterrer par ce que les gens du réseau veulent.• « Le problème de notre système, dit-il, c'est que quelqu’un fait une roue, un autre une porte, l'autre une carrosserie, sans qu’on ait aucune idée du type de voiture qu’on veut.I>a voiture fonctionne, mais ce n'est pas sûr que c'est la voiture dont nous avons besoin.C’est au gouvernement de dire ce qu’il veut comme véhicule.» Le réseau de la santé doit donc comprendre que le gouvernement décidera clairement des compétences de chacun.« En commission parlementaire tout le monde est venu défendre ses intérêts, c’était très décevant.Bon, j’ai quand même constaté des efforts chez quelques groupes.Ia>s CLSC, par exemple, sont venus faire la démonstration que ce n’était plus les CLSC d’antan, que pas mal de ménage avait été fait.Si on leur en donnait l’occasion, ils pourraient être un instrument assez important de la première ligne.» D’autres structures du réseau savent maintenant qu’elles devront s’ajuster en profondeur.Les Départements de santé communautaire ( DSC), par exemple, passeront de 32 « Le système est entre les mains des producteurs de services, il n’est pas pour le citoyen, déplore le ministre.Et le plus grand danger, c’est de se laisser enterrer par ce que les gens du réseau veulent ».à 16.« Les DSC se sont lancés dans toutes sortes d’expériences pour avoir plus de visibilité, explique-t-iL Je leur ai dit qu’ils sont mai définis.» Les DSC s’occuperont donc des grands objectifs de santé publique, un secteur qui a été « mal exploité » de dire le ministre, qui ajoute que les DSC auront « un lien hiérarchique plus défini », directement avec le ministère.Mais une fois que le gouvernement aura établi ce qu’il veut faire avec la santé, ce seront les régions qui planifieront les services à offrir.« Nos conseils régionaux actuels n’ont pas suffisamment de pouvoirs.L’arbitrage se fait trop régulièrement au ministère.Il faut responsabiliser davantage le pouvoir régional avec un pouvoir pratiquement sans appel.» Voir page B-2 : Révolution PHOTO JACQUES GRENIER Marc-Yvan Côté est clair : le réseau devra comprendre que le gouvernement décidera des compétences de chacun.PHOTO JACQUES GRENIER Marcel Couture : promouvoir la lecture par tous les moyens.La tornade Marcel Couture Guy Ferland Marcel couture est un homme énergique qu’aucun barrage n'arrête sur son passage.Lorsqu’il se porte à la défense d’une cause, il y met tout son coeur.Et sa détermination pourrait déplacer à elle seule des cours d’eau.Il faut en effet une volonté à toute épreuve pour se lancer dans l’aventure du livre.Après avoir pris sa retraite de la vice-présidence des informations à Hydro Québec, où il travaillait depuis 30 ans, M.Couture a accepté de présider le 13e Salon du livre de Montréal (SLM).Grand défi, à la mesure de cet homme qui ne souffre d’aucun complexe.Liseur passionné de biographies surtout, il s’était associé auparavant à l’équipe de la maison d’édition Libre Expression.Ce fut sa première implication dans le milieu du livre, exception faite de la publication de volumes de luxe sur l’histoire d’Hydro-Québec.Mais le président du SLM a de grandes ambitions pour le livre au Québec.C’est un habitué des immenses projets hydro électriques et il connaît très bien les hommes du pouvoir et de la finance.« Je suis extrêmement fier de la tenue du Salon et du travail accompli par Francine Bois, la directrice générale, et Thomas Déri qui a oeuvré pendant des années comme organi- Une énergie nouvelle au service du livre sateur de l’événement.Ce succès est le résultat du dévouement de ces gens et de bien d’autres qui consacrent toutes leurs forces a la cause du livre au Québec.Le SLM est un des plus beaux au monde.Mais on peut faire plus ! Pas nécessairement en augmentant le nombre de stands ou la grandeur du SLM, mais en axant davantage le Salon sur les maisons d’édition et les auteurs, tout en améliorant la qualité déjà grande de l’aménagement.» Marcel Couture ne s'arrête pas là dans sa croisade pour le livre.« L’industrie du livre est petite mais en pleine effervescence.Il faut promouvoir la lecture par tous les moyens.Je prépare actuellement un projet d’émission littéraire d’une heure pour la télévision avec la participation du public.Je suis sûr que le projet va fonctionner.Je suis fier egalement de l’entente de jumelage du SLM avec la Foire de Brive.On va organiser des événements en commun qui vont nous donner une vitrine en France pour le livre québécois.Je travaille aussi sur la création d’une maison des écrivains canadiens à Paris; une adresse où on pourrait organiser des événements et où les écrivains pourront se rencontrer.» Un autre des grands projets de Marcel Couture consiste en la création de deux réseaux pan-canadiens de maisons d’écrivains.Avec l’appui du ministre des Communications, Marcel Masse, à qui il présentera sous peu son mémoire, il compte éta-blir la première maison des écrivains à Montréal d’ici un an.« Ensuite, il y aura sûrement une maison des écrivains à Toronto et d’autres ailleurs dans l’ouest du pays.Ce sera le lieu d’échanges entre les écrivains québécois et ceux de l’Ouest.Ces maisons seront au service des éditeurs, des écrivains et de tout autre intervenant du milieu du livre.Nous avons l’accord de la Société des éditeurs, du P.E.N.club international et de l’Académie canadienne-française.Et l’Union des écrivains québécois, même si elle a déjà sa maison administrative, peut faire partie du groupe.On est ouvert à toutes les organisations qui oeuvrent pour le livre.» Les objectifs de Marcel Couture sont simples : développer le marché du livre québécois, améliorer les relations entre l’Europe et le Québec Voir page B-2 : Couture le beu de Matane Gilles Lesage do notre bureau do Québec ON A L’EMBARRAS du choix pour chapeauter une esquisse de profil de Marc-Yvan Côté.Feu le « beu » de Matane, peut-être, pour mettre en relief la trajectoire du fougueux député de la Gaspésie (1973-76), du recherchiste et organisateur libéral, devenu député de Charlesbourg en 1983, puis ministre des Transports et responsable de l’OPDQ, il y a 5 ans, et ministre de la Santé et des Services sociaux, depuis octobre 1989.Maison peut aussi bien parler de son chant du cygne — quant à faire dans les clichés - puisqu'il reste déterminé à tirer sa révérence politique, dans deux ans, quand sa gigantesque réforme sera bien enclenchée.Plus familièrement, on peut évoquer le ministre, simple et dénué de vanité, qui tombe la veste, même en présence du photographe, et qui retrousse ses manches, dès que la caméra ne le mitraille plus.Autre instantané, qui complète le précédent: Rouge mur à mur, réputé imbattable et intraitable dans les dossiers qu’il pilote, le « parrain » libéral de la capitale et de l’Est du Québec, sait qu’il a une grosse côte à remonter, tant son image est mauvaise dans certains milieux.Est-ce pour améliorer cette perception négative que, pour une rare fois — la première, sauf erreur — il a accepté de rencontrer une équipe de ce journal (dans l’austère salle, aux murs nus et aux vitres sales, du conseil d’administration du quotidien de la rue Saint-Sacrement) pour deviser longuement d’une réforme qui accapare toutes ses énergies depuis un an et lui tient à coeur ?En plus de deux heures, bardé de syntheses et de notes personnelles, M.Côté fait le tour de son jardin, testant manifestement les tendances et orientations d’un virage majeur qu’il a discuté à la pièce, pour ne pas dire négocié, avec les principaux intéressés, chaque groupe ayant sa part, mais aucun n'ayant l'ensemble du casse-tête.Casse-cou, peut-être, le ministre, mais très lucide et conscient que sont en jeu la respectabilité et la crédibilité que les milieux bien pensants hésitent à lui reconnaître.Directe, la manoeuvre est fort habile : ça passe ou ça casse.S’il la réussit, M.Côté pourra partir l’âme en paix, ayant fait un grand pas en faveur du citoyen qui ne sait où donner de la tête; s’il la rate, il pourra dire qu’il a tout essayé, mais que les lobbies corporatifs ont fait avorter une réforme pourtant nécessaire, après 30 ans d’expansion tous azimuts et désordonnée.Contrairement à la croyance générale, M.Côté ne se définit pas comme un « animal politique ».En juin de l'an dernier, souffrant de maux de tête, soucieux d’une vie de famille plus normale (même si, député d’une banlieue de la capitale, il peut rentrer chez lui chaque soir), il songe à quitter le gouvernement de M.Bourassa, dont il a puissamment contribué à la résurrection, en 1983.Eprouvé par le départ de plusieurs collègues, craignant la perte de confiance populaire, le premier ministre convainc son organisateur de rester, avec un bon argument: il lui confiera une tâche plus légère.Ça tombe bien, M.Côté reve de terminer son stage politique au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, quelque peu alourdi d’un complément naturel, le Tourisme.Toutefois, avec le départ de « Mère Thérèse » (Mme Lavoie-Roux) et le désir de M.Claude Ryan de compléter ses projets à, l’Éducation, M.Bourassa a besoin d'un poids lourd, taillé pour la grosse ouvrage, à la Santé et aux Services sociaux.Voir page B-2 : Le beu PI B il m IHH jà c-v ^ T V.> «M Un livre fort et passionné, habité par l’histoire et la mémoire des femmes vivant en parfaite connivence avec leur temps.D’une écriture passionnée qui ne se dément pas, ces rédits confirment le talent de l’auteure de Renaissance en Paganie.«L’écriture est dense, fébrile et belle comme elle se prolonge dans la totalité du recueil.» Marie-Ève Pelletier, Le Droit RECITS lieu distinctif l’Hexagone tH de l’édition littéraire québécoise RËCITS • l'Hexagone Andrée Ferretti La vie partisane Récits i 9 B-2 ¦ Le Devoir, mardi 20 novembre 1990 Non a cette guerre LE KOWEÏT n’est pas le seul État qui ait subi l’annexion depuis la fin du dernier conflit mondial.Dès 1945, et sans que le monde ne s’en émût, l’Union soviétique avait absorbé la petite république de Tannou-Touva dont elle avait reconnu l’indépendance en 1921 et qui avait conclu en 1926 un traité de bon voisinage avec la Mongolie.En 1950, la Chine occupera le Tibet et, plusieurs années après, l’Inde en fera autant au Sikkim.Toutefois, deux tentatives d’annexion échoueront : malgré des proclamations officielles, l’Égypte devra renoncer au Soudan et le Guatemala à Belize (ancien Honduras britannique).D’autre part, des territoires placés sous tutelle étrangère se verront privés d’un exercice authentique du droit à l’autodétermination et intégrés à l'État voisin : la Cisjordanie arabe sera officiellement incorporée au royaume de Transjordanie; l’Irian (ancienne Nlle-Guinée néerlandaise) et le Timor oriental (ancienne province portugaise) seront absorbés par l’Indonésie; et l’ex-Sahara espagnol, où l'on attend toujours la tenue d’un référendum, finira par être entièrement rattaché au Maroc.Enfin, une ancienne possession italienne, l'Érythrée, à laquelle l'Assemblée générale de l'ON U avait accordé l’autonomie en 1950, en sera André PATRY définitivement dépouillée 12 ans plus tard par une décision du parlement éthiopien.D’aucuns voudront peut-être rapprocher l’occupation par l’armée turque d’une partie du territoire chypriote de l’un ou l’autre des cas de violation de droit mentionnés précédemment.Mais, à Chypre, la situation est différente.En 1974, les Turcs sont intervenus dans nie parce que les accords de Zurich de 1959 les y autorisaient en tant que garants, avec l’Angleterre et la Grèce, du statut du nouvel État.Or, cette année-là, la junte militaire d’Athènes était de connivence avec les putschistes de Nicosie pour provoquer l’union de Chypre à la Grèce.On peut déplorer que la présence turque se soit prolongée jusqu’à maintenant; mais Ankara n’a jamais manifesté l’intention de reprendre cette ancienne possession annexée par l’Angleterre en 1914 et devenue souveraine en 1960.la; seul cas, en fait, où le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé une intervention armée pour empêcher un agresseur de poursuivre son action remonte au 27 juin 1950, alors qu’il a recommandé aux États membres des Nations unies d’apporter toute l’assistance possible en vue du retrait des troupes nord coréennes du territoire de la Corée du Sud qu elles avaient envahi deux jours plus tôt.Comme on le sait, les États-Unis et plusieurs autres pays, dont le Canada, enverront des combattants en Corée où le conflit se terminera trois ans plus tard par un retour au statu quo.?C’est aux événements de Corée que les États-Unis et l’Angleterre semblent vouloir rattacher ceux du Golfe afin d’obtenir éventuellement du Conseil de sécurité l’autorisation d’une intervention militaire contre l’Irak.Si, du point de vue juridique, les deux situations peuvent être considérées comme identiques, dans l’ordre pratique les choses se présentent d’une toute autre façon.En 1950, c’était une tentative d’annexion qu’il fallait enrayer par le retrait de l’envahisseur.En 1990, c’est la libération d’un État déjà annexé et partiellement ruiné qu’il faut réaliser par la défaite sinon l'anéantissement de l’occupant Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire d’attaquer l’ennemi sur son propre territoire et d’y semer la dévastation, puisque c’est de là que viendra la véritable riposte à l’offensive des coalisés.Il faut donc se préparer à un affrontement majeur qui risque d’être hautement destructeur et d'entraîner un grand nombre de victimes.Une question se pose dès maintenant.Après l’échec prévisible de l’Irak, que seront devenus les rapports de force au Moyen-Orient ?Sur le plan militaire, il ne restera plus, après la reddition irakienne, que deux puissances régionales.L’une est Israël, qui même si elle aura été touchée par l’Irak, saura se relever grâce à sa détermination et à l’aide qu’elle recevra des États-Unis; l’autre est l’Iran, qui se rétablit lentement d’une récente guerre et s’applique à récupérer le poids qu’elle avait à l’époque du shah et que les excès du régime de Khomeini avaient considérablement réduit Que deviendront alors les Arabes dans tout cela 7 Cette immense région qui va de la Turquie à l’Océan indien est avant tout la leur, et elle est en outre le berceau d’un monde qui s’étend jusqu’à l’Atlantique ainsi que le coeur d'un univers spirituel solidement implanté en Asie et en Afrique.S’imagine-t-on que les Arabes accepteront pendant longtemps de se sentir sans défense entre deux États qu’ils tiennent pour hégémonistes ou d’être protégés par des puissances étrangères dont ils connaissent bien, pour les avoir maintes fois éprouve», les desseins véritables au Moyen-Orient ?Dès le lendemain du rétablissement du Koweït dans ses droits souverains, il faudra remettre sur pied une vaste contrée qui aura été vraisemblablement ravagée et surtout procurer à l’Irak un régime politique capable d’y maintenir un minimum ae cohésion.L’éclatement toujours possible de ce pays composite pourrait entraîner de nouvelles aventures militaires et même des affrontements violents entre des États présentement alliés.Le drame vécu en ce moment dans la région du Golfe est largement imputable au comportement imprévisible et apparemment incohérent d’un homme, Saddam Hussein, qui rêve de redonner à sa patrie son lustre antique en amorçant l’unité de ce qu’on appelle habituellement — et parfois abusivement — la nation arabe.L’annexion du Koweït a été une faute grave.Le leader irakien aurait pu, en démontrant une plus grande patience, satisfaire les revendications légitimes de son pays à l’endroit de l’émiraL II avait les moyens d’exercer sur son voisin les pressions susceptibles de lui faire abandonner ce oui revient de droit à l’Irak.Il a opté pour la force, découvrant ainsi un côté du tempérament irakien déjà visible dès la plus haute Antiquité.L’Irak doit accepter aujourd’hui un compromis, et le Koweït a l’obligation d’en faire autant.Tout en espérant que le peuple irakien finira par se débarrasser de son chef, il faut souhaiter que les Nations unies et les États engagés dans la coalition mettent tout en oeuvre pour rapprocher ces deux parties qu’on est justifié, à certains Sards, de juger avec la même vérité.L’Irak peut se montrer sanguinaire; mais le Koweït peut se révéler arrogant et dilapidateur.L’oligarchie qui le gouverne est peu encline à restreindre ses privilèges.Depuis l’annexion de l’émirat, elle affiche une intransigeance qui gêne plusieurs États.Y a-t-il vraiment lieu, dans les circonstances, d’exposer des milliers de vies humaines pour le bénéfice de familles fort bien nanties et d’une puissante économie en exil qui rêve de retrouver son siège social ?4 Le beu Loyal et homme d’équipe, quand même heureux que le chef lui fasse à ce point confiance, confie M.Côté, alors que des collègues sont plus compétents que lui et que d’autres restent à l'arrière-ban, le « beu » de Matane fonce, à fond de train, pour deux, trois ans, au maximum.Mais pas n’importe comment.De façon systématique, il refait les devoirs de la Commission Rochon et la démarche de « Thérèse ».Au lieu de ne se fier qu’à quelques technocrates, il fait le tour de tous ses fonctionnaires, invite les cadres à s'impliquer avec lui dans une réforme substantielle et en profondeur.La plupart embarquent avec enthousiasme dans la préparation de la commission parlementaire et des virages en cours, qui n’ont plus rien de comparable, semble-t-il, avec le timide avant-projet de juin 1989.Sans ambition personnelle, le ministre croit qu'il peut aller plus vite et plus loin que quiconque sur la voie des réformes, ne cherchant pas quelque bon tremplin pour sa carrière.Il ne craint pas que certains groupes mécontents (les médecins, par exemple, déjà sur le sentier de la guerre avec leur président, le Dr Roy, que M.Côté appelle simplement Augustin, l’avant fréquenté à titre de candidat libéral dans Bourassa, Montréal-Nord, en avril 1981 ) se braquent et retardent les échéances, dans l'attente d'un ministre moins intransigeant ou entreprenant que lui.Il ne croit pas que l’inévitable égoïsme corporatif aille aussi loin.Moins brutal que naguère mais encore franc, M.Côté envoie des chiquenaudes indirectes à Mme Lavoie-Roux.Il ne suffit pas, dit-il, d’injecter toujours plus d’argent dans le système, notamment pour les urgences, comme on l’a fait ces récentes années; on gère ainsi les problèmes, pas les solutions.D'autre part, solidaire de ses collègues, un ministre ne peut se contenter de réclamer sans cesse plus d’argent pour son secteur, sans se soucier des autres priorités.Chacun doit faire sa part, d’autant que l’argent, déjà rare, le sera de plus en plus et que l’Etat-Provi-dence, bel et bien mort, est en voie d’être enterré, avec un certain nombre de rêves et d'illusions.Établir de vraies priorités — quand tout est prioritaire, rien ne l’est, évidemment — humaniser les services — un bel exemple en est fourni avec le projet-pilote concernant les sages-femmes — tels sont les deux axes de la réforme en gestation, 30 ans après l’assurance-hospitalisation, 20 ans après l’assuranee-maladie.Pas de maquillage ou de cosmétique, promet le ministre, mais des changements substantiels qui permettent au citoyen de s’y retrouver dans ce qui accapare 30 % du budget québécois, quelque 11 milliards $.A moins de changements importants.prévient-il, on s’en va vers une grosse catastrophe.Gaspésien, le ministre est resté ré-gionaliste, fier de l’être.Il veut que les ressources des régions soient plus et mieux exploitées, ce qui implique plus de pouvoirs, de responsabilités et de financement adéquat.Des pas seront faits en ce sens, avec sa réforme, mais pas au point d’aller jusqu’à la taxation, comme en Grande-Bretagne.Ce sera pour plus tard, et pour un autre.La population n’est pas encore tout à fait prête pour un transfert massif.En attendant, le ministre en a gros J sur le coeur contre Ottawa, qui se dé- j sengage lourdement, sans crier gare.Lui qui, hier encore, se définissait j comme un « rouge mur à mur », le voilà qui s’interroge sur son allégeance fédérale, voire fédéraliste.I « Les colonnes du temple sont lourdement ébranlées, admet-il en riant; pour les refaire, ça va prendre bien des plâtriers et beaucoup de tra- J vail.» Le ministre sait que la côte sera [ rude.On l'attend au détour.Mais il J compte sur l’appui des citoyens pour j passer à travers.À 43 ans, il a passé presque toute sa vie adulte en poli- ! tique.Dans deux ans, ayant enclenché la réforme, il prendra son propre virage, ainsi que sa femme et ses | deux pré-adolescents l’en pressent.Il j est vrai que sa santé est meilleure et que ses amis ne le croient pas ca- I pable de quitter la barque libérale et sa « grosse machine rouge », mais il | n’en démord pas.Comme à sa sortie | d’université, il y a 20 ans, il rêve de reprendre le fil de son enseignement, cette fois pour dire aux rats des vil- I les combien les rats des champs sont importants.Le parrain politique veut céder toute la place au citoyen | Côté.vm ftffi PAS Ü MOINS •'S,*.t »«•..Nous irons à Québec demander à Gérard D.Lévesque de nous écouler, a déclaré M.Foulon.Nous demandons aussi aux gens du Québec de venir avec nous.» M Foulon préside un groupe composé des principaux intervenants de l'industrie du livre, qui combat farouchement l'imposition des deux taxes qui doivent frapper le livre au premier janvier, une taxe provinciale de 8 % el une taxe fédérale de 7 °0.Le prix du livre pourrait grimper non pas de 15 °,, mais de 25 % ou 30 vu la baisse probable des achats.M Foulon étail accompagné hier des écrivains G ration Gélinas, Michel Tremblay et Marie Laberge.Le président du Salon du Livre (la conférence a eu lieu au Salon), M.Jean-Claude Germain, a pour sa part exprimé sa joie el sa surprise devant le soutien sans équivoque de la population dans celle histoire de taxe.•• Les gens ont besoin d'une grande cause el il est difficile d'en trouver une.Avec le livre pourtant, c'est clair», dit M.Germain.Pourtant, selon ce dernier, ce n'était pas aussi prévisible qu’avec la langue laquelle, lorsqu’elle est attaquée, provoque inévitablement des manifestations.M.Foulon a rappelé que « le temps presse » Il sail que la Coalition a de nombreux appuis au sein même du gouvernement el c’est la raison pour laquelle il interpelle aujourd’hui le ministre des Finances.« Qu’est-ce qu'il faut pour vous faire bouger », demande-t-il ?La Coalition n’est guère plus fière du maire de Montréal, M.Jean Doré, qui est resté discret sur toute cette quest ion.Hier, son bureau confirmait que M.Doré avait exprimé sa préoccupation, dans deux lettres, l’une à M Lévesque et l’autre au premier ministre fédéral, M Brian Mul-roney.PRIX G0NC0URT1990 Tour» les soirs 7 (X) dim 3 00 7 OO fou*; les soifs 9 15 dim 1 00-5 00 9 15 Rouaud MM» B§r ' m ' ¦n^pr-i U S CHAMPS iniONMXK en vente chez^tfre libraire ivre de Montrai, au stand et au Salon du Livrejle Montreal, au stand Dimedia (-369) B-4 ¦ Le Devoir, mardi 20 novembre 1990 CINEMA ASTRE I: (327-5001 ) - Home Alone 7 h, 9 h ASTRE II: - Marked lor Death 7 h 10, 9 h 20 ASTRE III: - Child s Play 2 7 h, 9 h ASTRE IV: - While Palace 7 h 15, 9 h 30 BERRII: (288-2115) — Jeu d'entant no 2 1 h 30, 3 h 30, 5 h 30, 7 h 30, 9 h 30 BERRI II: — Europe Europe 1 h 30.4 h 15, 7 h 10, 9 h 30 BERRI III: — Le secret de la chambre claire 1 h 30, 3 h 30, 5 h 30, 7 h 30, 9 h 30 BERRI IV: — Henry et June 1 h 30.4 h 15, 7 h,9 h 30 BERRI V: — Ils vont tous bien 1 h 30, 4 h 15, 7 h,9 h 30 BONAVENTURE I: (861-2725) - Child's Play 2 7 h, 9 h BONAVENTURE II: - King ol the Klckboxer 7h15, 9h15 BROSSARD I: (465-5906) - La gloire de mon père 7 h 05, 9 h 25 BROSSARD II: — Le roi du kick boning 7 h.9 h BROSSARD III: — Mon coin de paradis 7 h 15, 9 h 30 CARREFOUR LAVAL 1 : (688-3684)- Tatle Danielle 7 h 05— Bons baisers d'Hollywood sem.9 h 20 CARREFOUR LAVAL 2: - Surdoué et Invisible 7 h 20.9 h 30 CARREFOUR LAVAL 3: - SB minutes pour vivre 7 h, 9 h 30 CARREFOUR LAVAL 4: - Memphis Belle 7 h 30, 9 h 40 CARREFOUR LAVAL 5: - Mon coin de paradis 7 h 10, 9 h 10 CARREFOUR LAVAL 6: - Le secret de la chambre claire 7 h 20.9 h 25 CINÉMA ÉGYPTIEN 1: 1455 Peel.Mtl- Henry and June 1 h 30, 4 h 10, 6 h 45, 9 h 30 CINÉMA ÉGYPTIEN 2: - La gloire de mon père 2 h.4 h 30.7 h 15, 9 h 30 CINÉMA ÉGYPTIEN 3: - Mon coin de paradis 1 h 20.3 h 20.5 h 20, 7 h 20.9 h 20 CINÉMA JEAN-TALON: Mil- Ghost 7 h.9 h 30 CINÉMA OMÉGA 1: - Mon fantôme d'amour 7 h, 9 h 30 CINÉMA OMÉGA 2: - Monsieur Destin 7 h — King ol New York fr 9 h 30 CINÉMA PARALLÈLE: 3682 bout Sl-Laurent.Mil (843-6001) — Sachem Le diable d'Amérique 19 h, 21 h.CINÉMA PARIS: Mil (875-7284)— CINÉMA POINTE-CLAIRE 1: 6361 Trans-Ca-nada — Moon 44 7 h 25, 9 h 30 CINÉMA POINTE-CLAIRE 2: - Marked lor Death! h 05.9 h 10 CINÉMA POINTE-CLAIRE 3: - Sibling Rivalry! h 10.9 h 10 CINÉMA POINTE-CLAIRE 4: - Child's Play 2 7 h 05, 9 h 05 CINÉMA POINTE-CLAIRE 5: - Home Alone 7 h 10, 9 h 15 CINÉMA POINTE-CLAIRE 6: - White Palace! h.9 h 15 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE: (842-9768)— Immacolata et Concetta 18 h 35— The Haunting 20 h 35 CINÉMA V - 1: 5560 Sherbrooke 0 (489-5559) -Avalon 6 h 30.9 h 15 CINÉMA V - 2: — Reversai ol Fortune 6 h 45, 9 h 30 CINÉPLEX I: (849-4518) - Surdoué et Invisible 1 h 05.3 h 05, 5 h 05, 7 h 05, 9 h 05 CINÉPLEX II: — Adrenaline 1 h 15, 3 h, 5 h, 7 h 10, 9 h.CINÉPLEX III: — Présumé Innocent 1 h.3 h 30, 7 h.9 h 30 CINÉPLEX IV: — Nlklta 1 h 30.4 h 45 7 h 15.9 h 40 CINÉPLEX V: - Cargo 1 h 05.3 h 05.5 h 05.7 h 05.9 h 05 CINÉPLEX VI: - Wild at Heart 1 h, 3 h 30, 7 h.9 h 30 CINÉPLEX Vit: — Pump Up the Volume 1 h 15 3 h 15, 5 h 15.7 h 15.9 h 15 CINÉPLEX VIII: — La lemme au paysage 1 h 30.3 h 10.5 h, 7 h 10, 9 h.Ecoutez Ciel le monde Écoutez Gel MF tous i*i*ç5S;i ¦ ¦¥¦ r#*» «ri Remplissez et retournez à: C.P.98,5 — Longueuil, J4H 3Z3 Mc’s passepoF Da!e de qi^usor Prénom Adresse Code postai T&épfme résidence Téléphona twféau 110Sa liliiii les jours et identifiez les 4 mots passeport.Vous pourriez vous retrouver ^ sous le ciel Êfim de la WÊM Tirage le 30 novembre 1990 ewrik cours
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