Le devoir, 22 décembre 1990, Cahier C
!Lg ÏH12 ©gw© |HM STTTTvl /III»/ Sllllllll I lit ( ki ll MUStt OART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Montréal, samedi 22 décembre 1990 CONTE DE NOËL Les trouble-fête.Nathalie Petrowskl C5 ÉTAIT LA VEILLE de NoëL Une fine neige cascadait comme un rideau de dentelle sur la ville en attente.Elle n’avait rien fait de la journée.Rien sinon se promener d’une pièce à l’autre de l’appartement en grignotant des oranges et en fumant des cigarettes.L’appartement était minuscule un trois pièces et demi aux planchers peints gris souris, perché au troisième étage d’un logement bancal.On en avait vite fait le tour.Qu’im porte, elle était ici chez elle sur un domaine qu’elle imaginait immense, peuplé de livres, de disques, de milliers de pages de prose et de poésie et de chandelles qui répandaient partout leur nappe de cire parfumée.De temps à autre, Tartare, son petit chat aux éclats roux, venait frôler ses jambes avant de repartir vers de nouvelles aventures ou plus souvent vers la montagne de pullovers jetés pèle mêle sur le matelas dans la chambre.À mesure que la lumièrè du jour déclinait et que le néon d’en face clignotait de sa paupière fatiguée, elle sentait la bonne humeur l’envahir.C’était la première fois qu’elle passait Noël seule, totalement seule et cette perspective pourtant étrange — il fallait être fou pour vouloir être seul ce soir-là — la remplissait de joie.Toutes ces années à faire semblant de s’amuser, à rire trop fort quand le coeur est ailleurs, à manger jusqu’à se rendre malade, à boire pour brouiller les traits des visages familiers, toutes ces années d’enfer obligatoire apportaient enfin leur récompense.Noël cette année serait aussi doux qu’une première neige, aussi serein qu’un lac gelé sous une lune de nacre, aussi paisible qu’une toile nue qui attend l’éclat d’une couleur.Elle mit un disque de blues et comme elle se versait un peu de thé brûlant, le téléphone sonna.C’était probablement Thomas, parti en tournée en Belgique et qui ne reviendrait que le 29 au soir, Thomas qui avait probablement fait un mauvais calcul et l’appelait pour lui souhaiter Joyeux Noël avant de monter sur scene avec son illustre chanteur.Thomas qui aimait lui casser les oreilles avec ses solos de guitare qui hurlaient à l’autre bout de la ligne.Elle résista à la tentation de répondre.Plus tard se dit-elle.Plus tard.* ?* C’était la veille de Noël.Il vida ses poches de pantalon et compta exactement 27,53 $ qu’il déposa délicatement sur la table.La monnaie émit un son sinistre en touchant la surface froide du métaL La petite s’était assoupie sur le couvre-lit comme un nénuphar sur un étang de velours fripé.Elle s’était endormie avec son manteau, les cor dons de son bonnet entremêlés entre ses petits doigts potelés.Juste avant qu’elle ne tombe de fatigue, ils avaient joué aux dés puis elle lui avait fait cadeau d’un dessin où un petit arbre de Noël se tenait tout droit et se débattait vaillemment contre les éléments déchaînés.Il regarda le dessin en se mordant une lèvre.Il n’arrivait pas à nommer le sentiment de lourdeur qu’il sentait monter en lui.C’était un sentiment imprécis qu’il cherchait à chasser mais qui revenait avec l’insistance d une mouche, quelque chose de gluant et de visqueux qui s’apparentait à la honte.Honte de ne pouvoir offrir rien d’autre à sa petite fille que cette minable chambre d’hôtel d’où ils seraient bientôt expulsés.Honte de ne pas être le père qu’il aurait voulu etre.Ilontede ne pas avoir été capable de soutenir le regard furieux de son ex-femme.Pourquoi ne voulait-elle jamais rien comprendre.Ce n’était quand même pas de sa faute s’il avait perdu son permis de conduire et par la même occasion son emploi à la compagnie de taxi, s’il n’avait pas un sou, s’il avait bu trop souvent.Ce n’était vraiment pas de ma faute, répèta-t-il à voix basse.Son ex n’avait rien voulu entendre.Elle l’avait mis à la porte.ITends tes responsabilités, avait-elle hurlé.Pis occupes-toi donc de ta fille pour une fois ! avait-elle ajouté en faisant claquer la porte.Il regarda par la fenêtre de la chambre d’hôtel, vit qu’il neigeait toujours, se leva et se mit à faire les cent pas sur le tapis élimé.La petite remua légèrement en soupirant.Quelqu’un cogna à la porte.Peut-être une souris ou un rat.Il hésita puis se dirigea presque sur la pointe des pieds.Le gérant voulait savoir s’il restait pour une autre nuit sans quoi.Il referma la porte en se passant la main dans les cheveux, un geste machinal cousu de désespoir.Il réveilla la petite en lui soufflant sur le visage.Elle ouvrit grand les yeux sans immédiatement reconnaître les üeux.Il la regarda et une fraction de seconde, la prit pour un ange, un ange venu le délivrer.Viens, lui dit il en rajustant son bonnet, il faut s’en aller.Où ça ?demanda la petite avec sa voix de souris.Je ne le sais pas encore, répondit il sans la regarder .?Le nez collé contre la fenêtre de son trois et demi elle regardait mourir un dernier filon de lumière bleue-tée.La nuit tombait et il neigeait toujours sur les toits de la ville qui filaient à perte de vue, leur ligne interrompue par les clochers qui per çaient le ciel.Elle aurait pu rester des heures ainsi à la fenetre sans bouger, sans penser, sans même respirer .Sa rêverie fut interrompue par le bruit d’une dégringolade.Elle tendit l’oreille.C’était encore le voisin du deuxième.À chaque fois qu’il rentrait de la taverne, il se cassait la gueule dans l’escalier.Elle entendit les coups sourds d’un corps trop mou pour se lever puis les grognements d’une voix qui pestait contre l’humanité.Des clés tombèrent en ré pandant leur son grêle sur les marches de l’escalier.Elle hésita un instant, ouvrit la porte.La chatte se faufila entre ses jambes, elle se pencha juste à temps pour la rattraper.Aucune trace du voisin sinon l’épave de sa claque en caoutchouc, abandonnée au pied de l’escalier.Elle remit un disque de blues sur le phono puis alluma le minuscule arbre de Noël qu’elle avait installé sur une table basse à côté de l’armoire à balais.Elle en était particulièrement fière.C’était le restant d’un arbuste qui avait perdu toutes ses feuilles et qui se dressait stoïquement avec sa tige squelettique et ses branches dés séchées.Elle l’avait décoré de lumières blanches et de colliers de baies rouges.Elle contempla son oeuvre d’art artisanale avec satisfaction, alluma le four à gaz et y glissa le poulet.Voir page C-2 : Conte taft-T.*—* HT T' iWm fi, • , U§ ^ila ¦ T y.\ • y*.'v- i'-rw" 'xf1 .v*/ * pL * -Æj- * j PHOTO JACQUES GRENIER U Odyssée photographique du National Geographic Angèle Dagenais C9 EST LA PREMIÈRE FOIS que ces photographies se retrouvent dans les musées.Certaines auront attendu plus d’un siècle leur heure de « gloire ».Et pourtant, ce n’est pas parce qu’elles n’ont pas été vues.Le National Geographic Magazine est posté à 10,5 millions d’abonnés et est lu, paraît-il par quatre fois plus de lecteurs.Les photographes du National Geographic ne sont pas considérés comme des artistes parce qu’ils rem plissent des commandes bien précises pour lesquelles ils sont payés au prix fort; leurs photos doivent servir de supports à un texte; il leur est interdit de faire « de l’art pour l’art », et pourtant.À parcourir les cinq salles du Mu sée des arts décoratifs de Montréal (Château Dufresne) qui leur sont consacrées, on a très souvent l’impression de cotoyer le grand art, pas parce que la couleur est impeccable, la précision étonnante, le sujet à couper le souffle mais pour les mêmes raisons que l’on trouve Jacques-Henri Lartigue, Ansel Adams, Alfred Stieglitz, géniaux : leur maîtrise de la technique, de la composition, de la « palette » de contrastes, de tonalités, de couleurs, leur audace, leur sensi bilité, leur « vision » dans tous les sens du terme, qui sont celles que Edmond Sacre : Les Béguines de G and (Belgique), photo publiée dans l’édition de mai 1S25 du National Geographic Magazine.«SS» •TmwwtTiiuijiL.l’on attribue généralement à l’art.Les conservateurs de l’exposition Odyssée, mise sur pied par le Corcoran Gallery of Art de Washington, pour célébrer le centenaire (1988) du National Geographic, ont mis un an à choisir quelque 300 photos — dont un peu moins de 200 sont en montre à Montréal — parmi les dizaines de milliers que compte la Society dans ses classeurs.Une deuxième exposition de photos termine une tournée des musées européens et asiatiques.Le National Geographic a contribué de façon manifeste au développement de la photo couleur aux États-Unis, en publiant des autochromes (procédé complexe) dès les années 20.D’une revue sérieuse sans aucune illustration à ses débuts en 1888, le National Geographic Magazine a vite pris le parti des « technologies de pointe » et encouragé ses explorateurs et photographes à toutes les audaces.Il publiait ainsi dès 1926 les premières photos sous-marines sur plaques autochromes ! Se voulant toujours à la fine pointe des techniques et des grands événements mondiaux, le National Geographic consacrera son numéro de mars 1991 à Montréal, en prévision du 350e anniversaire (il s’y prend un an d’avance).Une photographe suédoise a passé sept mois à arpenter la ville sous toutes ses coutures tandis que le journaliste qui signera le texte a goûté à l’automne gris des derniers mois.Les thèmes abordées par l’exposition Odyssée sont à l’image de la National Geographic Society qui a financé plus de 3700 expéditions depuis cent ans : ils couvrent les sujets scientifiques, l’exploration physique et humaine de la planète et les faits sociaux au sens large.Que ce soit cette tete de jeune fille du Mali aux cheveux frémissants et à l’oeil noir, ce mineur de Virginie au visage aussi buriné que le fond de sa mine, ces jeunes Siciliennes au regard ombrageux, cette Algérienne tatouée, couverte de piécettes d’ar gent, la momie parfaitement conservée de l’homme des tourbières danoises dont on sait qu’il est mort « égorgé » il y a 2000 ans, ces femmes d’un harem turc du siècle dernier jouant aux cartes sur des coussins satinés, ces enfants Amish de Pennsylvanie assis sagement sur une marche de perron — j’ai un faible pour les photos d’« humains » — tou tes ces photos n’auraient pas besoin du National Geographic pour exister.On ne pourrait peut-être pas en dire autant de certaines photos traitant de la nature, de tourisme (plus anecdotiques) ou de thèmes carrément scientifiques tels ces poissons de couleur « fluo » de la Mer Rouge, ce buffle noir dont seule la tête Voir page C-2 : Odyssée Suntec®* » John Hare.Traduction et adaptation de Celestina de Fernando de Rojas MICHEL GARNEAU Mise en scène JEAN ASSELIN FRANÇOISE FAUCHER dans 1M / LA BAS PRES DES ’ TANNERIES AV BORD DE LA RIVIÈRE Coproduction OMNIBUS THÉÂTRE FRANÇAIS DU CENTRE NATIONAL DES ARTS 15 janvier an 16 fe'vrier 1991 mardi an samedi, 20 h.1945, Fullunt, 521-4191 espace libre Avec Francine Alepin • Jean Boitard • Réal Bosse • Diane Duheau • Martine Franche • Marcel Girard • Robert Gravel • Silvy Grenier Inaptes Le Blanc • Denys Lefebvre • Sylvie Moreau • François Papineau • Anne-Marie Provenclter • Décor et costumes : Daniel Castonguay Convention et direction musicales : Silvy Grenier • Éclairages : lean-CItarles Martel C-2 M Le Devoir, samedi 22 décembre 1990 4 Conte ?Ils avaient marché jusqu’au Parc Lafontaine pour voir les patineurs jouer aux cygnes sur l’étang gelé.Mais à quelques heures de Noël, l’étang était désert, les cygnes envolés.Les lumières dans les arbres se balançaient au vent.Ils s’étaient assis sur un banc en grelottant.La petite voulait savoir pourquoi ils ne rentraient pas à la maison, chez maman.Comment lui expliquer que seul l’orgueil empêche parfois un homme de sombrer.Il lui répondit que maman était partie en voyage et qu’ils la verraient au Jour de l’An.Mais où est-ce qu’on va coucher ce soir ?fit la petite en traçant un chemin de fer dans la neige avec ses bottes mouillées.Il lui répondit que c'était une surprise.Au restaurant du coin, il lui commanda un chocholat chaud.Gagner du temps, voilà ce qu'il fallait faire.Il repéra immédiatement le téléphone public au mur près des toilettes.Il réfléchit un instant.Qui appeler ?Ses parents ?Il ne leur avait pas parlé depuis dix ans et ne savait même plus où ils habitaient.Sa soeur ?Elle l’avait mis à la porte aussi pour une stupide histoire de bouteille de Gin.Restait Richard, son copain chauffeur de taxi.Il ne lui refuserait certainement pas l’hospitalité pour un soir.Le téléphone sonna dans le vide.Allez Richard, un petit effort pour une bonne cause.Il raccrocha au bout de vingt coups.Il avait épuisé son unique ressource.Il lui en restait bien sur une dernière.Le sentiment visqueux revint.Pouvait-il vraiment faire cela à la petite ?Ils descendirent Amherst j usqu’à Sainte-Catherine.Marcher faisait du bien ou du moins empêchait l’humidité de lui glacer i’ame.La petite trottinait, lui ralentissait de plus en plus, un moteur qui s’essouffle, qui s’esquinte, qui tourne à vide.Ils dépassèrent des vitrines illuminées et enguirlandées avec parfois, un robi-neux prostré sur le pas de la porte.C’est qui les monsieurs ?demandait la petite.C’est des sans-abri, répon-dait-il.Est-ce nous aussi on est des sans abri ?fit la petite.Non, répliqua-t-il, pas nous.Au coin de Sainte-Catherine et Berri, ils s’arrêtèrent devant un magasin de disques.Il regarda longtemps la photo du chanteur.Tu le connais papa ?fit la petite.Pas vraiment dit-il, mais je connais bien son guitariste.On a même joué dans un groupe ensemble.Je veux une guitare, fit la petite.Un jour, tu en auras une, promit-il.?Perché sur le rebord de la fenêtre, Tartare bondit sur le bureau et fit vasciller la flamme de la chandelle.Elle déposa son stylo pour flatter l’animal qui ronronnait de mille moteurs trop carburés.Viens, dit-elle en la prenant dans ses bras, nous allons te faire une beauté.Elle entraîna le chat qui se débattait et lui fit passer de force un ruban rouge autour du cou.Sa réflexion dans le miroir au fond de la chambre, la surprit.Elle ne s’était pas habillée de la journée.Elle choisit une robe de velours noir moiré, passa un ruban du même tissu dans ses cheveux et entreprit de se maquiller les yeux.Le chat la regardait sans comprendre.« Ben quoi, fit-elle, c’est Noël après tout.» Quand elle fut maquillée, parfumée, elle se dirigea vers la cuisine et sortit de l’armoire le pâté préféré de Tartare.Elle le lui servit dans une belle assiette en porcelaine qu’elle déposa au pied de l’arbre.Puis elle se versa un peu de vin rouge et alla fouiller dans sa collection de disques pour retrouver White Christmas de Bing Crosby.L’appartement fleurait une chaude odeur d’épices et de canelle.Elle sortit une nappe blanche, un chandelier à trois branches et mit lentement la table en chantonnant avec Bing.Elle venait juste d’allumer les trois bougies du chandelier quand la sonnette retentit Elle figea un instant presque prise de panique.Elle n’attendait personne.La sonnette retenit à nouveau.Elle ne bougea pas, cessa de respirer, en proie cette fois à un début de colère.Qui était donc le sans-gêne qui venait ainsi troubler sa fête ?Le chat miaula, elle lui fit signe de se taire.Elle écouta la porte d’en bas s’ouvrir puis entendit des pas, plusieurs, presque les pas d’une armee, gravir l'escalier.Pourvu que ça soit la mauvaise adresse, implora-t-elle.Au bout de quelques secondes, elle entendit distinctement quelqu’un de l’autre côté de la porte reprendre son souffle, se racler sa gorge puis cogner.Le chat se précipita vers la porte, son museau colle contre là fente.Elle prit une grande respiration puis ouvrit la porte comme on ouvre le feu sur un condamné.Un homme et une petite fille piétinaient sur le pas de la porte.Ils levèrent la tête vers elle en même temps.« C’est que .commença l’homme .On est venus pour le réveillon, fit la pe-• tite fille.« C’est le guitariste qui nous a invités.» ?C’était la veille de Noël.Dans un trois pièces et demi, trois personnes mangeaient un poulet en silence sans oser se regarder.Au phono, Bing Crosby n’en finissait plus de chanter.27,28, 29 et 30 décembre à 16 h 30 Billets: 12 $ et 10 $ (Enfants: 10 S et 8 $) Le cadeau idéal pour Noël Henri Dès Chante pour les enfants Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 S sur tout billet de plus de 10 S.t/ ns, mi lu COMPLET 30 dec.13h3f) RESTAURANT THÉÂTRE 4559 RUE PAPINEAU 523-2246 EN VENTE CHEZ AliMlÊgmK (314)322-1245 en collaboration avec (Esso) Llmpériale cczmo I» if if i i B t texte Michel Garneau d'après La petite tille aux allumettes de Hans Christian Andersen du 19 au 30 décembre 1990 scénographie mise en scène Petr Baran musique Catherine Gadouas éclairages Guy Simard une production de l'Illusion, Théâtre de Marionnettes À New York les grandes orgues vibrent aussi Maurice Tourigny N EW YORK — Cette année, la réalité de Noël ne m’atteignait pas.Je constatais l’agitation générale autour de moi, mais ici l’agitation est presque un mode de vie.J’étais témoin des embouteillages de Madison Avenue, des trottoirs bondés, des excès publicitaires, mais Noël demeurait un brumeux événement prévu pour un avenir lointain.J’ai eu beau voir le gros flocon de lumières suspendu à l'angle de la 5e Avenue et de la 57e Rue, j’ai eu beau marcher devant les vitrines mécanisées des grands magasins et entendre les cloches et les trompettes des officiers de l’Armée du Salut.rien n’y faisait Après tout, Noël c’est le froid, la neige, les maisons surchauffées, les lainages qui piquent, etc.Ma veste de cuir léger me suffit encore, le sol est bien sec et mes bottes de bûcherons dorment au fond du placart II y a même quelques feuilles tenaces aux arbres de Madison Square Park.Pas de quoi vous propulser dans l’ambiance des fêtes, n’est-ce pas ?Et puis un soir, tout a change ! Le 16 décembre, en me rendant à ma vidéothèque de la 2e Avenue, Bang ! j’ai été frappé du feeling de Noël.U ne seule image a suffi : le gros sapin de Gramercy Park couvert de serpentins de lumières multicolores et coiffé d’une étoile de Bethléem dodue et brillante.Pas très original, j’en conviens, mais les ampoules rouges, bleues, vertes et oranges m’ont fait un effet boeuf.Étourdissement mineur, saut arrière dans le temps.me voici enfant anxieux à l’heure où ma mère allume l’arbre de Noël.Ah ! Vingt-cinq ans plus tard, je passe un autre Noël à New York.Que faire ?Noël chez M.à la campagne, au bord de l’Atlantique, suivi d’une longue promenade, bien arrosée de vin, sur la plage d’hiver, vide et émouvante ?Noël chez E.avec sa famille torontoise qui s’en vient en ville et ses enfants qui rient aux éclats en déchirant les emballages de leurs cadeaux ?À moins que je ne donne le réveillon chez moi, pour les amis qui ne quittent pas New York.Même à la dernière minute, les convives seront faciles à trouver.Noël est célébré à travers les États-Unis mais dans un très grand nombre de foyers, la première fête familiale est Thanksgiving à la fin novembre.Donc, bien des New-Yorkais par adoption ne se déplacent pas de nouveau quand vient Noël.Pour lapopulation juive, c’est un peu la meme chose.Hanukkah, le semaine de festivités de décembre, n’a pas l’importance religieuse de Yum Kip-pur ou de Passover.donc d’autres convives possibles.Je me souviens d’un réveillon d’il y a quelques années.Une vague de froid gerçait New York, le vent pous- 02 IL.* Aussi brillante de nuit que de jour, mais plus encore durant la période des Fêtes ! sait les piétons contre les murs.J’avais invité une quinzaine d’amis à minuit.On aurait dit un comité des Nations unies : une Française, un Italien, un Australien, un Isarélien, une Anglaise, des Canadiens, des Québécois et des Américains.Le bi-libi de moules fumait, le coq au vin en croûte répandait son odeur dans tout l’appartement Pour dessert, des ' tartes aux pacanes, une vraie recette du sud d’un ami Louisiana is.Si je répétais cette soirée polyglotte ?Ai-je le goût de popoter pendant une journée ?La nuit porte con-seiL Une chose est certaine : je ne manquerai pas la messe de Noël, une des seules traditions que j’ai gardée intacte.Après avoir étudie minutieusement le programme musical des églises de Manhattan publié chaque année dans le Times, j’ai choisi Mozart, Haydn, Pergolèse et bien sûr les cantiques d’usage à la Church of the Transfiguration.Chaque paroisse prépare des concerts de choix, fierté d’un choeur solide et de solistes à voix.J’attends avec impatience le moment où je pourrai entonner un sonore Adeste Fideles, je suis toujours le seul entêté à la version latine du chant de Noël, je ne me suis jamais fait au O Come Ail Yee Faithfull.Dans plusieurs églises, le pasteur accueille les fidèles sur le parvis où les premiers cantiques sont chantés par ceux qui ne craignent pas la fraîcheur de la nuit new-yorkaise, et puis une presentation LE DEVOIR Complet 22 AU 26 JANVIER 91 ?20H30 RESERVATIONS: (514) 523-2246 (LicorneI (514) 522-1245 (Admission) AU THEATRE LA LICORNE 4559, RUE PAPINEAU.MONTRÉAL LA 5H®W-SÜR LICORNE EN VENTE CHEZ 4ÜllilB1sU3K (514)522-1245 O ÇKAC73AM (periodica) U autton de libeentment MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.SAMEDI 22 DÉCEMBRE 7 LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 • sinfonias nos.1 & 5 (C.P.E.Bach) • concerto pour hautbois K.314 (Mozart) • extr.divertimento en ré K.334 (Mozart) • concerto pour piano no.27 (Mozart) • concerto pour flûte et orchestre (Rosetti) DEMAIN SOIR, 22:00 • triple concerto en ré majeur (Salieri) • concern op.9 nos.3-5-6 (Albinoni) • concerto pour clarinette K.622 (Mozart) • concern pour viole d'amour K.395-396 (Vivaldi) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 une procession et puis l’orgue, etc.N’allez pas croire que je sois devenu un fanatique religieux mais une bonne messe de minuit bien chantée demeure une de mes priorités du temps des fêtes.À la sortie du service, les gens retournent lentement chez eux question de se préparer l’estomac pour le festin.Ils déambulent en petits groupes par les rues décorées.Certains découvriront au pied de l’àrbre des bijoux, des vêtements, des livres, etc.PHOTO AP Pendant ce temps, dans les abris municipaux des bénévoles essaieront d’égayer le Noël des dépossédés, de préparer un repas plus sain et plus alléchant que ceux des soupes populaires.Mais Noël ou pas, certains n’auront que les poubelles de Manhattan comme réfrigérateurs et d’autres seront abandonnés sur leur grabat, décharnés, sans aide, sans argent, sans amour.Tous ceux-là, j’y penserai quand l’orgue s'emparera de la petite église.Roland W.Reed Usée en 1907.PHOTO NATIONAL GEOGRAPHIC SOCIETY Le vent de l’ennemi (la tribu OJIbway), photo Inédite réa- 4 Odyssée émerge d’une eau laiteuse parfaitement opaque (le Gange en l’occurrence), de cet hippopotame jouant au sous-marin dans un tunnel de plantes aquatiques, de ces photos prises sur la Lune par l’astronaute Eugene Cernan de la NASA, de ce cliché d’un essai nucléaire sur l’atoll de Bikini dont on mesure le souffle prodigieux par la courbure des palmiers plusieurs centaines de miîles plus loin ou de cette taupe au nez « étoilé », véritable monstruosité de la nature.Il est presque impossible de dé crire cette exposition tellement elle est variée et passionnante.On y pas sera certainement de longues neu res, pliés en deux (les vignettes des photos sont accrochées a un mètre du sol, par manque d’espace).Si 1« lumbago ne vous talonne pas trop lei reins à la sortie, vous pourrez flâner à la boutique du musée, feuilleter le magnifique catalogue (65 J) — qui peut constituer un super cadeau de Noël — ou tous ces objets design qu’offre le musée à des prix tout à fait convenables.ééâ - || j | I oivlic-lrc ili- rlinmhiT Baa I MUSICI DE MONTRÉAL I j |_j LJ ^ iiIi Turmski A iiIi Tnrm ski CONCERT DE NOËL Symphonie des jouets les t>at>mm(s du Concours pour jeunes solistes IMM Pierre et le Loup raconté par Jcan-Cuv More au 27 et 28 décembre 1990, 19h30 SALLE POLLACK Billets: I6S/8S EN VENTE CHEZ ( I rais de sen ice.) |f àSl-e ^ 1Ü2 MUstsLU K ^ (514)52212451 musique iV.,u , n- • i Œ SCOTT IN I NIK Ir.nisjH»rU*ur iifluid 4 4 4 95 Le Devoir, samedi 22 décembre 1990 ¦ C-3 le cahier du CINÉMA La publicité peut même LES MEILLEURS FILMS DU MONDE roc/fp Les Grands Crus de la Pub Cannes 1990 Les 102 films gagnants du Festival international du film publicitaire de Cannes 1990, 83 minutes.Au Parisien.Francine Laurendeau JE ME SUIS longtemps crue complètement allergique à la publicité.A la télévision surtout, où elle nous est sauvagement imposée, interrompant le fil des meilleures émissions.Mais ce n’est pas de ce problème-là que je veux parler aujourd’hui Je veux parler du mortel ennui qui se dégage des commerciaux télévisés.Encore récemment, partagée entre la colère et l’abattement, je regardais défiler les messages publicitaires.Coca-cola, Molson Dry, Harvey’s, Chiclets, Honda, Welch’s, Poster Party, SOS Taxe de Léon, Anacin, Remington.Sinistre.Cela oscillait entre le lourdement local et le pompeusement conventionnel.Pourquoi ?Pourquoi la pub du rasoir Braun est-elle aussi platement descriptive chez nous alors que pour vendre le réveille-matin du même Braun, une adorable pub de la RFA (un perroquet imposant le silence à un ré- être intelligente et drôle veille-matin) arrive à suggérer et séduire en quelques secondes à peine ?Vous allez me dire que je suis in-j uste, qu’il ne faut pas comparer les films gagnants de Cannes avec n’importe quels films pris au hasard ici.Non, je ne suis pas une spécialiste de la question, je ne m’embarasse pas d’études de marché ni de post mor tem de campagnes pubbcitaires.Mais il m'arrive assez régulièrement de voyager et donc de pouvoir comparer (au cinéma comme à la télévision) le niveau général de nos commerciaux avec ce qui se fait à l’étranger, notamment en Europe.Et ce n’est pas flatteur pour nous, croyez-moi.Oui, je le sais, les agences de publicité québécoises et canadiennes investissent beaucoup d’argent dans leurs projets.Et elles engagent les meilleurs techniciens.Mais le moins que l’on puisse dire c’est que dans ce monde-là, l’imagination n’est pas au pouvoir.Et encore moins l’audace.Or, comment toucher le commun des mortels, sinon en l’àmusant, en l’étonnant, en l’intrigant ?11 ne veut surtout pas, ce consommateur présumé, qu’on lui assène un message ronflant, prétentieux, sirupeux, voire moralisateur comme c’est trop souvent le cas.J’ai été très intéressée de lire il n'y a pas si longtemps dans les pages économiques du Devoir l’interview de Jean-Jacques Stréliski qui, après un exceptionnel parcours de plus de 16 ans qui a marqué l'industrie publicitaire québécoise, annonçait sa décision de retourner en France.J’ai encore besoin de rêver, déclarait substantiellement le directeur de la création de la première agence de publicité au Québec.< Je crois que la pub québécoise est en bonne santé mais je m'y sens moins bien.On voudrait que je soit sage, alors que je suis fou.» Qu'allons nous devenir sans lui, sans ce bnn de folie qui fait si cruellement défaut à nos professionnels de la pub ?Et ce n'est pas un hasard si parmi les 102 films primés au dernier Festival international du film publicitaire de Cannes, il n’y a pas un seul gagnant québécois (ou canadien).Une vaste conspiration internationale ?Allons donc.Bien sûr que la compétition est dure et qu’il y a un jeu à jouer dont il faut connaître les règles.Bien sûr que se constituent des alliances et qu’il faut s’entourer de stratèges.Et bien sûr qu’on n'est pas nécessairement d'accord avec le palmarès final.Mais je trouve très instructive l’expérience de voir ces très courts métrages où se côtoient la Grande Bretagne, les É.U., le Ja- pon, l’Italie, la Norvège, la RFA, la Corée, la France, le Brésil l’Australie, l’Espagne, le Danemark, la Finlande, l’Afrique du Sud la Hollande, la Suède, la Suisse, l'Equateur, le Chili et la Nouvelle-Zélande.Si l’accumulation risque par moments de devenir lassante, la diversité de ce kaléidoscope et ce jaillissement d’idées souvent rafraîchissantes ont quelque chose de salutairement stimulant.Certains messages vont très loin.Ainsi, celui-ci.C’est du noir et blanc.La pellicule est traitée pour qu'on croie à des archives.Devant la caméra, un couple d’un certain âge salue.Commentaire en voik off : ce sont Monsieur et Madame Thatcher, les parents de Margaret Thatcher.Autre climat visuel un autre couple s’agite : ce sont les parents de Noriega.Et enfin, on nous présente les parents de Ceaucescu.Tandis que le spectateur se demande ce qu'on peut bien vouloir lui vendre, imperturbable, le commentateur poursuit : « Si seulement'ces couples avaient utilisé le condom X !.((’’est dit en anglais car le message, croyez-le ou non, est britannique).Oui, on peut à la fois être drôle, intelligent, audacieux et.publicitaire.On a déjà vu du meilleur Sidney Pollack Havana Film de Sidney Pollack, avec Robert Redford, Lena Olin, Alan Arkin, Tomas Milian.Image : Owen Roizman.Musique : Dave Grusin.(États-Unis, 1990) 145 min.Aux cinémas Centre-Ville, Pointe-Claire, le Faubourg, Bonaventure.Odile Tremblay Au cours des années 1950, on disait de la Havane, qu’elle était « la ville la plus sexy du monde », avec ses clubs de nuit, ses prostituées nichées à tous les coins de rues, ses fêtes, ses casinos.Ville de contrastes aussi où la misère filtrait derrière le faste et le clinquant des palaces.À l’époque, on considérait la capitale cubaine un peu comme une annexe des États-Unis; le touriste était roi.et riche.Bien des hommes d’affaire et des aventuriers américains venaient se la couler douce la fin de semaine à l’ombre de ses pal- miers, dans les volutes de ses cigares, alors que massé dans ses bidonvilles, le peuple lui, crevait de faim.C’était avant « les événements», avant Castro, avant la fracture.Dans un mélange de fiction et de réalité historique, voici que Sydney Pollack fait renaître avec Havana ce moment charnière : en 1958, les derniers huit jours du régime Batista, quand les deux ordres, l’ancien et le nouveau, se sont affrontés et que le pouvoir a changé de main.Le thème est explosif.On eut attendu du réalisateur de Out of Africa, de Tootsie, de They Shoot Horses, Don’t They ?qu’il le traite de façon magistrale.Mais le film traîne en longueur, laisse sur sa faim.Dé-cevanl vraiment ! En vedette : Robert Redford dans le rôle de Nick.Nick est un joueur de poker de haut vol.Complètement apolitique, sans port d’attache ni lien affectif, il hante les casinos en castor blanc, courtise le risque, les étreintes furtives.J usqu’au jour où il rencontre Roberta (Lena Olin).Elle est l’épouse d’un révolutionnaire cubain, Arturo Duran.Elle rêve de justice, de liberté, goûte à la torture pour ses allégeances.En principe, rien ne devrait réunir deux êtres aussi dissemblables.Mais Nick s’éprend de Roberta.Et pour elle, par elle, il découvre le monde des guérilleros, s’y mouille.Havana est un film romantique qui décrit des amours impossibles.En arrière-plan, la vieille Havane.Les joueurs se ruent sur les tapis verts du casino, les effeuilleuses se dénudent dans les dancings, la corruption est partout Nous sommes au lendemain de Noël en pleines festivités de fin d’année.Et il y a de l’électricité dans l’air.Les révolutionnaires ont pris le contrôle des campagnes, s’apprêtent à investir la capitale.La caméra de Sydney Pollack s’attarde à cerner les contrastes : le grand boulevard Prado tout illuminé, les ruelles som- bres où l’armée perquisitionne et torture.Le film a voulu recréer l’atmosphère de ces jours de déclin et de fièvre qui marquèrent la chute d’une dictature.Mais on eut préféré une approche plus fine, moins « commer ciale ».Quoique peu crédible, l’idylle Nick/Roberta occupe énormément d’espace.Elle prend le pas sur le contexte politique, l’étouffe en quelque sorte.Même si Robert Redford arrive à intérioriser ce rôle-ci comme tous les autres, même si Lena Olin lui donne la réplique avec aplomb, leur liaison demeure bancale.Faiblesse sans doute du scénario; elle ne cadre pas avec leurs personnages respectifs.Par ailleurs, la projection, qui dure près de deux heures et demi, donne dans l’interminable.« Havana » aurait eu besoin de coupures, de finition.On a déjà vu du bien meilleur Pollack.V*» « Lena Olin et Robert Redford, les deux vedettes de Havana.Louable premier essai Légers quiproquos Réalisé par Ricky Tognazzi, d'après la pièce de Claudio Bigagli Piccoli Equivoci, avec Sergio Castellitto.Lina Saslri, Nancy Brilli, Nicola Pistoia, Roberto Citran, Pino Quartullo.Images : Alessio Gelsini.Musique : Enzo Jannacci.(Italie, 1990).V française.Au Parisien, 82 min.Odile Tremblay ON CONNAÎT très bien son père, l’acteur et réalisateur Ugo Tognazzi.Voici qu’une génération au-dessous, Ricky Tognazzi signe aujourd’hui au cinéma un tout premier long métrage : Légers quipror\uos.Le film, qui s’est mérité à Sète le prix Georges Brassens 1989, est l’adaptation d’une pièce de théâtre de Claudio Bigagli.Du jeu des planches, il a conservé l’unité de lieu (l’action se passe entièrement dans une maison de Rome) et les molièresques malentendus qui tissent l’intrigue de cette psycho-comédie de moeurs à l’italienne.Il a conservé aussi un certain statisme dont s’accommode plus ou moins bien le 7e art.Paolo (Sergio Castellitto) est un acteur au chômage qui ne décolle pas des pénates de son ex-petite amie Francesca (Lina Sastri).Celle-ci s’èst absentée de la ville, a laissé sa maison aux amis.Depuis plusieurs mois, elle nage dans le succès et brûle les planches en tournée italienne avec son nouveau Roméo, un régisseur de théâtre.Quant à Paolo, drapé dans ses regrets, dans ses manies, il attend toujours l’infidèle.Autour de lui, gravitent d’autres acteurs au chômage : Enrico, Giu-liano et Sophie.Tout ce beau monde se frôle, se ment, se trompe, se flatte.Enrico a-t-il, oui ou non, couché un soir avec Francesca ?Devant Paolo, il s’en défend bien haut, mais allez-y voir.Et que faisait Sophie dans le lit de Paolo ?Lui sert-elle uniquement de paravent afin d’attiser la jalousie de Francesca ?Grand souper de poisson et de nouilles au retour de la propriétaire des lieux.Chacun revêt son masque pour le bal des malentendus.Petites lâchetés, légères trahisons, pieux mensonges, semi-confidences sont les ingrédients de cette salade de saison.Sans avoir l’air d’y toucher, c’est le siècle que dépeint Ricky Tognazzi dans une comédie aigre-douce qui ressemble à la vie moderne.Pas de grands effets scéniques ici, pas d’intrigue rebondissante non plus ni d’éclats de rire tonitruants.Mais un jeu fin où surnage l’interprétation toute en relief de Sergio Castellitto.Mi-grognon, mi-paumé, celui-ci campe un Paolo tragi-comique touchant et sympathique à qui Lina Sastri (qui évoque une Anouk Aimée italienne) donne la réplique avec beaucoup de sensibilité.Dans sa facture et dans ses thèmes, Légers quiproquos est un film de demi-tons courtisant l’ironie fine.Ricky Tognazzi braque son faisceau sur la folie contemporaine de l’auto-analyse, de l’apitoiement sur soi où toute une génération s’enlise.Mais cette peinture de moeurs fait trop de sur-place, gagnerait à être pimentée davantage.Faute d’action proprement dite, elle en devient unpeu ennuyeuse et le spectateur étouffe quelques bâillements.Pour un premier long métrage, le jeune réalisateur italien relevait un défi de taille en enfermant ses protagonistes dans un seul lieu.Cela a produit un film intimiste, émouvant parfois, plein de promesses toujours, mais assez mal oxygéné en bout de ligne.KINGS' a III MMX < M»1M llHMDHUM ianSONS inoliUM.it fclPSY KINGS 480 STf.CAT Ml RINI O 666 3856, U PARISIEN ® FAMOUS PLAYERS [Une comédie-espionnage; in’spirée de l’affaire RAINBOW WARRIOR Ils ont pour mission de vous faire rigoler!!! M*inteo*nt a lit fiche' , UN HIM DI GERARD OURY "Mot de passe PIERRE ARDITI pour RIRE!" -SABINE AZEMA • ISAACH DE BANKOIE .DANIfll THOMPSON « IKCtfDO CLCCIOIA «- |A(QUS»|B8IN .GIIMDOin OAMIli IHOMftOS ».UfUNO IOVQU AIMS MMPI.Alllll llIGISSOS .- — llAS Ml S> « '(.IPSY .PIM IANISSA .-Ils,.- (HIISÏIAMIMT MK MH (WHO,.-AIIUSIUI ASfCflSI DI (liRMOSI IOSMIII - .lllMSAPIASl GIIIMS IIIMSA.’ ^VERSAILLES © ven 7 30-9 40 1:00-3 10-5 20-7 30 9 40 lun 1 00-3 10-5 20-7 30 mur 3 10-5 20-7:30-9 40 12 30-2 40 4 50-7 10-9 30 lun 12 30-2 40 4 50 7 10 mar 2 40 4 50 7 10-9 30 CKPI UI\I'E PRESENTATION BELL CA N A DA Dusseault sera Marilyn (PC) — IxiuLsette Dussault tiendra le rôle titre du feuilleton quotidien Ma rilyn, à l’antenne de Radio-Canada en septembre 1991.Jouant aussi bien depuis ce temps au théâtre qu’à la télévision, Mme Dussault avait débuté à R.-C.dans La souris verte.Écrit par Lise Payette, Marilyn gravite autour d’une Gaspésienne devenue bonne dans une famille bourgeoise de la métropole.Cent cinquante épisodes seront produits par R.-C.pour 1991 92, diffusés à raison de quatre ou cinq par semaine.MEILLEURE RÉALISATION Un film de MICHEL MOREAU LES TRO MONTR DF.MIC OU PROMENADE DANS L’IMAGINAIRE D’UN ECRIVAIN SUR VHS EN LIBRAIRIE « Frissons garantis ! » O.Tremblay, Le Devoir .« Une radiographie fascinante et spectaculaire de l’état de la planète Terre.>* R.Homier Roy, CKAC « Un beau manifeste en faveur de la Terre.Spectaculaire ! » C.Deschênes, Montréal ce Soir PLAN « La beauté et la fragilité de notre planète vue avec l’élégance et les vertiges d’un vol d’oiseau.>• S.-A.Blondin, Montréal Express >< Une expérience inoubliable ! Des images inédites, saisissantes ; 42 minutes palpitantes et bouleversantes.Un des rares films qu’on peut qualifier d’èssentiel.» H.Roberge.La Presse Un nouveau regard sur la Terre.Le tout dernier film IMAX.WW , .-J m jff >v Le cinéma IMAX au Vieux-Port de Montréal, angle de la Commune et Saint-Laurent • Métro Place-d'Armes • Renseignements : 496-4629 Bell (ÎKAC73AM CFTm CFCFôOO CFQR92.5 ENVEN1ECHEZ AJJliilSb'LOK (514)522-1245 1800-361-4595 C-4 ¦ Le Devoir, samedi 22 décembre 1990 LE DEVOIR offre 45 paires de billets pour llan* la solitude de* champ* de talon de Koltos Mardi le 15 janvier 1991 Pour participer à ce concours, complétez le coupon-réponse ci-dessous et faites-le parvenir à: “CONCOURS ESPACE GO” Le Devoir 211 rue du St-Sacrement Montréal, Québec H2Y 1X1 I-! | Nom____________________________________________ | Adresse:_______________________________________ ' | Ville: ________________________________________ | ' Code postal:_____________________ Le concourt débute le 20 décembre 1990 et se terminera le 26 décembre 1990 à minuit Le tirage aura lieu le 27 décembre à minuit Les gagnants seront avisés par la poste.La valeur des pris attribués est de t 080 S.Les réglements du concours sont disponibles aux bureaux du Devoir.Les prix devront être acceptés tel quel Aucun changement de date ne sera autorisé.FAMOUS PLAYERS LES GRANDS CRUS DE LA PUB-CANNES 1990 i CJ LES MEILLEURS FILMS DU MONDE 19 9 0 [¦h.'jjh! k460 STE CATHERINE W 866 3666^ 1:15*3 20 5 25-7 30-9 35 lun 1 15-3 20-5 25-7 30 mar 3 205 25 7 30-9 35 MGRAND PRIX SPECIAL DU JURY J “ Festival des Films du Monde jg?Le sort de chacun des personnages nous concerne tellement qu'on quitte la salle la gorge serrée et avec le regret de les abandonner.En deux mots, «Mery pour toujours» est un film superbe, un film qui prend aux tripes.¦ franco mm.lf journal di montrfal «Mery pour toujours» est basé sur des faits vécus.Les mots sont crus: certaines scènes sont très violentes.Un très beau film, touchant et puissant.¦ dfnisf martfl journal df quFbfc MARCO RISI MICHflE PLACIDO .» MERY FOUR TOUJOURS ÜAUDIO AtffNOOM • GUNIUCA fAVlUA ~ AUHUOGHUAt&l -.-UAUDIO lûMhlNTQ .MAWO »4l U PARISIEN ® 460 VI CATMf RIMf 4 12 30-2 40 4 55 7 05-9 20 lun 12 302 40 4 55 705 rnar 2 40 4 507 009 20 CINEMA Chef-d’oeuvre insolite EêÊîLÏ Alice Film écrit et réalisé par Jan Svankmajer, d'après Lewis Carroll.Interprète: Kristina Kohoutova.Animation: Bedrich Glaser Photos: Svatopluk Maly Son: Ivo Spalj et Robert Jansa Décors: Eva Svankmajerova et Jan Svankmajer.(Tchécoslovaquie, 1988) 83 min.En version française au Quartier Latin Francine Laurendeau J’AURAIS envie de vous dire : allez-y d’abord, nous en parlerons ensuite.C’est qu’il faut voir ce film sans préventions, sans attente précise, pour en subir pleinement l’envoûtement.Je vais donc tenter de le cerner sans jamais directement le décrire.Certes, c’est l’adaptation d’une oeuvre célèbre, l’inépuisable Alice au pays des merveilles.Mais c’est une adaptation tellement libre, tellement inventive, qu’on en oublie de comparer le livre et le film.À partir de l’univers de Lewis Carroll, Jan Svankmajer érige le sien et nous y entraîne sournoisement.Au début, on ne se méfie pas.Sa fillette est une Alice parfaitement earrollienne.Il a eu du mal à trouver cette rêveuse éveillée dont les yeux, « à la fois proches et lointains, expriment le rêve et l’inquiétude.» Et quand les yeux de Kristina Kohoutova perdaient cette expression, il interrompait le tournage.Un tournage qui allait durer plus d’un an et se révéler ardu parce qu’abstrait pour l’enfant qui devait jouer sans voir ses partenaires.Car autour de la vraie petite fille, les animaux et les objets sont mus par la magie de l’animation.Mais le travail de Bedrich Glaser est très différent des classiques de l’animation tchécoslovaque, de Pojar ou de Trnka.Oubliez aussi Roger Rabbit.C'est peut-être parce que Svankmajer est venu sur le tard au cinéma.ArtLste indépendant (peinture, dessins, collages, arts graphiques, objets tactiles), il a aussi travaillé pour le théâtre : théâtre de masques, théâtre de marionnettes.Les objets le fascinent.Objets apparemment familiers mais qui, détournés de leur usage quotidien, deviennent étrangement insolites, voire menaçants.Et c’est PHOTO ARCHIVES Kristina Kohoutova, dans le rôle d’Alice, un film écrit et réalisé par Jan Svankmajer.par cette subversion que son Alice, bien qu’inclassable, s’apparente au cinéma fantastique.Cette fascination est toute entière dans le film dont décors et accessoires sont signés Jan Svankmajer et Eva Svankmajerova, sa compagne peintre et écrivain.Nous avons tendance à abuser (moi la première) du terme «surréaliste».Eh bien ! Svankmajer, lui, est un authentique surréaliste depuis bon nombre d’années.(11 est né en 1934 et on se dit que dans le contexte que l’on sait, sa vie d’artiste très certainement marginal n’a pas dû être facile.) Mais, précise-t-il, « l’imagination de mes films est naturellement plus proche du surréalisme sarcastique, représenté par des auteurs comme Benjamin Péret, Karel llynek, Vraa-tislav Effenberger, que du surréalisme lyrique incarné par un Breton, un Éluard ou un Sbynek llavlicek.» Il se dit également proche de Bunuel, de Poe, du roman noir, de Max Ernst et, surtout, de Giuseppe Ar-cimboldo, ce peintre curieux et fascinant du XVle siècle qui inventait des tableaux fantastiques, « têtes composées » et ghiribizzi, chers aux surréalistes.Svankmajer vit dans l’un des plus anciens quartiers de Prague, le Prague magique qui a inspiré Kafka et Meyrink.Et il ne situe pas son Alice dans l’Angleterre victorienne mais dans le vieux Prague.N’ayons pas peur des mots.Alice est à sa manière un véritable petit chef-d’oeuvre dont le caractère insolite peut désarçonner, au premier abord, mais qui, peu à peu, envoûte et alimentera longtemps votre imaginaire.Voilà pourquoi il ne faut pas craindre d’y amener ses enfants dont l’imaginaire, ces temps-ci, est bien mal nourri.Le film de Noël tout indiqué pour les enfants et leurs parents.A LICE UN FILM DE JAN SVANKMAJER INSPIRÉ PAR «ALICE AU PAYS DES MERVEILLES».DE LEWIS CARROLL VERSION FRANÇAISE tous les jours (excepte les 24 25) a 1H30 et 3h30 jusqu'au 6 janvier oé»1! QUARTIER IATIN 858, est STE-CATHERINE • 849-0041 Un véritable petit bijou à découvrir pour se faire plaisir SELECTION VENISE 90 PRIX KODAK MARGHERITA BUY LA STAZIONE V.O.italienne avec S.-T.FRANÇAIS Réalisé par et avec SERGIO RUBINI Tous 17 h30.19 h 30 fil 21 h 30 ¦HUI Ml|| 1 (excepté les 24 el 25 déc IHI ' I ¦! ùTlK 1 ' .i 1 % CHER BOB HOSKINS WINONA RYDER ' «'fvti.- ’ G0 voic i no i re: mère.5* LES SIRENES i» RIE/ POUR NOUS.EN VERSION FRANÇAISE ORiOft HT)f oaurv «Tfjjp ] DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS m i* CARREFOUR LAVAL 2330 BOUL LE CARREFOUR VERSION ORIGINALE ANGLAISE M HUM AI I)S lYJCobûr» vti*‘i mrsa-ïssi wwmimmw 1455.RUE PEEL DtCARIE SUD DE JEAN-TALON 2001, RUE UNIVERSITY LE FILM LE PLUS DRÔLE DE 1990 ! " - Jim Whaley, PBS CINEMA SHOWCASE “UNE PERFORMANCE REMARQUABLE DU JEUNE CULKIN." • Serge Dussault, LA PRESSE Une Comedie De John huches 4F version française de MAMAN J'AI RATÉ L'AVION HOMEtaALONe l*l m txajf» '.ntmo J 6» TERREBONNE 1071.CHEMIN DU COTEAU COMMODORE 5780.BOUL GOUINO rni «*** «IB» ] ST-JEAN BOITE A FILMS ST DENIS 4 STE CATHERINE 8215 RUE HOCHELAGA UMüLl'1'1 Vllli e 0 3195 BOUL ST MARTINO PLACE LONGUEUIL mrom^sTtiwi CARREFOUR OU NORD JOLIETTE [jJ rx*jr< sti»»ii ] fYlfôbÂJr'ÔTWBu] __ CAPITOL MAISON DU CINÉMA OAJO.1 LE PARADIS 1215 RUE HOCHELAGA LE GENRE DE FILM QU'ON AURAIT AIME VOIR À DIX ANS POUR POUVOIR • RESTER MARQUÉ À^VIE." __ | • Éric Pourtant?, VOIR KEVIN COSTNER EMC&IQUfK EN VERSION FRANÇAISE miona-.iS.nl _ _____DOGSE?L«J BEAUBIEN PRÉS 0 IBERVILLE LE DAUPHIN DESJARDINS IM COMPLEXE DESJARDINS PLACE LONGUEUIL 6» TERREBONNE 1071 CHEMIN DU COTEAU Susan Sarandon est admirable- et parfois bouleversante- d'intensité, de vérité.De sensualité agissante aussi." -Huguette Roberge, La Prcuc [i ¦ ; j Susan Sarandon âmes Spader VERSION FRANÇAISE VERSION ANGLAISE 1(16 RUE STE-CATHERINE 0 6341 TRANSCANADIENNE < INfMAS C INf 11 I X ODION ?ni»*»»» «*»*•«') nnfiaaVTSTirvol ¦raniBi ¦Kmnuata BEAUBIEN PRÊSD IBERVILLE COMPLEXE DESJARDINS mi t«»#*4TTMM)] 2330 BOUL LE CARREFOUR MAISON DU CINÉMA Le Devoir, samedi 22 décembre 1990 M C-5 & !w^n ¦ni WS ilS’mamg: §' mma 'i PEPSI, SOI S U PARRAINAGE DI fs »UB! Le TVA ?week-ena Le décompte vidéo star La grande Kqxdditfon des fêtes 1990 Cinéma : Khartoum —G.-8.65 Avec Charlton Heston et Laurence Olivier Le décompte vidéostar Le TVA g réseau Cinéma : La dernière séance Avec Timothy Bottoms CE\ CFCF (CTV) Montreal News The Godfather Family My Secret Identity Kattsg and Dog Doogle Houser, m.d.China Beach g Neon Rider g News g News Cinéma 12 tfR TV5 (Télé Francophones Le temps de vivre L'Euromag (18hS0) Le journal deiaSSR Thalatsa Stars 90 Doctor Who Le journal de A2 cm (R.-Q.) ÜXI Montréal Casse- Noisette Sept télés pour un Noël —Spécial Parler pour parier : g On me prive de mes.Cinéma : Le nom de la rose —Ail.86 Avec Sean Connery et Christian Slater 23h15 / Cinéma : Mélo—Ft.86 Avec Sabine Azéma et André Dussolier Voxpop Musique vidéo Concert plus : Marc! — Offenbach 7531 WVNY (ABC) «=7 Burlington News Ç Super Force Star Trek: g The Next Generation Football / Redskins vs Colis g News g 23h15/Fridaythe13th i7ÿ£\ Much ^ Music 18h30 / X-Tendamix Soul In the City X-Tendamix Spotlight / LL Cool, J X-Tendamix 703, VERMONT ETV(PBS) The Lawrence Welk Show Austin City Limita May to December Alter Henry Cinéma : The Philadelphia Story -Am.40 Avec Katharine Hepburn et James Stewart Hail ! Hail ! Rock « N » Roll — Special 75Ê1 4-SAIS0NS Montréal La roue chanceuse Coup de louare Cinéma : Oz, un inonde extraordinaire G.-B.85 -Avec Falnna Balk et Nlcol Williamson Superpllotes China Beach Le Grand Journal g Sports Plus week-end Série rose WCFE (PBS) Austin City Limits The Editors MacLaughIln Group The Best ot National Geographic g ‘Alto ! ‘Alto ! Blackadder Doctor Who Alive from OU Center Channel Crossings La télévision du dimanche soir en un clin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 00h00 Mon oncle A.Bécourt CBFT (R.C.) Montreal Le Téléjoumal g 18h10/Découverta Star d'un soir Cinéma : Le maître de musique -Bel.88 g Avec Joie Van Dam et Anne Roussel Kidnappe (21h45) 22h20/Scully rencontre Les sports 23h15/Clné: Fr.57 —Avec WCAX (CBS) Burlington 16h/Football Giants vs Cardinals 60 minutes g Murder, she wrote g Cinéma : Always Remember ILove You -Am.90 g Avec Patty Duke et Joan Van Ark Newsg 23h15/The Arsenlo Hall Show r-R) WPTZ(NBC) L-ïî-7 Plattsburgh On Scene : Emergency.Newsg Hull High g NBC News Special g Cinéma : Guess Who's Coming For Christmas ?g Avec Richard Mulligan et Beau Bridges Sunday Scoreboard Reunion Cinéma t’s rbeque CBMT(CBC) Montréal Magical World of Disney Road to Avonlea g Cinéma : One Magic Christmas -Can.85 Avec Mary Steenburgen et Harry Dean Newsg Venture Newswatch It’s Razorbac Christmas Ba tfTO CFTM (TVA) Montreal Le TVA g week-end Les amour* de Betty.Hockey / Le Canadien va FiyersQ La vie des gens riches et célèbres Le TVA g réseau Où sont les enfants?CFCF (CTV) Montreal Newsg Travel Travel w5 g America's Funniest g Cinéma : Guess Who's Coming For Christmas Am.90 —Avec Richard Mulligan et Beau Bridges Newsg News Entertainment Tonight CTç» TV5 (Télé «t» Francophones L'école des Ians L'Euromag (18h50) Le journal deffTBF 7 sur 7 Petit écran grand roman : Les misérables Imw • fifinM rhafUj InVi • rflnC® vtlVKl Sentiers du monde 23h40/Le journal de A2 rrf) Cm (R.-Q.) U-tJ Montreal Charlie Brown Cinéma : Un conte de Noéi—hmL 82 (dessins animés) Il était une lois g dans un piano Cinéma : Les lois de l'hospitalité- Am.23 Buston Keater Visage : Émile Coderre m sr* Dadabiz Transit Musique vidéo 7531 WVNY (ABC) Burlington Newsg Lite goes on g America's Funniest g Cinéma : Robocop—Am.87 g Avec Peter Weller et Nancy Allen Newsg (23h15) Cinéma : Penitentiary Avec L.I.Kennedy rocT Much Music 19h / Backtrax The best ol much Vidéocllps Spotlight / The Box Vidéocllps 7331 VERMONT ETV(PBS) Great Performances : g The Taylor ol Gloucester Amahl and the Night Visitors Nature g Masterpiece Theatre : g Glory Enough For Ali Beijing Acrobatie.Mystery ! g Masterpiece Theatre g 73c) 4-SAIS0NS 1=3/ Montréal Les carnets de L.-Josée : Inv.: Marc-André Coaliier Un amour de décorateur Cinéma : L’entant de la ville -AusL 80 Avec William Holden et Ricky Schroder Le Grand Journal g Sports Plus week-end Passeport Floride frf) WCFE (PBS) Nat King Cole Show America Goes to.Christmas Eve on Sesame Street Testament Masterpiece Theatre : g Glory Enough For Ail Mystery! Campion II : g Dancers In Mourning Are you being.A SI.Olaf Christmas LA TÉLÉ DES FÊTES ëmËi Les Miroirs du Temps, de Jean-Jacques Leduc.20, mar 3 h 20, 5 h 20, 7 h 20, 9 h 30 V:-Fanfasla ven.au dim.et mer jeu.1 h 30, 4 h 6 h 30.9 h lun.1 h 30, 4 h, 6 h 30, mar 4 h, 6 h 30, 9 h.VI:- Vanille fraise ven.au dim el mer jeu.12 h 30.2 h 40, 4 h 50, 7 h 10, 9 h 30, lun.12 h 30, 2 h 40, 4 h 50, 7 h 10, mar 2 h 40, 4 h 50, 7 h 10, 9 h 307:-Les meilleur» momenta des films publicitaires ven au dim.et mer jeu.1 h 15,3 h 20, 5 h 25, 7 h 30, 9 h 35, lun.1 h 15, 3 h 20, 5 h 25, 7 h 30, mar.3 h 20, 5 h 25, 7 h 30, 9 h 35 PLACE ALEXIS NIHON M935-4246) - Edward Sdssorhands 12 h 30, 2 h 40, 4 h 50, 7 h, 9 h 1011:- Kindergarten Cop 12 h 30, 2 h 50, 5 h, 7 h 20, 9 h 35111:- The Nutcracker Prince 12 h 45— Prédator22 h 15, 4 h 30, 7 h, 9 h 15 PLACE LONGUEUIL 1 : (679-7451 )- Maman l'ai raté l'avion 21 déc.el 7 au 10 janv.7 h 20, 9 h 30, 22 déc.au 6 janv.1 h, 3 h 10, 5 h 15, 7 h 20, 9 h 30, excepté 24 et 31 déc.1 h, 3 h 10, 5 h 15, 7 h 20, excepté 25 déc.3 h 10, 5 h 15, 7 h 20, 9 h 302: Le prince Casse Noisette 22 déc.au 6 janv.12 h 20, excepté 25 déc.3 h — Il danse avec les loupa 21 déc.el 7 au 10 janv.8 h 30, 22 déc.au 6 janv.1 h 45, 5 h 10, 8 h 30, excepté 24 el 31 déc.1 h 45,5 h 10, excepté 25 déc.4 h 30, 8 h.LE RIALTO: 5723 ave du Parc, Mil (274-3550)— sam The Third Animation Celebration 7 h 15, 9 h 30— The Rocky Horror Picture Show 11 h 30 — dim The Third Animation Celebration 3 h, 5 h, 7 h 15— Ba-Ihume: the Making ol a Hero 9 h 30— mar The Third Animation Celebration 7 h 15, 9 h 30.—mer The Third Animation Celebration 5 h, 7 h 15, 9 h 30 ‘ QUARTIER LATIN: Mtl (849-0041)— Alice ven.au dim.el mer.jeu.1 h 30, 3 h 30— La gareven.au dim.el mer.jeu.5 h 30, 7 h 30, 9 h 30 x VERSAILLES l:(353-7880) - Look Who's Talking Too ven.7 h 20, 9 h 20, sam.dim.et mer.jeu.1 h 20, 3 h 20, 5 h 20, 7 h 20, 9 h 20 sam.dern.spec!.11 h 20, lun.1 h 20, 3 h 20, 5 h 20, 7 h 20, mar.3 h 20, 5 h 20, 7 h 20, 9 h 20 II:— Rocky Vfr.ven.7 h 15, 9 h 30, sam.dim.et mer.jeu.12 h 40, 2 h 50, 5 h.7 h 15, 9 h 30 sam.dern spect.11 h 40, ‘ lun.12 h 40, 2 h 50, 5 h, 7 h 15, mar.2 h 50.5 h.7 h 15, 9 h 30 III:- Vanille Irai*e ven.7 h 30.9 h 40, sam.dim.el mer.jeu.1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30, 9 h 40 sam.dern.spect.11 h 45, lun.1 h.3 h 10, 5 h 20, 7 h 30, mar.3 h 10, 5 h 20.7 h 30, 9 h 401V:- • Vincent et mol ven.6 h 30, sam.au lun.el mer.jeu.12 h 45, 2 h 35, 4 h 30, mar.2 h 35, 4 h 30— Russia House ven.9 h, sam.dim, el mar au jeu.6 h 30, 9 h., sam.dern.specl.11 h 30, lun.6 h 30V:— Trois hommes el une Jeune demoiselle ven.7 h 35, 9 h 45, sam dim.et mer jeu.1 h 05, 3 h 15, 5 h 25.7 h 35, 9 h 45 sam dern sped.11 h 50, lun.1 h 05.3 h 15, 5 h 25, 7 h 35, mar.3 h 15, 5 h 25, 7 h 35, 9 h 45 VI:— Bernard et Blanca en Australie ven.6 h 30, sam.au lun.et mer.jeu.1 h, 3 h 30, mar.::), h 30— Bontlre ol the Vanilles ven.9 h sam.dim.et mar.au jeu.6 h 30, 9 h.sam.dern.spect.11 h 30, lun.6 h 30.FARIETES i AUDITORIUM CEGEP AHUNTSIC: 9155 St-Hu-bert, Montréal— Théâtre pour entants: La crèche de Bethléem, le 22 déc à 14h AU 1604 ST-LAURENT: Montréal (284-6212)- Simard/Wallol présente une chorégraphie visuelle intitulée • Imagine/ si quelques itinérants se mettaient à danser » prolongation du 19 au 22 déc à 20630 BISTRO D’AUTREFOIS: 1229 St-Hubert, Montrée (842-2808)— Roger Gennois chante Brassens.Kaas, Renaud, le 22 déc à 22h.BOITE A CHANSONS LES DEUX PIERROTS: 104 est St-Paul, Montréal (861-1270)— Le groupe Red et le groupe L’Une, du 21 au 23 déc à 206— Boite à chansons Le Pierrot: Louis Morin et Michel Durocher, du 21 au 23 déc à 206 CAFÉ LA ROSE ROUGE: 1564 est Ste^athenne, Montréal (527-0616)— Jean Custeau chante Féljx Leclerc et Georges Brassens, les ven.sam.dim à 20h 30 CEGEP DE ROSEMONT: 6400 16eave, Montréal— Spectacle pour entants: Le boeul et l’âne de la crèche, conte de Noël, te 22 déc à 14h.COMPLEXE DESJARDINS: Montréal- Yisrte du Père Noét, jusqu'au 24 déc., de tOh.à 136 et 14h.à 176— Spectacles de marionnettes et théâtre musical, mar au ven 13h.30 et 15h 30.sam.116, 146.15630 COURS MONT-ROYAL: 1550 Metcalfe, Montréal— Le Cirque du Tonnerre, les jeu.ven.12h.et 17630, sam à 126, jusqu'au 22 déc ESPACE FRANÇAIS: 429 est ave Viger, Montréal (845-0000)— L'accordéoniste Jacques Dumont et son orchestre, tous les samedis à 21 h.LES FOUFOUNES ÉLECTRIQUES: 87 est Ste-Cathenne, Montréal (845-5484)— Peinture en direcL le 23 déc , encan à 216 MAISON DES ARTS DE LAVAL: 1395 bout de la Concorde ouest, Laval (662-4442)— Le Théâtre du P'tit Loup présente À l'ombre de Tours, les 28-29-30 déc.à 14h.PLANÉTARIUM DOW: 1000St-Jacquesouest.Montréal (872-4530)— « L'Étoile des Mages.du 29 nov au 6 janv .français: lun.20630, mar.au ven.13h 30.20630, sam.14h 15.16630, 20630 dim 136.15630,16630,20630, les 24 et 31 déc.13h.15h 30 et 16h 30.les 25 déc.et 1er|anv.fermé— anglais: lun 19h 30, mar au ven.12630,19630, sam.136.15h 30.19630, dim.14h 15,19630, les 24 et 31 déc à 14h 15, les 25 déc et 1er janv.lermé LE P’TIT BAR DU CARRÉ ST-LOUIS: 3451 St- Denis, Montréal (281-9124)— Jean Viau, auleur-compositeur, le 22 déc.à 226 SALLE WILFRID-PELLETIER: PDA, Montréal (842-2112>— Les Grands Ballets Canadiens présentent Casse-Noisette de Tchaikovsky, les 22-23 déc.14h et 19h 30.les 26-28 déc.à 19h 30, tes 27-2930 déc à 146 et 19630 STADE OLYMPIQUE: Montréal (252-8687)— L'observatoire de la tour du Stade, accessible par funiculaire, tous les jours de la semaine, lun.I2h.à 18h .mar au dim.de 10h.à 186 MUSIQUE Classique CHRIST CHURCH CATHEDRAL: Ste-Catheri-ne/Université, Montréal— Célébrons Noël avec les Cathedral Singers, de la Cathédrale Christ Church, le 22 déc à 17h.ÉGLISE DE L'ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE: 6185 10e ave Rosemont— Concertée chansons de No exposition sur les techniques de production des billets de banque, du 5 déc au 10 mars, mar au sam 10h30 à 17h , le dim de !3h à 17h MUSÉE PIERRE BOUCHER: 858 Laviolette, Trois-Rivières— Oeuvres de Gaston Petit, du 25 nov au 6 |anv — L'art nail et l'art populaire, exposition du temps des tètes, du 4 déc au 14 |anv MUSÉE RÉGIONAL DU HAUT-RICHELIEU: 182 rue Jacques-Cartier nord, St-Jean-sur-Riche-lieu— • L'érablière.exposition jusqu'au 14 avnl MUSÉE RÉGIONAL DE RIMOUSKI: 35 St-Ger-mam ouest, Rimouski (413724-2272)— Parcours dessiné, hommage à Jack Shadbolt, exposition rétrospective 1963-1988.des dessins d'Irène F Whit-tome— Les Grands Ballets Canadiens et les Ballets Russes de Serge de Diaghilev, du 25 nov au 13 janv MUSÉE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC: 9 rue de l'Université.Québec (692-2843)— Rez-de-chaus-.sée Huit musées en un des objets au service du savoir, jusqu'au 26 mai— 1er étage Art du Québec, oeuvres du 19e siècle, jusqu'au 1 er avril— Don Quichotte, du 15 juin au 6 |anv — Cabinet des médailles— 2e étage Peinture des écoles du Nord Hollande et Flandres, jusqu'au B sept — • Les arpenteurs du ciel • exposition sur l'asbonomie qui rebace l'enseignement de cette science au Séminaire de Québec durant le 19e siècle, jusqu'au 6 |anv 92— 3e étage Les chels-d'oeuvre de la peinture religieuse européenne— Art Oriental— 4e étage Orfèvrerie MUSÉE DAVID M.STEWART: Vieux-Fort, Ile Ste-Hélène (861-6701)— • Armes anciennes » 200 pièces dittérentes de la succession Russell J Barrett, du 10 oef au 14 janv .tous les jours saut le mardi de 10h à 17h MUSÉE UNIVERSEL DE LA CHASSE ET DE LA NATURE: Parc Mont-Royal, Camilien-Houde et chemin Remembrance, Montréal (843-6942)— « Histoire d'os • présentation de l'Ostéothèque de Montréal — Également collection de mammifères, d'oiseaux.d'insectes, d'armes, d'appelants etc Bibliothèques BIBLIOTHÈQUE DE BEACONSFIELD: 303 boul Beaconstield, Beaconsheld (697-9040)— Aquarelles de Renate Heidersdort.tout déc BIBLIOTHÈQUE FRASER-HICKSON: 4855 Kensington.Notre-Dame-de-Grâce (597-2213)— Peintures de Teresa Recalde.du 3 au 23 déc.BIBLIOTHÈQUE INTERMUNICIPALE PIER-REFONDS DOLLARD-DES-ORMEAUX: 13555 boul Pierrelonds, Pierretonds (620-4181)— Oeuvres de Susan Anderson.Jacqueline Sancho el Paz Vilorai, du 5 au 23 déc BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE KIRKLAND: 17100 boul Hymus, Kirkland (6944100)— Photographies de Lois Siegel, du 2 au 30 déc Maisons de la culture MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEI- GES: 5290 chemin Côte-des-Neiges, Montréal-Chronique de lieu, photographies et textes sur le quartier Cote-des-Neiges, par Maurice Amiel, du 11 déc au 3 tév MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC: 2550 est Ontario, Monbéal— Sous le masque, la B D exposition de masques de théâbe et de personnages de bandes dessinées, du 14 déc.au 13 janv.MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY: 6052 boul Monk, Monbéal— Les beaux sapins, du 9 déc au 13 janv —Dessins des entants du monde, du 9 déc au 13 janv — Les soldats de mon enfance, du 9 déc au 13 janv MAISON DE LA CULTURE MERCIER: 8105 Hochelaga, Montréal— Le monde de demain, dessins et aquarelles de Hans-George Rauch, du 6 nov au 6 |anv MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRACE: 3755 Botrel.Montréal— Les Noëls d'ailleurs, du 1er au 31 déc MAISON DE LA CULTURE LA PETITE PATRIE: 6706 DeLorimier.Montréal— Noël et traditions.du 27 nov au 8 janv — Ne tuez pas la beauté du monde, dessins d'entants, du 5 déc au 8 janv C-8 ¦ Le Devoir, samedi 22 décembre 1990 fysjgg le cahier du t • ameai ARTS VISUELS Enceintes sacrées de l’art PHOTO ARCHIVES Downwind Photographs ( 1981-83), d’Arnaud Maggs.Arnaud Maggs Identification.Centre Saidye Bronfman, 5170 Chemin de la Côte Ste-Catherine, jusqu'au 31 janvier.Série Koechel.Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100, Sherbrooke est du 8 janvier au 10 février.Françoise Boulet Galerie Chantal Boulanger, 372 Ste-Catherine ouest jusqu'au 12 janvier.Claire Gravel 9000 PORTRAITS, 160 diapos, huit textes, une peinture : jamais n’aura-t-on vu autant de pièces d’un même artiste à Montréal.Arnaud Maggs, ce photographe torontois dans la soixantaine, dont le Musée d’art contemporain vient d’acquérir les 100 pièces de sa célèbre Joseph Beuys Sérié présente au Centre Saidye Bronfman Identification, un choix d’oeuvres de 1969 à nos jours, une rétrospective qui comprend des travaux déterminants comme les 48 Views Series de 1981-1983 où 162 planches contacts étalent 7776 visages sur la totalité d’un mur.En face, 856 cibachromes énumèrent le catalogue complet de jazz Prestiqe 12" de 1988.Les chiffres de 7000 à 7857, blanc sur noir, brillent sous les projecteurs.Entre les deux, 24 « portraits », vus de dos forment une mystérieuse suite.Aride, ce travail l’est sûrement dans sa rigueur conceptuelle.Arnaud Maggs compose ses oeuvres selon des motifs qui n’ont rien à voir avec rattachement psychologique au seul visage — bien qu’il l’ait déjà fait auparavant, les 48 vues différentes de chacune des 162 personnes du monde de l’art ont été pensées avant même d’être prises, et si l’image est ratée, l'artiste l’expose quand même, montrant par là l’assujettissement du modèle à la structure photographique.Se succédant en rangée, les visages de face, de profil prennent place sur un fond neutre, tout comme de vulgaires photographies d’identité.Devant cette foule ordonnée dont on ne peut bien voir que le tiers environ, l’oeuvre se transforme en installation, en gigantesque mosaïque.L’effet visuel est renversant Imaginez 270 pieds carrés de photos d’identité ! Cette démarche a quelque chose d’obsessif, de très sombre, puisque l’oeuvre ensevelit en les classant tous ses personnages.Les êtres deviennent les pions d’un immense damier.Quand l’on sait que Maggs dispose différemment les éléments àa chaque exposition, les personnages avançant ou reculant dans cette structure pré-établie, l’oeuvre prend des proportions inattendues, se métamorphosant en un jeu rituel dans une enceinte sacrée.La structure imposée : tous les numéros d’un catalogue désuet de disques de jazz où à la Chapelle du Bon-Pasteur, ceux des oeuvres de Mozart telles que classées par le musicologue Koechel, ceux des plaques d’immatriculation des voitures des visiteurs et des employés d’un musée européen, par exemple, trahit des choix très personnels, les chiffres sont notés sur place, reconstruits avec du matériel graphique pour être ensuite photographiés.Ce sont donc des transcriptions.C’est ainsi que Maggs lutte contre l’asservissement du medium au réeL Son désir d’abstraction le pousse à se détourner des visages et à surprendre ses modèles de dos.« Je voulais photographier les gens de différentes façons » me dit Maggs lors de son passage à Montréal.< Nous attendons trop des choses : je voulais éveiller les gens, en leur donnant moins d’information ».Tout naturellement, il passera aux nombres.« Je ne considère pas les gens comme des numéros » poursuit-il, « Mais mon travail s’occupe de l'identification : les portraits sont des systèmes d’identification au même titre que les chiffres ».U ne peinture à l’huile décrit deux numéros : « J’ai habité près d’un chemin de fer.Ces chiffres se trouvaient sur un wagon en provenance du Mexique » raconte-t-il.Mais surtout, il les trouvait intéressants, ces chiffres.Ces oeuvres ont une telle qualité d’abstraction que le récit de leur provenance parait dérisoire.Qu’importe si les 24 crânes de dos appartiennent à des artistes, que les diapos reprennent les plaques d'immatriculation des taxis à la sortie de la Gare du Nord à Paris ?Et pourtant, tout le sens de l’oeuvre de Maggs est là, dans ce regard neuf posé sur le monde, où l’insignifiant atteint à la poésie.Des textes autobiographiques présentés sous la forme de leur copie carbone sous des chiffres gravés dans du plastique dont la somme égale toujours 15 confirment la préséance du jeu sur ce qui est signifié.Illisibles, ces empreintes de textes pourraient bien contenir tous les sens possibles aussi diversifiés que les combinaisons numériques, mais l’un su l’autre, ils aboutissent à la même image séquentielle où c’est l’artiste lui-même cette fois qui avance et recule, jouant avec la mort.Françoise Boulet expose deux lanternes, installations architecturales où le spectateur est invité à se déchausser et pénétrer dans un espace favorable au recueillement.On connaît de Boulet ses merveilleux dessins, champs énergétiques où de vastes mouvements circulaires célèbrent l’union des forces naturelles et spirituelles.Un des deux dessins présentés dans la petite salle montre des gerbes de blé s’élancer dans une structure rayonnante comme le so-leiL Les lanternes délaissent le carac- tère expressionniste pour élaborer un espace abstrait.On pense à un temple : la lumière diffuse, les murs nus nous entraînent dans un lieu méditatif et serein.L’artiste est venue peindre d’or les mmontants des por-, tes, comme pour nous purifier dès l’entrée de la zone de silence.Par son art, Françoise Boulet cherche à libérer l’être, à le faire accéder à un état d’harmonie, et c’est particulièrement réussi ici.* ts?’ PHOTO JACK SHAJNMAN GALLERY Composition Trouvée, IMI, (112” x 85” x 2f”) Guillaume Bijl.La récession atteint les galeries de New York Eric Fischl, Mary Boone 477 West Broaday jusqu'au 22 décembre.Guillaume Bijl Jack Shainman Gallery, 560 Broadway jusqu'au 23 décembre.Koury-Wingate 578 Broadway, jusqu'au 23 décembre.Kiki Smith MOMA, jusqu'au 1er janvier.Gary Hill MOMA, jusqu'au 6 janvier.Claire Gravel « HAPPY RECESSION » peut-on lire sur les portes closes de la galerie Frank Bernarducci à Soho.À New York, la récession se fait sentir sur le marché de l’art.Devant les menaces de guerre dans le Golfe, les acquisitions d’oeuvres d’art se font au ra- lenti.Les galeries traversent une pé riode difficile que l’essor des années 80 ne présageait en rien.Un tel climat d’incertitude se greffe à d’autres traumatismes : l’épidémie de sida qui continue son oeuvre noire au sein de la communauté artistique et cette nouvelle chasse aux sorcières qui refuse d’accorder des subventions, d’exposer ou de publier ce qui a un caractère sexueL !,a récession, hélas, n’est pas qu’économique.À chaque coin de rue de Soho, on vous demande de signer une pétition contre la censure dans les arts.L’art conceptuel, plus que la peinture néo-romantique ou né-néo semble répondre davantage à la quête d’intériorité d’une culture en crise.Les grandes peintures récentes d’Eric Fischl chez Mary Boone, malgré leur sujet exotique et leurs couleurs chaudes, leurs chameaux et leurs ruines, m’ont laissée indifférente.Qu’est-ce que Fischl peint au juste ?Des agrandissements de ses diapos de vacances ?Dépouillée de constructions mythiques et de rapports oedipiens, sa peinture apparaît vide comme un décor de théâtre, bâclée, sans substance.À l’opposée se trouve la démarche du Belge Guillaume Bijl (prononcez Bail) qui a abandonné la peinture depuis une dizaine d’années pour présenter des objets dans ce qu’il a nommé de la « pornographie douce ».Ces objets, choisis un à un par l’artiste, composent des « tableaux » : vitrines, salles de montre, studio d’exercice, etc.On ne peut s’empêcher de faire un lien avec son compatriote Marcel Broodthaers ( 1924-1976) qui avait « exposé » différents décors, lieux et objets réels.Mais Bijl se défend de vouloir agir autrement qu’en peintre, reconstituant des images « volées » à la société dont il fait partie, une société dite de consommation.Il prend en note les vitrines, les salles de montre et nous les ressert en les déplaçant dans des lieux cultures, mais en prenant soin de bien disposer les étalages, d’indiquer le prix de chaque objet.Chez Koury-Wingate, les visiteurs pensent s’être trompés de lieu.Chez Jack Sharnman, les Compositions trouvées accrochent sur les murs une portion seulement des boutiques : magasin d’affiches où l’éléphant Dumbo voisine avec un coucher de soleil, étal de moulages en plâtre où un bouddha surplombe le buste d’El-vis et des bric à brac à mi-chemin entre l’antiquaire et le chiffonnier.Si tout est art depuis que Marcel Dû-champ exposa en 1914 un porte-bou- teille en guise de sculpture et si tout est consommable, alors les magasins sont les plus chouettes centres d’exposition.Les Compositions trouvées de Guillaume Bijl ont une odeur de souffre : elles n’arrêtent pas de confronter les deux univers, celui de l’art et celui du marché.Le MOMA a réservé sa salle de projets spéciaux aux oeuvres de Kiki Smith qui composent une installation magnifique.Des centaines de spermatozoïdes de cristal, de six à huit pouces de long, dessinent une saisissante image de vie en mouvement, le matériau transparent devient la mé taphore de la lisibilité du code génétique, tout comme les 12 grandes jar- ! res contenant des sécrétions et des déjections humaines.Au-delà de l’aspect scientifique qui provient de la formation de Kiki Smith comme technicienne médicale, on aperçoit une vision particulière de l’humain, contemplant les phénomènes physiques comme s’ils recelaient des vérités méconnues.Gary Hill propose une instaUation vidéographique pour le moins étonnante où des vues partielles de corps nus sont projetées sur des écrans de tailles diverses dont le plus petit est grand comme une lentille cor-néenne ! fi •/.¦
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