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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-12-29, Collections de BAnQ.

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Montréal, samedi 29 décembre 1990 vmmm LE JARDIN de Raymond MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Palmarès officieux de l’année littéraire Robert Lévesque EN CONGÉ de cahier, l’équipe littéraire du DEVOIR s’est livrée au jeu d'aligner ses choix des meilleurs livres de l’année, pour en arriver à une sorte de palmarès nullement officiel ou méthodique, mais un palmarès quand même ,.que domine Réjean Ducharme avec son roman Dévadé.Les chroniqueurs du « Plaisir des livres » n’ont évidemment pas lu la totalité des publications québécoises de l’année 1990, et chacun y va de ses coups de coeur ou de raison dans ses champs d’intérêt, ses choix de lectures.Tous genres confondus, de la poésie à l’essai en passant par le roman ou la nouvelle, le sondage-maison était ouvert à tout ce qui s’est publié depuis janvier 1990.Nous sommes 18 a avoir ainsi mis en ligne chacun trois titres, en les expliquant ou pas (c’était au choix), et au total on remarquera que derrière Ducharme, qui récolte six voix pour Dévadé, se tient Christian Mistral avec son tout récent Vaufourquien reçoit cinq, puis Michel Tremblay et ses Vues animées qui obtient trois votes.Derrière ce trio de tête, six écrivains récoltent chacun deux votes (Belleau, Daoust, Dandurand, Bour-gault, Petrowski et Audet) et les autres se retrouvent au nombre de 29 à se répartir des votes simples pour autant de bouquins, ce qui donne un éventail très large.Chacun s’explique.?CHRISTIAN ALLÈGRE Vautour, Christian Mistral, XYZ.Pour moi qui, après avoir adoré le roman québécois des années 60, m’en suis peu soucié dans les années 70 et carrément détourné dans les années 80, qui ai souvent ri de ma génération intellectuelle (la quarantaine aujourd’hui) et de son hébétude devant le Signifiant, je salue le livre de Mistral comme un événement.Il y a un désarroi profond dans ce roman mélancolique, mais quelle ouverture sur le monde, quelle tendresse, quel humour, quel touchant appel au secours, et quelle langue pleine de trouvailles ! Le Bazar, Daniel Latouche, Boréal.Presque pour les mêmes raisons, pour sa générosité, pour sa volonté de construire et sa passion de le faire dans la discussion, pour son courage, et parce qu’il agite les vrais problèmes : la démographie québécoise, l’intégration des immigrants face à la xénophobie ambiante, et la protection intégrale de la langue française.JEAN BASILE Vautour, Chritian Mistral, XYZ.Ce livre, retenu et lyrique, au style musical et inventif, est littéralement crève-coeur de tendresse et de drôlerie.Mistral y rassemble de façon magistrale tous les traits d’un type nouveau en littérature québécoise : le Canadien français « fin de race » qui attend les barbares pour sauver la Cité.Avril ou l’anti-passion, Antonio D’Al-fonso, VLB.Un jeune Italo-canadien de Montréal annonce à son père qu’il ira à l’école française.Horreur car pour Guido, le père, le français n’est pas la langue de la majorité et son fils ne réussira pas dans la vie.D’Alfonso ouvre la boite à souvenirs pour comprendre les réticences de sa famille italienne envers le français.C’est l’occasion de tableaux touchants, d’une plastique impeccable, où se mêlent les souvenirs de l'Halie mussolinienne et les angoisses contemporaines du héros.Incarnations, Emmanuel Aquin, Boréal.Un jeune homme vit avec le souvenir de son père, suicidé alors qu’il avait 10 ans.Transcendant l’espace et le temps, Aquin réécrit le Nouveau Testament à sa manière car tout homme qui souffre a quelque chose du Christ.On ne sait jamais si ce Christ-là est Hubert ou Emmanuel Aquin.À travers ce roman éclaté, écrit par un jeune homme en colère, c’est un nouveau portrait d’Hubert Aquin qui apparaît.?JEAN FRANÇOIS CHASSA Y Dévadé, Réjean Ducharme, Gallimard.Ducharme se « répète » ?Beckett n’a fait que ça pendant 50 ans.Il ne faut pas confondre douloureuse et catastrophique répétition et pur psittacisme.Une des grandes forces de Ducharme, c’est qu’il nous surprend là où on l’attend le moins.C'est pourquoi la relecture du texte duchar-mien est toujours encore plus stimulante que sa lecture.Notre Rabelais, André Belleau, Boréal.Même dans ses textes les plus théoriques, Belleau est toujours parvenu à faire sentir sa présence, une *jnE Christian Mistral Réjean Ducharme voix singulière comme il y en a très eu dans le monde intellectuel qué-écois.Avec Rabelais, nous avons droit à un véritable feu d’artifice de culture, terme qu’il faut entendre ici dans son sens le plus large et, osons le mot, le plus noble.Sauver Montréal, Jean-Claude Marsan, Boréal.Malgré des répétitions ( il s’agit d’un recueil de textes déjà publiés et certains auraient pu être coupés, réaménagés), ce livre est une réflexion au sens fort sur le phénomène urbain, qui cerne bien l’originalité de Montréal mais aussi ses défauts et ses problèmes, sans complaisance.Marsan sait comparer intelligemment Montréal avec d’autres villes.?DIANE MONIQUE DAV1AU Les virages d’Emir, Louis Jolicoeur, L’Instant Même.Pour le bonheur de ces regards reposant « quelques centimètres au-dessus des choses ».Portraits d’Eisa, Marie-J osé Thé-riault, Quinze.Un livre qui nous délivre du quotidien, nous élève.Un re- cueil qui marque un grand virage dans l’oeuvre de l'auteur.Transits, Bertrand Bergeron, L’Instant Même.Parce qu’écrire, c’est montrer, faire sentir, faire voir, démontrer le moins possible, ne pas insister, faire confiance au lecteur.*?* * MARIE ÉVA DE VILLERS Il restera toujours le Nebraska, Nathalie Petrowski, Boréal.Pour l’intimité de ce récit, pour l’efficacité de cette belle écriture et pour un grand lilas en fleurs.Maintenant ou jamais, Pierre Bour-gault, Stanké.Pour l’espoir.Parce que l’on y mesure tout le chemin parcouru par les Québécois en vingt ans.Un été, un enfant, collectif sous la direction de Paul-André Comeau.Québec-Amérique.Pour la tendresse, la simplicité et la vérité de ces histoires.?GUY FERLAND Vautour, Chistian Mistral, XYZ.On connaissait la virtuosité de ce jeune auteur qui a donné un échantillon de son talent dans Vamp.Vautourest d’un registre plus intimiste.L’écrivain narre son attachement envers un ami mort à 27 ans, ange déchu et solitaire.Le ton est juste et le souffle de Mistral emporte le lecteur au coeur d’un univers touchant et trou blant.Bonheur fou, François Gravel, Bo réal.Celte histoire sans prétention nous entraîne dans le monde des malades de Saint-Jean-de-Dieu au début du siècle.Un médecin bizarre tente de trouver, après maintes expéri mentations, le secret du bonheur.Un roman fou, bien maîtrisé sur le plan de récriture, et qui se lit d’une traite.À propos de l’amour, Christiane Teasdale, Boréal, et Quoi mettre dans sa valise, Alain Roy, Boréal.Ex-aequo, ces recueils de nouvelles s’illustrent par leur ton intimiste et la description du quotidien sans fioriture.Teasdale montre les failles entre les fantasmes et la réalité, au travers des relations homme-femme, tandis que Roy décrit les dif férentes figures de la vie de couple.Dans les deux cas, les narrations produisent des effets surprenants et non appuyés.MARCEL FOURNIER Traditions, modernité et aspiration nationale, Hubert Guindon, Editions Saint Martin.Journal d'André Laurendeau, VLB.Dans l'oeil de l’aigle, Jean-François Lisée, Boréal.**?LISE GAUVIN Dévadé, Réjean Ducharme, Gallimard.Ici on fait « hourra qu’on rie ».Ici on s’évade, on dévale, on dérape, on dégringole, on rigole, on avale en attendant que « ça finisse une fois pour toutes dans le mal total ».Le monde ducharmien nous avait familiarisés avec ce « spasme de vivre » arrimé aux rêves les plus fous et aux « phrases qui boitent », aux fulgurances langagières.Dévadé substitue au on androgyne et indifférencié de L'Hiver de force des personnages fortement contrastés, engagés dans des duos impossibles et candidats à l'« amourgandise ».Des adultes farcis de désirs et de rébellions, à la fois plus tendres et plus dérangeants dans leur appétit de vivre que leurs prédécesseurs.Babel, prise deux, Francine Noël, VLB.Ce livre est une expérience-limite, un risque réussi.Un homme et une femme, jouant le jeu du journal intime, inscrivent leurs rêves et sentiments au fil des jours.Une passion en demi-teintes, aussi subtile que forte, naît entre les deux.Le lecteur devient complice fasciné d’une dérive amoureuse filtrée par les ima ges et masques d’un carnaval urbain.Un ton que l’on reconnaît de livre en livre.Il restera toujours le Nebraska, Nathalie Petrowski, Boréal.Particulièrement réussi dans ses évocations d’enfance, ses histoires de petite fille colérique, ses scènes de famille.Bon portrait de l’écrivain sans livre et de la mentalité artiste-yuppie-en-at-tente-de-subvention.Moins convaincant au chapitre de l'amour.?** ANDRE GIRARI) Dévadé, Réjean Ducharme, Gallimard.Parce que les mots sont le plus grand plaisir.Voir page B-2: Palmarès PHOTOTHÈQUE LE DEVOIR Mozart, le génie venu tout droit de l’enfance.Wolfgang Amadeus, l’homme de 1991 Marie Laurier IL A ÉCRIT une musique que l’on écoute avec ravissement, croyant qu’elle nous vient du ciel.Deux siècles après sa mort, on savoure toujours son art, son esprit, son humour et l’on proclame de plus en plus son génie.Nous écoutons, médusés, subjugués, transformés, un concerto pour piano ou clarinette, un divertimento pour cordes, la Sonate Elvira Madi-gan, la Symphonie Haffner, l'opéra La Flûte enchantée ou le fameux Requiem, chantonnons à nos enfants l’ariette Ah ! vous dirais-je maman.Toute musique divine qui n’a pas été inventée par un dieu mais par un diable de petit bonhomme en chair et en os qui s’appelait Wolfgang Amadeus Mozart et qui avait un père, Léopold, une mere, Anne-Maria Périt, une soeur, Marie-Anna et une femme.Constance Weber.Beaucoup d’amis, beaucoup d’ennemis aussi.Cet enfant est né le 27 janvier 1756 doué d’un talent prodigieux.Un talent fou que résume cet autre génie, Beethoven qui prenant les deux à témoin s’exclamait simplement : Û Mozart ! Oui il fut ce musicien-né que dès l’âge de six ans son père traîna à travers l’Europe comme un singe savant, chose que l’on a réprouvé à satiété.Et puis après ?Dans ce cas, il faut remercier les Mozart père et fils pour nous avoir permis de goûter, que dis-je, de savourer encore et tou- jours cette musique qui nous plonge dans le ravissement et nous apporte un morceau du ciel.Il n’aura vécu que 35 ans, nous léguant 200 ans de beauté et de civilisation.Mais la pérennité de son génie est assurée pour les siècles à venir et il ne serait pas étonnant que Mozart soit proclamé l’homme de l’année en 1991 tout en le demeurant pendant des siècles tant il a imprégné les époques de son incomparable talent qui dépasse le seuil du génie.Mozart n’est mort que physiquement en 1791 mais depuis 200 ans sa musique perpétue sa présence.Celui que l’on a surnommé « ce miracle de la nature » provoque encore, toujours et davantage d’intérêt en raison du bicentenaire de sa mort que l’on célébrera dans le monde entier.Ses biographes tentent inlassablement de découvrir des petits coins inédits de sa vie, des exegètes de décrypter l’essence de son oeuvre, des psychiatres, des psychologues, des sociologues d’interpréter son comportement, des écrivains et des cinéastes d’en faire un héros, des diseophiles et des collectionneurs de perfectionner l’interprétation de sa musique.Et partout des festivités marqueront au cours des douze mois de 1991 cet anniversaire.À tout seigneur tout honneur : c’est à Vienne où Mozart a vécu les dix dernières années de sa vie, de 1781 à 1791, à l’époque des Lumières et de l’empereur Joseph II, que les festivités ont déjà commencé sous forme d’une exposition qui durera jusqu’au 15 septembre 1991.Tous les hauts lieux de la culture viennoise célébreront l’année Mozart par d’innombrables concerts regroupant les plus grands chefs d’orchestre et interprètes du monde : Claudio Ab-bado, Nicolas Harnoncourt, Sandor Vegh, Gidon Kremer et Peter Sehreier.La Philharmonique de Vienne, dirigée par Zubin Mehta, ouvrira officiellement la fête, en musique, le 13 janvier 1991 par un grand concert au Musikverein où débutera le 27 janvier, jour anniversaire de la naissance de Mozart, un festival qui lui est dédié.Deux premières sont à noter particulièrement : Le Nozze di Figaro, opéra en italien dirigé par Claudio Abbado au théâtre de Vienne le 12 mai, et les ballets de Lausanne Maurice Béjart, le 13 octobre, avec une chorégraphie créée pour l’occasion : Mozart à Vienne.Le château de Schoenbrunn, la Hofburg et les églises de la ville seront également le théâtre de soirées-quatuor et de concerts pour piano durant les mois de juillet et août.Le programme musical et culturel de Salzbourg, ville natale et patrie du compositeur, s’annonce varié et fastueux : concerts, expositions, congrès et conférences rappelleront jusqu’en février 1992 le souvenir du plus célèbre citoyen salzbourgeois.Durant tout l’été, du 26 juillet au 31 août, six grands opéras et des soirèes-con-certs animeront les traditionnels Salzburger Festspiele.Le théâtre de Salzbourg qui fut dirigé par Emanuel Schikaneder, le librettiste de La Flûte enchantée, pré sentera de janvier à juin, en novembre et décembre 1991, un cycle des grands opéras.La fondation internationale Mozarteum organisera, dans le cadre de la semaine Mozart, du 25 janvier au 3 février 1991, une série de grands concerts (opéras, solistes, musique de chambre et d’É-glise).Un cycle de concerts, intitulé « Mozart, l’art au présent » et interprétés par plusieurs musiciens de Salzbourg, clôturera l’année Mozart en février 1992.La compagnie Philips a déjà commencé d’offrir l’édition complète Mozart d’ici novembre 1991, soit 180 disques compact ! Le Figaro Magazine organise une croisière Mozart en Autriche du 31 mai au 9 juin.Au Lincoln Center de New York, on programmera toutes les oeuvres de Mozart entre le 27 janvier et le 5 décembre 1991.À l’Opéra-Bastille, un concert débutera le 4 décembre au soir pour se terminer quelques minutes après minuit le 5, soit exactement à 0 h55, à l’heure de la mort de Mozart.Aucun ensemble musical ne pourra ignorer d’inscrire une pièce de Mozart dans son répertoire saisonnier quand on ne fera pas des concerts tout Mozart.Au Canada, l’année Mozart ne passera pas inaperçue bien évidemment.notamment à Toronto où se Voir page B-2: Mozart LE DEVOIR Traduction et adaptation de Celestina de Fernando de Rojas MICHEL GARNEAU Mise en scène JEAN ASSELIN FRANÇOISE FAUCHER dtjns fff LA BAS PRES DES 1 TANNERIES AU BORD DE LA RIVIÈRE Coproduction OMNIBUS THÉÂTRE FRANÇAIS PU CENTRE NATIONAL DES ARTS 15 janvier au 16 février 1991 mardi au samedi, 20 h.1945, Fullum.521-4191 espace libre Avec Francine Alepin • Jean lloilard • Réal Bossé • Diane Dubeau • Martine Franche • Marcel Girard • Robert Gravel • Silvy Grenier Inclines Le Blanc • Denys Lefebvre • Sylvie Moreau • François Papineau • Anne-Marie Provenclter • Décor et costumes : Daniel Castonguay Concent ion et direction musicales : Silvy Grenier• Éclairages : Jean-Charles Martel B-2 Le Devoir, samedi 29 décembre 1990 le cahier du t • ameai La Canada MancMI Londres Intensifiera non commerce avec la Chine l'Autriche 23 A 0 LE DEVOIR DU SAMEDI MOZART 1756-1956 génie et enfant terrible Le 28 janvier 1956, LE DEVOIR consacrait sa « une » à la célébration des 200 ans de Mozart.L'événement éclipsait ce jour-là tout le reste de l’actualité ! 4> Mozart déroulera un festival sous le thème À la gloire de Mozart du 23 mai au 6 juin et ensuite dans différentes villes où se tiendront trois concours de musique de chambre à Saint-Jean de Terre-Neuve du 17 au 23 juin, de piano à Joliette du 5 au 13 juillet en collaboration avec le Festival international de Lanaudière, de chant à Toronto du 26 mai au 2 juin avec la collaboration du Canadian Opera Company.Des classes de maîtres sur Mozart et la musique de son temps seront données par quatre des membres du jury, soit Léopold Si-moneau, Mady Mesplé, Maria Stader et Theodor Üppman.Le maître d’oeuvre de ces événements, Nicholas Goldschmidt, celui-là même qui remportait un franc succès avec le Concours international de chorales en 1989 dans la Ville Reine, dévoilait récemment les noms des jurys pour ces trois importantes compétitions auxquelles sont inscrits 600 participants venant de 27 pays différents.Pour l’art vocal : Brian Dickie, président, Evelyn Lear, le Comte de Harewood, Mady Mesplé, Gérard Mortier, Léopold Si-moneau, Maria Stader, Theodor Uppman; pour la musique de chambre: Dr Donald F.Cook, président, Ida Haendel, Igor Kipnis, les membres du Quatuor Orford (Andrew Dawes, Kenneth Perkins, Sophie Ren-shaw, Desmond Hoebig) et Simon Streatfield; pour le piano: Gilles Lefebvre, président, Gaby Casadesus, Michel Dalberto, Igor Kipnis, Renée Morisset, Charles Rosen, Harold C.Schonbert, Yoko Yamaoka.Des prix d'une valeur globale de 124 000 $ seront remis aux lauréats des diverses catégories.L'année 1991 sera aussi une mine d'or pour les bibelotiers de tout acabit qui inventent tout et n’importe quoi — le meilleur et le pire — a l’effigie de Mozart .Il ne s'agit ici que de quelques exemples de ce que l’année 1991 réserve de culture mozartienne dont chacun d'entre nous voudra s’approprier une parcelle, non seulement en écoutant sa musique mais en lisant un des très nombreux ouvrages qui lui sont consacrés.Car jamais un compositeur n’aura laissé un patrimoine musical aussi abondant pendant une aussi courte vie de 35 ans.Mozart est né le 27 janvier 1756 et est mort le 5 décembre 1991.Et pen- dant les 365 jours de la prochaine année à travers le monde entier, en plus d’une avalanche de festivités, on exhumera ses oeuvres inédites — il en reste encore même si le catalogue Kochel en répertorie près de 700 ! La vie du compositeur si riche en péripéties et production artistique a donné heu à d’innombrables récits et interprétations de la part de ses biographes, de ses admirateurs, de ses dénigreurs aussi, ceux-ci sans doute jaloux ou mal renseignés mais toutefois moins nombreux que ceux-là qui reconnaissent en lui un être de génie.Des biographes et bibliographes sérieux, comme Brigitte et Jean Massin ( Wolfgang Amadeus MOZART chez Fayard) et plus récemment H.C.Robbins Landon {La dernière année de Mozart chez Lattès) restent objectifs et réhabilitent l’artiste et l’homme en se fondant sur des informations vérifiées.Dans certains ouvrages, on le décrit comme un enfant précoce et prodige — ce qu’il était certes pour avoir composé son premier menuet à six ans — mais également comme un petit cabotin qui aimait jouer des tours, faire des pitreries, pouffer de rire devant les grands de ce monde, utiliser dans sa correspondance un langage scatologique.Le célèbre Amadeus, selon une pièce de Peter Shaeffer, mis en film par Milos Forman a relancé le débat sur le véritable caractère du musicien et son assassinat présumé par son rival Salieri, sur son amour.de l’amour, sa femme Constance, son oeuvre inachevée, le fameux Requiem, son ensevelissement dans une fosse commune.Autant de détails, de demi-mensonges ou de contre-vérités qui passionnent les uns et les I autres, semble-t-il, mais qui n’ont d’importance que dans la mesure où | cet être de génie ne laissait personne indifférent.Outre les ouvrages déjà mentionnés, ajoutons celui signé par Stendhal et qui vient d’être réédité dans la collection Climats (Lacombe) sous le titre Vie de Mozart.Mais quelle que soit Tidélogie qui soutient un écrivain qui s’intéresse à la vie de l’enfant, l’homme et l’artiste j de Salzbourg, il n’en demeure pas j moins que le nom de Wolfgang Ama- ; deus Mozart a résisté aux siècles et | que son génie en illuminera bien d’autres.Sa musique est irremplaçable et il n’y a à ce jour qu’un seul Mozart.MUSIQUE CLASSIQUE CE SOfR.SAMEDI 29 DECEMBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE A 22:00 & • concerto pour piano no.op.15 (Beethoven) • symphonie no.34 (Mozart) • concertos pour piano nos.1-2 K.37-39 (Mozart) • suite pour orchestre BWV 1069 en ré (J.S.Bach) DEMAIN SOIR, 22:00 • extr.de la suite symphonique Shéhérazade op.35 (Rimsky-Korsakov) • symphonie no.87 (Haydn) • quatuor à cordes no.2 en la majeur (Arriaga) • symphonie no.5 en si bémol D.485 (Schubert) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 CINËMA Régal touristique en Russie The Russia House Film de Fred Schepisi, avec Sean Connery, Michelle Pfeiffer, Roy Scheider, James Fox, John Mahoney, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen, J.T.Walsh, Ken Russell, David Threlfall, Mac McDonald, Nicholas Woodeson.Scénario: Torn Stoppard d’après le roman de John Le Carré.Image: lan Baker Musique: Jerry Goldsmith.(USA, 1990) 123 min.Aux Loews, Du Parc ef Cinéma V.Francine Laurendeau BARLEY (Sean Connery) est un éditeur britannique très porté sur le jazz, les voyages et l’alcool.Alors qu’il prend un verre à Lisbonne, les services secrets américains et anglais le convoquent d’urgence : pourquoi sa maison d’édition a-t-elle été choisie pour publier ce manuscrit secrètement remis à son représentant à Moscou par une intermédiaire russe, Katya (Michelle Pfeiffer) ?Connaît-il cette Katya ?Qui est le véritable auteur de ce texte, un texte explosif sur les dessous de la glas-nost et de la perestroïka ?Et peut-on lui prêter foi ?Peut-on, en conscience, le publier ?L’un après l’autre, les mystères s’élucident.Tout aurait commencé au cours d’un repas à Leningrad.Profitant d’un bref aparté, un sympathique homme de sciences russe que les autres appelaient Dante (Klaus Maria Brandauer) avait arraché à l’éditeur une promesse à la fois solennelle et vague.Non, avait juré Barley : le jour venu, il ne laisserait pas tomber Dante et saurait assumer ses responsabilités.Eh bien ! il semble que ce jour soit venu.Selon toute vraisemblance, c’est le mystérieux Dante qui aurait écrit ces révélations dont la seule relation en U RSS aurait mis ses jours en danger.C’est pour cela qu’il a choisi, pour faire éclater la vérité, un éditeur occidental.Mais pourquoi a-t-il choisi comme messagère cette mère de famille qui n’a pas hésité à risquer sa vie pour transmettre le manuscrit ?Barley sera donc contraint de jouer l’espion.Pour les services secrets, il va devoir se rendre à Moscou et tenter de connaître la vérité en faisant parler l’énigmatique Katya.Mais il tombe aussitôt amoureux de la jeune femme, ce qui compliquera singulièrement sa mission.Je n’ai pas lu le livre de John Le Carré mais l’histoire que nous raconte Schepisi comporte des coins d’ombre.Quelles sont les tragiques vérités révélées par « Dante »?En quoi la glasnost nous ment-elle ?D’autre part, l’éditeur incarné par Sean Connery fait trop penser à ces personnages de la Série Noire qui carburaient au scotch du matin au soir, contre toute vraisemblance, et se laissaient porter par la vie au petit bonheur la chance.Le talent du comédien en fait quelqu’un d’attachant.Sean Connery et Klaus Maria Brandauer.Mais on ne croit pas un instant à son métier d’homme de livres.Le réalisateur australien de A Cry in the Dark aime les mises en scène explicatives.Si le scénario manque de clarté, les images, elles, sont limpides.Le moindre échange de regards est souligné par un gros plan tandis que la musique et les bruits renchérissent, créant une tension le plus souvent factice.Fit pourtant, ce film m’a vivement intéressée par ses séquences russes.Il est important de savoir qu’il s’agit de la première fiction américaine tournée en Russie depuis l’avènement de la glasnost.Auparavant, ou bien on tournait une coproduction (comme L'Oiseau Bleu, de Cukor, avec Elizabeth Taylor) avec toutes les servitudes et les lourdeurs que cela supposait.Ou bien on trichait.Avec des images volées.Ou avec des coins de Moscou reconstitués en studio.Tandis qu’une très grande partie de The Russia House a vraiment été filmée à Moscou et à Leningrad.Et ça se sent.Il y a même des séquences de rue dont les figurants sont d’authentiques passants.Un plan est impressionnant, surtout si vous ne connaissez pas Moscou.On se croit dans un somptueux musée de marbre aux dimensions de cathédrale.Et puis la caméra pivote : on comprend qu’on est dans le métro.On se balade vraiment dans Moscou.Non sans un détour par Zagorsk avec les coupoles bleues et le bulbe d’or de ses églises baroques : si nous ne sommes pas encore en Orient, nous ne sommes plus tout à fait en Europe.Le film nous entraîne également à Leningrad, l’ancienne Saint-Petersbourg, qui soutint 900 jours le siège des Allemands pendant la dernière guerre.La caméra d’Ian Baker effleure Notre-Dame de Kazan, les Jardins d’été du tsar Pierre le Grand, la Perspective Nevski, pour se poser au Champ de Mars où aura lieu Tultime rencontre entre Barley et Dante.Visiblement, le cinéaste a eu le coup de foudre pour Leningrad et il n’a aucune peine à nous démontrer que c’est une des plus belles villes du monde.Oui, un véritable régal touristique.Dans dix ans peut-être, ces lieux seront devenus des signes, des clichés.Comme la Tour Eiffel symbolise Paris, comme la Statue de la Liberté évoque New York.Mais pour l’instant, ce regard sur la Russie a le charme de la nouveauté et de la vé rité.Cela ne vaut malheureusement pas pour le premier rôle féminin.Car que voulez-vous, un film américain, c’est un film américain.Plutôt que de se donner la peine d’aller chercher une comédienne russe pour jouer Katya, on a préféré faire sui vre à Michelle Pfeiffer des cours in tensifs.Pour ces raisons de langue et de culture, c’est, a-t-elle avoué, l’expérience professionnelle la plus dure qu’elle ait vécue.(« The toughest film I’ve ever done.I've done din lects before but I'm playing some body from a completely different culture.Russia is not an easy conn try to grasp ».) En effet.Nous la plaignons beaucoup.+ Palmarès Moins malheureux que toi ma mère, Dominique Robert, Herbes Rouges.Parce que les désirs sont le plus riche présent.Vautour, Christian Mistral, XYZ.Parce que le souvenir est une exquise douleur.?MONIQUE LARUE Les cendres bleues, Jean-Paul Daoust, Écrits des Forges.Pour son acharnement à débusquer les spectres de l’enfance avec les armes noires de la poésie.La Vraie histoire du chien de Clara Vie, Christiane Duchesne, Québec-Amérique.Pour des raisons inverses : l’extraordinaire limpidité, le bonheur, la luminosité, la légèreté, l’allégresse de son récit qui s’adresse à l’enfance universelle, sans frontières d’âges ou de culture.Visions d’Anna, Marie-Claire Blais, Boréal compact.Cette réédition, parce que un écrivain ne quitte jamais l’enfance.?ROBERT LÉVESQUE Dévadé, Réjean Ducharme, Gallimard.Ducharme vit et écrit encore.Et c’est tant mieux.Les vues animées, Michel Tremblay, Leméac.Soudain, en marge de l’oeuvre qui a ses hauts et ses bas, des confidences inoubliables.Vautour, Christian Mistral, XYZ.On pense à Kerouac, mais un jour on pensera à Mistral.?CHISTIAN MISTRAL Paye-moi une bouffe, poète !, Marie-Françoise Taggart, VLB.Pour sa candeur en dentelles de cuir.On aborde ce livre comme un vieux monsieur offre des bonbons à une fillette : c’est toujours lui qui finit par se faire baiser.Un coeur qui craque, Anne Dandu-rand, VLB/Messidor.Pour la scène charitable du café Braque.L’auteure est à son meilleur quand elle se donne les moyens de ses prétentions.N’en resterait-il que ça, et la bonne idée d’égorger un moribond pour son bien, le prix du livre s’en trouverait justifié.Les jardins de l’enfer, Francine D’A mour, VLB.Le plus sage et le plus achevé des trois.Un roman qui res- tera parce que découpé dans la transcendance (des petites choses, des catastrophes congrues).Un univers où l’on n’est invité qu’à mots couverts et qui, se suffisant à lui-même, ne souffre pas qu’on le squatte.?LISETTE MORIN Dévadé, Réjean Ducharme, Gallimard.Un très original prosateur pour qui la langue est la seule véritable patrie, et peut-être le seul sujet de son roman.Écrire de la fiction au Québec, Noël Audet, Québec-Amérique.La critique spécialisée n’a pas insisté sur ce livre.Il s’agit d’un romancier heureux qui n’a aucun compte à régler ou revanche à prendre.Un littérateur libre.Les vues animées, Michel Tremblay, Leméac.Un petit livre écrit indépendamment de la saga, mais qu’y s’y réfère et l’éclaire.Des pages d’anthologie qu’on retrouvera dans les oeuvres complètes, où il faudra éliminer le roman de ses 16 ans, Les loups se mangent entre eux.•kirk YVES NAVARRE Les vues animées, Michel Tremblay, Leméac.Le coeur qui craque, Anne Dandu-rand, VLB.Maintenant ou jamais, Pierre Bour gault, Stanké.**?JEAN ROYER L’Ultime alliance, Pierre Billon, Seuil.Comment faut-il réinventer l’amour ?C’est la question que pose ce roman.Placé sous l’égide de La montagne magique, de Thomas Mann, ce livre nourrit notre réflexion pour un nouvel humanisme de l’an 2000.Cette machine-à-rêves d’une qualité littéraire remarquable est un roman de fiction scientifique et philosophique qui évoque les possibilités extraordinaires des découvertes sur le cerveau humain.Le meilleur roman de l’année par un écrivain québécois et je m’explique mal qu’aucun jury n’ait distingué cette somme fin de siècle.Les cendres bleues, Jean-Paul Daoust, Écrits des Forges.Un sujet scandaleux.Un enfant de six ans est violé par un homme de 20 ans.L’ai-mera-t il ?Le tuera t il ?Ce poème policier qui se déployé comme un roman, tout au long de ses 2000 vers, s’écrit avec une charge d’émotion contenue et dans une mise en forme littéraire éblouissante.Le génie de Daoust est de faire ' olncider les émotions de l’enfant avec le regard de l’adulte.Il faut lire Les cendres bleues comme on lisait, au siècle dernier, Les fleurs du mal.Écrire de la fiction au Québec, Noël Audet, Québec-Amérique.L’auteur excelle comme pédagogue et comme polémiste.La démarche intellectuelle d’Audet fait enfin le point sur une situation qui dérange l’establishment intellectuel, et le fait avec lucidité et vivacité.*?* ROBERT SALETTI Notre Rabelais, André Belleau, Boréal.Un recueil d’essais posthumes d’un de nos intellectuels les plus lucides et généreux.L’homme aimait à penser et à rire, et ses écrits portent les traces de cet amour.Le choix des tripes.Textes, Écrits et témoignages, Suzanne Lamy, l’Hexagone.Morte en 1987, l’essayiste avait laissé quelques inédits et textes inachevés, et beaucoup d’amis qui regretteront sa prose critique et ses affinités féministes.Même si ces textes-ci ne donnent pas toujours un juste reflet de ce que fût sa présence, j’y vais d’un choix du coeur.Malicorne, Hubert Reeves, Seuil.Un Québécois qui a un pied (et un éditeur) en France.Le questionnement du scientifique est passionnant, exigeant et peu ordinaire.Le choix de l’esprit.ODILE TREMBLAY Dévadé, Réjean Ducharme, Gallimard.Ducharme reste à mes yeux le plus grand.Parce qu’il invente la lan- gue, s’amuse avec les mots, change constamment de registre, de ton, re fuse le confort de l’émotion unique Une espèce de blues lancinant comme un mal de dents qu’interprè tent des anti héros, des « perdants magnifiques » selon l’expression de Cohen.Osther, le chat criblé d'étoiles, France Vézina, Québec-Amérique.Presque aussi ducharmien que Dévadé, avec ses enfants blessés qui griffent et mordent.J’ai aimé ses personnages surdimensionnés qui sa crifient leur vie à l’amour, se dra pent dans la souffrance et la révolte.Vézina parvient à donner à sa petite Alice de 12 ans la stature d’un grand personnage.Le second rouleau.Abraham Moses Klein, Boréal.Qu’est-ce qu’un livre québécois ?Je prends sur moi d’y ranger ce livre de Klein.Il date de 1951 mais a été traduit cette année.Ce livre ouvre la porte sur T« autre Québec », celui des écrivains juifs de Montréal abreuvés aux sources du Talmud, de la kabbale, de la mystique hassidique.Un monument d’é rudition.?HEINZ WEINMANN Jérôme ou de la traduction, Jean Marcel, Leméac.Le livre québécois le plus éblouissant et le plus exigeant lu cette année.Il me fait penser au maître-livre d’Herman Broch, La mort de Virgile.Parole tenue, Yves Préfontaine, 1 Hexagone.Somme poétique qui m’a fait écouter une des paroles les plus essentielles, sans compromis aux « modes ».Chutes, la littérature et scs fins Pierre Ouellet, l’Hexagone.Belle « acclimatation » au Québec, au Nou veau Monde, de L’Entretien sur ta poésie de Friedrich Schlegel, ce dé finisseur du romantisme allemand.$ FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC » La Fondation désire rendre hommage à la mémoire de tous ceux et celles qui lui ont laissé à leur décès des sommes destinées à poursuivre la lutte engagée contre les maladies cardiovasculaires. Le Devoir, samedi 29 décembre 1990 ¦ B-3 le cahier du i • ameai MtH WW» Un Godfather III digne des précédents The Godfather part III Film de Francis Ford Coppola, avec Al Pacino, Diane Keaton, Talia Shire, Andy Garcia, Solia Coppola, Image : Gordon Willis.Musique : Carmine Coppola.(É.-U.1990).V.o.anglaise, 160 min Aux cinémas Impérial, Laval, du Parc, Fairview, Greenfield, Jean-Talon.Odile Tremblay R11C N DE PLUS célèbre et de plus primé que la saga des Godfathers.En 72 et 74, chacun des volets précédents a décroché le titre de meilleur film de l’année, à eux deux, ils se sont partagés neuf Oscars, 21 nominations.Près de 20 ans plus tard, voici que le très attendu Godfather part III envahit nos écrans pour clore la trilogie.Ce dernier film connaîtra-t-il le succès de ses précurseurs ?Sans doute, car aujourd’hui comme hier, tous les ingrédients gagnants sont réunis.Le sujet d’abord, tiré des romans de Mario Puzo : avec ses réglements de compte, ses cartels financiers, ses activités frauduleuses, le ténébreux pouvoir parallèle que constitue la mafia en sol américain fascine tout le monde.Joignez à ceci une distribution prestigieuse — Al Pacino et Diane Keaton, entre autres.Ajoutez une trame musicale exceptionnelle, des plans soignés, des éclairages léchés.Sur des thèmes grand public, Francis Ford Coppola, c’est là sa force, réalise des films de qualité où rien n’est laissé au hasard.Dans ce Parrain III, il imprime une fois de plus sa griffe et son style.Après Godfather II, la caméra fait un bond de deux décennies jusqu’en l’an 1979.Michael Corleone (Al Pacino), désormais grisonnant, tient son empire (qu'il a érigé dans le sang) bien en main.Il a sacrifié jeux et casinos au profit d’investissements banquaires.Son argent est blanchi, le passé quelque peu oublié.Une génération a poussé l’autre.Michael aspire à une nouvelle respectabilité.Le film commence par une fastueuse cérémonie.Le parrain se voit décoré par l’Église catholique de La famille Corleone au grand complet.l’Ordre de Saint-Sébastien.Tout le clan Corleone l’entoure et lui fait fête.Même Kay son ex-femme (Diane Keaton) est de la partie.C’est l’occasion pour Mary, la fille de Michael (alias Sofia Coppola, dans la vraie vie fille du réalisateur) de tomber amoureuse de son cousin le beau Vincent (Andy Garcia).Or le cousin en question est un ambitieux.Il es- père devenir un jour l’héritier de Mi chael et se rapproche dans ce but du « Patron », s’en rend indispensable, lui sert de garde du corps, assassine quelques-uns de ses rivaux.Quant à Michael, il réprouve les amours des Vincent et Mary.Et ce que Parrain veut.En fond de scène : L’Église, qui s’acoquine avec la mafia pour jon- gler avec ses milliards.De New York à Palerme en passant par la cité du Vatican, meurtres et intrigues pavent les allées du pouvoir.Et Francis Ford Coppola fait alterner les jeux de coulisse, oppose les conjurations, ce qui crée un film à l’action multiple toujours rebondissante.Certains trouveront peut-être The Godfather III un peu long (près de trois heures).Mais ils se laisseront tout de même envoûter par la magie des décors et des costumes, par la musique aussi qui baigne tout le film de complaintes siciliennes, d'airs d’opéra et de chants religieux.Rien à redire non plus du côté de l’interprétation.Al Pacino, joue avec beaucoup de finesse les gangsters sur le retour.Quant à Sofia Coppola (qui, paraît il, en tant que fille à papa, fut fort mal accueillie sur le plateau), son inexpérience même lui confère un naturel dont le personnage profite.En bout de ligne The Godfather III complète avec bonheur la célèbre saga.Ce dernier volet vient s’ajouter aux deux autres dans la catégorie « excellents films d’action du cinéma américain ».De Palma, efficace mais pontifiant The Bonfire of the Vanities Film de Brian de Palma, avec Tom Hanks, Bruce Willis, Melanie Griffith, Kim Cattrall, Saul Rubinek, Morgan Freeman, John Nancock, Kevin Dunn.Scénario: Michael Cristofer d'après le roman de Tom Wolfe.Image: Vilmos Zsigmond.Musique: Dave Grusin.(USA, 1990) 123 min.Aux Loews, Du Parc et Cinéma V.Francine Laurendeau SHERMAN MCCOY (Tom Hanks) est multi millionnaire.Il a une maison immense à New York, une femme belle et noble, une jolie petite fille et une flopée de domestiques.Mais il lui en faut un peu plus parce qu’il est le maître du monde.Alors il a une maîtresse, la sensuelle Maria ( Melanie Griffith), qu’il est allé chercher ce soir-là à l’aéroport Kennedy.Mariée, elle a en ville un petit appartement où elle cache ses amours clandestines.Mais en revenant en voiture vers Manhattan, McCoy rate une sortie.Et voici le couple en plein Bronx dans un décor effrayant où, à chaque carrefour, surgissent des Noirs et des Latinos menaçants, violents, déments.Heureusement, ils repèrent une bretelle qui va leur permettre de regagner la rassurante autoroute.Mais un obstacle s’interpose.Alors que McCoy va le déplacer, deux grands nègres, deux colosses à mine patibulaire s’avancent vers lui.Ils vont n’en faire qu’une bouchée.Dans un élan désespéré, Maria saute au volant et le couple arrive à s’échapper.De retour à l’appartement, Maria voudrait bien passer à des choses plus agréables.Mais McCoy, réticent, finit par exprimer son inquié- i I Je vous en ai assez raconté.C’est joué avec entrain, filmé avec mues tria par Vilmos Zsigmond (Close Encounter, Deliverance, A Wedding, Obsession), mis en scène avec vivacité par un Brian de Raima en su perbe forme.L’humour est observateur (la séquence mondaine à l’opéra), caustique (l’opposition entre les deux femmes de McCoy), cruel (le poète sidatique), poussant au maximum le sens de l’absurde dans la peinture des conflits raciaux.Cette fois encore, le réalisateur de Dressed to Kill nous démontre son habileté à construire son introduction, à nous captiver dès le générique.Mais si le début de The Bonfire of the Vanitiesest efficace, le sommet du film, c’est la séquence du Bronx, moment époustouflant, terrifiant cauchemar.J’ai un peu décroché vers la fin quand le juge se fait vraiment trop pontifiant.Mais comme tout De Raima, c’est un film à voir.Un véritable petit bijou 'G' à découvrir pour se faire plaisir SÉLECTION VENISE 90 PRIX KODAK MARGHERITA BUY dans LA GARE Tom Hanks, arme au poing, dans le dernier De Raima.) r/ panncipaninn tude : au début de leur fuite, il lui a semblé entendre un bruit sourd.Dans le cas où la voiture aurait heurté un des Noirs, ne faudrait-il pas rapporter l’incident à la police ?« Non, déclare Maria.Et de toutes façons, c’est moi qui conduisais, c’est donc moi qui décide : je n'ai rien entendu, je n’irai pas à la police.» Hélas ! La voiture a bel et bien heurté un des deux agresseurs qui repose à l’hôpital dans un coma critique.La Mercédès de McCoy n’est pas passée inaperçue dans le secteur.On a même relevé les premières lettres de la plaque d’immatriculation.Nous savons que les deux amants sont parfaitement innocents.Mais dans ce coin du Bronx, le chauffeur blanc de la Mercédès est immédiatement catalogué coupable de délit de fuite après avoir grièvement frappé un passant.Cela en fait un meurtrier raciste dont la victime est un martyr de la cause noire.L’histoire vue ainsi arrange beaucoup de monde : le pasteur noir local pour des raisons évidentes, le candidat à la mairie de New York qui a besoin du vote des minorités, l’avocat juif qui va défendre McCoy (Saul Rubinek) et, bien sûr, la presse à sensation personnifiée par Bruce Willis.Seul le juge ( Morgan Freeman), tout noir qu’il soit, voit clair dans le jeu de ces messieurs.LA STAZIONE V.O.italienne avec S.-T.FRANÇAIS Réalisé par et avec SERGIO RUBINI Tous les |outs I7h30.l9h3û et 2lh30 (excepté le 31 décembre! BM Le film de Noël tout indiqué pour les enfants et leurs parents.A*L*I*OE UN FILM DE JAN SVANKMAJER INSPIRÉ PAR «ALICE AU PAYS DES MERVEILLES» DE LEWIS CARROLL S VERSION FRANÇAISE tous les jours (EXCEPrÉ LE 31 DÉCEMBRE) à 1h30 et 3h30 jusqu'au 6 janvier ci>éhl> QUARTIER IATM 858, est STE-CATHERINE *849-0041 CHER BOB HOSKINS WINONA RYDER " LE FILM LE PLUS DRÔLE DE 1990 ! " - Jim WhaKy.PBS CINEMA SHOWCASE Mill I SO IKK MERE \ LES SIRENES PRIEZ POUR NOUS cc EN VERSION FRANÇAISE ORJOM (XKfifiS U] COMPlEIE DESJARDINS é» CARREFOUR LAVAL 73)0 SOUL IE CARRU0UR VERSION ORIGINALE ANGLAISE MKUMAIDS -lXK«*r lEFxsrnmitî] 1435 RUE REEL ?'OUL*.arts] DE CARIE SU0DE JEAN TALON )0C1 RUE UNIVERSITY "UNE PERFORMANCE REMARQUABLE V DU JEUNE CULKIN." Serge Dussault, LA PRESSE Une Comedie Dr.JOHN HUCHES MAMAN fr™'(u.l'Al RATÉ L'AVION UOMKtaAIDV _ _ ___ rn Ta»#" 1)13 RUE HOCHElAGA S’ DEN'S 3 5 1 CA MfRiNf nn o-ti- PLACE LONGUEUU
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