Le devoir, 15 janvier 1991, Cahier A
Montréal, mardi 15 janvier 1991 Vol.LXXXII — No 11 ?Nuageux.Max.: -4.Détail page B-6.Restaurant MARK I I 11 W If N I Même cuisine depuis 40 ans.Après de service on vous donne unservice des pluschaleureux! 9245 rue Lajeunesse.Réserv.387-5959 Toronto 86 cents 65* + TPS t TVQ iOCIÉTÉ La guerre, la guerre La planète connaîtra-t-elle, ce soir à minuit, la première vraie guerre mondiale depuis 1945 ?Alors que le monde retient son souffle, les scénarios les plus divers circulent.Ancien officier français, Hubert de Beaufort propose un scénario de guerre-éclair de 36 heures, tandis que Gilles Kepel analyse la stratégie islamique de Saddam Hussein (page B-5).François Brousseau et Josée Boileau proposent pour leur part un dossier (page B-1) sur le débat entre les pacifistes et les « réalistes » d'ici.Pour ou contre l'engagement canadien dans le Golfe ?Cahier B SOMMAIRE ; Éditorial Au moment où il se remet en selle, des défis pressants et de tous ordres attendent le premier ministre du Québec.Mais les plus urgents sont certes de nature économique.Le gouvernement doit vite contribuer à relancer l’économie.Un éditorial de Gilles Lesage.Page A-8 Pavlov élu premier ministre de l’URSS L’économiste Valentin Pavlov est élu au poste de premier ministre de l’URSS par le Soviet suprême sur proposition de Mikhaïl Gorbatchev.Il remplace Nikolai Rijkov.Page A-7 La BdeM s’associe à la Sun Life La Banque de Montréal vient de prendre les devants en matière de services fiduciaires en s’associant avec Fiducie Sun Life et proposera des services fiduciaires dont le nombre pourrait éventuellement varier.Page A-5 Les marchés sont nerveux Envolée des prix pétroliers, chute des Bourses et remontée du dollar : la plus grande nervosité a régné hier sur les marchés financiers où l’on se montre de plus en plus pessimiste sur les chances d’éviter une guerre dans le Golfe Page A-5 GATT : tentative de redémarrage Le directeur général du GATT Arthur Dunkel fera prudemment le point, aujourd'hui à Genève, sur les possibilités de relancer l’Uruguay Round après cinq semaines d'inactivité, lors d’une brève réunion informelle qui constituera le premier contact collectif entre les délégations depuis l'échec de la conférence de Bruxelles.Page A-5 L’Irak encore plus intraitable Une ultime démarche de la France rejetée par Washington Les 250 membres du Parlement irakien ont voté hier les pleins pouvoirs au président Saddam Hussein pour qu’il prenne les moyens nécessaires à la défense de l’Irak.mffîi ÆmWM PHOTO AP S# NICOSIE (Reuter) — À quelques heures de l’expiration de l’ultimatum des Nations unies, le président Saddam Hussein s’est montré hier plus intraitable que jamais dans sa volonté de demeurer au Koweit et s’est dit certain « d’écraser l'agression ».Il a encore un peu plus fermé la porte à tout compromis en faisant adopter dans la matinée par son Assemblée nationale une motion de soutien à sa politique en vue d’une « confrontation historique pour gar- Mulroney pense que c'est maintenant à Saddam de jouer.Page a-2 der la 19e province».Hier soir, le Conseil de sécurité devait se réunir pour entendre le rapport de la mission du secrétaire général des Nations unies, Javier Perez de Cuellar, qui revenait d’un séjour en Irak et en Europe.Une dernière initiative de la France hier soir a été rejetée par les États-Unis.La France proposerait un plan en six points pour tenter de trouver une solution pacifique à la crise du Golfe.Le plan français prévoit de lancer un ultime appel à la paix, invite l’Irak a annoncer son intention de se retirer du Koweit et de commencer à l’effectuer, demande à l’ONU de contrôler ce retrait irakien et de déployer des casques bleus arabes, propose une garantie de non-agression à l’Irak, prévoit de prendre toutes les mesures nécessaires pour consolider le processus de règlement pacifique, et enfin s’engage à oeuvrer pour traiter tous les autres problèmes de la région.Dans un vote à l’unanimité et par acclamation, qui équivaut à une déclaration de guerre, les 250 députés ont approuvé la politique que le président avait une nouvelle fois définie hier à l’aube excluant toute concession concernant le Koweit.Recevant dans l’après-midi à Bag- dad le président de l’OLP, Yasser Arafat, Saddam Hussein a déclaré que son armée était « déterminée et capable d’écraser l’agression ».À Paris, au cours d’une escale hier sur le chemin du retour de Bagdad où il s’était entretenu sans succès la veille avec le chef de l’État irakien, M.Perez de Cuellar a déclaré qu’il ne voyait désormais guère de perspectives pour la diplomatie.« Je ne vois pas de raison d’être optimiste.Je ne vois pas de raison d’avoir plus d’espoir que le jour où je suis parti », a-t-il déclaré après s’être entretenu avec le président François Mitterrand.« J’ai fait ce que j’avais à faire », a déclaré Javier Perez de Cuellar à son retour à New York.Mais aux journalistes qui lui demandaient s’il avait perdu espoir, il a répondu : « D’une certaine façon, oui ».11 a qualifié sa rencontre avec Saddam Hussein de « polie mais malheureusement infructueuse » et ajouté qu’il était peut être trop tard pour engager de nouveaux efforts.A Bruxelles où ils étaient rassem- Les hôpitaux du Golfe ne pourront rien contre Parme chimique.Page a-2 blés hier en session extraordinaire, les ministres des Affaires étrangères de la CÉK ont décidé, à la demande de Javier Perez de Cuellar, de ne pas envoyer de mission à Bagdad.Ils ont en outre découragé les initiatives individuelles et sont convenus de prendre contact avec Yasser Arafat, président de l’OLP.« Les Douze ont décidé à l’unanimité de ne pas envoyer de mission à Bagdad », a déclaré un diplomate italien.Selon un diplomate portugais, la France a accepté de ne pas envoyer d’émissaire dans la capitale irakienne.Les ministres ont estimé que le Conseil de sécurité de l’ONU était désormais seul maître du jeu.Une déclaration commune des Douze a chargé Jacques Poos, chef de la diplomatie luxembourgeoise, de rester en contact avec toutes les parties concernées et de rencontrer Yasser Arafat, qui a proposé un revoir page A-4: L’Irak Les gens d’affaires du Québec ont perdu confiance en Ottawa Claude Turcotte LES membres du Conseil du patronat du Québec (CPQ) ont pratiquement perdu toute confiance dans le climat politique canadien et dans la capacité du gouvernement fédéral de gérer d’importants dossiers sans sombrer dans une mer de problèmes.Les dirigeants d’entreprises se montrent moins sévères envers le Québec, mais la confiance à l’endroit du gouvernement est à la baisse également, particulièrement à cause de l’absence prolongée du premier ministre.Ce sont, là de façon très marquée les impressions qui se dégagent du sondage semestriel effectué à la fin de 1990 par le CPQ et auquel ont répondu les dirigeants de 198 entreprises du Québec employant plus de 230 000 travailleurs.Personne n’accorde la mention « très bonne » au contexte politique canadien et seulement 2% donne une évaluation « bonne ».En revanche, 58 % considèrent que le contexte politique canadien est mauvais et un autre groupe de 20 % dit qu’il est très mauvais; seulement 20 % l’estiment passable.Voir page A-4: Les gens Jean-Paul L’Allier souhaite un référendum hâtif sur l’indépendance Michel Venne de noire bureau (le Québec LE MAIRE de Québec, M.Jean-Paul L’Allier, souhaite la tenue d’un référendum rapidement après la fin des travaux de la Commission Bélanger-Campeau, un référendum par lequel la population donnerait au gouvernement le mandat de faire l’indépendance si les négociations sur un Canada nouveau échouent.« A moins que le Québec ne se reconnaisse massivement le droit de sortir, il ne pourra pas négocier », a-t-il soutenu dans une entrevue récente au DEVOIR dont un compte rendu complet sera publié plus tard cette semaine.Même s’« il ne faut pas avoir peur de changer de véhicule politique », le Québec n’est « pas obligé de sortir du Canada » pour obtenir ce qu’il veut, affirme toutefois le politicien de 52 ans.Le Québec, selon lui, serait tout à fait à l’aise par exemple dans une confédération qui lui reconnaîtrait un statut de « partenaire égal » qui a « tous les moyens de se développer ».C’est la première fois que le maire de Québec, ancien ministre sous Robert Bourassa de 1970 à 1976 et partisan du « oui » en 1980, se prononce clairement dans le débat constitutionnel depuis l’échec de l’accord du lac Meech.Son homologue de la métropole, M.Jean Doré, comparaît ce matin même devant la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, dont les audiences reprennent à Montréal.Lors de ce référendum hâtif, la population serait appelée à donner au gouvernement le mandat de négocier avec le reste du pays une nouvelle forme de cohabitation dont la structure pourrait être celle d’une confédération décentralisée.La question serait assortie d’une proposition selon laquelle, en cas d’échec Voir page A-4: L’Ailler La Lettonie se barricade L’Occident menace Moscou de sanctions d'après Reuter et AFP RIGA — Le gouvernement letton a entamé hier soir une réunion de crise en déclarant s’attendre à une prochaine intervention de l’armée soviétique et à une tentative du Parti communiste de le renverser.Par ailleurs, la communauté internationale a vigoureusement condamné l’intervention soviétique en Lituanie et plusieurs pays occidentaux ont menacé d’imposer des sanctions économiques à l’URSS.« Je suis convaincu qu’une attaque aura lieu demain (.).C’est la fin de la démocratie », a déclaré le ministre letton des Affaires gouvernementales, Karlis Licis.Le général Fiodor Kouzmine, commandant des forces soviétiques dans les pays baltes, a demandé à la Lettonie de se soumettre au pouvoir central et a réclamé que les douaniers lettons et les troupes du ministère de l’Intérieur soient désarmées.Des barricades ont été érigées dans Riga et des véhicules places en travers des rues pour empêcher le passage des chars soviétiques.Des centaines de Lettons ont commencé à se rassembler sous la neige devant le Parlement, alors que les dirigeants de la république préparaient un appel demandant à la communauté internationale de les soutenir en cas d’intervention de Moscou.Le projet d’appel indique que le gouvernement letton est en possession d’une information selon laquelle un tentative de coup d’État serait lancée sous 24 ou 48 heures.Selon des responsables, les déclarations de l’armée et du petit Parti communiste pro-soviétique rappellent celles faites en Lituanie avant le coup de force qui a fait 14 morts le week-end dernier.« Au nom des milliers de soldats, je propose le rétablissement des lois de la Constitution soviétique et de la république socialiste soviétique let-tone », a déclaré le général Kouzmine lors d’une réunion avec le gouvernement.Un secrétaire du Parti communiste, Ojars Potreki, a réclamé la dissolution du gouvernement et du Parlement.Il a ajouté qu’un grand ras- Volr page A-4: La Lettonie PHOTO AP mttu» inüïirrr Les habitants de Riga, la capitale lettone, ont érigé hier des barricades et placé des véhicules en travers des rues pour empêcher le passage des chars soviétiques.Le gouvernement letton a entamé hier soir une réunion de crise en déclarant s’attendre à une prochaine intervention de l’armée soviétique._ A-2 M Le Devoir, mardi 15 janvier 1991 EN BREF.Le général Allard vertement dénoncé LE MINISTRE des Communautés culturelles et de l’Immigration par intérim, Normand Cherry, trouve inadmissibles les propos du général Jean-V.Allard, ancien chef des Forces armées canadiennes, qui a déclaré ce weekend à la Presse canadienne que les Arabes étaient tous des « fanatiques » et des « bandits ».Invitant à dénoncer les propos de l’ex-général, M.Cherry a ajouté qu’il est « inadmissible qu’on impute tous les tenants et aboutissements d’une crise à des tares et à des défauts qu’on attribue sans procès à des peuples entiers ».Réaction similaire pour Fatima Houda-Pépin, du Centre maghrébin de recherche et d’information de Montréal, qui qualifie cette déclaration du général d’« extrêmement grave, dangereuse, fondamentalement raciste, venant d’un homme qui a occupé une position d’autorité dans le gouvernement fédéral ».Mme Houda-Pépin espère que le gouvernement va se dissocier d'une telle déclaration qui a, ajoute-t-elle, « des effets désastreux sur l’image de la communauté et sur sa perception, en créant une association entre Hussein et l’ensemble des Arabes et des musulmans ».Une guerre illégale ?QUÉBEC (PC) — La Coalition pour la paix et le désarmement de la région de Québec estime que le gouvernement canadien agit dans l'illégalité en s'impliquant, sans consulter la population, dans le conflit du golfe Persique.Au cours d'une rencontre avec M.Jean-Marie Beaudet, le chef de cabinet du député fédéral Gilles Loiselle, dans sa circonscription de Langelier, hier, la Coalition a proposé que le Canada adopte une politique extérieure caractérisée par la conciliation et la négociation comme moyens de résoudre les conflits, « seule politique valable à long terme ».Dans un communiqué remis à l'occasion de cette manifestation, le regroupement pacifiste a demandé au gouvernement canadien, et plus particulièrement aux députés et ministres fédéraux, de s’opposer à toute politique extérieure qui privilégie le recours à la force, d’appliquer de façon rigoureuse les pressions economiques contre l’Irak et d’endosser le projet de tenir une conférence internationale sur les problèmes du Moyen-Orient.Une bière par jour à 700 soldats CANADA DRY ONE, Qatar (PC) — Les bases canadiennes au Qatar — Canada Dry One et Canada Dry Two (littéralement: Canada Sec Un et Canada Sec Deux) — ne feront peut-être plus honneur à leurs noms bientôt.Le colonel Roméo Lalonde, chef des opérations du contingent’aérien canadien au Qatar, a déclaré hier qu’il songe à allouer à ses 700 soldats une ration d’une bière par jour pour apaiser leur soif.Cette ration semble-t-elle maigre et cruelle ?Eh bien, pensez un peu à la ration présente — pas de bière, pas de boisson alcoolique, un point c’est tout.« Nous avons fait ce qu’il fallait pour changer ça à l’avenir, a lancé M.Lalonde, sur un ton plutôt sérieux.Cependant, ce sera très contrôlé.» Au Qatar, une société musulmane stricte, il n'est pas permis de consommer de l’alcool.Mais les étrangers qui y résident de façon permanente peuvent obtenir un permis de l’ambassade britannique pour acheter l'équivalent d’environ 150 $ CAN de boissons alcoolisées par mois.Pendant que la proposition du colonel Lalonde est examinée par les autorités du Qatar et l'ambassade britannique, les soldats canadiens rêvent d'un produit liquide, carbonaté et jaunâtre.Un organisme de l’ONU à Toronto TORONTO (PC) — La ville de Toronto a été choisie comme siège du Conseil international pour les initiatives locales en environnement, un nouvel organisme des Nations unies.Le Conseil, le premier à réunir les gouvernements municipaux de la planète dans un même forum sur l’environnement, ouvrira ses portes en septembre prochain, a annoncé le maire de Toronto Art Eggleton, hier.Outil de coopération dans le domaine de l’environnement, le Conseil permettra aux gouvernements municipaux de se faire entendre au sein des Nations unies.Les villes de Fribourg et Berlin, en Allemagne, et Miami, aux États-Unis, étaient également en lice pour l’obtention du siège.Boulerice a des cartes d’affaires en braille QUÉBEC (PC) — Le député de Sainte-Marie/Saint-Jacques, André Boulerice, possède maintenant des cartes d'affaires en braille à l’intention de ses électeurs handicapés visuellement.« J’ai l’intention de suggérer au Bureau de l’Assemblée nationale d'en faire faire pour tous les députés », a indiqué hier M.Boulerice.C’est en visitant un club de l’Age d’or de sa circonscription du centre-ville de Montréal que M.Boulerice a été conquis par l’idée de faire fabriquer de telles cartes.Le club d'aînés en question comptait plusieurs handicapés visuels.Selon le député, U importe que tous les Québécois, quel que soit leur handicap physique, puissent avoir accès le plus facilement possible à leur représentant élu.La Cour suprême US bannit les mitrailleuses WASHINGTON (AFP) — La Cour suprême des États-Unis a affirmé hier que les Américains n’ont pas de droit constitutionnel de posséder des mitrailleuses.Sa décision a aussitôt été contestée par la puissante Association des porteurs d'armes (NRA) qui a déclaré qu’il s’agissait de « la première interdiction de posséder des armes à feu de l'histoire des États-Unis pour un citoyen respectueux des lois ».La Cour a confirmé de précédents jugements d’instances inférieures selon lesquelles une loi votée en 1986 par le Congrès interdit la possession ou le transfert de mitrailleuses.Les avocats de la NRA, représentant un collectionneur d’armes de Géorgie, avaient soutenu que les cours d’appel avaient interprété de manière erronée la loi fédérale de 1986.Ils avaient aussi souligné qu'une telle interdiction violait le second amendement sur le droit « de garder et de porter des armes ».Les parents des victimes de Poly pourraient témoigner devant le comité fédéral OTTAWA (PC) — Le comité parlementaire chargé d'étudier le projet de loi sur les armes à feu pourrait revenir sur sa décision et permettre aux parents des victimes de la tuerie de la Polytechnique de Montréal de témoigner.Le président du comité, le député conservateur John Reimer, a en effet déclaré que le comité devait se réunir à ce sujet à huis clos hier soir, à la suite de la demande d’un groupe de parents de Montréal et de sept autres groupes.M.Reimer a précisé que le comité avait décidé ultérieurement de clore ses audiences demain pour pouvoir entamer la rédaction du rapport qu’il doit soumettre au Parlement en février.Il a ajouté que le comité avait dit non à une vingtaine de groupes qui désiraient comparaître devant le comité pour cette raison.De toute façon, a-t-il expliqué au cours d’une courte entrevue, le comité a déjà entendu plusieurs témoins qui ont exprimé un point de vue semblable à celui qu’aurait probablement exprimé les parents de Montréal.Aucun des parents des 14 victimes tuées par Marc Lépine en décembre 1989 à l’École Polytechnique de Montréal n’a comparu devant le comité.Les étudiants de la Polytechnique, ainsi que des représentants de la faculté d’ingénierie ont toutefois présenté un excellent mémoire, a insisté M.Reimer.Ils avaient lancé un fervent plaidoyer en faveur du contrôle accru des armes à feu.DANS LE GOLFE Aucun système ne pourra traiter tant de victimes après une attaque chimique ou bactériologique Isabelle Paré SI LES CIVILS des pays limitrophes au Koweit peuvent compter sur des hôpitaux modernes, bien préparés à la guerre, aucun système ne pourra faire face au déluge de blessés qu’entraînerait une attaque chimique ou bactériologique.C’est la conclusion que tire le Dr David Mulder, chirurgien en chef de l'Hôpital général de Montréal et traumatologue de renommée mondiale, au terme d’une mission médicale effectuée dans trois pays de la péninsule arabique.À la demande de la fondation Marcus, le Dr Mulder s’est rendu dans la région du Golfe en compagnie d'une équipe de chirurgiens pour évaluer la capacité des hôpitaux civils locaux à traiter des blessés de guerre, dont les polytraumatisés.L’équipe médicale avait aussi pour mission de dispenser des cours de « survie » en traumatologie aux chirurgiens locaux.Après la visite de 10 hôpitaux des Émirats arabes unis (EAU) et d'un hôpital du sultanat d’Oman, le Dr Mulder estime qu’en général, « l’état de préparation du réseau hospitalier est très satisfaisant ».Certains hôpitaux visités n’auraient même rien à envier aux grands centres nord-américains, insiste-t-il.« Tous les pays ont un plan pour organiser les centres de traumatologie.Il faut comprendre que ces pays sont très riches et possèdent des scanners, des équipements de radiographie très sophistiqués.D’après nous, if y a un nombre raisonnable de lits pour faire face à un désastre majeur ».Par contre, ce survol du milieu médical a démontré que les hôpitaux civils sont très peu outillés pour traiter des personnes victimes d’une attaque chimique ou bactériologique.« Sincèrement, je crois qu’aucun système ne pourrait faire face à des blessures de cette ampleur.Et si cette situation devait se présenter, un nombre important de blessés mourront instantanément », affirme le Dr Mulder.Les hôpitaux sont conscients des risques d’une attaque chimique, mais ne disposent qu’en très petite quantité des remèdes existants, tel l’antidote H1-6 distribué aux militaires canadiens postés au Qatar.Par ail- leurs, des masques à gaz ont été distribués à environ 70 % de la population des Émirats arabes unis, selon le Dr Mulder.« Mais parmi les gens exposés, il n’y aura pas de survivants.Même chez les militaires, équipés de mas-ues et d’uniformes, les pertes en cas ’attaque chimique seront grandes », prédit l’éminent chirurgien.Selon le Dr Mulder, les ÉAU disposent de 2000 lits, dont 1600 à 1800 pourraient être réservés aux victimes civiles d’un conflit armé.L’unité de soins aux grands brûlés compte 20 lits, mais sa capacité pourrait être portée à 1000 lits, ajoute-t-il.D’après les membres d’une autre mission médicale, l’état de préparation des hôpitaux en Arabie Saoudite ne serait pas aussi avancé.Selon le ministère de la Défense américaine, le conflit du golfe Persique pourrait occasionner jusqu’à 2000 blessés à l’heure au sein des troupes.On ignore toutefois combien de blessés pourraient faire cette guerre chez les civils, souligne le chirurgien en chef de l’Hôpital général.Mais dès à présent, dit-il, on sait que les blessures par balles seront les plus communes, et les traumatismes divers.En cas d’exposition à des gaz chimiques, les blessures aux poumons et les brûlures seront dévastatrices, poursuit-il.Au terme de cette mission de six jours, écourtée et rendue difficile par les différences religieuses et morales qui prévalent dans la péninsule arabique, 32 chirurgiens, en majorité des femmes, ont pu être entraînés au lieu des 1000 prevus.Cet entraînement intensif en traumatologie n’a jamais été mis à l’épreuve en temps de guerre, mais il s’est montré très efficace dans des villes comme Miami, où des personnes sont fréquemment dirigées à l’hôpital avec 7 ou 8 balles dans le corps, affirme le Dr Mulder.Autre ombre au tableau, les hôpitaux de la région seraient aussi très peu protégés contre d’éventuelles attaques aériennes.« Là-bas, la plus grande crainte est justement que l’hôpital le mieux équipé des Émirats est situé à côté des premiers sites stratégiques qui seront attaqués par l’ennemi.Mais même dans les guerres les plus sales, espère-t-il, on a jusqu’ici évité les hôpitaux ».PHOTO CP James Baker et Brian Mulroney ont rencontré les médias, hier, après leur rencontre.TÎTTCTTt U““t rmmwR PHOOTO CP Un véhicule de la GRC assurait hier la surveillance de l’ambassade irakienne, à Ottawa.L’initiative revient à Hussein, concluent Baker et Mulroney Manon CornelHer de la Presse Canadienne OTTAWA — Moins de 24 heures avant l’échéance de l'ultimatum de l’ONU, l’initiative d’une solution pacifique à la crise du Golfe revient au président irakien Saddam Hussein, ont déclaré hier matin le premier ministre Brian Mulroney et le secrétaire d’État américain James Baker.Le secrétaire d’État était à Ottawa pour faire le point avec M.Mulroney sur sa tournée des capitales européennes et des pays du Golfe à la suite de l’échec de sa rencontre, mercredi dernier, avec le ministre irakien des Affaires étrangères.« C’est à Saddam Hussein maintenant de choisir.S’il veut éviter la guerre, il doit retirer son armée du Koweit », a dit M.Mulroney.« Alors que le compte à rebours est commencé, les États-Unis espèrent qu’il y aura une opportunité de résoudre cette crise pacifiquement et politiquement.Mais cette initiative doit maintenant venir de Bagdad », a renchéri M.Baker.MM.Baker et Mulroney n’ont pas hésité à dire que la situation dans le Golfe s’était détériorée avec l’échec de la mission du secrétaire général des Nations unies Javier Perez de Cuellar.« Ceci était peut-être notre dernier espoir pour une solution diplomatique à la crise », a dit M.Mulroney.M.Baker a dit partager sa déception.M.Mulroney a indiqué que le Canada encouragerait la recherche d’une solution pacifique jusqu’à la dernière minute et qu’aucune avenue ne devait être négligée.Toutefois, il a ajouté que l’attitude du président Hussein à l’égard de M.Perez de Cuellar n’inspirait pas confiance.Malgré cela, M.Mulroney a évité d’utiliser un ton belliqueux et s’est même montré conciliant.« Avant l’expiration de la pause pour la paix, nous demandons un signe comme quoi l’Irak a l’intention de respecter totalement toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.On reconnaît qu’il serait peut-être impossible de tout accomplir au cours des heures qui restent.Du point de vue canadien, nous croyons que l’intention de respecter les résolutions des Nations unies doit être transmise aux Nations unies pour éviter les conséquences qui découleraient d’un refus de s’y soumettre », a précisé M.Mulroney.M.Baker n’a pas voulu de son côté préciser ce que devrait faire l'Irak pour éviter une guerre.Il s’est con- tenté de demander à nouveau le retrait de l’armée irakienne du Koweit.Mais lui aussi a dit espérer une solution pacifique de dernière heure.La résolution adoptée le 29 novembre par l’ONU permet, après le 15 janvier, l’utilisation de tous les moyens nécessaires, y compris la force, pour mettre fin à l’occupation du Koweit par l’Irak.D'autre part, M.Baker a affirmé que son voyage lui avait permis de constater que la coalition internationale contre l’Irak était solidaire.« Je suis satisfait, a-t-il dit, de voir que la coalition est tout à fait prête politiquement, économiquement et militairement pour faire face à toutes les possibilités alors que l’heure limite approche.» M.Mulroney a ajouté qu’il envisagerait l’hypothèse de l’usage de la force uniquement si aucune solution pacifique n’était trouvée une fois passée l’heure limite, soit à minuit ce soir, heure normale de l’Est.Le Canada ne ferait pas faux bond aux Nations unies, a-t-il promis.Cette possibilité sera débattue aujourd'hui par les parlementaires canadiens qui ont été convoqués d’urgence en fin de semaine.M.Mulroney lancera le débat ce matin.Mais il a été devancé hier soir par son secrétaire d’État aux Affaires extérieures Joe Clark oui comparaissait devant le comité des finances du Sénat.M.Clark a fait un vibrant plaidoyer en faveur du respect du droit international et de la nécessité, face à l’intransigeance irakienne, de le faire valoir par la force.À son avis, la question est de préserver l’ordre international que défend une Organisation des Nations unies enfin ragaillardie par la fin de la guerre froide.Le gouvernement fera face toutefois à une opposition en règle des libéraux.Leur chef Jean Chrétien a expliqué hier que son parti allait demander le rappel des troupes canadiennes du Golfe si une guerre éclate.Privilégiant un recours aux sanctions économiques, il refuse de voir le Canada impliqué dans une guerre si elle ne se fait pas sous le drapeau des Nations unies.Il s’en est aussi pris à la motion du gouvernement qui demande de réaffirmer le soutien du Canada aux efforts des Nations unies.Il aurait préféré que les députés se prononcent directement sur la participation ou non du Canada à une guerre et il a souhaité que le vote ait lieu avant l’expiration de l’ultimatum des Nations unies.Certains prix comprennent déjà la TPS, mais la plupart du temps, elle sera ajoutée au montant de vos achats.Avant d’acheter, consultez les affiches en magasin ou bien demandez.Si la TPS est incluse, c’est qu elle est déjà comprise dans le prix étiquetté.Si la TPS est non-incluse, c’est quelle sera ajoutée à la caisse.La TPS ajoutée au prix ou la TPS comprise dans le prix.C’est important de faire la différence.Si vous avez d’autres questions à propos de la TPS et les prix, un coup de fil et tout s’explique.Appelez-nous sans frais du lundi au vendredi entre 9 h et 21 h.Bureau d’information des consommateurs sur la TPS 1-800-668-0999 DI Gouvernement du Canada Government ot Canada Canada ¦¦¦ Le Devoir, mardi 15 janvier 1991 M A-3 Un parlementaire européen admet que le vote pro-Mohawks était précipité ¦-B- Caroline Montpetlt LE PRÉSIDENT du groupe de parlementaires européens venus enquêter sur la situation des Mohawks, M.Guy de Vries, a admis hier qu’il aurait préféré que son organisme attende avant de passer la résolution de blâme contre le gouvernement du Canada, dans le cadre de la crise autochtone le 13 septembre dernier.Les membres de la délégation du Parlement européen ont rencontré hier les ministres québécois des Affaires internationales et des Affaires autochtones, MM.John Ciaccia et Christos Sirros, dans le cadre d’une session d’information d’une durée d’une semaine, au cours de laquelle ils rencontreront également le ministre fédéral des Affaires indiennes Torn Siddon, les Mohawks de Kahnawake et de Kanesatake, l’Assemblée des Premières Nations et la Commission canadienne des droits de la personne.De son côté, le ministre délégué aux Affaires internationales, John Ciaccia, a déclaré avoir veillé hier à rétablir les faits auprès de la délégation parlementaire quant au déroulement des événements survenus à Oka au mois de juillet dernier.M.Ciaccia a fait notamment référence à un article paru dans le journal Le Monde, stipulant qu’un Amérindien, plutôt qu’un policier, avait été tué le 11 juillet à Oka.M.Ciaccia a également tenu à démentir l’information selon laquelle les gouvernements du Québec et du Canada auraient exproprié les Mohawks pour construire un terrain de golf à Oka.Le texte de la résolution du Parlement européen faisait en effet mention « de la confiscation injuste de terres par les autorités du Québec pour agrandir un terrain de golf ».« Nous leur avons expliqué qu’il ne s’agissait pas d'expropriation, au sens où on l’entend, c'est-à-dire le fait d’enlever les terres à quelqu’un», a précisé M.Ciaccia.« Nous avons beaucoup appris au cours de notre visite ici et nous avons encore quelques jours devant nous », a précisé pour sa part Mary Banotti, député d’Irlande au Parlement européen.L'auteur de la résolution du 13 septembre à Strasbourg, M.Wilfrid Tle-kamper, n’était pas présent lors de la réunion d’hier, et il devrait avoir rejoint le groupe aujourd'hui.M.Ciaccia a également précisé que la délégation avait exprimé des doutes quant aux respects des droits fondamentaux des autochtones au cours des hostilités de l’été dernier.« Nous leur avons dit que nous avions voulu, d’abord et avant tout, éviter la flambée de violence », a-t-il déclaré aux journalistes.Seulement une cinquantaine de parlementaires présents aux discussions avaient voté le 13 septembre cette résolution sur une possibilité de quelque 500.Le ministre des Affaires internationales estime par ailleurs que cette résolution du Parlement européen n’a pas eu de conséquences pour le Québec au plan international.La délégation, qui doit se rendre à Kanesatake et à Ottawa aujourd’hui, reviendra en mai prochain, dans le cadre d’une rencontre interparlementaire avec le gouvernement du Canada.PHOTO JACQUES NADEAU John Ciaccia et Christos Sirros ont défendu la position du Québec hier, face aux députés européens.Les compressions à R.-C.: Cannon est optimiste mais Masse parle de faux espoirs La SQ veut acheter trois chars d’assaut Maurice Girard Marie Tison (/ L’Allier des négociations, le Québec déclare son indépendance.M.L’Allier compare cette démarche à la procédure syndicale qui consiste à confier au comité de négociation un mandat de grève à utiliser au moment opportun.« Ça veut pas dire que tu es obligé de faire la grève avant d’aller négocier », dit-il.Mais à moins que le Québec ne « se reconnaisse la légitimité puis le droit, puis qu'il prenne effectivement la décision d'exercer ce droit » à la sécession, le reste du Canada ne bougera pas d’un iota, prévoit le maire.U ne réponse positive au référendum devra être interprétée comme suit : « A moins que l'on se retrouve dans un Canada confédéral, qui nous reconnaît comme une entité collective qui possède tous les moyens de se développer, le choix c'est de se développer seul».Peu importe le résultat des négociations qui s’ensuivent, le Canada tel qu'il existe aujourd'hui disparait, affirme M.L’Allier.En cas de succès, le Québec s’intégre dans une confédération décentralisée.En cas d’échec, il se déclare souverain.M.L’Allier soutient que le Québec serait tout à fait à l'aise dans un Canada confédéré, qui le reconnaît comme un tout distinct et « où les membres ne mettent en commun que ce qui est véritablement commun ».« Ce qui nous écoeure, ce qui nous blesse au Québec, dit-il, c’est qu’on n’est pas un partenaire collectif mais un amalgame d’individus.Coupés en rondelles de six millions de personnes dans le Canada, on n’est plus rien du tout, alors que six millions ensemble on est une unité originale et donc qui a besoin d'un certain nombre de règles d’exception».Le Canada centralisé tel qu’il existe est donc intenable pour le Québec.« A partir du moment où le Canada est centralisateur, il norma- lise.Or comme on est la région, l’unité ethno-je-ne*sais-pas-quoi la plus différente des autres, chaque fois qu’il fait quelque chose (le fédéral), c’est à nous que ça a le plus de chances de ne pas faire.Le soulier canadien fait toujours plus mal aux Québécois ».Le reste du Canada, pense le maire de Québec, pourrait dire oui à une proposition de modification constitutionnelle intelligente.Cette proposition pourrait venir du Québec, « qui devra la définir en fonction de ses propres besoins ».Mais elle pourrait aussi venir d’Ottawa.« M.Mulroney, peut-être parce qu’il n'a plus rien à perdre, peut prendre les devants et proposer une confédération à la Suisse, avec cinq régions, un Sénat élu.Alors il prend tout le monde par suprise et propose au Canada d'être un pays d’avenir ».Mais M.L’Allier demeure sceptique, rappelant que « ce qui est ’drabe’ au Canada, c’est que le gouvernement fédéral est surtout une technocratie qui elle-même se protège de la décentralisation et du cheminement que ça pose».Alors pourquoi ne pas carrément prôner la souveraineté ?« Parce que même l’indépendance du PQ doit déboucher pour survivre sur une association quelle qu’elle soit.Et à partir du moment, dit-il, où tu partages plus de deux choses, tu es en confédération ».4 Les gens Selon le président du CPQ, M.Ghislain Dufour, ces résultats s'expliquent par la perception que les dirigeants d’entreprise ont du gouvernement central, à savoir « son impossibilité presque chronique de piloter de bons dossiers ».Est-ce un problème de communication, est-ce autre chose ?On se pose la question au CPQ en constatant que le gouvernement d’Ottawa ne réussit pas à mener un dossier majeur sans susciter de nombreux problèmes, bien qu'il s’agisse au départ de politiques souhaitables.M.Dufour a nommé les dossiers de Meeeh, du libre-échange et de la TPS.Les répondants considèrent en fait que le gouvernement canadien per-forme mal dans la plupart des dossiers majeurs de sa compétence dans le domaine économique, à sa- LE DEVOIR DISTRIBUÉ EN FLORIDE JUSQU’A LA FIN DE MARS 1991 Les vacanciers trouveront LE DEVOIR aux endroits suivants: MIAMI BEACH GOLDEN SHORES 18190 Collins Avenue SUNSHINE FOOD MARKET 18110 Collins Avenue FORT LAUDERDALE A1A CUNNINGHAM'S A1A Oakland Park POMPANO OCEANSIDE 31 N.A1A Extension Pompano Beach HOLLYWOOD BEACH SUNDRIES 328 Johnson Street DELI FOOD MARKET 302 Johnson Street DANIA LUCKY 7 STORE 1414 S.Federal Hwy voir les taux d’intérêt, le taux de change, la productivité, la concurrence étrangère et même ses politiques générales.Par surcroît, ce sont là des dossiers qui arrivent en tête de liste dans l’ensemble des facteurs qui à leurs yeux sont les plus importants.Souvent sensibles à la question linguistique au Québec par les années passées, les membres du CPQ relèguent désormais la politique linguistique québécoise au dernier rang dans la série de 17 facteurs énoncés dans le questionnaire.Les dirigeants d’entreprises continuent de mettre au tout premier rang des priorités la réduction du déficit, une demande qui se fait persistante depuis plusieurs années.En tout cas, jamais la confiance envers le gouvernement conservateur n’a été aussi basse que maintenant.En plus du fait que seulement 2 % (0 % chez les anglophones) des répondants font une bonne évaluation du contexte politique canadien, par rapport à 8 % en juillet dernier, il s’en trouve 55 % pour croire que la situation va encore se détériorer au cours des six prochains mois au Canada.M.Dufour rappelle cependant qu’il faut situer cette mauvaise humeur des dirigeants d’entreprises dans le contexte de la récession qui fait rage présentement.Il rappelle que le nombre des faillites en 1990 a dépassé celui de 1982 et qu’il y a eu une perte de 48 000 emplois dans le secteur manufacturier.En ce qui concerne le contexte politique québécois, 19 % des répondants donnent une évaluation « bonne », alors qu’en janvier 1990 on en trouvait 4 % à répondre « très bonne » et 51 % à dire « bonne ».Le pourcentage d’une évaluation « mauvaise ou très mauvaise» a fait un bond important de 11 à 39 %.La perspective pour les six mois à venir est nettement moins optimiste qu’il y a un an ; 58 % ne prévoient aucun changement et 37 % s’attendent à une détérioration du contexte politique québécois, alors que les pourcentages étaient respectivement de 80 % et 18% au début de 1990.M.Dufour soutient qu’il faut attribuer ces changements au contexte économique et non pas à l’incertitude constitutionnelle et aux travaux de la Commission Bélanger-Campeau.Les membres du CPQ reprochent encore à la classe politique de mettre trop d’énergie dans le débat constitutionnel et pas assez dans les dossiers économiques.À son avis, les élus trouvent plus facile d’élaborer des projets de constitution que des plans de relance économique.Pour sa part, le président du CPQ, qui est aussi membre de la Commission Bé- langer-Campeau, entend désormais poser des questions de caractère économique lors des travaux de la Commission qui reprennent aujourd’hui même, afin de mieux refléter les préoccupations des membres du CPQ.Un autre sondage aura lieu en février pour savoir quel statut politique les dirigeants d’entreprise souhaitent pour le Québec.Ce coup de sonde sera fait après le congrès du Parti québécois et le rapport du comité de la Constitution du Parti libéral du Québec.Le CPQ devrait par ailleurs rendre publics vers le 20 janvier les résultats d’un autre sondage sur la Commission Bélanger-Campeau.4 La Lettonie semblement et des grèves pourraient être organisées à partir d’aujourd’hui pour appuyer ces revendications.Le premier ministre letton Ivars C.odsmanis devait lancer un appel télévisé à la population russophone de la république dès la fin de la réunion du cabinet, a indiqué un conseiller du gouvernement.Par ailleurs, l’intervention militaire soviétique en Lituanie a suscité l’indignation dans de nombreux pays et les dirigeants occidentaux ont menacé hier de suspendre leur aide à l’URSS.A Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche, Marlin Fitzwa-ter, a déclaré que la répression soviétique en Lituanie remettait en question le sommet américano-soviétique prévu le mois prochain et allait contraindre les États-Unis à revoir leur politique d’aide économique à l’URSS.« Il y a maintenant un scepticisme général concernant notre voyage » à Moscou pour le sommet, prévu du 11 au 13 février, a-t-il dit.A Bruxelles, la Communauté européenne a menacé d’arrêter sa coopération avec l’Union soviétique si l’intervention militaire dans les républiques baltes se poursuivait.Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jacques Poos, qui assure la présidence du Conseil des ministres de la CÉE, a déclaré que celle-ci condamnait fermement le recours à la force et demandait aux autorités soviétiques de revenir au dialogue et de mettre fin à leur intervention militaire.Dans le cas contraire, la Communauté se sentirait contrainte d’interrompre sa coopération avec l’URSS, a-t-il dit.Les ambassadeurs des 16 pays de l’OTAN réunis en réunion de crise ont déclaré de leur côté que la poursuite de la répression dans les républiques baltes porterait atteinte aux relations Est-Ouest et aurait des conséquences négatives sur la situation politique en Europe.A Londres, le secrétaire au Foreign Office, Douglas llurd, a déclaré que l’Union soviétique risquait de se renfermer dans sa « coquille stalinienne ».Il a déclaré à la BBC que l’intervention militaire soviétique en Lituanie pourrait entraîner une suppression de l’aide occidentale à l’Union soviétique.Le chancelier Helmut Kohl s’est déclaré profondément inquiet pour l’avenir de la politique de réformes menée par Mikhaïl Gorbatchev et certains banquiers allemands ont évoqué la possibilité de revoir les conditions de crédit accordées à Moscou.Mais un porte-parole du gouvernement de Bonn a dit que l’Allemagne n’envisageait pas de modifier les conditions de couverture des exportations vers l’URSS.A Stockholm, les premiers ministres des cinq pays Scandinaves ont envoyé à Mikhaïl Gorbatchev une lettre commune lui demandant de s’abstenir de tout nouveau recours à la violence et le pressant de rechercher une solution politique à la crise, a annoncé le cabinet du chef du gouvernement suédois, Ingvar Carlsson.A Prague, le président Vaclav Havel s’est dit « bouleversé et ému » par la répression.Il a cependant souligné qu’il n’était pas totalement surpris parce qu’il sentait depuis quelque temps que Mikhaïl Gorbatchev « courait après les événements au lieu de les précéder».A Moscou, le président Mikhaï Gorbatchev a affirmé hier ne pas avoir été informé à l’avance de l’intervention de l’armée contre les installations de la radio-télévision lituanienne dans la nuit de samedi à dimanche, présentée comme une initiative du commandant militaire de la ville, mais a réitéré sa ferme condamnation de la direction lituanienne.« J’ai appris ces tragiques événements seulement hier (dimanche) matin » une fois qu’ils se sont produits, a déclaré M.Gorbatchev aux journalistes dans les .couloirs du Parlement.Selon un bilan du ministre soviétique de l’Intérieur, M.Boris Pougo, cette intervention brutale de l’armée a fait 13 morts et 163 blessés.M.Gorbatchev a repris ensuite à son compte la présentation des faits formulée à la tribune du Soviet suprême (Parlement) par ses ministres de l’Intérieur et de la Défense, le maréchal Dmitri Iazov, expliquant que le commandant militaire de Vilnius, le général Vladimir Uskoptchik, avait pris cette décision après avoir seulement consulté son supérieur hiérarchique, le commandant de région.Il a précisé qu’une enquête était ouverte par des représentants du procureur sur les circonstances de ces événements.Ils sont accompagnés sur place par le chef-adjoint de l’état-major, le général Valentin Varennikov.Après les événements tragiques de Tbilissi en avril 1989, où 20 manifestants pacifiques avaient été tués par des soldats, une enquête avait aussi été ouverte.Des mois plus tard, le commandant militaire de la ville, le général Igor Rodionov, avait été nommé à un autre poste, dirigeant depuis une importante académie militaire à Moscou.Pour sa part le président lituanien Vytautas Landsbergis rejette cette version des faits.Il a estimé, devant le Parlement à Vilnius, que ce qui s’est passé pourrait être le prélude à un coup d’Etat « s’il devient évident que les plus hauts responsables militaires ne sont plus subordonnés au président Gorbatchev ».« Nous le saurons très bientôt», a-t-il estimé.Le fossé est toujours aussi large entre le Kremün et le gouvernement lituanien, comme l’a confirmé dans l’après-midi devant les députés M.Gorbatchev.Il a jugé « improductif » son entretien téléphonique hier avec le président Landsbergis.« J’ai l’impression qu’il sera très difficile de rétablir le dialogue (.), de trouver des voies pour conduire le dialogue dans une période où la république (la Lituanie) est dirigée par de telles personnes », a dit le president soviétique.« Nous ne voulions pas cela, et nous ne le voulons pas », a déclaré le président soviétique à propos des évènements sanglants du week-end.Il a néanmoins vivement critiqué l’attitude des nationalistes lituaniens, rappelant que « le coup d’État constitutionnel du 11 mars 1990 », lorsque le Parlement de Vilnius avait annulé les effets de la Constitution soviétique sur le territoire de la république, était le point de départ des événements actuels.4 L’Irak trait irakien lié à la convocation d’une conférence internationale sur les problèmes du Proche-Orient, dont la question israélo-palestinienne.Les Douze sont favorables à une telle conférence, mais refusent le lien et exigent un retrait préalable des troupes irakiennes du Koweit.En Israël, l’armée a été placée hier en état d’alerte maximale afin de riposter à un éventuel assaut irakien dans les 48 heures, c’est-à-dire avant même l’expiration de l’ultimatum fixé par l’ONU pour un retrait du Koweit.« Les avions sont maintenus prêts à décoller 24 heures sur 24, précise-t-on de source militaire.Israël se prépare à l’éventualité de tirs de missiles irakiens avant le 15 janvier».A Bagdad, les députés ont déclaré que le peuple irakien était « prêt à se dresser contre les projets d’agression dirigés par les Etats-Unis».Avant le vote, le président de l’Assemblée, Saadi Mahdi Saleh, a déclaré : « C’est un affrontement historique.L’Irak inébranlable, dirigé Le delà paralysie cérébrale © IM 1 CES LES 2 & 3 FEVRIER 1991 DE 20 HEURES A 20 HEURES par le président Saddam Hussein, a résolu de combattre».À l’aube, le président avait appelé les Irakiens à défendre jusqu’à la mort le Koweit, devenu selon lui le symbole de la dignité de la nation arabe.« Le Koweit est à vous et vous aurez peut-être à mourir (car) vous devez le conserver (.) Le Koweit est devenu un symbole pour toute la nation arabe », a-t-il dit.À Ottawa, où il achève une tournée au Proche-Orient et en Europe, le secrétaire d’État américain, James Baker, a renvoyé la balle à Bagdad en déclarant que toute initiative devrait désormais être le fait le l’Irak.À Sanaa, le gouvernement du Yémen a annoncé avoir envoyé hier à Bagdad une délégation dirigée par son premier ministre afin de discuter d’un plan de paix en six points qui, selon lui, aurait reçu un soutien international.Aussitôt connu, ce plan a été rejeté à Washington où on juge de source américaine autorisée qu’il est inacceptable et non conforme aux résolutions de l’ONU.Hier soir, la France a lancé aux Nations unies une initiative de la dernière chance en vue d’éviter la guerre dans le Golfe, mais les États-Unis ont aussitôt fait part de leurs objections.Le plan français demande à l’Irak d’annoncer sans délai son intention de se retirer du Koweit et d’entamer rapidement un retrait massif de l’émirat.Mais le projet fait également référence à une conférence internationale de paix au Proche-Orient, ce qui a conduit l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Thomas Pickering, à émettre des objections.« Nous avons dit très clairement que nous ne croyons pas que l’établissement d’un lien (avec les autres problèmes de la région), qui semble apparaître dans le texte français (.), soit une véritable contribution en ce moment », a déclaré l’ambassadeur américain aux journalistes.« Nous pensons que tout effort doit venir de Saddam Hussein», a-t-il ajouté.De source diplomatique, on a appris que le ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas, pourrait se rendre à Bagdad, une proposition à laquelle le Conseil de sécurité semble réceptif.De même source, on suppose que cette visite du chef de la diplomatie française à Bagdad pourrait avoir lieu aujourd’hui, quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum de l’ONU à l’Irak.Selon le projet français, le Conseil de sécurité lancerait un dernier appel aux Irakiens pour qu’ils annoncent sans délai leur intention de se retirer du Koweit, selon un calendrier précis, et qu’ils entament tout de suite un retrait rapide et massif de l’émirat.Le texte prévoit que le secrétariat général de l’ONU dépêche des observateurs contrôler ce retrait et envoie une force de maintien de la paix composée de soldaLs de pays arabes.En outre, l’Irak recevrait une garantie de non-agression.Des mesures seraient alors prises, en coopération avec les pays arabes, pour favoriser l’ouverture de négociations.Le projet de déclaration appelle également les membres du Conseil de sécurité à contribuer activement à un règlement des autres problèmes de la région, notamment du conflit israélo-arabe, grâce à la convocation, en temps opportun, d’une conférence internationale visant à garantir la sécurité, la stabilité et le développement dans cette partie du monde.15 janvier par la PC et l'AP I990: Québec dépose des accusations contre la société Balmet, responsable de pollution par le plomb à Saint Jean-sur-Richelieu.I9H9 les résidents de Saint-Pierre-et-Miquelon bloquent les pistes de l’aéroport local pour protester contre l’attitude de la France dans le dossier de la pêche.I988: une entente de principe intervient entre Québecair et les syndicats représentant ses employés au sol et ses agents de bord.I987: collision aérienne à Sait Lake City, en Utah: 16 morts; l’ex-maire de Montréal, Jean Drapeau, est au nombre des 18 Québécois qui reçoivent l’Ordre national du Québec.CARTES D’AFFAIRES ROBIC Fondé on 1892 55 St Jacques Agents de Montréal, Québec brevets Canada, H2Y 3X2 .Télex: 05 268656 «invention Fax: (514)845 7874 et de marques Téi (514) 987-624?de commerce witmmnfw* SWABEY OGILVY RENAULT AGENTS DE BREVET8 ET DE MARQUES DE COMMERCE Une Société dont SWABEY, MITCHELL, HOULE, MARCOUX A SUER et le cabinet juridique OGILVY RENAULT sont les associés 1001, bout de Maisonneuve ouest Montréal, Canada H3A 3C8 (514) 845-7126, Télex; 05-24355 Facsimilé (514)288-8389 MONTRÉAL OTTAWA LA VIE ECONOMIQUE Montréal, mardi 15 janvier 1991 Les marchés financiers sont nerveux à l’approche de l’échéance fatidique PHOTO AP Si ht guerre éclate clans le Golfe, les négociateurs seront certes fort actifs alors que les marchés subiront de fortes fluctuations.NKW YORK (AFP) — Knvoléedes prix pétr oliers, chute des Bourses et remontée du dollar : la plus grande nervosité a régné hier sur les marchés financiers où l’on se montre de plus en plus pessimiste sur les chances d’éviter une guerre dans le Golfe après l’échec des dernières tentatives de solution politique à la crise.Sur le marché pétrolier, baromètre le plus sensible à l’évolution de la situation dans le Golfe et au Proche-Orient, le prix du baril de brut a fait un bond de 5 $ US en début de séance à New York par rapport à la clôture de vendredi, atteignant 32 $ US.Selon un analyste de la firme d’investissement américaine Merrill Lynch, Michael Rothman, le baril pourrait casser à l’ouverture des hostilités son record historique de 42 $ US enregistré au troisième trimestre de 1979 en pleine révolution iranienne.Si les champs pétrolifères saoudiens étaient endommagés, le prix du baril approcherait les 100.s US.À Wall Street, la flambée des prix pétroliers et les craintes de guerre ont fait chuter l’indice Dow Jones des 30 valeurs vedettes de plus de 35 points dans les dix premières minutes de la séance.Vers midi, les cours ont paru se stabiliser, l’indice n’accusait plus qu'une perte de 24,73 points à 2436,68.L’indice Dow Jones vedettes a réduit ses pertes dans la dernière demi-heure d’échanges pour clôturer à 2483,91 en baisse de 17,37 points (•0.7%).L’activité a été très réduite avec seulement 122 millions d’actions échangées.Le nombre des titres en baisse a largement dépassé celui des valeurs en hausse : 1194 contre 356 et 438 titres sont restés inchangés.La menace de guerre a entraîné une nouvelle remontée des taux d'intérêt à long terme américains et un mouvement de vente à Wall Street.La baisse des cours a été amplifiée par la désaffection du marché par la plupart des opérateurs, ceux-ci ayant en effet déjà allégé leur portefeuille par anticipation, selon M.Michael Metz, analyste chez Oppenheimer.Sur le marché obligataire, les taux sur les bons du Trésor américain à 30 ans, principale valeur de référence, sont montes à 8,43 % hier en fin d’après-midi contre 8,36% vendredi soir.La bourse de Toronto a subile même sort, perdant 16.01 points pour clôturer à 3,167.58 points.A Montréal aussi le marché s’est replié et l’indice général XXM a fini la journée sur un recul de 3,53 points à 1692,78.Kn Europe, la bourse de Londres a cédé 1,2 % et celle de Francfort, effrayée par les incidents de Lituanie et secouée par des évènements de politique intérieure, a reculé de 3,94 %, cassant ainsi son plus bas niveau atteint le 28 septembre dernier.A Paris, la dégringolade a également été spectaculaire, la séance s’achevant sur un recul de 3,60%.Quelques heures plus tôt, les bourses asiatiques avaient tenté de résister.Tokyo terminant en baisse de 0,11 % seulement.Le dollar a joué les valeurs refuges dans des marchés étroits.À New York, le dollar a coté 1,5495 deutchemark et 135,40 yen en fin de matinée contre 1,5307 DM et 133,45 yen vendredi soir.Selon un cambiste de la Citibank à New' York, le billet vert, qui joue encore dans les moments de tensions internationale extrême son rôle traditionnel de monnaie refuge, pourrait monter jusqu’à au moins 1,57 DM et à 1,37 yen en cas de guerre.L’or a également fait un bond spectaculaire.À New York il a atteint les 400 $ US contre 391 $ US vendredi.GATT : tentative de redémarrage des pourparlers après l’échec de décembre GENEVE (AFP) — Le directeur général du GATT Arthur Dunkel fera prudemment le point aujourd’hui à Genève sur les possibilités de relancer l’Uruguay Round après cinq semaines d’inactivité, lors d’une brève réunion informelle qui constituera le premier contact collectif entre les délégations depuis l’échec de la conférence de Bruxelles.Cette conférence ministérielle s’é-lail achevée le 7 décembre sans parvenir à conclure le cycle de négociations commerciales multilatérales,, en raison du conflit entre la CÉK et les États-Unis sur la réduction des soutiens agricoles.Le risque de guerre dans le Golfe rend plus urgents la reprise et le succès de l’Uruguay Round, selon les délégations de la CÉK et des États-Unis à Genève.Un membre de la délégation communautaire a cependant reconnu qu’une guerre éventuelle pourrait retarder les débats en accaparant l’attention des responsables dans les capitales.Lors de cette réunion, « il n’apparaîtra peut-être pas clairement si un démarrage rapide est possible», a estimé hier le porte-parole du GATT, M David Woods, pour qui il n’est pas exclu qu’il faille « un peu plus de temps » avant une reprise réelle des négociations.La réunion du Comité des négociations commerciales (TNC) ne devrait durer qu’une heure.Les participants — surtout des ambassadeurs à Genève et non des fonctionnaires envoyés par les capitales — écouteront M.Dunkel évoquer les contacts qu’il a eus ces dernières semaines lors d’une tournée des principales capitales.La discussion portera sur la possibilité de poursuivre le processus de négociation, et non sur les questions de fond, a précisé M.Coup d oeil boursier Dow Jones 2483.91 -17.58 Dollar canadien (US Cents) 86.99 TSE-300 3167.58 -16.01 Or (New York-USS) 400.10 Montréal-XXM 1692.78 -3.53 (PC) Woods.Après l’échec retentissant de la conférence de Bruxelles, il s’agira en effet pour M.Dunkel de surmonter la profonde méfiance qui s’est installée entre les principaux participants.Aucun signe concret susceptible de relancer le processus n’a été enregistré depuis le 7 décembre.Pratiquement, les seuls signes de souplesse dont on a pu faire état sont ceux attribués par des responsables au camp adverse.Ainsi, le premier ministre britannique John Major s’est réjoui le 23 décembre, à l’issue d’une rencontre à Camp David avec M.George Bush, de l’engagement du président américain de faire preuve de plus de flexibilité à la mi-janvier.Inversement, M.Neal Blewett, ministre australien des Négociations commerciales, qui présidait à Bruxelles le groupe de Cairns (14 pays exportateurs de produits agricoles qui soutiennent les Etats-Unis contre la CÉK), a déclaré le 3 janvier à Canberra avoir décelé à Bruxelles des indices qui lui font espérer que la CÉK pourrait faire des concessions sur la question des subventions agricoles.Jeudi dernier, le ministre britannique du Commerce et de l’Industrie, Peter Lilley, a estimé vital un accord rapide de l’Uruguay Round, faute de quoi la Communauté européenne de- $ü 1$ M Arthur Dunkel oncessions plus im portantes qu’elle ne le souhaite.M.Mermaz, ministre français de l’Agriculture, a demandé le même jour aux responsables de la Commission européenne de ne pas mélanger les négociations de l’Uruguay Round et la modernisation de la politique agricole commune (PAC), que Bruxelles a mise en chantier courant dé- cembre.Quant à Mme Hills, la représentante du président George Bush pour le commerce, elle s’est montrée pessimiste vendredi dernier sur les chances de conclure avec succès les négociations de l’Uruguay Round.Elle a estimé qu’il y avait « moins de 50 % de chances (.) peut-être 30 % environ, ce qui constitue un pronostic décevant ».L’un des facteurs qui risque de compliquer la conclusion du Round réside dans l’échéance du 1er mars, date d’expiration théorique de la procédure accélérée ( fast track authority) qui confère au président Bush la possibilité de présenter comme un paquet global, au Congrès, les résultats de l’Uruguay Round.Une nouvelle donnée a été introduite dans le débat figé de l’Uruguay Round par la récente entrée en fonction d’un nouveau chef du MITI, le ministère japonais du Commerce et de l’Industrie.Alors que le Japon a adopté durant la phase précédant la conférence de Bruxelles un profil étonnamment bas compte tenu de sa puissance commerciale, M.Eiichi Nakao,qui succède à M.Kabun Muto, pourrait, selon les observateurs, faire jouer un rôle bien plus important à son pays dans les négociations grâce à ses contacts et à sa bonne connaissance de l’anglais et du monde non-japonais.L’économie israélienne se prépare activement à la guerre contre l’Irak Jean-Luc Kenaudie ilr l'Afiomv Fnuico l'rcsso JÉRUSALEM — L’économie israélienne se mobilise et met la dernière main à un vaste dispositif d’urgence permettant au pays de fonctionner en temps de guerre.Le conseil des ministres a ainsi accordé au premier ministre Yitzbak Shamir le pouvoir de décréter à tout moment « l’état d’urgence économique ».Le chef du gouvernement peut à n’importe quel moment placer l’ensemble des entreprises sous le contrôle de la « Commission de l’économie en temps de guerre », qu’il préside.Cet organisme, qui a été convoqué pour la dernière fois lors de la guerre de 1973, peut réquisitionner des salariés pour renforcer les effectifs dans des secteurs où sévirait une pénurie de maiii-d’oeuvre en raison d’une mobilisation des réservistes.La commission est aussi chargée de gérer les stocks nationaux de produits alimentaires de première né-cessité, de médicaments, et supervise les transports, la distribution d’eau, de carburants et d’électricité.Des générateurs sont prêts à fonctionner dans tous les secteurs vitaux de la Défense, dans les hôpitaux et les entreprises alimentaires afin de pallier d’éventuelles coupures de courant.« La population n’a aucune raison de céder à la panique, nous disposons de réserves suffisantes pour plusieurs mois », a indiqué un haut fonctionnaire du Trésor.Le ministère de l’Énergie se veut également rassurant.« Nous avons pris les précautions nécessaires.Les stocks des différents types de carburant sont actuellement à leur niveau maximum, il n’y a donc aucun danger de pénurie », a précisé un porte-parole de ce ministère.Ce dernier a toutefois refusé de préciser quel était le volume exact de réserves stratégiques israéliennes en soulignant qu'il s’agissait « d’une information confidentielle».Les banques et les entreprises ont aussi pris les devants pour s’organiser.Les dirigeants des principaux établissements financiers israéliens ont annoncé, en accord avec la Banque d’Israël, la fermeture des trois quarts des agences du pays, en cas tie guerre.Les agences qui resteront ouvertes ont reçu des instructions pour disposer en permanence d’importantes liquidités en shekels et en devises, afin de faire face à la demande des Israéliens ou des titulaires de comptes étrangers.Les banques ont également mis au point un système informatique alternatif afin de pouvoir continuer à fonctionner, si un des ordinateurs centraux est touché par un bombardement, a indiqué la Banque d’Israël.Dans l’industrie et le commerce, l’heure est également à la mobilisation.Les trois cents entreprises industrielles des kibboutzim (villages collectivistes) ont constitué une cellule de crise pourvue d’un « téléphone rouge », afin d’organiser la production.L’Association des industriels a également pris des dispositions pour faire face à une situation d’urgence.« Notre plus gros problème actuellement est d’assurer les importations par avion cargo au moment où la plupart des compagnies aériennes étrangères ont annulé leurs liaisons aériennes avec Israël », explique un dirigeant de cette association.L’augmentation considérable des tarifs d’assurances pour les transports aériens et maritimes est à l’origine de cette situation, ajoute ce | responsable.Les primes exigées J pour les bateaux à destination du j port d’Eilat sur la mer Rouge ou de Haïfa sur la Méditerranée ont ainsi j grimpé de 400 % depuis le début de l’annee.Les chefs d’entreprises israéliens et importateurs sont en outre confrontes à de très sérieuses difficultés de trésorerie.« De plus en plus de fournisseurs étrangers refusent d’accorder des crédits et exigent un paiement comptant notamment pour les matières premières », souligne-t-on à la Banque d’Israël.La BdeM s’associe à la Sun Life dans les services fiduciaires Serge Truffaut LA BANQUE de Montréal vient de prendre les devants en matière de services fiduciaires en s’associant avec Fiducie Sun Life, filiale en propriété exclusive de la compagnie d’assurance-vie Sun Life.Dans la foulée du décloisonnement des institutions financières, la troisième banque au pays par l’actif a annoncé hier qu’elle avait signé une entente qui lui permet dès à présent de proposer des services fiduciaires dont le nombre pourrait éventuellement varier.En effet, dépendamment de ce que le législateur accordera dans le cadre de sa réforme de l’industrie financière, et de la stratégie qu'arrêtera alors la Banque de Montréal qui tenait hier son assemblée annuelle, la gamme de services fiduciaires pourrait être grandement modifiée.Telle que décrite hier par M.Jacques Rastoul, porte-parole de la Banque, cette entente stipule que la Sun Life aura la responsabilité de toutes les fonctions afférentes au litre de fiduciaire des caisses de retraite.En contrepartie, la Banque offrira « ses services de garde et d’établissement de rapports».Selon M.Rastoul, l’accord signé entre ces deux institutions financières a été élaboré selon le principe dit de l’échange de services.Point.Parrallélement à cette association, la Banque de Montréal a décidé de créer de toutes pièces une nouvelle direction baptisée Services de gestion d’actif qui « englobe les services de gestion de placement et les services connexes.Les services offerts par la nouvelle direction viennent compléter les activités de sa filiale Nesbitt Thomson et facilitent la gestion du réseau de services fiduciaires mis sur pied de concert avec la Fiducie Sun Life».Sur un autre plan, M.Rastoul, en écho au discours prononcé hier à Toronto par M.Matthew W.Barrett, président du conseil et chef de la direction de la Banque de Montréal, a confié que cette institution avait récemment adopté un plan stratégique de décentralisation (pii s’est notamment traduit par une délégation importante de pouvoirs dans les régions.Fomulée afin de mieux répondre, promet-on, aux besoins de la clientèle, celle stratégie s’est traduite par la création de 44 postes de premiers vice-présidents et vice-présidents régionaux.Plus précisément, ces postes sont occupés par des personnes qui, auparavant, évoluaient au sein des différentes directions provinciales.Lors de son allocution, M.Barrett a souligné que cette décentralisation avait été pensée afin de contrer les effets néfastes de la « désaffection » de plus en plus prononcée des individus à l’égard des politiciens comme des grandes entreprises.« Pour lutter, de poursuivre M.Barrett, contre cette désaffection, nous adaptons notre mode de fonctionnement aux conditions locales, dans les quelque 250 collectivités où nous exerçons nos activités partout au Canada ».De son côté, le président et chef du l’exploitation de la Banque de Montj réal, M.Anthony Comper, a rappelé ; lors de son exposé que « le taux dq 14,6 % du rendement de l’avoir des actionnaires ordinaires, lequel se situe juste un peu au-dessous du rendement moyen de 15% des six grandes banques à charte, lui a permis de se classer troisième à ce chapitre.Nous sommes légèrement en deçà de la norme, mais nous avons réussi à éliminer presque totalement l’écart qui nous séparait l’an dernier de la moyenne des six grandes banques ».En effet, à la fin de son exercice 99 cette banque avait dégagé un bénéfice net de 522 millions $ contre une perte de 39 millions (1 en 1989 qui découlait d’une importante provision pour pertes sur prêts.À cet égard, M.Comper a noté que « la comparaison avec les autres grandes banques ne serait pas significative à ce chapitre en raison des écarts dans les provisions et les intérêts sur prêts aux pays en développement ».Toutefois, « si l’on compare les deux exercices sur les mêmes bases, la croissance du revenu net pour l’année s’établit à 10%».Enfin, de 79 milliards $ en 1989, l’actif de la Banque de Montréal est passé à 87 milliards $.PHOTO PC- Matthew Barrett.L’économie au premier rang des préoccupations des Canadiens TORONTO (PC) — 60 % des Canadiens évoquent divers aspects de l’économie comme étant la plus importante difficulté à laquelle fait face le pays aujourd’hui, suggère un sondage Gallup publié hier.L’inflation ou une difficulté économique y ayant trait a été mentionné par 43 % des personnes consultées, tandis que 17 % choisissaient le chômage comme problème prioritaire.11 y a un an, les chiffres combinés s’établissaient à 47 %.Seulement 4 % des gens interrogés pensent que les questions environnementales constituent le problème le plus important.Ce nombre est en baisse par rapport à un sommet de 17% atteint en juillet 1989.2 % des participants au sondage ont choisi les relations commerciales avec les États-Unis, tandis que 8 % ont blâmé le gouvernement comme étant le plus gros problèmes.25 % y sont allés avec d’autres problèmes, alors que 1 % des personnes consultées ont déclaré ne pas savoir.Le sondage est basé sur des entrevues menées du 5 au 8 décembre auprès de 1011 adultes âgés de 18 ans et plus.Un échantillon de cette taille, lorsqu’il est censé représenter la po-pulation au complet, est considéré exact à quatre points de pourcentage, 19 fois sur 20.Pas de pénurie de pétrole aux USA NEW YORK (Reuter) — Une guerre dans le Golfe n’entraînera sans doute pas une pénurie de pétrole aux États-Unis, mais des achats dus à la panique pourraient tirer les cours du brut vers des sommets, écrit hier le New York Times.Le journal, se fondant sur des informations recueillies de sources gouvernementales et auprès de l’industrie pétrolière, note que les gisements d’Arabie Saoudite sont suffisamment bien défendus contre une éventuelle attaque pour ne pas être détruits.Le quotidien américain ajoute toutefois que les exportations saoudiennes seront sans doute réduites d'un tiers en cas de guerre.L’approvisionnement à long terme ne sera pas affecté par un conflit armé dans la région puisque les ré- serves souterraines ne sont pas vulnérables en cas d’attaque, précise le journal.Certains experts ne pensent pas ()uc le baril atteigne les 40 % par baril, même si la guerre éclate.Selon eux, la marine irakienne n’est pas assez puissante pour gêner le trafic des pétroliers dans le Golfe.Par ailleurs, les spécialistes interrogés par le New York Times notent que de nombreux pays producteurs ont déjà chargé d’importants stocks de brut sur des pétroliers.Ils estiment que l’Iran et l’Arabie ont déjà rapproché des cotes des pays importateurs près de 60 millions de barils.Enfin, les pays occidentaux ont des stocks suffisants pour faire face à une réduction de la production saoudienne.La Caisse investit dans Laboratoires Bio-Recherches it';ii>rès lu l'rossc Cunaiticnne LABORATOIRES Bio-Recherches ltée, détenue en propriété exclusive par Mérieux Canada Holdings Ltd depuis l’acquisition de Connaught Biosciences en décembre 1989, a annoncé hier que la Caisse de dépôt et placement du Québec venait d’acquérir une participation de 30 % au capital-actions de la société.« M.Mi- chael Ankcorn, président du conseil et chef de la direction des Laboratoires Bio-Recherches, accueille cet investissement comme un pas dans la bonne direction pour préserver l’autonomie d’une entreprise solidement implantée au Québec et s’allier un partenaire qui lui permettra de poursuivre son développement », indique les Laboratoires dans un communiqué. A-6 ¦ Le Devoir, mardi 15 janvier 1991 LA VIE ECONOMIQUE À Dubaï, les affaires passent avant la guerre Taiwan a retiré 35 milliards $ des banques américaines c Philip Shehadl de l'agence Heater DUBAÏ — Dans l’émirat de Dubaï, voué depuis longtemps aux affaires, 1,'éventualité d’une guerre chimique ou de missiles irakiens inquiète moins que la perte d’un emploi ou d'une fortune.Situées à 800 kilomètres au sud du koweit.Dubaï et les autres villes des Émirats arabes unis (EAU) sont hors de portée des missiles irakiens et ne constituent pas des objectifs militaires essentiels pour l’Irak.Mais cette relative sécurité n'empêche pas les affaires de traverser une mauvaise passe.« Les Émirats sont loin de la crise que subit la région, bien qu'ils se situent dans le Golfe.Notre sort est probablement beaucoup plus enviable que celui d’autres Etats du Golfe », reconnaît Abdul Rahman Mutai wee, directeur général de la Chambre de commerce de Dubaï.Mais il ajoute aussitôt : «Quoi qu'on dise, on ne peut restreindre les effets d’une guerre.Personne ne peut prévoir ce qui va se passer.» Installé devant ses rayons de bijoux, Nagin Dhakan, un courtier en or d’origine indienne, reconnaît que le commerce va mal.Il affirme perdre chaque jour environ 1000 di- rhams (270 $ US) en raison de la désaffection de la clientèle.Un détaillant en électronique grand public fait état quant à lui d'une baisse de 75 % de son chiffre d’affaires pour la semaine passée.On n'assiste toutefois pas a la fuite éperdue des capitaux qui s’est produite lors de l’invasion irakienne du Koweit, le 2 août dernier.« Nous avons prouvé que nous n’empêcherions pas la libre circulation des capitaux.Ainsi personne ne sera obligé de faire cela (vider son compte), car tout le monde aura la possibilité de transférer son argent à tout moment », fait remarquer Rahman Mutai wee.La moitié des compagnies aériennes desservant Dubaï, le principal aéroport du Golfe, ont supprimé des vols en raison de la forte hausse des primes d’assurances.Les réservations d’hôtel sont en chute libre.Certains ménages ont commencé à stocker de l’eau et de la nourriture, mais peu d’entre eux s’attendent à devoir utiliser ces réserves.L’ambassade des Etats-Unis a lancé un appel au calme à ses ressortissants, qui sont, dans leur grande majorité, restés à leur poste.« Nous ne sommes pas confrontés à un autre Koweit », précise l’ambassade dans une lettre aux Américains des Émirats.TAIPEI ( Reuter) — Taiwan, l’un des premiers détenteurs mondiaux d’avoirs en devises, a retiré plus de la moitié ses actifs en dollars US dans des banques américaines, en raison des risques de faillite qui pèsent sur le système bancaire aux Etats-Unis, ont annoncé hier des responsables de la Banque centrale de Taiwan.Environ 35 milliards $, soit 58 % des avoirs en devises de Taiwan, ont été retirés des banques américaines depuis la fin 1990.Une partie a été déposée auprès de la Réserve fédérale américaine, une autre auprès de banques en Europe, au Japon et en Australie, ajoutent-ils.« Ce retrait a essentiellement pour but de protéger nos avoirs, puisque les déposer dans des banques américaines comporte plus de risques », ont déclaré ces responsables.Les avoirs de change de Taiwan totalisent environ 73 milliards $, dont 60 milliards $ en diverses devises.Le reste est constitué de titres, notamment de certificats de dépôt et de bons du Trésor.La Banque centrale a conservé une petite partie de ses devises en dépôt auprès des grandes banques américaines afin de conserver des relations commerciales avec elles.Un club réunit les recalés d’Oxford et de Cambridge La chapelle de King’s College, de l’Université Cambridge.(flh wityffrvîw ill 1117 1 tï ï I.fri Mirm wnü*:tei9e~i François Casteran TT-
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