Le devoir, 19 janvier 1991, Cahier C
LES FLOCONS DE VINYLE île hoir \iiilniii —— MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 19 janvier 1991 Donatien Alphonse François de Sade Le saigneur de la Pléiade Guy Fer land J T N INCESTUEUX, grand // I J amateur de sodomie, pour V réunir ce crime à ceux de l’inceste, du meurtre, du viol et du sacrilège, et de l’adultère, se fait en-culer par son fils avec une hostie dans le cul, viole sa fille mariée et tue sa nièce.» Ce morceau choisi, numéroté 137, est tiré de la quatrième partie des Cent Vingt Journées de Sodome qui viennent de paraître dans le premier tome des oeuvres « incomplètes » de Donatien Alphonse François de Sade, dans la Pléiade.Publier « l’en fer sur papier bible », comme dit la publicité de Gallimard, ajoute du piquant à des textes qui ne manquaient pas de lubricité.Le « saigneur » Sade entre aims dans l'illustre confrérie des rares auteurs qui ont le privilège de voir leurs oeuvres paraître dans la prestigieuse collection.Cette consécration, 176 ans après la mort du marquis, ne manque pas de surprendre si l’on considère que les Cent Vingt Journées.ne sont parues pour h première fois qu’en 1931 et que Jean .lacques Pauvert, qui avait entrepris la publication des oeuvres de Sade, fut condamné en 1957 et les livres suspects détruits.Le premier tome de la Pléiade réunit aux Cent Vingt Journées.un petit texte de spéculations philo sophiques intitulé Dialogue entre ui.prêtre et un moribond et un immense roman « philosophique », où il est plutôt question de voyages et de comparaison des moeurs, Aline et Vulcour.Les deux prochains volumes contiendront les trois versions successives de Justine, l’Histoire de iras T."f'rJ \*r-*.a* WF?l&iâ WM'fgk r 328 îjSSS PE vtmr: Vîgt., ïe&: lyrbni;}.'ïJjr* yfür.cJ A .y." méÂfr: •jgsi Juliette et Lu philosophie duns le boudoir.Jamais la mention « relié en pleine peau, dorée à l’or fin 23 carats » à la fin des livres de la bibliothèque de la Pléiade n’aura eu un sens aussi douteux car la peau, les reliures et l’or fin (ou plutôt le plomb) coulé sur des entailles constituent des éléments essentiels des textes écrits par Sade en prison.C’est le 2 juin 1741 que le monde a vu le « diable » naître en lu personne de Donatien Alphonse François de Sade.Très tôt il manifeste des déviances.Les parties de débauche auxquelles il participe se multiplient jusqu’au jour, le 19 octobre 1763, où il va trop loin selon Jeanne Testant qui l’accuse de fustigation sur sa personne et d’impiétés.C’est la première d’une série d’incarcérations au château de Vincennes, dans des résidences surveillées ensuite, puis à la Bastille et enfin à Charenton où il finira ses jours en 1814.Ses détentions, entrecoupées par quelques libérations, sa reputation de libertin impénitent et ses activités d’écriture sont imbriqués les unes dans les autres.L’enfermement dont il fut l’objet, pour quelques écarts de comportement dans des orgies, devient la source de son jet créateur.Et Sade écrit long, exagérément, avec compulsion, tout en notant soigneusement ses pratiques d’onanisme.Depuis deux siècles, il est associé aux crimes les plus atroces et à la démence.C’est méconnaître le caractère exceptionnel de ses oeuvres littéraires.Les textes sadiens fascinent les grands auteurs, de Rétif de La Bretonne à Roland Barthes, en passant par Flaubert, Apollinaire, les Voir page C-2 : Sade Yves Simoneau ou le défi de la tolérance PHOTO JACQUES GRENIER Yves Simoneau : « Je vois toujours la vie à travers un grand angulaire.» Odile Tremblay LA VEILLE, il y avait eu comme un suspense dans l’air au théâtre Maisonneuve.Le public de Montréal allait-il oui ou non se laisser séduire par le dernier Simoneau ?Les paris étaient ouverts.Fait sans précédent, le cinéaste y présentait un produit anglais (dont en plus le sous-titrage avait des ratés).Aujourd'hui, Yves Simoneau respire beaucoup mieux.Car « Per- « J’ai plus de facilité à financer un film à Toronto ou Los Angeles qu’à Montréal.Vous trouvez ça normal ?» fectly normal » a reçu un bon accueil, enthousiaste, même.« Ça prouve qu’on n’est pas une gang de colonisés.Qu’on est ouverts à d’autres réalités que la nôtre », estime-t-il.Puis il ajoute un ton plus bas : « Mon film a pour thème la tolérance.Or, ironie du sort, son lancement avait lieu une demi heure après que la guerre se soit déclarée dans le Golfe.Parler de tolérance dans ce monde d'intolérance, c’est tout un défi ».Yves Simoneau est-il vraiment en train de larguer les voiles loin du Québec ?De s’envoler s’en retour ?Tout porte à le croire.Mais dans la chic suite de l'hôtel Reine-Elizabeth où se déroule notre entrevue, il s’en défend bien, se déclare Québécois dans l’âme, rêve de travailler encore ici.Sauf qu’il a envie de bouger, sauf u’au Québec, la cage lui paraît bien troite, sauf que notre milieu cinématographique l'a en fait pas mal déçu.Coup sur coup, ces dernières années, il cumulait les revers.À Montréal, ses projets de films « Erreur sur la personne » et « Being al home with Claude » ont échoué sur les rives moroses des « tracasseries administratives ».« J’ai eu affaire à des imbéciles », déclare-t-il encore révolté du manque de vision qui, à son avis, est en train de scléroser les antichambres du cinéma québécois.Ici, après chaque succès, un réalisateur doir repartir à zéro, refaire ses preuves.Quêter comme un débutant.J’ai plus de facilité à financer un film à Toronto et à Los Angeles qu’à Montréal.Vous trouvez-ça normal ?» Il est vraiment très élégant avec un veston vert de la couleur de ses yeux et une cravate assortie aux teintes violacées de sa belle chemise.Plus chic, moins « freak », mais toujours chaleureux et pas si différent en somme du jeune loup bourré de talent qui lançait à Québec en 78 « Les célébrations ».À l’époque, son premier long métrage faisait déjà du bruit.Mais les temps changent.À 35 ans, Y ves Simoneau habite Los Angeles, lorgne un certain marché américain, se décrit comme un saltimbanque qui déplace sa roulotte là Voir page C-2 : Simoneau ?Entrevues de Nathalie Petrowski avec Olivier Asselin et Michel Brault, lauréats des prix Séquences 1990 Peer Gynt Alain Zouvi relève le plus important défi de sa jeune carrière dans le classique d’Ibsen au TNM C-4 Houston Ballet Des ballets de George Balanchine, Christopher Bruce et sir Kenneth MacMillan figurent au premier programme de cette compagnie à Montréal.C-6 FrHjiclno Noel Bftoel, PriBe OU HOUB avone touB décou*«rL roman deux Toujours BEST-SELLER vlb éditeur lA petite maison DE LA GRANDE LITTERATURE BABEL, PRISE DEUX OU NOUS AVONS TOUS DÉCOUVERT L’AMÉRIQUE de Francine Noël Four chasser ces affreuses images de la guerre, il faut lire ce troisième roman de Francine Noël qui nous parle avec beaucoup d’intelligence de l’amour et de l’amitié entre les hommes et les femmes comme elle seule sait le faire.Un grand bonheur de lecture.412 pages — 22,95 $ En vente partout ,1b édLWW C-2 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 le cahier du i • ameai 4> Sade Surréalistes, Pierre Klossowki, Georges Bataille, Jean-Paul Sartre, Jacques Lacan, Maurice Blanchot, Philippe Sollers, et bien d’autres.Sade a poussé jusqu’à la limite l’expression littéraire.On ne lit pas Sade.On y réagit.Les mots employés, la langue belle et la froideur des descriptions sanguinaires du marquis produisent des effets de distanciation qui donnent le vertige au lecteur.Mais jamais le divin marquis, pour utiliser l’expression d'Apollinaire, n'a écrit de la pornographie.Ses textes sont plus que cela et je défie quiconque de le lire à une main, comme on disait au XVlIIe siècle, et d’y prendre du plaisir.Le plaisir du texte sadien est au-delà.Dans l’au-delà justement.Ce n'est pas pour rien que la cible préférée de Sade a toujours été la religion.Ce qu’il voulait atteindre dans ses retraites forcées, c'est l’absolu.Pour un athée, il y a là une difficulté.Il est condamné à renchérir, à blasphémer à l’infini, à transgresser les interdits, à utiliser l’excès, à recourir au cri, à la souffrance et finalement au silence, à la mort.et au recommencement, c’est-à-dire à ressasser sans fin la fin qui n’en finit pas.Sa somme « athéologique » ré digée en partie à la Bastille juste avant la Révolution française, Léo Cents Vingt Journées de Sodome, constitue à cet égard un archétype puisqu’elle se termine de façon fragmentaire par un catalogue de tortures plus abominables les unes que les autres.Mais avant d’atteindre les horreurs du château de Silling où seront enfermées une centaine de victimes, Sade décrit les quatre bourreaux et les lieux des tortures où seront sacrifiées aux mânes de la débauche de jeunes innocents.Ensuite, il prend un malin plaisir à décrire par de menus détails tout l’isolement des victimes qui sont en fait emmurées vivantes dans le château avant le début de leurs supplices finals.Il n’y a là aucun détour, aucun recours ne semble possible, aucun jeu, aucune espérance.Comme dans les autres oeuvres majeures du marquis, les victimes sont mortes avant même d’avoir commencées à mourir.C’est pourquoi on ne prend pas son pied en lisant Sade.On reste sur la réserve malgré les atrocités décrites.L’impasse, l’innommable, est au début.Le style même de Sade rehausse le sentiment d’irréalité et de distance.Des exemples ?Voici, au hasard : « 92.Il lui enfonce un fer brûlant dans l’anus, et autant dans le eon après l’avoir bien fouettée avant.» Pire ?« 15.Il encule le prêtre tout en disant sa messe, et quand celui-ci a consacré, le fouteur se retire un moment; le prêtre se fourre l’hostie dans le cul, et on le rencule par là-dessus.» Pire encore ?« 81.Il se fait fouetter en baisant le cul d’un garçon, pendant qu’il fout une fille en bouche; ensuite il fout le garçon en bouche, en baisant le cul de la fille et recevant toujours le fouet par une autre fille; puis il se fait fouetter par le garçon, fout en bouche la putain qui le fouettait, et se fait fouetter par celle dont il baisait le cul.» Et ça continue comme ça pendant des milliers de pages, aussi froidement, en emmêlant les corps d’animaux, de femmes enceintes, d’enfants aux excréments et à quelques curiosités logistiques.On touche ici aux confins du conceptuel, aux limites du « dicible ».Il ne faut pas prendre les textes de Sade au pied de la lettre, mais comme des expériences d’écriture et de lecture qui nous entraînent de l’autre côté du miroir de la réalité.La réaction bourgeoise ou naturelle face aux textes sadiens, disait Barthes, est de dire que l’auteur était un fou, sûrement, que ce qu’il a écrit est horrible et condamnable, et que finalement tous ces mots alignés sont ennuyants.C’est que Sade nous pousse dans nos derniers retranchements, personne, avant lui et après lui, n’étant allé aussi loin dans la mise en scène de la mort sous toutes ses formes.Il serait trop facile, simple et erroné de ramener la littérature à la vie de l’auteur ou, comme ici, à la réalité des scènes décrites, D’emblée, le texte sadien transgresse la vraisemblance.L’auteur de la Philosophie dans le boudoir nous appelle à une réflexion extrême sur la négativité, le non-sens.En cela, il est absolument moderne.Il faut saluer l’initiative de la bibliothèque de la Pléiade qui réintroduit les textes sadiens par-delà le bien et le mal et nous fait apprécier ce fils illégitime, ou naturel, de la littérature.' iHPH W«B M&SSSff lirffTTtirtirTTlfUfllMiliflB I 0 ras A N I) K E W L LO V l> W F.B B F.K .«m.m, ,*,r II A K () L I) PRINCE LE DEVOIR présente: 17 AU 20 AVRIL, 20h30 RÉSERVA TIONS: (CLUB SODA) 288-2525 TICKETRON 5H#WSÜR CKAC73AM (gjTlCKETOON- 5240 avenue du Parc Inf.270-7848 Billets au Club Soda et Ticketron 4 Simoneau où la vie l’appelle.« Tant mieux si quelqu’un s’ici se fait voir ailleurs ».En 88, il a passé neuf mois à Toronto, arrimé à « Perfectly normal » que les producteurs du lieu lui offraient, déjà financé, sur un plateau d’argent.Pour une fois, le scénario n’était pas ie sien.« Mais j’y ai mis mon style, ma vision, j’ai fait éclater les dialogues.Avec la même histoire, un autre aurait réalisé un film grossier ou « slapstick ».Moi j’ai misé sur la douceur, le lyrisme ».Et l’obstacle de la langue ?« Tourner en anglais, c’est comme traverser un écran de fumée.Ça fait peur au début, ensuite on se remet à rouler.» « Perfectly normal » est l’histoire de Renzo, un gars bien ordinaire.Il a de petits rêves et de petits emplois.Mais voilà qu’un espèce d’ange du bizarre vient bouleverser le cours de cette vie bien réglée .Le volumineux Turner est fou de gastronomie et d’opéra et il caresse d’ambitieux projets : ouvrir un restaurant pour mélomanes, avec grand service, bel canto et personnel costumé.Tout un programme ! Le film en est un de démesure, d’humour aussi (surtout la fin fellt-nienne, vraiment désopilante).En fond sonore : des airs d’opéras et de musique symphonique : Bellini, Prokofiev, Verdi, Màhler, Puccini.« Moi et Richard Grégoire, mon di recteur musical attitré, on s’est payé la traite ce coup-ci, sourit le ci- PHOTO JACQUES GRENIER tant de pro-Simoneau que de contre.« J’ai pris l’habitude de soulever la controverse.» déclare-t-il en riant.Une chose est certaine : La trajectoire d’Yves Simoneau a suivi jusqu’ici une ineluctable courbe ascendante : Québec, puis Montréal, Toronto, New York, aujourd’hui Los Angeles.À ses yeux, tout est aux États à peu près comme ici mais au superlatif : plus d’argent, plus de monde, plus d’espace.L’an dernier, il réalisait aux États-Unis le film-télé « Memphis », qui traitait de tensions raciales sur un scénario à la Tennessee Williams.Maintenant, Hollywood le sollicite, lui offre l’occasion d’entrer dans les ligues majeures.Il hésite pourtant entre plusieurs projets.« Je n’aime pas employer cet expression-là, mais j’ai vraiment la sensation d’être aujourd’hui à un tournant de ma carrière, déclare-t-il.Ça mérite un temps de réflexion.» Présenté en avant-première mercredi dernier à la salle Maisonneuve de la Place des Arts dans le cadre du 35e anniversaire de Séquences, « Perfectly normal» prendra l’affiche en salle à compter du premier février.Yves Simoneau entre Montréal, Toronto, New York et Los Angeles.néaste.70 musiciens d’orchestre, le bonheur ! » Sans être un vrai fan d’opéra, Simoneau apprécie son côté grandiose, fou, exacerbé.C’est cette outrance qui perce l’écran.Quant aux images, elles ont été tournées avec une caméra grand-angulaire qui vient distorsionner légèrement les visages.« J’ai voulu modifier la lecture de la réalité, dit le cinéaste, lui donner un aspect surna- turel, comme si, tout-à-coup, on pénétrait sur une autre planète.» Une planète qu’il avoue habiter lui-même.• Je vois toujours la vie à travers un grand angulaire », confesse-t-il.Précisons-le : Simoneau possède une formation de caméraman.À 17 ans, il fixait déjà les images du téléjournal avant de se lancer dans le court métrage, puis dans le « vrai » cinéma.À l’époque, cet idéaliste croyait dur comme fer à la vocation cinématographique de Québec, rêvait de faire un San Francisco dans les vieux murs.« Hélas ! j’étais le seul à y croire », soupire-t-il aujourd’hui.Mais quand l’enfant prodige s’est résigné à gagner Montréal en 82, le « grande ville » l’attendait avec une brique et un fanal.Du vrai sport ! « Mon film « Les yeux rouges » s’est fait « puncher ».« Pouvoir intime », « Les fous de bassan », « Dans le ventre du dragon » devaient subir à leur heure à peu près le même sort Même s’il a constamment sauté dans sa carrière d’un genre à l’autre, passant du fantastique au tragique avec un bond dans le film comique, il a toujours rencontré sur sa route au- Tte.pHAN * GM noS" UIMX î\ “‘Alice* «‘St un petit bijou.Brace a Woody et son équipe, les contes de fée deviennent réalité.” IMS II» AVTS MA'-Mfk “Une brochette de vedettes qui jouent a merveille.‘Alice* est un film qui exige des félicitations.” IVtMMO THI M*>oHkTIMt‘ “l ue des meilleures comédie de l'année.IO sur IO!” I.wi> FHASM in MR* r> ALICE ALEC BALDWIN BLYTHE DANNER .Il DY DAVIS MI A FARROW WILLIAM HI HT KEYE LIEE JOE MANTEGNA BERNADETTE PETERS CV BILL SHEPHERD GW EN VERDON .JACK ROLLINS.CHARLES H J0FFE- .'ALICE' ' r JULIET TAYLOR “JEFFREY KURLAND -SUSAN E MORSE.:." .‘SANTO LOQUASTO ~ " .'.'CARLO Di PALMA.' : JACK ROLLINS.CHARLES H JOFFE ’**‘8 ROBERT GREENHUI SMS WOODY ALIEN OKOÎ1 À L’AFFICHE À COMPTER DU 25 JANVIER C-4 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 le cahier du sr35T‘ WW théâtre du nouveau monde HENRIK IBSEN Dans la solitude des champs de coton KOLTES mise en scène de Alice Ronfard avec René Gagnon et David La Haye DU 15 JANVIER AU 9 FÉVRIER À 20 H00-5066, RUE CLARK RÉSERVATIONS: 271-5381 ET RÉSEAU ADMISSION: 522-1245 LE DEVOIR MICHEL TREMBLAY théâtre n e QUAT'SOUS 100, AV.DES PINS EST.MTL.Dès le 21 Janvier 1991 mise en scène de LORRAINE PINTAL , avec RENE RICHARD CYR et GILDOR ROY ot tes coocopteuG Claudine Paradi.Dcniôte Lévmque.Richard locroix, André Naud, PhMppe Ménad et Angelo Baneffl- Mardi au samedi 20 h.- Dimanche 15 h.Réserve: dès maintenant: 845-7277 uvumcni AULiflÜtaUliï (814) an-ms THÉÂTRE Alain Zouvi: «Peer Gynt» ou le défi Le « projet énorme » de Peer Gynt, Alain Zouvi a commencé à s’y consacrer au mois de juillet dernier, lisant d’abord une traduction française, puis le texte que Marie Cardinal a établi d’après le mot à mot d’Elizabeth Rasmussen.« Un texte plein de poésie mais qui se dit très bien, plaisant, vif, pour une pièce qui, elle-même, ne traîne jamais en longueur, mais qui s’enchaîne très habilement, qui roule tout le temps.Dans la premiere partie, je suis toujours là et je n’arrête pas de courir, pendant une heure trois quarts, de rencontrer des gens, de vivre des choses échevelées .D’ailleurs, je maigris à vue d’oeil, et avant même d’avoir commencé à jouer ! » Comme Brand, personnage d’une pièce d’Ibsen écrite en 1866, est le héros de la volonté, Peer Gynt, écrit un an plus tard, est remarquable par son absence de volonté, la façon anarchique qu’il a de céder à toutes ses impulsions et de n’écouter que sa fantaisie et son bon plaisir.Entreprenant, fantasque, épargné de tous les maux par l’amour que lui voue Sol-veig.Peer Gynt est considéré en Norvège comme une sorte de héros national.« Mais, dit Zouvi, il fallait se garder de la tentation de le faire paraître sympathique.Insupportable plutôt, multipliant les frasques et les stupidités et provoquant des catastrophes jusqu’à l’âge de 50 ans.Et à 70, il se conduit encore comme un vieux salaud.» Car c’est l’un des défis du rôle de montrer le héros à tous les âges de sa vie, traversant le temps et l’espace, le quotidien et le surnaturel, passant par toutes les aventures et toutes les gammes de l’émotion.« Au début, on le voit avec sa mère, puis souffrant d’un amour malheureux, enlevant la mariée pour s’enfuir avec elle dans la forêt.Le village le pourchasse et veut le tuer.C’est là qu'il rencontre les personnages fantastiques du folklore norvégien, trolls, gnomes, lutins, huldra, etc., qui lui enseignent qu’il faut être soi-même « et personne d’autre ».Sa mère meurt, il voyage, il vit, et plus l’action avance, et plus elle se simplifie, se dénude.Au début, un grand luxe de couleurs, de sons, d’événements.À la fin, il n’y a plus rien, que l’amour.» Pour l’interprète, mille prouesses à accomplir et d’abord le texte à mémoriser, à apprendre à respirer et à articuler.Depuis juillet, avant le travail avec le metteur en scène et les répétitions, qui ont commencé en octobre.« Je m’assimilais le texte en mangeant, sous la douche, avant de dormir, en dormant.Mais je vis quelque chose de formidable, sans me rendre compte du temps qui passe, revenant a la notion de base de jouer, sans se torturer l’esprit, pour le seul plaisir de jouer, porté ainsi plus loin, et ressentant vivement, ce qui est essentiel, l’enthousiasme général de toute l’équipe.» Une grosse équipe, un plateau énorme, 24 comédiens, chevronnés, jouant 100 personnages, de Solveig (Linda Roy) à Jean-Louis Roux (von Porkkoff), de Muriel Dutil (Aase) à Roger Blay (le géant de Dovre) et à tous les autres.Un décor blanc de Michel Crête, « très stylisé, dit Alain Zouvi, où il y a de la place pour les acteurs, des sorties larges, pas de meubles, et des éléments de panneaux sur quoi les images projetées de Pierre Desjardins prennent un éclat et une profondeur magnifiques.» On aurait pu, sans grand effort d’imagination, utiliser la musique de scène que C.rieg, compatriote et collaborateur d’Ibsen, a écrite pour Peer Gynt.On a préféré envelopper l’action, dit le comédien, « d'un système musical mur à mur, totalement COMPLt» 19-22 et 23JMWÜ5 Alain Pontaut DANS l’entrée du TNM, près du bar, à quelques jours de la première de Peer Gynt, Alain Zouvi est là, en thousiaste, calme et excité par en dedans, à la fois concentré et sous pression.On est le 15 janvier, 6 heures du soir, à 6 heures d’échéance d’un certain ultimatum dans un certain Golfe.Je dis au comédien : « Au lieu de Peer Gynt, vous auriez dû jouer La Guerre de Troie n'aura pas lieu.Une guerre qui a eu lieu aussi, d’ailleurs.Mais on n’est pas là pour en parler.« Le printemps dernier, dit Alain Zouvi, Jean-Pierre Ronfard m’a appelé.Il m’a dit : « J’ai un projet énorme.» E’J il m’a parlé d’une pièce que je ne connaissais que de nom.Peer Gynt, d’IIenrik Ibsen.EU le cadeau que Ronfard m’a fait est aussi énorme.Un numéro scénique de trois heures et demie.Un voyage gigantesque, dont le héros, qui com- mence à 20 ans et finit à 70, parcourt le monde, le réel et la féérie, l’Europe, le Maroc, l’Égypte, l’Orient, à la recherche de : « C’est quoi, être soi-même ?», avec une morale qui est qu'il n’y a pas de morale, sinon l’amour, au bout de mille folies, avant la fin de la comédie.» Zouvi connaissait bien Ronfard puisqu’au sortir de l’École nationale de théâtre, en 1981, le metteur en scène l’avait invité à participer à la création de Vie et mort du Roi boiteux, dans les productions séparées d’abord, puis dans le spectacle de 15 heures.D’ailleurs, entre trois ans de Ligue nationale d’improvisation et un an et demi de télévision ( Des dames de coeur, Le Parc des Braves), c’est aussi avec Ronfard que Zouvi a travaillé Le Cycloped’Euripide ou Le Grand Théâtre du Monde.Entre Marivaux et les productions estivales.Entre Feydeau et YAddoloratta de Marco Micone.Sans oublier sa magnifique interprétation du Baiser delà femme-araignée à La Licorne.CINÉMA Pour l’intérêt historique Peer Gynt, mettant en vedette Alain Zouvi, sera à l’affiche au TNM à compter de mardi.enveloppant, de Jean Sauvageau, qui permet au personnage de parler sur la musique et au texte d’utiliser le côté onirique, magique, grandiose d’un flot musical qui se promène partout dans la féérie des éclairages de Michel Beaulieu».Notant d’après le texte, que c’est, pour l’interprète, une responsabilité d’être un héros national, Alain Zouvi insiste aussi sur la drôlerie du texte de Marie Cardinal, un humour qui fait passer sans effort le contenu philosophique de l’ouvrage.« En Norvège, dit-il, on considère Peer Gynt comme une pièce comique et c’est comme ça que nous la jouons.» Il a bien hâte à la première, Alain Zouvi, à la concrétisation enfin, dans le trac et la ferveur, du rêve et du défi gigantesque que représente un tel rôle dans la carrière d’un comé- dien.Là, il revient du maquillage et il s’apprête à participer sur scène à la balance sonore du texte et de la mu: sique, à l’équilibre des niveaux.« Les costumes arrivent demain, précise-t-il.» C’est Denis Denoncourt qui les a conçus, dans un style norvégien qui ne se soucie pas d’époque mais bien plutôt de l’aspect paysan et montagnard.Pourquoi d’ailleurs se soucier de l’époque ?Le petit peuple féérique qui entoure Peer Gynt a beau descendre tout droit de contes qui datent du Xle siècle, la pièce d’Ibsen a beau dater elle-meme de 1867, comme le dit Marie Cardinal, dont le texte paraîtra sous peu chez Le-méac, « dans sa structure, Peer Gynt est toujours d’une incroyable modernité ».Texte français de MARIE CARDINAL Mise en scène de JEAN-PIERRE RONFARD Avec ALAIN ZOUVI ROGER BLAY A PIERRE COLLIN fl MURIELLE DUTIL LINDA ROY JEAN-LOUIS ROUX et IX autres comédiens Æ Mardi au vendredi: 20h Samedi: Uih et 21h RÉSERVATIONS: 861-0563 84.rue Ste-C alherme O M Place des Arts stationnement adjacent 2 au théâtre Come see the paradise Scénario et mise en scène : Alan Parker.Avec Dennis Quaid, Tamlyn Tomita, Sab Shimono.Shizuko Hoshi, Stan Egi, Ronald Yamamoto.Images Michael Seresin Musique : Randy Edelman.(États-Unis 1990).V.o anglaise au Faubourg V française au Complexe Desjardins et cinéma Terrebonne.125 min.Odile Tremblay PHOTO JACQUES GRENIER PHOTO MERRICK MORTON ne veut d’ailleurs pas entendre parler de les voir réunis.C’est à Seatle que les tourtereaux en fuite se marieront pour donner ensuite le jour à leur fille Mini.À la suite de démêlés conjugaux, Lily retourne avec Mini dans sa famille.Jack la rejoint.Mais tout a changé.Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour, les Américains d’origine japonaise sont persécutés.Monsieur Kawamura a été arrêté par le FBI.Dépouillée de tout ce qu’elle possède, la famille aboutit dans un camp.C’est toute la vie concentrationnaire qui nous est restituée ici, avec ses noyaux de protestataires : les no no boys, les travaux forcés, les fêtes aussi, le quotidien.À travers l’odyssée des Kawamura, Parker traduit bien la montée et l’impact de l’intolérance américaine.Mais l’émotion reste étrangement absente.Trop de longueurs peut-être dans une histoire qui démarre à jias de tortue.Ou est-ce le jeu extrêmement sobre des Orientaux ?(par comparaison, l’interprétation de Dennis Quaid paraît presque hystérique).Quant a la relation Jack/Lily, elle demeure bancale.On ne comprend pas très bien ce qui relie ces deux personnages.Même si Come see the paradise est techniquement bien exécuté, il ne lève pas de terre, ne touche aucun centre vital.Ce qui ne le rend pas ennuyeux pour autant.Mais le principal intérêt du film en est un d’ordre historique.MOLSON (|) O'KEEFE L’ÉVÉNEMENT pesait comme une tare sur la conscience nationale, c’est pourquoi il est demeuré si longtemps enfoui, mal connu : Aux États-Unis, durant la seconde guerre mondiale, dans la psychose qui a suivi l’attaque de Pearl Harbour, 110 000 citoyens d’origine japonaise ont été privés de leur biens, de leurs droits et parqués dans des camps de concentration.Un seizième de sang nippon suffisait pour être classé non grata et expédie derrière les barbelés.Hitler n’eut fait mieux.On se souvient qu’en 1988, le congrès américain offrait aux victimes de ce décret inique, excuses et compensa- Une scène du film d’Alan Parker, Come See The Paradise.tions financières (et que le Canada suivait son exemple).Mais le détail des arrestations et des internements est resté jusqu’à ce jour chose obscure.Anonymus présente D’mfrès k n rit original des (Armma Burana (1100-1250) Direction artistique et musicale Claude Bernatchez Mise en scène Suzanne I.antagnc Scénographie Nicole Catellier Du 15 janvier au 3 février 1991.en la Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 Sherbrooke est, Montréal, i 20 h 00 du mardi au samedi ci i 15bOO le dimanche.BILLETS EN VENTE CHEZ MMzmm (5X4) 522-1245 Iftlcmmi en venir i la porte une heure avant la rrprésewanon Arvxiy—i est aubvrntloan* par le mtoiMtrr dr» A/Ttirea « uituftUra du Québec.le Cornell dr* An» du Canada et le Bureau dr» An» 0 dr la Culture dr U VMic de Québec Dans Come see the paradise, Alan Parker lève enfin le voile sur cette période trouble.Il manipule, ce faisant, un sujet en or.Dans le tourbillon des bouleversements internationaux qui frappent la planète, un grand nombre de cinéastes interrogent l’Histoire et la politique depuis quelques temps.Le public en quête d’information en redemande.Rien de tel qu’un pan méconnu du passé pour attirer aujourd’hui le spectateur au cinéma.De lui on connaissait surtout Midnight express, Birdy, Mississippi burning et son merveilleux Angel earth.Cette fois.Alan Parker signe un produit classique, pour ne pas dire con ventionnel.Ici, rien ne dépasse : ni la musique, ni les images, ni le jeu des interprètes qui tiennent fort civilement leur place dans un ensemble sans bavure et sans surprise.Corne see the paradise est un beau film quelque peu froid.Au centre, pourtant : une histoire d’amour.Celle qui lie Jack McGurn ( Dennis Quaid), un solide Irlandais, à la japonaise Lily Kawamura (Tamlyn Tomita).Ex militant syndical au passé troublé, en 1926 il vient à Los Angeles pour refaire sa vie et travaille comme projectionniste chez Hiroshi Kawamura (Sab Shimono), un immigré qui dirige avec sa famille un cinéma dans « la petite Tokyo ».Hiroshi est le père de la belle Lily que courtise Jack.Mais les lois californiennes interdisent de tels mariages interraciaux.Le père de Lily f 1 I Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 ¦ C-5 le cahier du i • ameai CINÉMA MUSIQUE Olivier Asselin, la liberté d’un cinéaste Nathalie Petrowski QUAND» La liberté d'une statue fut présenté pour la première fois sur grand écran, ce printemps dans la petite salle bondée de la Cinémathèque québécoise, le choc fut brutal.Qui était donc son auteur, un dénommé Olivier Asselin, connu de personne, sorti de nul part et prenant des libertés que plus un cinéaste québécois, jeune ou vieux, homme ou femme, n’osait prendre ?Qui était-il et que mangeait-il le matin pour être aussi original, non-conventionnel, attachant et doué ?La réponse ne tarda pas à venir.Olivier Asselin devait-on apprendre entre les branches, était un jeune homme de bonne famille (son père est aujourd’hui ambassadeur du Canada à Bruxelles), né à Washington, élevé entre les ambassades de Moscou, du Sénégal et de Paris, docteur en Histoire de l’art et prof à l'Université d’Ottawa, vivant présentement à Montréal.L’histoire veut qu'un beau matin alors qu’il n’avait que 27 ans, Asselin se leva et décida toute bonnement de faire un film avec des copains et une caméra 16 empruntée, sans se douter que son film allait pratiquement passer à l’histoire comme le film québécois le plus déroutant du début de la décennie.Raconter la trame de La liberté d'une statue est un exercice périlleux.Disons qu’il y est question de rien de moins que la naissance du cinéma telle que racontée par un vieux cinéaste de l’époque du muet qui découvre comment faire bouger les images avant de s’embarquer pour un aller-simple sur la lune.Disons aussi qu’en apparence le film semble avoir été tourné en 1910, quelque part PHOTO JACQUES GRENIER Olivier Asselin entre le désert du Sahara et une contrée des Mille et une nuits avec un budget digne de Francis Ford Coppola.En réalité, le film a été tourné à l’été 87, entre un dépotoir nettoyé de Laval et un entrepot frigorifique du Vieux Montréal, pour la modique somme de mille dollars prêtés par la banque moyennant un bon d’épargne déposé en garantie.Disons aussi que n’eut été de la ténacité d’Arlette Dion, responsable de l’aide artisanale à l’Office national du Film, non seulement Olivier Asselin ne serait pas passé à l’histoire mais il n’aurait probablement pas pu terminer son étrange film.Cette semaine, Olivier Asselin recevait le Prix du jeune cinéaste le plus prometteur décerné par six jurys dans le cadre du 35ème anniversaire de la revue Séquences.À la fin de l'été, un jury spécial au Festival des Films du Monde lui avait déjà accordé une mention spéciale pour les mêmes raisons.J’ai rencontré Olivier Asselin cette semaine entre deux cours de l’histoire de l’art qu’il donne pour gagner sa vie mais aussi parce que l’art est une de ses grandes passions.S’il ne m’avait envoyé la main du fin fond du café, je l’aurais cherché longtemps tant il passe inaperçu, son visage studieux caché derrière de sévères lunettes qui répandent un aura d’anonymat autour de lui.Olivier Asselin a tout de l’étudiant et rien du cinéaste.Même lorsqu’il parle, on a l’impression qu’il découvre le monde et par la même occasion le cinéma.Il y a chez lui un mélange insolite de naiveté et de théorie propre aux cérébraux trop préoccupés par la gestation de leur pensée pour s’encombrer des détails superflus de la vie.Si son premier film est à ce point déroutant, c’est avant tout parce que Olivier Asselin ne vient pas du milieu du cinéma et qu’il n’a pas été formé ou déformé à l’UQAM ni à Concordia.Asselin a passé la grande partie de sa vie a étudier l’art, à parfaire ses connaissances en peinture et à vouer un culte passionné à Marcel Duchamp, qui fut d’ailleurs le sujet de sa thèse de doctorat.Les voyages forment la jeunesse dit-on.Dans le cas de Olivier Asselin, les voyages ont probablement formé ce cinéaste malgré lui qui refuse encore de se définir comme tel mais qui souhaite de tout son coeur continuer à apprendre et à faire son chemin dans le territoire occupé qu’est le cinéma.« Je n’ai pas la prétention de me dire artiste ou cinéaste, avoue-t-il avec un fond d’humilité qui interdit toute fausse modestie.Le cinéma est encore tout neuf pour moi.Je le découvre au jour le jour.» Olivier Asselin n’est pas tout à fait conscient de l’impact de ses images à la fois libres et parfaitement étudiées sur l'oeil trop conditionné des spectateurs contemporains.Chose certaine, il connaît déjà les pièges du cinéma et veut à tout prix les éviter.« Les principaux pièges, dit-il, sont de vouloir utiliser des plans ou des mouvements de caméra qui n’ont pas de rapport avec le propos d’un film.» Toute sa philosophie du cinéma est contenue dans cette unique phrase.Ainsi Olivier Asselin passe-t-il des heures, des semaines, des siècles, à réfléchir à la sémantique des angles, des cadrages et des mouvements de caméra avant de coucher sur papier quoi que ce soit.Sous ses dehors naïfs, Asselin est de fait un redoutable théoricien, qui puise son inspiration chez les cinéastes expérimentaux comme Michael Snow et Andy Warhol.« Tout le monde dit que le cinéma expérimental est fini, moi je n'y crois pas.Four moi, le cinéma expérimental c’est le cinéma de l’intelligence.» Olivier Asselin n'est pas élitiste ni fermé pour autant.Lorsqu’il veut resdescendre sur terre, il choisit pour modèles des cinéastes comme John Cassavetes pour l’émotion.Luis Bunuël pour les histoires, Woody Allen pour l’humour et André Foncier pour la fantaisie.Il dit aussi qu'il n’a rien contre le cinéma standard et conventionnel.« Je serai prêt à m’y risquer si je le pouvais ?dit-il.Pourquoi donc ne le peut-il pas ?« Parce que je n’ai tout simplement pas le talent pour le faire », confesse-t-il en rougissant.Michel Brault : bye bye le documentaire Nathalie Petrowski «JE NE FAIS plus de documentaire.» La phrase est arrivée au beau milieu de la conversation comme une attaque-surprise sur l’Irak, comme une bombe qu’on laisse tomber nonchalemment et dont on n’est même pas intéressé à mesurer l’ampleur des dégâts.J'ai demandé à Michel Brault, cinéaste, metteur en • scène et directeur-photo, de répéter ce qu’il venait de déclarer et si possible de le répéter sous serment.Ce n’était pas forcément le but de ma visite.De fait, le but de ma visite était beaucoup plus simple que cela.Michel Brault venait de recevoir le Prix de la Maturité du magazine Séquences pour Les noces de papier, un prix qui vient s’ajouter à une longue liste de récompenses dont le Prix de la mise en scène décerné à Cannes en 1974 pour son film Les ordres et le Prix Albert Tessier, remis par le gouvernement québécois en 86 pour l'ensemble de son oeuvre.J’étais venue une fois de plus sonder les états d’âme du jubilaire, états d’âme qui sont généralement synchrones avec .ceux du Québec.Quand la révolution est dans l’air, Michel Brault est le premier à se révolter.Quand le référendum est perdu, Michel Brault cuve sa défaite avant tout le monde.Avec les événements que l’on con- naît, je me disais que Michel Brault serait de bonne humeur et peut-être en train de tourner un documentaire sur la Commission Bélanger-Campeau.À la place, Michel Brault m’a annoncé qu’il écrivait un film sur la prolifération des armes.Fiction ou documentaire ?ai-je demandé innocemment.C’est alors que le pionnier du documentaire au Québec, celui qui a chanté les vertus du cinéma-direct et du cinéma-vérité, m’a annoncé qu’il avait changé de camp.Bye bye le documentaire, bonjour la fiction.Que s’est-il passé ?« Des docu mentaires j’en ai fait beaucoup, dit-il d’entrée de jeu.Dans le documentaire, on est limité par ceux qu’on filme et par ce qu’ils veulent bien nous livrer.Pour aller plus loin et dire les choses plus personnellement, on est obligé de tordre les événements et le mot document qu’il y a dans documentaire en prend un coup.Je pourrais toujours faire du docu-fiction maLs je n’ai pas envie de jouer sur cette frontière trop fragile.J’ai beaucoup appris du documentaire.J’y ai appris la vie et ses imprévus, les gens et leurs comportements, la lumière, la caméra.Un jour j’ai eu envie de prendre tout cela et d’en faire une fiction.» Michel Brault raconte comment en tournant Pour la suite du monde PHOTO JACQUES GRENIER Michel Brault avec Pierre Perreault, un classique du documentaire québécois, comment tout un pan de cette petite société de l’île aux Coudres, fut occulté.« C’est pas par ignorance ou à cause de préjuges mais il n’y avait que les vieux qui voulaient nous parler.» Frustré par l’expérience, Brault retourna à Montreal pour réaliser Entre la mer et l’eau douce, une fiction qui lui permettait d’aborder cette question-là.« Dans certains cas, la fiction permet de cerner ce qui est occulté par la réalité.De tou- tes façons la réalité objective n'existe pas.Elle est toujours vue à travers les yeux émerveillés ou désabusés de quelqu’un.Et puis trop de choses m’intéressent pour que je m’en tienne à un seul genre, à une seule religion.D’ailleurs si j’étais peintre, je crois que je ferais autant de la gravure, que du dessin ou de l’huile.» Certains vieillissent en se calmant les nerfs, en se retirant sur leurs terres, en se reposant sur leurs lauriers, en regardant en arrière plutôt qu’en avant.Pas Michel Brault.Depuis qu’il se sent vieillir (il a aujourd’hui 62 ans), il veut tout faire : des films de fiction, des téléfilms, même des vidéoclips.Il a d’ailleurs tourné ceux de Marc Drouin et de Kashtin et signe la direction-photo sur le nouveau clip de Joe Bocan.« Pourquoi pas ?demande-t-il avec un air presque juvénile.Le temps presse et depuis que je sais que Bell and 11 owell ne fabrique plus de projecteurs, depuis que je sais que la pellicule est peut-être une matière en voie d’extinction, j’ai envie de suivre le mouvement et de voir jusqu’où cette révolution magnétique va nous mener.» Dans le fond, mon intuition du départ était fondée.Michel Brault est de bonne humeur et pour une fois ce n’est pas la faute du Québec ni même de la Commission Bélanger-Campeau.W LE THEATRE DU RIDEAU VERT \r DIRECTION: YVETTE BRIND'AMOUR - MERCEDES PALOMINO PRÉSENTE DÈS LE 22 JANVIER 1990 MISE EN SCENE: MICHELE MAGNY AVEC JACQUES GODIN, MARIE TIFO, SYLVIE DRAPEAU, DENIS BERNARD, JEAN DALMAIN DÉCOR.DANIËIE ifVESCXJE • COSTUMES: FRANÇOIS BARBEAU • ÉCLAIRAGES: CLAUDE ACCOLAS « MUSIQUE: CATHERINE GADOUAS 4664, RUE ST-DENIS MÉTRO LAURIER, SORTIE GILFORD RESERVATIONS DE 12H A 19H 844-1 793 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Charles dutoit 21 22 JANVIER 20H LES CONCERTS GALA THE TORONTO SYMPHONY GUNTHER HERBIG CHEF CHO-LIANG LIN VIOLON WEBERN : Six pièces pour orchestre, op 6 PROKOVIEV: Concerto pour violon no 1 SCHUBERT : Symphonie no 9, Salle Wilfrid-Pelletier OD Place des Arts Reserval ions téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 S sur tout billet de plus de TO S DANS LE CADRE DES FEUX DE LA DANSE BANQUE ROYALE HOUSTON ballet’ Une îles plus brillantes compagnies île ballet d'Amérique du Nord pour la première fois à Montréal 50 DANSEURS SUR SCÈNE AVEC ORCHESTRE ?a u p r o g r a m m c GEORGE BALANCHINE, CHRISTOPHER BRUCE ET SIR KENNETH MacMILLAN une coprésentation de la Société de la Place des Arts et de SOGAM (Les Grands Classiques) les 24, 25 et 26 janvier 1991 à 20 heures Billets: 45$ 35$ 25$ 10$ Pour groupes, contacter le 844-1211 C-6 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 le cahier du DANSE MUSIQUE Le rayonnement de l’art texan Première visite du Houston Ballet à la Place des Arts Catherine Caron AVEC SES 52 DANSEURS, le Hous-toolBallet compte* autant d’effectifs qu'il y a d’états américains.Obnubilés que nous sommes par la pomme, on n’est certes pas porté à penser que le Texas a l’art aussi raffiné que le pétrole.Comme s’il n’y avait en dehors de New York qu’une province étalée.Mais ne dites surtout pas ça à Ben Stevenson, gentleman britannique à Houston et directeur artistique de cette compagnie.Le Houston Ballet nous visite à la salle Wilfnd-Pelletier de la Place des Arts à compter de jeudi (jusqu’à samedi), dans le cadre des Feux de la danse Banque Royale et Les Grands Classiques SOGAM.• J’ai toujours eu un problème avec le concept de ballets provinciaux, ceux qui ne sont pas à New York, dit Stevenson.Personne ne penserait considérer le Ballet de Stuttgart de cette façon.Il n’est pourtant pas à Berlin ! Les compagnies doivent rayonner dans des styles différents ».C’est bien le cas de T American Ballet Theater et du New York City Ballet dans la promiscuité artistique de la dite pomme.Aux yeux de Stevenson, une compagnie éblouit et file lorsqu’elle s’au-tosuffit en étoiles.« Je ne voulais pas d'une compagnie oui fonctionne avec des artistes invites qui font qu’on se retrouve ni plus ni moins avec un « l«orps à louer ».J’ai vécu l’expé rience au Ballet National de Londres.Lorsque nous avions Margot Fonteyn avec nous, nous allions dans Le Houston Ballet présentera son spectacle à compter de jeudi à la salle Wilfrid-Pelletier.PHOTO HOUSTON BALLET des villes importantes, mais aussitôt qu'elle n’était plus là on ne bougeait plus.C’est ce qui m’a poussé à vouloir construire une compagnie de haut calibre».Pas que M.Stevenson n’ait pas été sceptique et aujourd’hui surpris.Ancien danseur du London’s Festival Ballet (aujourd’hui English National), ayant flirté avec le « west end » londonnien, il possédait les qualités requises pour réussir : classicisme et sens du spectacle.3 BALLETS EN PREMIÈRE MONTRÉALAISE Chorégraphie: James Kudelka Musique: Serge Prokofiev • LES MARGINAUX • THE HEART OF THE MATTER • DÉSIR • 31 JANVIER, 1er ET2 FÉVRIER 1991, 20h Oerlikon Aerospace CERTIFICAT-PRIME DE RABAIS! Rabais accordé sur le prix courant des billets au parterre ou à la corbeille.Échangeable aux guichets de la PdA ou aux comptoirs ADMISSION.Ne s'applique qu'aux représentations de Kudelka/Prokofiev les 31 janvier, 1*' et 2 février 1991.Un seul certificat prime par billet.cfb Salle WUfrkl-Pelletier Place des Arts ACHATS RÉSERVÂT ADMISSION 522-1245 ou 1-800-361-4595 IONS Place des Arts 514 842-2112 N F O « Quand je suis arrivé à Houston, je me demandais combien de temps j’y resterais.Je pensais être un peu déconnecté.Houston ça semble si loin de New York ou Londres.De plus, généralement aux États-Unis, vous etes fixés pour cinq ans puis vous commencez à ennuyer les gens qui veulent constamment du changement.Je suis chanceux d’être resté en poste aussi longtemps.De plus, je n’aurais jamais pense, il y a quinze ans, (la compagnie en a vingt) travailler avec Christopher Bruce ou MacMillan ici».C’est pourtant chose faite.Au programme, nous aurons l’occasion de voir Ghost Dances du chorégraphe résident Christopher Bruce.Créé en 1981 au Ballet Rambert, l’oeuvre traite de l’Amérique du Sud.Des rythmes péruviens nous passerons au rag time de Scott Joplin dans Elite Syncopations, un ballet non-typique de Sir Kenneth MacMillan.Une oeuvre anti-Sir précisément, frondeuse et mettant en scène pratiquement l’ensemble de la compagnie.Un kaléidoscope de lestes ballerines.Choix divertissant et représentatif de ce mélange de cultures anglaise et américaine à la direction artistique du Houston Ballet (MacMillan travaillant à titre d’associé), dans ce qu’elles peuvent renfermer d’humour perspicace et de kitsch calculé.Auparavant, on présentera Sérénade, une oeuvre connue du public Montréalais puisque maintes fois présentée par les Grands Ballets Canadiens.Créée en 1935, sur une musique de Tchaikovsky, il s’agit du standard romantique du maître russe de la danse américaine, Georges Balanchine.Programme diversifié et stratégique donc.Sérénade donne à voir le savoir-faire purement classique de la compagnie.C’est en attendant de pouvoir transporter une grande production comme celle de Cendrillon qu’on travaille actuellement.Il faudra par ailleurs repasser pour voir une création de Stevenson, chorégraphe récompensé lors de plus d’une compétition internationale.Sa troupe est constituée à 75 % d’élèves formés à l’Académie de Houston.Hautement estimé dans la communauté artistique en qualité de professeur, il souligne l’exigence de ce mariage de techniques classique et contemporaine commun au répertoire de toutes les grandes compagnies à travers les oeuvres néo-classiques de Glen Tetley, Jiri Kylian ou Christopher Bruce.Exigence qu’il n’aurait su rencontrer à l’époque où il dansait, rajoute-t-il.« À l’époque, ou bien on s’installait d’un côte de la salle, les pieds nus, ou de l’autre côté avec des pointes et on ne se parlait pas».Rejoint à ses quartiers généraux texans, le directeur semblait bien heureux d’échapper à un xième et ennuyeux meeting pour justement bavarder un peu.Notamment de la neige lointaine et anticipée (combien courtois et symptomatique d’un reste de prévoyance climatique à l’anglaise).Parions qu’il sera comblé.De notre côté, nous retirons du passage de cette compagnie d’outre-New York, un exemple de croissance rapide et de diversité.ou a tous les comptoirs ADMISSION Redevance de 1 $ sur tout billet de plus de 10 $.Frais de service MUSIQUE CLASSIQUE T.P.S.et Disques Compacts Prix inchangés - T.P.S.incluse Au CLUB COMPACT CLASSIQUE 5173, Côte-des-Neiges 2e étage.Tél.: (514) 737-9483 Côte-des-Neiges 1 9 9 1 - L ' année Mozart LES CHOIX D'AGNÈS • Ouverture: Die Zauberflüte - La Flûte enchantée, K 620 • Concerto pour clarinette, en la majeur.K 622 • Symphonie n" 39, en mi bémol majeur, K, 543 Chef d orchestre: Agnès Grossmann Soliste: James Campbell, clarinette mozart & #v 0 ORCHESTRE METROPOLITAIN «.Ntsr.kossMANN Une invitation de m QUEBECOR INC Lundi 21 janvier 1991, 20h a Hydro-Québec Cims |28 cfb Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: * 514 842 2112 Frais de service Redevance de 1 $ sûr lout billet de plus de 7 $.D’hier à aujourd’hui, Fernand Robidoux chante Lévesque Robidoux chante Lévesque Les disques Trente-trois (Trans-Canada) MRCD-112 Sylvain Cormier AVANT Marjo et Roch Voisine, avant Beau Dommage et Harmonium, avant Charlebois et Léveillée, avant les Sultans et Les Classels, avant les Jérolas et Willie Lamothe, avant même le triomphe parisien de Félix Leclerc, le Québec avait déjà ses idoles et sa musique populaire.C’était avant la télévision et les vidéos, bref, avant l’image.C’était dans les années quarante, à une époque où l’on se passionnait pour des « chanteurs de charme » radiodiffusés à la grandeur de la province, les Jean Lalonde, les Robert L’Herbier.Voilà qu’un demi-siècle plus tard, Fernand Robidoux, l’un de ces rois de la « chansonnette » — c’est ainsi que l’on nommait péjorativement cet art mineur — rejoint à 71 ans l’ère numérique avec Robidoux chante Lévesque, un hommage aux chansons de Raymond Lévesque.Dès 1948, Robidoux chantait Lévesque, ce que personne n’avait fait avant lui.En effet, lassé de reprendre en français les ritournelles de Bing Crosby et Perry Como, Fernand Robidoux fut l’un des premiers à défendre et promouvoir une chanson québécoise originale offrant autre chose que des rimes françaises plaquées sur des mélodies américaines.Ici Fernand Robidoux, son émission à CKAC, véritable bouillon de culture de la chanson d’ici autour duquel gravitaient, entre autres, Jacques Blanchet et Raymond Lévesque, préfigurait l’ère des chansonniers.Affaire de famille, Robidoux chante Lévesque est arrangé et réalisé par fiston Michel Robidoux, ancien accompagnateur de Robert Charlebois (rappelez-vous Engagement : « Cent ans, c’est long, hein, Robidoux ?(.) Cent ans sans se plaiiiindre ! »), recyclé, comme tant d’autres de sa génération, dans la musique Nouvel Âge.Ce qui explique, dans une certaine mesure, pourquoi on a complété l’album avec des versions instrumentales des huit interprétations de Robidoux père.Concept logique pour un musicien « nouvelâgeux », ce redoublement sert pourtant mal l’imposant corpus de Raymond Lévesque, que huit chansons ne représentent que fort partiellement.Mais, en regard du budget limité de ce projet qui n’aurait jamais vu le jour sans le soutien financier de généreux amis — parmi lesquels Jean-Pierre Ferland, Yvon Deschamps et Jean-Pierre Coailier —, chipoter sur la quantité serait bien mesquin.De fait, la parution de nouveaux enregistrements de Fernand Robidoux, quel qu’en soit le nombre, suffit à justifier l’entreprise.Son vibrato de « crooner» absolument intact, l’homme chante d’une voix étonnamment sûre et défend les mélodies de Lévesque, surtout les plus rythmées ( Vous êtes pour moi, Toujours plus vite), avec une aisance remarquable.Sobres, aussi efficaces qu’effacés, les arrangements de Michel Robidoux laissent toute la place qu’il faut aux vocalises du paternel.Seule l’imitation d’orgue de Barbarie dans Bozo les culottes gêne ostensiblement l’écoute.Évidemment, Fernand Robidoux offre sa version de Quand les hommes vivront d'amour, l’hymne à la paix de Raymond Lévesque.Chanson utilisée à toutes les sauces, interprétée aux dernières FrancoFolies par Renée Claude et par le duo impromptu Laurence Jalbert—Luc de Larochellière, cet équivalent québécois de VImagine de John Lennon trouve en Robidoux son porte-parole, sinon son porte-voix le plus chaleureux.Alors qu’un vent guerrier souffle du Golfe, les airs de Robidoux chante Lévesque viennent purifier l’atmosphère.Respirez ces chansons à pleins poumons.Elles valent tous les masques à gaz.< 'V ©Kip* BLBfe w B1.OBIOOUX CHANTE LEVESQUE 5 spectacle de marionnettes, sam dim à 15h jusqu’au 10 juin THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI: 1297 Papineau.Montréal (5281211)— .Les Reines » de Normand Chaurette.m en s André Brassard, du 18 janv.au 10 lév .mar au sam.20h„ dim.à 15h.THÉÂTRE LA CHAPELLE: 3700 rue St-Domini-que.Montréal— Le Théâtre La Grosse Valise présente « Monsieur de Pourceaugnac > du 22 janv au 10 fév., mar au sam à 20h, dim à 15h.THÉÂTRE ESPACE GO: 5066 rue Clark, Montréal (271 -5381 )—.Dans la solitude des champs de coton > de Bernard-Marie Kottès, m en s Alice Ron-fard, du 15 janv au 9 fév à20h.THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE: 84 ouest Ste-Catherine, Montréal (861-0563)— ¦ Peer Gyrit • d'Henrik Ibsen, m.en s Jean-Pierre Ronlard, du 22 janv.au 16 fév., mar au ven.20h., sam.16h.et 21h.THÉÂTRE PORT-ROYAL: POA, Montréal (842-2112)— La Compagnie Jean Duceppe présente « Chacun son tour • de R.Cooney et T.Hilton, m en s Monique Duceppe, du 8 janv.au 9 fév., mar.au ven 20h.sam 16h 30 et 21h.THEATRE DE QUAT'SOUS: 100 est ave des Pins.Montréal— • Hosanna > de Michel Tremblay, m en s Lorraine Pinlal, du 21 janv.au 16 fév., mar au sam à 20h„ le dim.à 15h.THÉÂTRE ST-DENIS: 4664 St-Denis.Montréal » C-8 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 CULTURE ET SOCIETE CINEMA t (844-1793)— Le Théâtre du Rideau Verl présente • Le pain dur > de Paul Claudel, m en s Michèle Magny, du 22 janv au 16 léw , mat au ven à 20h .sam à I6h et 21h.dim à 15éi.GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Salle Octave-Crémarie.Québec (418-643-8131)— Le Théâtre du Trident présente > On ne badine pas avec l’amour > d'Alfred de Musset, m.en s Albert Miliaire, du 15 ianv au 9 tév, mar au sam à 20b THÉÂTRE DE LA BORDÉE: 1143 St-Jean.Québec (418-694-9631)— • Junk • de André Morency.m en s.Gill Champagne, du 15|anv au 9 tév , mar au sam à20h 30 THÉÂTRE PÉRISCOPE: 939de Salaberry.Quebec (418-529-2183)— ¦ Le dernier délire permis » création de Momentum, écrit el m en s par Jean-Ffédéric Messier, du 8 au 20 janv , mar au sam à 2otv, le dim à 15b THÉÂTRE DE L'iLE: 1 rue Wellington.Hull (819-595-7455)— • La coupe stainless > du 16 |anv au 9 mars VARIETES AUDITORIUM CEGEP AHUNTSIC: 9155 St-Hu-bert.Montréal— Théâtre pour entants La nuit blanche de Barbe-Bleue, le 20 |anv à 14h AUDITORIUM DANIEL-JOHNSON: 1200boul du Tricentenaire.Montréal— Musique brésilienne Nico Beki el Ultima Hora.le 19 |anv à 20h BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC: ' 1700 St-Denis, Montréal— T angente présente Da-vida Monk.Robin Poliras et Benoit Lachambre dans For the day was briel and the day was all.Loving Billy Bonney might change el Dido el Aeneas, les 19-20|anv à20h 30 BISTRO D'AUTREFOIS: 1229 St-Hubert.Montréal (842-2808)— Hommage à John Lennon, le 19 |anv BOITE A CHANSONS LES DEUX PIERROTS: 104 est St-Paul, Montréal (861-1270)- Le groupe Ardea et le groupe Beauregard, le 19 janv à 20h — Boite à chansons Le Pierrot Jules Lavoie et Gilbert Lauzon, le 19 janv à20h CAFÉ LA ROSE ROUGE: 1564 est SleCathenne.Montréal (527-0616)— Jean Cusleau chante Félix Leclerc et Georges Brassens, les ven sam dim à 20h 30 COLLÈGE JEAN EUDES: 3535 boul Rosemont.Montréal— Musique: Boris Vian par l’Orchestre du Boulevard, le 19 janv à 20h — Opéra pour entants Hansel et Gretel.production de l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal, le 20 ianv à 14h ÉCOLE NOTRE-DAME-DE-FATIMA: 12.200 •j.rue René-Masson, Montréal— Spectacle entants-la- ¦j^mijle.Carnaval 91, le 19 |anv à 13h 30 ESPACE FRANÇAIS: 429 est ave Viger.Montréal (845-0000)— L'accordéoniste Jacques Dumont el son orchestre, tous les samedis à 21 h.GYMNASE DE L'ÉCOLE NOTRE-DAME-DES-NEIGES: 5349 Cote-des-Neiges.Mtl- Le Théâtre Sans Moyen présente ¦ Le général inconnu » et « Le cosmonaute agricole • 2 pièces de René Obaldia.le 19 janv.à 20h.30.les 20-26 ianv à 14h 30 et 20h 30, le 27 |anv à 14h 30 MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC: 2550 est Ontario.Montréal— Théâtre La ménagerie de verre de Tennessee Williams, présentation du Théâtre Populaire du Québec, du 17 au 26 |anv â 20h — Lecture Greek de Steven Berkoft, le 20 |anv â 15h MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY: 6052 boul Monk.Montréal— Théâtre pour entants Un autre monde, spectacle de marionnettes, le 19 ianv â14h MAISON DE LA CULTURE MERCIER: 8105 Hochelaga.Montréal— Cmé-|eunes Simon les nuages.le 19|anv.â 13h 30— Musique.Luc Hamel Jaz2 Quartet.Ie20|anv â 14h MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRACE: 3755 Botrel, Montréal— Cinéma Dick Tracy, le 20 ianv.â 14h MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL: 465 est Mont-Royal, Montréal-Théâtre pour entants Les misères de la nuit d'Edith, le 19 janv.â 14h — Récital de poésie: une heure avec Pascal Nollin, le 20 |anv â 14h LE P'TIT BAR: 3451 St-Dems, Montréal (281-9124)— Virginie Rigome.les 19-20 janv â 22h 15 SALLE ANDRÉ-MATHIEU: 475 boul de l'Avenir.Laval (667-2040)— Les Grands Explorateurs présentent < La Floride, paradis des États-Unis • avec Michel Aubert, du 15 au 23 janv., lun au mer 20h , |eu.au sam 19h et 21h 30, dim 13h 30,16h et 20h STADE OLYMPIQUE: Montréal (252-8687)— L observatoire de la tour du Stade, accessible par funiculaire.tous les jours de la semaine, lun 12h à 18b.mar audim.de 10h â18h THÉÂTRE ST-DENIS: 4664 St-Denis.Montréal (8494213) (288-2525)— Comédie musicale Les Misérables, de Alain Boublil et Claude-Michel Schon-berg, m en s Fernand Rainville, du 17 |anv au 14 avril, fr.mer.|eu.sam dim 20h.matinée sam.14h., angl mer ven.20b.dim.14h EXPOSITIONS Ateliers et galeries ARTES GALERIE D'ART: 102 ouest Laurier.Montréal (271-1211)— Oeuvres de Barrette.Chemia-kin, Dussau.Foreman, Icart Louis.Laperrière, Lemieux.Riopelle.Tapies, et sculptures de Barrett.Pott, Rehm et Spénard ARTICULE: 4060 St-Laurent ste 106, Montréal (842-9686)— Oeuvres de Mary Catherine Newcomb, du 12 |anv au 10 tév ATELIER: 11715 Georges-Pichet, Montréal-Nord (327-0890)— Tableaux â l'huile, oeuvres de Clodéte Piche.|anv , mer au dim.13h à 18h AXE NÉO-7: 205 rue Montcalm.Hull (819-771-2122)— Installation sonore de Paul Landon, et installation de Yves Champagne, du 9 |anv au 2 tév BAR LA CERVOISE: 4457 St-Laurent.Montréal-Exposition de Jean-Claude Bouton, du 9 au 21 janv.BOURSE D'OEUVRES D'ART DE MONTRÉAL: 5487 Paré, Ville Mont-Royal (341-6333)— Grande salle d'exposition el de vente d'oeuvres d'art— Plusieurs artistes y exposent leurs oeuvres, du mar au dim 10ht à 16h LA CENTRALE GALERIE POWERHOUSE: 4060 St-Laurent ste 205, Montréal (844-3489)— Oeuvres de Diane Landry et Anne-Mane Cosgrove, du 12 ianv au 3 tév.met au dim 12h.à 17h.CENTRE DES ARTS CONTEMPORAINS: 4247 St-Domimque, Montréal (842-4300)— Oeuvres de Jacynthe Baribeau, du t5 janv.au 14 tév.CENTRE SAIDYE BRONFMAN: 5170 chemin Côte Ste-Catherme, Montréal (7392301)— Oeuvres de Arnaud Maggs.du 18 déc au 31 janv CENTRE COPIE ART: 813 est Ontario.Montréal (5234830)— Exposition-bénéfice contre la lamine en Union Soviétique, oeuvres de P Boissonnet, J.Charbonneau, J P Gagnon.T.Y.Lau, S.Marin, G Muhleck, JW Stewart, jusqu'au ter tév CENTRE CULTUREL VANIER: 15 boul Maple, Châteauguay— Oeuvres de Hubert Neault, du 13 ianv au 3 tév CENTRE CULTUREL DE VERDUN: 5955 Ban-nantyne.Verdun (765-7170)— Oeuvres récentes de Gisèle Normandie, du 16 janv au 3 tév CENTRE DU DESIGN: 1600 Notre-Dame 0 .ste 105, Montréal (933-6095)— t Montrèarts ¦ art actuel, du lun au ven tOh.â 16h .le week-end et en soirée sur rendez-vous CENTRE DE DESIGN DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC A MONTRÉAL: 200 ouest Sherbrooke.Montréal— < Débat public contradictoire » en collaboration avec la revue Architecture Québec, du 17 ianv au 24 tév CENTRE D’EXPOSITION DU VIEUX PALAIS: 185 rue du Palais.SI-Jerome (432-7171)— Oeuvres de Graham Cantieni et oeuvres des étudiants en arts plastiques du Cegep de St-Jérôme, du 13 janv au 24 tév LA CHAMBRE BLANCHE: 185 Christophe-Colomb.Québec (4185292715)— Sculptures récentes de Marie-France Brière, du 16 janv.au 3 tév — Résidence d'artiste de Jocelyn Philibert, du 16 janv au 24 lév CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PAS-TEUR: 100 est Sherbrooke.Montréal— Série Ko-chel de Arnaud Maggs.du 20 déc au 10 lév CIRCA: 372 ouest Ste-Catherme.ste 444.Montréal (3998248)— Oeuvres de Ginette Prince et Manon-Brigitte Thibault, du 12 janv au 23 tév COMPLEXE DU CANAL LACHINE: 4710 St-Ambroise, Montréal (9391291 )— Galerie Rouge Violet Costello— Galene Verte: Marie-Claude Tremblay.jusqu'au 2 lév.tous les jours DAZIBAO: 4060 St-Laurent espace 104, Montréal (8490063)— Oeuvres de Michel Gaboury, du 5 janv au 3 lév ENCADREMENT IDÉE: 235 St-Paul O, Montréal (2885820)— Oeuvres d'artistes canadiens et américains— Également affiches, encadrement, laminage ENGRAMME: 263 est St-Vallier, Québec (418529 0972)— Oeuvres de Marcel Jean, du 10 au 31 janv EXPOSITION: 1465 Stanley, Montréal (5296033)-< L'être et le néon la publicité avide • oeuvres de Mario Bélisle.P.K Langshaw, Deborah Margo et Dévora Neumark.du ter au 30 janv EXPOTEC: Vieux-Port de Montréal, angle de La Commune et St-Laurent— Exposition interactive â caractère scientifique, technologique et culturel sur le thème des sports, du mer.au dim.de 10h.à 22h GALERIE ACTION: 190 rue Laurier.St-Jean-sur-Richelieu (3485372)— Conseil des Arts Textiles, du 10 |anv au 3 lév GALERIE D'ART DE BOUGAINVILLE: 4511 St-Denis.Montréal (8492400)— Artistes de la galene et nouveaux artistes J.R Veilleux.Missakian, Au-clair.M Cing Mars et V Bordeleau GALERIE D’ART DU COLLÈGE ÉDOUARD-MONTPETIT: 100 est de Gentilly, Longueuil (679 2630 poste 324)— Événement regroupant des artistes de la région de Montréal, du 15 janv.au 8 mars GALERIE D'ART CONCORDIA: 1455 ouest de Maisonneuve, Montréal (8484750)— Redéfinir une forme d'art: la courtepointe, du 17 |anv.au 16 tév GALERIE L’ART FRANÇAIS: 1434 ouest Sherbrooke, Montréal (8493637)— Oeuvres des artistes de la galerie GALERIE D'ART DU GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Québec— .Érotisme et humour • exposition de la collection Prêt d'oeuvres d'art du Musée du Québec, du 16 janv.au 15 avril, ouvert les soirs de spectacles GALERIE ART PLUS: 1691 chemin delà Rivière aux Cerises.Magog (819868-2095)— Oeuvres de Bédard.Marcoux.Plourde.Qumtin, Richard et Trot-tier.du 9 déc au 17 tév GALERIE D’ART STEWART: 176 Bord du Lac.Pointe-Claire (630-1254)— Gravures de Bonme Baxter el sculptures de Jacques Lavigne.du 19 janv au 24 tév GALERIE D'ART SERGE TURGEON: 2080 Crescent, Montréal (287-7172)— Oeuvres de Jackson, Masson.Soulikias.Richard, Little el Surrey, mer au dim GALERIE PIERRE BERNARD: 141 Champlain.Hull (819-777-4437)— Oeuvres choisies de Bau-chesne, Bellefleur, Bruni, Cantin, Gagnon, lacurto, Latulipe.Lecor, Richard.Rousseau.Simpkins, Soulikias.Sato.jusqu'au 11 tév — Oeuvres de Valérie Bachelier, du 13 au 28 lév.GALERIE SIMON BLAIS: 4521 Clark, ste 100.Montréal (8491165)— Oeuvres de Barraud.Bougie, Dussau, Hasegawa.Momr.Picotte.mar au sam de 9h.30 â 17h 30 GALERIE DU CENTRE: 250 St-Laurent.St-Lam-bert (672-4772)— Oeuvres de Céline Goudreau.du 16 |anv au 10 tév GALERIE CHRISTIANE CHASSAY: 20ouest Marie-Anne, Montréal (284-2631 )— Oeuvres de Ja-cek Jarnuszkiewicz, et de Michel Daigneault.du 12 ianv au 9 lév GALERIE CLARK: 1591 rue Clark.2e étage.Montreal (288-4972)— Oeuvres de Louise Gagnon el Pierre Duranleau, lusqu'au 27 janv., jeu.au dim.GALERIE DARE-DARE: 4060 St-Laurent ste 211, Montréal (844-8327)— Peintures de Suzanne Boucher, du 9 au 27 janv GALERIE ESPERANZA: 2144 Mackay.Montréal (933-6455)— Artistes de la galene, â compter du 1er déc GALERIE GRAFF: 963 est Rachel.Montréal (528 2616)— Peintures récentes de Lucio De Heusch.du 12 |anv.au 7 tév., mar.au sam.GALERIE HAUT 3e IMPÉRIAL: 164 rue Cowie, Granby (372-7261 )— Techniques mixtes de Hélène Plourde, du 6 janv.au 3 lév.mer au dim.de 13h.à 17h GALERIE HORACE: 906 King O , Sherbrooke (819-821-2326)— Salle 1 Peintures de Olal Hanel— Salle 2 Oeuvres de Louis Lafontaine, du 4 au 27 ianv GALERIE FRANÇOIS LEMAI: 4524 De La Roche.Montréal (842-3639)— Estampes originales de maîtres européens et japonais du 20e siècle GALERIE MAXAM: 611 Richelieu.St-Marc-Sur-Ri-chelieu (584-3377)— Oeuvres d'artistes contemporains et traditionnels, en permanence, du mer au dim de 12h.à 18h GALERIE MICHEL-ANGE: 430 Bonsecours.Vieux-Montréal (875-8281)— Collection permanente, oeuvres de Ayotte, Barbeau, Bellelteur.Dallaire, Fortin.Gagnon, Lemieux.Richard.Riopelle.et autres GALERIE MONTCALM: 25 Laurier.Hull- Bronzes récents de Robert Roossil, du 19 déc au 27 janv GALERIE OPUS 2: 3981 St-Laurent, ste 210, Montréal (4990235)— Oeuvres récentes de Evelyn Dufour, Hannibal Srouji et Yang Zheng-Xin.du mer au dim GALERIE PINK: 1456 ouest Notre-Dame, Montréal (935-9851 )— Les artistes de la galerie, jusqu'au 3 lév GALERIE SUZANNE RÉMILLARD: 1227 Amherst.Montréal (526-8451)— t Rivard vers d'autres rivages • oeuvres de Rivard.Beha, Berneche, Con-noly, Cousineau, Parizeau.Rémillard et Tibo, du 28 nov au 20 janv.GALERIE ROLLAND: 2350 Guy.Montréal (932-9739)— Estampes originales de maîtres européens et québécois Dussau.Tmg, Pellan, Riopelle et autres.lun au ven 10h.â 17h 30.sam 10h â 17h GALERIE SEKAI: 4281A ouest Notre-Dame, Montréal (939-0561)— Collection de la Galerie, jusqu'au 31 |anv GALERIE BARBARA SILVERBERG: 2148 Mackay.Montréal (932-3987)— Travaux récents de |eu-nes québécois D Brouilette, S Cwilich, S Day, S Low, B Smard et G.Winzen— Oeuvres de John Chalke.du 12 janv au 2 lév GALERIE SKOL: 4060 St-Laurent espace 107, Montréal (842-4021)— Oeuvres de Lise Boisseau, du 5 au 27 janv GALERIE TROIS POINTS: 307 ouest Ste-Cathe-rme, ste 555, Montréal (8485555)— Oeuvres de Richard Deschénes, du 9 janv au 2 lév GALERIE DU VIEUX-MONTRÉAL: 19 Cour Le Royer, ste 301, Montréal (842-9208)— Exposition permanente, oeuvres de Chagall et Riopelle.tous les lours de 1fh â 13h.GALERIE BRENDA WALLACE: 372 ouest Ste-Catherme, ste 508, Montréal (3984066)— Oeuvres de Liliana Berezowsky, du 12 |anv.au 9 tév.GALERIE WESTMOUNT: 4912 ouest Sherbrooke.Montréal (484-1488)— Bronzes de Liardi et de Catherine Lorain, ainsi que tableaux d’artistes canadiens, jusqu'au 5 avril GRAVE: 53 est Notre-Dame.Victoriaville (819758 9510)— Installation de Daniel Jean, du 11 janv.au 15 tév JARDIN BOTANIQUE: Salle Jacques-Rousseau, Montréal— Oeuvres de Anita Em Shapiro et Michè-les Masse Thevemn.du 10 au 27 |anv JARDIN DE LA SCULPTURE: Centre de la nature de Laval, 901 ave du Parc, Laval— Sculptures monumentales réalisées dans le cadre du Symposium international de la sculpture Laval 1990, tous les |Ours de 9h.à 22h.MAISON DES ARTS DE LAVAL: 1395 ouest bout de la Concorde.Laval (662-4442)— < 25 ans/25 artistes, dont Bonmati, Bruni, Dedoyard, Fa-blo, Fiore, Lamarche.Perron.Rajotte, du 7 déc au 20 janv.MAISON D’ART SAINT-LAURENT: 742 Décarie, St-Laurent (744-6683)— Nouvelles acquisitions de Pet Bot, Pierre Raymond, Hélène Léonard, Rod Charlesworth el Adrien Emond MAISON DU MEUNIER: 10897 rue Du Pont.Montréal (872-5913)— Collages et techniques mixtes de Jeanne Auclair— Sculptures et céramiques de Camilla Clarizio, jusqu'au 27 |anv., mer.au dim.MAISON DU PRESSOIR: 10.865 rue du Pressoir (métro Henri-Bourassa).Montréal— Les contes et légendes d'ici, histoires à dormir debout, du 23 déc.au 24 tév MAISON RADIO-CANADA: Salle Raymond-David, 1400 est boul René-Lévesque.Montréal (597-5520)— .Ingéni art • treize artistes de l'Ingénierie, jusqu'au 24 janv, lun.au ven 11h.â 18h OBORO: 3981 St-Laurent ste 499.Montréal (844-3250)— Peintures de Michèle Lorrain, du 12 janv.au 10 lév OBSCURE: 729 Côte d'Abraham, Quebec (418529 3775)— Installation de David Bobier— Vidéo en continu de Kassandra Wellendorf, du 24 janv au 17 lév., mer au dim.de 13h à 17h.OCCURRENCE: 911 est Jean-Talon, ste 039.Montréal (4993353)— .Les bains de Méduse • installation d'Yves O'Reilly, du 7 déc au 20 |anv PARC HISTORIQUE NATIONAL LE COM MERCE DE LA FOURRURE: 1255 boul St-Jo-seph, Lachine (637-7433)— Sources de nos plus bel- les légendes et des plus grands écrits d'aventures, histoire des activités économiques du début du 19e siècle, la traite des lourrures.ouvert tous les jours.LA PETITE ARDOISE: 222 ouest Laurier.Montréal (4984961 )— Peintures de Miguel Rebelo, jusqu'au 31 janv.SALLE WILFRID-PELLETIER: Hall d'entrée.PDA.Montréal (842-2112)— Le 100e anniversaire de Carnegie Hall, photographies des archives et d'arbs-les et de photographes, du 7 janv au 10 tév WADDINGTON A GORCE INC: 1504 ouest Sherbrooke, Montréal (9383653)— Peintures des années 60, oeuvres de William Perehudotf.à compter du 16 nov Musées MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN: Cité du Havre Montréal (873-2878)— ¦ Giverny.le temps mauve » de Suzanne Giroux du 4 nov au 27 |anv — < Disques et tourne-disques • Travaux récents de Raymond Gervais.du 4 nov au 10 tév — • Broken Music > exposition autour du disque, du 4 nov au 10 lév.ouvert du mar au dim de tOh â 18h MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS (CHATEAU DUFRESNE): Angle Pie 1X et Sherbrooke.Montréal (2592575)— L'Odyssée, l'art de la photographie au National Geographic.250 photos de 1880 â nos jours, du 6 déc au 10 tév MUSÉE D'ART DE JOLIETTE: 145 Wiltrid-Cor-beil, Joliette (7580311)— Exposition de Jean-François Houle et Michel Labbé, du 20 |anv au 24 lév.MUSÉE D'ART ST-LAURENT: 615 boul Ste-Croix, St-Laurent (747-7367)— « Arts anciens et traditions artisanales du Québec » exposition permanente MUSÉE BAS SAINT-LAURENT: 300 St-Pierre, Rivière-du-Loup (418862-7547)— « Il était une lois l'entance » jusqu'en sept 91— Rétrospective des expositions à travers les affiches, les programmations et quelques pièces de la collection d'art et d'ethnologie— .Un connaisseur â découvrir.exposition |eu du Musée des Beaux-Arts de Montréal, à compter de janv — Claude Millette, sculpteur, â compter de tév., du mar au dim MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: 1379 ouest Sherbrooke, Montréal (2881600)— Collection permanente du musée— Jasper Johns: symboles-impressions, du 14 déc au 10 mars— De l'abstraction géométrique à l'art informatique, cabinet des dessins et estampes, du 21 déc au 17 tév., mar au dim.de 10h.à 17h„ le sam.jusqu'à 20h.MUSÉE PIERRE BOUCHER: 858 Laviolette.Trois-Rivières (819376-4459)— Sculptures mobiles de Joelle Morosoli.du 23 janv.au 18 tév — Salle Gaston Petit: Exposition sur l'Art Ancien, du 14 janv au tt mars.mar.au dim.(MUSÉE)CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE: 1920 rue Baile, Montréal (9397000)— Musée consacré à l'art de l'architecture: 20,000 dessins et estampes de Maîtres, 120,000 livres, 45,000 photographies, ainsi que des tonds d'archives importants.mer et ven de 11h.à 18h , jeu.11h.à20h., sam et dim de 11h.à 17h.— Le CCA de 1985 à 1989 accroissement et interprétation d'une collection, jusqu'au 17 tév — ¦ L'or el la Pierre: un regard critique sur l'architecture des banques > photographies qui traitent de l'histoire et de l'incidence culturelle de l'architecture des banques, du 14 nov.au 24 tév — L'Architecture en jeux: jeux de construction du CCA.du 28 nov au 31 mars > (MUSÉE)CENTRE COMMÉMORATIF DE L'HOLOCAUSTE: 5151 chemin Côte-Ste-Cathe-nne, Montréal (345-2605)— « Entants de l'holocauste • et salle commémorative, du dim au |eu de 10h à 16h„ visites guidées les dim à 10h 30 MUSÉE CHATEAU RAMEZAY: 280 Notre-Dame est, Montréal (861-3708)— Montréal, de la capitulation tranquille à l'union mouvementée 1760/1849.du 16 nov au 1er sept 1991, mar.au dim de 10h.à 16h MUSÉE DE LA CIVILISATION: 85 Dalhousie.Québec (418643-2158)— < Objets de civilisation • exposition permanente — • La barque à voile » exposition permanente — « Mémoires .exposition permanente — Messages, exposition sur les moyens de communication entre les individus et les sociétés, en permanence— Québec sur glace, sports et divertissements.jusqu'au 17 tév.— Tunisie, terre de rencontre, jusqu'au 5 mars— Le Trident en coulisse, jusqu'au 28 avril— Autopsie d'un sac vert, jusqu'au 12 mai— Éphémère, jusqu'au 2 sept — Jeux, jusqu'au 5 janv 92— La Suisse, face à lace, du début de la Confédération en 1291 jusqu'au 20e siècle, jusqu'au 20 tév 91 MUSÉE MARC-AURÉLE FORTIN: 118 St- Pierre, Montréal (8496108)— Oeuvres de Marc-Au-rèle Fortin en permanence— Visite commentée de l'exposition tous les dim.a 14h 30, en semaine pour groupes sur réservations, le musée est ouvert du mat au dim de 11h à 17h.MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE GEOR-GES-PRÉFONTAINE: 520 chemin de la Côte-Ste-Catherme.Outremont (277-9864)— Exposition • Les animaux malades du Saint-Laurent » du 15 août au 31 mars 91, mer au ven.de9h à 16h , dim.de tOh à 17h MUSÉE DE LACHINE: tfOchemin LaSalle.Lachine (634-3471 poste 346)— mer au dim de 11h 30 à 16h 30 MUSÉE DU LIVRE ANCIEN: 214 rue Pnncipale.Les Eboulements.Qué (4186382243)— Plus de 250 livres et 100 photos sont exposés et interprétés MUSÉE DE LA MONNAIE: 245 rue Sparks.Ol tawa (6197826914)— .Casse-Tète de Papier ¦ exposition sur les techniques de production des billets de banque, du 5 déc au 10 mars, mar au sam 108.30 à 17h„ le dim de 13h à 17h.MUSÉE RÉGIONAL DU HAUT-RICHELIEU: 182 rue Jacques-Cartier nord.St-Jean-sur-Riche-lieu— < L'érablière • exposition jusqu'au 14 avril MUSÉE RÉGIONAL DE RIMOUSKI: 35 St-Ger main ouest.Rimouski (418-724-2272)— Parcours dessiné, hommage à Jack Shadbolt.exposition rétrospective 1963-1988, des dessins d'Irène F.Whit-tome MUSÉE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC: 9 rue de l'Université, Québec (692-2843)— Rez-de-chaussée Huit musées en un des objets au service du savoir.jusqu'au 26 mai— 1 er étage: Art du Québec, oeuvres du 19e siècle, jusqu'au 1er avril— Cabinet des médailles— 2e étage Peinture des écoles du Nord Hollande et Flandres, jusqu'au 8 sept — • Les arpenteurs du ciel • exposition sur l'astronomie qui retrace l'enseignement de cette science au Séminaire de Québec durant le 19e siècle, jusqu'au 6 janv 92— 3e étage Les chels-d oeuvre de la peinture religieuse européenne— Art Oriental— 4e étage: Orfèvrerie MUSÉE UNIVERSEL DE LA CHASSE ET DE LA NATURE: Parc Mont-Royal, Camilien-Houde et chemin Remembrance.Montréal (8436942)— ¦ Histoire d os • présentation de l'Ostéothèque de Montréal — Également collection de mammifères, d'oiseaux.d'insectes, d'armes, d'appelants etc.Bibliothèques BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE KIRKLAND: 17100 boul Hymus, Kirkland (694-4100)— Exposition de la Guilde de tapisserie du Lakeshore.du 5 au 30 |anv BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE LONGUEUIL: 1660 rue Bourassa, Longueuil (646-8626)— • Sauvons nos vieilles gares > reproductions de vieilles gares québécoises de Arthur Lehmann, du 15 janv au 3 tév Maisons de la culture MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEI- GES: 5290 chemin Côte-des-Neiges.Montréal-Chronique de lieu, photographies et textes sur le quartier Côte-des-Neiges, par Maurice Amiel, du 1T déc au 3 tév — Lev Podolsky, peintre, du 11 janv.au 3 tév MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY: 6052 boul Monk, Montréal— Des machines et des hommes.70 ans de la vie industrielle, documents provenant de l'usine Dominion de Lachine.du 18 ianv au 24 lév — Oeuvres de Lorraine Simms, du 18 ianv au 24 lév MAISON DE LA CULTURE MERCIER: 8105 Hochelaga.Montréal— Photomontages de Pierre Guimond, du 15 |anv au 3 mars MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRÂCE: 3755 Botrel.Montréal— Art et Écologie.dessins d'enfants sur des plantes et animaux qu'ils ont observés, du 19 au 31 janv.MAISON DE LA CULTURE LA PETITE PATRIE: 6706 DeLorimier.Montréal— L'image à la carte, collection de cartes postales de Jacques Poliras.du 13 janv au 3 lév MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL: 465 est Mont-Royal, Montréal-Art à louer, 45 oeuvres d'art contemporain de la collection Graphothek de Stuttgart en Allemagne, du 29 janv au 24 tév • WEEK-END SAMEDI Dans le cadre de son programme de gérontologie, le Service de l'éducation des adultes du collège de Bois-de-Boulogne offre un cours aux adultes qui désirent travailler auprès des personnes âgées.Le cours aura lieu les samedis et dimanches 2 et 3 février, 16 et 17 février, 2 et 3 mars de 9 h à 17 h 30.Date limite des inscriptions : le vendredi 25 janvier.Rens.: 332-43*00, poste 313.¦ U n organisme de Laval, spécialisé en art lyrique, est à la recherche de personnel pour réaliser une levée de fonds.Rens : lluguette Valade au 289-6872.¦ Le 27 janvier, J ASS inc., organisme à but non lucratif, propose aux célibataires ¦Un programme de ski de fond à Val-Mo-•îrta.Le transport se fait par co-voiturage.Départ à 10 h du métro Crémazie nord.Rens.: 388-8727 ¦ Rêvez-vous de danser à claquettes .?Le Centre Immaculée-Conception vous propose des cours débutant le 21 janvier pour débutant et avancé Rens.: 527-1256 ¦ Le Centre Christus, centre de spiritua-¦ lilé chrétienne, vous invite à cinq rencontres avec le père André LeBlanc, dominicain, animateur de sessions d’intério-; rité, sur le thème : « La prière silencieuse .à l’école d’Henri Le Saux », les mercredis soirs du 23 janvier au 27 février de 19 h 30 à 21 h 15 au sous-sol de l’église Notre-Dame-des-Neiges, angle Chemin de la Côte-des-Neiges et Lacombe.Inser.737-7201 ,1 ASS inc., club social et sportif, organise tous les samedis une marche de santé et d’amitié sur le Mont-Royal pour les personnes seules.Durée 1 h 30 (départ à 14 h à l’angle de Mont-Royal et de l’avenue du Parc, coin sud-ouest).Nous répétons cette marche le dimanche Après la marche, apéro, souper et danse.Rens.388-8727 ¦ Ce soir à 20 h 30, la Société pour la promotion de la danse traditionnelle québécoise vous invite aux Veillées du Plateau, au 2275, boul.St-Joseph est (angle Ful-lum).Rens : 598-8295.¦ Le samedi 23 février, l’Office de la famille de Montréal vous invite à une jour née familiale (parenLs-enfants-poupons), sous le thème « Dieu fait les premiers pas » « Dieu chez nous en carême », avec comme personne-ressource l’abbé Pierre Desroches, au Grand Séminaire de Montréal, 2065 rue Sherbrooke ouest.Inscr.: Diane Cantin au 931-7311.DIMANCHE Le mercredi 23 janvier à 12 h, déjeuner-causerie présenté par l’Association canadienne de l’informatique et la Fédération de l’informatique du Québec sous le thème : « À coeur ouvert sur l’Organisation et méthodes » par M.Pierre-André Paré, f.e.a., à l’Hôtel Méridien, Grand Salon — Basilaire 1.Réserv.: Claire Dou-ville au 628-0276 ou Diane McKay au 662-1420.¦ Le dimanche 27 janvier de 9 h 30 à 17 h 30, séminaire intensif sur la croissance personnelle animé par Carole Fra-dette, psychothérapeute et sexologue.Réserv.: 389-1275.¦ Les conférences intitulées •• La relation de couple : jeux et enjeux » de Mme Diane Dulude, psychologue, débutent le mercredi 30 janvier à 19 h 30, dans le cadre des Belles Soirées de l’Université de Montréal.Rens.: 343-6090.¦ Aujourd’hui à 14 h, conférence de Marc Gambtno intitulée : « Comment dire oui à l’estime de soi ?», à l’hôtel Maritime, 1155 rue Guy coin René-Lévesque.Kntrée gratuite Rens.: 737-3062.¦ Aujourd’hui à 11 h, M Édouard Roy présente une conférence intitulée : « Lever les voiles de la culpabilité Judéo-Chrétienne », au 356 rue Sherbrooke est à Montréal Rens.: 845-8022.¦ Aujourd'hui de 15 h â 17 h, CAMMAC, Musiciens amateurs du Canada, invite tous les chanteurs et instrumentistes amateurs à une lecture-à-vue du Requiem de Mozart, dirigée par Douglas Kmght, à la salle de l'église St.Matthias, 12 Church Hill à Westmount.Rens.: 352-7499 ¦ La Fondation québécoise du cancer, sise au 2075 rue de Champlain, a besoin de bénévoles pour écrire des reçus à ses donateurs.Prière de communiquer au 527-2194 ¦ Cours privés et spécialisés contre la peur de l’eau.Rens : Ginette Déziel au 596-1805.FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC La Fondation désire rendre hommage à la mémoire de tous ceux et celles qui lui ont laissé à leur décès des sommes destinées à poursuivre la lutte engagée contre les maladies cardiovasculaires.La télévision du samedi soir en un elin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO n CBFTfR.C.) •5* Montreal Le Téléjoumal ?18h10/Virages Cyniques à L’Université de l’humour Cinéma : Midnight Run —Am.88 p Avec Robert De Niro et Charles Gradin LeTélé-p journal Cinéma : Double Allégeance— Can, 86 Avec S.Wooldridge «T.Cardinal rô>, WCAX(CBS) Burlington News News P i Star Search Hockey / Les Catamounts vs les Engineers News The Grand Ole Opry 65th Anniversary p CET] WPTZ(NBC) L5J Plattsburgh 16h00/Footbalig A Current Affair Extra Amenp Faneilip Boys The Golden Girts p ÊH2tyI3 Nest Carol 8 p Company Dearp John News Saturday Night Live » CBMT(CBC) Montréal News Midday The Tommy Hunter Show p Cinéma : Mary Poppins —Am.64 Avec Julie Andrews et Dick Van The National p ! Night Music Newswatch (23h45) Cm CFTMJTVA) liy Montreal Le TVA p Montréal Décompte vidéo star Au fil des jours Cinéma : Perdus dans la ville—ton.85 Avec Richard Thomas et Mary Crosby AdLib Le TVA p réseau Cinéma : Contact mortel Am.85 -Avec K.Quinlan eç\ CFCF(CTV) «13 Montreal News P Dick Irvin’s Doogiep Howser, md My Secret Identity p Kattsg and Dog In Session Diamonds p Neon Rider p Newsp News Cinéma 12 cm TV5 (Télé Francophones Le temps demne L’Euromag (18h5Q) Le journal de (aSSR Thalassa Stars 90 Jeune cinéma : Strass Café (22M5) Musique classique Journal deTF1 fff) CIVM (R.-Q.) LLL/ Montreal Passe- Partout Omni P science C’est la vie Parler pour parler : p Fumer jusqu'à son.Cinéma : La Soule—Fr.88 p Avec R.Bohringer et C.Malavoy Cinéma -.Flag—fr.87 Avec Richaro Bohringer et Pierre Ardili mïiT Voxpop Musique vidéo Concert plus : Sinead O’Connor tt WVNY (ABC) Burlington News P Super Star Trek: p Force The Next Generation The Young Riders p Under Cover p Twin Peaks p Newsp i 23h15/Fridaythe13th | (oc) Much '=5; Music 18h30 / X-Tendamix Soul in the City X-Tendamix Spotlight/ Public.X-Tendamix rtt VERMONT ETV(PBS) The Lawrence Welk Show Austin City Limits May to December After Henry Cinéma : The Man Who Shot Liberty —Am.62 Avec James Stewart et John Wayne Ripping Yarns Alexei Sayle’s Stuff The 90 S rtâei 4-SAISONS Montréal La roue chanceuse Coup de tourne Cinéma : Top Gun —Am.86 Avec Tom Cruise et Kelly McGillis Superpilotes China Beach Le Grand Journal P Sports Plus week-end Série Rose ftt WCFE (PBS) Austin City Limits The Editors MacLaughlin Group The Best ol National Geographic p ’Alk>!’Alio! Blackadder the Third Doctor Who Alive From Off Center Channel Crossings Ix4i télévision du dimanche soir en un clin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO n CBFT (R.C.) Montréal Le Téléjoumal P 18h10/Découverte Star d'un soir Patricia Kaas au Zenith Apprendre.ou à laisser Le Téléjoumal p Scully rencontre Les sports Cinéma : Les Bas-Fonds Fr 36 —Avec Louis Jouvet rô) WCAX (CBS) Burlington Newsp The Golden Girls 60 minutes p Murder, she wrote p Lonesome Dovep Newsp The Arsenlo Hall Show (Tl WPTZ(NBC) Plattsburgh Smash Hits Newsp Super Bloopers & New Practical Jokes p Reaip Life Exposep Cinéma : She was Marked for Murder ton.88 Avec Steianie Powers et Hunt Block Sunday Scoreboard Reunion Cinéma CBMT(CBC) U Montréal Magical World ol Disney Road to Avonlea p Drams p Newsp Venture Newswatch The Streets ol San Francisco *0 ar> Le TVA p réseau Docteur Doogie Rira Men.Fernand Nadeau en direct Lance et compte Le TVA p réseau Ou sont les enfants?«bST1 Newsp Travel Travel W5P CFCF12 At30P America's Funniest Lonesome Dove p Newsp News Entertainment Tonight en TVS (Tété “V Francophones L’école des fans L’Euromag (18h50) Le journal deRTBF 7 sur 7 Caractère : Questions d'actualité Carré Noir Journal de TF1 (Ÿf\ CIVM (R.-Q.) LLLI Montréal Passe- Partout A plein p temps Degrassip Le Super Clap Cinéma : Betty Ford.-ton.87 Cinéma : Les trois âges Avec Gena Rowlands et Joset Sommer Am.23 —Avec B.Keaton Jazz A Jan Falaises de l'Océan i® te** 16 h / Musique vidéo Transit Spécial: MtAfdi UKtj Musique vidéo rtt WVNY (ABC) Burlington Newsp Vermont Skier’s World ol Discovery p America’s Funniest p Cinéma : Raiders of the Lost Ait —Am.81 Avec Harrison Ford et Karen Allen Newsp Commercial Program (23h45) g® sa 19h / Backtrax The best ol much VMéodips Spotlight/ Candi Vldéodips rtt VERMONT ETV(PBS) Ail Creatures Great and Small wild g America Nalurescene Nature p Cinéma : Wuthering Heights —GB.70 Avec Timothy Dalton et Ian Oglhrie Mystery ! p Ail Our Children rtt 4-SAISONS Montréal Les carnets de L-Josée: Inv.: Martine St-Ctair Caméra 91 Les grandes vacances Cinéma : Une dunce pas croyable—ton.87 Avec Shelley Long et Bette Midler Le Grand Journal p Sports Plus week-end Passeport Floride rtt WCFE (PBS) Nat King Cole Show Halfway to Hell.Rosamond Bernier : onStage Adirondack Masterpiece Theatre : P 20th Anniversary.Mystery ip Poirot II: Peril.Shelley Are you being.Joseph Brodsky.1 Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 ¦ C-0 • leplaisirdes ivres Remise des prix mardi Les hauts et les bas du Gouverneur général Paule des Rivières MARDI PROCHAIN, 14 écrivains canadiens recevront les plus importantes distinctions littéraires canadiennes pour un ouvrage, les prix du Gouverneur général.Mais une fois terminée la soirée de remise des prix et évaporé le doux moment de gloire, il est loin d’être certain que cette reconnaissance se traduira par des ventes mirobolantes aux caisses.Nous sommes loin du Concourt.Tellement que le Conseil des Arts s’est fait demander à plusieurs reprises l’an passé s’il faisait exprès pour éviter toute publicité autour des prix, .pour tenir ça mort ».Piqué, il a entrepris quelques modestes changements : ainsi, cette année, il devance de deux mois l’attribution des prix, qui aura lieu dans trois jours plutôt qu’en mars.Ce n’est pas encore le début décembre, alors que les lecteurs achètent massivement en prévision des Fêtes mais c’est un pas dans la bonne direction.Le Conseil des Arts a également entrepris une petite campagne pour faire connaître les finalistes, dont les noms ont été dévoilés le 15 novembre à l’ouverture du Salon du Livre de Montréal.Mais, manque de pot, plusieurs librairies, fort occupées a ce moment avec la campagne anti-TPS, avaient déjà placardé leurs espaces d’affiches anti-taxe et ils ont dû retourner les affiches du Conseil des Arts sur les finalistes.Depuis trois ans, ces derniers reçoivent 10 000 $.En 1959, les premiers lauréats du Conseil, Andre Giroux avec Malgré lout la joie, Félix-Antoine Savard pour son essai Le Ba-rachoiset, du côté anglais, Hugh McLennan avec The Watch that ends the night et Irving Layton pour Red Carpet for the Sun recevaient 1000 $.Depuis, le nombre de prix n’a cessé d’augmenter.Kn 1982, le Conseil scindait en deux le prix poésie-théâtre.Puis, en 1988, un prix pour la meilleure traduction était attribué dans chacune des langues et la littérature-jeunesse obtenait deux prix dans chaque langue, un pour le texte et un pour l’illustration.Fernand Ouellette, trois fois récipiendaire du prix du Gouverneur général, chaque fois dans des catégories différentes, s’interroge sur le nombre de prix.« La quantité affaiblit la valeur ; elle dilue », soup çonne-t-il.Et puis, ajoute-t-il, au Quebec, il y a beaucoup d’autres prix qui sont accompagnés de bourses plus alléchantes.Fernand Ouellette avait refusé son prix en 1971 parce que le pays était encore sous la loi des mesures de guerre qui avait conduit à l’emprisonnement de Gérald Godin et Gaston Miron.« Mon refus était un geste plus moral que politique, un acte symbolique.Apres le référendum, il n’y avait plus aucune raison de refuser le prix, puisque les Québécois avaient refusé l’indépendance ».D’autres ont refusé le prix, Hubert Aquin en 1969 ( Trou de mémoire) et Roland Giguère en 1974 ( La main en feu).En 1975, Victor Lévy-Beaulieu, avait accepté son prix mais livré un véhément discours anti colonialiste, contre l’institution du Gouverneur général.En 1982, Madeleine Ouel-lette-Michalska a demandé que le prix soit versé à trois organismes défendant « les principes d’autonomie et de liberté », soit l’Association des femmes autochtones du Québec, Amnistie Internationale et le Parti Québécois.En 1987, Jean Larose recevait le prix dans la catégorie essai, pour La petite noirceur.Dès la parution de la liste des finalistes, l'ineffable The Gazette s’insurgeait contre la nomination d’un ouvrage dénonçant les anglophones.Aujourd’hui encore, le Conseil reçoit des lettres de citoyens enragés que l'on ait primé pareil ouvrage.La plupart du temps, cependant, les mécontents n’ont pas lu l’ouvrage en entier et ne savent pas que tout l’ouvrage emprunte un ton polémique, et pas seulement à l’endroit des anglophones.Les Anglais ont fait moinsde vague, encore qu’en 1969, Leonard Cohen a refusé son prix.Et l’an dernier, la critique s’est vigoureusement élevée contre l’absence dans la liste des finalistes de Mordecai Itichler, pour son livre Solomon Gursky Was Here.Ce dernier incident a amené le Conseil des Arts à publier, avec la liste des finalistes, un court commen I taire du jury justifiant son choix.Ce | commentaire sera lu publiquement mardi lors de la remise des prix.Pour leur part, éditeurs et libraires sont partagés quant aux retom-j bées d’un prix du Gouverneur géné-I ral.• C’est très moyen », dit Yves Go \ din, acheteur chez Renaud-Bray sur I Côte-des Neiges.Souvent, dit-il, les auteurs honorés ne sont pas aussi § connus que ceux, plus populaires, qui 1 reçoivent le prix Air Canada ou le | prix du grand public du Salon du livre de Montréal.Ceci dit, certains \ I Poumon ^ « I Vqui expire PHOTO JACQUES GRENIER Jean Larose : une controverse.PHOTO JACQUES GRENIER Fernand Ouellette : un refus en 1971.PHOTO KÉRO Madeleine Ouellette-Michalska : une distribution.éditeurs en profitent pour donner un second souffle au livre primé».Boréal, selon M.Godin, est généralement la maison qui fait le plus d’efforts au lendemain de la remise des prix, en faisant des bandes « prix du gouverneur général » et en s’assurant que « leurs » auteurs obtiennent une visibilité médiatique.« Mais peu d’éditeurs québécois font des efforts» résume-t-il.M.Godin répète que la libraire fait sa part et qu’elle place les ouvrages primés dans des cubes thématiques, bien en vue.Certains croient que les prix sont décernés trop tard, alors que les livres ont déjà quitté les étais, et sont oubliés.Chez Québec-Amérique, l’on croit au contraire qu’un prix permet de relancer un ouvrage qui s’essoufle.Ainsi, le roman La liage, de Louis Hamelin, primé l’an dernier a refait surface trois mois après l’attribution du prix, en édition compact, et se vendant 10 $ de moins que l’édition originale.La Rage est le premier roman de Louis Hamelin.Et, si l'argent est toujours apprécié — l’auteur l’a utilisé pour voyager — , ce n’est pas là l’essentiel.« La reconnaissance de l'auteur crée une confiance nouvelle.C’est cela qui est déterminant », estime Louis Hamelin.PROFESSION CONSULTANT ÏOTtERVEMlR Jean-Paul Daoust Exagérer le réel Jean Royer JEAN-PAUL DAOUST est le poète d’un nouveau romantisme fin de siècle : sa mélancolie urbaine s’alimente aux excès du réel.Sa poésie évoque l’enfance, les voyages, l’Amérique, l’amour et son échec la solitude.On connaît le personnage, dandy qui cultive sa personne et ses passions, barbare qui assume l’excès et ses provocations.Derrière cette fi-gure-de la fête et de la révolte per pétuelle se cache le poète d’un désespoir intime qui sait qu’il faut dépasser le réel dans l'amour ou l’écriture.Il a publié, depuis 1976,13 livres qui décrivent un univers homosexuel dans un décor urbain, qui se fondent sur des mythes contemporains pour « exagérer le réel ».Son plus récent titre, Les Cendres bleues (Écrits des Forges) est en nomination pour le prix du Gouverneur général.Cela est un événement en soi : c’est la consécration de tout un courant poétique « contre-culturel », peu reconnu par l’institution littéraire, qui n’a cessé pourtant de défier les codes de nos lieux communs à partir de la revue llobo Québec dans les années 1970.Les Cendres bleues est un poème épique de 2 000 vers racontant d’un seul souffle une histoire d’amour scandaleuse : celle d'un enfant de six ans et demi violé par un jeune homme de 20 ans.L’oeuvre, qualifiée par l’auteur de « poème-policier », est autobiographique (comme tout poème) et se déployé comme un roman, avec une charge d’émotion contenue et dans une mise en forme littéraire éblouissante.Le génie de Jean-Paul Daoust est de faire coïncider les sentiments de l’enfant avec le regard de l’adulte qu’il est devenu.Le poème nous fait voir le douloureux apprentissage de la vie dans l’amour même, ou plutôt dans une passion dont l’amour contient sa mort.« Je n’avais pas le choix de ne pas aborder ce sujet difficile, dit Jean-Paul Daoust.Chaque poète est confronté à son enfance, un jour ou l'autre.J’ai commencé par en faire un roman.J’en avais écrit 200 pages quand j’ai commencé à éliminer des choses, des conversations, des descriptions.Je cherchais le condensé et c’est dans la forme du poème que je l’ai trouvé.« La poésie est à la.littérature ce que le champagne est à l'alcool et le parfum aux odeurs! Comme Louise Blouin l’écrit dans son anthologie des poètes des Écrits'des Forges : les poèmes sont des vidéoclips.« D’autre part, l’enfance fait partie du décor émotif et mental de la poésie.Il faut se la réapproprier, en refaire l’initiation.Même si cela fait mal et si on se brûle, on n’a pas le choix.L’enfance est à l’origine de la façon dont on voit le monde et on l’écrit.Pour un enfant, c’est la mise en place de ce qui va jouer dans sa vie.« Moi, quand j’étais enfant, je rêvais de voyages en regardant les bateaux passer sur le Saint-Laurent.En même temps, je vivais des événements intérieurs comme la mort de mon père, que je relate dans mon recueil Dimanche après-midi ( Forges, 1985).Finalement, j’ai eu une enfance concentrée où je devais négocier tout de suite avec les absolus.« Je m’amusais à écrire sur des cailloux les mots que je savais.Je venais de commencer l’école et je me donnais mon propre dictionnaire.J’aimais les couleurs aussi, j’ai-fait de la peinture.J’aimais la musique et j’aurais voulu apprendre le piano.Mais ce sont les mots qui ont pris le dessus.Comme un jeu qui devient vrai dans l’écriture.U n jeu dont on devient addict et dont on ne peut plus se passer.« D’ailleurs, moi je pense qu’on trouve l’extase par l'excès.Je suis peut-être très américain dans ce sens-là.Je pourrais dire une phrase de Mae West : Too much of everything is beautiful! L’excès dans la vie, l’excès dans l’écriture comme dans tout ! L’écriture, c’est une façon d’en remettre.Tu vis une émotion et si tu l’écris elle devient cent fois plus intéressante.Elle grossit, elle éclate, elle remplit l’univers.« Je sais que le jeu peut devenir dangereux mais c’est le risque de l’artiste qui est happé par ce qu’il crée.Il n’a pas à se protéger.Il ne protège pas le lecteur non plus.Ce qui amène des choses nouvelles, PHOTO MARIO SAVOIE Jean-Paul Daoust c’est un jeu qui étonne.« L’impudeur amène aussi dans l’oeuvre une sorte d’amoralité.Si une histoire est dans ma tête, c’est qu’elle fait partie du tissu social.Je me dis qu’il faut faire face au réel que j’ai vécu.C’est mon côté barbare.Je suis un Goth, un Wisigoth, un Hun quand j’arrive avec un texte comme Les Cendres bleues qui balaie tout, qui installe une affaire épouvantable.« Je suis conscient de la provocation.Évidemment, l’anecdote est scabreuse.En même temps, je me dis que c'est ce que j’ai vécu.C’est une histoire d’amour dont les person nages ont été changés.C’est Roméo et J uliette dans une autre version ! J’ai amené ma version autobiographique mais elle rejoint tout le monde parce que tout le monde a aimé ou a envie d’aimer.Il y a un dénominateur commun et l’anecdote est secondaire.Celui qui ne l’a pas vécue peut quand meme voir la beauté d’une histoire déchirante.« Les Cendres bleues est aussi un hommage au génie du premier amour.Tu n’as pas le choix : le premier amour, c’est foudroyant, bouleversant, ça vient déchirer le voile des apparences.Tu perds tes moyens, tu perds tout ton code.Ton univers éclate et tu vois qu’il y a autre chose.C’est ravageur et barbare, un premier amour, ça l’est d'autant plus dans ce cas-ci.Que quelqu’un accepte ou refuse le premier amour, il en est marqué pour la vie.« Les lecteurs qui ne pourraient pas supporter Les Cendres bleues sont ceux qui restent au niveau de l'anecdote.11 n'est jamais dit dans le poème que cette thématique doit etre mise dans le corpus social! Moi, mon idée, c’est de laisser les enfants tranquilles.Ceci étant dit, ce n’est pas ce que j’ai vécu et je n’y peux rien.Mais jamais le recueil ne met cette situation de l’avant.11 n’en est pas question.Il s’agissait pour moi de raconter de la façon la plus hon; nête et la plus sincère possible une histoire qui a été vécue.« D’autre part, amener l’homosexualité dans ma poésie, c’est une façon de me servir d'une marginalité comme d’une loupe grossissante pour regarder de quoi est fait le tissu social contemporain.C’est une façon de voir comment les gens vivent aujourd’hui.Par les codes avec lesquels on vit, peut-être qu’on le voit moins bien, tandis que dans le milieu homosexuel tu vois un peu mieux les rapports amoureux et sociaux.La vision est moins diluée dans le monde homosexuel.Cela devient un matériau d’écrivain.Cela lui amène beaucoup d’information, qu’elle soit sociale, mentale ou sentimentale.« Dans mon cas, je n’ai pas le choix non plus.Mais au lieu que je sois assommé par l’homosexualité, elle m’est un matériau d’écriture.Chaque poète a son enfance comme matériau d’écriture, moi, j’ai aussi l’homosexualité, qui en rajoute.C’est un matériau dont je me sers et qui ne m’achève pas.Il faut évidemment de l’impudeur pour écrire.Mais refuser son homosexualité, comme refuser son enfance, ce serait se condamner à un blocage.En assumant mon homosexualité, en la regardant, en l’intégrant dans mon écriture, je peux amener ma version de ce qui se passe dans les années 90, en ce qui concerne les rapports humains et amoureux ».Contes de la Russie ordinaire ROMANCES DE VILLE Youri Miloslavski Actes Sud, 1990, 224 pages.Christian Mistral CHARLES BUKOWSKI, dévalant sur les fesses une pente abrupte de San Francisco, se faisait la réflexion que la vie n’est au fond qu’un grand vagin puant.Fort bien.Qu’attendre d’autre de San Francisco et, bien entendu, de Bukowski ?Mais si ce point de vue procédait d’une fibre plus universelle ?Où s’en va-t-on avec ces skis ?En ligne parabolique jusqu'à l’autre bout du monde, jusqu’à Youri Miloslavski vis-à-vis du sus nommé.Né en 1946 à Kharkov, il a quitté l’U RSS en 1973 et vit désormais à Jérusalem.Animateur d’une émission de radio à destination de son pays natal, il collabore à diverses revues russes en exil.Jusqu’à maintenant, ses nouvelles étaient à peu de choses près inédites en français; c’est donc un écrivain qu’on découvre grâce au flair d’Hubert Nyssen, la généreuse âme d’Actes Sud.Miloslavski nouvelliste met en scène toute une frange fangeuse de la population russe, celle des desperados des bas-fonds, des ivrognes, des truands, des violeurs, un monde que le communisme a toujours pudiquement voilé, voire carrément nié.Une misère humaine, physique et morale d’une innommable violence.Fascinante parce qu’elle est l’écho de la guerre que se livrent toutes les tribus de la terre, y compris et en particulier celles qui tiennent le coeur des villes américaines.Ce que Nyssen appelle avec beaucoup de finesse « le troublant unisson de la délinquance internationale.» Dans cette cour des miracles, dans cet enfer des ruelles de Kharkov, Miloslavski débusque ses personnages, des hères rescapés de la guerre, étourdis par le sang, jetés hors des prisons par l’amnistie stali- L’Oiseau de feu, tome 2.A LE RECYCLAGE D'ADAKHAN Jacques Brossard 36.00$ Adakhan Dcmuthscn.maître forgeron, s’efforce avec acharnement de percer les secrets du pouvoir et du savoir des dirigeants qui les manipulent.Poursuivant sa quête de connaissance au sein de la ville souterraine, il fait l’apprentissage d’une autre vie.encore plus troublante que celle qu’il avait connue sur terre.La littérature d’aujourd'hui LEMEAC il PUMI Collection « ÏÎ^TTÎElRVlEI^inR N PROFESSION : CONSULTANT ROBERT LESCAHBEAU - MAURICE PAYETTE - YVES ST-ARNAUD ’ ¦ Après quinze ans de pratique en consultation et de formation de consultants professionnels, les trois auteurs proposent ici un guide d'intervention sachant allier la théorie et la pratique.340 pages (15 x 23) - ISBN; 2-7606-1539-1 - 32 $ LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Diffusion tisiëtan murin Oclitctir Tel (514) 449 2369 Telec (514) 449-1096 nienne.Romances de ville tfsl plus qu’un recueil de nouvelles, c’est un entier composé de durs éclats.Prenez la courte saga des Vou-liar : l’aîné a été fusillé pour cannibalisme ou seulement condamné aux travaux forcés dans les mines d’uranium, on ne sait trop.Le cadet se met devant le café Ogoniok et taxe les clients.Ceux qui refusent de payer se ramassent un terrible coup sous l’oreille : « Ça fait deux grosses bosses brunes sur la mâchoire et on saignait par les oreilles, ça faisait mal ouille, ouille, ouille ! » Le troisième frère vit chez sa mère, Ninka la putain, qui peut coucher avec deux mecs a la fois, et même plus.À 38 ans, elle est belle, gentille et gaie.Trouvant son fils soûl, Ninka : « Couillon, t’as avalé tout le pinard ! il restait la moitié d’une bouteille ! » « J’vais te couper les nichons et te les accrocher aux oreilles, a répondu Vouliar en riant.Tiens, voilà vingt-cinq roubles, file à l’épicerie ! » Quand, ayant violé sa maman, le jeune Vouliar échappe de justesse à la peine de mort, la beauté de Ninka s’évapore.« Un ongle pourri sortait de sa pantoufle trouée ».« Elle se ronge, disait oncle Vo-lodia qui aimait la justice.» Elle ne se rongeait pas du tout.Simplement, son temps était venu.Un temps était fini, un autre commençait.Pour Ninka il n’y avait ni châtiment, ni récompense.Mais elle avait fait cinq mômes, satisfait mille mecs, bu des tonnes de vin, fumé peut-être un million de « Prima » : c’était , assez, non ?Voilà en quels termes nous interpelle Youri Miloslavski : que ceux qui ont des oreilles se les débouchent.J’adore, et c’est gaillardement traduit, sans les habituels abus d’argot rigolo, par Luba Jurgenson.estuaire (’.P.337.suce.Oiitrcmont Montréal II2\ 4M estuaire ta rumeur dos lieux Des poèmes de: CLAUDK BEAUSOLEIL NICOLE BROSSARD.PAUL CHAMBER LAND, JEAN-PAUL DAOUST.CAROLE DAVID.DENISE DESAUTELS.LOUISE DUPRt BERNARD POZIKR.JEAN ROVER, , Elise turcotte.Abonnement pour quatre (4) numéros Abonnement étudiant/écrivain 18$ G Abonnement régulier 20 $?Abonnement pour institutions 30 $?Abonnement a l’étranger 35 $ G Abonnement régulier pour 2 ans (prix spécial pour huit (8) numéros, au Canada seulement) 35 S G Abonnement régulier pour trois ans (pnx spécial pour doua- ( 12) numéros, au Canada seulement) 50 $ G On peul aussi se procurer la plupan des cinquante 150) premiers numéros d’estuaire 5 $ G Nom.Adresse.Code.Veuillez m’abonner à partir du numéro.estuaire: C.P.337, suce.Outreniont.Montréal H2V4N1 Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue estuaire •Nature du prix Le/la lauréat/e reçoit une bourse de 2 000 $ des Terrasses Saint-Sulpice.•Origine Ce prix a été créé pour stimuler l’écriture poétique.Il soulignera dès la fin de janvier 1991 une oeuvre qui aura proposé en 1990 une approche différente de la poésie tant au niveau thématique qu’au niveau formel.Ce prix sera remis à la fin de janvier de chaque année.•Ia-s finalistes Geneviève Amyot, Corps d'atelier (Le Noroît) Hugues Corriveau, Ce qui importe (Les Eterbes Rouges) Michael Delisle, Chose vocale (Les Herbes Rouges) lAHiise Desjardins, La 2e avenue (Le Noroît) Denis Vanier, Les stars du rodéo ( Les Écrits des Forges) Pri ?91 30 janvier 1991 à 17h aux Terrasses Saint-Sulpice, 1680, rue St-Denis, Montréal.\ ê C-10 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 • le plaisir des ivres Micheline La France et Gilbert Choquette Voyages chez les héros grecs Jean BASILE Lettres ?québécoises L’INCESTE est un domaine fascinant en psychologie, outre qu’il est un des motifs les plus troublants de la tragédie grecque.Aussi, avant de commenter le dernier roman de Gilbert Choquette, un écrivain de tradition, commençons par celui de Micheline La France, Le talent d'Achille, qui traite de la question.MICHELINE LA FRANCE met d’emblée cartes sur table.Quand elle nomme ses personnages Achille, Ariane, Hélène, Hippolyte, on voit où elle veut en venir.Quand elle rajoute des mensonges à des meurtres, quand elle évoque les sciences magiques ou qu’elle désigne la beauté comme le seul but honorable dans une existence humaine, quand elle fait dire à une de ses héroïnes : « Mon frère avait le pouvoir de faire surgir du néant l’horreur », on en est tout à fait sûr.Cédant à la mode des cothurnes et des chlamydes, elle a voulu écrire un drame à l’antique avec ses cris et ses excès, sans oublier tout son pathos psychologique, notamment celui de l’inceste frère-soeur, assez répandu, et dont les modèles contemporains sont Les Enfants terribles de Cocteau et tous ses héros néo-grecs dont le cri de guerre est, effectivement: «quelle horreur!».Malheureusement, l’écrivain n’a pas les moyens de ses ambitions et la tragédie grecque reste en Attique avec son miel et ses boucs.Le roman de Micheline La France se passe bel et bien à Montréal, dans une grande maison bourgeoise du square Saint-Louis, de nos jours, ainsi qu’au bord Micheline La France Le Talent d’Achille Kimum Boréal d’un lac, sans doute dans les Cantons de l’est.D’ailleurs, appeler ce livre un roman serait abusif.En fait, il s’agit d’une suite de souvenirs en flash back au sujet d'un certain Achille qui vient de mourir d’un cancer et dont ses frères et sofeurs tentent de ressusciter l’image.Chacun s’y met à sa façon.Il y a donc plusieurs Achille puisque personne ne voit les choses de la même manière.Ce truc littéraire, archi-connu et archi-usé, est insupportable.Généralement, ça veut dire que l’écrivain n’a pas circonscrit son sujet et que, par conséquent, il ne peut pas en parler avec clarté.Il faut d’abord supporter les niaiseries familiales habituelles, d’une psychologie assez primaire.C'est ainsi qu’on apprend que le petit Achille a été jaloux d’Hippolyte et d’Hélène, des jumeaux, quand ils sont nés.On apprend également qu’il joue du violon et qu’il est moins doué pour l’interprétation que pour la composition.En réalité, le noeud de l’action est Ariane, la soeur aînée d’Achille, les autres n’étant que des comparses.Là, Micheline La France y va de son petit effeL D’abord, Ariane est la perle de la famille, celle qui sait tout et comprend tout En fait, elle n’a pas tout à fait sa tête et il lui en manque des grands bouts.Voilà pourquoi elle s’appelle Ariane, celle du fil et du labyrinthe.C’est à de tels détails subtils qu’on pèse la finesse des écrivains cherchant l’inspiration dans le mythe grec.Micheline La France s’est donné beaucoup de mal pour tricoter son livre.On admet volontiers qu’il a été écrit avec sérieux, quoique dans une langue terne avec des ignorance étranges, concernant l’emploi du ceci et du cela, par exemple.De même, elle a « typé » ses personnages comme on l’apprend à l’école, en s’inspirant très vaguement de ses modèles antiques.C’est très naïf et pas méchant.Son erreur, rédhibitoire, est d’avoir emprunté à trop de genres sans réussir à les harmoniser, si bien que rien n’a de consistance.Sommes-nous dans la réalité ou le fantasme ?On ne sait pas.Ainsi, on veut bien croire qu’une petite fille jalouse de son père, le pousse à se noyer dans un lac tout en en accusant son frère, quoique cela ne soit pas très convaincant quand même.Il est plus difficile de se faire à l’idée que le jeune Achille couche avec sa soeur, et que cette dernière tue l’enfant de ses propres mains.L’histoire de Micheline La France est compliquée à souhait et biscornue.Elle passe du banal à l’extravagance sans qu'on y croie parce que le passage de la psychologie des profondeurs contemporaines au drame grec ne se fait pas.Geneviève Amyot Toutes tendresses tourmentées - BROYER ?Poésies CORPS D’ATELIER Poèmes de Geneviève Amyot Neuf tableaux de Michel Pelchat Éditions du Noroît, 96 pages.GENEVIÈVE AMYOT élabore depuis 15 ans une oeuvre unique de poète et de romancière.Son plus récent titre.Corps d'atelier, m’appa-rait comme l’épure d’une oeuvre qui s’impose au sommet de ce qu’on a appelé « la poésie du corps ».« Il faudra reviser encore et si ardemment les parages de l'amour et du poème », nous suggérait Dans la pitié des chairs (Noroît, 1982).Toute l’oeuvre est fidèle à cette équation de l’inédit.L’écriture de Geneviève Amyot traverse les mots « désir » et « douleur » comme des noeuds de clarté.Elle dessine les ponts entre les mots « corps » et « tendresse », entre le sensitif et l’émotif.S’il est un « corps habitable », c’est bien celui qui s’écrit dans les livres de Geneviève Amyot.Si son plus récent titre, Corps d'atelier, se retrouve présentement finaliste pour deux prix, soit le prix du Gouverneur général et le prix Estuaire-Terrasse Saint-Sulpice, ce n’est certes pas un hasard.Depuis La mort était extravagante (1975) et Dans la pitié des chairs (1982), sa poésie publiée au Noroît, et depuis L'Absent aigu (1976), Journal de l'année passée (1978) ainsi que Petites fins du monde (1988), ses romans et récits parus chez VLB, Geneviève Amyot a pris une place à part, au premier rang de nos écrivains.Elle écrit dans la plus stricte intimité, loin des modes et des clans, loin des remous de l’institution littéraire, des livres qui bouleversent nos habitudes de lecture.L’écrivain ne joue pas à quelque personnage médiatique et force l’émotion littéraire par des oeuvres qui s’imposent comme des expériences de vie inté rieure Son propos ?L’émotion de vivre.Commeonpourraitdire : « un mot-ton dans la gorge » ou « du coeur au ventre ».L’apprentissage émotif à partir des rapports à l’autre (amant, enfant, mère, soeur), la naissance à l’amour et au monde, la façon d'ha biter un corps de mère puis le sien, les tourments de la tendresse et de la passion, la conquête de soi et de la beauté à partir des rituels de la mé moire : voilà tout l’univers en gestation dans des livres qu'on n’oublie pas.Dans la pitié des chairs concernait la maternité et la création, le don du corps et l’abandon aux mots.Corps d'atelier fait le chemin inverse : il s'agit de reconstruire le corps de la femme-mère à partir du manque on gineL n s’agit ici d’identifier le corps des émotioas à partir du noir onginel d’une femme mythique qui peut tout aussi bien être la mère de la narratrice que cette dernière devenant mère.Le mythe en cause dans ce livre est celui de la fécondité, c’est-à-dire de la continuité des sentiments et des sensations.En quelque sorte, Geneviève Amyot recompose le corps amoureux de la femme contre toutes douleurs et en « toutes tendresses tourmentées ».Elle reforme l’image du corps féminin atomisé par le surréalisme d’association d’Éluard et de Breton (peut-on relire aujourd’hui « L'union libre » dans l’extase ou l’insignifiance ?).Par exemple, le sein dont parle Geneviève Amyot n’est pas celui dont les poèmes d’amour mâle ont fait un objet.Ce sein appartient d’abord à la femme, à son corps réel autant que symbolique et mythique, à son sentiment d’être femme et de se penser en relation avec l’autre et le monde.Cette femme évoquée dans les poèmes de Geneviève Amyot, cette femme sans bouche pour crier et sans mains pour caresser, puis sans yeux pour voir et sans jambes pour aller vers l’autre, cette femme de la fécondation sans les sens et les gestes, cette femme de chair voudra retrouver sa façon de naître à elle-même et aux autres qui continuent sa vie.Elle cherche à recoller les morceaux d’un corps de mémoire : « Il m’a fallu longtemps pleurer/ leur silence pour reconnaître enfin/ le goût précis de ce manque originel ».Corps d’atelier a été défini par son auteur, dans un entretien à Nuit blanche, comme le livre d’une « descente aux enfers, très douloureuse ».À la page 25 de son livre, elle écrit : * douleur par trop familière ma seule/ mémoire et j’y réside diluée depuis/ toujours au flou d’une détresse noire/ Sans image/ Ou presque/ Seul un goût/ Une saveur amère qui me navre/ au moindre obscur indice».L’écriture de ce livre se fait à contre-douleur, si l’on peut dire.Les mots un à un effacent des manques affectifs.La narratrice se retrouve « seule au noir intolérable de vos absences » (p.94) mais, ajoute-t-elle, « Les poèmes aussi ont des pouvoirs quand on sait s’y prendre » (p.61 ).Et voici qu’elle confie sa désespérance au secret de « boîtes singulières » qui ressemblent à des livres où la mémoire laisse reposer son inventaire : « Alors j’enlevais un peu mes bras/ je les déposais comme un poids/ pour fouler les textes dans les boîtes/ Au bas desPcorps/ Dans ces sortes de tombes tenant/ lieu de corps » (p.71).Précisons ici que ce livre de Ge neviève Amyot s’est écrit à partir de tableaux du peintre Michel Pelchat.Un récit poétique s’est élaboré jusqu’à devenir une oeuvre autonome.De sorte que les tableaux de Pelchat se regardent, dams le beau livre édité au Noroît, comme des miroirs du texte.Écrit contre le mal-être et pour « donner chair à (la) mémoire », par celle qui avoue savoir « presque tout je t’assure de l’absence de la honte et de la déraison » (p.50), Corpsd'ateller se lit comme une prose découpée en vers, comme des poèmes qui, en fait, composent le récit d’une douleur.Les textes de Geneviève Amyot ont toujours refusé les modèles traditionnels.Ils s’inventent à chaque livre avec une force étonnante.L’humour et la dérision accompagnent parfois le sentiment tragique de la vie qui domine ces textes aussi déroutants qu’ont pu l’être ceux de Rimbaud, de Réjean Ducharme ou de Clarice Inspector.Car voilà bien la famille de Geneviève Amyot, s’il faut lui donner quelque parenté littéraire.Mais ajoutons que ces textes de désespoir et de tendresse tout à la fois restent remarquables dans leur originalité propre, en ce qu’ils évoquent au coeur même du langage l'oeuf de la solitude absolue — douleur éclatée d’« une croyance charnelle inévitable».?Parmi les récentes parutions en poésie, notons tout de suite quelques titres intéressants dont nous pourrons reparler dans de prochaines chroniques : Neurones fragmentés de Louis Comellier (Écrits des Forges), La 2e Avenue de Ixjuise Desjardins (Noroît), L'Échelle des êtres de Renaud Longchamps (VLB), La Septième chute de Serge Patrice Thibodeau (Éditions d’Acadie), Notes et paysages de Louise Warren (Remue-Ménage).Rappelons que cette dernière rencontrera le public dimanche après-midi à la Librairie Gallimard, boulevard Saint-I^iurent.Notons aussi dans la collection de poche « Poésie/ Gallimard », la parution de trois nouveaux titres : Les Chansons de Bilitis de Pierre Louys (1870-1925), Le Contre-Ciel de René Daumal (1908-1944), Le Seuil Le Sable.Poésies complètes /94.7-/97MÜ’Edmond Jabès (1912-1990).On sait que Jabès est mort le 2 janvier.Maître spirituel de toute une génération d’écrivains français, il a élaboré une oeuvre méditative de récits philosophiques et d’aphorismes qui posent les questions et ressemblances de la condition de juif et d’écrivain.Le mythe du Livre fonde toute sa recherche.D’abord poète influencé par le surréalisme et par Max Jacob, il publiera un seul livre de poèmes : Je bâtis ma demeure (1959), avant d’entreprendre ses méditations « spirituelles » du « Livre des Questions ».La poésie reviendra dans l’oeuvre de Jabès avec Récit et La Mémoire et la Main (1980) puis L'Appel, texte écrit entre 1985 et 1988.Ce sont ces suites, ajoutées par Gallimard à son premier livre paru en 1959, qui constituent l’édition de poche intitulée Le Seuil Le Sable, dernière publication d’Edmond Jabès.Le dernier poème écrit par Jabès en 1988 nous avait prévenu : • Cherche mon nom dans les anthologies./ Tu le trouveras et ne le trouveras pas./ (.) Qu’importe.Ai je jamais eu un nom ?/ Aussi, quand je mourrai, ne cherche pas/ mon nom dans les cimetières/ ni ailleurs./ Et cesse de tourmenter, aujourd’hui, celui/ qui ne peut répondre à l’appel ».Gilbert Choquette One affaire de v< Roman ' 'jU l’Hexagone T GILBERT CHOQUETTE continue sa carrière de romancier qui n’a jamais vraiment percé le mur du son mais qui est, sans conteste, parmi les plus stables et les plus honnêtes de la littérature québécoise.Une Affaire de vol, son dernier roman, est aussi net que les précédents.C’est du bon style, de l’ouvrage bien fait avec, comme souvent, un je ne sais quoi d’astringent.En tous cas, Gilbert Choquette ne se laisse pas influencer par les modes.Il écrit comme il l’entend.Le sujet de ce livre ne manque pas de piquant.C’est l’histoire d’une femme de la grande bourgeoisie montréalaise.Pour passer le temps, entre un âge qui la tourmente et un mari qui ne s’intéresse plus à elle, elle s’occupe d’art.Elle entretient aussi une liaison avec un esthète d’un certain âge.Mais on peut tromper son mari sans grand enthousiasme et c'est ce qui arrive à Marthe, l’héroïne de ce roman.S’occuper d’art est très louable et, généralement sans danger, sauf quand on rencontre des artikes en chair et en os.Marthe rencontrera Thomas, un vagabond de l’ouest qui s’est installé à Québec où il tente de survivre vendant ses oeuvres rue du Trésor.Coup de foudre! Au fond, c’est l’étemelle histoire des Phèdre et des Hippolyte, sauf que Gilbert Choquette, prudent, ne s’y risque pas.Il préfère parler du heurt des mondes, le riche et le pauvre, le conventionnel et le bohème.Il préfère la critique sociale et la subtilité psychologique.Le jeune artiste et la brave bourgeoise s’aimeront, chacun à leur façon.Lui, il l’exploite naturellement mais, comme c’est un esprit tortueux, il inventera des drôles de façon pour lui témoigner ses sentiments.Elle est persuadé du génie de Thomas.Elle fait tout pour l’imposer dans son monde qui a de l’argent et qui, par conséquent, peut acheter des tableaux quoiqu’on y préfère, généralement, Fortin à l’art conceptuel Mais la jeunesse est la jeunesse.Marthe s’en apercevra quand elle présentera sa propre fille, Laurence, qui habite Québec, au beau Thomas.Une Affaire de vol est un roman du trouble amoureux.Au début, quand Marthe arrive au château Frontenac pour y voir son vieil amant, on a l’impression que Gilbert Choquette, profitant de ce lieu merveilleux et démodé, va se lancer dans un roman gothique nouvelle manière, et que ça va être ringard et merveilleux.Le personnage de Thomas, tortueux et tourmenté à souhait, le permettait.Mais Gilbert Choquette se dérobe.Ça retombe dans le roman psychologique traditionnel D’ailleurs tout finit bien Sur les rails HISTOIRE DES VOYAGES EN TRAIN Wolfgang Schivelbusch Traduit de l’allemand par Jean-François Boutout Paris, Le Promeneur, 1990,264 pages André Girard AU DÉBUT du XIXe siècle, la diligence assurait les déplacements par voie de terre.Cette forme de circulation s’inscrivait dans le paysage, à même les aspérités du sol.Dans le centre des villes étaient situés les locaux de départ, les relais de poste.Hôtel de la Poste : le nom de l’auberge attenante.Les voyageurs de la diligence formaient une société qui s’entretenait, qui conversait.Et se quittait à regret, les voyages étant toujours trop courts.L’état de fatigue des chevaux était mesure de distance.Il y avait quelques voies ferrées, aux abords de mines de charbon; appendices qui ne servaient qu’au transport du charbon.Les wagons étaient tirés par des chevaux, puis de plus en plus par des machines à vapeur.Devenues locomotives, tirant des voitures à cheval montées sur rails — le train entra en gare.Le trajet s’est paisiblement déroulé, « si paisiblement déroulé qu’un voyageur peut lire son journal dans un confort parfait».Durant les voyages en train, la lecture est devenue la principale occupation.Les compartiments ne sont accessibles que de l’extérieur, par les portes de côté.La vue de la fenêtre du compartiment permet de saisir une suite de scènes, une mise-en-scène produite par le mouvement rapide du train.« La vapeur, ce puissant machiniste, dévore un espace de quinze milles à l’heure et entraîne les coulisses et les décors avec elle; elle transforme à chaque instant le point de vue, elle confronte le voyageur avec (.) des entractes burlesques, avec des fleurs qui appraissent comme des feux d’artifice.» Mais d’un comprtiment à l’autre, nul ne se voit ni ne s’entend.Le bruit des roues en train de tourner couvre tous les autres bruits.Le compartiment devient une nouvellle scène du crime qui fascine l’imagination du XIXe siècle.« Lorsque le train s’ar- Wollgang Schivelbusch Histoire des voyages en train * « mm# rête ensuite conformément à l’indicateur, le contrôleur peut découvrir un champ de bataille à la place d’un wagon de deuxième classe.Nous n’exagérons pas.» Le lieu commun, au début du siècle précédent, utilisé pour décrire l’irruption du chemin de fer dans le paysage : « destruction de l’espace et du temps ».Le trajet est « une série de petites secousses qui se succèdent rapidement ».L’Histoire des voyages en train analyse les diverses composantes de ce nouvel univers.Innovation technologique majeure, la machine ferrovière a radicalement changé les rapports au temps et à l’espace.Wolfgang Schivelbusch montre les réactions d’une époque et ses changements de mentalités.Citant abondamment récits de voyage, rapports médicaux — pathologiques et psychiatriques — et journaux, il relate les craintes et fascinations, les angoisses et les heures agréables.An goisse de manquer le dernier express, « le train qui part ponctuellement et sans pitié ».Ou bonheur d’être seul dans un compartiment, « les roues tournaient infatigablement, accompagnées d’un bruit uniforme semblable à la résonance d’un orgue majestueux.» Un très agréable voyage.T~^1 LES LIBRAIRIES * Flammarion Nous recherchons des personnes intéressées et expérimentées pour les postes suivants: • Assistant(e)-gérant(e) • Libraire • Préposé(e) à la réception-expédition Si vous désirez vous joindre à une équipe dynamique, veuillez faire parvenir votre c.v.à: Les librairies FLAMMARION Itée Service du personnel a/s Lisette Poissant 375, avenue Laurier Ouest Montréal (Québec) H2V 2K3 TéL: 277-8807 parce que l’amour sauve tout et que la réussite rend les artistes heureux.Le Talent d’Achille, Micheline La France, roman, 224 pages.Boréal Montréal, 1990.Une Affaire de vol, Gilbert Choquette, roman, 124 pages, l’Hexagone, Montréal 1990.LOGIQUES LA VIE MODERNE O O -A 10-1 r ® &SL 5-0 v>® ® • O [S2 13g.\im ïm lo^Ë'0 en BL^TJ *»» ® ’ iïOâi 30 "O ® -i F* ° ® ® • ®® • 1225, de (’onde, Montréal (JC I UK 2H4 (514) 9.11-2225 I AX: (514)913-2182 l.cs Hditions LOGIQUES sont agréées cl subventionnées par le ministère des Affaires culturelles du Québec. Le Devoir, samedi 19 janvier.1991 ¦ C-11 • le plaisir des ivres w< È __ 2*2*23* s* izsts*.vgSÊLZ Yves NAVARRE La vie dans lame Carnet 18 RUE MARIE-ANNE EST.Le ventre de Clara.Même et surtout les plus proches, celles-là et ceux-là qui lui avaient souvent dit « tu peux m'appeler vingt-quatre heures sur vingt-quatre » ou, « compte sur moi » ou encore, « les amis sont là pour ça ».Le pire moment était venu.Elle éprouvait du réconfort à se dire qu’elle ne ferait signe à personne, même et surtout aux plus proches.Elle ferait ça toute seule.C’en était trop de par le monde.Le printemps jamais ne reviendrait.Elle ne voulait plus revoir de ces beaux jours, pieds nus dans des sandales, chemisier blanc, coups de vent dans la jupe légère, cheveux décoiffés.Jamais Clara n’avait pu saisir de prime abord les autres dans leur altérité plutôt que dans ses réactions subjectives à leur égard; ainsi, son consul aux réponses inappropriées, en vouloir de primesaut, alors qu’il s’agit de surdité de l’autre, c’est présumer un peu vite, et se faire à soi-même un mal qui n’a pas de raison d’être; ainsi, plutôt que de rompre vivement, apaiser par une plus patiente écoute de propos de l’autre, aimé, ami, compagne, compagnon, prendre le temps des propos agaçants et amicaux, pouvoir le geste qui dénoue et laisse l’autre à sa liberté d’opinions et de maladresse.À chaque fois, Clara avait tranché, ce serait pour une prochaine fois puisque le phénomène invariablement se répétait, raison de plus pour en faire désormais l'économie.Ainsi, Clara s’était-elle retrouvée isolée au point de penser « même et surtout les plus proches » et envisager de se supprimer sans prévenir personne.Parce qu’elle ne supportait pas le crépitement de la pluie sur le toit, l'ordre de sa table de travail, la médiocrité de ses croquis de chapeaux puis, sept mois, le départ de Roch; parce qu’elle n’aimait plus le carrelage vert de l’escalier de ce 21/2 de Marie-Anne est, plein nord, jamais de soleil, même l’été, au couchant.Elle ferme les yeux : elle voit Roch et son regard orphelin, sa manière malicieuse de citer Supervielle quand il venait de dire une bêtise, pardon pour les balles perdues; son air mutin lorsqu’il affirmait toutes sortes de plus jamais mais ou de qui peut le plus peut le plus; sa joie lorsqu’il avait tenu à ce qu’elle le photographiât rue Sainte-Catherine presque en face du Ouimetoscope, devant la boutique Le spécialiste des échecs-, la gravité de sa voix lorsqu’il lisait ses poèmes auxquels il ne croyait pas comme pour prouver qu’il travaillait même s’il ne faisait rien, « je vis aux crochets de tes chapeaux»; l’habitude qu’il avait d’aller toujours prendre une douche, été comme hiver, dès qu’elle commençait à douter de lui et il le sentait, sa nudité rappelait à l’ordre du charme et de l’étreinte; la douleur de sa peau et l’émerveillement de l’écartèlement quand on se donne encore un temps, l’amour est toujours à l’essai sinon il n’est plus.Clara ouvre les yeux.La bouillie de pilules est prête.Clara a pilonné le tout dans un mortier.Elle a même ajouté un peu de sirop d’érable de chez sa mère, là-bas, à l’est, non loin du fleuve.Clara écoute la ville.Elle aime cette ville que sa famille feint d’ignorer.Elle la porte en elle, au plus profond de son ventre, un point, puis le fleuve, l’estuaire et la haute mer quand on doute de tout.Elle est enceinte de cette ville, rêve ébauché.Elle en aime les hurlements des ambulances, le faisceau lumineux .qui balaye le ciel, le vrombissement des avions si tard le soir ou trop tôt le matin, le crissement des pas dans la neige, même la slotche quand elle vient, et les terrains vagues, les gratte-ciel, la croix de lumière en haut du Mont-Royal, comme une cicatrice dans la nuit, les inscriptions murales, les briques lépreuses, les miroirs des façades de verre, les ierres grises et carrées des âtiments de la Vieille Ville, jusqu’aux entrepôts qui cachent la vue du port et les bateaux que, parfois, elle entrevoit.De Roch elle a conservé un seul poème qu’il lui avait dédié la veille de leur séparation, ce texte-même qui lui avait fait décider de trancher et de profiter de la fin de semaine que le « chum » passerait chez ses parents à Sainte-Foy pour carrément changer d’appartement, choisir le premier local venu, rue Marie-Anne est, escalier vert, uatrième étage.Le poème est pinglé au mur, entre deux affiches de cinéma, Les ailes du désir, Wenders, et À corps perdu.Pool.Clara le lit à voix haute : Maudit soit le jour Où je n’aurai plus la force De dire Non Non à l'oubli confondu avec le pardon• Maudits soient celles et ceux qui se penchent Pour plus encore vous écarter.Les mouettes sont arrivées Elles donnent l'alerte La ville est un port Le fleuve précipite Maudits soient ceux qui ont tué en eux L’enfant de tous les ciels.Lui, enfant de tous les ciels ?Pour qui se prenait-il ?ce poème n’avait-il pas été écrit par commande et pour plaire comme à une sortie de douche, la remontée de l’estuaire ?Clara, sept mois plus tard, sait et admet que Roch la copiait et qu’elle aimait qu’il lui ressamblât.Cette confusion lui a fait prendre la décision de partir sans laisser d’adresse, plaisir de l’imaginer planté devant la porte de ce qui avait été leur logement avec, pour seule fortune, d’autres poèmes à écrire.Bien sûr il avait essayé de la revoir.Bien sûr elle avait toiit fait pour l’éviter.Mais ça n’avait été qu’un jeu auxquels ils voulaient perdre tant ils tenaient à l’idée que leur ville était capitale, tout sauf l’immense village qu’il devient quand deux êtres se quittent.Aussi, dans sa boutique de chapelière, Clara n’avait-elle jamais eu peur d’entrevoir Roch s’approchant de la vitrine.Leur séparation avait été une manière de nouvelle liaison.En malaxant la bouillie de pilules, Clara se dit qu’elle aurait peut-être voulu en savoir plus sur elle-même, le pourquoi, le comment, le jusqu’où, le d'où ça vient, le flegme du père, la rigueur de la mère, la férocité des soeurs entre elles, pas de frère et elle, la dernière.Tout cela ne comptait pas, pauvre inventaire des poèmes quand ils ont un début et une fin, des films quand on les quitte sans regret, des chansons qui ne donnent pas envie de fredonner.Roch avait-il jamais compris qu’un chapeau aussi c’était un poème, du génie avec peu de matière, un mouvement, ponctuation ou simple accent grave ?Roch disait des choses comme je ne suis que ton maniant ou, je suis un microbe, mets-moi sous une cloche de verre et tu verras des choses.Parfois dans l’intimité elle l'appelait « frangin » mais jamais elle ne lui avait dit qu'elle aimait ses poèmes et que secrètement elle souhaitait qu’il ne les publiât jamais.Jamais non plus ils n’avaient vraiment quitté la ville pour un voyage lointain.L’hiver, ils n’avaient pas les moyens, Roch lui racontait des histoires.L’été, ils n’avaient plus envie de partir, la ville les tenait.Roch lui disait encore ici, c'est beau, nous sommes libres et nous ne le savons pas.Le jour se lève.Un jour gris et souffle un vent de cisaille.Jamais Clara ne s’est sentie aussi nombreuse; parce que le ridicule du bol avec la bouillie; parce (jue la comédie que l’on se joue pour devenir ce que l'on est ; parce que ça n’a pas de sens, ou trop, et pas d'allure; parce qu’elle vient d'ouvrir la fenêtre sur rue et qu’elle a entendu le cri d’une mouette.Clara jette la bouillie.Elle va sortir.Elle sait que Roch est dans la ville.Elle le sent.Dans son ventre.Quel besoin d’en savoir plus ?Y.N.LETTRES FRANCOPHONES Des nouvelles d’Algérie LA CEINTURE DE L’OGRESSE Rachid Mimouni Seghers, Paris, 1990.Lise G au vin LIRE les nouvelles de Rachid Mimouni, écrivain et professeur à Alger, au moment où le parlement algérien vient de voter une nouvelle loi pour la « généralisation de la langue arabe », prend une dimension particulière.Cette loi prévoit en effet l’arabisation totale de l’administration d’ici au 5 juillet 1992 et celle de l’uni-versilé pour 1997 ( Le Monde, 28 déc.1990).Une fois de plus, force est de constater à quel point la notion même de francophonie et de littératures francophones est une notion complexe, qu’il faut manier avec prudence, car elle recouvre des entités contradictoires, voire opposées.Qu'y a-t-il de commun en effet entre le statut du français au Québec, langue maternelle et pourtant menacée, et celui de la même langue en Algérie, langue de culture mais aussi symbole de ' plus d’un siècle de colonisation ?Plusieurs auteurs modernes rendent compte de leur ambivalence.« La langue française, avoue Assia Rachid Mimouni La ceinture de F Oeresse O nouvdlos Mas Stsfcn Djebar, corps et voix, s’installe en moi comme un orgueilleux préside, tandis que la langue maternelle, toute en oralité, en hardes dépenaillées, résiste et attaque, entre deux essoufflements ».Rachid Boudjedra, pour sa part, après avoir publié ses premiers romans en français, a fait paraître ses derniers livres avec la mention « traduits de l’arabe ».LE DEVOIR PRÉSENTE LE CONCOURS La Revue STOP organise pour une troisième année consécutive le Concours BELLE GUEULE de nouvelles.Trois prix sont offerts: licr prix: 1,000$ 2ièmc prix: 500$ 3icmo prix; 250$ Pour obtenir tous les renseignements et le formulaire d'inscription, téléphonez au (514) 526-0849 ou écrivez à: Concours BELLE GUEULE de nouvelles, CP.983, Suce.C.Montréal Qc.H2L 4V2.(Date limite: 11 mars 1991.) Une collaboration de: BELLE GUEULE LE DEVOIR Il < r a s s io s Th* ( «n»d« Council ConMll d«i Arl» du Canada rvanvAL nahomai ou uvks 09.1 (Ûuébfr) commu o*a Aura ou canada Si l’usage de l’arabe se généralise et devient la langue de l’enseignement universitaire, on peut supposer que, dans quelques années, les écrivains algériens qui choisiront d’écrire directement en français seront de moins en moins nombreux.Rachid Mimouni a fait paraître en Algérie son premier roman.Le Printemps n ’en sera que plus beau ( 1978), puis en France chez Robert Laffont, Le Fleuve détourné (1982), Tombéza (1984) et L’Honneur de la tribu (1989).Ses romans conjuguent révolte et violence, n’hésitant pas à remettre en cause le passé et le présent de l’Algérie, ainsi que la société née de la révolution.Dans son recueil intitulé La Ceinture de l’Ogresse, regroupant sept longues nouvelles, Mimouni nous fait pénétrer dans un monde étrange, en proie à un vaste malentendu, et comme régi par une volonté diffuse, impossible à identifier.Chaque nouvelle met en scène une personnage solitaire, aux prises avec un métier ou une tâche qu’il s’acharne à accomplir au meilleur de sa connaissance, mais dont les rouages secrets finissent par lui échapper.Ainsi ce chef de gare dans « Une histoire de temps », à mon avis la nouvelle la plus réussie, qui du jour au lendemain ne voit plus passer l’unique train coutumier de 14 h 12.À l’étonnement succède l’inquiétude.Une enquête auprès de l’administration ferroviaire de la capitale, véritable ogresse dans ce cas, lui apprend que le mode de gestion de la société a changé et que la direction de son secteur a été localisée dans une autre ville.Nouvelle démarche suivie d’un nouveau résultat négatif.Le chef de gare finit par savoir que le train infidèle a été détourné du village après la construction, dans une région avoisinante, d’une voie plus large et double.Il se souvient alors d’avoir pactisé avec un certain topographe, venu quelques années plus tôt proposer un nouveau parcours de la voie ferrée dans le village où il travaillait.Comme il fallait, pour modifier le tracé, détruire un mausolée, les habitants s’y étaient opposés avec une énergie farouche.Ils en furent quittes pour leur mise à l’écart de la circulation.Déjà considéré comme étranger parce qu’« il avait toujours refusé d’apprendre la langue vernaculaire exclusivement utilisée dans le village et s’exprimait dans un français ombrageux et vieillot d’instituteur de la Ille République, n’utilisant l’arabe qu’en cas d’extrême nécessité », l’ex-chef de gare s’éteignit, plus solitaire que ja- mais, dans un lieu « qui se recroquevilla sur lui-même » et dont les habitants « redécouvrirent peu à peu le mode de vie ancestral ».Quatre nouvelles sont écrites à la première personne, ce qui confère aux récits une efficacité remarquable.Qu’il s’agisse du gardien d’un jardin public, de l’éleveur de vers à soie ou du surveillant de plage, chacun pourrait affirmer : «Je ne comprends rien à ce qui m’arrive.Est-ce que quelqu’un chercherait à me nuire ?Je ne me connais pourtant aucun ennemi ».Jamais le point de vue ne dépasse l’entendement du personnage principal, qui se contente d’observer avec sagacité, et le plus souvent avec perplexité, les circonvolutions des gens autour de lui.Dans ce portrait des moeurs contemporaines, une certaine ironie atteste toutefois une présence d’auteur plus visible que dans l’univers kafkaien ou ca-musien.Cela n’empêche pas le léger bouleversement, l’accroc en apparence anodin à l’origine de chque nouvelle de dégénérer en cauchemar.Toujours l’intervention extérieure est signe de catastrophe, comme dans « Le Poilu », ce récit romantique où la vigilance de l’amant retarde la mort de l’aimée.On remarque peu de femmes cependant dans ces récits, sinon comme silhouettes fugitives et mystérieuses.Plus politique, la première et la dernière nouvelle retracent l’aventure d’un « Manifestant » solitaire, emprisonné pour cause de.mani festation solitaire, et de « L’évadé », emprisonné pour cause de résistance au « Dirigeant Suprême, bien aimé du peuple et terrible forgeron de l’Histoire ».Autant la première nouvelle est discrètement politique, autant la dernière, par sa contestation directe, devient inutilement lourde.L’art de la nouvelle, qu'on sait exi-geant, est pratiqué par Mimouni avec une rare maîtrise.On y trouve, sous forme de notations d’une sécheresse calculée, l’observation et la critique d’une société partagée entre la tradition et la modernité, la gestion anonyme et la singularité humaine.Une société cahotique et pourtant réglée par une toute-puissante machine idéologique et administrative, qui risque seulement d’oublier l’individu.Parfois les fins de l’une ou l’autre nouvelles sont trop abruptes ou trop appuyées.Mais jamais on ne s’ennuie a lire cette Ceinture de l’Ogresse, recueil d’une facture beaucoup plus moderne que son titre, plutôt rébarbatif, ne le laisserait supposer.ANNUAIRE DES RESSOURCES COMMUNA UT AIRE S DE LA MONTÉRÊGIE • àged’Or • communauté culturelle • culture • école • environnement • garderie • social • sports & loisirs, etc.Un outil de consultation et de référence indispensable pour rejoindre un organisme publique, para-publique et communautaire ANDRÉ BLANCHARD* 524 de Castelnau, Montréal, H2R 1R5 (514) 270-4945 J'aimerais recevoir._ exemplaires) de l'Annuaire des Ressources communautaires de la Montérégie 1990-1991, au coût total de 40.45$ l'unité (tous les frais compris).J'envoie ma commande à: ARC de la Montérégie à l’adresse ci-haut mentionnée.NOM ADRESSE.VILLE_____ PRÉNOM_____ CODE POSTAL.TÉL.: ( ).' André BUndtnl, tuteur de 5 AdWon» de l'ABC d» Ile de MonMtl «I Intervenant pcyctoaodai.Au siècle de la lenteur Lisette .MORIN • A Le feuilleton L’INFORTUNE François Sureau, Gallimard, 1990, 288 pages.ILS SONT TOMBÉS sur ma table le même jour du dernier mois de sep tembre.Leurs auteurs ne m’étaient pas inconnus : Marc Lambron, dont je lisais les articles dans le magazine parisien Le Point.François Sureau, dont j’ai apprécié le livre-conversation avec Jean d’Ormesson, intitulé Garçon de quoi écrire (Gallimard, 1989).Pourquoi ai-je choisi le roman de Lambron : La nuit des masques’! Aucune raison particulière.Même pas — les pronostics des augures n’étaient pas encore donnés — qu’il fût sur la petite liste des goncourables de la saison.Le roman ne m’a pas plu.Je l’ai jugé, et je le juge encore, artificiel et inutile.Il en va tout autrement pour le fort beau livre de Sureau.Avec lui, et bien que le siècle qui l’occupe, celui de la Ille République en France, fut qualifié de stupide par Léon Daudet, on goûte, avec une lenteur qui lui convient puisque ce n’était pas encore le siècle de la vitesse, « le plaisir amer de la nostalgie, qui est l’un des plus vifs », comme l’estime l’un des personnages de L’infortune, le vieux Nathanaël de Bussy.Le personnage central du roman se nomme Augustin Pieyre et il est chirurgien.Mais — la précision est importante — fils d’un libraire.Charles Pieyre est de l’espèce de lettré qu’on voudrait fréquenter, un libraire qui n'aime pas vendre ses livres, qui préfère les ouvrir, sur de grandes tables de bois ciré, et les offrir à consulter, à admirer et même à désirer à ses clients-visiteurs.François Sureau, qui n’a que 33 ans, étonne par l’abondance et, en même temps, par l’aisance de sa culture.Avec Augustin, il nous fait voyager, mais presque toujours par personne interposée.Par Nathanaël, prénom à la fois biblique et gidien (« Nathanaël, jette mon livre.»), on aborde l’Amérique de ce temps-là, « cette terre vide ou mal remplie où affluaient les rescapés des pogroms, sur cette terre qui n’est pas l’Amérique parce qu’il n’y a pas d’Amérique » ; l’Égypte aussi, dans les précieux volumes que collectionne Charles Pieyre mais surtout la France profonde, le Berry que finira par aimer et même y vivre dans un château voisin de celui de son vieil ami, Augustin, l’homme des villes, le Parisien car, • la province ressemblait au péché originel : nul ne pouvait prétendre y échapper ».Grâce à l'hôpital, son milieu devenu habituel et même presque indispensable, Augustin apprend à connaître de curieux personnages, dont un grand patron, Cubain d’origine — Joaquin Alcocer — dont la « prestation » à l’Académie de médecine, devant ses pairs, est un petit chef-d’oeuvre d’ironie .et qui se ter mine abruptement et tristement, l’orateur y perdant soudain, et définitivement, la raison.Le romancier, ici, témoigne d’une maîtrise indiscutable, comme dans le chapitre qu'il consacre au profes-sur Klein, psychiatre, qui écoutera François Sureau plus qu’il ne parviendra à le soigner, son collègue et ami Alcocer.Le lecteur y gagne, pour sa part, un voyage en Alsace et une nostalgie — encore une —sur la fortune (l’infortune ?) de la guerre qui modifie les frontières.Peu de femmes dans le roman de Sureau : une ombre, l’épouse adorée mais trop vile enlevée à son mari, cette Florence que son fils Augustin ne connaîtra que par le souvenir qu’en garde Charles Pieyre.Mais une très belle et très libre jeune châtelaine, d’abord la voisine d’Augustin, puts sa maîtresse.Celte Marie-Antoinette Grigorieff est la flamme qui éclaire un récit par ailleurs souvent triste, sur fond de guerre, celle de 1870, mais aussi celle de 1914, qui faillit tuer Augustin et qui le mènera jusqu’à Salonique où, à la dernière page du roman, U s’embarque pour le retour en France.Il est étonnant qu’un auteur si jeune puisse écrire sur de vieilles personnes avec une si juste appréciation de l’âge et du temps qui fuit.Quand Augustin Pieyre décide d’acheter Bussy (domaine situé près de Bourges), il déclare à son pere que « ce sera pour mes vieux jours ».Le libraire lui déclare alors « Dépêche-toi donc d’y arriver.La vieillesse, c’est les grandes vacances.On a fait son devoir et payé tous les tributs que la société vous impose.Le travail et les chagrins sont derrière.On est enfin libre.» François Sureau, né en 1957, conseiller d’Étal financier (c’est, comme plusieurs romanciers de notre temps, un diplômé de l’ENA) semble goûter, avant l’heure, ce temps béni de la retraite en recréant l’époque d’une certaine douceur de vivre.Une photographie, celle qui illustrait la critique d’Éric Deschodt, dans le Figaro Magazine du 8 septembre, nous le faisait voir, en bras de chemise, mais dans une salle claire, bien ordonnée, avec la discrète présence des volumes de la Pléiade derrière lui.Mais j’ai surtout été frappée — les femmes remarquent cette sorte de détail, plutôt insolite — par ses pantoufles : des cha-rentaises comme on en porte, dans l’intimité, en France, depuis sans doute le temps de la Ille République, la Ve n’arrivant guère à changer les habitudes de confort domestique des Français, même quand ils sont de brillants énarques et de fort bons romanciers ! 0044951^ C-12 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 le cahier du t • armai ARTS VISUELS Images de rêves Pierre Duranleau, Louise Gagnon Galerie Clark, 1591 rue Clark, jusqu'au 27 janvier.Michèle Lorrain Les joues de linge Galerie Oboro, 3981 Saint-Laurent jusqu'au 10 février.Mary Catherine Newcomb Galerie Articule, 4060 Saint-Laurent jusqu'au 10 février.Claire Gravel LA MYTHOLOGIE de l’Antiquité a nourri des siècles d’histoire de l'art occidental.Elle a servi à Freud pour nommer les comportements humains.L’oeuvre sculpturale de l’On-tarienne Mary Catherine Newcomb utilise des caractères mythiques dans des mises en scènes qui en appellent à l’interprétation psychanalytique.L’ajout ou le retranchement de certains éléments (poisson, serpent, tête) élabore d’autres signifi cations, inattendues.Le matériau du ciment moulé, grossier et terne ainsi que les vêtements contempo rains affirment l’actualité de ces rapports symboliques revus et cornues.Surélevé sur une large base noire qui tient du catafalque, Twin Goddesses 11 montre deux femmes enlacées.L’une, décapitée, tend vers la bouche ouverte de l’autre un serpent.Dans cette scène pourtant effrayante, les personnages sont amènes.Newcomb rappelle ici le mythe crétoLs des deux déesses, Démeter et Perséphone, mère et fille.Persé-phone, fille de Zeus, s’accouplera avec son propre père, transformé en serpent.Celui-là même que Démeter lui fait avaler ?Le corps sans tête n’en paraît que plus puissant.Newcomb illustre de façon magnifique l’emprise maternelle qui se poursuit par-delà la mort.Motley Pie voit une tête de brebis lécher la hanche d’une femme nue et décapitée elle-aussi.Motley, c’est le nom qu’avait donné l’artuste à un animal qu’elle a élevé pour ensuite le manger.Comme pour les Twin God desses, Newcomb moule son propre corps.Qu’elle omette la tête semble symptomatique de son refus d’assumer consciemment le sacrifice de la brebis à son appétit, tout comme la mère ne pouvait pas voir la copulation symbolique de sa fille.On retrouve la même douceur : l’animal lèche la femme comme son nouveau né.La hanche percée à cet endroit laisse s’échapper une flamme qui brûle continuellement, signe que l’amour que les animaux nous portent leur est néfaste.Cruelle, la femme tourne le dos à cette caresse.GALERIE D’ART STEWART HALL t Centre Culturel de Pointe-Claire 176 Bord du Lac, Pointe-Claire 630-1254 t Bonnie Baxter - Gravures et techniques variées Jacques Lavigne - Sculptures du 19 janvier au 24 février 1991 Vernissage le dimanche, 20 janvier, de 14h00 à 16h00.Les artistes seront présents Admission libre Horaire de la galerie: lun.au ven de 14h à 17h A.,,- twtlun.et mer soirs, de I9h à 2Ih.sam et dim, de 13h à 17h CII\GÎ\ CENTRE D'EXPOSITION GINETTE PRINCE Installation photographique Le Repentir ____ART CÉRAMIQUE CONTEMPORAIN MANON B.THIBAULT Installation sculpture objets trouvés/objets perdus du 12 janvier au 23 février 1991 Les artistes seront présentes le samedi 19 janvier 1991 de 14h à 17h 372 rue Sainte-Catherine ouest, suite 444 Tél.: (514) 393-8248 {FAMOUS PLAYERS COMEDIE D’AMOUR U PARISIEN l id-' STf Nf j 866 («'.'J m«rc 1 10-3 10-5 10-9 40 t N Ml M 111 II m K HI H WVNON 110-3 10-5 10-7 10-9 10 IES GRANDS CRUS DE IA PUB-CANNES 1990 ^i LES MEILLEURS __ PUBLICITAIRES ^ DU MONDE ~ 19 9 0 t*.>'* BiNf .466 IBM.% LAON.FRANCE • GRAND PRIX-MEILLEUR FILM ^CHAMPS-ELYSEES • GRAND PRIX SPECIAL DU JURY ^T MEILLEURE ACTRICE • LINE KRUS^, t l'ai tfKJUU UNE EMOUVANTE ET UNIQUE HISTOIRE D AMOUR Y/::*.' Ï0RKSW5DAÏ UN FILM BRILLANT.LINE KRUSE EST SENSATIONNELLE \F.W YORK rosi UN CONTE DE FÉES POUR ADULTES v/.ir i m mus réalisé LT fXP.rr PAP SORES KRAGH JACOBSEN avt/ UNE KRUSE ET BORjE AHISTEL) PIOTXPAPHIf.DAN LAL'STSEN w SlQUE THOMAS LINDAHL PRODUIT PAR TM MAGS' s; M PHOTO JACQUES GRENIER Louise Gagnon, L’usage de moulages a été identifié soit à l’académisme ou à l’hy-perréalisme.Newcomb ne sombre ni dans l’un, ni dans l’autre : ses sculptures, juchées sur des socles qui portent eux-aussi une dimension métaphorique témoignent d’une recherche aussi intéressante au niveau formel.A côté de toiles tendues sur des faux-cadres et peintes dans une acrylique lourde et d’un seul ton, des surfaces d’entoilage à vêtements, recouvertes de blanc, portent en leur centre des carrés noirs où se meuvent d’étranges silhouettes.Voilà Les joues de linge de Michèle Lorrain.Enfants enlacés, chien, fontaine, les images surgissent comme des échos de souvenirs heureux où seul le contour des choses a subsisté.Les lignes de couleurs qui délimitent les objets sur leur fonds noirs ont la qualité de celles du grand artiste italien Valerio Adami.Elles chevillent les figures dans une substance colorée si aplatie qu’elles ont l’air d’être découpées dans du papier.On dirait les photos irradiées, suspendues dans un grand vide tout blanc, celui d’une enfance à jamais perdue.Et pour mar- Galerie d’Arts Contemporains INFO-FILFK 866-0111 Hh00à22hoo Exposition Suraj Sadan 19 au 30 janvier 1991 Vernissage: Samedi 19 janvier 14h à16h d «niu»'il lundi au dimanthv IOh à I8h 2122.rue Crescent.Montréal 844-6711 quer cette déformation du souvenir, les images se déplacent d’une série à l’autre, d’une exposition à l’autre.Deux autres jeunes peintres exposent galerie Clark.Pierre Duranleau présente une oeuvre à la fois critique et désespérée, une peinture d’un expressionnisme violent, envahi par des sigles de compagnies industrielles et des containers de substances toxiques.Duranleau rend d’une façon forte sa peur et son désarroi devant la folie du monde actuel.The Malthusian Way : Growth in a Finite World (pourquoi des titres en anglais ?) montre de part et d’autre d’un signe de piastre qui s’allume par intermittences, des têtes de missiles, un bidon d’essence et sa version picturale où il se transforme en pilule.La guerre féconde l’économie qui met bas des rejetons monstrueux : il y a jusqu’à l’orange des fusées qui fait allusion à la guerre chimique.Dans 7Yue North une tête d’orignal en aluminium est fichée dans une peinture d’une rare violence gestuelle, indiquant qu’il n’v a de sauvagerie que culturelle; quand au « vrai nord » il est anéanti par l’industrie.Cela fait longtemps qu’on avait vu une peinture aussi furieuse, aussi puissante.Louise Gagnon peint des paysages.Son amour de la nature l’a amené en Écosse.« Les paysages là-bas m’ont bouleversée » me raconte-t-elle.Elle prépare pour 1992 à la galerie Skol une installation sur le sujet.Galerie Clark, ses grands tableaux à l’huile nous ont à leur tour bouleversée.Leurs formats inégaux circonscrivent des univers paradisiaques d’où l’homme est absent.Dans 90 N, la terre est sans dessus dessous, les deux pôles se joignent, l’océan s’arrondit dans une gigantesque chute d’eau, des feux allongent des ombres fantomatiques.« Je voulais, avec deux toiles, reprendre la notion du point de fuite » m’apprend l’artiste.« Je me suis alors rendue compte que ça représentait le pôle nord ».Au centre, un cercle noir semble figurer l’origine du monde.La Visite est un paysage subli-misé.Deux lourdes montagnes aux flancs couverts d’une terre moelleuse comme de la fourrure flottent telles des îles.Ici aussi une chute d’eau inexplicable déroule son étoffe mousseuse.La lumière esl surréelle, comme si le soleil était enfoui sous le paysage.La texture veloutée des montagnes et l’or vert de la mer du nord donne à ce tableau une souveraine tranquillité.Ce paysage appartient à un monde nouveau, où tous les conflits auraient disparus : un lieu de paix où l’on croit entendre la nature chanter.GALERIE TROIS POINTS RICHARD DESCHÊNES jusqu'au-2 février 307.STE-CATHERINE OUEST SUITE 555.MONTRÉAL H2X 2A3 (514) 845-5555 Avec la participation du ministère U PARISIEN ® V/ 50 * » 5 V) r i 20 JASPER JOHNS MUSEE DES BEAUX ARTS DE MONTREAL 14 DÉCEMBRE 1990 10 MARS 1991 Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h (le samedi jusqu'à 20 h) Billets en vente au Musee jusqu'à 16 h 15 (le samedi jusqu'à 19 h 15) et aux comptoirs Admission (514) 522-1245 Visites commentées le mercredi a 11 h 30 et le dimanche à 13 h 30, à compter du 6 janvier 1991 Musée des beaux-arts de Montréal 1379, rue Sherbrooke ouest, Montréal (Québec) Métro Guy-Concordia ou autobus 24.Renseignements : (514) 285 1600 Cotte exposition est commanditée par Petro Canada Elle bénéficie aussi du soutien financier de Johnson A Higgins et du National Endowment for the Arts PTT RO CANADA Françoise Guyaux, l’art et l’ordinateur Jean Dumont SI L’ON RECONNAÎT, du premier coup d’oeil, dans les très belles photographies en couleur de Françoise Guyaux, des produits issus de l’ordinateur et des manipulations infogra-phiques qu’il rend possibles, ce n’est sûrement pas parce que ses images ne seraient que de simples illustrations des dernières conquêtes de la haute technologie informatique.Bien au contraire.L’arsenal critique habituel et nos critères coutumiers d’appréciation suffiraient largement a donner à ces productions, à leur contenu et à leur forme, la place qui leur revient de droit au sein des arts plastiques.C’est tout simplement que l’artiste n’a rien fait pour dissimuler l’appartenance et la genèse de ses images, et que cet aveu, qui révèle un contenu autre des oeuvres, n’est pas l’un des moindres intérêts de cette exposition, qui se tient au Centre communautaire de l'Université de Montréal, sous le titre de Sous la surface.Les premières fréquentations de l’art et des technologies avancées ne datent pas d’aujourd’hui : l’utilisation d'effets électroniques, sonores magnétiques ou autres remonte, en Europe et aux États-Unis, au début des années 40.Et aujourd’hui, nombre d’artistes se servent de l’ordinateur et de logiciels accessibles dans le commerce pour produire des oeuvres valables.Machinations, une exposition organisée en 1989 par Louise Poissant à la Galerie Christiane Chassay et à l’UQAM faisait d’ailleurs récemment le point sur les diverses facettes de cette utilisation.L’intérêt de l’exposition de Françoise Guyaux, à coté de celui de la production elle-même, tient au fait qu'elle aborde les relations de l’artiste et de l’ordinateur sous un angle nouveau, qui permet de penser autrement les liens pouvant exister entre l’art et la science et, dans le même mouvement, entre l’art et la pensée actuelle.Il faut préciser que Françoise Guyaux, artiste à part entière, vient d’obtenir sa Maîtrise ès sciences en informatique, à l’Université de Montréal, et que nombre de renseignements donnes ici sont tirés de son mémoire de maîtrise qui portait sur les Algorithmes de transformations d'images 2D et recherche d'esthétique.Ses images, où flottent autour des Sirènes et des Océanides, un monde onirique de plantes et d’animacules marin agités, dans la couleur glauque des fonds, par l’incessant mouvement des courants et des vortex, sont tirés de plans fixes vidéos, modifiés, travaillés, basculés, déplacés, transformés à l’aide d’un logiciel informatique de sa propre conception.Pourquoi son propre logiciel ?Parce que l’institution artistique a souvent, et justement, reproché à l’art de l’ordinateur d’être un art sans imagination, limité par le cadre technique des logiciels commerciaux, qui sacrifient la liberté d’exploration, indispensable à la pensée artistique, à la facilité d’utilisation de l’outil nouveau qu’ils proposent.Or, « Recourir à l’ordinateur c’est beaucoup plus qu’utiliser un outil perfectionné; c’est acquérir des modes de penser .», dit le critique René Berger, tant il est vrai que l'évolution de la pensée en art est parallèle à celle de ses techniques.Il n’est que de mesurer le gouffre qui sépare les pensées qui sous-tendent la nouvelle sculpture additive, d’une part, et la sculpture traditionnelle soustractive d’autre part.L’art véritable, libéré de la seule nécessité de représenter, se doit de réfléchir sur ses techniques et ses outils, et la façon dont il les utilise, l’ordinateur comme les autres.C’est pour sortir de la relation et du dilemme émerveillement/esclavage, qui lie trop souvent l’artiste et l’ordinateur, que Françoise Guyaux, dans la conception de son logiciel, fait glisser une partie de la qualité de « création » reconnue traditionnellement à l’image, à la programmation qui y mène, elle-même réalisée par l’artiste, et considérée dès lors comme un processus artistique.« La programmation, dit-elle, reste pour un artiste le meilleur moyen d’explorer l’ordinateur, même si cela lui demande une connaissance plus approfondie de l'outil qu’il utilise ».On pourrait évidemment reprocher à cette activité son aspect purement logique.C’est oublier qu’il ne s’agit pas là d’une programmation scientifique, dont l’objet est parfaitement défini à l’avance, mais d’un processus artistique dans lequel n’est défini que le « désir » de cet objet, le cadre de son obtention.Les erreurs de programmation peuvent même tenir lieu des « hasards heureux » chers aux Surréalistes.Et puis, déplacer le centre d’intérêt du résultat vers le processus d’obtention du résultat, c’est être en prise avec tout un pan ouvert de la pensée actuelle qui s’intéresse plus aux relations entre les choses qu’aux choses elles-mêmes.Reconnaître une valeur à la logique dans la pensée artistique, c’est aussi rendre justice à une science et à une philosophie contemporaines qui, depuis un temps déjà, ont donné droit de cité, dans leurs logiques propres, à l’aléatoire et à la poésie.On reproche enfin à l'informatique et à ses processus de remplacer l’objet réel par les informations qui le décrivent.On a fait le même reproche à l’art conceptuel, avec lequel l’art de l’ordinateur a bien des points communs.Mais on pourrait faire le même reproche à l’art traditionnel et même à toute activité humaine imageante, vis-à-vis de la réalité du monde.Que sont en effet nos perceptions maladroites, sinon de simples informations à partir desquelles nous nous faisons dans nos têtes une représentation du monde qui n’a sans doute que peu à voir avec sa réalité, et qui se construit au détriment de cette dernière ?L’exposition de Françoise Guyaux pose les bonnes questions.MORCEAUX CHOISIS jusqu’au 24 février.GALERIE FRÉDÉRIC PALARDY 307 rue Ste-Cajherine Ouest Suite 515 Montréal (514) 844-4464 Mar.au ven.de 11h ci 18h sam.de 11h à 17h O ( k\( Centre Canadien d'Architecture/Canadian Centre for Architecture Musée et centre d'élude voué à l'architecture el à son histoire Le CCA de 1985 à 1989 : Accroissement et interprétation d'une collection Jusqu'au 17 février 1991 L'Or et la Pierre : Un regard critique sur l'architecture des banques Jusqu'au 2d février 1991 L'Architecture en jeux : Jeux de construction du CCA L’ocquisilion de la collection de jouets el jeux d’archileclure a été rendue possible grâce à l'appui généreux de Bell Canadc 28 novembre 1990 au 31 mais 1991 Les salles d'exposition el la librairie du CCA son! ouvertes aux heures suivantes mercredi el vendredi, de II h à 18 h jeudi, de 11 h ci 20 h samedi el dimanche, de II h à 17 h Pour de plus amples renseignements sur les expositions du CCA, veuillez composer le (514) 939-7026 1920, rue Baile, Montréal, Québec H3H 2S6 { t t
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