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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-01-24, Collections de BAnQ.

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SOCIETE CAHIER Le Devoir, jeudi 24 janvier 1991 Des farces de reines On aimerait qu’en guise de bonjour, en quittant le Théâtre d’Au-jourd’hui, on nous donne le texte de la pièce de Normand Chau-rette, dans laquelle joue Pol Pelletier (ci-contre).Ce texte-là est à coup sûr plus riche, plus subtil, plus drôle et moins comique, que ce que nous en dévoile André Brassard sur scène.Page B-3_______________________ Le mot d’ordre en Israël: « Tenir » À chaque attaque irakienne, le di lemme des Israéliens — les dirigeants comme la population en général — se pose en des termes plus aigus : riposter, au risque d’élargir la guerre ?Ou, encore une fois, « encaisser » ?Chez plusieurs, un mot d’ordre — l’alternative à l’envie de répliquer — se répand : « Tenir ».Page B-2___________________ La culture, territoire indivisible Devant la Commission Bélanger-Campeau, le directeur général du Musée de la civilisation souligne qu’il se dépense beaucoup d’argent pour la culture, mais de la mauvaise manière et en rangs dispersés.Les politiques et programmes sont développés et appliqués, en concurrence, par plus d’un palier de gouvernements.Page B-8 Décès de Northrop Frye L’écrivain et théoricien mondialement connu Northrop Frye (ci-contre) est décédé hier à l’âge de 78 ans a Toronto, surtout apprécié pour ses travaux de critique littéraire.Selon un collègue au collège Victoria, Frye « était le quatrième auteur le plus cité au monde du XXe siècle après Freud, Marx et Darwin ».Page B-3 îJwss-i PHOTO CP Les coupures du 3 décembre, c’est comme si Radio-Canada disparaissait dans le trou du Rocher Percé.Plusieurs intervenants tentent actuellement de trouver des alternatives avec le Conseil d’administration de la société d’Etat.La colère ne s’apaise pas dans l’Est La Coalition pour la survie de Radio-Canada propose une antenne régionale unique Paul Cauchon L’INFORMATION c’est le pouvoir.Dans toute la furie médiatique actuelle autour du Golfe persique, imaginons ce que peuvent ressentir les populations de l’Est du Québec, qui non seulement sont privées de leurs images régionales, mais dont le combat est relégué aux oubliettes à cause de l’activité des missiles.À défaut de pouvoir convaincre Radio-Canada de remettre en ondes les stations disparues, la Coalition pour la survie de Radio-Canada dans l’Est propose maintenant que soit maintenue une antenne régionale dans l’Est, où qu’elle soit.« C’est une proposition qui a fait l’unanimité des intervenants régionaux » soutient Paulette Griffin, mairesse de Cabano.Pour le président de Radio-Canada, accepter le principe d’une telle antenne serait se contredire, puisqu’il a voulu vendre l’idée d’une seule station régionale par province (pour le Québec, c’est la ville de Québec).Le débat prend donc la forme ces jours-ci d’un intense lobbying auprès des politiciens et des sénateurs, afin d’explorer toutes les avenues possibles.Les maires des municipalités concernées sont toujours aussi furieux.U n regroupement de maires se rencontrait dimanche dernier pour qualifier la situation d’« entreprise de démolition des services français de Radio-Canada ».Parmi les signataires, les maires de Québec, de Hull, de Ri-mouski, de Matane, de Baie-Comeau.Les communautés francophones se voient privées du seul moyen de se faire entendre et de faire connaître leur réalité, disent-ils.La création artistique est étouffée, et en période de récession on aggrave le problème en étouffant des régions déjà durement frappées par le chômage.« Le rôle de Radio-Canada c’est pourtant de servir les régions moins bien desservies par le privé » d’ajouter Pauline Griffin.Sur le front politique il existe un malaise, à tout le moins.La ministre Monique Vézina, responsable de l’Est du Québec au gouvernement, admettait au début janvier que la décision Radio-Canada avait été une erreur.D’autres députés sont plus directs, y compris du parti au pouvoir.Comme Charles Eugène Marin, député conservateur aux Communes de Gaspé.« C’est la plus grosse bêtise qu’a faite Radio-Canada, c’est de la foutaise, dit-il.Quand je vois Bernard Derome filmé par trois caméras, et qu’on en a même pas une pour filmer toute la Gaspésie, je me demande ce que c’est le développement régional.C’est décourageant ».M.Marin croit qu’on aurait pu couper dans les maisons-mères de Radio-Canada.Frustré, il ajoute qu’« on donne un milliard de dollars à une société qui fait ce qu’elle veut sans rendre de compte à personne et sans tenir compte des besoins de la population ».Plutôt que de promouvoir l’idée d’une antenne régionale spécifique pour l’Est, les vice-présidents de la programmation télé et radio de Radio-Canada auraient proposé à la direction la réouverture de certains bureaux de correspondants.Des cadres dénoncent en privé la décision de la direction et tentent de se faire valoir auprès du Comité de planification et d’allocation des ressources de l’auguste société.Mais rien n’est encore accepté.« Le Comité de planification rencontrera très prochainement les intervenants pour discuter des alternatives proposées » expliquait prudemment hier Philippe Paquet, porte-parole de Radio-Canada a Ottawa, qui refuse de dire si le plan de restructuration pourrait être modifié.De toute façon la place des informations régionales à Québec demeure bien théorique.« Il n’y a pas de créneau garanti pour définir combien de minutes ou d’heure par semaine proviendra du Bas du Fleuve ou d’ailleurs, tout dépendra de l’actualité » admet Jean-Marc Lefebre, du service des relations publiques de R-C.Et les journalistes de Rimouski remarquent que Québec a tendance à diffuser les reportages en provenance de l’Est seulement s’ils présentent un caractère « folklorique ».Voir page B-2 : Radio-Canada Les télés crèvent de faim, c’est le sauve-qui-peut * i * -rrrr, * • ».-w-uxcr.U-Â.4m JLXJL • - Il n’y a pas assez de revenus publicitaires pour tous Paule des Rivières C’EST LAID.La panique a raison des derniers vestiges de civilité et tous les coups sont permis.Les télédiffuseurs montréalais se livrent une guerre sans merci pour sauver leur peau.Il n’y a pas assez de revenus publicitaires pour faire vivre toutes les télévisions.Avant-hier, Télévision Quatre Saisons, la p’tite dernière de la famille montréalaise, a émis un hoquet qui a retenti jusque dans les bureaux de Télé-Métropole, qui, elle-même, est passée en 10 ans de « station la plus profitable au Canada » à station déficitaire.TQS donc est sur le bord du précipice, elle engloutit les millions de CFCF, son propriétaire qui est aujourd’hui à court de liquidités.La fermeture n’est pas invraisemblable (voir la nouvelle en page A-5).Mais déjà, Télé-Métropole, comme un vautour, songe à rapatrier les émissions dont TQS a annoncé la disparition.Il est un air cependant que TQS et T.-M.entonnent à l’unisson, c’est leur concert d’accusations contre un troisième téléviseur, Radio-Canada.Le vice-président de CFCF, Charles Bélanger, est déchaîné contre la « concurrence déloyale » que livre Radio-Canada, qui reçoit les deniers de l’État, mais ne se prive pas de recourir à la publicité payante, et de plus en plus.En fait, à Télé-Métropole, Serge Gouin, (qui était jusqu’à tout récemment président et dont Mario Bertrand, ancien directeur de cabinet, de Robert Bourassa, vient de prendre la place) a tellement cassé les oreilles du ministre fédéral des Communications avec la concurrence déloyale de Radio-Canada que Marcel Masse a créé une commission pour étudier les problèmes financiers de la télévision, co présidée par Jacques Girard.Ce dernier admet que « les gémissements sont profonds ».La commission doit remettre son rapport à la fin de mars.Nos télédiffuseurs n’ont pas réussi à se mettre à l’heure moderne.Ah qu’il était bon le temps où les familles regardaient soit Radio-Canada, soit Télé-Métropole.En 1952, Radio-Canada pénètre dans les chaumières québécoises, suivie, huit ans plus tard de Télé-Métropole.Le premier va chercher son argent à Ottawa, le second tire ses revenus de la publicité.Tout le monde est content.En 1972, Radio-Québec entre en scène, financé cette fois par le gouvernement du Québec.Il s’agit d’une télévision éducative qui ne perturbe nullement les deux autres joueurs.Télé-Métropole fait de l’argent comme de l’eau.En 1985, l’eau s’épaissit.D’abord Radio-Canada, qui offrait huit minutes de temps commercial à l’heure, passe à 12.De 1984 — première année des compressions budgétaires — à aujourd’hui, les revenus publicitaires sont passés de 18 % à 30 %.La même année, Radio-Québec obtient l’autorisation de vendre des annonces, à raison de six minutes par heure.En septembre, TQS voit le jour, elle aussi avec ses 12 minutes de publicité à l’heure.Le prochain coup survient deux ans plus tard, lorsque le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) autorise la création de cinq services spécialisés de langue française, TV-5, Réseau des Sports, Canal Famille, Météomédia et Musique Plus.Une fragmentation de l’auditoire, déjà en cours aux États-Unis et au Canada anglais, frappe le Québec brutalement.Mais le méchant, le coupable, c’est toujours Radio-Canada qui, l’an dernier, est allé chercher 85 millions $ en revenus publicitaires.« Radio-Canada doit se brancher, dit M.Gouin de Télé-Métropole.Ou bien c’est une télévision d’État ou bien c’est une télévision commerciale ».Pourquoi, demandet-on à Télé-Métropole, paierions-nous pour une télévision forcée de plaire aux annonceurs, et devenue obsédée par les cotes d’écoute au même titre que les télévisions privées ?Pourquoi payer pour une télévision qui n’offre rien de différent ?À CFCF, M.Bélanger parle pour sa part de la « di- lapidation » des fonds publics que constitue à son avis Les Filles de Caleb.Devant cette « insurrection appréhendée », Radio-Canada rétorque qu’elle a présenté Bagdad Café pendant les Fêtes plutôt que d’attendre en mars, au moment où Sondages BBM fait son pointage, et qu’il en est de même pour la très aimée Patricia Kaas.« C’est toujours le même chia-lage », réplique un cadre à Radio-Canada.Et puis, ajoute-t-il, que l’on ne vienne pas me casser les oreilles en suggérant que Radio-Canada abandonnent toutes ses émissions de variétés.La Poule aux oeufs d’or ce n’était pas de l’opéra.La culture, dans l’esprit de certains, c’est ce que les gens n’aiment pas.Mais c’est aussi du fast-food ».Il est indéniable que les télévisions à Montréal se sont uniformisées.Radio-Canada n’a plus le monopole des émissions d’affaires publiques et si l’on a Enjeu, l’on a aussi Le Match de la vie, ainsi que de bons bulletins de nouvelles à Télé-Métropole.Le vice-président de Radio-Canada.M.Guy Gougeon, n’a pas meilleure mine que son collègue de la rue Alexandre-de-Sève.Il reconnaît qu’il y a trop de monde à Montréal.Mais, prévient-il, il n’est pas question de quitter le champ publicitaire.Le président de la Commission Girard-Peters pour sa part souligne B-2 : Les tarifs « Nous n’avons le temps ni de refaire le monde ni de refaire Radio-Canada.Nous tenterons de présenter des solutions praticables et réalistes pour permettre aux télévisions privées de survivre.» 19 9 1 REINES de Normand Chaurcttc ÉLISE GU11.BAULT • ANDRÉE LACHAPELLE POL PELLETIER • MICHELLE ROSSIGNOL LINDA SORGINI • MARTHE TURGEON Mite en Mène.ANDRE BRASSARD .UoNtume et réjjic; ( luiu/e /.eme/in • Oeu>r, (oMinne.s et uue\MMre\.Me redit/i (’«iron • (oitcc/»lion de l'ccluiram•: Munnn Chniniire c: c 3 C a c, 3 On ^1 '"NJ LTN c O 3 cz B-2 ¦ Le Devoir, jeudi 24 janvier 1991 La guerre du Golfe Les tarifs de pub les plus bas .que « nous n’avons le temps ni de refaire le monde ni de refaire Radio-Canada.Nous tenterons, a-t-il déclaré au cours d'une entrevue récente, de présenter des solutions pratiquâmes et réalistes pour permettre au privé de survivre».Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de la survie des télévisions privées, et TQS en offre un exemple éloquent.« Les changements ont provoqué de graves secousses, très réelles, pour le secteur privé.Il faut voir ce que l’on peu faire », dit M.Girard.M.Girard et ses collègues examinent plus précisément les assises financières du système canadien de télévision, le rôle de la publicité, les répercussions des nouveaux télédiffuseurs et l'accès des télédiffuseurs au fonds de développement et de production de Téléfilm.La commission se penche également sur les pratiques et les tarifs publicitaires à Montréal, véritable panier de crabes.Les tarifs des annonces sont considérablement plus bas à Montréal qu'à Toronto (et, à Montréal, considérablement plus bas dans les stations francophones que dans les sta- DONNER Levées de fonds LA FONDATION Père Eusèbe Ménard, oeuvre missionnaire en Amérique latine, compte recueillir des fonds pour établir une maison d’hébergement à Lima.Près de 6 millions d'enfants péruviens de moins de six ans vivent dans des conditions pénibles, le plus souvent dans les rues.Une soirée bénéfice est prévue au cinéma Quartier Latin (858 Sainte-Catherine Est) le jeudi, 7 mars.L’on y présentera le film Caidos del Cielo, en collaboration avec les films du Crépuscule.Inf.Louis Dussault: 849 2477.¦ LA FONDATION de l’Institut Maritime du Québec Inc.(Rimouski), fondée il y a deux ans, a comme président d'honneur le capitaine Rosaire Desgagnés.Cet organisme espère que le public répondra à sa demande de fonds qui serviront, notamment, à fournir des bourses d’excellence à des élèves de cet institut ou à financer partiellement des activités traitant de trafic maritime, d’architecture navale, etc.On se renseigne auprès de la Fondation de l'IMQI, 53 Saint-Germain Ouest, Rimouski, Québec G5L4B4.Tél: (418) 724 2822.¦ AU 4240 Ave PAPINEAU (Montréal) loge la Maison des Amis du Plateau Mont-Royal - forcée de déménager en raison de la démolition de son ancien emplacement, rue de Lorimier.Discussions autour d’un café, service de bibliothèque, activités récréatives visent à regrouper ceux qui souffrent de la solitude, de l'insécurité, ou qui vivent le sort des plus démunis.Plusieurs bénévoles s'y retrouvent pour faire fonctionner un organisme communautaire que l'on rejoint au 527 1344.Au service des personnes en quête d’amitié et de communication, cette maison est ouverte du lundi au samedi inclusivement, de 13 h à 17 h.Ses administrateurs comptent sur des dons pour acquitter le loyer et, j peut-être, doter ce centre d’iin personnel permanent.¦ CONSACRÉE à la recherche pour contrer une maladie qui atteint près de 4 millions de Canadiens, la Société d’arthrite a besoin de fonds pour aider aux recherches médicales et à des programmes d’éducation du public.L’arthrite n’est pas une maladie de « vieux », comme le souligne Suzanne Lepage qui rend témoignage ! en tant que jeune maman éprouvant j de la difficulté à tenir la main de sa | fille Michelle.Le terme « arthrite » j recouvre une centaine de maladies J rhumatismales qui affectent les articulations, les muscles et les tendons.On contacte la Société d’arthrite au 2075, rue University (bu- | reau 1206), Montréal, Québec H3A 9Z9.¦ LA MAGNÉTOTHÈQUE offre un service de livres-cassettes pour j aveugles et des lectures à la radio pour ceux qui ont perdu la vue ou souffrent d’une déficience visuelle importante.Avec joie, le trésorier Gilles Mercure a noté dans son der- j nier rapport annuel que les frais i d’administration de cet organisme : étaient passés de 18 % à 12 %.La Magnétothèque a institué le prix Ray-mond-Charette, remis pour la première fois en décembre 1990 au pdg Claude Chagnon, de Vidéotron, réseau qui diffuse les lectures destinées aux aveugles.Le siège social de cette oeuvre est sis au 1030 rue Cher-ner (bureau 304), Montréal H2L 1H9, tél.524 6831.La production de ces livres-cassettes se fait dans deux studios, l’un rue Cherrier (Montréal), l’autre au 2700 Boul.Laurier à Sainte-Foy, Québec G1V 4J9 - tél.(418 ) 659 3914.tions anglophones).« C’est à Montréal qu’il se dépense le moins d’argent pour la télé », observe Richard Génin, vice-président pour le Québec du Bureau canadien de la télévision.« Les télévisions devraient récolter de plus grosses piastres ».M.Génin prêche pour sa paroisse puisqu’il représente l’ensemble des télévisions.Mais le responsable des médias à l’agence publicitaire BCP, Pierre Arthur, ne le contredit pas.« Nous refusons l’analyse des diffuseurs qui disent qu’une annonce à Toronto coûte deux fois plus cher.Mais on peut dire que la télévision francophone ne coûte pas assez cher », concède-t-il.« Il y a peut-être des ajustements à faire».Et, tout en prévenant que 50 % des annonceurs disparaîtraient si les prix montait de 20 %, il indique qu’un 10 % de plus, graduel, ne serait pas inconvenant.U n autre phénomène a contribué à faire baisser les prix d’achat du temps d’antenne, celui des ententes-cadres, en vertu desquelles les télédiffuseurs réalisent des gains en vendant de gros blocs d’antennes.Télé-Métropole et Radio-Canada ont tous deux assuré qu’ils venaient d'abandonné cette mauvaise habitude qui a fini par se retourner contre eux et donné lieu à toutes sortes de pratiques frisant l’illégalité.« Les telédif-f useurs doivent avoir des politiques commerciales plus limpides », dit M.François Vary de Publicité Martin.Jacques Girard Le Québec n’est pas seul au monde.Aux États-Unis, la fragmentation des marchés a entraîné une chute dramatique des profits des gros réseaux.Au Texas, les citoyens ont le choix de 108 stations.La fragmentation des auditoires et des publicités, ils connaissent ! Les télédiffuseurs râlent devant le rétrécissement de l’assiette publicitaire.Mais les problèmes dont ils sont affublés ne s’arrêtent pas là.Les coûts de production ont grimpé en flèche.Ottawa encourage la production indépendante en diminuant le budget de Radio-Canada diminue et augmentant celui de Téléfilm, dont la mission est de soutenir les productions privées.Tellement qu’il ne se produit virtuellement aucune production télévisuelle que Téléfilm n’a pas accepté de soutenir de ses deniers.En route cependant, les intervenants se sont multipliés et certains producteurs — pas tous — demandent beaucoup d'argent.Mais le recours aux productions indépendantes a permis une regain de créativité dans les deux principaux réseaux, fatigués, et la production d’émissions de prestige, très écoutées.Au Québec, les 20 émissions les plus écoutées sont conçues ici.Au Canada anglais, 19 des 20 émissions les plus populaires sont étrangères.Entendez américaines.« Il faut que cet acquis demeure », dit Jacques Girard de la Commission Girard-Peters en louant la « la qualité remarquable » de la télévision à Montréal.« Et si la situation continue de se détériorer, nous pourrions perdre beaucoup ».Radio-Canada est sur la sellette.mm R-C refuse de commenter.Pendant ce temps la population continue à hurler.Dans les jours suivant ce fatidique 5 décembre, date de l’annonce des coupures, les auditeurs du Rimouski ce soir ont eu la surprise de voir leur bulletin d’information préféré discuter des embouteillages sur le Pont Pierre-Laporte ou des feux sur la rue St-Jean.Avant les compressions Rimouski recevait le signal télévisé par sate-lite de Montréal, et effectuait une mise en ondes locale.Depuis le 5 décembre, c’est Québec qui achemine le signal télévisuel vers Rimouski.Pour ce faire Radio-Canada a dû louer des liens micro-ondes par voies terrestres, qui coûtent 2 dollars l’heure par mille de distance.Le coût de ce nouveau signal revient à 6 600 $ par semaine (plus de 300 000 $ par année).Dès le soir du 5 décembre, à partir du moment où les informations furent diffusées de Québec, on a pu voir à Rimouski des publicités pour les magasins de la Capitale.Les marchands rimouskois ne l’ont pas trouvé drôle, d'autant plus que les commerces de Québec ne payaient pas pour une diffusion si large ! On a donc décidé à Québec de diffuser le signal en deux, un pour Québec et un pour Rimouski, ce dernier signal diffusant le peu de publicités locales qu’il reste.ou des intermèdes.Coût de cette nouvelle opération, selon des sources syndicales : un demi-million de dollars.La facture commence à s'élever.Mais pour justifier la décision de Radio-Canada certains ont fait valoir que le secteur privé pourrait prendre la relève.Rien n’est moins certain.CFER, la station de Télé-Métropole qui diffuse de Rimouski, est la seule station privée implantée sur l’ensemble de ce territoire.« Quand dans un marché donné un média se retire les parts de revenus ne vont pas nécessairement au concurrent.Il vont souvent dans l’imprimé » de dire Claire Samson, du service des communications de Télé-Métropole.Il y a pire.« La situation économique est trop difficile pour penser actuellement ajouter des journalistes à CFER » explique Bernard Fabi, président du groupes des stations régionales pour Télé-Métropole.Des rumeurs veulent que non seulement CFER ne profiterait pas de la disparition de R-C, mais qu’en plus T-M s’apprêterait à effectuer la même opération : fermer des stations régionales pour concentrer à Montréal.« Dans l’immédiat aucune coupure n’est envisagée, répond M.Fabi.Si la situation économique empire, là vraiment tout pourrait être envisagé.» Un fait demeure : avec un déficit de plus de 10 millions $ T-M a d’autres chats à fouetter.Quant à Radio-Canada, dans le faisceau actuels de rumeurs sur la réouverture ou non de certains bureaux dans l’Est, une certitude là aussi : la direction devra encore couper 50 millions$ de plus en 1991.C’est le président Gérard Veilleux qui l’a dit.PHOTO CP A la mi-décembre à Rimouski la population protestait contre les coupures imposées à CJBRT, source de fierté régionale.La station devient un simple bureau au service de la station de Québec.Un lourd impact à tous égards NDLR—Sous la rubrique DONNER, LE DEVOIR publiera désormais régulièrement les informations concernant les levées de fonds au profit des groupes et organismes sociaux et communautaires reconnus et à but non lucratif.Les organismes intéressés peuvent adressant leurs communiqués au secrétariat de la rédaction.Aide à l'enfance• C anada Save (he ( hildren t anada Paul C'auchon La direction de Radio-Canada a an noncé en décembre des coupures de 108 millions $, sur un budget général de 1,3 milliard de dollars pour 1990-1991.Ces coupures entraînent la su-pression de 1100 emplois et la fermeture de onze stations dans l’ensemble du pays.En ce qui concerne le Québec, environ 150 emplois seraient perdus (chiffres non-officiels), dont près de la moitié à MontréaL Pour l’Est du Québec, Radio-Canada comptait une station à Rimouski (CJBR), une station à Ma tane (CBGA) et une station à Sept Iles (CBST).La station de Matane disparait (plus de 30 emplois perdus), tout comme ailleurs au pays la station française de Toronto et la station anglaise de Goose Bay.La production des stations de Rimouski et de Sept-Iles est réduite au minimum : comme huit autres stations au pays elles deviennent des « bureaux d’information » et se contentent maintenant d’envoyer des reportages à la station de Québec.Rimouski perd aussi près de 40 emplois.Des émissions complètes disparaissent, comme le Rimouski ce soir, le Sept Iles ce soir, un magazine hebdomadaire produit à Rimouski, On aura tout vu, une émission locale destinée au réseau, Tête première.Le budget des trois stations de l’Est s’élevait à 10,3 millions ?.Les compressions s’élèvent à 4,8 millions $ En ce qui concerne les effectifs journalistiques il ne reste plus, en télévision, que deux journalistes à Rimouski et un à Sept-Iles (chacun avec leur caméraman).Des postes de correspondants à Forestville, Baie-Comeau, Gaspé et Carleton sont abolis.En compétition avec Radio-Canada, Télé-Métropole possède dans la région la station CFER, qui dessert Rimouski, Rivière-du-Loup, Baie-Comeau, le Bas du Fleuve.Elle compte cinq journalistes pour couvrir le territoire.CFER est basé à Rimouski et possède un ré-émetteur à Matane et à Sept-Iles.CFER produit pour TVA 6 heures 22 minutes d’informations par semaine (bulletins le matin, le midi, à 18 h, le soir).On compte aussi dans la région CHAU à Carleton, une station affiliée à TVA et détenue par Baie des Chaleurs Inc, propriété de Power Corporation.Le mot en Israël: Alain Frachon et Yves Heller Le Monde TEL-AVIV — À chaque attaque, le dilemme des Israéliens se pose en des termes plus aigus : riposter, au risque d'élargir la guerre, ou, encore une fois, « encaisser » en réservant la réplique pour une date ultérieure ?À chaque attaque aussi, le bilan se fait plus lourd et ajoute à l’angoisse de la population et des autorités.On se rend compte que, malgré sept jours de bombardements intensifs sur ses installations, Saddam est encore capable de frapper Israël.Et on se demande : combien de temps l’arrière pourra-t-il tenir ?Car, pour beaucoup, le cauchemar continue et un mot d’ordre — l’alternative à l’envie de répliquer — se répand : « Tenir ».Une fois de plus, mardi soir, Jacqueline, surprise par l'alerte en plein dîner avec sa famille, a attrapé une radio, son téléphone, son carnet d’adresses ainsi que quelques effets et est allée avec ses enfants s’enfermer dans la pièce isolée de son appartement.Le chat, lui, connaît le chemin de l’armoire et s’est enfoui sous deux couvertures.« Nous avons pris les bons réflexes », dit-elle, pour expliquer ce que ces mécanismes ont de rassurant.Quelques heures à peine avant que ne retentissent les sinistres sirènes à deux tons annonçant l’arrivée des Scud irakiens, Jacqueline nous disait la relative tranquillité dans laquelle elle avait vécu la nuit précédente — la troisième sans missiles — et cette journée de mardi où l’activité avait presque normalement repris.Sous une pluie battante inondant les rues de Tel-Aviv aux trois quarts désertes, elle assurait, sourire en coin, être prép .rée à une longue épreuve.Elle décrivait cette salutaire baisse de tension après le coup de panique qui l’avait saisie en entendant les premiers hurlements de sirènes et la première explosion sur Tel-Aviv, vendredi dernier.On vit au jour le jour, se bornait-elle à répondre quand on lui demandait jusqu’où elle-même et ses compatriotes tiendraient.Et de revenir sur cette décompression qui avait suivi la tension des deux premières nuits de frappe, puis celle de samedi à dimanche qui, finalement, s’était terminée sans missile.À l’abri de baies vitrées battues par la pluie, les jeunes attablés dans l'un des cafés à la mode de la ville, sur le bord de mer, devisaient dans une apparente décontraction, fiers d’ordre « Tenir » de relever que ledit café était bondé toute la soirée ainsi que la nuit jusqu’à 4 heures du matin.Une rupture dans l’histoire du pays En fait, on a l’impression de danser sur un volcan, confie une universitaire de Tel-Aviv, historienne, qui souligne le moment crucial que vit actuellement le pays.Et, meme si cela n'apparaît pas encore de façon flagrante, quelque chose, un ressort psychologique, s’est cassé en profondeur chez les Israéliens, relève-t-elle.Une rupture due à un sentiment difficilement supportable d’impuissance totale devant cette nouvelle forme de guerre.Cette guerre dépasse les Israéliens tout en les touchant directement, les frappe au hasard sans logique sur laquelle on ait prise.Pour la première fois, c’est l’arrière qui est le théâtre de la guerre, un arrière réfugié dans les pièces calfeutrées, masque à gaz sur le visage.Pour la première fois, ce sont les soldats qui s’inquiètent pour leurs familles, sou-ligne-t-elle.C’est également la première fois ,que le pays dépend pour sa défense de forces étrangères.Elle dit que ces nuits ont immanquablement marqué l’âme israélienne.Elle relève, parmi les signes, déjà, d’une évolution et d’un comportement nouveau, les départs très nombreux d’habitants de Tel-Aviv pour se réfugier dans des régions moins exposées.Les kibboutz sont devenus très populaires ces derniers temps, comme les hôtels de luxe, remarque-t-elle.La situation est sans précédent, les schémas sont brouillés.Le consensus qui s’est fait autour de la politique de réserve observée jusqu’à présent par le gouvernement de M.Shamir résistera-t-il ?Pour beaucoup, c’est le nombre de victimes qui déterminera le moment où la pression se fera telle qu’elle acculera le pouvoir à une riposte.Mais, pour tous, l’instant décisif serait l’utilisation des gaz, quels qu’en soient les effets réels.Car, le mot seul fait appel ici à trop de souvenirs pour ne pas faire tomber les dernières réticences à une action.Pour l’heure, l'un des antidotes à l’angoisse, c’est l’humour.Celui par exemple qui pousse certaines élégantes de Tel-Aviv à décorer avec ingéniosité les boites de carton contenant masque à gaz, seringue d’atropine et poudre de décontamination.Celui aussi de ces chansons composées pour la circonstance et qui, à défaut de pouvoir le frapper, tournent « Saddam » en dérision.La Syrie ne vacille pas Lucien George Le Monde DAMAS — La Syrie s'en tient fermement à sa doctrine et ses médias mobilisent tous les commentateurs possibles — parlementaires, ulémas, dirigeants du parti Baas au pouvoir, opposants irakiens en exil — pour expliquer pourquoi le pays ne doit pas se laiser fourvoyer dans la guerre avec Israël où cherche à l’entraîner Saddam Hussein.Damas se félicite que les Américains soient parvenus jusqu’à présent à freiner Israël et que soit pour l’instant évité un embrasement du reste du Moyen-Orient qui mettrait le régime syrien, déjà en position inconfortable, dans une situation intenable.Ignorant les manifestations pro-Saddam dans le monde arabe et islamique, comme les manifestations pacifistes en Occident, les médias syriens rapportent à longueur de colonnes, de journaux télévisés et radiodiffusés, les appels lancés au président irakien à se retirer du Koweit.Ces médias soulignent qu’il est seul responsable de la guerre, et donc seul susceptible d’y mettre fin.Ils font également observer que les vieux compagnons de route soviétiques sont du même bord que la Syrie, et que celle-ci n’est pas seulement alliée des États-Unis dans cette af- faire, mais du monde entier.Les médias répètent inlassablement que ce n’est pas en égratignant Israël avec quelques fusées que l’on réglera le problème palestinien.Le général Tiass, ministre de la Défense, a rédigé un article dans le journal As-Saoura pour expliquer que le seul résultat des tirs de Scud sur Israël a été de rompre l’équilibre stratégique en faveur de l'État hébreu en amenant les États-Unis à lui fournir des fusées Patriot.Les médias syriens haussent même le ton de jour en jour.La manchette de Techrine d'hier matin était plus agressive que le 17, au jour du déclenchement des hostilités : « La catastrophe provoquée par Saddam Hussein.Jour 7 : Le tyran persiste à entraîner les Irakiens à la mort et insiste pour élargir le champ de la guerre destructrice.» La Syrie démontre chaque jour u'elle ne veut pas faire la guerre ans ces conditions, et qu'elle ne la fera pas.Au fond, seul Israël peut la précipiter, mais on semble convaincu que Saddam Hussein n’y parviendra pas.Damas s’est chargé de rappeler publiquement à l’ordre la presse jordanienne et, de manière plus efficace, vu son emprise sur elle, la presse libanaise du camp musulman, qui se réjouissait de la résistante opposée par l’Irak à l'offensive des forces alliées.Des manifs pro-guerre aux États-Unis NEW YORK (AP) — Les manifestations pacifistes aux États-Unis rappellent la guerre du Vietnam.Mais les manifestations de soutien à la guerre du Golfe, comme celle qui a rassemblé dimanche à Atlanta (Géorgie) un millier de personnes, constituent une nouveauté.Certains observateurs voient là le signe de la fierté retrouvée de l'Amérique pour son armée, pour des valeurs telles que le patriotisme.Mais, pour beaucoup, y compris les organisateurs des manifestations eux-mêmes, il s’agit avant tout de s’adapter à l’âge de la télévision et de mieux toucher les coeurs, les âmes et les écrans des Américains.Les manifestants d’Atlanta, par exemple, ont pris soin de se rassembler cfevant le siège de la chaîne de télévision CNN, situé dans cette ville.« Je veux être sûr que la presse ne voie pas seulement le côte anti- guerre », dit Glenn Carey, un étudiant de 22 ans qui a déjà organisé des défilés de soutien.Pendant la Seconde Guerre mondiale, analyse Paul Fussell, auteur d’un livre expliquant les réactions de l’opinion publique à cette époque, il n’existait pas de manifestations de soutien « parce qu’elles n’étaient pas nécessaires ».« Défiler un peu partout en disant “J'aime le drapeau”, c’est entièrement nouveau », estime l’historien Shelby Foote.Al Hemingway, un ancien du Vietnam, auteur d'ouvrages et d’articles sur la question, voit plusieurs raisons à ces manifestations de soutien : les succès américains à la Grenade et au Panama, et le fait que les États-Unis, contrairement au Vietnam, ont un objectif clair : chasser l’Irak du Koweit. Le Devoir, jeudi 24 janvier 1991 M B-3 TÉLÉVISION Science-affliction LE PASSÉ, le présent et le futur conditionnel, inextricablement mêlés dans nos câbles TV, se conjuguent sur tous les réseaux.Les téléspectateurs se racontent et se font raconter d’interminables histoires : les Mille et une nuits de Schéhérazade sous les bombardements.Armés de la télécommande, vite il faut libérer la princesse prisonnière du cruel sultan de Bagdad.Zappici Zappelà : t’es mort, remis à zéro, pulvérisé ou catapulté dans le cosmos vers une galaxie de science-affliction ! Les Québécois dressent toutes leurs antennes et c’est par millions qu’ils délaissent le FF (« fast forward»), appuient sur pause et optent pour le rembobinage.Cela permet, le temps d’un téléroman, de remonter jusqu’à l’époque de la lampe à l’huile, quand il y avait mieux à faire que de regarder la télé le soir, le bon vieux temps, le Temps d'une paix (ironiquement en reprise à R.-C.).Non à la Tempête du désert et vive la tempête de neige qu’on affronte, la tuque enfoncée jusqu’aux oreilles, dans une carriole tirée par la Crise et la Picotée.L’attelage est solide, on se cramponne : en arrière toutes ! Pour le passé, le choix est vaste, mais on s’attarde chez les Filles de Caleb, la saga qui vide les centres commerciaux le jeudi soir et que Bernard Derome s’excuse d’interrompre quand l’actualité de la guerre du golfe Persique l’exige.Pour le présent, on se mire dans Jamais deux sans toi ou l’on butine sur les grandes chaînes américaines qui, de minute en minute, demandent à leurs grands reporters affectés (SIC) à la guerre, d’aller voir, par la fenêtre de leur chambre d’hôtel, s’il se passe quelque chose.Pour le futur conditionnel, jusqu’à vendredi dernier, on pouvait aussi préférer les audiences de la Commission Bélanger-Campeau sur l’avenir du Québec.Qui dit avenir dit espoir.En effet, si l’on ne s’en va pas tous dans le gi and trou noir de l’Apocalypse, avalés par de gloutonnes puces électroniques, le Québec devra bien choisir sa propre voie, mais nul ne pourra jamais dire que le peuple se lance dans l’aventure tête baissée.L’avenir, on y va peut-être à tâtons, mais pas sans savoir d’où l’on vient.Loin de faire une indigestion de ragoût de pattes mijotant sur le poêle à deux ponts tandis que sur la catalogne s’ébat le dernier né de la « trâlée » : on en redemande.Amm’nez-en des courtepointes, des berçantes, des mères en couches et des bancs de neige.Le public ne s’en lasse pas, il a l’apaisante impression de feuilleter, le soir à la chandelle, l’album de famille avec ses photos jaunies : « Ici, c’est moi quand j’étais petit, avec mon sac de lunes de miel.Ici, c’est ma mère, quand je n’étais pas né.» C’est un peu l’histoire de notre vie, individuelle et collective, qui se déroule en de longues séquences joliment illustrées.Axés sur le passé, de nombreux téléromans remplacent feu l’enseignement de notre Histoire qui fut une épopée ou une
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