Le devoir, 29 janvier 1991, Cahier A
feÜfl » [ • 1 | ^ Vol.LXXXII — No 23 ?Nébulosité partielle Max.: 6.Détail page B-7 Montréal, mardi 29 janvier 1991 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ SOCIÉTÉ Église catho, Église ghetto ?Les catholiques francophones, anglophones et allophones de Montréal appartiennent à la même Église.Pourtant, ils vivent isolés dans des univers parallèles.À tel point que l'église est, après la famille, le lieu où il y a le moins de contacts interethniques.Un reportage de Jean-Pierre Proulx.Page B-1 L’Irak bat de l’aile Incapable de mener une seule offensive d’envergure depuis le début de la guerre du Golfe, l’aviation irakienne bat de l’aile et paraît sur le point de s'envoler en fumée.Plus le conflit se prolonge, plus il semble difficile pour Bagdad d'organiser une attaque aérienne cohérente : la guerre du Golfe devient un combat de plus en plus inégal, écrit Jocelyn Coulon.Page B-1 SOMMAIRE Éditorial L'ambiguïté des rapports entre le Bloc québécois et le Parti québécois est loin d’être levée malgré la discrétion de Lucien Bouchard au congrès du PQ en fin de semaine dernière.M.Bouchard devra bientôt choisir sa capitale, écrit Gilles Lesage.Page A-8 James Baker Report du sommet Bush-Gorbatchev Le sommet américano-soviétique qui devait avoir lieu du 11 au 13 février à Moscou est reporté à cause de la guerre du Golfe et des négociations sur le désarmement, annonce le secrétaire d'État James Baker.Page A-6 Culinar supprime 256 emplois Culinar ferme l’usine de pâtisseries Stuart, rue Laurier, ce qui coûtera l'emploi à 256 personnes.Page A-5 Un règlement jugé stupide L'Association des producteurs de pâtes et papiers considère tout simplement « stupide » un règlement adopté par le conseil municipal de Toronto, exigeant que les journaux offerts dans les boîtes distributrices de cette ville contiennent un certain pourcentage de fibres recyclées.Page A-5 Cent avions irakiens s’envolent vers l’Iran rt'aprés AFP et Reuter LON DR ES — Une centaine d’avions irakiens ont atterri ces trois derniers jours en Iran, a-t-on déclaré hier de sources militaires.Mais il n’est pas sûr que ce soit des défections ; ils ont peut-être agi sur ordre du président irakien Saddam Hussein, estime-t-on de même source.Les États-Unis se sont déclarés satisfaits des assurances données par l’Iran au sujet de ces avions.Téhéran a réaffirmé qu’ils seraient bloqués sur son sol jusqu’à la fin de la guerre.La soirée d’hier a été marquée par le tir de nouveaux missiles irakiens Scud sur Israël et l’Arabie Saoudite.Des fragments d’un Scud tiré sur Israël sont tombés sur une zone rurale en Cisjordanie mais sans faire de blessés, ont rapporté des témoins.Les débris d’un missile Scud irakien tiré sur Ryad et intercepté par un missile anti-missile américain Patriot sont tombés sur une exploitation agricole à l’extérieur de la capitale saoudienne.Mais le gérant de cette exploitation a déclaré que personne n’avait été blessé.Les aviations des forces coalisées dans le Golfe ont effectué hier 2000 sorties contre l’Irak.Selon l’agence iranienne IRNA, un déluge de bombes s’est abattu sur les villes irakiennes de Zurbatiyah et Badrah, à la frontière iranienne.La base navale irakienne d’Oumm Kasr a également été attaquée, a annoncé l’armée américaine.Des Jaguar et des Mirage français ont mené deux raids en Irak contre des unités de la Garde républicaine, troupes d’élite de l’armée de Bagdad.Tous les avions sont rentrés à leur base.L’état-major américain a estimé j hier avoir enrayé l’écoulement du I pétrole alimentant la marée noire qui souille depuis trois jours les eaux du Golfe.Saddam Hussein pourrait chercher à préserver une partie de son aviation, forte de 700 appareils, en l’envoyant en Iran, ont déclaré des experts militaires à Londres.Les alliés contrôlent le ciel du Ko-weit et d’Irak.Les avions de la coalition anti-irakienne effectuent des patrouilles jusque dans le sud de l’Irak, ont-iLs ajouté.Trente avions de transport et 39 chasseurs-bombardiers irakiens avaient gagné l’Iran hier matin et le flux s’est poursuivi dans la journée, a-t-on déclaré de même source.Voir page A-4: Avions Cette photo, publiée hier par les autorités irakiennes, montre les dommages causés par les bombardements alliés sur le centre-ville de Bagdad.Selon des réfugiés, il n’y a plus ni vivres, ni électricité, ni gaz, ni télévision, ni téléphone.V PHOTO AP SSSS3M L’heure du choix constitutionnel sonne pour les libéraux québécois Michel Venne de notre bureau de Québec LA PROPOSITION constitutionnelle qui sera soumise au congrès du Parti libéral de mars prochain sera rendue publique aujourd’hui à Québec.Au moment de mettre sous presse hier soir, les députés du parti ministériel se réfugiaient derrière les portes closes d’une salle du Château Frontenac dans la capitale où les dirigeants libéraux, le premier ministre Robert Bourassa en tête, devaient leur en faire part en primeur.Avant de rencontrer ses députés, le premier ministre a présenté le document constitutionnel aux membres de la commission Bélanger-Campeau réunis dans une autres salle.Ce document publié aujourd’hui est le résultat d’un compromis con- cocté de façon à préserver l’unité des troupes libérales.Il a été préparé par le comité constitutionnel de 12 personnes mis sur pied l’an passé par le PLQ pour définir des formules de rechange à l’accord du lac Meech.Ce comité est présidé par l’avocat Jean Allaire.La version finale du document a été peaufinée jusqu’à la dernière minute, au cours du week-end.Des informations ayant filtré la semaine dernière portent à croire que le comité suggérera de proposer au reste du Canada un nouveau partage des pouvoirs entre Ottawa et les provinces et prévoirait la tenue d’un référendum avant la fin de 1992.Après la société distincte, le nouveau thème libéral au plan constitutionnel pourrait être « la souveraineté interne » qui consisterait à rapatrier des pouvoirs dans plusieurs domaines liés au caractère spéci- fique du Québec tout en demeurant au sein du Canada.Des députés nationalistes rejoints dans le courant de la journée d’hier semblaient être résolus à « vivre avec » la proposition libérale.S’il devait y avoir rupture de leur part ce ne serait pas avant le congrès du mois de mars, au cours duquel des amendemenLs pourront toujours être faits à la proposition originale.Interrogé sur les ondes de Radio-Canada, le député de Vanier M.Jean-Guy Lemieux affirmait qu’il commencerait par consulter ses commettants avant toute chose.Il soutenait que sur les questions constitutionnelles, le rôle d’un député lui impose de ne pas peiîser d’abord à sa ¦ carrière politique, mais de faire valoir dans le débat l’opinion de ses électeurs.Le dernier sondage IQOP publié Voir page A-4: L'heure PHOTO JACQUES GRENIER SI f mxrKs m Chez Renaud-Bray (ci-haut), comme dans toutes les librairies, on s’arrache les titres sur le Golfe, l’islam, Saddam et tous autres sujets sur la guerre actuelle au Moyen-Orient.La guerre du Golfe fait des best-sellers Paul Cauchon LA GUERRE dans le golfe Persique suscite une énorme demande d’information dans les librairies, où certains titres s’envolent comme des petits pains chauds, particulièrement Lu guerre du Golfe, de Pierre Salinger et Éric Laurent, édité chez Or-ban, un livre paru avant les Fêtes et qu’on s’arrache.Mais la guerre ne semble pas avoir provoqué une augmentation notable des ventes de jouets de guerre à Montréal.quoique certaines boutiques signalent un intérêt accru pour les modèles réduits d’avions de combat.Dans les librairies, « le public veut connaître les enjeux plus profonds, il veut en savoir plus », explique la gérante du Flammarion/Laval.Tous les libraires consultés hier dans la région montréalaise signalent donc une nette augmentation des ventes pour les livres sur l’islam, sur le Proche-Orient et pour les cartes géographiques.Le titre de Salinger apparaît comme le plus populaire, suivi de très près par un livre récemment paru chez Libre expression et portant sur les services secrets israéliens, le Mossad.Les libraires signalent également que leurs clients attendent avec beaucoup d’impatience un titre qui vient tout juste d’arriver à Montréal, une biographie de Saddam Hussein écrite par Judith Miller, du New York Times, et Laurie Mylroie, de Harvard, publiée aux Presses de la Cité.« Ce sera un véritable blockbuster», lance un vendeur.Très attendu également Irak : la machine infernale chez Lattès, écrit par Samir al-Khalil, pseudonyme d’un opposant irakien au régime de Bagdad.Chez Champigny, on ajoute que certains titres peu connus connaissent une soudaine fortune, comme les mémoires du général Ariel Sha-.ron, ou encore Anthologie de la stratégie, un volume coordonné par Gérard Chaliand chez Laffont.Plusieurs librairies n’hésitent d’ailleurs pas à offrir à l’entrée ou même en vitrine des présentoirs de livres sur le Moyen-Orient.La guerre du Golfe ne semble cependant pas avoir provoqué une augmentation notable des jouets militaires à Montréal, où les mouvements contre les jouets de guerre sont bien articulés et bien publicisés.Le propriétaire du réseau de boutiques Franc Jeu prévoit toutefois une demande possible dans les prochaines semaines pour les modèles réduits à construire soi-même.« Il existe tout un marché de collectionneurs pour les modèles réduits, expliquer il.Plusieurs collectionneurs, des adultes, veulent par exemple construire tous les avions oui ont participé à une guerre donnée.J’ai une boutique à Rosemère fréquentée par de nombreux pilotes ou ex-pi-lotes qui se passionnent pour ce type de jouet.Je ne serais pas surpris que les compagnies apposent un collant sur certains modelés, du genre ‘tel que dans le Golfe !’ » Au Coin du jouet, à Verdun, on parle d’une augmentation d’environ 20 % des ventes sur les modèles réduits d’avions militaires, particulièrement ceux impliqués dans la guerre du Golfe, mais ailleurs on ne remarque rien de particulier.Invoquant une « politique interne » la chaîne Toys R US, qui possède des dizaines de magasins au Canada et aux États-Unis, n’a pas voulu hier donner d’information sur la vente de ses joueLs militaires.Voir page A-4: La guerre Plus de 57 millions pour faire revivre Expo 67 en 1992 Isabelle Paré OTTAWA et Montréal injecteront plus de 57 millions $ pour faire revivre l’ancien emplacement de l’Expo sur l’île Sainte-Hélène en vue des fêtes de 1992, et donner une seconde vie à sa fameuse biosphère.Après trois ans d’études et de consultations en coulisses, de laisser-aller et de mélancolie post-Expo 67, la Ville de Montréal a enfin dévoilé hier ce qu’elle entendait faire de cet immense site planté en plein coeur du Saint-Laurent : un vaste parc de verdure à vocation scientifique et culturelle.Un théâtre ouvert sur le neuve qui aura l’eau pour premier rôle.Le projet de plus de 57,4 millions $ annoncé hier par le maire de Montréal, Jean Doré, le ministre fédéral de l’Environnement, Robert René de Cotret, et le ministre responsable de la région de Montréal, M.Jean Cor-beil, s’inscrit en fait dans ce plan global d’aménagemement des îles qui s’échelonnera jusqu’en l’an 2000.Ces 57 millions $ serviront en fait à requinquer le secteur ouest de Tile Sainte-Hélène, l’ancien site de l’Expo 67 laissé en friche depuis que ses pavillons abandonnés, dépéris, ont été achevés par les bulldozers il y a quelques années.La Biosphère, dont la carcasse achevé de rouiller, sera rénovée à coup de 17,5 millions $ par le ministère de l’Environnement et abritera un « Centre de l’eau et de l’environnement » qui mettra en vedette l’écosystème du fleuve et des Grands Lacs.Le célèbre pavillon américain ne retrouvera pas son toit d’origine, brûlé lors d’un incendie, mais sa structure sera plutôt « solidée » et éclairée.Un bâtiment, logé à l’intérieur de la sphère, accueillera le mu- sée qui, aux dires du ministre de Cotret, s'harmonisera avec la délicate structure construite par Buckminster Fuller.Administré par Parcs Canada, le centre recevra également 2,6 millions chaque année du fédéral à titre de budget d’opérations, mais restera la propriété de la Ville de Montréal.Le ministère de l’Industrie, de la Science et de la Technologie mettra Voir page A-4: 57 millions CAHIER SPÉCIAL.CHOIX DE CARRIÈRE AU COLLÉGIAL Une vue d’ensemble des techniques offertes et des endroits où les retrouver: Biologie, agro-alimentaire, physique, sciences humaines et sociales, administration, arts, communications graphiques.UN OUTIL DE RÉFLEXION INDISPENSABLE À L’HEURE DU CHOIX DE SON AVENIR.PARUTION LE 15 FÉVRIER DANS LE DEVOIR Réservation publicitaire: 842-9645 Date de tombée: 7 février A-2 ¦ Le Devoir, mardi 29 janvier 1991 La guerre du Golfe Des Arabes québécois sonnent sur l’augmentation du racisme l’alarme ambiant Les péquistes voisins des Mohawks accueillent bien la résolution du congrès Josée Boileau AUX LIGNES ouvertes, les auditeurs s’emballent.Des Arabes de toute allégeance, eux, font état d’insultes lancées, d’incidents humiliants, de racisme ambiant.Des graffiti sont gravés sur des mosquées.Et l’on craint soudain que la guerre du Golfe ne se traduise ici par une tension qui rendra bientôt intenables les relations avec les Québécois de souche.Pour sonner l’alarme et faire état de leurs inquiétudes, 12 organisations communautaires et religieuses ont donc décidé de former le Conseil des communautés musulmanes du Québec, une coalition opposée à la guerre et qui réclame le retrait immédiat des Forces armées canadiennes.La porte-parole de la coalition, Mme Fatima Ilouda-Pépin, du Centre maghrébin de recherche et d’information, indiquait hier que les Arabes musulmans étaient particuliè- rement vulnérables comme communauté puisqu’il s’agit d’une immigration de première génération, qui n’a pas eu le temps de développer des structures pour réagir ou de trouver place dans les institutions canadiennes.« Nous sommes complètement démunis face à l’ampleur des tensions, à la montée de la haine, de l’intolérance et du racisme que cette guerre est en train de susciter parmi les citoyens et citoyennes du Québec et du Canada.À la deuxième semaine de guerre, l’inquiétude a maintenant cédé le pas à la peur et à l’anxiété », a-t-elle déclaré.La coalition regrette notamment l’absence d’un « leadership politique rassurant » pour les musulmans, en rappelant le traitement injuste que le gouvernement canadien avait réservé aux Japonais lors de la dernière guerre.Le premier ministre Brian Mul-roney avait pourtant déclaré aux Communes le 15 janvier dernier : « Je tiens à faire savoir aux Canadiens d’origine irakienne qu’ils ne seront en aucune façon l’objet d’une surveillance illégale ou d’une détention injustifiée comme ce fut le cas pour d’autres citoyens pendant la Seconde Guerre mondiale.Nous avons heureusement tiré la leçon des erreurs de ce genre.» Hier, Mme Ilouda-Pépin estimait que cet engagement n’était pas suffisant.« Le fait que le gouvernement a adopté un parti pris ouvert et agressif dans cette guerre n’a en soi rien de rassurant.Et nous rencontrons, nous, des gens qui ont peur, qui n’osent pas parler et qui ont besoin d’être sécurisés », disait-elle, appuyée par les témoignages de musulmans présents dans la salle.La coalition reproche également au ministre d’État au Multiculturalisme, M.Gerry Weiner, de s’être associé à la communauté juive à la suite des attaques lancées contre Israël, sans chercher en contrepartie à s’adresser aux Arabes du pays.« En ce moment critique, il aurait plutôt dû réaffirmer la coexistence pacifique de toutes les communautés au Canada», de dire la porte-parole.Le ministre a toutefois demandé à rencontrer la semaine prochaine à Ottawa différents représentants du monde arabe et musulman, dont Mme Ilouda-Pépin.Aucun organisme proprement irakien n’est par ailleurs membre de la coalition.Les porte-parole l’expliquent en raison de la division-très nette qui marque cette communauté : d’un côté les opposants politiques de longue date de Saddam Hussein, et qui ont donc des comptes à régler, de l’autre-les autres qui tiennent à garder l’anonymat en raison du contexte actuel.La coalition organise enfin une marche silencieuse qui aura lieu samedi midi, du carre Viger vers la place Guy-Favreau, pour démontrer sa volonté « de vivre en harmonie avec les autres communautés et la société majoritaire ».Les chasseurs canadiens essuient leurs premiers tirs CANADA DRY ONE, Qatar (PC) -Pour la première fois depuis le début de la guerre du Golfe, des chasseurs canadiens ont essuyé le feu des batteries anti-aériennes de l’Irak, hier, sans toutefois que celles-ci touchent j leurs cibles.Des représentants des forces canadiennes ont fait savoir que les CF-18 ont réussi à éviter les tirs et sont rentrés à leur base au Qatar après avoir mené à bien leur mission d’escorte et d’offensive anti-a'érienne devant les bombardiers de la coalition chargés de pilonner des cibles en territoire irakien.Qualifiant les tirs irakiens de « légers », l’officier commandant l’escadron Desert Cat, le lieutenant-colonel Don Matthews, s’est abstenu de préciser quand celui-ci s’est produit, combien d’appareils ont été impliqués dans l’incident et si les tirs sont passés près des avions.Comme les 24 CF-18 présentement au Qatar sont uniquement équipés de missiles air-air (contre des avions ennemis), ils n’ont pas riposté à l’attaque des forces terrestres irakiennes.Aucun chasseur canadien ne s’est encore servi de ses armes depuis le début des missions d’escorte et d’offensive anti-aérienne, la semaine dernière.Le lieutenant Roland Lavoie lisait hier avec un plaisir manifeste provenance du Québec.PHOTO AP une lettre en - Pourquoi donc on va si vite ?- Papa et maman font de la marche rapide ! panncmacTinn Votre bébé adore prendre l'air.Prene/.-en, vous aussi.A pleins poumons.Accéléré/, le pas.Il adorera ça.À vous de jouer.Les envois se rendent s’ils sont bien secs CANADA DRY ONE, Qatar (PC) -À la fois postier, douanier, détective et agent de prohibition, le sergent Mike Joly met toutes les ressources de son intuition et de son expérience à profit pour dénicher l’alcool envoyé illégalement aux effectifs militaires canadiens dans le Golfe.« On ne nous appelle pas Canada Dry One et Canada Dry Two pour rien, lance-t-il.Nous sommes au régime sec.C’est à moi de faire respecter le règlement.» Son minuscule bureau reçoit chaque jour quelque 450 kilos de cartes, lettres et colis destinés aux 750 Canadiens des deux camps.Le sergent Joly, un Montréalais d’origine, a donc pour mission d’éventer toutes les ruses employées par les Canadiens pour faire parvenir de l’alcool aux militaires.Il soutient pouvoir être à même d’identifier ce qu’il y a dans un colis avant même de l’avoir ouvert.« Si ça fait glou, glou, il y a 99,9 % de chances que ce soit illégal.» Et quand il en trouve, le contenu de la bouteille d’alcool va directement à l’égout.En privé, certains militaires admettent qu’une partie de l’alcool leur parvient quand même, surtout quand il est bien enveloppé, ou lorsqu’il s’agit des petites bouteilles que servent les compagnies d’aviation.Le sergent Joly soutient que l’alcool de contrebande arrive souvent sans avoir été sollicité.« La majorité des gens ici sont des professionnels.Ils sont en zone de guerre, et ils ont besoin d’avoir l’esprit clair et alerte en tout temps.» Malgré ce qu’on pourrait croire, l’homme chargé de cette tâche n’est pas mal vu.C’est à son bureau que les militaires canadiens qui ne reçoivent pas de lettres de leurs proches, de leur amoureux ou de leur petite amie au Canada, viennent chercher un peu de réconfort.Pour pallier ce problème, la base reçoit plusieurs lettres adressées à personne en particulier.Elles sont placées dans une boite spéciale, et quiconque veut en prendre une peut le faire, à la seule condition de s’engager à y répondre.Certains soldats ont un faible pour les enveloppes parfumées.Il y a ces histoires habituelles qui circulent à propos de missives féminines parti eulièrement suggestives.Mais la correspondance la plus appréciée vient souvent d’écoliers qui ont fait de l’envoi de lettres aux soldats canadiens un projet scolaire.Le courrier arrive tous les jours à bord d’avions des Forces armées, en provenance des bases de Trenton, en Ontario, et de Lahr, en Allemagne.Dans la plupart des cas, il ne lui faut que cinq jours pour atteindre sa destination, une performance plus qu’enviable.Pour les troupes du Qatar, l’envoi de lettres au Canada est gratuit.Lia Lévesque de la Presse Canadienne LA RÉSOLUTION sur la reconnaissance de l’autonomie des nations autochtones, adoptée par le congrès du Parti québécois, est bien perçue par les présidents des associations péquistes des comtés de Château-guay et Deux-Montagnes.M.Luc Trottier, président de l’association péquiste de Châteauguay, a dit voir dans cette résolution un moyen de ne pas revivre, dans l’avenir, l’été brûlant de 1990.« Si personne ne discute, la situation qu’on a vécue cet été, on pourrait la revivre.La reconnaissance des nations amérindiennes fait en sorte qu’il n’y ait pas d’autres crises.» M.Trottier admet que la frustration de certains citoyens de ce comté est encore grande.Plusieurs ne sont pas près d’oublier le barrage du pont Mercier, ladension, la violence, les injures de part et d’autres.« Je ne peux me surprendre de ce que j’ai entendu » de la part de certains délégués, souligne M.Trottier.Au congrès du week-end dernier, à Québec, quelques délégués s’opposaient à la proposition de reconnaissance de l’autonomie des peuples autochtones, jugeant que le PQ allait trop loin.« La frustration doit sortir; chacun a sa façon de le faire », justifie M.Trottier.Le président du PQ-Châteauguay est convaincu que la négociation reste la seule voie vers la cohabitation pacifique des peuples québécois et autochtones.Il se dit prêt à travailler à convaincre ses gens, même les plus réticents.« On va l’expliquer aux gens.Le but ultime, c’est que la paix sociale s'installe, et pour nous aussi.» M.Trottier lance une flèche à l’endroit du Parti libéral qui, bien que prévenu de la colère qui montait chez les Mohawks, n’a pas su réagir à temps, l’été dernier.« J’aime mieux être du côté du parti qui discute pour qu’il n’y ait plus de crise que du côté du parti qui voyait venir la crise, qui l’a laissée venir, s’installer, et qui n’a rien entrepris pour empêcher qu’elle revienne.» Dans le comté de Deux-Montagnes, qui embrasse entre autres la municipalité d’Oka, la présidente de l’association péquiste Hélène Robert voit dans cette résolution « un début de solution ».« À partir du moment où on reconnaît les autochtones comme nation, il faut discuter d’égal à égal avec eux.On dit aux autochtones : ‘On vous reconnaît comme nation, alors recon-naissez-nous comme nation qui se lient debout, et non comme une nation qui veut vous écraser’.» À ceux qui trouvent que le PQ va trop loin, Mme Robert lance : « Quel autre moyen on peut trouver ?(pour vivre en paix) il n’y a pas d’autre case.» Mme Robert aussi croit que le processus de discussion sera « long et lent à cause des blessures » des gens, des deux côtés.« Ça va demander beaucoup de maturité », dit-il.Le mandat du Protecteur du citoyen devrait être élargi, demandent plusieurs groupes Norman Delisle de la Presse Canadienne QUÉBEC — Plusieurs groupes demandent que le mandat du Protecteur du citoyen soit élargi._ La Commission des services juridiques demande par exemple que le mandat du Protecteur du citoyen soit élargi de façon à couvrir les personnes exerçant par délégation les fonctions d’un organisme public.« On peut citer le cas récent du contrat confié à une agence de renseignements par le ministère de la Main-d’oeuvre.Un citoyen prétendument lésé par les actes posés par cette agence devrait assurément pouvoir recourir au Protecteur du citoyen », a déclaré, hier, le président de la Commission des services juridiques, Me Gilles Moreau.Ce dernier témoignait devant une commission parlementaire chargée de revoir les orientations, les activités et la gestion du Protecteur du citoyen.Me Moreau a vanté le grand degré d’indépendance et d’impartialité du Protecteur, compte tenu que ce dernier est nommé par l’Assemblée nationale et non par le gouvernement, comme c’est le cas pour les membres des tribunaux administratifs.Plusieurs autres groupes ont également plaidé pour l’élargissement du mandat du Protecteur du citoyen.L’Association des Townshippers, qui regroupe les Anglo-Québécois des Cantons de l’Est, a demandé que le mandat du Protecteur couvre non seulement le gouvernement, mais les organismes municipaux, ceux du réseau db la santé et de l’éducation.« À cause de l’importance du Protecteur du citoyen, de son efficacité et du besoin évident de ses services, l’Association suggère que sa compétence soit définie de façon plus large », précise le mémoire présenté par les Townshippers.Même son de cloche au Congrès juif canadien, dont le mémoire signale « les avantages inhérents d’un recours au service du Protecteur du citoyen par rapport aux modes classiques de règlement des différends dans notre société».Mais tant le Conseil juif canadien que le Grand conseil des Cris et le Conseil des communautés culturelles invitent le Protecteur du citoyen à mettre davantage l’accent sur les services aux minorités culturelles.« Les communautés culturelles et, parmi elles les minorités visibles, n’ont pratiquement jamais eu re- LE DEVOIR OFFRE SPÉCIALE AUX ÉTUDIANTS LE DEVOIR offre à tous les étudiants* de niveau universitaire la possibilité de se proeurer un abonnement à tarif préférentiel, en se présentant à l’Université du Québec à Montréal, du 28 janvier au 1er février 1991.AVEC TAXES REDUCTION 13 semaines 26 semaines 52 semaines 35,49$ 65,52$ 117,00$ 41,01$ 75,71$ 135,20$ 40% 45% 50% •offre valable sur présentation de la carte étudiante cours aux services du Protecteur du citoyen et n’en connaissent souvent même pas l’existence », a affirmé la présidente du Conseil des communautés culturelles, Mme Raymonde Folco.Quant au Conseil des cris, son porte-parole, Diom Roméo Saga-nash, a avoué que « jusqu’à un passé très récent, nous ne connaissions même pas l’existence du Protecteur du citoyen comme alternative pour remédier aux abus de l’administration publique ».Le Protecteur du citoyen est un fonctionnaire chargé de secourir un citoyen qui se dit lésé par une décision de l’administration publique.Il a reçu l’an dernier 21 708 plaintes et a jugé 24 % d’entre elles recevables.La recommandation du Protecteur en faveur d’un citoyen a été suivie dans 99 % des cas par l’administration publique.Le Québec se séparera probablement et l’Ontario aussi, prévoit un sénateur VANCOUVER (PC) — Le Québec se séparera probablement du Canada avant la prochaine élection fédérale et l’Ontario suivra, a affirmé le sénateur libéral Philippe Deane Gigan-tes.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.