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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1991-02-19, Collections de BAnQ.

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CAHIER SOCI Le Devoir, mardi 19 février 1991 Pierre Cardin au MBA Le Musée des beaux-arts de Montréal présentera pour la première fois (à compter du 27 mars) une exposition sur la mode réunissant des créations du célèbre couturier Pierre Cardin (ci-contre).Organisée par le Victoria and Albert Museum de Londres, l’exposition proposera des modèles allant de 1950 à nos jours.Page B-3 Un clin d’oeil à Montréal Dans son numéro de mars, le National Geographic fait un clin d’oeil à Montréal.S’ouvrant sur la marche de 300 000 Québécois brandissant des fleurdelisés, le 25 juin 1990, l’article de Douglas B.Lee, illustré par Sisse Brimberg, se conclut par une méditation sur l’amour et la beauté, du haut du mont Royal ! Page B-5 Invasion américaine sur nos écrans En 1990, 61 % des 4582 films présentés à la télévision montréalaise étaient américains.Un sommet, selon l’Office des communications sociales qui étudie la question depuis 1956.Télé-Métropole vient au premier rang des télés francophones avec 76 % (79 % à CFCF), devant Quatre Saisons (64%).Page B-3 Le tourisme au secours du Vietnam Au Vietnam, le touriste a l’impression qu'il y a des regrets dans l’air.Il est clair, lorsqu’on visite l’ex-palais présidentiel encore intact ou que l’on voit au travail cette employée municipale (ci-contre), que le nouveau Vietnam est en panne.Gilles Proulx revient du sud-est asiatique et nous livre ses impressions.Page B-5 Le monde dans l’oeil québécois Les événements internationaux affectent peu la démarche indépendantiste québécoise Guy Lachapelle collaboration spéciale LA FIN DE 1989 et l’année 1990 ont été fertiles en d’événements internationaux spectaculaires, qui marqueront l’histoire européenne et mondiale.La chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a signifié la fin de la guerre froide et provoqué toute une série de changements et de bouleversements politiques dans les pays de l’Europe de l’Est, y compris l’Union soviétique, faisant tomber plusieurs dictatures et favorisant la montée de forts sentiments nationalistes.Les deux Allemagnes, par exem-le, s’attelèrent à un rythme d’enfer leur unification, complétée le 3 octobre dernier.Puis, le déclenchement des hostilités contre l’Irak et la présence de la force de coalition dans le Golfe sont venus s’ajouter et bouleverser le climat mondial.C’est dans ce contexte international effervescent que le Canada et le Québec on discuté constitution au cours des deux dernières années.Malgré l’importance politique et symbolique du débat sur Meeeh, il ne fait aucun doute que les événements internationaux qui se sont déroulés durant celte période ont suscité un grand intérêt au sein de la population du Québec, plusieurs ayant les yeux davantage tournés vers ce qui se passaient en Europe plutôt qu’à Ottawa.Car après tout, le Canada et le Québec n’en étaient pas à un échec près.Et le Québec, avec ou sans Meech, pouvait très bien continuer à faire son bout de chemin sur l’échiquier mondial, tout en pouvant aspirer à se définir lui-meme comme État-Nation.L’exemple de la Lituanie — invoqué par .Jacques Parizeau — n’a-t-il pas constamment ramené à l’esprit des Québécois, encore ces dernières semaines, l’image d’un peuple déterminé à assumer pleinement son destin ?Cette question d'un lien entre les événements internationaux et l’évolution de la situation politique au Québec — marquée par l’augmentation spectaculaire du sentiment in- dépendantiste — a constitué une interrogation centrale du dernier sondage Multi-Réso.Par exemple, dans un sondage CROP réalise en mars 1990,43 % des Québécois se disaient favorables à la séparation du Québec du reste du Canada.Aujourd’hui, le sondage Multi-Réso nous apprend que 54% des Québécois se disent favorables à ce que le Québec devienne un pays indépendant, 31,5% étant contre et 13,2% indécis.Dans ce nouveau sondage, on a demandé aux Québécois s’ils estimaient que tous ces événements internationaux pouvaient avoir un effet décélérateur, accélérateur, ou aucune influence, sur les décisions concernant l’avenir du Québec.Ces événements ont-ils réussi à détourner l’attention des Québécois au point où ils jugent qu’ils vont retarder le processus décisionnel concernant la question nationale ?L’impact des événements internationaux Le sondage Multi-Réso/LE DEVOIR nous permet d’explorer cette question.Quatre événements ont ainsi été soumis aux Québécois.On a demandé aux sondés leur degré d’intérêt face à divers faits internationaux plus ou moins éloignés : la chute du Mur de Berün, l’unification allemande, l’invasion de la Lituanie par l’armée soviétique et l’union économique et monétaire de l’Europe.De plus, nous avons également pu vérifier si la situation dans le Golfe pouvait avoir un effet décélérateur ou accélérateur.Nous avons également pu contrôler ces relations causales en tenant compte des réponses à la question : « Êtes-vous favorable ou défavorable au fait que le Québec devienne un pays, indépendant ?» Il est essentiel de souligner que 35,6 % des Québécois estiment que l’ensemble des événements internationaux auront pour impact de « retarder » les décisions quant à l’avenir du Québec; 22,6 % étant d’opinion contraire et 27,3 % estimant que cela n’amènera « pas de changement », 14,6% demeurant indécis.Voir page B-2 : Mur PHOTO AP La chute du mur de Berlin fut l’événement international de la dernière année qui a le plus intéressé les Québécois PHOTO AP Francis Ford Coppola durant le tournage du Parrain 111.De Coppola à Arno Breker Robert Lévesque Envoyé spécial BERLIN — « Les peuples arabes sont traités, depuis des décennies, de façon injuste.Leurs aspirations sont éclipsées par les intérêts économiques de l’Occident.J'aime la culture arabe et, après cette guerre, j’espère qu’il n’y aura pas un autre Versailles et qu’on respectera les différences au lieu de les effacer.J'ai des sentiments chaleureux envers le peuple irakien».Francis Ford Coppola, le cinéaste A'Apocalypse Now, un des bonzes du cinéma américain, a fait un numéro de danse sur l’air de la guerre du Golfe hier, devant des centaines de journalistes qui se bousculaient à la conférence de presse la plus courue depuis le début de la 41e Berlinale.Des journalistes qui semblaient tous avoir apprécié Le Parrain III (ils ont applaudi Coppola à son entrée dans la salle de presse, ce qui est rarissime), et qui étaient impatients d’en- Internationale FilmFest splele Berlin tendre ses propos sur la guerre que mènent les Américains dans le Golfe, Coppola étant un des seuls Américains qui a pris le risque de venir au festival du film de Berlin « en temps de guerre ».Copp ola, entouré de son père, le compositeur Carmine Coppola et de sa fille de 19 ans qui joue le rôle de Mary Corleone, Sophia, offrant un parfait portrait de famille, a d’abord affiché sa solidarité « avec le vote de TON U et les actions guerrières des Alliés ».« Le régime militariste de Saddam, qui investit les ressources de son pays dans les armes, est à juste titre condamnable.Mais, la situation est plus complexe que cela.J’ai peur que l’on simplifie trop les enjeux et que l’Occident en profite pour remodeler la carte géo-poli-tique en défaveur des peuples arabes ».Disant n'avoir pas hésité à venir à Berlin, « parce qu’on fait des choses plus dangereuses que prendre l’avion », ce qui était une belle flèche décochée à Kevin Costner qui a ici un film en compétition et qui a invoqué la guerre du Golfe pour décliner l’invitation, Francis Ford Coppola est allé jusqu’à rappeler sa solidarité avec les étudiants de la place Tien An Men « après » juin 89 en expliquant pourquoi, aujourd’hui, et il l’a dit à plusieurs reprises, sa sympathie dans tout ça va au peuple arabe et en particulier à celui qui souffre à Bagdad, doublement victime d’un régime et d’une guerre.Coppola dit craindre en particulier l’après-guerre et ses vengeances, et il rappelle en cela le Traité de Versailles qui, à la fin du premier conflit mondial, avait semé des éléments de Voir page B-2 : Coppola MONDE Les intellos français, la bouche bée du moindre mal Sylviane Tramier ( 'ollnboralion spéciale PARIS — « Les intellectuels et la guerre ».Pas un étudiant qui ait échappé au sujet en classe de | philosophie ou de français, et qui | n’ait entonné le couplet sur l’engagement de l’intellectuel, de Zola à Sartre en passant par Malraux et Camus avec exemples à l’appui extraits de l’Affaire Dreyfus.La Guerre d’Espagne, la Deuxième guerre mondiale, l’Indochine, l’Algérie.Qu’en est-il de la guerre du Golfe et des intellectuels français ?Les fu turs élèves plancheront-ils leur tour sur ce rôle joué par les Lévy, Baudrillard, Touraine, Bruckner et quelques autres pendant ce conflit ?Si l’on en juge par un mois de guerre, ils auront plutôt à se pencher sur une variante du même sujet : « les intellectuels et l'après-guerre ».Non que les intellectuels français soient frappés de mutisme total depuis le déclenchement des hostilités, mais ils font moins figure de maîtres à penser ou d’agitateurs des consciences, car le champ de la réflexion sur la guerre est occupé, et même saturé, par les analyses des experts militaires, politocologues et gens de médias.Parce qu’appuyant dans leur grande majorité l’action du gouvernement dans la guerre, les intellectuels ne jouent pas avec l’éclat habituel le rôle de contre-pouvoir.Parce que leur engagement dans le camp de la coalition anti-irakienne est somme toute assez tiède et relève plus du mariage de raison que de la grande passion.L’écrivain et philosophe, Pascal Bruckner, qui s'est « resigné » à la guerre, qui l’a reçue avec « accablement », dit avoir « fait le choix, entre deux immoralités, du préférable contre le détestable.» Le philosophe Alain Finkielkraut, directeur de la revue Le Messager Européen, lui aussi dans le camp anti-Saddam, donc pro-guerre, precise cependant : « Nous avons tous des états d’âme.Il n’y a pas de bellicistes.» Sans aller jusqu’à dire avec le phi-I losophe Jean Baudrillard (tellement plongé dans ses brillantes compositions sur la virtualité de la violence qu’il n’est pas vraiment sûr que le combat a bien lieu) que la guerre du Golfe est « un événement gluant et inintelligible », les intellectuels français n’ont pas de mal à admettre | avec le sociologue Alain Touraine I qu’il y a beaucoup de confusion et de désorientation dans leur position.« Pour les gens de ma génération, explique Pascal Bruckner, la guerre n’était pas de l’ordre du probable.Nous ne pensions pas voir une guerre de notre vivant.Pour beaucoup, cela s’est traduit par un sentiment d’abattement lorsqu’elle est arrivée.Ça j n’empêche pas d’essayer de la penser.Tout le monde se sent inquiet et angoissé.On ne se sent pas maître de la situation et la réflexion intellec-! tuelle paraît quelque peu dérisoire j par rapport à ce qui se passe.Elle ) est utile, mais elle pèse peu dans le processus en cours ».Pour les intellectuels français qui, dans la foulée de la liesse entourant les célébrations du Bicentenaire de la révolution de 89, avaient cru voir dans la chute du mur de Berlin l’accomplissement des aspirations universelles de peuples aux droits, libertés et démocratie, la déconvenue est amère.L’horizon qui s’était grand Voir page B-2 : Intellectuels 19 FRANÇOISE FAUCHER Traduction et adaptation de Celestina de Fernando de Rojas MICHEL GARNEAU Mise en scène JEAN ASSELIN GWCttÏÏ LA BAS PRES DES ' TANNERIES AU BORD DE LA RIVIÈRE Coproduction OMNIBUS s THÉÂTRE FRANÇAIS DU CENTRE NATIONAL DES ARTS 15 janvier au 16 février 1991 mardi au samedi, 20 h.1945, Fullum.521-4191 espace Hbre c F rumine Alepin • jean Hoilard • Real Rosse • Diane Dubeau • Marline Francke • Marcel Girard • Robert Gravel • Silvy Grenier l e Blanc • Denys I efebvre • Sylvie Moreau • François Papineau • Anne-Marie Proveneher • Décor et costumes : Daniel Castonguay Conception et direction musicales Silvy Grenier • I clairagcs : Ican-Charles Martel LE DEVOIR B-2 ¦ Le Devoir, mardi 19 février 1991 TABLEAU 1.L'impact des événements internationaux selon l’opinion sur l’indépendance du Québec.Favorable Défavorable Ne savent pas Total (%) (%) (%) (%) Retarder 184 117 47 348 (34.0) k (37.3) (35.2) (35.3) Accélérer 156 55 13 224 (28.9) (17.5) (9.8) (22.7) Pas de 152 87 30 269 changement (28.1) (27.7) (22.9) (27.3) Ne savent pas 48 55 42 145 (9.0) (17.5) (32.1) (14.7) Total 540 314 132 986 (54,8) (31,8) (13,4) (100.0) Les deux questions posées étaient : « Êtes-vous favorable ou défavorable au fait que le Québec devienne un pays indépendant ?» et « Diriez-vous que tous ces événements qui se passent présentement dans le monde vont retarder ou accélérer les décisions qui vont bientôt se prendre sur l’avenir constitutionnel du Québec ?» 4 Mur l)e tous les événements internationaux, c’est la chute du Mur de Berlin qui a suscité le plus d’intérêt chez les Québécois, suivi de l’unification allemande, de l’invasion de la Lituanie et de l’union économique et monétaire de l’Europe, loin derrière.61,4 % des Québécois affirment que la chute du Mur de Berlin les a beaucoup ou assez intéressé, tandis que l’unification allemande a retenu leur attention dans 51,7 % des cas.La situation en Lituanie a attiré les regards de 41,6 % des répondants et l’union économique et monétaire de l’Europe seulement 24,2%.Parmi les personnes pour qui la chute du Mur de Berlin a été un événement d’un grand intérêt, on note que 34 % estiment que son impact à long terme sera de retarder les décisions des Québécois quant à leur avenir constitutionnel, sans doute par un effet de détournement d'attention, en prenant une place plus grande à l’agenda public que la question nationale.À l’opposé, 24,5 % des répondants jugent qu’un tel événement devrait accélérer le processus; 10,3 % ne sachant pas.On observe à peu de choses près les mêmes tendances dans le cas de l’unification allemande.Seule la question de l’union économique et monétaire de l’Europe représente un cas où la différence est plus étroite puisque 29,6 % pensent que cela va retarder le processus décisionnel et 28,4 % l’accélérer.Dans tous ces cas, on observe des relations statistiquement significatives.Par ailleurs, on peut penser que le degré d’intérêt des personnes interrogées pour ces événements internationaux varie selon qu’elles soient favorables ou non à l’indépendance du Québec.Tout d’abord, il est intéressant d’observer que 65,8 % des personnes favorables à ce que le Québec devienne un pays indépendant ont suivi avec beaucoup ou assez d’intérêt la chute du Mur de Ber- lin, 56,0 % la réunification allemande, 45,1 % l’invasion de la Lituanie et 24.7 % l’union économique et monétaire de l’Europe.De la même façon, les anti-indépendantistes ont également été intéressés par la chute du Mur de Berlin (61,5 %), l’unification allemande (50,9%), l’invasion de la Lituanie (42,6 %) et l’unification économique et monétaire de l’Europe (26,9 %).En d’autres termes, que l’on soit favorable ou défavorable à ce que le Québec devienne un pays indépendant, cela ne semble pas être un facteur discriminant de l’intérêt que l’on porte à ces questions internationales.On observe sensiblement les mêmes résultats lorsqu’on utilise la question demandant aux personnes interrogées si elles sont favorables ou non à un Québec pays indépendant associé économiquement.Le fait d’être indépendantiste devient plus conséquent lorsqu’on met cette variable en relation avec la perception que les individus ont de l’impact des événements internationaux sur les choix constitutionnels des Québécois.Ainsi, les anti-indé-pendatistes estiment — davantage que les indépendantistes, à 37,3% contre 34 % — que les événements internationaux vont « retarder » les décisions du peuple Québécois.À l’inverse, ceux qui se disent favorables à ce que le Québec devienne un État indépendant croient (à 28,9 %) à l’effet accélérateur des événements internationaux, contre 17,5 % pour ceux qui y sont défavorables.(Le tableau 1 présente ces résultats).Les femmes croient davantage que les hommes — 39,1 % contre 31.8 % — que les événements internationaux vont retarder les décisions au Québec alors que les hommes estiment à peine un peu plus que les femmes à l’effet accélérateur, 23,2 % contre 22,0 %, bien qu’ils soient nettement convaincus et ce bien davantage que les femmes, 35,1 % contre 20 %, que tous les événements se pro- I LE PLAISIR LE PL JfSâ LE PL#I; lep: LE .1: vres % ç> a -\i a 3 'Tr (5 (\ Pour de plus amples informations sur les tarifs publicitaires et pour les réservations, contactez Jacqueline Avril au:(514) 842-9645 TOUS LES SAMEDIS DANS LE DEVOIR CINEMA duisant dans le monde n’auront aucun effet sur les décisions des Québécois.Les francophones, plus que les anglophones, estiment que la situation mondiale peut avoir un impact sur les décisions des Québécois — 23,9 % contre 13,5% — de même que les personnes ayant entre 18 et 44 ans.Un intérêt élevé 57 % des électeurs québécois estiment que les événements internationaux ont un rôle à jouer dans les décisions liées à l’avenir politique du Québec.Seul un tiers ne voit aucune relation entre les événements qui se passent dans le monde et les décisions prises concernant le statut du Québec.Ces chiffres témoignent déjà d’un intérêt beaucoup plus élevé de la population québécoise pour les questions d’ordre international que celui auquel on s’attendait.Ainsi, l’intérêt des Québécois pour la question allemande demeure fort intéressant, surtout que la Lituanie a tenu, au moins autant, les médias en haleine au cours des derniers mois.Sans doute la guerre du Golfe a-t-elle eu pour effet de reléguer la question balte à l’arrière-scène.On croyait au départ que l’ensemble de ces événements ne pourrait que retarder les décisions au Québec.C’est en tout cas l’avis de 35,3 % des Québécois, indépendantistes ou non, 27,3 % des répondants opinant que les événements internationaux n’ont pas eu d’effet.Ce sont surtout les indépendantistes qui croient que la situation internationale peut avoir un effet accélérateur sur les décisions à venir.Ces résultats semblent refléter le discours indépendantiste, qui cherche à démontrer que la démarche du Québec s’inscrit dans un mouvement international.Guy Lachapelle est professeur au département de science politique de l’Université Concordia.Rock Demers et Milos Forman, Pourquoi Havel Maurice Girard de lu l’resse canadienne WASHINGTON (PC)-C’est parce que Vaclav Havel sort de l’ordinaire comme chef d’Etat que le cinéaste-producteur québécois Rock Demers a choisi de faire porter son premier film-documentaire sur la vie du président de la Tchécoslovaquie, premier citoyen à être démocratiquement élu en novembre 1989 à la tête de cette république placée pendant près de 45 ans sous le joug communiste.Déclenchée de Moscou par le président Mikhail Gorbatchev, la contre-révolution qui a embrasé les pays de T Est pour jeter au banc de la société les régimes totalitaires d’obédience communiste a fasciné M.De-mers, qui consacrera d’ailleurs son prochain documentaire au lauréat du prix Nobel de la paix, M.Gorbatchev, dont l’avenr politique pourrait bien être écourté d’ici la fin de l’année, croit-il.« À mon avis, Havel est l’homme politique actuel qui est le plus susceptible d’inspirer ceux qui cherchent une façon différente de diriger des sociétés », explique en interview le producteur québécois, qui lancera ¦< en première mondiale », ce soir, son film Pourquoi llavei au Smithsonian de Washington.D’une durée de 100 minutes, le film a été réalisé par M.Milos Forman, mieux connu pour Amadeus (1984) et Vol au-dessus d'un nid de coucou (1976).Cet hommage à l’instigateur de la « Révolution de velours » et principal signataire de la Charte de 77 se compare au traitement réservéépar M.Demers aux neuf films de sa série pour enfants Contes pour tous, « qui tentent de mettre l’importance sur les choses qui sont un petit peu différentes de celles qui sont véhiculées par le cinéma actuel, surtout américain ».Selon M.Demers, dans le monde actuel, le président tchécoslovaque fait bande à part.« Vaclav Havel, mentionne-t-il dans une interview téléphonique, n’est pas un politicien de carrière, ni un bureaucrate, ni un avocat, ni un économiste.C’est un écrivain, un artiste, qui arrive au pouvoir pour faire une transformation en profondeur d’une société et r PHOTO PC Vaclav Havel (à gauche) dans une séquence du documentaire de Rock De-mers réalisé par Milos Forman.qui a un comportement tout à fait différent des politiciens habituels.» Emprisonné quelque temps dans les geôles communistes pour avoir participé au Printemps de Prague (1968), Vaclav Havel, écrivain de renom, a pris la charge de son pays qui a connu, depuis son élection en décembre 1989, sa part de difficultés, semblables à celles que connaissent tous les autres ex-membres du Pacte de Varsovie : chômage élevé, poussée inflationniste et sentiment général d’insatisfaction.Si bien que tout récemment le parti de la majorité en Tchécoslovaquie, le Forum des citoyens, s’est scindé et que les communistes ont regagné les faveurs d’une partie de l’opinion dans des élections municipales.D’ailleurs comme au Canada, où le Québec menace encore de se séparer, le président Havel doit affronter lui aussi une menace de sécession de la minorité slovaque, concentrée dans les régions rurales de l’Est et qui forme cinq des 15,5 mil- 4 Coppola guerre à retardement.Sûr de lui, souriant, disponible (la rencontre de presse a duré plus d’une heure), au centre de trois générations de Coppola comme un personnage de sa saga Corleone, Francis Ford Coppola, changeant de perspective, affirme retenir des événements actuels la formidable percée télévisuelle de la chaîne CNN.« La télévision, la politique, l’art en sont à un point où, s’ils collaborent et que l’on est optimistes, vont arriver à une nouvelle forme de communication.Le rôle de la télé vivra un changement semblable à celui du cinéma passant du muet au parlant.Le direct va devenir un art global, jusqu’au moment où la télévision deviendra synonyme de politique, que des mouvements internationaux pourront se faire main dans la main, avec et par la télévision.On est là, avec la guerre du Golfe au réseau CNN, comme aux premiers temps de l’aviation ».Coppola, qui ne se laisse pas abattre par le doute, et qui semble imperméable au pessimisme, dit croire que « les événements politiques vont évoluer avec le fait, rassurant, que l’on aura de plus en plus accès à la connaissance et que le monde sera moins disposé à se livrer corps et biens aux politiciens».Et le cinéma, lui, pendant ce temps, passera de l’âge de la photographie à l’âge de l’électronique.« Kurosawa a dit que quelque chose s’est perdu en passant du muet au parlant ; oui, quelque chose se perd dans les mutations, mais moi je vois surtout que quelque chose, aussi, se gagne ».Va pour Coppola ! En tout cas, quelque chose qui ne se perd pas dans les grandes mutations politiques ou idéologiques, c’est le souvenir de l’injustice.Les deux films allemands de la compétition nous le prouvent : dans l’un (Êrfolg (de Franz Seitz), un directeur de musée en Bavière dans les années 20 sera jeté en prison par un tribunal manipulé et tout le fascisme qui exècre un tel esprit libre ; dans l’autre ( lier Tangospieler (de Roland Grëf), un professeur d’histoire qui a, un soir, joué au piano dans dans un bar un air de tango suspecté d’être diffamatoire pour l’État, sera incarcéré 21 mois et sortira brisé.C’est l’été 68, celui des chars soviétiques qui arriveront bientôt à Prague.Des deux entrées allemandes dans la course aux Ours, c’est le film de Grëf qui est le plus réussi, et de loin.Mais, dans les deux cas, on devine un cinéma qui s’est donné la tâche d’aller au fond des choses et de revisiter l’histoire du côté des hommes et de 4 Intellectuels ouvert subitement, s’obscurcissait tout aussi brusquement.L’Histoire, dont beaucoup avait prédit la fin, reprenait brutalement du service.Cela ne laissait aux intellectuels aucune morale de rechange que celle, simplificatrice, imposée par le conflit, qui consiste à être pour ou contre.Et c’est en suivant ses engagements politiques antérieurs que s’est déterminée la classe intellectuelle.La poignée des tiers-mondistes irréductibles ont rejoint le camp de la paix.C’est le cas des écrivains Gilles Perrault, Max Gallo et Régis Debray qui à eux trois constituent à peu près le front du refus de la guerre dans le milieu intellectuel.Les intellectuels juifs ont soutenu Israël et l’intervention anti-irakienne, les intellectuels d’origine maghrébine s’y sont opposés, et les au très, convaincus du caractère inévitable de la guerre, s’y sont ralliés, en souhaitant la voir finir le plus vite possible.Le temps des intellectuels qui manifestaient contre la guerre d’Algérie ou contre celle du Vietnam est bien révolu.Depuis, est passé par là ce que Pascal Bruckner appelle « la désillusion du tiers-mondisme » : « Les pays du tiers-monde n’ont plus ni la crédibilité, ni l’aura qu’ils détenaient il y a encore quinze ans.Aujourd’hui nous ne leur accordons plus a priori le moindre crédit sachant qu’ils peuvent être aussi dictatoriaux que n’importe quel autre.Les gens ont eu leurs yeux décillés.» Premier conflit de l’après-guerre froide, et de l’après-culpabilite tiers-mondiste donc, la guerre du Golfe est banalement un moindre mal, pour la plupart des intellectuels français.Pour ces intellectuels engagés avec toutes les réticences et les réserves possibles du côté anti-Sad-dam, une urgence s’impose : il faut gagner la guerre au plus tôt.« La guerre a ses droits, c’est pourquoi la logique terroriste est régressive », écrit Olivier Mongin, directeur de la revue Ksprit.Mais la guerre est aussi la limite du droit : c’est pourquoi, il importe que celle-ci soit brève.» Et en attendant, garder un profil bas, laisser les événements décanter.« Le rôle des intellectuels en temps de guerre, c’est d’éviter de jouer les démoralisateurs », dit Ber-nard-llenry Lévy, directeur de la revue La Règle du Jeu.« Nous sommes tous requis par une forme de réserve, de décence de l’expression ».Spectateur engagé : la formule délimite les contours de l’action de l’intellectuel.Mais dans le cas de la guerre du Golfe, l’accent est placé sur le premier mot.Et cela à double titre : la guerre est faite par des sol dats professionnels, et le rôle de la France dans la coalition est mineur par rapport aux Américains.L’intellectuel français, lorsqu’il est dans le « camp de la guerre », est « belli ciste » par procuration.« J’ai une gêne qui tient au fait que cette guerre, ce ne sont pas des appelés qui la font, reconnaît Finkiel kraut.Ilya une division du travail.Les uns font la guerre, les autres continuent à vivre, à aller au bureau, en vacances».Cet argument est repris par Régis Debray pour condamner la guerre : « Dans la tradition de Jaurès, une lions d’habitants du pays (le tiers).Selon M.Demers, seul Tex-pre-mier ministre Pierre Trudeau peut, ces dernières années, ressembler comme chef d’Etat au président tchécoslovaque.« C’est celui qui se rapprochait le plus.Trudeau, un professeur d’université, qui se retrouve très rapidement catapulté en politique et qui hésite beaucoup avant de prendre la décision qui va l’amener à diriger les destinées du pays pendant 16 ans, d’une façon différente deS hommes politiques qu’on a actuel-1 lement, MM.(Brian) Mulroney et (Robert) Bourassa.Mais ce n’est pas un changement aussi en profondeur que Havel.» La distribution de Pourquoi Havel dans les salles américaines et françaises, puis à la télévision, dépendra du sort que le jury du festival du film de Cannes lui réservera lors du vi-sionnement prévu dans les prochaines semaines.Le film sortira en salle à New York, Parks et Montréal.Il devrait être diffusé à la télévision dans la deuxième moitié de l’année.la souffrance.L’Allemagne est maintenant réunifiée, et ces deux films-là viennent soi-disant du même pays, mais le film de Franz Seitz est un film de l’Ouest qui effleure le sujet et semble même jusqu’à un certain point le cabotiner, alors que le film de Grëf est un film de l’Est dans le pathétique qu’il sait trouver sans effort et sans effet.Les deux peuples allemands ont des tonnes de complexes envers leur passé commun.Leurs caméras sont fixées vers l’arrière, et la bataille actuellement engagée pour sauver de la destruction les studios de Babels-berg (près de Postdam), bataille que Moritz de Hadeln au nom de la Ber-linade a fait sienne, est à l’image de leurs préoccupations.On ne peut pas penser à l’avenir en oubliant le passé.C’est ce que disent Êrfolget Der Tangospieler.Et, quoiqu’on dise de la puissance allemande, du pays économiquement le plus fort d’Europe, il reste cette grande fragilité liée à l’histoire.Cette infirmité psychologique qu’a vait si bien exploré Fassbinder.Le jour où s’est ouverte la Berli-nale, le 15 février, un vieil homme de 90 ans mourait à Dusseldorf.C’était Arno Braker, ce Michel-Ange du na tional-socialisme, le sculpteur d’Hitler.Il y a beaucoup de choses à ne pas oublier.guerre juste est une guerre nationale et défensive, écrit-il.Si c’est le cas, il faut envoyer les appelés car nous sommes en république.Sinon, on nous promène.» Pascal Bruckner admet l’ambiguïté de la situation : « La question principale que l’on doit se poser est celle-ci : est-ce que cette guerre je pourrais la faire moi-même, est-ce que je serais prêt à m’engager ?.Je ne suis pas sûr que la réponse serait oui pour beaucoup de gens.On accepte des guerres parce qu’elles sont loin, et faites par d’autres.Il y a certainement là un affaiblissement de l’idée de la citoyenneté».Les intellectuels regardent avec une pointe de regret a ce qui les a mobilisés avant-guerre : « Vous vous rappelez ?la fin de l’histoire, le rêve de paix perpétuelle, tout Paris s’excitait sur cette niaiserie », s’exclame Bernard Henri Levy dans le magazine l’ciÉvénement du Jeudi, « Ça faut quelques mois.On dirait dix ans ».Et Pascal Bruckner méditatif et sourire en coin : « Les questions qu’on se posait avant la guerre nous semblent dérisoires.La réforme de l’orthographe, le problème de la culture .tout ça paraît frappé d’obsolescence .».Victime de ce que les Parisiens appellent avec morosité « le consensus mou », la réflexion intellectuelle manque de tonus et cède au pessimisme ambiant.Retrouvera-t-elle son influence, saura-t-elle susciter interrogations, débats dans l’opinion lorsqu’il s’agira de mener la bataille de la paix ?On en reparlera après la fin des combats.En attendant, prière de ne pas déranger, les intellectuels français ont mal à la guerre.« Le Devoir, mardi 19 février 1991 ¦ B-3 MUSIQUE PHOTO MARC GARANGER Anna Prucnal La passionnaria polonaise débarque à Québec Jocelyne Richer TÉLÉVISION Invasion américaine sur nos écrans Paule des Rivières BANG ! T’ES MORT, Si vous regardez des films à la télévision, vous voyez assurément beaucoup de productions américaines, plutôt récentes.Car les télévisions montréalaises ont présenté en 1990 plus de films américains que jamais.Télé-Métropole, Télévision Quatre Saisons et CFCF remportent le championnat des présentations américaines, qui représentent respectivement 76 %, 64 % et 79 % des films projetés.Personne toutefois n’a le monopole de la vertu puisque que les productions américaines croissent de 2 % ou II % chaque année, et que la pluparts des télédiffuseurs font leur part pour ainsi dire.Les productions américaines ont tout de même baissé légèrement à Radio-Canada et Radio-Québec mais les films faits par nos voisins constituent tout de même la part du lion des présentations cinématographiques de ces deux réseaux, avec 37 % de films « made in USA » à la Radio-Canada et 29% à Radio-Québec.Il reste que l’année dernière 61 % de tous les films projetés sur nos écrans, soit 4582, étaient américains.Ces données portent sur Radio-Canada, Télé-Métropole, Télévision Quatre Saisons, Radio-Québec, CBC, CFCF, Super Écran et First Choice.61 % des 4582 films présentés à la télé montréalaise en 90 étaient américains Si l’on exclut les deux derniers canaux, CFCF a présenté en 1990 le plus grand nombre de films (757), suivi de Télé-Métropole et de Quatre-Saisons, avec 678 chacun.« Chaque année, les films américains grignotent du terrain », remarque Christian Depoorter de l’Office des communications sociales qui, avec Robert-Claude Bérubé, fait un relevé systématique des nouveaux films projetés en salle, en établissant une cote de qualité.Ces dernières données sont contenues dans le rapport annuel de l’Office, un organisme catholique, qui, depuis 1956 juge tous les films présentés à Montreal (cotes que l’on retrouve dans les quotidiens et TV-Hebdo).L’Office suit également de près la situation télévisuelle.Logiquement, les productions européennes télévisées ont diminué en 1990, pendant que les films canadiens sont demeurés autour des 8 %.Radio-Canada et Radio-Québec ont présenté le plus de projections françaises, 29 % de son total dans le premier cas, 25 % dans les second.Radio-Québec présente le plus fort pourcentage de films de grande qualité.Ce réseau a aussi eu le front, en 1990, de présenter le même film quatre fois à ses téléspectateurs.ASA Radio Québec Télévision d O Quatre Saisons 50 Dans l'échelle de l’Office des communications sociales, la plupart des films présentés à la télévision sont « bons » ou « moyens », c’est-à-dire classés « 4 » ou « 5 », « 1 » étant le rare chef-d’oeuvre, et sept étant « minable », catégorie que Radio-Canada, Télé-Métropole, Radio-Québec et CBC évitent.En revanche 1 % des films présentés en 1990 à Télévision Quatre Saisons et CFCF étaient minables, pourcentage qui grimpe à 3 % à Super Écran.Cinq pour cent des films de Radio-Canada et 7 % de Radio-Québec étaient de qualité remarquable.L'Office n’attribue la mention « chef-d'oeuvre » qu’en de rares occasions, pour des films marquant un tournant dans l'histoire du cinéma.La plupart du temps des classiques.En 1990, Il y eut, entre autres, African Queen de John Houston, Citizen K a ne, de Orson Wells et les merveilleux films de Charlie Chaplin.S’il y a eu moins de chefs-d’oeuvre cette année, c’est peut-être parce que les télédiffuseurs privilégient de plus en plus les productions récentes, soit réalisées entre 1980 et 1990.En 1990, cette décennie fut la favorite de tous les réseaux : tous y puisèrent plus de la moitié de leurs films, à l'exception de CBC qui a présenté un pourcentage remarquablement élevé de productions réalisées entre 1930 et 1940 (23 %) et 1940 et 1950 (27 %)• Ces pourcentages sont de 2 % et 3 % à Radio-Canada.À CBC, 32 % des films projetés sont réalisées en Grande-Bretagne et à Radio-Canada, 29% sont réalisées en France.L'Italie n'a plus beaucoup la cote, et quant à ceux provenant de pays
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