Le devoir, 1 mars 1991, Cahier A
Vol.LXXXII — No 50 ?Un peu de neige et pluie.Max.: 5 Détail page B-7.Montréal, vendredi 1er mars 1991 Toronto 85 cents 65* + TPS • TVQ Automobiles Place de Bleury Centre-Ville *845-8267 L’ONU fixera les conditions de la paix Les Alliés ont fait 175 000 prisonniers de guerre irakiens d'après Reuter et A RP WASHINGTON — Les États-Unis et leurs alliés présenteront leurs conditions de règlement de la guerre du Golfe dans un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies aujourd’hui, a annoncé hier le département d’État.Le projet de résolution devrait mentionner les conditions de la fin de la guerre, « comme la libération des prisonniers koweïtiens et des ressortissants d’autres pays, l’acceptation et l’application de toutes les résolutions des Nations unies », a déclaré Margaret Tutwiler, porte-parole du département d'État.« Nous avons toujours dit que si Saddam Hussein demeure au pouvoir, le gouvernement des États-Unis considère que l’embargo sur les livraisons d’armes doit être maintenu.Nous continuons de le penser », a ajouté la porte-parole.Les contacts entre Américains et Alliés « devraient déboucher sur une nouvelle résolution que nous soumettrions au Conseil de sécurité dès que possible, probablement pas plus tard que demain », a-t-elle dit.À propos des sanctions économiques autres que l’embargo sur les ventes d'armes, elle a déclaré qu’il revenait au Conseil de sécurité de trancher cette question.Voir page A-4: L'ONU :psgfclg*»"l ' 1 ihs -;v.* -jarVr y-'-f 0 -, - WIlI v V PHOTO AP Les carcasses incendiées de véhicules irakiens militaires et civils jonchent l’autoroute reliant Koweit City à Bagdad et Bassorah.Les véhicules ont été détruits par les derniers bombardements alliés alors qu’ils tentaient de regagner l’Irak.PHOTO JACQUES NADEAU Un toit et de l’entraide au lieu de l’itinérance Page B-l Le Conseil des services essentiels tranche en faveur des cols bleus SOCIÉTÉ Sylvain Blanchard IL N’Y AURA PAS de collecte de déchets à Montréal aujourd’hui, la première des deux journées de grève des 4700 cols bleus de la Ville.Mais advenant une chute de neige, ce que prévoit Environnement Canada, ils devront, en plus de procéder à l’épandage d’abrasifs, effectuer le déblaiement des rues, tâche qu’ils refusaient de faire mardi dernier.Telles sont les principales recommandations du Conseil des services essentiels, l’organisme chargé d’établir la liste des services à maintenir au cours de cet arrêt de travail, le deuxième en trois semaines.La Ville de Montréal s’est dit très déçue de ces recommandations parce que le déblaiement des rues, si un déblaiement s’avère nécessaire, s’effectuera après une accumulation de 0 centimètres de neige, et non 2,5 centimètres comme elle l’exigeait.Selon les autorités municipales, Urgences Santé, la police de la Com- munauté urbaine et le Service de prévention des incendies de la Ville de Montréal, il ne fait aucun doute que le déblaiement des rues à partir d’un tel niveau d’accumulation compromettra sérieusement la sécurité des Montréalais, l’état de la chaussée rendant extrêmement difficile la circulation dans les rues de la métropole.Incapable de trouver le «bon sens » derrière cette décision, Michel Gohier, le porte-parole de la Ville, croit que le Conseil a penché du côté syndical sur cette question dans le seul but d’éviter d’envenimer le climat de tension qui caractérise actuellement les relations entre la Ville et ses cols bleus.« Ce qui n’est absolument pas un critère à partir duquel les recommandations du Conseil doivent être faites».Par ailleurs, le Conseil se range à l’argumentation syndicale concernant la non-nécessité d’avoir des préposés au Jardin zoologique et à l’Aquarium, pour nourrir et soigner les Voir page A-4: Conseil Le Canada entend raffermir ses liens avec le monde arabe Les troupes canadiennes pourraient rentrer au pays dès demain d'après la Presse Canadienne OTTAWA — Le Canada a l’intention de raffermir ses relations avec le monde arabe à la suite de la fin de la guerre au Moyen-Orient.Le premier ministre Brian Mul-roney a déclaré aux journalistes que le secrétaire d’État aux Affaires extérieures Joe Clark entreprendra sous peu une tournée dans la région du golfe Persique.À la demande du Koweit, il visitera ce pays et tentera également d’organiser une visite officielle en Jordanie pour lancer des discussions sur le règlement de la question palestinienne.Un groupe d’hommes d’affaires canadiens doit également se rendre sous peu au Koweit, espérant décrocher des contrats pour reconstruire ce pays dévasté par la guerre.M.Clark a indiqué qu’il souhaitait normaliser ses relations diplomatiques avec l’Irak et que l’ambassade canadienne au Koweit reprendrait ses activités bientôt.L’ambassadeur canadien au Koweit Larry Dickenson reprendra son poste aujourd’hui, a-t-il annoncé.Tout comme M.Clark, M.Mul-roney a indiqué qu’il ne serait pas facile de dénouer l’impasse entourant la question palestinienne.Le premier ministre a déclaré qu’il fallait trouver une solution qui assure à la fois la sécurité de l’État hébreu tout en respectant les intérêts des Palestiniens.« Ces deux objectifs ne sont pas irréconciliables, » a-t-il souligné.Mais il a ajouté qu’il ne se faisait aucune illusion sur la complexité de ce problème.Dans celte même veine, M.Clark a noté que plusieurs options étaient à l’étude, dont l’organisation d’une conférence internationale sur la question palestinienne.Mais au moins, il y a une nouvelle attitude sur le sérieux de cette affaire, a-t-il indiqué.Dès la semaine prochaine, M.Clark rencontrera le secrétaire général des Nations unies Perez de Cuellar à New York pour discuter à nouveau du plan de paix d’après-guerre proposé par le premier minis Ire Mulroney au début du mois de février.Voir page A-4: Le Canada Ottawa dépensera 8 millions $ pour un groupe de travail sur l’unité canadienne Le budget des dépenses passe sous silence la Commission Spicer et le Plan vert __Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa LA COMMISSION Spicer et le Plan vert sont deux des grands absents du plan de dépenses pour 1991-92 dévoilé hier par le gouvernement fédéral.Au total, Ottawa a l’intention de dépenser 159 milliards $ pour financer ses programmes l’an prochain.Mais son plan effleure à peine, quand il ne les passe pas complètement sous silence, plusieurs des rubriques politiques les plus importantes de ses activités.Ainsi, il n’indique pas combien il entend consacrer au front de l’unité nationale.Il laisse dans l’obscurité son fameux Plan vert pour l’environnement.Ses intentions pour la Défense, maintenant que la guerre du Golfe est terminée, sont floues.En plus, le plan est presque muet sur l’impact qu’auront les nouvelles mesures d’austérité du budget de mardi dernier sur l’éventail d’organismes qui vivent de subventions fédérales.— Sous la rubrique unité nationale : quatre mois après avoir mis sur pied la commission Spicer, Ottawa n’est pas en mesure de fournir un budget de ses activités.La facture globale de l’exercice sera plutôt dévoilée au compte-gouttes.La première tranche, c’est-à-dire ce qu’a coûté le groupe Spicer entre le 1er novembre dernier et le 1er avril, dans l’énoncé de fin d’année fiscale du gouvernement la semaine prochaine, le reste dans plusieurs mois.Ottawa a cependant mis de côté huit millions $ pour un « groupe de travail sur l’unité canadienne ».Financé à même les budgets du secrétariat d’État, le groupe loge à l’enseigne du bureau des fedérales-provin-ciales.Il s’agit en effet, explique-t-on, de personnes-ressources chargées d’étoffer les stratégies constitutionnelles du gouvernement fédéral.— Sur le front de l’environnement : le Plan Vert, pièee-maitresse de la stratégie environnementale du gouvernement, ne figure pas au budget du ministère de l’Environnement pour 1991-92.L’argent sera puisé à même les réserves, un fonds général habituellement réservé aux urgences et aux imprévus.Selon les fonctionnaires du Conseil du Trésor, il n’est d’ailleurs pas question de dépenser plus de 250 millions $ cette année, soit un douzième seulement des ressources du plan qui vient d’être étiré sur six ans.— Au chapitre de la Défense : le Voir page A-4: 8 millions $ Boisbriand a autorisé un projet résidentiel en contravention avec un règlement de la MRC Louis-Gilles Krancoeur LA VILLE de Boisbriand a permis en 1989 la construction d’un projet résidentiel dans la plaine inondable de la rivière des Mille-Îles en contravention avec le règlement de contrôle intérimaire de la MRC Thé-rèse-de-Blainville.Les autorisations accordées par celte municipalité sont survenues après que Jean-François Gagné, le fils du maire, M.Michel Gagné, eut acheté, puis revendu moins de deux ans plus tard, les terrains servant à ce projet situé sur la rue Gilles.Jean-François Gagné réalisa lors de cette transaction un profit de 129 500 $.Le ministère de l’Environnement a aussi rendu possible ce projet en octroyant un certificat d’autorisation pour le rehaussement de cette rue et la construction d’un égout pluvial.Ce projet est situé dans une zone protégée par l’Entente fédérale-provin-ciale sur la protection des plaines d’inondation et aurait dû faire l’objet d’une demande de dérogation de la part de Boisbriand.Dans un autre projet situé aussi à Boisbriand, le projet Filiard, ce ministère avait aussi émis un certificat d’autorisation pour des travaux effectués dans la plaine inondable.Une enquête administrative est en cours à la demande du ministre Pierre Paradis à la suite de révélations du DEVOIR.Ce terrain de la rue Gilles avait été acheté en 1987 pour la somme de 13 000 $ par le fils Gagné qui avail alors 19 ans.Dans le contrat intervenu avec les vendeurs, il était sti-Voir page A-4: Boisbriand Points saillants du budget des dépenses OTTAWA (PC) — Voici les points saillants du budget des dépenses déposé hier par le président du Conseil du Trésor Gilles Loiselle : ¦ les dépenses budgétaires du gouvernement fédéral pour 1991-92 s’élèveront à 159 milliards $, soit une augmentation de 5,1 % par rapport à l’exercice précédent; ¦ sur ce montant, 43,5 milliards $ représentent les frais de la dette publique et 115,8 milliards $ représentent Voir page A-4: Points saillants COMMENT AIDER EFFICACEMENT UNE PERSONNE SID Un numéro spécial de la revue Intervention : INTERVENTION PSYCHOSOCIALE ET SIDA 13 articles écrits par des spécialistes.Autant de pistes de réflexion et de réponses Pour vous le procurer, téléphonez ou écrivez à : Corporation professionnelle des travailleurs sociaux du Québec 5757, ave Decelles, bureau 335 Montréal (Québec) H3S 2C3 Téléphone : (514) 731-3925 Télécopieur : (514) 731-6785 Joignez à votre demande un chèque de 10,00 $ (frais d’expédition inclus) à l’ordre de la C.P.T.S.Q.Abonnement annuel disponible.Carte Visa et Master Card acceptées A-2 Le Devoir, vendredi 1er mars 1991 Normand torpille la crédibilité de la commission Spicer Chantal Hébert rie notre bureau d'Ottawa DÉJÀ ÉBRANLÉE par une série de faux départs, la crédibilité de la commission Spicer a subi un autre coup hier quand ses profondes dissensions ont éclaté au grand jour.Robert Normand, l’éditeur du Soleil, affirme en effet que le groupe dont il fait partie dilapide les fonds publics.Certains de ses collègues, avance-t-il, abuseraient de leur per diem et il y a des dépenses injustifiables.De plus, il affirme que la commission fait fausse route, qu’à moins d’un changement de cap, elle n’aboutira à rien de valable.Son intervention, précise-t-il, veut éviter que l’exercice n’aboutisse à « un rapport à l’eau de rose, une aventure médiatique ».Hier, le président du Forum des citoyens dit s’est dit « mystifié » par cette sortie-choc.« Il a participé intimement à toutes nos discussions sur le budget, sur la politique, sur les méthodes, se défend Keith Spicer.Je suis mystifié par le fait qu’il soit malheureux maintenant.» Robert Normand accuse en autres la commission de « banaliser la question du Québec ».Selon lui, les pratiques de la commission qui privilégie les discussions sur un certain nombre d’autres questions comme le dossier autochtone ont pour effet de diluer le débat.« Demandez-lui pourquoi il trouve que c’est banaliser le Québec que de reconnaître la réalité historique que les aborigènes étaient ici avant les Français.Ce n'est pas sérieux », rétorque Keith Spicer.Les premiers échos publics des dissensions au sein du groupe n’ont pas tardé à rebondir aux Communes où le gouvernement se défend de vouloir intervenir.« Ça échappe à notre contrôle », affirme le ministre Benoît Bouchard.« Lorsqu’on nomme une commission, on lui donne forcément l’indépendance voulue pour gérer sa boite », tranche de son côté Brian Mulroney.Mais l’opposition affirme que le gouvernement a perdu tout contrôle sur sa propre creation.« Je n’ai aucune idée de ce que fabrique la commission Spicer », se plaint le député Brian Tobin.Dans une lettre au premier ministre, le Parti libéral réclame qu’il ordonne un réexamen des finances du groupe.« Le pays vit une profonde crise de confiance en son avenir.Dans ce contexte, l’intégrité de la commission est vitale », écrit le chef-adjoint Sheila Copps.Le Bloc québécois va encore plus loin.Selon son chef parlementaire, Jean Lapierre, il y a là matière à enquête publique.Entretemps, conseille-t-il, ses travaux devraient être suspendus.Pour ajouter à l’embarras du gouvernement, la situation financière de la commission Spicer est loin d’être limpide.Quatre mois après sa création, Ottawa n’a toujours pas été en mesure de préciser son budget.Et avant la sortie-choc de Robert Normand, les rumeurs de dissension, Les villes et l’UPA favorisent une immigration positive pour les économies régionales Pierre April rie la Presse Canadienne QUÉBEC — L’Union des municipalités du Québec (UMQ), l’Union des municipalités régionales de comté (UMRCQ) et l’Union des producteurs agricoles (UPA) favorisent une immigration capable de contribuer aux économies régionales.Comparaissant hier devant la Commission parlementaire sur la culture chargée d’étudier l'énoncé politique sur l’immigration au Québec, MM.Ralph Mercier, de l’UMQ, et Gilbert Normand, de l’UMRCQ, ont tous deux affirmé l’importance de tenir compte des besoins des régions dans la politique de régionalisation.« On devrait favoriser l’arrivée de professionnels ingénieurs, a expliqué M.Normand, de travailleurs spécialisés dans l'exploitation de certaines ressources naturelles, de travailleurs agricoles capables de reprendre des fermes ou des terres ou de personnes capables d'apporter une contribution à l’économie régionale.» De son côté, M.Mercier a demandé si le gouvernement ne pouvait pas sélectionner ses immigrants dans les zones rurales ou semi-rurales dans leur pays d’origine « les incitant à s’installer, une fois au Québec, en périphérie et à dynamiser les régions ».« Le gouvernement du Québec, a ajouté M.Mercier, pourrait de plus favoriser le recrutement d’immigrants avec une technologie agricole, industrielle, forestière, de pêche ou commerciale, propice à l’économie de nos régions en déclin.» L’UMRCQ a recommandé au gouvernement d’effectuer une analyse poussée de la situation dans les ré- LE DEVOIR ET Écoutez Ciel, lisez le Devoir et parcourez le monde Écoutez Ciel MF et identifiez 4 mots passeport.vous pourriez vous retrouver sous le ciel de CHINE! CHINE TIRAGE LE 29 MARS 1991 Remplissez et retournez à: Ciel, C.P.98, Longueuil J4H 3Z3 Mots passeport Code postal tetephone bureau Date de diffusion cxutik murs 0 # MP G HMH OFFICE NATIONAL OE TOURISME DE CHINE tout comme les problèmes d’organisation, étaient déjà chose courante.Hier, Robert Normand a dénoncé l'existence de postes de coordonnateurs dans chaque province rémunérés, dit-il, 80 000 $ par année.« Nous avons des effectifs égaux dans chaque province, ajoute-t-il, que ce soit l'ile-du-Prince-Édouard ou l’Ontario.» « Je ne parle pas de fraude, mais je me demande si on utilise les fonds à bon escient, dit l’éditeur du Soleil.Je suis payeur de taxes et j'ai déjà géré des deniers publics de sorte que je suis plus sensible que d’autres.» En marge de la réaction d’étonnement de Keith Spicer, la teneur de la sortie de Robert Normand n’a pas surpris tout le monde à la commission.« Il nous avait prévenus », confirme un autre membre du groupe qui s’est tout de même dit renversé de voir Robert Normand porter un coup aussi public à sa commission.Mais ce dernier se défendait, hier, d’avoir torpillé le groupe Spicer.« Ça pourra miner la commission dans la mesure où elle ne change pas son orientation, soutient-il.Je crois que j’ai surtout sensibilisé la population davantage à l’existence de la commission.» L’éditeur du Soleil ne prône d’ailleurs pas une intervention du gouvernement pour faire de l’odre dans les affaires de la commission.« Il ne faudrait quand même pas qu’on vienne brouiller le processus en cours de route », déclare-t-il.Et Robert Normand a réitéré hier que, malgré le peu de crédibilité qu’il semble accorder au Forum des citoyens, il a l'intention d’en faire partie jusqu’au bout.gions susceptibles d’accueillir des immigrants avant de procéder.« Dans certaines régions, a précisé le mémoire de l’UMRCQ, tant que des pistes de solutions aux problèmes économiques n’auront pas été identifiées et que l’avenir ne sera pas assuré, il sera difficile d’accueillir les immigrants qui peuvent investir, créer leur propre entreprise ou susciter toute autre activité de nature économique.» M.Normand a par ailleurs expliqué que la sélection des immigrants nécessitera une planification rigoureuse tant au point de vue professionnel que linguistique.Sur cette question, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a souligné la faiblesse de l’énoncé politique.« Les États généraux(du monde agricole) ont parlé de désertification humaine de nos campagnes, de désagrégation du monde rural, a précisé le mémoire de l’UPA, et on demanderait à un immigré qui vient de la région désertique du Sahel de changer de désert.» Comme l’a fait la veille la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), les gens de l’UPA ont posé de nombreuses questions sur le réalisme de l’énoncé et sur les moyens financiers que le gouvernement du Québec se donnera pour « supporter cette politique gouvernementale».Pour favoriser l’intégration des immigrants dans les régions, l’UPA a suggéré au gouvernement de prévoir l’implantation « de clubs de placement », d’étendre la formation inter-culturelle universitaire proposée par l’énoncé de politique au niveau collégial.Elle recommande aussi de faire jouer aux Fédérations régionales de l’UPA et des services d’emplois agricoles un rôle significatif dans l’accueil des immigrants.Wilson menace les fonctionnaires OTTAWA (PC) — Le ministre des Finances, M.Michael Wilson, a menacé les fonctionnaires fédéraux d’une loi de retour au travail, hier, s’ils déclenchent la grève pour protester contre son budget.Le président de l’Alliance de la fonction publique du Canada, M.Daryl Bean, a souligné que le vote de grève se prendra entre le 18 mars et le 11 avril, avec possibilité d’un arrêt de travail à l’été.En vertu du budget de M.Wilson, les hausses salariales dans la fonction publique seront limitées à 3 %, au cours des trois prochaines années.Chaque point de pourcentage d’augmentation vaudra environ 2000 emplois perdus.S’il y a une loi de retour au travail, a rétorqué M.Bean, il recommen-dera à ses membres de la défier.« Quand vous avez le dos au mur et plus rien à perdre, a-t-il dit, rien ne fait plus rien.» M.Bean doit rencontrer le conseil exécutif du conseil exécutif du Congrès du travail du Canada, la semaine prochaine à Vancouver, dans le but de gagner l’appui de tout le mouvement ouvrier.« Après avoir reconnu que nos membres ont fait plus que leur part de sacrifices au cours des dernières années, a fait remarquer M.Bean, le gouvernement conservateur tourne en dérision le processus de négociation et fait du chantage auprès de ses employés.» M.Wilson a pour sa part recommandé aux fonctionnaires de continuer à faire des sacrifices pour l’économie du pays, comme le font plusieurs de leurs compatriotes.« Il y en a d’autres au pays qui subissent des diminutions de salaire et des mises à pied», a-t-il fait remarquer.Les évêques accusent Wilson de creuser le fossé entre les pauvres et les riches Huguette Young de In Presse Canadienne OTTAWA — La Conférence des évêques catholiques du Canada a accusé Michael Wilson d’accentuer le fossé entre les pauvres et les riches.Mgr Charles Valois, évêque de Saint-Jérôme et président de la commission épiscopale des affaires sociales, a soutenu, hier, au cours d’une conférence de presse, que l’exposé budgétaire présenté mardi par le ministre des Finances aggravera la situation périlleuse des petits salariés et des pauvres.Citant les résultats d’une consultation menée auprès des diocèses catholiques d’un bout à l’autre du pays, Mgr Valois a expliqué que les chômeurs, les assistés sociaux, les pêcheurs et les travailleurs d'usine avaient de plus en plus de difficulté à joindre les deux bouts.Certains travailleurs interrogés au cours de ce sondage informel ont qualifié la crise actuelle de « lente agonie » et de « génocide au ralenti».Selon les résultats de cette consultation, la crise au sein du milieu de travail s’amplifie au Canada.Cette crise résulte du profond virage des politiques d’emploi au pays, lesquelles défavorisent les emplois permanents et à plein temps, a souligné Mgr Valois.Bref, selon la Conférence des évêques, la sécurité d’emploi est chose du passé.La société canadienne s’oriente de plus en plus vers des emplois temporaires et à temps partiel.Ce changement de cap « fractionne et polarise à son tour la société entre riches et pauvres, urbains et ruraux, entre hommes et femmes, jeunes et vieux, Blancs et non-Blancs », d’avancer Mgr Valois.La Conférence des évêques catholiques reproche essentiellement au gouvernement Mulroney et aux gouvernements en général d’ignorer le visage humain de la société et d'élaborer ses politiques d’emploi et de relance économique en fonction d’arguments économiques.Il a critiqué l’effritement des programmes sociaux, la réduction de 100 millions $ au chapitre du Programme de planification de l’emploi, le plafonnement des hausses de salaire au sein de la Fonction publique et le gel des paiements de transfert aux provinces.« Il aurait fallu réfléchir sur une philosophie qui aurait favorisé la création d’emplois et une meilleure répartition des richesses », a-t-il fait remarquer.En général, a-t-il conclu, le gouvernement conservateur n’est pas à l’écoute des petites gens, que ce soit au niveau de la TPS, des modifications à la Loi sur l’assurance-chô-mage ou de l’Accord de libre-échange canado-américain.La Conférence des évêques propose que les gouvernements adoptent des politiques de plein emploi et que l’Église côtoie davantage les coalitions syndicales et populaires « afin de promouvoir la justice économique et sociale au sein de notre société ».Le ministre du Tourisme favorise la légalisation de casinos au Québec Norman Delisle rie la Presse Canadienne QUÉBEC — Le ministre québécois du Tourisme André Vallerand entend convaincre ses collègues de la pertinence d’instaurer des casinos au I Québec.« Ce serait prématuré de parler j d'une loi en ce sens dès ce printemps, ! mais j'ai une démonstration à leur faire sur l’à-propos de casinos », a déclaré le ministre à La Presse Canadienne hier.M.Vallerand est acquis à l'idée et a toute une série d’arguments à faire J valoir en faveur de l’instauration au j Québec de casinos gérés par l’État : ¦ ces casinos constituent une source de revenus appréciable pour le gouvernement.On parle même d’une cinquantaine de millions de dollars par année; ¦ les premières indications en provenance de Winnipeg, où un casino d’État existe depuis deux ans, n’indiquent aucune recrudescence de la criminalité dans le secteur de l’établissement; ¦ contraires à la nature même du Canada.Une majorité pense aussi que si le Québec décidait de deveitir souverain, le Canada devrait ne rieh faire.Par contre, quelque 28 % seraient prêts à utiliser des pression: économiques contre le Québec s’il’ 1 devenait souverain.Voilà quelques-unes des constatations révélées pal* un sondage Crop, réalisé pour le 1 compte du réseau TVA et du magazine L’actualité.Les entrevues ont été effectuées auprès de 813 répondants anglophones des autres provinces.Du sondage, il ressort ' notamment que les personnes interrogées penchent plus vers un ! Canada centralisé que décentralisé!.Parmi une liste de structures fédérales proposées, celle d’« un Canada plus centralisé avec un Sénat élu par les régions » recueille l’appui de 43 % des Canadiens anglais interrogés, largement plus ; que toute autre option suggérée.Broadbent lie aide et droits de la personne QUÉBEC (PC) — Le président du ; Centre international des droits de là personne et du développement ; démocratique (CIDPDD), Ed Broadbent, estime que les gouvernements doivent lier l’aide aux pays en voie de développement au respect des droits et à la démocratie.Dans une allocution prononcée devant une trentaine de membres de l’Institut canadien des relations internationales (ICRI), M.Broadbent a expliqué que les définisseurs de politiques doivent prendre au sérieux les termes ; utilisés dans la Déclaration du droit au développement adoptée par les Nations unies.Il a indiqué que le temps était venu de faire en sorte que les accords du GATT contiennent un article empêchant l’exploitation non démocratique des pauvres de ce monde.49,3 millions $ pour l’hôpital Notre-Dame.PLUS I)E 49,3 millions $ seront investis à l’hôpital Notre-Dame pour le développement du service de radio-oncologie, l’agrandissement et le réaménagement de l’urgence et de quelques services connexes.Le ministre de la Santé Marc-Yvan Çôté a autorisé hier le versement de cette somme, tout en ajoutant que l’institution devra satisfaire aux recommandations du Croupe tactique d’intervention sur leur service d’urgence avant d’être autorisée à entreprendre les travaux de réalisation du projet d’aménagement et d’agrandissement.Le projet annoncé consiste essentiellement en un rehaussement et un ajout d’appareils de traitements de radio-oncologie.Ces appareils nécessitent une infrastructure lourde et des espaces importants, soit l’agrandissement des 5e, 4e et 3e sous-sols pour le service de radio-oncologie.Le projet comporte aussi le réaménagement et l’agrandissement du rez-de-chaussée, des premier et 2e sous-sols, du 3e étage de l’aile H pour l’urgence et les services connexes.1700 infirmières de plus ont un poste.LA Fl H), la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, annonce que 1700 infirmières de plùs obtiendront un poste stable dans là réseau, à la suite de la dernière ronde de négociations.La création d’un si grand nombre de poste a été rendue possible par l’application dans 80 établissements d’une lettre d’entente, et la concrétisation de celte entente est en voie de réalisation dans 14 autres établissements. Le Devoir, vendredi 1er mars 1991 ¦ A-3 Les caissières de supermarché ont gagné le droit de s’asseoir Josée Boileau LES CAISSI ÈRES de supermarché ont le droit de travailler assises, a tranché cette semaine la Commission d’appel en matière de lésions professionnelles (CALP) dans un jugement attendu depuis des mois.La décision s'applique pour le moment au cas précis d’un marché Pro-vigo.de Port-Cartier.Elle risque toutefois de faire jurisprudence, touchant non seulement les 20 000 caissières qui travaillent dans les marchés d’alimentation au Québec, mais aussi celles qui oeuvrent dans les institutions financières, les pharmacies et les différents commerces au détail.La CSN, où sont syndiquées les caissières de la Côte-Nord qui ont lancé ce dossier en 1988, se réjouissait hier du jugement rendu, et qui survient au terme de deux ans de guérilla judiciaire.Provigo avait fait appel des décisions qui avaient toutes été rendues en faveur des caissières.Aux maux de dos et aux problèmes de circulation avancés par les plaignantes, la chaîne répondait que le travail ne pouvait se faire assis et qu'il était aussi dangereux pour la santé.Le commissaire Jean-Guy Roy a pour sa part été très clair.A la suite d’une longue recension de la cause et des points soulevés par les parties (le jugement fait 160 pages), il affirme : « Tant les témoins entendus que la doctrine produite confirment ce que le sens commun avait déjà établi, à savoir qu’il est moins fatiguant de travailler assis que de travailler debout et qu’après avoir supporté pendant un certain temps la position debout, une personne sent le besoin de s’asseoir».Il en conclut que « Provigo doit mettre un banc ou une chaise à la disposition des caissières du magasin de Port-Cartier afin de protéger leur santé et leur intégrité physique ».Des délais précis sont même fixés : la chaîne a jusqu’au 1er juin pour faire connaître le type de siège choisi et le comissaire de la CSST a ensuite jusqu’au 1er octobre pour décider si ce banc correspond aux critères recherchés.À défaut, l’inspecteur décidera lui-même du type de banc qui sera utilisé.Preuve que la mission n’est pas impossible et que les syndicats ne de-mandent.pas des changements demain matin, la Fédération du commerce de la CSN soulignait hier qu’une étude ergonomique a été récemment entreprise à ce sujet dans un marché IGA-Cooprix de Ri-mouski.Lors du renouvellement de la convention collective, patron et syndicat se sont entendus pour tenter de déterminer quel type de banc répond le mieux aux besoins des caissières.Six bancs sont présentement à l’essai.L’expérience prendra fin en avril.On souligne par ailleurs qu’en Europe, le droit de s’asseoir est reconnu aux caissières depuis au moins 30 ans, l’élément important étant tout simplement d’avoir des sièges adéquats.Au Québec, les recherches en cours visent à permettre à la caissière d’avoir un maximum de mobilité tout en conservant les comptoirs actuels pour limiter les coûts des modificiations à apporter.La Commission d’appel est l’instance finale quant aux questiops de fond touchant la santé et la sécurité au travail.Provigo ne pourrait donc appeler de ce jugement que sur des questions de procédure.Hier, la direction de la chaîne réservait ses commentaires.On affirmait vouloir d’abord examiner le volumineux jugement avant de faire des déclarations.Les autres grandes chaînes d’alimentation n’avaient pas encore été mises au courant de la nouvelle et préféraient donc attendre avant de se prononcer.Chez IGA, on indiquait toutefois qu’on n’était pas contre le principe de mettre des bancs à la disposition des caissières, comme en fait foi l’étude à laquelle un de leurs marchands participe, mais qu’il fallait d’abord s’assurer de trouver un siège conciliable avec la fonction et qui n’entraînera pas de trop grands déboursés.Difficile comparution de 41 Mohawks SAINT-JÉROME (PC) — La journée a débuté laborieusement, hier, au Palais de justice de Saint-Jérôme, où ont comparu les 41 Mohawks qui font face à une série d’accusations reliées aux affrontements de l’été dernier à Oka.Plus d’une centaine d'accusations pèsent contre eux, parmi lesquelles celles de participation à une émeute, d’entrave aux travail d’agents de la paix, d’agression, de possession d’ar- mes dangereuses et de menaces.Les accusés et leurs partisans occupaient les sièges normalement réservés au public.Le juge Jean-Guy Boilard, de la Cour supérieure, a commencé par faire la lecture de tous les noms des accusés.Puis a suivi l’énumération de tous les chefs d'accusation.Au cours des deux heures d’audience qui se sont déroulées dans une certaine confusion, des autochtones, PHOTO CP §»**«?dont Kahn-Tineta Horn, militante et ex-fonctionnaire fédérale, les leaders Warriors Loran Thompson et Robert (Mad Jap) Skidders, ont répondu en mohawk aux questions.Un des Amérindiens a fait brûler de l’encens tandis qire le téléphone cellulaire d’un de ses co-accusés n’a cessé de sonner.Enfin, tous ont refusé d’indiquer s’ils plaidaient coupables ou non coupables.Ce que leurs avocats ont expliqué par la suite en disant que les Mohawks entendaient contester la juridiction de la Cour supérieure.« Si quelqu’un conteste la juridiction d’un tribunal, il ne peut pas s’y soumettre », a déclaré le coordonnateur des défenseurs des Mohawks, Me Owen Young.Un autre avocat de la défense, Me Jean-Pierre Rancourt, a indiqué que l’équipe d’avocats prévoyait soumettre quatre ou cinq motions au cours d’une conférence réunissant tous les avocats, le 15 mars, en vue d’accélérer les procédures.L’une de ces motions consistera en une requête pour surseoir aux procédures, pour le motif qu’il serait impossible de trouver un jury impartial au Québec après ce qui s’est passé l’été dernier, a signalé Me Rancourt.U n tel sursis signifie que les accusations demeurent, mais que les procédures sont suspendues.Devant le refus des accusés de faire part de leur plaidoyer, le juge Boilard a automatiquement inscrit un plaidoyer de non-culpabilité pour eux, et sélectionné un procès avec juge et jury.Les cabarets érotiques se battront pour maintenir leur affichage extérieur PHOTO JACQUES NADEAU »lfWI»H titi.Les marchands tiennent à conserver leur « étalage » actuel.Caroline Montpetit L'ASSOCIATION Cabarets-Montréal 1991, qui regroupe une douzaine de propriétaires de cabarets érotiques de la métropole, a l’intention de contester en Cour supérieure le projet de règlement de la Ville de Montréal bannissant l’affichage érotique des commerces de sexe.Ce projet de règlement, qui interdit toute forme de représentation du corps humain à l’extérieur d’un établissement exploitant l’érotisme, doit être déposé au conseil municipal de Montréal le 4 mars prochain.Selon Me Julius Grey, avocat de l’Association, ce projet de loi contrevient au principe de liberté d’expression garanti par les Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés de la personne.« Le recours doit être intenté au cours des prochaines semaines, précise Me Grey.Nous contesterons le règlement de la Ville de Montréal, ainsi que l’amendement apporté par l’Assemblée nationale à la Charte de la Ville de Montréal, qui permet à la Ville à passer un tel règlement.L’argument principal de notre contestation se fera sur la base du principe de liberté d’expression des commerçants ».Pour Johnny Batista, président de l’Association Cabarets-Montréal 1991 et propriétaire du cabaret Sex-Ap-peal, rue Sainte-Catherine, un tel règlement aurait d’ailleurs un effet négatif important sur l’industrie du commerce de sexe de toute la Ville.« En période estivale, 60 à 70 % de notre clientèle est composée de touristes.Ces gens viennent de l’ensemble du Canada et des États-Unis.L’hiver, ces établissements sont également beaucoup fréquentés par des congressistes.Inscrire le mot cabaret sur l’enseigne d'un établissement n’a pas le même effet que d’y présenter une fille en bikini », pré-cise-t-il.De son côté, la présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, Mme Léa Cousineau, a réaffirmé hier sa conviction de répondre à la volonté d'une majorité de citoyens de Montréal en présentant un tel règlement.« Le règlement se conforme à un engagement pris par le RCM en campagne électorale.Cet engagement nous a été rappelé à plusieurs reprises au cours des dernières années par des groupes de femmes, des groupes de commerçants ainsi que des comités de parents.N’importe QUÉBEC (PC) — En attendant les gros projets et la définition de sa vocation, le quartier Saint-Roch, à Québec, profitera d’un curetage de 5 millions $ au cours des dix prochains mois.« Les gens nous demandent autre chose que des beaux discours et des actions même modestes », a soutenu, hier,le maire de Québec, M.qui a le droit de contester ce règlement, affirme-t-elle.Mais il y a trois ans, nous avons légiféré sur l’étalage d'imprimés érotiques dans les commerces, en vertu de la loi sur la protection de la jeunesse.Ce règlement est en vigueur depuis trois ans, et personne ne l’a contesté.Nous pensons donc que la base juridique est suffisante pour justifier un nouveau règlement ».Les commerces exploitant l'érotisme, tels les commerces de spectacles érotiques et de peep-shows, les établissements spécialisés en vente ou location d’imprimés ou de vidéos érotiques, les salles de projection de films et de vidéocassettes érotiques demeurent tout à fait légaux au Québec et au Canada.Le règlement prévu par la Ville de Montréal permet d’ailleurs toute forme d’affichage excluant la représentation d'un corps humain.« En interdisant toute forme de représentation, nous avons éliminé l’a-bitraire quant à la notion d'habillement d’un corps humain », précise Marthe Lawrence, des relations publiques de la Ville de Montréal.Selon Mme Cousineau, le projet de règlement de la Ville est bien adapté à la réalité montréalaise, dans la mesure où il continue de permettre aux clients de repérer les etablissements en question sans agresser les passants circulant par hasard dans les environs.« Le centre-ville de Montréal est celui de l'Amérique du Nord où l’on retrouve la plus forte concentration d’activités culturelles, de commerces de toutes sortes et de résidences.À la Ville de Montréal, nous travaillons présentement à faire augmenter la population résidentielle de ce quartier.À Québec ou à Dorval, les commerces de sexe sont concentrés dans certains quartiers spécifiquement zonés de la ville.Nous ne pensons pas que certains résidants doivent porter plus que d’autres le poids de ces affichages.À Montréal, ce genre de commerce se retrouve même dans des quartiers très résidentiels ».Pour Me Grey, le fait que le règlement de la Ville de Montréal sur l'étalage d’imprimés érotiques n’ait pas été conteste en cour ne limite en rien les possibilités de recours de l’Association.« Peut-être que les commerçants n’ont pas contesté le dernier règlement.Mais s’il n’a pas été contesté, il ne crée aucun précédent juridique dans un sens comme dans l’autre », conclut-il.Jean-Paul L’Allier.Si son administration n’est pas encore prête à définir la vocation du quartier (hôtellerie, bureaux, commerces ou activités récréo-touristi-ques), l’équipe du Rassemblement populaire a annoncé des mesures rapides : une quarantaine de projets seront amorcés.5 millions $ pour le quartier Saint-Roch L’oeil d’un policier et le sourire du leader mohawk Loran Thompson, peu avant la comparution des 41 accusés.L’ambasssadeur du Canada au Koweït « rentre à la maison » Le Conseil du Trésor québécois pourrait aussi plafonner les augmentations de ses fonctionnaires Stephen Ward de la Presse Canadienne LONDRES — L’ambassadeur canadien au Koweit retourne aujourd’hui dans la capitale de l’émirat pour évaluer les dommages causés à l’ambassade pendant l’occupation irakienne de la ville de Koweit.Apparemment, le bâtiment n’aurait pas subi de trop lourds dommages, a déclaré hier l’ambassadeur Larry Dickenson, qui ignore cependant dans quel état il retrouvera sa résidence.« Ce sera comme rentrer à la maison », a commenté M.Dickenson en entrevue téléphonique, de son bureau temporaire au Bahrein.Il se disait tout a la fois excité et pressé de retourner au Koweit pour « remettre sur pied l’excellente mission que nous possédions là et revoir à nouveau nos amis».Le personnel koweïtien local a rouvert l’ambassade mercredi après l’éviction des forces d’occupation irakiennes du Koweit par la coalition militaire dirigée par les États-Unis.L’ambassadeur ne sait rien de l'état des maisons appartenant aux Canadiens, qui avaient tous, pour la plupart, quitté le Koweit à Noël l’an passé, après l’invasion irakienne de l’émirat, au mois d’août.Il compte s’installer à Koweit d’ici peu et faire en sorte que l’ambassade fonctionne « plus ou moins normalement » d’ici quelques semaines.Le diplomate s’envolera pour Koweit à bord d’un avion militaire canadien.Il sera accompagné du commodore Ken Summers, chef des troupes mi- litaires canadiennes déployées dans le Golfe, d’une équipe de personnes chargées de maintenir la communication avec l’extérieur de la région, et d’experts en explosifs qui auront pour tâche de débusquer toutes les mines qui auraient pu être dissimulées dans l’enceinte de l’ambassade.L’ambassade s’attachera d’abord à rétablir une présence canadienne, assister la poignée de Canadiens qui ont préféré ne pas quitter le Koweit et aider les Koweïtiens à rebâtir leur pays.Ce sera le premier séjour de M.Dickenson au Koweit depuis l’invasion irakienne du 2 août, qui l’a surpris alors qu'il se trouvait à l’extérieur du pays, l’empêchant d’y retourner.L’invasion avait coincé sur place 35 employés de l'ambassade du Canada, dont 11 étaient canadiens.L’ambassade a suspendu ses activités au mois d’octobre, pendant que l’ambassadeur vivait dans des hôtels dans la région du golfe Persique, et le personnel a soit quitté la région, soit décidé de demeurer au Koweit ou de se rendre à Bagdad pour continuer à aider les Canadiens jusqu’à la fin de l’an dernier.M.Dickenson est aussi ambassadeur du Canada auprès des États voisins du Golfe, le Qatar, Oman, Bahrein et les Émirats arabes unis.Il a fait savoir que le personnel de l’ambassade sera rappelé à mesure que la situation s’améliorera dans la capitale koweïtienne, mais qu’il faudrait un certain temps pour revenir à des effectifs complets de 35 employés.Frédéric Tremblay de la Presse Canadienne QUÉBEC — A l’instar du fédéral, le gouvernement du Québec pourrait plafonner à 3 % les augmentations salariales de ses 325 000 fonctionnaires.Un haut dirigeant du Conseil du Trésor a en effet indiqué, hier dans un entretien téléphonique, qu’un tel scénario était présentement à l’étude.« Il n’y a rien d'écarté, tout est à l’étude, dont le gel des (augmentations) salaires », a confié ce proche du président du Conseil du Trésor, le ministre Daniel Johnson.Les augmentations de salaire, qui pourraient être ainsi consenties aux employés de la fonction publique québécoise, ne s’élèveraient probablement pas au-dessus des 3 % annuellement, comme a décidé de le faire le gouvernement fédéral.« Comme vous savez, le Conseil du Trésor doit affronter des problèmes budgétaires très importants », a sou- ligné celte source au Conseil du 'IYé-sor.Ces difficultés ont encore été aggravées avec le dernier budget du ministre fédéral des Finances, Michael Wilson, qui a entraîné, pour Québec, un nouveau manque a gagner de 732 millions $ sur trois ans.Les contrats de travail de tous les groupes de la fonction publique québécoise viennent à expiration le 31 décembre prochain.C’est donc dire que le plafonnement des augmentations salariales commencerait à être appliqué dès janvier 92.Il faudra fort probablement attendre le dépôt du prochain budget du ministre québécois des Finances, Gérard-D.Levesque, pour que ces mesures soient annoncées officiellement, si c’était bien le cas.Le budget doit être présenté à l’Assemblée nationale à la fin d’avril, ou au début de mai.Pour le président du Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec, Jean-Louis Harguindeguy, il ne fait aucun doute que le gouvernement du Québec s’apprête à imiter le geste d’Ottawa.« On a qu’à se souvenir du plafonnement des hausses salariales de 6 et 5 % imposé par le gouvernement Trudeau au milieu des années 70 que l’ensemble des provinces avait suivi », rappelle-t-il.Pour M.Harguindeguy, le gouvernement a également toujours succombé à la tentation de s’en prendre à ses employés lorsque la situation devient difficile.« Souvenez-vous en 83 de quelle façon on a été traité par le gouvernement du Québec », lance, amer, M.Harguindeguy.Les salariés de l’État avaient subi une baisse de 20 % de leur salaire du- rant trois mois.Si jamais le plafonnement des salaires devait devenir réalité pour les employés de l’État, M.Harguindeguy n’écarte pas la possibilité que des moyens de pression, pouvant aller jusqu’à la grève, soient mis de l’avant.« Bien sûr, ce sont nos membres qui vont avoir le dernier mot », précise-t-il.Déjà, les employés fédéraux promettent de livrer bataille avec la dernière énergie contre le gouvernement fédéral.Les travailleurs de la fonction publique québécoise auront le droit de grève légal le 1er janvier 92.FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC La Fondation désire rendre hommage à la mémoire de tous ceux et celles qui lui ont laissé à leur décès des sommes destinées à poursuivre la.lutte engagée contre les maladies cardiovasculaires.REER PLACEMENTS GARANTIS û Echéance juillet 1994 Intérêt annuel Kj Fiducie Desjardins POUR GÉRER L'AVENIR * l es taux peuvent varier sans préavis Vêtements de maternité o&, 1007-1017, RUE LAURIER OUEST - OUTREMONT. A-4 ¦ Le Devoir, vendredi 1 er mars 1991 SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Conseil animaux.Dans ses recommandations, il explique en effet que la demande de la Ville d'obliger des cols bleus à être sur les lieux aujourd’hui et demain vise davantage à protéger ses biens matériels que la santé ou la sécurité du public.Le Conseil a beau préciser dans son rapport qu’il y aura du « personnel qualifié sur place » pour s'occuper des animaux; vérification faite, on apprend que ce sont des cadres qui y seront, des gens qui, selon Michel Gohier, connaissent parfaitement bien les opérations, mais très peu de choses sur la façon de soigner un tigre ! ».On se souviendra que lors d’un précédent conflit, trois dauphins sont morts en raison de l’absence de personnel compétent à l'Aquarium.Par ailleurs, compte tenu du non-respect par les cols bleus de 90 % de la liste des services essentiels le 13 février, lors de leur premier débrayage, le Conseil prévient cette fois le syndicat qu’il devra dès 8 h 30 ce matin informer tous ses membres appelés à travailler.La dernière fois, les porte-parole des cols bleus avaient tenté de justifier l’absence de leurs collègues en invoquant plusieurs problèmes de communication.Pour éviter que la situation se répète, le Conseil vient de les aviser qu’advenant une difficulté de cette nature, ils devront communiquer sur-le-champ avec le médiateur assigné à leur dossier.Une geste bien timide, presque ridicule, selon la Ville de Montréal qui demandait rien de moins qu’une ordonnance pour forcer les cols bleus « à rendre aux citoyens les services auxquels ils ont droit ».Les services de l’approvisionnement en eau potable, l’opération de l’incinérateur Des Carrières, ceux du centre d’enfouissement des déchets à la Carrière Miron, la surveillance des centrales thermiques, ainsi que la présence d’un électrotechnicien au Service de prévention des incendies font partie de la liste des services essentiels.Pour le reste (à l’exception du déblaiement des rues et de l’épandage), les cols bleus seront absents, à moins de besoins urgents liés à la protection de la santé et de la sécurité des citoyens, les deux grands critères guidant le Conseil dans l'établissement d’une liste de services essentiels.Actuellement, les négociations entre la Ville de Montréal et ses cols bleus au sujet de la semaine de travail de quatre jours sont dans une impasse totale.L’employeur se dit toujours prêt à discuter de la ques-tion, mais le syndicat, lui, est persuadé du contraire.Aucune rencontre de conciliation n’a eu lieu depuis dix jours et aucune n’est prévue dans un avenir rapproché.Pour l’instant, ce que l’on sait, c’est que le président des cols bleus, Jean Lapierre, menace toujours « de prendre les grands moyens pour faire comprendre à l'administration municipale que la semaine de quatre jours, c’est cette année qu’on la négocie, pas en 92 ! ».A la Ville de Montréal, Michel Collier attend toujours de voir à quoi rime pareille menace.avis de demande d’un permis d’alcool Regie des permis d'alcool du Quebec Toute personne, société ou groupement visé dans l'art 60 du Code de procédure civile peut, par écrit motivé, assermenté et transmis à la Régie, s'opposer à une demande de permis ci-après énumérée, dans les 15 jours de la présente publication, ou s'il y a eu opposition, intervenir en laveur dans les 30 jours de cette publication Cette opposition ou intervention doit être accompagnée du certificat attestant de son envoi au requérant ou à son procureur.par poste recommandée, et être adressée à La Régie des permis d'alcool du Québec, t rue Notre-Dame est.suite 9.200, Montréal.Québec.H2Y 1B6.Nom et adresse du requérant 2844-6821 QUÉBEC INC Chez Gino Smokey's 2187, des Calmar Laval Dossier 881-938 2840-5547 QUÉBEC INC Monsieur Michel Enr 4605, boul Ste-Rose Laval Dossier 881-912 164068 CANADA INC Restaurant Dagenais 5155.Croissant Langevm Laval Dossier 340-133 TAVERNE SAINT-MARTIN 1975 INC Bar Taverne St-Martin Enr 3910, Boul St-Martin Laval Dossier 360-099 2629-5493 QUÉBEC INC.Bar Green Hornet Enr 34, Bord du Lac Pointe-Claire Dossier 211-136 170822 CANADA INC B & K Restaurant 7080, Hutchison, lo 104 Montréal Dossier 882-035 PLACE LE CHAMPLAIN CÔTE SAINT-PAUL INC Bar Champlain 2234, de l'Église Montréal Dossier 220-400 BROCHU, Kenneth LaSalle 10 Billards 662.90eme avenue LaSalle Dossier 882-084 TRUJILLO.Humberto Club Varadero 955, Des Bégonias La Plaine Dossier 197-103 2848-6975 QUÉBEC INC Restaurant Maison Chiu 11737,boul Pierrefonds Pierrelonds Dossier 882-308 152436 CANADA INC Restaurant Brasserie Chez La Mere Clavet 1130 4 1132, Lagauchetière Est Montréal Dossier 286-690 138620 CANADA INC 1366, Ste-Catherme Est Montréal Dossier 181-230 DÉPANNEUR RODOLPHE FORGET INC Dépanneur Rodolphe Forget Inc 9130, bout Goum Est Montréal Dossier 882-266 TAVBECINC Taverne Frontenac 2532, Ste-Catherme Est Montréal Dossier 361-410 CARPE DIEM PRODUCTIONS INC.Le Restaurant Hell's Kitchen 4255.St-Domimque Montréal Dossier: 866-004 2846-5029 QUÉBEC INC Le Commensal 5122, ch.Côte des Neiges Montréal Dossier: 882-159 RESTAURANT GRINGO INC d'une Taverne, Est danse et spec- Montréal tacles à Bar, danse et spectacles Addition d’au- 4650.boul torisation de St-Laurent spectacles Montréal dans 1 Restaurant pour vendre 1 Restaurant 5122, ch.pour vendre Côte des Neiges Montréal Augmentation 7270, St-de capacité du Zotique Est Nature de la Endroit 7270.St-Zotique Est An|OU Dossier: 311-464 pour vendre demande d'exploitation 1 Restaurant 860.Notre- pour vendre Dame LA CLE DU 1 Bar avec 9442,rue Lachine DANSEUR INC danse et Lacordaire La Clé du Danseur Inc.9442.rue Lacordaire spectacles St-Léonard 1 Restaurant 4605, boul Sl-Léonard pour vendre Ste-Rose Dossier 882-381 Laval PIERRE Changement 3025, bout FILIATREAULT, de catégorie Industriel ANDRE DUBORD de Brasserie Laval Place des Saules avec danse, Enr spectacles et 3025, boul films à Restau- 1 Restaurant 4128, boul Industriel rant pour ven- pour vendre Dagenais Laval dre avec Laval Dossier 566-414 danse et spectacles Addition de permis de Bar 2845-0252 1 Bar danse 1151, Nobel QUÉBEC INC 1 Bar terrasse Boucherville Changement 3910, boul O'Toole de catégorie St-Martin 89, ch des de Taverne à Laval Patriotes Bar Saint-Mathias 1 Bar sur Dossier 882-209 terrasse TAVERNE Ml Ml Changement 9183, additionnel INC de catégorie Lajeunesse Taverne Mi Mi Inc de Taverne à Montréal Changement 34, Bord du 10145, Basile- Bar de catégorie Lac Routhier, de Taverne à Pointe-Claire app 1.Montréal Bar Dossier: 195-479 Permis BRASSERIE Changement 295, Bord du additionnel LE VILLAGE LTÉE de catégorie Lac 1 Bar sur Bar Le Village de Taverne à Pointe-Claire terrasse Enrg Bar 1 Restaurant 7080 295, Bord du Lac pour vendre Hutchison.Pointe-Claire lo 104 Dossier 108-811 Montréal 127922 CANADA 1 Brasserie sur 1300, boul INC terrasse Laurentien Brasserie de Saint-Laurent St-Laurent Changement 2234.de 1300, boul.de catégorie l’Église Laurentien de Taverne Montréal St-Laurent avec specta- Dossier 253-187 clés a Bar 2533-8096 Changement 8897, boul avec specta- QUÉBEC INC de catégorie des des Bar Laval Enr de Taverne Laurentides (suite a 10506, Bélair avec danse et Laval cession) Pierrefonds spectacles à 2 Bars 662,90ème Dossier 206-219 Bar avec avenue danse et spec- LaSalle tacles 2749-9243 1 Bar 5329, boul QUÉBEC INC St-Laurent Sharx Montréal 1 Bar avec 1421,rue 5329, boul danse et Bishop St-Laurent spectacles Montréal Montréal Dossier 882-613 2325-9260 Changement 250,Jean QUÉBEC INC de catégorie Talon Est 1 Restaurant 11737, boul Bar 250 Enr de Taverne Montréal pour vendre Pierrefonds 250, Jean Talon avec danse et Pierrelonds Est spectacles à Montréal Bar avec Dossier 059-352 danse et spectacles 176045 CANADA 1 Restaurant 2100, rue INC pour vendre Crescent Changement 1130 4 1132, Le Bukhara 2 Bars Montréal de capacité de Lagauche- 2100, rue Crescent 1 Bar tiére Est Montréal Montréal Dossier 882-779 LES INVESTIS- Changement 3871.Ontario SEMENTS de catégorie Est GABRIEL MANCINI de Taverne a Montréal INC Bar du Houblon 3871, Ontario Est Bar Changement 1366, Ste-de catégorie Catherine Est de 2 Tavernes Montréal dont 1 sur terrasse en 1 Bar danse et spectacles et 1 Bar sur terrasse 1 Epicene 9120, boul Perras Montréal Montréal Dossier 177-816 2757-6511 QUÉBEC INC Restaurant Royal Sherbrooke 2 5468, Sherbrooke Ouest Montréal Dossier 882-605 2849-6909 QUÉBEC INC Restaurant Port-Royal Dell 35, Port-Royal Est Montréal Dossier 882-621 1 Restaurant 5468, pour vendre Sherbrooke Ouest Montréal 1 Restaurant 35.Port-pour vendre Royal Est Montréal Changement de catégorie 2532,rue Ste-Cathenne Le président et directeur général Ghitlaln K.-Laflamme, avocat Québec 4 Points saillants les dépenses reliées aux programmes fédéraux; ¦ des mesures de restrictions salariales et de gel des dépenses de fonctionnement de l’État entraîneront une économie de 870 millions $ en 1991-92 et de plus de 5,2 milliards $ d’ici 1995-96; ¦ les paiements de transfert aux provinces diminueront de près de 500 millions $ au chapitre de l’enseignement postsecondaire, et de un milliard $ au chapitre de la santé.Il s’agit de diminutions de 21 et 15 % respectivement; ¦ les prestations d’assurance-chômage augmenteront de plus de quatre milliards $ en 1991-92, soit une augmentation de plus de 30%; ¦ la mise en oeuvre de la taxe de vente sur les produits et services nécessitera 358 millions $, alors que le Bureau d’information des consommateurs sur la TPS disposera d’un budget de sept millions $; ¦ les mesures de restriction ne touchent pas la défense; ¦ le budget des dépenses ne lève pas le voile sur le coût de la Commission Spicer; ¦ le budget de l’environnement n’augmentera que de 1,7%; ¦ le budget de l’Agence canadienne de développement internationale n’augmentera que de 2%; ¦ le budget du commissaire aux langues officielles n’augmentera que de 1.3%; ¦ le budget du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien augmentera de 8,4 %; ¦ le budget du ministère des Communications augmentera de 11% alors que celui de la société Radio-Canada n'augmentera que de 1,3 % et que celui du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) diminuera de 3,7%; ¦ la nomination de sénateurs supplémentaires entraînera une hausse du budget du Sénat de 14 %, pour s’établir à 40 millions $; ¦ le budget du ministère de l’Industrie, des Sciences et de la Technologie diminuera de 5,9 % et celui du Conseil national de recherches du Canada diminuera de 3,4 %, mais celui de l’Agence spatiale augmentera de 163%, pour s’établir à 295 500$; ¦ le budget du Conseil consultatif sur la situation de la femme n’augmentera même pas de 1 %, alors que celui du Programme de la promotion de la femme restera constant et que celui du Bureau de la coordonnatrice de la Condition féminine diminuera.4 Boisbriand pulé que ce terrain « était susceptible d’être inondé lors des crues printanières».Il est en fait situé dans la zone d’inondation de la rivière des Mille-Îles que Québec et Ottawa ont convenu par entente, en 1987, de protéger et qu’un règlement de la municipalité régionale de comté protégeait par ailleurs.Membre de la MRC Thérèse-de-Blainville, Boisbriand aurait dû suivre dans ce dossier les prescriptions de ce règlement adopté en 1983 qui prévoit que dans la zone inondée une fois en 20 ans, « aucune construction de bâtiment, ni aucun ouvrage n’est permis sauf sur les terrains situés en bordure d’une rue où les services d’aqueduc et/ou d’égout sanitaire sont déjà établis ou que le règlement décrétant leurs installations ne soit déjà en vigueur».Notons que le maire de Boisbriand était alors préfet de la MRC.Le terrain de Jean-François Gagné, qui est constitué de quelques lots, n'était pas situé en bordure des services municipaux, mais à l’extrémité.Ultimement, les permis de construction seront émis et les travaux réalisés par les promoteurs immobiliers Chamberland et Leclerc qui, en 1989, achèteront le terrain du fils Gagné.Pour avoir front sur ces services pour au moins l’un des lots en cause, les promoteurs feront proposition en 1988 à Boisbriand d’acheter le fossé municipal qui jouxte le terrain à développer.La municipalité acceptera le 7 juin 1988 à la condition que le promoteur acquière les terrains achetés par le fils Gagné l’année précédente et s’engage à obtenir l’autorisation du ministère de l’Environnement pour l’exécution des travaux.Le maire Gagné « enregistre son désistement » lors de l’adoption de cette résolution.Dans les mois qui suivront, la municipalité de Boisbriand fera en sorte de rendre possible la réalisation du projet domiciliaire.Ainsi, le 17 janvier, on libérera les deux promoteurs de l’obligation d’obtenir les autorisations du ministère de l’Environnement.Il y aura par ailleurs règle ment d’emprunt qui sera approuvé le 28 mars 1989 par le ministre des Af Avia public faires municipales d’alors, Pierre Paradis, qui était également ministre responsable de l’application de Loi sur l’aménagement et l’urbanisme.Un geste routinier, alléguera son cabinet.Dès le lendemain de cette approbation, les promoteurs signent devant notaire le contrat d’achat du terrain du fils Gagné.Lui-même n’est pas présent mais est représenté par sa mere, Mme Thérèse Rheault, qui est aussi l’épouse du maire.Le terrain est vendu 142500$.Le ministère de l’Environnement interviendra pour sa part dans ce dossier en décembre 1988 pour émettre un certificat d’autorisation pour le rehaussement de la rue et la construction d’un égout pluvial.Boisbriand s’est gardé de demander au ministère de l’Environnement une dérogation à l’Entente fédérale-provinciale à ce moment-là.En 1989, lorsqu’il s’agira de raccorder les trois maisons construites au réseau d’aqueduc et d’égout, aucune dérogation ne sera demandée non plus.Si le prolongement des services municipaux avait été demandé à l’Environnement, Boisbriand aurait dû d’abord présenter sa demande de dérogation.On la lui aurait « normalement » refusée puisqu’il s’agissait de lots non desservis en front par des services existants, précisera le chef des services municipaux de ce ministère, Daniel Germain, qui a précisé : « Il faut retenir que pour faire approuver des travaux de ce genre, il faut qu’ils soient situés hors de la zone inondable ».Boisbriand fera en sorte que les services d’aqueduc et d’égout soient néanmoins fournis aux nouvelles maisons.Plutôt que de prolonger les services existants, on a simplement autorisé les promoteurs à raccorder par de longues conduites chacune des maisons aux canalisations desservant les lots voisins.M.Germain n’a pas voulu se prononcer sur la valeur technique ou juridique de cette façon de faire.4 L’ONU Elle a ajouté que le projet de résolution pourrait réaffirmer la validité des douze résolutions adoptées par le Conseil de sécurité depuis l’invasion du Koweit par l'Irak, y compris celles concernant l’embargo commercial avec Bagdad.Le projet devrait également appeler à libérer sans délai les Koweïtiens et les ressortissants de pays tiers détenus par l’Irak, exiger de Bagdad l’acceptation du principe des dommages de guerre et la restitution des avoirs koweïtiens saisis, qui vont des avions aux couveuses pour prématurés dans les hôpitaux.Cette résolution pourrait en outre lever les sanctions économiques touchant le Koweit et demander au secrétaire général de l’ONU de fournir uhe assistance humanitaire au peuple irakien, a ajouté Margaret Tut-wiler.Sur le terrain, le Golfe a connu hier sa première journée sans combats, après la libération du Koweit et l’écrasante victoire des Alliés sur l’Irak, tandis qu’une intense activité diplomatique se développait pour définir les conditions de la paix, et préparer l’avenir de la région.Au terme de six semaines d’une foudroyante campagne aérienne et terrestre, c’est le président américain George Bush qui a annoncé, en leader incontesté des Alliés, une suspension des opérations offensives de la coalition à partir d’hier 05h00 G MT.« Le Koweit est libéré, l’armée irakienne est défaite », a-t-il proclamé.Vingt minutes plus tard, l'Irak acceptait par écrit et sans condition toutes les résolutions de l'ON U avant d’annoncer à 8h00 G MT que ses forces avaient reçu l’ordre de cesser le feu.En fait, l’Irak n’avait plus les moyens de combattre : ses 42 divisions déployées au Koweit et dans le sud de l’irak ont toutes été neutralisées, a indiqué hier un responsable militaire américain.Les experts militaires occidentaux n’ont pas caché leur stupéfaction face à la déroute de l’armée irakienne, pourtant présentée avant le conflit comme la quatrième du monde.Hormis quelques tirs d’artillerie sporadiques signalés contre les Alliés — dues selon le commandement américain a des éléments irakiens isolés ignorant encore l’arrêt des hostilités — aucun incident n’a remis en cause dans la journée la cessation effective des hostilités.Un premier bilan des opérations a montré que les Alliés avaient effectué plus de 110 000 sorties aériennes et fait 175 000 prisonniers.Ils auraient perdu 141 soldats.On ne connaît pas les pertes irakiennes, mais elles sont estimées à environ 60 000 morts et blessés.— || Avis aux contribuables Taxes municipales Lo Service dos finances met on re- Paiements aux caisses couvrement les taxes municipales populaires ou aux banques de l’exercice financier 1991.Il est recommandé do faire ces paiements, au plus tard lo 1or avril Catégorie de taxas 1991, dans une caisse populai ire ou La taxe foncière une banque où vous obtiendrez un La taxe d'affaires, d’eau et do reçu immédiatement.services (lieux d'affaires) Changement d'adresse Data d échéance Tout changement d'adresse doit 1er avril 1991 : être signalé le plus tôt possible on soit un premier versement, soit le utilisant l'enveloppe - réponse jointe paiement total, si la taxe est inférieure à 300 S.à votre compte de taxes.Service des finances Taxas spéciales Sorvico h la clientèle La taxe sur les activités commorcia les et les professions (permis).Data d'échéanca Paiement total, le 1" avril 1991 (514)872 2305 Réuni en consultations hier à New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a commencé à préparer les modalités de l’après-crise, dont la première étape sera l’adoption d’une résolution décrétant formellement le cessez-le-feu.De son côté, le président Bush a annoncé hier après-midi l’accord du gouvernement irakien pour une rencontre entre ses chefs militaires et leurs homologues américains pour discuter des modalités militaires du cessez-le-feu.Les modalités de cette entrevue n’ont pas encore été fixées, mais Washington a exigé qu’elle ait lieu dans les 48 heures, a-t-il précisé.Cette annonce faisait suite, selon des sources diplomatiques, à une première rencontre entre les représentants des deux pays dans la nuit de mercredi à jeudi à l'ONU, au cours de laquelle ont été transmises les conditions spécifiques posées par Washington pour un cessez-le-feu permanent.Dès hier, les Alliés ont évoqué la question du retrait de leurs troupes.La Maison-Blanche a indiqué qu’un premier retrait de ses 500 000 soldats pourrait intervenir d’ici une dizaine de jours.« Il nous a fallu sept mois pour y aller, il nous faudra de nombreux mois pour en revenir », a toutefois averti le porte-parole de la présidence, M.Marlin Fitzwater.L’Iran a estimé hier que « rien ne justifie plus la présence des forces étrangères dans la région, soulignant qu’une sécurité stable dans la région ne peut être assurée que par une coopération régionale », a rapporté la télévision iranienne.Les Occidentaux sont restés discrets sur le sort de Saddam Hussein, la Maison-Blanche se contentant de rappeler qu’il n’appartenait pas aux États-Unis de l’évincer.Auparavant, Israël avait officiellement regretté que le conflit ne se soit pas soldé par l’éviction du président irakien.La question palestinienne — qui avait été au centre de la rhétorique de Saddam Hussein — a été largement évoquée dans la perspective de l'après-guerre.C’est « la question de base qu’il faudrait régler le plus vite possible », a ainsi estimé le ministre soviétique des Affaires étrangères Alexandre Bessmertnykh.« La fin du conflit militaire dans le golfe Persique constitue le résultat des efforts collectifs de tous les États qui ont participé à la recherche d’un règlement du conflit », a souligné Alexandre Bessmertnykh lors d’une conférence de presse.Se félicitant de ce précédent historique, le ministre soviétique a toutefois ajouté aussitôt que « chaque pays ayant participé à la recherche du règlement du conflit pouvait prétendre au succès de sa politique, mais en même temps aucun de ces pays ne peut affirmer qu’il a assuré lui-même le succès».Le ministre français des Affaires étrangères, M.Roland Dumas, reçu hier par le président Bush, a indiqué être convenu avec lui de la nécessité de régler tous les problèmes du Proche-Orient, et en particulier le problème palestinien.Pour le premier ministre britannique John Major, il faut « maintenant regarder l’avenir et la paix doit assurer la sécurité du Koweit et des autres pays du Golfe (.) et régler également les autres problèmes de la région et surtout ceux des Palestiniens ».Dans le Koweit libéré après sept mois d’occupation, le prince héritier cheikh Saad al-Abdallah as-Sabah est attendu incessamment pour administrer la loi martiale, qui lui confère pendant 90 jours des pouvoirs très étendus.En tout état de cause, les États-U nis semblent devoir garder l’initia-live diplomatique.Le secrétaire d’État américain James Baker doit entamer mercredi prochain une nouvelle tournée qui le mènera en Israël, en Arabie Saoudite, en Syrie, en Égypte, en Turquie et en URSS.Après l’annonce par le président Saddam Hussein d’un cessez-le-feu, peu de civils irakiens, encore dans l’expectative, sont sortis dans les rues pour fêter cette trêve.Certains habitants de la capitale se sont congratulés discrètement après l’annonce du cessez-le-feu.Les quelques coups de feu tirés pour célébrer l’événement l’ont été surtout à l’intention des caméramen des télévisions occidentales.Les Irakiens pensent avant tout à la reconstruction de leur pays, après six semaines de pilonnages destructifs.« Comment pourrons-nous reconstruire le pays, comment pourrons-nous faire des affaires si l’embargo se poursuit ?», s’est interrogé un homme d’affaires.Les raids aériens alliés sur Bagdad ont cessé totalement une heure seulement avant l’annonce alliée de la suspension des hostilités.La dernière explosion, apparemment due à un tir de missile de croisière, a été entendue à 6 h 50 locales.Un porte-parole militaire irakien a déclaré qu’en dépit de la trêve, les appareils alliés continuaient « de voler de façon provocante dans le ciel de la patrie».L'agence irakienne INA a rapporté ijue Bagdad avait accepté l’ensemble des douze résolutions de l’ONU condamnant tous les aspects de l’invasion du Koweit, y compris celle qui stipule le paiement de dommages de guerre.Pour un fonctionnaire irakien, « l’Irak est un riche pays pétrolier, mais les réparations de guerre vont être un lourd fardeau.Nous avons besoin d’argent pour reconstruire le pays », a-t-il ajouté.Les bombardements ininterrompus pendant 42 jours de guerre ont en effet considérablement désorganisé les infrastructures, détruit des centrales énergétiques, des ponts, des usines, des immeubles gouvernementaux et des systèmes de télécommunications.« M.Bush avait une mission à accomplir et il pense y être parvenu », a déclaré un habitant au marché de la capitale.« Pour les Irakiens, la mission n'est pas terminée.Il s'agit de remporter la victoire, et je pense que dans l’avenir, nous pourrons y parvenir.» Le ton du communiqué militaire diffusé par Radio-Bagdad à 8 h 00 GMT, trois heures après l’annonce par les Alliés de la suspension des hostilités, était toujours très virulent.« L’Irak a la situation en main, est victorieux (.).L’Irak est toujours le maître de sa terre entière et le leader des musulmans du monde entier ».Dans d’autres commentaires diffusés dans la journée, la radio a revendiqué la victoire sur les Alliés, disant que l’Irak avait roulé l’Amérique dans la boue.« Vous avez gagné, Irakiens.C’est l’Irak qui contrôle la situation et qui est victorieux.L’Irak a combattu les infidèles avec la foi et combattu le mal et l’agression », a déclaré la radio.« L’Irak a réussi à démolir l’aura des États-Unis — l’empire du mal, de la terreur et de l’agression », a ajouté la radio à un autre moment.« Il a été ordonné à nos forces armées sur le front de ne pas ouvrir le feu, a cependant précisé le communiqué.Nous sommes heureux que les opérations de combat prennent fin, car cela épargnera le sang de nos fils et assurera la sécurité de notre peuple ».Selon le communiqué de Radio-Bagdad, l’armée irakienne a courageusement affronté les forces de la coalition.Un porte-parole a ajouté que la Garde républicaine avait engagé des duels d’artillerie avec les Alliés, leur infligeant de lourdes pertes et les obligeant à battre en retraite.4 Le Canada Le premier ministre a précisé que le Canada a l’intention d’augmenter son niveau d’aide humanitaire pour prêter main-forte à cette région dans le cadre d’une initiative de l’ONU.Le Canada s’est déjà engagé à verser la somme de 80 millions $ pour aider les réfugiés déplacés en Jordanie et ailleurs.Une fois le Koweit libéré, a signalé M.Mulroney, les objectifs de la coalition multinationale avaient été atteints et la communauté internationale devait maintenant « s’atteler à la tâche de bâtir une paix juste et du rable» au Moyen-Orient.Félicitant les militaires canadiens, M.Mulroney a dépeint la victoire des Alliés comme une « victoire pour le droit international et les Nations unies ».Le premier ministre a ajouté que le Conseil de sécurité de l’ONU devait déterminer au cours des prochains jours les modalités des échanges de prisonniers et la libération des otages que l’Irak pourrait encore détenir.Par ailleurs, Le commandant de la force de l’air canadienne au Qatar, le colonel Roméo Lalonde, a affirmé hier que les pilotes et les CF-18 canadiens entreprendront leur retour du Golfe dès samedi et tout sera terminé le 7 mars.À Ottawa, un porte-parole du ministère de la Defense, le capitaine Yvon Fleurant, a soutenu qu’il était encore trop tôt pour préciser la date de retour au pays des militaires canadiens dans la région du Golfe.« Nous approchons de la fin, mais ce n’est pas encore officiel », a-t-il souligné.Le ministre des Affaires extérieures, M.Joe Clark, a quant à lui exprimé l’espoir « qu’ils seront de retour le plus tôt possible ».Il se trouve environ 2400 militaires canadiens au Moyen-Orient.Ils sont répartis entre trois navires de guerre, 26 avions CF-18 et un hôpital de campagne en Arabie Saoudite.4 8 millions $ budget prévoit 600 millions $ pour « l’effort de guerre », des forces ar niées canadiennes.Maintenant que le conflit semble réglé, le gouvernement récupérera une partie de la somme, confirme le président du Conseil du Trésor.À quoi cet argent sera-t-il consacré ?Rien n’est décidé.« Ça pourrait aller au déficit », a cependant indiqué hier Gilles Loi selle qui privilégie cette solution.— En matière de subventions aux organismes : le gouvernement a dé cidé de retrancher 75 millions $ cette année et 125 millions $ pendant celles qui vont suivre des 2.5 milliards qu’il dépense pour financer des organismes.Cela inclut des groupes aussi variés que la fédération des franco phones hors-Québec ou le comité d’action des femmes, en passant par des groupes à vocation médicale.À qui coupe-t-on les fonds ?Le plan des dépenses n’en dit rien.Les décisions se prendront plutôt en comité au cours des prochains jours.D’autres gros morceaux du budget Wilson sont difficiles à mesurer.L’aide aux agriculteurs par exemple, qui_ justifie, avec celle réservée aux chômeurs et aux personnes âgées, l’augmentation de près de 7 % des dépenses de programmes de l’État fédéral cette année, ne figure pas comme telle au budget des dépenses.Tout comme l’argent du Plan vert, le milliard $ qui serait consacré à l’opération sera prélevé des réserves.Si les activités fédérales ne sont pas toutes transparentes au terme de ce plan, la place des provinces comme grandes perdantes des opérations budgétaires actuelles d’Ol-tawa ne fait pas de doute.En plus de diminuer sa contribution aux programmes sociaux, avec des versements qui ne suivent pas la courbe de l’inflation, le gouvernement fédéral verse de moins en moins d’argent comptant aux provinces pour les financer.Cette année, les tranferts en espèces fédéraux destinés à la santé et aux universités diminueront de 1,5 milliard $ par rapport à l’an dernier.Un manque à gagner qu'Ottawa compense en points d'impôts, mais seulement partiellement.¦< C’est une formule que préfèrent des provinces comme le Québec », fait valoir le ministre Loiselle. LA VIE ECONOMIQUE Montréal, vendredi 1er mars 1991 Le taux d’escompte à moins de 10 % OTTAWA (PC) — Pour la première fois depuis 30 mois, le taux d’escompte de la Ranque du Canada est passé hier sous la barre des 10%.De 10,02 % la semaine dernière, la banque centrale l’a en effet établi à 9,97 %, après que Statistique Canada eut reporté que l’activité économique avait chuté en vrille au cours des trois derniers mois de 1990.La dernière fois que le taux des banques a été sous 10 %, c'était en août 1988.Le taux bancaire, qui habituellement signale la voie à suivre aux taux accompagnant les prêts et les comptes d'épargne, a fléchi de plus de 2,25 points de pourcentage depuis qu’en décembre, il a entamé un recul graduel de 13 semaines consécutives.Selon certains économistes, John Crow, gouverneur de la Banque du Canada, devrait maintenir cette chute des taux d’intérêt pour aider le pays à se tirer de la recession.Hier, Statistique Canada a fait savoir que durant octobre, novembre et décembre, l’économie s’était contractée à un taux annuel de quatre pour cent — soit à un taux plus rapide que le fléchissement d’un pour cent enregistré durant le trimestre de juillet, août et septembre.Pour les économistes, le dernier budget du ministre des Finances Michael Wilson, qui hausse les taxes et réduit les dépenses gouvernementales pour contenir le déficit, ouvrira ih voie à d’autres réductions des taux d’intérêt.« Il (ce budget) maintiendra la baisse des taux d’intérêt dans la bonne direction », a noté George Saba, économiste en chef du Montréal Trust.Avec la récession qui se prolonge tout au long des trois premiers mois de cette année, le taux privilégié des grandes banques du pays devrait diminuer d’un demi-point de pourcentage à 10,75 %, a pour sa part prédit $4.Mike Manford, économiste en chef des courtiers en valeurs mobilières ScotiaMcLeod.boursier Dollar canadien (US Cents) 86.93 Dow Jones 2882.18 Or (New York-US$) 367.40 Montréal-XXM TSE-300 3462.37 1825.02 I 17.81 + 6.28 (PC) Air Canada essuie une perte de 74 millions $ L’année 1991 ne sera pas plus facile que 1990 pour Air Canada.Claude Turcotte FINANCIÈREMENT, Air Canada ne vole pas très haut, comme le démontrent amplement ses résultats de 1990.L’année s’est terminée avec une perte de 74 millions $, en comparaison d’un bénéfice de 149 millions $ en 1989.Il s’agit d’une perte de 1,01 $ par action, qui contraste avec le bénéfice de 1,99 $ par action de 1989.Pour expliquer cette plongée, les dirigeants de l’entreprise invoquent la récession et la guerre du Golfe, sans nier cependant que le plus gros facteur négatif fut le paiement de 01 millions $ en dédommagement aux 3100 employés qui ont été congédiés pendant l’exercice, en vertu d’une décision qui avait été prise pour réduire les pertes de la compagnie.Tout indique d’ailleurs qu’Air Canada va procéder à d’autres compressions dans les mois qui viennent.M.Claude Taylor, qui cumule les présidences du conseil et de la direction depuis le départ de Pierre Jean-niot, en a pratiquement fait la confirmation hier à la Presse Canadienne à la suite d’une réunion avec des analystes financiers à Toronto.« Nous procédons à une révision majeure de notre structure administrative et nous devrions être en mesure d’annoncer des changements au cours du deuxième ou troisième trimestre », a-t-il dit.Il a même précisé que « des emplois seront touchés ».Les compressions annoncées en octobre dernier concernaient surtout le service lui-même, à savoir des routes aériennes et les services à l’avion, c’est-à-dire, le plein, le nettoyage, les bagages, etc.Un décrétait en plus la suppression de 275 postes parmi le personnel cadre et administratif, ainsi que le gel du salaire de tous les cadres en 1991.Quoi qu’il en soit de ces changements, M.Taylor prévoit une perte en 1991.Air Canada continue résolument l’application de son programme de réduction des coûts et entend « procéder à fond de train » au parachèvement des changements nécessaires pour atteindre une rentabilité soutenue.Au début de février, le président expliquait, dans une très longue entrevue accordée à un magazine économique, qu’au moment de sa privatisation.Air Canada n’était pas prête à agir selon les règles du secteur privé.Le problème est donc maintenant de savoir si les transformations internes se feront assez rapidement pour survivre à la secousse qui ébranle l’industrie mondiale de l’aviation et qui laisse des victimes, même parmi des compagnies considérées jusqu’à maintenant comme importantes.Les compressions de 1990 devraient diminuer de 71 millions $ la masse salariale en 1991.La montée du prix du pétrole a fait que la compagnie a du dépenser 96 millions $ de plus que prévu à ce chapitre.Au quatrième trimestre, les frais en pétrole furent de 46 % plus élevés que dans le trimestre correspondant de l'exercice précédent, à cause du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, laquelle a par ailleurs causé une baisse de revenus par suite du nombre moins élevé de voyageurs à destination de l’Europe.Or, environ 24 % des revenus de l’entreprise pro viennent des vols vers l’Europe, qui, du jour au lendemain, auraient connu une chute d'achalandage de 25%.Air Canada n’en pense pas moins qu’avec des bénéfices d'exploitation de 50 millions $ (c’était 119 millions $ en 1989), en excluant la somme de 61 millions $ pour les mises à pied, qu’elle se trouve en meilleure situation que la plupart des compagnies aériennes d’Amérique du Nord.La société a dû par surcroît subir une perte de 48 millions $ dans ses activités de crédit avec la carte En-Route, qui est maintenant en vente.Cette perte englobe des coûts de 17 millions $ de démarrage aux Etats-Unis et une perte anticipée de 31 millions $ au moment de la vente.Tout ne va pas mal pour Air Canada, puisque ses revenus ont augmente légèrement en 1990 pour atteindre 3,9 milliards $, en comparaison de 3,6 milliards $ l’année précé- dente.Le revenu par passager/mille est passé de 16,3 cents à 16,7 cents, ce oui est un indice d'une utilisation plus economique des équipements.En fait, le coefficient d’utilisation a grimpé de 1,7% pour atteindre 71,4 %.Enfin, Air Canada a gagné 5 % du marché aux dépens de Canadien International, ce qui lui donne 54,8 % du marché canadien.À la fin de l’année, Air Canada avait 107 appareils et 23 000 employés.Évidement, la fin de la guerre dans le golfe arabo-persique devrait, avoir un effet heureux sur les activités aériennes, aussi bien en ce qui concerne le prix du pétrole que 1e nombre de passagers.Il reste le facteur négatif de la récession.M.Taylor a l’intention de conserver les deux présidences, au moins jusqu’au moment où l’entreprise aura traversé la période de turbulence el que la réorganisation serà achevée.L'Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) confirmait cette semaine que le trafic aérien a diminué de 12 % en janvier dernier par rapport au premier mois de 1990.l’as moins de 15 400 vols ont été annulés en janvier, spécialement par les compagnies du Moyen-Orient.On avait prévu une croissance du trafic international de 6 ou 7 % cette art-née, mais il semble qu’il faudra plutôt se contenter de 3 ou 4 %, ce qui se verra dans les résultats financiers.Ford licenciera pour réduire ses coûts de 1,5 milliard did la Un de Tannée Indosuez accroît sa participation dans Lévesque Beaubien DETROIT (AFP) - Ford Motor va réduire ses coûts de 1,5 milliard $ US d’ici la fin 1991 surtout par le biais de suppressions d’emplois salariés et de départs anticipés a la retraite, a annoncé hier le président du deuxième groupe automobile américain, Harold Poling.Toutefois M.Poling, qui s’adressait aux employés de Ford dans le cadre d’une vidéo-conférence, n’a pas précisé le nombre de suppressions de postes envisagé par le groupe qui compte 52 000 salariés.Tout en souhaitant que le nombre de départs volontaires permettra de licencier moins de salariés, M.Poling a toutefois souligné « qu’il était de plus en plus clair que des coupes claires dans les effectifs salariés étaient inévitables à court-terme.» Le Detroit Free Pressa rapporté hier eh citant des sources non identifiées que Ford cherchait à réduire ses effectifs de 20 % soit 10 000 emplois.Ces réductions de dépenses, a précisé M.Poling, font partie d’un plan WASHINGTON (AFP) — Les dépenses de consommation ont reculé de 0,6% en janvier aux États-Unis pour accuser leur plus forte baisse mensuelle depuis quatre ans alors que les revenus des ménages américains ont diminué de 0,5 % pendant la même période, a annoncé hier le gouvernement.Le département du Commerce a précisé que cette catégorie de dépenses, comptant pour les deux tiers du produit national brut américain, étaient tombées à 3,72 milliards $ US § lobai de restructuration visant à conomiser 3 milliards $ US au total dans l’ensemble des opérations mondiales du groupe.Ce plan, a précisé à l’AFP un porte parole de Ford, est mis en oeuvre depuis le milieu de l’année dernière mais n’avait pas été jusqu’alors rendu public.Ces mesures ont déjà permis d’économiser 1,5 milliard $ US, soit la moitié de l’objectif initial.Deux cents salariés (White-collar)) ont été licenciés depuis le lancement de ce plan, a encore indiqué ce porte parole, Dick Routh.Ces mesures d’économie, a souligné Ford, n’affectent pas le programme d’investissement du groupe d’un montant de 7,3 milliards $ US lancé en 1990.Les deux autres grands constructeurs américains, General Motors, numéro un et Chrysler au troisième rang, ont également mis en place des programmes de restructuration destinés à réduire leurs dépenses et à améliorer leur compétitivité au moment où ils font face à une chute de le mois dernier en rythme annuel et en données corrigées des variations saisonnières contre 3,74 milliard-s $ US en décembre, mois au cours duquel elles avaient augmenté de 0,5%.Les revenus des ménages ont totalisé 4,72 milliards $ US en rythme annuel et données corrigées des variations saisonnières en janvier contre 4,74 milliards $ US en décembre quand ils avaient augmenté de 0,6%.Celte catégorie de revenu avait crû de 0,4 % en novembre.Mercredi le département du Com- leurs ventes et à une concurrence accrue des firmes japonaises.General Motors a indiqué que ses mesures de dégraissage, mises en oeuvre à partir de 1987, avaient permis au groupe d’économiser 13 milliards $ US en 1990.Le montant total des coûts de GM se sont élevés à 114,2 milliards $ US l’an dernier.Le 4 février dernier, GM avait annoncé une réduction de 15 % de ses effectifs salariés au cours des deux prochaines années.Ces effectifs atteignent actuellement 100 000 personnes.Chrysler s’est pour sa part refusé à indiquer combien d’emplois salariés le groupe avait l’intention de supprimer dans le cadre de son programme d’économie de 3 milliard s $US destiné à réduire ses 30,5 milliards $ US de coûts annuels.Mais dans les milieux spécialisés on estime généralement que Chrysler devrait supprimer 3000 emplois sur un effectis total de 24 000 salariés.Les coûts de Ford ont atteint 96,1 milliards $ US en 1990.merce avait annoncé une chute de 2,9 % des dépenses de consommation au quatrième trimestre 1990, période au cours de laquelle le produit national brut s’est contracté de 2 %.Le PNB n’avait pas enregistré de croissance négative sur un trimestre depuis 1986.Le taux d’épargne des Américains exprimé en pourcentage des revenus disponibles a atteint 4,3 % en janvier contre 4,2 % en décembre, a également précisé le département du Commerce.Robert Dutrisae À LA FAVEUR d’une transaction visant l’achat d’un courtier de Toronto par Lévesque Beaubien Geoffrion, le gigantesque conglomérat français Groupe Indosuez accroît sa participation de 2,6 % à 7 % dans la plus importante maison de courtage au Québec.De plus, Indosuez se voit accorder la possibilité de porter cette participation à 10 % au cours des cinq prochaines années et obtient un siège au conseil d’administration du courtier montréalais.En vertu de l’entente conclue hier, Lévesque Beaubien Geoffrion fait l’acquisition du courtier torontois Ca-pital Group Securities, une maison spécialisée dans la vente d’actions aux institutions.L’acquisition se fera uniquement par échange d’actions de Lévesque Beaubien Geoffrion et n’implique donc aucun déboursé.Au cours d’un entretien, le président de Lévesque Beaubien Geoffrion a indiqué que Capital Group occupe 2 % du marché des achats boursiers effectués par les institutions, ce qui correspond à peu près à la part de Lévesque dans ce marché.« Cette acquisition nous permettra de renforcer notre présence à Toronto en plus d’accroître notre part du marché institutionnel », a souligné M.Brunet.Capital Group a des bureaux à Montréal, Vancouver et Toronto mais c’est dans cette dernière ville qu’il est de loin le plus actif.La firme emploie une trentaine de personnes.Cette maison de courtage spécialisée est une filiale à part entière de W.I.Carr Securities, un important courtier de Londres.Ce dernier est détenu par le Groupe Indosuez.M.Brunet a précisé qu’Indosuez obtenait 2 % du capital-actions de Lévesque en échange de la propriété de Capital Group.En outre, Indosuez achètera un autre bloc de 2 %, ce qui vient s’ajouter aux 2,6 % qu’il détient déjà.À la clôture de la transaction, la propriété du courtier montréalais se détaillera comme suit : 67 % détenus par la Banque Nationale, 7 % par Indosuez et 26% par les dirigeants du courtier.Ce resserrement des liens entre Lévesque et Indosuez donnera à la maison de courtage un meilleur accès aux marchés internationaux, notamment sur le plan du financement des entreprises, a indiqué M.Brunet qui a ajouté qu’il était encore trop tôt pour connaître quelles formes prendra cette collaboration.« S’il s’avère que dans les prochaines années, le marché européen présente un meilleur rendement qu’ici, nous sommes maintenant mieux placés pour en profiter », a-t-il fait valoir.Lévesque pourra ainsi disposer des produits et des services d’analyse des principaux marchés mondiaux que dessert Indosuez.Rappelons que le Groupe Indosuez, par l’entremise de sa filiale en assurances Groupe Victoire, a acquis l’an dernier une participation de 50 % dans La Laurentienne Générale, une des plus importantes compagnies d’assurance de dommages au Québec.Lévesque Beaubien Geoffrion emploie maintenant plus de 1300 personnes et compte 34 succursales.Quant au Groupe Indosuez, il oeuvre dans 65 pays.Ses actifs totalisent 140 milliards $ et son capital 16 milliards $.Recul de la consommation aux Etats-Unis (Approximatif) TIRAGE SAMEDI Ça change pas le monde.Sauf que.0 kXiKiuêbec A-6 ¦ Le Devoir, vendredi 1er mars 1991 LA VIE ECONOMIQUE Pour votre REER.ET VLAN! 15 mois Intérêt à l’échéance Ce taux peut changer sans préavis.HEURES D’OUVERTURE PROLONGEES RENSEIGNEZ-VOUS À VOTRE SUCCURSALE.6 TRUST GENERAL Place du Carrefour, Laval 682-3200 5995 boul.Gouln 0., Montréal 745-1515 995 boul.Sl-Jean, Pointe-Claire 694-5670 Centre Rockland, Ville Mont-Royal 341-1414 1 Vincent d'Indy, Outremont 739-3265 1020 ave Laurier 0„ Outremont 272-4777 Place Ville-Marie, Montréal 871-7300 1100 University, Montréal 871-7200 Place d'Anjou, Anjou 355-4780 Carretour Angrtgnon, LaSalle 366-0730 Place Portobeilo, Bros tard 466-2500 299 boul.Sir Wllfrtd-Laurier, St-Lambert 466-8666 521, rue Sl-Charles Borommée, Joiiette 752-0666 7272 boul.Maurice Dupiestit, Riviére-det-Prairie» 643-4040 Le Koweït recommencera à produire du pétrole d’ici un an NICOSIE (AP) — Les puits de pétrole du Koweït sont en feu mais les responsables de l'émirat pensent que leur pays sera assez rapidement en mesure d’exporter son or noir, même s’il faudra plus de temps pour reconstruire les raffineries.En revanche, l’économie irakienne trouvera difficilement les moyens de sa reconstruction.Les Koweïtiens se refusent à être précis dans leur prévisions quant à la reprise de l’activité, mais les spécialistes des questions pétrolières estiment à moins d’une année le temps nécessaire à la production d’or noir.L’Irak en revanche, criblé de dettes et toujours dirigé par un régime avec lequel peu de pays sont prêts à traiter, risque de mettre plusieurs années avant de remonter la pente.Les plus gros dégâts infligés par les coalisés touchent les capacités de raffinage de la pétrochimie irakienne mais les installations de pompage et de production sont quasiment intactes.Mais pour vendre du pétrole, encore faut-il avoir des clients, alors que le marché tend déjà à la surproduction.Au début de l’occupation du Koweït, l'Irak avait annoncé le démembrement d’une raffinerie de l’émirat, tandis que disparaissaient de trois autres unités des éléments techniques essentiels à leur fonctionnement.Fergus MacLeod, un spécialiste du marché pétrolier à Londres, qui a eu des contacts avec les responsables koweïtiens, affirme que ceux-ci estiment à neuf mois le laps de temps nécessaire avant que la production de l’émirat n’atteigne la moitié de la production d’avant la guerre.M.MacLeod souligne qu’il devrait être moins difficile d’éteindre les puits en flammes que de réparer les circuits et les équipements de chargement tels que ceux du terminal de Sea Island détruit par l’aviation coalisée en janvier.Quant aux raffineries, elles ne fonctionneront certainement pas avant longtemps.Une installation moderne se construit en plusieurs années et coûte plusieurs milliards de dollars.Des sociétés américaines spécialisées dans les équipements pétroliers et qui ont joué un rôle historique dans l’industrialisation de la région (Bechtel, Fluor, Parsons) ont déjà signé avec le gouvernement koweïtien des contrats pour reconstruire la pétrochimie de l’émirat.Les Irakiens risquent de ne pas trouver de telles facilités.M.MacLeod estime que l’Irak devra importer son essence dans un avenir prévisible, tout comme l'Iran continue d’acheter l’essentiel de son carburant en raison de la destruction de ses raffineries pendant la guerre avec l’Irak.Au-delà de la question de la reconstruction de l’Irak, « on peut se demander si les compagnies pétrolières auront envie d’avoir l’Irak comme fournisseur », s’interroge Peter Bogin, un expert pétrolier travaillant à Paris.« Politiquement, poursuit-il, sera-il bon de faire travailler sa société en Irak ?En matière de sécurité, sera-t-il sage d’avoir des employés en Irak ?La grande question est de savoir qui va reconstruire l’Irak.» La fin de la guerre pourrait aider les États-Unis à sortir de la récession Pascal Reynard de l'Agence France-Presse WASHINGTON — Reprise de la confiance des consommateurs, recul des cours du pétrole, gros contrats à l’exportation : les Etats-Unis espèrent profiter pleinement des dividendes attendus de la victoire alliée dans le Golfe pour sortir rapidement de la récession.La défaite de l’Irak arrive à point nommé pour l’économie américaine qui a besoin d'un sérieux coup de fouet, afin de relancer son activité qui chute depuis l’automne dernier.Selon les experts, ce coup de fouet devrait provenir principalement d’une remontée de la confiance des consommateurs qui devrait se traduire par une reprise des dépenses de consommation.Celles-ci représentant à elles seules les deux tiers de l’activité économique américaine.Le plongeon de la confiance des consommateurs, qui avait démarré dès le début de la crise du Golfe en août dernier, est considéré comme un des éééments essentiels — sinon le principal — ayant fait basculer les Etats-Unis dans la récession.Avec la fin de la guerre, les consommateurs devraient retrouver le moral et recommencer à dépenser grâce à la fois à l’effet psychologique de la victoire et à la retombée des prix des carburants, espèrent les analystes.Signe avant-coureur de cette évolution, la confiance des consommateurs s’est déjà légèrement redressée en février, selon une enquête publiée mardi par le Conference Board, principal organisme d’études du patronat américain.Les dépenses de consommation devraient également être dynamisées par la forte baisse récente des taux d’intérêt liée au relâchement de la politique de crédit des autorités monétaires américaines.Si le retour de la confiance des consommateurs se concrétise, l’économie américaine devrait sortir de la récession vers le milieu de cette année, estiment la plupart des experts.Reflétant cet optimisme, l’Association américaine des économistes d’entreprise vient de prévoir une nette reprise de la croissance dès cet été (hausse du PNB de 1,9 % au troisième trimestre et de 2,5 % au quatrième) après une stabilisation de l’activité dans les prochains mois ( recul de 0,3 % du PN B au deuxième trimestre).À côté de la relance attendue des dépenses de consommation, les entreprises américaines devraient bé- néficier également de la reconstruction du Koweit en s’adjugeant une bonne partie — au moins les deux tiers selon les premières estimations — des gros contrats que s’apprête à sigyter ce pays.À la reconstruction du Koweit, dont le coût est estimé entre 60 et 100 milliards $ US, viendront s’ajouter les ventes d’armes.Les alliés des États-Unis, parmi lesquels se trouvent surtout les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite, souhaitent acheter pour 33 milliards $ US d’armements américains l’an prochain, ont indiqué mercredi des membres du Congrès ayant eu accès à un rapport confidentiel du gouvernement.Au milieu de cet optimisme, certains experts se montrent néanmoins plus prudents en soulignant que les risques d’une récession plus longue et plus sévère que prévu n’ont pas tous disparu, comme par enchantement, avec la libération du Koweit.Parmi ces dangers, on trouve notamment la chute du marché immobilier, la crise bancaire et le surendettement général (État fédéral, entreprises et consommateurs) de l’économie américaine.Des éléments qui rendent plus incertaines les prévisions que lors des précédentes récessions, affirment ces analystes.Fin d’une bonne aubaine pour les armateurs pétroliers Pascale Juilliard (le l'Agence France-Presse LONDRES — La guerre du Golfe a propulsé les taux d’affrètement pétroliers à des niveaux inconnus depuis 20 ans, faisant la fortune des armateurs, mais la paix semble annoncer la fin de la période des vaches grasses, estiment des sources du marché.« Les taux ont probablement atteint des niveaux inégalés depuis 20 ans ».a indiqué M.Eric Shawyer, le président de la maison de courtage Gibson, spécialisée dans l'affrètement maritime.« Mais cette semaine, ils sont partis en sens in-; verse», a-t-il relevé.Un VLCC (bâtiment de 200 000 à 270 000 t.environ) affrété dans le Golfe pour des destinations occidentales obtenait vendredi dernier plus de 30 points Worldscale, l’unité de j compte des taux.Mais depuis dimanche, date du déclenchement de l’offensive terrestre, les taux ont baissé de 10 points, parfois 20 points, pour des tankers de gros tonnage affrétés dans le Golfe.M.Klaus Waller, chef de la section tankers chez les courtiers Clarkson, s’est montré pessimiste.Les taux obtenus par des VLCC « ont chuté d’environ 25 % pendant les dernières 24 heures », a-t-il indiqué hier, « et ils vont baisser davantage avant de se stabiliser à environ 55 points, leur niveau du mois d’août ».Au moment où les hostilités s’achèvent, les armateurs ont réalisé que l’offre de pétrole est abondante, surtout à l’approche de l’été où la demande diminue toujours.Anticipant une chute du trafic de pétroliers, ils sont prêts à baisser leurs prix.L’essor des taux après le début de la crise du Golfe en août a été attribué à une forte demande de réservoirs flottants qui a causé une pénurie de bâtiments.L’Arabie Saou- DÉJEUNER-CAUSERIE DU CLUB D’ÉLECTRICITÉ DU QUÉBEC Le jeudi 7 mars 1991 à midi Hôtel Le Méridien — Place Desjardins Le Cirand Salon CONFÉRENCIER Monsieur René Lopez Président direeteur général GEC ALSTHOM ENERGIE INC.TITRE DE L’ALLOCUTION * RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT; LA CEE DU SUCCÈS» Le jeudi 7 mars prochain M.René Lopez sera le conférencier invité au déjeuner-causerie du Club d’filée t rici té du Québec.À celte occasion, M.Lopez offrira une tribune portant sur la recherche et le développement dans l’évolution des affaires d’une société manufacturière de produits haute technologie, il fera état, entre autres, de la progression des activités de recherches et des bénéfices qui en découlent tant pour la société GEC ALSHTOM ENERGIE et ses partenaires ou sous-traitants que pour le groupe GEC ALSTHOM dont elle fait partie.GEC ALSTHOM ENERGIE est aujourd’hui le plus important fabricant d’appareillages de commutation liés au transport et à la distribution d’énergie électrique.Elle a réussi, au cours des dernières années, des percées importantes sur les marchés internationaux notamment, au Venezuela, au Pakistan, en Colombie, au Portugal et, tout récemment, en Chine.Pour réservation: Mme Francine Mathieu Séguin (514) 626-2052 dite et l’Iran avaient retenu un grand nombre de tankers avant que la guerre n’éclate afin d’entreposer une partie de leur pétrole en mer, craignant que leur production ne soit perturbée par le conflit.Scion la l.loyd’s List d’hier, le quotidien du marché de l’assurance Lloyd’s, les services militaires américains, la compagnie pétrolière nationale saoudienne Samarec et le ministère de la Défense britannique ont tous affrété des porteurs de produits raffinés pour l’approvisionnement des militaires et des civils de la région, mais la conclusion du conflit va mettre fin à nombre de ces contrats.LA MARITIME AVIS DE DIVIDENDE Le Conseil d’administration de La Maritime, compagnie d’assurance-vie, a déclaré un dividende trimestriel de 54,69 cents par action privilégiée de premier rang de série A, payable le 2X mars 1991 aux actionnaires ihscrits à la fermeture tics bureaux le 4 mars 1991.Nancy S.Anderson Secrétaire générale I lalifax (Nouvelle-Ecosse) Le 25 février 1991 MANGER MIEUX-C’EST MEILLEUR pjnric/pjrr/on, Bechtel signe avec le Koweit SAN FRANCISCO (AFP) - Bechtel Group, deuxième groupe américain de travaux publics et d’tngéniérie, va conduire la reconstruction de l'industrie pétrolière du Koweit en grande partie détruite pendant l’invasion irakienne, a-t-on appris hier auprès de la firme.Le porte-parole de Bechtel a indiqué que le groupe avait signé un protocole d’accord avec la compagnie pétrolière d’État du Koweit, Koweit Petroleum, aux termes duquel la firme américaine agira en qualité de chef de projet pour remettre en état l’ensemble des installations.Les deux parties travaillent actuellement à la mise au point finale d’un accord qui devrait être signé prochainement, a précisé ce porte-parole.Le gouvernement en exil du Koweit et Bechtel négocient depuis plusieurs mois un contrat pour la reconstruction de l’industrie pétrolière du pays gravement endommagé par l’invasion de l’Irak.Près de 600 puits de pétrole sur un total de 950 ont été détruits par les Irakiens.Bechtel qui a travaillé au Koweit depuis plus de 40 ans va surtout jouer un rôle important pour la conception et la reconstruction du réseau d’oléoducs, des stations de pompage, des réservoirs et des raffineries du pays.Bechtel va également participer aux efforts pour éteindre les puits de pétrole en feu.Bechtel s’est refusé à estimer le montant potentiel de ce contrat qui, a souligné la firme, n’a pas encore été signé.Toutefois, certains experts pétroliers estiment que le coût total de la reconstruction de l’ensemble de l’industrie pétrolière et gazière pourrait atteindre 10 milliards?US.Quelque 4300 employés de Bechtel et des sous-traitants sont appelés à travailler à ce projet ainsi que 1300 Koweïtiens.Par ailleurs, le groupe franco-britannique GEC Alsthom s’est vuattri-buer par le gouvernement koweïtien en exil un contrat portant sur la fourniture de quatre groupes électrogènes.Le montant de contrat, qui a été attribué à sa filiale Ruston G as Turbines Ltd, a été chiffré à environ 12 millions ?US par GEC Alsthom, dans un communiqué publié jeudi.GEC Alsthom est une filiale des groupes britannique GEC et français Alcatel-Alsthom.Ces groupes électrogènes, mobiles, ont une puissance totale d’environ 10 000 kW et serviront à la production de base de courant électrique.Ils seront alimentés par des petites turbines à gaz (fonctionnant, comme leur nom ne l’indique pas, soit au gaz soit au fuel), précise-t-on chez GEC Alsthom.Ce premier contrat vaut surtout pour sa portée symbolique, puisqu’il a été annoncé quelques heures après la fin des hostilités.Il ne représente en effet qu’une fraction des ventes de GEC Alsthom qui ont atteint au cours de son dernier exercice 9 milliards?US environ.Ruston, implantée au Koweit depuis quarante ans, avait, avant la guerre du Golfe, livré 68 turbines à gaz de petite puissance, qui fournissent la puissance nécessaire aux pompes qui extraient le pétrole koweïtien.Les deux premiers groupes électrogènes seront expédiés de l’usine de Lincoln (centre-est de l’Angleterre) dans les deux semaines à venir, puis transportés et stockés à Dhahran en Arabie Saoudite, en attendant l’autorisation du commandement allié.Les groupes seront ensuite acheminés par route jusqu’à Koweit City, précise le communiqué.Les avoirs du Koweit sont toujours gelés LONDRES (AFP) — Les avoirs koweïtiens et irakiens, gelés en Grande-Bretagne au lendemain de l’invasion du Koweit continueront d’être bloqués pour l’instant, a indiqué le ’lYésor britannique hier.« Il est trop tôt pour dire quoi que ce soit sur ce sujet, a indiqué un responsable du Trésor britannique, mais il seront certainement libérés aussi tôt que possible ».Quant au gel imposé sur les avoirs koweïtiens, ils ont subi de nombreux allègements depuis leur instauration, l’essentiel étant que les biens koweïtiens en Grande-Bretagne ne sortent pas du pays.Au début de la semaine, les transactions entre établissements bancaires koweïtiens installés en Grande-Bretagne et aux États-Unis avaient été rétablies afin de leur permettre de reprendre des activités normales.Les sociétés koweïtiennes présentes à Londres, parmi lesquelles le Kuwait Investment Office (KIO), une société financière qui gère des biens estimés à 30 milliards ?USs, ou la Kuwait Petroleum Corporation, ont opéré de façon réduite depuis le 7 août dernier, leurs biens ne pouvant pas sortir du pays.Bar - Restaurant UN Traiteur Tél.: 849-6331 ^]LAKCÉL 801 ouest, boul.de Maisonneuve U ACTUALITE INTERNATIONALE Le Devoir, vendredi 1er mars 1991 M A-7 Les pertes irakiennes sont immenses WASHINGTON (AFP) — On ne saura jamais avec exactitude quelles ont été les pertes en vies humaines de l'armée irakienne dans la guerre du Golfe, mais selon un modèle informatique développé par un expert militaire, celles-ci pourraient s’élever à plus de 60 000 soldats morts et blessés.Côté allié, on garde un silence quasi complet.11 aura fallu attendre la conférence de presse du général Norman Schwarzkopf mercredi pour apprendre que les pertes irakiennes, selon les termes du général, étaient .très, très importantes », plus particulièrement au sein des unités de 'conscrits déployées en première ligne, et qui ont fait l’objet de l’un des bombardements aériens et d’artillerie les plus violents de l’Histoire.Le commandant en chef de l’opéra-Tion Tempête du désert s’est arrêté 'là.Il n’a voulu citer aucun chiffre.« Nous les avons trouvés dans les tranchées », s’est-il borné à indiquer.t’ité par le Washington Tost d’hier M.Trevor DePuy, l'expert ayant éta-'bli le modèle informatique, a invité d'autre part à le considérer « avec la plus extrême prudence ».Comme c’est le cas lorsque de grandes quantités de cadavres sont rassemblées, et pour des raisons de prophylaxie évidentes, la plupart des Irakiens ont dû être enterrés sur les lieux mêmes de leur fin, dans les tranchées et les abris déchiquetés par les projectiles, et refermées au bulldozer, estiment les observateurs.Historiquement, soulignent-ils, les pertes en vies humaines en période de guerre n’ont jamais été connues avec précision, surtout dans le cas de batailles intenses concentrées sur une portion réduite de terrain, comme cela a été le cas lors du bombardement puis du franchissement des lignes de défense irakiennes.Compte tenu de l’extrême rapidité de l’avance des forces alliées et de l'état de démoralisation complète des soldats irakiens qui, selon le général Schwarzkopf, ont déserté en masse pendant les derniers jours du conflit, il est vraisemblable qu’un nombre non négligeable de soldats irakiens errent encore sur le champ de bataille, isolés ou en petits groupes, cherchant désespérément quelqu’un à qui se rendre.Dans sa conférence de presse quotidienne à Ryad, le général Richard Neal, porte-parole militaire américain, a annoncé hier que les 42 divisions irakiennes du TKO, le théâtre koweïtien d’opérations, avaient cessé d’exister en tant qu’unités constituées.Il a estimé à « un peu plus d'une division » l’effectif total des forces irakiennes qui n’avait pas été capturé ou mis hors de combat, soulignant qu’il ne s’agissait plus de corps constitués mais d’éléments épars de l’armée irakienne en déroute, en fuite vers Bagdad ou isolés sur le TKO après avoir été débordés par l’avance foudroyante des Alliés.Il a précisé que l’Irak possédait encore « de 25 à 27 divisions » au total, déployées principalement à la frontière nord et est de ce pays, et principalement composées d’infanterie.Le général Neal a d’autre part admis que les Irakiens avaient réussi à sauver quelques-uns de leurs chars modernes T-72.Quelques-uns de ceux qui n'ont pas été détruits pendant les combats « sont probablement sortis (du TKO) pendant l’opération» alliée, a-t-il estimé.Il a également indiqué que les troupes irakiennes désirant se replier étaient autorisées à le faire « dans la mesure où elles n'affichaient pas d'intentions hostiles.Des troupes irakiennes peuvent-elles aller la-bas (sur la route de Bagdad) avec leurs armes ?Oui, elles le peuvent », a poursuivi le général Neal.Il a souligné cependant que pour les troupes verrouillant la route du nord « il n’y avait pas grand-chose à laisser passer».La principale mission des Alliés va être à présent de mettre de l'ordre sur le champ de bataille, convaincre à la reddition les derniers éléments irakiens isolés et qui, faute de communications, n’ont pas été informés du cessez-le-feu, et continuer de répondre, à partir de positions tactiques désormais défensives, à tout acte hostile isolé.L’armée irakienne a massivement désobéi aux ordres venant de Bagdad RYAD (AFP) — Contrairement à ce ’qu’on avait cru au début de rengagement terrestre, l’armée irakienne ’n’a pas seulement connu des désertions massives : elle a apparemment, jusqu’au plus haut niveau, désobéi aux ordres de Saddam Hussein 'en reculant sans combattre.Kn conséquence, sur un total de 60 ,à 70 divisions irakiennes, dont 42 déployées sur le théâtre d'opérations ,,’du Koweit (c’est-à-dire y compris le sud irakien), 32 ont été mises hors de .combat et une dizaine d’autres sont J dispersées, estime-t-on de source mi-litaire française.- Démoralisée par la restitution par | • l’Irak de tous les acquis de huit ans de guerre contre l'Iran l’été dernier, ; l’armée irakienne l'a été encore plus, S - selon ces sources, par l’annonce faite la semaine dernière par le président v.irakien qu’il allait abandonner le Ko-; weit, cette « 19e province » pour la défense de laquelle les soldats ira-; kiens avaient déjà subi un mois et demi de bombardements aériens.« Débarrassez-nousde ce tyran », i 1 ont dit aux soldats de la coalition de ' nombreux officiers irakiens, jus-1 qu’au grade de colonel, après leur reddition, a révélé hier soir à l’AFP le général Tanguy Le Pichon, chef de l’état-major de l’opération Daguet.Ce responsable a confirmé que les troupes irakiennes, à l'exception de la Garde républicaine, n’avaient pas •voulu manoeuvrer face à l’avance des troupes coalisées, soit pour éviter de se faire bombarder en sortant des abris enterrés, soit parce qu’elles ne voulaient plus se battre.Kn survolant mercredi la zone des combats de la division Daguet, notamment au sud de Salman, un envoyé spécial de l’AFP a pu constater que des dizaines de canons avaient été abandonnés repliés et bâchés, en position de remorquage, et n’avaient donc pas tiré.De même, de nombreux chars intacts, des T-55, avaient été abandonnés dans leur trou sans combat, sans avoir tiré, car il n’y avait pas de douilles d’obus autour.Les soldats du Génie devaient les faire exploser un à un.« Une ou deux divisions ont tout simplement cessé de combattre », affirme le général Le Pichon, alors que d’autres ont tenté de refluer vers le nord, mais le seul point de passage leur restant ouvert était un pont près de Bassorah, ce qui a limité leurs possibilités de s’échapper.Dès avant le début de l’engagement le 24 février, les troupes ira- kiennes avaient connu un important mouvement de désertions : jusqu’à un tiers des effectifs pour certaines unités.Ces déserteurs, ne pouvant passer en Arabie Saoudite à cause des champs de mines placés le long de la frontière irakienne et kowei-tiennne, avaient reflué vers le nord.Le reste des troupes était par ailleurs isolé, la destruction par l’aviation alliée des infrastructures de communication ayant certainement contribué à couper Bagdad de ses troupes.Mais plus encore, démoralisés et usés par les bombardements aériens, beaucoup de militaires irakiens ont dit qu'ils « n’attendaient qu’une occasion pour se rendre », indique le général Le Pichon.Selon les renseignements obtenus par l’armée française, les chiffons blancs (signe de reddition) avaient été interdits depuis deux mois dans l’armée irakienne.Un récent message radio capté par les écoutes alliées mentionnait « l’interdiction de distribuer des sous-vêtements blancs aux troupes », autre signe révélateur de l’inquiétude du commandement irakien.Enfin, malgré ces précautions, tous les soldats irakiens, sans exception, capturés par l’armée française, avaient caché sur eux l’un de ces tracts largués par l’aviation américaine et donnant les consignes à tenir pour se rendre.Ces tracts indiquant qu’il fallait se rendre au passage des avions, c’est ainsi qu’un bataillon d’hélicoptères, le 25, a fait d'un seul coup 400 prisonniers, une unité complète avec son colonel, qui étaient sortis en levant les bras au passage des hélicoptères.Les témoignages de simples soldats, recueillis par l’AFP sur le terrain lors de l’avancée des troupes françaises, indiquaient que ces hommes avaient été abandonnés par leurs officiers.Mais selon l’état-major français, beaucoup d’officiers, et même des généraux, se sont rendus exactement dans les mêmes conditions, manifestant à leur façon le refus de continuer cette guerre qu’ils désapprouvaient.Si les unités prises dans le piège de la tenaille alliée ne sont plus en mesure de remonter à Bagdad et exprimer leur désaccord, les spécialistes estiment que leur état d’esprit est révélateur d’un malaise certain dans l’ensemble de l’armée irakienne, qui pourrait mettre en difficulté le régime irakien.Une femme pourrait prendre le pouvoir ' au Bangladesh ' d’après limier et ATT 1)11 AK A — Kn remportant 132 des I 287 sièges au Parlement déjà attribués, selon les résultats quasi définitifs publiés hier, le Parti nationaliste ' du Bangladesh (PNB) a largement dominé son principal rival, la Ligue Awami, dans les premières élections libres du pays depuis vingt ans.La dirigeante du PNB, Begum Khaleda Zia, a été élue dans les cinq circonscriptions où elle se présentait, dont deux dans la capitale Dhaka.La Ligue Awami n’a obtenu jusqu’ici que 85 sièges.Le Parti Jatiya, de l’ancien président Hossain Mohammad Ershad, contraint de démissionner en décembre à la suite d'une virulente campagne de l’opposition, a obtenu 35 siè-ges.Les résultats des onze derniers sièges à pourvoir seront publiés dans I r le courant de la journée d’hier, a précisé la commission électorale.» ’ Le vote dans deux des 300 circonscriptions électorales a été annulé en raison de la mort de deux candidats, l’un de maladie, l’autre assassiné par des inconnus.Le PNB se réclame d’un modèle ; ' islamique garantissant la liberté de religion et envisageant une éco-c' nomie mixte, avec privatisation des banques et de l’industrie.C’est de ce modèle que s’était inspiré l'époux de Begum Khaleda Zia, le général Ziaur Rahman, lorsqu’il succéda au Cheikh Mujibur, tué lors d’un coup d’État militaire en 1975.Ziaur Rahman, porté au pouvoir par un contre-coup d’État quelques mois plus tard, fut assassiné en 1981.Dès les premiers résultats connus, la dirigeante du PNB a « remercié le peuple (du Bangladesh) pour l’apogée triomphal de sa longue lutte pour la démocratie », ajoutant cependant qu’il y avait eu quelques irrégularités de vote.La Ligue Awami a de son côté accusé le PN B d’avoir truqué les élections.« La nation entière est stupéfaite.Le PNB a employé ses vieilles méthodes de trucage électoral », a dit sa dirigeante Cheikh llasina, fille du premier président du Bangladesh, Cheikh Mujibur Rahman.« Je ne m’avoue pas vaincue », a-t-elle déclaré, lors de la publication des résultats des cinquièmes législatives de l’histoire du pays.Elle a accusé une « clique réactionnaire » qu’elle n’a pas nommée d’être responsable de ce mauvais score, estimant que les élections ont été truquées à grande échelle.Elle a aussi accusé les militants du BNP d’avoir créé « un règne de terreur » dans le pays, affirmant que la Ligue Awami lancerait une campagne de protes- PHOTO AP Khaleda Zia, au centre, a déposé hier une gerbe de fleurs sur la tombe de son mari, l'ancien président Ziaur Rahman.tation.Son parti prône un État socialiste et séculaire.Cheikh llasina a perdu dans l’une des trois circonscriptions où elle se présentait.Selon des observateurs de pays du Commonwealth dépêchés pour superviser les élections, le vote a été globalement régulier.Quelques irrégularités ont cependant été relevées.Selon des informations parvenues à la commission du Commonwealth, 150 000 des 62 millions d’électeurs inscrits n’ont pas trouvé leurs noms sur les listes électorales.On ignore encore si la Begum Zia va prendre le poste de premier ministre ou y nommer un proche pour se réserver la candidature à la prochaine élection présidentielle.Au Bangladesh, le premier ministre est le chef du gouvernement, mais les pouvoirs d’administration du pays, de révocation des ministres, et le commandement de l’armée sont détenus par le président, élu au suffrage direct.Un témoin-clé dans le procès de Noriega est tué dans un accident de voiture '• MIAMI (AFP) — Un témoin importa tant de l’accusation dans le procès pour trafic de drogue de l’ancien ‘ homme fort du Panama Manuel No-;: riega et de deux co accusés est mort mercredi dans un accident de voi lure, ont annoncé hier les autorités.Le témoignage de cet homme, Ramon Navarro, aurait impliqué direc-T tement les trois hommes dans une tentative d’introduction illégale de 322 kg de cocaine aux États-Unis en î mars 1986.Navarro devait témoigner i sur un arrangement conclu entre No-! riega et les deux trafiquants pour | leur assurer la protection des auto ! rités panaméennes pour mener à bien leur trafic.Les accusateurs publics ont reconnu avoir payé Navarro 170 000 $et lui avoir assuré l’immunité pour plus d’une centaine de délits de trafic de drogue en échange de son témoignage dans cette affaire.L’accident dans lequel est mort Navarro s’est produit mercredi soir à proximité de l’établissement pénitentiaire dans lequel Noriega et l’un des deux autres co-accusés sont prisonniers.L’accident fait l’objet d’une enquête, a-t-on indiqué de sources policières.Le procès des deux co-accusés de Noriega, le Colombien William Saldarriaga et l’Américain Brian Davi-dow, avait commencé lundi à Miami, tandis que celui de Noriega doit commencer le 24 juin.Selon l’accusation, Navarro devait témoigner de la tenue d’une réunion à Panama entre Saldarriaga et l)a-vidow, au cours de laquelle ils avaient mis au point l’envoi en Colombie, à partir de Panama, d’un millier de fusils d’assaut M-16, qui devaient être échangés contre de la cocaïne auprès de l’organisation colombienne du Cartel de Medellin.La drogue devait ensuite être convoyée aux États-U nis à bord d’un yacht, le Krill.Au cours de celte réunion, les deux | hommes se seraient entretenus par j téléphone avec Manuel Noriega, qui j leur aurait assuré que le Krill pourrait transiter sans risque par le canal, les ports et les eaux de Panama.L’affaire du Krill est l’une des 15 j charges pesant sur Noriega et 14 co- J accusés, dont Saldarriaga et Davi-dow.Ces derniers avaient obtenu du juge William Hoeveler d’être jugés séparément, car ils craignaient que [ la publicité faite autour du procès | Noriega affecte leur droit à un procès équitable et serein.PHOTO AP Un jeune Irakien pleure au milieu des décombres qui jonchent une rue de Bagdad.Selon le Congrès américain, les bombardements alliés sur l’Irak causent des problèmes logistiques qui pourraient entraîner cette année de graves pénuries alimentaires pour le peuple irakien.Même si l’Irak a une récolte record en mai-juin, le manque de carburant et de matériel freinera considéra blement la moisson et la distribution, selon un rapport rédigé pour le service de recherches du Congrès.L’Iran souhaite un départ rapide des Alliés TÉHÉRAN (Reuter) - L’Iran a salué hier l’arrêt des combats dans le Golfe, tout en souhaitant que les forces alliées, qui ont vaincu l’Irak, rentrent chez elles le plus rapidement possible pour permettre l’établissement de la paix dans la région.Lors d’une réunion présidée par le chef de l’État, Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, le Conseil supérieur de sécurité nationale a déclaré que l’Iran coopérerait avec tous les pays de la région pour le rétablissement de la paix et de la stabilité, a annoncé Radio-Téhéran.Il a aussi insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité territoriale de l’Irak, qui a livré une guerre meur-trière à l’Iran de 1980 à 1988, et sur le droit des Irakiens à choisir leur gouvernement après la défaite de Saddam Hussein.« Le Conseil (.) a exprimé sa satisfaction concernant l’instauration du cessez-le-feu qui permet le retour des Koweïtiens chez eux et l’arrêt de l’effusion de sang et des destructions, a rapporté la radio.Il a regretté les pertes importantes infligées aux peuples d’Irak et du Koweit à cause de l’entêtement des deux camps ».La position du Conseil est conforme à la politique de neutralité de l’Iran qui a condamné à la fois l’occupation du Koweit par l’Irak et le déploiement de forces étrangères dans le Golfe.« Une stabilité durable ne peut être instaurée dans le Golfe (.) qu’à travers la coopération entre les pays de la région et le départ rapide des forces étrangères dont la présence prolongée n’a plus aucune justification dans les circonstances actuelles», a déclaré le Conseil.Auparavant, la radio avait rapporté que le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Ve-layati, avait souligné « l’opposition (de l’Iran) à la partition de l’Irak et aux ingérences étrangères dans le destin du peuple irakien ».Deux quotidiens de Téhéran ont par ailleurs jugé le temps venu pour l’Iran de demander des réparations pour les huit ans de guerre contre l’Irak, conflit qui a causé en Iran des dégâts officiellement estimés à 1000 milliards $.Beaucoup d’iraniens pensent que que Téhéran se servira des avions irakiens qui se sont réfugiés en Iran ces six dernières semaines comme moyen de pression lors de négociations sur des réparations de guerre.Parmi ces appareils, qui seraient, selon les Alliés, environ 150, figurent certains des meilleurs avions de combat de l’Irak, chacun valant des dizaines de millions de dollars.Pour le journal Jomhouri Eslami, l’Iran devrait aussi demander sans délai des réparations au Koweit parce que l’émirat a soutenu l’Irak pendant la guerre irano-irakienne.Le journal pro-gouvernemental Tehran Times a pour sa part affirmé que la résolution 598 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la guerre irano irakienne soulevait la question de la reconstruction dans le cadre d’un rè glement.LE MONDE EN BREF Décès de Guillermo Ungo MEXICO (AFP) — Guillermo Ungo, l’un des chefs de l’opposition politique salvadorienne, est mort hier à l’âge de 60 ans à Mexico des suites d’une longue maladie cérébrale, a annoncé à l’AFP son fils Carlos Ungo.Guillermo Manuel Ungo, qui est décédé à l’hôpital espagnol de la capitale mexicaine, avait été candidat de la Convergence démocratique (gauche) lors de l’élection présidentielle du 19 mars 1989 au Salvador.Il avait dirigé le Front démocratique révolutionnaire (FDR), aile politique du mouvement de guérilla salvadorien Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) La Géorgie tiendra un référendum MOSCOU (AFP) — Le Parlement géorgien a décidé hier d’organiser le 31 mars un référendum sur la restauration de l’indépendance de la république de Géorgie basée sur l’acte d’indépendance du 26 mai 1918, a annoncé l’agence TASS.Le Parlement a également confirmé le refus de la Géorgie d’oganiser le référendum soviétique du 17 mars, sur l’avenir de l’Union.« Le peuple de Géorgie a, à deux reprises, affirmé sa volonté d’indépendance dans les élections de 1919, puis dans celles de 1990 », a déclaré le Parlement.Six des quinze républiques soviétiques (Géorgie, Moldavie, Arménie, Lituanie, Lettonie, Estonie) ont officiellement annoncé leur refus d’organiser ce référendum, une décision déclarée illégale par le soviet supreme soviétique.Il a autorisé l’ouverture de bureaux de vote dans les usines et les casernes dans lesquels tous les électeurs pourront se rendre.Une septième république, l’Azerbaïdjan, n’a toujours pas décidé si elle organiserait ou non le référendum du 17 mars mais les autorités de Moscou la comptabilisent parmi les républiques réfractaires.Des statues d’Enver Hodja remises en place VIENNE (Reuter) — Des communistes conservateurs albanais ont rétabli dans deux villes au moins les statues de l’ancien dirigeant Enver Hodja que des manifestants avaient renversées la semaine dernière, a déclaré hier un opposant de passage à Vienne.Genc Polo, porte-parole du Parti démocratique, a précisé que la situation était tendue et que des soldats avaient été déployés autour des statues remises en place à Korce dans le sud et Fier dans l’ouest du pays.Ces statues d’Enver Hodja, numéro un albanais pendant plus de 40 ans, sont l’un des enjeux de la lutte pour la démocratisation du pays et le nouveau dirigeant Ramiz Alia a proposé un référendum sur la question après les élections prévues fin mars.Genc Polo a par ailleurs déclaré que son parti avait reçu des informations portant sur plus de 200 arrestations à travers le pays et plusieurs actes d’intimidation contre des opposants. A-S ¦ Le Devoir, vendredi 1er mars 1991 ÉDITORIAL Les fermes propos On ne saurait gagner une guerre sans se lancer aussitôt dans de fermes propos pour une paix durable.C’est ce qu’ont fait mercredi et jeudi les ténors de la coalition contre l’Irak, le président américain George Bush, le président français François Mitterrand, le premier ministre britannique, John Major.Le Canada a produit un écho plus modeste mais non moins déterminé, par les voix du premier ministre, M.Mulroney, et du secrétaire d’État aux Affaires extérieures, M.Clark.Le rapide dénouement du conflit, son caractère décisif, portent à l’euphorie.Mutuellement étonnés de la solidité de leur alliance depuis août dernier, les coalisés se sentent d’attaque pour la paix, si l’on peut dire, et se croient capables d’y parvenir.Il est certain que l’Histoire, quand avec recul elle jugera cette guerre mieux que tous ceux qui y ont participé ou l’ont observée, retiendra surtout ses suites plutôt que les feintes et encerclements du général Schwarzkopf.Alors seulement saura-t-on s’il s’agit d’une victoire utile mais ponctuelle, ou d’une victoire structurante qui marquera un tournant pour « l’ordre international » îu nom duquel on a affronté et défait Saddam Hussein.Et ce qui en décidera, :e sera la croissance ou l’affaissement de l’Organisation des Nations unies comme lieu d’arbitrage des conflits internationaux, dans les années qui viennent.Rien, à cet égard, n’est acquis pour de bon.L’ONU a certes toutes les raisons de se réjouir de l’issue du conflit qui, s’ajoutant à de nombreux succès diplomatiques depuis l’arrivée de M.Perez de Cuellar à sa direction, lui donne enfin le rôle d’acteur majeur que l’on espérait depuis sa création.Mais on ne saurait oublier que l’intervention multinationale des derniers mois a profité d’une conjoncture tout à fait inhabituelle.Rarement les données seront-elles aussi claires, et les intérêts aussi convergents : à la fin de sa guerre contre l’Iran, Hussein était devenu un dictateur insoutenable et sanguinaire dont Européens et Américains, après [’avoir utilisé, souhaitaient se débarrasser ; le surarmement de l’Irak légitimait la décision exceptionnelle de recourir « à tous les moyens » y compris la force pour en finir avec ses ambitions territoriales ; le climat était devenu si volatil au Moyen-Orient que la neutralisation de la puissance militaire de l’Irak se serait imposée un jour ou l’autre ; à ces analyses politiques s’ajoutaient, facteur non négligeable, l’intérêt général à bloquer Hussein dans sa tentative de contrôle d’une énorme part des ressour- ces pétrolières mondiales ; dans le cas de l’invasion du Koweit par l’Irak, la violation du droit international était plus claire que dans toute autre querelle territoriale ; enfin le rare accord entre les deux superpuissances servait admirablement cet aussi rare consensus onusien.Ce n’est pas demain que l’ONU retrouvera autant d’atouts dans son jeu pour arbitrer des conflits régionaux, même s’il est vrai que le succès de la coalition renforcera désormais son pouvoir de persuasion.Et l’Organisation baigne déjà dans des difficultés nouvelles.Longtemps décriée, aux USA surtout mais chez d’autres pays occidentaux, comme une sorte de parloir du tiers-monde, l’ONU vient de renouer avec les États-Unis de façon Déjà, mm baigne dans des difficultés nouvelles trop spectaculaire pour ne pas être suspecte.Il n’y a pas six mois que Washington s’est enfin décidé à payer sa cotisation annuelle, et ses retenues, politiquement motivées, avaient auparavant plongé l’Organisation dans un chaos financier quasi irréparable.Plutôt que de bouder l’ON U comme son prédécesseur Ronald Reagan, M.Bush a préféré joindre et influencer les débats, mais une ONU qui serait dominée par la puissance américaine ne serait guère plus crédible que l’ONU d’hier.Quoi qu’en disent les opposants les plus farouches à la guerre du Golfe, rien ne laisse croire que les 38 pays de la coalition aient été des alignés aussi dociles.Mais la conduite de la guerre, qu’ils ont dû laisser à Washington pour des raisons tactiques, a largement nourri cette perception.C’est un revirement psychologique considérable, qui n’a pas fini de nuire à l’ONU non seulement auprès des peuples qui ont pris fait et cause pour Hussein, mais auprès des nations pauvres en général qui se méfient instinctivement des desseins américains.Ils n’ont pas toujours été aussi vertueux que ce combat pour la légalité internationale dans le Golfe.La crédibilité de l’ONU tient donc à sa capacité de reprendre un leadership réel dans toutes les opérations qui suivront le conflit.Elle devrait non seulement voir à la mise en place d’une force multinationale de paix dans la région, comme le secrétaire général l’annonçait hier, mais aussi jouer un rôle central dans la coordination des travaux de reconstruction, que s’arrachent déjà les chacals.La communauté mondiale admettrait mal que les émirs reviennent au Koweit sans rien changer à leurs habitudes de seigneurs qui repoussent depuis trente ans leurs engagements démocratiques ; l’ON U ne peut s’en désintéresser ni accepter leur refus, désormais, de se plier à la célèbre résolution 660 qui prévoyait aussi une discussion avec l’Irak sur le différend frontalier.L’ONU doit pousser immédiatement le débat sur le désarmement régional, et si le régime Hussein tombe comme il est souhaitable, elle doit empêcher les jus-qu’au-boutistes d’aller plus loin qu’un embargo sur la livraison d’armes à l’Irak.Les sanctions économiques, qui affectent aussi gravement la Jordanie, sont une arme à deux tranchants.Enfin, les autorités françaises, britanniques, canadiennes le disent et le répètent, le monde doit maintenant consacrer ses énergies au règlement de la question palestinienne.Nulle autre raison que le désespoir, et partant la rage, n’a amené partout les Palestiniens et leurs amis du monde arabe à célébrer Saddam Hussein, cynique profiteur de leur détresse.Si l’on ne peut bousculer toutes les parties au conflit, l’Organisation de liberation de la Palestine, Israël et les États-Unis par association, c’en est fait de la prétention de l’ON U à devenir force d’ordre et de conciliation.Écoutons là-dessus François Mitterrand, dans un entretien télévisé du 24 février : « On ne peut pas réserver à un pays particulier, en l’occurrence l’Irak, un traitement aussi dur que celui qu’il subit en oubliant d’agir avec équité lorsque d’autres conflits se proposeront à la négociation.» Ce défi s’adresse d’abord au Conseil de sécurité de l’ONU et on peut réécouter aussi ce que disait au DEVOIR, quelques jours avant le déclenchement de la guerre, l’ambassadeur du Canada aux Nations unies, M.Yves Fortier, à propos d’Israël et des territoires occupés : « Je suis très déçu que le règlement de ce problème n’ait pas avancé d’un pas depuis deux ans.En fait, il est très difficile de défendre l’inaction du Conseil du sécurité sur ce sujet.» Ce sera encore plus difficile, sinon impossible, désormais.En évoquant immédiatement la question palestinienne au moment du cessez-le-feu, M.Clark a engagé le Canada dans la bonne voie.Au risque de tout perdre, l’ONU et en son sein les forces de la coalition ne peuvent la laisser sans issue.LISE BISSONNETTE LETTRES AU DEVOIR Un pas à ne pas faire LES « INTELLECTUELS branchés» du Québec, c'est bien connu, n’aiment pas les Américains.Et il est vrai que ceux-ci ne sont pas toujours aimables.Mais de là à prendre systématiquement le parti de l’Irak, comme le font depuis le 2 août, à pas feutrés, la plupart de nos journalistes et beaucoup de lecteurs du DEVOIR, il y a, me semble-t-il, une marge.à ne pas franchir.Pourtant les gens qui, dans les pays occidentaux, seraient heureux que la coalition soit défaite par l'Irak et les masses arabes qui le soutiennent, ce sont les mêmes qui se réjouissaient, il y a quelques mois, de la j chute du mur de Berlin et de la victoire de la démocratie.Le régime de Saddam Hussein serait-il par hasard pour eux un modèle de démocratie ?Et l'Islam, tel qu’on peut s’en faire une idée à la lecture du Coran, serait-il pour eux l’idéal de tolérance auquel ils aspirent ?Contrairement à nos « intellectuels branchés », je ne prends pas mes vacances sur les côtes de la Floride ou à Cape Cod, car je trouve que la culture américaine a assez d’adeptes, conscients ou inconscients, comme cela.Par contre, entre la « démocratie » à la Saddam Hussein et le régime établi par les Pères fondateurs, mon choix est déjà fait.L’ensemble de la population a heureusement, elle aussi, fait son choix, comme le Parti Québécois d’ailleurs, ce dont je me réjouis vivement.Jacques Boulay Sainte-Foy, 13 février 1991 Aux dirigeants municipaux lavallois AINSI DONC, Ville de Laval tiendra au cours des prochains mois un sommet de la personne pour préserver et favoriser les qualités humaines.Le gros des énergies de nos dirigeants municipaux sera donc consacré à un vaste exercice de coasultation auprès de la population pour mieux façonner l’avenir.Compte tenu de l’expérience de nos voisins montréalais, où la coasultation tient lieu de politique, on peut se demander s’il est opportun de reprendre ici le même genre d’exercice ?Les programmes de nos partis municipaux ne rejoignent-ils pas les préoccupations des Lavallois ?Est-il nécessaire de consulter la population lavalloise pour s’apercevoir que notre réseau routier est dans un état de délabrement avancé ?Que dans certains quartiers, les trottoirs n’ont pas été refaits depuis 40 aas ?Un grand forum de consultation est-il requis pour s'apercevoir que le déblaiement de la neige n'a jamais été aussi lent et aussi mal .fait ?Faut-il mobiliser l’appareil municipal de février à mai pour se rendre compte d’une diminution marquée de la productivité de nos cols bleus (à qui incidemment l’administration municipale vient de consentir la semaine de quatre jours en pleine récession économique ! ) ?Tandis que nos édiles lavallois s’adonnent à un vaste sommet de la personne, l’infras- tructure municipale se désagrège à vue d’oeil.D’ailleurs, chers élus, ce gc.ire d’exercice n’amène-t-il pas le palier municipal à excéder ses champs de juridiction et à créer chez les citoyens de trop grandes attentes ?Regardez tous ces groupes de pressions et les « coalitions » de toutes sortes qui prétendent parler en notre nom et qui interfèrent dans le processus de décision et vous m’en donnerez des nouvelles.Pendant qu’on traitera de la « famille, de l’emploi, des diversités sociales, etc.», on continuera à s’enfarger dans les trous du boulevard des Prairies, de la rue Ampère, etc.Au lieu d’ergoter sur les grands enjeux de l’an 2000, au lieu de se mêler de « refaire le monde » dans les soi-disant « projets de société », ne vaudrait-il pas mieux pour nos élus municipaux de s’en tenir à leur mandat : entretien convenable des rues, des trottoirs, des parcs, etc.Comme le disent souvent nos voisins du Sud à propos des organisations qui prennent de l'embonpoint en s’éloignant de leur mandat initial, « back to the basics » et les contribuables ne s’en porteront que mieux.Occupez-vous d’abord de ce pourquoi vous avez été élus et vous aurez fait plus pour « la qualité de la vie » à Laval que n'importe quel colloque du genre.Marc-Aser De Sève Laval, 25 février 1991 Entreprises et formation LES ENTREPRISES et les patrons sont toujours très prompts à dénoncer les imperfections du système éducatif.Mais, on ne peut pas dire qu’ils brillent particulièrement par leurs actions à ce niveau.Les entreprises tendent encore à associer les coûts de la formation professionnelle à des dépenses qu’il faut diminuer le plus possible au lieu de les voir comme un investissement pour l’avenir.Quelques chiffres : seulement une entreprise canadienne sur trois fait de la formation structurée.Les employeurs canadiens dépensent en moyenne 160 $ par année par travailleur au chapitre de la formation.Les patrons américains sont un peu plus gé- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice USE BISSONNETTE Réducteur en chef et directeur de l'information Fier nard Descoteaux Directeur délégué à I administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Albert Juneau, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de I information PietTe Cayouette, Jacques Chabot, Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS néreux : 340 $, soit un peu plus du double que leurs homologues canadiens.Quant aux Européens et aux Japonais, les sommes investies sont telles qu’il est gênant de faire quelque comparaison que ce soit.Les milieux d’affaires veulent encore demander à l’école d’assumer un rôle qui n’est pas le sien.A qui profite la formation professionnelle ?Aux entreprises bien sûr.Alors, pourquoi celles-ci ne paient-elle pas leur juste part dans ce dossier ?Encore une fois, les hommes d'affaires veulent que les coûts d’exploitation (formation professionnelle et formation structurée) soient sociaux (c’est-à-dire payés par l’État, donc par les contribuables) mais ils veulent, du même souffle, que les profits demeurent privés et libres d’impôts ! Il y a là une incongruité qui confine au scandale.Le système scolaire n'a pas à prendre en charge les besoins de l’industrie.Si celle-ci a besoin de techniciens spécialisés, dont les qualifications changent tous les trois ou cinq ans, qu’elles en assument la formation, par le biais d’instituts techniques privés (comme c’est le cas notamment en Allemagne et au Japon et, dans une certaine mesure, aux ÉtaLs-Unis).Les entreprises devraient s’impliquer plus fermement dans ce dossier, surtout au chapitre de son financement.Elles pourraient alors légitimement se prononcer sur les objectifs de formation susceptibles de remplir adéquatement leurs besoins en main-d’oeu-vre (.).Demander à l’école de prendre en main la formation de travailleurs spécialisés dans des disciplines de pointes qui évoluent au rythme des changements économiques relève de l’inconscience la plus totale.C’est demander l’impossible à une institution, dont la mission est de créer des têtes bien faites.La vie, l’expérience et le marché du travail se chargeront de les remplir, ces têtes.Louis Pilon Ste-Thérèse, 25 février 1991 Combien payer un médecin en CLSC ?LES CLSC sont une excellente façon de fournir un service de santé qui intègre les besoins médicaux, sociaux et psychologiques du patient.J’apnuie profondément l’idéologie qui a donne naissance aux CLSC mais le gouvernement québécois doit permettre aux CLSC d'attirer les médecins dont ils ont besoin.Savez-vous que actuellement les médecins qui travaillent aux CLSC gagnent un salaire qui représente à peu près la moitié de celui des médecins pratiquant en cabinet privé ?De plus dans les régions urbaines, où il existe toujours une grande demande de médecins pour les C ESC, ces derniers n’y gagnent que 38 000 $ par année.C’est-à-dire, le même salaire que celui d’un médecin-résident et moins que celui d’un infirmier avec 10 ans d’expérience.Avec de tels écarts salariaux, il est à se demander comment les CLSC pourront fonctionner.Thomas J.Mele Montréal, 21 février 1991 LE MONDE.ça y esî Ü! y Ai Ttovvé la MARCHÉ ARftifcRÊ JmVA mi Jean-Robert Sansfaçon Le cousin Jean VOUS NE TROUVEZ pas ça curieux qu’après la guerre et la Constitution, ce soit la pauvreté qui fasse la manchette depuis quelques mois ?Les médias sont ainsi faits : il leur faut toujours une mode à laquelle s’accrocher, un genre de locomotive au goût du jour.On a eu le virage technologique, puis les hommes d’affaires à go go, et aujourd’hui c’est la pauvreté.La faim, l’itinérance, les HLM, moins on agit, plus on en parle.Remarquez que la pauvreté mérite bien le détour.Plus en tout cas que les frasques de Jean-Guy et d’Ovila.Frédéric Lesemann, de l’École de travail social à l’UdeM, faisait remarquer que les militants chrétiens, religieux et civils, sont sans doute les premiers responsables de ce récent brassage médiatique autour des problèmes reliés à la pauvreté.Pas les gens de l’évêché, englués dans leur confort, mais les autres, notamment ceux qui s’inspirent de la théologie de la libération.On a tous une tante ou un oncle religieux dans la famille.Ça fait partie de notre patrimoine, au même titre que les cretons et la tarte au sucre : on en mange de moins en moins, mais on y reste attaché.Parmi ceux de ma famille, il y en a un qui, justement, est impliqué jusqu’aux oreilles dans l’action communautaire.C’est un Jésuite et, si j’en crois ma mère, les Jésuites sont les plus instruits et donc les plus intelligents des curés.Je ne suis pas devenu curé pour autant et n’avais même, jusqu’à tout récemment, jamais rencontré mon cousin, le Jésuite.N’empêche que ça marque de se faire dire ça ! De temps à autre, j’entendais parler de lui.On disait qu’il habitait Saint-Henri et moi je pensais : lui qui vient d’une bonne famille bourgeoise de Québec, que peut-il y faire d’autre que de la pastorale ?Surtout que c’était l’époque du grand noyautage marxiste-léniniste et Dieu sait que les jeunes militants staliniens ne se gênaient pas pour casser du sucre sur le dos des prêtres ouvriers.Alors, pas gêné, je me suis fait inviter par le cousin Jean, à manger et à visiter son Local Ensemble, rue Notre-Dame ouest.Maintenant âgé de 47 ans, Jean Bellefeuille vit en appartement avec trois autres Jésuites.Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces hommes-là ne mourront pas étouffés sous les gadgets et la décoration intérieure ! Lumière crue, verres à eau « la flamme olympique » de Petro-Canada, mobiüer de salon à fleurs plus-kitch-que-ça-tu-meurs, chambres d'étudiants fraîchement sortis de chez leurs parents et aux murs, des posters tiers-mondistes.Bref, fonctionnel, mais pour l’atmosphère, c’est dans la tête que ça doit se passer.Des trois curés sous ses « ordres », puisqu’il est le supérieur de la petite commune, Jean est le seul qui soit impliqué quotidiennement dans le quartier.Les autres sont prof de théologie à l’Université, permanent à la revue Relation et étudiant en philosophie.S’ils habitent le quartier, c’est pour rester « proches du vrai monde » et donner un coup de main à Jean, au besoin.Chacun a ses responsabilités — pour Jean c’est la voiture — et chacun son soir pour préparer la bouffe.Un seul compte de banque, « on fait un budget et on pige quand on en a besoin ».Le salaire du prof compose le gros des revenus du groupe et, une fois les « taxes » payées à la Compagnie de Jésus, 10 % de ce qui reste est « réinvesti » dans le Local Ensemble, dont Jean assume la coordination.CE LOCAL, c’est un centre d’éducation populaire où l’on offre toutes sortes de cours (comment gérer son budget ou cuisiner avec pas grand-chose), des ateliers sur la violence familiale, la toxicomanie, etc.Tout ça pour « développer l’autonomie des individus et les aider à s’en sortir collectivement », comme on dit en langage militant.On connaît le discours, il n’a pas beaucoup changé avec les années, pas plus que la réalité du quartier.Parce que, malgré les condos et la proximité du centre-ville, Saint-Henri et Petite-Bourgogne sont encore les milieux les plus pauvres de Montréal.Le revenu familial moyen y est de 50 % inférieur à celui de l’ensemble des Montréalais et de 100 % plus bas que celui des habitants de Cartierville.Chômage, alcoolisme, maladie mentale, violence.nommez-les, ils sont là les problèmes, collés au quartier comme une deuxième peau, cancéreuse.Après le départ des marxistes-léninistes, à la fin des années 70, les groupes populaires sont restés dans un état de désorganisation lamentable.Le rêve d’un grand soir tout étoilé de rouge venait de s’écrouler et seule la misère persistait, incrustée dans la vie des gens ordinaires.La misère, les travailleurs sociaux et quelques curés non défroqués, pour l’accompagner comme on accompagne un mourant.C’est justement cette persévérance qui intrigue.Après toutes ces années, j’étais curieux de savoir ce qui le retenait là, le cousin Jean.Pourquoi n’a-t-il pas défroqué comme les autres ?Il m’a répondu : — Tous ceux qui sont sortis ont aussi abandonné l’action sociale.Une famille, des enfants, une carrière, ça laisse pas beaucoup de temps.Je me trouve chanceux, j’ai même pas mal plus de fun que mes anciens confrères du collège ! — Fais-tu ça « pour servir Dieu », comme on disait dans le temps ?— Lui, il n’a pas besoin qu’on Le serve, il se suffit très bien à lui-même.Je fais ça parce que j’aime ça, parce que c’est nécessaire et que les gens d’ici en ont besoin.— T’as pas l’impression de pédaler dans la choucroute avec les cours, ton dépannage au jour le jour ?— Il n'y a pas que les cours, je participe aussi à différentes tables de concertation dans le quartier, pour créer des jobs, faire pression sur les gouvernements et susciter une plus grande solidarité entre les gens.Si j’ai bien compris, ce serait donc moins une question de « charité chrétienne » que de conviction politique.— C’est juste de dire que les raisons pour lesquelles je suis entré en religion et celles pour lesquelles j’y reste ont beaucoup évolué.Des bondieuseries, il s’en glisse encore passablement dans le discours des curés, même des plus progressistes.Peut-il en être autrement, c’est comme de demander de se la fermer à un vendeur de chars usagés.Mais, ces gars-là font des efforts pour ne pas trop écoeurer le peuple avec leurs histoires de bon Dieu N’empêche que ça écorche toujours les oreilles de celui qui trouve que l’Église catholique est l’une des institutions les plus rétrogrades, les plus réactionaires, les plus sclérosées de notre société.Et, ce ne sont pas quelques curés à la mode qui peuvent y changer grand-chose.M'enfin ! JE NE SAIS pas jusqu’où ira le cousin Jean, lui non plus d’ailleurs.J’ai le net sentiment qu’il s’est fait une vie agréable dans ce « métier », une vie plus libre et plus trippante que celle de bien des salariés du 9 à 5.Bientôt la cinquantaine, le petit pneu confortable, il est maintenant parmi les plus jeunes de la communauté.Les pressions sont fortes pour le faire sortir du quartier et lui-même, il se demande s’il ne devra pas, un jour ou l’autre, accepter d’autres responsabilités chez les Jésuites.Or, sortir d’un milieu où l’on s’est rendu indispensable sans risquer la déconfiture, c’est plus facile à dire qu’à faire.La relève, sa propre relève, tarde à se manifester.Et cette fois, ce ne sera pas du côté des Jésuites qu’elle viendra.Peut-être du quartier, ce qui, selon Jean, serait l’idéal idéal comme la fin de la misère.Mais de la misère, on a rarement vu surgir autre chose qu’un peu plus de misère.
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