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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-03-28, Collections de BAnQ.

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RELIGION Dossier spécial L’ACTION SOCIALE DES ÉGLISES Montréal, jeudi 28 mars 1991 Une Église solidaire du destin des Québécois Jean-Pierre Proulx ON LES A VUS marcher dans la rue avec les assistés sociaux et s’amender douloureusement devant 1000 Québécoises.Pierre Elliott Trudeau les a traités d’« amateurs ».LE DEVOIR leur a reproché leur « prose idéologique dépassée ».La droite catholique dit qu’ils se prennnent pour des laïcs.Et le plus souvent les médias les ignorent.Qu’à cela ne tienne, les évêques, car c’est d’eux qu’il s’agit, se veulent « solidaires du destin du peuple québécois et des questions qui l’affectent », affirme Jean-Guy Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda et ex-président de Comité des affaires sociales des évêques du Québec ( AEQ).Depuis 1972, en particulier, ils interviennent régulièrement dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec.Toujours dans la même perspective : promouvoir la justice sociale.Pour eux, il s’agit là d’une dimension essentielle de leur mission d’annoncer l’Évangile.L’évêque de Saint-Jean-Longueuil, Bernard Hubert, préside actuellement le Comité des affaires sociales de l’AEQ.Il a succédé à ce poste à Jean-Guy Hamelin, qui lui succédait à Adolphe Proulx, ancien évêque de Hull aujourd’hui décédé et sans doute l’évêque le plus notoirement engagé du Québec contemporain.Mais Bernard Hubert a présidé aussi, dans les années 1970, la Commission des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques ! du Canada.C’est aujourd’hui l’é-; vêque de Saint-Jérôme, Charle Va-i lois, qui tient cet office.LE DEVOIR les a recontrés en compagnie de collaborateurs qui les S ont assistés ou les assistent encore | dans leur tâche d’« éveilleurs de con-; science » : Gisèle Turcot, soeur du ; Bon-Conseil, et actuellement directrice de Relations, Fabien Leboeuf de Développement et Paix, et Clau-[ dette Boivin, l’actuelle seerétaire-ad-jonte aux affaires sociales de l’AEQ.Persone n’a, à ce jour, recensé vraiment l’ensemble des interventions sociales, individuelles ou collectives, des évêques du Québec et du | Canada depuis 25 ans.Mais un recueil publie par le Centre Justice et ; Foi en reproduit 59 pour les seules | années de 1972 à 1983.Jusqu’en 1974, raconte Bernard I Hubert, c’est la Conférence des évê-‘ ques du Canada qui exerçait le leadership dans ce domaine.Traditionnellement et jusqu’en 1978 elle a publié des messages à l’occasion de la Fête du travail.Les plus importants, rappelle-t-il, ont porté sur la gestion responsable des biens, la correction des injustices sociales, de même que sur la primauté du travail sur le capital.Mais à compter de 1974, les évê- ques du Québec, dont l’Assemblée venait de se restructurer, ont décidé : « de prendre désormais, la parole», raconte Bernard Hubert.On choisit donc d’intervenir à l’occasion de la fête des Travailleurs, le premier mai.On se montre surtout « attentif à la conjoncture », dit Bernard Hubert et si, sur la scène canadienne, on vise les leaders, au plan québécois, on s’adresse aux chrétiens.Leur premier message, en 1974, donne le ton.Il s’intitule: « Le 1er Mai : une fête de la justice ».Un paragraphe, en particulier, livre le fon- dement de leur programme social : « La justice demande que l’on sache faire des choix parmi les nombreuses réclamations présentées par les groupes les plus divers ; que priorité soit accordée aux projets qui visent à satisfaire les besoins des plus démunis et des plus pauvres ».Mais la politique les intéresse tout autant.En 1977, ils écrivent sur la loi 101 : « Il fallait rétablir la justice en faveur de cette majorité qui, à cause de différentes circonstances historiques, ne recevait pas ce qui lui revenait de droit, par exemple la protection, la sécurité, une participation économique correspondant à son nombre, la reconnaissance et la promotion des valeurs culturelles de sa langue ».Ils n’en expriment pas moins des réserves sur la définition du mot Québécois, la langue d'enseignement, le respect des miniorités, le rapport entre droits individuels et collectifs.Le débat référendaire de 1980 les fait intervenir deux fois : « Aucun des choix politiques qui s’offrent présentement au Québec pour son avenir constituttionnel ne s’impose au nom de l’Évangile », disent-ils.Ils affirment clairement le droit du peuple québécois à l’autodéterminantion, mais rappelent aussi que les anglophones, les autochtones et les communautés culturelles « font partie de la communauté québécoise et y ont des droits égaux ».Mais ce qui leur importe avant tout, c’est de « construire ensemble une société meilleure », comme s’intitule leur deuxième message.Ce sera notamment, une « société de participation, fondée sur le respect des droits des la personne et la reconnaissance de ses devoirs, basée sur une juste répartition des biens et Voir page C-4 : Destin J?; PHOTO JACQUES NADEAU V rîtfp! 1 1 La solidarité avec le peuple québécois est parfois compromettante ! On ignore si l’archevêque de Montréal, Mgr Jean-Claude Turcotte, est pour le « oui ».Mais ceux qui sont pour le « oui » sont manifestement pour l’archevêque ! La scène a été prise sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste le 24 juin dernier.Religieux et religieuses se portent au chevet des sidéens Renée Rowan ILS SONT des dizaines à s’être tournés vers eux.On dirait presque une mode.En réalité, ce nouveau bénévolat des religieux et des religieuses auprès des personnes atteintes du virus du sida est un engagement personnel à l’égard des plus démunis, des plus rejetés de la société.Pour certains, c’est même une réorientation de leur vie religieuse.« C’est être vraiment ‘frère’ pour les autres, près d’eux quand iLs en ont besoin, c’est être porteur d’amour », explique M.Wilson Kennedy.Frère de Sainte-Croix, il est responsable du personnel à la Maison Nazareth, un centre d’hébergement qui accueille une dizaine de femmes et d’hommes j atteints du sida.« Responsable du personnel », c’est son titre officiel.Dans les faits, il partage la vie des résidants, il mange à la même table qu’eux.Il les écoute, les soutient.11 est une présence, quelqu’un qui accepte de les toucher, qui les accompagne dans ce qu’ils vivent.C’est la possibilité to-¦ taie d’aimer l’autre.Originaire du Nouveau-Brunswick, Wilson Kennedy n’a que 30 ans.Après un an d’enseignement à l’élémentaire, dans l’État de l’Indiana, aux États-Unis, il est allé travailler avec les Soeurs de Saint-Joseph, à Albany, où il a ouvert une soupe populaire pour les itinérants.11 y est resté un an, après quoi sa communauté l’a envoyé à Montréal pour y parfaire ses études de théologie.Il ne voulait pas retourner à l’enseigne- ment.Il a cherché où il pouvait être le plus utile et s’est senti interpellé par les personnes atteintes du sida souvent abandonnées par leur famille, par la société.Avec l’accord de l’archevêché et de sa communauté, il a d’abord travaillé bénévolement, pendant un an, au sein du Comité Sida Aide Montréal, maintenant disparu, puis à la Maison Nazareth.Pour lui, c’est une réorientation de la vie religieuse : « Comme frère, je me suis engagé à répondre aux grands besoins de l’Église.L’accompagnement des personnes atteintes de sida est un de ceux-là ».Ils sont des dizaines à Montréal, religieux et religieuses de diverses communautés qui, bénévolement, travaillent côte à côte avec des laïcs pour tenter d’adoucir les derniers mois de ceux et celles qui souffrent du sida, qui en meurent.On les retrouve dans les maisons d’héberge ment, dans les centres de jour, sur divers comités ou conseils d’administration.Certains donnent un jour, d’autres une nuit par semaine.Pour plusieurs, c’est un travail à plein temps ou presque.« Notre engagement dans ce type de bénévolat traduit les nouvelles orientations qui se dessinent dans l’implication apostolique des communautés religieuses », explique M.Édouard Bolduc.Frère de la Charité depuis 40 ans, il a travaillé 27 ans auprès des jeunes délinquants du Mont-Saint-Antoine où il a occupé diverses fonctions avant d’être nommé directeur des services professionnels, puis directeur général.Après quoi, on lui a demandé d’être supérieur général de sa communauté au Québec.C’était un mandat de six ans.« Après ça, la vie a commencé », lance avec humour M.Bolduc.Depuis janvier 1989, il travaille bénévolement et à plein temps pour Les Hébergements de l’Envol, un organisme sans but lucratif mis sur pied par un laïc, M.Julien Levasseur.En plus du travail administratif dont il est responsable à la maison du boulevard Saint-Joseph où l’on accueille quatre personnes atteintes du sida, en phase terminale, il s’occupe activement des malades qui sont la raison même de son implication.« Au cours des 20 dernières années, poursuit M.Bolduc, il s’est développé énormément de ressources communautaires fondées par des communautés religieuses.Maintenant que nous avons à faire face, nous aussi, à un manque de ressources tant financières qu’humaines, ce n’est plus notre rôle de lancer de nouvelles oeuvres.Nous devons plutôt nous intégrer, à titre individuel, dans celles qui existent déjà ou dans les nouvelles oeuvres développées par des laïcs.» Depuis ses débuts, l’Envol a eu des bénévoles appartenant à une bonne douzaine de communautés religieuses différentes.Chacun d’entre eux.frères et soeurs, y sont venus par di vers chemins.Enseignante durant 40 ans, soeur Gabrielle Laberge, des soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, a été directrice au pensionnat Marie-Rose durant 10 ans.Puis, elle est allée vivre en résidence « dans un milieu propre à exercer la justice sociale».Elle a travaillé auprès des femmes monoparentales (de l’écoute té léphonique), puis dans un magasin où elle vendait des articles fabriqués par des femmes chefs de famille.Elle a participé étroitement à la mise sur pied du projet l’Envol et a vécu toutes les difficultés inhérentes à un début de fondation.Durant trois ans, ça été du plein temps.À cause d’un problème de santé, elle a dû ralentir ses activités, puis c’est temporaire, dit-elle.Soeur Laberge vit à l’Envol une « retraite exceptionnelle ».Le fait d’être un religieux ou une religieuse nuit-il à la communication avec les personnes hébergées ?« Nous venons ici en tant d’humains qui viennent rencontrer d’autres humains, répond soeur Laberge.Nous ne sommes pas ici pour parler du bon Dieu.Un des objectifs visés est de créer un climat le plus propice possible au calme, à la sérénité, a l’amour, à la joie, à la patience, à la bonté.Je n’ai jamais été témoin d’un rejet ».De retour à Montréal après 20 ans comme infirmière en Afrique, soeur Gisèle Landry, des soeurs du Sacré-Coeur de Jésus, a cherché où était la plus grande détresse.Elle s’est aussi tournée vers les personnes atteintes du sida.Elle a fait de l’écoute téléphonique une journée par semaine au Comité Sida Aide Montréal en plus de donner une nuit à l’Envol, tout en faisant un recyclage à l’ap- proche des mourants.C’est à la suite d’une conférence sur les femmes et les enfants, face au sida, qu’elle a senti l’immensité des besoins de ce côté.En collaboration avec une autre religieuse, soeur Lucie Bourque, des Soeurs du Bon Pasteur, dont la mission a toujours été de s’occuper des femmes dans le besoin, elles ont mis sur pied un centre de jour tout en travaillant à l’ouverture d’une maison pour les femmes et leurs enfants.Première initiative du genre, la maison Luc-Larivée doit ouvrir ses portes en avril.L’engagement auprès des personnes atteintes du sida prend diverses formes.Ainsi, le curé de la paroisse Sainte-Gemma, dans le nord-est de Montréal, a transformé une grande partie de son presbytère en une maison d’hébergement.La Maison Ludovic, qui a ouvert ses portes en septembre dernier, peut accueillir jusqu’à six résidents à la fois.Le cure y a conservé ses appartements.«J’habitais seul cette grande maison et cela me dérangait.À l’occasion de l’année mariale, Mgr Gré- ! goire a écrit une prière dans laquelle il disait « Oh Vierge Marie, vient au ; secours des pauvres, des immigrants et des oubliés de notre société ».| Pour avoir été en contact avec des [ familles de personnes atteintes du sida dans ma paroisse, je me suis dit qu’il y avait là quelque chose à faire.» Le personnel de la maison est laïque tout comme l’équipe des 15 bénévoles, sauf une religieuse qui s’est engagée à titre personnel.La charité passe par la justice DEPUIS toujours, les chrétiens ont fait de la charité leur marque de commerce.Mais ce n’est que depuis pou que le combat pour la justice sociale fait partie de leur discours et surtout de leur pratique, individuelle ou collective.Du reste, dans les paroisses, là où ils se retrouvent surtout, les oeuvres de dépannage dominent toujours.Le débat est là : le rôle des Églises consiste-t-il à soulager les pauvres en laissant aux pouvoirs publics et aux groupes de pression le soin de combattre les injustices à l’origine de cette pauvreté?Ou faut-il que les Eglises investissent aussi le terrain social, économique et politique?À la vérité, le débat a été tranché au synode romain de 1971 sur la justice: « La mission de prêcher l’Évangile exige, aujourd’hui, a décrété le synode, rengagement radical pour la libération intégrale de l’homme, dès maintenant, dans la réalité même de son existence en ce monde ».« Le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde nous apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile qui est la mission de l’Église pour la rédemption de l’humanité et sa libération de toute situation oppressive ».Ailleurs, la réponse à cet impératif a déjà fait des victimes.Dimanche dernier, des chrétiens commémoraient la mort de Mgr Romero, tué sous les balles, il y a dix ans, au Salvador.Il n’y a pas, faut-il le dire, que des chrétiens qui soient morts violemment pour la justice.Ici, les choses sont plus tranquilles, mais des croyants agissent aussi au nom des mêmes convictions.C’est d’eux que parlent aujourd’hui ce cahier special, le dixième, incidemment, que LE DEVOIR publie chaque jeudi saint depuis 1981.Nous avons voulu tenté d’abord d’être représentatif des diverses traditions religieuses.Certes, le Québec demeure très majoritairement catholique, mais y vivent aussi des protestants, des juifs et de plus en plus de musulmans et de boudhistes.Nous avons voulu rendre compte aussi des différents lieux communautaires d’où surgissent l’action et la pensée sociale et, au premier chef, du corps des évêques qui, collégialement surtout, intervient de façon soutenue, dans les affaires sociales, économiques et politiques du pays.Et ils ne font pas l’unanimité.Un sondage du DEVOIR, en août 1984, avait montré que si 56% des catholiques sont d’accord avec leurs interventions, 39% sont contre.Qu’en serait-il aujourd’hui?Les laïcs de leur côté, à travers des regroupements libres ou paroissiaux, occupent de nouveaux terrains.Les communautés religieuses rédéploient aussi leurs efforts vers d’autres besoins.Surtout, les frontières entre ces trois lieux communautaires —épisopat, laies, religieux— sont ouvertes comme d’ailleurs avec le monde séculier où beaucoup mènent les mêmes luttes.Car le mot d’ordre, en action sociale, est : « solidarité ».LE DEVOIR n’a pas voulu être chauvin ! On lira des reportages aussi bien sur ce qui se passe à Amos, Joliette, Québec, dans le Bas-du-Fleuve.En ces temps d’un Québec « cassé en deux », cela s’imposait.Nous avons fait place aussi à la dimension internationale.Nous n’avons pas tenu compte cependant des âges de la vie.Nous achevions ce texte quand la Jeunesse étudiante catholique et le Mouvement des étudiantes et étudiants chrétiens du Québec nous ont remis leurs récents mémoires au ministre de l’Éducation, sur la loi 107, l’évaluation des apprentissages et le développement intégral de la personne, question, écrivent-ils, de « monter comment des jeunes, de façon très concrète, donnent des mains à l’action sociale de l’Église catholique».Dont acte! ün célèbre au fait cette année le 100e anniversaire de la première encyclique sociale Rerum Novarum.Aussi, LE DEVOIR est heureux d’apporter sa contribution à l’information et la réflexion sur ce thème.— Jean-Pierre Proulx II msMSI UN ÉVÉNEMENT ÉDITORIAL SANS PRÉCÉDENT L’HISTOIRE DU CHRISTIANISME des origines à nos jours P ¦ ublication de référence et monument de culture en 14 volumes, cette prestigieuse collection, soutenue par le Centre national des Lettres, est appelée à devenir une véritable institution internationale.DESCLÉE/FAYARD SOUS LA DIRECTION DE MARC VENARD Université de Paris X (Époque moderne) JEAN-MARIE MAYEUR Université de Paris IV Sorbonne (Période contemporaine) CHARLES PIETRI directeur de l'École Française de Rome (Antiquité) ANDRÉ VAUCHEZ Université de Paris X (Moyen Âge) AVEC LA COLLABORATION D’UNE CENTAINE DE COLLABORATEURS français, canadiens, belges et de diverses confessions chrétiennes Appiip pnp»i AIE TOME VI 85,95 $ ou lieu de 98,95 $ UrrKc jrcUALc tome xii 99,95 $ouiieude 112,95$ Offre valable jusqu'au 31 août 1991 Ouvrages disponibles chez votre libraire, ou chez IRIS DUFfUSJON INC.(Distributeur exclusif ou Conodo) 5090, de Bellechosse, Montréal, Québec HIT 2A2 Tel.: (514) 253 0403 • Fox: (514) 256-5078 \ C-2 B Le Devoir, jeudi 28 mars 1991 RELIGION Dossier spécial L’ACTION SOCIALE DES ÉGLISES les communautés enseignantes se tournent de plus en plus vers les milieux populaires Jean-Claude Leclerc PLUSIEURS communautés religieuses encore actives dans l’enseignement privé au Québec ont entrepris un important virage vers des secteurs de l’éducation où de « criants besoins » sont souvent négligés par les autres institutions.Cette réorientation, d’abord dictée par le vieillissement du personnel et le manque de relève, aura coïncidé aussi avec une mise à jour de l’engagement social des communautés, accusées parfois d'être restées au service d’enfants de classes aisées même si plusieurs de leurs membres enseignent aussi au secteur public.En même temps que plusieurs écoles privées ont commencé de passer sous une relève laïque, des religieux, hommes et femmes, ont entrepris de bâtir des services d’alphabétisation, de refuge pour femmes et enfants en difficulté, d’intégration des immigrants et d’autres formes d’appuis aux personnes « appauvries ou opprimées» par la société actuelle.Tout en continuant d’enseigner aussi dans le secteur public, les communautés tentent, quand cela est possible, de sauver l’héritage que représentent leurs institutions.Ainsi, de la centaine établissements affiliés à l’Association des institutions d’enseignement secondaire (AIES), une quinzaine ont déjà été cédés à des directions laïques et une vingtaine auront complété d’ici trois ans le même retrait progressif.Une vingtaine d’autres sont engagés dans une réflexion de cet ordre.Il est cependant plus facile de trouver une clientèle, du financement et une relève laïque dans les grands centres que dans les milieux ruraux, même si les parents tiennent à y garder ces institutions.En fait, si une trentaine d'établissements de- vers les laissés-pour-compte de notre temps.LES CLERCS DE SAINT-VIATEUR vront sans doute fermer leurs portes d’ici peu, on en a ouvert une douzaine d’autres depuis cinq ans.Pour une grande institution comme le collège Brébeuf qui a complété son changement de direction, maintes autres connaissent, au contraire, les mêmes difficultés de survie que les populations déclinantes et appauvries des milieux ruraux.Ce sont justement les populations en détresse qui préoccupent de plus en plus les communautés enseignantes.Ainsi, les conditions souvent pénibles faites aux enfants et aux femmes de familles monoparentales ont incité des communautés à songer à des services de garderies.Les pensionnats pourraient même revenir à la mode.Ce n’est pas sans quelque hésitation que les communautés ont débattu du virage qu’on leur proposait en les invitant a aller carrément dans les milieux défavorisés.Certaines religieuses sont déjà engagées sur le terrain de la contestation sociale.D’autres ne veulent pas cependant renoncer à l’éducation.Le débat se poursuit.La direction de la Congrégation Notre-Dame, par exemple, a pris l’option de s’engager auprès de populations « appauvries et opprimées».D'autres communautés aussi.Néanmoins certaines enseignantes estiment que l’éducation, quelle que soit la classe sociale à laquelle on enseigne, revêt plus d’importance que jamais dans une société déshumanisée par le primat de l’économique.Entre-temps, sur le terrain, des projets audacieux mettent des religieuses à l’avant-garde du changement au Québec.C’est ainsi qu’une vingtaine de soeurs venues de onze communautés ont entraîné pas moins de 80 bénévoles dans un projet d’intégration des immigrants et des )aUVIDEC,nc.Production de toute oeuvre • audio-visuelle • littéraire • artistique destinée à promouvoir le développement • moral • spirituel • religieux de la personne S’adresser à Madeleine Lavallée 1600, rue de Lorimier Montréal, Qc, H2K 3W5 (514) 521-1984 Colloque du centenaire de Rerum novarum 12 au 17 mai 1991 Patro Laval, Église Saint-Roch, Université Laval iiÉi Quatre thèmes Cent ans d’enseignement social Christianisme social et socialisme chrétien Économie et travail L'interpellation du Tiers Monde La question sociale hier et aujourd’hui Pour informations: (418) 656-3246 Limité de Théologie.I diversité Laval cZli * N|\ I RM 11 Église diocésaine de (jucher W-.LAVAL t; r.r ü.u.d Les habitués du Centre Promis installé dans quatre logements de la rue Barclay, à Montréal.PHOTO JACQUES NADEAU réfugiés du quartier de Côte-des-Nei-ges a Montréal.Aide aux enfants des écoles multiethniques du coin, cours de français et d’intégration au Québec pour les adultes, halte-garderie, cuisines collectives pour les familles démunies, défense des locataires exploités et recherche d’emplois, une petite révolution tranquille est en marche sous la direction d’une missionnaire revenue du Japon.Le centre Promis qui s’est installé dans quatre logis d’un bloc appartement de la rue Barclay devra bientôt déménager dans un immeuble de 30 logements ! Pendant que des étudiantes enthousiastes font dans leur collège du recruement pour le centre, trouvant là un sens nouveau à leur vie, des religieux catholiques sont en train de s’engager dans une démarche multiconfessionnelle avec des représentants d’autres confessions : chrétienne, judaïque, musulmane, boudhique.Avec l’arrivée dans les écoles privées de multiples groupes ethniques non catholiques, l’Association des religieuses enseignantes du Québec ( AREQ) a invité les directions de ces écoles à réfléchir sur l’orientation confessionnelle de leurs projets éducatifs.Le choc des cultures ne fait pas peur.Le recrutement dans les pays du tiers-monde ne comble certes pas encore les rangs des communautés religieuses, mais l’expérience missionnaire à l'étranger donne un dynamisme évident à ces nouvelles expériences d’éducation populaire.el-woe: ChuDEC Lim Production de toute oeuvre • audiovisuelle • littéraire • artistique destinée à faire connaître l'influence historique de personnes qui se sont engagées dans des actions importantes au nom de leur foi.S’adresser à Madeleine Lavallée 1600, rue de Lorimier Montréal, Qc, H2K 3W5 (514) 521-1984 (Jeunesse Étudiante Catholique) est à la recherche de ses anciens membres.Lancement de publications, conférences, retrouvailles, implication dans le mouvement.Des événements et une solidarité pour lesquels nous souhaitons reprendre contact avec vous.Faites-nous savoir vos noms et adresse, en nous téléphonant au (514) 524-3941.ou en nous écrivant: Secrétariat National de la J.E.C.5323 Brébeuf Montréal, Qc H 2,1 31,8 UNIVERSITÉ SAINT-PAUL OTTAWA LA THÉOLOGIE?POURQUOI PAS! Tu cherches à approfondir ta foi.Tu te prépares à des engagements au service d’une communauté.Tu songes à renouveler ta formation théologique.ALORS.La Faculté de théologie de l’Université Saint-Paul t’offre différents programmes: Initiation à la théologie: programme de deux semestres consacré aux aspects fondamentaux du mystère chrétien.Baccalauréat en théologie: programme de trois ans offrant une formation de base en théologie.Études supérieures: la maîtrise, la licence et le doctorat se poursuivent en études bibliques, éthique chrétienne et études historiques et systématiques.Programmes en sciences de la mission: certificat, maîtrise.Sessions d’été en liturgie.Des cours de théologie sont offerts en juillet.Renseignements: Faculté de théologie Université Saint-Paul 223 rue Main, Ottawa, Ontario Kl.S 1C4 (613) 236-1393 Des projets d’alphabétisation sont en marche non seulement à Montréal, mais ailleurs aussi au Québec, notamment à Trois-Rivières, Sherbrooke, Montmagny, Neuville, Saint-Romuald.Qu’elles travaillent dans l’enseignement public ou privé, les communautés religieuses sont à même de voir l'échec de l’école québécoise, qui laisse tellement de jeunes sans diplôme et surtout sans es-(joir d’avenir dans la société actuelle.Les communautés enseignantes ont aussi été invitées à prêter main forte aux mouvements de jeunes qui ont survécu à la réforme de l’éducation, dans des conditions souvent très difficiles, et qui sont toujours considérés à la fois comme une grande école de formation et un apport ir- Les O b la tes Franciscaines de St-Joseph En loLidaxité UUEC CEUX Et ceLLei.cjui OEUUTEnt fl oui Lu juiticE La fuiix Et La fxatExnitÉ remplaçable au progrès de la so ciéte.Paradoxalement, au moment où elles semblent menacées d’extinction sous le double effet du vieillissement et du manque de relève, ces communautés retrouvent, comme au temps de leur fondation, le sens des « criants besoins » pour lesquels les autres institutions semblent absentes ou impuissantes.Les religieux et religieuses qui paraissaient avoir perdu de leur pertinence dans le Québec moderne, sont peut-être en train de retrouver, au contraire, le chemin de l’avant-garde, parmi ces centaines de milliers d’enfants, de personnes brisées et de nouveaux-arrivants auxquels la société québécoise actuelle fait mal une place.Ê3N£J/t A.w LES SOEURS DE L’ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE NICOLET Congrégation vouée à l’éducation chrétienne du peuple de Dieu avec une option préférentielle pour les jeunes, les femmes et les personnes appauvries.LES ÉTUDES PASTORALES: UNE MISSION D’ESPÉRANCE DANS LE MONDE l/liislilul de pastorale de l’Université Saint-Paul est un centre mullidisciplinairf d eludes supérieures (théologie, psychologie.sociologie) qui a pour mission de former un nouveau type de professionnel de la pastorale.Afin de mieux répondre aux besoins nouveaux el urgents de la communauté chrétienne et de la société.FI list i 1111 de pastorale cherche à accomplir cette rencontre interdisciplinaire essentielle.Tous les membres de l’Église sont responsables de la mission d’espérance dans le monde.Aussi l'Institut de pastorale conçoit le travail pastoral comme une responsabilité conjointe des laïcs et des pasteurs, est solidaire de la promotion du laîeat.et contribue activement à sa formation pastorale.Les intéressés pourront choisir l’une des concentrations suivantes: Pastorale générale: pour la formation des agents de pastorale au service de la paroisse ou du diocèse.Counseling pastoral : pour la formation de conseillers aptes à aider les personnes et les couples en difficulté, el à les faire grandir à leur pleine maturité humaine et spirituelle; spécialisation eu counseling individuel ou matrimonial.Travail pastoral de groupe avec la famille et la communauté: pour la formation d’intervenants communautaires au service des familles et des communautés, au niveau local comme au niveau diocésain.( .es programmes conduisent à une Maîtrise ès arts en sciences pastorales.Rvmvifrnvmentn : Institut de pastorale Université Saint-Paul 22.3, rue Main, Ottawa, ON.K IS IC4 (61.3) 2.36-1.39.3 (poste 235) ttïj 4 1 RELIGION Le Devoir, jeudi 28 mars 1991 M C-3.Dossier spécial L’ACTION SOCIALE DES ÉGLISES" PHOTO JACQUES GRENIER PHOTO JACQUES GRENIER L’équipe de la Halte ressource au travail.André Corbeil, aninateur à la Halte ressource du Plateau Mont-Royal.^ HJ MS»-* Carrefour Justice et Foi, l’alliance des chrétiens avec le Plateau Mont-Royal »in «ut Renée Rowan « UN MOUVEMENT de sympathie pour la justice sociale et de solidarité avec les personnes appauvries et les groupes populaires est en train de faire ses premiers pas sur le Plateau Mont-Royal », témoignent non sans fierté Monique Galarneau et René Laviolette, tous deux agents de pastorale sociale au Carrefour Justice et Foi du Plateau.1986.Le Centre de regroupements et d’actions communautaires, (La Maison de l’Aurore) rassemble 80 personnes engagées au nom de leur foi.C’est le premier colloque « Présence d’Église sur la Plateau Mont-Royal ».La pauvreté ressort comme un grand cri.De cette journée nait la Table des pasteurs du Plateau où l’on poursuit la réflexion.Les objectifs Renée Rowan LA TABLE de concertation Justice et Foi de Montréal existe depuis cinq ans.Des chrétiens et des chrétiennes engagés socialement dans des quartiers populaires de Montréal ont senti le besoin de réagir face au non-engagement de la communauté chrétienne de Montréal dans les transformations sociales et économiques en solidarité avec les pauvres et les marginalisés.Réunis à l’occasion d’un colloque sur la pauvreté en novembre 1986, ils ont décidé de créer une Table de concertation formée de délégués des réseaux présenLs.Plusieurs quartiers de Montréal y sont représentés : le Sud ouest, le Centre sud, le Plateau Mont-Royal, Villeray, Saint-Michel, Saint-Laurent, Côte-des-Neiges, Lachine ainsi que le secteur anglophone du diocèse de Montréal.D’autres réseaux sont en formation dans Mercier et Parc Extension, note C.uy Paiement, jésuite et coordonnateur de la Table.Le problème du logement émerge comme le problème numéro un : les gens déménagent à pleine pelletée, la spéculation règne, les rénovations coûtent trop cher, on est incapable de se loger sur le Plateau, raconte René Laviolette.Avec l’appui et la collaboration des uns et des autres, un laïc met sur pied, en octobre 1987, le Carrefour Justice et Foi du Plateau Mont-Royal, membre de la Table de concertation Justice et Foi de Montréal.Puis, on forme des comités Justice et Foi d’une dizaine de personnes par paroisse.On en compte actuellement cinq.Le Plateau, c’est 95 000 personnes : c’est un très vaste territoire.« S’engager sur la voie de la justice sociale, note Monique Galarneau, ça été en premier lieu d’aller voir de plus près ce que vivent des familles, La Table poursuit trois objectifs : ¦ promouvoir la défense et le développement des droits des personnes appauvries à Montréal) ¦ promouvoir une Église solidaire des personnes appauvries et des groupes populaires qui les soutiennent; ¦ promouvoir la concertation entre les chrétiens et chrétiennes engagés socialement pour la justice dans leur quartier.De façon plus particulière, elle travaille à la promotion des comités J ustice et Foi dans les divers quartiers, en lien avec la paroisse quand la chose est possible.Elle travaille également a la tenue périodique d’« assemblées chrétiennes de quartier » et à la mise en place de responsables laïcs de pastorale sociale de quartier.En septembre 1987, la Table a publié un document choc intitulé Se loger à Montréal, un long cri d'inquiétude.Document ecclésial en quelque sorte, mais écrit par la base, cet outil de sensibilisation a vite fait le tour des jeunes enfants, des locataires et des sans-emploi et découvrir que le chômage atteint 17 % de la population active et que ça monte à 20 % chez les jeunes de 15-24 ans ».Pour cela, les uns ont fouillé les statistiques, d’autres ont pris contact avec le CLSC, avec l’école, avec quelques groupes en lien avec la population visée.Ce fut l’occasion de donner la parole à ceux qui en sont généralement privés.À plusieurs, c’est plus facile de dire non à ce qui menace la dignité, à ce qui déshumanise et fait se replier sur soi.C’est aussi plus motivant quand on sait qu’on n’est pas seul.Établir une carte de la pauvreté, sortir sa grosse loupe pour bien identifier les problèmes, c’est bien, mais il faut ensuite aller se chercher des alliés, rejoindre les gens de la base, créer des réseaux de communica- de l’île.Il a été tiré à plus de 2000 exemplaires, rappelle Guy Paiement.La Table intervient publiquement dans certains dossiers jugés prioritaires comme la réforme de l’aide sociale, la démocratie municipale.Elle tient un colloque annuel préparé conjointement par les quartiers.Celui de novembre dernier avait pour thème : « Passer du dépannage au développement ».En janvier dernier, la Table publiait la première édition de son bulletin de liaison.Conjointement avec le Centre Saint-Pierre, la Table a créé le prix Mgr-Joseph-Charbonneau décerné chaque année à une personne ou à un groupe engagé socialement.tions, poursuit Mme Galarneau.On a donc fait des alliances avec des organismes populaires et communautaires existants : les CLSC, le Comité Logement Saint-Louis, les maisons de quartiers, les maisons de dépannages.On a organisé des repas communautaires, des prises de parole à travers des assemblées publiques autour de dossiers fort politiques comme le logement et la réforme de l’aide sociale, des fêtes de quartier où l’on a chanté et mis en scène les problèmes vécus sur le Plateau.Le temps d’agir est enfin venu, enchaîne René Laviolette.Les gens du quartier, sous le nom d’Habitations communautaires Vie urbaine (1ICVU) acquièrent alors, avec la collaboration de la Ville de Montréal, une maison de six logements après cinq ans de luttes, d’efforts et de pressions auprès des autorités.Pour se doter d’un fonds d’aquisi-tion, on organise des quêtes paroissiales, des activités bénéfices au Carrefour J ustice et Foi, un repas-bénéfices avec la Maison d’Aurore, un concert avec la collaboration de Marie-Claire Séguin.Plus de 1000 personnes, une coopérative d’Habitation, des paroissiens et des communautés religieuses ont investi ensemble 25 000 $.« C’est notre maison ! », dit avec enthousiasme Monique Galarneau.« Notre 25 000 $ est une goutte d’eau, mais c’est ce qui a permis à la Ville de se dire « ils sont sérieux » et d’embarquer avec nous dans ce dossier.La Ville a acquis un bâtiment sur la rue Des Érables, un « cinq logements »; c’est la première acquisition de notre société acheteuse », enchaîne René Laviolette.Et d’ajouter : « notre contribution comme organisme d’Église, c’est d’être un outil de sensibilisation, de mobilisa- LA FACULTÉ D’ÉTUDES RELIGIEUSES Mus par un intérêt indéfectible pour la formation théologique et pour l'étude de la religion, nous proposons des cours donnant accès aux grades de: de la table de concertation r SOCIOLOGIE Numéro spécial de Sociologie et sociétés publié par Les Presses de l’Université de Montréal, vol.XXII, no 2, octobre 1990, préparé par Jean-Guy Vaillancourt de l'Université de Montréal.Des sociologues du catholicisme s'interrogent sur le lien complexe qui existe entre catholicisme actuel et société contemporaine, à travers l’étude de certains aspects et cas concrets.L’emphase est mise sur le Québec et sur quelques autres sociétés traditionnellement chrétiennes telles la France, l'Espagne et l’Italie.Articles de Paul VALADIER, Jean REMY, Jean-Paul ROULEAU, Jean-Guy VAILLANCOURT, Paul-André TURCOTTE, Pauline CÔTÉ et Jacques ZYLBERBERG, Marie-Andrée ROY, Gregory BAUM, Julien HARVEY, Reginald W.BIBBY, Raymond LEMIEUX, Arnaldo NESTI, José A.PRADES, Danièle HERVIEU-LÉGER.Vente au numéro: Chez votre libraire ou Diffusion PROLOGUE 1650, boul.Lionel Bertrand Boisbriand (Québec) J7E 4H4 Tél.: (514) 434-0306, 1-800-363-2864 Abonnements: Presses de l'Université de Montréal a/S PERIODICA, C.P.444 Outremont (Québec) H2V 4R6 Tél.: (514) 274-5468,1-800-361-1431 ?BA: programme spécialisé offert par la faculté des arts; ?BTH: baccalauréat en théologie (maîtrise en théologie, en collaboration avec les collèges affiliés de l’Église anglicane, de l’Église presbytérienne et de l’Église unie du Canada); ?STM : grade général sans thèse; ?MA: grade spécialisé avec thèse; ?PHD avec spécialisation dans l’une des concentrations suivantes: • études bibliques; • histoire et théologie; • religion et culture; • histoire de la religion (hindouisme et bouddhisme); • éthique et sciences humaines en médecine.Notre faculté est d'orientation avant tout historique et philologique, mais nous ne négligeons pas pour autant les questions d’actualité comme les études féminines, la théologie contextuelle et l’éthique comparative.Notre faculté se compose d’un groupe streint et sympathique d’érudits et d’i (liants qui travaillent en étroite collaborati L’UNIVERSITÉ McGILL Écrire d: Docteur Donna R.Runnalls Doyen Faculté d’études religieuses 3520, rue Université Montréal (Québec) H3A 2A 7 Canada lion.» « La communauté chrétienne, remarque Mme Galarneau, a été interpellée par les membres des comités Justice et Foi qui ont témoigné de ce qu’ils avaient entendu et vu chez des gens qui ne prennent plus leur place à l’Église depuis un bon moment.entre les uns et les autres, il s’est établi une grande solidarité que nous avons pu célébrer ensemble à Noël et à la Pentecôte à l’occasion de fêtes de quartier.» Habitations communautaires Vie urbaine fait partie de la Table logement et du Comité de relance en habitation sur le Plateau Mont-Royal qui dévoilait récemment un plan de relance appuyé les élus municipaux, provinciaux et fédéraux.Le Comité réclame une action prioritaire en matière d’habitation en développant du logement social sur des sites désignes et en construisant dans les trois prochaines années 1200 unités de logements sociaux incluant l’accès à la propriété collective.Le Comité Logement Saint-Louis et le Carrefour Justice et Foi du Plateau organisent depuis le 13 février et jusqu’au 10 avril des séances d’information sur les avis d’augmentation de loyers, autre moyen d’aider les gens « à ne pas se faire avoir » par des propriétaires à la dent trop longue qui pourraient être tentés d’invoquer la TPS comme motif de hausse (la TPS ne s’applique pas au loyer ni à la taxe foncière).Outre le dossier logement qui a été la pierre d’assise de l’action menée par le Carrefour Justice et Foi depuis trois ans, il y a eu d’autres dos- siers importants dont celui de la ré- 1 forme de l'aide sociale et cet autre,' ! difficile, de l'accueil des nouveaux arrivants.À l’est de la rue Saint-Denis, 85 % à 90 % de la population sont ’ francophones, précise René Laviolette, tandis qu’à l’ouest, c’est uné’ ] mosaïque ethnique.« Comment l'Église de quartier est-elle capable' : de faire de la place aux ethnies.Jusqu’à maintenant, reconnaît-elle, on n'a pas su trouver les outils pour le faire.» ru Cette année, l'accent est mis sur le,, développement, c’est-à-dire se don*; ; ner ensemble des moyens pour ., mieux vivre, pour reprendre du con- .trôle, pour transformer une situation.C’est ainsi que sur le Plateau, on ; a mis sur pied des cuisines collecti- i ves, une façon de se rendre les fins , de mois moins pénibles en formant des équipes de quatre ou cinq per- ! sonnes — des pères ou mères de fa- j mille, afin de profiter des spéciaux des épiceries, de se partager recet- ; les et trucs, de cuisiner ensemble.À cela, s’est ajouté un groupe d’achats : économiques pour profiter des produits non périssables, offerts à ra- ! bais dans les circulaires des mar- | chés d’alimentation et d’emmagasiner les produits de façon à pouvoir en profiter toute l’année.Le groupe, grâce à une activité bénéfice, a réussi à accumuler un fonds de 300 $ à 500 $.C’est de la fierté retrouvée.« Le Carrefour Justice et Foi, ce sont les mains et les pieds d'une foi engagée, c’est l’étroite participation entre l’Église et les résidents d’un quartier», conclut René Laviolette.Le mensuel d’analyse sociale au service de la société québécoise depuis 50 ans relations rend HOMMAGE aux artisans de la JUSTICE SOCIALE Nos prochains dossiers: • L’enseignement social de l’Église (avril) • Vu du Sud: le nouvel ordre international (mai) • L'éthique appliquée: la société en laboratoire (juin) ABONNEMENTS: 20, 35$, TPS incluse, pour dix numéros au Canada.S’adresser à Mme Hélène Desmarais (514) 387-2541 25, rue Jarry ouest, Montréal (Qc) H2P1S6 COLLECTION SCIENCES RELIGIEUSES Martial Boucher Cette nouvelle collection en enseignement moral et religieux catholique en 3r et 4e secondaire présente les mêmes aspects qui ont su se montrer précieux à travers la collection SCIENCES MORALES du même auteur: •une présentation simple (en 40 chapitres par niveau) d'activités qui rejoignent les jeunes dans leur vécu quotidien; •une attention particulière portée sur les travaux pratiques et les textes, voulant rendre l'apprentissage du programme vivant et signifiant aux jeunes d'aujourd’hui.Ces cahiers sont conformes en tous points au programme du M.É.Q.et couvrent tous les objectifs terminaux et intermédiaires.Des évaluations («résumé de connaissances» et «je me souviens») sont comprises et pourront être polycopiées par l'enseignant ou l'enseignante.J ra ¦ ; LIDEC inc.UD=Ç 4350.avenue de l’Hôtel de-Ville Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphoné: (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 3 C-4 B Le Devoir, jeudi 28 mars 1991 RELIGION Dossier spécial L’ACTION SOCIALE DES ÉGLISES 4 Destin des responsabilités, attentive au culturel et au spirituel, ouverte et solidaire ».Pour l’essentiel, ils reprennent cette année ces propos devant la Commission Bélanger-Campeau, en insistant en plus sur le Québec des régions.L’évêque de Rouyn-Noranda, Jean-Guy Hamelin, évoque aussi la déclaration de 1988 sur « la dignité menacée » touchant le projet de réforme de l’aide sociale qui a aboutit à la la loi 37.Visiblement, les évêques sont dans leur élément car il s’agit de se solidariser avec les plus démunis.Le ton est direct : le projet de réforme, écrivent ils, « transforme le victimes du système économique en présumés coupables».«Un choix de société s’évalue d’après le sort fait aux plus pauvres.Les personnes ne valent pas seulement par leur utilité écononique.Notre foi chrétienne, en tout cas, ne saurait s’accomoder d’une telle conception ».Ils fustigent ce système de deux poids deux mesures : « La dérégle-menation qui tend à retirer graduellement du monde des affaires tout contrôle social et étatique, contraste singulièrement avec le poids des contrôles qu’on veut imposer aux personnes assistées sociales».Ils parlent encore de « valeurs détournées », et de « droits de la personne exclus» et proposent plutôt « une réforme de nos choix de de société et de nos mentalités ».Bref, concluent-ils, il faut retirer le projet de loi.« Nous avons tout fait ce qui était possible», poursuit Jean-Guy llame-lin.« Nous avons marché avec les assistés sociaux.Je suis allé à leur congrès.J'ai réécrit au premier ministre une fois la loi 37 adoptée pour lui dire ce qu’on pensait de la façon dont il traitait les assistés sociaux ».Tout cela est demeuré relativement peu connu.« Justement, nos interventions tombent souvent à plat dans les médias », dit Bernard Hubert.Il y a de notables exceptions, comme leur amende honorable du printemps dernier à l’occasion du 50e anniversaire du vote des femmes.Voilà 50 ans, ils avaient combattu le droit de vote des femmes! Ils ont fait la manchette du Téléjournal.La déclaration sur la violence conjugale de novembre 1989 a aussi fait passablement de bruit.Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil.HB Parfois, des évêques se trouvent carrément pris dans la tourmente, comme ce fut le cas l’été dernier dans la crise d’Oka, de Kahnawake et Kanatasake : Bernard Hubert, Charles Valois, et Robert Lebel de Valley field, se sont sans cesse concertés dans leurs interventions.Ils ont surtout prié leurs confrères, surtout des autres provinces, de « bien vouloir se mêler de leurs affaires », dit carrément Bernard Hubert.Au plan canadien, on a choisi de se centrer sur les « dossiers nationaux », explique pour sa part Charles Valois, président de la Commission canadienne des affaires sociales: la réforme de l’assurance-chômage, la traité du libre-échange, la TPS, la question autochtone, etc.Depuis dix ans, c’est d’ailleurs une déclaration canadienne qui a eu le plus d’impact médiatique.Les « jalons d'éthique et réflexions sur la crise économique actuelle» ont connu une diffusion exceptionnelle en janvier 1983 après que l’archevêque de Toronto, Emmett Carter, l’ait désavouée publiquement.Sa fortune médiatique fut ainsi assurée pendant quinze jours, conviennent les trois évêques.On y critiquait durement les stratégies du gouvernement fédéral durant la récession de 1982.De Bang- JEUNESSE JEUNESSE DU MONDE MONTRÉAL 6558 A, nj* Salnt-Dcnb Montréal.Qc H2S 2R9 Tél : (514) 271-5473 “Hommage aux jeunes qui s’engagent dans l’action sociale” jeunesse étudiante chrétienne fédération de montréal JÉSUS DONNE SA VIE.ET TOI?L’oeuvre des vocations du diocèse de Montréal Gosselin et Associés COMPTABLES AGRÉÉS Michel H.Gosselin, C.A.Spécialisé dans les organismes volontaires et de charité depuis 25 ans.1415 Jarry Est Bureau 430, Montréal Qué.H2E 1A7 Tél.: (514) 376-4090 ENTRAIDE MISSIONNAIRE Attentive à la pratique et aux préoccupations des missionnaires d’ici et d’ailleurs.l’Entraide missionnaire aborde les questions relatives à la mis-siologie, à la spiritualité, à la théologie contextuelle, au développement des peuples, aux droits humains, à la justice sociale.Voici les thèmes et les dates de quelques-unes des prochaines activités offertes par l’organisme: les plus appauvris au Québec: les jeunes et les femmes (samedi le I3 avril I99I à Montréal); Évangélisation et spiritualité autochtone (samedi le 20 avril 1991 à Montréal); Brésil .es droits humains, les investissements, les Amérindiens (samedi le 27 avril I99I à Montréal); La dette du tiers monde (samedi le 4 mai I99l à Québec); L’Afrique à l’heure des droits humains (samedi le 11 mai I99l à Montréal); Forum des droits humains (samedi le 25 mai 1991 à Montréal); Symposium des laïques en mission (samedi le 8 juin 1991 à Montréal); le Congrès annuel : 1492-1992 À la redécouverte de notre histoire et de notre mission (les 6-7-8 septembre I99I à Montréal).Nous vous invitons à participer à ces différentes activités en vous inscrivant à: £,6ttnziù£e 70tcd4t
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