Le devoir, 30 mars 1991, Cahier D
Chamois POUR PÂQUES, OFFREZ-VOUS UN LIVRE! 4474 St-Denis, Mtl.Qc 1121 21.1 (514) *44-2587 Montréal, samedi 30 mars 1991 • le plaisir des mes La Fête à Venise «u > î>‘ Sollers, le roi de la métamorphose Guy Ferland Philippe sollers est un cas dans la littérature française.Ses débuts, il les a fait très jeune avec un premier texte publié à 21 ans, Le Défi, remarqué par François Mauriac en ces termes : « J’aurai été le premier à écrire ce nom.Trente-cinq pages pour le porter, c’est peu c’est assez ».C’était en 1957.L’année suivante, Sollers publie un premier roman.Une curieuse solitude — « rédigé en amphithéâtre durant des cours d’une nulüté sans mesure », dit-il — qui reçoit un accueil encore plus enthousiaste d'un autre bonze de la littérature, Louis Aragon.Ce dernier affirmait sans ambages : «Un écrivain véritable, et il n’y en a pas tant qu’il paraît en France, une ame haute, quelqu’un qui sait ce que c’est que rêver ».Cet éloge, venant de la part du poète, suffisait à mettre sur la carte un jeune auteur de 21 ans.La suite, on la connaît par bribes : Sollers fonde la revue d’avant-garde Tel quel (devenue L’infini) qui sera un des hauLs lieux de développement des théories littéraires des années 60 et 70; il publie, en 1961, Le parcel reçoit le prix Médicis; et ensuite se succèdent une série de livres à mi-chemin de la théorie et de la littérature, dont on peut citer L'intermédiaire, Drame, Logiques, Nombres, Lois, II.etc., puis les deux volumes formidables, sans ponctuation, intitulés Paradis.On ne parlera pas de ses nombreuses amitiés avec des penseurs tels Roland Barthes, Jacques Lacan, Louis Althuser, Michel Foucault et bien d’autres, ni de ses multiples conversions : d’abord rejet de la « tradition culturelle classique bourgeoise », puis adoption de la sémiologie, de la psychanalyse, du marxisme, du maoïsme, retour enfin au roman, à la religion pimentée d’érotisme et à l’esthétisme servant de toile de fond à son dernier livre, La fête à Venise, qui vient de paraître chez Gallimard.Dans ce.roman, ou texte ou divagation, il est question de toiles, justement, et plus précisément de vol, mmm .m // \ wfccjrû sSyi'O.s'r£i*.-/' .¦V' ’ « de recel et de ventes illégales,de Watteau, de Van Gogh, de Gauguin.Roman policier, donc ?Si on veut.Mais il s’agit plutôt d’une déconstruction du genre romanesque.Pour Sollers, le roman est une encyclo-.pédie et un arche de Noé, un lieu’ije1 rassemblement, de citations et de collages.Pour le lire, il faut d’abord être cultivé, comprendre les clins d'oeil au lecteur, identifier les emprunts, saisir les allusions et déchiffrer les ellipses.Pas facile, mais gra tifiant.En France, la critique, presque unanime, a vanté l'érudition de Soi ' lers, son génie combinatoire, ses té-réfences, ses insolences.Mais l’essentiel n'est pas là.OrtTt*-tient surtout, après la lecture dè La fête à Venise, qu’il n’y a plus d’hiS ton e possible dans ce monde'dû' spectacle continu, et que seul le rythme des phrases emporte le lec- ' teur.Dans cet art de 1’agencem
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