Le devoir, 6 avril 1991, Cahier C
«?Ælfc glBMIk 7 Marina UmamnicU la\ MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Montréal, samedi 6 avril 1991 ROCK Survivre aux années blender « Pour survivre aux années blonder, dit Luc de Larochellière (ci-contre) qui présente cette semaine son nouveau spectacle, s’en remettre à Dieu devient diablement tentant.C’est une fin de siècle digestive.On a tout ingurgité sans prendre le temps de digérer.» Page C-4 THÉÂTRE U n dyptique noir et bouffon Catherine Bégin, qui s’est faite rare à la scène depuis quelques années, fait actuellement un retour au Café de la Place dans deux pièces en un acte des auteurs polonais Krzystof Zanussi et Edward Zebrowski.Une présence forte et dynamique, écrit Robert Lévesque.Page C-5 OPÉRA Une conception creuse du Met Avec son habituelle équipe de production wagnérienne, James Levine en tête, avec des noms aussi prestigieux que Placido Domingo et Jessye Norman, le Parsifal du Metropolitan Opera de New York croule sous le poids d'une conception théâtrale creuse.Page C-fi CINÉMA Infiniment aimable Entouré d’Isabella Rossellini (ci-contre) et de Marie-Christine Barrault, Bhoringer n’a semble-t-il jamais été si adorable que dans son rôle de Brantôme dans les Dames Calantes de Jean-Charles Tacchella.Un film mfi minent aimable, écrit Francine Laurendeau.Page C-4 Pierre Perrault, le dernier des Mohicans Yves Sioui, la force de la La Cinémathèque québécoise présente une rétrospective intégrale de ses films Nathalie Petrowski D9 ESPÈCE rare qu’il était, le cinéaste Pierre Perrault est devenu une espèce en voie d’extinction.Non pas qu’il soit malade, ni que ses facultés soient affaiblies, ni même que sa créativité soit le moindrement tarie.À 64 ans, Pierre Perrault est en pleine forme et en pleine possession de ses moyens.Reste qu’après 25 années de fidèles et loyaux services en tant que cinéaste clandestin et subventionné de l'Office National du Film du Canada (c’est ainsi qu’il se définissait en 1980), après avoir signé une vingtaine de documentaires, depuis Le règne du jour qui en 1964 le consacra comme maître du direct jusqu’à La Grande allure, son avant-dernier paru en 1986 et qui connut une brève carrière pour ne pas dire un enterrement de première classe, Pierre Perrault apparaît plus que jamais comme le dernier des Mohicans du documentaire.Alors que ses anciens compagnons meurent au front, délaissant le documentaire pour la fiction, Pierre Perrault s’entête envers et contre tous.« C’est vrai que je suis pas mal tout seul à faire ce que je fais concède-t-il, mais ce n’est peut-être pas nécessaire que tout le monde fasse la même chose que moi.» Cette semaine, la Cinémathèque québécoise présente la première rétrospective intégrale de ses films.Pierre Perrault en est fort aise même si l’événement arrive avec quelques années de retard et surtout après que plusieurs autres pays l’aient gratifié du même honneur, confirmant l’adage que nul ne soit prophète en son pays, Pierre Per rault le premier.J’ai rencontré le cinéaste cette semaine, entre les murs beiges de la cafétéria de Radio-Canada.Il n’avait toujours pas terminé son film sur le boeuf musqué, film sur lequel il s’échine depuis bientôt cinq ans entre des difficultés de tournage, une opération du genou, un livre de poésie et plusieurs colloques internationaux.Il ne voulait pas trop en parler tout comme il ne voulait pas parler de cette médaille que l’ONF lui a remise récemment et qu’il s’est empressé de refuser parce qu’il n’est pas du genre à collectionner les médailles ni les trophées de chasse, à part ce panache de chevreuil qu’il garde chez lui en souvenir des beaux jours où il parlait à l’aventure avec sa caméra et quelques idées vagues sur la vérité.Il part encore à l’aventure aujourd’hui mais ses compagnons de voyage ont changé.Michel Brault n’est plus à ses côtés et prétend même qu’il ne tournera plus de documentaires parce que le genre serait devenu trop limitatif et biaisé.Pierre Perrault n’est évidemment pas d’accord, encore qu’il se fâche à peine et prend plutôt plaisir à défendre son territoire.« Je sais que Michel a été très tenté par la fiction, il en fait du reste de la très belle, mais j’imagine qu’il est obligé de se justifier.Il n'a pas tort quand il dit que dans Le règne du jour, les femmes ne voulaient pas nous parler et refusaient de se faire filmer.Reste que j’ai Marie Tremblay qui n’est certes pas toutes les femmes, je n’ai jamais prétendu le contraire.Je fais un ci- è ' ; *v-A' "• F VIC> !.t.N c.E COMIUCA l.fi Le Devoir, samedi 6 avril 1991 ¦ C-5 VIDEO THÉÂTRE Une scène de Sois sage ô nui douleur de Charles Guilbert et Serge Murphy La douleur et la mémoire Daniel ( arrière Sois sage ô nui douleur, de Charles Guilbert et Serge Murphy, et Pa-limpseste sentimental, de Suzan Va-chon, prennent l’affiche au cinéma Parallèle à compter de lundi, jusqu’à mercredi, à 1!) h.Parmi les meilleures vidéos réalisées au Québec en 1!)!)0, elles proposent un regard inédit.dans le cas de la première dont le titre interpelle la raison d’être; et poét ique, dans le cas de la deuxième qui réfère d'entrée de jeu à l’écriture.Troisième bande de Serge Murphy, un artiste multidisciplinaire, et Charles Guilbert, musicien et ancien membre de la rédaction au journal Voir, Sois sage ô mu douleur aborde son sujet d'une façon remarquable.L’une des premières bandes vraiment populaires à sortir d’un centre d'artistes, si l’on excepte les réalisations de François Girard, on y accompagne les 12 protagonistes engagés dans un dialogue impitoyable, teinté d’un humour tendre et mordant à la fois.L’éventail des préoccupations existentielles y est déployé, de l’enfance à la solitude, du cynisme à l’absurde, en évitant les clichés qui accompagnent presque inévitablement ce genre de faux procès.Les jeunes adultes que les vidéastes décrivent, portant encore les stygmates du sacrifice.de leur génération, démontrent qu’on peut redéfinir son environnement, qu’on doit le redéfinir.C’est à voir, ou à revoir.Palimpseste sentimental est le premier vidéogramme de Suzan Va-chon.On y dénote une rigueur formelle qui s’impose au détriment du contenu, dont la négation joue paradoxalement le rôle de catalyseur, le palimpseste étant ce manuscrit qu'on efface afin de pouvoir y écrire de nouveau.Même si stylisliquement la bande est aussi impeccable que Sois sage ô ma douleur, Charles Guilbert et Serge Murphy conduisent le même exercice vers l’avant, tandis que Suzan Vachon l’installe solidement dans l’histoire de l’art, ses nombres d’or et ses valeurs théoriques.Il en résulte une bande aux images évocatrices, montée avec un talent indéniable, mais au récit instable : au pays de la métaphore, la photographie et la vidéophonie confrontent les souvenirs de voyage de l'auteur.L’une efface l’autre, ne perdure que la mémoire, de passage.Les carrières des deux bandes vont bon train.Sois sage ô ma douleur vient de se mériter le prix de la Sogic pour la meilleure video au neuvième Rendez-vous du cinéma québécois.C’est sa quatrième représentation à Montréal depuis son avant-première, au Festival du nouveau cinéma et de la vidéo, en 90; on en compte autant à l’extérieur de Montréal.Pour sa part, Palimpseste sentimental, en nomination aux Rendez-vous, a par ailleurs obtenu la troisième position du prix du public au dernier Festival international des films et vidéos de femmes de Montréal; la bande se montre très bien dans les festivals à travers le monde, et on a pu la voir à la galerie Graff en février dernier.On retrouve avec ces vidéogrammes l’effervescence d’une époque comme celle où, récemment, on a dénombré six ou sept rétrospectives de l’oeuvre de Marc Paradis, ici et en Europe, en l’espace de quelques mois.Les bandes suscitent un intérêt auprès du public qui n’a pas cessé de se manifester et augure pour la vidéo un mode spécifique de distribution, bien qu'il se fasse encore attendre.Le Vidéographe, à qui l’on doit cette programmation, aura voulu en donner pour leur argent aux adeptes de la salle Georges Mélies.Mais tant qu’à présenter un accessit avec Sois sage ô ma douleur, on aurait pu choisir Le récit d'A d’Esther Valiquette, qui s’est mérité des distinctions au moins égales à celles de Suzan Vachon, et qui avec les mêmes médias, la photo et la vidéo, auxquels elle intègre des images de synthèse, obtient un résultat où le contenu est prédominant, et plus actuel.TEXTE YVES SIOUI DURAND MISE EN SCÈNE JEAN-PIERRE RONFARD DÉCORS ET COSTUMES Y VAN GAUDIN MUSIQUE MICHEL SMITH ÉCLAIRAGES MICHEL BEAULIEU ET 1 7 COMÉDIENS DU 9 AVRIL AU 4 MAI 1991 À 20H30 Relâche dim.et lundi Une coproduction du Nouveau Théâtre Expérimental et de Ondinnok espace libre 1 945 rue Fullum À A A M°Frontenac> I rés.:521 -4191 Un dyptique noir et bouffon théâtre du nouveau monde MMBnm d'Alfred de Musset Gérard Poirier Janine Sutto JeanDalmain André Montmorency Martine Franche Jacquet Brouillet Michel Hinton Jean-Louis Paris 302 Ontario est / 842-2040 lundi à samedi de 11 h à 23h depuis 1980 dimanche de 2h à 22h30 Jeux de femme Deux pièces en un acte de Krzysztof Zanussi et Edward Zebrowski Adaptation française de Barbara Grzegorzewska.Mise en scène d'Alexandre Hausvater.Décor de François Laplante Avec Catherine Bégin, Patricia Tulasne et Alain Zouvi Au Café de la Place jusqu'au 4 mai Robert Lévesque LA COMÉDIENNK Catherine Bégin, qui s’est faite rare à la scène depuis quelques années, a mis les bouchées doubles pour ce retour où elle joue du coup (et fort bien) un personnage qui pourrait être la vieille Garbo recluse, et un autre qui est une espèce de « tatie Danielle », une chipie comme celle que Tsilla Chel-ton incarne dans le film de Chatilliez.Le programme double orchestré par Alexandre Hausvater, avec deux petites pièces d’auteurs polonais (dont le cinéaste Zanussi dont on ne connaissait pas l'activité au théâtre), est un spectacle assez détonnant, difficile à classer, qui semble rapidement mis en scène avec les raccourcis que cela suppose, et on arrive à peine à y croire, a s’y intéresser, tant ces deux instantanés de « théâtre critique » sônt plus lourds d'intention que riches de forme (ou vice versa).Mais la présence forte et dynamique de Catherine Bégin, et son jeu assez audacieux dans la seconde pièce, sauvent le spectacle de bien des éceuils, de l’ennui entre autres, ce diptyque rassemblé après-coup (les pièces ont été écrites a quelques années de distance) étant plutôt d’un intérêt très moyen, et d’une manière qui ne vaut pas celles plus aguerries des dramaturges qui ont fouillé avec-plus de pertinence et de doigté la comédie amère, sinon la comédie noire.Il y a des petites choses dans la première pièce qui font penser à Pinter et dans la seconde (la meilleure) qui font penser à Ionesco.Dans L'Inaccessible, la première pièce, un reporter-photographe, par un subterfuge, réussit à s’introduire dans la maison cadenassée d’une ancienne star de cinéma.Il se fait passer pour un étudiant en art et cherche, chez elle, un Canaletto original .la star se laissera un temps séduire pour finalement se retirer et laisser en plan ce garçon.Dans le dialogue, Zanussi et Zebrowski (ou est-ce la traduction ?) pédalent un peu dans la choucroute .et on cherche l’os sinon la moelle.On aurait même le goût d’aller voir ailleurs .À la seconde pièce, La Charité est UN .J V llkUll de MARYSE PELLETIER Mise en scène FERNAND RAINVILLE Assistance et regie FRANCINE [MONO Avec NÉFERTARIBÉLIZAIRE, HENRI CHASSÉ, ROGER LEGER DANIELLE LÉPINE.DANIELLE PROÜLX, LUCIE ROUTHIER ÉUC SENAÏ, DANIEl SIMARD du mardi au samedi à 20 H 30 le dimanche à 15 H 00 Une production du THÉÂTRE DE ÉA MANUFACTURE AU RESTAURANT-THEATRE LA LICORNE 4559, PAPINEAU S 523-2246 Catherine Bégin, à droite, dans Jeux de femme au Café de la Place.PHOTO ANDRE LE travail.Patricia Tulasne, qui a moins d’aplomb, a des difficultés évidentes dans le dosage, manoeuvre fondg mentale des acteurs de théâtre.; ; payable d'avance, Catherine Bégin, avec sa composition grossie mais remarquable d’une haïssable baronne qui a juré de casser son infirmière que lui envoie une clinique, tient son public dans sa main.La chipie cause avec son chien décédé (il est encadré avec un crêpe noir), et va même jusqu'à japper à sa place pour se répondre, et elle mène un cirque qui la silue à mi-chemin entre une « malade imaginaire » et une vieille criarde sortie tout droit d’une pièce d’Ionesco.On ne pense pas à Tsilla Chelton (la créatrice de bien des rôles d’Ionesco) pour rien.C’est fort amusant, mais les ten-latives de théâtre noir (l'idée des auteurs est de montrer la terreur des vieilles dames le soir au fond des maisons ,.) passent un peu en arrière-plan du numéro de Bégin, carrément mis en scène et joué dans le registre outrancier et bouffon.Mais le numéro de Catherine BÉgin sauve le spectacle.Dans les petits rôles, Alain Zouvi est « pinterien » dans la première pièce et « ionescien » dans la seconde.Il fait donc parfaitement son Hydro Quebec BANQUE NATIONALE UiA Hcultl (0) Llmpéhate MVirrtCHIT /UJhUbVlOtC (514)522-1245 1)1 12 MARS AU 6 AVRIL Mardi au vendredi: 20h Samedi: I6h et 21 h 84.rue Ste-Catherine Ouest NI Place des Arts Stationnement adjacent au théâtre RÉSERVATIONS: 861-0563 EEMl ! Cf MOLSON (b) O’KEEFE JÛÆÊ l» BMASSinit MOL SON O LES FEMMEUSES 91 EXPO-VENTE FEMMES PEINTRES SAMEDI ET DIMANCHE DE MIDI À 18 H CENTRE DE RECHERCHE PRATT & WHITNEY CANADA ÎOOO, BOUL.MARIE-VICTORIN, LONGUEUIL (QUÉBEC) C-6 ¦ Le Devoir, samedi 6 avril 1991 OPÉRA Parsifal au Met, une conception creuse Maurice Tourigny Correspondant du DEVOIR It New York N EW YORK — Parsifal, le dernier opéra de Richard Wagner créé en 1882, est une espèce de synthèses de l’oeuvre wagnérienne.L’histoire mythique de ce chevalier du Saint-Graal captive l’imagination du compositeur de 1865, alors qu'il rédige les premières esquisses du livret, à janvier 1882 lorsqu’il complète la partition.Oeuvre riche, complexe et mystérieuse, Parsifal met en scène à nouveau les thèmes wagnériens; amour, renoncement, rédemption, dans une trame au sens équivoque.Tout comme les héros du Ring, les protagonistes de Parsifal se révèlent à l’auditeur lentement, au bout de plusieurs représentations, au terme d'une écoute attentive.Le travail du chef d’orchestre, du metteur en scène et des interprètes de Parsifal est donc d'éclairer la signification, de trouver la façon d’exprimer le contenu de l’opéra et d’atteindre le spectateur en lui livrant l'essence du message wagnérien ou du moins le plus possible de cette matière dense.Tâche ardue dans laquelle les plus grands noms perdent parfois quelques plumes.Avec son habituelle équipe de production wagnérienne, le Metropolitan Opera de New York s’embarque dans une nouvelle réalisation de Parsifal.Malgré certaines qualités évidentes, le spectacle croule sous le poids d’une conception théâtrale creuse.Pourtant le tout commence bien.James Levine à la tête de son orchestre expert dans le répertoire romantique allemand donne au prélude de l’oeuvre toute sa magie et sa solennité.Du miroitement des cordes à l’éclatement majestueux des cuivres, Levine recrée le lieu spirituel de Parsifal.11 prend le spectateur et l’amène, avec emotion, aux portes de la mythologie médiévale.La clarté de l’orchestre, sa force d’évocation dans la partition magistrale et son ensemble irréprochable sont les principaux atouts de cette production.Levine choisit des tempi lents comme s’il voulait nous submerger des motifs du compositeur, nous entraîner dans le secret et la douleur de Parsifal.On a beaucoup vanté le choeur du Metropolitan qui passe pour l’un des meilleurs des scènes du monde.S’il restait encore des doutes dans certains esprits, ils sont effacés depuis la première de cette production le 14 mars dernier.Le Met engage le chef de choeur du Festival de Bayreuth, Mecque des wagnériens : dans la scène du dévoilement du Graal, les voix sous la direction de Norbert Ba-latsch sont tout simplement bouleversantes.Des voix d’enfants aux voix adultes, la formation du Met se surpasse et parvient à traduire le sacré et le génie de la musique.La contribution du choeur est immense et sa présence tire le spectacle de la bouillie théâtrale.Depuis 1976, le metteur en scène Otto Schenk et le scénographe Gunther Schneider-Siemssen sont les responsables de presque toutes les productions wagnériennes du Met.Après le succès remarquable de leur ¦V/ THEATRE DU RIDEAU VERT \ rI direction • YvrrrrK urikiyamoiir .MPRfTnnQ pai nwiNn V DIRECTION : YVETTE BRIND'AMOUR • MERCEDES PALOMINO DU 16 AVRIL AU 1 1 MAI 1991 lUilham S ANTONINE MAILLET MISE EN SCÈNE : ANDRÉ BRASSARD avec GUY N A DON MICHELLE ROSSIGNOL - MARIE TIFO MICHEL DUMONT * JEAN-LOUIS ROUX LINDA ROY - RENÉ GAGNON JEAN-GUY VIAU - LÉNIE SCOFFIÉ DÉCOR : RICHARD LACROIX COSTUMES : FRANÇOIS BARBEAU ÉCLAIRAGES : CLAUDE ACCOLAS RÉSERVATIONS: DU LUNDI AU SAMEDI DE 12H À 19H • LE DIMANCHE DE 12H À 16H 844-1793 4664, RUE ST-DENIS • MÉTRO LAURIER, SORTIE GILFORD Jessye Norman interprète Kundry dans Parsifal.Tannhauserel celui mitigé de la Tétralogie, voilà qu’ils s’attaquent à Parsifal.La vision néo-romantique et naturaliste des deux collaborateurs repose sur les indications du compositeur : notes dans la partition et divers conseils dans les écrits.Le but de Schenk est la fidélité la plus stricte aux intentions de Wagner.Projet louable ! Est-il possible ou même souhaitable en 1991 de monter les opéras wagnériens comme on le faisait il y a cent et ouelques années ?La question soulevé un débat soutenu depuis-longtemps et je ne me propose pas en trois colonnes de régler cette question épineuse.En regardant les documents d’archives du siècle dernier, on trouve les sources d’inspiration de Schneider-Siemssen; si sur papier les décors du scénographe paraissent intéressants, sur scène ils sont étouffants ou ridicules.Entièrement joué derrière un écran transparent pour permettre les projections aux moments des changements de décors, cette production utilise au premier acte des arbres qui se transforment en colonnes du temple à la seconde scène.Une forêt aux allures des images en trois dimensions de jadis, un décor du vendredi Saint avec fleurettes sur tiges à rebondissements (qui font rire les spectateurs) et un jardin qui pourrait ressembler à une vitrine de 5-10-15.Malgré l’apparence de conformité aux souhaits de Wagner, le Parsifal du Met manque le bateau.Il faut du temps à un chanteur pour approfondir un rôle.Le Parsifal de Jon Vickers reste sans remplaçant dans les opéras d’Europe et d’A- mérique.Placido Domingo est un nouveau venu au répertoire wagnérien.Si une voix italienne et chaude surprend dans le rôle titre, on est rapidement convaincu des capacités de Domingo.Son ténor qui a gagné des couleurs de bariton aux cours des dernières années se plie bien aux exigences du héros.Cependant on entend mal l’évolution du personnage dans la voix de Domingo; il faudra chercher davantage, approfondir la conception et surtout trouver l’expression qui convient à Parsifal.Musicien sérieux, Domingo dépassera sûrement l’interprétation un peu fade et sans grande substance de ces premiers pas dans le rôle.L’idée de Jessye Norman en Kundry est séduisante; malheureusement les limites de la cantatrice sont toutes exposées dans ce rôle difficile.Non seulement ses déplacements laborieux sur la grande scène nuisent-ils au déroulement du spectacle mais son inertie contredit le personnage même qu’elle incarne.Jessye Norman ne peut jouer l’errance et la séduction, la femme animale et la pénitente.Kundry pousse la chanteuse au bout de ses ressources vocales; les si du deuxième acte sont des notes forcées sans vérité dramatique.Norman devra elle aussi mûrir son rôle.Robert Lloyd chante Gurnemanz sans grande autorité mais d’une voix saine et riche.Ekkehard Wlaschiha prête son baryton à Amfortas, le roi déchiré par la douleur et la culpabilité; sans vraiment en traduire le mal et la torture.Klingsor est interprété en alternance par Franz Ma-zura et Aage Haughland alors que Paul Plishka chante Titurel.JAZZ Jimmy Rogers, vingt ans plus tard Serge Truffaut ILYA quelques mois de cela, une production à l’apparence innocente nous fut présentée.Elle s’appelait Ludella.Basée à Austin, Texas, l’étiquette Antone’s l’avait parrainée.Sur la couverture, il était indiqué que Jimmy Rogers en était l’auteur.Bonté divine ! Jimmy Rogers.Jimmy Rogers.De Jimmy Ro gers, cela faisait près de vingt ans, au moins, que nous n’avions pas eu de nouvelles.Les amoureux de ses accords de guitare, de sa voix claire et de ses beaux et francs récits devaient se contenter en effet de cette vieille galette noire que Chess, mythique compagnie de Chicago, avait enregistrée bien avant que le bipède ne danse le menuet sur la lune.Alors imaginez la fébrilité qui régna l’an dernier à l’annonce du re- UNE ENVOLEE VIBRANTE DE COULEURS Les Danseurs Ukrainiens de Shumka - Tournée Canadienne 1991 Winnipeg Calgary Saskatoon Vancouver Edmonton Montréal Toronto 'Shumka présente un spectacle intense qui témoigne de la vie, de la tradition et de l'esprit.Nous projetons la création d'un ballet inspiré de l'oeuvre ‘Enchanted Love' de Shumka’.Viktor Lttinov.Directeur artistique.Le Ballet de Kiev 25 & 26 AVRIL 1991 à 20h 30.00, 26.00, 19.00, 17.00$* "Prix incluant TPS BILLETS DISPONIBLES À LA BILLETTERIE DE LA PLACE DES ARTS ET AUX COMPTOIRS TICKETRON La passion du monde AIR CANADA transporte Shumka vers vous nr Une compagnie de 45 danseurs et 30 musiciens Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 $ (+ T.P.S.) sur tout billet de plus de 10 S.tour inopiné de cet homme né en 1924 en Géorgie.Y avait du mouvement dans la texture de la peau.Normal ! Nous étions en manque depuis des lustres.On avait le mouron.On baignait en plein spleen sonore.Passons.On s’empare donc de Ludella.On ôte l’enveloppe.On glisse l’objet dans l’appareil.Le premier morceau s’intitule You're Sweet.Et qu’est ce qu’on entend ?La guitare de Rogers.Les accords de Rogers.Ravi, on redécouvre le rythme de Rogers.De cet homme qui a imprimé au blues un mouvement semblable à celui que Freddie Green brossa pour le big band de Count Basie.Rogers comme Green ne sont pas des guitaristes.Ils sont des métronomes.De fait, depuis quelques mois il ne s’écoule pas une semaine sans que l’on savoure avec émotion Your’e Sweet, Rock This Rouse, Chicago Round, Sloppy Drunk, Got My Mojo Working et autres blues.Ce n’est pas compliqué, de cette génération qui à la fin de la deuxième guerre mondiale conjugua le blues avec l’urbanité, Rogers et Sunnyland Slim, depuis que Willie Dixon est en semi-retraite, sont les derniers témoins.Or il se trouve que de cette révolution il fut un des principaux acteurs.Jimmy Rogers Paradoxalement, voire étrangement, Rogers n’avait pu profité de l’énorme intérêt que le blues avait suscité dans les années 60.Aujour- WILLIAM TRITT, PIANISTE AU BÉNÉFICE DE LA FONDATION VINCENT-D’INDY MOZART,! Le dimanche 21 avril 1991,20h00 a Salle Claude Champagne 220, rue Vincent-d’lndy Outremont, Québec métro Édouard-Montpetit I MUSICI de Montréal Direction: Yuli Turovsky Billets: 40 S (avec reçu d’impôt de 20 $) 15$ étudiants PrOVIGO JDLuwm SSŒHHSSD Réservations: ARCHAMBAULT.849-6201 500, rue Ste-Catherlne Est Frais de service: 0,75* LETTRE SON ET MUSIQUE, 495-9297 5054, av.du Parc Frais de service: 0,75* FONDATION VINCENT D’INDY, 733-2083 COOPÉRATIVE VINCENT D'INDY, 342-5106 d’hui, à Chicago comme ailleurs, et à cause de Ludella, Rogers est l’un des principaux bénéficiaires du regain de popularité que rencontre le blues depuis plus d’un an.C’est bête à dire, mais ce n’est que justice.L’autre jour, au téléphone, le vieil homme a expliqué qu’a Chicago des musiciens jeunes allaient souvent le voir pour lui poser mille et une questions.À Jimmy Rogers, ils « demandent presque toujours des conseils.Je leur détaille ce qu’il est possible d’expliquer.En fait, j’essaie de les aider de la même façon que Muddy Waters m’a aidé.Vous savez, il ne se passe pas une journée sans que je ne pense a Muddy.Nous étions très proches.C’était un frère pour moi ».Depuis la sortie de Ludella, « je n’arrete pas de tourner.D’ici quelques jours, je m’en vais en Europe.Je vais jouer à Londres, à Milan, en Norvège et en France.Puis ensuite je dois aller au Japon.Après quoi je vais participer activement au Festival de Chicago avant de finir un album qui sortira d’ici la fin de l’année».Aujourd’hui, notre homme est à la tête d’un groupe régulier.Au piano, il y a.Piano Willie ! À la guitare, il y a Little Jimmy Jr, fils de Jimmy, qui selon les mots de Mel Brown, est excellent.La basse, si on bien compris, est entre les mains de Dave Myers.Avec son frère Louis, Dave formait l’une des meilleures paires de musiciens de studio.Enfin, pour la batterie Jimmy Rogers a récupéré le solide Ted Harvey.Le compagnon de Hound Dog Taylor.Aujourd’hui, et c’est la meilleure de la journée, voire de la semaine, Jimmy Rogers, sa guitare et Ludella, sont a Montreal.Ce soir au Théâtre des Loges.J uste en face de Dernier recours sur la rue Sangui-net.?La semaine prochaine, l’Ass tion jazz de Montréal présente des meilleurs formations de jaz soit.Soit celle que dirige le sax< niste alto, flûtiste et composi Henry Threadgill.Cet orchesti sept musiciens sera sur la scèi club ChezClaudio'sle jeudi 11 « C’est à ne pas manquer.f y fffi c^dm ( nnseiAatoire d'art dramatique de .VI ont réal El Le Nouvel appartement de C.(ioldoni mise en scène de Jean-Marie I elièvre du 5 au I J avril ll)l)| à 20 heures relâche le 7 a\ i il au Studio-théâtre Jcan-Valcourt 100.rue Notre-I )amc I si Montreal métro Champ-de-Mai s I-.titrée libre avec laissc/-passci K.S.V.P (514) N7J-42XJ 1 i' i > f • r r, f ¦ > î.< • i ' r Ii | fj' Ministère des Affaires culturelles Québec Kl Kl Kl Kl r i Le Devoir, samedi 6 avril 1991 ¦ C-7 MUSIQUE Une 100e saison dans la vie du Ladies Morning Marie Laurier AV KG U N K trop grande modestie mais un orgueil d’aristocrate, le Ladies Morning Musical Club (LMMC) célébrera sa 100e saison en recevant comme premier invité le pianiste Murray Perahia que cette société musicale faisait connaître en 1972, devenant ainsi un de ses favoris à au moins quatre reprises.L’artiste américain devenu une vedette internationale, par conséquent fort onéreuse pour le mince budget du LMMC doit avoir de la reconnaissance à son endroit car il a accepté de participer aux fêtes du centenaire en donnant un récital hors-série le 11 octobre prochain.Perahia jouera uniquement du Mozart exceptionnellement en soirée puisque les concerts du LMMC ont toujours lieu en matinée le dimanche.Voilà pour l’instant du moins la seule manifestation quelque peu spéciale qui marquera le premier siècle de la doyenne de nos sociétés culturelles au Canada et peut-être bien en Amérique du nord.Ce qui n’empêche pas la 30e présidente du LMMC depuis 1892, Mme Constance l’athy de s’étonner quand on lui demande si un gala, un dîner-bénéfice, que sais-je ?, est prévu : Vous ne trouvez pas que cette 100e saison est suffisante ?Le ton est sans réplique et l’on comprend que ces dames se réunissent depuis cent ans pour l’amour de la musisque davantage que par goût des mondanités.Parlons donc de cette 100e saison régulière dans la vie du Ladies Morning, soit une série de dix concerts qui auront lieu à la salle Pollack les dimanches après-midi à compter du 0 octobre 1991 jusqu’au 20 avril 1992 el qui ne compte qu’un seul nouveau venu : l’Orchestre de chambre Paillard qui fera ses débuts au LMMC le 20 octobre.Tous les autres invités sont des familiers de la scène du Ladies, le record allant au pianiste américain Richard Goode qui en sera à son sixième engagement le 1er décembre.Il est suivi de Murray Perahia qui en sera à sa cinquième venue, cette fois comme invite du concert hors-série.Il s’agit donc de miser sur des valeurs sures el déjà connues, ce qui devrait favoriser les retrouvailles d’une atmosphère de fête, affirme Constance Pathy.Présentons donc les artistes de la saison du LMMC 1991-1992 par ordre de leur entrée en scène au Pollack Hall qui contient 600 places : le Quatuor à cordes Emerson le 6 octobre (3e engagement) : l’Orchestre de chambre Paillard à ses débuts le 20 octobre;l’ensemble pour piano et cordes Beethoven di Roma pour la troisième fois le 3 novembre; le violoniste Augustin Dumay pour un deuxième récital le 17 novembre; Richard Goode termine cette première partie 1991 de la saison le 1er décembre.Le baryton canadien Kevin McMillan qui en sera à son deuxième récital au LMMC inaugurera les cinq autres concerts de la série le 2 février 1992; ce sera ensuite le Quatuor à cordes Alban Berg le 23 février qui y vient pour la troisième fois; le pianiste québécois Louis Lortie, en second engagement le 15 mars; le clarinettiste américain Richard Stoltz-man fait un quatrième retour le 5 avril.Le dernier concert de cette saison centenaire aura lieu le 26 avril 1992 avec le Trio Schubert de Vienne formé d’un pianiste, d’un violoncelliste et d’un violoniste qui jouent ensemble depuis 1985 et qui seront les invités de ces dames pour la deuxième fois.L’origine du LMMC remonte à 1892 alors que Mary Bell réunit un groupe de femmes de la bonne société montréalaise du milieu anglophone et dans quelques cas bilingue pour parler et faire de la musique entre elles pour ensuite évoluer sous forme de récitals et de concerts où l’on invitait des artistes québécois, canadiens el étrangers.Le tout premier concert eut lieu le 17 novembre 1892, entièrement consacré à Grieg suivi d'un tout Mozart la semaine suivante.En 1895, le club a 200 membres et présente au Monument national son premier artiste étranger, le violoniste et compositeur belge Eugène Ysaye accompagné du pianiste Aimé Laehaume.Pendant les guerres de 1914-1918 et de 1939-1945, cette société n’a pas cessé ses activités.On raconte même que pour ne pas perdre de temps et ne pas se faire accuser d’oisiveté, ces dames tricotaient pour les soldats pendant les concerts ! Aujourd’hui le LMMC compte 581 abonnés et met à la disposition du public les 22 places restantes, comme celles qui ne seront pas occupées le jour même du concert par des abonnés absents.ioloniste MICHAEL ISADOR PIANO EN RECITAL Programme Beethoven Bach Chausson Bartok Bloch Wieniawski Kreisler/Paganini \ * mV ivf * ‘ V S ¦ fy f ' V Mardi le 16 avril 1991 à 20h EN VENIE DÈS MAINTENANT À LA PLACE DES ARTS ET A TOUS LES COMPTOIRS TICKETR0N ri Théâtre Maisonneuve Réservations téléphoniques: U U Place des Arts 514842 2112.Frais_deservi 514 842 2112.Frais de service Redevance de 1 $ (+ T.P.S.) sur tout billet de plus de 10 $.Karajan s’impose sans équivoque Der Rosenkavalier op 59 de Richard Strauss Erich Kleiber et le Wiener Philharmoniker, distribution: Maria Reining (Maréchale), Sena Jurinac (Octavian).Hilde Gueden (Sophie), Ludwig Weber (Ochs), Anton Dermota (un chanteur).London 425 959-2, coffret de 3 CD.enregistré en 1954.Herbert von Karajan et l’orchestre Philharmonia, distribution: Elisabeth Schwarzkopf (Maréchale), Christa Ludwig (Octavian), Teresa Stich-Randall (Sophie), Otto Edelman (Ochs), Nicolai Gedda (chanteur).EMI CDS 7 49358 2, coffret de trois CD, enregistré en 1956.Georg Solti et le Wiener Philharmoniker, distribution: Régine Crespin (Maréchale), Yvonne Minton (Octavian), Helen Donath (Sophie), Manfred Jungwirth (Ochs), Luciano Pavarotti (chanteur).London 417 493-2, coffret de 3 CD, enregistré en 1968 Leonard Bernstein et le Wiener Philharmoniker, distribution: Christa Ludwig (Maréchal), Gwyneth Jones (Octavian), Lucia Popp (Sophie), Walter Berry (Ochs), Placido Domingo (chanteur).CBS M3K 42564, coffret de 3 CD, enregistré en 1971.Carol Bergeron TOUT L’OPÉRA pivote sur l’âge de la femme, affirme Catherine Clément • « là se trouve le véritable drame, là, le noeud de l’intrigue ».Drame, bien sûr et en dépit des apparences, mais le drame intérieur de cette « femme d’âge » qui, à l’aube désordonnée d’une nuit amoureuse, réalise que son espace « s’est rétréci comme une de ces peaux qu’on dit être de chagrin ».« Entre la petite fille et la vieille femme », s’achève sous nos yeux « l’âge des amours » (l'Opéra ou la défaite des femmes, Grasset).Curieusement peut-être, l’ouvrage ne porte pas le nom de l’héroïne mais plutôt de celui par qui le drame arrive.Le comte Octavian Rofrano, le futur Chevalier à la rose, est ce garçon de 17 ans qui, au lever du rideau, sort à [ieine du lit de la princesse Marie-Thérèse von Werdenberg, la Maréchale.C’est elle qui poussera son jeune amant dans les bras de Sophie (une gamine de 15 ans) que le vieux et vulgaire baron Ochs von Lerche-neau veut épouser pour la valeur de sa dote.On se croirait en plein opéra-bouffe italien.Plutôt simple l’intrigue sera définitivement réglée avant la fin du premier acte.Les spectateurs auront alors compris que le vieux soupirant ridicule sera berné par Octavian/Chérubin qui préférera a la femme mûrissante, la fraîcheur et la candeur de Sophie/Colombine.Les musicologues allemands ont également montré ce que Le Chevalier à la rose devait aux Noces de Figaro de Mozart, Il existe en effet une parenté évidente entre Octavian et Cherubino pour leur ardeur amoureuse naissante, entre la Maréchale et la comtesse Almaviva pour leur attitude devant un amour juvénile, etc.À l’influence de Mozart, il faudrait encore ajouter celle de Wagner.Car le climat du Chevalier est très proche de celui des Maîtres chanteurs.Il est possible, par exemple, de comparer Hans Sachs et Eva avec la Maréchale et Octavian; de remarquer qu’Eva et Sophie partagent les mêmes réflexes devant les fiancés qui leur sont proposés, Beckmesseret Ochs.L’idée de Strauss était cependant moins de s’inspirer d’un romantique, fut-il Wagner, que de renouer, selon Antoine Goléa, avec un « classicisme nourri de toutes les traditions enrichissantes du baroque ».Un baroque autrichien, devrait-on dire, où la sensibilité, la grâce, la frivolité, la sensualité frisant l’érotisme se mêlent au rythme anachronique — car l’action se passe au milieu du 18e siècle — de la valse viennoise.Le texte, que Goléa trouve « terriblement abondant » n’est pas facile à comprendre, d’autant qu’il fait usage d’un patois fabriqué de toutes pièces par le librettiste Hofmannsthal.Aussi, faut-il en suivre le déroulement muni d’une bonne traduction : ce que ne fournissent pas en français, les versions de Solti, Kleiber et de Karajan, dans livret EMI de 1956 (édition que j’ai utilisé en pressage vinyle).Faut-il rappeler, par ailleurs, que la revue Avant-Scène Opéra (no.69/70) a consacré à la « comédie musicale » de Strauss un volumineux dossier qui contient notamment une traduction du livret intégral complété d’un précieux commentaire musical et littéraire de Stéphane Goldet.La prédilection de Strauss pour la voix féminine se manifeste ici en ce que trois des quatre rôles principaux lui sont confiés.Avec le résultat que pour mieux exprimer sa jeunesse, Octavian s'exprime à travers le gosier d’un mezzo-soprano.Ce qui a £amm oppe&te.Réfmuiîie%-VMM 1 £efj(udwtte 0 T^PHÀNTÜVÎ
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