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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-04-19, Collections de BAnQ.

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eoCTPTr ¦9\irWr£iM JL H Le Devoir, vendredi 19 avril 1991 LA CITE in te rilite A COMPTER DU 19 AVRIL RÉSERVATIONS 253-8974 la nouvelle compogme théâtrale salle Fred-Barry La querelle des Anciens et des Modernes La réforme de l’enseignement du français écrit proposée par Québec divise déjà le monde scolaire PHOTO JACQUES GRENIER ü y v !> 'Ârï&jS- ÉflH mm BSaS»-;.** w?Æ WA m>/ r|PT^ ü Acculé à l’échec de son programme de 1980 axé sur la communication orale, Québec a entrepris de préciser les objectifs de grammaire, d’orthographe, de ponctuation et de syntaxe au primaire et au secondaire.Caroline Montpetit CONFRONTÉ à des symptômes de plus en plus évidents de faiblesse des élèves québécois en français écrit, le ministère de l’Éducation du Québec imposait, en juin 1986, une première grande composition française à tous les étudiants de 5ème secondaire de la province.Les résultats ont été aussi clairs ue décevants.46 % seulement des lèves de l’école secondaire publique ont obtenu la note de passage à l’examen.Quatre ans plus tard, soit en juin 1990, le taux de réussite au meme examen s’est établi à 58 %, pour l’ensemble des étudiants des écoles publiques secondaires de la province.L’amélioration de 12 % est notable, mais le taux d’ensemble n’a toujours pas de quoi emplir de fierté le système scolaire québécois.Acculé à l’échec de son programme de 1980 axé sur la communication orale, le ministère de l’Éducation a entrepris cette année de préciser, pour la première fois en 10 ans, les objectifs de grammaire, d’orthographe, de ponctuation, et de syntaxe, à intégrer dans l’enseignement du primaire et du secondaire.La mini-réforme, qui vient d’être soumise en consultation à l’ensemble des commissions scolaires, aux conseillers pédagogiques, aux directions des établissements privés et aux comités de parents de la province, reçoit un accueil mitigé auprès des intervenants.« Les documents soumis visent à créer des temps d’arrêt, inexistants dans le programme actuel, pour approfondir les règles de ponctuation, de grammaire, d’orthographe et de syntaxe.ILs accordent 80 % du temps d’enseignement à l’apprentissage du français écrit, et 20 % du temps à l’oral », précise Arlette Niedoba, qui travaille depuis trois à l’élaboration de cette réforme.Il n’en fallait pas plus pour réveiller du coup les vieilles guerres idéologiques du monde enseignant.Les associations et syndicats de professeurs qualifient de retour 20 ans en arrière, et de rejet des principes d’enseignement basés sur le communication de 1980.La vieille garde de l’enseignement théorique, issue du cours classique et des institutions privées, qui réclame depuis dix ans une réintégration de l’apprentissage théorique de la rédaction, crie victoire.Du côté de la Fédération des comités de parents du Québec, on salue avec enthousiasme les précisions élaborées par le ministère de l’Éducation.« La Fédération des comités de parents déplore depuis des années le manque d’attention porté à l’orthographe dans l’enseignement du français au Québec », souligne le président d la F.C.P.Q., M.Gary Stronak.Dans sa réponse au ministère, la F.C.P.Q réclame non seulement l’adoption des précisions proposées au programme, mais également le renforcement du programme de formation des maîtres à l’université, ainsi que l’allocation de ressources de sou- tien au nouveau programme.M.Jean-Louis Jobin, éditorialiste de la revue Les Enseignants, rêve pour sa part de réintégrer les racines gracques et latines à tous les niveaux d’apprentissage.Le plan soumis en consultation est intéressant, dit-il, mais ne va pas encore assez loin sur le plan de la mémorisation et de la lexicologie.« Le ministère de l’Education précise enfin le vocabulaire de base qui doit être maîtrisé au primaire, et en 1ère et 2ème secondaire.Mais il s’arrête là, sans préconiser l’enseignement des racines grecques et latines en 3ème, 4ème et 5ème secondaire.Les programmes de 1980 étudiaient surtout le mode de narration de texte, c’est-à-dire, la nouvelle littéraire, le roman, ou le récit, on enseigne pas assez les fondements de la langue.À travers ces années, seulement un tiers environ des professeurs ont continué d’enseigner les techniques d’écriture comme dans le passé ».À l’Association québécoise des professeurs de français (AQPF), comme à la Fédération des enseignants et enseignantes des commis-sions scolaires du Québec (FEECSQ), on grince des dents.Pour les associations de professeurs, le perfectionnement de la langue écrite s’oppose au principe de l’éducation des masses, fondement de l’école publique universelle.Michel Therrien, président de l'Association québécoise des professeurs de français, estime que le plan soumis en consultation retourne aux méthodes de pédagogie de connaissances et d’enseignement d’exercices, ignorant l’intégration de ses connaissances dans le processus de création d’un texte.« Quant à la faisabilité de cet enseignement par le ministère, elle pose des problèmes énormes de temps.Comment pourra-t-on intégrer tous ces objectifs dans le temps dont on dispose présentement.Dans ce document, on ne respecte plus l’approche communicative prescrite en 1980.Nous avions demandé des précisions quant à l’application du programme, pour faciliter le transfert de connaissances en français.Mais nous, les professeurs de français, préconisons une pédagogie axée sur la pratique, conformément aux programmes de 1980 », ajoute M.Therrien.Le but de l’enseignement du français à l’école publique, poursuit-t-il, est d’offrir un minimum de bagage au plus d’élèves possible.Tout le monde doit être capable de lire son bail, par exemple, ou de communiquer convenablement, au plan oral.« Il est vrai que les méthodes de 1980 ont créé une génération d’étudiants qui ont énormément de difficultés à écrire, renchérit Francine Schoeb, vice-présidente de la FEECS.Mais il ne faudrait pas revenir trop loin en arrière.Pour la grande majorité de la population, et dans la vie en général, il est d’abord essentiel de s’exprimer oralement.Il ne faudrait pas conclure que savoir communiquer, ce n’est pas aussi important que savoir écrire », conclut-elle.Pour le ministère, comme chez les enseignants, le diagnostic du problème de rédaction des étudiants était pourtant clair.Le programme imposé en 1980 a capitalisé sur l’élaboration d’un message, en communication orale et écrite, laissant dans l’ombre l’approfondissement des trois piliers des techniques d’écriture de la langue française, la grammaire, l’orthographe, et la syntaxe.« Les faiblesses relevées se situent particulièrement sur le plan de la construction des phrases, de la ponctuation, et surtout de la gram- maire », notait la direction de l'évaluation pédagogique du ministère de l'Éducation, dans son analyse des résultats des épreuves des étudiants du secondaire, en décembre 1986.« En 1980, nous avons mis sur pied un programme axé sur la communication.L’enjeu premier était d’apprendre à l’élève comment faire passer un message, à qui il s’adressait, ce qu’il voulait dire.L'élève commençait par élaborer le contenu de son message, puis, s’il avait le temps, il s'attardait à corriger la forme, explique Arlette Niedoba, responsable du plan de réforme du programme de français écrit, au ministère de l’éducation.Or, le programme était tellement centré sur le contenu et l’organisation générale des textes que l’apprentissage des règles d’orthographe, de grammaire et de syntaxe ont peu à peu été délaissées par certains professeurs, au profit de la créativité ».Dans l’ensemble du Québec, la proportion d’exercices didactiques dispensés en français écrit varie du tout au tout selon l’école, le professeur, et selon la performance de l’élève en classe.« Si l’on suit la pédagogie du programme de 1980, les professeurs doivent d'abord faire rédiger et composer les étudiants, explique M.Michel Therrien, président de l’Association québécoise des professeurs de français.Ils s’attaquent ensuite, s’ils ont le temps, aux règles de grammaire.Or, le niveau de maîtrise de la grammaire et de la syntaxe des étudiants est très hétérogène.Les corrections et les prescriptions varient selon les étudiants.Certains étudiants ont plus de difficultés avec les participes passés, d’autres sur les temps du verbe.Les enseignants doivent s’adapter à chacun d’entre eux.» En 1987, l’ancien ministre de l’Éducation, M.Claude Ryan, mettait en oeuvre un plan d’action, insufflant des budgets spéciaux à la direction de la formation générale, le direction de l’évaluation matériel didactique, le Conseil professionel interdisciplinaire du Québec, ainsi qu’aux universités, pour élaborer des méthodes de redressement de l’apprentissage de la langue écrite.Élément-clé de ce plan d’action, la réforme des programmes d’enseignement du français au primaire et au secondaire, devra, à la suite de la consultation des derniers mois, à être sanctionnée par le ministère de l’Éducation.Le minstre de l’Éducation du Québec, M.Michel Pagé, n’a pas encore commenté publiquement les documents.De l’avis de tous, de nouveaux budgets devraient d’ailleurs être alloués à l’enseignement du français pour permettre son application.Consciente des remous que son acceptation pourrait entraîner dans le monde de l’éducation, la F.C.C.Q, en bout de ligne, interroge : « L’approche pédagogique évaluée comme « éparse et floue » en 1987, sera-t-elle taxée de trop de rigidité lors de la mise en application de la version bonifiée du programme de français ?» MENTION ITVXt H U NI \ PHOTO JACQUES GRENIER Si plusieurs employeurs anglophones résistent à la francisation de leur entreprise, d’autres, comme la société Digital Equipment, y adhèrent volontiers.Sur la photo, le président de l’Office de la langue française, M.Jean-Claude Rondeau remet à une représentante de la compagnie, Mme Francine Létour-neau, une mention d’excellence.ANALYSE Travailler en français .malgré les anglophones Jean-Pierre Proulx LA FRANCISATION du travail au Québec se fait malgré les anglophones.Cela explique sans doute la lenteur des progrès observés à cet égard dans la récente étude du Conseil de la langue française « sur l’usage du français au travail » mené par le sociologue Paul Béland.En effet, il n’existe toujours pas de consensus entre les francophones, les anglophones et les allophones sur cet objectif de faire du français la langue de travail.La Charte de la langue française n’impose pas que des normes.Elle propose, particulièrement en matière de francisation du travail, des objectifs et des programmes d’action.Or toute loi nécessite, pour être efficace, davantage que la contrainte.En démocratie, elle suppose l’adhésion des esprits et de la volonté des citoyens.En l’absence de consensus sur le bien-fondé d’arrêter aux feux rouges, le code de la route serait bien peu utile.Or, révèle l'enquête du Conseil le degré d’adhésion à la Charte au sein de la communauté anglophone n’a pas encore atteint, en matière de langue du travail le masse critique pour créer la synergie nécessaire à un changement accéléré.Dans la région de Montréal, là où se vit essentiellement le problème, l’immense majorité des francophones, soit 88%, sont d’accord que le français soit la langue de travail.Mais, à l’inverse, chez les anglophones, une forte majorité, soit 61%, n’est toujours pas d’accord.De plus, 74% des anglophones estiment que la loi 101 nuit à l’économie du Québec, 67% croient qu’elle compromet la santé économique des entreprises, 75% qu’elle fait fuir les investisseurs, 55% que « la bonne volonté des entreprises est suffisante pour assurer l’avenir du français comme langue de travai »1.La communauté anglophone se divise en deux touchant l’intervention de l’État: 49% estiment que « même aujourd’hui, l’intervention du gouvernement provincial est nécessaire pour que le français soit la langue du travail au Québec », et l’autre moitié pense exactement le contraire.Cette résistance serait de moindre conséquence si les anglophones n’occupaient pas dans l’économie québécoise une importante priviliégiée compte tenu de leur poids démographique.D’après les plus récents travaux de l’Office de langue française (1987), les Anglo-Canadiens contrôlent 34% des emplois dans le secteur privé du Québec, sans compter les 10% qui sont sous contrôle d’étrangers.On imagine le frein que les opinions et convictions de la communauté anglo-québécoise peuvent entraîner sur le processus de francisation en milieu de travail.Comment convaincre un employeur anglophone si lui et son groupe social s’objectent si massivement à l’objectif visé et croient si pernicieux les effets des actions que la loi l’oblige à poser?Cela dit, on observe néanmoins une évolution.Aujourd’hui, c’est 61% des Anglo-Québécois qui ne sont pas d’accord pour faire du français la langue du travail; mais, il y a dix ans, c’était 75%.Et si 9 sur 10 craignaient les effets pernicieux de la loi 101,25% ont maintenant perdu cette crainte.Mais en même temps, le noyau des irréductibles a considérablement augmenté: 13% étaient « tout à fait » en désaccord en 1979 pour faire du français la langue de travail; ils sont maintenant 27%.Bref, il y a, au total, Voir page B-2 : Français C AHIER SPÉCIAL LE PLAISIR DE L’ART LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES MUSÉES PARUTION LE 11 MAI DANS LE DEVOIR LE DEVOIR visite le nouveau Musée du Québec qui se prépare à ouvrir ses portes à Québec et fait le point sur les autres projets de musée en cours de construction à Montréal, Québec et en région.Réservation publicitaire: 842-9645 Date de tombée: 3 mai t mW) Une collaboration de l'Office du Tourisme Autrichien LE DEVOIR •rwtiK @ Lufthansa B-2 ¦ Le Devoir, vendredi 19 avril 1991 L’opposition mexicaine craint un libre-échange néo-colonialiste Clément Trudel LE LEADER du Parti révolutionnaire démocratique (PRD-Mexique) et chef de l’opposition mexicaine craint que l’accord de libre-échange à intervenir entre son pays et les États-Unis — avec l’inclusion possible du Canada — ne se fasse au « prix de l’entrée du Mexique dans l’economie mondiale à des conditions néo-coloniales », qui ne donneraient pas le choix à Mexico.M.Cuauhtemoc Cardenas, parlant hier à l’Université du Québec à Montréal, a rappelé que, depuis dix ans, les travailleurs mexicains ont perdu plus de la moitié de leur pouvoir d’achat ; il ne peut favoriser un projet d’entente qui se ferait à leur détriment.Le Mexique est un pays de bas salaires.Le PIB per capita y est de 2300 $, soit le huitième environ de celui du Canada et des USA.M.Cardenas estime à 30 % le taux de chômage qui frappe 9 millions de Mexicains, et qui est cause d’une situation où 17 millions de ses concitoyens vivent « dans des conditions de misère extrême », selon ce qu’il a précisé en entrevue hier matin.Que le président Carlos Salinas ait récemment insisté, auprès d’auditoires américain et canadien, sur son objectif d’« exporter moins de main-d’oeuvre et plus de produits », apparaît à M.Cardenas comme une menace brandie pour amener les deux pays à signer une entente.« Munis ou non de documents », la main-d’oeu-vre mexicaine continuera à franchir les frontières tant que l’attrait de très hauts salaires subsiste et tant qu’on n’aura pas accepté, selon lui, que le Mexique a lui aussi grandement besoin de créer des emplois.; :Ce que proposent M.Cardenas et le PRD ressemble à ce qu’ont pu réaliser, en y mettant le temps, les pays européens : tout d’abord, la proclamation d’une charte sociale, pour protéger les travailleurs des trois pays (il souhaite également la mobilité de la main-d’oeuvre); puis l’adoption d’une politique d’investissements dans les parties les plus faibles, si l’on veut vraiment en venir à un « juste échange ».Ce qui devrait signifier le retrait, du champ de la négociation, de ce qu’il appelle « l’agriculture de subsistance », un domaine dont on ne peut se désintéresser et qui a besoin de l’afflux de capitaux permettant de restructurer et moderniser ce secteur vital.« L’agriculture, comme le savent déjà les pays à économie prospère », doit pouvoir mener à une « autosuffisance alimentaire au moins partielle », mais comment le Mexique pourra-t-il concurrencer le riz du Japon ou les produits de pays qui n’ar-rivent pas, selon le dernier round de négociation du GATT, à s’entendre pour diminuer ou abolirles subsides qu’ils versent à l’agriculture ?Lors d’une conférence de presse, hier midi, le leader politique a dit estimer au’il ne sent pas, de la part du : gouvernement en place à Mexico, : une volonté véritable de « respecter le vote » de la population.Il se dit convaincu que le PRI, actuellement au pouvoir, allait vers la défaite en 1994, et s’engage à être vigilant pour que le vote, aux législatives du mois d’août prochain, soit « propre ».Le chef du PRD donne tort aux États-Unis de vouloir s’en tenir à un strict point de vue commercial; il PHOTO JACQUES NADEAU Guauthemoc Cardenas faut selon lui passer à des discussions sur la renégociation de la forte dette extérieure du Mexiaue (102 milliards $) qui handicape son développement.A plus long terme, M.Cardenas entrevoit un libre-échange pouvant englober Caraïbes et Amérique latine.« Un avenir fondé sur la seule libéralisation de l’économie ne saurait nous satisfaire, a-t-il ajouté pour son public de l’UQÀM, car il ne ferait qu’extrapoler les tendances actuelles et exacerber les vices du présent ».L’« ouverture » de l’économie qui s’est produite depuis huit ou neuf ans au Mexique s’est soldée par une augmentation du chômage, elle a permis aux États-Unis de hausser ses exportations de 12 à 28 milliards $, précise Cardenas qui pense que Mexico a déjà fait beaucoup pour la libéralisation.Dans son entrevue au DEVOIR, hier matin, M.Cardenas a notamment réagi à l’idée émise par un congressman du Vermont, Bernard Sanders, suggérant que M.Cardenas aille témoigner devant un comité du Congrès américain.« J’irais à une réunion de type informel, publique ou pas, si l’on m’invite », car il y a nécessité d’échanges francs et clairs sur le libre-échange.Le Congrès sera en effet appelé à se prononcer en mai sur la « voie rapide » préconisée par le président George Bush pour ces négociations de la NAFTA (acronyme anglais de Zone nord-américaine de libre-échange).Le leader politique spécifie qu’il ne peut se rendre à des audiences « officielles » du Congrès américain, mais entend toujours participer à des forums de discussion.Sur la place accordée à l’opposition dans les médias mexicains, M.Cardenas reconnaît que la presse écrite y est diversifiée, mais que « depuis un an, le PRD, et moi surtout, sommes exclus des chaînes de télévision ».Le parti entend lutter pour que s’ouvrent les médias à la diversité culturelle, sociale et politique.Quant aux droits humains, M.Cuauhtemoc prend acte des efforts valables faits par M.Carpizo et ses collaborateurs de la Commission nationale des droits humains (un premier rapport a paru en décembre).Mais cette commission rend compte directement au président du pays, elle n’agit pas en véritable ombudsman et ses recommandations sont, dans maints milieux, accueillies froidement tandis que « les violations aux lois du pays » se poursuivent, déplore M.Cardenas.ECOUTEZ PARTEZ POUR HüM IDENTIFIEZ 4 MOTS PASSEPORT TIRAGE LE 30 AVRIL 1991 THEATRE Les théâtres à bout de souffle Paule des Rivières LES THÉÂTRES du Québec, les gros comme les les petits, étouffent.La vitalité du monde théâtral camoufle la maladie qui n’en progresse pas moins à un rythme rapide : le manque de fonds se fait chaque jour plus criant.C’est ce au’a rappelé, hier, le directeur général du Conseil québécois du théâtre, M.Pierre MacDuff, au nom des théâtres du Québec.« Nous lançons un cri de détresse », a-t-il dit, en présence des représentants de plusieurs dizaines de théâtres.« Nous arrivons à un point limite où l’ensemble du théâtre est atteint ».Selon M.MacDuff, le refus des gouvernements de mieux soutenir le théâtre, à une époque où après le cinéma et le match sportif, c’est cet art qui attire le plus les Québécois, qui « sont fous du théâtre », ne peut s’expliquer pour des raisons économiques, tellement les montants dont il est question sont « insignifiants ».En tout, 8 millions $, « une goutte d’eau ».Les subventions du Conseil des Arts du Canada ont légèrement augmenté depuis 15 ans mais le nombre de compagnies théâtrales a connu un tel essor durant cette période que la subvention moyenne a décru de plus de 30 %, passant de 98 500 $ à 76 045 $.En pourcentage, la contribuation du Conseil des Arts du Canada dans le chiffre d’affaires des compagnies est passé de 18.3 % à 11.3%.Le Conseil des Arts envoie 4.9 millions $ annuellement aux théâtres francophones, sur un budget de 106 millions $.Les budgets prévus aux ministère des Affaires extérieures pour les tournées à l’étranger a ont eux aussi fondu comme neige au soleil, ce qui frappe particulièrement le théâtre de création et le théâtre jeunes publics.« La prochaine saison s’annonce pire encore, au point où la presque totalité des tournées prévues par les compagnies québécoises risquent d’être compromises », a dé- Catherine Bégin claré Mme Catherine Bégin, comédienne et présidente sortant du Conseil québécois du théâtre.Le regard porté à Québec ne recueille guère plus de compassion.Alors que le budget du ministère doit augmenter de 30 millions $, exploit en ces temps où le ciseau du Conseil du Trésor est impitoyable, le théâtre ne verra son budget haussé que de 500 000 $ Sans dénoncer ouvertement les largesses qui déferlent sur d’autres secteurs, les gens de théâtre ne peuvent s’empêcher de relever que les musées d’État ont vu leurs subventions passer de 40 à 47 millions $ (essentiellement versés au Musée du Québec et au Musée d’art contemporain) et que le Musée des Beaux Arts de Montréal a reçu un beau 8 millions $.« Nous lorsaue nous passons d’une petite salle à une grande salle, nous ne recevons rien la plupart du temps ».Quant à l’aide aux créateurs, il est prévu qu’elle augmente de 100000 $ en 1991-92.« Nous entrons dans une phase de déficits, qui risquent de compromettre nos relations avec le milieu des affaires », a pour sa part prévenu Gilbert Lepage, vice-président de Théâtres Associés et directeur artistique du Théâtre populaire du Québec.« S’il n’y a pas d’argent neuf, nous ne pourrons maintenir notre rythme de production.Le TPQ ne pourra plus se permettre le même volume d’activités », a-t-il ajouté.Mme Bégin s’est rappelée qu’il y a 31 ans, lorsqu’elle a commencé à faire du théâtre, que « nous payions nos costumes avec nos cachets de té- lévision ».Et bien a-t-elle dit, cela n’a pas tellement changé.Et puis déjà les compagnies sont forcées de choisir des pièces à deux ou trois acteurs, n’ayant pas les moyens de payer plus de comédiens.C’est ainsi que l’on a tué le théâtre épique, a dit la comédienne.Le milieu théâtral reconnaît que la Ville de Montréal a consenti « un effort sensible » afin d’engraisser le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.Mais pour l’année en cours, le budget reste inchangé, à .87 % du budget de la CUM.Quelque 50 organismes recevront 1,8 million $.Sur les 160 compagnies théâtrales professionnelles québécoises, la moitié sont subventionnées et l’apport public dans leurs revenus est en moyenne de 43.5%.M.MacDuff refuse catégoriquement l’argument voulant qu’il y ait trop de compagnies théâtrales, parce qu’il est idiot de souhaiter un retour à la situation de la fin des années soixante, alors que le théâtre était réservé à une élite.Va-t-on jeter la pierre à la créativité ?Malheureusement, a fait valoir Myriam Grondin, présidente de Théâtres Unis Enfance Jeunesse, « nous passons de plus en plus de temps à remplir des formulaires et des rapports et de moins en moins de temps sur la scène ».Et que les politiciens ne viennent pas nous dire qu’ils méconnaissent notre situation.Il faudrait peut-être, a-t-elle suggéré, organiser des forfaits « lunch et journée au théâtre » pour les gestionnaires, pour leur expliquer une ième fois notre situation.Entre-temps, les responsables des compagnies théâtrales communiqueront avec leurs députés dans les prochaines semaines, pour faire entendre leur voix.« J’ai envie de brailler tellement je suis fière de notre théâtre », a dit Mme Bégin.« Mais n’y a-t-il donc personne parmi les politiciens qui nous entende.Nous deviendrons peut-être un peuple de hockeyeurs uniquement si cela continue».PHOTO JACQUES NADEAU Les animateurs Patrice Lécuyer et Gérard-Marie Boivin ont participé aux manifestations qui ont marqué la semaine du français au Complexe Desjardins.+ Français moins d’anglophones en désaccord, mais ceux qui sont vraiment contre sont maintenant un sur trois.On n’observe pas moins que ce sont les anglophones qui ont été le plus touches par la francisation au travail.À la vérité, et c’est là un étonnant paradoxe, dans le secteur privé de la région métropolitaine, les francophones se retrouvent aujourd’hui exactement dans la meme situation qu’il y a dix ans: en 1979, 62% travaillaient essentiellement en français contre 63%, en 1989.De même, aujourd’hi comme hier, 8%, et 6% travaillent avant tout en anglais.Dans la tranche intermédiaire, celle du bilinguisme, ils sont restés 30%, (voir le tableau ci-contre).Chez les anglophones, les changements observés sont beaucoup plus importants: la ?proportion de ceux qui travaillent essentiellement anglais a chuté de 73%, à 55%, tandis que ceux qui se trouvent en situation de bilinguisme sont passés de 28%, à 45%.Enfin, la proportion de ceux qui gagnent d’abord leur vie en français a grimpé de 4%, à 8%,.Le fardeau du bilinguisme a donc commencé à se répartir autrement.Mais le mouvement est loin d’être terminé.Ainsi chez les francophones qui « travaillent dans les deux langues », 48%, parlent anglais dans les réunions où ils sont minoritaires, 57%, font de même avec leur supérieur hiérarchique anglophone, POURCENTAGE DE LA MAIN-D’OEUVRE SELON LE TEMPS DE TRAVAIL EN FRANÇAIS PAR LA LANGUE MATERNELLE SECTEUR PRIVÉ, MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN, 1979 ET 1989 Francophones Anglophones Allophones Temps de travail en français 90% ou plus 89%-50% 49% ou moins N 1979 1989 1979 1989 1979 1989 62 63 4 8 21 24 30 30 24 37 35 39 8 6 73 55 44 37 2 633 2 389 524 432 426 390 46%, avec leurs subordonnés anglophones, 52%, avec leurs collègues anglophones.Il y a maintenant 20 ans, la Commission Gendron chargée d’étudier la situation de la langue française au Québec, avait proposé comme objectif que cette langue devienne « le moyen de communication entre Québécois de toute langue et de toute origine ».Cet objectit fait aussi partie du préambule de La Charte de la langue française.« Il faut bien constater, conclut M.Béland, que cette objectif n’est pas atteint».Mais le test le plus important de la francisation au travail touche les allophones.Le grand pari dont on débattait au temps de la crise de Saint-Léonard en 1968 s’énonçait ainsi : « Francisons le milieu du travail.Les immigrants adopteront tout naturellement le français.Il leur sera indispensable ».La commission Gendron avait même recommandé de légiférer sur la langue du travail avant de le faire sur la langue d’enseignment.Vu l’histoire du Québec, que 55%, des anglophones de la région métropolitaine puissent continuer à gagner leur vie essentiellement en anglais s’explique.Mais à priori, la sitation des allophones devraient ressembler aujourd’hui davantage à celle des francophones.Les allophones, révèle le tableau ci-contre, se situent dans une situation intermédiaire entre les francophones et les anglophones: 24%, travaillent essentiellement en français, 39%, le font dans les deux langues, et 37%, gagnent leur vie en anglais (ou dans une autre langue).Il y a eu progression du français puisqu’au total, 63%, travaillent au moins la moitié de leur temps en français contre 56% il y a dix ans.Mais il faut en même temps noter l’importante division de l’opinion allophone sur la langue de travail: même si 76% sont d’accord pour dire que l’« immigrant qui s’établit au Québec devrait apprendre le français en premier », seulement 52%, sont favorables à ce que le français soit la langue de travail.Mais ici la majorité a basculé puisque il y a dix ans, 43%, seulement y étaient favorables.Mais, pour le reste, l’opinion allophone suit, à propos de la loi 101, les mêmes tendances qu’au sein de la communauté anglophone: 55%, croit que la loi 101 nuit à l’économie du Québec, 59%, qu’elle compromet la santé économique des entreprises, 70%, qu’elle nuit aux investisseurs étrangers.Paradoxalement, 41%, des allophones pensent que « l’anglais devra inévitablement demeurer la langue des affaires et de la finance au Québec» cela contre 32%, seulement des anglophnes; 70%, des francophnes ne sont pas d’accord.Francophones, anglophones et allophones québécois font consensus sur un point: les trois groupes affirment à plus de 80%, que « toute personne qui demeure au Québec devrait savoir parler le français».Mais la déchirure demeure encore profonde entre francophones d’une part, et anglophones et allophones d’autre part, dès que les intérêts concrets des uns et des autres entrent en jeu, c’est-à-dire sur langue qu’il s’agit de parler au travail. pÿMjK *< -'iHIh ”r' g.v en paroles, mais en pratique aussi confédéré qu’avant.Floué dans les deux cas, gageons que les lendemains seront pénibles pour son moral — d’autant plus qu’entre-temps, inquiets de la moindre incertitude, Wall Street, Bay Street & Cie auront fait payer à l’économie du Québec une surtaxe à l’indépendance, d’autant plus déplorable qu’elle est sans objet.Le réveil sera dur.Faire l’indépendance c’est rompre De « F association » obligée à la monnaie commune tout le discours pseudo-souverainiste noie dans un flou artistique la dimension essentielle de la rupture Alliés dans la confusion ?Robert Bourassa et Jacques Parizeau, le 29 juin 1990.PHOTO JACQUES GRENIER avec, à l’arrière-plan, la tranquillisante promesse de toutes les garanties de sécurité offertes par une nouvelle entente Québec-Canada.Sitôt qu’ils pressentirent que ce nationalisme était du genre inoffensif, on vit d’ailleurs s’y convertir par milliers les membres de la catégorie « cadres-de-caisse-pop-chambre-de-commerce-PM E-bien-de-chez-nous ».Quelques-uns, comme Lucien Bouchard, finirent même par s’engouffrer dans la course à la récolte des votes « souverainistes ».sur la scène fédérale ! Bref, plus le temps passait, plus il devenait apparent que la prétendue « souveraineté-association » n’était guère qu’une variante schizoîde d’autonomisme néo-fédéraliste déguisé en nationalisme de salon, leurre confortable dans lequel on se contentait désormais de fantasmer les avantages d’une forme atténuée d’accession nominale à une plus ou moins confédérale émancipation, sans en assumer tous les risques ni même Aveuglés par leur pseudonationalisme d’opérette, la plupart des commentateurs ont jugé plus incongru le « souverainisme » des libéraux que l’« associationnisme » du PQ, pourtant infiniment plus étrange.devoir obtenir trop à l’avance l’accord du rassurant partenaire.À chacune de ses déclarations, Jacques Parizeau somme, avec sa coutumière suffisance, le chef du Parti libéral d’avouer enfin qu’il est fédéraliste et pas « souverainiste ».Mais ce dilemme n’en est plus un, et l’autre ne le voit que trop.Car les li- béraux ont fini par comprendre qu’être « souverainiste » de la main droite n’excluait pas d’être fédéraliste de la main gauche.Marchander un maximum de pouvoirs et d’autonomie, tout en maintenant par une quelconque « superstructure » les relations pan-canadiennes nécessaires à la soi-disant « sécurité économique » du Québec, ils savent bien que c’est leur affaire, et non celle des vrais nationalistes.L’ambiguïté est en effet l’élément normal de tout fédéralisme, même s’il arrive à des esprits rigides comme Claude Ryan d’y perdre leur latin.À quoi sert le PQ ?Le problème n’est donc plus de savoir si le Parti libéral est « souverainiste » ou fédéraliste.Ce devrait être plutôt de comprendre à quoi sert encore cet hybride de nationalisme et d’« associationnisme » qu’est le PQ, sanctuaire d’un chauvinisme aussi vantard que timoré, ni fédéraliste en Radiographie d’un grand malade, le Canada 3.Neuf Commandements pour le sauvetage d’un pays qui en vaut encore la peine William Thorsell Rédacteur en chef The Globe and Mail DANS L’HYPOTHÈSE d’une reconstruction du Canada sur des bases nouvelles, il nous reste encore à imaginer une vision moderne autour de laquelle les Canadiens pourraient s’unir comme peuple.C’est la pa"', la plus difficile, mais aussi la plus intéressante, de ma réflexion sur ce thème.Les éléments suivants pourraient faire partie de cette vision.1 — Historiquement, les Canadiens ont reçu en héritage une des étendues d’eau et de terre les plus vastes au monde.Ce que nous sentons en commun comme Canadiens, ce que nous aimons, a beaucoup à voir avec la terre, la flore et la faune.Terre et climat façonnent bien des traits de notre caractère.Mais ils sont aussi exigeants.Comme curateurs d’une grande portion de cette planète blessée, nous avons en tant que Canadiens une magnifique occasion d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du monde.Comme partie intégrante de notre responsabilité vis-à-vis de la Terre, nous devrions pratiquer une sage gestion de notre patrimoine naturel et promouvoir la protection intégrale des écosystèmes sis au Canada, de l’océan Arctique aux prairies de la Saskatchewan.Comme illustration de nos objectifs nationaux en ce domaine, je cite le livre qu’a publié le World Wildlife’s Fund, Endangered Spaces.On l’a mieux exprimé, en français et au Québec : Mon pays, ce n 'est pas un pays, c’est l’hiver.2 — L’histoire a rassemblé au Ca- nada des peuples de diverses races et de differentes cultures.Ce processus s’intensifie.Ceci pourrait mener à une coexistence indifférente, voire hostile de plusieurs groupes séparés au sein d’une même entité legale.Nos aspirations humaines devraient viser plus haut.Nous devrions admettre, comme part de notre responsabilité face à la civilisation, l’établissement de va-; jurs partagées entre peuples différents.Le projet canadien n’est pas dans cette voie relativement facile du « respect de la diversité », bien qu’il s’agisse là d’un point important.Il réside dans la voie plutôt difficile qui consiste à forger une communauté humaine en présence de la diversité.C’est ce que nous avons négligé en dehors du Québec, et c’est ce que le peuple requiert, ce à quoi aspire le monde.3 — Le destin a voulu que le Canada soit membre du Club des pays riches, avec une population restreinte et un ouvoir militaire marginal.Notre istoire a facilité l’appartenance à tous types d’organismes : Groupe des Sept, Organisation des États américains, Commonwealth et Francophonie.Parce que nous mettons la main à autant de pâtes, nous avons l’occasion de constituer un élément de liens dans le monde, d’élever la voix pour une cause commune.Comme part de notre responsabilité devant la communauté globale, nous devrions en venir à une politique étrangère qui mette l’accent sur la justice sociale et économique sans succomber au simplisme du prêchi-prêcha ou à l’isolationnisme ou à un neutralisme égoïste lorsque l’attrait fléchit.4 — En tant que pays riche, nous de vrions reformuler la responsabilité que nous avons envers nous-mêmes : tous les Canadiens ont droit à un revenu de base, au logement, aux soins de santé et à la sécurité personnelle.Notre capacité intellectuelle permet de planifier à cet effet des programmes sociaux beaucoup plus sensés et dont le coût ne serait pas exorbitant.Notre communauté doit savoir se préoccuper du sort des autres et une partie de notre caractère distinct, comme Canadiens, devrait être de nous préoccuper de besoins et de droits individuels.5 — Le Canada devrait se fixer, à tous les niveaux de gouvernement, de bien plus hautes normes d’éducation, y inclus pour les humanités.L’éducation est le cadeau le plus libérateur et l’héritage le plus humanisant qui puisse passer d’une génération à l’autre.Il s’agit moins d’une question d’argent aux niveaux primaire et secondaire, que d’une question de réforme.Nous n’en faisons pas suffisamment à ce sujet.Le Canada devrait être un pays qui éduque ses enfants.6 — En pleine Amérique du Nord, les Canadiens peuvent encore se payer le luxe d’agglomérations urbaines civilisées et stimulantes.Comme objectif national, nous devrions tendre à l’idéal du renforcement des villes comme moteurs de la culture et de la croissance économique, de responsabilité face à l’environnement, de véhicules de missions et d’espaces nationaux permettant d’établir un terrain partagé en commun au milieu de la diversité culturelle.Nous ne voulons pas d’un pays formé de villes-États.Nous sommes dans l’attente d’un État composé de villes qui fonctionnent — de merveilleuses vil- les canadiennes.7 — Le Canada est un petit pays vivant à côté d’un grand.En guise d’attachement à notre nationalité, nous devrions nous engager à accorder un appui public vigoureux à la culture et aux arts, pas moins au Canada anglophone qu’au Québec.Cela ne veut pas dire qu’il faut exclure d’autres influences.Il s’agit de s’assurer que les voix des Canadiens se fassent clairement entendre sur le marché de la culture nord-américaine.8 — Nous devrions utiliser des instruments étatiques pour la mise en commun de capitaux nécessaires à de vraies activités économiques, au-delà de la coupe du bois ou de la canalisation des eaux.Le libre-échange et le libéralisme économique, tout merveilleux qu’ils soient, n’offrent pas de solution globale à la vie économique d’une nation.Sans recours au protectionnisme, à la planification étatique ou à des politiques industrielles d’envergure, nous devrions dans certaines régions nous concentrer sur une action économique collective, depuis la recherche jusqu’au développement et au marketing.Je pense au Régime d’épargne-actions du Québec, ou, en Alberta, à la fondation Heritage pour la recherche médicale.Tout comme nous devons affirmer notre existence comme peuple, culturellement et moralement, nous devons exister matériellement.9 — Comme héritiers de la grande civilisation européenne, nous devons renouveler notre engagement envers la liberté individuelle, les droits individuels, l’égalité des chances, la liberté d’expression, la liberté de corn merce et d’échange.Nous sommes une nation composée de communautés distinctes, mais une nation libé- rale de communautés distinctes.Il ne suffit pas d’apporter des corrections à nos défauts.Une nation, c’est plus qu’un système qui fonctionne; c’est un projet inspiré d’idéaux et de missions.Elle doit être constituée d’un peuple qui se reconnaît, qui partage souvenirs et aspirations, qui ressent des liens, qui désire l’unité.Parce que chacun peut y trouver son compte, je crois que nous sommes à même de corriger nous principaux défauts dans la politique et la structure qui nous mènent à la confusion, qui nous divisent et qui nous conduisent sur une courbe descendante.Parce que nous sommes des êtres humains intelligents, je pense que nous pouvons imaginer et partager quelques visions qui en valent la peine.Le Canada n’est pas qu’un lieu.C’est un moment dans le temps que vivent quelques peuples.Et dans ce temps nous sommes ceux qui auront à déterminer si le Canada réalisera ses possibilités les plus prometteuses ou s’il se repliera dans ses composantes disparates, provoquant un autre désappointement parmi d’autres que nous réserve l’Histoire.Nous sommes à même de comprendre qu’il faut réformer pour survivre.Nous avons l’imagination pour trouver à cela de bonnes raisons.Ayons l’honnêteté de nous mesurer aux faits.Puisons en nous-mêmes l’énergie pour redresser les choses et la vision qui permettra de sauver un pays dont le monde a grand besoin qu’il soit sauvé.(Dernier de trois articles) Texte reproduit avec la collaboration du quotidien torontois.La traduction est de Clément Trudei Lettre du sous-ministre fédéral de la Justice Mme la directrice du DEVOIR, J’ai lu dans votre édition du 6 mars 1991 l’article intitulé « L’indépendance du pouvoir judiciaire », sous la signature de Me Louis Côté.Je ne saurais corriger toutes et chacune des inexactitudes et insinuations que contient ce texte.Je désire cependant rectifier les plus graves erreurs de fait et de droit qui concernent le ministère de la Justice.Vérifications faites, je suis en mesure de nier catégoriquement, au nom du ministère de la Justice, l’insinuation, dans l’article, qu’il y ait eu quelque échange que ce soit entre le juge en chef du Canada de l’époque, et le sous-ministre de la Justice de l’époque, au sujet du libellé de la Loi sur la concurrence.D’autre part, j’aimerais souligner que l’allégation portant sur la validité de la nomination d’un juge à la Cour suprême du Canada est, à sa face même, sans fondement en droit.Je vous prie de croire, madame la directrice, à mes sentiments les meilleurs.John C.Tait, Sous-ministre de la Justice, Ottawa.NDLR : LE DEVOIR a publié cet article strictement à titre d’opinion libre d’un lecteur, et à ce titre, il est le fait uniquement de son auteur.Si des erreurs de droit ou de fait y ont été exprimées, LE DEVOIR ne les prend naturellement pas à son compte et est heureux d’avoir donne au sous-ministre de la Justice l’occasion de les relever.Un amour douteux Michel F, Sarra-Bournet L’auteur répond au vice-président du Parti Égalité, Raphael Chalkoun VOTRE ARTICLE publié le 11 avril (« Le Parti Égalité aime le Québec ») confirme que votre parti est le lieu de convergence des citoyens québécois qui rejettent le caractère français du Québec.Vous prônez un Québec bilingue dont le gouvernement aurait le moins d’autonomie possible à l’intérieur du Canada.C’est votre droit le plus strict et vous n’avez pas à vous en cacher.Mais sachez que votre vision est partagée par de moins en moins de Québécois.Des citoyens dont la langue maternelle n’est pas le français la rejettent.Par contre, l’idée de la souveraineté fait des gains.Mais cela vous choque tellement que vous n’hésitez pas à brandir la menace de partition du territoire.Ceux et celles qui ont voté « oui » en 1980 ont accepté les règles de la démocratie et n’ont pas parlé de la séparation du Lac Saint-Jean où leur option avait emporté la majorité des voix, et cela malgré qu’on leur ait refusé un pays.Ils espèrent une attitude semblable de votre part si le Québec se déclare souverain par référendum.Il y a un sous-entendu paternaliste dans votre histoire de partition.Pourquoi le Québec serait-il moins en mesure d’exploiter la Baie James après la souveraineté ?Pourquoi la « province » de Québec aurait-elle droit à ce territoire, mais pas le pays du Québec ?Pourquoi la majorité serait-elle moins tolérante envers les minorités, alors que tous les malentendus sur l’identité du Québec et sur son caractère français seraient dissipés ?Le racisme, l’intolérance et la xénophonie dont on accuse la majorité des Québécois existent bel et bien, mais c’est le fait d’individus.Ce n’est pas un phénomène collectif.Dans vo-I re discours politique, vous l’imputez aux nationalistes, en les taxant d’obscurantisme, comme au temps de Duplessis.L’accusation « d’intimidation » que bien des fédéralistes font à l’égard des souverainistes origine surtout des trudeauistes.Votre attitude démontre que ce n’est pas tellement la souveraineté qui fait problème, mais votre volonté de vivre dans un Québec français qui fait défaut.Et cela est évidemment relié à la question nationale : la souveraineté est l’ultime instrument pour protéger la société distincte en la faisant correspondre aux frontières du Québec.Par contre, un régime fédéral centralisé et responsable d’encadrer les législations linguistiques limite la capacité étatique d’endiguer l’anglicisation du Québec.Le Québec a changé, Monsieur Chalkoun, il vous faudra bien l’accepter.L’équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’Information générale Josée Boileau, François Brousseau, Jean Chartier, Yves d Avignon.Jean-Denis Lamoureux, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes), Louis-G L’Heureux, Caroline Montpetit.Bernard Morrier, Isabelle Paré.Clément Trudei , à ITntormaUon culturelle Pierre Beaulieu.Paule DesRivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Nathalie Petrowski, à l’Intormatlon économique Robert Dutrisac.Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut.Claude Turcotte, à l’Information politique Pierre O’Neill (partis politiques).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulori (politique internationale), Laurent Soumis (politique municipale), aux affaire» *oclalea Paul Cauchon (questions sociales), Jean-Pierre Proulx (éducation, religions), Louis-G Francoeur (environnement), Sylvain Blanchard (relations de travail), Marie-Josée Hudon.Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Thérèse Champagne, Monique Isabelle (clavistes), Denise Babin (secrétaire à ta rédaction), Suzanne Marchand (ad)oinle è la direction), Christyne Ouellet (secrétaire a la direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Marion Scott.Sylvie Scott, Serge Laplante IQuébec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Millette (d/rectrice),Jacqueline Avril, Chris tiane Beniamin, Caroline Bourgeois, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix.Christiane Leqault, Lise Maior (publicitaires).Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon, Céline Poisson (maquettistes), Johanne Brunet (secrétaire) L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables), Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Louis Huot, Jean-Guy Lacas, Rachel Leclerc-Venne, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Isabelle Baril, Linda Thériault (secrétaire à l’administration) LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Michelle Aile (directrice).Monique Corbeil.Monique L’Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida LES ANNONCES CLASSÉES Marie-Hélène Alarie, Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Christiane Vaillant LA SOLLI CITATION TÉLÉPHONIQUE Yves Williams, Patrick Koczan (coordonnatours), Patrick Salesse.Micheline Ruelland, Louise Paquette.Raymond Paquin.Jeari-Marc Ste-Marie, Françoise Coulombo, Jean-François Lapointe LE DEVOIR est publié par l’Imprimerie Populaire Limitée so ciele a responsabilité limitée, (toril le siège social osl situé au numéro ?! t rue du Saint-Sacrement, Montréal.H2Y IXt II est composé et imprimé par Imprimerie Dumont 7743 rue Bourdoau.une division de Imprimeries Québécor Inc .(il?ouest rue Saint-Jacques.Montréal L’Agence Prosse Canadienne esl autorisée à employer et à dilluser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR osl distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Quobecor Inc située au 775, boul Lobeau, Sl-Laurorit Courrier de deuxième classe onregislromenl numéro 0058 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec (514)344 3351 Abonnements (514) 844 5738 LE DEVOIR (USPS 003708) is published daily by I Imprimerie Populaire.Limitée.21 1 rue St Sacrement Montréal Québec H2Y 1X1 Subscription rale per year is t 439 00 USD Second Class Postage paid at Champlain, N Y US POSTMASTER send address rhanrips to ’ Insa PO Box 1518 Champlain NY 12919 1518 "tinges to
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