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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-05-01, Collections de BAnQ.

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SOCIETE Montréal, mercredi 1er mai 1991 CAHIER t « « ?« « « AO O La jeunesse du cinéma Le 12e Festival international du jeune cinéma, qui se déroulera du 7 au 12 mai, présentera cette année 150 films et vidéos de 18 pays, dont la Bulgarie, l’Allemagne, le Mexique et la Nouvelle-Zélande.On y verra entre autres le premier film de Jean-Claude Beineix (ci-contre), Le chien de monsieur Michel, réalisé en 1978.Page B-3 L’Amérique des bavures policières Les violences des forces de l’ordre provoquent un large débat aux États-Unis qui redécouvrent les bavures policières.On redoute l’étincelle qui embraserait les minorités raciales.À Philadelphie en novembre dernier, un Centre pour la loi a été ouvert qui a installé une ligne téléphonique SOS-bavures.Page B-5 Réflexions du 1er mai Aujourd'hui, Fête des travailleurs sous le signe de la récession et de l’agitation constitutionnelle.Selon Pierre Paquette de la CSN, le règlement de la question nationale est un préalable à la lutte au chômage, tandis que les évêques québécois se demandent quel pays on prétend bâtir si les injustices sociales y sont perpétuées.Page B-8 Le marché de l’art s’effondre à NY Récession, scandales financiers chez les Japonais, le marché de l’art s’effondre à New York.L'an dernier, le mois de mai avait rapporté 1 milliard $, contre 200 millions $ cette année.Van Gogh peut se rassurer, son Portrait du Docteur Cachet (ci-contre), enlevé à 82,5 millions $ l’an dernier, restera le plus cher du monde.Page B-3 L’endémique pauvreté des jeunes L’école malade Les voeux répétés d’un projet collectif Paul Cauchon IL FAUT maintenant édifier une deuxième Baie James au Québec, une Baie James basée cette fois-ci sur des ressources humaines.Cette Baie James, ce grand projet collectif, ce grand projet de société, c’est la lutte à la pauvreté.L’image avait été lancée dans un atelier matinal, puis reprise sur l’heure du midi par une conférencière, et rediscutée en après-midi.Rien n’indique qu’elle a atteint à ce jour les officines du pouvoir.Mais elle a fait son effet.« On sait très bien comment lutter contre la pauvreté.Ce qu’on ne sait pas faire c’est le passage à l’action », ajoute Madeleine Blanchet, présidente du Conseil des affaires sociales.Cette proposition d’une « nouvelle Baie James » prenait place vendredi dernier lors d’un forum organisé à Laval par le Conseil québécois pour l'enfance et la jeunesse, qui portait sur les jeunes et la pauvreté.Titre du colloque : « État d’urgence ».État d’urgence parce que « les solutions on les connait, on n’a pas comme société à réinventer la roue.Il faut plutôt se décider à agir.Et le premier domaine d’intervention c’est l’emploi.C’est là le nerf de la guerre de la lutte à la pauvreté.Il faut trouver des moyens de créer des emplois, il faut aménager nos horaires de travail » soutient Marc-André De-niger, directeur à Montréal du Conseil canadien du développement social.Chez les « intervenants», qu’ils soient éducateurs, travailleurs sociaux, praticiens du réseau de la santé, on sent une impatience grandissante.Comme si le message passait mal, comme si on n’arrivait pas à se convaincre collectivement de l’importance de lutter contre la pauvreté, ou encore à convaincre les véritables décideurs.Madeleine Blanchet encore : « Avant de s’attaquer au problème il faut l’avoir reconnu, le nommer ».« Les stratégies gouvernementales sont cyniques : que les gagnants gagnent et que les perdants perdent », lance Vincent Van Schen-del, économiste à l’UQAM.« Dans le discours du dernier budget Wilson le mot pauvreté ou chômage n’est même pas prononcé.On ne parle que de l’inflation.Ce qui est visé c’est la stabilité du taux de change, des marchés.On cherche la croissance écon-mique mais pas la croissance de l’emploi.Ce n’est pas la même chose ».Pourtant les chiffres sur la pauvreté abondent.En fait on ne sait plus où les mettre.Rien de mieux qu’un colloque d’ailleurs pour en recevoir une bordée par la tête: au Québec on dénombrait un million de pauvres en 1986, soit 18,1 % de la population.Un chiffre qui aurait encore augmenté aujourd’hui.615 000 personnes, soit 15 % de la population de la grande région montréalaise et la-valloise, vivraient dans ce qu’on appelle des « ménages pauvres ».Au Canada les enfants constituent le groupe social le plus pauvre.En 1986 (date du dernier recensement) on dénombrait 1 016 000 enfants pauvres au Canada, une hausse de 13,4 % en six ans, alors que le nombre total d’enfants diminuait de 3,7 %.Les médias font état depuis le début de l’hiver de la montée fulgurante du chômage des jeunes.20 % des 15-24 ans n’ont actuellement pas d’emploi au Québec.Les jeunes représentent 41 % de la population bénéficiaire del’aide sociale, et c’est la clientèle de l’aide sociale qui a le plus augmenté en dix ans.D’autres chiffres, fournis par Marc-André Deniger à partir d’une étude inédite du Conseil canadien de développement social : 18,8 % des enfants du Québec sont pauvres, ce qui se compare à 12 % pour l’Ontario et 16 % pour l’ensemble du Canada.66 % des enfants des familles monoparentales sont pauvres.Je lui fait répéter ce dernier chiffre deux fois pour être certain d’avoir bien entendu.« Il y a vingt ans la pauvreté frappait majoritairement les personnes âgées, ajoute Vincent Van Schendel.Aujourd’hui il est clair qu’elle augmente chez les jeunes et les familles monoparentales ».Les jeunes se sont appauvris parce qu’ils sont exclus des emplois.Les emplois sont devenus de plus en Voir page B-2 : Pauvreté r wt ¦A V A.PHOTO JACQUES GRENIER 20 % des 15-24 ans n’ont actuellement pas d’emploi au Québec et les moins de 30 ans représentent 41 % des assistés sociaux.v#y, A mm j' PHOTO JACQUES NADEAU Dormir debout Le Dr Odile I.apierrc (à droite) et une de ses patientes atteinte de narcolepsie.et s’écrouler de joie.La narcolepsie, inguérissable mais facile à traiter Guy Faquin MME X A VÉCU une longue partie de sa vie en ressentant sourdement la réprobation de son entourage.En son absence, proches et voisins ne se gênaient pas pour la traiter de paresseuse, d’apathique, voire de névrosée.C’est que la pauvre femme vit depuis des années avec une tendance irrépressible à somnoler en plein jour, à s’endormir sans crier gare pour quelques secondes ou quelques minutes, sans égard au fait qu’elle a longuement dormi la nuit d’avant.Ce n’est que récemment que Mme X a appris deux très bonnes nouvelles.Premièrement, elle n’est ni folle ni paresseuse et, deuxièmement, l’ingestion de doses infimes de certains médicaments la débarrasseront très rapidement de ses symptômes.Mme X, comme plus de 3000 Québécois, souffre de ce qu’il est convenu d’appeler la maladie du soin meil, la narcolepsie, comme la nomme les médecins, hélas trop peu nombreux, qui la connaissent.En plus d’être régulièrement victimes d’attaques de sommeil, les narcolep-tiques présentent tous un symptôme extrêmement embarrassant, la ca-taplexie.Sous le coup d’une puissante émotion (la gaité, la colère, peu importe), ces gens subissent une chute brusque du tonus de leurs muscles axiaux, ceux des jambes et des bras.De stupeur, les bras leur tombent pour vrai et ils croulent littéralement de rire ! Le docteur Odile La-pierre, de la clinique de sommeil de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, a recueilli auprès de ses patients maintes anecdotes illustrant de façon frappante ce symptôme essentiel de la narcolepsie, la cataple-xie.Ainsi, M.V, à la pêche, la joie de tenir une belle truite au bout de la ligne la lui fait échapper.M.T, lui, courroucé de voir la chèvre de son voisin faire bonbance dans son carré de choux, s’empare d’un bout de branche pour la chasser mais, emporté par la colère, tombe en cata-plexie et s'écroule sans pouvoir chasser la contrevenante qui poursuit son méfait sous ses yeux.Au-delà de l’anecdote plaisante, la réalté des narcoleptiques est loin d’être agréable, du moins tout le temps qu’on les renvoie de psychologues en psychiatres, sans reconnaître ce dont ils souffrent vraiment.Beaucoup de narcoleptiques ont des hallucinations, certaines fort peu rassurantes.Beaucoup, même s’ils viennent de s’éveiller, restent paralysés pendant une courte période de temps.On comprendra facilement la détresse et la panique qu’ils ressentent dans de telles occasions et l’on verra bien que cette maladie est loin d’être reposante.Tous les symptômes de la narcolepsie tournent autour du sommeil et plus précisément de ce type de som-Voir page B-2 : Dormir de la pauvreté Paul Cauchon ELLES TROUVENT des condoms et des seringues le matin dans la cour d’école, cadeaux d’un environnement social dégradé.Les enfants croisent les travestis et les pimps en descendant de l’autobus.Pendant la récréation elles doivent quelquefois défendre un élève qui se fait attaquer par le nouveau chum de sa mère.Il leur arrive de gratter les fonds de tiroir parce qu’un enfant se présente sans avoir mangé depuis trois jours.Elles-mêmes vantent d’abord le courage et la débrouillardise de certains enfants qui font face à des situations insensées.« Pour faire ce qu’on fait il faut vraiment aimer son travail, il faut être disponible, être à l’écoute » explique sobrement Louise Paquette.Louise Paquette travaille à l’École Marguerite-Bourgeoys, alors que Nicole Ouellette et Pierrette Boulay enseignent à l’École Carneau.Des écoles dans le Centre-Sud de Montréal, en milieu défavorisé.Elles sont sur la ligne de front, tous les jours.Lors du colloque du Conseil québécois pour l’enfance et la jeunesse elles ont parlé de leurs expérience, en mots simples, devant un auditoire qui en avait la gorge noué.« Chez nous on s’assoit en cercle, on se parle, explique Nicole Ouellette, 26 ans d’expérience en enseignement.À un moment donné on doit tout arrêter pour régler des problèmes.Parce qu’en fait ces jeunes-là il n’y a pas grand’monde qui les écoute.Ce sont les enfants d’ailleurs qui me disent eux-mêmes 'Nicole c'est le temps de mettre les chaises en rond’ ».« C’est certain que tu ne peux pas donner ta matière normalement quand une petite fille vient te voir parce que le chum de sa mère lui a lancé un couteau.Ou quand un petit de 4 ans, de maternelle, doit mettre le cadran la nuit pour se lever afin de donner le biberon à son frère, parce que sa mère travaille de nuit.Moi je le laisse dormir, parce que c’est juste à l’école qu’il peut dormir ».« Je me rappelle aussi de ce jeune de 11 ans qui arrive un jour dans ma classe : il n’avait jamais mis les pieds à l’école de sa vie.Ses pieds, d’ailleurs, étaient déformés à cause des journées entières passées devant la télévision.» « Il faut dire que la solidarité des enfants entré eux est exceptionnelle : on se passe de la nourriture, on trouve des cadeaux pour aider celui qui n’en a pas, on respecte celui qui vit des problèmes.Ils vivent des choses que je n’ai pas vécu rendu à mon âge ».« Il faut savoir décoder les messages, les appels au secours, continue Pierrette Boulay.On ne peut pas commencer la journée sans faire descendre la pression qu’ils ont sur les épaules, en se mettant en rond pour discuter nous aussi.L’individualisation de l’enseignement c’est l’individualisation de l’écoute ».« Il ne faut pas compter ses heures.Des fois j’ai l’impression de jouer aussi à la mère avec les mères ! Il faut que tu saches pourquoi tel jeune est si agressif un matin, si déchainé, il faut que tu découvres qu’il avait passé la nuit tout seul parce que sa mère n’était pas rentrée couchée.Je me rappellerai toujours aussi de cette fillette tellement perturbatrice dans l’école, qui n’avait jamais été embrassée de sa vie, qui jamais été bercée, qui avait été rejetée par sa mère, enfermée dans un garde-robe à l’âge de deux ans.Pour sa fête on lui avait trouvé une poupée, avec les autres enfants.Son Voir page B-2 : L’école CAHIER SPÉCIAL LE PLAISIR DE L’ART LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES MUSÉES PARUTION LE H MAI DANS LE DEVOIR LE DEVOIR visite le nouveau Musée du Québec qui se prépare à ouvrir ses portes à Québec et fait le point sur les autres projets de musée en cours de construction à Montréal, Québec et en région.Réservation publicitaire: 842-9645 Date de tombée: 3 mai B-2 M Le Devoir, mercredi 1er mai 1991 4 Dcrmir meil dans lequel nous sommes plongés quand nous rêvons.Ce stade du sommeil est caractérisé par le rêve, une activité cérébrale importante malgré une paralysie des muscles contrôlant nos mouvements volontaires.Les chercheurs ont aussi découvert que, pendant cette phase du sommeil, les globes oculaires sont agités de mouvements rapides, comme s’ils suivaient sous la paupière encore fermée les déplacements des objets hallucinés par nos rêves.On appelle ce stade du sommeil le REMS, de l’anglais « Rapid Eye Movement Sleep ».Chez toutes les personnes, on trouve des alternances de sommeil à ondes lentes (sommeil léger ou profond) et à ondes rapides (sommeil des rêves ou REMS).Mais chez les narcoleptiques, le REMS est instable, fragmenté, entrecoupé d’irruptions des autres stades et cette instabilité du sommeil rêveur semble entraîner un besoin de reprendre pendant le jour les rêves perdus la nuit.Ainsi, les narcoleptiques s’endorment-ils en tombant illico en REMS, sans passer par la période de sommeil léger à ondes lentes ni par celle du sommeil profond.Leurs hallucinations au réveil et parfois en plein jour sont aussi des manifestations du REMS, autant que la perte subite de tonus musculaire, caractéristique du rêveur.Au total, les narcoleptiques semblent incapables d’inhiber la phase REMS de leur vie cérébrale et cette dernière fait irruption dans leurs activités diurnes à tout propos.Les analyses du docteur William Dement, de l’Université Stanford aux États-Unis relient le désordre du sommeil rêveur à un débalancement du dosage et de l’interaction entre plusieurs neurotransmetteurs.Ce sont ces substances chimiques naturellement produites par notre organisme qui modulent nos cycles de veille et de sommeil.Le manque ou l’excès de production de sérotonine ou de noradrénaline, entre autres neurotransmetteurs impliqués dans le sommeil, pourraient induire la narcolepsie.Et, que prend-il aux narcoleptiues de produire un dosage différent de certains neurotransmetteurs ?Un croit aujourd’hui qu’il y aurait là combinaisons de facteurs génétiques et de facteurs externes.Côté génétique, un segment du sixième chromosome humain (qui porte un numéro de plaque minéralogique d’auto : HLA DR2) a tendance à se représenter sous diverses formes variant d’une personne à l’autre.On parle alors des allèles du gène.Un de ces allèles (HLA, DR2, DQW1 pour ceux qui tiennent à savoir le nom de leurs gène), est fortement soupçonné de favoriser le débalancement du dosage des neurotransmetteurs conduisant à la narcolepsie.Mais, bien des gens portent l’allèle suspect sans être narcoleptiques.Beaucoup ne voient cette maladie apparaître, comme bien des maladies, après un choc émotif important (deuil, par exemple).Il faut alors supposer une combinaison de prédispositions héréditaires et de déclencheurs externes.Quoiqu’il en soit, on connnaît deux grandes classes de médicaments d’une bonne efficacité dans le traitement de la maladie.Les premiers sont les psychostimulants qui accroissent la présence de noradrénaline dans le système nerveux central et combattent la somnolence chronique.Malheureusement, trop de noradrénaline épuise le muscle cardiaque.Des doses infimes (30 fois moindres que celles qu’on donne aux déprimes graves) d’antidépresseurs agissent sur le neurotranssérotonine et stabilisent la distribution nocturne de sommeil rêveur.Les symptômes diurnes disparaissent à leur tour.On n’a pas agi sur le gène lui-même, bien sûr, et le malade devra rester sous médication le reste de ses jours.Ce que la narcolepsie a montré, c’est que l'état de rêve nous est essentiel sans qu’on sache encore précisément pourquoi.Pour les Grecs, l’intelligence était figurée par la chouette, qui ne vole si librement que la nuit.Qu’on l’empêche de s’ébattre à son heure habituelle et c’est le jour qu’elle viendra réclamer sa part de rêve.4 Pauvreté plus précaires, les voies traditionnelles sont bloquées, le chômage est devenu toujours plus chronique.Et puis il existe des causes autres que le chômage.La formation, par exemple.« Tous les représentants du monde patronal se plaignent du manque de main d’oeuvre spécialisée » dit M.Deniger.Mais il existe aussi « une contradiction fondamentale entre le discours sur l’importance d’innover, et l'importance réelle qui est accordée à la recherche dans les entreprises » ajoute Diane Tremblay de Télé-Université.Des écoles qui produisent trop de décrocheurs, trop de chômeurs mal adaptés au milieu du travail, mais aussi des interventions gouvernementales fustigées par plusieurs participants.« Le régime actuel de sécurité du revenu doit être réformé, explique Marc-André Deniger.Il faudrait unifier les prestations pour enfant.Il existe également un écart énorme et grandissant entre le salaire minimum et le seuil de pauvreté.Le régime social actuel est un système arriéré, rétrogade.Dans le discours gouvernemental il y a une négation complète des causes structurelles des problèmes sociaux.Tout n’est axé que sur la responsabilité individuelle ».À la limite il ne sert à rien pour le Québec de demander des pouvoirs supplémentaires à Ottawa, comme le rapatriement de la formation professionnelle, si on ne sait pas quoi faire avec ces pouvoirs.Et si on continue les luttes de pouvoir entre les différents ministères.La pauvreté matérielle d’un grand nombre de jeunes se double d’une pauvreté psychologique, « morale » pourrait-on dire.Ici, les causes varient, choisissez celles que vous voulez : démantèlement des familles, perte des valeurs, drogue, influence de la télévision.Un constat, exprimé par la responsable d’un centre d’écoute téléphonique pour jeunes : « quand on leur demande s’il y a quelqu'un autour d'eux en qui ils ont confiance, en qui ils peuvent parler, les jeunes ne savent pas, ils ne trouvent pas ».Pourtant les interventions pour contrer les phénomènes de pauvreté existent.Au CLSC Centre Sud à Montréal on a mis sur pied le projet « Y a personne de parfait », qui s’adresse aux parents pour « augmenter leur compétence parentale ».Un projet mené auprès de mères célibataires, qui se rencontrent et discutent de tout ce qu'il faut faire avec son enfant.Une pochette de travail contient un guide de l'évolution de l’enfant à tous les âges, des autocollants avec des numéros d’urgence, etc.Cela semble simple.Il faut pourtant que quelqu'un y pense et s’en occupe.Autres exemples : laCÉCM mène avec le CLSC de Villeray et les employeurs du quartier un projet de cours et de stages pour convaincre les jeunes décrocheurs de 16 et 17 ans de refaire leur formation.On mène aussi avec le CLSC Ilochelaga-Maisonneuve et le Centre culturel et sportif de l’Est une série d’activité de loisir et d’éducation auprès d’enfants de 5 à 7 ans de milieux défavorisés et présentant d'importantes difficultés d'apprentissage.Encore un autre projet : on intervient depuis deux ans auprès de filles qui ont été identifiées comme étant « à risque » au Centre-Sud et sur le Plateau-Mont-Royal à Montréal.Il s’agit de raffermir leurs compétences ainsi que leur estime d’elles-mêmes.L'intervention est menée dans un contexte de discussion et de jeu, en diversifiant les intérêts des filles, en leur fournissant des modèles valorisants et alternatifs.« Les études démontrent que ces filles de milieux défavorisées abandonnent l’école principalement à cause de la grossesse ou d’un mariage, alors que le gars abandonne l’école à cause d’un emploi », explique Claire Chamberland, de l'École de service social de l’université de Montréal.En milieux défavorisés les choix professionnels des filles demeurent très stéréotypés, ajoute-t-elle, se confinant souvent aux rôles de coiffeuse, esthéticienne.On tente de les intéresser à des activités scientifiques, à d’autres oro- NOUS SOMMES ÉTERNELS PRIX F É M I IM A 199 PRIX FEM1NA Éditions Gallimard, 822p., 39,95$ 0\£>s0WMK *rty.v/.Xicrrette Flcutiaux sera au Québec et à Ottawa du 29 avril au 8 mai 1991, Venez la rencontrer: À Ottawa: le mercredi 1er mai à 20h00 au grand auditorium de la Bibliothèque Nationale du Canada, 395 rue Wellington.À Montréal: le jeudi 2 mai à 19h()0 à la librairie Gallimard, 3700, boul.Saint-Laurent.Le vendredi 3 mai de 12h00 à 13h30 à la librairie Itcnaud-Bray, 5219, chemin de la Côte-deH-NelgcB.«Il n’y avail qu’un roman de huit cent» page* pomiblc, c’était llnlle du Seigneur.On n’a pas envie de couper, de sauter des lignes, on lit tout.Il y en a un autre, c’est celui-là: Nout tomnuu é.le.malt, par Pierrette Flcutiaux.» Jacques Folch-ftiba», La /Varie ARTS VISUELS 4BV m* V PHOTO JACQUES GRENIER Sur les thèmes du voyage et de l’auto-portrait, les étudiants d’arts plastiques de l’école Eulalie-Durocher, à Montréal, ont réalisé une installation qui pourrait être présentée au congres mondial des professeurs d’arts plastiques, à Montréal, en 1993.Le recyclage transformé en oeuvre d’art Caroline Montpetit LES ÉTUDIANTS d’arts plastiques de 4ème et Sème secondaire de l’école Eulalie-Durocher n’en croyaient pas leurs yeux.À l’aide d’objets recyclés de toutes sortes, ils ont monté en l’espace d’un mois une exposition d’art contemporain qui pourrait être présentée au congres mondial des professeurs d’arts plastiques, qui réunira des congressistes du monde entier, en 1993, à MontréaL L’installation, qui a pour thèmes le voyage et l’autoportrait, était exposée jusqu’à ce matin à l’intérieur des murs de l’école Eulalie-Durocher.Les installations, oeuvres de 45 élèves du deuxième cycle du secon- daire, mettent savamment en perspective les silhouettes grandeur nature des étudiants, taillées à même de grands cartons de couleurs, des tableaux illustrant les autoportraits des élèves, ainsi que des livres et des valises décorées d’objets de toutes sortes, témoignant de leurs rêves d’évasion.« C’est un projet comme on en voit rarement dans les écoles.C’est pourquoi nous croyons qu’il a de forte chances d'être retenu pour le congrès mondial de 1993.La sélection des expositions qui seront présentées à ce congrès n’a pas encore été effectuée, explique le professeur des étudiants qui a supervisé les travaux, Mme Danielle Fraser.Des professeurs provenant du Japon, de Nor- vège, ainsi que des États-Unis participeront à ce congrès».L’installation, qui fait la fierté de l’école, pourrait également être présentée en octobre prochain au congrès de l’association québécoise des enseignants en arts plastiques ( AQE-SAP), à l’Hôtel Sheraton de Laval.Pour Danielle Fraser, ainsi que ses deux adjointes, Guylène Cloutier et Lise Balcer, l’idée première était d’initier les étudiants a l’art contemporain tout en les sensibilisant aux vertus de la récupération.« Initialement, le professeur nous avait demandé de n’utiliser que des objets recyclés, témoigne Sacha Du-fault, 17 ans, étudiant de 5ème secondaire dans cette école qui abrite un grand nombre d’élèves « raecro- cheurs » de Montréal.Et quand on a vu le montage de tous nos travaux, ' on a trouvé ça vraiment exception- 1 nel ! Et puis ce sont des choses qui
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