Le devoir, 8 juin 1991, Cahier C
— t- gj^ppag Mr ÜMI 1500 Wcr : 4ifctf-in U.Loin Oclile Tremblay ELLE EST à l’heure des bilans el des nostalgies, ee moment dans la vie où l’on regarde derrière soi en se rappelant ses bons coups, ses meilleurs jours, ce qui n'a pas eu lieu aussi.À !î(i ans, Luce Guil-iieaull contemple l'horizon de sa carrière D’autant plus que Silence, elles tournent le festival de films el de vi- Silence elles tournent rend hommage à Luce Guilbeault déos de femmes lui consacre ces jours-ci un hommage et une rétrospective.Lundi prochain, grande fête à Lu Cinémathèque en l'honneur de celle qui fut une porte flambeau du féminisme, une femme de théâtre, de pellicule et bien sûr, la Claire Tru-del nationale de notre petit écran du lundi.Cette semaine, on peut revoir au fil des ans plusieurs visages de la comédienne.Sept films dans lesquels elle lient la vedette seront projetés d’ici le 16 juin (dont O.K.Laliberté, Réjeu une Padovani, Tendresse ordinaire).Sans compter les deux documentaires qu’elle signait comme réalisatrice : Some American Feminists, D'abord ménagères.Pour la toute première fois, Luce Guilbeault visionnait en ligne plusieurs de ses films.Mais elle avait beau sentir un tas d'affinités avec la Voir page C-2 : Guilbeault Luce Guilbeault dans La maudite galette et, ci-haut, dans Le temps d'une chasse.tie du double compact tiré de sa tournée mondiale, Paul McCartney lance un nouveau disque, Unplugged : The Official Bootleg, enregistré dans les studios de Li-mehouse Television, à Wembley.On reçoit les 17 pièces de cet album comme autant de prières exaucées, écrit Sylvain Cormier.Page C-fi «Ce savoureux dictionnaire laisse échapper au fil de ses 800 pages [.] 1 500 recettes plus ou moins classiques ou exotiques, des vins et leurs accords avec les plats et quelques concessions au micro-ondes et à la cuisine santé.» Josée Blanchette, Le Devoir «Je vous suggère, la prochaine fois que vous irez au restaurant, de ne pas y aller, tout simplement.Achetez le livre.» Pierre Foglia, La Presse «Si vous devez ne posséder qu'un seul livre de cuisine, que ce soit celui-là.» Daniel Pinard 5219, ch de la Côte-des-Neiges Montreal (Québecl H3T 1Y1 342-1515-Télécopieur: 342-3796 1005.rue Laurier ouest.Montréal (Québecl Téléphone: 279-6384 Un archipel tic désirs Nombreux sont ceux qui, visitant col été ht grande exposition inaugurale du nouveau Musée du Québec, Un archipel de désirs : Les artistes du Québec et la scène internationale, tenteront de mettre le doigt sur la nature de leur plaisir, de lui donner un nom ou une raison précise : qu’ils n’en fassent surtout rien, ce serait aller à l’encontre dès idées qui ont présidé à l’élaboration de cette exposition.Ci-dessus, llorlus (’onclusus I, de Paul limiter.Page (MO ROCK Aux yeux de l'Occident, l’URSS n’a pas produit un seul chorégraphe digne de mention depuis la révolution de 11117.La danse est demeurée assujettie aux lois inamovibles du ballet, respectueuse jusqu'au scrupule des formes inventées par les artistes romantiques du Ille siècle.Mais depuis l'arrivée de Gorbatchev, les choses sont un peu plus faciles qu’au-paravant.dit Aleksandr Kalibab-chuk, l’un des danseurs solistes du Ballet de Kiev, en visite â la salle Wilfrid-Pelletier de mardi à samedi prochain.Page C-5 ARTS VISUELS I c poids de la tradition le cahier du f • amedi CACHER HONNETEMENT Ron Martin MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 8 juin 1991 ROBERT MÉNARD des rives tourmentées du film d’auteur DANSE PHOTO JACQUES GRENIER Odile Tremblay 91'oiqi K PRÉSENT dans notre paysage cinématographique depuis dix ans, c'est Crui-za/¦ qui l’a vraiment mis sur la carte.Avant 88.le cinéaste faisait son petit bonhomme de chemin avec des lilms comme Une journée en tu.\i, /vv/f, surtout le touchant téléfilm T’es belle Jeanne.Après, il est devenu « le » réalisateur du controversé Cruising bar.Dans un même souffle, cette comédie fut écrabouillée par la tordeuse de la critique et encensée par le grand public, À la stupéfaction générale (dont celle de son réalisateur), la quadruple performance de Michel (’ôté devait devenir le plus gros succès canadien au box office, être vendue dans une vingtaine de pays et générer 3,4 millions $ de revenus.Alors, forcément, Robert Ménard, tout le monde connaît maintenant.Son Amoureux fou était attendu de pied ferme.A choisir entre deux juges, Robert Ménard préfère la longue file d'attente aux éloges des journalistes, mais quand même, la critique lui fait peur.Il appréhende son verdict : « C’est la partie que j’aime le moins, ce service apres vente».Puis il ajoute : « Je voudrais que les gens di-senl qu’ils m’aiment, que je suis beau, puis mon film aussi ».Sympa-1 hique Robert Ménard avec ses petites lunettes rondes, son beau sourire, ses cheveux dans le cou.Lui et l’élite des cinéphiles ne font pas toujours bon ménage : « Pour moi, le cinéma, c’est avant tout un art populaire », confesseA-il.Nous voici donc loin des rives tourmentées du film d’auteur, Amoureux fou est le récit d’une obsession, celle « Amoureux fou, et c’est là son défi, se tient sur une corde raide entre le rire et les pleurs, puis il glisse vers un autre niveau, celui de la tendresse.» de Rémy Girard (alias Rémi) qui perd la tête, sa femme (Danielle Proulx) et son gros emploi dans une folle histoire d’amour.L’adorée s’appelle Sarah ( Nathalie Gascon) et elle est l’épouse d’un digne professeur d’université (Jean Rochefort).Le cinéaste a voulu créer un film de génération, pour les éclopés de 35/40 ans rescapés de deux ou trois couples éclatés, ("est sa compagne Claire Wojasqui a écrit le scenario, avec Robert comme co pilote.Souvent, ils travaillent en tandem.« Ensemble, on n’est pas allés au bout de notre jus », dit-il en précisant carburer comme sa blonde aux coups de coeur, aux sujets qui le prennent aux tripes.Robert Ménard définit Amoureux fou comme une comédie tragique.« Le film, et c’est lâ son défi, se tient sur une corde raide entre le rire et les pleurs, puis il glisse vers un autre niveau, celui de la tendresse.» Après ( 'rinsing bar, le cinéaste a eu envie de quitter les rives de la grosse farce pour flirter avec le comique de situations plus propice à la culture « des petits détails, des mimiques, des non-dits» .Le pivot (f Amoureux fou n'est pas la relation Sarah 'Rémi, comme on aurait pu croire, plutôt cet étrange rapport se nouant entre l’amant Rémi et Rodolphe, le mari trompé.« Les deux gars sous-tendent l’action, lui donnent sa force.Si bien que le personnage de Sarah, qui ne fait que passer, en devient presque accessoire.» Film de rivalité et d’amitié masculine donc, déguisé en pure histoire d’amour.Aux yeux de son réalisateur, Nathalie Gascon, l’interprète du rôle fuyant de Sarah, « a réussi à se faire éphémère comme une truite insaisissable.» La reine de nos téléromans esquisse ici ses premiers pas au cinéma.Quant à Rémy Girard qui partageait la vedette avec sept autres comédiens dans Le déclin de l'empire américain, c’est la toute première fois qu’il porte un film entier sur ses épaules.« Son rôle est à plusieurs dimensions, tour à tour comique et dramatique », explique Robert Ménard, précisant que si 1’ acteur a l’habitude de faire rire, « pour lui, c’esl dur de pleurer à l’écran ».Ensemble, ils ont surtout travaillé l’aspect dramatique.Avec Jean Roche-for! qui venait pour la première fois travailler au Québec et le reste de l’équipe, la chimie a été, me dit-il, merveilleuse.« Toutes ses relations •sont basées sur l’humour, alors on a ri.» Dans son 76e film, primeur pour l’acteur français : à 60 ans, montrer ses fesses à l’écran.« Peut-être un peu tard.», ironisait-il.Robert Ménard aime travailler avec ses acteurs en pré-tournage, campant les personnages deux semaines avant l’arrivée des caméras.« Parce qu’ensuite sur le plateau, ça va très vite : j’essaie alors de capter l’émotion initiale, conservant sou-vent la première prise.» Avec Rochefort, c’était plus sage de toutes façons : « Dès la troisième prise, il devenait cabotin, en rajoutait, se mettait à improviser.La méthode française.» Pour son auteur, Amoureux fou est aussi un film sur la ville de Montréal.« Je voulais qu’elle soit parlout, qu’elle envahisse les maisons qui sont perches de bay windows.J’ai tourné presque tout mon film au grand angulaire.Ça élargit le point de vue, ça fait entrer l’air.» Robert Ménard a découvert sa vouât ion en 1966, alors qu’étudiant à l’Université de Montréal, il se diri-Voir page C-2 : Ménard À l’heure des bilans et des nostalgies C-2 ¦ Le Devoir, samedi 8 juin 1991 Jacques (iodin et Luce Guilbeault dans O.K., Laliberté.4 Guilbeault personne qui s’agitait à l’écran, elle avait beau connaître par coeur tous ses mécanismes, « c'est comme si je rencontrais ma soeur ou une fille aimée, m’explique-t-elle, quelqu’un ayant déjà été moi et ne l’étant plus.» À ses yeux, la femme et l’interprète sont aujourd’hui dissociées.Klles ont beaucoup en commun pourtant une sensibilité et une fragilité toujours un peu cachées, un tremblement des levi es, un regard angoissé.Mais aujourd'hui, Luce Guilbeault dégage une douceur presque ét Itérée, un vrai courage aussi.De sa carrière, elle a envie de retenir les éclairs d'états de grâce : le strip tease du Temps d'une chusse, la promenade de Réjeanne Padovani dans la serre avant que Gabriel Ar-cand ne me tue.Kt puis le moment où j’assassine Marcel Sabourin dans Lu maudite galette.« Le jeu, c’est quelque chose d’un peu mystique, m’explique-t-elle.Il y a des jours où Dieu est là ».L’aventure cinéma de Luce Guilbeault a commencé aux côtés de son premier mari Guy Borremans.Luce était une petite jeune fille de 18-1!) ans à peine.Le couple avait emprunté la caméra de Claude Jutras pour tourner sans scénario La femme, l'oiseleur, lu maison en une seule journée.« C’était sur la route de Sainl-Benoît-du-lac, se souvient-elle dans une maison abandonnée qu’on a imaginée hantée ».Luce y jouait son tout premier rôle.Mais ce film, on ne le visionnera pas au cours de cette rétrospective.Perdu, introuvable, disparu au cours des pérégrinations de la vie.Les premiers pas de l'actrice Luce Guilbeault ne sont pas passés à la postérité.Kn principe, sa carrière cinématographique commence avec Lu maudite guletle qui fut aussi en 71 la première fiction d’un jeune réalisateur inconnu nommé Denys Areand.Kt Luce Guilbeault a aimé l’image que l’écran lui renvoyait.« Je n’étais pas plus belle, pas plus laide qu’au naturel, c’était moi, tout simplement », sourit-elle au jourd’hui.Par la suite, elle devait jouer dans près de trente films québécois, des teléthéâ-tres aussi (inoubliable femme-enfant traversant Des souris et des hommes).Luce Guilbeault allait surtout brûler les planches dans les pièces de Tremblay, de Réjean Ducharme, de Jovette Marchessault.de Denise Boucher, de Françoise Loranger.L'histoire de notre théâtre retiendra le nom de Luce Guilbeault.Même si elle a l’impression qu’un acteur possède déjà en débutant la connaissance innée de ses limites, de son registre, Luce Guilbeault me déclare avoir appris quelques vérités essentielles au fil de sa carrière : « l’art de rien faire, de rester naturel- 4 Ménard geait vers une carrière d'ingénieur civil.Un beau jour, quelqu'un l’a engagé comme figurant.« Et en arrivant sur le plateau, ça a fait vroum vroum.Le coeur me débattait.J'avais trouvé ce que je voulais faire.» Plaquant là ses études au grand dam de son père, le figurant s'est fait machiniste.Puis en 72, Robert Ménard fondait sa propre maison de production Vidéo films qu'il dirige toujours.D’ailleurs, l'entreprise marche très fort.Pour produire des téléfilms, la maison s'est associée à ses concurrentes Max films, Verseau, Vision 4.Résultat : vingt longs métrages.« Mais depuis le début, j’avais l’intention de devenir réalisateur », dit-il.En 81, il signe Une journée en taxi avec Jean Vanne et Jacques Renaud, travaille ensuite sur des télé-séries Un amour de quartier en 84.Puis il y eut Tes belle Jeanne, « seul et unique film, précise-t-il en soupi- FESTIVAL W1AÔ' TOVt/ut Ivt/W 1 jeudi, 11 juillet 1991,19h30 CHARLES DUTOIT RUDOLF FIRKUSNY PIANO BEETHOVEN Ouverture «La Consécration de la maison» BEETHOVEN Concerto pour piano no 4 BEETHOVEN Symphonie no 5 DU 11 AU 30 JUILLET 2 jeudi, 18 juillet 1991,19h30 ZDENEK MACAL.CHEF CECILE LICAD, PIANO TCHAIKOVSKI.Concerto pour piano no 1 TCHAIKOVSKI.Symphonie no 4 3 jeudi, 25 juillet 1991,19h30 CHARLES DUTOIT.CHEF MARK PESKANOV, VIOLON GARY HOFFMAN VIOLONCElt ! BBAHMS : Concerto pour violon et violoncelle BBAHMS Symphonie no 1 4 mardi.30 juillet 1991.18h00 CHARLES DUTOIT.CHEF LOUIS LORTIE PIANO MOZABT Symphonie no 14, K 114 MOZABT Concerto pour piano, K 503 MOZABT Symphonie no 29.K 201 mardi, 30 juillet 1991.20h30 CHARLES DUTOIT.CHEF CECILIA BARTOLI, ME/ZO-SOPRANÛ MOZABT Symphonie no 1, K 16 MOZABT Air «Parto, parto» de La Clemenza di Tito MOZABT Air de concert «Ch'io mi scordi di te» (avec Louis Lortie.piano) MOZABT Symphonie no 41, K 551 «Jupiter» BASILIQUE NOTRE-DAME ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL PRÉLUDES Avant les concerts du 11,18, et 25 juillet l'OSM vous offre 3 «préludes», mini-concerts MOZART, de 18h15 a 18h45.Billets individuels : 3,00 S (gratuits pour les détenteurs de billets de la soirée).Sériel (4 concerts 1,2, 3, 4) Série II (4 concerts : 1,2, 3, 5) Prix des abonnements 104.00$, /Z,00$.36,00 $ (TPS incluse) Série III : (5 concerts 1,2, 3, 4, 5) Prix des abonnements 117.00 $ 1)1,00 $, 40.50 $ (TPS incluse) Abonnements disponibles aux bureaux de l'OSM, 85 ouest, rue Sainte-Catherine, bureau 900 Renseignements et commandes téléphoniques : 842-9951 Ce festival est rendu possible grâce a la générosité de CHARLES DUTOIT, DIRECTEUR ARTISTIQUE POWER CORPORAflON OU CANADA Co-commanditaire du concert du 11 juillet Sénateur E Léo Kota et Sandra Kolber CINEMA Bruno Kirby, Daniel Stern et Billy Cristal dans City Stickers.Un bon gros film inoffensif le, sans chercher à en rajouter».Klle n’essaie plus de découvrir le pourquoi des faits et gestes de ses personnages, courtise plutôt le comment.« Dans mon métier, ce que j’ai accompli de meilleur m’a réclamé le moins d’efforts » confesse-t-elle.Une expérience lui pesait à la fin : la télévision où elle fut une bourgeoise un peu étriquée, un peu bornée jusqu’à ce que Lise Payette mette dernièrement un terme aux mésaventures de ces dames.Pour Luce Guilbeault, le petit écran est une sorte de « fast food » exécuté à la fine épouvante, qui ne creuse pas grand chose mais voit pourtant naître des moments magiques.Dans Un signe de feu, avec l’acteur Robert Marien, elle devait jouer des scènes d’amour qui les remplissaient tous deux d’embarras.« Cela crée des ins-tanls gracieux, privilégiés qui illuminent l’écran.» Des cinéastes femmes, Luce Guilbeault attendait beaucoup, « mais elles m’ont déçue, conlesse-t-elle.Trop prudentes.» Trop prudents aussi, les réalisateurs masculins qui l’ont mise en scène.Toute sa vie, la comédienne a attendu vainement le grand rôle, écrit juste pour elle, un rôle tout à la fois fort, mystérieux, secret et violent.C’est là sa grande déception.« Notre cinéma est très prude finalement.Kn France, aux Etats-Unis, les cinéastes épousent les actrices, partagent leur vie, leur vision.Au Québec, les femmes ne remplissent pas l’écran », soupire-t-elle.Mais lundi de 5 à 7, ils seront pourtant tous là pour « sa fête ».Denys Areand prononcera même un discours.« Je vais avoir la larme à l’oeil », prévoit-elle.Quand elle a appris que Silence, elles tournent lui rendrait hommage.Luce Guilbeault s’est sentie toute drôle, se disant : « Tiens, ça fait : adieu, je vous reverrai un jour.Puis après, j’ai pensé : une fête, pourquoi pas ?Mon fils va venir d’Allemagne.C’est très émouvant au bout du compte.» rant, à avoir reçu un accueil positif et de la critique et du public ».C’était juste avant Cruising bar.Amoureux fou n’est pas le dernier film de Robert Ménard.Il a tourné depuis I.’homme de rêve, avec Rita Lafontaine, Claude Gauthier et Michel Dumont, un téléfilm sur le romantisme des femmes que Radio-Canada diffusera en janvier.Projet en cours : un autre téléfilm, pour Radio-Québec cette fois : Pepe Volcano sera tourné à l’automne.En vedette : deux vieux Italiens qui se découvrent tout-à-coup mortels.« Je veux parler de la mort comme si on était élus, dans le sens ironique du terme », prévoit Robert Ménard.Il habite en plein coeur de la Petite Italie à Montréal, se dit fasciné par ce peuple de palabres et de passions.En attendant le tournage, il se mêle à ses voisins, s’imprègne de leur rythme.« On doit vivre en harmonie pour faire un film », m’assure-t-il.City Slickers Réalisation: Ron Underwood Scénario: Lowell Ganz, Babaloo Mandel.Avec Billy Crystal, Daniel Stern, Bruno Kirby.Patricia Wettig, Helen Slater, Jack Palance.Image: Dean Semler.Musique: Marc Shaiman (Etats-Unis, 1991).En v.o.anglaise aux cinémas Le Faubourg, Pointe-Claire.Centre-Ville, Carrefour Laval.Astre, Brossard Odile Tremblay KN AMÉRIQU K, combien de petits garçons, d’hommes aussi revent dans leur for intérieur de se faire cowboys, de vivre une vie d’aventures, de défis ?Évidemment, le quotidien morose se charge de décevoir ces héros manqués.Qu’à cela ne tienne : il leur reste l’écran noir de leurs nuits blanches, leur cinéma mental.Jusqu’ici, on a vu bien des rêves d’éternelles petites filles portés à l’écran.Il était grand temps que soit exploré cet imaginaire masculin agrippé à une enfance qui nous échappe trop souvent.C’est ce qu’entreprend aujourd’hui Ron Underwood avec City Stickers.Entreprise effectuée sur un mode naïf et sur le ton de la rigolade : City Stickers est un bon gros film inoffensif, tourné sans trop de fioritures à la manière hollywoodienne.Mais cette comédie estivale arrachera quand même quelques rires aux spectateurs qui n’y regardent pas de trop près au chapitre de la subtilité.Le scénario dégageait pourtant quelque chose d’éclaté qui aurait suggéré un traitement onirique, voire surréaliste.Il n’en est rien.La manière demeure ici conventionnelle.Au centre de l’intrigue : trois amis d’enlance.Ils frisent la quarantaine.Deux d’entre eux, Mitch (Billy Crystal) et Kd (Bruno Kirby) sont bien mariés.Quant à Phil (Daniel Stern), sa vie se déroule plutôt mal entre une épouse tyrannique et des parents qui l’exploitent dans le commerce familial.Heureusement, les amis prennent souvent leurs vacances ensemble, rêvant de leur jeunesse et de leur liberté perdue.Voici que le trio, laissant là femmes et travail, s’inscrivent à une expédition dans le Colorado.Avec un groupe de vrais cow-boys, ils s’en vont conduire un troupeau de vaches à travers les chemins tortueux du canyon.Kt c’est ici que l’aventure commence.Les urbains empotés deviendront des pros du lasso et de l’étrier.Mitch mettra un veau au monde, prendra la tête de sa cohorte après que Curley (Jack Palance incarnant ici un des cowboys classiques à chapeau et foulard dont il a le secret) ait rendu l’âme sur son rocher.City Stickers est un peu un rite initiatique de passage, qui transforme d’éternels adolescents en vrais hommes.Rêve macho donc que ce film naïf qui culmine en une morale trop facile, le jeu de Billy Crystal n’a rien de transcendant ni celui de ses partenaires.Ce qui ne retire pas au film son efficacité par moments (il y a une traversée de rivière du bétail et des cavaliers vraiment dramatique).Tout cela est baigné d’airs d’harmonicas qui rappellent les westerns spaghettis de Leone.Mais justement, Ron Underwood aurait pu miser encore davantage sur la caricature, se baigner dans le mythe.Au lieu de quoi, il nous livre une comédie gentille et faussement naturaliste qui a dévie malheureusement des chemins du rêve.Merci Montréal, au revoir Miz amis ! \ Les Misérables ! 01991 CMOL LA PLUS POPULAIRE DES COMEDIES MUSICALES Xth MnrffKEAL- r DERNIÈRE REPRÉSENTATION À MONTRÉAL LE 23 JUIN AVANT LA TOURNÉE! NE MANQUEZ PAS VOTRE CHANCE I RÉSERVEZ DÈS AUJOURD’HUI ! APPELEZ TICKETMASTER: (514) 790-1111 Billets en vente également au guichet du Théâtre et aux comptoirs TicketMaster Groupes de 20 personnes et plus : (514) 527-3644 THÉÂTRE SAINT-DENIS Le Devoir, samedi 8 juin 1991 ¦ C-3 cinéma Où Spike Lee veut-il en venir ?Jungle Fever Ecrit, produit et réalisé par Spike Lee.avec Wesley Snipes, Annabella Sciorra, Spike Lee, Ossie Davis, Ruby Dee, Samuel L Jackson, Lonette McKee, John Turturro, Frank Vincent Anthony Quinn, Halle Berry, Tyra Ferrell, Veronica Webb Musique originale: Stevie Wonder.Images: Ernest Dickerson.Direction artistique Wynn Thomas Musique USA, 1991, Au Cinéplex-Centre-Ville, au Faubourg Sainte-Catherine et au Pointe-Claire.Francine Laurendeau \ OUS SOUVKNKZ-VOUS de Do the Might Thing '! Spike Lee, réalisateur noir, nous y disait clairement : impossible de faire copain-copain avec quelqu’un d’une autre couleur de peau que la vôtre.Ou sinon, c'est la violence.Kl ce sera bien fait pour vous.Du racisme à rebours.Le message, asséné comme un coup de poing, avait le mérite d’être clair.Le palmarès du Festival de Cannes 1989 avait ignoré ce film au rythme tétanisant, à la suite de quoi Spike Lee avait proféré de sombres menaces contre le cinéaste Wim Wenders, président du jury (tout blanc) cette année-là.Il n’en rate d’ailleurs pas une.J'ai lu récemment que l’irascible réalisateur avait publiquement vilipendé l'actrice Whoopi Goldberg pour avoir osé porter, au cours d’un tournage, des lentilles de contact bleues.Une Noire aux yeux bleus, quelle trahison! Ce préambule pour vous faire comprendre pourquoi j’attendais avec perplexité Jungle Fever, film cette fois encore consacré, d’après tous les compte-rendus en provenance de Cannes, à un malaise racial.Del euphémisme.Mais commençons par le commencement.Flipper, jeune architecte noir, mène à New-York une existence •idyllique entre sa femme (qui travaille dans un grand magasin chic de "Manhattan) et leur enfant, une fillette bien futée pour son âge.Pourquoi faut-il qu’il ail cette malencon-treuse aventure avec Angelina, la nouvelle secrétaire?Une aventure que les amis auront tôt fait d’ébruiter.Avec le résultat que la femme de Flipper le met bruyamment à la porte tandis que le père d'Angelina flanque brutalement sa fille à la rue.Voilà les amants condamnés à vivre ensemble.Kt à partir de ce moment, les préjugés de tous ordres, déjà plus ou moins latents en chacun des protagonistes, se mettent à proliférer.("est ce développement, fort ingénieusement décrit, qui a réussi à vâpter mon intérêt.Il y a d'abord les préjugés des Blancs.Pour ne pas déflorer le film, je ne vous en donnerai qu’un exemple des plus classiques.Dans son quartier italien de Brooklyn où elle vit avec son père veuf et ses deux frères, Angelina a beau gagner sa vie, elle est la bonniche de trois machos.C'est elle qui fait les courses, les repas, la vaisselle.Et en plus, on surveille ses relations avec les hommes.Alors un Noir, et marié de surcroît, c’est impensable.L’univers italien se ramifie dans le café du coin, un café qui a une parenté avec celui de Do The Right Thing, dont le jeune gérant, malgré un père tyrannique et des clients franchement racistes, aimerait bien prolonger la conversation avec l’aimable cliente noire qui, chaque matin, lui réclame vainement le New York Time.Mais c’est dans les univers noirs que l’imagination se déploie avec un amusant souci du détail.La maison des parents de Flipper.Le personnage du frère drogué.Kt surtout, cette délectable soirée entre femmes où on parle librement des hommes, du sexe et de toutes les nuances du noir, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.( Et on rêve de voir ces répliques savoureuses sous-titrées en français.Le film était à Cannes, que diable!) La mise en scène est nerveuse, la caméra toujours à l’affût d’angles nouveaux.Certaines stylisations amusent ou agacent (comme la marche à pied immobile des deux amis).Les dialogues sont souvent rythmés selon la tradition noire.La séquence de la fumerie de crack, composée comme un immense ballet, est impressionnante.Mais le film s’achève et l’interrogation du début se pose, lancinante: quelles conclusions le scénariste-réalisateur veut-il que nous tirions de sa démonstration?Que toutes les amours mixtes sont irrémédiablement condamnées?Alors pourquoi avoir choisi de nous raconter un début de liaison entre un homme et une femme qui ne s’aiment pas?Veut-il nous prouver que tous les humains naissent et meurent racistes?Dans ce cas, il n’aurait pas dû inventer le personnage interprété par John Turturro (et il n’est peut-être pas innocent que ce comédien ait obtenu le seul prix décerné au film à Cannes).A cause de lui, on serait tenté de croire que le dénouement reste ouvert.S’il n’y avait ce revirement pessimiste de la toute fin.D’autres se posent la question sur Merci lu vie, de Bertrand Blier, acte du pure création.Moi, je me la pose pour Jungle Fever, film à message social: où le réalisateur veut-il en venir?T?r Jungle Fever : écrit, produit et réalisé par Spike Lee, avec Wesley Snipes et Spike Lee.HALFAOUINE L'ENFANT DES TERRASSES" vo avec soushires fRANÇAis prima film DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS 1:15 - 3:15 • 5:15 -7:15-9:15 CHOPIN et I’ écrivaine GEORGES SAND : UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE D’ AMOUR ! IUDY DAVIS EST C.fORGI SAM) "?DES ÉBATS SPIRITUELS SOPHISTIQUES i I ' \ I 1*1.1» "?DÉLICIEUX i VIVANT ET ENRICHISSANT ! I n\ \llgi Il s |)jll» Ni »» » 1 00 - 3:10 • 5:20 • 7 30 ¦ 9:40 HUGH GRANT ESI I RE I>1 RK IHOPIS MANDV PATINKIN EST Ml RI II Dr ML SMI HIRNADf I7f PETERS EST MSRII DM.01 II 11 T IA \ SANDS ESI IRAN/ IIS/I G ° DESJARDINS m COMPLEXE OESJAROINS EN VERSION FRANÇAISE IMPROMPTU i oo - 3:05 - 5:10 - 7.20 - 9 40 Réalisé par XI " JAMES LAPINE | EPyEnüZESi [5 o II» RUE PEEL_| JÊJÊ VERSION ORIGINALE ANGLAISE MtlOlIlM • S • B 1 S IM 1 (' A PHOTO MICHEL GAUTHIEH L’amour flou Rémy Girard et Jean Rochefort en confrontation dans Amoureux fou, un film de Robert Ménard.Amoureux fou Un film de Robert Ménard.Scénario : Claire Wojas.Avec Rémy Girard, Nathalie Gascon, Jean Rochefort, Danielle Proulx, Jessica Barker.Image : Pierre Mignot.Musique : Marie Bernard.Québec, 1991, 101 minutes Aux cinémas Parisien, Greenfield Park.Versailles et Centre Laval.Thierry Horguelin ON N K VA pas faire à Robert Ménard l’injure de la condescendance.Malgré de bons comédiens et des situations riches en potentiel comique, Amoureux fou est un film aux trois quarts raté.Il est difficile, pour commencer, de croire au démon de midi qui saisit Rémi, publicitaire quadré-génaire, lorsqu’il croise à la sortie du bureau une ancienne amie de collège devenue comédienne et menacée par l’inactivité professionnelle, pas plus qu’à la passion qui les jette dans les bras l'un de l’autre.Faute de l’excès qui signe les véritables transports, cet amour fou nous semble bien pâle.D’autant que, de façon surprenante, Rémy Girard est peu convaincant en amant éperdu d’une Sarah (Nathalie Gascon) pour nous pas assez fatale pour susciter l’adoration obsessionnelle et transie.Face à un Rochefort fascinant d’ambiguïté et de maîtrise de soi dans son rôle de prof d’université et mari de la belle volage, le personnage de Rémi est si fade et ennuyeux (jusque dans la colère ou la dépression) qu’on ne s’étonne pas que sa flamme le jette comme un vieux kleenex après usage.J usqu’alors, le film est une comédie peu drôle quand elle veut faire rire et peu touchante quand elle peut émouvoir.Or, Amoureux fou croise sur son chemin d’autres thèmes un peu plus féconds.Sarah, comme l’ap- prend Rodolphe (Rochefort) au déconfit Rémi, brûle ses amours comme des cigarettes avant de les écraser d’un coup net de talon aiguille : c’est une veuve noire, une mante religieuse, qui sème la désolation dans tous les coeurs qu’elle embrase, puis ravage, ainsi que le blindé Rodolphe en fera lui-même l’expérience.Ce filon reste mal exploité, même si le personnage de Sarah est comme escamoté au milieu du film avant de reparaître par éclipses inaccessibles, de façon à rendre son absence cruelle à Rémi, qui l’a déjà perdue (un bras cassé, au symbolisme transparent, signalait d’ailleurs par avance son impuissance à la garder).Mais, il s’emboîte sur un autre thème, celui de la dépossession.Rémi perd tout : il quitte femme et enfant, se fait vider son compte en banque et saisir sa voilure, erre sans logis et sans le sou jusqu’à compromettre son équilibre mental, puis disparait, purement et simplement.Amoureux fou change alors de personnage principal en se recentrant sur Rodolphe, qui perd tout à son tour.A rebours, la relation de haine, d’envie et de sympathie, mêlée entre Rémi et Rodolphe, entre le « pauvre con » et la tête froide, fournit la meilleure part du film.Outre Rodolphe, le personnage le plus réussi (le mieux écrit, le mieux joué, le plus corrosif) est celui de Corrine (Jesica Barker), fille très sardonique de Rémi.Reste qu’à trop embrasser, Ménard étreint mal.Amoureux fou hésite entre trop de pistes et de points de vue : son scénario mal ficelé, sa construction boiteuse et son filmage sans rythme achèvent de la déliter, et il arrive un moment où il pourrait, sans différence notable, durer une demi-heure de plus ou de moins.l’AmlSi mm ( INDICATIF ) ¦I — VISA EENER/U Mil ¦RRii.¦ ¦fc: i.v"'i.Uvù CHARLOTTE GAINSBOURG I UN FILM DE I GRINBERG BERTRAND BLIER (FAMOUS PLAYERS Dès vendredi deux places pour le pirix d'une G _ * VISA MM II toute lu fin de semaine nnjpOLOY STEHEO]- Le PARISIEN © «DO STE CATHERINE O 0M MM, fl Un souper pour deux d une valeur de 75$ au restaurant LE BEARN sera tire aux 12 30-3 20-6 15-9 05 representations de 18h15 et de 21h05 vend , sam et dim Wh%efBéarn iS&Vr RESTAURANT FRANÇAIS 5613, CÔTE DES NEIGES • 733-4102 Après CRUISING BAR.le nouveau film de Robert Ménard ur, ça déménage.VIDÊOFllMSn CINEMA PLUS IN COlIABOMW AVEC SJP1R fCWW AM UN FILM DE ROBERT MÉNARD l KI T \ 'JEAN ROCHEFORT RÉMY GIRARD NATHALIE GASCON DANIELLE PROULX Vr.CLAIRE WOJAS ».ROBERT MÉNARD CLAUDE BONIN .MARIE BERNARD .MICHEL ARCANÉ ."X: PIERRE MIGNOT ______JL*, JmiMI .^?laOLBY STEHCOl^.^nflloOiaV HTtBIoU ^-HniDOLBY STtHEoU V 12 10-2 25-4 45-7 05 9 30 CKAC73AM fl lltt »CE NT U PARISIEN ©H| LAVAL 6.^VERSAILLES © ||| GREENFIELD PARK Tous les soirs 7 209 40 sam dim 12 10 2 30 4 507 209 40 COUCHE TARD sam 12 00 Tous las soirs 7 15-9 35 sam dim 12 45-2 55 5 10 7 15 9 35 COUCHE TARD sam 11 45 Tous las soirs 7 25-9 40 sam dim 12 40-2 55 5 107 25-9 40 Egalement à l'atfiche aux INFO-FILNl 866-011! Ilh00à22h00 "On en sort comme d'un chef-d'oeuvre.Ébloui.L'incontournable de la saison." r Hu$uette Roberye, IA PRESSE "Une captivante fantaisie" - Pâul Villeneuve, LE JOURNAL DEMONFRÉAL "Un météorite.Un film imprévisible et superbe.C'est drôle, c est délirant/ c est décapant.- (mm imermsu.u devoir "Accrochez vos ceintures! Le Blier nouveau dynamite tout sur son passage" -ÉricFourlanty, VOIR "A voir absolument!" - Francine Grimaldi, CBE BONJOUR ‘ MICHEL BLANC JEANCARMET ANNIE GIRARDOT CATHERINE JACOB JEAN-LOUIS TRINTIGNANT THIERRY FREMONT I GERARD DEPARDIEU I AUCUN LAISSEZ-PASSER /^nniÔOLBY STEREOi- cinema PINE U PARISIEN 1 204 006 45-9 15 CFGL1057 _____ * ••itniimir sPPjpiBV BTEREOj^ Tous las soirs 7 009 30 sam dim 12 002 15 007 009 30 COUCHE TARD sam 11 55 C-4 ¦ Le Devoir, samedi 8 juin 1991 T le cahier du PHOTO JACQUES GRENIER /.’«•«•jh «•/ les hommes, de Pierre Willemin.Limites non frontières du cinéma L’eau et les hommes De Pierre Willemin Scénario : Bernard Rapp France, 1990, 24 minutes.Du 5 juin au 29 septembre dans le cadre d'Expotec 91, au Vieux-Port de Montréal.Thierry Horguelin EST-CE encore du cinéma ?Même si on la sait oiseuse, on ne peut s’empêcher de se poser la question en revenant d'unr projection Omnimax à l’IOxpotee.Car, qu’avons-nous aimé au cinéma ?I.a jouissance du cadre et l’expérience des distances, un art précieux de la disposition des humains et des objets dans l'espace, et des relations de ceux-là avec celui-ci.Cet art, qui se fait d’ailleurs rare dans les films, l’Omnimax l'engloutit dans l'immensité de son écran.La notion de cadre (et donc de hors champ) se dissout aux confins de notre champ de vision.Quant à notre sens des distances, il est violemment mis en cause par un monde où règhe l’anamorphose, où le moindre panoramique donne le tournis, où les chavirements d’une caméra ivre font basculer les « plans » (s’agit-il encore de plans ?) sur leur orbe, où la ligne de l’horizon épouse la courbure de la Terre.C’est pourquoi, en l’absence d'échelle de plans (comment faire un gros plan, ou filmer un champ-contrechamp, en Imax ?),onvoit malle procédé servir un jour pour un film de fiction — on serait d'ailleurs curieux de connaître la tentative de Pierre Étaix en ce sens, J'écris dans l'espace ( 1989), réalisé pour le Bicentenaire de la Révolution française.C’est pourquoi (bis), si l’on voulait établir une généalogie des images, l'ancêtre de l'Omnimax ne serait pas le cinéma, mais le spectacle son et lumière.C’est donc pour le plaisir légitime de s’en faire mettre plein la vue que l’on se presse aux séances de l’Ex-potec.Et.plus secrètement, pour le plaisir — osera-t-on dire utérin ?— de s’asseoir en boule dans son fauteuil, de se lover dans l’image comme dans une poche amniotique, et de se laisser envelopper par le son.C’est pourquoi (ter) on ne peut rêver d’un sujet plus idéal que l’eau pour un film en Omnimax.Pour s’en convaincre, il suffira d’aller se baigner dans les images de L'eau et les hommes, que présente l’Expotec cet été.Ce que Luc Besson s’essoufflait à poursuivre dans on languissant Grand bleu, L'eau et les hommes l’obtient naturellement, par les seules vertus de l’Imax, lorsqu’il plonge (pas assez pour mon goût) ses caméras sous l’eau : la « respiration » lente et calme des grands fonds, les déplacements sinueux et ralentis des murènes et des grandes raies, le zigzag vif des bancs de poissons autour des plongeurs.Aussi, n'en voudra-t-on pas trop à L'eau et les hommes d'être pour l’essentiel un cocktail prévisible de travelogue touristique et de reportage façon Géo lié par un commentaire en voix off pas mal « poétisant ».Car, on goûte un plaisir suffisant à se promener à vol d’oiseau des déserts africains aux grands glaciers des pôles en passant par-dessus les chutes du Niagara, à survoler les sommets enneigés avant de remonter aux sources de l’eau, jusqu’aux grottes souterraines aux plafonds hérissés de stalagtites, que magnifient de beaux plans claustrophiles.L’Omnimax est fait pour conjoin-dre l’infiniment grand a l’infimment petit, le cosmos aux strates minérales.On attend encore les grands do-cumentaristes capables de donner un véritable regard aux prises de vue tournées avec ce procédé.Pour l’heure, l’écran géant ne change rien à l'affaire quand L’eau et les hommes donne dans le reportage télé agrandi.Mais, le film trouve sa mesure lorsqu’il exalte la beaué brute du monde et la splendeur des spectacles naturels.EXPOTEC 91 Ehomme.ce drôle d'animal UN SPECTACLE FASCINANT SUR L'ÉVOLUTION UNE GRANDE EXPOSITION SCIENTIFIQUE POUR TOUTE IA FAMILLE LE TOUT NOUVEAU FIL/A IMAX’ «L'EAU ET LES HOMMES».UN FACE-A-FACE PERCUTANT AVEC VOS ANCÊTRES II LE VKUX-POKT K MOmüÊAl OUVERT TOUS LES JOURS AU VIEUX-PORT DE MONTRÉAL ANGtE DE LA COMMUNE ET SAINT-LAURENT, MÉTRO PlACE-D'ARMES Du 5 juin ou 29 septembre Billetterie: 9H45à21h30 Exposition: lOhOOà 23hOO Renseignements: 496-4629 Réservations de groupes: 496-1799 Une présentation du Vieux-Port de Montréal en collaboration a/ec lavolin Communications ¦ Comrujncbfior’i ¦ Canadé Q (3UJ.WH cr Broadway Bound .de Neil Simon, m en s Eisa Bolam.du 16 mai au 9 juin, mar au sam à 20h, dim.à 19h matinées les sam à 14h .matinée le 9 juin à 14h.THÉÂTRE DU BOIS DE COULONGE: Québec (418-681-0088)— « Gingerbread Lady • de Neil Simon, traduction et adaptation de François Tassé, du 17 mai au 15 juin, mar au ven à 20h , sam 18h et 21 h.30 THÉÂTRE DES CASCADES: Autoroute 40ouest sortie Ste-Anne-de-Bellevue, ou autoroute 20 ouest, direction Dorion.à Dorion.direction Pomte-des-Cas-cades— • Les vol-o-vent » variétés musicales m en s Reynald Robinson, du 31 mai au 1er sept., mar.au ven.à 20h 30.sam 19h et 22h THÉÂTRE LE CHANTECLER: Hôtel Le Chante-clerc, Ste-Adèle, autoroute des Laurentides, sortie 67 (514-229-3591)— .Domino • de Marcel Achard.m en s Louis Lalande, du 18 juin au 1 er sept, mar au dim à 20h 30.matinée le sam â 17h.THÉÂTRE DE LA CHÈVRERIE: route 263.St-Fortunat (819-344-5550)— .Tuxedo Palace * de Marie-Thérèse Quinton.du 19 juin au 24 août, mer au ven à 20h 30.sam 19h et 22h THÉÂTRE CHEZ BRAZEAU: Rang Saint-Charles, Papmeauville (819-427-5611)— .Berthe et Rose en Floride « de Gérard Poirier, du 27 juin au 3 août, teu au sam à 20h THÉÂTRE D'ÉTÉ LES FEMMES COLLIN: 248 rang des Continuations.St-Esprit (839-6105 et 589-4552)— • En attendant bébé • de Pierre-Yves Lemieux, m en s Yvon Leroux, du 22 juin au 31 août a 20h 30 THÉÂTRE LA GRANGE DES SOEURS DE MARIEVILLE: Marieville, sortie 37.autoroute des Cantons de I Est (460-2161) (Mtl 447-6026)— » Quelle famille ¦ de Francis Jotto, m en s François Cartier du 4 juin au 31 août, mar au ven 20h 30, sam 19h et 21 h 30 THÉÂTRE LAC BROME: Knowlton (243-0361)— • Billy Bishop Goes to War.de John Gray et Eric Peterson, m en s Elsa Bolam.du 26 juin au 6 juillet, mar au sam 20h 30.matinées les mar et jeu à 14h THÉÂTRE DU MANOIR DU LAC DELAGE: 40 ave du Lac, Lac Delage (848-1818 ou 1-800-463-2841)— .La chatte et le hibou .de Bill Manhoff, adaptation Josée La Bossiére m en s Fernand Rainville, du 22 juin au 31 août, mar au sam à 20h 30, les sam 6-13-20-27 juillet et le 3 août représentations a 19h et 22h THÉÂTRE MOLSON: 12 chemin des Patriotes, St- LA SOCIÉTÉ ?ARTHRITE DONNEZ une lueur d’espoir Charles-sur-Richelieu (584-2293)— .Urgence en folie ¦ texte et m en s Larry-Michel Demers, du 30 mai au 31 août, mar au sam.21h .les sam.20 et 27 juillet 19h et22h 30 THÉÂTRE PONT-CHÂTEAU: autoroute 20.sortie 17, Coteau du Lac (456-3224)— > Ho mes vieux » de Bertrand B.Leblanc, m en s Yvan Canuel, du 11 juin au 1er sept., mar.au ven.20h.30, sam.19h.et 22h THÉÂTRE DE LA POUDRIÈRE: ile Ste-Hélène (954-1344)— « Six Guitry m'étaient contés • six pièces en un acte de Sacha Guitry, à compter du 4 juin, mar.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE DU VIEUX ROCHER: 15.6e ave, Grand-Mère (819-538-1716)— « Des clowns et des hommes t de Yves E.Arnau, m.en s.Claude Colbert.mar.au ven.â 20h.30, sam.à 21 h.THÉÂTRE DU VIEUX-TERREBONNE: 867 chemin St-Pierre, Terrebonne (492-4777)— .La mandragore • de Jean-Pierre Ronlard, du 14 juin au 31 août.mer.au sam à 20h 30 VARIETES BOITE A CHANSONS LES DEUX PIERROTS: 104 est Sl-Paul, Vieux-Montréal (861 -1270)— Le groupe Kermess et le Groupe L'Une, le 8 juin â 20h — Le Groupe Kermess et Jules Lavoie, le 9 juin à 20h.— Le Pierrot: Jules Lavoie et Michel Du-rocher, le 8 juin à 20h — Richard Forget et Michel Durocher, le 9 juin à 14h BOZO BISTRO BAR: 6121 rue Morin.Val-Morin (819-322-2454)— Richard Joe Leroux, mer.au dim.à 21h LA LICORNE: 4559 Papineau, Montréal (523-2246)— Recherchez Légaré.avec Pierre Légaré, humoriste, les 8-13-14-15 juin à 20h 30 THÉÂTRE LA CHAPELLE: 3700 St-Dommique, Montréal (843-7738>— • Gin, tonie, citron ¦ trois valses de plomb, chorégraphies de Michèle Rioux, An- nie Roy, Olga Duha et Myriam Vignola, direction artistique Sarah Bild, du 7 au 9 juin à 20h THÉÂTRE JEAN DUCEPPE: PDA.Montréal (842-2112)— École St-Luc, Chats, spectacle de danse et de musique, le 8 juin à 19h.EXPOSITIONS Ateliers et galeries ARTES GALERIE D’ART: 102 ouest Laurier, Montréal (271-1211)— Oeuvres de Barrette, Dupont.Dussau.Lambert, Riopelle.Rousseau, Ting, et sculptures de Rehm et Spénard ATELIER CIRCULAIRE: 40 rue Molière, 4e étage.Montréal (272-8874)— Oeuvres de François-Xavier Marange, du 3 au 23 juin ATELIER POINT RADIAN: 4521 ave du Parc, ste 5, Montréal (842-5683)— Oeuvres de Anne-Marie Champagne, du 22 mai au 9 juin, mer.au dim.12h.à 17h ATELIER SCULPT: 2177 Masson, ste 401, Montréal (523-0188)— Les artistes de l'Atelier Sculpt Explosent, du 30 mai au 9 juin AXE NÉO-7: 205 Montcalm.Hull (819-771-2122)— Exposition de Bernard Gamoy el Daragon, du 2 au 22 juin, mar au dim.LE BALCON D'ARTS: 650 rue Notre-Dame, St-Lambert (466-8920)— Exposition permanente de Ayotle, Bertounesque, Cosgrove, Horik, Kirouac, Le-cor, Tiengo, Taillon et autres LA CENTRALE POWERHOUSE: 4060 St-Laurent ste 205, Montréal (844-3489)— Oeuvres de S Tremblay.M Guérin, D Landry et H Roy, du 25 mai au 16 juin, mer au dim.de 12h à 17h.CENTRE DES ARTS CONTEMPORAINS DU QUÉBEC A MONTRÉAL: 4247 St-Dominique, Montréal (842-4300)— Oeuvres de Gilbert Leblanc, du 5 au 28 juin CENTRE DES ARTS VISUELS: 350 ave Victoria, Montréal (488-9558)— Oeuvres de Christiane Lemieux, Jennifer Macklem et Barbara Palca Dickstein, du 24 mai au 22 juin CENTRE SAIDYE BRONFMAN: 5170 chemin Côte Ste-Catherine, Montréal (739-2301)— Oeuvres de Cozic, du 14 mai au 27 juin CENTRE COPIE-ART: 813 est Ontario.Montréal (523-4830)— • Imaginaires ¦ oeuvres intographiques de François Giroux, jusqu'au 22 juin CENTRE CULTUREL YVONNE L.BOMBARDIER: Valcourt— Sculptures céramiques de Elizabeth Gélinas.du 16 juin au 7 juillet CENTRE DU DESIGN: 1600 Notre-Dame O .ste 105, Montréal (933-6095)— * Montréarts » art actuel, du lun au ven lOh.à 16h, le week-end et en soirée sur rendez-vous CENTRE D'EXPOSITION CIRCA: 372 ouest Ste-Catherine, ste 444, Montréal (393-8248)- Oeuvres de D.Cisneros, F.Larivée, Cozic, G Poissant, R Derouin, E Robertson, du 1er juin au 3 août, mer au sam CENTRE D'EXPOSITION DES GOUVERNEURS: 90 chemin des Patriotes, Sorel (746-7923)— Pièce réalisée par Dominique Chalitoux, Laurent A.Lacombe et Johanne Lebel, du 31 mai au 23 juin CENTRE D'EXPOSITION DU VIEUX PALAIS: 185 du Palais, St-Jérôme (432-7171)— Rétrospective de l'artiste Gilles Boisvert i Moments d'espaces *, du 5 mai au 21 juin, du mar au ven.de 12h à 17h, dim.de 13h à 17h CENTRE INTERNATIONAL D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: 3575 ave du Parc, Montréal (288-0811)- Oeuvres de Jean Golub, Serge Tousignant, Peter Kraesz, François Sullivan, et autres, du lun.au ven.10h, à 18h.LA CERVOISE: 4457 St-Laurent, Montréal— Oeu- vres de Marie-Claude Pratte, du 22 mai au 12 juin COMPLEXE DU CANAL LACHINE: 4710 St- Ambroise, Montréal— Galerie Rouge: Gwen Harris et Ghita Roll— Galerie Verte: Paul Litherland— Gallerie Grise: Anne-Marie Schirmer el Giovanni Polisena, du 5 au 28 juin, tous les jours DAZIBAO: 4060 St-Laurent ste 104, Montréal (845-0063)— Photographies de Ricardo Estanislao Zu-lueta, Josel Geramo et Oladele Ajiboye Bamgboye, du 23 mai au 23 juin ESPACE GLOBAL: 914 est Mont-Royal, Montréal (524-1534)— Casse-tète d'époques de Nelly Roy, du 7 au 30 juin., , ç EXPOTEC: Vieux-Port de Montréal, angle de Lai Commune et St-Laurent (496-4629)— Expo1ec91,' • L'homme ce drôle d'animal.et Imax « L'eau et les-hommes ¦ tous les lours de 9h.45 à 21h.30 GALERIE AMRAD AFRICAN ARTS: 1522 ouest rue Sherbrooke, suite 4, Montréal (934-4550)—' • L'homme au repos -, Sièges de l'Est, Ouest et l'A-Inque centrale, du 6 mai au 30 juil.GALERIE D'ART DE BOUGAINVILLE: 4511 St-Denis, Monlréal (845-2400)— Oeuvres de Michel Rivesl, du 24 mai au 4 juin— Artistes de la galerie et nouvelles acquisitions de Roger Cantin et Andrée Vézma, tout juin GALERIE D'ART DU COLLÈGE ÉDOUARD-MONTPETIT: 100 est de Gentilly, Longueuil (679-2966)— Installation de Françoise Lavoie, du 4 au 27 juin, mar au dim.GALERIE D'ART CONCORDIA: 1455 ouest de Maisonneuve, Montréal (848-4750)— Oeuvres récentes de Marion Wagschal.et de Deirdre Chisholm, du 16 mai au 22 juin GALERIE L'ART FRANÇAIS: 1434 ouest Sherbrooke, Montréal (849-3637)— Oeuvres des artistes de la galerie GALERIE D'ART STEWART HALL: 176Bord du Lac.Pointe-Claire (630-1254)— Peintures et travaux sur papier de Fritz Grasshofl.du 18 mai au 21 juin GALERIE ARTEFACT: 4117 St-Denis.Montréal— La télévision du samedi soir en un clin «l'oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO CBFT (R.C.) ¦S» Montreal Le Téléioumal O 18h05/SamediP.M.Baseball / les Expos vs les Braves Court métrage Le télé-g journal Cinéma : Certains l'aiment chaud-Am.59 Avec Marilyn Monroe et Tony Curtis fôh WCAX(CBS) Burlington News News g Star Search Cinéma : Laker Girls— Am.90 Avec Tina Yothers et Paris Vaughan Doctor, g Doctor Good g Sports News Night Court 21 Jump Street rë-i WPTZ(NBC) ^ Plattsburgh News News g A Current Affair : Extra Amen g American Dreamer g The Golden Girts g Empty g Nest Sisters g News Saturday Night Live rm CBMT(CBC) tî» Montréal News Cinéma : Ruthless People —Am.86 Avec Danny De Vito et Bette Midler The Golden Girls g Empty g Nest Carol & g Company Kids in g The Hall National g Newswatcn Cinéma : Matewan ffm CRM (TVA) nU Montreal Le TVA?éd.18 hres Rira bien.En scène Cinéma : Bonjour les vacances —Am.83 Avec Chevy Chase et Beverly d'Angelo Miami Le TVA g réseau Cinéma : Hitl Latorcedun eretlesSS: lal-Am.85 CFCF (CTV) Montreal News g Comedy Mill Doogieg Mowser, md Bordertown Kattsg and Dog In Living ColourO Night g Court Grand g Neon Rider g News g News Cinéma 12 rr» TV5 (Télé Uy Francophones Le temps de vivre L'euromag (18hS0) Le journal delaSSR Tbalassa Stars 90 Destination le monde Alice Journal deA2 ray) CIVM(R.-Q.) Montreal Passe- Partout National Geographic Shaka Zulu (3ième de 10) Cinéma : Une étoile est née —Am.54 Avec Judy Garland et James Mason Cinéma : Le délité —Am.84 Avec Géraldine Page et Mic hael Learned @ RS** Voipop Musique vidéo Concert plus : Casey Kasem’s Rock'n Roll Goldmine 7991 WVNY (ABC) '==' Burlington News g Super Force The New England Voyage Star Trek: The Next g Generation Cinéma: Strangers on m/Land— Am.87 News g Avec Tommy Lee Jones 23h15/Friday the 13th rnw1 Much Music 18h30 / X-Tendamlx Soul in the City X-Tendamlx Spotlight / B ackBox X-Tendamix rôô) VERMONT ETV(PBS) The Lawrence Welk Show Austin City Limits No Job lor A Lady Wodehouse Playhouse Cinéma : From Whom the Bell Tolls —Am.47 Avec Gary Cooper et Ingrid Bergman 23h15 / The 90 s rôëj 4-SAISONS Montréal La roue chanceuse Coup de louore Samedi soir ClubD.G.Cinéma : Les Goules—Am.84 Avec Peter Llapls et Usa Pelikan Tarentule Le Grand Journal Sports Plus week-end Cinéma : L'année des méduses—Ft.84 Avec B.Giraudeau et V.Kaprisky (Kf) WCFE ^ (PBS) Austin City Limits The Editors MacLaughlin Group The Best ol National Geographic g ‘Alio!'Alio! Thompson Doctor Who Lonesome Pine Specials La télévision du dimanche soir en un clin d'oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23M30 OOhOO n CBR (R.C.) Montreal Les chemins de la guerre Juste pour rire g Cinéma : La révolution française—(1 re partie) Les années terribles —Fr.89 —Avec François Cluzet Le grand test en environnement Le téléjournal g Cinéma : Fanny—Fr.32 Avec Raimu et Charpin HT) WCAX (CBS) Burlington News g The Golden Glrts 60 minutes g Sunday g Dinner All in the Family g Murder, She wrote g The Trial of g Rosie O’Neill News Ç The Arsenio Hall Show (23h15) ré-, WPTZ(NBC) Plattsburgh Smash Hits Newsg C.Everett Koop, m.d.g Expose g Real g LHe Cinéma ’.A en lor help : The Tracey Thurman Story— Am.89 —Avec Graham Jarvis Sunday Scoreboard Roggln’s Heroes Cinéma n CBMT(CBC) Montréal The Magical World ol Disney Road to Avonlea g Cinéma : Princes In exile— Can.90 Avec Zachary Ansley et Nicholas Shields Newsg Venture Newswatch The Streets o San Francise 0 40 Sïïff*1 Le TVA g éd.18 hres AH La vie en couleur Minisérie: BébéM(Uel2) La santé du monde Le TVA g réseau Vision mondiale CU\ CFCF (CTV) U-x Montreal Newsg Travel Travel The National Environment Test g America’s Funniest g Cinéma : Twice Shy— GB.91 Avec Ian McShane et Reraldine Fitzgerald Newsg News > Entertainment Tonight m to (ra* Francophones L’école des fans L’euromag (18h50) Le journal de RW 7 sur 7 Caractères Histoires d'agriculture 22h45/Pierre Boulez Journal de Ai • m HT Passe- Partout Cinéma : Daisy Town —Ft.71 Dessins animes de E.Lateste Le retour d’Arsène Lupin Cinéma : Derrière le miroir— Am.55 Avec James Mason et Barbara Rush La trentaine m S?” Dadabiz Musique vidéo fôô) WVNY (ABC) Burlington Newsg Memories.Then and Now Sea World: Star Spangled Summer g America’s Funniest Q Cinéma : Weekend War—Am.88 Avec Stephen Collins et Daniel Slern Newsg Commercial Program ©ta 19h / Backtrax The best ol much Vidéoclips Spotlight / B ue Rodéo Vidéoclips rôôx VERMONT ETV(PBS) All Creatures Great and Small Wild g America Naturescene Nature g Masterpiece Theatre g Mystery ! g Masterpiece Theatre rôF) 4-SAISONS Montréal Les grandes vacances Caméra 91 Cinéma : La mouche —Am.86 Avec Jeff Goldblum et Geena Davis Le Grand Journal Sports Plus week-end Cinéma : Houston Texas -Documentaire de F.Reiche •Fr.80 ibach (ëf) WCFE [2±J (PBS) Scholars lor Dollars Pendragon Young Moyers/The Home Front g Sale Speech, Free Speech and The University Masterpiece Theatre g Mystery! g Shelley ( Le Devoir, samedi 8 juin 1 991 ¦ C-9 ARTS VISUELS Cozik, la révolution des sens Cozic Centre Saidye Bronfman 5170, chemin de la Côte Sainte-Catherine Jusqu'au 27 juin Marie-Michèle Caron COZIC’, c’est comme une formule magique : dès qu’on la prononce, les nuages se dissipent, le ciel devient bleu et les objets s’animent.Plumes arachnéennes, peaux duveteuses, flèches qui pointent leur nez dans l'azur, drapeaux hissés en porte-bonheur, éclaboussent de leurs formes grisantes et de leurs couleurs jubila-lojÇos, les murs blancs de la galerie dii .‘(’entre Saidye Bronfman.Mais qui est donc Cozic ?Longtemps.j’ai pensé que Cozic était un individu solitaire, prise à la passion du jeu de l’art el de la vie.Mais, je m’étais (légèrement) trompée.Car derrière cet être bicéphale qui possède quatre mains actives se cachent les « enfants terribles » d’une drôle d’époque bousculée par les fébriles années soixante; Yvon Cozic et'sa fidèle compagne Monic Brassard, représentés par la Galerie (irait qui, à la rentrée, leur consacrera son espace pour nous montrer leur nouvelle production.-Conçue pour le Musée de Ri-mouski par la critique et historienne de l'art Claire Gravel, collaboratrice pour le DFVOIR pendant plusieurs minées, celte exposition qui a sillonné les routes du Québec, interroge la notion de série, un thème de prédilection dans la démarche de Cozic.Avec une vingtaine de pièces, « Espaces Ininterrompus », dont je re- commande la lecture du judicieux catalogue, retrace le parcours dans le temps de deux artistes qui récupèrent dans les icônes de la vie quotidienne, des matériaux de prédilection, malléables à souhait tels que, entre autres, le vynile, la peluche, le satin, le coton, et dont les teintes franchement acidulées faisaient hurler hier encore, les âmes pudibondes.N'est-ce pas un peu dans la lignée de la pensée Pop, de décrire alors ce qui était indigne d’être remarqué ?« C'était conscient de notre part d’amener dans le champ des arts, quelque chose qui n’était pas considéré dit Cozic.Les matériaux « nobles » n’existent pas, alors pourquoi pas la peluche ?La peluche est un véhicule (jui faisait réfléchir les gens et qui leur disait, dans les années soixante-dix, de ne plus se soumettre à la tyrannie de l’oeil.Car la perception, c’est aussi la main, l’odorat.» Cozic provoque le spectateur à qui il propose une véritable expérience du toucher avec sa série de « Surfaces » à caresser, à boxer, à endosser et même à embrasser.Dans cette révolution des sens, l’oeuvre d’art perd son aura divine.Plus tard, Cozic prend l’air du temps et laisse à la peluche ses qualités plastiques qui lui permettent d'attirer la lumière sur elle et de la retenir.Puis, il plonge dans la confrontation, opposant le « dur » au « mou » dans un corps è corps ludique, cherche l’équilibre en-tre la surface et le cylindre, vide les pleins pour remplir les vides, métamorphosant inlassablement les choses pour les faire renaître dans d’autres figures, sous d'autres textures.Cozic, ne serait-il pas Protée, ce dieu grec au pied marin qui pouvait changer de forme à volonté et prédire l’avenir à ceux qui l’y obligeaient ?Pendant 25 ans d'une osmose totale qui mêle, pour mieux les subver-tir, l’intervention de l’un sur le travail de l’autre, émerge un petit univers : celui du merveilleux qui n’est, d’ailleurs, pas si loin de l’enfance.C’est la rencontre du délice et de la malice dans « Angleterre » (1969), un immense arc de cercle de bois noir qui tente de recoller avec gloutonnerie, sa partie amputée, un petit morceau de vynile rose, tendre et souple.Puis, dans une des oeuvres de la série « Surface versus cylinder » qui s’étale de 1973 à 1976, un cylindre tapissé de peluche jaune et verte rappelant ces bâtons de sucre d’orge bicolore, vient froisser un carré de toile fixée au mur.La surface se transforme soudainement en volume.Par terre, quatre tubes expulsent quatre tuyaux de peluche au rouge hallucinogène qui se tordent et s’u-nissent en un noeud sensuel.Là, les formes se durcissent ou se ramollissent et se rejoignent pour tracer une croisée, quatre points cardinaux, le centre du monde.C’est un « espace ininterrompu » qui fait déraper le regard à l’extérieur de la galerie, pour l’accrocher aux branches d’un arbre et le faire lentement glisser sur un tronc.gainé de peluche rouge.Par un rappel formel et chromatique, Cozic lie le dehors au dedans, la nature à la culture, dans une intervention écologique qui ne manque pas de mordant ni d’actualité.L’art est dans la rue : Cozic nous a au doigt et à l’oeil.« En 1971, avec notre fille Ndja, nous avons fondé la Société Protectrice du Noble Végétal répond Cozic.Le but était de « vêtir ceux qui sont nus », de protéger les arbres de plusieurs façons par des actions.C'est une chose qui n’est pas nouvelle car Duchamp, les Surréalistes par exemple, ont enveloppé l’objet pour le cacher afin qu'il soit mieux compris.Mais dans notre cas, c'est différent, car nous voulions faire prendre conscience que l’action pouvait avoir lieu dehors.Par exemple, on avait fait « courir » des arbres qui étaient marqués par des dossards, le long du Parc Lafontaine.C’était à la fois, un commentaire social, une course statique, un travail familial.» Des petites sculptures accrochées aux murs juxtaposent du plastique, des plumes bleu marine et vert tendre, des tiges et des surfaces en bois striées de touches colorées.Panaches, chevelures, parures, coiffes indigènes, carquois bardés de flèches : c’est la série « Ptéryx » qui révèle un autre matériau inusité, léger, simple et d’une grande rigueur formelle : la plume.Plus qu’un ornement, celle-ci est un véritable coup de pinceau venant compléter virtuellement le travail de la peinture sur l’objet.Avec Cozic, la plume devient un médium à part entière.« Ptéryx» vient cerner alors « Chaseh Chaos inaltérable », une installation aux notes sacrées, chargée de spiritualité.Des cônes font vrombir, comme les ailes d’un avion pris dans la bourrasque, des hélices de plumes, une forme pointue.Au centre de ces éléments dynamiques rayonne, un emblème de paix, une longue tige bariolée chapeautée de ozic, au Centre Saidye Bronfman, jusqu'au 27 juin deux ailes blanches.Dans cette perturbation de la vision, la inagio opère : tout ce qui pourrait sembler dur, aiguisé, mourtier, s’assouplit, s’arrondit, s'émousse.Posée sur le sol, l’oeuvre « Objects in mirror are doser than they appear» (spécialement réalisée pour le Centre Saidye Bronfman avec une bannière qui accueille les visiteurs à l’entrée), nous interpelle.Un arc en cuivre s’élève au-dessus de deux éclairs en bois rouge et bleu.C’est la fête, le yin et le yang, la rencontre avec l’autre, le double, un échange mutuel, des années passées à se questionner, sans amertume et sans regret.Cette oeuvre est un condensé de Cozic, une oeuvre ouverte sur d’autres mondes dans un processus de sémiosis illi mité.Ainsi, en regardant dans le rétroviseur, en arrière, les objets porteurs du passé, le temps s’efface.L'art de Cozic est intemporel car U tri avec lui un mode de vie, un mode de pensée, un mode du faire d’une actualité sans cesse renouve- lée.Tous ces tissus, ces matériaux, ces formes, ces couleurs, ces objets sont ceux d'hier, d’aujourd’hui et peut-être de demain lin art de la mémoire.Un grand pliage au plastique scintillant mange l'espace de la galerie.« 11 représente le cosmos commente Cozic D’après une théorie en astronomie, l'univers se plierait sur lui-même comme un grand pliage.
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