Le devoir, 11 juin 1991, Cahier B
CAHIER SOCIETE • Le Devoir, mardi 11 juin 1991 Visite théâtrale suisse à la PdA De la visite théâtrale suisse, cet été à la Place des Arts.Le Nouveau Théâtre de Poche de Genève donnera des représentations du Neveu de Rameau, du philosophe Denis Diderot.Le comédien Jacques Denis (ci-contre) y tiendra le rôle titre, dans une mise en scène de Martine Pas-choud.Page B-3 Québec, Louisiane du Nord Il est devenu coutumier de se voir offrir des produits sur lesquels n’apparaît pas un mot de français.Mais le phénomène passe le plus souvent inaperçu aux yeux du consommateur.Un exemple entre mille de l’aliénation du français, langue soi-disant « normale » au Québec, ici prétexte à un pamphlet linguistique.Page B-8 Broadbent trace le bilan du CIDP ED BROADBENT est fier de la participation du Centre international des droits, à 63 projets concrets.L’organisme travaille à l’organisation d'Amerindia 92 qui réunira des représentants autochtones pour discuter de leurs aspirations et du mode d’insertion de garanties dans les institutions que chapeaute l’OEA.Page B-5 La nouvelle danse belge La Belgique, représentée par cinq compagnies, sera à l’honneur lors de la 4e édition du Festival international de nouvelle danse qui sera présenté du 25 septembre au 6 octobre.Les États-Unis, la France, le Japon, le Canada et le Québec (avec Édouard Lock, ci-contre) seront également présents.Page B-3 .vneS’ Vices privés des cabinets médicaux Les médecins québécois aussi coupables que les ontariens ?Isabelle Paré FRISSONS dans les sarraus blancs.Un rapport ontarien sur les abus à caractère sexuel des médecins envers leurs patients vient de tomber comme un pavé avant-gardiste dans la mare bien plate de la profession médicale canadienne.Un toubib ontarien sur dix succomberait aux pièges de la séduction ou de l’abus, « abus » allant des attouchements incongrus aux relations sexuelles complètes.On a déjà eu vent, au Québec, de ces histoires d’amour vécues sur le divan du psychiatre.Intimité oblige, plusieurs patientes sont tombées dans les bras de bienveillants thérapeutes, prêts à des grands sacrifices pour combler leur détresse émotive.Mais sur les privautés dans les cabinets de médecins, pas un mot.Téméraire, le récent rapport du Groupe de travail ontarien sur les abus sexuels vient jeter un éclairage cru sur le problème, resté jusqu’ici sous le boisseau, des médecins qui abusent de leur clientèle, plus souvent qu’autrement féminine.En moins de trois mois, le « Task force » formé cet hiver par le Collège des médecins d’Ontario a reçu 300 appels téléphoniques, dont la moitié faisait état en détail de traumatismes vécus par des patientes ou des homosexuels, et de 100 lettres, dont une trentaine relatait des comportements abusifs ou inappropriés.Le verdict du groupe de travail : environ 10 % des médecins seraient de la trempe des Dr Jekyll and Mister Hyde, du type de ce bon médecin de famille au-dessus de tout soupçon, aimé de tous, mais qui dans l’intimité du cabinet se laisse aller à des gestes innoportuns.Du regard insistant lorsque la patiente se dévêt, à l’examen gynécologique approfondi pour un simple mal de gorge, les exemples sont multiples de prétextes et de tromperies pour justifier l’intrusion.Le problème a fait l’objet d’études répétées aux États-Unis et maintenant en Ontario, où la profession médicale s’est courageusement livrée à La main « abusive » du médecin : un phénomène d’exception ?cet auto-examen.Mais on ignore a peu près tout de la situation au Québec.Même ce si genre d’abus est intolérable, estime Augustin Roy, président de la Corporation professionnelle des médecins, le chiffre de 10 %, projeté par le groupe de travail ontarien, est à son avis « grossièrement exagéré».« Écoutez Madame, je connais mes collègues.Ce serait insensé de dire que 1600 médecins au Québec s’adonnent à ce genre de gestes.À mon avis, c’est bien en-deçà de un pour cent », rétorque à qui veut l’entendre le grand chef des médecins.« Ces choses sont inexplicables et inacceptables.On voudrait que ça n’arrive jamais, mais on a affaire à des humains », croit le Dr Roy, s’empressant de souligner que toutes les plaintes rapportées au syndic font l’objet d’enquêtes consciencieuses.Les médecins québécois seraient-ils au dessus de tout soupçon, plus vertueux que leurs collègues ontariens ?« Le problème en Ontario, c’est que l’on ne s’occupait pas de ces cas alors qu’ici on s’en est toujours occupé.Pourquoi former un groupe d’étude ?On a le meilleur modèle de système de plaintes au monde », renchérit le Dr Roy qui ne tarit pas d’épithètes.15 plaintes formelles au Québec en 1990,20 en 1989.Ce genre d’explications fait grimper dans les rideaux Mme Briar Long, coordonnatrice du Groupe de travail ontarien.Dénis, rejets, protestations en vrac de la gent médicale ontarienne ont aussi fait partie du lot des réactions provoquées par le rapport.Mais le sujet abordé était grave, ses conséquences douloureuses.Les commissaires ont donc décidé de sortir l’artillerie lourde et de recommander la radiation à vie des médecins trouvés coupable d’agressions sexuelles et l’imposition d’amendes allant jusqu’à 10 000 $.D’où le tollé.« On traîne les médecins dans la boue », « Il n’y a plus de respect pour la profession médicale », « Nos pa tients vont devenir paranolques », dénonçaient en choeur dans le Globe and Mail certains médecins, au lendemain de la parution du rapport.Ici, les seuls baromètres du dérapage vécu derrière les portes closes des cabinets médicaux sont les chiffres du syndic de la Corporation professionnelle des médecins du Québec.Ils font état, depuis 1981, de 108 plaintes pour abus sexuels déposées par des femmes, quelques mineures et de rares hommes.L’an dernier, 15 médecins ont fait l’objet de plaintes de la part de clientes et 20, l’année précédente.De rares poursuites ont également été intentées au civil et au criminel dans des cas de viol ou d’agression sexuelle.Des chiffres qui, selon Mme Briar Long, n’ont aucune commune mesure avec la réalité, très peu de femmes ayant le goût d’aller relater ce triste épisode en cour ou au syndic de la Corporation, là où d’autres médecins écouteront leurs doléances.Jusqu’ici, un seul médecin québécois a fait l’objet de condamnations en cour criminelle pour avoir violé une patiente et sodomisé une adolescente lors d’examens gynécologiques.Condamné à quatre ans de pénitencier en 87, il a entre-temps été libéré.Du Côté de la Corporation des médecins, une radiation de cinq ans de profession constitue pour l’heure la plus sévère sanction jamais imposée.Parfois, les sanctions vont du simple avertissement aux suspensions de quelques mois, affirme le DrSu-zanne Richer, syndic adjoint à la Corporation des médecins.« Tout dépend des circonstances», opine-t-elle.Marie Valiquette, une psychologue qui a consacre des années de recher-! ches et fondé un groupe d’entraide pour les patientes victimes de telles agressions, n’est guère étonnée des conclusions du groupe de travail ontarien.En 1987, en moins de trois semai- Voir page B-2 : Vices Maisons intelligentes pour personnes vieillissantes La « domotique », superbe exemple de la technologie au service d’un besoin social Guy Faquin LES PERSONNES malades handicapées et en perte d’autonomie sont la plupart du temps forcées d'abandonner leurs domiciles, faute de pouvoir exécuter certains gestes de la vie quotidienne.Des rhumatisants, par exemple, n’arrivent plus à fermer suffisamment leurs robinets ou même à tourner leurs poignées de portes.Un nouveau champ d’application de l’informatique et du contrôle électronique, la « domotique », leur viendra bientôt en aide.La domotique, c’est la maison à boutons-poussoirs.Les contrôles électroniques et informatiques y remplacent les contrôles mécaniques simples qui nous sont familiers : le cordon d’enroulement du store, les interrupteurs d’appareils électriques, le combiné du téléphoné et les serrures à poussoir ou à clés.Les principales commandes sont réunies sur un boîtier fixe ou mobile.Dans ce dernier cas, une personne en fauteuil roulant, où qu’elle se trouve dans son appartement, peut avoir accès à toutes les fondions de son logis sans avoir à quitter son fauteuil où à faire appel à quiconque.La direction analyse et recherche de la Société d’habitation du Québec (SIKJ) prépare actuellement un projet d’implantation de quatre logements ainsi adaptés pour personnes en fauteuils roulants.Si la chose se concrétise, dans le courant de l’année, on profitera de la construction de nouveau II LM pour y introduire les services domotiques suivants : contrôle électronique de l’ouverture des portes, des fenêtres, des rideaux ; contrôle de l’éclairage, de la télévision; appels d’urgence avec intercom intégré au boîtier de commandes; téléphone sans fil; appel de l'ascenseur.De plus, le boîtier pourrait, grâce à un afficheur électronique, prévenir l’occupant de certaines situations d’urgence : niveaux d’eau trop élevés dans les éviers, tempé- ratures des portes extérieures indiquant une possibilité d’incendie, etc.Selon M.Georges Robert, directeur à l’analyse et à la recherche à la S11Q, « il est grand temps que nous nous mettions à la tâche d’adapter nous-mêmes les habitations pour personnes en perte d’autonomie.Le profil démographique nous prédit un Québec vieillissant.La demande est donc là.Et pas mal de sociétés étrangères vont se précipiter dans ce créneau de la maison adaptée par électronique, surtout des japonai- ses».Pourquoi des japonaises ?Pare qu’en 2025, le quart des Japonais auront plus de 64 ans.Il existe au Japon, aujourd’hui, 20 000 habitations « domotisées » et le pays a régi les normes de construction de ces domiciles adaptés.Les Japonais sont fin prêts à conquérir le marché mondial de la domotique.Il existe au Québec un petit noyau de chercheurs en domotique.A la S11Q, bien sûr et aussi à l’Université de Sherbrooke, à l’École de technologie supérieure et dans une société spécialisée dans le contrôle électronique d’ouverture des portes et d’équipements domotiques, la compagnie Alba.C’est autour de ces chercheurs-là que M.Robert souhaite développer son projet.Les principaux intéressés, les aînés, voient le projet d’un très bon oeil.Le Forum des aîné(e)s, l’Université du troisième âge, le Conseil québécois du troisième âge, Voir page B-2 : Maisons ANALYSE Les toubibs et la danse de Saint-Guy Jean Francoeur SANS contredit, les bureaucrates en mèneront large au Québec, du moins si l’on croit (mais gardons-en nous bien ! ) la propagande orchestrée par la profession médicale contre le projet de réforme des services de santé et des services sociaux.Non seulement le projet de loi 120 donnera-t-il aux bureaucrates le droit de laisser mourir à l'hôpital les petites filles blessées et intubées, mais il le leur permettra de fouiner à qui mieux mieux dans les dossiers des patients et de s’adonner à la délectation morose des détails salaces qu’ils pourront y trouver.Ajoutant sa petite gigue à la danse de Saint-C.uy du Regroupement des quatre fédérations syndicales de médecins (omnipraticiens, spécialistes, résidents et étudiants), ; la Corporation professionnelle des médecins du Québec (CPMQ) publiait lundi un placard publicitaire .adressé aux « citoyens et citoyennes du Québec », à la manière des héros de la Révolution française montant à l’assaut de la Bastille.Sous le mode de l’insinuation — en ayant l’air de tout dire, tout en ne disant rien —, la Corporation met le public en garde contre les risques que comporterait le projet de loi 120 quant à la confidentialité des dossiers des usagers.« Des informations, dit-elle, sur vos problèmes passés ou actuels, vos maladies, vos opérations, vos traitements » risquent d’« être utilisées sans votre consentement ».Par les bureaucrates, bien sûr ! Aussi la CMPQ — dont le premier devoir est la protection du public contre la mauvaise médecine — réclame-t-elle que « l’utilisation de votre dossier médical ou social soit contrôlée de façon très stricte ».Sous-entendu : plus strictement que ne le fait le projet de loi 120 contre lequel il faut réagir immédiatement, car « le 21 juin, il sera trop tard ».De quoi s’agit-il ?Essentiellement, de l’article 19 du projet de loi dont le premier alinéa se lit comme suit : « Le dossier d’un usager est confidentiel et nul ne peut y avoir accès, si ce n’est avec l’autorisation de l’usager ou la personne pouvant donner une autorisation en son nom, sur l’ordre d’un tribunal.» Jusque-là, c’est assez strict, merci ! La suite, pourtant, inquiète les disciples d’Esclépios.Il est dit, au deuxième aüéna, que « toutefois, un professionnel peut prendre connaissance d’un tel dossier à des fins d’étude, d’enseignement ou de recherche, avec l’autorisation du directeur général ou de la personne qu’il désigne à cette fin ».Et le fait que cette autorisation ne sera accordée que « conformément aux critères établis à l’article 125 de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels », ne suffit pas à calmer leurs appréhensions.(La Corporation des médecins se garde bien d’ajouter qu'en vertu de la Loi médicale, ses propres « bureaucrates » peuvent déjà se fourrer le nez dans ces mêmes dossiers et qu’à des fins d’enquête, un membre de l'ordre (« bureaucrate » aussi, puisqu’il fait tout sauf de la clinique) « a droit d’obtenir de tout médecin, établissement ou patient tous les renseignements qu’il juge utile, sans qu’aucun d’eux ne puisse'invoquer le secret professionnel » ! C’est pour mieux te soigner mon enfant, répüquerait mère-grand.) L’Association des hôpitaux du Québec fait une tout autre analyse Voir page B-2 : Toubibs Y* «> £¦.i/> O V- v Ci •3 -k S.’« t \& * * A ?o o O vP .^ Cf a t ¦ ¦ tm / • retournent à leur adolescence Avoir i?ans r.- £ « Le Devoir, pour souligner le centenaire Rimbaud, a demandé à 12 écrivains un texte (des souvenirs, une nouvelle) avec pour seule contrainte de départ un vers du poète "On n’est pas sérieux quand on a 17 ans".On lira, entre autres, Michel Tremblay, Yves Navarre, Suzanne Jacob, Normand Chaurette, Anne Dandurand, Christian Mistral, Louis Hamelin, Lise Gauvin, Jean Basile, Jean-François Chassay et Marco Micone.J ' ùïL Une grande série littéraire pour l’été 91 Tous les samedis à la une du DEVOIR à compter du 22 juin i 8030009 B-2 U Le Devoir, mardi 11 juin 1991 SOCIÉTÉ Le retour d’un monument historique Cité libre veut tenir la dragée haute aux vilains nationalistes Josée Boileau CORNEILLE OUVRE les pages de Cité libre : « Rome, i’unique objet de mon ressentiment », clame Camille dans Horace.Bonheur personnel ou honneur collectif, lequel faut-il sacrifier, poursuit la directrice de la « nouvelle » revue, Anne-Marie Bourdouxhe.La réponse suffit à donner le ton du magazine, annoncé depuis l’automne dernier, dont le lancement officiel avait lieu hier soir et qu’on trouve en kiosques depuis samedi.La « dichotomie est toujours d’actualité, écrit encore Mme Bourdouxhe.Il suffit de voir la tête que font les souverainistes quand on a l’indécence de leur demander ce qu’il adviendra de notre niveau de vie dans un Québec indépendant.Poser la question, c’est se ranger du côté des métèques, se mettre en dehors de Rome.« Et voilà pourquoi nous faisons revivre Cité libre, pour offrir une tribune à ceux qui, comme nous, veulent que le sens critique retrouve ses droits.» Il s’ensuit une dizaine d’articles unanimement consacrés, à deux exceptions près — la chronique internationale et celle sur la télévision — un peu aux grandeurs du fédéralisme, beaucoup aux misères du nationalisme québécois.Il n’y a là rien d’étonnant : dire Cité libre, c’est y associer dans l’imaginaire intellectuel québécois les noms de Pierre Trudeau, Jacques Hébert, Gérard Pelletier et des idées qui les ont portés, même si les René Lévesque, Jean-Marc Léger, Pierre Vadeboncoeur, Pierre Vallières y ont aussi collaboré.Trente ans plus tard, le premier numéro de Cité libre version 1991 s’en tient donc à l’image toute faite qu’on en attendait.La graphie, la maquette, la langue, le recours aux références classiques ramènent au magazine des débuts de la Révolution tranquille, dans une sobriété qui tranche avec les magazines papier glacé.Le contenu se veut dans la même continuité.Dans chaque cas le nationalisme québécois est égratigné sans ménagement, parfois avec panache, ailleurs plus subtilement mais toujours sans qu’on ne lui accorde le moindre début d’une nuance.Les propos se font même provocateurs : « Il m’est parfaitement égal que mes enfants ou mes arrière-petits-enfants parlent une autre langue que celle que je parle ou qu’ils parlent aujourd’hui si le changement s’est fait à la faveur d'un choix libre ou rationnel, un choix que ni le fanatisme ni l’inhibition légale ne sont venus fausser ou forcer », peut-on lire dans un des articles.Un traitement de faveur est aussi réservé au « sondage Béland », celui que « seul votre gérant de caisse a vu » et qui « va à l’encontre de toutes les règles régissant la tenue d’un sondage dans une démocratie ».On démontre les réelles faiblesses de la consultation menée au sein du Mouvement Desjardins avant la Commission Bélanger-Campeau, mais d’une plume mouillée d’acide.Quelques « amuse-gueule », tirés de la bouche de nationalistes connus, finissent de remettre à leur place les porte-drapeau de la souveraineté.Pas de surprises non plus du côté des signatures : Gérard Pelletier y va du premier texte de fond, intitulé — non sans ironie vu la teneur des papiers qui suivent — « Du pain avant les jeux, même constitutionnels ».On trouve aussi les noms de Jacques Renaud, ancien conseiller politique auprès du Parti Égalité, du journaliste George Tombs et de l’économiste Kimon Valaskakis, qui prenaient la parole dimanche au congrès d’Alliance Québec, du journaliste du Journal de Montréal Jean Pelletier.La nouvelle équipe de direction se disait il y a quelques semaines disposée à recevoir des textes de toute provenance, même nationalistes, et Mme Bourdouxhe est ouvertement intéressée aux grands débats intellectuels extérieurs aux questions linguistico-nationalo-constitutionnelles.Ce premier Cité libre a un champ beaucoup plus limité, tenant davantage du magazine politique que des choses de la Cité.Les prochains numéros permettront de mesurer si c’est là l’orientation définitive qui sera finalement donnée.Cité libre NOUVELLE SÉRIE VOLUME XIX • NUMÉRO 1 • JUILLET • AOUT 1991 • 3.50$ Cité libre est revenue Anne-Mane Bourdouxhe Du pain avant les jeux, même constitutionnels Gérard Pelletier Les géants-villages, réflexions sur une notion familière; la nation Jacques Renaud Culture québécoise et culture immigrante: vers une redéfinition de leurs rapports mutuels Pierre Anctil CHRONIQUE! i Préambule À un fédéralisme vraiment renouvelé Kimon Volas Julius Le Pen de l'Ouest George Lang 1 n-lèvi* ipnrivniu*i‘ Jean-Paul Murraj Vi reau 801, Montréal H3H 1T7, tél : (514) 939-3342.« < 1 I m Le Devoir, mardi 11 juin 1991 M B-3 THEATRE /chronique Robert Lévesque U N El VISITE théâtrale suisse, cet été à la Place des Arts.Du 13 au 17 août, à la salle Jean-Duceppe, le Nouveau Théâtre de Poche de Genève donnera des représentations du Neveu de Rameau, ce « dialogue » percutant d’esprit écrit par le philosophe des Lumières, Denis Diderot.C’est le comédien Jacques Denis, fort connu des habitués du cinéma suisse des belles années (depuis La Salamandre jusqu’à Jonas qui aura 25 ans en l’an deux mille), qui défendra le rôle du « neveu de Rameau », intellectuel marginal, bouffon tragique (« mes pensées ce sont mes catins »), musicien raté qui est de la famille du grand Rameau (Jean-Philippe), un personnage hors du commun que Pierre Fresnay a longtemps défendu à la scène.La mise en scène de ce spectacle est signée par la directrice du Poche de Genève, Martine Paschoud.Avec Jacques Denis, Martine Paschoud a réalisé à Genève une quinzaine de spectacles, Véra Baxter de Duras, La Parisienne d’Henry Becque, L‘Ignorant et le Fou de Thomas Bernhard entre autres, et c’est donc une longue complicité qui lie ces deux artistes au moment de mettre en scène ce texte exceptionnel de Diderot, non conçu pour le théâtre à l’origine, mais écrit sous forme de dialogue entre un penseur plutôt fou et un philosophe plutôt sage.C’est la quintessence de la « pièce à thèse », sans sa lourdeur.Le manuscrit de Diderot, écrit contenu de la prochaine saison, mais, depuis, le premier spectacle de cette saison 91-92, Les Guerriers de Michel Garneau, est annulé parce que la N CT ne se rend pas aux exigences de Guy Nadon qui devait interpréter l’un des deux rôles sous la direction d’Alice Ronfard.Parmi les candidatures possibles à la direction artistique, on entend circuler le nom du comédien Raymond Cloutier, actuellement directeur du Conservatoire d’art dramatique de Montréal.Mais le propos le plus souvent entendu, dans ces parages, se résume en une question : est-il possible de diriger la N CT ?Voilà une compagnie de théâtre écartelée entre un mandat original, qui est d’initier les écoliers au théâtre (ce qui pourrait déjà être suffisant), et une présence « urbaine » à soutenir, avec des représentations grand public.De plus, le déficit de 350 000 $ accumulé sous le directorat de Nadon n’aide en rien les choses.Le FT A en chiffres Seize jours de festival, 18 spectacles, 88 représentations dont 29 a guichets fermés, dans 11 salles, et 21 304 spectateurs, pour une fréquentation qui atteint 75 %.Résultat ?Un déficit de 150 000 $, « un succès déficitaire » a résumé Marie-Hélène Falcon la directrice artistique du FTA.Rendez-vous en 1993 (le festival est bisannuel), mais il semble que, si une subvention vient de l’organisation des Fêtes du 350e anniversaire de Montréal en 1992, le FTA aura une mini-édition 92.À surveiller.Diderot en août, avec Jacques Denis dans le plus grand secret entre 1762 et 1772 et « laissé aux tiroirs », se perdit après la mort du philosophe en 1784, fut retrouvé par hasard chez un bouqiniste en 1890 et ne fut publié qu’en 1805 lorsque Goethe en prit connaissance et en pilota la sortie en allemand.Dans son oeuvre dite « narrative », qui contient La Religieuse et Jacques le Fataliste et son maître.Le Neveu de Rameau fut pour Denis Diderot l’occasion (en avance sur son temps) d’un dialogue philosophique étincelant d’intelligence, grande conversation de bistrot sur la notion de liberté.On verra, en allant entendre Jacques Denis à la salle Jean-Duceppe au mois d’août (le grand rendez-vous théâtral de l’été), jusqu'à quel point l’auteur du Paradoxe sur le comédien fait entendre encore et toujours une voix « actuelle », pertinente, fine, brillante, satirique.Diderot avait placé ses dialoguistes dans les jardins du Palais-Royal, ou au Café de la Régence, plusieurs jours de suite « sur les cinq heures du soir ».Martine Paschoud, dans son adaptation scénique, fait se rencontrer « Moi et Lui » sur la scène d’un vieux théâtre.Dominic Noble donne la réplique à Jacques Denis.Le décor et les costumes sont de Roland Deville.Ce spectacle a été créé au Poche de Genève en mai dernier.Et à la NCT ?Il semble que la recherche d’un directeur administratif soit plus active, du côté de la Nouvelle PHOTO MARIO DEL CURTO Jacques Denis dans Le neveu de Rameau, de Denis Diderot.Compagnie Théâtrale, que celle d’un directeur ou une directrice artistique.C’est du moins ce que l’on peut déduire des informations qui filtrent.Francine d’Entremont, exdirectrice administrative, aurait décliné l’offre d’un retour.Il faut dire que le départ subit de Guy Nadon, à 48 heures de l’annonce de la saison 91-92, a causé un embarras dont on ne s’est pas encore remis.Le conseil a fait connaître le Un sommet pour freiner l’effritement économique des télévisions canadiennes Paule des Rivières CINÉMA Une femme est une femme Min de la voriser la relève de la critique ci-rtémstographique, Silence elles tournent — le ïè'me Festival de (Urns et vidéos de femmes a organisé, avec LE DEVOIR et/'Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC), un concours de critique.Les candidats reten us son t a ccrédi tés comme critiques par le festival et doivent soumettre quotidiennement un article dont le meilleur est publié par LE DEVOIR.NLolas Marchand POUR Anne-Claire Poirier, président du jury de Silence elles tournent, le festival présente « des femmes qui regardent et parlent de femmes ».De même, Monica Haim, directrice de la programmation, avance que nous pouvons y remarquer plusieurs « portraits de femmes par des femmes ».Les longs métrages Milena, croquis de Milena Je-senska et I, the worst of all, tableau de Juana Inès de la Cruz, l’illustrent bien.Mais, en dehors de ce format « régulier » qu’est le long métrage, il y a egalement nombre de courts métrages et vidéos de fiction ou de documentaire dans lesquels on observe une tendance similaire.Un recul pour observer, une fouille analytique pour cerner le sujet-femme.Par le biais de l’image corporelle et de la maladie entre autres.Ainsi font Mirror Mirror, The body Beautiful el I want to die at home, quelques-unes des pièces détachées d’un casse-tête qui s’appellerait : identification d'une femme.Mirror Mirror.dis-moi qui est la plus belle ! Treize femmes défilent une à une pour parler de leur corps dans ce vidéo de dix-sept minutes, en compétition pour le prix Alcan documentaire.Dans un décor jonché de mannequins de plastique, identiques et parfaits, elles jouent franc jeu, en dépit du masque qui cache leur visage.Elles parlent de leurs appréhensions, de leurs parties anatomiques préférées, de celles qu’elles n’aiment pas et de comment elles s’imagineraient belles.Leurs propos sont entrecoupés de films d’archives de concours de beauté, qui apportent une touche de dérision et soulignent la puissance de la stéréotypie.À la fin du vidéo, les masques tombent et les sourires rayonnent.Intéressant.The Body Beautiful est un film de vingt-trois minutes en compétition pour le prix Pétro-Canada courts métrages.Il aborde également le thème de l’image corporelle mais dans le cadre d’une relation mère-fille, dans laquelle, si l’on veut, chacune d’elles est à une extrémité du continuum de la beauté physique : la mère est âgée et a subi l’ablation d’un sein à la suite d’un cancer; et la fille est une jeune mannequin.Sur le fond d’une discrète musique nouvel âge, Ngozi découvre lentement que sa mère est une femme et non pas un être asexué, sans forme.Selon elle, seule sa mère sait vraiment ce qu’est une femme.Tendre.(The Body Beautiful est un film autobiographique réalisé par Ngozi Onwurah et est présenté demain a 18 h 30 et vendredi a 21 h 30 à la Cinémathèque québécoise.) Pas de docteur (ni de ministre ! ), ni de bureaucratie dans I want to die at home.Mais un cancer.Et une famille.Élisabeth, atteinte d’un cancer du foie, décide, de concert avec ses proches, de mourir chez elle.Le film présente les commentaires et les impressions des membres de la famille qui l’ont accompagnée dans cette épreuve.Ici, la filmographie et la scénographie restent toujours simples, mais le film présente des moments intimes et intenses.Il vaut le coup pour les seules remarques de la jeune fille d’Élisabeth, « there’s no time left to be stupid anymore », et celle du plus jeune fils, qui après avoir imité un râle de sa mère, ajoute, imitant toujours sa mère, en furie : « I’m dying and you bastard have to help me ! »./ want to die at home, comme les deux autres films d’ailleurs, est intéressant non pas tant par sa forme ou son apport cinématographique, mais pour ce qui y est dit.Sur leur tablette de vidéothèque, ils auront certes une valeur documentaire et didactique.(I want to die at home, en competition pour le prix du jury vidéo documentaire et reportage, est réalisé par Monique Omen.) MUSIQUE Recherche pure et secrets de laboratoires DANSE ***3S».PHOTO HERMAN SORGELOOS Un extrait de Achterland, de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker.La Belgique à l’honneur au Festival de nouvelle danse Journées électroacoustiques CEC Keiser Nietzsche (John Kamevaar et Thomas Handy), Send; Ciamaga, VU pour bande; McIntosh, Made to scale, avec Diana McIntosh (claviers); Dostie, Corpus Sonorus, avec Pierre Dostie et André Pappathomas; Copeland/Marriott, Siren songs pour bande; Eagle, Traces avec David Eagle (flûte); CCMC, Michael Snow (piano), Al Mattes (guitare), Paul Dutton (voix), John Kamevaar (synthétiseur).Samedi 9 juin, salle de concert Concordia.' ' 'Carol Bergeron POURTANT offerts gratuitement aux amateurs de musique électroacoustique, les neufs concerts du congrès de la Communauté Électroacoustique Canadienne (CEC) ont été presque exclusivement fréquentés par les musiciens professionnels qui directement ou indirectement s’intéressent à ce secteur de pointe de la musique d’aujourd’hui.Reflets de toutes les tendances qui à travers les nouvelles technologies cherchent à modifier et à enrichir leur langage sonore, ces concerts ont permis à une soixantaine de compositeurs et d’expérimentateurs d’offrir à l’appréciation de leurs pairs l’état actuel de leur investigations.De la recherche pure, celle qui semble émaner du secret des laboratoires, au bricolage des « inventeurs» marginaux, les musiques semblent vouloir converger vers l’é-lectroacoustique, comme vers un lieu fertile de remise en cause partielle ou radicalement profonde.Ce qui permet à un Michael Snow et à ses copains du CCMC, de crier un peu plus fort la révolte « soixante-huitarde » d'un jazz délirant; à un vétéran comme Gustav Ciamaga, de fabriquer des sons nouveaux dans la nostalgie du « sérialisme »; à John Kamevaar, Thomas Handy Pierre Dostie et André Pappathomas, d’explorer d’insolites objets sonores; à un Darren Copeland, de sonder les limites de l’inconnu, à Diana McIntosh ou David Eagle, de repousser celles du piano et ou de la flûte.Mathieu Albert LA QUATRIÈME édition du Festival international de nouvelle danse ( FI N D ), qui aura lieu du 25 septembre au 6 octobre, a toutes les chances d’être la plus magnifique qu’a connue l’événement depuis sa naissance en 85.En tout, 22 compagnies en provenance de sept pays présenteront un total de 24 productions différentes dans huit salles à travers la ville.Les pays représentés sont l'Allemagne, les États-Unis, la France, le Japon, l’Espagne, le Canada, le Québec et la Belgique.Ce dernier, à qui le FIND accorde une place de choix pour souligner l’extraordinaire vitalité de ses créateurs, sera représenté par pas moins de cinq compagnies.Ainsi, en ouverture du festival, nous verrons la toute dernière création de la chorégraphe flamande Anne Térésa de Keersmaekers, une pièce intitulée Achterland qu’elle a créée en novembre 90 (au Théâtre Maisonneuve).Nous verrons également Stella (à la salle Marie Gé-rin-Lajoie), une autre pièce de Keersmaekers, qu’elle a chorégraphiée elle aussi en 90.Ces deux rendez-vous seront des moments privilégiés du festival; la chorégraphe est non seulement habitée par les voix du génie, mais possède également un sens inouï de la rigueur et une sensibilité capable de réduire en eau le plus frigorifié des blocs de glace.Son compatriote Wim Vandekey-bus présentera, pour sa part, une pièce fougueuse intitulée Toujours les mômes mensonges, tandis que Jan Fabre, un troisième Flamand, visitera la scène du Maisonneuve avec une créatcon pour deux personnages en chaise roulante et 13 dan- seurs vertigineux, qui porte le nom de Sweet Temptation.Du côté de la communauté française de Belgique, le festival accueille la chorégraphe Michèle-Anne de Mey (anciennement chez Keersmaekers) qui présente Sinfonia Eroïca (au Maisonneuve), et José Besprosvany (que nous allons découvrir) qui séjourne à l’Agora de la danse avec un duo intitulé Evento.En provenance de France, deux compagnies sont au rendez-vous : le Groupe Émile Dubois dirigé par Jean-Claude Gallotta qui présentera Les Mystères de Subal, et le Théâtre Jel de Josef Nadj qui vient ici pour la première fois avec une oeuvre réalisée pour neuf danseurs, intitulée Sept peaux de rhinocéros (à la salle Marie-Gérin-Lajoie).La brochure publicitaire du festival compare le travail de Josef Nadj à celui du metteur en scène polonais Tadeusz Kan-tor.C’est dire l’espoir que les organisateurs fondent sur ce jeune chorégraphe.Du côté allemand, nous verrons deux extraits de la trilogie Im (Gol-denen) Schnitl sur laquelle travaille le chorégraphe Gerhard Bohner depuis quelques années; et en provenance d'Espagne, une oeuvre intimiste et insolite qui sera donnée par Angels Margarit dans une chambre de l’hôtel Ramada Renaissance, situé sur l’Avenue du Parc.Intitulée Hotel solo, la pièce, d’une durée d’une quinzaine de minutes, sera présentée quotidiennement à compter de 13 h.Du Japon, le festival a invité pour une deuxième fois celui qui s’etait mérité le prix du public en 89 : le chorégraphe Saburo Teshigawara (compagnie Karas) qui présentera sa dernière création; une oeuvre aux accents néo-cosmiques qui répond au nom énigmatique de Dah-dah-sko-dah-dah.Parmi les artistes montréalais, maintenant, nous verrons des créations d’Édouard Lock (Destroy), de Paul-André Fortier (qui nous avait impressionné avec ses Mais Heures lors de la dernière édition du festival), de Daniel Léveillé, Sylvain Émard, Louise Bédard, et de Dulcinée Langfelder, qui nous revient avec une pièce (rigolote comme toujours) qui traite du hockey.Il y a aussi Carole Bergeron qui reprend sa chorégraphie solo How Are You Mrs.Brown ?, et Danièle Desnoyers (à inscrire à votre agenda sous la rubrique des « must ») qui présente les deux oeuvres qui l’ont imposée cette année comme l’une des artistes les plus fortes du milieu de la danse montréalais : Mirador-Mi-Clos, et Les Bois dormants.Du côté canadien, qui constitue toujours le maillon le plus faible du festival, Karen Jamieson, Serge Ben-nathan, et Lola MacLaughlin viendront essayer de relever la cote du Canada anglais.Rude pari à l’horizon.En marge des spectacles en salle, le festival organise également toute une panoplie d’activités.Il y aura des rencontres avec les chorégraphes au Piano mobile de la salle Wilfrid-Pel-letier, des tables rondes à l’UQAM et à l’Université Concordia, des projections de films et de vidéos à la Cinémathèque, ainsi que des spectacles gratuits donnés en après-midi aux Promenades de la Cathédrale.Pour obtenir plus d’informations, on compose le 525-1500.LE NOUVEAU ministre des Communications du Canada, M.Perrin Beatty, a promis hier de donner une première suite au rapport Girard-Peters sur l’industrie de la télévision : il organisera à l’automne un sommet des radiodiffuseurs privés et publics pour tenter de freiner l’effritement économique des télévisions canadiennes.« Il faut, a dit M.Beatty hier devant l’Association canadienne de télévision par câble, coordonner l’activité des intervenants, d’abord pour empêcher que la base économique de l’industrie ne se dégrade davantage, puis pour préparer la télévision canadienne du XXIème siècle».M.Beatty s’est bien gardé de se mouiller sur une des principales recommandations du groupe de travail Girard-Peters, l’imposition d’un moratoire de trois ans sur les demandes de nouvelles licences de télévision.Au sommet de discuter de cela, a-t-il indiqué en souhaitant néanmoins que les éventuels requérants fassent preuve de modération dans leurs demandes de permis d’exploitation.Dans son exposé, le groupe de travail Girard-Peters arrivait aux mêmes conclusions que plusieurs intervenants dans l’industrie, à savoir que l’augmentation rapide du nombre de postes de télévision au cours des cinq dernières années avait bouleversé le marché publicitaire et créé des problèmes majeurs, voire dramatiques.M.Beatty n’a par ailleurs retenu que la moitié de la suggestion du comité de travail puisqu’il ne convoque qu’un seul sommet pour tout le monde, anglais et français.Le groupe de travail avait recommandé la tenue de deux sommets, jugeant que la situation télévisuelle était différente au Québec et dans le reste du Canada.En bref, elle est plus dramatique à Montréal, où les coûts de la publicité n’ont pas augmenté autant qu’à Toronto.Le sommet ne se tiendra pas avant octobre, pour laisser le temps aux radiodiffuseurs canadiens, dont le congrès est prévu à la fin de septembre, de se réunir.Il sera ouvert à tous ceux qui, de près ou de loin, oeuvrent dans le milieu de la télévision, soit, bien entendu, les télévisions mais aussi Téléfilm, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), les câ-blodistributeurs, les agences de publicité.À Québec, le ministre des Communications, M.Lawrence Cannon, n’est pas impressionné outre mesure.Il trouve que l’automne, c’est bien loin.Il se demande si l’on ne va pas produire un autre rapport après le sommet, et reporter ainsi à plus tard des gestes qui deviennent urgents.« Nous aurions souhaité quelque chose de plus rapide », dit-il, perplexe.Au siège social de Radio-Canada à Ottawa, l’on s’est dit prêt à collaborer avec le gouvernement pour tenter de trouver des solutions.Et, sans doute, pour empêcher certaines recommandations du rapport, notamment celles limitant le temps consacré à la publicité, de devenir I réalité. B-4 ¦ Le Devoir, mardi 11 juin 1991 CULTURE ET SOCIETE CINEMA ASTRE I: (849-3456) - Back Draft 7 h, 9 h 30 II: Only the Lonely 7 h 15,9 h 15 III: City Slickers 7 h 30,9 h 40- IV: Hudson Hawk 7 h 30— Madonna Truth or Dare 9 h 25 BERRI I: (849-3456) — Justice sauvage 1 h 30, 3 n 30,5 h 30, 7 h 30,9 h 30 II: FX 21 h 30,3 h 30,5 h 30, 7 h 30,9 h 30 III: Pensées mortelles 1 h 40.3 h 40,5 h 40, 7 h 40,9 h 40IV: Fais de l'air Fred y h 40,3h 40, 5h40, 7 h 40, 9h 40 V: C'est ma mort après tout 1 h 45, 4 h 15, 7 h, 9 h 15 BONAVENTURE I: (849-3456) - Back Draft! U.9 h 35 II: Silence ol the Lambs 7 h, 9 h 20 BROSSARD I: (849-3456) — Pensées mortelles 7 h 10, 9 h 25 II: Jouer dur 7 h— C'est ma mort après (ouf 9 h 15 III: City Slickers 7 h, 9 h 30 CARREFOUR LAVAL 1: (849-3456)- C'est ma mort après tout 9 h 40— Only the Lonely 7 h 15 2: Back Draft 7 h, 9 h 30 3: Pensées mortelles 7 h 25, 9 h 35 4: Madonna, Truth or Dare 1 h 30,4 h 30, 7 h 05,9 h 25 5: Fais de l'air Fred 7 h 20,9 h 35 6: City Slickers 7 h , 9 h 25 CENTRE EATON 1: Mtl— Laurence ol Arabia 1 h 30, 7 h 2: Voyous ou héros 12 h, 2 h 20,4 h 40,7 h.9 h 30 3: Up bon flic 12 h 10,2 h 25.4 h 40, 7 h, 9 h 20 4: Comment ça va Bob?!2 h 30, 2 h 40,4 h 45.7 h 05,9 h 20 5: Sw/(cft12 h, 2 h 15, 4 h 30, 7 h 10,9 h 25 6: Thelma et Louise 12 h 45.3 h 35,6 h 25,9 h 10 CINÉMA ÉGYPTIEN 1: 1455 Peel, Mtl (849-3456)— Impromptu 1 h, 3 h 05,5 h 10, 7 h 20,9 h 40 2: Only the Lonely 1 h, 3 h, 5 h, 7 h 10, 9 h 20 3: Madonna, Truth or Dare2 h, 4 h 30, 7 h, 9 h 25 9 h 30 2: Love-moi 7 h, 9 h 3: Comment ça va Sob7h 15,9 h 15 CINÉMA PARALLÈLE: 3682 boul.St-Laurenl, Mtl (843-6001) — Silence, elles tournent {b au 15 juin) CINÉMA PARIS: Mtl (875-7295)— CINÉMA POINTE-CLAIRE 1: 6361 Trans-Ca nada (849-3456)- Only the Lonely 7 h 15,9 h 20 2: Drop Dead Fred7\\ 10.9 h 103: FX 2 7h 15, 9 h 30- 4: City Slickers 7 h 05, 9 h 25 5: Back Draft 7 h, 9 h 30 6: Jungle Fever 7 h, 9 h 25 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE: (842-9768)-Sllence, elles tournent (b au 15 juin) CINÉMA V - 1: 5560 Sherbrooke 0 (489-5559) - What About Bob?7 h 05,9 h 15 2: Soapdlsh 7 h 25,9 h 35 CINÉPLEX I: (849-3456) - Back Draft 1 h 05,4 h, 7 h, 9 h 30 2: Misery 1 h 05,3 h 10,5 h 15,7 h 25, 9 h 35 III: Mes deux vies 1 h 30,4 h 15.7 h 15.9 h 25 IV: Jouer dur! h 30,4 h 15, 7 h 05.9 h 25 V: Madonna, Truth or Dare 1 h 15,4 h 30, 7 h, 9 h 25 VI: Drop Dead Fred 1 h 05,3 h 10, 5 h 10, 7 h 15,9 h 25 VII: Jungle Fever 1 h,4h,7h,9h30 VIII: City Slickers 1 h 30,4 h .7 h 05.9 h 30 IX: Scanners 21 h,3h05,5h 15, 7h 25.9h35 COMPLEXE DESJARDINS I: (849-3456)- Hal-faoulnel h 15,3 h 15, 5h 15, 7 h 15,9h 15 II: Il danse avec les loups 1 h 30, 5 h, 8 h 30 III: L'Impromptu 1 h, 3 h 10,5 h 20.7 h 30,9 h 40IV: Le silence des agneaux 1 h 30.4 h 15,7 h 10.9 h 30 CINÉMA JEAN-TALON: MB— Don't Tell Mom C?“fîl,?ôîl£„:*00 the Babysitter's Dead 7 h 20,9 h 30 CINÉMA OMÉGA 1: — Voyous ou héros 7 h, ouest Boul René-Lévesque, Mil (283-8229)-.Speak Whlle/Un homme de parole 19 h, 21 h.(11 au 16 juin) Matinées 5,00$ INFO*FILfrK 866-0111 FAMOUS PLAYERS du lundi au vendredi Uh00à?2h00 AMMJREUX T7mY TJEAN ROCHEFORT IvÇUremy girard poievmei • 2 102 2V4 45-7 06-9 30 T Ou» l*t SO
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