Le devoir, 15 juin 1991, Cahier D
f A !w@s • le plaisir des ivres Champism' 4380 ST-DENIS MONTREAL, QC H2J 2L1 (514) 844-2587 Montréal, samedi 15 juin 1991 FF.DF.R1C0 GARCIA LORCA Le bohémien endormi a * A FEDERICO GARCIA LORCA Ian Gibson Biographie/Seghers, 1991.Robert Lévesque IL Y A toujours plein de monde autour de Federico Garcia Lorca.La famille qui fête l’enfant dans les villages de la plaine de la Véga.Les amis qui adoptent le poète au Rinconcillo du café Alameda à Grenade.Les copains qui se déguisent avec l’étudiant à la Résidence universitaire de Madrid.Les cafés pleins où on écoute l’auteur d'Impressions et paysages, garçon de 20 ans qui récite prodigieusement.Puis les théâtres qui l’ovationnent.Les foules qui l’attendent dans les ports.Il n’est seul qu’à l’aube d’un jour d’août 1936, devant les fusils des rebelles nationalistes.Si seul, la nuit est sans lune.À 38 ans, célèbre, célébré, Federico Garcia Lorca est assassiné par les fanatiques qui, depuis un mois, ébranlent la frêle Ile République espagnole, encouragés par le jeune général Francisco Franco, et battent la campagne et les villes pour fusiller des universitaires, des hommes de gauche, poètes, syndicalistes, libre-penseurs, médecins, grand ménage d’une dictature qui s’installe pour 50 ans.On imagine mal Garcia Lorca dans cette tourmente.Le poète lunaire, le garçon tiré à quatre épingles avec son noeud papillon, ses complets neufs, ses chaussures impeccablement cirées, frêle et élégant, un rien efféminé, la boutade spirituelle toujours prête; celui qui vit à 30 ans sous la vigilance pointilleuse de ses parents, qui enterre sa mère sous les cadeaux au retour des voyages, celui que personne n’a jamais vu courir et celui qui, enfant, ne voulait pas traverser la rue pour aller chez la voisine parce que, disait-jl, « parce que j’ai peur du danger ».Lorsqu’il passa un été, au milieu des années 20 à Cadaqués, chez son ami Salvador Dali, diable excentrique, Lorca, interrompant des jeux, des lectures, soudain, se laissait tom- SOMMAIRE Dis-moi qui tu lis ?Bernard Lamarre, Micheline Lanctôt, Denys Arcand, Pierre Péladeau, Liza Frulla-Ilébert, Catherine Bégin et bien d’autres, que lisent-ils ?Quels livres vont-ils dévorer cet été ?Une quinzaine de personnalités de tous milieux répondent à la question insidieuse .: Dis-moi qui tu lis ?Pages D-4 et D-5 Un Giono inédit ?Pas vraiment inédit ce Bestiaire de Jean Giono que l’éditeur annonce pourtant comme tel.Lisette Morin a lu ces textes de l’auteur de Regain.Rage I)-7 iFontenelle, Voltaire Retour au 18e siècle, avec la publication d’une biographie et des oeuvres complètes de Fontenelle, et la publication d’une Correspondance choisie de Voltaire en Livre de poche.Deux articles de Christian Allègre.Rage P-10 ¦ASfê' >*• -E- i.¦d*' •Wife' ¦Z/v BoRo ber dans un champ, sur la plage, et « faisait le mort ».Il y excellait.Dali, qui partageait sa hantise de la mort, s’empressait de le peindre ainsi; dans plusieurs tableaux de Dali la figure de Lorca se superposera à la sienne et apparaitra flottante, disloquée, fondue.Ana Maria, la soeur de Dali, prenait des photos.Lorca allait jusqu’à mimer, en accéléré, les étapes de la décomposition.Puis, soudain, grave, il décrivait le cerceuil, sa mise en bière, la scène complète de la fermeture, et la marche du corbillard à travers les rues cahoteuses de Grenade .Dans Comment on devient Dali, Dali raconte que « quand il était bien assuré de la tension de notre angoisse, il se dressait soudain, éclatait d’un rire fauve en souriant de toutes ses dents blanches; puis il nous poussait vers la porte et se recouchait pour dormir, tranquille et libéré».Il y avait dans ces poses, entre autre sur une photo d’Ana Maria Dali prise en 1925, quelque chose du Dormeur du val de Rimbaud (prémonition de sa fin) et quelque chose aussi de la Bohémienne endormie du douanier Rousseau.Il n’y a pas d’anniversaire, le centenaire de sa naissance ce sera en 1998, mais l’actualité Lorca, outre qu’elle soit permanente s’agissant d’un des grands poètes du siècle, c’est la parution chez Seghers de la biographie de Ian Gibson, parue à Londres il y a deux ans, jamais encore traduite en français alors qu’elle fait autorité, qu’elle est la plus complète, la plus rigoureuse et qu’à la manière des biographes anglo-saxons (Lottmann pour Camus, par exemple) Gibson, Irlandais, a tout vérifie, a eu accès aux archives demeurées secrètes sous Franco jusqu’en 1975.Sans se perdre dans le ro- manesque, sans combler par des interprétations aléatoires le lacunaire de toute vie, les trous noirs d’un tra-jet, il suit à la lumière des documents et témoignages, la trajectoire Lorca autant qu’on puisse le faire.C’est le portrait d’un fin et pathétique écrivain, un_gosse de riche comme Dali et Bunuel avec lesquels il_se lie plus (Dali) ou moins (Bunuel), un être qui a senti nettement à l’âge de 10 ans la rupture brutale de l’enfance, un homosexuel dans un pays qui ne les tolère pas, un artiste dans le plus pur sens du terme, qui illumine ce qu’il touche, le dessin, le piano, la chanson, la poésie, le théâtre, et même la conférence, sans attraper la piégée réputation du touche-à-tout de génie comme a pu l’être un Cocteau (de neuf ans son ainé).Garcia Lorca, qu’on finit par appeler du seul nom de Lorca, qui est ce- lui sa mère (la coutume espagnole veut que le nom du père soit suivi de | celui de la mère), va consacrer toute son oeuvre théâtrale ( Mariana Pineda, Noces de sang, Yerma, La Maison de Bernarda Alba, Dona Ro-sita, etc.) à tracer des portraits de femmes au profil dur, sec, fier, femmes emblèmes, amoureuses perdues, femmes stériles, ou qui refoulent des soifs de jouissance, en prenant son inspiration dans le paysage féminin de son enfance et adolescence.Un jour on lui demandera à brûle-pourpoint pourquoi son théâtre (à l’instar de celui de Michel Tremblay, ici) ne propose que des figures de femmes, et il répondra ne pas s’être posé la question, puis hésitera pour dire qu’il y a peu de bons acteurs .Délicat Lorca, au verbe magnifique en scène (s’il avait un texte en poche; sinon, il pouvait quitter les lieux), être tourmenté, qui traina toute sa vie une incapacité à aborder avec sincérité certains sujets délicats, en public.Enfant, on l’appelait « Federica »; adolescent, il fut brisé par le départ d’un ami; jeune homme, il devait nier son homosexualité dans cette Espagne catholique et répressive dont il aimait tant les racines andalouses, pourtant; il passa sa vie à ce double jeu qui veut qu’on ne soit heureux nulle part.Le théâtre de Lorca, que l’on joue encore 55 ans après sa mort, est un théâtre traversé par des pulsions de mort, par ce grand motif lyrique de l’amour contrarié.Dans sa poésie aussi, d’une vivacité et d’une luminosité prodigieuses, née du surréalisme des années 20 et élevée jusqu’au chant tragique ( Le romancero gitan, Le chant funèbre pour Ignacio Sanchez) et dans laquelle il remonte à la source tragique de l’âme anda-louse.Lorca n’a jamais caché ses opinions politiques, il disait être « du côté des pauvres », il eut pour ami un des ministres de la Ile République (1931-1933) qui débloqua des subventions pour créer La Baracca, cette troupe universitaire que Lorca di- Voir page D-2 : Lorca n •ni up if» Stratégies des |fA gladiateurs ran aül LES NOUVEAUX POUVOIRS .Alvin Toffler Fayard, 1991, 658 pages.Francine Kordclcau L9 IMAGE est de Toffler lut' même.Western après wes< tern, dit-il, Hollywood nous a montré le cow-boy solitaire qui déi.gaine son arme et élimine le mé* chant sur-le-champ; on comprend tout de suite que le pouvoir (main nous l’avons toujours su) est au bout du fusil.Il y a cependant dans cew films un autre personnage, généralement gras, avide et bien vêtuu c’est le banquier qui finance le chemin de fer ou les éleveurs accaptt-' reurs de terres.Et il symbolise de toute évidence le pouvoir de l’argent.Mais les westerns comportent aussi un troisième rôle : journaliste, pasteur ou femme instruite qui, dans un univers brutal, incarne le pouvoir de la culture et de la connaissance rJri» sonnée du monde extérieur.w>, La violence, la richesse et le sai voir : ce sont les clefs du pouvoir.Et Les nouveaux pouvoirs selon Toffler Voir page D-2 : Toffler -il PIERRE VADEBONCOEUR Dans les tableaux d’un enfant (Ml îfl) ril loti fill nil Odile Tremblay ECRIRE, c'est aimer très profondément à la racine des choses, des êtres et de soi-même », me confie-t-il.Je ne sais pas ce que le nom de Pierre Vade-boncoeur évoque pour vous.Mais à chaque fois que le Québec prend un virage syndicaliste, politique, artistique, il y a toujours quelque part un de ses essais, un de ses articles qui vient éclairer l’événement en contrechamp.Si bien qu’on le rencontre à toutes sortes de détours, balayant un champ large de réflexions humaines, sociales.Il faut dire qu’il appartient à une génération en voie d’extinction, ces humanistes pour qui l’engagement politique et l’approfondissement d’une culture vont nécessairement de pair.On connaît le Pierre Vadeboncoeur syndicaliste, le polémiste, le nationaliste, l'homme de lettres aussi, à l’écriture exigeante, claire, achevée.•< Mais la rigueur et le perfectionnisme sont parfois des défauts, des entraves en tous cas, comme ces jardins français trop cultivés.Ça m’empêche d’être vraiment flyé», sourit-il.Discret, secret, Pierre Vadeboncoeur n’aime pas les projecteurs ni les médias « qui effleurent les émotions ».Il a le regard tourné vers l’in-térieur, cherchant loin des clameurs à maintenir le contact avec quelque chose d’essentiel, un monde psychique fragile.« Méfiez-vous des grands mots, la vérité n’a pas besoin d’eux », me dit-il.Ses mots à lui sont une quête, une réflexion et le pain de ses « À qui je destine mon livre ?Aux êtres sensibles qui acceptent d’emprunter un chemin analytique pour voir, pour sentir ce qui est là.» jours.Derrière lui, une quinzaine d’essais : politiques (dont Indépendances, Un génocide en douce), philosophiques ( Les deux royaumes, Rssai sur une pensée heureuse, notamment).Au fil de ses écrits, il a envisagé le choc des civilisations aussi bien que l’amour, le rôle de l’art, l’avenir du Québec, la quête de la liberté.Mais tout dernièrement, loin des grandes réflexions sociales, loin des retours sur lui-même, il publiait au Jour un tout petit ouvrage d’essai critique : Dix-sept tableaux d'enfant.Curieux sujet : ce livre consiste en une analyse des dessins d’une petite fille entre sa sixième et sa onzième année.Vadeboncoeur observe le parcours de cette artiste qui s’ignore, découvre dans son coup de crayon, dans ses perspectives, dans sa composition une maturité précoce et inexplicable.L’approche du critique a ceci d'original qu’il analyse ces oeuvres enfantines comme s’il s’agissait de toiles de maîtres, avec des critères objectifs, sans attendrissement.À travers son regard, on assiste à la naissance troublante du processus créateur.R.(cette petite fille qu’il ne nomme pas) n’a pas encore subi les influences dont est bombardé un artiste adulte.Son talent pousse comme une fleur sauvage s’abreuvant à je ne sais quel inconscient collectif.« L’art est demeuré un mystère pour moi », dit Pierre Vadeboncoeur.Qui se terre derrière cette R anonyme ?« Ma fille » répond l’écrivain.Âgée de 36 ans aujourd’hui, elle n’a pas poursuivi de vraie carrière d’artiste.Pour sa chronique arts plastiques à la revue Liberté, Pierre Vadeboncoeur écrivait cette année un lexte sur les dessins d'enfants.« De fil en aiguille, je suis allé chercher les oeuvres de ma fille dans leur album, explique-t-il, retrouvant ce mûrissement précoce qui m’avait tant frappé autrefois.De façon innée, elle avait accès à un monde mystérieux chargé d’émotions qu’elle était trop jeune pour identifier ».Puis tranquillement, il s’est mis à coucher ses impressions sur papier.Cela donne Dix-sept tableaux d’enfant.« À qui je des-line mon livre ?Aux êtres sensibles qui acceptent d’emprunter un chemin analytique pour voir, pour sentir ce qui est là ».Dans sa jeunesse, l’univers des arts visuels attirait Pierre Vadeboncoeur qui fréquentait Borduas, Mousseau, Guy Viau.« Mais je m’analysais trop pour devenir un artiste moi-même, soupire-t-il aujourd’hui.À l’époque, je traversais la vie comme un spectateur un peu désoeuvré.J’étouffais loin de l’action ».Cet homme raffiné devait par la suite plonger dans le mouvement syndical.« À Voir page D-2 : Vadeboncoeur PHOTO JACQUES GRENIER! Pierre Vadeboncoeur Vl.AlN C-Ï-H3V.I Mvknva U maiMMi du silence ALAIN GERBER Mylenya «» La maison du silence Premier volet d'un cycle romanesque: Cinq citadelles du sable Alain Gerber au sommet de son art.«Entre fidélité à l'enfance et pudicité sur la vie, son dernier roman est une fable sereine et forte.» Le Monde a?ROBERT LAFFONT D-2 ¦ Le Devoir, samedi 15 juin 1991 le plaisir des + Lorca rigea et qui alla porter le théâtre dans les villages et sur les places publiques, tous habillés de salopettes et rapidement étiquetés de « communistes » par l’Église et la droite; jamais Lorca ne fut membre d’un parti, d’un groupe politique.Toujours il fit son chemin en-dehors de la mêlée.Sa célébrité, rapide et grande après la création de Mariana Pineda, en faisait un homme public qui, jamais, dans les circonstances tourmentées et enflammées de l’Espagne pré-franquiste, ne prit part directement au combat sinon en tenant dans des entrevues aux journaux des propos clairement antifascistes.Dans l’Espagne du jeune Franco, cela a suffit.Des phalangistes, qui n’avaient jamais lu sa poésie, mirent vite la main dessus.Sa réputation en fit le premier martyr de la guerre civile.fl fallut des années pour savoir ce qui se passa en août 36 lorsque Lorca fut amené dans des locaux de la garde civile.Luis Rosales, qui était phalangiste mais aussi un ami de Lorca, chez qui le poète s’était réfugié pour trouver un lieu sûr, racontera en 1956 avoir vu Lorca « en état de choc, en larmes et tremblant de tous ses membres».Il tomba dans l’aube d’un jour d’août, près d’un bosquet d’oliviers.Il savait mourir, s'y étant tellement exercé cet été-là de 1925 à Cadaqués, été Dali où leurs visages s’embrassèrent sur les toiles, été qui eut une fin et brisa Lorca à jamais, autres étés et garçons qui le trompèrent (Emilio Aladren), fuites, voyages, applaudissements, actrices, bouts de papier, lecture de Yerma à la grande Marguarita Xirgu, souvenir d’un enfant connu sur un paquebot, traver- sée du parc du Généralife la nuit, tout se terminait maintenant là, pour ce bohémien endormi qui n’avait plus à faire le mort.+ Toffler (le titre américain Powershift, qui renvoie à la notion de transmutation du pouvoir, rend davantage justice à l’auteur), ce sont les formes qu’empruntent aujourd’hui ces trois clefs et les alliances réalisées par ceux qui les possèdent.Les nouveaux pouvoirs complète la célèbre trilogie amorcée avec Le choc du futur ( 1970) et La troisième vague (1980).On y retrouve les marottes chères au « futurologue » : le développement des réseaux informatiques et des télécommunications qui transforme le monde en un village global, les luttes pour le contrôle de l’information, les conséquences de l'accès universel au savoir.Toffler tente ici de démontrer que le monde fort justement représenté par les westerns et dont l’ordre repose sur la violence, est devenu un monde antérieur : le premier outil du pouvoir est désormais le savoir, suivi de près par l'argent.Cette mutation ne s’est cependant pas effectuée parce que nous habitons une planète plus civilisée; simplement, « le totalitarisme entrave le développement économique », comme l’il-lusre d’exemplaire façon la faillite du système soviétique, et nous supportons donc de moins en moins l’ordre « superflu », trop évidemment coercitif.Les conséquences de cette mutation ?Le pouvoir ne sera plus le lot de quelques superpuissances.Ainsi, pendant que certains parlent d’un nouveau monde articulé autour de trois pôles — l’Europe, le Japon et les États-Unis —, que d’autres l’imaginent plutôt comme une étoile à cinq branches avec la Chine et l’Inde à chacune des extrémités, Toffler estime plutôt que nous en sommes à l’ère des « gladiateurs ».Les gladiateurs, ce sont notamment les entreprises transnationales (le terme « multinationale » est obsolète, dit Toffler, les mégasociétés sont essentiellement apatrides), ces « 600 mégasociétés qui représentent actuellement un cinquième de toute la valeur ajoutée de la production agricole et industrielle du monde ».Ces véritables empires qui multiplient les filiales, les structures et les alliances échappent au contrôle et à l’ordre des États.Les glatiateurs, ce sont aussi les cartels de la drogue, qui possèdent une armée, des agences de renseignement et des services diplomatiques, ou un chef d’État comme Kho-meiny qui, en proférant des menaces d’assassinat contre Rushdie par-delà les frontières, « ne se contentait pas de s’en prendre à un citoyen britannique, il défiait le droit le plus fondamental de tout État-nation, celui de protéger ses ressortissants».Et c’est ici que l’analyse de Toffler, qui aura décortiqué en long et en large toutes les formes de pouvoir dans à-peu-près tous les domaines et nous aura ainsi parfois égaré, voire indisposé, prend toute sa force.Ce phénomène des gladiateurs, dit-il en substance, nous entraîne simultanément en avant et en arrière.En arrière, parce qu’il présente des similitudes avec la société du Moyen-Âge, qui était « un méli-mélo d’États-cités, de ports aux mains de pirates, de principautés féodales, de mouvements religieux et d’autres entités qui se disputaient le pouvoir et revendiquaient des droits qui, aujourd'hui, n’appartiennent qu’aux gouvernements ».Ce monde mouvant de communication instantanée et de technologies de pointe nous renvoie à un système planétaire hétérogène avec ses risques de chaos.Constat conservateur d’un furuto-logue vieillissant ?Je dirais plutôt que Toffler s’interroge sur ce parti-pris de la globalisation qui est devenu presque un nouveau dogme.Malheureusement (et c’est un euphémisme), la traduction est par moments au-dessous de tout.4 Vadeboncoeur corps perdu : 25 années, de 1950 à 1975, oeuvrant comme conseiller à la CSN ».À se colletailler au réel, Pierre Vadeboncoeur s’est senti libéré.« Je ne pouvais tout simplement pas vivre comme un intellectuel dans sa tour d’ivoire ».Mais depuis qu’il a quitté la CSN (« qui demeure mon chez-moi », précise-t-il), depuis surtout qu’il a publié en 1978 son livre principal, Les deux royaumes, son regard et son style se sont faits plus intimistes.« Pour moi, l’écriture est devenue une manière de vivre l’émotion.Quant aux idées.disons que je suis pris à devoir me servir d’elles .» Ce qui n’empêche pas le polémiste de conserver des opinions tranchées, sur l’indépendance notamment, son cheval de bataille depuis toujours : « Je n’en démordrai pas : l’indépendance, c’est le choix entre la vie et la mort lente ».Pour l’heure, Pierre Vadeboncoeur écrit un livre encore innommé sur l’amour.Ses projets : « Écrire, écrire, écrire.Et vivre un peu».Au sujet de Buissonneau .COURRIER Chère Lise Bissonnette Nous sommes étonnées de voir que le LE DEVOIR publie des grossièretés contre des femmes.Nous faisons ici référence au reportage d’O-dile Tremblay sur l’entrevue qu’elle a obtenue de Paul Buissonneau, « L’enfance de l’art(iste) », paru samedi le 18 mai 1991.Buissonneau peut bien dire Je ne la fermerai jamais ma grande gueule, mais pourquoi citer ses injures telles que Je passe pour un gueulard.Mais, ceux qui m’accusent sont tous des cons.Plus loin, on le cite en traitant celle qui lui a brillamment succédé pendant quelques années au Théâtre de Quat’Sous de : La salope, l'ordure.Ça fait mal de taper ces mots calomnieux.Bien que le reportage n’est pas flatteur à l'endroit de Buissonneau, pourquoi LE DEVOIR se permet-il de diffuser à travers ces propos tant d’agressivité à l'endroit des femmes.Partout, on dénonce la violence faite aux femmes et nous sommes de plus en plus conscientisés au sexisme et aux infamies envers les femmes.Les médias jouent un rôle dans la promulgation de ces images dégradantes de la femme par leurs reportages icites AVEC L'ETE Raymond Plante «Voilà un écrivain qui n’a pas peur de raconter des histoires de cœur, qui plonge ses personnages dans la bonne nostalgie et les y abandonne totalement, entraînant avec eux les lecteurs qui ne demandent pas mieux.«C’est émouvant tout le temps, et triste forcement, mais on en redemanderait.» Reginald Martel, La Lu sse p\anve W™0 I et leurs publicités déshumanisant la femme à l’état d’objet, sinon d’être inférieur.LE DEVOIR devrait être un chef de file pour la défense des droits de la personne, et voilà qu’une femme est injuriée dans un article écrit par une femme, dans un journal dirigé par une femme.Le fait que la personne calomniée, Louise Latraverse, soit une amie et une artiste que nous respectons nous désole, et nous protestons.Mais, nous écrivons parce que votre action déplorable touche toutes les femmes.Vous, chacune de nous, chaque femme est en proie à des remarques et des critiques qui touchent non pas à ce qu’elles sont et ce qu’elles font professionnellement, mais en proie à des préjugés que personne ne devrait permettre d’exister.Phyllis Lambert, Suzanne Lévesque, Monique Simard.Un peu d’humour, mesdames.Eus-je dû, pour vous complaire, peindre en couleurs pastel un personnage rouge et noir ?Si les propos de Paul Buissonneau vous paraissent si « infamants », attaquez-vous à lui et cessez de tirer sur la messagère.Allons donc ! — Odile Tremblay Pensons livres cet été avec • LES CONTES D’EVA LUNA Isabel Attende • ON ATTEND LES ENFANTS Madeleine Chapsal • LES NOUVEAUX POUVOIRS Alvin Toffler Fayard « LITTÉRATURE EN VACANCES » !(> jutgcs • 1.5.9.55 Boréal vlb éditeur Pour des vacances pas bêles! Marie Gaudreau LES ÂMES SOEURS Une histoire peu banale d'amitié et de retrouvailles entre deux soeurs aux destins si différents.Une quête émouvante de l'enfance et de l’innocence perdues.170 pages — 16,95 $ Guy Lavignc ZUT, C’EST PAS JUSTE! Un vrai thriller où l'action se passe, non pas à Paris ou à New York, mais dans le Montréal interlope d’aujourd'hui — sexe drogue et salsa à volonté.239 pages — 16,95 $ U ballad* d«» tendu» Gabriellc Gourdcau LA BALLADE DES TENDUS Gabrielle Gourdeau a tout vu, tout observé d’un oeil sans complaisance.Ses petites chroniques nord-américaines nous en disent long sur la grandeur et la décadence de notre société.106 pages — 14,95 $ - Collectif sous la direction d’Anita Caron FEMMES ET POUVOIR DANS L’ÉGLISE /lien qu’elles aient exercé et exercent encore de multiples tâches de service dans l'Église, les femmes demeurent toujours aussi absentes, aussi invisibles dans l'appareil de pouvoir ecclésiastique.Comment expliquer celle situation'! C'est à cette question, et à de nombreuses autres que tente de répondre ce collectif de dix femmes.( olleclion “Éludes québécoises".256 pages 22,95 î l i'iinm » ci pouvoi.‘l »*s I’I kIIh ÉDITION ET SÉDITION L’univers de la littérature clandestine au XVIIIe siècle Robert Darnton NRF/Essais, Gallimard, 1991,279 p.QUI se souvient de Pidansat de Mairobert, de Moufle d’Angerville ou de Thévenot de Morande ?Robert Darnton nous convie à découvrir l’énorme corpus oublié de la librairie illégale au siècle de Voltaire et de Rousseau.Voilà des choses, subversives, immorales, distribuées sous le manteau, vendues sous le comptoir, objet de contrebandes, que lisaient les Français durant le Siècle des Lumières.Chroniques scandaleuses, pamphlets, textes pornographiques, tous livres pour lesquels on risquait la galère ou la geôle.Fascinant.Sous le très beau titre à’édition et sédition.n HEINRICH BOLL DE LA COMPASSION A LA COLÈRE DE LA COMPASSION À LA COLÈRE Heinrich Bôll Belfond, 1991, 208 pages.MORT en 1985, le Nobel de littérature de l’année 1972, l’Allemand (de l’Ouest) Heinrich Bôll revient dans l’actualité de l’édition avec la traduction en français de ses textes des années 1983 à 1985, allocutions, préfaces, compte-rendus de lectures, contributions à des collectifs.On y voit Bôll réaffirmer avec éclat la nécessité de la vigilance face aux glissements des principes et aux sollicitations du réel.Un grand intellectuel, qui traque injustices, faux-semblants, égarements collectifs.TRAITÉ DE LA PONCTUATION FRANÇAISE Jacques Drillon collection Tel, Gallimard/inédit 1991, 473 pages.TOUT SAVOIR sur la ponctuation et sur ses signes.Quand faut-il mettre un point-virgule, un deux-points, une parenthèse ?Sujet passionnant pour ceux qui écrivent.Voici le premier ouvrage complet sur la ponctuation française, son histoire, ses polémiques, ses règles, etc.Un ouvrage, et c’est là que l’affaire devient magique, écrit par quelqu’un qui, par ailleurs, est critique musical au Nouvel Observateur.CÉLESTINE LÀ BAS PRÈS DES TANNERIES AU BORD DE LA RIVIÈRE Michel Garneau d’après Fernando de Rojas VLB Éditeur, 1991, 168 pages.LE POÈTE et dramaturge Michel Garneau a adapté à sa manière, libre et légère, un rien cynique, la grande fresque de Fernando de Rojas sur la figure de la maquerelle Célestine.Un spectacle qui a été créé par Jean Asselin avec les Mimes Omnibus, avec Françoise Faucher dans le rôle-titre.Garneau, après Florence Delay qui l’a fait pour Antoine Vitez et Jeanne Moreau, retourne dans cette vaste matière du X Vie siècle espagnol.Garneau dit : « c’est rafraîchissant de travailler sur un bon vieux texte qui part tout entier du point de vue de la morale et qui dit clairement qu’en ne s’occupant que de lui-même avec acharnement chaque individu finit par se tuer d’une façon ou d’une autre tout à fait tra-gicomiquement ».LES RISQUES DU MÉTIER Les actes de la 18e Rencontre québécoise internationale des écrivains L’Hexagone, 1991, 133 pages.À CHAQUE ANNÉE, au Québec, des écrivains venus d’un peu partout dans le monde s’assoient ensemble autour d’un thème, et chacun livre un texte de son cru.En avril 1990, à Mont-Rolland, le thème était celui des « risques du métier » dans le travail de l’écrivain.On publie les textes de, entre autres.Normand Chau-rette, Carlo Fruttero, Madeleine Gagnon, et Valère Novarina (qu’on nomme Valérie Novarina sur la couverture!).JEANNETTE HAIKN LA BÊCHE AL SALMON tr.ijitü J* Lsuitruam IIAI.I vA> Pensons livres cet été avec • LES COMMANDITES, LA PUB DE DEMAIN Vincent Fischer et Roselyne BrouiDet • JULIETTE, GEORGES ET LES AUTRES Dtyhne Nahmiash et Frédéric Lesemann • ÉCONOMIE DU QUÉBEC ET DE SES RÉGIONS Diane-Gabriel le Tremblay et Vincent Van Schendel î EDITIONS î SAINT-MARTIN « LITTÉRATURE EN VACANCES » L’objet d’art, miroir du regard de l’homme L’Objet- peinture Nycole Paquin Collection Brèches NYCOLE PAQUIN L'OBJET-PEINTURE POUR UNI Mil OKU ni LA RÉCFPTION I ifjj W' • St.nj T w ’ 7/ • ¦ i m; mi ^ hi//u • w1 " ' 1,11 ’ Ko tu.Il,'/ Il ,1 ¦' W‘« tw tv.M IV tw HH Ml bH ItH 11 \U WWW Hj{ /fl\ w 'hf H/l l'H'^ t/N in/ tfg W(:, Coll tu lion Hl limites ¦ ?142 pages 23,95$ Élude de l’image et de son sens, l'Ohjct-pcinturc, en s'inspirant des réflexions de Jacques Derrida et de Jacques Morin, jette les bases d’une analyse de l'objet d'ari étudié dans ses rapports avec l’homme.H U R 1 U B I S l En vente chez votre libraire HMH LA PÈCHE AU SAUMON Jeannette llaien, traduit de l’américain par Cyril Veken Balland, 1991, 201 pages.À 63 ANS, Jeannette Haien signe un premier roman, que la critique américaine et britannique a hautement salué.Mort d’une mère, brutalité et alcoolisme d’un père, inceste, tout cela raconté par un prêtre qui s’acharne à ramener dans sa barque un saumon récalcitrant.I,’éditeur présente ce roman comme « un livre de la violence et de l’Irlande archaïque, et aussi un livre sur l’espoir».j i Le Devoir, samedi 15 juin 1991 ¦ D-3 Jean BASILE Lettres iA québécoises LE HASARD des lectures fait bien les choses.La semaine dernière, c’était le livre des cataclysmes et de l’enfance équivoque de Paul Chamberland.Cette semaine, nous voilà dans les consolations et les harpes.Il s’agit du nouveau livre de Pierre Vadeboncoeur, Dix-sept tableaux d’enfants.Que deux livres si différents, quoique leur sujet, l’enfance, soit similaire, voient le jour presque en même temps montre bien tout ce que la littérature québécoise a gagné en amplitude durant les dernières décennies.Il s’agit d’un essai dont l’héroïne, vraie ou fictive, est une petite fille qui dessine et que Pierre Vadeboncoeur appelle R.Qui est-elle ?On ne sait rien d’elle sinon qu’elle a entre six et 12 ans.Mais on devine que l’écrivain l’a bien connue et qu’elle devrait être une adulte maintenant.Il semble que Pierre Vadeboncoeur ait retrouvé ses dessins et ses aquarelles un peu par PIERRE VADEBONCOEUR Revenir à l’enfance de l’art hasard.Faut-il parler d’une fascination ?En tous cas, l’intérêt a été assez fort pour que les réflexions que ces dessins ont inspiré à l’auteur se transforment en un très joli petit livre avec des reproduction en couleurs.Il y a des chevaux et des chats, des gens, des paysages et des oiseaux.Quand on feuillette le livre, on se dit que ce n’est pas mal en effet mais que ce n’est pas le bout du monde.Après tout, les dessins d’enfants sont souvent surprenants.Quand on se met à lire le texte, on est séduit d’emblée car la façon dont Pierre Vadeboncoeur les voit et les interprète est surprenante.On est en présence d’un genre mixte tout a fait original qui, littérairement parlant, représente une réussite incontestable.Il y a une partie théorique importante mais il y a aussi des personnages.On voit très bien cette petite fille qui dessine, comme ça, tandis qu’un adulte la regarde en pensant à ce que sont l’art et la vie.Et puis, la langue est belle, comme toujours chez Pierre Vadeboncoeur.Dans le cas présent, elle est presque familière comme si l'écrivain désirait nous avoir par un coup de charme un peu baguenaudeur, sans compter le recours à l’appel direct.Les livres impétueux, il y en a, mais les livres soignés sont rares.Celui-là en est un.Ça marche d’autant mieux que Pierre Vadeboncoeur ne force pas la dose, n sait très bien que R.n’est jamais qu’une enfant artiste et il ne la prend pas pour la réincarnation de Picasso ou de Bonnard.D’ailleurs, ce sont moins les oeuvres qui l’intéressent que le mouvement qui les anime car, en art, il faut « laisser naître et croître les choses », écrit-iL C’estpourquoi il a mis le sous-titre de « Etude d’une métamorphose » à son essai.Il reconnaît volontiers la ténuité de son sujet et il insiste pour que ça soit vu « sans prétention ».Lui-même n’en a aucune.Il reste toujours comme un observateur désengagé et discret.Cette discrétion, justement, est souvent un défaut chez le Vadeboncoeur essayiste à qui il arrive de ramener de grandes oeuvres au niveau du murmure.Ici, elle a l’effet contraire.Ou plutôt, les proportions changeant à cause de la petitesse du sujet, tout ce que les analyses de Pierre Vadeboncoeur pourraient avoir de mièvre devient vigueur.C’est la rencontre harmonieuse d’un caractère, d’un style et d’un sujet.On ne doute pas que ce livre soit tout sauf un livre pour les enfants.Dix-sept tableaux d'enfant est essentiellement une méditation sur l’art, étant entendu que l’art est une pratique physique, intellectuelle et morale, sans qu’il soit question, pour Pierre Vadeboncoeur, de génie ou de transcendance.Il ne s’agit même pas de « grandes oeuvres » car l’art, selon l’écrivain, peut très bien exister dans des oeuvres modestes.Alors, qu’est-ce que l’art pour Pierre Vadeboncoeur ?C’est quitter le pays de « l’innocence et de l’inculture pour tomber dans le domaine de l’évolué, du langage, du Secret, du langage cryptique », écrit-il.Et c’est exactement ce que prouve ce livre.Quelles sont les qualités premières de l’artiste, outre son aptitude à créer des formes vivantes ?Ce sont le naturel, la probité, la liberté et la patience.De plus, il doit pouvoir « circuler non seulement dans son propre rêve mais dans des songes distincts » des siens, écrit-il.Parmi les pages les plus intéressantes de ce livre, il y a celles que Pierre Vadeboncoeur consacre aux portraits de la petite R.car le portrait, bien entendu, est un regard sur le monde extérieur.Pierre Vadeboncoeur revient inlassablement sur le monde extérieur et sur la question de la distance qui doit exister entre p i k n i! r \ un: iui\ pu k i i: Dl\SEPT TABLEAUX » I I DI DIM Ml I \ MOKDIIOM l’artiste et son oeuvre.Rien ne lui est plus étranger que l’artiste maudit qui s’enfonce inlassablement dans son propre songe.Le monde de Pierre Vadeboncoeur n’est pas seulement celui de la liberté, c’est aussi celui du libre arbitre.S’il croit au hasard, il ne croit pas au destin personnel car le destin « est indépendant de nous » dit-il.Si l’on en juge par les commentaires qu’il fait sur la dernière aquarelle de la petite R., le , paradis de Pierre Vadeboncoeur est.t musical et féminin.Le sentiment qui, y domine est l’insouciance heureuse ; bleu et rose mais on n’est pas forcé .de le croire., Il ne faudrait pas penser toutefois, que le discours de Pierre , Vadeboncoeur soit si détaché que ça, ! de son sujet, malgré l’obsession [ personnelle de l’auteur pour la distance.Sans aller jusqu’à dire que J i les dessins de la petite R.ne sont , qu’un prétexte au livre, on a l’impression que Pierre , Vadeboncoeur, qui a plus de 70 ans, y, a mis beaucoup de lui-même.C’est .un lieu comme si l’écrivain, qui est venu à l’art assez tard, après une longue carrière dans le syndicalisme et la politique, pouvait raconter d’autant mieux la métamorphose artistique de la petite fille qu’il a vécu exactement la même mais à uni plus grand âge.Après tout, l’enfance, et particulièrement l’enfance de l’art est de tous les temps et de tous les , pays.Mais, comme le souligne l’écrivain, il ne faut pas confondre enfance et puérilité., ?Dix-sept tableaux d’enfant, Pierre Vadeboncoeur, avec illustrations couleur, éditions du Jour, Montréal 1991.mm PHOTO KÉRO Patrick Straram POURQUOI A-T-ON GARDE LE SILENCE SI LONGTEMPS SUR CE QUI SE PASSAIT DANS CET ORPHELINAT O DE TERRE-NEUVE ¦ Le bison live PATRICK STRARAM OU LE BISON RAVI Jean-Gaétan Séguin Guernica, Montréal 1991, 48 pages.Christian Mistral CE QU’IL FAUT bien appeler la légende de Patrick Straram, née de son vivant, ne cesse de croître comme croissent les légendes depuis son décès très normal et pas du tout surprenant le 6 mars 1988.Ceux qui l’ont connu, voire certains qui n’ont qu’entendu parler de lui, sentent encore sa présence dans les premières rangées de la Cinémathèque ou dans un coin du bar bistro Blues Clair, nommé d’après son émission à Radio-Canada et dont il avait fait son quartier général (les sièges de cinéma, c’est de lui).Littéraire avant tout, le Bison ravi (son « nom amérindien » emprunté à Boris Vian) s’est plutôt imposé comme une autorité sur les salles obscures et les films qu’on y projette et le jazz qu’on y joue.Celui qui ne payait jamais (« Pour moi, c’est fondamental.Je suis tout à fait d’accord pour être'un assisté social, mais il n’est absolument pas question que je paie pour aller voir une pièce de théâtre, aller voir un film, aller écou- ter un concert.Tout ça m’est dû, et amplement dû.») est à l’origine du premier cinéma d’art et d’essai à Montréal, le Centre d’art de l’Élysée, comme de la première boîte à chansons.Gilles Vigneault s’y serait produit en public pour la première fois.J’ai des amis libraires de la rue Ontario qui ont acquis l’intégralité de sa bibliothèque personnelle.Ils sont à constituer un catalogue comprenant toutes les annotations du bison dans les marges et les espaces blancs de ses précieux livres.L’animal notait tout, tenant sur ce support un scrupuleux journal, signalant qu’il se remet au rhum et au cigare quelques jours après qu’on lui eût fait l’ablation du poumon.Or, ne sachant pas sans doute s’il en resterait quelque chose, et sentant venir la fin, Patrick Straram accepta le projet de Jean-Gaétan Séguin de se raconter sur vidéo, ce qui eut lieu de septembre 1987 à la fin de février 1988, une semaine avant sa mort.Séguin a écrit (dans un livre à paraître, et non dans celui-ci comme le laisse entendre la quatrième de couverture) « toute l’aventure fascinante » de ce tournage, dont la présente plaquette constitue en quelque sorte un tiré à part.Transcription intégrale et commentée du matériel 1 lÇEKïfc POUR -, i FS /; OURS'.Seui\ foivian ]OHH j^lUG «C'est le meilleur de ses premiers romans.Tout l'univers extraordinaire de John Irving apparaît dans Liberté pour les Ours.» René Homier-Roy, CKAC-MA recueilli le 13 février 1988, ce texte extraordinaire, véritable morceau d’anthologie de la littérature orale, traduit « la grande confrontation entre le buveur et sa conscience».Comme le souligne savoureusement l’auteur, la conscience va en prendre un vilain coup.Straram se confesse, avec une candeur et une franchise de lit de mort, à Louise St-Germain, psychologue spécialiste des toxicomanies.C’est d’ailleurs juste s’il la laissera placer un mot, pressé qu’il est d’aller au fond de la question de sa soif.Cela dit, la couverture et la page-titre diffèrent quant au genre de l’ouvrage, l’une le présentant comme un entretien et l’autre comme un récit.Disons que c’est plus l’autre que l’une.Car, le Bison n’a guère besoin qu'on l’encourage.En deux heures bien tassées, il s’analyse d’un seul souffle, parlant de ses lectures, de ses amis, réels ou imaginaires, de ses ennemis, de la guerre, de son père, et de l’infernale timidité qui lui a fait très tôt chercher le courage dans une bouteille, dans des milliers de bouteilles.Cet alcoolisme structural, il le revendique sans pourtant parvenir à dissiper tous les malaises moraux qu’il éprouve à son égard, de toute évidence et bien malgré lui.Straram faisant ses comptes avec lui-même et sa génération, manipulant et provoquant tout à la fois l’in-terlocuteur, c’est un spectacle inquiétant et poignant dont, à la lecture de ce hors-d’oeuvre, on a trèk envie de voir le reste.MERLYNE Manon Barbeau «Merlyne descend aux enfers d’une passion amoureuse, la passion comme épreuve, un passage terrible, un jeu qui frôle la mort.Pour accoucher d’elle-même dans la jouissance brute.> Ariane bmond, le IJcvoir «D’une écriture souple, musicale et dynamique, Manon Barbeau signe un magnifique roman d’apprentissage au féminin.» Geneviève Picard, 1:11c Quebec 192 puges • 15,95$ Boréal D-4 ¦ Le Devoir, samedi 15 juin 1991 • If plaisir des mes De Shakespeare à Sollers à Mistral Politiciens, hommes d’affaires, comédiens et comédiennes, journalistes, cinéastes, que lisent donc toutes ces personnalités, tous ces gens hyper-occupés et super-pressés lorsqu ’ils abandonnent le cabinet, le bureau, le théâtre, le studio, et qu’ils se donnent du temps à eux.Bref que lirez-vous cet été ?Ou encore : dis-moi qui tu lis et je te dirai qui tu es.Trois journalistes, Paule Des Rivières, Odile Tremblay, Serge Truffaut, se sont rués au téléphone pour savoir.Plusieurs n’avaient rien à répondre.sur le coup.D’autres, carrément, n'ont rien voulu savoir.même au sujet de leurs lectures à venir.Certains ont rappelé après y avoir réfléchi.D’autres savaient déjà tout ce qu’ils liraient cet été et on les croit sur parole.Bref, dans le tas, quelques-uns et quelques-unes, les voici, ont des projets de lecture au-dessus de tout soupçon.— R.L.Micheline Lanctôt, comédienne, réalisatrice Bernard Derome, journaliste « Pour moi, les vacances sont l’occasion idéale de faire du rattrapage, côté lectures.S’il n’y a pas de crise majeure cette été.Histoire de sortir un peu de l'information, je me propose de lire Jacques Godbout, L’Écrivain de province, parce que je le trouve sympathique et que je l’aime bien.Dans un tout autre secteur, je veux me plonger dans le Walton The war game : des considérations sur la guerre et l’information.Même si je ne suis pas déçu de la couverture de la guerre du Golfe par les médias, j’ai envie d’en savoir plus.Et puis, un livre traîne sur mon bureau : A war lo end the war, un bouquin sur le Proche-Orient.Il y a aussi la biographie de Trudeau que je remets depuis un bon bout de temps.Et comme le personnage réapparaît toujours dans le décor, aussi bien se renseigner vraiment.» V LE DEVOIR en collaboration avec les libraires et les éditeurs, invite ses lecteurs à participer au concours “LITTÉRATdRE EN VACANCES” Découpe1/ le coupon ci-joint, faites-le estampiller a la caisse lors de l’achat d'un livre chez, un ties libraires participants* et retourne/-le au lournal LE DEVOIR ( haque coupon estampillé tous donne la chance de participer au tirage et de gagner un des 26 ensembles de 3 livres offerts par les éditeurs participants (Hiicuiie photocopie acceptée) Surveillez ce coupon dans LE DEVOIR jusqu’au 22 juin fi## ?JLg S/æ ¦¦ • .* \ *QUÉBEC: Boiiquincrie du Cartier.Librairie Carneau, Librairie Vaugeois, Boutique du Livre, Librairie Laliherté RIMOUSKI: Librairie Blais TROIS-RIVIÈRES: Librairie Clément Morin MON!RÉAL: Librairie Renaud-Bray.Librairie Demure, l ibrairie Champigny, Librairie Le Parchemin, Librairie Raflin.Librairie D’Outremont.Librairie Flammarion, Librairie Hermès, Librairie Gallimard, Agence du Livre, Librairie du Square.Librairie Olivieri.Librairie Sons et Lettres SAINT-LAMBERT: Librairie Ia: Fureteur JOL1ETTE: Librairie René Martin OIT A WA: Librairie Trillium.Librairie lar Capitale CHICOUTIMI: Les Bouquinistes.• CONCOURS LITTÉRATURE EN VACANCES» • Coupon de participation Nom.Adresse.Code postal.Téléphone résidence.Travail:.Faites parvenir ce coupon au plus tard le 28 juin à l’adresse suivante: CONCOURS « LITTÉRATURE EN VACANCES» 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal H2Y 1X1 Les règlements de ce concours sont disponibles au Devoir et la valeur totale des prix attribués est de 1847.00$ /m librairie Sons et Lettres la grande librairie française du Sud-Ouest de .Montreal polyglottes d’Alfred Tomatis.Cet.oto-rhino-laryngologiste docteur en psychiatrie a travaillé auprès d’une clientèle d’autistiques.Il s’est spécialisé dans l’étude des rapports qui s’établissent entre la voix et l’oreille.Passionnant ! » Olivier Asselin, cinéaste « L’été, je fais le contraire de tout le monde et je lis des livres sérieux.Par pur plaisir.J ustement, je viens de faire mes provisions de bouquins hier : de Paul Watzlawick Les cheveux du baron de Münchausen, un essai psychanalytique et philosophique.J’ai acheté aussi L’univers de Stephen Ha wking, ce brillant physicien de Cambridge souffrant d’un grave handicap physique qui communique à l’aide de son ordinateur.Dans son ouvrage, il a essayé de réaliser le rêve de tout le monde : mettre au point une théorie universelle sur l’univers.Je lirai également Nous sommes tous nés L troisième choix, La fête à Venise de Philippe Sollers, des aventures roeambolesques qui se déroulent dans un tableau de Watteau.J’aime Sollers.C’est un philosophe au sens du XVlIIe siècle, quelqu’un qui sait vivre, et à mon avis un des seuls romanciers contemporains ayant quelque chose de vraiment neuf à offrir».Robert Lepage, metteur en scène « J’éprouve une vraie fascination pour le XVIIIe siècle et une grande admiration pour Diderot (mon maître à penser).Cet été, j’aimerais passer à travers Clarissa, une brique de Samuel Richardson qui, paraît-il, fit pleurer Diderot.Le roman a été écrit au XVIIIe, ma période de prédilection.Composée à la même époque : une oeuvre me tente, celle de Crébillon fils : Le sofa.Elle raconte de façon cocasse l’histoire d’un homme condamné à se réincarner dans un sofa.Le livre, parait-il, a inspiré Diderot.Mon y « ("est bien simple : j’ai l’intention de relire tout Shakespeare, tout Cocteau et les livres que je peux trouver sur Miles Davis.Dans mon prochain one man show, Les aiguilles et l’opium, il est question de Cocteau et de Miles Davis, alors.Quant à Shakespeare, comme je monte une pièce, Alanienouidet, en février au Centre National des arts, sur ia vie d’Edmund Kean, un des plus grands interprètes de Pensons livres cet été avec • DEUX SEMAINES EN SEPTEMBRE André Girard • LA CHINOISE BLONDE Paule Noyart • FEUX DE BRINDILLES Ginette Paris Quinze « LITTÉRATURE Eli VACANCES » • l’Hexagone Des romans pour un été distinct Émile OUivier Passages Roman Émile Ollivier PASSAGES Un roman poignant sur l’exil, écrit dans une langue de feu et tout imprégné de l’atmosphère des Caraibes, qui nous fait voyager entre Haiti, Miami et Montréal.I74 pages — 16,95 $ Lori Saint-Martin LETTRE IMAGINAIRE A LA FEMME DE MON AMANT Lori Saint-Martin explore, dans ces dix-huit nouvelles — dix-huit destins de femmes devant l’amour —, les méandres de la phénoménologie amoureuse.136 pages — 16,95_$ Vincent *«•*» La fondu* Koni.ni Vincent Nadeau LA FONDUE De Berne à Bogota, en passant par Bruxelles, les heurts et malheurs d’une jeune Suissesse en quête d’ascension sociale.«Un premier roman sympathique.» Reginald Martel, lui Bresse 168 pages — 16,95 $ Réjean Legault GASPARD AU LÉZARD Une histoire complètement «flaillée» mais combien pathétique, qui renoue avec la petite gang de la rue Saint-Hubert, entre Roy et Cherrier.268 pages — 22,95 $ LA LIBRAIRIE DU SQUARE commandes spéciales acceptées Au carré St-Louis 3 453 St-Denis, Montreal H2X 3L1 Shakespeare, le grand Will s’impose à moi.Sans compter que je prévois travailler au théâtre La Tempête et Songe d’une nuit d’été.Denys Arcand, cinéaste « Je suis plongé dans l’écriture de mon prochain scénario qui traite de la mort.Alors mes lectures sont toutes reliées à mon travail.Au programme : Suicide and the soul de James Hillman ».Bernard Lamarre, chef d’entreprise N Saint-M3rt,¦„ Lettre imaginaire a « femme mon amant •jaiKiÊÊFm Ë Au cours des récents mois, Bernard Lamarre, président de Lavalin, a lu des piles de livres et documents liés à la préparation de l'exposition Les années 20 : l’âge des métropoles qui se tiendra du 20 juin au 10 novembre au Musée des Beaux-arts de Montréal.Pour ses vacances, il s’est promis de lire Candide de Voltaire.Pierre Péladeau, financier W « Depuis quelques temps, je me suf remis à lire Verlaine et Baudelaire, une demi-heure chaque après-midi.Ils me rapprochent de Schubert, de la musique.Ces poètes ont atteint une passion, une angoisse que je n’ai pas retrouvées depuis Dostoïevski.J’ai commencé aussi deux biographies, deux vraies briques : • celle Brigitte Massin sur Schubert, celle de l.othar Gall sur Bismarck, un homme qui m'a toujours apparu extrêment énigmatique.LIBRAIRIE.HERMES 4150, Wellington Métro De l’Eglise Ouvert 7 jours 769-2321 Collectivités 769-5601 845-7617 Ouvert de 9h à 21h - Lun au Ven 9h à 18h - Samedi 1 lh à 17h - Dimanche 1120, av.laurier ouest, outremont, montréal Tél.: 274-3669 ______ de 9h à 23H30 362 jours par année - L I B R A I R K S PARTICIPANTS AU CONCOURS Le Devoir, samedi 15 juin 1991 M D-5 , • le plaisir des ivres les bonnes lectures de l’été qui vient LOGIQUES LA VIE MODERNE Robert Tessier, chef d’entreprise avion, c’est une biographie de Richelieu, fascinant personnage qu’il prend plaisir à citer.Catherine Bégin, comédienne De ses dernières lectures, le président de Marine Industrie, Robert Tessier, nous a confié avoir particulièrement apprécié Le bûcher des vanités de Tom Wolfe, Le Juif errant de Jean d’Ormesson, Dans l'oeil de l’aigle de Jean-François Usée, ainsi que la biographie que Josiane Savigneau a consacrée à l’écrivain Marguerite Yourcenar.Pour cet été, Robert Tessier a d’ores et déjà inscrit un titre à son agenda littéraire.Il s’agit de La machine de René Belleto.Marcel Masse, ministre Pour Catherine Bégin également, l’été sera sérieux.La comédienne se propose de lire et de relire tout le théâtre d’Arrabal, «parce que, confie-t-elle, je joue dans une de ses pièces l’année prochaine ».« C’est sérieux, violent, passionnant ».Catherine Bégin entend également fouiller les textes sur le théâtre de Stanislasvki, « une autre brique ».Pour le reste, elle fera un tour chez le libraire.Liza Fnilla-Hébert, ministre l’on se fie aux projets de lecture de Marcel Masse, le ministre de la Défense et ex-ministre des Communications est toujours aussi épris de culture.Ainsi, dans la valise qui le suit, son attachée de presse trouve une Histoire de la peinture abstraite de Jean-Luc Daval, ainsi qu’un ouvrage de Fernand Braudel, Les structures du quotidien, civilisation matérielle, économie et capitalisme du 15e au lHe siècles.Aussi The West beyond the West sur l’histoire de la Colombie-Britannique et; qui sait, peut-être pour illustrer son passage aux affaires de la Défense, Les silences du colonel Bramble d’André Maurois, qui relate les souvenirs d'un officier de liaison durant la première Guerre mondiale.Ces temps-ci, Marcel Masse lit En première ligne, de Jocelyn Coulon, sur le système de défense canadien.Mais le livre qui le hante, qu’il lit lorsqu'il a un peu de temps dans un La ministre des Affaires culturelles, Mme Liza Frulla-Hébert, compte bien se taper quelques romans québécois, dont Vautour de Christian Mistral et Babel prise deux de Francine Noël.File a acheté récemment le Christophe Colomb, Naufrage sur les côtes du paradis de Georges-Hébert Germain.Elle veut aussi se plonger dans L’Ultime Alliance de Pierre Billon.Et, bien sûr, lire le Bourassa de Michel Vastel, question de mieux connaître son patron.Yves Jacques, comédien Le comédien Yves Jacques n’hésite pas à recommander Les rois maudits de Maurice Druon.Il a lu la série.Il la relira.« J’envie tous ceux qui découvriront Les rois maudits L'ERREUR HUMAINE FrandfDupuis-Déri l os animaux parlent.Ils siègent mémo à l'Organisation des Nations Utopiques.Mais les négociations devant permettre un monde meilleur s'éternisent.Certains animaux choisissent alors le terrorisme pour promouvoir leur cause.D’autres se contentent de jouir tie la vie.Et les humains dans tout cela?l otis des salauds?Sauf une poignée d'hommes et de femmes qui cherchent désespérément à sauver la dernière des haleines.20.50S La littérature d’aujourd’hui LEMEAC pour la première fois.C’est surperbe ».Le comédien, qui joue cet été à Québec dans une pièce d’Agatha Christie, Retour à la case zéro, pourrait bien lire quelques uns des plus savoureux romans de l’écrivain anglais.Et comme il aime bien le genre policier, — « ce sont de bonnes lectures d’été » — il pourrait se laisser tenter par Arsène Lupin.« Je m’identifie davantage à Arsène Lupin qu’à Hercule Poirot ».Yves Jacques recommande aussi fortement Les Météores de Michel Tournier, Le petit galopin de nos corps d’Yves Navarre, L’heure de s'enivrer d’Hubert Reeves et Souvenirs pour demain de J ean-Louis Barrault.André Marsan, chef d’entreprise Passionné de lecture, André Marsan, président de Montrustco est un cas particulier.Une fois par mois, ce grand amateur de Dostoievski se rend dans une librairie montréalaise afin de faire le plein de romans, de biographies et de livres d’histoire qu’il s’empresse de lire pour en oublier aussitôt.les titres.Toujours est-il que le président de Montrustco, après avoir fouiné dans sa bibliothèque, dit avoir aimé les ouvrages suivants : le Tchékhov d’Henri Troyat, Pierre le Grand Il • 1 1 Economie à, Québec et de ses régions Un livre de référence et de réflexion Coédition avec Télé-université 650 pages 42.95$ EDITIONS 4316.bout Sa ni Laurent S SAINT-MARTIN H2W 123 • (514) 645-1695 également de Troyat, le journal qu’avait rédigé André Laurendeau lorsqu’il co présida la Commission Laurendeau-Dunton,et L'homme incendié de Serge Filippini.Au cours de ses vacances, André Marsan espère avoir le temps de lire les tomes 2 et 3 de la vaste biographie que Jean Lacouture a consacré au général De Gaulle.Jean Doré, maire Le maire de Montréal n’a pas encore véritablement entamé Tété.A preuve, les deux livres qu’il traîne ces temps-ci : L’artiste, le prince, pouvoirs publics et création, qui est un recueil d’essais inspirés d’un symposium franco-canadien qui s’est ténu à l’Université de Grenoble en 1989.Ouf ! Jean Doré parcourt également, dans ses temps perdus, Montréal économique, écrit à l’occasion du troisième centenaire de la ville, il y a donc 50 ans.Mais le maire se promet des moments plus légers et plus captivants.Il jettera vraisemblablement son dévolu sur IM).James et Robert Ludlum, deux auteurs favoris.« Mais ma liste n’est pas faite.Je suis un abonné de la • ANTHOLOGIE DE U POÉSIE DES FEMMES AU QUÉBEC Nicole Brassard et Usette Girovard • SI LE 9-1-1 EST OCCUPÉ! Johanne Doré • PIONNIÈRES QUÉBÉCOISES ET REGROUPEMENTS DE FEMMES D’HIER À AUJOURD’HUI Simonne Monet-Chartrand les éditions du remue-ménage « LITTÉRATURE EN VACANCES » Pensons livres cet été avec bibliothèque et Tété, les prêts peuvent s’échelonner sur un mois.J’irai donc à la section des best-sellers, que ce soit du roman québécois, des livres d’histoire ou des policiers.Tout ce qui peut être une évasion».«Brazzaville Plage se «voit» presqu'autont qu'il se lit, (.) Boyd véritablement nous prend par la main, nous cultive et nous divertit.» Bertrand Pirel, Le Devoir BRAZZAVl 25^ n>rï)ün Seuil £TÉ S £ U i L 288 p.24,95$ ’ \ 0,1 u'\ Ai 'À, l I s M VlSIIXS III CRISTAL 189 p.19,95$ 160 p.24,95$ 344 p.24,95$ 280 p.VIVRE EN 24,95$ BEAUTE LOGIQUES I II IIIINS C.I.N.Q./ - LOGIQUES I M IIUNX 228 p.18,95$ GÉLULES UTOPIQUES 00 0 00 0[ 0 00 0 LOGIQUES FICTIONS 214 p.19,95$ 0 0 0 0 0 0 LOGIQUES 11(1 IONS 305 p.24,95$ DERIVES 5 214 p.18,95$ LOGIQUES I II I IONS s\ iVV I V U V >c »l 11 N * * U ?% • « :h ».!» [F » I S iî it «% i i t I ?r 1225, de Condé, Montréal QC H3K 2E4 (514) 933-2225 FAX: (514) 933-2182 Les Éditions LOGIQUES sont agréées et subventionnées par le ministère des Affaires culturelles du Québec.A 1 »Ü LIER papeterie librairie METRO BERRI-UQAM MEZZANINE, STATION DE escompte du livre CENTRE D L i b r a rri e C 1 M 4 lülUlïilïï! LA LIBRAIRIE DU MONDE ENTIER III'U'II1 ''"////A IJtlt), boni.S.ùitt-l .iiih'I" Mniqirnl.112N -A I M.|.f.W.'2012«VavMl.l«!Ur,:l5 L I T T É R A N C O U R S I U R E V A C A N C E S P A R T I C I P A N I H R A I R K S Le Devoir, samedi 15 juin 1991 ¦ Qf7 ‘ P-6 ¦ Le Devoir, samedi 15 juin 1991 États d’âme et clins d’oeil i BANDES ! DESSINEES , m.¦ - - — ¦¦ ! VERS LE PAYS DES MORTS j.Luc - 'V ' aJ?eS Flammarion L’DU du \i\o pas LA RUMEUR PUBLIQUE EST UNANIME.Les sciences: toute une expérience! L’ouvrage incontournable de la rentrée scolaire il.Conçu par Bernard Joseph et Françoise Crevier-Morin Parlez-en à nos concurrents.! Mondia Éditeurs et ses auteurs sont à l’oeuvre tout l’été.Bonnes vacantes! 1977, boul.Industriel, Laval (Québec) H7S 1P6 — (514) 667-9221 Téléc.: 667-8658
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