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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mardi 2 juillet 1991
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-07-02, Collections de BAnQ.

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Casa MRNANDU; V V RISTORANTE ¦ un lient détour., pour une grande gastronomie italienne» 50 est.rue Jam Réservalions: (514) JKl-%50 Volume LXXXII — No 150 ?Ensoleillé Max : 26.Demain: ennuagement Détail page 6.Montréal, mardi 2 juillet 1991 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ L'ENTREVUE OLIVER JONES Serge Truffaut a rencontré Oliver Jones, un pianiste de jazz de réputation internationale qui demeure toutefois très attaché à Montréal, sa ville natale.Page 9 Ottawa ne pourra pas respecter l’échéance du référendum de 92 Joe Clark n’en demeure pas moins optimiste Claude Turcotte JOE CLARK, nouveau ministre des Affaires constitutionnelles à Ottawa, concède d’ores et déjà qu’il sera impossible de fermer le contentieux constitutionnel avec le Québec d’ici l’échéance du 26 octobre 1992 prévue par la loi 150 pour la tenue d’un référendum sur la souveraineté du Québec.« Notre défi, a-t-il soutenu, sera de réaliser assez de progrès pour prendre compte des attentes de l’Assemblée nationale du Québec.Je ne crois pas possible d’en finir, les dossiers sont trop grands.Mais je crois qu’il sera possible d’avoir un fort commencement.» Le ministre a fait ces remarques et plusieurs autres à l’émission « Le premier jour » diffusée en fin de semaine par le réseau Télémédia et qui a porté entièrement sur la question constitutionnelle.Quelques jours après la parution des rapports Beaudoin-Edwards et Spicer, tous deux découlant de mandats fédéraux, il se dit « encouragé par le fait qu’il y a une plus grande volonté de faire quelque chose pour le Canada », mais il circonscrit tout de suite son optimisme en posant deux questions-: « Faire quoi et à quel prix ?» M.Clark, qui ne répond pas lui-même à ces deux questions puisqu'il n’en est pas encore rendu dans sa mission à l’étape du contenu, réitère l’intention du gouvernement fédéral de mener de front plusieurs aspects majeurs du dossier constitutionnel, notamment les attentes du Québec et celles des autochtones, la réforme des institutions et l’adaptation du Canada pour faire face à la concurrence internationale.« Ce sera une proposition globale et j’espère intégrée », précise-t-il.Le journaliste Michel Viens lui a alors demandé comment il comptait s’y prendre pour ré-Voir page 4: Ottawa Slovènes et Croates doutent du succès de l’accord de paix LJUBLJANA (Reuter, AFP) — Pour les dirigeants de Slovénie et de Croatie, le pessimisme était de rigueur, hier, malgré la conclusion d’un ac-èord mettant provisoirement fin 5 la crise ouverte par les proclamations d’indépendance Slovène et croate.D’ailleurs, hier soir, des coups de feu ont été entendus à Ljubljana et dans la banlieue de Bezigrad, selon un journaliste de l’AFP sur place.Dans l’après-midi, un hélicoptère avait tiré une rafale sur des passants à Vrhnica (40 km à l’ouest de Ljubljana), blessant grièvement une femme, a déclaré pour sa part un porte-parole du ministère Slovène de l’information.D’autre part, hier, à la réunion de la CSCE sur les activités militaires, le représentant yougoslave s’est livré à une violente attaque contre l’Autriche.M.Vladimir Pavicevic a accusé l’armée autrichienne de se trouver trop près de la frontière Slovène et d'entretenir des contacts non autorisés avec la défense territoriale Slovène.M.Pavicevic a également, selon les mêmes sources, reproché à l’Autriche « de soutenir la Slovénie par des activités de propagande et d'avoir lancé un appel de capitulation à l’armée yougoslave».L’accord mettant la crise en veilleuse a été annoncé dimanche par les dirigeants yougoslaves et la « troilka » de la CEE, en Yougoslavie pour une mission de la dernière heure après plusieurs jours d’affrontements entre soldats fédéraux et unités territoriales Slovènes.Mais le président de Slovénie, Milan Kucan, a déclaré lors d’une conférence de presse : « Je doute du succès de tout accord en l’absence d’un contrôle international, notamment celui d’observateurs militaires.» « Personne ne contrôle l’armée,a-t-il ajouté.Tant que l’armée n’est pas contrôlée, un accord ne veut rien dire.Seule l’exclusion durable de l’armée de la vie politique pourra signifier le début d’une conclusion pacifique.» Le président croate, Franjo Tudj-man, a pour sa part déclaré au journal allemand Bild, qu’il redoutait que seule une minorité de l’armée yougoslave obéisse au nouveau président fédéral et respecte le cessez-le-feu prévu par l’accord de la nuit.Stipe Mesic, un Croate dont l’élection à la tête de l’État yougoslave a été retardée pendant six semaines par la Serbie, la plus puissante des six républiques de Yougoslavie, a finalement été porté à la tête de la présidence collégiale de la fédération hier aux premières heures de la journée.« Ce n'est pas une tâche facile pour Mesic, mais le fait qu’un Croate soit maintenant président fédéral peut nous aider à trouver une solution pacifique », a cependant ajouté Franjo Tudjman.Il a suggéré que des forces de maintien de la paix de l’ONU soient envoyées en Yougoslavie pour séparer les différentes communautés en conflit.L’accord conclu à la suite de négociations entre le premier ministre yougoslave, Ante Markovic, les chefs iles diplomaties du Luxembourg, des Pays-Bas et de l’Italie et les dirigeants Slovènes et croates, prévoit le retour dans leurs casernes des unités Voir page 4: Slovènes !v« m i St V/ *¦ .X; y PHOTO JACQUES NADEAU Près de 5000 personnes ont participé, hier, rue Sherbrooke, au 13e défilé de la Fête du Canada sous un soleil radieux.35 000 Montréalais fêtent le Canada Sylvain Blanchard IL FAISAIT beau, on avait organisé une foule d’activités et il y avait un grand bateau, un destroyer de la marine canadienne revenu du golfe Per-sique s’il vous plaît.Résultat : 35 000 personnes, la plus grosse foule depuis cinq ans selon des organisateurs, se sont déplacées dans le Vieux-Port de Montréal hier pour célébrer le 124e anniversaire du Canada.Sur place, beaucoup de gens âgés, mais surtout beaucoup de nouveaux arrivants exhibant fièrement leur petit drapeau canadien et de nombreuses familles venues passer l’après-midi sur un site aménagé presque expressément pour elles.« Cette fête, souligne Pierre-Luc Brodeur, le coordonnateur de l’événement, on l’a d’abord organisée pour la famille.On a fait l’impossible pour bâtir un programme susceptible d’intéresser aussi bien les tout-petits que leurs parents.Et ça marche ! Ça fait quatre ans que la Fête du Canada se tient dans le Vieux-Port et c’est la première fois que je vois autant de monde.« Le contexte politique est moins survolté que l'an dernier, ça aide.Les gens ont l’air heureux et même si le soleil est en bonne partie responsable de ce taux de participation, je suis convaincu que toutes les activités que nous avons ici contribuent à ce succès.Il y en a davantage que l’an dernier et elles sont toutes concentrées autour de la scène principale, ce qui permet aux gens de savourer pleinement leur journée.» Parmi ces activités, la plus courue, et de loin, a été la visite du Terra Nova, l’un des destroyers de la ma-Voir page 4: 35 000 LE SILENCIEUX Les Aphorismes de Maxime LA PENSÉE du jour : Le meilleur remède contre l’amour, c'est de le satisfaire.On serait moins sujet à l'amour-propre si on se donnait la peine de bien se connaître.Aussitôt qu’on s’oblige à comprendre une oeuvre d’art, on cesse d’admirer.Tout enfant normal triche au jeu, parce qu’il se rebelle contre le hasard imbécile.À la télé, un gros bonnet parlait avec tant de fierté de ses modestes origines que je me suis demandé pourquoi il en était sorti.Le salaire de son travail, on ne le voit pas comme une récompense, mais comme une réparation.Que nous réserve l’avenir ?— Rien I L'avenir ne fait pas de réservations : premier arrivé, premier suivi.ALBERT BRIE Le boycott des conférences fédérales-provinciales par le Québec est officiel mais loin d’être complet Michel Venne de notre bureau de Québec EN DÉPIT du boycott des conférences fédérales-provinciales décrété il y a un an par le premier ministre Robert Bourassa, le Québec a participé à une rencontre sur quatre et maintenu, en outre, des contacts constants au niveau des hauts fonctionnaires avec les instances canadiennes.Ce boycott avait été annoncé par M.Bourassa le 23 juin dans la foulée de l’échec de l’Accord du lac Meech.Il est vrai que le premier ministre avait dit que le gouvernement pourrait « décider de participer à certaines conférences où l’intérêt du Québec est en cause ».Il demeure que dans la majorité des cas, le Québec est absent officiel- lement des rencontres, ce qui le force à utiliser d’autres voies ou d'autres réseaux pour se tenir informé et faire entendre son point de vue.Comme « les absents ont toujours tort », dit une porte-parole du ministre délégué aux Affaires canadiennes, M.G il Rémillard, le Québec « surveille ses intérêts de près ».Dans certains milieux paragou-vernementaux, on s’interroge cependant de plus en plus sur le bien-fondé de cette bouderie systématique, surtout qu’elle est dans certains cas factice.Jusqu'à preuve du contraire, le Québec fait encore partie du Canada, font remarquer d'autres intervenants.Les programmes fédéraux sont encore appliqués ici et si le Québec est absent des tables nationales, les orientations retenues à Ottawa pourront à terme favoriser l’Ontario ou l’Ouest au détriment du Québec, en particulier dans les dossiers économiques.Selon un relevé fourni par le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), il y eut depuis un an 70 conférences fédérales-provinciales aux niveaux ministériel ou sous-ministériel.Le Québec a participé à 17 d’entre elles, trois à titre d'observateur (dans le domaine de l’éducation).Dans huit cas, le gouvernement a délégué un ministre.Le Québec a participé ainsi aux discussions multilatérales sur la position canadienne dans les négociations internationales sur le commerce (GATT), les finances (notamment les transferts fiscaux aux provinces), les mesures à prendre pour faire face à une éventuelle pénurie d’énergie en prévision d'une proion- FESTIVAL INTERNATIONAL si A 7.7 DE MONTREAL Du solo au Big Band Sylvain Cormier et Serge Truffaut gation du conflit dans le golfe Per-sique et l'harmonisation inlerprovin-ciale des normes pour les institutions financières.Le Québec a en outre maintenu son adhésion aux différents secrétariats permanents, dont le Secrétariat des conférences intergouvernemen taies canadiennes.Ce qui lui permet de recevoir tous les documents pertinents à chaque réunion.Le SAIC et le ministre concerné passent au peigne fin l’ordre du jour (dans certains cas, notamment les conférences des ministres de l'Environnement, participent à son élaboration).Si les intérêts « supérieurs » du Québec sont en cause, on y délègue un représentant.Lorsque Québec est absent, il fait des représentations bilatérales, soit Voir page 4: Le boycott STEVE LACY en solitaire, McCoy Tyner et son Big Band sans oublier les « jeunots » qui forment le Jazz Futures auront estampillé le label versatilité à la quatrième soirée de ce douzième Festival international de jazz de Montréal (FIJM).En effet, entre les promenades improvisées par Steve Lacy dans l’oeuvre de Thelonious Monk, la conjugaison entre modernité et Afrique qu’a admirablement récitée le pianiste McCoy Tyner, le tout allié à l’esprit très « messagers du jazz » de Roy Hargrove et ses compagnons du Jazz Futures, la soirée d’hier nous aura permis de constater ceci : le jazz finira ce siècle en beauté.Parler d’un Big Band dans le cas de McCoy Tyner, comme on pouvait le constater hier soir au théâtre Maisonneuve, n’en rend compte que bien faiblement.Il faudrait au moins parler d’un gigantic band, tellement l’homme confère à sa troupe ampleur et puissance.Depuis 1985, Tyner, dont l’allure en impose autant que son jeu au piano et sa direction d’orchestre, porte à bout de bras une musique tout aussi large d’épaules que lui, qui intègre l’héritage des Count Basie — auquel il dédie un vibrant Blues For Basie— , et des Duke Ellington.D’autres que lui s’écraseraient sous un tel poids, mais Tyler, à 52 ans, a les reins solides.En effet, quand on a servi de contrepoint aux envolées avant-gardis-tes d’un Coltrane pendant six années , de pianotage sans filet, rien ne vous T~| effraie plus, et il ne fallait pas se surprendre de le voir mener ses effectifs comme s’il s’agissait d’accords de piano, avec le même esprit d’aventure qui caractérisa son séjour avec le John Coltrane Quartet.Aux ivoires, le style de Tyner semblait un tant soit peu adouci, bien qu’il ait encore trouvé un plaisir non dissimulé à se promener autour des accords — dans Lover Man, tout particulièrement —, les plaquant rarement d’emblée, préférant dénicher à chaque passage solo de nouvelles voies d’accès.Question d’espace, sans doute.Ses concerts et enregistrements solo des dernières années ( Revelations en 1989 et Things Ain't What They Used To Be en 1990) montrent bien qu’il faut imputer au rôle qu’il doit tenir dans un grand orchestre la discrétion de son phrasé.De fait, si l’on considérait que Tyner n’assemble son big band que fort sporadiquement, la fermeté de sa poigne laissait pantois.On soulignera par ailleurs, en écho à Cab Calloway, que Tyner avouait dans la plus récente livraison de la revue Musician qu’il verrait d’un excellent oeil le retour de ces revues qui incluaient chanteurs solistes et numéros de variété.McCoy, successeur de Cab, qui l’eût cru ?À l’Église Saint-Jean l'Évangéliste, Steve Lacy, sur son saxophone soprano, a construit sous nos yeux un discours de la méthode audacieux sur les possibilités que le jazz offre à ceux qui sont amoureux fous de l’improvisation.Saxophoniste au son reconnaissable entre mille parce qu’il n’abuse jamais du vibrato, Steve Lacy a démontré que Thelonious Monk est au fond un compositeur oulipien, soit un bonhomme qui a écrit des pièces en ayant toujours la liberté à l’esprit.Il était à cet égard étonnant de constater comment lui, Steve Lacy, pouvait abandonner en cours de route les Kpistrophy ou In Walked Bud avec autant de facilité pour, après improvisation, renouer le contact avec aisance.En fait, dans ce spectacle, la seule critique que l'on peut formuler a trait au lieu.Si sacrée soit-elle, cette église n'est vraiment pas idoine.Entre les craquements « tristounets » du plancher, une chaleur d’autant Voir page 4: Du solo rs I s VOIR — ABO Tv.Sri r%d Tl Montréal (514) 844-5738 — Extérieur (sans 211, rue St-Sacrement, Montréal (QC ) II2V 1X1 Irai! OAJ k faux s< /erts (lu lundi au vent Montréal/Rive-Sud/Rlye-i Nord/Québec/Sherbrooke/Chlcoutlml/Jonqulère/Hull/Ottawa/Abltlbl/Monttéal/RIve-Sud/RIve-Nord/Québec/Sherbrôôke/ChlcouUml/JonQulère/Hull/Ottawa/Abltlbl/Montréa^ _ 2 ¦ Le Devoir, mardi 2 juillet 1991 Ryan menace de couper les vivres aux municipalités récalcitrantes DRUMMOND VILLE (PC) - Les municipalités qui tenteront de se soustraire à la réforme Ryan n’ont qu'à bien se tenir : leurs subventions du gouvernement du Québec seront réduites en proportion de leur quote-part à payer.C’est ce qu’a promis, hier, le ministre des Affaires municipales et ministre de la Sécurité publique, Claude Ryan, devant les membres de l’Association des directeurs de police et de pompiers du Québec (ADPPQ), qui amorçaient alors leurs assises annuelles à Drummondville.M.Ryan lésait fort bien : malgré la loi 145, certaines municipalités laissent entendre leur intention de ne pas verser en 1991 leur dû pour les services de police, de voirie locale ou de transport en commun.« Si ces municipalités ne versent pas leur montant, il sera soustrait des subventions provinciales», a averti, provoquant le rire chez les directeurs de police et de pompiers.Plus encore, le gouvernement s’assurera que les municipaütés, qui instaureront leur propre corps policier, offrent un service de base à la fois compétent et suffisant.« Pas de corps policier nominal », renchérit le ministre.Il donne l’exemple d’une municipalité, dont il a tu le nom, qui, avec une population de 3000 âmes, n’a à son service qu’un seul policier.Des ajustements seront imposés et des normes minimales seront appliquées pour que la protection soit adéquate selon des balises objectives, déclare le ministre.Pour M.Ryan, la situation actuelle se devait d’être modifiée : la police est un service qui dépend des municipalités, non pas du gouvernement provincial.« C’est comme les parents qui se serrent la ceinture, pendant que les enfants se la coulent douce », a-t-il commenté.Il est temps, à son avis, que les municipalités prennent leurs responsabilités.Les municipalités du Québec n’ont pas le choix : elles doivent s’organiser pour offrir un service professionnel de police.Quand il y aura un vide, l’intervention de la Sûreté du Québec sera réclamée par le gouvernement et les frais de l’opération seront expédiés aux municipalités concernées.Dans tous les cas, les municipalités devront avoir pris entente avec d’autres municipalités pour offrir le service de police, instaurer leur propre corps de police ou encore défrayer les coûts de la SQ.Ces propos ont été fort bien reçus par l’ADPPQ, qui voit là la réalisation de ses propres objectifs : la mise en place de corps policiers partout où c’est nécessaire.Le ministre a d’ailleurs félicité l’association de lui avoir donné entière collaboration dans la préparation de la loi.« Dans ce débat, précise-t-il, je reconnais l’attitude positive des policiers et les suggestions empreintes d'esprit constructif.» Le président de l’association et directeur du corps de police et d’incendie de Drummondville, J.-Marcel Lefebvre, ne le cache pas, lui aussi : « La loi 145 correspond bien à ce que nous souhaitons.» Le ministre a d'ailleurs été ovationné par les quelque 150 directeurs présents au congrès.De son côté, le premier vice-président de l'ADPPQ, Jean Marc-Au rèle, de Laval, estime que la réforme Ryan constitue « une occasion de nous interroger sur la notion de changement, sur les attentes des citoyens face aux services de police en général et sur notre volonté de nous rapprocher des citoyens de tous les milieux ».Le congrès se poursuit aujourd’hui avec des débats sur les orientations communautaires des services policiers et sur la formation policière.Demain, on y traitera de la gestion dans la turbulence et des orientations pour les prochains mois.6 H P PHOTO AP Ben Johnson n’a pas réussi à redorer son blason, hier, en France.Il a dû se contenter de la septième place, loin derrière Lewis.Ni Johnson, ni Lewis VILLEN EU VE-D’ASCQ, France (Reuter, AP, AFP) - L’Américain Dennis Mitchell a volé la vedette, hier, à son compatriote Cari Lewis et au Canadien Ben Johnson en remportant le 100 mètres de la réunion d’athlétisme de Villeneuve-d’Ascq.C’était la première fois que Lewis R ESULTATS loto q u e b e c « Ti/age du- —ÎU“îWet_i99j 1 gros lot de 5 OOO OOO $ (numéro décomposable) NUMERO 3893176 893176 93176 3176 176 76 LOTS OOO OOO 50 OOO 5 OOO 500 50 20 $ $ $ $ % $ 2 lots de 1 OOO OOO $ (numéros décomposables)* 3051482 3379147 décompose comme suit: 7 chiffres 6 derniers chiffres 5 derniers chiffres 4 derniers chiffres 3 derniers chiffres 2 derniers chiffres OOO OOO $ 50 OOO $ 5 OOO $ 500 $ 50 $ 20 $ 1 Acura NS-X * (numéro non-décomposable) 1837099 Cette voiture est échangeable contre un lot de 80 000 $ 2 Mercedes-Benz 190E * (numéros non-décomposables) 1823803 3983347 Chaque voiture est échangeable contre un lot de 50 000 S 2 Lincoln Continental * (numéros non-décomposables) 22mm 2381691 2623785 2675177 3959546 5 lots de 100 000$ (numéros non-décomposables) 3082189 3339089 3790438 3803505 3891950 3 lots de 50 OOO $ (numéros non-décomposables) 2224556 3040811 3715981 3138052 3362478 Chaque voiture est échangeable contre un lot de 50 000 $ 10 Croisières en Amérique du Sud (numéros non-décomposables) 1018544 1235312 1531768 2350548 2898720 2977732 2982999 3456515 3584313 3975571 Chaque croisière est échangeable contre un lot de 10 000 $ 1 OOO lots de 1 OOO $ (numéros non-décomposables) 1000803 1236436 1001192 1237326 1006351 1239598 1011252 1243102 1014770 1246401 1017642 1246921 1018713 1249342 1022105 1249521 1020753 1250596 1034324 1252345 1483318 1490830 1493217 1494359 1494939 1503772 1519677 1523325 1037380 1256674 1043618 1257950 1046784 1258411 1047839 1262402 1049644 1273590 1054066 1276960 1054353 1282949 1062325 1290026 1062382 1290184 1071260 1292286 1079345 1294425 1525121 1080035 1297751 1525602 1092253 1299238 1092973 1300058 1093232 1300106 1097943 1304053 1099978 1306022 1100916 1307789 1108181 1307984 1113080 1315631 1114038 1320670 1114673 1321611 1118278 1322399 1121903 1327412 1125713 1328985 1126113 1330138 1126898 1331825 1129976 1338929 1136197 1340109 1137226 1342311 1140809 1343198 1141046 1349059 1141882 1351084 1144321 1354842 1355836 1357013 1361537 1365995 1368628 1376257 1479823 1690028 1481199 1690637 1482248 1711221 1717300 1728934 1729480 1732040 1742840 1746058 1749882 1751339 1526437 1755959 1532184 1756736 1532195 1534518 1541048 1541372 1542328 1543436 1546746 1547332 1550064 1555981 1556444 1558565 2848905 3086541 2852797 3087025 2853037 3095018 2854880 3100221 2855587 3100600 2857429 3106118 2057499 3109586 2857737 3109816 1144616 1145557 1147427 1147809 1147887 1153406 1458168 1667462 1924331 2146615 2337009 2555210 2799769 3040326 1459478 1667921 1925691 2148459 2339666 2558369 2800115 3041210 1466817 1671203 1927843 2159203 2341117 2563048 2800191 3054077 1470055 1673917 1932903 2159793 2343160 2563678 2802237 3057854 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1641465 1903486 2129733 2313903 2525554 2777995 1648169 1904751 2130083 2314814 2525993 2778904 1648173 1910990 2133504 2318187 2526761 2779794 1648359 1912076 2137161 2320639 2542393 2782944 1651912 1914815 2138384 2321740 2544164 2791012 1227439 1441199 1654518 1920470 2141051 2329114 2546410 2792709 1227879 1446571 1660847 1920732 2144049 2331506 2549604 2794032 1230181 1451911 1661800 1922144 2145787 2332099 2550261 2796855 1235433 1452321 1662714 1923081 2146016 2333083 2550996 2798431 3186400 3190412 3191650 2931285 3193684 2932847 3196058 2937623 3199128 2938581 3199344 2945050 3202854 2954394 3203029 3399057 3404079 3404755 3410143 3630352 3631976 3639036 3648422 3648452 3651087 3655031 1159258 1160089 1160092 1168380 1170610 1171398 1171961 1177195 1177886 1198891 1199101 1200626 1301171 1383535 1383624 1385215 1398161 1399770 1403984 1406327 1416082 1417247 1421514 1426127 2959504 2961217 2967502 2969890 2971478 2973220 2973773 2975631 2978321 2986754 2988405 2988412 2992072 2993240 2994094 2996498 2999480 3203700 3203943 3205470 3210446 3214140 3214861 3218187 3412585 3656737 3413043 3657262 3417951 3657312 3420864 3660923 3421410 3661927 3432783 3662000 3434343 3441567 3443396 3443878 3444240 3445085 3666991 3667692 3886576 3092351 3892718 3893237 3897539 3898235 3898440 3899374 3902265 3905402 3905939 3907550 3909055 3913412 3917610 3920308 3667696 3920331 3668159 3922806 3218910 3445263 3220517 3446388 3226076 3227301 3227994 3231317 3231342 3231618 3233164 3234611 3674072 3676766 3676834 3679450 3452885 3679826 3453730 3680117 3454331 3456538 3460727 3465798 3470374 3923215 3927911 3931789 3934669 3935171 3941529 3943224 3946337 3949337 3960063 1203963 1426405 1203983 1429011 1208335 1432233 1208445 1434372 1213492 1435051 1216286 1435067 1221266 1435461 1223515 1438546 1224453 1438602 3000098 3234900 3004340 3236159 3004964 3236444 3008596 3236725 3010932 3247067 3012486 3248248 3013294 3250297 3013502 3252053 3023267 3252083 3028325 3253611 3029465 3258989 3037543 3261992 3039274 3039877 3040281 3263000 3502457 3263527 3264059 3680419 3681234 3685607 3686735 3689059 3961755 3470647 3703039 3965697 3474731 3704428 3968950 3475284 3714180 3968995 3481876 3720319 3971164 3483423 3722545 3973982 3484999 3724262'3974670 3487245 3729793 3977115 3487831 3736840 3978748 3490163 3739849 3979269 3490590 3745926 3490760 3751632 3493579 3752084 3499461 3754635 3761330 3504790 3761684 3511669 3763525 3987453 3993163 3993951 3996306 3996321 3998516 5 lots de 500 OOO $ (numéros non-décomposables) 50 lots de 10 OOO $ (numéros non-décomposables) 1169056 1249648 1296045 1363622 1471030 1483037 1486587 1710715 1821602 1904674 1933451 2003360 2039990 2064782 2075867 2106073 2271751 2294499 2328770 2412533 2432107 2602152 2680165 2715250 2783994 2790865 2881035 2971202 3010214 3084558 3134572 3135989 3187898 3341314 3395097 3410586 3419677 3423732 3462819 3470086 3558888 3592508 3617277 3630421 3635130 3767509 3923825 3971209 3974536 3991142 TIRAGE DU 23 juin 1 lot de 50 OOO $ |no non-décomposable) 155E550 4 lots de 10 OOO $ (nos non-décomposables) 177C798 401D713 446C301 580D835 20 lots de 5 OOO $ (nos non-décomposables) 464A397 534B555 507C259 343D892 254E445 652B458 534C677 684D741 117C359 675C143 118E700 280C430 161D597 226E917 575A711 214B387 442B782 1 lot de 50 OOO $ (no non-décomposable) 323E686 4 lots de 10 OOO $ (nos non-décomposables) 677B451 537E958 199C558 633E078 20 lots de 5 OOO $ |nos non-décomposables) 133A958 344B235 491C023 346D235 358E823 492C027 530D748 369E856 191D115 113E762 475E818 337D287 301E159 668E890 153A658 182A543 626A680 540B5O 680B315 311C483 1 lot de SC OOO $ (no non-décomposable) 592B080 4 lots de 10 OOO $ |nos non-décomposables) 111A247 258D229 237D026 274E150 113B328 161B790 283B140 649B170 203C762 345C787 TIRAGE DU 2 juin 1 lot de 50 OOO $ (no non décomposable) 551E58Û 4 lots de 10 OOO $ |nos non-décomposables) 542A137 455B706 569A622 102C908 257A514 319A934 565A090 4763737 646D615 147E496 1 lot de 50 OOO $ (no non décomposable) 111D264 4 lots de 10 OOO $ |nos non-décomposables) 276B378 371D607 177C695 409D010 20 lots de 5 OOO $ (nos non-décomposables) 274A845 395A550 428A052 631Al 66 568B134 646B479 205C984 242C914 453C512 480C613 526C227 624C321 326D598 329D458 379D347 539D565 ‘ï 292E765 510E665 685E845 TIRAGE DU 16 juin TIRAGE DU 9 juin 20 lots de 5 OOO $ (nos non-décomposables) 598A658 604B482 455C342 643C472 606D134 525C880 179D887 621D816 607C135 208D845 112E194 607C564 531D835 538E590 20 lots de 5 OOO $ (nos non-décomposables) 122A282 497A258 189C697 565D292 386E225 255C682 341D781 512E920 550E045 335A754 656B38r 437D019 149E913 659E401 TIRAGE DU 26 mai 565E544 579E427 586E682 615E334 aLcs modalites d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste de numéros gagnants et la liste officielle, cette dernière a priorité.et Johnson se retrouvaient depuis la sulfureuse finale des Jeux de Seoul, en 1988.Johnson l’avait emporté devant Lewis avant de se voir priver de sa médaille à la suite d’un contrôle antidopage positif.La confrontation tant attendue entre les deux hommes a tourné court par la faute de Mitchell, qui s’est imposé dans le temps, excellent compte tenu des conditions pluvieuses, de 10,09 secondes.Lewis a pris la deuxième place en 10,20, la troisième place revenant au Nigérien Olapade Adeniken, crédité de 10,22.Quant à Johnson, il a dû se contenter de la septième et avant-dernière place dans le temps quelconque de 10,46.Il a même été devancé par le Montréalais Bruny Surin, cinquième en 10,28.Banni des stades pendant deux ans, le Canadien tente sans succès de retrouver les sommets depuis son retour, en janvier dernier.« Je vais revenir au top niveau, je vais tout faire pour redevenir le meilleur», a-t-il assuré.Johnson peut toujours se consoler en se disant qu’il a eu le temps de réaction le plus rapide au départ, ce qui était sa grande force avant sa suspension de deux ans.Lewis, lui, est en pleine forme.Il l’a prouvé le mois dernier à New York en réalisant 9,93, troisième meilleur temps de l’histoire, derrière son compatriote Leroy Burrell, auteur d’un nouveau record du monde en 9,90 secondes.« On ne peut pas s’attendre à aller très vite avec ce temps, c’est dur pour les muscles », a-t-il dit.Sous une pluie qui n’avait cessé de tomber depuis le matin, le « petit » Mitchell, jaillissant rapidement des starting-blocks, a « explosé », poussé par un vent de 0,80 m-s, mais également par une avide envie de revanche : il avait en effet terminé trqi-sième (10,00) au cours des sélections américaines pour les championnats du monde, battu par le futur détenteur du record du monde Leroy Burrell et par Lewis.Selon l’entente conclue avec les organisateurs, Lewis et Johnson doivent se partager une bourse de 500 000 $ US.Mais Johnson a accepté de consentir une diminution de 25 % de son cachet s’il ne parvenait pas à réussir un chrono inférieur à 10,17.Excluant les Jeux de Seoul en 1988, Lewis détient maintenant une avance de 10-6 dans les confronta1 tions contre Johnson.Un navire échoue à Grondines GRONDINES (PC) — Le Halifax, un navire de la Canada Steamship Lines, chargé de céréales, a échoué, peu après minuit lundi sur les rives du Saint-Laurent, à la hauteur de Grondines, à une cinquantaine de kilomètres en amont de Québec.La cause de l’accident n’est pas encore connue.Une tentative pour renflouer le navire a échoué hier mais un chaland et des remorqueurs devaient se mettre à la tâche aujourd'hui pour le délester de sa cargaison et essayer à nouveau de le dégager.Aucune matière polluante ne s’est échappée du navire.Le céréalier venait de Thunder Bay, en Ontario, et faisait route vers Halifax, en Nouvelle-Écosse.Il avait un pilote de rivière à son bord.N’AITENDEZ PAS DE LE LIRE DANS LES JOURNAUX DONNEZ DE TOUT COEUR DÈS AUJOURD’HUI! AUGMENTEZ VOS CHANCES DE LUTTER CONTRE L’ENNEMI NUMÉR01 ; AU CANADA 440, bout René-Lévesque ouest Bureau 1400 ,, Montréal, Québec H2Z 1V7 I • (514) 871 1551, 1-800-361-7650 Fax: (514) 871-1464 (*m*t* 4 Le Devoir, mardi 2 juillet 1991 L’armée intervient contre les feux de forêt sur la Côte-Nord La situation est toujours considérée comme grave alors que les évacuations se poursuivent André Bellemare j jusqu’à midi, le 2 juillet ) -j y compris les hautes et basses* l— temperatures pour les villes -ttv v «vrvteHor** VêHowhmfe Churchill St John s Goose Bay „ 62 / ’99 Edmonton vancouve 22 U ‘4 .Calgary Saskatoon C____L 25 11 * 25 12 Victoria y Fredericton J Quebec / 24l^v.23ii Samt John Montreal .24 IJ Thunder Bay 22 11 Sauit Ste M.tr e 24 13 Winnipeg 24 13.Qiîj de Louise Matteau, m.en s N.Gélinas, du 27 juin au 31 août, mer.au sam.à 20h.30, les dim.de juillet à 20h.THÉÂTRE D'ÉTÉ LES FEMMES COLLIN: 248 rang des Continuations, St-Esprit (839-6105)— « En attendant bébé • de Pierre-Yves Lemieux, m.en s.Yvon Leroux, du 22 juin au 31 août à 20h.30 THÉÂTRE D'ÉTÉ LE ROUSSILLON: 1136 boul Labelle.Blainville (514-430-8950)— • Coconut Beach > texte et m.en s Réjean Wagner, du 26 juin au 17 août, mer.au sam.à 21 h.THÉÂTRE D'ÉTÉ DE ST-EUSTACHE: Restaurant Le Colombier, St-Eustache (514-623-6400)— « Waiter > de Pierre Légaré.du 26 juin au 1er sept, à 21h.THÉÂTRE LA GRANGE DES SOEURS DE MARIEVILLE: Marieville.sortie 37 autoroute des Cantons de l'Est (460-2161) (Mtl 447-6026)— « Quelle famille • de Francis Jotfo, m.en s.François Cartier, du 4 juin au 31 août, mar.au ven.à 20h 30.sam.19h.et 21h.30 THÉÂTRE DU LAC BROME: Knowlton (243-0361)— i Billy Bishop Goes to War.de John Gray et Eric Peterson, m.en s.Elsa Bolam, du 26 juin au 6 juillet, mar.au sam.20h 30, matinées les mar.et jeu.à 14h.THÉÂTRE DU MANOIR DU LAC DELAGE: 40 ave du Lac, Lac Delage (848-1818 ou 1-800-463-2841)— i La chatte et le hibou > de Bill Manholl adaptation de Josée La Bossière, m.en s.Fernand Rainville, du 22 juin au 31 août, mar.au sam.à 20h 30.les sam.6-13-20-27 juillet et le 3 août représentations à 19h.et 22h.THÉÂTRE MILLE ET UNE VISIONS: 1050 9e rang.St-Ambroise-de-Kildare (514-752-0977)— « Ho les moteurs • de Guy Crépeau, du 21 juin au 1er sept, à 21 h.THÉÂTRE MOLSON: 12 chemin des Patriotes, St-Charles-sur-Richelieu, autoroute 20 est, sortie 113 (584-2293)— € Urgence en folie • texte et m.en s.Larry-Michel Demers, du 30 mai au 31 août, mar.au sam.à 21h , les sam.20-27 juillet 19h.et 22h.30 THÉÂTRE PONT-CHATEAU: Autoroute 20 sortie 17, Côteau du Lac (456-3224)— • Ho mes vieux > de Bertrand B.Leblanc, m.en s.Yvan Canuel, du 11 juin au 1er sept., mar.au ven.20h.30, sam.19h.et zen.THÉÂTRE LA POUDRIÈRE: ile Ste-Hélène (954-1344)—.Six Guitry m'étaient contés • à compter du 4 juin, mar au sam.à 20h 30 THÉÂTRE DU VIEUX ROCHER: 15.6e ave.Grand-Mère (819-538-1716)— • Des clowns el des hommes > de Yves E.Arnau, m.en s.Claude Colbert, mar.au ven.20h.30, sam.à 21 h.THÉÂTRE DU VIEUX-TERREBONNE: 867 chemin St-Pierre, Terrebonne (492-4777)— « La mandragore > de Jean-Pierre Ronfard, du 14 juin au 31 août, mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE DE LA VILLE: 180 est de Gentilly, Lon-gueuil (670-1616)— < Les nonnes ¦ de Dan Gojgin, adaptation Serge Grenier, m.en s.Raymond Cloutier, du 22 juin au 1er sept., mer au sam.à 20h.30 MUSIQUE CLASSIQUE 1 INFO-FILHk 866 0111 imooo ?noo Mafinèaa 5,00* au lundi eu vandvni B> ROY.Il KK.HK I’Ii SKI I.KMl.YI KN PKCIIKN yi II Y\ |»VS IM < OMMKI I Kl "UN FILM SUPERBE."L-Odile Tremblay, Le Devoir.*>7f»9C« /I 1* 2f»*i*4»7f1 2O4Q044V913 aussi 11 affiche a La Pans (St-Hyacinthe) MOI, JE DONNE DU SANG CET ÉTÉ! La Société canadienne de la Croix-Rouge La télévision du lundi soir en un elin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO CBFT (R.C.) w-® Montreal Ce soir La cour g en direct L'avocat du diable Jardins d'aujourd'hui Les francofolies de Montréal Fête du Canada / Canada Day Le Téléjournal g Le Point/météo/sport L'heure G Rencontres fôA WCAX (CBS) ** 7 Burlington News News g The Golden Girls Major g Dad Family g Man Murphy g Brown Designing Women g Northern Exposure g News Sweating Bu lets rw1 WPTZ(NBC) Plattsburgh News News g Jeopardy! Wheel of Fortune The Fresh Prince ol g Bel-Air Cinéma : Man Against the Hob: The Chinatown Huniers Am.89 —Avec Charles Haid et Richard Bradford News The Tonight Show (23h45) CBMT(CBC) Montréal Newswatch Shumka-Retum ol the Whirlwind Wayne Rostad's Canada Day: Journey lo Bacon.Fête du Canada / Canada Day The National g The Journal News Newharig Kate & g Aille CD EST’ Le TVA ?éd.18 tires Charivari Fais-moi un dessin Un homme au loyer Lelardeau (Dernière de 2) À communiquer Le TVA g réseau Des mots pot (23h45) jr le dire Cm CFCF (CTV) Montreal Puise Entertainment Tonight Rescue 911 g Murphy g Brown One Canadian Voice Montreal International Jazz Festival News g News The Arsenio Hall Show jra TV5 (Télé OJ Francophones Contes et conteurs L’Euromag (18h45) Le journal dem La main de S (Premiere de 3 latine La jalousie Azimuts Viva Journal défi :1 (ÿf\ CIVM (R.-Q.) y±L) Montreal Passe- Partout Lassie Le monde merveilleux de Disney Omni g science Route des vacances Beau et chaud Cinéma : Colonel Redl—Hong.84 Avec Klaus Maria Brandauer et Gudrun La ndgrebe ® SS*' Musique vidéo Jazzplus L’inloplus Rock Velours VJ : Sonia Benezra Musique vidéo Jazz en bulle 21h15 / Musique vidéo WVNY (ABC) Burlington News g Star Trek MacGyverg Napoleon and Josephine : A Love Story g (Deuxième de 3) News g Nlghtline Love Connection esta 19 h / Muchwest Big Ticket /Céline Dion Vidéoclips Stompin' T.Connors Vidéoclips Ædjv VERMONT ETV(PBS) The MacNeil-Newshour g Lehrer The Nightly Business.Vermont Report Adventure g American Masters g Crisis in the Arts Cinéma : A Farewell to Arms— Am.32 Avec Gary Cooper et Helen Hayes rosz) 4-SAISONS Montréal La roue chanceuse Coup de foudre Dossiers mystères Cinéma : La cage aux toiles —Fr.78 Avec Michel Serrautl et Ugo Tognazzl Le Grand Journal Sports Plus anéma : Le souille de la guerre-Am.83 Avec Robert Mitchum et Ail McGraw fcf) WCFE (PBS) 3-2-t g Contacf The Nightly Business.The MacNeil-Lehrer Newshourg Mystery! g American Masters g Crisis In the Arts The Avengers Cinéma CULTURE ET SOCIETE Montréal, mardi 2 juillet 1991 Du piano à huit mains à la solitude du soliste FESTIVAL INTERNATIONAL JA 7.7.DE MONTREAL IHIIIIIIIIIIIIIHIII Serge Truffaut HUIT MAINS ont caressé les 352 touches noires et ivoires de quatre pianos pour résoudre l’équation dite de l'influence à la puissance 4 et différer ainsi la mise en parenthèses de cette musique si profonde, si spirituelle, on parle de jazz évidemment, qu'elle met en relief aussi bien, sinon plus, le grain de peau que les neurones.Sur la scène du Théâtre du Nouveau-Monde, les styles très articulés des pianistes Harold Mabern, Mul-grew Miller, C.eoff Keezer et .lames Williams ont battu en brèche la quadrature du cercle en alliant les influences du bebop, du blues, du gospel et de Phineas Newborn.Newborn, c'est ce pianiste libertaire qui était trop perfectionniste pour réaliser qu’il en était un.Newborn, il faut le dire, était une tragédie grecque.Comme c’est souvent le cas avec la tragédie, surtout si elle est grecque.donc latine, donc pleine de sang plutôt que de méditations transcendantales, c’est après coup, c'est après une longue et fidèle fréquentation qu'on en mesure les raffinements qu’elle porte en elle et à son corps défendant.Williams et ses compagnons pia-histes, sur cette scène où justement Phèdre s’est souvent racontée, n’ont pas fait autre chose que de mettre à bas le malheur vécu de Monsieur Newborn, et notamment ses problèmes mentaux, pour en conserver les rares mais splendides moments.Ils Ont pris le Docteur Jekyll à contre-pied.Comment ont-il fait ?Von Freeman jouant les notes graves de sa génération et son fils Chico jouant les notes incisives de la sienne.en veilleuse son ego.Pour atteindre le but, il faut gifler cette vulgaire et impolie façon de vivre qui consiste à racoler à outrance en nivelant par le bas.En faisant l’alchimie entre les accords modernes du couple Miller-Keezer et les accords blues et gospel du couple Mabern-Williams.Le lien de sang entre ces quatre familles étant bien évidemment le bebop.Pour faire cela, il faut beaucoup de maîtrise instrumentale et avoir mis Ces quatre puristes, donc ces artistes, y sont parvenus avec l’aisance qui sied aux gentlemen.Ils ont joué le « gospélien » ou « Churchy », pour faire branché, Das Dere.Il, soit Mabern, a joué All The Things You Are.Il, soit Williams, a joué le spiritual His Eye On A Spell.Ils, soit Miller et Williams, ont reconstruit un lie’s A Real Gone Guyqui a ravi, j’en ai la certitude, Red Garland.Tous les quatre ont joué des pièces connues comme Daahoudde Clifford Brown ou moins connues.Puis ils ont atteint le sommet.Ils ont sculpté le blues à quatre.Intitulée simplement Phineas, cette pièce composée par Donald Brown a été le prétexte parfait pour effectuer la communion entre tous les styles, accords et improvisations propres à chacun.Le charme de ce moment d’une dizaine de minutes fut d'autant plus intense que les quatre officiants furent magistralement soutenus par la batterie de Tony Reedus et la contrebasse d’un jeune homme qui, si on a bien retenu son nom, s’appelle Jameson.En un mot comme en mille, après avoir assisté à cette valse à quatre pianos c’est désormais à nous de résoudre l'énigme suivante : comment diable va-t-on faire pour aller écou ter du piano après une telle prestation ?Il est de notoriété publique que c’est dans la tragédie grecque que Freud était allé puiser son Oedipe et son complexe pour mieux emberlificoter les liens de sang entre papa,, maman, la fillette et le fiston.Sur la' scène du Spectrum, Von Freeman èt son fils Chico ont fait la nique à l’Oe-dipe en campant des rôles différents mais non divergents.Le père en employant le son d’une époque.Le (i}$, en employant le son de SON époque.Il était en effet surprenant de vpu0 combien le son du père se confondait avec le son des gens de sa généra tion, celle de Sonny Stitt et Dexter Gordon, pour s’intercaler magnifiquement avec le son plus acéré de^ Chico.Le premier était plus âpre, grave et pesant que le second qui était plus pointu, plus incisif.La qualité de cette prestation ré side sans aucun doute dans le fait qu’elle nous a proposé une chose qtu s’est perdue avec le temps.En effet, il n’est pas innocent de souligner que lorsque le jazz était à la fois musique et combat, les souffleurs, les petits comme les grands, avaient l’habitude de croiser le fer dans les âr ' rière-cours comme sur l’avant scène.Dans la région de Chicago, où il demeure toujours, Freeman père, était un acteur de premier plan de ces « combats » qui se faisaient dans les années 40 et 50.Hier, il luttait avec Dexter Gordon, Sonny Stitt et Gene Animons.Aujourd’hui, il lutté'' avec son fils Chico.Et comme on a pu le constater, le vieux paternel maintient toujours son emprise sur le fiston.Cet air de dire « mon p’tit gars n’essaye pas de finasser avec ton couilloii de paternel sinon il yjT’ t’en envoyer une bonne et une salée » a un air malicieux qui, ce soir-là, ’ avait tous les charmes de l’air .malicieux.Pendant que le père et le fils étaient au Spectrum, le Saint Esprit, mis en résidence surveillée à l’Eglise., Saint-Jean l’Évangéliste, s’est quel que peu ennuyé lors de la prestation, du pianiste Adam Makowicz en cÇ'" lieu.C’est le cas de le dire, le jazz de Makowicz étant trop papiste il ng, peut être séduisant.À moins que l’on soit janséniste.De fait, on s’est consolé en savourant dans notre petite tête la phrase suivante entendue juste avant de pénétrer dans ce lieu saint : « Moi, ce que j’aime dans le solo c’est que lé musicien est tout seul.» Amen ! L’histoire époustouflante d’un royaume gigantesque Un festival où les esprits se rencontrent ; sous la clameur des accords délinquants Sylvain-Claude Fillon LES SAGUENÉENS s’en pètent les bretelles depuis trois ans et il faut admettre que l’entreprise est époustouflante.La fabuleuse histoire d'un royaume est un spectacle gigantesque où l’illusion scénique subjugue.C’est vraiment une performance hollywoodienne avec tout ce que cela comporte de bon et de mauvais.Car, la grandiloquence de ce mégaspectacle fait malheureusement l’exemple d’une décevante équation : l’orgie visuelle qui est déployée n’a d’égale que son indigence intellectuelle.Bien sûr, dès les premières minutes, les dimensions géantes de la scène impressionnent, tout comme la riche scénographie qui occupe la moitié de l’aréna non climatisé avec ses montagnes, ses arbres et son cours d’eau.Les concepteurs n’ont pas lésiné pour nous en mettre plein les yeux.Mais les effets pyrotechniques, les chevaux bien dressés, les voitures d’époques, les jets d’eau, le laser, les 190 figurants et les 1400 costumes ne suffisent pas à faire avaler un texte qui est d’un simplisme navrant.Minés par plusieurs anachronismes et irréalismes, les pires clichés littéraires défilent dans une juxtaposition de tableaux pompeux qui devient rapidement lassante.Et les gratuités hors contexte, comme ces discours de Hitler et de Gaulle, sont des indices de mégalomanie qui indisposent.On aurait eu avantage à mieux soutenir le fil conducteur et s’en tenir à nous raconter l’histoire régionale.C’est là que le bât blesse le plus fort.Si plusieurs scènes ont pu soulever l’enthousiasme dans le cadre des réminiscences du 150e anniversaire de la région, à l’occasion duquel le spectacle a été créé en 1988, elles sont trop souvent dénuées d’intensité dramatique et captent difficilement l’attention en raison de leur peu de pertinence dans un contexte élargi.Caç, au fond, tous ces sparages ne nous apprennent rien de précis sur l’histoire du Saguenay (hormis la date d’arrivée des premiers colons, en 1838) et pourraient décrire l’é-p’ripée de n’importe quelle autre ré-gioh colonisée par des pionniers.On raconte plutôt l’histoire du Québec à partir d’un point de vue saguenéen, cl qui n’est originaire de la région peut difficilement épouser la ferveur que le spectacle tente de communiquer.Oui, on nous gave de belles images, de changements de décors, d’un déluge d’accessoires.Les éclairages de Mario Simard sont excellents, raffinés et efficaces.De même que certains exploits visuels fascinent : la pluie qui tombe, les canoës sur la rivière, la neige tourbillonnante.Mais, la fierté arrogante qui donne le ton au spectacle finit par agacer.On a beaucoup loué le travail des figurants bénévoles dans cette entreprise colossale, et des lauriers leur sont dus.Mais, leur sympathique dévouement est ombragé par une bande sonore déficiente, où le texte rachitique est déclamé sur un registre de séance scolaire, et qui a cet inconvénient de ne pas nous permettre vraiment de savoir quel personnage, sur la scène, est en train de parler.Quant aux chansons, au nombre de trois, leur texte est pratiquement inaudible.Le reste de la performance se partage entre des séquences visuelles puissantes, nourries par leur flot incessant de figurants et des numéros dansés qui sont chorégraphiés sans grande imagination.La grande force du spectacle, et c’est sans doute ce qui en fait le succès depuis trois ans, demeure son chapelet de prouesses visuelles.Des images fortes, comme le grand incendie qui clôt le premier acte, et la procession religieuse, en deuxième partie, restent longtemps en mémoire, de même que la finale où, de toute évidence, on a mis le paquet pour montrer qu’on peut faire aussi grandiose qu’ailleurs.Mais, persiste cette dichotomie entre le luxe des moyens physiques et la faiblesse narrative du spectacle, ce mariage de la grandiloquence et de la naïveté, cet amateurisme ultrasophistiqué qui nous laissent perplexes.Car, même si l’on est déçu par l’absence de subtilité de la production, on se sent obligé d’en saluer les prétentions spectaculaires.C’est pourquoi La fabuleuse histoire d'un royaume, cette ode à la gloire des bleuets, est avant tout l’apanage de la saison touristique et tant mieux si elle pousse les vacanciers à faire un crochet à Ville de La Baie pour y jeter un oeil durant la saison estivale.Mais, contrairement au désir de ses instigateurs, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de déplacer le spectacle à travers la province, car ce qui lui reste d’essence s’évaporerait et bien peu risquent d’y trouver leur compte.Sylvain-Claude Filion AVEC SON site unifié et élargi, ce qui environne le quadrilatère de la Place des Arts devient une véritable cité du jazz.Ici, sous la clameur des accords délinquants, les esprits se rencontrent, âge, race, nationalité et origine sociale confondus.Et les enfants sont nombreux.L’atelier des quatre Bulles, où les tout-petits peuvent se faire peinturlurer la frimousse, est d’ailleurs fort populaire.Avec sa montgolfière, ses kiosques, ses lumières multicolores, ses banderoles, tout le secteur prend les allures d’une véritable fête foraine.Une grande réussiste, le café-terrasse déployé sur l’esplanade de la Place des Arts, qui est non seulement riche en atmosphère, mais qui nous niche entre les édifices là où bât le coeur de la fête.Après l’étouffante soirée de vendredi, le premier week-end du festival s’est poursuivi sous les auspices favorables de Mère Nature qui a gratifié les amateurs de jazz d’une température idéale.Le pouls est bon.Samedi soir, sur la scene du Complexe Desjardins, dans le cadre des concerts populaires, le Quartette Michel Gertile a distillé via ses sonorités bartokiennes une musique d’am- Sylvain Cormier LE PASSAGE de Ben LT King au sein des Drifters est capital dans l’histoire du soul.Continuant le travail amorcé par Sam Cooke, King et son groupe permirent au gospel de franchir le pont qui séparait traditionnellement les musiques religieuses et populaires, et contribuèrent par là à créer cette forme hybride qu’est la musique soul ^littéralement, une musique de Fame commerciale).Ce qu’ils ne firent pas seuls, mais entourés de visionnaires, dont le légendaire tandem d'arrangeurs-compositeurs Leiber à Stoller, ainsi qu’un tout jeune Phil Spector qui, dès 1961, jetait avec le Spanish Harlem de King les bases de son futur wall of sound.Rencontrer Ben E.King, quelques heures avant son spectacle au Spectrum, m’offrait une irrésistible relecture de cette page d’histoire.« Jerry (Leiber) et Mike (Stoller) savaient d’instinct quel son vous convenait, rappelle King, et ils n’écrivaient qu’en fonction de vous, ce qui faisait toute la différence.» « Ce sont eux qui ont vu en Phil Spector un génie, avant tout le monde.Ils étaient déjà des géants (qui avaient pondu classique après biance qui prenait le dessus sur l’exaltation.Place Fred-Barry, la scène Labatt Blues a accueilli samedi le Stephen Barry Blues Band qui, fort de son quartde siècle d’expertise, s’est permis de gâter la foule attentive avec des airs qui nous ramenaient aux années 20.Un peu plus tard, Barrence Whitfield and the Savages y a célébré les racines du rock en se dévergondant dans les bayous.Au théâtre Alcan (Ste-Catherine et St-Urbain), le batteur Hans Fis-chôtter du Kôlner Jazzhaus Initiative a offert une expérimentation plutôt froide des percussions, mais chaudement applaudie par ceux qui ont pu se loger dans l’enceinte exiguë.Plusieurs ont déploré la configuration du théâtre Alcan qui limite grandement l’accès aux spectacles qui sont présentés.Le village jazz est d’une propreté étonnante ; un bataillon de jeunes le quadrille en permanence, balais au bras.Quand vient le temps de se restaurer, les jazz-bars et jazz-bouffes foisonnent.Le verre d’Evian à 1,50 $ surprend, et les hot-dogs à 2 $.qui procurent une satiété bien éphémère, décharnent rapidement les portefeuilles.Mais, ces comptoirs sont tenus par des jeunes gens effi- classique pour Elvis Presley et les Coasters) et, en les voyant écouter ce gamin avec respect et attention, je me disais qu’il faudrait le surveiller de près.» Dimanche soir, devant l’auditoire prévisible de baby-boomers à la recherche du refrain perdu, Ben E.King a plu, forcément.À des spectateurs qui désiraient avant tout s'entendre chanter Stand By Me, et qui s'époumonaient à siffler la finale du Sitting On The Dock Of The Bay d’O-tis Redding, le revival dans son acception nostalgique suffisait amplement, et l’on se foutait pas mal que les versions offertes respectent aussi peu l’esprit que la lettre des enregistrements originaux.L’aficionado pouvait difficilement attendre mieux d’un groupe à moitié emprunté pour l’occasion, malgré les solos de guitare pourtant méritoires de notre excellente Kathleen Dyson.King, très en voix, a donc égrené ses succès et ceux des autres soulmen des années soixante comme un chapelet, de l’incomparable Save The Last Dance For Me au Will You Love Me Tomorrow des Shirelles, de son Don't Play That Song (en ska, une riche idée) au You Really Got A Hold On Afedes Miracles, sans oublier This Magic Moment (deux fois) caces et polis.On a même remboursé sous mes yeux, et sans discuter, une festivalière qui ne trouvait pas frais le jambon qui ornait son sandwich.Samedi, sur la scène Jazz Bud, coin Ste-Catherine et Jeanne-Mance, le groupe québécois Palladium a paru encore un peu vert.Dimanche soir, le groupe de Sari Dajani y a chauffé les décibels.Samedi toujours, le groupe Creatures of Habit de Vancouver a offert une courte performance de 60 minutes dans un amphithéâtre Canadien à demi-plein, à cause peut-être des aveuglants projecteurs dirigés vers le public, propres à décourager les plus mordus.La scène Ultramar (coin Maison neuve/Jeanne-Mance), qui présente la série Tropiques, a réuni une foule raisonnable pour Guayaba samedi soir, mais a été submergée avec le Paulo Ramos Band dimanche en soirée.Une foule dense et dansante de plus de 10 000 personnes ont succombé à la fièvre brésilienne.Dimanche soir, vers 22h, l’affluence a atteint son paroxysme.Avec un bon 70 000 personnes sur le site, les embouteillages étaient omniprésents et se déplacer d’une scène à l’autre pouvait devenir une expérience éprouvante.Agoraphobes s’abstenir.Les organisateurs du fes- et l’obligatoire Stand By Me (à chaque fin de partie), pour îe plus grand plaisir de tous, sinon des véritables amateurs de soul.Là-dessus, si j’ai goûté la moins évidente / (Who Have Nothing), une grande ballade qui vous saute à la gorge, je me serais bien passé de 17-magine de Lennon, lequel devait s’en mordre les pouces au paradis des martyrs du rock.En présence de Cab Calloway, 83 ans et toutes ses dents, pur réflexe, on l’ovationne d’abord parce qu’il vit.D'emblée, on remercie le ciel que cette crème d'homme ait eu la délicatesse de nous attendre avant de passer l’arme à gauche.C’est honteux, mais c’est humain.Samedi soir à la salle Wilfrid-Pel-letier, à peine avait-il lancé de sa voix puissante les premiers mots de September Song, à peine esquissait-il entre deux couplets de Learnin/The Blues quelques-unes de ses inimitables steppettes, qu’on s’étonnait devant cette impossible équation âge-performance.Mais rapidement, la qualité du spectacle prit le dessus, transcendant à la fois les époques et la longévité du « reefer man » (reefer, dans le sens de joint : à l’instar de Louis Amstrong, ce coquin de Cab s’est forgé une jeunesse éternelle à tival recommandent l'utilisation des corridors souterrains de la Place des Arts.Bonne idée.Sous l’amphithéâtre Canadien, le vétéran Guy Nadon a aussi attiré, beaucoup de monde dimanche soir de même que le groupe français Bratsch qui, au Complexe Desjardins, a réussi une salade suave et lâh-cinante avec des notes à la fois sMJ ves, judéo-mauresques et tziganes.Il a joué en supplémentaire lundi soif.’ Plus loin, à la Place Fred-Barry.un Maurice Vaughn Blues Band dé?chaîné a électrisé le public en inStif fiant à ce square, enfin extirpé tfé' l’oubli, une atmosphère woodsfoc-kienne.J • • - Ces performances gratuites sqqj, souvent courtes, mais elles permettent d’arpenter activement la cité rtu jazz où règne une harmonie paisible et rare.La 12e édition du festival connaît un excellent début, une température clémente, un esprit de coh-corde et un achalandage fort satisfaisant.Depuis vendredi soir, on calcule déjà près de 400 000 entrées.Dans l’ensemble, la mécanique d.if festival va comme sur des roulettes, les festivaliers sont contents, la magie opère, l’amabilité règne et les incident s sont à peu près inexistants.Un bon cru s'annonce.grandes bouffées d’herbes illicites).Et l'on se mit tous à jouir de ce que Cab n'a jamais cessé d'offrir : une véritable revue dont la formule; inchangée depuis les jours glorieux du Cotton Club, nous apparaît d’autant plus efficace que nos scènes en Sont d’ordinaire privées.Un revival au présent de l'indicatif qui, contfai-rement à la litanie de succès-sotlve-nirs d'un Ben E.King, échappait à la nostalgie.Avant d’entonner les hi-de-ho de son hymne Minnie The Moocher (1931 ! ).Calloway aura donc mené sa revue, ce qui revient à dire qu’il aura chanté, dansé, rigolé, épaté, dirigé son big band, présenté sa fille Chris, (qui s'est révélée à la fois digne de papa et de Billie Holiday, dont le God Bless The Child n’a pas trop souffert de la comparaison), partagé avec elle un dumping .five époustouflant, introduit les claquettes des fabuleux frères Faruma et Floyd Williams, héritiers directs des Nicholas Brothers, et chanté encore (entre autres, un magnifique Stormy Weather), tout en souriant de son immense sourire.C’est d’ailleurs là que Calloway et King se rejoignent.Leurs mâchoires s’ouvrent aussi largement que leur coeur.Fumer, c’est gaspiller Argent et santé B.E.King et Cab Calloway, deux conceptions du revival h 12 ¦ Le Devoir, mardi 2 juillet 1991 EDITORIAL est-elle compromise ?C£T £T£y y Jr ;PEV/£N$ | ÎHP£P£NPMfà /N //tV Maurice Tourigny La raison des alarmistes La réforme LE REPORT de l’adoption du projet de loi 120 soulève beaucoup d’inquiétude dans le réseau de la santé et de services sociaux, déjà en proie une certaine nervosité, cette sorte de trac qui précède le lever du rideau les soirs de grande première.La réforme serait-elle compromise ?Ici et là, la question se pose depuis que le gouvernement a annoncé sa décision de suspendre le débat jusqu’à la fin du mois d’août et d’entamer avec les porte-parole de la profession médicale des négociations intensives — derrière des portes closes et bien matelassées qui étoufferont les éclats de voix.Trois associations d’établissements, toutes du secteur « social », se disent « déçues de l’évolution de la situation ».Dans un communiqué conjoint, les C LSC, les centres d’accueil et les centres de services sociaux réaffirment leur appui au projet de loi 120 qui, « malgré certaines imperfections», a du moins le mérite de s’attaquer aux lacunes et aux causes réelles des problèmes de santé et de bien-être.Même son de cloche du côté de l’Association des directeurs généraux.Ces derniers sont encore sous le coup de la douche écossaisse que le ministre leur a fait subir, tout juste avant l’ajournement d’été, en ramenant sur le tapis la question de la « certification » annoncée dans son livre blanc.Ils n’en constatent pas moins « avec inquiétude et tristesse que le projet généreux d’assurer une meilleure accessibilité de la population aux soins de santé et aux services sociaux est en train de se transformer au point de perdre tout son sens ».Pressant le gouvernement d’assumer le leadership de la situation, les directeurs généraux réclament le maintien de quelques mesures jugées essentielles, sans lesquelles « il ne resterait de l’inspiration originelle qu’une vaste réforme structurelle dont nous pouvons faire l’économie ».Ils n’en souhaitent pas moins que le répit que le gouvernement s’accorde lui permettra de trouver le discours nouveau, l’attitude nouvelle « qui feraient des adversaires d’aujourd’hui (les médecins), les collaborateurs obligés de demain ».Une coalition abonde dans le même sens.Regroupant trois centrales syndicales, la Fédération des infirmières, l’Union des producteurs agricoles, l’Union des municipalités régionales de comté et plusieurs groupes de promotion des intérêts des consommateurs, des malades, des personnes handicapées et des retraités, cette coalition s’en prend à une publicité « pas toujours hon- Monsieur le ministre, ne cédez pas ! MONSIEUR PAGÉ, de nombreux signes nous confirment que nous sommes actuellement menacés d’une nouvelle et très forte offensive de la part de certains milieux anglophones contre la Loi 101 et, plus précisément, contre les articles de cette loi qui gouvernent la scolarisation des enfants de l’immigration internationale.(.) À la vérité, cette offensive n’est pas nouvelle.Elle n’est que la plus récente charge contre le Québec français et sa Loi 101, elle n’est que la plus récente expression, chez certains dirigeants anglophones, de cette nostalgie du temps — pas si lointain, ne l’oublions pas — où l’anglais jouissait au Québec même de tant de force, d’assurance et de suffisance qu’il attirait vers lui à peu près toute l’immigration internationale, notamment les enfants de celle-ci.Hier, ces nostalgiques avaient imposé, dans les conditions que vous savez, la clause dite Canada.Mais cela ne leur suffit pas.Voici qu'ils réclament ce qu’ils appellent la clause « anglophonie mondiale » et qui, à toutes fins utiles, leur permettrait de confisquer, à notre détriment et à leur avantage, l’essentiel de l’immigration internationale.Cela ne doit pas arriver.Céder là-dessus, ce serait contredire 25 années d’efforts collectifs.Céder là-dessus ce serait accepter que se modifient à notre détriment les équilibrés démographiques à Montréal.Céder là-dessus, ce serait accepter que l’étranger qui arrive aujourd’hui restera à jamais étranger à notre langue, à notre peuple, à nos enfants.Céder là-dessus, c’est nous préparer à tous des lendemains bien tristes.(.) Monsieur le ministre, ne cédez pas ! Le peuple du Québec ne l’accepterait pas.Pour notre part, nous du Mouvement Québec Français, nous les dix grands organismes qui composent le Mouvement Québec Français, nous nous opposerions à ce nouveau et très grave recul avec la dernière énergie.Au nom de l’idée que nous nous faisons du Québec et de son avenir.Guy Bouthllller Montréal, 18 juin 1991 La méprise de Af.Hains LA RAISON D’ÊTRE du Bloc québécois, c’est d’éliminer toutes les confusions qui peuvent résulter de notre système électoral fédéral : une légitimité québécoise à Ottawa et une autre à Québec.Les Québécois à qui ne sont proposés que des fédéralistes lors d’élections sur la scène fédérale n’ont guère de choix.Ils choisiront des fédéralistes, et parmi ceux-ci des carriéristes qui feront tout pour sauver leur emploi et leurs privilèges.Parce que ces fédéralistes ont été élus par les Québécois de la même façon que ceux-ci ont élus leurs représentants à Québec, le problème de la double légitimité se pose.L’objectif du Bloc québécois est de clarifier ces choses.Le choix sera offert aux Québécois de voter pour l’orientation qui leur convient, et ce sur toutes les scènes.Finie la nête » qui a tout de même « fait vaciller le Québec » et déplore le fait « pas très démocratique » que les médecins, et non plus les usagers, soient devenus le centre de la réforme.Tout ce monde réaffirme son appui à un projet qui vise à corriger les lacunes du système : trop grande centralisation, pénurie de médecins dans certaines régions, insuffisance de la représentation des citoyens, caractère inéquitable de la répartition des ressources qui limite l’accès aux services.Même requête unanime demandant au gouvernement de ne pas retraiter sur les dispositions du projet de loi déjà adoptées en commission parlementaire, articles qui « ne peuvent être soumis, pour aucune considération, à la négociation avec les médecins ».Le communiqué conjoint des L'axe hôpitaux /médecins pourrait faire toute la différence trois associations d’établissement « sociaux » précise même que « les points suivants, quant à nous, sont non négociables : plus grande participation des citoyens au sein des conseils d’administration ; meilleure répartition des effectifs médicaux dans toutes les régions et dans les établissements, notamment par l’agrément des médecins voué à pallier notre impuissance à assurer la présence des médecins ; régionalisation des budgets de la Régie de l’assurance-mala-die».Dans ce concert, l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ) fait bande à part.Elle reste sur son quant-à-soi.Ne partageant pas les mêmes appréhensions, elle félicite le ministre d’avoir « fait preuve de sagesse et d’ouverture en retardant l’adoption du projet de loi ».Tout reste négociable, dit l’AHQ qui ne s’opposerait pas à ce que le gouvernement, dans ses discussions avec les médecins, revienne sur certains articles déjà paraphés, particulièrement ceux qui ont trait à l’organisation et à la gestion des hôpitaux, à une condition cependant : que cela ne se fasse pas sans que l’association n’ait été mise dans le coup.Le directeur général de l’AHQ, tout en redisant son accord avec les principes de la réforme, rappelle que double légitimité.Fini le temps où au nom des Québécois, des députés libéraux sur la scène fédérale votaient en faveur d’une entente constitutionnelle, alors que les deux partis politiques représentés à l’Assemblée nationale du Québec s’y opposaient.Il me semble, en conséquence, exagéré d’écrire, comme le fait M.Hains (LE DEVOIR, 21 juin), que « d’envoyer à Ottawa 75 Lucien Bouchard ou 75 Jean Chrétien » ne change rien à l’affaire.Au sujet de l’idée selon laquelle on ne peut oeuvrer en politique sans aspirer à prendre le pouvoir, nous pourrions être en accord avec M.Hains, si le Bloc québécois se voulait un parti traditionnel.Ce n’est pas le cas.Un parti qui veut durer doit aspirer au pouvoir, ou tout au moins être en mesure d’exercer une influence notable sur celui-ci.Mais, répétons-le, l’objectif du Bloc québécois est de lever l’ambiguïté résultant de notre système de représentation et de ce fait, permettre au Québec d’être politiquement fort et uni.Pour que le Québec ne parle que d’une seule voix.Et pas pour toujours : le temps d’accéder à la souveraineté.Il n’est donc pas obligé d’exercer le pouvoir.M.Hains semble trébucher sur le terme de « parti » et sur sa définition.Le Bloc québécois n’est pas devenu un parti pour faire plaisir au Petit Robert, au Larousse ou à Maurice Duverger.Il est devenu parti au sens de la loi électorale, uniquement pour les avantages que lui procurent cette loi.Il n’est pas un parti au sens traditionnel du terme.Pour permettre une meilleure compréhension de la réalité à M.Hains, peut-être vaudrait-il mieux substituer le mot « alliance » à celui de « parti ».Paul-André Martineau Montréal, 22 juin 1991 Un don payant UNE DÉPÊCHE récente de la Presse canadienne intitulée « Ambassade cherche nouvelle vocation » faisait allusion à l’avenir incertain l’édifice de l’ancienne ambassade canadienne à Washington.Cette ambassade est située sur la magnifique avenue Massa- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice USE BISSOMMETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descoteanx Directeur délégué à I administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l’information Pierre Cayouettè, Jacques Chabot, Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS « celle-ci ne saurait se faire sans une étroite participation du corps médical ».« L’efficience recherchée, dit-il, est tributaire de la qualité des relations entre les médecins et les directeurs d’hôpitaux.Sans cet indispensable partenariat et compte tenu des inévitables considérations budgétaires et de l’importance de la mission des hôpitaux, la bonification des services aux citoyens sera difficile voire impossible.» Sans tomber dans la paranoïa, comment ne pas voir pointer l’oreille de l’axe hôpitaux/médecins qui, il y a vingt ans, avait fortement pesé sur la formulation finale du projet de loi sur les services de santé et les services sociaux mise de l’avant par M.Claude Caston-guay et, il y a dix ans, sur les amendements à cette même loi proposés par M.Pierre-Marc Johnson.Dans les deux cas, en 1970 comme en 1981, le gouvernement avait dû passer sous les fourches caudines des deux plus puissants « acteurs » du « système ».Les négociations se poursuivront I donc avec les médecins pendant les mois de juillet et août.À en juger par le point de presse de M.Marc-Yvan Côté à la mi-juin — et par la lettre qu’il a expédiée à tous et chacun des médecins, le nombre de points de désaccord s’esl sensiblement réduit au cours des dernières semaines.Le ministre aime à dire qu’il ne reste plus qu’un « os » — mais il est de taille.C’est sur cet os que tout se jouera.En faisant l’hypothèse que les médecins jugeront satisfaisantes les concessions faites jusqu’ici par le ministre (ces concessions portent sur la participation des médecins aux instances décisionnelles, sur l’organisation de la pratique médicale en milieu hospitalier : maintien des postes de directeur de services professionnels et de chefs de département clinique, obligation faite à l’hôpital d’avoir un département de médecine générale.), il resterait à trouver un modus vivendi autour de ce que les médecins appellent leur liberté d’installation qui, comme chacun sait, entre en conflit avec le droit de tous les citoyens du Québec à un accès (relativement) égal aux soins médicaux, généraux, spécialisés et même (dans une certaine mesure) ultra spécialisés.Tel est le quoi sur lequel le gouvernement devrait s’interdire tout recul.Reste le comment où la discussion estivale pourrait conduire à des arrangements dont il s’imposera de faire un essai loyal.JEAN FRANCOEUR chusetts et est adjacente au SAIS, le School of Advanced International Studies de l’Université Johns Hopkins.Cette faculté a une réputation internationale et fait face au fameux Brookings Institute.Le Canada n’est pas réputé pour sa générosité vis-à-vis des Etats-Unis.Pourtant, depuis plus de 50 ans, combien d’étudiants canadiens dans toutes les sphères et en particulier dans les sphères scientifiques et médicales ont bénéficié de l’aide soit du gouvernement américain, soit des fondations ou des institutions américaines ?Combien de Canadiens ont bénéficié d’importantes subventions des Instituts nationaux de la santé et des fondations américaines ?Le SAIS a un besoin aigu d’expansion et l’addition de cet édifice où logeait notre ancienne ambassade canadienne serait un atout incalculable pour l’Université Johns Hopkins qui pourrait y loger, en lui donnant encore plus d’importance, sa division d’études canadiennes.Un tel don de la part du Canada favoriserait une des plus grandes universités américaines reconnue dans le monde pour son excellence et la qualité de ses recherches, et serait un atout important pour l’intensification des relations canado-américaines et cela en contact direct avec tout l’appareil gouvernemental américain.Un tel don serait « payant » à court et à long terme pour le Canada.Jacques Genest Montréal, 10 juin 1991 s.o.s.MADAME la ministre Barbara McDougall, des pluies diluviennes ont fait plus d’une centaine de morts et de nombreux disparus et blessés dans plusieurs régions du Chili, notamment à Antofagasta.Des tonnes de boue ont dévasté des bidonvilles situées sur les collines de cette ville du nord du pays, engloutissant les maisons et charriant les véhicules jusqu’au centre-ville.La coulée de boue a endommagé ou détruit plus de 5000 maisons et laissé 30 000 sans-abri.Le fleuve de boue a atteint une hauteur d’un mètre dans certaines rues.Les hôpitaux et les médecins sont insuffisants pour soigner les gens.Par la présente, nous voulons demander au gouvernement canadien d’apporter une aide d’urgence aux victimes de cette catastrophe, presque toutes des personnes démunies.Selon les informations que nous avons reçues du Chili, il faut envoyer à la zone sinistrée des tentes, des couvertures, des médicaments et des matériaux de construction.La communauté chilienne du Québec est très préoccupée par la situation des personnes affectées par cette catastrophe.Nous ferons tout ce qui est possible pour assister nos compatriotes et pour sensibiliser les Québécois et les Canadiens à la nécessité de faire parvenir leur aide généreuse aux victimes de cette calamité.Osvaldo Nunez Joie Del Pozo Janet Gonzalez Joie Vellz Montréal, 21 juin 1991 JE ME SUIS toujours méfié des alarmistes ; leurs hauts cris, leur indignation publique, leurs « Oyez ! Oyez ! la fin du monde est proche » ne cachent souvent qu’un dévorant désir de pouvoir, un intérêt pécuniaire quasi criminel, un besoin maladif d’afficher une fausse supériorité morale.J’ai vu trop de gueulards se taire aussitôt leur cupidité assouvie pour m’inquiéter de chaque voix qui s’élève, de chaque poing qui s’abat sur une table.Pourtant, tous les matins en buvant mon café au lait et en lisant mon New York Times, je me tracasse : la métropole américaine et le reste du pays sont dans un bien curieux état.Il est peut-être temps de sonner l’alarme ! À Manhattan, on prend pour acquis les pots cassés, comme s’il n’y avait rien à faire, comme si personne ne pouvait recoller les morceaux.Le nombre de sans-abri augmente chaque jour ; les commerçants de drogues assiègent des quartiers complets et prennent en otage leurs habitants dépassés et impuissants ; les forces policières corrompues administrent un système pénal parallèle au service du racisme, des préjugés et de la haine, les ravagés du sida traînent leurs corps décharnés espérant une aide financière d’abord et un miracle ensuite.PENDANT ce temps, on fête à coup de millions les vétérans des guerres de Corée, du Vietnam et d’Irak ; pour eux, on ne ménage aucune parade, aucun monument ; on les déclare même héros nationaux.Pendant ce temps, George Bush voit la Chambre entériner son budget de 8,5 milliards alloués à diverses constructions militaires.Pendant ce temps, l’Église catholique refuse les sacrements à des groupes qu’elle juge indésirables.Pendant ce temps, la télévision nationale remplit sa grille horaire de balivernes qui plaisent aux commanditaires, de pseudo-émissions d’information à la gloire de la police, de programmes grossiers qui évacuent toute question politique.Pendant ce temps, John Sununu voyage à mes frais à bord des avions de l’armée nationale pour enrichir sa collection de timbres.Pendant ce temps, George Bush bloque les projets de loi du contrôle des armes parce que les associations de marchands et de fabricants d’armes contribuent grassement à la caisse électorale.Pendant ce temps, la Cour suprême des États-Unis passe entre les mains de la droite et interdit qu’on parle d’avortement dans les cliniques subventionnées par l’État.Qui donc stoppera cette effrayante machine ?Qui essaiera de soulager la population ?Qui donc a intérêt à maintenir les maux dont souffrent non seulement New York mais la plupart des villes américaines, petites et grandes ?Qui perpétue cet abject mensonge, cette trahison organisée ?La faute est partagée, mais quand George Bush vient dire aux Américains : « L’Amérique se dirige vers une société sans drogue », il passe pour le premier des menteurs.À New York, a Chicago, à Los Angeles, à Detroit, on n’a plus la force de rire de ses clichés et de ses grimaces d’homme « en contrôle », on se demande bien de qui il est devenu la marionnette.« Mais les Américains ont élu ce gouvernement et à deux occasions ! » me répondrez-vous.C’est vrai, mais on sait à quel point il est facile de manipuler l’opinion publique.À ceux qui parlent de racisme, d’oppression et d’inégalités, on répond par une jolie historiette du type « a thousand points of light ».Quand on soulève la possibilité d’une entente entre Ronald Reagan et le gouvernement iranien pour retarder la libération des otages de Téhéran en 1980, George Bush souffre soudainement de fibrillation cardiaque et la presse n’en a plus que pour la santé du président.Lettre de New York m Quand des artistes accusent des sénateurs de censure et d’atteinte à la liberté d’expression, on démarre une campagne en vue de modifier la Constitution pour interdire de brûler le drapeau.Quand les observateurs internationaux publient les chiffres réels des victimes en Irak, les chars d’assaut et les soldats défilent dans les rues de Washington et de New York à la joie de la télévision.« Une Amérique plus forte », « un drapeau revalorisé », « A New World Order » ! Il est si simple de rallier les foules sous la bannière de quelques principes vagues et creux, de créer un patriotisme scabreux et sectaire en flattant ceux qui bossent dur pour manger leurs trois repas par jour.MERICAN » et un-American » sont devenus les épithètes magiques ; décrivent toutes les réalités, tous les actes et tous les individus ; rien ni personne n’y échappe.Quand je vois tout cela, parfois j’ai peur et je me demande si nous avons compris les leçons d’une histoire pas si lointaine.J’ai peur quand je vois un ex-grand manitou du Ku Klux Klan devenir candidat à la chefferie des Républicains de Louisiane.J’ai peur quand je vois le débat sur l’avortement oublier l’affliction des adolescentes mères célibataires des ghettos.J’ai peur quand je vois le cardinal John O’Connor de New York s’opposer violemment à la distribution de condoms dans les écoles secondaires.J’ai peur quand je vois que le vendeur de crack du Lower East Side compte parmi ses meilleurs clients des hommes et des femmes en complet veston, mallette à la main.J’ai peur quand je vois que tous les petits escrocs cachent un revolver dans leur veste.J’ai peur quand je vois que tous les épiciers cachent un revolver derrière leur comptoir.J’ai peur quand je vois la mendiante assise sur le trottoir au pied de mon building perdre du poids de jour en jour.J’ai peur de la violence, de l’indifférence, de l’intolérance et je ne suis pas le seul.Et souvent je me dis que les alarmistes ont peut-être raison.Et souvent il me prend le goût de parler très fort, de fermer ma main en poing et de frapper sur la table.LETTRES AU DEVOIR
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