Le devoir, 2 août 1991, Page(s) complémentaire(s)
Montréal Communications Design at graphisme Relation! interculturelli Bélan Toronto 85 cents 65* - TPS - TVQ Volume LXXXII — No 177 ?Ensoleillé avec passages nuageux.Max.: 27.Détail page 6.Montréal, vendredi 2 août 1991 SOCIÉTÉ L’Irak, puissance régionale sous tutelle internationale Lorsque l’armée irakienne a envahi le Koweit le 2 août 1990, ni Saddam Hussein ni ses futurs ennemis ne pouvaient imaginer l’ampleur que prendrait cette crise.En sept mois de guerre, l’équilibre des forces au Proche-Orient s’est modifié alors que l’Irak se retrouve sous tutelle internationale.Jocelyn Coulon dresse le bilan d’une crise exceptionnelle.Page 11 Bush met en garde les républiques d’URSS contre l’isolement KIEV (Reuter) — Le président George Bush, qui effectuait hier une visite de six heures à Kiev, y a mis en garde les républiques soviétiques contre la tentation d'un isolement « sans espoir ».leur a demandé de coopérer avec le président Gorbatchev et a souligné qu’il n’était pas question pour Washington de prendre parti entre elles et le Kremlin.Dans un discours prononcé devant le Parlement ukrainien, au pied d’une gigantesque statue de Lénine, le président des États-Unis a déclaré que son pays soutiendrait les réformateurs économiques et politiques des républiques et du pouvoir central.« Nous ne tenterons pas de définir les vainqueurs ou les vaincus d’une compétition entre les républiques, ou entre les républiques et le pouvoir central », a-t-il dit avant de mettre en garde les républiques séparatistes contre une fragmentation de l'Union soviétique.Le président a favorablement commenté le projet de nouveau traité de l’Union sur lequel repose toute la politique intérieure de Mikhaïl Gorbatchev.Le document, élaboré entre celui-ci et les dirigeants de neuf républiques, augmenterait considérablement les pouvoirs de ces dernières.« L'accord neuf-plus-un, a-t-il dit, offre aux républiques l'espoir d’associer une plus grande autonomie à une plus grande interaction volontaire (.) plutôt que de poursuivre le cours sans espoir de l’isolement.» A ce point de son intervention, George Bush s'est légèrement écarté de son texte, dont copie avait précédemment été remise à la presse : la version originale parlait en effet du « cours suicidaire de l’isolation ».Washington souhaite étendre et élargir ses relations avec les 15 républiques soviétiques, a ajouté le président, en prenant bien garde de ménager la susceptibilité de Mikhaïl Gorbatchev.« Certaines personnes ont exhorté les États-Unis à choisir entre un soutien au président Gorbatchev et un soutien aux dirigeants indépendantistes répartis en URSS.J’estime que c’est un faux problème », a-t-il dit.« Nous ne soutiendrons pas ceux qui proposent un nationalisme suicidaire fondé sur les haines raciales », a-t-il ajouté.Au-delà du cas de l’Ukraine, la montée des nationalismes et des velléités indépendantistes en Union soviétique a totalement dominé la visite de George Bush à Kiev.Le ton avait été donné dès l’aéroport : l’allocution de bienvenue du président Léonide Kravtchouk avait été prononcée en ukrainien, sans traduction en russe malgré la présence du vice-président soviétique Guen-nadi Yanaiev.Il y avait défendu la cause de la souveraineté.Dans la terminologie soviétique, ce mot implique non pas une indépendance totale, mais une autonomie au sein d’une confédération soviétique assouplie.L’Ukraine constitue un cas particulier en URSS : c’est la république la plus puissante de l’Union après la Fédération russe, et Léonide Kravtchouk a réussi à y rallier une population très disparate à sa politique autonomiste, malgré l’audience importante du mouvement indépendantiste Rukh.« Nous tenons à souligner que toutes les personnes qui sont venues ici représentent des tendances politiques différentes », avait-il dit au président des États-Unis en lui présentant les parlementaires.« Mais elles sont toutes unies par la grande idée de la souveraineté de l’Ukraine et du développement de l’État ukrainien, par son désir d’être maître de son propre destin.» Après Boris Eltsine, Léonide Kravtchouk est le champion du régionalisme en URSS.Le président des États-Unis, dont Voir page 4: Bush Shamir dit oui à la conférence La participation d’Israël dépendra de la représentation palestinienne JERUSALEM (Reuter) - Yitzhak Shamir a annoncé hier qu’Israël participerait à la conférence de paix sur le Proche-Orient que les États-U nis et l’Union soviétique se proposent d’organiser en octobre — a condition d’obtenir satisfaction sur l’épineuse question de la représentation palestinienne.Le premier ministre israélien a fait cette annonce au sortir d’un entretien avec le secrétaire d’État américain James Baker, arrivé hier à Jérusalem au début d’une sixième mission de paix au Proche-Orient depuis le mois de mars.« Voilà le oui que nous espérions de la part des Israéliens », a déclaré J âmes Baker, présent aux côtés de Yitzhak Shamir, tout en reconnaissant qu’il restait beaucoup de travail à accomplir.Yitzhak Shamir a précisé que son accord à une participation israé- lienne dépendait encore de la nature de la représentation palestinienne à la conference de paix.« Nous avons par conséquent ex-rimé notre disposition à participer des négociations conformément à la proposition américaine, (ceci étant ) sujet à une solution satisfaisante de la question de la représentation arabe palestinienne au sein d’une délégation jordano-palesti-nienne, et je recommanderai à notre gouvernement d’approuver cette proposition », a déclaré le premier ministre.James Baker a reconnu qu’il restait à trouver une formule quant à la nature de la représentation palestinienne.« J’ai cru entendre le premier ministre dire qu’un règlement satisfaisant devait être trouvé à ce sujet.Quand je dis qu'il reste du travail à Voir page 4: Shamlr 9 mm «auOMBM" ¦MMR | $PP£: mm ÿ'Mêi iHNpLAV, ' .A x: I.iü mmm PHOTO PC T t * tlh mmm T-h .- ¦¦ ¦; - J i Du golf d’Oka au golf de Kahnawake Des Mohawks et des gens d’affaires non-autochtones se sont mesurés sur les links, hier, a l occasion d un tournoi de golf amical organisé sur la réserve de Kahnawake.Un an après la crise amérindienne qui, ironiquement, tire origine d'un conflit au sujet de l'agrandissement d’un golf, l’evenement avait pour but d'amorcer la réconciliation des deux communautés.La ministre d'État aux Affaires indiennes, Monique Landry (à l'arrière-plan), et le chef du Conseil de bande, Joe Norton, s’y sont côtoyés.Toutefois, aucun représentant du gouvernement du Québec n’y était.Ghiz appuie les efforts du comité de Joe Clark CHARLOTTETOWN (PC) - Le premier ministre Joe Ghiz a lancé un appel au Canada anglais, hier, pour qu’il reconnaisse le caractère distinct du Québec.Le premier ministre de l’île-du-Prinee-Êdouard venait d’avoir un entretien d'une heure avec M.Joe Clark, ministre fédéral des Affaires constitutionnelles, oui tient des réunions de son comité sur l’unité pendant deux jours à Charlottetown.Appuyant la démarche du gouvernement fédéral dans le débat constitutionnel, M.Ghiz a suggéré à M.Clark de placer la société distincte au centre des propositions d’Ottawa.« Selon moi, a déclaré le premier ministre prince-édouardien, les Canadiens hors Québec doivent accepter la reconnaissance du Québec comme une société distincte., parce que le Québec a besoin d’outils spéciaux pour protéger la langue et la culture uniques de 6,5 millions de personnes, dans une mer de 275 millions d’anglophones en Amérique du Nord.» M.Ghiz était un chaud partisan de l’accord du lac Meech, oui aurait justement reconnu le Québec comme une société distincte.L’entente a été principalement rejetée, l’an dernier, a cause de cette clause.Kn plus du cas du Québec, a souligné M.Ghiz, le gouvernement fédéral devrait se pencher sur des sujets comme le développement économique régional, la désaffection de l’Ouest, la réforme du Sénat, la participation des leaders des territoires au dialogue national et les droits des autochtones.Je crois, a déclaré M Ghiz, que les Canadiens doivent ouvrir leur coeur et essayer de se mettre dans la peau des gens qui vivent dans d’autres régions du pays.« Je suis optimiste, parce que je crois que les Canadiens veulent sauvegarder ce pays.» En réponse, M.Clark n’a pas manqué de remercier M.Ghiz pour les suggestions qu’il lui a faites.« J’apprécie beaucoup, a-t-il dit, l’appui positif que le premier ministre Ghiz et le gouvernement de l’île-du-Prince-Édouard ont donné aux démarches entreprises pour essayer de maintenir le pays uni.» M.Clark a ensuite participé avec ses collègues du comité sur la constitution à une réunion qui a duré cinq heures.Il s’est réfugié derrière le secret ministériel pour refuser de préciser la teneur des débats.Le lieutenant québécois du premier ministre Mulroney, Benoit Bouchard, a toutefois indiqué que l’am-Volr page 4: Comité Les conservateurs du Québec en voie de faire reconnaître le droit à l’autodétermination Chantal Hébert ___________ de nolle bureau d'Ottawa LES MILITANTS conservateurs du Québec ont de bonnes chances de trouver assez d’appuis dans le reste du pays pour sortir victorieux d’une escarmouche sur le droit à l’autodétermination lors des assises nationales du parti la semaine prochaine à Toronto.Mais sur l’ensemble du dossier constitutionnel, il sera diffi cile de faire le pont entre leurs aspirations et celles des militants des autres provinces.Telles sont, à une semaine du congrès, les prévisions des présidenLs de deux des ailes provinciales du parti à l’extérieur du Québec, à savoir la plus importante en termes numériques, celle de l’Ontario, et la plus proche en termes linguistiques, celle du Nouveau-Brunswick.Bien expliqué, le droit à l'autodétermination du Québec que veulent faire reconnaitre les militants québécois à Toronto devrait passer la rampe du congrès, affirment-ils.Mais au delà de victoires symboliques à la pièce, les présidents de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick s’entendent pour dire qu’il sera difficile de trouver un consensus constitutionnel entre le Québec et le reste du Canada lors de ces assises.De telle sorte qu’ils s’attendent à ce que la question donne du fil à retordre au parti la semaine prochaine.« Ce ne sera pas plus facile de s’entendre entre conservateurs que ça l’est pour les Canadiens en général », prédit à ce sujet Glen Wright de l’Ontario.« Nous sommes un miroir de la société canadienne, affirme de son côté Émilien LeBreton du Nouveau-Brunswick.Il n’y a pas plus de consensus sur la constitution au sein du parti qu’au sein de la population.» Mais pour ce qui est du sujet très précis du droit à l’autodétermination du Québec, il s’agit là d’une réalité de la vie que le Parti conservateur fédéral ne peut faire autrement que d’accepter, affirment lesdeux présidents provinciaux.À condition, pré-viennent-il, que ce soit bien expliqué.Selon Glen Wright, la résolution qu’a soumise l’aile québécoise du parti à Toronto soulèvera en effet beaucoup d’interrogations parmi les délégués du reste du Canada.« Sans explications satisfaisantes, je ne m'attendrais pas à ce que les délégués de l’Ontario comprennent facilement le sens de cette résolution », affirme-t-il.Ne s’agit-il pas en effet du droit à la sécession ?, demande-t-il.La députée de Louis-Hébert, Suzanne Duplessis à entrepris de piloter la résolution sur le droit à l’autodétermination à Toronto.Entérinée à la quasi-unanimité par l’aile québécoise du parti au Mont-Ste-Anne l’automne dernier, elle a reçu la bénédiction tacite du premier mi- nistre Mulroney la semaine dernière alors qu'il a déclaré qu’il ne voyait pas comment on pouvait nier une évidence.Même à cela, plusieurs au sein du arti au Québec craignent de rentrer redouilles de Toronto.Pour parer aux coups et faire comprendre aux délégués du reste du pays l’importance symbolique de cette résolution, la députée de Louis-Hébert a écrit la semaine dernière à tous les présidents de circonscriptions du pays, leur demandant « un signe de confiance et de respect à l’égard du Québec ».Au moment où ils se sont entretenus avec LE DEVOIR hier, ni le président de l’aile ontarienne, ni ce- lui du Nouveau-Brunswick n’avaient pris connaissance de cette lettre ni du contenu de la résolution.( Règle générale, à l’extérieur du Québec, cette résolution n'a d’ailleurs jusqu’à présent à peu près pas soulevé d’intérêt.) Leur réaction était cependant sans équivoque.« Le Québec a toujours décidé de son avenir, affirme Emilien LeBreton.Il l’a fait en 1867 en devenant partie du Canada et encore en 1980 lors du référendum et il va continuer à le faire.» « J’ai toujours pris ce droit comme une réalité de la vie », convient son collègue Glen Wright, qui dit qu’il ne voit pas comment en bout de ligne le Voir page 4: Conservateurs MHKBaMHi CAHIER SPÉCIAL ÉDUCATION ET FAMILLE Aux yeux des Québécois et des Québécoises, la famille est la valeur la plus importante.Qu’en est-il exactement?Le Québec est-il engagé sur cette voie?Famille et éducation: les parents en demandent-ils trop à l’école?PARUTION LE 16 AOÛT DANS LE DEVOIR WIÊtÊNnÊÊIÊt9lltÊÊltHIÊBÊIÊKtÊÊtÊÊÊÊ9tÊÊÊÊÊÊÊIÊÊÊÊIIItÊNtÊÊtÊÊtMtlÊKKÊÊÊttÊMBMÊÊÊmNltaimÊtttlÊltKllÊBÊIÊKÊKÊÊMÊBÊtHMtÊtlllÊtÊMÊÊÊtttÊttlltltÊÊMÊÊÊtNÊÊtÊÊÊÊÊtBÊIINÊÊtÊÊtHMNÊtÊÊKtlÊÊtÊÊÊÊÊNIIÊKÊÊÊIÊiÊÊÊItÊÊII^ Réservation publicitaire: 842-9645 Date de tombée: 8 août 1 *
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