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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1991-08-10, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXII — No 184 ?Pluie Max : 20 Détail page A-8.Montréal, samedi 10 août 1991 2 CAHIERS 130 + TPS • TVQ Champistiy "LA PLUS GRANDE LIBRAIRIE FRANCOPHONE D'AMERIQUE" P.Vcnnat, La Presse tëtWL* 4.180 ST-DENIS, MONTRÉAL I l v\\ H2J 2L1 TÉL.(St4)844-2S87 le cahier du t • ameai M.Gilles Lefebvre, fondateur du Centre d’arts du Mont Orford.40 ans de musique à l’ombre de l’Orford Depuis quatre décennies, le Centre d’arts du Mont Orford est un lieu privilégié où « seuls les oiseaux et la musique ont droit de cité », comme le disait le poète Pierre Emmanuel.Marie Laurier rappelle l’histoire des 40 ans d’Or-ford et elle interviewe Gilles Lefebvre, le fondateur de ce « camp musical » devenu un haut lieu de la formation musicale au pays.Cahier B Les MRC attaquent la réforme Ryan devant les tribunaux Michel Venne de nuire bureau de Québec LES MUNICIPALITÉS régionales de comté (MRC) vont contester devant les tribunaux la constitutionnalité des dispositions de la réforme des finances municipales du ministre Claude Ryan qui les forcent à augmenter les taxes foncières pour payer les services de la Sûreté du Québec.Elles ont l'intention én outre de ne pas inclure dans leurs budgets de l'année 1992 les sommes qui seront exigées par le gouvernement du Québec pour le paiement des services de police.Elles attendront que la facture leur parvienne, au printemps prochain, adopteront un budget supplémentaire et émettront un compte de taxes spécial sur lequel sera inscrit que cette taxe est prélevée au nom du gouvernement du Québec pour le paiement des services policiers.Telles sont les deux principales recommandations adoptées hier à Québec par une assemblée spéciale des préfets de 80 MRC du Québec réunis sur l'initiative de leur regroupement.l'UMRCQ.Elles ont été communi- quées à la presse par leur président.M Roger Nicolet.Les préfets semblent avoir rejeté l’idée d'orchestrer un vaste mouvement de désobéissance civile, une hypothèse évoquée il y a quelques mois.Cependant, l’union suggère indirectement à ses membres de prendre prétexte des procédures judiciaires qui seront entamées pour verser les sommes exigées de Québec dans un compte en fidéicommis tant que la cause sera pendante, privant ainsi le gouvernement de ces revenus pour la durée du litige.L'union veut « accrocher le grelot ».dit M.Nicolet, pour sensibiliser les citoyens au fait que si leur compte de taxes foncières augmente, c’est la faute au gouvernement du Québec.Il s’agit d'une nouvelle tentative pour faire reculer le ministre des Affaires municipales.M.Claude Ryan.qui s’est montré à ce jour plutôt inflexible.Les préfets, qui ont combattu la réforme Ryan dans son ensemble, s'en prennent cette fois-ci plus précisément aux dispositions de la loi 145, adoptée en juin, qui prévoient que les municipalités de 5000 habitants et moins devront payer une Voir page A-4: MRC Une nouvelle démission secoue les conservateurs Les militants confirment le droit à l’autodétermination ; Pierrette Venne claque la porte au milieu des célébrations PHOTO PC .*> fri Le premier ministre Brian Mulroney et les délégués ont célébré avec faste l’adoption d’une résolution « confirmant » le droit à l’autodétermination du Québec.Après le vote, la ministre Monique Vézina et le député Guy Julien sont venus à la rencontre du premier ministre.Chantal Hébert Envoyée spéciale TORONTO — Le Parti conservateur fédéral a évité de peine et de misère les déchirements publics sur l’épineux dossier constitutionnel, hier, seulement pour s'échouer sur l’écueil de la démission d’un autre de Ses dé putés du Québec.Accusant son parti de manquer de sérieux en matière constitutionnelle.Pierrette Venne, représentante de Saint-Hubert, a en effet claqué la porte du Parti conservateur de Brian Mulroney.L'exécutif de son comté a également quitté en bloc le parti.Pierrette Venne annoncera la semaine prochaine si elle siégera désormais comme indépendante ou si elle se ralliera au Bloc québécois de Lucien Bouchard.Appelé par les journalistes à commenter la démission de M me Venne.le premier ministre Brian Mulroney a eu des propos durs et tranchants, peu après avoir rencontré son caucus.« Il n'y a personne de surpris Tout le monde est soulagé », a-t-il dit.Le départ en catastrophe de Pierrette Venne au beau milieu des assises nationales a complètement torpillé les projets du parti qui avait tout mis en oeuvre pour projeter l'image la plus unie possible sur le dossier constitutionnel.Quelques minutes plus tôt.le parti avait ainsi confirmé à la quasi-una-Voir page A-4: Démission La CSCE offre son assistance aux autorités de la Yougoslavie d'après l'AFP el Reuter PRAGU E - Les 35 pays de la CSCE ont demandé hier en conclusion de leur réunion d'urgence à Prague l'ouverture immédiate de « négociations sur l'avenir de la Yougoslavie » réitérant leur offre d'assistance sous forme d'une « mission de bons offices ».Après deux jours de travaux au niveau des hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères, la CSCE (toute l'Europe plus les États-Unis et le Canada) a demandé aux autorités yougoslaves d’ouvrir ces négociations « comme elles en ont exprimé l’intention » et ce « le plus rapidement possible, le 15 août au plus tard».Les 35 ont lancé un appel pressant à toutes les parties impliquées dans le conflit yougoslave leur demandant de « s'abstenir de tout acte de violence ou de force préjudiciable » à la reprise de négociations pacifiques.Soulignant que toutes les parties doivent agir dans le « plein respect des droits de l'Homme y compris ceux des minorités nationales », le comité de crise des 35 a réitéré sa proposition déjà formulée en juillet d'envoyer une « mission de bons offices » en Yougoslavie « afin de faciliter.si besoin, le dialogue » et les négociations sur l'avenir de la Yougoslavie.Belgrade avait accepté implicitement dans la matinée l'envoi en Croatie de la mission de contrôle du cessez-le-feu des Douze et son élargissement à des pavs membres de la CSCE.La Suède, la Pologne, la Tchécoslovaquie et le Canada doivent renforcer cette mission d’observateurs dont le nombre pourrait passer progressivement de 50 à 300 ou 400 personnes.selon des participants.Ces modalités n ont toutefois pas été discutées à Prague et elles doivent être arrêtées par les Douze en accord avec les autorités yougoslaves.La délégation yougoslave n'a par contre accepté qu'après de longues discussions le texte sur « l'assistance aux négociations sur l’avenir de la Yougoslavie », opération de soutien des Douze au processus de dialogue politique et de négociations pacifiques qui voit lentement le jour.Des pays de la CSCE pourront également participer à ces négociations, selon le consensus obtenu à Prague.Réticente à toute intervention « politique » de l'Europe dans ses affaires intérieures, Belgrade soutenue par Moscou a rejeté toute allusion à « l'inviolabilité des frontières internes » du pays, un passage que voulaient inclure plusieurs pays participants.« L'aide technique des Douze et des 35 sous forme de l'envoi d'observateurs est acceptable, mais nous sommes en train de lancer nous-mêmes le dialogue politique pour trouver une solution à la crise ».a déclaré aux journalistes Vladimir Pa-vicevic.le numéro deux de la délégation yougoslave.Voir page A-4: Yougoslavie Alain Pontaut n’est plus Kobert Lévesque LE .lot RNALISTE.romancier el dramaturge Alain Pontaut.qui signait des critiques théâtrales au DEVOIR.est décédé, hier à l'aube, des suites d'un cancer qui l'avait éloigné du métier il y a trois mois.À 65 ans, au bout d'une vie entièrement consacrée à l'écriture et la chronique culturelle.Alain Pontaut laisse le souvenir d'un témoin attentif et pondéré, qui fut l'un des premiers à explorer la richesse de l'oeuvre de Réjean Ducharme dans les années 60, et qui fut constamment à l'écoute des écrivains, des dramaturges, poussant lui-même la porte de la création pour quelques romans et quelques textes pour la scène.Né à Bordeaux en 1925.Alain Pon-laut avait adopté le Québec au début des années 60 après des études de lettres dans sa ville natale et à la Sorbonne, ("est Gérard Pelletier, disait-il.qui l'avait convaincu.au hasard d'un passage dans le cadre d’échanges culturels, de choisir le Québec et de s’établir à Montréal en lui offrant sur-le-champ un emploi aux pages internationales de La Presse où Pelletier était rédacteur-en-chef.Depuis 1962 jusqu'à aujourd'hui, Alain Pontaut allait devenir successivement journaliste, critique littéraire (à La Presse puis au DEMUR).directeur de collection (chez Leméae).romancier, poète, dramaturge.biographe (de René Lévesque), éditorialiste (au quotidien Le .Jour), tous métiers où il a exercé avec un art d’écriture précis el distingué son observation du Québec culturel, et politique.Ami de l’ex-premier ministre du Québec, René Lévesque, auprès de qui il avait agi comme conseiller culturel à son cabinet, nationaliste convaincu qui enrageait devant les manigances fédéralistes du référendum de 1980, Alain Pontaut avait signé chez Leméae en 1983 une biographie du leader politique.René Lévesque, ou l'Idéalisme pratique, un ouvrage qui a été réédite la saison dernière.Après avoir publié au Seuil, à Paris en 1960.une plaquette sur la Yougoslavie.Alain Pontaut allait publier à Montréal son premier roman, La Voir page A-4: Alain Pontaut Jbwir J?ans * 0^ HIM marque le centenaire de la mort d \rlhur Rimbaud.Dans un de ses poèmes.intitulé Roman.Rimbaud écrit .i >ri n'esl pas sérieux quand on a 17 ans.» LE DKYi il R.dans la foulée de la sérielle l éié dernier ( ( n été un enfant).a demandé à 11 écrivains un texte qui évoque cet âge de l'adolescence comme point de départ, point de fuite ou point d'arrivée d'une nom elle publiée chaque samedi à la une.Uijourd'hm.Lise Rissonnette, directrice du DEVOIR, qui travaille actuellement à un premier roman.Samedi prochain.Jean-François Chassay Lise Bissonnette IL AURAIT FALLU la porter avec des escarpins vernis, un rang de perles, et surtout des cheveux en torsade, de ceux qui se défont en bouclant jusqu’au milieu du dos.J’avais des souliers à talons hauts d’un noir mat fumé gris, des lunettes pointues, un collier de pierres du Rhin, et des mèches droites comme on les imaginait sous la coiffe des soeurs.J’eus l’idée de me jeter à l'eau, j’en cherchai en vain le désir.Sur son cintre de fer aux épaules maigres, la petite robe noire susurrait l'appel du péché.On allait voir.Elle avait été cousue à des milles du pensionnat, durant les vacances de Noël.J'avais eu droit à un patron Vogue, ma mère n’y consentait que pour les grandes occasions, mais nous faisions silence sur celle-ci.Vient un âge où l’on passe des taffetas au crêpe mou, je le voulais sombre, elle se contenta de me prévenir contre le repassage à l'endroit, qui fait lustrer les coutures.L’ourlet s’arrêtait juste sous le genou, la manche au coude, la seule ampleur était dans le corsage, un drapé sur une pointe encore inexistante.Au dernier essayage, mon frère avait sifflé.Les jambes, disait-il.n’étaient pas mal.Mais là.dans le placard de ma chambre-alcôve.Michèle la contemplait avec sa moue de connaisseuse.Elle maniait les garçons depuis longtemps et si je lui tenais tête, c'était par littérature.Jean-Jacques Rousseau était à l’index, je le citais dans le texte.Empruntées à la bibliothèque d’Ottawa qu'on n'osait plus nous interdire, ses Confessions passaient, sous mon oreiller, pour le premier ouvrage licencieux à avoir atteint notre dortoir.Je prétendais connaître aussi les amours de Claudel, et j’en inventais à Charles Péguy.J'impressionnais les lectrices de Seventeen, dont Michèle, qui ne se Robes débrouillait pas plus mal en latin.Ma robe noire fut décrétée trop sage.Je n’osais pas, il est vrai, raconter d'où l’image m’était venue.Celle de la femme de Yusuf Karsh, une beauté hiératique que j'avais frôlée en fin d'automne.La ville était si ennuyante en ce temps-là que même le photographe de Churchill fréquentait les concerts des Jeunesses musicales.Je faisais de la dictée mentale en écoutant les pianistes, une manie qui ôtait son âme à Chopin et me laissait libre d'observer le beau monde, où elle était unique.Si blanche dans la soie noire qu'on voyait à peine les perles à son cou.A l’entracte, je la vas incliner la tête vers un bonhomme dont le menton se perdait dans la cravate, couche molle d’une voix empêtrée dans l’accent : « Vouldvou come vith me see /.e artist afteûr ze concert ?» Elle avait l'insigne pouvoir de ne pas répondre, ou si peu que pas.Je m'étais voulue longue, souple, et inatteignable.Michèle en décidait autrement.J’avais évidemment voulu la robe noire pour qu'on me touche, et elle allait réparer la légère mélancolie de ce vêtement de base, par ailleurs d'allure assez féminine.En anglais, et en passant pour des excitées de H ull, nous avons d’abord acheté les chaussures rouges, et le sac assorti, après de longues explorations.Il ne restait plus de sous pour une permanente, que nous avons réussie maison.Les lunettes étaient impensables, le regard myope étant de toute façon plus seyant, et elle allait me prêter les boucles et le collier de faux or dont je devrais souffrir l'allergie.Le soir dit.elle trouva un brun et son ami pour nous amener au club Chaudière.Je n’étais pas laide, un croisement entre caniche et chatte siamoise bleutée, je me sentais floue et forte.« Tu es plus sensuelle que moi », décréta Michèle en se promettant d’emprunter la robe le samedi suivant.Nous prétendions aller au cinéma, un programme Voir page A-4: Robes PHOTO RICHARD-MAX TREMBLAY I ise Bissonnette JOHN IRVING UDLMI POUR (.HIPS' mm Still BRAZZAVILLE PLAGE WILLIAM BOYD 360 pages - 29,95$ L'AFFAIRE D.ou le crime du faux vagabond DICKENS, FRUTTER0 ET LUCENTINI aso pages - 29,95$ LIBERTE POUR LES OURS! JOHN IRVING 420 pages - 29,95$ noam BHE8BHI 1 Dickens I ruttCTO & l.ucciitiiii CP L’AFFAIRE D.«U II* CHIIU* du faux \agaboiui n iman Seuil / Le Devoir, samedi 10 août 1991 SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Robes double que l’aumônier fit semblant de vérifier.Le garçon fut niais comme l’aurait été Péguy au bal-musette.Il avait de grosses lèvres, un accroche-cœur, et la manie du main-dans-la-main qu’il gardait moite.Rien ne fut plus long que le trajet de retour, dont Michèle m’avait avertie d’accepter le rituel de fond de voiture.Je passai pour une future religieuse, en rêvant d'abandons de crêpes mous.J’eus l’idée de me jeter à l’eau, j'en cherchai en vain le désir.*** Le printemps m’arriva rue Sainte-Catherine.Une minceur sous les lainages, un reflet tiède sur une moto, un mauvais filet de violon par une fenêtre de Tourist Room, la poussière dans le sillage d’une ambulance.Je n’avais pas l'intention de me sentir provinciale longtemps.Des boutiquiers encore sombres poussaient leurs étalages jusqu'au milieu du trottoir : des séries de robes toutes pareilles sauf par la couleur du motif, pendues serrées sur des tiges au bout desquelles flottait un carton griffonné au feutre : 5.00 $ each/chaque.Dans des odeurs de plastique et d’hiver sûn, coincée dans un placard où une moitié de miroir dépassait des emballages, j’en essayai une qui bougeait comme le jour même.Des pastilles vertes s’échiffaient dans la trame grise, l’encolure était ronde, la manche courte, et la taille à peine prise dans une ceinture de plastique, fine torsion du même vert.Droite et sans un pü, elle tombait comme du jersey, et c’en était.De demi-saison, me disais-je en m’écoutant en silence.C'est fluide le jersey, on grandit quand on y coule, et ses trois consonnes râpent la peau.On se sent comme Michelle Tisseyre recevant au jardin, les premiers soirs moins frais.« Je t'apporte une veste ?» — « Non, un autre doigt de porto peut-être.» Et le bras de l'homme effleure l’épaule en versant.Il sera toujours temps de rentrer.J'eus l'idée d'avoir vingt ans, j'en défaisais d’avance le plaisir.Le petit homme moustachu surveillait et le trottoir et la boutique, il ne vit rien de ma beauté, qui se camouflait à nouveau sous un manteau d’hiver au moment de payer.Le jersey, c’était pour d'autres yeux, et le soir même.Le sac fut léger, léger, jusqu'au coin de la rue.Car il y a des limites à la frivolité et j’avais cinq dollars de moins pour l'inattendu, une librairie qui étalait aussi son affaire au soleil.Je traînai longtemps à feuilleter les pamphlets des Éditions du Jour, qui gueulaient des colères inconnues autour de mon pensionnat d'Outaouais.La porte était ouverte et j'osai me rendre jusqu'à la première section des rayonnages qui se perdaient dans une pénombre de midi.Le libraire fut accorte, et moi terrorisée par sa voix d'examinateur en quête d'élèves brillants.« ( >n apprend la philosophie à votre âge ?N'importe quoi je suppose ?» Je n'avais dit mot qu'il me confirma les limites du thomisme, une intuition que je croyais originale.Il m’en coûta un dollar et vingt sous pour la toute fraîche édition de poche de La condition ouvrière, le journal d'usine de Simone Weil, volume double sous couverture rouge et noire, sang et nuit.Monsieui lYanquille venait de me vendre mon premier livre digne de ce nom, et l'entrée chez les femmes de révolte, qui allait me mener aussi bien chez George Sand que chez Rosa Luxembourg.Mais je n'en étais surtout pas là.quoique d’attaque, mon livre et ma robe dans mon sac à documents.Au 101 Ouest boulevard Saint-Joseph, je fus la dernière des représentantes des régions à prendre place autour de la table où on allait débattre de la laïcité et du rapport Parent.Incollable sur le sujet, qui me servait à harceler un professeur de pédagogie, je serais muette devant les garçons dont certains étaient sur le point d'avoir rendez-vous avec Paul Gérin-Lajoie.Je rédigerais toutefois le communiqué, que seul LE DEVOIR reprendrait en l’abrégeant : « Par la voix de son président, la Presse étudiante nationale (PEN) affirme que la démocratisation de l’éducation doit rester l’objectif premier de la réforme.» On me remercia, en quittant les lieux pour des dîners à Outremont.Il ne restait plus que la classe moyenne, celle des opérateurs de Gestetner et des colleurs d’enveloppe, prête pour la virée en ville, promise depuis des mois.J'abandonnai Simone Weil et mes lainages, la robe collait tendrement — c’est infroissable le jersey.Le jersey pour le jazz, le jersey pour le genou offert sous la table. un maigre aux yeux bleus qui regardait ailleurs.Rue Peel, au deuxième étage, la trompette emboutissait le piano, la bière était aussi amère qu’illégale à mon âge.Et je plongeai a jamais dans l’atroce solitude de la femme manquée.Car ce que le maigre aux yeux bleus voyait tout autour, c’étaient des Juliette aux chandails noirs, aux jupes noires et aux bas noirs, les cheveux droits comme l’idée du désespoir, les cils charbonneux, et l’âme en enfer.Mes pastilles vertes me montaient à la gorge, et mes manches courtes me déshabillaient vive.Le soleil était tout à fait passé de mode.Je fus des heures, et une nuit, à souffrir du printemps que j’avais si mal lu.Simone Weil m’enseigna le lendemain, dans l’autobus du retour, le détachement des biens matériels.En vain.J'avais eu l’idée d’avoir vingt ans, et j’en avais défait d’avance le plaisir.?« Tu ne vas pas porter ça pour faire l'amour libre ?» Le cri de Rose-Aimée ne venait pas du cœur, mais de la gorge.Un battement de nerfs qu’elle avait féroces, exercés au scandale.Comme d’habitude elle s'adressait au plafond autant qu’à moi, avec sa façon de pousser l'enseignement et la morale du menton, de détenir de haut les tables de la loi.De nous toutes, elle était la seule à détenir aussi un garçon, un jéciste tout blême avec lequel elle pratiquait activement la pureté, et nous en transmettait la détestation.Devant les placards que nous vidions pour préparer les grandes valises de juin, elle rencontrait enfin le mal ailleurs que dans les sermons.Il s'étalait en une longue robe de nuit, dans laquelle une jeune femme pouvait mourir martyre ou vivre damnée : c'était selon l’idée que j’avais pu avoir en choisissant la percale d'un rose profond, et le corsage taillé à même une dentelle crochetée par une grand-mère jamais connue.Crème et satin, un ruban y serpentait pour fermer les coutures, et les vastes plis tombaient à la Joséphine de Beauharnois ou à la Sainte-Cécile patronne de la musique, c'était encore selon.Rose-Aimée me soupçonnait évidemment d'avoir conçu et fait exécuter cette merv eille pour d’autres fins que le sommeil dans l'élégance, d’autant que je ne l’avais jamais portée.Mais elle avait tort.Je l’avais voulue pour nen.pour une image, pour amener la beauté daas l’ennui des dortoirs.J'allais toutefois étrenner, enfin.J’avais rencontré depuis peu un jeune homme dont la timidité naturelle s’accommodait bien de ma volonté d’en finir avec les activités régionales.Il s'appelait Roger, je le lui pardonnais, et dans ses gestes lenLs on sentait l’instinct nécessaire à la pratique de l'existentialisme.Il était long et pensif, avec des yeux pers et des mains de pianiste.Il dessinait durant les réunions.Au cinéma il caressait mes doigts, dans la rue il me frôlait la nuque et disait plein de choses intelligentes sur l'inanité du monde.Il m'avait présentée à sa mère, une erreur.Son enthousiasme avait mus un peu trop de couleur dans les demi-tons de gris où nous faisions silence sur les sentiments.Il avait l'usage d'un appartement, chez, un ami à Montréal, et je m’v rendais le lendemain pour une dernière réunion avant les vacances.Il serait seul, il s’occuperait du vin, du fromage et des chandelles, nous allions dîner et dormir entre nous.Pas un mot n'avait été dit de plus.Mais jamais robe de nuit rose à corsage de dentelle ne fut aussi indiquée pour l'occasion.J’avais mis tout le dortoir dans la confidence, et sauf Rose-Aimée, on en avait convenu.« N’oublie pas le parfum ».s'était empressée Michèle.Elle me le prêtait avec une révérence nouv elle.Elle ne connaissait pas de garçons qui disposaient d'un appartement, j'étais la première à en passer le seuil.Quant à l'amour libre, il fallait avoir l'esprit tordu pour m'en menacer II restait tant de baisers à  Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Département d’histoire de l’art Un tour d’horizon en histoire de l’art COURS TELEVISES 1.L’héritage occidental, de l’Antiquité à 1865 (3 crédits) Jean-François Lhote 2.Introduction à la peinture moderne, de 1865 à nos jours (3 crédits) François-Marc Gagnon découvrir avant d’arriver là, tant de gestes à finir, tant de murmures à commencer.Je n'éprouvais que l’impatience d'une fenêtre à nous ouverte sur le bruit du boulevard Dorchester, d’une robe rose qui bouge tout au long, de l’amertume du vin, du silence où nous allions nous couler avant la nuit et ses heures qui seraient ce qu'elles voudraient.On les ouvrirait une à une.Ainsi ai-je franchi mes dix-sept ans et demi, tendue de rose, buvant du Iago espagnol, et devisant d’Auguste Comte dont j’avais fait la connaissance en même temps que de Roger.Il le tenait pour le père spirituel de Jean-Paul Sartre, et je faillis devenir vraiment amoureuse de ce grand garçon enseveli dans ses mots, qui me les accordait sans vanité.Nous avons parlé de tout sauf de nous, même en nous rapprochant dans le fauteuil bas que nous n’avons jamais osé quitter pour le grand lit de la pièce d’à côté.J’étais assez troublée pour palpiter un peu, j'auraLs dénoué un ruban, peut-être l'ai-je fait juste avant qu’il me dise enfin, quelque part dans mes cheveux, que son coeur était étrange et étranger.Il suivait du doigt la dentelle : « J’aime un garçon, nous sommes ici chez lui, je n’arrive pas à le quitter.» La joue creuse sous la lampe, le corps tendu, s’attendait-il à me voir glisser hors de lui, hors du lieu, hors de nous ?MaLs j'étais pleine de contentement.La nuit filait en douceur désormais.J’étais fascinée par cet aveu d'homme, je pénétrais bien plus loin que prévu dans l'interdit, je pouvais reporter les décisions de mon corps, qui n'était pas sérieux car il avait 17 ans.À l'aube nous sommes allés voir le soleil se lever dans la montagne.Les maringouins préparaient un jour humide, et un été pour de vrai.Nous nous sommes allongés dans l'herbe courte, je nous imaginais droits et impossibles comme Tristan et Yseult qu'un sabre séparait dans leur sommeil.Roger dérangea l'arrangement en posant la main sur mon ventre, il était aussi délivré que chaste, il pouvait toucher une fille.("est bien ce qui fit meugler le policier à cheval qui passait par là, et nous chassa du paradis terrestre, avec des mots aussi religieux que ceux de Rose-Aimée.Je lui dois le long baiser que mon faux amant déposa dans mon cou par défi, l'amour fut libre comme l'air qui dorait l'homme et la bête, nous avons ri.nous avions faim.La vie allait être irrésistible.quote-part pour financer les services de la SQ sur leur territoire.Au total.Québec pense recueillir quelque 69 millions $ par an par cette voie auprès de quelque 1300 municipalités.LT MRCQ veut tenter de démontrer devant les tribunaux que ces dispositions sont inconstitutionnelles, a expliqué M.Nicolet.L'union estime d'une part que la loi heurte le principe de l'autonomie municipale garanti par la Constitution de 1867.Et d'autre part, que l'obligation faite aux villes de percevoir une taxe pour payer un service de police offert par le gouvernement provincial pourrait être considéré comme une taxe indirecte, c'est-à-dire une forme de taxation que seul le gouvernement fédéral peut exercer en vertu de la loi fondamentale.Le plan arrêté hier prévoit qu’une seule contestation judiciaire sera entamée cet automne par un groupe de municipalités.Celte contestation serait financée et pilotée par IT'M RCQ.qui a déjà constitué grâce à une cotisation spéciale imposée à ses membres un fonds de défense de quelque 150000$.L'union n’a pas l'intention de demander une injonction pour suspendre l'application de la loi.Les dispositions visées entrent en vigueur le 1er janvier 1992 et l'obligation de payer sera maintenue, tant que la cause sera pendante devant les tribunaux.a expliqué M.Nicolet.4 Démission ninnté l'existence du droit à l'autodétermination du Québec.Ce geste symbolique, arraché au terme d in-terise lobbying de certains députés et ministres québécois auprès des délégués du reste du Canada, devait constituer la pièce de résistance du débat constitutionnel des assises.Avec la perspective d’un affron tement entre les délégations de l’On tario et du Québec sur l'orientation à donner à la prochaine opération constitutionnelle, le Québec prônant la décentralisation et l'Ontario le contraire, les délégués ont en effet ensuite convenu, à peu près sans discussion, de s'en remettre à l’initiative du gouvernement.Mais alors que les dernières mesures de l'hymne national entonné spontanément par les délégués jiour célébrer leur bonne entente résonnaient encore.Pierrette Venne sortait en coup de vent de la salle pour annoncer qu'en l'absence de discus sions plus approfondies sur la Consti tution.elle allait devenir le dixième député â quitter le caucus de Brian Mulroney.« Je quitte le parti, le caucus et le CARTES D’AFFAIRES ROBIC Les Cris rallient des élus américains à leur croisade contre Grande-Baleine Eric Siblin rie lu Presse Canadienne Après avoir descendu la rivière Grande-Baleine en compagnie de Cris, deux membres de l’Assemblée législative de l'État de New York sont plus déterminés que jamais à bloquer le contrat d'achat d’électricité signé avec Uydro-Québec.« ("est de l’impérialisme de la pire espèce », a commenté le sénateur Franz Leichter hier, en faisant allusion au projet de développement hydro-électrique de 12,6 milliards! de cette rivière du nord du Québec.L'expérience a définitivement confirmé les « doutes » qu'il entretenait à propos du projet, a-t-il ajouté.Le sénateur a descendu le cours d’eau cette semaine aux côtés notamment de son collègue de l’Assemblée législative William Hoyt, des en-vironnementalistes Robert Kennedy Junior et Michael Kennedy, tous deux fils du sénateur assassiné Robert F.Kennedy.Interviewé par téléphone de G rande-Baleine, à plus de mille kilomètres au nord de Montréal, le sé- nateur Leichter a exprimé son intention d'organiser des audiences publiques sur le projet et d’aborder le sujet avec le gouverneur de l’Etat Mario Cuomo.« Il y a à peine un mois, les chances (dé bloquer le contrat) n’étaient probablement pas très bonnes.Mais je constate qu’on gagne du terrain », a-t-il dit.Uvdro-Québec et la New York Po-wer’.Authority (NYPA) ont négocié un contrat préliminaire il y a deux ans, pour l’exportation vers l’Etat de New York de 1000 mégawatts sur une période de 21 ans, débutant en 1995.Jusqu’au 30 novembre, les deux signataires peuvent toujours changer d'avis et se retirer du contrat sans pénalité financière.Le sénateur Leichter, qui représente une section de Manhattan, soutient que le projet énergétique, outre qu’il va dans le sens contraire des impératifs de conservation de l’énergie, détruira le mode de vie des Cris et perturbera l’équilibre écologique de la région.Mercredi, le maire de New York David Dinkins, invoquant les aspects environnementaux et économiques et la question des droits des autochtones, a demandé G a la NYPA d’essayer d'obtenir une extension de l’échéance du 30 novembre afin de permettre aux autorités municipales d'étudier le plus près les implications du projet.Quand les New-Yorkais pensent à un projet hydro-électrique.« ils s’imaginent un barrage», a dit M.Leichter, pour qui les gens ne comprennent vraisemblablement pas que d'immenses territoires vont etre inondés, et des rivières détournées.Les 10000 Cris affirment que le projet détruira leurs sources de nourriture et éliminera leur mode de vie traditionnel.Dans un communiqué diffusé hier, le Grand conseil des Cris du Québec signalait que M Robert Kennedy Junior a déclaré « qu'il y aurait lieu d'étudier plus attentivement toute la question des contrats de vente d’électricité à New York ».M.Robert Kennedy est attorney pour l’environnement auprès du Conseil de défense des ressources naturelles.Son frère Michael est président de la Citizen’s Energy Corp., société de distribution d’énergie à but non lucratif.3.La peinture moderne au Québec (3 crédits) François-Marc Gagnon Pour recevoir le dépliant : Secrétariat des cours télévisés ® 343-2162 65 Si Jacques Agents de Montreal.Quebec brevets Canaria.H2Y 3X2 .Fêla/ 05 268656 d invention r.i/ i5i4i b
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