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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-08-24, Collections de BAnQ.

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ifllpppp us?*m iilakii QUI SUIS-JE?» I fvV »l - I »| I A , f )Hi) I ( ) =Eb MUSÉE DART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL r.rennrrm — Montréal, samedi 24 août 1991 'A LIVRES Au Plaisir des livres Une page abitibienne avec la chronique de Jean Basile qui a lu les Nouvelles d'Abitibi de Jeanne-Mance Delisle, dont il dit le plus grand bien ; et une entrevue de Jean Royer avec Louise Desjardins (ci-contre), poète et soeur de l’auteur-compositeur Richard Desjardins.Page B-7 MUSIQUE De la musique russe Actualité oblige, Carol Bergeron, dans sa chronique de disques, I cause cette semaine de musique russe.De Scriabine, plus particulièrement, qui a connu sa période de purgatoire, de Miaskovski et de Tachalkovski, interprétés par | Murray McLaughlan, Robert Taub et Anton Kuerti.Page B-5 ARTS VISUELS La quête du « moi » et de l’autre Chaque fois que la galerie Michel Tétreault Art Contemporain ouvre sa nouvelle saison avec ses fameux Coup d'éclat, la foule se presse pour découvrir des artistes peu intégrés dans le réseau culturel.Marie-Michèle Cron nous parle de la 9e édition de l’événement.Page B-6 ROCK L’astucieux Frank Zappa Dernièrement, Frank Zappa (ci-contre) demandait à Tom Brown, un zappologue de renom, de choisir huit joyaux de son immense collection de bootlegs dans le but de les lancer lui-meme en toute légitimité.Le coup de l’arroseur arrosé bref, que nous raconte Sylvain Cormier.Page B-4 rï'v.Toujours vivant le vieux Buk HOLLYWOOD Charles Bukowski Paris, Grasset 1991, 256 pages.Christian Mistral STUPÉFIANT, certes, et encourageant pour ceux d’entre nous qui craignons de hâter notre rencontre avec le bon Dieu en abusant des bonnes choses qu'il a placées sur cette Terre : Bukowski, défiant toutes les lois de la nature du foie, est toujours vivant, même s’il est maintenant celui qui regarde en arrière.À 71 ans bien versés, l’héritier de John Fante continue d’entretenir la flamme (à l’alcool) faute d’avoir pu (ou voulu) la transmettre.Bukowski n’a rien allumé qui ne brûlait déjà, mais depuis plus de 20 ans, ce facteur déchu, tombé bien bas le jour où il est devenu officiellement et tardivement écrivain, souffle son haleine éthylique sur les braises d’un monde en combustion, histoire de s’assurer que rien ne s’éteigne avant que d’être proprement désinfecté.Que dit et répète Bukowski depuis le début, sinon que c’est OK de ne vouloir rien être en particulier ?Que lorsqu'on prend la précaution de dissimuler son trésor d’enfance et les beautés de son âme, lorsqu’on attaque le premier, lorsqu’on a soin de puer et de faire peur, on tient les em-merdeurs à distance, on dissuade le système de nous sodomiser, on augmente ses chances de survie.Lui, en tout cas, a survécu.Oui mais, demandera-t-on, dans quel état ?En état de se lever le matin et d’apprécier cela comme un précieux cadeau.En étal de se brosser les dents en trouvant la vie chouette et, sinon merveilleuse, du moins infiniment préférable à son alternative.Mais vivant ne veut pas dire intact.Dans Hollywood, Bukowski n’est plus tout à fait le pochard insouciant qui laisse l’aventure venir à lui et prend chaque jour comme il vient, habituellement sous la forme d’une mauvaise copie du précédent.Résolument vaincu par la nostalgie, il se laisse aller à regretter sa vigueur évanouie et se tourne avec une digne tristesse vers un passé pourtant si proche qui s’est répandu sur le tapis comme le contenu d'une bouteille renversée.Peut-on jamais remettre Voir page B-2 : Bukowski Deux visages du cinéma québécois Jean Pierre Lefebvre, le rêveur impénitent Odile Tremblay Il fait partie de cette première génération de cinéastes québécois issus de la marmite de la révolution tranquille.Depuis le milieu des années 60, le nom de Jean-Pierre Lefebvre rime avec cinéma artisanal.On l’a vu jusqu’ici gravir sans relâche les falaises escarpées du film d’auteur, se débattant avec des petits budgets, changeant d'approche, de style.Plusieurs comme moi sont tombés amoureux de son chef-d’oeuvre Les dernières fiançailles, un film de douceur, de respect, de pudeur extrêmes qui explorait en 74 le quotidien d’un vieux couple.Au cours de ses 27 ans de carrière, il a louvoyé entre le film grave (L’amour blessé), intimiste (Au rythme de mon coeur), expérimental'(La boite à soleil).Mais voici qu’avec son 22ième film, Jean Pierre Lefebvre quitte les ornières d’un certain cinéma parallèle, pénètre les ligues commerciales : 1,6 million $ pour Le fabuleux voyage de l’ange qui sort aujourd'hui au Festival des films du monde.De loin, son plus gros budget.En vedette pour la première fois à l’écran : le chanteur Daniel Lavoie.Avec Jean Pierre Lefebvre, on ne sait jamais très bien à quoi s’attendre.Et son dernier film a tout pour surprendre.Le fabuleux voyage de l'ange courtise la science-fiction et la bande dessinée, confond allègrement rêve et réalité, s’adresse à qui ?à des ado ?à des adultes ?« Pourquoi cibler étroitement son public ?demande-t-il de sa voix douce.Je l’ai créé pour l’enfant qui est en nous tous ».« Mon film est un grand cartoon », annonce le cinéaste.Il raconte l’univers de Francis un chauffeur de taxi, dessinateur de bandes dessinées par ses soirs.Francis habite avec sa blonde et sa fille de quinze ans qui rêve de sa mère morte, dérive loin de son père, poursuit sa quête de liberté, s’embarque sur L'Ange le bateau de son oncle à la conquête d’une dimension nouvelle.Le film bondit sans cesse d’un genre l’autre, l'image «Je suis profondément athée.C’est pourquoi je crois en l’imaginaire.Mais aujourd’hui, le rêve est captif de Star War, de Terminator, de tous ces films à budget géant où la poésie s’est perdue.» se transforme en dessin, le dessin en image.« Une oeuvre doit surprendre, ne pas se révéler tout-de-suite ».Jean Pierre Lefebvre affirme avoir réalisé Le fabuleux voyage de l'Ange pour rendre les gens heureux, pour transmettre à ses enfants le plaisir du jeu.Tout en racontant des choses graves : sur la mort, sur la non communication des générations.Jean-Pierre Lefebvre se dit obsédé par le pouvoir du rêve, par la spiritualité au sens laïc du terme.« Je suis profondément athée.C’est pourquoi je crois en l’imaginaire », me lance-t-il tout de go.A ceux qui lui reprochent les costumes un peu « déguisements », les décors de bric et de broc du Fabuleux voyage de l'ange, il répond qu’il a justement voulu cette naïveté, pourchassant l’envers de la médaille du cinéma américain matérialisant à outrance l’imaginaire collectif.« Aujourd'hui, le reve est captif de Star War, de Terminator, de tous ces films à budget géant où la poésie s’est perdue».À l’heure de notre rencontre, dans les locaux de sa maison de distribution, le cinéaste ignore encore quel sort la critique réservera à son film.Mais il se méfié un peu.« En général, la presse démolit mes films .Ce qui ne l’empêche pas de les apprécier quelques années plus tard.Tout le monde a défoncé Les dernières fiançailles à sa sortie.On le jugeait trop lent.Aujourd’hui, les critiques en parlent comme d’une pièce d’anthologie.» Jean Pierre Lefebvre a percé le mur des solitudes.Au Canada anglais, on lui fait fête, on organise des rétrospectives de ses oeuvres (trois depuis 87).Le Québec lui réserve un accueil bien plus tiède.Le cinéaste se décrit comme un réalisateur non directif.La moitié de ses films, il les a tournés avec des acteurs non professionnels, en les encourageant à suivre un peu leur instinct.« Plus je laisse de corde aux gens, plus ça va », estime-t-il.Jean Pierre Lefebvre ne parle jamais de Voir page B-2 : Lefebvre ¦41 H» t \ l» \ » LANCE PHOTO JACQUES NADEAU Jean-Pierre Lefebvre PHOTO JACQUES GRENIER Bernard Bergeron Bernard Bergeron, le fonceur irrévérencieux Odile Tremblay A contre-courant ».L’expression revient plusieurs fois dans sa bouche.« J’ai fait ce film à contre-courant, scande-t-il.Et avec les moyens du bord ».Ça me rappelle une phrase de T.S.Eliot.« Dans un monde de fugitifs, celui qui va dans le sens opposé paraît s’enfuir ».Bernard Bergeron était hier encore un illustre inconnu.Mais un inconnu qui partage avec Léa Pool la particularité de signer un des deux seuls films québécois en compétition officielle au FFM.Sauf que lui, il arrive de nulle part avec un premier long métrage intitulé Pablo qui court.Et il est encore tout étonné de sa chance.« D’autant plus surpris que ce film a été tourné en 20 jours, sans répétitions, avec 500 000 $ et un dérisoire 55 000 pieds de pellicule.L'équipe me surnommait Bernard — une prise — Bergeron », précise-t-il en riant.Film tour de force, donc.Me voici chez ce jeune inconnu de 33 ans : un brun sympathique aux yeux intelligents qui parle d'abondance, s’emballe en parlant de son film.Pablo qui court vient de lui bouffer trois ans de sa vie : une période de vaches maigres au cours desquelles, sur son budget famélique, le cinéaste n’est même pas arrivé à se tirer un salaire.« Je me suis accroché à Pablo et je l’ai fait en y mettant ma chemise », pro- fère-t-il.C’est beau, le feu sacré.Son héros est un jeune « baveux » irrévérencieux, cynique qui vivote en volant ici et là.Pablo qui court se veut un film d’atmosphère plutôt que de dialogues, un univers clos, étouffant.« Les personnages se révèlent par des actes, des regards, avec leurs petites lâchetés, leurs trahisons de tous les jours ».Pablo vole la sébile d’une accordéoniste qui joue dans le métro.Mais celle-ci lui rend plus tard la monnaie de sa pièce.La caméra suit leur relation, leurs fail- « Je fais du Bergeron : un drame avec de l’humour dedans, du swing, des rages, de la violence, du drive, de la naïveté et de la fraîcheur.» lites, leurs misères, leurs malentendus, ceux de leur entourage.« Mon film n’a rien d'autobiographique, précise Bernard Bergeron.Mais ma sensibilité est toute entière dans le personnage.» Bernard Bergeron se décrit comme un outsider du cinéma.Ce Sherbrookois d’origine a derrière lui 36 métiers : ébéniste, aide-cuisinier, manoeuvre sur chemins de fer, alter- nant jusqu’à 25 ans « jobines » et voyages, bourlinguant en Asie, en Europe.Mais en 83, sédentarisé à Montréal, il s’inscrit en théâtre à l’université Concordia, étudiant l’interprétation, la mise en scène.Plus tard, il se fait aide-technicien, travaille aux décors de théâtre.Rien de trop excitant.Mais en 86, Bernard écrit le scénario d’un court métrage et le film Hermann reçoit une aide financière de l’ONF.Pour lui, c’est parti.Le scénario de Pablo qui court, Bernard l’a écrit en 88 fin seul dans son coin.Ensuite, tout a déboulé.Un de ses amis a montré le scénario à Marcel C.iroux, un producteur de films qui s’est montré emballé au point de s’engager à le produire.La SOGIC lançait un programme d’aide aux jeunes réalisateurs.Bernard leur a proposé de réécrire son scénario.Mais la SOGIC qui l’aimait tel quel, a refusé les modifications.Si bien qu'en bout de ligne Pablo qui court fut le seul projet retenu en 90 par l’institution : 150 000 $ de subventions^ Ensuite.ee fut l’effet de domino.On est allés se chercher d’autres bailleurs de fonds, des distributeurs, on a engagé des acteurs : Jean-François Pichette, Louise La-prade, Pierre Chagnon, Jean-Louis Millette entre autres.Durant les 20 jours de tournage, à l’heure du montage aussi, le réalisateur fut un peu l’assistant de tout le monde, appre-Volr page B-2 : Bergeron 1/instrument de gestion par excellence: Le Harvard français agenda 1992 et atlas en couleur est maintenant disponible à un prix imbattable L’Institut supérieur de gestion ® (613) 323-3333 Télécopieur: (613) 235-1115 • atlas mondial en couleur • semaine 7 jours/2 pages • 2 lignes/heure • 48 lignes Action • le mois en une page • section 2 années • aide-mémoire délégation • section réunions • section échéancier projet • section objectifs • section finance, chèques • registre de téléphone • jours fériés: 140 pays Version unilingue ou bilingue A « U •B V- il •ft ' t e- H *1 ^ M j.V*.-«* t ^899991 B-2 ¦ Le Devoir, samedi 24 août 1991 le cahier du i • ameai Nous l’admettons émouvant que le notre! tait le Prix de la critique internationale, Le jour S, La Chambre blanche, La Boite à soleil.«Je n’ai jamais fait de films réalistes, dit-il.Mais ais-je jamais lâché le cinéma poétique ?Il n’y a que la poésie pour se rapprocher de l’essence des choses.» À 50 ans, Jean Pierre Lefebvre parle de cinéma avec un peu de tristesse.Comme bien des cinéastes de sa génération, il se sent souvent « tassé » par les institutions bâilleuses de fonds au profit des jeunes réalisateurs.Difficile au Québec de financer un film quand on a 50 ans.« Mais comment peut-on former une relève si on décourage toute transmission de savoir ?» me demande-t-il.Depuis dix ans, il anime plusieurs ateliers de scénarisation et de création cinématographique à travers le Canada, ne parvient pas à vivre de ses tournages.« Il n’y a rien de plus beau que de vieillir, estime-t-il pourtant.On va directement aux choses essentielles, on est moins impatient, plus tolérant.Et on a le goût de créer plus que jamais.» Jean-Pierre Lefebvre a plusieurs projets en chantier.Avec le comédien Marcel Sabourin, il écrit le dernier volet de sa trilogie qui commençait par Faut par mourir pour ça et Le vieux pays où Rimbaud est mort.Ça s’appelle Le retour du père prodigue et explore la quête du pays avec des personnages symboliques, comme dans toute son oeuvre.Mais il lui tarde surtout de tourner L’apprentissage sur un texte du poète Michel Garneau, « Un film qui me prend aux tripes, et qui fera revivre les collèges classiques des années 50, cet univers étouffant dont les adolescents ont été victimes».Jean-Pierre Lefebvre brûle de se retrouver sur un plateau, de revivre ce moment où le brouillard du scénario se dissipe, « où se concrétise dans un film la plus belle histoire d’amour du monde.» + Bukowski le bouchon, le renfoncer dans le goulot, ne serait-ce que le temps de bien goûter ce qui s'évapore ?Apparemment non.Quand le vin est tiré, il faut le boire.Il faut dire que les circonstances ne lui laissent guère le choix d’échapper aux réminiscences, puisque Hollywood raconte le tournage d’un film que Buk a scénarisé en se mettant en scène 40 ans plus tôt.Ce film, c’est bien sûr Barfly, à peine déguisé.Ceux qui ont vu le long métrage de Barbet Schroeder se souviendront de cette scène où Chinaski (Mickey Rourke) rencontre Wanda (Faye Dunaway) pour la première fois.On y voit Buk accoudé au bar tourner un regard sanglant sur cette représentation de lui-même en plus jeune, on devine qu'il aime ce petit gars et qu’il souffre en songeant à ce qu’il est appelé à endurer.Hollywood est comme une longue extension de cette scène, un développement que, pour ma part, j’espérais ardemment depuis la sortie du film.Roman à 70% dialogué, Hollywood est une lecture profondément satisfaisante pour tous les fans du vieux, en même temps qu'il pince le + Bergeron nant son métier sur le tas, soignant la bande sonore qu’il annonce particulièrement jazzee.« Ça m’a permis de couvrir tout le processus, cie faire mon cours, d’avoir mon nez partout.» Son film, il le qualifie de « différent ».Quand on demande au jeune réalisateur quelles sont ses références, ses modèles, il balaie de la main écoles et maîtres : « Je fais du Bergeron ».Les ingrédients Bergeron, donc : « un drame avec de l’humour dedans, du « swing », des rages, de la violence, du « drive », de la naïveté et PHOTO JACQUES NADEAU Jean-Pierre Lefebvre + Lefebvre « son » film.Pour lui, tout est une question de travail d’équipe.Dans Le fabuleux voyage de l'Ange, Daniel Lavoie a imaginé et nourrLson personnage comme la jeune Geneviève Grandbois celui de sa fille Eve.« Je ne fais pas de différence entre les acteurs a’expérience et les autres », précise le cinéaste.Mais je mange avec les comédiens, je me rapproche d’eux.Il y a une liturgie du plateau.» Jean Pierre Lefebvre est venu au septième art par la porte du coup de foudre.Sa mère cinéphile l’avait initié tout jeune au cinéma américain, mais à quinze ans, il fit la rencontre des néo-réalistes italiens, de Sica, Rossellini et reçut à jamais leur piqûre.Avant, il écrivait des poèmes, ça et là.Après il s’est occupé du ciné-club, puis est allé vivre quelque temps à Paris, plongé dans la pénombre des salles obscures.En 64, il réalise L'Homoman, court essai poétique sur l’ennui, l’amour fou, puis le long métrage Le révolutionnaire, film expérimental qui aborde la condition des révolutionnaires en chaise longue rêvant de changer la société sans se mouiller les pieds.Le film perce le milieu dès sa sortie.Bien d’autres suivront : dont le merveilleux Les Dernières Fiançailles, Les Fleurs sauvages qui rempor- Mais un événement aussi grandiose n ’arrive que trop rarement, alors pensez a I '(Miiestre symphonique de Montreal.Véritable célébration de la vie, chaque concert de l’Orchestre fait naître chez ses abonnes des emotions intenses.Abonnez-vous a l'( ISM et vous serez touché par le talent extraordinaire de ses musiciens qui font revivre les oeuvres les plus émouvantes de Mozart, Schubert et Chopin.Pour moins de 100$, vous pouvez vous abonner a l’OSM et vivre des soirées magiques! Ilemandez notre brochure gratuite îles aujourd’hui.ÜCKIfll ()R( 111 SI Kl SYMPI ION 101 I 1)1 MON! Kl Al Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Département de littératures et de langues modernes Ne soyez pas étrangers aux langues Automne 1991 Allemand Anglais* Arabe Chinois Espagnol Grec ancien Grec moderne Italien Japonais Latin Portugais Russe Pour obtenir le dépliant et l’horaire d'automne téléphoner au : (514) 343-6222 *(514) 343-6236 >04151 COURRIER La voix d’un homme : Krishnamurti JE N’AI pas été surpris outre mesure par le ton de suffisance que l’on retrouve dans l’article de Thierry llorguelin, paru dans LE DEVOIR, le 10 août 1991, à propos d’un film consacré à Krishnamurti.Documentaire dont la forme maladroite ne SYLVIE BERNARD 28 août au 7 sept.1991 A 20h30 (relâche dim.et lundi) AU REST0-THÉÂTRE LA LICORNE La Licorne 4559.Papineau.Mil 523-2246 En «ente chez Admission (514) 522-1245 I-800-361-4595 (ext.de Mtl seul.) Une présentation czacnP IGonvprrH*nu*nt ili, O u't Ministère des Affaires culturelles iirMÏtYfiiJE doit pas pour autant nous éloigner du fond, et sur lequel il ne suffit pas de porter l’étroit regard du cinéphile.L’attitude de M.Horguelin est symptomatique d’une logique verbale et rationnelle à laquelle il n’appartient pas, semble-t-il, de parvenir a une appréhension directe de la réalité.Embroussaillée de savoir livresque, de concepts et de théories, cette pensée étriquée cherche au loin ce qu’elle pourrait trouver tout près.La pensée de Krishamurti, qui n’a que faire du Nouvel Âge et de la scientologie, n’est « misérable », « nuageuse » et la voie intellectuellement la plus exigeante, celle de la totale compréhension et de la remise en question.Écouter sans condamner, sans juger et comparer, sans se conforter dans ses propres idées préconçues, voici une pratique belle et difficile, et plusieurs sans doute ne comprennent pas même le sens exact d’une telle écoute.Seules la liberté et une intelligence en éveil permettent de voir la réalité de ce qui est, dit en substance Krishnamurti.L’intelligence de M.Horguelin est-elle éveillée ?Bien sûr que non, pas plus que la mienne.Mais pourquoi pousser cette pauvreté spirituelle, qui pèse d’un poids de plomb sur tout l’Occident, jusqu’à mépriser un homme à propos duquel M.Horguelin ne sait visible- « w * I coeur en laissant sur l’impression d’un chant du cygne.Buk le chien-loup solitaire ne peut plus vivre seul, I et c’est un être pathétique que Ton ] voit traîner sa femme Sarah partout où il va, parce qu’elle est susceptible de lui ajouter 10 ans de vie.De l’écriture du scénario à la première projection en passant par toutes les absurdes étapes de la création d’un film (les producteurs qui passent sur le projet comme des soldats sur une fille, lui laissant et lui prenant quelque chose.Les acteurs qui semblent vivre selon des règles extra-terrestres, le réalisateur qui menace de se découper en rondelles si les choses ne débloquent pas), Bukowski nous donne à voir une galerie de personnages qui, s’ils n’ont rien de sympathique, ne sont jamais tout à fait haïssables non plus.Car voici un auteur qui n’a pas attendu d’êtfe vieux pour éprouver de la compassion et de la tendresse bourrue pour ceux qu’il trouve encore plus misérables que lui.C’est un trait, il me semble, qu’on ne relève pas assez souvent.Et, oui, on grince des molaires et on rit à s’en décrocher la mâcheuse, ce qui est quand même plus agréable qu’un coup de poing dans la gueule.de la fraîcheur.Mon film est personnel mais pas lent, précise-t-il.avec les qualités et les défauts d’un premier long métrage.» « Aujourd’hui, j’ai la piqûre et je veux récidiver, précise-t-il.Une idée de scénario me trotte dans la tête.C’est tellement dur, faire des films, Quand on attend la bénédiction des autres, on n’arrive à rien.Un seul secret : être fonceur et se cramponner.» Pablo qui court sera présenté mardi et mercredi au Festival des films du monde et sortira en salle, au Parisien sans doute, le 3 septembre.ment rien, et une pensée à laquellè il n’a simplement rien compris ?Pourquoi nier ce qui échappe à notre esprit ?Est-il si difficile de dire : « j’ai écouté cet homme, et je ne le co)n-prends pas »?Il y a beaucoup d’ignorance et de condescendance dans l’attitude de M.Horguelin, tandis que le doute aurait été suffisant, sinon souhaitable.Un esprit sensible, flexible et aiguisé peut-il vraiment « hausser les épaules » devant la pensée claire et directe de Krishnamurti ?Je ne le crois pas.Soucieux de libérer les hommesde toutes formes d’autorité, depuis les religions jusqu’à la moindre théorie, Krishnamurti a, tout au long de sa vie, rejeter vivement le rôle de maître à penser que trop souvent on liii a assigné sans réfléchir.Il n’a rien de nos propres gourous occidentals;qui ont dirigé la pensée intellectuélléçle certaines générations (les Freud, Sartre, Barthes, etc.).Krishnamurti nous enseigne simplement ceci : « Examinez-vous, observez-vouç, et dépassez-vous ».C’est moins soji;enseignement qu’i faut comprendre que soi-même.Aussi M.Horguelin gagnerait-il à analyser, sans complaisance ni fuite, son propre article, tel qu’il est, il y a là matière à faire avancer sa connaissance de lui-même.Fabien Ménard - C’est quoi la midi-marche ?- C’est nouveau et ça fait sortir.I nies l.i midi m.iiclic ' Noue/ prcmlie une bouchée ! Nmir/ piendrc une bouffée d'air lï;iK I .1 journée sera moins longue « A vous de jouer.pannciPBCTinn Le Devoir, samedi 24 août 1991 U B-3 CINÉMA Le Fabuleux voyage de l’ange De Jean-Pierre Lefebvre, Québec 102 minutes.Aujourd'hui : 19 h 30 au Parisien 6.Demain dimanche : 15 h 00 au Parisien 5.Francine Laurendeau DEPUIS Le Révolutionnaire, son premier long métrage en 1965, Jean-Pierre Lefebvre réussit ce tour de force de tourner pratiquement sans discontinuer des films d’auteur.Depuis 1969, il est sans doute le cinéaste québécois le plus souvent projeté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes.Une trajectoire personnelle donc et sans concessions, une carrière à la limite de la marginalité dans laquelle son dernier film, avec son budget pourtant bien modeste de 1,6 millions $, fait figure de superproduction.Le Fabuleux Voyage de l'Ange, c’est l'histoire de Francis (Daniel Lavoie), auteur de bande dessinée, qui, en panne d’inspiration, va demander un délai à son éditeur japonais.Monsieur Ishikawa est intraitable.Il lui prodigue néanmoins un sage conseil : il ne faut pas craindre de « récolter la sève de l’imagination à même l’arbre de la réalité ».Francis puisera désormais à même sa réalité quotidienne pour la transposer dans sa BD qui connaîtra ainsi de spectaculaires rebondissements.Mais ce n’est pas sans péril que l’on joue avec le destin de ses proches et Une séduction qui tourne court des Films du Monde 2'J iitml - 'J sr/ilrinhrc 1*1*11 Montréal il n’avait pas prévu que sa fille Eve (Geneviève Grandbois) déciderait de poursuivre à sa façon l’aventure.C’est un thème très séduisant que ce va-et-vient entre le vrai et l’imaginaire.entre les personnages réels et leur représentation picturale.Le film nous vaut de jolies images poétiques — la lune qui dit bonsoir; la maman morte qui, le temps de quelques mesures au piano, revient visiter sa fille; la rencontre rafraîchissante entre les deux jeunes gens — et une trame sonore inventive et évocatrice.Mais je n’ai pas ressenti devant ce film l’enchantement, l’émerveillement promis par les premières images.Pourquoi ?À cause des comédiens dont aucun ne crève l’écran ?Daniel Lavoie et la jeune Geneviève Grandbois sont plausibles.La composition de Sylvie- Daniel Lavoie, Geneviève Grandbois et Sylvie-Marie Gagnon dans Le fabuleux voyage de l’ange.Marie Gagnon en Latino est plus vraie que nature.La bride sur le cou, Marcel Sabourin en fait dix fois trop en vieux loup de mer.La première séquence avec l'éditeur japonais est presque incompréhensible tant l’acteur semble avoir appris son texte phonétiquement.À cause du visuel BI) ?Si les cos-t urnes font très Barbarella, les des- sins de Rémy Simard sont intéressants.À cause de la mise en scène, alors ?Est-ce que c'était un bon choix d'aller filmer des personnages complètement imaginaires dans des décors aussi réalistes, style boui-boui de la rue Saint Laurent ?Je n’ai pas la réponse.Je constate seulement que la magie du thème ne passe que par intermittence.Le malheur russe La Chasse Royale De Vitaly Melnikov, URSS.130 minutes.Demain : 11 h 00 et 21 h 00 à l’impérial, sous-titres français.Lundi 26 août : 16 h 30 à l'impérial, sous-titres anglais.Francine Laurendeau Otrar fut jusqu’à sa destruction au Moyen-/ige un naui lieu ae ia cuuure nomade en Asie.Pour coeurs bien chevillés les La Mort d’Otrar D'Ardak Amirkoulov, Kazakhstan.165 minutes.Sous-titres français.Demain : 13 h 20 au Parisien 6.Lundi, 26 août : 21 h 00 au Parisien 6.Mardi.27 août : 16 h 00 au Parisien 6.Francine Laurendeau IL FAUT avoir le coeur bien chevillé pour passer à travers ce long métrage de près de trois heures.D’abord, pour ses scènes de violence qui, je tiens à le préciser, sont parfaitement justifiées par le propos et jamais complaisantes.Et plus encore pour l’immense dépaysement que procure cette fresque historique.À la projection de presse, la moitié de la salle s’est vidée au cours de la première heure.Mais ceux et celles qui ont franchi ce cap n’ont eu aucune peine à voir le film jusqu’à la fin.Car une fois qu’on a compris de quoi il retourne, même si le style est enchevêtré (c’est une fiction ethno-documentaire avec des alternances de couleurs et de noir et blanc) et même si on aurait bien besoin d’un cours d’histoire et de géographie, on est rivé à son siège.Otrar, c’est cette cité légendaire qui fut, jusqu’à sa destruction au Moyen-Âge par les hordes de Gengis Khan, un haut lieu de la culture nomade en Asie.On est frappé par la noble beauté de la sagesse orientale (« mieux vaut allumer une torche que d’injurier les ténèbres ») et par l’habileté diabolique des ruses de guerre mongoles (le siège final d'O-trar).On demeure confondu devant la somptuosité de ces civilisations disparues et devant le raffinement sans nom des supplices qui châtient les perdants.Si vous considérez ce festival comme un voyage dans l’espace et dans le temps, vous serez servis.SURTOUT ces temps-ci, il faut lire Le Malheur Russe, d’Hélène Carrère d’Encausse, un essai sur ce malheur si profondément ressenti à tous les âges que les esprits superficiels le nomment l'âme russe.Est-ce le meurtre politique trop longtemps utilisé qui a produit une conscience sociale malheureuse et soumise, se demande la soviétologue ?Ou bien est-ce cette conscience malheureuse, épouvantée, qui appelle sur elle sinon la colère des dieux, du moins le déchaînement des meurtriers ?L’épisode historique qu’illustre La Chasse Royale est tout à fait dans l’esprit du livre de Carrère d’Encausse.Pour se débarasser d’une prétendante au trône qui intrigue contre elle à l’étranger, Catherine II charge le comte Orlov, amiral de la flotte impériale, d’une mission délicate.Il doit aller chercher la princesse en Italie et la ramener en Russie où elle sera emprisonnée et interrogée, c’est-à-dire torturée et mise à mort.La grande Catherine n’avait pas prévu que son vassal tomberait amoureux de sa prisonnière.Mais Orlov sera loyal jusqu’à la fin.Une histoire romanesque, tumultueuse et instructive qui commence avec le lever de l’impératrice (où les courtisans sont perruqués comme à la cour de Louis XIV), se poursuit sous le soleil de l’Italie et se termine dans la sombre forteresse Pierre-et-Paul.Ce quinzième long métrage de Vitaly Melnikov relève sans doute d’un cinéma conventionnel mais ce qu’il raconte est intéressant en diable.MARDI POUR TOUS LUNDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI DIMANCHE OUTREMONT 1248, Bernard 273 0437 POURTOUS LES JOURS, rTTYrv TOUS LES FILMS I • I • Li prix Mm Ér Èb JB WCLA WÆJÊ CINE-CARTE CHACUN DES FILMS OUTREMONT 1248, Bernard 273 0437 C'EST UNE FILLE DE LA RUE.ELLE NE VEUT PAS QU'ON LA TRANSFORME ET REFUSE DE SE LAISSER SEDUIRE.POURTANT, ELLE DEVIENDRA UNE STAR.C'EST UNE EMMERDEUSE ELLE APPELLE A l’aniche au BERRI compter du 26 août! DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS Le spectateur se trouve précipité dans une suite.On rit souvent et sans fausse honte." - Huguette Roberge, LA PRESSE UN FILM DE PASCAL THOMAS un film de PASCAL THOMAS.REMY GIRARD * FRANÇOIS PERIER < PATRICK CHESNAIS » SABINE HAUDEPIN » CORALIE SEYRIG COMPLEXE DESJARDINS À l’affiche au DAUPHIN ô compter du 26 août I C23CDP LE DEVOIR Une bonne moyenne ¦’Wl à m NANTES! un film de AGNES VARDAl FAMOUS Matin*»» 5,00* PLAYERS au u*"al *“ Monsieur un film de Jean-Philippe TOUSSAINT avec Dominic GOULD '¦¦CENTRE EATON 6© 70S Q St* CATHtHIWt VBS 5IK Tou» I®» tours 1 10-6 15 PHILIPPE MARON* EDOUARD JOUBEAUD LAURENT MONNIER - BRIGITTE DE VILLE PO IX ALLEGRO fibut Jiftriédtt?» ( INI MAS qni ri i x Oui on A L'AFFICHE À COMPTER DU 1er SEPTEMBRE ! La belle noiseuse De Jacques Rivette, France.240 minutes.Demain dimanche : 9h 00 au Parisien 4.Jeudi, 29 août : 12 h 40 au Parisien 4.Vendredi, 30 août : 13 h 20 au Parisien 2.Francine Laurendeau Dans le t .nlrt* du Festival des Films du Monde: Le coup de foudre fin (lemitT I estival de ('.urnes C’EST l'histoire d’un artiste figuratif, Frenhofer (Michel Piccoli), qui a pratiquement arrêté de peindre depuis dix ans.Il travaillait alors sur une toile qui devait s’intituler La Belle Noiseuse.Sa compagne (Jane Birkin) était son modèle.À l’occasion d’une rencontre un peu machiavélique organisée par un vieil ami du couple avec un admirateur jeune peintre et la petite amie d’icelui, Marianne (Emmanuelle Béart), il est décidé que Frenhofer se remettra à sa Belle Noiseuse avec cette fois Marianne comme modèle.C’est la description de l’évolution des relations entre ces personnages bien sûr, principalement des relations entre le peintre et les deux femmes.C’est la genèse d'un tableau, qui commence par le dessin, qui commence aussi par une immense gêne entre l’artiste et sa collaboratrice.Et c’est, en temps réel, l’élaboration des portraits qui vont conduire à l’oeuvre finale (je n’ai pas dit achevée).J’ignore s’il y a encore des artistes qui travaillent comme Frenhofer, c’est-à-dire comme autrefois.Mais moi, je trouve ça drôlement plus captivant à suivre que Delphine Seyrig lavant sa vaisselle, en temps réel toujours, pour Chantal Akerman.C’est cette lente progression dans la fabrication d’une oeuvre qui, du reste, manque à un film comme Camille Claudel où la sculpture semble jaillir d’elle-même hors du bloc brut, où la quotidienneté laborieuse, douloureuse, n’existe pas.11 n’est pas innocent d’ailleurs que l’artiste de Rivette évoque comme des gens réels qu’il a connus un sculpteur dénommé Rubek et son inspiratrice Irène qui sont en réalité deux personnages de Jane Birkin et Emmanuelle Béart dans La belle noiseuse.la pièce d’Ibsen Quand nous nous réveillerons d’entre les morts directement inspirée de la liaison d’Au guste Rodin et de Camille Claudel.Je mentirais si je disais que La Belle Noiseuse m’a gardée haletante de la première à la dernière image.Mais il a su m’intéresser, voire me surprendre, pendant quatre heures.Une bonne moyenne.Les Films du Crépuscule présente UNE COMÉDIE RAFRAICHISSANTE JACQUES TATI! B-4 ¦ Le Devoir, samedi 24 août 1991 le cahier du i • ameai ROCK /chronique Les nouveaux Jaguars d’Arthur Sylvain Cormier Le dernier spectacle des Jaguars de Jean-Guy Arthur Cossette en mars dernier au Café-Campus fut un tel succès, Arthur y était de si bonne humeur, son incomparable G retch 58 s’emballa avec une telle vigueur, Alain Karon des Taches et Michel Dulac s’amusèrent tant à y jouer les invités-surprises que l'idée a germé.Puisque le public répond et grossit, que le plaisir décuple et les encouragements des pairs affluent, pourquoi ne pas tenter le coup, pourquoi ne pas rigoler un peu plus sérieusement la prochaine fois?De là à former de nouveaux Jaguars, un vrai groupe qui jouerait plus souvent et qui viserait le disque, il n’y avait qu’un tout petit Rubicon à franchir.C’est fait.Alain Karon, qui cesse donc d'être une Tache pour devenir un Jaguar tacheté, Léon Coupai de Kashtin, Antoine de Bündock et Sylvie Laliberté ont remplacé la bande de copains-vétérans - à l’exception de l’ex-Chancelier André Parenteau, toujours présent • qui appuyaient Arthur à l'occasion de ses retrouvailles annuelles au Campus, et ils rugissent d'impatience.Arthur, guitare-héros avant l'heure, fondateur des Jaguars et créateur de véritables merveilles du rock instrumental ( Mer Morte, Supersonic Twist, Jaguar Shake), exguitariste des Sinners et de Robert Charlebois, reprend peu à peu la place qu'il n’aurait jamais dû quitter a la Table Rot Ronde du rock québécois, Le 0||At’CouS //Ans |oO$ s | s *i* t* Du li septembre iu 11 ectebre Itt de Judith Thompson m.e.s.Claude Poissant Du II neeembre au 7 Décembre 1991 Fl1 nr m de Eugène Ionesco m.e.s.Daniel Roussel Du 19 Janvier au IS février 1991 I de François Camirand et René Brisebois m.e.s.René Richard Cyr Du ID marc au 11 avril 1991 -f H frnn q de Ted Allan m.e.s.Pierre Bernard T II K À T H K I) K QUAT’SOUS IIMJ \\ I lil.S PINSKVI.MO.Vf ltlLM Réservations: 845-7277 !>vi\WUM • l'MMIttMJ < b» •> » J» MCI NSOl Sylvie Bernard et le spectacle de sa nouvelle portée de Jaguars lundi prochain (à 21h30 au Campus) devrait signifier pour lui le début d'une nouvelle quête du Graal.La nouvelle saison de Cégeps en spectacle A l’occasion du lancement de la saison 1991-92 du concours Cégeps en spectacle, on ne se contentera pas d’en dévoiler le nouveau porte-parole lors d’une banale rencontre de presse.En effet, la télé d’état s’est emparée de l'affaire et les caméras tourneront le jeudi 29 août prochain à partir de 20h au Spectrum pour capter Les meilleurs moments de Cegeps en spectacle, un show réunissant les numéros les plus probants des éditions précédentes, que présenteront tour à tour Julie PHOTO ALAIN THIBAULT Masse, Joe Bocan, Charlie Biddles Jr, Normand Brathwaite, Martine St-Clair, Marie Denise Pelletier et Angèle Dubeau.Des laisser-passer pour ce spectacle gratuit sont disponibles au guichet du Spectrum et au bureau de MusiquePlus.Du rock en noir et en Living Colour à MusiquePlus LE II ARD-ROCK noir, que l’on avait cru mort et enterré avec Jimi I lendrix, resplendit depuis 1988 en Living Colour.Le quatuor newyorkais, en effet, échappe totalement au sectarisme qui limite l’actuelle jeunesse afro-américaine au rap, au hip hop et au funk, et ceux qui les ont vu desceller pierre par pierre les murs du Spectrum en avril dernier savent que les teintes innombrables - du gospel au free jazz, du métal au blues - de leur rock hautement conscientisé peut sauver le genre de l’enlisement.Le stupéfiant spectacle enregistré en novembre 1990 à Toronto, que propose MusiquePlus demain soir à 21h, devrait vous en dire plus, justement, que ces quelques phrases incolores.Les festivaliers persistent à Bromont ALORS que les artistes, maisons de disques et agences de promotion astiquent leur rentrée, le Festival Monde en musique de Bromont vient nous rappeler que l’été se poursuit et qu’il serait fort prématuré d’en faire son deuil.Richard Desjardins, qui aura décidément chanté tout l’été, et qui sera loin d’être dépourvu quand la bise viendra, donnait jeudi le premier coup de coeur d'une programmation axée sur les musiques du monde qui fait une large place à la musique de notre monde.Jusqu’à la Fête du travail, donc, les Jean Leloup, Claude De Chevigny, Breen Leboeuf, notre Shawn Philips d’adoption, Vilain Pingouin, le Buzz Band, Laurence Jalbert et Karen Young côtoieront les groupes de worldbeat hybride Annabouboula et Vovo Y Samaranda, le chant choral féminin de Libana, les rythmes antillais de Jab Jab, les percussions de Yaya Dialo et de Tarn Tarn, le flamenco de Manolo Leiva et le violoniste virtuose Lakshminarayana Subrimaniam.Informations supplémentaires au 1-800-267-3059.En ville L’EXCELLENT guitariste de rock'n’roll Chris Spedding, qui accompagna plus d’un rocker en son temps, y compris le légendaire Robert Gordon, brassera le Club Soda ce soir à 21h.Le regrettable retour de Boule Noire attirera au Spectrum mardi le 27 tout ce que le Québec compte encore de collets de chemises portés au-dessus des vestons.Enfin, Sylvie Bernard, qui m’avouait au lancement de son premier album Marcher sur du verre ne pas se déplacer pour moins qu’une soirée de folle tendresse, entame mercredi le 28 une série de récitals intimes à La Licorne.J’y serai.Découvrez nos forfaits parfaits et abonnez-vous! (514) 861-7488 théâtre du nouveau monde On frappe la quarantaine, soyez de la fête quel que soit votre âge.£711 tins! LE ROI LEAR ./ e (i il /t s v e l i n LE MISANTHROPE O l i v i e r R e i c li e n h a c li L'OPÉRA DE QOAT'SOUS R e n é R i c li a r d C y r EN ATTENDANT GODOT A n (I r e II r a s v a r d INES PÉRÉE ET INAT TENDO Lorraine Riniai S hake speare Molière RJB /{rec h I '«Kl Il e c k e 11 I m r-, -^1 I) n c h a r m e DISQUES r y ' ja.Frank Zappa Le bootleg d’hier à aujourd’hui (1) Frank Zappa Beat The Boots ! Rhino (Capitol-EMI).Sylvain Cormier A l’été 1969, deux petits débrouillards de Los Angeles obtinrent copie d’en-registrements-maison réalisés par The Band et Bob Dylan deux ans plus tôt.Des jams et des ébauches, sans plus, mais qui revêtaient à l’époque un caractère légendaire puisqu’ils constituaient l’unique témoin de l’activité créatrice de Dylan entre son accident de moto en 1966 et son virage country en 1968.Clandestinement, les bandes furent transférées sur vinyl et The Great White Wonder, ainsi baptisé pour sa pochette d’un blanc immaculé, le premier boo-t leg de l'histoire du rock, fut distribué dans le plus grand secret derrière les comptoirs des disquaires.Si nos deux lascars n’avaient rien inventé — le bootlegging, en effet, florissait depuis un demi-siècle dans les milieux jazz et blues, où il était toléré parce qu’il rapportait peu et n’intéressait qu’une poignée de fanatiques —, ils venaient certes d’ouvrir une nouvelle boite de Pandore.Avant que l’industrie du disque ne se retourne et constate ce qui se passait dans son dos, des centaines de milliers de copies de l'album avaient été écoulées, et une fournée d’albums pirates des Beatles, des Stones, de Led Zeppelin et d’Elvis, entre autres, se bousculaient au portillon, la plupart médiocres et d’intérêt purement documentaire, mais néanmoins très recherchés.Il fallut une bonne quinzaine d’années aux gouvernements américains et canadiens pour mesurer l’ampleur de ce marche parallèle, promulguer des lois conséquentes, lancer le FBI et la RCMP aux trousses des contrevenants et mettre un terme à ce bel exemple d’entrepreneurship.En 1987, la grande majorité des étiquettes pirates d’Amérique du Nord avait fermé boutique.Seuls quelques labels européens, inexpugnables parce qu’une règlementation plutôt floue rend parfaitement légal là-bas ce qui mène au bagne ici, sévissaient encore, offrant des albums d’une qualité grandissante.À l’arrivée du disque compact dans les chaumières de la planète, ces compagnies luxembourgeoises, allemandes et italiennes redoublèrent d’ardeur, adoptant d’emblée ces petits contenants plastifiés (les jewel cases) qui donnent bien du mal au pauvre douanier qui n’arrive plus à séparer le bon grain de l’ivraie, si bien que l’on assiste depuis 1988 à un véritable raz-de-marée d’excellents bootlegs numériques européens, qui mériteront d’ailleurs la semaine prochaine un article à eux seuls.Les artistes, au cours des années, ont réagi à ce phénomène dont ils sont les premières victimes de diverses façons.John Lennon, on le sait, les collectionnait avidement sans jamais les écouter.L’album Get Yer Y a-Y a ’s Out ! des Rolling Stones a vu le jour en 1970 pour faire obstacle au pirate Liver Than You'll Ever Be de l’année précédente.Dylan et les gars du Band, six ans après The Great White Wonder, se sont rendus aux arguments de Columbia en autorisant la sortie des fameux Basement Tapes, qui préfigurait le récent coffret The Bootleg Series.Paul McCartney, lui, a fait paraître ses propres bootlegs plus vrais que nature (d’abord Choba B CGC U, son album russe de rock’n’roll des années 50, puis Unplugged: The Official Bootleg, le concert acoustique dont je vous entretenais en juin).Les Grateful Dead, hallucinés mais pas bêtes, ont contourné le problème en dégageant un espace devant la console de son à chaque concert pour quiconque souhaite enregistrer, en plus d’instaurer un système efficace d’échange de cassettes via le magazine Hélix.Mais la palme revient à l’astucieux Frank Zappa, qui a mandaté Torn Brown, un zappologue de renom, afin qu’il choisisse huit joyaux illégaux de son immense collection, dans le but de les lancer en toute lé-gitimité et d’en retirer enfin des royautés.Bootlegger les bootleggers, c’est tout simple, mais il fallait y penser.Le coup de l’arroseur arrose esl d’autant plus réussi que Zappa n’a retouché d’aucune manière le contenant et le contenu des albums pirates, se contentant de les rassembler et de les rendre disponibles, en coffret ou individuellement.Au-delà du gigantesque pied-de-nez, Beat the Boots permet à l’auditeur d’emprunter à nouveau les multiples sentiers défrichés par le grand Frank, des aventures suédoises des Mothers of Invention en 1967 ( This The Season To Be Jelly) jusqu’à la haute voltige newyorkaise de 1981 au Palladium (As An Am).En attendant Zappa le politicien (il envisage de poser sa candidature à la présidence des États-Unis en 1992), il fait bon se rappeler le Zappa qui décon seillait l’absorption de neige jaune.ifSii Radio-Canada Quebec 11/Cable* 6 LE SOLEIL IL BRILLE TOUR TWT LE MONDE ' RETROUVEZ l'ambiance du Québec des années 50 BOEgjUJi de GRATIEN GÉLINAS du 1 7 septembre au 12 octobre 1991 DECOUVREZ une grande histoire d'amour U de MARIE LABERGE du 29 octobre au 23 novembre 1991 VIVEZ les grandes passions andalouses maiôONc QNAR ALBA do FFDERICO GARCIA LORCA du 14 janvier au 8 février 1 992 ASSISTEZ au combat historique des Patriotes avers rouges de ROLAND LEPAGE du 25 février au 21 mars 1992 RIEZ des manigances de LA de MOLIÈRE du 7 avril au 2 mai 1992 Direction artistique: Roland Lepage Dp Le Théâtre du Trident (418)643-8131 ACHETEZ votre abonnement au Théâtre du Trident et économisez jusqu'à 40% sur le prix courant du billet.CADEAU SURPRISE '''< .Présentez cette annonce en achetant un abonnement Trident 91-92 et vous recevrez un cadeau surprise.Volido jusqu'au 7 soptombre à l'achat d'un abonnomont a prix j courant au guichol du Grand} Théâtre, on nombre limité (300) •: Le Devoir, samedi 24 août 1991 M B-5 • “ 1 ' ' ‘ V* ‘*2 le cahier (Ju t • ameai DISQ.UES CINÉMA De la musique russe Anton Kuerti Piano.Tchaikovski, Grande sonate op.37; Glazounov, Grande valse de concert op.41 ; Liadov, Prélude et gigue op.3 no.1 et no.2, Intermezzo op.7 no.2, Etude op.37, Prélude et Mazurka op.57 no.1 et no 3; Scriabme, Sonate no.4 op.30, Préludes op.74, Etudes op.65.Analekta AN 2 9202.Robert Taub Piano.Scriabine, Sonates no.2 op.19, no.7 op.64, no.8 op,66; Préludes op.22, op.27, op.37.Harmonia Mundi HMU 907041, 3e volume.Murray McLachlan Piano.Miaskovski, Sonates no.1 op.6, no.2 op.13, no.3 op.19, no.6 op.64/2.Olympia OCD 214.Carol Bergeron À PROPOS de Scriabine, le philosophe russe Boris de Schloezer écrivait en 1953 que « la survie des oeuvres ne dépend pas seulement de leurs qualités intrinsèques, de leur valeur, ainsi que nous sommes disposés à l’admettre, mais encore — et surtout pour-être — des conjonctures plus ou moins favorables qu’elles rencontrent le jour où, leur auteur disparu, elles affrontent le temps, abandonnées à elles-mêmes ».Si, comme tant d’autres, la musique de Scriabine a connu sa période de purgatoire, elle en est aujourd’hui sortie et à la limite, il n’y a pas grand risque pour un Robert Taub, par exemple, a enregistrer une intégrale des 10 Sonates pour piano, lorsque d’autres avant lui l’ont déjà fait.Non pas que l’entreprise soit devenue inutile, car il y aura toujours de la place pour une interprétation originale.Puisque les Sofronitzki, Horowitz, Richter et Ashkenazy, pour ne pas les nommer tous, nous les ont faites découvrir, nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une simple lecture.Nous attendons de l’interprète qu’il aille au-delà.Avait-il quelques bonnes idées que, jeune encore, le pianiste américain Robert Taub n’a semble-t-il pas pris le temps de les mûrir toutes.Meme s’il s'avérait que les deux premiers disques de son intégrale Scriabine soient excellents — ce que je n’ai pu vérifier —, il demeure que le troisième laisse l’auditeur sur sa faim.¦ Dommage, car la technique instrumentale ne lui manque pas qui, lui laissant le loisir d'approfondir ses partitions, lui aurait permis de leur donner plus de relief.Ici, il ne suffit point d’avoir compris que la Sonate « scriabinienne » S’inscrit dans le prolongement du principe romantique proposé par , Liszt; encore faut-il se souvenir que ce « poème aux épisodes et aux idées multiples » (André Lischké) ne se reconstitue pas sans tenir compte des structures qui le sous-tendent.Aussi, est-il impératif d’éviter d’en faire une forme improvisée.Mort, comme Scriabine, à l’aube de la première guerre mondiale, Anatoly Konstantinovitch Liadov n’a jamais atteint une grande renommée.On dit de ses compositions qu’elles manquent de souffle et d’en-vergure.Ses nombreuses pièces pour piano relèvent de la miniature et gardent la trace apparente de Schumann et de Chopin.Mieux connu que Liadov, Alexandre Glazunov est un compositeur foncièrement académique auquel on accorde cependant le crédit d’avoir joué un rôle important, pendant les premières décennies du siècle, à une époque où la musique russe cherchait à se renouveler.C’est pour attirer notre attention sur certaines de leurs oeuvres tout à fait digne d'intérêt qu’Anton Kuerti a placé ces musiciens entre deux géants, Tchaikovski et Scriabine, qui ne pouvaient pas nous laisser indifférents.Ainsi par ce stratagème, ce programme russe parvient-il à captiver l’auditeur de la première à la dernière note.Le pianiste torontois aborde la monumentale Sonate de Tchaikovski avec une maîtrise comparable à celle d’un Sviatoslav Richter .ce qui n’est pas peu dire.Moins impressionnant dans la 4e Sonate de Scriabine (le vol enthousiaste du Prestissimo volando me semble un peu trop léger) les Études et les Préludes ne manquent ni d’assurance, ni de poésie.Ce qui prédispose magnifiquement à la decouverte de Liadov et de Glazounov.Nikolai' Miaskovski fut l'élève de Liadov avant d’enseigner lui-même à Kabalevski et Khatchaturian.Né en 1881, il mourut en 1950.Comme beaucoup d’autres compositeurs russes de cette époque, il attend encore patiemment que des interprètes s’intéressent à son oeuvre.Avis aux intéressés qui y trouveront une vingtaine de Sonates pour piano et plus d’une centaine de pièces de genre.Sans compter qu’il laissa 27 Symphonies, ce qui, selon Glenn Gould, lui donne le douteux privilège d’en avoir écrit plus que quiconque depuis Joseph Haydn.« En ce qui concerne l’expérimentation formelle, Miaskovski fut sans doute, après Scriabine, le compositeur russe le plus intéressant du début de ce siècle.» Cette appréciation de Gould ne l’empêche toutefois pas de remarquer chez ce compositeur académique une tendance à confondre l’« affairement » avec la « grandeur », la « répétitivité » avec l’« unité ».Toutefois ajoute-t-il, « étant donné l’époque et le milieu, la Première sonate pour piano, écrite en 1907, est une oeuvre extraordinairement novatrice.Son premier mouvement se distingue par son style fugué — un style fugué mal fagoté, mais un style fugué tout de même ».Gould va jusqu’à prétendre qu’« en raison de son imitation sans doute non fortuite d’un Beethoven Tardif, de la richesse fondamentale de l’idée mise en oeuvre, du subjectivisme qui semble tirer son origine directe de cette quête plaintive d’identité qui avait marque la génération de Mous-sorgski, cette Sonate est probablement l’une des pus remarquables de son époque».Murray McLachlan qui nous fait découvrir cette passionnante Sonate ainsi que trois autres, n’a que 23 ans lorsqu’il réalise cet enregistrement.Non seulement ce pianiste écossais a-t-il le mérite d’aborder un répertoire méconnu mais encore le fait-il avec un talent exceptionnel.Voilà un interprète dont il faudra suivre l’évolution, surtout s’il continue d’exhumer des oeuvres de cette qualité.0h.Combien.Etpourtoujours.Eurydice Ni terrible ni simple.La flèche et le cœur Oh.Combien.Et pour toujours.d après -Le Conte de Iétoile de Rene Daniel Dubos musique Alain Lalonde mise en scène Suzanne Lantagne avec Lise Daousi.Suzanne Lantagne et Le Gam 87 en coproduction avec Musique en mouvement Eurydice opera Bernard Bonnier mise en scène Jan Ruts avec Francine Alepin.Denise Boulanger.Gèrald Gagnon.Silvy Grenier.Jacques Le Blanc.Jacques Menard.Sylvie Moreau et Rosa Zacharie en coproduction avec Pluramuses 3 au 15 septembre mardi au samedi 20n dimanche 15h A J-J .y Ltyîla il) F k m OMNIBUS & ASSOCIES QUATRE JEUX DE MUSIQUE-THÉÂTRE .Ni terrible ni simple musique Yves Daoust.Jean Lesage.Couperin.J S Bach.Frescobaldi.mise en scène Jean Asselin avec Catherine Perrin en coproduction avec Catherine Perrin La flèche et le cœur adaptation musicale Silvy Greriier - mise en scène Jean Asselin avec Francine Alepin.Silvy Grenier et Jacques Le Blanc 17 au 29 septembre mardi au samedi 20h dimanche 15h ESPACE LIBRE 1945.Fullum.Montréal ______ 521-4191 Le sixième Festival international du film de Québec à l’ombre du FFM Jocelyne Richer de noire bureau de (Québec CONÇU à Montréal et dirigé de Montréal par les deux ténors du Festival des films du monde, Serge l.o-sique et Danielle Cauchard, le Festival international du film de Québec se tiendra du 4 au 10 septembre, sans qu’on sache, quelques jours à peine avant la première projection le fin mot de l’affaire.« Nous ne sommes pas une succursale du Festival des films du monde de Montréal », soutient la coordonnatrice en poste à Québec, Marie Talbot.Sauf qu’en posant quelques questions on apprend qu’elle est la seule et unique permanente de l'organisation en poste à Québec.File répond au téléphone, prend en charge les relations de presse et assure une présence sur place pour bien indiquer que le festival « de » Québec est fait « à » Québec.Mais dans les faits, tout se passe à Montréal, où on doit mettre la dernière main aux préparatifs du festival, pendant que les organisateurs en ont déjà plein les mains avec le Festival des films du monde, pas mal plus costaud d'ailleurs que son rejeton de Québec.Avec sa cinquantaine de films à t l’affiche (contre 310 à Montréal), le 'festival de Québec demeure donc d’une envergure très modeste.De ce nombre, seulement 12 à 15 films seront présentés exclusivement à Québec.A propos de transparence et de circulation de l’information, on reconnaîtra la touche Losique : à peine une dizaine de jours avant la tenue de l’événement, on ignore toujours la programmation finale, la grille-horaire, le nom du président du jury et la composition de ce jury.Demander quels réalisateurs ou quelles vedettes du grand écran seront présents relève de la plus pure témérité.Pas un nom n’est lâché.Pas moyen, non plus, d’obtenir le moindre synopsis des films présentés en exclusivité à Québec.De toute façon, on n’a réussi à connaître, pour l’heure, que cinq de la douzaine ou quinzaine (il est trop tôt pour divulguer le nombre exact ! ) d’oeuvres cinématographiques qui seront présentées en primeur à Québec.La EN VENTE CHEZ | Al! Kills ts 101C I (514)522-1245 FORFAIT 2 SOIREES Agnès Varda coordonnatrice en poste à Québec, Mme Talbot dit « ne pas avoir encore reçu la liste complète».Parmi les films projetés en primeur à Québec et dont on connaît les titres, on retrouve quatre productions françaises et une co production France-Canada : Nord, de Xavier Beauvois, Léon Morin prêtre, de Pierre Boutron, Milena, de Vera Belmont, La rue du bac, de Gabriel Ag-hion et Lola Zipper, du Canadien Lian Duran Cohen.La programmation complète, nous promet-on, sera dévoilée le 29 août, six jours avant le début du festival.Ce n’est qu’à ce moment que les cinéphiles pourront connaître la grille-horaire et planifier leur présence en PHOTO JACQUES GRENIER salle.Le programme (qui fera dans les 60 pages et publié à 15 000 exemplaires) sera distribué gratuitement dans un réseau de lieux publics.Le coût du visionnement est passé de 4 $ à 5 $ pour les films projetés dans les salles du Cinéplex Odéon et à 7,50 $ pour les films d’ouverture et de fermeture présentés au Grand Théâtre de Québec.Le mercredi 4 septembre, La demoiselle sauvage, le dernier film de Léa Pool, mettant en vedette Patricia Tulasne et Matthias llabich, donnera le coup d’envoi du festival.On y raconte l’histoire de Marianne, une infirmière recueillie en forêt par un ingénieur chargé de surveiller un barrage, mais qui surveillera aussi les mystères de la belle inconnue.La soirée de clôture sera consacrée à l’humour avec la présentation du film Toto le héros, du réalisateur belge de 34 ans, Jaco Van Dormael, le 10 septembre.11 s’agit de son premier long métrage, qui vient de remporter la Camera d’or au dernier Festival de Cannes.L’humour devrait être la marque de commerce du festival, la preuve « de son identité propre », comme le soutient Mme Talbot, avec la présentation de huit films censés faire rire et la remise d’un prix couronnant le meilleur d’entre eux.La section humour est la seule qui soit compétitive.Le public aura cependant l’occasion de manifester lui aussi son coup de coeur en votant poui le film qu’il a le plus apprécié de tous ceux présentés durant le festival.Au total, on sait qu’on pourra voir des films en provenance d’une vingtaine de pays, dont la France, le Danemark, L’Australie, La Chine et le Cambodge.Les cinéphiles de Québec pourront notamment apprécier le dernier Agnès Varda, qui nous arrive avec Jacquot de Nantes et, du Québécois Jean-Pierre Lefebvre, Le fabuleux voyage de l'ange.Avis aux unilingues : tous les films seront présentés en version originale.Dans cette ville où 98 % des gens sont francophones, et bon nombre d’entre eux connaissent mal ou très mal l’anglais, on nous promet que « la majorité » (combien ?mystère ! ) des films non-francophones seront sous-titrés en français.Les autres auront des sous-titres anglais, « seulement quand aucune copie française n’est disponible », assure Mme Talbot.Le festival jouit d’un budget de 250 000 $, en partie financé par le ministère fédéral des Comunications, Téléfilm Cnada, le ministère des Affaires culturelles, la Société générale des industries culturelles (SOGIC), la ville de Québec et des commandites privées.Le président d’honneur est le cinéaste Denys Arcand, à qui on rendra hommage au Festival des Films du Monde de Montréal.L’an dernier, on avait enregistré 15 000 entrées en 72 séances.Cette année, les cinéphiles auront droit à 80 séances en six jours.HORAIRE DES REPRESENTATIONS DU 12 NOVEMBRE 1991 AU 20 FÉVRIER 1992 EMPLACEMENT MAR.AU JEU.20h MATINÉES DU SAM.14h MATINÉES DU DIM.15h VEND.ET SAM.20h MATINÉES DU MERC.14h Parterre NOVEMBRE LIMITÉ TRÈS LIMITÉ DISPONIBLE DÉCEMBRE DISPONIBLE TRES LIMITE DISPONIBLE JANVIER DISPONIBLE LIMITE DISPONIBLE FÉVRIER DISPONIBLE DISPONIBLE DISPONIBLE Corbeille NOVEMBRE LIMITÉ TRÈS LIMITÉ DISPONIBLE DÉCEMBRE DISPONIBLE LIMITE DISPONIBLE JANVIER DISPONIBLE LIMITÉ DISPONIBLE FÉVRIER DISPONIBLE DISPONIBLE DISPONIBLE Balcon NOVEMBRE DISPONIBLE LIMITE DISPONIBLE DÉCEMBRE DISPONIBLE DISPONIBLE DISPONIBLE JANVIER DISPONIBLE DISPONIBLE DISPONIBLE FÉVRIER DISPONIBLE DISPONIBLE DISPONIBLE Prix-rabais disponibles pour les avant-premières et les matinées du la disponibilité des billets est exacte au moment d’imprimerie.mercredi.L'information sur THE PHANTOM OF THE OPERA Seulement trois mois DU 12 NOVEMBRE 1991 AU 20 FÉVRIER 1992 Avant-premières: 12 et 13 novembre Gala d'ouverture: jeudi 14 novembre 1991 au profit de la Fondation du Deabète Juvénile.NE TARDEZ PAS! RÉSERVEZ UNE SOIRÉE (514)790-2222 Billets en vente également au guichet 'de la Place des Arts et aux guichets TicketMaslcr (situés dans certains magasins de La Baie) t"»'1** e ’T, «»¦»' 11 ^ruUn' “l’’' \ n A.lC.i J i*»*""" ' , .VO“«* oc' .«I tu'u,c .x\ •’ .r'*1 4tt*’ y o«'9nt rjt.lChN,“ .artJ ,11*'' ' »»«¦•*' .«C»^ uni ,oe'9n’ ,e Je •' oes"e .¦ • ' ' rw u %cc> ;; " toi oV*° • "fc ?5 «^.„c'*• 'S'V, hU' \i\" Uw-''" «*< , iuo"»' ;; «a*** "rt .so»» ,w>» ^ _ .tw’* w»-'* ".tu*' •ct»^ Jc «aduW tu"-'' .¦^.4 ^ ,„w.r****-**: O»** v° Çt\'" ' c UfW'^' 't*»" ne^°,K \ .«¦.t., '¦ lwJC^,Cfr ' n 1 • .U^,»C Un outil révoli to^' uauI" ,vU\ ' O'’'"*', nC'"“' «¦ Ji** ionnaire ! W Ar v .v —.tCL a** pr^Çfo'"nJ' «O*" ,4.-*’ r-"” o-»«l W»”“V W'" Ml «""'S»* oe«e * , luPOl' , M«"‘.«-
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