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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-10-02, Collections de BAnQ.

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SOCIETE CAHIER Montréal, mercredi 2 octobre 1991 Wenders, Jarmusch, Akerman et les autres Wim Wenders (ci-contre), Jim Jarmusch, Chantal Akerman, Théo Angelopoulos et plusieurs autres réalisateurs importants participeront au 20e Festival du Nouveau Cinéma, qui proposera 74 films et 45 vidéos de 27 pays dans six salles montréalaises à compter du 17 octobre.Page B-3 Du théâtre à récriture gestuelle Après Achterland, la compagnie de la célèbre chorégraphe belge Anne Térésa de Keersmaeker proposait Stella au public montréalais, un spectacle de 90 minutes sensible, rageur, coriace, où elle manie aussi Dien les leviers du théâtre que ceux de la chorégraphie.Page B-3 Campeau et la souveraineté « Il ne suffit pas de dire non.Le gouvernement du Québec doit privilégier la souveraineté à compter de maintenant »>, écrit Jean Campeau, ex-président de la Commission sur l’avenir constitutionnel du Québec, dans un article que LE DEVOIR publie aujourd’hui.« Le plan fédéral est totalement inacceptable.» Page B-8 Pour le meilleur et pour le pire On se retrouve au Théâtre d’Au-jourd’hui avec le meilleur et le pire de l’oeuvre de Michel Tremblay, écrit Robert Lévesque.D’une part, Brassard n’arrive pas à découvrir de nouvelles voies dans un oeuvre pourtant riche, par contre Rita Lafontaine et Sylvie Drapeau sont excellentes.Page B-3 PERSPECTIVES/HAITI r* Un coup d’Etat plus qu’incertain François Brousseau LE PUTSCH a-t-il réussi en Haiti?Depuis Moscou, le monde sait qu’un coup d'Etat peut être rapidement vaincu par la résistance sociale, l’opprobre international, ou plus simplement sous le poids de sa propre ineptie, de ses propres contradictions.Moscou est bien loin de Port-au-Prince, les parallèles sont en l'espèce plus qu’hasardeux, mais l'hypothèse de l’échec ne peut être écartée, devant l’action brutale des militaires haïtiens et leur absence apparente de perspectives.Qu'est-ce qui a déclenché l’opération ?Les griefs des militaires face au nouveau pouvoir, tels qu’avancés par les premiers insurgés, dimanche soir et lundi matin, avaient trait à une série de malaises et de revendications catégoriels : absence de haut commandement permanent depuis l’éviction, en juillet, du général Hé-rard Abraham; séparation — voulue par Aristide, crainte par les militaires — entre l'armée et une nouvelle police à créer; budgets impartis; constitution présumée d’une « garde personnelle » du nouveau président qui aurait menacé les prérogatives de l’armée; récriminations contre la « justice populaire des rues », envers laquelle le père Aristide se serait montré complaisant.Selon Jean-Jacques Honorât, directeur du Centre haïtien des droits de l’homme (CIIADEL), interviewé hier depuis Port-au-Prince par Radio-Canada, « plusieurs de ces revendications étaient justifiées».Mais pour Rachel Magloire, directrice de l’information à la Télévision nationale, qui se trouvait à Montréal au moment du coup d'État, il est fallacieux de donner ainsi crédit aux prétexte qu'ont pris les militaires pour intervenir : « La garde d’Aristide, mais c’est 20 personnes responsables de sa sécurité ! » .Et non l’embryon d’un nouveau « système macoute », aristidien celui-là, comme le laisse entendre M.Honorât.Sur la question des budgets de l’armée, le ministre de l’Éducation du gouvernement déposé, Leslie Voltaire, déclarait hier au DEVOIR, depuis sa clandestinité haïtienne : « De 1990 à 1991, l’éducation est passée de 36 millions à 45 millions de dollars, l’armée restant à 40 millions.On ne peut pas parler d’une chute ! Mais ils ont fait de la propagande chez les petits soldats, en leur faisant peur sur la baisse des budgets de l’armée.» Les revendications catégorielles n’étaient sans doute pas le vrai motif de l’action militaire.Mais certains ont joué sur un malaise réel, et profité de ce malaise pour élargir le jeu et s’attaquer directement au pouvoir.Un acte prémédité ?Ce qui mène à la question suivante : y avait-il, oui ou non, préméditation de la part du général Raoul Cedras, remplaçant provisoire du général Abraham en juillet, aujourd'hui à la tête de la troïka putschiste ?Ou bien a-t-il plutôt décidé de monter dans le train du coup d’État lundi, alors que la révolte militaire — jusque-là localisée dans deux casernes — semblait gagner du terrain et pouvoir inquiéter le président Aristide lui-même ?La personnalité de Cedras, son comportement depuis un an, ne laissaient en tout cas augurer aucune velléité d’insoumission.Responsable, en novembre-décembre dernier, du comité militaire de supervision des élections libres, il ne recueillait que des compliments parmi les observateurs étrangers et la classe politique haïtienne.Il n’est jusqu'au futur président Aristide en personne, qui ne cessait alors d’appeler de ses voeux « le mariage de l'armée et du peu-ple », qui n’ait fait l’éloge du général Cedras, en présence du journaliste du DEVOIR.Dérapage ou opération savamment préparée ?La thèse de la préméditation a ses partisans; elle est notamment avancée par le journaliste Jean-Michel Caroit, d'Haïti en marche, aussi collaborateur du Monde et de Radio-Canada.Mais celle d’un certain dérapage n’est pas à écarter.L'armée haïtienne est-elle forte L’armée haïtienne n’est plus ce qu'elle était, et nombreux sont les témoignages sur sa démoralisation et l’absence de leadership qui y régnent.Au fil des coups d’État qui ont égrené l’actualité « politique » haïtienne depuis février 1986, les purges successives ont affaibli le leadership traditionnel « macoute » de l’armée.Les départs successifs des Henri Namphy et Prosper Avril ont laissé derrière eux un corps malade, de moins en moins doté de « têtes ».L’élimination de quelques supérieurs « méchants » n’a pas entraîné un assainissement général, au niveau des gradés intermédiaires et des « petits soldats ».La drogue et la filière macoute.Selon Frantz Voltaire, directeur du CI D11 ICA, un centre d’études montréalais spécialisé dans les affaires des Caraïbes, « la filière de la drogue et la filière de la République Dominicaine, ont pu jouer un rôle dans l’avènement de ce coup d’État ».La plupart des ex-barons macoutes, les Franck Romain et Williams Regala, se sont réfugiés dans la république voisine, d’où ils auraient pu téléguider certaines opérations.Même si le « système macoute » n’est plus l’ombre de ce qu’il était en Haïti, les anciens réseaux d’information, de direction et de financement s'étant étiolés, il serait encore capable, de l'avis des observateurs haïtiens, de lancer quelques actions spectaculaires et désespérées, comme celle à laquelle on assiste depuis trois jours.Un retour d’Aristide est-il possible ?« L’irréparable n’a pas été commis, Aristide n'a pas été tué », fait observer Frantz Voltaire.Dès lors, un scénario de « retour du héros », de renversement des putschistes, est-il possible ?Ce sentiment était partagé, hier, dans les milieux haïtiens, où l'on rêvait un peu à Boris Eltsine et à Mikhaïl Gorbatchev.Le président démis a en tout cas lancé, hier depuis Caracas, un appel qui envisageait explicitement une telle possibilité, et demandé à la communauté internationale d’oeuvrer activement au retour de la légalité en Haïti.Malgré le refus du Conseil de sécurité de tenir une réunion sur l’affaire haïtienne, au nom du principe de « non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays » et parce que « la crise haïtienne lie met pas en dahger la paix mondiale », la mobilisation diplomatique semblait hier bien engagée, les États-Unis s’y étant joints avec force.L’isolement des putschistes.L'isolement intérieur — le nouveau pouvoir, qui n'a toujours pas annoncé le moindre programme, ne reconnaît encore que le « dialogue » de la mitraillette et de la victime — et extérieur prive la junte « au pouvoir » à Port-au-Prince de perspectives le moindrement durables.La cessation probable de paiements par les bailleurs de fonds internationaux — alors que le régime Aristide avait décroché, cet été, d’appréciables promesses d’aide — pourrait finalement s’avérer, pour les aventuriers fous de Port-au-Prince, encore plus nuisible que les condamnations diplomatiques et la résistance populaire dans les rues.PHOTO JACQUES NADEAU Orlert)^ ebou V.« \u'We- se OUTS^* Aux cris de « Aristide ou la mort », quelque 400 membres de la communauté haïtienne ont manfiesté hier à Montréal pour protester contre le coup d’État qui a renversé le président élu d’Haïti.Les Haïtiens de Montréal demeurent confiants Josée Boileau LA CONFIANCE était de mise hier chez les principaux représentants de la communauté haïtienne de Montréal.Le coup d'État ne peut tout simplement pas réussir et les fissures, déjà visibles, iront s'agrandissant, estimait-on généralement.Affichant la même détermination, près de 400 personnes ont de leur côté manifesté hier après-midi devant les bureaux du gouvernement fédéral au complexe Guy-Favreau, à Montréal, à l’invitation du Bureau de la communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal.« Aristide ou la mort », « On exige le retour d’Aristide », clamaient les manifestants en ponctuant leurs cris de chants et de pas rythmés.Présent à la manifestation, lé président du Bureau, M.Jean-Claude Icart, s’appuyait sur plusieurs indices pour expliquer l’optimisme prudent qui avait cours.« On sait que la résistance s'amorce, que des ministres l’organisent, disait-il.Le père Aristide à fait parvenir un message, il a donné une conférence de presse.Des villes de province résistent.On sait aussi que l'unité de la junte commence à craquer.« Devant tous ces signes, nous sommes maintenant certains de la reprise du processus démocratique.Ces événements ne l’ont que ralenti, pas arrêté.» « Nous sommes confiants que tout ça sera temporaire », expliquait pour sa part le journaliste Evans Des-mangles, de l'émission hebdomaire haïtienne Kobil flamboyant diffusée sur les ondes de CIBL.« C’Cst une armée disparate, composée de bandits, poursuit-il.Si la pression internationale s'y met, la coordination du coup militaire ne pourra pas durer.» Les militaires n’ont aucun appui dans la population, observait un autre journaliste haïtien, Feniton Jacquet.Aristide est vivant : n’est-ce pas là la meilleure raison d’espérer ?La communauté haïtienne n’était quand même pas exempte de toute inquiétude.Peu importe où l'on téléphonait hier, les lignes ne dérougissaient pas et les responsables des nombreux organismes haïtiens de Montréal ne savaient plus où donner de la tête.Tout le monde voulait savoir ce qui se passait en Haïti en profitant des contacts privilégiés que ces organismes ont avec les gens du pays.A l’Association des gens d’affaires haïtiens, on était là comme ailleurs à l’affût des événements parce qu'ils ont une conséquence directe sur les membres de son organisme.Depuis l'arrivée au pouvoir du père Aristide en décembre dernier, des projets d’investissements commençaient à prendre forme entre les Haïtiens de Montréal et ceux du pays d’origine.Le coup d’État risque de tout faire tomber.« C’est catastrophique, faisait le président de l’association, M.Jean-Marie Abel.L’épanouissement économique d’Haïti dépend directement de la possibilité d'arriver au départ à une véritable démocratie.» Tout est encore possible, notait néanmoins M.Abel en récusant la thèse de l’apathie des Haïtiens qui a été observée au début du coup d'État.« Je crois que les gens ont au départ été désorientés par la rapidité des événements.C'était tellement inattendu.Et puis, la mort de Sylvio Claude (opposant politique du père Aristide) suivie de celle de Roger Lafontant (ancien chef des tontons macoutes) ont aussi incité la population à rester calme.» Le journaliste Évans Desmangles note, lui, que « les Macoutes n'avaient jamais tout à fait lâché prise, ils avaient même des alliés au sein du parlement.Le coup d’Etat pour moi n’est pas vraiment une surprise.« Ce qui m’étonne davantage par contre, c’est que la communauté internationale ne réagisse pas plus fermement.C’est bien de condamner le coup d'État, mais il faudrait agir sur les relations bilatérales en coupant les ponts avec ce régime.» À la manifestation d’hier, certaines pancartes se faisaient sévères à cet egard ; Washington complice du coup, pouvait-on lire, et les interrogations étaient nombreuses.Pourquoi les États-Unis n’ont-ils pas réagi avant hier midi ?Pourquoi les relations diplomatiques avec le nouveau régime n'ont-elles pas été suspendues ?On se demandait aussi pourquoi le Conseil de sécurité de l’ONU avait refusé d’intervenir, sans prendre en compte toutefois que le Conseil n'intervient jamais en cas de conflit interne.Il ne l'a pas fait davantage au moment de la tentative de coup d’État en URSS.Jean-Claude Icart se disait quand même content de la réaction du Canada et des appuis que la communauté ne cessait de recevoir de différents groupes québécois et canadiens.« C’est encourageant et réconfortant », disait-il.Le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, présidé par Ed Rroadbent, le Conseil canadien des Églises, la FTQ, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, Développement et paix, des groupes chrétiens ont tous tenu à faire part de leur indignation, de leur tristesse et de leur condamnation du coup militaire survenu lundi.Ils ont appelé les Nations unies à assurer le retour immédiat au pouvoir du père Aristide et appelé le Canada a soutenir un boycottage international du régime militaire.La lutte se poursuit dans la clandestinité François Brousseau « LES PUTSCHISTES tiendront trois jours, peut-être une semaine.» Telle est l’évaluation qu’a faite, hier après-midi, dans une conversation exclusive avec LE DEVOIR, le ministre de l’Éducation dans le gouvernement haïtien renversé, M.Leslie Voltaire, joint au téléphone « quelque part en Haïti », où il se terre dans la clandestinité.« Nous sommes là, nous tenons le coup, a lancé M.Voltaire.Le conseil des ministres existe encore.Nous sommes en contact permanent entre nous, et en contact avec le président Aristide via les ambassades.En l’absence d’Aristide, c’est le premier ministre qui devient le numéro un », a expliqué M.Voltaire, qui ajoute : « Je suis persuadé que ce coup d'État va échouer.» « Les informations sur la capture du premier ministre et de deux ministres sont fausses », a déclaré M.Voltaire, qui a ainsi démenti les arrestations précédemment annoncées du premier ministre René Préval, du ministedu Plan Renaud Bernardin et de la ministre de l’Information Marie-Laurence Lassègue.« Nous continuons la lutte, sur les plans interne et international.La société se mobilise dans les rues, tandis que nous menons une activité diplomatique pour obtenir l’isolement international de la junte.» M.Voltaire, comme le gouvernement Préval dans son ensemble, compte énormément sur les réactions de l’étranger pour faire pièce aux menées des putschistes, et préconise la constitution d’« une force multinationale, un peu comme celle qui avait supervisé le processus électoral de novembre-décembre 1990 », pour ramener le Voir page B-2 : Lutte MUSEE DE LA CIVILISATION (Québec) RÉSERVATION PUBLICITAIRE 842-9645 Voyages et Voyageurs Date de tombée le 17 octobre 1991 Le Devoir publie à l'occasion de l'ouverture de l'exposition Voyages et Voyageurs du Musée de la Civilisation un cahier spécial.Cette exposition veut faire découvrir les pratiques de voyages des Québécois au XXe siècle, que ce soit pour le travail ou le loisir.Trois grands thèmes seront abordés: • Le Grand départ traitera des motivations des voyageurs plaisanciers autant que travailleurs, l'évolution des préparatifs de voyage ainsi que le rituel du départ.• Les Routes du voyage présentera les modes de transport pour passagers au cours du XXe siècle, l’organisation des sites de voyages et les profils de voyageurs-types.• Le Retour explorera le monde du souvenir comme témoignage et prolongement du voyage.PARUTION Le 2 novembre DANS LE DEVOIR B-2 ¦ Le Devoir, mercredi 2 octobre 1991 UNE POLITIQUE DE LA CULTURE La proposition fédérale est inacceptable NDLR — La commission parlementaire chargée de jeter les bases d'une politique de la culture au Québec a ouvert ses travaux hier à l’Assemblée nationale.Durant les prochaines semaines, nous publierons chaque jour en cette page des extraits des mémoires les plus significatifs qui y seront présentés.Nous commençons cette série avec un extrait du discours d’ouverture de la ministre Usa Frulla-llébert Usa Frulla-Hébert Ministre îles Affaires culturelles ENFIN, monsieur le prési dent, permettez-moi de faire le point sur la proposition que le gouvernement fédéral a fait connaître, il y a une semaine aujourd’hui.Il s’agit d’abord d’un document qui surprend.La remise en question qu'il véhicule est majeure.D'un point de vue canadien, ce document remet en cause la structure politique canadienne et contient des propositions qui risquent de chambarder le type de gestion publique que s'était donnée jusqu'ici le Canada.Il questionne sérieusement la capacité concurrentielle canadienne.Il s'agit donc d’un document qui possède le mérite d'affronter et de questionner la problématique politique, constitutionnelle et économique du pays.Mais, monsieur le président, ce document dépasse largement tout ce qui avait été publié jusqu'ici.Rappelons que les rapports des Commissions Laurendeau/Dunton dans les années 60, Pépin/Robarts, dans les années 70, MacDonald dans les années 80, ont tous recommandé un accroissement de pouvoir pour le Québec, entre autres, dans les champs culturel et linguistique.Il y a quelques mois, chez nous au Québec, le rapport Allaire et celui de la Commission Bélanger/Campeau concluaient en faveur d'un rapatriement exclusif en matière de culture.Le document fédéral de mardi dernier se place donc en porte à faux par rapport à l'ensemble de ces commissions ou comités.Historiquement et traditionnellement, le Québec a toujours été identifié comme le seul gouverne- ment responsable de la défense et de la promotion de la culture francophone en terre d’Amérique.Or, le gouvernement fédéral, à travers son document, remet en question cette responsabilité.Monsieur le président, nous n’avons pas l'intention de nier l’investissement d’Ottawa au Québec.Un investissement, faut bien se le dire, qui provient de l’ensemble de nos conci- toyens du Québec.Déjà, depuis quelques années, avec son pouvoir de dépenser, Ottawa nous a forcé la main dans certains secteurs et, selon ses priorités, il multiplie les dédoublements et les chevauchements.Les secteurs de l’édition et du cinéma sont des champs où il y a duplication avec nos bibliothèques nationales, avec nos agences de développement et avec nos programmes de soutien.Ajoutons un autre exemple : au niveau des équipements culturels, le gouvernement fédéral a certes investi des sommes importantes; mais il faut être conscient que chaque fois Qu’Ottawa investit dans la construction d’un nouvel équipement, il se décharge de toute responsabilité financière reliée au fonctionnement des organismes concernés.La pression devient alors très forte pour le gouvernement du Québec d’apporter son soutien à ces organismes et, par le fait même, de modifier l’ordre de ses priorités.En termes clairs, le fédéral bâtit en collaboration avec le Québec l’équipement et prend pour acquis que le Québec contribuera à ces opérations pendant des décennies.N’est-ce pas là, monsieur le président, une autre façon de s'ingérer dans le champ culturel.Mais, depuis mardi dernier, le gouvernement fédéral exprime la volonté de se donner un pouvoir additionnel ; soit celui de légiférer en toute matière jugée nécessaire à une union économique.Ce pouvoir additionnel soulève de nombreuses interrogations dans le domaine de la culture : ¦ Quelles garanties avons-nous qu’Ottawa ne cherchera pas à diminuer la portée de notre loi sur le cinéma ?¦ Quelles garanties avons-nous qu’Ottawa ne cherchera pas à éliminer le réseau de nos distributeurs québécois dans le domaine du film ?¦ Quelles garanties avons-nous qu’Ottawa ne cherchera pas à assujettir nos lois de protection sur le patrimoine ?¦ Quelles garanties avons-nous qu’Ottawa ne cherchera pas à : subordonner notre législation sur lel statut professionnel des artistes ?! Voilà autant de questions qui m’in- r quiètent, surtout si le gouvernement fédéral maintient sa volonté d'appliquer des normes pan-canadiennes.Monsieur le président, le gouvernement fédéral doit modifier ses po-1 sitions.Ottawa doit refaire ses devoirs, j La proposition telle que présentée, monsieur le président, est inacceptable.Le Québec s’est toujours élevé contre un affaiblissement de ses pouvoirs en matière de culture.¦ Travailler, monsieur le président, en collaboration, oui.Travailler sous tutelle, jamais.Entre-temps, je voudrais préciser, ; monsieur le président, que j’entends ; fournir, le mois prochain, à la Commission parlementaire sur la loi 150 I qui étudie les propositions fédérales | une élude plus poussée des observa- S lions que je vous livre ce matin.'HÔ+O AI Le président Carlos Andres Perez du Venezuela a accueilli le président haïtien dépsosé Jean-Bertrand Aristide avec tous les honneurs diplomatiques hier à Ca racas.i t % Le monde s’indigne PHOTO AP Un réfugié haïtien en colère jette une chaise dans le feu au cours des violentes manifestations qui se sont déroulées hier dans le quartier haïtien de Miami.d'après l'Agence France-Presse et Reuter LA COMMUNAUTÉ internationale s'est indignée hier après le coup d’État en Haïti qui a entraîné la chute du président Jean Bertrand Aristide.Le président américain George Bush a demandé hier la restauration immédiate du gouvernement du président haïtien et les États-Unis ont annonçé la suspension de leur aide à Haïti.M.Bush a reçu hier après-midi l'ambassadeur désigné du président Aristide, M.Jean Casimir, et a accepté ses lettres de créances.Dans un communiqué, le président américain a indique avoir dit à M.Casimir que les États-Unis, « en dépit des événements des deux derniers jours, continuaient de reconnaître le président Aristide comme le président légitimement élu d’Haïti »» et soutenaient la résolution adoptée lundi soir par l'Organisation des États américains (OEA) et qui demandait sa restauration.» Nous condamnons ceux qui ont attaqué le gouvernement démocratiquement élu et légalement constitué d’Haiti et appelons à un arrêt immédiat de la violence et à la restauration de la démocratie en Haïti », ajoute le communiqué.Le président Bush a souligné qu’il entendait oeuvrer « étroitement » avec l'OEA afin d’obtenir la restauration du président Aristide.M.Aristide, qui a été expulsé de son pays hier matin vers le Venezuela, doit s’adresser à une réunion extraordinaire du Conseil de l’OEA aujourd’hui à Washington, a annoncé cette organisation basée dans la capitale fédérale américaine.Un porte-parole de la Maison-Blanche a indiqué qu’il n’y avait pas hier soir de rencontre prévue avec le président Bush à cette occasion, mais n’a pas voulu exclure un tel entretien.Le Conseil permanent de l’OEA a convoqué hier une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l’organisation pour étudier les mesures a prendre après la prise du pouvoir par les militaires en Haiti.Le gouvernement américain * ne reconnaît pas cette junte », a déclaré le porte-parole du département, Margaret Tutwiler, estimant que la prise de pouvoir des militaires en Haiti était une « attaque contre les aspirations démocratiques du peuple haïtien ».Le porte-parole a précisé que comme la France et la Communauté européenne, Washington avait décidé de suspendre à partir d’hier tous les programmes américains d’assistance à Haïti.L’aide américaine pour l’année fiscale 1991 était de 85,5 millions $, dont 1,5 million $ d’aide militaire non offensive.Le projet pour 1992 s’élève à 90,2 millions $, dont 2,2 millions! d’aide militaire non offensive.Mme Tutwiler n’a pas été immédiatement en mesure d’indiquer quel était le montant de l’aide déjà versée à Haïti au titre de 1991.Les États-Unis ont également demandé aux militaires qui ont pris le pouvoir « d’assurer la sécurité » des ressortissants américains dans le pays.Le département d’Ëtat a enfin confirme que les États-Unis avaient joué un rôle dans les négociations pour assurer un départ en toute sécurité du président Aristide en coopération avec la France et le Venezuela.La France a condamné le coup d’État en exprimant « son indignation à l’égard de tous ceux qui ont commandité cette opération qui bafoue la volonté populaire », et elle a suspendu son aide à Haïti « jusqu’au rétablissement de l’État de droit et au retour des autorités légitimes».Affirmant que la légitimité demeure au président Aristide, le Quai d’Orsay a demandé le retour à l’ordre constitutionnel et a annoncé que les 74 coopérants français en poste en Haïti avaient reçu l’ordre d’interrompre leur activité, à l’exception de ceux travaillant dans le secteur ali mentaire et humanitaire.Les États-Unis, le Canada et la France, suivis du Chili et du Venezuela, ont condamné dès les premières heures le putsch militaire et demandé le retour des soldats dans leurs casernes.La CEE a menacé de suspendre son aide à Haïti.Le secrétaire général de l’ONU, Javier Ferez de Cuellar, a déclaré : « Je regrette vivement les événements violents qui viennent de se produire en Haïti et qui ont fait de nombreuses victimes.Je m’inquiète du sort du président Aristide et des graves menaces qui pèsent sur la démocratie que le peuple haïtien venait d’instaurer, avec le concours des Nations unies.» 4 Lutte calme et la légalité.Le ministre a fait savoir qu’après un moment d'attentisme parmi la population, « la résistance a commencé, elle se manifeste un peu par tout, dans l’arrière-pays, dans des villes de province, et dans les faubourgs de Port-au-Prince, comme à Carrefour où les fusillades ont été fé roces.Les gens creusent des Iran chées, forment des barricades, comme en janvier dernier ».Les fi et 7 janvier, une tentative de coup d’Etat fomentée par l’ex-chef des tontons-macoutes Roger Lafontant s’était heurtée à une farouche résis tance de la population, descendue en masse dans les rues de la capitale et des grandes villes.« Les militaires sont totalement isolés, ils n'ont personne sur qui s’appuyer », a dit M.Voltaire, qui a rapporté que la trôika militaire qui occupe le Palais présidentiel tentait hier de regrouper des personnalités pour former un gouvernement.« Ils ne trouvent personne.» Marc Bazin, candidat malheureux à la présidence aux élections du Ifi décembre dernier, a d’ailleurs condamné hier le coup d’État et réclamé le retour à l’ordre constitutionnel, ce qui démontre, selon M.Voltaire, le degré d’isolement des militaires.« Sept mois de démocratie ne peuvent être effacés de cette façon, a dit le ministre, qui a fait valoir que malgré ses ratés, comme le déséquilibré (les pouvoirs entre l'exécutif et le lé gislatif, « cette expérience est extrêmement positive » et se doit d'être poursuivie.ARTS VISUELS D’anges, de chateaux et de donjons STEPHAN BALLARD, SOPHIE JODOIN La Galerie du SAC Service des activités culturelles de l'Université de Montréal Centre communautaire, 4e étage 2332, boulevard Édouard-Montpetit, local B-402 Jusqu'au 3 octobre 1991 GINETTE PRINCE Galerie Optica 3981, boulevard Saint-Laurent Espace 501 Jusqu'au 6 octobre 1991 IVIarie-Miclièle C’ron POU R SAISI R le passage du temps, Sophie Jodoin a « radiographié » des insectes et des corps fragmentés, dans des images voilées d’un jaune incandescent comme des ors vieillis.Pour découvrir la vraie nature des anges, Stéphan Ballard, enduit ses modèles d’une poudre crayeuse et imprime dans ses photographies en noir et blanc, les traces volatiles de leur pèlerinage sur terre.La démarche de ces deux artistes qui s'inscrit dans le volet « Appel aux jeunes photographes » organisé par Vox Populi dans le cadre du Mois de la photo à Montréal, s’avère prometteuse.(Stéphan Ballard s'est mérité, quant à lui, le prix de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ ) et profitera de son séjour à Paris pour prendre contact avec les photographes de l’hexagone.) Sophie Jodoin qui avait participé cet été à l’exposition Espace Dessin au Centre Saidye Bronfman, avait juxtaposé dans ses dessins, divers matériaux tels que le plastique, le verre, le papier pour façonner des corps qui baignaient alors dans une atmosphère sulfureuse.Même ambiance dramatique à la galerie du SAC.L’artiste a superpose, dans une même oeuvre, plusieurs couches photographiques telles des strates archéologiques et donne à ses natures mortes, des allures de momies figéespar un baume odorant.Dans une meme série, elle intercalle des photos de coléoptères, des visages éclaboussés par une lumière chaude et aveuglante où les fiançailles de la nature et d’une humanité en voie de décomposition latente, resplendissent encore de vie.Carapaces et peaux craquèlent comme des vestiges érodes par l’usure du temps.Ces fresques qui font naître l’ombre de Pompéi, cité antique gardée intacte par les cendres du Vésuve, rappellent les photos en noir et blanc présentées par Benjamin Chou en 1990 à la Galerie Dazibao.À la grande différence que dans le travail de Sophie Jodoin, l’ajoul de la couleur irradiant de mille feux, rend la mort plus proche, plus familière.Et plus menaçante.Cette impression de fuite, de perte, se ret rouve dans l’Ange en fer de Stéphan Ballard, une série de photographies qui combien cyanotypes et épreuves argent iques, recadrée, entre autres, sur des fonds gris puis noirs où apparaissent el se fondent des formes brouillées.Ici, l’image est perturbée : nous n'arrivons plus à voir le sujet ou l’objet représenté, happés par cette « inquiétante étrangeté » qui en résulte et que les sur- réalistes magnifiaient.Puis, le visage diaphane d’une femme drapée d'un tissu blanc transperce l’obscurité et se métamorphose, plus loin, en statue poudrée de la tête aiix pieds, ventre et seins proéminents.Elle s’éclipse telle une trace fantomatique évanescente pour s’élancer dans un grand panneau disposé sur l'autre mur de la galerie.A partir d’un montage et d’un collage judicieux de plusieurs images du corps morcellé puis rephotographié en une vue d’ensemble qui se déroule comme un fondu-enchaîné, l’artiste interroge notre regard qui rencontre différents obstacles : démarcations, césures et « raccommodages » tour à tour lisses et rugueux.Un art de la dissociation et de la manipulation doublement intéressants.?Ginette Prince porte bien son nom.Donjons et châteaux de sable moulés et coulés en ciment fondu, oriflam mes, photo-sculptures et menus ob jets symboliques ont envahi la galerie Optica, soudainement emportée 1 dans le tourbillon enivrant de « Croi- i sades» tumultueuses.« Ici, je me | suis tout permis avec la photogra- 8 phie, dit l’artiste.» Le résultat est 3 probant.Disposés frontalement et j plantés dans des trépieds, une ran- jj gée de parchemins déroule ses mys- j tères : couches de papier, décalques, I feuilles quadrillées d’où surgissent I des copies laser retouchées au ! crayon pastel reproduisant des ponts S aux armatures en fer vertigineuses.{ Ces porte-drapeaux inusités conti | nuent de défiler sous nos yeux : lam ; beaux et chutes de papier, lettres al- j ! phabétiques tapées à la machine, re- | levés topographiques, dessins pa- f tinés rappelant, de par leur textuée | et leurs motifs, les calendriers chi- | nois, photos urbaines, Statue de la li- ] berte cernée d’échauffaudages, rè- I présentation du corps humain de- | venu masse, volume, proportions, I images encadrées de regies en plas- I tique.Tout en faisant un clin d’oeil I malicieux au travail et à la pose clas- | sique du peintre devant son chevalet, | l’artiste nous entraîne dans un i chassé-croisé ludique et excitant en- j tre l’architecture médiévale et Par- s chitecture moderne, entre la pein- j ture et la sculpture.Elle mesure la « démesure » de j New York, l’éphémérité des cons- ; tructions modernes et la pérennité ,j des sites historiques.« J'ai étudié les 1 formes symboliques et iconographiques du « bâton » comme instrument | de pouvoir, par exemple, comme ob I jet de mesure» explique Ginette I Prince.Sur le mur, des photogra- I phies mettent en scène des décors de I théâtre, des amoureux, une femme 1 cousant un immense voile blanc, une j autre assise sur un tabouret au Gug ,j genhein Museum.Tous « dialoguent » ;] avec de petites échelles qui grimpent ] à l’assaut de tables de verre sur le,s ! quelles l’artiste a posé des cailloux, | une boîte à musique miniature, une j minuscule pholo ficelée comme un | paqueU'adeau.Par terre, s’éparpillent châteaux et donjons.Ils forment g un jardin Zen qui rompt avec la J valse endiablée de cette installation j théâtrale où la photographie est Ten- | jeu d’une polysémie étourdissante'; j LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER! Santé et Services sociaux Québec % Le Devoir, mercredi 2 octobre 1991 ¦ B-3 CINEMA /chronique Wenders, Jarmusch, Godard, Akerman et les autres.78 films et 45 vidéos de 27 pays au 20e Festival du Nouveau Cinéma Nathalie Petrowski QU AND on aime on a toujours vingt ans.Dans le cas du Festival du Nouveau cinéma qui fête cette année son vingtième, on devrait baisser la limite d’âge à quatre ans et demi et l’attribuer à son charmant président Claude Chamberlan qui ne sait toujours pas, même après 20 ans de répétitions générales, avoir un tant soit peu d’ordre dans ses dossiers, répondre aux questions de la presse de façon précise ni livrer le moindre discours cohérent.Rien que l’art oratoire ne soit pas sa force, Monsieur Chamberlan compense par les gens, notamment les cinéastes de grand talent qu’il a attire d’année en année à son festival, cette année ne faisant pas exception puisque à partir du 17 jusqu’au 27 octobre, on retrouvera à Montréal Wim Wenders et son nouveau film, Jusqu'au bout du monde, Jim Jarmusch avec Night on eurllî, Chantal Akerman avec Nuit et jour, Théo Angelopoulos et Le pus suspendu de la cigogne, le nouveau documentaire de Errol Morris A brief history of time, Peter (îreenaway et Prosperous book pour ne nommer que les plus célèbres.En tout, la vingtième édition du Festival du Nouveau cinéma présentera 54 longs métrages, 24 courts métrages, 45 videos dont 28 premières oeuvres, provenant d’un total de 27 pays.S’ajoute à cela une série d'hommages à l’Acpav, au Vidéographe et a Patrick McGoohan à qui on doit la série Le prisonnièret que Chamberlan qualifie de « télévisionnaire ».Le festival présentera les deux derniers épisodes de la célèbre série et compte sur la présence du prisonnier lui-même en personne.Bien que Claude Chamberlan soit reconnu comme le maître d’oeuvre du festival, bon nombre de films sont Choisis par Dimitri Eipidies, son partenaire de crime depuis 20 ans et qui cette année encore s’est promené de par le vaste monde, s’intéressant tout particulièrement au cinéaste de l’Est Aleksandr Sokhuro et au nouveau cinéma de l'Allemagne réunifiée.Monsieur Eipides qui fait également partie de l’équipe de programmation du Festival de Toronto, en a profité pour récolter plusieurs films présentés à Toronto qui seront offerts à Montréal dans leur version française.À l’éventualité que Toronto vole les primeurs de Montréal, le codirecteur a répondu qu’il n’v a pas de problème à ce que Montréal et Toronto se partagent les mêmes films d’autant plus qu’il ne s’agit pas des mêmes villes, et à la limite pas du même pays.Claude Chamberlan a cru bon d’ajouter que tous les amoureux dé cinéma se doivent de collaborer les uns avec les autres.« Le Festival du Nouveau cinéma a une réputation de grand dépisteur.Or à mesure que certains autres festivals se raffinent et se montrent audacieux, eux aussi deviennent des dépisteurs.Tant mieux pour eux.Ce qu’on veut avant tout c’est que les films voyagent et qu’ils soient vus.» Si l’amateur de nouveau cinéma saura à travers les six salles du festival — le Parallèle, la Cinémathèque québécoise, l’institut Goethe, l'Elysée, l'Outremont et le Rialto — y trouver son compte, on ne peut en dire autant de l'amateur de nouveau cinéma québécois.A en juger par la programmation, ou bien le nouveau cinéma québécois n’existe pas ou bien Claude Chamberlan ne sait pas où le trouver.Dans la sélection canado- québécoise, on ne retrouve qu’un long-métrage québécois, Groulx, sorte de « work in progress » sur le cinéaste Gilles Groulx réalisé par Richard Brouillette.Montréal, vu par, le film à sketches auquels ont participé certains habitués du festival comme Atom Egoyan, Jacques Leduc et Patricia Rozema, ne sera pas présenté au festival, encore que par son refus de commenter, Claude Chamberlan semblait insinuer qu’il lui restait encore une chance d’obtenir le film.Bien que ça soit la famine dans le long métrage québécois, le festival se rattrape un peu dans le court-métrage et dans le video québécois, rattrapage qui fit déclarer à Chamberlan, histoire de clouer le bec aux irréductibles de la hiérarchie cinématographique : « peu importe le support ou le format, ce qui compte c’est l’oeuvre ».Vingt ans plus tard, le festival du Nouveau cinéma tient donc toujours le coup.Sa vingtième édition devrait être excitante même si à deux "semaines d'avis, le festival n’a toujours pas d’affiche ni de film d’ouverture et de clôture.Qu’à cela ne tienne, Chamberlan trouvera bien le moyen de sortir de son chapeau, sinon un lapin, au moins quelques bons numéros.Les jeunes cinéastes regagnent la loto Malgré le mécontement et la grogne qu’elle suscite, la SOGIC va faire quelques heureux d’ici le 3 octobre, date où elle commencera à recevoir les demandes d’aide de jeunes cinéastes, âgés entre 18 et 35 ans, à qui elle vient d’accorder pour une deuxième année consécutive un fond de 1,5 million, dont 900 000 $ seront consacrés au cinéma et 600 000$ à la télévision.Le programme d’aide en cinéma comporte quatre volets : aide au développement de scénario, aide à la production de courts, moyens et longs métrages, aide à la distribution et aide à la formation de jeunes qui veulent faire carrière dans le cinéma.Quant aux fonds pour la télévision, il s’adresse bien entendu aux jeunes créateurs qui voudraient faire leurs armes à la télévision.Le mot est lancé.Ne reste plus aux jeunes créateurs inconnus qu’à prendre leur numéro et à prier le ciel pour que leurs demandes soient exaucées.L’événement Métropolis à la Place des arts Métropolis de Fritz Lang, disent les historiens, est non seulement un gi and classique du cinéma muet mais une des oeuvres marquantes du cinéma des années 20.Le 22 novembre prochain à la Salle Wilfrid-Pelletier, Métropolis sera non seulement un film marquant mais un événement.À l’occasion de son quatrième gala-bénéfice, la t’inémalhèque québécoise a décidé d’offrir une projection-concert du film dans sa version intégrale et restaurée avec l’orchestre I Musici de Montréal, exceptionnement formé de 33 musiciens sous la direction du chef Yuli Turovsky.On répétera le tout le mardi 26 novembre au Grand Théâtre de Québec.Si l’on veut assister au gala et à tout le tralala ce soir-là, il en coûtera 125 $ par personne.Si on considère que le film se suffit à lui-même, il en coûtera alors entre 20 $ et 35 $.Avis aux cinéphiles comme aux amateurs d’événements.Gilles Renaud va quitter l’École nationale de théâtre Robert Lévesque LE COMÉDIEN Gilles Renaud quitte son poste de directeur artis-tique de la section française à l’École nationale de théâtre (ENT).Dans une lettre qu’il a fait parvenir au président du Bureau des gouverneurs de l’institution pan-canadienne, Gilles Renaud explique qu’il a choisi de se consacrer à plein temps à son métier de comédien.Gilles Renaud quittera l’École à la fin de la présente année scolaire.Il avait accepté ce poste il y a cinq ans, pC Possjpnol.Sous l’autorité du directeur général de l’École, le directeur de la section française est en charge des études en interprétation et en écriture dramatique.Le directeur général de TENT, Paul Thomson, étant lui-même en fin de mandat (il quitte au printemps prochain), c’est donc un complet renouvellement de sa direction que l’institution vivra pour la prochaine année Un « comité de recherche » verra à trouver les candidats pour combler ces deux postes-clés Dans un communiqué paru hier, la direction de l'École affirme que « la cont ribution de Gilles Renaud à la Gilles Renaud tête de la direction de la section française a été considérable et son départ constitue une lourde perte pour l'École nationale de théâtre».«SSfc : ¦**#»**+* Stella, de la chorégraphe belge Anne Térésa de Keersmaeker.H»:*?Du théâtre à l’écriture gestuelle Stella Une chorégraphie d'Anne Térésa de Keersmaeker interprétée par la compagnie Rosas Les danseurs : Fumiyo Ikeda, Marion Levy, Carlotta Sagna, Johanne Saunier, et Nathalie Million.Mise en scène : Jean-Luc Ducourt.Musique : Gyorgy Ligeti.Textes : Runosuke Akutagawa, Goethe, Elia Kazan, Tennessee Williams.Costumes : Jean-Luc Ducourt, Herman Sorgeloos.Spectacle présenté à la salle Marie-Gérin-Lajoie de l'UQAM, lundi, dans le cadre du Festival international de nouvelle danse.Mathieu Albert SOUS SES AIRS de patronne inflexible et ses manières protocolaires de fille trop bien élevée, Chantal Pontbriand, la directrice du Festival international de nouvelle danse, cache un second personnage qui n’a rien à voir avec l’image qu’elle projette.Il y a chez elle, dissimulée derrière le lustre étudié et infissurable de son verni, une foi inébranlable qui la pousse à vendre, sans qu’elle sache toujours comment s’y prendre, ses engouements et ses coups de foudre pour la danse.Meme si certains, à Montréal, lui reprochent l’insuffisance de son implication auprès des danseurs et des chorégraphes, si d’autres encore voient dans son festival la première marche pouvant mener à la constitution d’un monopole autour de la production de spectacles étrangers au Québec, il est impossible de nier, ce- pendant, devant cette quatrième édition du festival, que Chantal Pontbriand fait preuve d’un sens de la programmation qui s’est affiné au fil des années, et qu’il y a chez elle un désir authentique de répandre, ici, une culture de la danse qui soit vraie, et qui déborde le périmètre restreint (et parfois suffocant) de la production locale.C’est elle, entre autres, qui a insisté auprès de Jean-Claude Gallotta pour qu’il revienne une troisième fois a Montréal cette année pour présenter Les Mystères de Subal (hier et ce soir au Théâtre Maisonneuve) alors qu’il est en pleine création à Grenoble.Son nouveau-né, intitulé La Légende de Roméo et Juliettle, verra le jour le 14 novembre prochain.C’est elle également qui a programmé, non pas un, mais bien deux spectacles de la chorégraphe flamande Anne Térésa de Keersmaeker, nous donnant ainsi l’occasion, comme elle Ta fait pour Gallotta, de dépasser le cap de la rencontre purement touristique et superficielle pour que nous puissions découvrir au moins deux facettes du travail de la chorégraphe.Ainsi, nous savons depuis lundi, après avoir vu Stella à la salle Marie Gérin-Lajoie (qui était pleine à craquer), que Anne Térésa de Keersmaeker n’est pas seulement une chorégraphe obsédée par l’univers des formes, par les équations mathématiques, ou par le jeu des symétries ; mais qu’elle est également une femme engagée au coeur du contem- porain, avec ses peines, ses angoisses, ses névroses qui lui serrent à la gorge.Stella démarre par le spectacle d’une crise d’hystérie, avec hurlements sursiques, claquements de portes, chaussures transformées en projectiles, et se termine 90 minutes plus tard par un long (très long) monologue (qui en a fait fuir plusieurs) récité par Nathalie Million, qui, comme toutes les autres, réussit à prouver qu’elle est autant une excellente comdienne que danseuse.Nous savons également que la chorégraphe manipule les leviers du théâtre avec une dextérité égale à ceux de la chorégraphie.Sa pièce, rageuse, coriace, pulvérisée en fragments divers, renvoie à un univers qui n’est pas sans similitude avec ceux du Dortoir et de Rivage à l'a-bandonde Gilles Maheu.Il y a cette même poésie baroque et entrecroisée qui va du théâtre à l’écriture gestuelle, cette même énergie rugueuse, obstinée, qui fait éprouver le passage du temps, et qui insiste sur l’effort du corps engagé dans l’accomplissement de son oeuvre.Avec Stella (dont la création a eu lieu en mars 90, quelques mois avant Achterland), Anne Térésa de Keers-maekers soude une multiplicité de matériaux pour former une pièce qui, paradoxalement, installe son harmonie au coeur de la discordance.Il y a le texte (des extraits de la pièce Un tramway nommé désir de Tennessee Williams, de Stella de Goethe, et du film Rashomon de Kurosawa), magnifiquement trafiqué et qu’elle détourne de son sens original en l’inscrivant dans un contexte qui lui est étranger.11 y a la musique de Ligeti (superbe)’dont le Poème symphonique pour 100 métronomes devient un élément de mise en scène par la présence des métronomes sur le plateau, et les décors, faits de robes suspendues, de plantes disposées au sol, et de deux portes qui ne mènent nulle part situées de chaque côté de la scène.Dans cet espace, qui est beaucoup plus clair que celui d’Achterland, nous assistons au spectacle tempétueux de quatre femmes happées par le tourment, tour à tour hilares, hargneuses, ou brisées par l’émotion qui soudain les étreint.La chorégraphie émerge à la manière d’un carrefour, un lieu où viennent circuler des pe-sonnages issus de plusieurs pièces de théâtre, et qui sont là, réunis dans une oeuvre qui n’est pas la leur, mais qu’ils habitent comme un territoire d’emprunt.Stella devient alors quelque chose comme le lieu provisoire de leurs défoulements.Un espace qui accueille le résidu de leur existence.?Les spectacles à l’affiche ce soir : le Groupe Émile Dubois au Théâtre Maisonneuve à 20 h 30 présente les Mystères de SubaL, le chorégraphe Daniel Léveillé est à l’Agora de la danse à 17 h avec une création intitulée L’Exil ou la mort et, dans la série OFF, Jocelyne Montpetit est au Lion d’or ( 1676 Ontario est) à 23 h avec un duo intitulé Coros en fuite.THÉÂTRE Pour le meilleur et pour le pire La trilogie des Brassard TROIS pièces de Michel Tremblay.À toi pour toujours, ta Marie-Lou, Sainte Carmen de ta Main et Damnée Manon, sacrée Sandra Mises en scène d'André Brassard Décor de Claude Goyette.Costumes de Marc-André Coulombe Éclairages de Luc Prairie Avec Rita Lafontaine (Marie-Lou, Gloria), Sylvie Drapeau (Manon, Bec de Lièvre), Rémy Girard (Léopold, Maurice), Denis Bouchard (Tooth Pick, Sandra), Élise Guilbeault (Carmen), Pauline Lapointe (Rose Beef) et Roger Larue (Sandy).Une production du Théâtre d'Aujourd'hui.Robert Lévesque COMME on se mariait « pour le meilleur et pour le pire » au temps de Léopold et Marie-Louise, et que c’était en l’occurrence le pire dans le prolétariat urbain décrit par Michel Tremblay avec A toi pour toujours, ta Marie-Lou, comme on se retrouve au Théâtre d’Aujourd'hui avec le meilleur et le pire de l'oeuvre même de Michel Tremblay.Allons tout de suite au pire.Et gardons le meilleur pour la fin.Sainte Carmen de la Main est une pièce ratée.On a beau la prendre par tous les sens, ici Brassard la dépouille à l’extrême, en évacue les choeurs et le tralala quétaine, il demeure une pièce qui dit trop ce qu'elle veut dire (Carmen, chanteuse western, qui fuit son milieu familial, se rend compte qu’elle vit en se déguisant en quelqu'un d'autre et décide de se trouver, elle), une pièce trop transparente, et dans laquelle il manque un terrain plus sûr, c’est-à-dire un sous-terrain.Dans l'oeuvre de Tremblay, où tant de pièces sont d'une force justement souterraine, incisive (on vient de redécouvrir la tragédie d'Hosanna), cette tentative d'« affirmation » de Carmen, que l’on va tuer pour l’empêcher de « changer la Main », sinon le monde, est sûrement Tune des plus faibles, des plus simplistes.Tout est trop dit, et il manque une distance entre le propos et le projet.Est-ce l'auteur qui s immole, dans l’image vindicative de Carmen ?Ce serait illogique avec l'oeuvre même de Tremblay.Et puis tout ça a terriblement vieilli, le texte des choryphées comme la situation.Et on a fait un peu la gaffe de faire jouer le rôle de Gloria, ex-star québécoise des airs Sylvie Drapeau et Élise Guilbault dans A toi pour toujours, ta Marie-Lou.sud-américains, par Rita Lafontaine, à contre-emploi.Si elle s’en sort avec tout son métier dans la scène d’anthologie où Gloria vient voir Carmen avant son spectacle (seul morceau à retenir), on est mal pour elle de la voir revenir avec ses frisons et ses castagnettes.Et Élise Guilbeault, autre déception, crée une Carmen (dans les deux pièces où elle appâtait) bien difficile à saisir, plus aigrie qu’affranchie.Mettre ensemble ces trois pièces est tout à fait logique.Dans la première, Marie-Lou, la famille éclate, c’est la sortie de la grande noirceur, Carmen et Manon se retouvent en deuil du père, de la mère et du petit frère Roger, « partis faire un tour de char sur le Métropolitain ».Dans les deux autres, on voit comment se ramassent Carmen (sur la Main dans Sainte Carmen) et Manon (dans ses chapelets de Damnée Manon, sacrée Sandra).Le spectacle qui en ressort n’a malheureusement pas la force d'ensemble que Ton pouvait prévoir.Non seulement la faiblesse de construction de Carmen mine-t-elle le projet en son coeur (au centre de la trilogie), mats le travail de Brassard n'arrive pas à scinder tout cela en une trilogie éclatante.La simplicité et la pauvreté d'invention de la scé- nographie où tout est joué autour de la vieille Plymouth de Léopold, objet sacré que Ton « viole » sans logique en y installant le ring-side du Rodeo où chante Carmen, et le ton naturaliste et compassé de l’ensemble du jeu, font en sorte que beaucoup de cette matière (sauf le très fort A toi pour toujours) a un côté vieilli.Le meilleur, c’est bien sûr À toi pour toujours, ta Marie-Lou.Rita Lafontaine (qui reprend le rôle créé par Hélène Loiselle) y est bouleversante.Elle va à la limite du personnage, juste avant qu’il sombre dans une folie rageuse épouvantable.C’est du Lafontaine à son meilleur.Rémy Girard (dans le rôle créé par Lionel Villeneuve) est roublard à souhait, plus drôle que pathétique toutefois.Guilbeault s’infiltre mal dans la pièce, on la sent plus absente que distante, mais c'est du côté de Sylvie Drapeau que la plus belle part se retrouve.Sylvie Drapeau, que Ton voit plus dans un théâtre classique, avait étonné et ébloui dans le Bonjour, là, bonjour de Tremblay mis en scène par René Richard Cyr au TNM il y a quelques saisons.Ici, dans le rôle de Manon dans Marie-Lou et dans Damnée Manon et dans celui de Bec de Lièvre dans Sainte Carmen, elle est constamment forte, impression- nante, d’une fragilité à la Falconetti, troublante.La trilogie vaut le détour pour elle.Si À toi pour toujours est revu et très peu corrigé par Brassard (la pièce se défend toute seule), il en est autrement pour Damnée Manon en troisième acte de la trilogie.Brassard semble avoir démissionné du travail de relecture, et il propose le théâtre de Tremblay comme s’il ne faisait que le revisiter, qu’y revenir sans chercher à y trouver autre chose que ce qu’il a déjà amplement souligné lors des créations dans les années 70.On a vu depuis ce qu’une nouvelle génération de metteurs en scène (Cyr, Pintal) a pu aller chercher dans ce théâtre, principalement en y installant une nouvelle esthétique qui a permis d’élargir le sens des batailles des personnages de Tremblay, de les mettre en contexte intemporel, donc plus actuel.Avec « la trilogie des Brassard », l’accoucheur scénique de Tremblay revient sur le métier sans chercher à découvrir d’autres voies, d’autres forces dans un théâtre pourtant si riche.Avec Damnée Manon, pièce dans laquelle se trouvent des phrases et des niveaux où Tremblay pousse très loin son théâtre, Brassard n’arrive pas à établir un rapport puissant de la scène à la salle.On reste en dehors du dramatique de ce duo, même si Sylvie Drapeau est remarquable.Denis Bouchard, dans le rôle du travesti Sandra, est aux antipodes du jeu tout en extérieur d’André Montmorency, mais il n’arrive pas vraiment à faire croire à sa proposition.Et toute la finale où Manon découvre que Sandra, c’est « Michel », sombre dans un pathétisme trop lourd pour donner à l’ensemble de la trilogie une force sûre.Rita Lafontaine dans Marie-Lou, Sylvie Drapeau dans Manon, c’est encore chez les acteurs que Brassard révèle le plus son efficacité.Il les amène à investir de l’intérieur ces personnages pathétiques, quitte à laisser aller à l’indécis le travail de certains autres personnages.Le meilleur de « la trilogie des Brassard », c’est la rencontre de Lafontaine avec Marie-Lou, et celle de Drapeau avec les deux Manon, et Bec de Lièvre.Là, au très joli nouveau Théâtre d’Aujourd’hui, le rendez-vous est sûr.Vous y verrez à l’oeuvre deux actrices qui vous troubleront.05493^9930 B-4 ¦ Le Devoir, mercredi 2 octobre 1991 CULTURE ET SOCIETE CINEMA ASTRE I: (849-3456) - Fisher King 7 h, 9 h 40 II: Laie lor Dinner! h 10, 9 h 10 III: Freddy's Dead the Final Nightmare 7 h, 9 h.IV: Double Impact 7 h — Terminator 2 9 h 05 BERRI I: (849-3456) - L'assassin louait du trombone 1 h, 3 h 10, 5 h 20.7 h 30, 9 h 40 II: Des pilotes en l'air 1 h 30,3 h 30.5 h 30, 7 h 30, 9 h 30 III: La Un de Freddy l'ultime ceuche-mar 1 h 40.3 h 40.5 h 40, 7 h 40.9 h 40IV: Nel-llgan 1 h 30, 3 h 30,5 h 30, 7 h 30.9 h 30 V: Robin des Bols, prince des voleurs 1 h.3 h 45, 6 h 30,9 h 15 BONAVENTURE I: (849-3456) - Freddy's Dead the Final Nightmare 7 h 15, 9 h 30 II: Boyz’n In the Hood 7 h.9 h 15 BROSSARD I: (849-3456) - La Un de Freddy, l'ultime cauchemar 7 h 30,9 h 30 II: Demoiselle sauvage 7 h, 9 h III: L'assassin louait du trombone 7 h 10, 9 h 25 CARREFOUR LAVAL 1: (849-3456)- Late tor Dinner 7 h, 9 h — 2: Robin des Bols, prince des voleurs 8 h 3: Freddy's Dead the Final Nightmare 7 h 15,9 h 15 4: Nelllgan 7 h 15, 9 h 20— 5: Delicatessen 7 h 20.9 h 20 6: L'assassin louait du trombone 7 h 20,9 h 25 CENTRE EATON 1: Mil— A propos d'Henri 12 h 30, 2 h 45, 5 h.7 h 15, 9 h 30 2: Deceived 12 h 10.2 h 20.4 h 35.6 h 50, 9 h 05 3: Thelma A Louise 12 h 25,3 h.6 h, 9 h 05— 4: Terminator 212 h 20, 3 h 20,6 h 20,9 h 10, jeu 12 h 20,3 h 20, 6 h 20 5: Doc Hollywood 12 h 35,2 h 50,5 h, 7 h 10, 9 h 25 6: Terminator 2 If.12 h 30,3 h 30, 6 h 30,9 h 20 CINÉMA ÉGYPTIEN 1: 1455 Peel, Mtl (849-3456)- Barton Flnk 1 h 30,4 h 15, 7 h.9 h 30 2: Slackers 2 h, 4 h 45, 7 h 15.9 h 15 3: Rambling Rose 1 h 45,4 h 30, 7 h, 9 h 30 CINÉMA JEAN-TALON: Mil- Nicessary Roughness 7 h.9 h 30 CINÉMA OMÉGA 1:- Terminator 2fr 7 h, 9 h 35 2: 101 Dalmatiens 6 h 30— II danse avec les loupsSh 45 3: Doc Hollywood!: 9 h— L ‘agent tait la tarce 2’/> 7 h 10 4: Le petit monstre 2 7 h— Dur comme stone 8 h 05 CINÉMA PARALLÈLE: 3682 boul St-Laurent.Mtl (843-6001) — Films et vidéos: spécial sur la danse belge 12 h.CINÉMA PARIS: Mil (875-7295)- Bananas 3 h, 7 h 15 — Mystery Train 5 h, 9 h 30 CINÉMA POINTE-CLAIRE 1: 6361 Trans-Ca-nada (849-3456)— The Commitments 7 h, 9 h 30 2: Rambling Rose 7 h, 9 h 20— 3: Hot Shots 7 h 05.9 h 05 4: Freddy's Dead the Final Nightmare 7 h.9 h 5: Late tor Dinner! h, 9 h 6: Pure Luck 7 h 10, 9 h 10 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE: (842-9768)— /- heure du loup 18 h 35— Cinéma d'animation 20 h 35 CINÉMA V - 1: 5560 Sherbrooke 0.(489-5559) -Fisher King 6 h 30.9 h 20 2: Dead Again 7 h 20, 9 h 40 CINÉPLEX I: (849-3456) — La gloire de mon père 2 h, 7 h 20— Le château de ma mère 4 h 10.9 h 30 2: Freddy's Dead the Final Nightmare 1 h 15, 3 h 15, 5 h 15, 7 h 15, 9 h 15 III: Ay Carmella 1 h 30, 4 h, 7 h 05.9 h 10 IV: Les commitments 1 h 30, 4 h, 7 h, 9 h 25 V: Jac- quot de Nantes 1 h 30,4 h, 7 h 05,9 h 30— VI: Double Impact 1 h 30,4 h 05.7 h 05,9 h 20 VII: Le silence des agneaux 1 h 15.4 h 15,7 h, 9 h 25 VIII: Europe Europal h 15,4 h 15, 7 h, 9 h 25IX: Il danse avec les loups 1 h 30.5 h, 8 h 30 COMPLEXE DESJARDINS I: (849-3456)- Barton Flnk 2 h.4 h 30.7 h, 9 h 20 II: Delicatessen 1 h.3 h 05.5 h 15.7 h 30, 9 h 45 III: Rose passion 2 h 15,4 h 45, 7 h 10.9 h 30, mer 2 h 15,4 h 45, 9 h 30IV: Demoiselle sauvage 12 h 45,2 h 55.5 h 05,7 h 15,9 h 30, mer, 12 h 45.2 h 55,9 h 30 COMPLEXE GUY-FAVREAU/ O.N.F.: 200 ouest Boul.René-Lévesque, Mil (283-8229)— L'homme numéroté 19 h (1er au 4 oct ) CONSERVATOIRE D’ART CINÉMATOGRAPHIQUE: (848-3878)- Destiny 20 h 30 CRÉMAZIE: (849-3456) - Dans la soirée 7 h, 9 h 05 DAUPHIN I: (849-3456) - 37.2 le matlnc 8 h 11: Le brasier 7 h, 9 h 20 CINÉMA DÉCARIE 1 : (849-3456) - Boyz'n In the Hood! h, 9 h 152: Hot Shots 7 h 15,9 h 30 DORVAL I: (631-8586) - Fisher King 6 h 30,9 h 2011: Dead Again 7 h 15, 9 h 30— III: Company Business 7 h, 9 h 15 IV: Showdown In Little Tokyo 7 h, 9 h DU PARC 1 : (844-9470)- Fisher King 6 h 20.9 h 05 2: Thelma A Louise 6 h 30.9 h 3: Dead Again! h, 9 h 10 DU PLATEAU 1: (521-7870)- Terminator 21 h 45,4 h 15, 7 h, 9 h 35— 2: Une trêve pour l'amour 1 h 30.4 h, 5 h 45,9 h 20 FAIRVIEW I: (697-8095) — Necessary Roughness 6 h 55,9 h 25 II: Deceived 7 h 05,9 h 20 FAUBOURG STE-CATHERINE 1 : (849-3456)-The Commitments 1 h 15, 4 h, 7 h, 9 h 20 2: The Commitments 1 h 30,4 h 15,7 h 15,9 h 35 ieu 1 h 30.4 h 15.9 h 35 3: Hot Shota 1 h 20,3 h 20, 5 h 20, 7 h 15, 9 h 15 4: Detenaeteas 1 h 45,4 h 30, 7 h, 9 h 10 GOETHE-INSTITUT MONTRÉAL: (499-0159)— GREENFIELD I: (671-6129) - Fisher King6 h 15,9 h 2: A propos d'Henri 7 h, 9 h 15 3: Necessary Roughness 7 h 15,9 h 30 IMAX: Vieux-Port de Montréal (496-4629)— L'eau et les hommes également Expolec L'homme ce drôle d'animal lous les jours de 9 h 45 à 21 h 30, version anglaise à 11 h 45,17 h 45,20 h 45 IMPÉRIAL: (288-7102) - Fisher King 12 h 30,3 h 15,6 h 05.9 h, LAVAL : (688-7776) — 1: Necessary Roughness 7 h 05,9 h 20 2: Fisher King 6 h 30,9 h 30 3: Terminator 2 6 h 35, 9 h 35 4: Company Business 7 h 10, 9 h 10 5: Deceived! h, 9 h 10 6: L'agent fait la farce 7 h 20,9 h 05 7: Showdown In Little Tokyo 7 h 05, 9 h 05 8: Robin Hood, Prince of Thieves 6 h 30, 9 h 25 9: Dead Again 7 h 05, 9 h 15 10: A propos d‘Henri 7 h 15,9 h 30 11 : Terminator 2 6 h 30, 9 h 3512: The Doctors h 50,9 h 15 LAVAL 2000 1: (849-3456)- Des pilotes en l'air7 h 30, 9 h 20 2: La tin de Freddy, l'ultime cauchemar! h 15,9 h 05 CINÉMA QUÉBEC CANARDIÊRE: (661-8575)-Jeu d'enfant 319 h 15,21 h 10 CINÉMA LIDO: —Des pilotes en l'air 19 h.21 h— L'assassin Jouait du trombone 19 h, 21 h — Robin des Bols 18 h 45— Dur comme StoneH h 10- Merci la vie 18 h 50- Terminator 221 h 10 — A propos d'Henri19b, 21 h 10 LE CLAP: (650-CLAP)— Delicatessen 12 h, 13 h 50,15 h 40,17 h 30,19 h 20.21 h 10,23 h.GALERIES CAPITALE 1 : (628-2455)- Thelma et Louise 6 h 30,9 h 05 2: Terminator 2 Ir 6 h 15,9 h 05 3: A propos d'Henrth h 45, 9 h 15 4: Merci la vie 6 h 45.9 h 15 5: Une époque formidable 7 h 20, 9 h 20 6: L'agent lait la farce 7 h 30.9 h 30 PLACE CHAREST: (529-9745)- L'assassin Jouait du trombone 12 h 30,14 h 40.16 h 45,19 h, 21 h 15— Les commitments 13 h 20,16 h 15, 19 h 20.21 h 50— Lola Zipper 12 h 50,15 h, 17 h 10.19 h 25, 21 h 40— Barton Flnk 13 h 10,15 h 40.19 h 10,21 h 40— Demoiselle sauvage 13 h 30,16 h, 19 h 15, 21 h 30— Robin des Bols 12 h 30.15 h 30.18 h 40.21 h 30- Des pilotes en l'air 121\ 50,15 h, 17 h 05,19 h 20,21 h 25— La lin de Freddy 13 h, 15 h 10,17 h 15,19 h 40, 21 h 45 LE PARIS: (694-0891)— Double Impacts h, 21 h 15- La pagaille 19 h 15,21 h 30- Il danse avec les loups 20 h PLACE QUÉBEC 1: (525-4524)- Hot Shots 7 h 30,9 h 30 11: Dead Again 6 h 30.9 h STE-FOY 1 : (656-0592)— Deceived! h 15,9 h 25 2: Fisher King 6 h 20, 9 h 3: Necessary Roughness! h, 9h 15.a m s .PRODUCTIONS VIDÉOFIIMS PRÉSENTENT GAUTHIER RITA LAFONTAINE MICHEL DUMONT L'HOMHiÉ Pe Rêve ROBERT MÉNARD Le PARISIEN W0JAS £*iet MUSIQUE CLASSIQUE I CF- SOIR.MERCREDI 2 OCTOBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 quintette La Truite op.114 (Schubert) cassation K.99 (Mozart) DEMAIN SOIR, 22:00 quatuor K.589 (Moz-art) concerto pour piano no 11 (Mozart) symphonie no 32 (Mozart) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 LOEWS l:(861 -7437) — Dead Again 12 h 15, 2 h 30.4 h 45,7 h 10.9 h 35 II: Robin Hood Prince of Thieves 12 h 30,3 h 15,6 h 10,9 h 05 III: The Doctor 1 h, 3 h 40.6 h 20.9 h 10IV: Regarding Henry 12 h 25,2 h 40.5 h, 7 h 15,9 h 30 V: Julia Has Two Lovers 1 h 15,3 h 15,5 h 15, 7 h 30, 9 h 35 OUIMETOSCOPE:(525-8600) - Salle 1 Décalogue 7-219 h— L'atalante2\ h 15— Salle 2 Tllal 19 h 15— Le raccourci 21 h OUTREMONT: (273-0437)- Impromptu 7 h 15 — Hallaoulne l'enfant des terrasses 9 h 30 PALACE 1: — Necessary Roughness 1 h 30, 4 h, 6 h 40,9 h 15 II: Company Business 12 h 20.2 h 35,4 h 45, 7 h 05,9 h 30 III: Dream Machine 1 h, 3 h 15, 5 h 15, 7 h 20, 9 h 30 - IV: Terminator 212 h 20, 3 h 15, 6 h 10, 9 h V: Harley Davidson and the Marlboro Man 12 h 30,2 h 40.4 h 50, 7 h 05,9 h 25 VI: Showdown In Little Tokyo 12 h 45,2 h 45,4 h 45,6 h 50.9 h 10 PARADIS I: (849-3456)- Des pilotes en l'air 7 h.9 h II: La lin de Freddy l'ultime cauchemar! h 15, 9 h 15 III: L'assassin Jouait du trombone 7 h, 9 h 10 PARISIEN I: (866-3856)- Thelma et Louise 12 h 25,3 h 15,6 h 15, 9 h II: Festival de l’humour 1 h 30,3 h 30, 5 h 30, 7 h 30,9 h 35 III: Cyrano de Bergerac 1 h, 6 h 30- Merci la vie 3 h 50,9 h 151V: Le porteur de serviette 12 h 45,3 h, 5 h 10, 7 h 15,9 h 30 V: Julia a deux amants 1 h 10,3 h 10,5 h 15, 7 h 20,9 h 30 VI: Une époque lormldable121\ 40,3 h, 5 h 05, 7 h 10,9 h 20 7: L’homme de rêve 1 h 30, 3 h 30,5 h 30,7 h 30,9 h 35 PLACE ALEXIS NIHON l:(849-3456) - Late for Dinner 1 h, 3 h, 5 h.7 h, 9 h 11: Freddy's Dead the Final Nightmare 1 h, 3 h, 5 h, 7 h 30,9 h 45.Ill: City Slickers 1 h, 4 h, 7 h.9 h 30, lun.1 h, 4 h, 9 h 30 PLACE LONGUEUIL 1: (849-3456) - Des pilotes en l'air 7 h 15,9 h 15 2: Double Impact ! h.9 h 10 PLAZA COTE DES NEIGES: (849-3456)- 1 : Europa Europe 7 h, 9 h 25 2: Nelllgan 7 h 05.9 h 15 3: Korczak 7 h 10, 9 h 35 4: Freddy's Dead the Final Nightmare 7 h 35,9 h 35— 5: Late tor Dinner 7 h 20, 9 h 20 6: The Commitments 7 h 05.9 h 30 7: L'assassin Jouait du trombone! h, 9 h 15 QUARTIER LATIN: MULE RIALTO: 5723 ave du Parc, Mil (274-3550)— Bonjour Shalom 7 h 15— Chameleon Street 9 h 30 VERSAILLES l:(353-7880) - Fisher King 6 h 20 9 h 15 II: Deceived 7 h 15, 9 h 30 III: Dead Again ! h, 9 h 15 IV: Terminator 2 h 6 h 20 9h 15 V: A propos d'Henri! h 15, 9 h 35 VI-Company Business 7 h, 9 h.SUR SCENE AGORA DE LA DANSE: 840 Cherrier, Montréal (525-5584)— 011 Tangente, Irene Slamou et Marie-Stéphane Ledoux, le 2 ocl.à 16h.L'AIR DU TEMPS: 194 ouest Sl-Paul, Montréal (842-2003)— Jazz du mer, au dim.de 22h,15 à 02h,30— Cari Tremblay Blues Band, du 3 au 6 oct.LES BEAUX ESPRITS: 2073 St-Denis, Montréal (844-0882)— Smokestack Lightnin, les 2-3 ocl.à 22h,30 BIDDLE'S JAZZ AND RIBS: 2060 rue Aylmer.Montréal (842-8656)— Le Quatuor de Johnny Scott el Geotlrey Lapp, en permanence, lun.mar.19h.à 24h., mer.au ven.17h 30 à 22h — Le Trio de Charlie Biddle, en permanence du mer.au ven.à compter de 22h., sam à compler de 21h,30 — Billy Georgette, pianisle/chanteur, lun.mar de 17h.à 19h — Trio Billy Georgette, sam.de 18h à 21h,30— Le trio de Bernard Primeau, les dim.de 18h 30 à 24h.BISTRO 4: 4040 St-Laurent, Montréal (844-6246)— Place Aux Poètes, animatrice Janou Saint-Denis, le 2 oct.à 21h.BOZO BISTRO-BAR: 6121 rue Morin, Val-Morin (819-322-2454)— Odette Coulombe et Rock Gingras, du mer.au sam.LA BUTTE ST-JACQUES: 50 rue St-Jacques, Vieux-Montréal (526-7525)— Céline Faucher en spectacle, accompagnée par ses musiciens, le 2 oct.è 20h 30 CAFÉ CAMPUS: 3315 Queen-Mary, Montréal (736-1259)— Vovo Y Saramanda, musique brésilienne, le 2 oct.à 21h.30 CAFÉ DE LA PLACE: PDA, Montréal (842-2112)— « Les trompettes de la mort » de Tilly, adaptation de Michel Tremblay, m.en s.Marie Laberge, du 4 sept, au 19 oct.CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE: Théâtre Paul Desmarais, 1920 rue Baile, Montréal (524-4526)— Le Quatuor Morency et ses amis, oeuvres de Beethoven, Jacques Hétu et Schubert, le 3 oct.à 20h.CENTRE D'ESSAI DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL: 2332 Edouard-Montpetit, 6e étage, Montréal (343-7682)— Présentation du film Une histoire inventée de Marc-André Forcier, le 2 oct.à 19h.et 21 h 30 CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PAS-TEUR: 100 est Sherbrooke, Montréal (872-5338)— Jeunes Artistes: Jean Catudal, pianiste, oeuvres de Carbonelli, Haydn, Khatchaturian, Schubert, Schumann— Nathalie Paulin, soprano, Louise-Andrée Baril, pianiste, oeuvres de Donizetti, Fauré, Vivaldi et Wolf, le 2 oct.à 20h.CLUB BALATTOU: 4372 St-Laurent, Montréal (845-5447)— Discothèque tropicale à 21 h., le 2 oct.ÉGLISE IMMACULÉE-CONCEPTION: Angle Rachel et Papineau, Montréal (526-5961)— Concert d'orgue, Marc-André Doran, oeuvres de Liszt.Rhein-berger et Haydn, le 2 oct, à 20h.ESPACE LIBRE: 1945 Fullum, Montréal (521-4191 )— Le Nouveau Théâtre Expérimental présente « L'homme qui n'avait plus d'amis ¦ texte et m.en s.Robert Gravel, du 8 oct.au 9 nov,, mar, au sam.à 20h,30 ESPACE LA VEILLÉE: 1371 est Ontario, Montréal (526-6582)— « Crime et châtiment » d'après Dostoïevski, conçu et adapté par Gabriel Arcand, du 24 sept, au 13 oct., mar.au dim.à 20h.30 FACE THEATRE: 3449 Université, Montréal (845-3910)— Spontaneous Combustion Productions présente Company, les 3-4-5 oct à 20h LE GRAND CAFÉ: 1720 St-Denis, Montréal (849-6955)— Boldo, show rock, les 4-5-6 oct.à 22h.MAISON DE LA CULTURE MAISONNEUVE: 2700 Bourbonnière, Montréal (872-2200)— Voxtrot présente « Écho d'une miette • le 2 oct.à 20h.DERNIER NOUVELLE COMPAGNIE THÉÂTRALE: Salle Denise-Pelletier, 4353 est Ste-Catherine, Montréal (253-8974)— Le Théâtre La Rallonge présente « La contrebasse • de Patrick Suskind, m.en s.Pierre Moreau, du 26 sept, au 26 oct.à 20h, LE P'TIT BAR: 3451 St-Denis, Montréal (281-9124)— Didier Dumoutier, chansons, accordéon-musette.les lundis â 21 h — Jazz acoustique tous les mardis à 21h , avec J.Vanier et S.Legault.RESTAURANT-THÉATRE LA LICORNE: 4559 Papineau, Montréal (523-2246)— • Ne blâmez jamais les bédoins > opéra de chambre d'Alain Thibault, livret de René-Daniel Dubois, avec Pauline Vaillan-court.du 19 sept, au 19 oct., mar au sam.à 20h,30 SALLE ANDRÉ-MATHIEU: 475 boul de l'Avenir, Laval (667-2040)— Les Grands Explorateurs présentent Derniers seigneurs de l'Indus, avec Patrick Moreau.du 1er au 9 oct., lun.au mer.à 20h., jeu.au sam 19h.et 21h,30, dim.13h,30,16h.et 20h.SALLE FRED-BARRY: 4353 est Ste-Catherine, Montréal (253-8974)— « Don Juan revient de uerre • de Oddn von Horvath, m.en s.Jean-Claude ôté, du 11 sept, au 12 oct.à 20h 30 (relâche dim.et lun.) SALLE WILFRID-PELLETIER: PDA.Montréal (842-2112)— OSM Les Grands Concerts, dir.Charles Dutoit, oeuvres de Liszt.Janacek et Berlioz, le 2 oct.à 20h THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI: 3888 St-Denis, Montréal (282-3900)— t La trilogie des Brassard • de Michel Tremblay, m.en s.André Brassard, du 27 sept, an 31 oct., mar.au jeu.à 20h., ven.sam.à 19h„ dim.à15h.THÉÂTRE CENTAUR: 453 St-François-Xavier, Vieux-Montréal (288-3161)— • A Shayna Maidel ¦ de Barbara Lebow, m en s.Frank Wittow, du 3 au 27 oct., mar.au sam.à 20h., dim.19h., sam.et dim.matinées A 14h„ les mer.matinées à 13h THÉÂTRE LA CHAPELLE: 3700 St-Dominique, Montréal (843-7738)— Pigeons International présente < Perdus dans les coquelicots » m.en s.Paula de Vasconcelos, du 12 sept, au 5 oct.à 20h.30 THÉÂTRE ESPACE GO: 5066 Clark, Montréal (271-5381)— • Inventaires t de Philippe Minyana, m.en s.Louise Laprade, du 17 sept, au 19 oct.à 20h.THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE: PDA, Montréal (842-2112)— i Ils étaient tous mes fils • de Arthur Miller, m.en s.Serge Denoncourt, du 11 sept, au 19 oct., mar.au ven.à 20h„ sam.16h,30 et 21h THÉÂTRE MAISONNEUVE: PDA, Montréal (842-2112)— Festival international de nouvelle danse, Groupe Émile Dubois < Les mystères de Subal > (Jean-Claude Gallotta), le 2 oct.à 20h,30 THÉÂTRE DE MARIONNETTES LE BISCUIT: 221 ouest St-Paul, Vieux-Montréal (845- CLAUDE CHABROL DES VENDREDI 7306)— i Eléphantissimo > texte et m en s.Benoit Dubois, à compter du 13 juillet, les sam.et dim.à 15h , réservations sur semaine pour groupes THÉÂTRE DE QUAT'SOUS: 100 est ave des Pins, Montréal (845-7277)— » Lion dans les rues » de Judith Thompson, m.en s.Claude Poissant, du 16 sept, au 12 oct., mar.au sam.à 20h„ dim è 15h.THÉÂTRE DU RIDEAU VERT: 4664 St-Denis.Montréal (844-1793)— • Lettres d'amour.de A.R Gurney, traduction et adaptation de Jean Leclerc, m en s.Michèle Magny, du 1er oct.au 3 nov., mar.au ven.à 20h., sam 16h et 21h„ dim.15h.THÉÂTRE DE LA VILLE: 180 est Gentilly, Lon-gueuil (670-1616)— L'Atelier Théâtral de Longueuil présente • Les fridolinades > de Gratien Gélinas, m.en s.Annie Jacob, le 5 oct.é 20h LE TRITORIUM: Cegep du Vieux-Montréal, angle Ontario et Sanguinet, Montréal (522-1245)— Les Créations Méchants Boris présentent • Les aventures des Steinhop ¦ de Chantal Bessette.Jean Gau-dreau et Yves Michaud, m.en s.Jean Gaudreau, du 4 au 20 oct.à 20h GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Salle Octave-Crémazie, Québec— Le Théâtre du Trident présente • Bousille et les justes > de Gratien Gélinas, m.en s.Lou Fortier, du 17 sept, au 12 oct., mar.au sam à 20h THÉÂTRE DE LA BORDÉE: 1143 St-Jean, Québec (418-694-9631 )— • Névrose à la carte • de Christopher Durang, adaptation de Jean-Pierre Bergeron, m.en s.Gill Champagne, du 17 sept, au 12 oct., mar au sam.à 20h 30 A SURVEILLER O soir ii 1711)10, k* OnliT do congrès iT'iiais.saniT, 7550, boni.lluni i Houiassa ost, à Anjou, vous invite à une conférence intitulée' : « Les nitres const il ut ionnellt'.s » par André Oui'llcl, député fédéral libéral.Réserv.: :î5fi-l510.¦ le Centre diocésain de formation de l'Archevêché de Montréal offre line session intitulée : « I.'art sacré : nos belles églises».Les cours auront lieu les mardis S, 15.22 octobre de I!) h à 22 h.Inscr.031 7311.poste 250.¦ Jeudi 3 octobre de H b 30 à 10 b el dé 11 b 30 â 13 b, rt'niv.de Sherbrooke vous invite à une conférence de M.Alexandre l.hotellier, sur .< I.a eonsullance ou l'art du conseil» et Rlî KS N \OK.\r INC .demanderesse, -vs-l 11KMISl'l» INI', défenderesse I.e 10 octobre 1991 à 11h30 de l'avant-midi à .la place d'affaires de la défenderesse.au no 11K40, Même Avenue.en la cité et district de Montréal.seront vendus par autorité de Justice, les biens el effets de la défenderesse.saisis en cette cause, consistant en camion plck-up Sierla vert, chariot élévateur au propane, ordinateur IBM.photocopieur.télécopieur Canon, chariot élévateur llyster, scie Plasma, eom-presseur Banger, etc.Conditions: ARGENT COMPTANT ÉTUDE VALADE \ ASSOCIÉS.9X7.76M.Montréal, le 30 septembre 1991 Campagne 1991 Cenbraide 205 organismes 500 000 bénéficiaires Ligne Tel-Don: 1 800 267-5555 LES MOTS CROISES 1 2 3 4 5 6 -7 8 9 10 11 12 Horizontalement 1— Techniciens.2— Tristesse.— Partie du pain.3— Changera de voix.— Dette.4— Quatre.— Fonction de prieur.5— Sphygmomanomètre.6— Monnaie danoise.— Tumeur graisseuse bénigne.7— Perte de conscience.— Pronom démonstratif.* 8— Aspect.— Platine.9— Fauve.— Norme.10— Il porte les roues.— Bouddha.— Iridium.11— Travail.— Utilise.12— ‘Seul.— Madrépore des mers chaudes.Verticalement 1—Enveloppék 2 — Soulever avec la louve.3— Époque.— Mortification d'un tissu (Méd).4— Cadavre.— Com- pétition cycliste.5— Ancien régime de la Russie.— La première femme.6— Ricané.— Lettre grecque.— Nettoya.7— Mont fortifié, situé en Messénie.— Pra-séodymne.— Dans.8— Cérium.— Qui.réa-git- 9— Récipient.— Beffroi.10— Éminence.— Manière de chasser le cerf (Vén.).— Oui.11— Habitation.— Troublé.— Bagatelle.12— Isolé.— Canard.- Solution d'hier 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 s.ac.r:/,:?; LC/.N./.^r rfoNDIi * F RE.Ig' •m: M PM/Vj - -ETA' UiT-ltelL/] Des propositions totalement inacceptables pour le Québec B-8 M Le Devoir, mercredi 2 octobre 1991 DES IDEES, DES EVENEMENTS Comme en Russie, la solidarité internationale sera déterminante Texte de Vappel du président Aristide Jean Bertrand Aristide Message du président haïtien déposé, tel que dicté hier ù l'ambassadeur d'Ilaiti à Washington.J K SUIS préoccupé par la sécurité de la vie des gens en Haiti.C’est le général Raoul Cédras qui a organisé ce coup d'État.Ils ont commencé à tuer les gens et ils vont continuer à le faire.Ils ont une très longue liste de noms de personnes à exécuter.Ils sont en mouches.Le massacre continue, car plus ils ont peur, plus ils vont tuer de monde.Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour empêcher la mort des gens ! Freiner la machine de mort A l’occasion des élections du 16 décembre, la solidarité internationale nous a beaucoup aidés.Cette même solidarité peut encore nous aider à freiner la machine de la mort qui court dans le pays.Cette solidarité nous aidera à nous débarrasser de ces gens-là.parce qu'ils sont en train de semer la mort et de tuer les gens comme des mouches.Le massacre continue, car plus ils ont peur, plus ils vont tuer du monde.Nous avons intérêt à sauver la vie des gens.Ce n'est pas que je sois obsédé par le titre de président, mais la continuation du mandat constitutionnel, ainsi que le soutien de la communauté internationale sont les seuls leviers dont nous disposons pour nous Steven Davis Professeur de philosophie ù ITnnvrsilé Simon l-'raser (Vancouver), membre de l'eséeulll de l'Association des droits civils de ( 'olombie-Hritanniquc Depuis i’iiouocauste, l’ac- cusation d'antisémitisme esi l'une des pires qu'on puisse lancer à un peuple ou une nation Telle est l'allégation proférée contre les Canadiens français par Mordecai Richler, dans un récent article de New Yorker (23-9-91 ) et dans une réplique aux critiques que cet article a suscitées (The Gazette, (28-9-91).Il est aussi difficile aux Canadiens français de se défendre contre une pareille accusation qu'à celui à qui l'on demande à brûle-pourpoint : « Quand avez-vous cessé de battre votre femme ?» On pourrait croire que les allégations de Richler ne visent que les nationalistes, et non les Canadiens français en général.Mais tout comme la plupart des Juifs soutiennent l'État d’Israël, la plupart des Canadiens français sont nationalistes — un nationalisme engendré par le sentiment d'être une minorité dont la langue et la culture sont menacées.De toute façon, la plupart des Canadiens français que je connais et qui ont lu l'article de Mordecai Richler l'interprètent comme une attaque contre l'ensemble de leur communauté.Une ferme réprobation Quelles justifications Richler apporte-t-il à l’appui de sa charge ?Il cite deux cas récents : les remarques antisémites de Pierre Péla-deau, et les malheureux événements d'Outremont Dans ces deux cas.il y eut ferme réprobation de la communauté francophone.Bien que Richler en fasse mention, il préfère citer l’une des rares diatribes antisémites publiées en tribune libre dans La Presse, donnant ainsi l'impression qu’il existe un fort courant d'antisémitisme d’une poignée d’individus ne constitue pas une raison pour élargir un procès d'intention aussi destructeur à l’ensemble d’une communauté.A ce compte-là, on pourrait acuser l’ensemble du Canada anglais d’antisémitisme, à partir des théories professées par le petit groupe de citoyens qui ment la réalité de l’Holocauste.Une autre raison qu’avance Ri-chler à l’appui de sa charge contre les Canadiens français, c’est son allégation selon laquelle le chanoine Lionel Groulx, qui était antisémite, aurait été « le Saint Patron des in- Jean Bertrand Aristide.dépendantistes ».Richler prend la precaution de dire que ni Lévesque ni Parizeau n'étaient antisémites.Mais que faut-il comprendre ?Que certains indépendantistes seraient antisémites Cela ne présenterait guère d'intérêt.Que la plupart des indépendantistes seraient antisémites ?Cela représenterait un nombre considérable de gens, puisque selon le dernier Gallup, 42 % des Québécois — et donc vraisemblablement la majorité des Canadiens français — sont indépendantistes Même si Richler ne visait que les indépendantistes, sa cible représente une large proportion des Canadiens français du Québec.À ce compte-là, on pourrait accuser l’ensemble du Canada anglais d’antisémitisme, à partir des théories professées par le petit groupe de citoyens qui nient la réalité de l’Holocauste.Comme il a été souligné dans l.a Presse, le chanoine Groulx a eu une influence mineure sur le mouvement indépendantiste, lequel a surtout été influencé par Frantz Fanon et d’autres théoriciens de la décolonisation.Même si les écrits du chanoine Groulx ont eu une certaine influence sur les indépendantistes, cela ne signifie aucunement que ces derniers aient fait leurs son antisémitisme — pas davantage que le fait d’avoir été influencés par la pensée de Marx ne fait des néo-démocrates canadiens des marxistes ou des communistes.De la même façon, lorsque nous, Juifs, faisons l’éloge de Ben Gourion ou de Herzl, cela ne signifie pas que nous partageons l’opinion negative de ces derniers sur les Arabes vivant en Palestine.LE DEVOIR en accusation L'insulte la plus outrageante, dans cet article de Richler, a pour objet le journal LF DEVOIR.Commentant la réaction du DEVOIR à la crise d’Oka, il lance tout à fait gratuitement que- LE DEVOIR (a) appa remment oublié sa longue et disgracieuse tradition d’antisémitisme » Dans ses articles du New Yorker cl de la Gazette, tout ce que Richler avance à l’appui de cette accusation, c’est de l’histoire ancienne : des ar PHOTO FRANÇOIS BROUSSEAU tides de Henri Bourassa en 1906; d’André Laurendeau en 1933; et des éditoriaux datant des années 30.Toutefois, tout Américain lisant le New Yorker — et ne connaissant rien du DEVOIR — en aura déduit que ce journal est présentement un journal antisémite.Pour faire un parallèle, on pourrait dire que l’Université McGill a « une longue et disgracieuse tradition d’antisémitisme », puisqu’elle a eu des politiques d’admission discriminatoires contre les Juifs jusqu'aux années 50.Personne, pourtant, ne songerait à utiliser ces termes-là en décrivant McGill au public américain.Les remarques de Péladeau, les événements d’Outremont, le chanoine Groulx, LE DEVOIR de l’a-vant-guerre .tout cela constitue une poignée de cas concernant soit un petit nombre d’individus antisémites, soit un passé lointain.Ces cas-là ne peuvent aucunement étayer l’accusation générale lancée par Ri-chler à l’endroit de la communauté canadienne-française du Québec.La « preuve » la plus sérieuse qu'apporte Richler à l’appui de ses accusations consiste à dire qu’elles sont « fondées sur le roc solide de deux sondages universitaires indépendants », l’un par Irving Abella, l’autre par John Fletcher.Richler est toutefois un peu mêlé : il s'agit en fait non pas de deux, mais d'un seul sondage, et Abella n’a pas participé à la recherche.Dans une conversation téléphonique, ce dernier m'a dit qu’il n’a fait que rendre compte, dans un article publié dans le Globe and Mail (9 / 4 / 88), d’une partie d’un sondage réalisé en 1986 pour le York Survey Research Center par John Fletcher, Peter Russell et Paul Snyder de l’Université de Toronto, sondage portant sur les attitudes des Canadiens concernant un large éventail de sujets Mordecai Richler ne peut avoir lu ce sondage puisqu’il n’a jamais été publié.Il est donc impossible d’en évaluer la méthodologie et les résultats.Dans son article du Globe and Mail, Abella se concentre sur les attitudes des Canadiens envers les Juifs, affirmant que le sondage montre que les Canadiens français sont beaucoup plus antisémites que les Canadiens anglais.Le problème, c’est qu’Abella ne fournit que les questions en anglais.L’une d’elles, reprise par Richler, demande si les Juifs sont « pushy ».C’est la question dont la réponse propulse les Canadiens français dans la catégorie des Canadiens «très antisémites».Le mot « pushy » se traduit diffici- délivrer de cette machine de la mort qui sévit partout dans le pays.Autrement, nous ne pouvons pas parler de démocratie en Haïti.Le coup d’État de Lafontant les 6 et 7 janvier dernier, avait déchiré la conscience nationale et internationale.Le coup d’État d’hier est venu assassiner la conscience démocratique nationale et internationale.Il a déjà assassiné beaucoup de gens, et continue à en assassiner encore.En Russie, le soutien de la communauté internationale a permis au gouvernement légitime de reprendre sa place.En Haïti, le soutien de la communauté internationale peut faciliter la continuation du mandat que la constitution a établi.C’est à cette seule condition que l’on pourra parler de démocratie en Haïti.Haïti n’est pas la seule impliquée : tous les amis étrangers qui nous avaient donné la main pour nous aider à organiser les élections du 16 décembre 1990 le sont au même titre.Nous n’avons pas perdu la bataille Ne vous laissez pas abattre ! Je suis confiant que le peuple continuera sur la voie de la démocratie.Nous encaissons le coup, nous n’avons pas perdu la bataille.Nous con-tmuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rester solidaires.La souffrance commune engendrera plus d’amour entre nous.C’est dans le malheur que nous pourrons évaluer la force de notre solidarité.Tenez bon, soyons ferme ! Nous n’avons fait que buter sur un écueil, nous ne sommes pas tombés.Tout seul, nous sommes faibles, ensemble nous sommes forts; ensemble, ensemble, nous c’est LAVA LAS.lement en français.Sans savoir quelle traduction a été soumise aux répondants francophones, il est impossible de savoir si l’expression n’attribuait pas aux Juifs une caractéristique que les Canadiens français pourraient trouver positive.Ce qui manque en outre à ce sondage non-publié, selon ce qu’Abella en dit en tout cas, sont des questions comme celles-ci : « Voudriez-vous que votre fils/fille en épouse un/une ?; « En voudriez-vous comme voisin ?»; « comme patron»; « comme associé ».Les réponses à ce genre de questions seraient plus éclairantes sur les attitudes des Canadiens français envers les Juifs.Voilà donc en quoi consiste les deux études « solides comme du roc » dont parle Richler.Dans un récent numéro de magazine L’Actualité (15-9-91 ), on rend compte d’une étude menée par les économistes Denis Bolduc et Pierre Fortin, qui montre qu’à Montréal, les Canadiens français et les Canadiens anglais ont des attitudes semblables en ce qui concerne la race, la religion, le nombre et la présence d’immigrants dans leur quartier.Bien que l'étude ne touche pas spécifiquement aux J uifs, elle donne à entendre que, contrairement à ce que Richler laisse croire à ses lecteurs américains, la communauté canadienne-française n’est pas plus antisémite que la communauté cana dienne-anglaise.Le nationalisme des autres Nous, Juifs, sommes naturellement sensibles au nationalisme des autres.Néanmoins, notre appui à Israël devrait nous rendre capables de comprendre les autres nationalismes.Je ne crois pas qu'en tant que Juifs, nous ayions quoi que ce soit à craindre de la part de la communauté canadienne-française ni du nationalisme canadien-français, ni même de l’indépendance du Québec.(Quant à savoir si l’indépendance serait souhaitable pour la province et le pays, c’est une autre question).Aucune société ne doit tolérer l'antisémitisme, le racisme et les haines ethniques, qui sont la plaie de notre époque.À cause des comportements que ces attitudes engendrent, des millions de gens sont morts et continuent à mourir.Pour cette raison précisément, toute accusation d’antisémitisme contre une communauté doit être soigneusement étayée.De telles accusations sont si graves qu’elles ne devraient jamais être lancées à la légère ni utilisées pour des motifs politiques.Jean Campeau Ex-coprésident de la Commission sur l'avenir constitutionnel du Québec IL NE SUFFIT PAS de dire non.Le gouvernement du Québec doit privilégier la souveraineté à compter de maintenant.1— Dans le cadre actuel, le « plan fédéral » pris au pied de la lettre — et tel quel — est totalement inacceptable pour le Québec — comme l’ont déclaré les dirigeants politiques du Québec.Les propositions ne donnent suite ni aux attentes ni aux besoins du Québec, particulièrement en matière de développement économique et quant au transfert massif des juridictions nécessaires à une organisation rationnelle et efficace d’un Québec moderne comportant les éléments vitaux du pouvoir de taxation, du pouvoir de faire ses lois et de mener ses relations internationales selon ses priorités.Non seulement les propositions ne reflètent pas la réalité d'une société québécoise moderne et bien consciente de son identité, mais il s’agit de propositions inefficaces particulièrement en ce qui concerne le développement économique du Québec.Nous n'avons jamais eu avantage à confier notre développement économique aux autres, et ce ne sera pas différent dans l’avenir.Au contraire, notre gouvernement doit détenir tous les pouvoirs et instruments utiles à ce développement.Ce n’est pas inconciliable avec de la concertation avec les autres, avec des ententes, avec du libre-échange, avec l'harmonisation de politique mais c’est inconciliable avec le fait qu’un autre gouvernement détienne des pouvoirs juridiques d’intervenir dans notre économie, de la structurer, de la modifier, de l’orienter.La réduction des objectifs de la société québécoise à une notion de société « distincte » au point de vue culturel est certes bien en-deçà des attentes qui ont été communiquées à la Commission sur l’avenir du Québec.Quant à la concentration de pouvoirs économiques dominant entre les mains d'un gouvernement autre que celui du Québec, il s’agit d’une avenue à ne pas confondre avec zone de libre-échange et harmonisation de politiques économiques.Je me permets de rappeler certaines conclusions de la Commission sur l'avenir du Québec : — « Sur le plan des relations politiques et constitutionnelles, le consensus exprimé dans le cadre des travaux tie la Commission est clair : des changements profonds au statut politique et constitutionnel du Québec s’imposent.Quelles que soient les solutions retenues, il faut qu’elles mettent fin sans tarder et de façon durable aux incertitudes et à l'instabilité qui résultent de l'impasse actuelle.» (p.81) — « Les attentes de la population sont élevées : elle veut voir le Québec récupérer des compétences dans tous les secteurs, qu’ils soient du domaine économique, social ou culturel.Il lui apparaît urgent de mettre fin à l’incertitude par une démarche claire qui devra mettre fin à l’impasse et mener à des résultats sans tarder.» (p.84) — « Le Québec d’aujourd’hui présente les attributs et caractéristiques d’une société moderne libre et démocratique, pluraliste et ouverte sur le monde.Il s’y est développé, au gré de consensus et d’efforts, une culture dynamique qui anime à la fois le politique, l’économique et le social.L’histoire récente a vu se consolider, dans la continuité, une identité nationale québécoise qui s’affirme ainsi dans toutes les sphères d’activité.» (p.23-24) — « Le renouvellement de la fédération canadienne, dans la reconnaissance et le respect des différences et des besoins du Québec, passerait né-cessairement par une remise en cause en profondeur de l’ordre des choses au Canada.» (p.54) Je ne vois pas comment les propositions du gouvernement fédéral peuvent être comprises ou perçues comme une réponse à ces attentes pour le Québec ni même comme un premier pas.Comme la Commission de l’avenir du Québec l’a constaté, il y a deux visions au Canada.Les propositions fédérales confirment qu’elles sont irréconciliables dans le cadre du renouvellement du fédéralisme.2— On peut par ailleurs concevoir et accepter que ces propositions sont destinées aux neuf autres provinces et visent à redéfinir entre elles et le gouvernement fédéral le Canada de demain qu’elles veulent bâtir ensemble — je dirais avec ou sans le Québec.Les préoccupations relatives aux chartes ou aux déclarations de pria eipe, à la réforme d’un Sénat élu, à la concentration à Ottawa des pouvoirs économiques, aux aménagements administratifs, à la règle d’approba- PHOTO JACQUES GRENIER Pc* Jean Campeau tion par sept provinces représentant 50 % de la population et sans veto pour le Québec apparaissent des réponses aux attentes des neuf provinces.L’avenir dira si ces propositions leur sont acceptables.Certes, même entre elles, les neuf provinces auront encore plusieurs négociations pour régler les imprécisions et les désaccords mineurs relatifs à ces propositions.Il n’y a donc là aucune réponse véritable, à court terme, pour le Québec, mais un exercice sain de réorganisation constitutionnelle au sein des neuf provinces et du nouveau Canada qu’elles veulent bâtir ensemble.« Sain », à condition que le Québec reprenne son propre cheminement après avoir constaté l’incapacité totale du Canada de faire une offre qui réponde à ses attentes.Je le répète : cette offre n’est pas destinée vraiment au Québec .Il faut cesser d’attendre et avancer sans perdre de temps.C’est important politiquement mais c’est surtout essentiel au point de vue économique qu’on cesse d’attendre les événements.Un engagement clair du Québec vers une voie d’avenir nettement énoncée serait un ingrédient majeur de reprise économique, de développement économique de notre société, de création d’emplois et d’espoir pour nos jeunes.3— Que le Québec, donc, poursuive son cheminement parallèle pendant qu'au Canada, l’on discutera ces propositions.Cela signifie d’abord que le gouvernement actuel du Québec doit tirer la conclusion qui s’impose.Il doit se faire officiellement le porte-parole du consensus de notre société en se prononçant formellement, par la voix du chef du gouvernement, en faveur de la seule structure constitutionnelle d’avenir pour le Québec qui soit maintenant possible.Le renouvellement à l’intérieur du fédéralisme a échoué; il lui fait prendre l’autre option — la souveraineté.Cela signifie que la Commission parlementaire du Québec chargée du mandat relatif à l’accession à la souveraineté ne doit nas dénaturer l’objectif qui a inspire sa création : il ne s’agit pas d’analyser pour analyser, ou pour juger de l'opportunité d'aller de l’avant.Il s'agit, quant à la souveraineté, « d’en examiner dès maintenant toutes les implications et de préciser systématiquement les mesures à prendre pour sa mise en oeuvre efficace, surtout si l’on estime que cette voie est la seule possible, mais aussi si on la considère comme une alternative prochaine », dit le rapport de la Commission, (p.82) Les délais que l’on a mis à former cette commission et le peu d’empressement que l'on constate à lui faire exécuter un mandat conforme à l’objectif initial — la mise en oeuvre efficace de la souveraineté — trahissent ce qui était recherché par les membres de la Commission qui ont tous signé le rapport.Je souligne au passage qu’une recommandation egalement signée par tous les membres de la Commission sur l’avenir constitutionnel recommande que cette même commission parlementaire étudie les offres formelles de partenariat économique en provenance d’Ottawa (p.91 ).Et je note que, bien que les propositions fédérales ne soient pas des offres formelles, elles comportent des éléments d’offres de partenariat économique qui vaudront d’être considérées, discutées et améliorées en temps et lieu, quand surtout le gouvernement du Québec aura convenu, avec la majorité de l’Assemblée nationale, qu’il y a lieu de privilégier la voie de la souveraineté et qu’elles seront devenues formelles.Cela signifie aussi que les deux grands partis politiques du Québec et leurs chefs auraient avantage à convenir des modalités et détails du référendum dans les meilleurs délais de façon à permettre l'expression de la volonté et de l’appui démocratique massif nécessaire aux phases ullé-rieures de discussion avec nos partenaires canadiens concernant les relations futures aussi bien que la transition.On ne joue pas avec ce mot-là L'accusation cïantisémitisme est Lune des pires qui se puissent imaginer L’équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l’Information générale Josée Boileau.Jean Chartier, Yves d'Avignon, Jean-Denis Lamoureux, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes), Louis-G.L'Heureux.Caroline Montpetit.Bernard Morrier, Isabelle Paré.Clément Trudel .é l'Information culturelle Pierre Beaulieu, Paule DesRiviéres.Marie Laurier, Robert Lévesque.Nathalie Petrowski, a l’Information économique Robert Dutrisac, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte à l'Information politique Pierre O'Neill (partis politiques).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste a Québec) Michel Venne (correspondant parlementaire â Québec).Chantal Hébert (correspondante parlementaire é Ottawa).Jocelyn Coulon (politique internationale).François Brousseau éditorialiste (politique internationale) et responsable de la page Idées et événements', Laurent Soumis (politique municipale), aux affaire» «octales : Paul Cauchon tquestions sociales), Louis-G.Francoeur (environnement), Sylvain Blanchard (relations de travail) Marie-Josée Hudon Jean Sébastien (commis, ' nmiie r 'ara Thérèse Champagne.Monique Isabelle Christiane Vaillant (clavistes).Denise Babin (secréta e a i,, rédaction): Sua.s Marc ai .adjointe a ta direction).Isabelle Baril (secrétaire
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