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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-10-05, Collections de BAnQ.

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"LA PLUS GRANDE LIBRAIRIE FRANCOPHONE D'AMÉRIQUE" P.Vennat, La Presse 4J80 ST-DENIS, MONTREAL H2J2L1 TEL.(514)844-2587 Montréal, samedi 5 octobre 1991 Le vieil homme Christian Mistral LE MATIN du 2 juillet 1961, dans sa maison de Ketehum, Idaho, M.Ernest Miller Hemingway, qui avait l’âge du siècle, se leva tôt, vers les cinq heures, erra sans but en robe de chambre et pyjama jusqu’aux sept coups de l’horloge et, poussant deux cartouches dans un Boss calibre douze, se fit sauter la cervelle.Il y en avait partout.Le cerveau littéraire le plus robuste du monde, avec du sang, des dents, des os et de la viande, éclaboussait tout le hall jusqu’au plafond.Il n’y avait pas deux jours que Papa était rentre de la clinique Mayo, où une série d’élec-: ; trochocs administrés pour le guérir de sa dépression l’avait définitivement guéri de sa mémoire et de ses .dernières facultés créatrices, autre-• • fois si somptueuses.L’écho de la détonation retentit sur cinq continents.; : Lui qui méprisait les psychiatres (« Mon analyste, c’est une machine à écrire Corona no 3 portable » ), les psychiatres avaient fini par avoir sa peau.Lui qui méprisait son père pour s’être lâchement suicidé en ;.1928, sa mort n’avait rien d’un aeci- I ! dent, comme on tenta un temps de le faire croire : il n’était guère d’homme sur la planète qui connut mieux le maniement des armes à feu qu’Ernest Hemingway.D’accidents, sa vie en était pourtant semée.Dos Passos n’avait-il pas dit de lui : « Je n’ai jamais connu un homme athlétique et vigoureux qui , ait passé autant de temps au lit ; qu’Ernest.» Seul, s’entend.Dans son ; excellente biographie, Jeffrey Meyers recense pas moins de 32 • « malchances », dont cinq commotions cérébrales (l’une, la dernière, consécutive à son deuxième accident d’avion en deux jours au cours d’un safari africain).Peut-être est-il possible de juger un homme aux acei- • dents qu’il subit; dans le cas d’He- • mingway, cela allait d’une balle qu’il ¦ s’était tirée dans les jambes en har- • ponnanl un requin a un hameçon qu’il se planta dans le dos ( ! ), en passant par des blessures par obus de mortier et mitrailleuse pendant la grande guerre et de sérieuses griffures récoltées en jouant avec un lion.Cet homme-là ne craignait que deux choses : l'impuissance et l’impôt.Pour plusieurs, Hemingway avait été le Byron américain, et c’est un fait que les parallèles laissent songeur : l’un comme l’autre étaient forts et fort beaux, boxaient, tiraient et naviguaient, buvaient comme des trous (a la fin, Ernest descendait deux bouteilles de scotch par jour et son foie lui faisait le relief d’un serpent sur le flanc), vécurent le plus clair de leur temps à l’étranger (à Cuba, nonobstant le castrisme, Hemingway est une légende très vivante), s’engueulaient avec leurs amis tout en s’en faisant adorer et en exerçant sur eux une « influence magique », parlaient brillamment tout en sachant écouter.Chacun à sa façon s’incarna en un prototype de l’écrivain aventureux, homme d’action comme de parole, ne craignant pas de vivre ses livres.Célèbres jeunes, leur stature atteignit au mythe, un mythe qui en vint parfois à dépasser l’oeuvre elle-même.Comme celui de Byron, le travail d’Hemingway eut un formidable impact, social aussi bien que littéraire, et cela presque instantanément.On imita le comportement de leurs créatures fictives et on imita leur façon de faire de la fiction.Aujoud’hui encore, aujourd’hui plus que jamais, un jeune écrivain a beaucoup à apprendre de Hemingway, des petites choses comme l'art de raconter une histoire et la manière de styliser des dialogues qui sonnent plus vrai que nature.Nulle part mieux que chez lui, on ne comprend la signification d’un effort si intense qu’on ne le sent pas.Les conseils qu’il a laissés ont sur moi l'effet produit sur d'autres par le Tu sera un homme, mon fils de Rudyard Kipling; les commandements de Dieu ne sont pas plus difficiles à suivre.« Étudiez les meilleurs modèles lit- amer téraires; apprenez à maîtriser votre sujet grâce a l’expérience et à la lecture; travaillez dans l’isolement et la discipline; commencez tôt le matin et concentrez-vous plusieurs heures par jour; commencez par relire tout ce que vous avez écrit depuis le début, ou, s’il s’agit d’un livre, relisez tout le dernier chapitre; écrivez lentement, délibérément; arrêtez-vous à un moment où tout va bien, où vous savez ce qui va se passer ensuite, afin d’avoir suffisamment d’élan pour continuer le lendemain; ne parlez pas de votre travail pendant que vous écrivez; cessez ae réfléchir lorsque vous avez terminé le travail de la journée, laissez votre subconscient travailler pour vous ; travaillez de façon continue une fois que vous avez commencé un récit; tenez le compte de votre progression quotidienne; faites une liste de titres après avoir terminé votre oeuvre.» C’est connu, l’écrivain qui est de son temps est de tous les temps, et cette remarque, aussi vraie maintenant qu’en 1935, ne fait que confirmer la chose : « Ce qu’un écrivain de notre époque a à faire, c’est d’écrire ce qui n’a pas été écrit avant ou de surpasser les morts dans ce qu’ils ont fait.La seule façon pour lui de savoir ce qu’il vaut c’est d'entrer en compétition avec les morts.» C’est bien d’Hemingway d’assimiler le travail littéraire àun combat de boxe.Pourtant, l’image du dur à cuire qu’il cultiva soigneusement et qui inspira les prochaines générations d’écrivains n'était fidèle qu’en partie à la réalité, car c’était sans conteste et avant toute chose un intellectuel sensible et généreux, de coeur comme de tête, ce dont il se défendit rudement toute sa vie.En fait, et c’est fort symbolique, il avait beau refuser de porter des lunettes, ça ne l’empêchait pas d’être myope comme une taupe.On s’entend généralement pour dire que son esthétique s’appuie sur deux principes essentiels.Le premier, probablement dérivé de sa formation journalistique, pose que la Voir page D-2 : Hemingway MICHEL SCHNEIDER Michel Schneider PHOTO JACQUES GRENIER Les petits-fils de Pascal Serge Truffaut ILS AVAIENT une foi inébranlable en la révolution permanente.Sous les pavés, ils cherchaient la plage afin de construire des chateaux en Espagne pour les classes laborieuses de la vieille Europe et du Nouveau Monde.Du nord comme du sud.De l’est comme de l’ouest.Roland Barthes, Michel Foucault, Louis Althusser et Jacques Lacan étaient les points cardinaux de leur cosmologie révolutionnaire.Ils étaient leur bande des quatre.Ils étaient des phares lumineux qui, juré, craché, gommeraient les ombres maléfiques qui écrasaient les damnés de la terre.Ils voulaient être les fils de Marx.Ils n’ont été que les petits-fils de Pascal.Les acteurs de mai 68 auront été en effet plus jansénistes que révolutionnaires.Partis à la recherche du temps qui passe son temps dans les bras d’un bonheur aussi immuable que radieux, ils n'auront réussi qu’une chose : leur propre sacrifice.Ils auront été les acteurs masochistes de leur tristesse future.Trop altruistes, ils ont élagué les plaisirs de l’épicurisme jusqu’en ses germes.Faute de précédent dans l’Histoire, leur chateau en Espagne s’est écroulé comme tout chateau de sable immanquablement s’écroule.Comment cela s'explique-t-il ?Tout simplement.En dessinant les plans de leur chateau qu’ils voulaient d’autant plus beaux que les cardinaux Barthes, Foucault, Althusser et Lacan devaient y communiquer leur épître respective, ils avaient oublié, par étourderie probablement, que les ouvriers du Moyen Âge, lorsqu'ils ont sculpté Chartres et Paris, étaient animés de cette chose étrange qu’on appelle le sentiment amoureux.A leur décharge, il faut peut-être rappeler que Barthes, dans son Fragment d’un discours amoureux, avait légiféré sur le sentiment en question en affirmant que « passé le premier aveu, je t’aime ne veut plus rien dire » au moment même où Serge Gainsbourg lançait, énigmatique, « je t’aime moi non plus ».Comprendra qui voudra.Sur ce sentiment amoureux ou plus précisément sur l’absence de sentiment qui a singularisé cette génération, Michel Schneider a composé un roman d’autant plus grave qu’il fut lui-même un acteur de mai 68.Psychanaliste, économiste, haut-fonctionnaire à la Cour des comptes et auteur d’une magistrale biographie sur le pianiste Glenn Gould, Michel Schneider, de passage à Montréal, nous confie que son roman est « une recherche de l’amour perdu » par ces croisés des lendemains qui chantent.Je crains de lui parler la nuit est une réflexion sans complaisance, sans extrémisme, sur cette génération qui, comme il l'a observé, n’a même pas le bonheur de disserter, lorsqu'un de ses acteurs rencontre sur le bitume un autre de ses acteurs, sur le bon vieux temps.« Quand on se rencontre, on change de trottoir».Je crains de lui parler la nuit, c’est Antoine Forger.C’est Antoine, ancien militant « mao » des années 60, « à la recherche de l’amour perdu ».C’est également, voire surtout, Sarah qui en 68 avait 10 ans, soit l’âge insensible et indifférent aux soubresauts de la politique.C’est Antoine, la quarantaine, rencontrant pour la première fois Sarah dans un train.Antoine et Sarah, c’est le rendez-vous de l’amour.Fourquoi diable les chemins de fer ?Fourlouangerle labeur des cheminots ?Non.« Si j’ai choisi la gare, le train, c’est parce que je trouve qu’ils sont des espaces romanesques.Des espaces de rencontre.Des lieux propices aux rencontres, à l’amour.Et parce que.j’aime les romans de gare.Ces romans que l’on qualifie à tort de romans à l’eau de rose, sont pratiquement les seuls à parler de l’amour ».Ce lieu de rencontre, ce wagon à l’intérieur duquel Antoine et Sarah vont échanger les premiers regards comme les premiers espoirs, c’est également un clin d’oeil à Patricia Highsmith, et plus précisément à son fameux L'inconnu du Nord-Express.« De la même façon que les personnages du roman de Highsmith échangent leur crime respectif, Antoine et Sarah échangent leur rapport à l’amour ».Jusqu’à cette rencontre Antoine n’aura été qu’un comptable de l’amour.De son passé militant, de son passé marxiste, il a conservé en lui cette loi de l’accumulation primitive du capital qu’il a modifiée en loi de l’accumulation primitive du sexe.Il est un consommateur avide des petites morts freudiennes espérant trouver une femme propriétaire d’un prénom commençant par la lettre Z afin de compléter son alphabet « donjuanesque».Sur cette conception comptable des dons physiques que les femmes lui accordent, Schneider, la plume parfaitement aiguisée, nous raconte : « Antoine Forger était un homme à femmes.Passion aussi fatale que coûteuse, car il était avare et mesurait les sentiments eux-mêmes en termes d’échange et d’intérêt, ne lâchant l’argent qu’il fallait bien dépenser pour sortir aves elles au restaurant ou au spectacle, les Voir page D-2 : Schneider Au Cirque Combescot LES FILLES DU CALVAIRE Pierre Combescot Grasset, Paris, 1991 Bertrand Flrel LA BARRE était haute, très haute.Les Funérailles de la Sardine, en 1986, avaient laissé le souvenir d’un prix Médicis volcanique, épatant, truculent, pétaradant.Belote et rebelote : Les Filles du Calvaire, le nouveau roman de Pierre Combescot, est aux autres ro mans de la rentrée ce qu’un gâteau au fromage nappé de coulis de framboise, garni d’une ribambelle de fruits exotiques et servi avec un gin-fizz, est à un petit-beurre un peu sec.On en ressort comme d’un cirque, des étoiles dans les yeux, béat de jouissance et d’euphorie, ébouriffé de tant de prodiges, les lèvres encore collantes du sucre d’orge.Car le li vre, vrai de vrai, s’ouvre ainsi que se soulèverait le grand chapiteau d’un cirque : « comme le couvercle d’une boîte à chapeau, laissant s’échapper toutes les fantaisies qu’il recelait : ses mille et un tours, ses cruelles acrobaties, ses clowneries pailletées, enfin toute sa tripaille d’or et de crottin ».Ça jongle, ça virevolte, ça baise et ça mord, ça trompe-la-mort, ça doublevrille, ça s’emplume et se déplume, se poile et se dépoile — et voici comme.Ça se passe à Paris, « de Roche-chouart aux Martyrs et, par-delà le square d’Anvers, jusqu’à Pigalle, et encore plus loin en haut vers Montmartre », ça se passe au métro Fil-les-du-Calvaire, dans le Xe arrondissement, pour vous situer, le nord-est, un bien chouette quartier.Ça se passe à Tunis, dans le quartier juif de La Goulette, Tunis où naît Maud Boulafière, ou plutôt Rachel Aboulafia, c’est kif-kif, « en son temps une fichue poulette qui en avait fait triquer plus d’un », d’autres diront une fieffée garce, moi, je ne me prononce pas.Ça se passe aux Filles-du-Calvaire, en face du Cirque d’hiver, au café tabac « Les lYapézistes », où règne sur sa tribu, en pythonisse « vespérale et mystérieuse », notre Maud, toujours rousse, toujours flamboyante, « belle comme un incendie », certes un peu grossie, davantage nourricière, un tantinet Baleine, mais diable, quelles guibolles, toujours ces fichues guibolles d’ancienne danseuse nue à Ta-barin ! Madame Maud qui, « avec ses inflexions canailles, son accent traînant, chaloupé telle la java un peu vache d’un guinche mal famé, vous recréait par la seule magie d’un verbe ou d’une épithète une rue disparue laquelle, jadis, avec ses pavés mal équarris, s’en allait lente et de guingois, poussée comme par un air d’accordéon ».Et dans la gouaille, croyez-moi, Combescot fait merveille.Ça se passe au 76 de la rue Roche-chouart, « un établissement propre, discret, bien fréquenté et assez joliment achalandé de joyeux zéphyrs, de grenadiers de rifle, de bigor neaux, enfin de tout ce que la belle armée française compte de petits pulpeux dans la mouscaille qui, contre un billet pour améliorer leur ordinaire, rendent de petits services aux messieurs».Ça se passe en Italie, à Nice, en Russie.Ça se passe à Bayreuth, sur un air de Parsifal, parabole autour de laquelle Combescot ourdit son épopée, l’ancre dans l’éternité de la légende, appelant à la queue-leu-leu, prodigue Monsieur Loyal, une farandole de destins extravagants, une sarabande de canailles, dont Maud sera, au choix, la collectionneuse d’âmes, la rassembleuse, ou la bousilleuse d’existences.Et le prodige, la magie, c’est de voir tous ces destins s’imbriquer, se questionner puis se répondre, tout fonctionne, tout semble logique bien que formidablement exubérant, chacun rencontre sa chacune ou son chacun, et d’une génération l’autre les cordons ombilicaux se renouent et les garces ont des airs de famille.Alors on croise, au hasard des pages, des années ou des rues de Paris, une professeur de danse et son esclave, la famille Roubichou, fameuse pour « la soupe aux choux des Roubichou » (« du chou ! du chou ! tou-Volr page D-4 : Combescot 4 otwd *«.»»' La PaCOt La Pacotille Gérard Étienne Maintenant en librairie 258 pages — 18.95$ # l’Hexagone lieu distinctif «Je l’édition littéraire québécoise Ben Chalom, Haïtien exilé à Montréal, est devenu une pacotille dans un combat à finir contre la bête qui hante sa mémoire.Le ton du romancier est soutenu jusqu’à la fin.Jamais le mal haïtien n’a été décrit avec autant de force et de lucidité.Un livre-choc sur la rencontre des cultures haïtienne et québécoise. I* /"w , :Dr2 ¦ Le Devoir, samedi 5 octobre 1991 mes Comme en quarante Robert LÉVESQUE Le ?Bloc-notes KN DÉFKNDANT un pont sur la Loire, Bébel est fait prisonnier près de Tours.I balai tourne de justesse iSUSÿprqui‘i> avant l’entrée des * **wiands dans Paris.[çjin Rouaud, kiosquier boulevard rçt-Germain, taquine le client : .-'•was achetez tous ces journaux tta&thnands imprimés en français ?'î'fcLe soir, on va voir Quai des brumes, de Patrice Leconte.Deneuve a de beaux yeux, tu sais.Dans Je suis partout Coluche a une épitaphe : Juif par ses choix et ses amitiés, métèque par sa naissance, sodomite par ses moeurs.Un soir, à la sortie d’une générale, Depardieu, qui joue l.u machine à écrire de Didier Van Cauwelaert, giflé .lean-Kdern II allier pour un article aux sous-entendus crapoteux.(’’est .Jeand’O, au Pathé-Journal, qui prononce un discours vide et élégant pour remonter le moral à la nation.Ilaut-commissaire à TdKôrmation pour Vichy, il l’aura mérité son fauteuil à î’Académie! t '(tjn chuchote que c'est Louis f Pauwels qui a écrit le texte du L’origine du monde Michel Boujut llltllll Maréchal, lu le 17 juin à midi trente, avec la voix chevrotante d’un acteur du Français.Jack Lang, ex-ministre des loisirs du Front popu, est en Amérique du Sud avec une troupe qui joue Deux sur la balançoire.Jacques VilJeret, bien en chair, entre en scène aux Deux-Ânes en faisant le salut nazi et, bras bien tendu : Jusque-là! Jusque-là! Nous sommes dans la merde jusque-là! ?Où sommes-nous, me direz-vous, éberlués lecteurs! Si vous m’avez suivi jusqu’ici, sachez que nous sommes dans le roman le plus curieux de la rentrée, roman à risque (rapport aux réputations des contemporains), celui d’un type qui fait dans le roman de science-rétrospection, Michel Boujut.Piquant bouquin, titré L'Origine du monde because le diariste imaginé par Boujut, qui écrit de juin 40 a novembre 41 ses observations quotidiennes, planche sur la biographie de Courbet qui, pour un diplomate turc, avait peint le plus scabreux tableau du 19e siècle, L'Origine du monde, sexe d’une femme, cuisses ouvertes, toison abondante, belle impudique sans tête.M.B., qui signe ce journal et qui sera arrêté et mourra dans un camp, c’est Michel Boujut qui joue le grand transfert.Il se met non seulement dans la peau d’un biographe de 40 ans, mais, et attention les dégâts, le monde qui l’entoure, Paris occupé, la France, ses ténors, ses actrices, ses l'air de rien et ses touche-à-tout, c’est le Paris d’aujourd’hui, de Sobers (primesautier, « jamais les femmes n’ont été aussi attirantes », dit-il) à Anne Sinclair (qui s’est trouvée un boulot à New York), de Jacques Vergés (Garde ses sceaux à Vichy, fut l’avocat de Raoul Villain, l’assassin de Jaurès) à François Léotard (réfugié à Uriage avec Jacques Julliard entre autres).Les paris sont ouverts.On Serge Truffaut Dans le cadre de la '20e édition de son concours d'oeuvres dramatiques, la Société Radio-Canada invite tous les auteurs en herbe à envoyer leur manuscrit avant le le mars 1992.La bourse afférente à la catégorie 60 minutes, récemment baptisée prix Robert Choquette, sera de 2 500 $; celle de la catégorie 30 minutes sera de 1 500 $.11 est important de noter que ces oeuvres doivent être conçues et rédigées en vue d'une création ,jU|di,ophonique.Les manuscrits clou ent être adressés au Service des émissions culturelles.13e étage.( 'oncours d'oeuvres dramatiques radiophoniques.Radio-Canada.C.P 6 000succursale ,1.Montréal (Québec) 113C3A8.Deux lauréats Président de la Fédération canadienne des sciences sociales, le professeur John Finlay a annoncé que le prix Jean-Charles Falardeau avait été décerné au professeur Serge Courville, du departement de géographie de l’Université Laval pour son livre Entre ville et campagne : l'essor du village dans les seigneuries du Bas-Canada paru aux éditions Les presses de l’université Laval en 1990.Le Prix Harold Adams a été accordé au professeur Philip Resnick pour son essai intitulé The Mask of Proteus : Canadian Reflections on the State, Kingston and Montreal aux éditions McGill-Queen's University Press.M.Resnick enseigne au département de sciences politiques de l’université de Colombie Britannique.Noroit a vingt ans Pour souligner ses vingt ans d'édition au service de la poésie, la maison du Noroit invite le public à une soirée de poésie qui se tiendra à la salle St-Sulpice de la Bibliothèque Nationale du Québec, située sur la rue Saint-Denis.Selon le communiqué, trois générations de poètes viendront lire des extraits puisés dans les différents recueils qu’a publiés au cours de ces vingt années cette maison d’édition.Bref, 50 poètes seront salués.Rosemont et la culture Dans le cadre de la série Écrire le théâtre, Nathalie Petrowski anime une rencontre avec Marie Laberge.Le public est invité à poser questions ou formuler des commentaires sur place.Quelle place ?Cette série de rencontres organisée par la Maison de la culture de Rosemont se déroule à l’Agora du Collège Jean-Kudes situé au 3535 boulevard Rosemont.Les mardis à compter de 20h.Prix Renaudot La première sélection du Prix Renaudot est la suivante : Sonate au clair de lune de Nicolas Bréhal; Eau de café de Raphaël Confiant; Marguerite devant les pourceaux de Claude Duneton; La separation de Dan Franck; Le troisième mensongt d’Agota Kristof; En douceur de Jean-Marie Laclavetine; Liverpool marée haute de Luc Lang; Ludoet compagnie de Patrick Lapeyre; Sven de Jean Lods; Une peine à vivre de Rachid Mimoum; Les larmes de pierre d’Eugène N icole ; Au péril de la merde Bruno Racine ; parcourt le Boujut comme des joueurs.Qui est qui ?Bébel prisonnier à Tours, c’est Fresnay ?Depardieu qui gifle Kdern Rallier, c’est Marais et Alain Laubreaux à la sortie d’Andromaque.Voilà Jack Lang dans les traces de Jouvet, et Villeret au cabaret c’est Gabin qui, cela est vrai, avait fait le gag du salut nazi jusque-là!.Côté roman, ça casse.La vie dans Paris-sur-rutabaga, les grandes avenues avec de moins en moins de voitures : l’oxygène « grande réussite de l’Occupation», la méfiance, le froid, l’enquête pour retrouver L’Origine du monde, on écoute les disques de jazz que l’on est allé chercher au Havre (Boujut était de Jazz Magazine), le cinéma se fait, Sautet qui sort Les Inconnus dans la maison, Lelouch Gueule d’amour, un soir de succulents boudins bien croustillants envoyés par les beaux-parents, la vie et rien d’autre (le film de Tavernier, d’ailleurs, vient de sortir), et lorsqu’on va voir au Grand-Palais l’expo Le Juif en France on voit accrochées les bouilles « qui ont détruit les bons sentiments de notre race », Serge Gainsbourg, Michel Boujenah, Claude Berri, Ariane Mnouchkine.Je vous en dis pas plus : les écrivains dont les livres sont interdits, ceux qui publient sans contrarier la Kommandantur, vous les trouverez vous-mêmes, comme en quarante.?L’origine du monde, Michel Boujut, Éditions de l’Olivier, 1991.Le tournesol déchiré de Boris Schreiber, et Le roman de linceul de René Swennen.L'édition française aux abois Dans le dernier cahier qu’il consacre aux livres, le quotidien Le Monde nous apprend que le chiffre d’affaires des principales maisons à baissé dans des proportions très variables, soit entre 2 et 35 % par rapport à la période correspondante j l’an dernier.« Pour des raisons de trésorerie, les libraires ont pratiqué, dans le même temps, une reduction plus importante de leurs stocks.Résultat : un taux de retour des livres chez les éditeurs qui a bouleversé toutes les prévisions pour atteindre jusqu’à 60 % pour certains titres ou certaines collections dont les éditeurs escomptaient le succès ».Pour renverser la vapeur, bien des éditeurs interrogés par le journaliste du Monde admettent qu’il faudra freiner la production, diminuer le nombre de parutions.Bref, priviligier la qualité plus tôt que la quantité.Président du Syndicat national de l’édition, M.Serge Eyrolles a déclaré au journaliste du Monde que « la surproduction amène à sortir trop de bouquins qui ne sont pas bons ».Point.ÏÎJ ï L’ACCIDENT DU RANG SAINT ROCH Jean-Marie Poupart, Boréal, 89 p.A la campagne, les chats ont l’espace pour eux.C’est incontestable.C’est un avantage, mais parfois cela est un inconvénient.Prenez le chat du rang Saint-Roch.« Réveillée depuis une heure, la vieille a entendu la plainte des freins, le bruit de l’impact, le cri du chat.Quand elle sort, le chat a cessé de respirer.Elle va de l’autre côté de la route dans le hangar où sont rangées les pelles.Ayant pris avec elle un sac de plastique de la Société des alcools, elle y dépose le cadavre encore chaud.Mort, l’animal semble plus lourd que vivant.C’est parce que déjà la terre réclame son dû ».La mort du chat du rang Saint-Roch va déséquilibrer quelque peu la vie des gens habitant le rang en question.Jean-Marie Poupart fait l’autopsie de ce déséquilibre.POLAR no 3 Rivages, 167 pages Contre l’escroquerie, la littérature n'est pas imperméable.En voilà un exemple, « un type était en taule depuis six mois sous son nom et sous le mien.Il se faisait appeler Joseph Raitière alias Didier Daeninckx et disait écrire un livre en prison.Il s’avère en plus qu’il était imprimeur, et il avait fabriqué une fausse jaquette type Série Noire avec mon nom et ses bouquins qui s’intitulaient : Le foetus de madame est avancé ou Le fils d'Ariane.Il avait aussi donné des interviews à la presse.On lui demandait pourquoi avoir écrit Le foetus.après Meurtres pour mémoire et il répondait : « pour me décontracter ».Cette confidence a été livrée par Daeninckx, auteur notamment de Le facteur fatalet de Meurtres pour mémoire, aux journalistes du trimestriel Polar qui lui consacre un dossier de 70 pages.LES CRIMINELS DU BÉTON Alain Paucard Les belles lettres, 169 pages Sixième numéro de la collection Iconoclastes, ce pamphlet « est respectueusement dédié au prince Charles d’Angleterre » nous prévient l’auteur.De quoi s’agit-il ?De passer à tabac-tous les architectes.À preuve, un extrait de l’avertissement : « afin de prévenir toute manifestation grincheuse de la part d’un corps de métier dont un des membres désirerait éventuellement polémiquer, j’affirme, en préambule comme en conclusion, que l’avis des architectes m’est indifférent et qu'ils sont condamnés par mon tribunal sans possibilité de se défendre.Ils ne m’ont pas demandé mon avis, je ne requiers pas le leur ».UNE HISTOIRE DE LA BOLDUC Pierre Day, VLB Éditeur, 130 pages L’auteur « a consacré plus de six ans à retracer les grandes lignes de la carrière artistique et de la vie familiale de celte figure légendaire de la chanson québécoise ».L’ouvrage une fois lu, il ne reste plus qu’à entonner : Ah ! c'est la belle Arthimise/ Qui voulait se marier/Une fois rendue à l'église/Elle trouvait plus son cavalier/On fit venir le bedeau/Pour prendre la place du marié/El lui qu’est pas nigaud/Consentit sans s’faire prier.LORSQU’UN MATIN D’ORAGE Barbara Pym, Rivages, 151 pages Écrivain britannique, Barbara Pym (1913-1980) est mal connue des publics non anglophones.Pour pallier, les éditions Rivages ont entrepris la publication quasi complète de son oeuvre.Aujourd’hui, on propose un recueil regroupant cinq nouvelles qui, normalement, devrait séduire les amateurs de l’oeuvre de Henry James.Intitulées Poser sa voix, Ger-vase et Flora, Lorsqu’un malin d’orage, Les visiteurs de Noël et Dans un salon d’Oxford, ces récits sont autant de clins d’oeil à l’école britannique de la nouvelle.Une bonne, une très bonne école.LES ALLEMANDS MAÎTRES DU TEMPS Lothar Baier, La découverte, 204 p.Auteur d’un essai retentissant sur la France ( L'entreprise France), Lo-thar Baier s’est penché sur les Allemands.Il les a observé; il les a étudié pour en arriver à la conclusion que ces Allemands étaient maîtres du temps.Selon lui, « celte priorité accordée à la vitesse risque de laisser sans riposte les menaces que font peser sur la démocratie le regain des fondamentalismes, nationaux et ethniques ».Fiche Hemingway ¦ 21 juillet 1899 : naissance à Oak Païk, Illinois.de Ernest Hemingway.¦ iff 18 : ambulancier militaire, il est blessé à Fossalta di Piave, Italie.Décoré pour héroisme.¦ 1921 : correspondant, en Europe, pour le Toronto Star.PH.925 : publication à New York de Irrvtùr Time, son premier livre.Il l’a écrit à Paris.¦ 1926 : publication de Le soleil se lève aussi.C'est la première fois qu’il parle de « la génération perdue ».¦ 1927 : parution des recueils de nouvelles intitulés Hommes sans femmes et Les neiges du Kilimandjaro.¦ 1929 ; L'adieu aux armes, un de ses plus grands succès.¦ 1932 : sa passion pour l’Espagne, où il fait de longs séjours, et pour la corrida, l’amène à publier Mort dans l'après-midi.¦ 1938 : anti-franquiste convaincu, il écrit la pièce The Fifth Column.¦ 1940 : la guerre civile espagnole lui inspire l’un de ses plus beaux romans, Pour qui sonne le glas.¦ 1944 ; il participe au débarquement en Normandie.¦ 1945 : Hemingway retourne dans la maison qu’il possède à Cuba et se marie pour la quatrième fois.¦ 1952 : publication du Vieil homme et la mer pour lequel il recevra en 1953 le prix Pulitzer.¦ 1954 : il reçoit le Nobel.¦ 1960 ; la révolution menée par Fidel Castro le chasse de Cuba.Il s’installe dans l'Idaho.¦ 2 juillet 1961 : « Papa » Ileming way se suicide.T~ / FORGKS W P 0 É S I E- Atwood Margaret et Villemaire Yolande Beaulieu Germaine Beaulieu Germaine Beausoleil Claude Blouin Louise Bonenfant Réjean et Gaudet Gérald Cadet Maurice Charron François Chiasson Herménégilde Cliche Mireille Daoust Jean-Paul Dargis Daniel Dobzynski Charles .Frenette Christiane -, $ 'Guillevic Lambersv Werner U toederacn Monique et Duval Jean éditeur de poésie depuis 1971 1497 Laviolette, C.P.335, Trois-Rivières G9A 5G4 Tél.: (819) 379-9813 .Téléc: (819) 376-0774 Lèvres urbaines # 20 Réelle distante Voie lactée Le dormeur Des mots pour rêver (coédition Éditions Pierre Tisseyre) Dictionnaire des écrivains de la Mauricie Haute dissidence L’intraduisible amour (Coéditions Le Dé Bleu et l’Arbre à Paroles) Existences Jours de cratère PRIX DE POÉSIE OCTAVE-CRÉMAZIE Les cendres bleues PRIX DE POÉSIE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL Déchirures Les heures de Moscou Le ciel s'arrête quelque part Lyriques Géographies et mobiliers Lèvres urbaines # 21 6,00$ 10,00 $ 10,00 $ 10,00$ 7,95$ 15,00 $ 6,00$ 15.00 $ 10.00 $ 6,00 $ 10,00 $ 10,00$ 1 2,00 $ 6,00 $ 12,00$ 15,00 $ 6,00 $ • 1 Lolonde Robert A; Martin Yves 3 Paqum Louise Piché Alphonse Pozier Bernard -Renaud Thérèse ! Richer tue Sobate-Berian Hélios Venaille Franck ¦ Collectif Baie de feu La mort est méconnaissable PRIX APOLLINAIRE-1991 Éclats de la cité Néant fraternel (coédition CEC Koudhia) Les poètes chanteront ce but Jardin d’éclats Stanley Regard Tendres chairs Le sultan d’istambul (coédition Salvy) La poésie au Québec-1990 (coédition Collège de Joliette) 6,00 $ 12,00$ 6,00 $ 10,00 $ 10,00 $ 6,00$ 12,00 $ 6,00 $ 15,00 $ 15,00 $ ; Beauchamp Louise LA JEUNE POÉSIE Pièges 6,00 $ Collectif Des Forges tt 32 6,00 $ Cholette Mario La nuit tourne sur elle-même 6,00 $ Duval Jean Un théâtre obscur 6,00 $ Guimond Daniel Continuum 6,00 $ Monette Hélène Lettres insolites 6,00 $ Perron Jean Ce qui bat plus fort que la peur 6,00 $ F Beausoleil Claude LA POÉSIE CASSETTE ET LE POÈME-AFFICHE Ville concrète (Cassette audio) 10,00 $ Brossard Nicole Amantes (cassette audio) 10,00 $ Kurapel Alberto Confidencial/Urgent (cassette audio) 10,00 $ IJMicone Marco Speak what (affiche) 5,00 $ + Hemingway fiction doit se fonder sur une expérience affective et intellectuelle authentique, que l’artiste transforme et sublime par l’imagination, créant quelque chose de plus lourd de sens que l'expérience originale.En ce sens, la prose lui apparaissait comme le métier le plus dur de tous en littérature.Ce souci du plausible explique aussi qu’on ne doive pas chercher, dans le roman hemingwes-que, d’explication de la part du narrateur sur ce qui se passe dans la tête des protagonistes.Toute interprétation doit venir du lecteur, à partir de sa propre expérience et des actions qui lui sont données à voir, ("est là que se situait la véritable révolution littéraire.Le second principe est qu'il faut concentrer pour obtenir l’intensité.("est le principe de l’iceberg.« J’ai toujours essayé d'écrire en appliquant le principe de l’iceberg.Les sept huitièmes sont submergés.Tout ce qu’on connaît bien, on peut l’éliminer, et cela ne peut que consolider votre iceberg, ("est la partie que l’on ne voit pas.» Ainsi, une oeuvre de fiction pourrait être jugée d’après la qualité des éléments éliminés par l’auteur.« Le don essentiel pour un bon écrivain est un détecteur de merde intégré et à l’épreuve des chocs.C’est le radar de l’écrivain et tous les grands écrivains en ont un.» On a déterminé qu’il écrivait cinq phrases simples pour une phrase complexe, utilisant peu de comparaisons, perfectionnant la technique de l’omission (laisser au lecteur le soin de comprendre ce qui est censé s’être passé, et son sens), légitimant l’usage de la répétition.En mots courts empruntés à un vocabulaire volontairement limité, Ernest Hemingway a bâti une oeuvre incomparable qui laisse une profonde et durable impression sur quiconque la fréquente.Et c’est un grand, un précieux artiste que cette funeste décharge de 12 a emporté, il y a 30 ans.4 Schneider premiers temps au moins, que comme une mise de fonds à rentabiliser ».Sur le même propos, « Forger gardait l’esprit calculateur du financier Claude Rivard, ma Wmm I Décrocheurs: Pourquoi?168 pages 14,95$ HMH Ions les Tour à tour poète, écrivain, auteur de chansons et de monologues, journaliste et; dramaturge, Sylvain Rivièreestnéen T955J à Carlcton en Gaspésic.A travers son œuvre, il priviljé^ie! constamment les marginaux auquel il! s’identifie, de bonne grâce, avec beaucoup J d’attachement et d’originalité.LE BON DIEU EN CULOTT DE; V'LOURS est son quatorzième ouvrage et! il semble bien que ce soit loin d’etre Ici dernier.Distributeur exclusif: ADP { 523-1182 jtwtnoTf» \lniii l’Hexagone Mau distinctif da l’édition littéraire québécoise 116 pages — 14,95$ Maintenant en librairie f 4 I 4 ! » ¦A J D?4 ¦ Le Devoir, samedi 5 octobre 1991 À qui la loi profite ?Robert SALETTI ?Essais Québécois LA LÉGALISATION DES DROGUES .pour mieux en prévenir les abus Line Beauchesne Méridien, « Repères », 379 p.LES FEUILLES «du en nabis » renferment un suc narcotique qui sert à la fabrication du haschich, substance que l'on mâche pour se procurer une espèce d'ivresse peuplée de rêves délicieux.Cette phrase n’est ni de Baudelaire ni d’Artaud, ni d'Apollinaire ni d’aucun de ces artistes en quête de fortes sensations esthétiques qui ont cru que la réalité devait être un peu moins réelle pour être plus vivable.Elle est du Frère Marie-Victorin, botaniste délicieux de la flore laurentienne.Même s'il y a belle lurette que le haschich ne se mâche plus, voilà la preuve que l’esprit scientifique n’est pas imperméable au transport euphorique.-Dire que l’abus des drogues est un siijiilchaud est un euphémisme.Hôte d’un congrès international sur kHjuestion, qui vient de se terminer, Montréal participe pleinement à une vqste campagne de sensibilisation cqijtre ce que les tenants de la ligne dipje juridico-policière considèrent comme le plus grand fléau à avoir frappé la terre depuis Sodome et Gomorrhe.Pendant que les pays pauvres s'engourdissent à grands coups de médicaments venus de l’Ouest, les experts voyagent et les maires palabrent.Plus concrets, les policiers font de la prévention.Ils préviennent donc qu'on peut se fier à eux, qu'ils sont là comme un seul homme, entre deux cafés, anti corps au virus social de la drogue.À côté des statistiques affolantes sur les toxicomanes, il y a celles impressionnantes sur les saisies records, les deux servant le ' év même type déformation panique.Il n’y a pas si longtemps, on parlait de guerre à la pauvreté; sous la houlette des Etats-Unis, les pays occidentaux ont aujourd’hui déclaré la guerre à la drogue.Statistiques et classifications à l'appui et à coups de renforcements négatifs.Comme le soulignent les anti-prohibitionnistes, il y a peut-être une autre solution.La thèse de Line Beauchesne est claire.Ce qui ne veut pas dire qu’elle est simple.Elle est en fait basée sur la contestation d'un certain nombre de préjugés autour desquels s'articulent les interventions de nos forces de l’ordre et qui relèvent d'une connaissance altérée de la réalité humaine.Premier préjugé : la relation de cause à effet entre toxicomanie et criminalité.Même si plusieurs délits sont commis par des personnes ayant consommé des drogues illicites ou pour pouvoir le faire, tenir celles-ci pour seul et unique responsable de la hausse de la criminalité revient à faire de l’être humain un rat de laboratoire.La recherche du sentiment (illusoire, temporaire) de puissance que donne la drogue n’a pas de finalité criminelle en soi.Autrement, il faudrait discuter de tout ce qui se commet sous le prétexte de l'ambition et de l’ascension sociale.Combien de crimes (petits et grands) sont perpétrés, pourtant, pour se procurer une voiture sport ou la dernière trouvaille technologique ?Un deuxième préjugé à combattre est le lien fait habituellement entre toxicomanie et disponibilité des drogues.L’attitude prohibitionniste consiste à croire que l’exposition aux drogues entraîne l’abus, qu’il est dangereux de faire confiance à l’individu qui est un petit être veule et assoiffé d'expériences malsaines.Or, ce qui se passe actuellement, qui répète d’ailleurs ce qui s'est passé au début du siècle aux Etats-Unis avec l’alcool, prouve le contraire, la prohibition ne freine en rien la toxicomanie.De même au Québec, l'accessibilité de l’alcool grâce au réseau des dépanneurs n’a pas provoqué d'augmentation de la consommation.En fait, selon Beauchesne, l’usage des drogues illicites est légèrement en déclin depuis une dizaine d’années ! Un troisième préjugé qui n'a aucun fondement rationnel pourrait s’appeler la théorie de l’escalade.Que presque tous les héroïnomanes aient consommé un jour ou l’autre de la marijuana n’explique pas que les millions de gens qui ont fumé un joint ou deux (ou trois.) sont des junkies en puissance.Mais, davantage encore que les nombreux préjugés qui sont associés à la consommation de substances illégales, ce qui laisse perplexe dans la situation actuelle — que les anti-prohibitionnistes n'ont pas encore réussi à transformer en véritable débat social, faute de tribunes favorables — est le fait proprement scientifique que les trois drogues les plus populaires en Occident sont.légales.La nocivité de l’alcool, de la nicotine et de la caféine n’a d’égale en effet que le répit que trouvent dans leur consommation les esclaves de l’agenda que nous sommes et l’intérêt que trouvent dans leur production les multinationales.L’argumentation emporte ici l'adhésion des polytoxicomanes légers qui peuplent nos sociétés : les lois actuelles n’ont aucune logique reliée à la nocivité des drogues.Si la méthode punitive de la criminalisation et la mentalité guerrière (à la base de certaines opérations de dépistage, par exemple) n'ont pas donné de résultats satisfaisants, n’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur notre législation et son application ?demande Line Beauchesne.Sans faire de la légalisation une fin en soi — « une stratégie de légalisation des drogues doit s'inscrire dans le cadre de politiques de promotion de la santé » —, d’autres scénarios doivent être envisagés, qui sont esquissés dans cet essai qui pose en filigrane la question ; à qui la loi actuelle profite-t-elle ?Certainement pas à ceux qui souffrent de leur toxicomanie et qui n’ont pour recours que l’illégalité et la marginalité.Ni à ceux sans doute qu’attire ce sentiment de « gaspillage merveilleux de l’existence » (Walter Benjamin) que provoquent parfois les drogues douces.Distinguer entre plaisir et danger, plutôt qu’entre légaüté et illégalité, est une voie plus sûre vers la responsabilité individuelle.Il n’y a pas de vraies conclusions à la Légalisation des drogues.En face de la complexité du problème, il n’y a qu’une fin en forme de point d’interrogation.Dans ce point d’interrogation se jouent notre avenir (les jeunes étant les plus affectés par la situation actuelle) et celui de nos rapports avec les pays en voie de développement (maintenus dans l'esclavage économique par nos besoins et nos peurs).Le seul véritable défaut de ce livre réside dans l’abondance de sa documentation (600 notes en un peu plus de 250 pages) et la multitude des exemples, proches de la surdose.Malgré cela, l’argumentation ne manque jamais de clarté et l’administration de la preuve, d’à propos.Une criminologue met en cause, sommes-nous trop intoxiqués pour entendre ?Péril en la demeure QU’EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE?Gilles Deleuze et Félix Guattan Éditions de Minuit, 1991, 206 pages Heinz Weinmann I ! QN CROYAIT qu'ils s'étaient séparés pour de bon, que chacun, après VAnti Oedipe (1972) et Mille Plateaux (1980), allait continuer sa Haute.D’autant plus que le collectivisme politique et culturel, la « création collective » c’est chose du passé àd’Jjeure de l’individualisme triomphant.Surprise, voilà que les deux « larrons épistémiques » se sont retrouvés encore une fois pour un cinquième ouvrage commun.Qu'est-ce que la philosophie ° Car l’heure est grave.Fini le temps de la « rigolade », des « happenings philosophiques », l’Anti-Oedipe où chacun à qui mieux mieux lançait sa bombe Anti contre l.eSystème (philosophique, politique, économique .(.Fini egalement le temps du bricolage intellectuel insouciant, du « gai savoir » de Mille Plateaux, accompagné d'un rire nietzschéen., Aujourd’hui, il y a péril en la demeure dans la demeure philosophique.Depuis quelque temps déjà, la « philosophie » est devenue un caravansérail où tout se vend à vil prix, un ramassis de palabres creux.Plus précisément, Deleuze-Guattari relèvent deux dangers qui menacent la philosophie contemporaine dans son Etre même.Le premier danger, c’est que la philosophie soit prise au piège de la doxa, de l’opinion que les « philosophes » et leur public se font d’elle.« Philosophie », le mot n’évoque-t-il pas automatiquement « réflexion, pensée, raisonnement, sagesse, contemplation » ?Lieux communs stériles que tout cela, répondent Deleuze-Guattari en les balayant du revers de la main, puisqu’ils n’ont rien à voir avec ce que la philosophie est dans son essence.Enfin le deuxième danger, c’est que la philosophie se réduise à l’ar-chi-doxa qui sature notre époque de fond en comble : la communication.« On va discuter un peu », phrase qui pour d’aucuns incarne la philosophie même, constitue pour Deleuze-Guat- j tari son épouvantail chassant tout J net la philo-sophia.« Le philosophe a t fort peu le goût de discuter.Tout philosophe s’enfuit quand il entend la phrase : on va discuter un peu.» Rien n’est donc plus faux que de se ! représenter la philosophie comme j une « perpétuelle discussion » sous l'enseigne d’une « rationalité communicationnelle » ( Habermas) ou d’une « conversation démocratique universelle» (Rorty).Comme s’il n’avaît pas suffi qu’une j certaine philosophie ne soit que du | vent — flatus vocis—, des roublards ; métissés de lombards ont eu l’idée j « géniale » de vendre ce vent lors j d'un marketing « philosophique » où ' la « vérité » se transige au plus offrant.Vivement la philo cotée à la ! Bourse, comme ça on pourra suivre j tous les jours ses hausses et ses baisses ! Si la philosophie n’est ni réflexion ni communication, qu’est-ce qu’elle est donc ?C’est précisément à cette j question que répond ce livre.La : seule et unique tache de la philosophie, c’est de créer des concepts.D’emblée, Deleuze-Guattari invoquent Nietzsche, ce champion de la création conceptuelle moderne : j LIBERTE Les Indiens du Québec prennent la parole Depuis peu, le Québec parle beaucoup de ses Indiens.Mais les écoute-t-il parler, eux?Seize auteurs contemporains (dont le groupe Kashtin, Bernard Cleary, Bernard Assiniwi, Georges Sioui, Yves Sioui-Durand), représentant presque tous les peuples autochtones du Québec, nous invitent à partager leurs idées, leurs désirs et leurs rêves Ce numéro spécial double de Liberté donne la parole aux Amérindiens, à leurs poetes, dramaturges, essayistes et conteurs.Car la littérature amérindienne existe.Jusqu'à hier elle s'expri-Jijmait de façon orale.Mais à présent elle s imprime et se publie.A leur manière, ces auteurs témoignent de la résistance que £«! leur peuple sut opposer aux diverses tentatives d assimilation qui JJ; ne furent pas l'effet du hasard, mais d une politique .D’ailleurs, prétend le narrateur, le nom de l’auteur a peu d’importance au regard du temps.L’essentiel, ce sont les mots qui ont été sertis, rassemblés, pour voyager contre la mort et résister au gel, aux bombes, aux épidémies.Même les pires dictateurs ne sont jamais parvenue à faire saisir Don Quichotte pour le jeter définitivement, lesté de dix kilos de béton, au fond de l’eau.Les livres résistent au temps et aux tempêtes comme les rives de la mer ».Appréciation juste, et combien modeste, de l’oeuvre littéraire.Celle de Simon « résistera-t-elle », comme il le souhaite implicitement, aux tempêtes de la fin de ce siècle ?Comme il faut donner du temps.au temps, la postérité — quel mot pompeux que récuserait sans doute Yves Simon ! — en décidera.Mais comme le romancier imagine les livres comme « des cercueils de verre où on pourrait voir, compressés à l’intérieur des villes, des paysans russes, des visages féminins qui se reflètent dans des miroirs vénitiens, des chauffeurs gantés, la chambre de pénombre d’une belle endormie.» Il y a des chances pour que son propre cercueil on ait le goût de l’ouvrir, dans un an, dans 10 ans.Pour n'y pas le trouver, puisqu'» il n’y aurait qu'un absent dans le cercueil de verre, l’auteur, mort depuis longtemps, vaincu par la pesanteur de son corps, alors qu'il ait su comment traverser le temps avec seulement une langue, un style et quelques émotions» Si l’on estime le plaisir que nous donne un livre à l'irrépressible envie d’en citer de nombreux passages, La dérive des sentiments, on le voit déjà, m’a donné beaucoup de plaisir.Mais, en outre, il m’a offert de beaux personnages : un vieil écrivain, appelé Kaspar George Becker (KGB.on appréciera le sigle ironique) dont on nous apprend la mort, aux premières pages, mais qui traversera tous les épisodes du roman, par le souvenir qu'en garde le narrateur, et surtout par leur goût partagé pour le roman d'Albert Cohen Belle du Seigneur, un couple incertain, Simon et Marianne, logé symboliquement à l’Hôtel des Passagers, avant de disparaître sans laisser de traces; une certaine Rosa, étrangère, qu’on peut rencontrer au Bar de l’Oubli, et d’autres encore qu’on croise dans les couloirs de la Résidence de l’Espérance (autre clin d’oeil à l’immortel naufragé, Robinson Crusoé) C'est évidemment plus que temps d’évoquer le très beau titre de ce roman.En discourant sur la fin de l'Histoire (avec un grand 11 ), Kaspar George Becker évoque les exclus, « tant la machine-monde à fabriquer de l’Histoire leur apparaît dissociée de leur vie, lointaine, exotique, étrangère.Le malheur pour eux ( .) est qu'ils n'ont aucune technique pour entrer dans le monde, même local, qui est le leur — Où se trouvent ils alors’.’ demande Nora, l’une de ces personnes déplacées, une de ces exclues de l’Histoire.— A la dérive ! Perdus leurs sentiments, leurs connaissances ou la capacité à capter des séquences de bonheur ou des séquences de Mille et un maléfices de Venise L’ÎLE ENCHANTEE Eduardo Mendoza Seuil, 1991, 301 pages Francine Kordeleau J'IGNORE s’il existe dans la littérature espagnole un filon vénitien comme on en trouve notamment en France (avec Proust, Paul Morand, Giono) et en Allemagne (Thomas Mann, est-il besoin de le rappeler, nous en a donné le plus sublime exemple).En tout cas, Mendoza, qui nous avait tracé un mordant portrait dé Barcelone, sa ville natale, avec L'a Ville des prodiges, a décidé de s’.attaquer à la Cité des Doges.Le thème est de toute évidence usé jusqu'à la corde, mais peut-être certains écrivains sont-ils capables de le renouveler.Il y a quelques années, Fruttero & Lucentini ont après tout, avec I.'Amant sans domicile fixe, assez bien réussi l’exercice.Mendoza, lui, nous fait voir Venise par les yeux de Fabregas, un industriel de Barcelone.En pleine crise existentielle, le Fabregas : «> Rêver.Au fond, toute ma vie, je n’ai su faire que ça ; rêver », se dit notre industriel dès la première ligne de /.7/e PORTiLiPüL T!un enchantée.Ce rêveur envoie balader une entreprise qu’il est las de diriger et une fantomatique maîtresse, et s'installe à Venise.Au début, la célébrissime Cité ne lui réussit guère.Le temps est pluvieux, Fabregas est grippe et insomniaque, des cauchemars l’assaillent.Voilà qui ne s’annonce pas très gai sauf qu'il croise bientôt, pour notre plus grand plaisir, une foule d’étranges personnages : malfrats à la fois clownesques et inquiétants, pèlerins adeptes de cultes ridicules ou insolites, valets d’hôtel et garçons de café plus que bizarres.Il y a, comme on dit, un climat.Venise la romantique, Venise l’enchanteresse fait subitement place à un univers décadent où les restaurateurs exaspérés servent aux bataillons de touristes de la viande et du poisson avariés, où des cadavres nus flottent à la surface des canaux, où les jeunes femmes qui s’égarent malencontreusement sont derechef violées et expédiées dans les bordels de Malaisie, du Pakistan ou du Paraguay.Par la plume de Mendoza, Venise, revisitée par les esprits de Dali, Goya et Bunuel, rien de moins, devient cauchemardesque à souhait et on se dit, en enfonçant toujours un peu plus dans celle décadence, que des liens nous avaient échappé, que nous avions oublié de confronter les fastes vénitiens au sombre imaginaire espagnol.Tout cela était bel et bon, mais il a fallu que Mendoza dérape.Fabregas devrait fuir cette ville en perdition.Qu’est-ce qui l’en empêche ?La belle Maria Clara voyons, mystérieuse et fuyante à souhait, réapparaissant chaque fois que Fabregas décide de partir.On est tellement proche du thème de Mort à Uen/se que je suis presque gênée de vous le souligner.Mais, Maria Clara n'est vraiment pas Tadzio.Les personnages de cette histoire, à commencer par Fabregas, Eduardo Mendoza l’ile , ENCHANTEE sont du reste sans consistance, pour ne pas dire sans intérêt; quant à l’intrigue, dont l’essentiel se résume aux caprices de Maria Clara et aux atermoiements de Fabregas, elle est extrêmement ténue.Tellement ténue que Mendoza s’acharne à la pimenter d’anecdotes.Fabregas rencontre-t-il un personnage que celui-ci se met à raconter une interminable histoire sur un saint, un culte ou un ancêtre.Les premières fois, c’est amusant, Eduardo Mendoza ensuite, le lecteur s’égare, fatigue et s’ennuie d’autant plus que la logique de ce procédé lui échappe complètement.Quel gaspillage ! La matière semblait belle et prometteuse, l'imagination, fertile, le talent, indéniable.Comment cette île enchantée s’est-elle transformée en un innommable salmigondis de digressions inabou-ties ?Puissqu’il invoque aussi l’esprit de ce personnage léger et brillant, Science &Vie • VIVRE SUR MARS t e gigantesque projet és! étudié très sérieusement en Arizona • NON* la vitesse sur la route ne tue pas • ANIMAUX DE LABORATOIRE, ee qu*on ne dit jamais OFFRE SPÉCIALE Votre marehand de journaux vous offre avee votre Science & Vie un numéro gratuit de SCIENCE «VIE En vente maintenant! NOUVEAUTES VLB Une histoire Irtcqiics Col Les tours de Londres [7.UIV lalfrrwn» de La Bolduc I égemies et turitilcs l odeur
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