Le devoir, 9 octobre 1991, Cahier A
Vol.LXXXII No 234 ?Nébulosité partielle.Max : 17 Détail page b-7.Montréal, mercredi 9 octobre 1991 PULLS LAINE m I 100%-wSatüjl 3525.chemin Queen Mary : I Tél 739 4451 / 2141 Æm 1 LU S I i Le magaaln de plefn-alr le plu» tpéclallaé de Montréal Toronto 85 cents 65* t TPS • TVQ •ABfeêw æsæiaa&s* rajçr^ïT' Ü-xit-, SOCIÉTÉ PHOTO JACQUES NADEAU En 28 ans, des milliers de kilomètres de cours d’eau ont ainsi été creusés pour en faire des fossés efficaces du point de vue agricole.Les agriculteurs ont dénaturé plus de 20 000 km de cours a eau depuis 28 ans Louis-Gilles Francoeur LK QUÉBEC a « artificialisé » au cours des 28 dernières années entre 20 000 et 25 000 kilomètres de petits cours d’eau dans ses bassins versants agricoles, pour la plupart situés dans la vallee du Saint-Laurent.Les politiques gouvernementales qui ont permis de transformer les petits cours d'eau en fossés bien droits avaient pour but d’accroître la productivité des terres agricoles.On se rend compte aujourd'hui qu'en ce faisant on a détruit des milieux naturels et permis une érosion importante des terres.Cette « artificialisation » majeure du système hydrique québécois apparaît dans un bilan cu-mulatif des interventions de creusage, dragage, redressement, reprofilage et de nettoyage entrepris par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) dans le cadre du programme Sol-Plus entre 1963 et 1991.En juin dernier, le ministère québécois de l'Environnement n’avait pas encore obtenu ces données de l’Agriculture pour les inclure dans son bilan environnement al.Il réclame ces données, dont LE DEVOIR a obtenu copie, depuis des années.Cette « artificialisation » du milieu hydrique québécois est le résultat de deux stratégies gouvernementales, l’une visant à installer des drains massivement dans les champs pour en faire sortir l’eau plus tôt au printemps afin de faire démarrer plus rapidement les cultures, et l’autre, pour utiliser les cours d’eau naturels comme fossés agricoles, capables d’évacuer rapidement toute cette eau vers le fleuve et ses principaux tributaires.En plus d’« artificialiser » légalement jusqu’à 80 % des cours d’eau dans certaines régions, ce programme gouvernemental a eu des impacts majeurs sur l’environnement et l’agriculture.En plus de détruire presque totalement les milieux les plus névralgiques pour la reproduction des espèces aquatiques dans les artères fines de l’ecosystème provincial, ce programme a fortement contribué à l’érosion des terres agricoles.Et, conséquence nouvelle, il semble causer aujourd'hui des pénuries d’eau en été dans plusieurs bassins versants, pénuries que Québec veut maintenant corriger par la construction de barrages sur ce qui reste des cours d’eau agricole, portant un coup fatal aux espèces qui se retrouveraient emprisonnées dans de véritables dépotoirs aquatiques remplis d’engrais et de pesticides.Selon les informations obtenues, les contribuables ont dépensé plus de 100 millions $ entre 1963 et 1991 pour financer via Sol-Plus quelque 59 292 interventions de « réforme » sur ces cours d’eau que la nature avait sculptés de façon aussi erratique.En 28 ans, 40 320 kilomètres de cours d’eau ont ainsi été creusés our en faire des fossés vérita-lement efficaces du point de vue agricole.Mais selon les sources du DEVOIR dans ce dossier, il faut couper à peu près en deux la distance vraiment « artificialisée » car des travaux ont été effectués à quelques reprises sur les mêmes cours d’eau, trop de terre ayant tendance à s’y accumuler eh raison de la forte érosion déclenchée par les méthodes cul-Volr page A-4: Agriculteurs L’agriculture, héritage ou dette ?Page B-l L’OEA accentue sa pression sur les putschistes en Haïti Les Etats-Unis et la France réclament le retour d’Aristide d'après A Fl’, Reuter RÉUNIS toute la journée hier à Washington, les États membres de l’OEA (Organisation des États américains] ont examiné les nouvelles mesures a prendre en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel en Haïti.Deux mesures principales sont envisagées : l’imposition d’un embargo commercial total et l’envoi d’une force militaire interaméricaine.L’OEA s’est montrée ferme dans son refus de laisser les putschistes imposer leur solution, soit la nomination d'un président intérimaire.Cette solution a aussi été rejetée ca- tégoriquement par les États-Unis et la France qui l'ont qualifiée d’anticonstitutionnelle et d’inacceptable.Les deux pays ont réclamé le retour de Jean-Bertrand Aristide, dans sa fonction de président élu.Pendant ce temps à Port-au-Prince, le parlement entérinait la nomination de Joseph Nerette comme président intérimaire et destituait le premier ministre René Préval.Quant au président déposé, il proosait hier l’envoi dans la capitale altienne d’une mission civile en vue de rétablir la démocratie.à Washington, où siégeaient encore tard hier soir les membres de l’OEA, le Venezuela, l'Argentine et la Bolivie semblaient être les pavs les plus enclins à appuyer l’envoi d’une force militaire interaméricaine de paix en Haiti.Joseph Nerette, magistrat à la Cour de cassation, a prêté serment lors d'une cérémonie boycottée par les diplomates occidentaux et 48 des 108 parlementaires haïtiens, qui protestaient contre l'éviction du président Jean-Bertrand Aristide.Assis au premier rang, le général Raoul Cédras, instigateur du putsch, et six autres officiers ont assisté à la cérémonie, présidée par le chef du Sénat, Dejean Bellizaire.Le juge Joseph Nerette avait été officieusement nommé lundi président par intérim par le parlement, contraint à prendre cette décision sous la menace d’armes automatiques brandies par des militaires.Moins de la moitié des 81 membres de la chambre basse ont signé lundi le document qui, dans les faits, accrédite la version de l’armée selon laquelle le père Aristide a quitté le pays volontairement et provoqué une vacance du pouvoir.Des soldats lourdement armés appuyés par plusieurs chars ont patrouillé dans la capitale haïtienne du-Volr page A-4: L'OEA PHOTO AP Des soldats entourent le palais législatif de Port-au-Prince au moment où les parlementaires votent la nomination d’un président intérimaire.Joseph Nerette a été confirmé officiellement dans cette fonction hier.Ottawa tente à nouveau de resserrer le processus de libération conditionnelle L’avenir de la proposition constitutionnelle s’assombrit ¦ Les débuts du comité Castonguay-Dobbie rappellent les ratés de Spicer ; Bob Rae détend bunion économique d'après la Presse Canadienne OTTAWA — En vertu d’un projet de loi sur la réforme du processus de libération conditionnelle déposé hier, les criminels violents resteraient plus longtemps en prison, les auteurs de crimes sans violence seraient libérés plus rapidement et les vie-limes d'actes criminels seraient tenues au courant des procédures de libération conditionnelle.C’est la troisième fois depuis 1988 que le gouvernement conservateur indique son intention de réformer le système des libérations conditionnelles, sans que les mesures annoncées soient adoptées.Cette fois, le Solliciteur général Doug Lewis a assuré qu'il ferait tout pour que le projet de loi soit adopté au début de l’an prochain.La législation permettrait entre autres aux juges d’obliger les auteurs de crimes avec violence et les trafiquants de drogue à rester en prison jusqu’à ce qu’ils aient purge au moins la moitié de leur peine avant d’avoir droit à une libération conditionnelle, plutôt qu’un tiers comme c’est actuellement le cas.Les criminels dangereux, qui ne peuvent actuellement être libérés sous condition qu’après avoir purgé au moins deux tiers de leur peine, pourraient devoir purger la totalité de celle-ci.Les agressions sexuelles contre les enfants, le trafic de drogue et le blanchissage d’argent d'origine criminelle seraient ajoutés aux crimes qui entrent dans cette catégorie.En revanche, les auteurs de crimes non violents jugés non dangereux auraient droit à une « révision accélérée » de leur cas et seraient admissibles à une libération conditionnelle après avoir purgé le tiers de leur peine.Enfin les victimes pourraient exiger d’être tenues au courant des décisions prises concernant la libération conditionnelle des criminels et pourraient même, dans certaines circonstances, assister aux audiences sur la demande de libération conditionnelle des prisonniers.Le solliciteur général estime que Voir page A-4: Libération Chantal Hébert de noire bureau d'Ottawa L’ÉTAT de la proposition constitutionnelle fédérale et l'organisation chambranlante du comité Caston-guay-Dobbie chargé de la véhiculer auprès de l’opinion publique inquiètent de plus en plus les provinces.Hier, alors que le comité fédéral quittait Ottawa pour sa première étape, rîle-du-Prince-Édouard, plusieurs capitales évoquaient, en parlant de l’allure du décollage du groupe de Claude Castonguay, les ratés du Forum des Citoyens de Keith Spicer.« C’est comme Spicer, note ainsi Wally Fox-Decent, le président de la commission constitutionnelle du Manitoba.On ne sait pas ce qu'ils vont faire au juste.» En même temps, inquiet du décollage du projet fédéral au Québec, le premier ministre ontarien Bob Rae a pris sur lui de ressusciter à sa façon le projet d'union économique d’Ottawa.« Si cette ronde-ci ne réussit pas à produire une union économique et sociale très forte, il faut reconnaître que l'alternative est claire, a prévenu Bob Rae dans un discours prononcé dans la capitale fédérale.Si le pays ne peut pas tenir ensemble il va s’écrouler et si ça se produit, le courant va nous entraîner vers les États-Unis.» De telle sorte que, malgré les réserves qu’il a lui-même manifestées quant à la formulation actuelle du projet d’union économique, le premier ministre ontarien avertit maintenant les Québécois qu'il est incontournable.« Il faut être réaliste dans ces discussions, la coopération économique est essentielle pour l’avenir non seulement du Canada mais du Québec, de l'Ontario », énonce-t-il longuement en français.« Il faut donc reconnaître qu’il y aura la nécessité d’avoir des institutions en commun, des institutions économiques, sociales, politiques, qui vont marcher ensemble et où tout le monde n'aura pas exactement les mêmes pouvoirs que si on était indépendant.Ça, c’est la réalité du monde moderne.» Dans l’entourage du premier ministre ontarien, on reconnaissait hier être inquiet de l’état de la proposition fédérale, en particulier au Québec.« Elle respire avec difficulté », diagnostique un haut fonctionnaire qui note que personne ne se précipite pour en vendre les mérites.Un diagnostic corroboré par le lieutenant politique du Québec de Brian Mulroney.Tout en promettant lui-même de faire des interventions à ce sujet au Québec, y compris à Montréal prochainement, Benoît Voir page A-4: L'avenir Le PLC-Québec ne payait pas son loyer.Pierre O’Neill ENDETTÉ de quelques centaines de milliers de dollars, le PLC-Québec a emménagé dans des locaux plus modestes.Il est parti avec les meubles, mais le propriétaire a émis hier un bref de saisie.Depuis 1986, le secrétariat de la section québécoise du PLC avait pignon sur rue Saint-Antoine, en plein coeur du quartier des affaires de Montréal, dans des locaux trop coûteux pour ses maigres moyens financiers.Au fil des ans, le PLC-Québec a omis de payer son loyer et a ainsi accumulé des « arrérages ».A la date de clôture du bail qui la liait à West-End Properties, le 30 septembre, la direction du parti a quitté les lieux pour emménager au 640 ouest de la rue Saint-Paul, laissant derrière une dette de 28 000 $.En proie à l’insécurité, West-End Properties a déposé hier en Cour supérieure du Québec un bref visant à la saisie et à la vente des meubles que les libéraux ont emportés avec eux au nouveau secré-Volr page A-4: PLC-Québec D’ART O EM O.DES CENT JOURS LES JEUDIS Kcnconli DEMAIN À 20 HEURES 2.50$ JOSEPH BEUYS, un programme vidéo, volet I, en collaboration avec le Goethe-Institut Montréal Centre International d'Art Contemporain 3576, av.du Parc Les Galeries du Parc 4306 Visioiiiicaicnls
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