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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-10-10, Collections de BAnQ.

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i i: i n iitii|i n m nml ¦ ¦ m " - jH» y lu Ml sum Le Devoir, jeudi 10 octobre 1991 RESTAURANT FRANÇAIS Son ambiance Sa cuisine du marché 3487.avenue du Pare Montréal 845-2992 1*7*70/ J/l Année de vaches maigres pour le Québec Bien qu’on ait tourné près d’une vingtaine de longs métrages au cours des 18 derniers mois au Québec, Une histoire inventée, de André Forcier, sera le seul candidat francophone en nomination pour le meilleur film de l’année aux prix Genie, les Oscar du cinéma canadien.Page B-3 Le Festival du film de Vancouver Entre le popcorn et le cappuccino, le Festival du film de vancouver ne se cherche plus : il s’est trouvé.Il est bien, il est calme, fait sa grenouille heureuse et ne veut surtout pas grossir comme le boeuf de Toronto ou de Montréal.Robert Lévesque y assiste.Page B-6 Les combattants illégitimes Crier « Va chier l’Anglais sale » pendant les manifestations pour la loi 101, et-ce la meilleure façon de faire avancer la cause du français au Québec ?Dans le troi- J sième article d’une série de six, le collectif de réflexion des étudiants de l’UQAM et de TildeM aborde cette question, et quelques J autres sur la langue.Page B-8 La colère gronde à rosWi Sans contrat de travail depuis 14 mois, les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal, qui réclament la parité avec leurs confrères de Toronto, menacent de boycotter la tournée prévue en Suisse à compter du 18 octobre s'ils n’obtiennent pas de meilleures conditions de travail.Page B-3 Il T' ’ 'a* ty» MMrt SOCIETE Les bornes floues du royaume de l’enfant-roi Les parents coincés avec la discipline Paul Cauchon DANIELLE Laporte, 20 ans d’expérience comme psychologue, rattachée à l’hôpital Ste-.Justine, mère de trois enfants, reçoit quotidiennement dans son bureau des parents découragés : « Ils me disent ‘je ne comprends pas, j’aime mon enfant, je lui donne tout, mais il est agressif et il frappe tout le monde ! ’ » Petites misères ?Danielle Laporte constate que « les gens sont coincés avec la notion de discipline, qui représente quelque chose de péjoratif.Nous sommes une génération qui a beaucoup contesté l’autorité, nous aimerions être amis avec nos enfants.Mais nous avons de la difficulté à comprendre qu’il faut imposer des limites.» Car on semble vivre sous le règne de Tenfant-roi, Tenfant-superstar, l’enfant-performance.Ces fameuses limites qu’on ne sait où tracer, elles font l’objet de cinq conférences dans cinq villes du Québec, organisées par la Corporation professionnelle des psychologues, conférences qui s’appuient sur un sondage publié dans le numéro d’octobre 1991 du Magazine enfants.Un sondage qui porte sur un sujet peu étudié, les attitudes des parents québécois en matière de discipline.Près de 1200 personnes ont répondu au sondage, de tous les coins du Québec.45 % des répondants affirment ne jamais utiliser de punitions physiques, 52 % disent les utiliser parfois, 2 % souvent.75 % disent ne jamais punir en plaçant l’enfant dans une situation humiliante.La privation est une punition assez utilisée (priver de télé, de jeux vidéo, d’aller jouer dehors), mais la punition la plus utilisée, c’est « raisonner l’enfant », avec 53 % des répondants qui emploient « souvent » cette méthode.C’est vraiment le triomphe du « dialogue » et du « vécu ».puisque 94 % des parents affirment parler avec les enfants des raisons qui ont poussé à punir.Les punitions surviennent majoritairement dans des cas de désobéissance, d’agressivité contre les personnes et de grossièreté.35 % des parents disent « souvent » punir leurs enfants (tous les jours ou deux à trois fois par semaine), 42% « moyennement » (une fois par semaine ou deux à trois fois par mois) et 25 % « rarement » (moins d’une fois par mois).Première constation, « l’information transmise depuis des années porte fruits, explique Danielle Laporte, qui anime les conférences.Frapper ou humilier un enfant c’est nocif.On a compris également qu’il faut lui parler.» Malgré ces résultats positifs, Danielle Laporte sent un certain malaise parmi les parents actuels, qui 11e savent plus trop comment définir la discipline.Un malaise qui peut s’expliquer : beaucoup de parents ont un seul enfant, « sur lequel ils mettent plus de pression, focalisent toutes leurs attentes ».La mère seule avec son enfant se dit « il n’a pas de père, je ne suis pas pour faire la police », ajoute-t-elle.Ou encore le conjoint qui conserve l’enfant avec lui une fin de semaine sur deux se dit « je ne suis pas pour le punir, je ne le vois pas assez souvent ».« Les parents veulent que les enfants soient autonomes à l’âge scolaire et qu’ils définissent leurs propres limites, explique-t-elle.Mais pour y arriver il faut aussi des limites aux enfants.La discipline est un acte éducatif, non un acte d’agressivité.La psychologie porte une part de responsabilité dans cette baisse de la discipline : on a tellement dit qu’il fallait laisser l’enfant s’exprimer que plusieurs parents ont peur de brimer l’enfant, de lui laisser des séquelles.» « En fait on veut tout expliquer à l’enfant, mais on oublie de tenir compte de son développement normal.On essaie d’accélérer le rythme.Or un enfant de deux ou trois ans ne comprend pas le raisonnement, à cet âge il est égocentrique, concret et centré sur le plaisir.» Par discipline Danielle Laporte entend deux choses.D’abord la « discipline de vie », qui correspond à la routine (on se lève à telle heure, on mange à la table et non sur le sofa ! ), qui consiste en un ensemble d’exigences marquant une routine.Ensuite, la « transmission des valeurs », transmises par des façons de faire.Exemples classiques : ne pas frapper si on ne veut pas que l’enfant frappe, ne pas lui mentir si on ne veut pas qu’il soit menteur.« Les enfants sont centrés sur le plaisir, mais si on reconnaît l’effort qu’ils fournissent ils auront probablement un meilleur sens des responsabilités, ajoute-t-elle.La discipline Voir page B-2 : Enlant-rol Deux députés libéraux ambitieux pris entre deux feux Michel Venne de notre bureau de Québec POUR PRÉSIDER les commissions constitutionnelles du Québec, le premier ministre Robert Bourassa a choisi deux députés libéraux ambitieux, qui aspirent à de hautes fonctions ministérielles et ne veulent pas décevoir.Tous les deux sont identifiés à l’aile nationaliste du Parti libéral, bien qu’aucun ne s’affirme souverainiste.Le député de Laval-des-Rapides M.Guy Bélanger, et celui de Marquette M.Claude Dauphin, croient que leur rôle dans le présent débat constitutionnel est « crucial ».Il est trop tôt pour dire si cela est vrai.Mais pour l’instant ils sont pris entre deux feux.Les travaux de leurs commissions ont été jusqu’à présent à la merci des tactiques partisanes du Parti québécois comme du gouvernement.En outre, l’étiquette libérale leur colle à la peau.Les membres péquis-tes de chacune des deux commissions ne leur font aucune confiance.« Ces commissions sont téléguidées du bureau du premier ministre », disent-ils.Ils n’ont pas droit à la chance au coureur.C’est la guerre de tranchées.Et pour les Bleus, ces présidents sont Rouges.Ces deux commissions ont été créées dans la foulée de la loi 150 sur le processus de détermination de l’avenir politique et constitutionnel du Québec.Celle présidée par le député Dauphin doit évaluer les offres fédérales, l’autre doit étudier toute question afférente à la souveraineté.Des deux présidents, M.Dauphin est le plus jeune (à 37 ans) mais le plus ancien à l’Assemblée nationale.Jeune avocat dans son patelin de La-chine, il est élu premier député du nouveau comté de Marauette (sud-ouest de Montréal) aux elections de 1981.Il profite alors de la notoritété de sa famille (son père était commerçant) puis il adhère à tous les clubs sociaux des environs afin de bien « pénétrer le milieu », dit-il.Un collaborateur fidèle, M.Jacques Thibault, le décrit comme « un bon petit politicien » qui a cependant « beaucoup d’ambition en politique ».« Il veut être ministre, dit M.Thibault, et est très déçu de ne pas avoir été nommé.» En 1989, raconte cet organisateur libéral, M.Dauphin croyait son tour venu.« Il s’était préparé.Il avait rencontré des personnalités.Il croyait avoir le ministère de la police, la Sécurité publique.Dans l’entourage de M.Bourassa, on lui avait fait des promesses.» Chauffeur de taxi depuis 22 ans, M.Thibault agissait comme conducteur de M.Bourassa durant sa campagne au leadership en 1983.« Robert est un fin renard », dit-il, au fil de notre entretien.Selon lui, M.Dauphin voit dans sa nomination à la présidence d’une commission « un geste de confiance du premier ministre ».« Il juge que le premier ministre le calcule encore dans ses plans.Il ne veut pas décevoir, dit-il.Il voudrait que ça marche.Que les offres fédérales soient bonnes.Il voudrait que ce soit la sienne de commission qui triomphe.» « C’est évident que lorsque les vraies offres vont venir au printemps, déclare M.Dauphin en entrevue, ma commission va avoir beaucoup d’importance.Les recommandations qu’on va faire à l’Assemblée nationale seront cruciales.» On ne lui connaît aucune dérogation à la ligne de parti.Identifié à l’aile nationaliste, il dit l’avoir « toujours été ».« Le fait français, c’est important pour moi », dit-il.En 1981, lorsque les libéraux de Claude Ryan (sauf neuf dissidents) ont voté à l’Assemblée nationale avec le gouvernement de René Lévesque contre le rapatriement unilatéral de la Constitution, M.Dauphin s’est rallié, même '“Tr; mgm mm Ci-haut, le député Claude Dauphin (à Tavant-plan) lors de l’ouverture de la commission qu’il préside.A droite, le député Guy Bélanger.si le tiers de ses électeurs, non-francophones, pouvaient lui en tenir rigueur.« Lorsque je me suis présenté en politique provinciale, avait-il déclaré en Chambre, c'était pour faire progresser le Québec à l’intérieur du cadre canadien, mais pas du tout pour laisser un autre gouvernement en diminuer les pouvoirs.» À des journalistes, il avait expliqué ce vote en disant que « les libéraux doivent démontrer qu’ils sont autant là pour défendre les intérêts du Québec que le PQ » s’ils veulent reprendre le pouvoir, ( Voix de l’Est, 18 nov.81).En 1983, M.Dauphin fut le premier député à se déclarer publiquement favorable à un retour de M.Bourassa à la tête du parti, « mais il était clair que M.Ryan partait ».Le député Guy Bélanger est entré à l’Assemblée nationale en 1985 profitant de la vague libérale pour renverser Bernard Landry dans Laval- des-Rapides.11 était déjà très actif au Parti libéral depuis quelques années et avait assumé la tutelle d’une vingtaine de comtés orphelins de la Rive-Sud de Montréal avant le retour des troupes libérales au pouvoir.Ce psychologue, aujourd’hui âgé de 49 ans, connaissait bien l’un des plus proches conseillers du premier ministre, devenu président de la Régie des installations olympiques depuis, M.Pierre Bibeau.« Ils jouaient au base ball ensemble », relate une collaboratrice du député, Mme Micheline H amel, qui le connaît depuis 17 ans.M.Bélanger est perçu parmi ses collègues députés libéraux comme « un émotif » qui réagit trop vite pour rien, raconte l’un d'eux qui refuse d'être identifié.Lorsque le député a brisé la consigne du silence la semaine dernière pour qualifier les propositions fédérales de « piège à Voir page B-2 : Députés Huit mois, 6 millions $, Michel Venne_________ de notre bureau de Quélx-c LE BUREAU de l’Assemblée nationale a adopté, en dépit des objections du PQ, un budget total de 6 millions $ pour les deux commissions constitutionnelles formées à Québec dans la foulée de la Commission Bélanger-Campeau et de la Loi 150.(La Commission Bélanger-Campeau avait coûté 4,6 millions $).Chacun de ces deux équipages se compose de 18 députés : 11 libéraux, six péquistes (dont deux sans droit de vote) et un représentant du Parti Egalité.Le premier ministre Robert Bourassa et son ministre délégué aux Affaires canadiennes, M.Gil Rémil-lard, de même que le chef de l’opposition Jacques Parizeau et le député Jacques Brassard, sont membres d’office des deux groupes.Leurs travaux ont débuté le 28 août.Us s’échelonneront sur environ huit mois, soit jusqu’à la fin avril ou au début de mai, au moment où elles devront remettre leur rapport.Leurs délibérations ont pris jusqu’à présent l'allure d’une foire d’empoigne.Les députés se sont réunis sporadiquement.Ils ont encore du mal à s’entendre sur un plan de travail.Mais lorsque ce sera fait et que les commissions auront atteint leur vitesse de croisière, les présidents souhaitent les faire siéger trois demi-journées par semaine.Les commissions peuvent, en vue de l’exécution de leur mandat, commander des études, mener des consultations et inviter des experts.Ce qui sera fait.Le budget prévoit 1 million $ en honoraires à des experts.Les commissions sont dotées dim secrétariat commun d’une trentaine de personnes dirigées par l’ex-sous-mi-nistre à l’Energie M.François Geof-frion.Salaires : 1,4 million $.Commission d'étude sur les questions afférentes à l'accession du Québec à la souveraineté Selon la Loi 150, cette commission a pour mandat « d’étudier et d’analyser toute question relative à l'accession du Québec à la pleine souveraineté (.) et de formuler, à cet égard, des recommandations à l’Assemblée nationale ».Elle a également pour mandat, « dans l’hypothèse où le gouvernement du Canada ferait l’offre formelle d’un partenariat économique, d’étudier et d'analyser telle offre et de formuler, à cet égard, des recommandations».Voir page B-2 : Huit mois SCËENCE XI II N° 1 DE LA PRESSE SCIENTIFIQUE EN VENTE MAINTENANT VIVRE SI R -MARS Ce gij£anles€|iie projet est étudié très sérieusement en Arizona Aon la vilésM1 sur la roule no lue pas Animaux tlo laboratoire, ee qu"on ne dit jamais OFFRE SPÉCIALE Votre marchand de journaux vous ei.,.,.,.„ ./„ offre avec votre t tCIIV lf>f > A WÊÊj un numéro gratuit de SCIENCE&VII uni le magazine de toutes les découvertes. B-2 ¦ Le Devoir, jeudi 10 octobre 1991 UNE POLITIQUE DE LA CULTURE Revaloriser la lecture éducative et NDLR — Durant toute la durée de la commission paarlementaire des affaires culturelles chargée d’élaborer une politique de la culture au Québec, LE DEVOIR publiera chaque jour des extraits des mémoires les plus significatifs qui y auront été soumis.Aujour d’hui, des extraits des mémoires de Bell Canada et de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP).BIEN QU’ELLE n’ait aucun intérêt à déplorer l'expansion que prennent les communications par la voix, au contraire ( ! ), Bell Canada attache une attention toute particulière à la revalorisation de la lecture éducative et culturelle.La clé de voûte de notre culture, même dans un monde audio-visuel, demeure toujours le texte écrit et le véhicule privilégié de la formation est la lecture.La diminution de la pratique de la lecture, si elle devait se confirmer, poserait des problèmes graves à la société québécoise, y compris en termes d’emploi.Le développement de la lecture, comme fondement de la culture générale, doit être favorisé par tous les moyens.Les entreprises constatent régulièrement l’importance de communications écrites correctes et efficaces, notamment en ce qui regarde leur développement logique.Ici, vient à l'esprit cette pensée de Boileau : « Ce que l'on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément.» La formulation de certaines recommandations laisse présager une approche bureaucratique de la politique culturelle.Il est exact que le gouvernement peut jouer dans certains domaines un rôle de catalyseur (bibliothèques, musées), mais il faut, chaque fois que possible, laisser ce rôle au milieu artistique et culturel.Cela nous renvoie à une définition de la culture qui ne saurait être unique.Partout où le facteur création prédomine, le ministère doit laisser l'initiative au milieu.Quand, par contre, le facteur de conservation et de préservation prend le dessus, le ministère peut etre amené à s’impliquer plus directement.U ne définition claire des deux aspects de la culture (création et conservation) est nécessaire afin de délimiter les rôles de façon précise et prévenir tout empiètement de l’État sur la création.Même dans le cas de la culture-conservation, il est préférable que le gouvernement laisse le plus d’initiative possible au milieu culturel et aux organismes non étatiques (universités, entreprises privées).La mobilisation des « partenaires extérieurs au gouvernement », dont il est fait mention dans la recommandation no 68, représente à nos yeux un point critique de la politique culturelle québécoise.Bell Canada souhaiterait que soient étudiées, avec encore plus d’imagination, les modalités de participation de l’entreprise privée à la politique culturelle.Il conviendrait de mettre au point des mécanismes de contribution non-financière tels que les transferts de savoir-faire en gestion, l’exploitation des réseaux de distribution ou les réseaux de personnes ressources des entreprises.Accroître l’efficacité du gouvernement dans la gestion de la mission culturelle Bell Canada est d’accord pour que le mandat du ministère des Affaires culturelles soit revu et renforcé.Il importe qu’après arbitrage entre priorités et programmes gouvernementaux, dans le contexte d’un nécessaire contrôle des dépenses publiques, tout accroissement éventuel de l’enveloppe budgétaire affectée aux affaires culturelles profite exclusivement au milieu culturel et aux organismes qui en émanent, et non au budget de fonctionnement du ministère.La SODEP L'IMPRESSION qui se dégage du rapport Arpin est celle d'une tendance à la généralité.Si nous sommes relativement satisfaits du contenu du rapport, nous sommes pourtnt déçus de ses recommandations.L’absence quasi totale de mention de la littérature est particulièrement alarmante.Le rôle des périodiques culturels a toujours été très important au Québec.Certaines revues ont cristallisé des moments forts au Québec et il ne serait pas exagéré d’affirmer que, pour certains, Cité libre symbolise la lutte au duplessisme comme Parti pris a marqué le coup d’envoi de la volonté d’indépendance du Québec au cours de la période contemporaine.Au cours du 20e siècle, des revues comme Le Nigog, Liberté, Mainmise, pour prendre des exemples éparpillés et promouvant des idéologies différentes, ont été les catalyseurs de mouvements et de phénomènes sociaux importants.Malgré l’importance de la littérature, elle est, somme toute, laissée pour compte par nos gouvernements.Le ministère des Affaires culturelles du Québec (MAC) administre un budget de 262 millions $.La littérature ne reçoit en tout et pour tout que 0,5 % de ce budget alors que, par exemple, le théâtre en récolte 4 Enfant-roi sécurise les enfants, elle leur donne confiance, ils se rendent compte qu’ils sont capables de faire des choix.Avec une bonne estime de soi l’enfant peut présenter moins de troubles de comportements.Et l’estime de soi commence avec des règles claires, avec la sécurité physique, et avec le sentiment d’appartenance.» D’ailleurs il n'est pas nécessaire d’avoir plusieurs règles, mais il faut absolument tenir les règles qui ont été établies, continue-t-elle.« Vaut mieux avoir moins de règles mais les respecter.Et la constance est fondamentale : il ne faut pas réagir de façon différente au meme comportement.» Après une première conférence à Montréal cette semaine, Danielle Laporte sera à Québec le 9, à Chicoutimi le 16, à Trois-Rivières le 23 et à Hull le 30 octobre.+ Députés cons et de marché de dupes », cela n’a vraiment surpris personne.Il se serait fait frotter les oreilles le lendemain par ses collègues.Puis il s’était radouci le jour suivant.Son plus grand défaut, selon sa grande fille de 19 ans, Catherine, étudiante en technique d’architecture au cégep de Montmorency : « Il est un petit peu impulsif.Mais il est « foncièrement honnête, dit-elle.11 voudrait que l’avenir du Québec soit quelque chose de bien.» Son père est « emballé par sa commission ».Mais elle avoue paler assez peu de politique avec lui, un métier qu’elle trouve d’ailleurs extrêmement ingrat.Un bon conseil rA^/T) Ne fumez ) pas «A LA FONDATION DU QUÉBEC DES MALADIES DU COEUR Amateur d'avions — il possède son brevet de pilote depuis longtemps —, M.Bélanger me confiait récemment qu’il se sent bien seul à la tête de cette commission, une tâche dont il mesure toute la responsabilité : « On joue nos carrières politiques », dit-il.Lui aussi se qualifie de nationaliste (M.Bourassa disait il y a dix jours que « nous sommes tous nationalistes »).Mais il « ne va pas jusqu’à la séparation », dit-il.« Je suis très nationaliste, déclare-t-il en entrevue.Mon premier choix c’est le Québec.Je crois au potentiel de cette province-là qui pourrait être maître d'oeuvre dans bien des domaines.Mais i'aime aussi le Canada.J’ai toujours été étonné par l’accueil qu’on fait aux Canadiens à travers le monde.Je n’ai pas à avoir honte de ce pays-là.Le Canada ne m’a pas fait mal.J’ai peut-être mal à mon identité, dit le psychologue.Mais les autres ne sont pas responsables de mes turpitudes.» M.Bélanger a fait sa marque entre autres comme directeur général de la Maison Notre-Dame-de-Laval, un centre de détention pour délinquantes, de 1976 à 1982.Le centre avait été mis en tutelle.Et M.Bélanger en a pris les rênes dans un contexte difficile.« Il a fait le ménage, a assaini le climat de travail, a instauré un encadrement humain, les portes des cellules se sont ouvertes », raconte l’actuel directeur général du centre, M.Pierre Patenaude, qui travailla sous les ordres de M.Bélanger à l’époque.De 1982 à 1985, M.Bélanger a dirigé le CSS Richelieu, fut président de l’Association des directeurs généraux des services de santé et services sociaux du Québec et conseiller municipal à Saint-Bruno-de-Montarville de 1979 à 1985.M.Patenaude ne se rappelle pas d’avoir parlé beaucoup de politique avec M.Bélanger à l’époque.Mais il a été « bien étonné » de l’entendre, ces derniers mois, dire « que si le Canada est pas content, on s’en ira».S’il croit au potentiel du Québec, M.Bélanger se demande « si les Québécois vont accepter de se relever les manches ».La souveraineté ne sera pas un jardin de roses, dit-il.Et GRANDE PASSION DE LA RENTRÉE T^HÂNI OVï ot feOrËivÀ ANDREW I I (IV I) U I KH( U di A N D K B W L 1.0 V D WEBBER .««*.« Hvm-IM II A KO ED PRINCE SIU IÆMBNT TROIS MOIS! ri Théâtre Maisonneuve.v U Place des Arts, Montreal (lu 12 NOVEMBRE 1991 un 2w saisis en celle rau.se.se f'HH vendue par aulonté de justice.! e 24 oaisis en celte cause, consistant en T V couleur Citizen, portative el acc 1 vidéo cassette Goldstar et aies.2 causeuse* velours gris i système de son ken wood quatre morceaux.1 meuble vidéo noir, deux portes vitrées Conditions \RGKNT COMPTANT et ou CHÈQUE VISÉ RICHARD LARIVIÉRK.huissier.(514)682 1921 328-1122 De l’étude ROIS-VERT.POU LICIT 4 ASS .HITS si ERS.1515.boul < homedev.# S OI.Uval.Oc 117V 3Y7 Province de Québec.District de Montréal.COI R DU QUÉBEC.NO 505-02-001627 H96 LISE DU MOULIN.demanderesse.vs-PIERRE KADIJKVK COM MERCK INT.défenderesse U 22 octobre 1991 à llhOOde l avant midi à la place d’affaires de la défende resse au no 101.rue Churchill en la cité de Greenfield Park, district de Longueud seront vendus par auto rilé de Justice, les biens et effets de la défenderesse, saisis en celte cause, consistant en 4 ordinateurs 3 imprimantes Newitl.bureaux en boUl classeurs beige 3 tiroirs BVf tème téléphonique Vantage, tables chaises, dactylo IBM abrevoir Oasis Tace.fauteuil.Umbreuse Pitney, plante tropicale * pot conditions \RGENT COMPTANT ÉTUDE VALADE 4 ASSOCIÉS.987-7683 Montréal, le k octobre 1991 Province de Québec.District de Montréal.COUR DU QUÉBEC N*> 500-32-008995-906 GROUPE ACTION CREATION cp INC de manderesse, vs- YVON GAULAT RS LES PROMOTIONS SPARTAQ ILLIMITÉE, défenderesse U 22 octobre 1991 à lOhOO de l’avant-midi à la place d’affaires de la défende resse.au no 1967 rue Papineau, en la cité et dLstnct de Montréal, seront vendus par autorité de Justice les biens et effets de la défenderesse saisis en cette cause, constatant en I dactylo Olympia.1 TV couleur 19 Sony.l four micro-ondes de marque Kenmore, 1 caisse enregistreuse TC A modèle TL 120, etc Conditions ARGENT COMPTANT c LAI DE DAGENAIS.huLSSier.647 6400 PKI.LET!ER BERNIER 4 MAR I IM B AU LT HUISSIERS Montréal le k octobre 1991 AVIS DE CHANGEMENT DE NOM CHENG, Bang Chhun PRENEZ AVIS que Bang Chhun Cheng, domicilié et résidant au 1475, rue Crevier, appartement 1, Ville de Sl-Laurent, Québec, district de Montréal s'adressera au lieutenant-gouverneur en conseil afin d'ajouter à son prénom le prénom de Steven DESCOTEAUX, JARRY, HÉBERT 404, boulevard Décane bureau 200 St-Laurent, Québec H4L 5E6 Province d»* Québec District de Terrebonne Col R DU QUÉBEC, cil AMBRE « IVILE.No 700 02 004133907 PRODI ITS ALI MEN TURKS GALAXIE I\< demanderesse.vs LE Fol R DE sT-I.ÉON \HD.défenderesse Le 23 octobre 1991 à 14h30 de l'anrès midi à la place d’affaires de la défenderesse.au no 4645.boul Métropolitain esl.en la cité et district de Montréal seront vendus par aulonté de lus lice, les biens et effets de la défenderesse.saisis en cette cause, consistant en mobilier de reMauranl ei équipemeni de cuisine Conditions ARGENT COMPTANT PIERRE B S.I L LET.'lilçfos: "‘]»f , HT ITERE.;W ~ m n MiEl iitr B-8 ¦ Le Devoir, jeudi 10 octobre 1991 DES IDÉES, DES EVENEMENTS LE QUEBEC À BOUT DE SOUFFLE Cet homme 3— Les combattants illégitimes Éric Lefebvre L'auteur est étudiant en science politioue à l'Université du Québec a Montréal.Ce texte sur la langue est le troisième d'une série de six essais thématiques préparés pour LE DEVOIR par un groupe d'étudiants en sciences humaines de l'UdeM et de 1VQAM.— ( ”est inouï .je n'm pus pu renifler le moindre petit scandale.— Je m en doutais Mais a vec ton expérience, lu pourrais en in cenler un.— Inventer un scandale Mais c’est scandaleux ce que vous me demande/ li) ! — Iznogoud.Scandale à Bagdad AU QUÉBEC, le décalage qui existe entre le statut de la langue française et la qualité de sa pratique par les jeunes rend ces derniers illégitimes à défendre l’essence et les dispositions du premier.Des pas vers un aménagement linguistique • Si la volonté du peuple québécois à protéger sa langue et à en raffermir les bases prend racine dans le contexte géopolitique de notre province, l'histoire possède également sa pari de responsabilités.Cloisonné pendant des décennies dans l’arène ecclésiastique, le parler québécois dénotait un usage folklorique exclusif aux bas échelons de la vie commune, l/anglais, quant à lui, embaumait la finance, l’économie et la raison sociale des commerçants dignes de ce nom.Perpétuée artificiellement et .souvent même valorisée, cette do-; mination allait peu à peu tomber de !son socle.Si le statut légal de la langue a rapidement évolué au cours des trente dernières années, la qualité de son usage est loin d'avoir suivi.Dès le début de la Révolution tranquille, la population, se fondant sur son rapport majoritaire, demanda justice à l’égard de sa langue.Pareillement à l’Etat, cette dernière devait s’épanouir et l’on exigea de nos législateurs qu’ils la prennent en main.Ceux-ci emboîtèrent le pas aux manifestants: d’abord en 196!) ( loi 63), ensuite en 1971 (loi 22) puis, finalement.en 1977 (loi 101, Charte de la langue française).Bien que maintes fois amendée, la Charte constitue l’essentiel de l’aménagement linguistique actuel.Elle illustre,, dès son préambule, la volonté de l’État de clarifier le statut de la langue, en faisant en outre du français « la langue de l’État et de la loi, aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires ».La société québécoise connaît donc, depuis 1977, d’importants bouleversements.Dans le domaine public, les communications en tous genres se tiennent obligatoirement en français.L’entreprise privée se voit contrainte d’afficher, de passer des contrats et d’annoncer dans cette langue.Les immigrants doivent, sous certaines réserves, suivre l’enseignement dispensé dans la langue officielle.De plus, on institua par la loi 101 la ras surveillance du fait français : d’abord par l’action ministérielle (le pouvoir exécutif comporte un ministre délégué à l’application de la Charte), mais aussi par le travail d’organismes divers créés par la loi.En définitive, l’adoption de la loi 101 donna au Québec les leviers législatifs nécessaires et les institutions pertinentes afin d’assurer cette volonté.plusieurs fois exprimée, de vivre dans un milieu soumis spontanément ou par coercition à la cause linguistique de la majorité.Le désastre linguistique Si donc le statut de la langue a rapidement évolué depuis trente ans, la qualité de son usage, notamment par les jeunes, ne l’a pas fait au même rythme.Loin de là.En effet, les études sur la question confirment sans équivoque le désastre en matière de pédagogie linguistique.Parmi )es elèves qui parviennent au cinquième niveau du secondaire, 47,9% échouent aux « critères de forme » des examens du ministère de l’Éducation du Québec (chiffres de l’épreuve de mai 19S9).Par ailleurs, 26,6 % de ces finissants commettent — pour l’orthographe et la grammaire uniquemen — 24 erreurs ou plus dans une composition de 500 mots.Toujours en rapport avec les fautes d’orthographe et de syntaxe, 53,4 % n’atteignent pas le seuil de réussite, généreusement fixé à treize fautes par le MEQ.En ce qui a trait à la structure des phrases, 46 % ne satisfont pas aux exigences (toujours de 13 fautes ou moins).En moyenne, les élèves écrivent une faute à tous les 15 mots.Ces mêmes études révèlent une incompréhension et une méconnaissance des fondements même du code gram- matical.Les enseignants, pour leur part, confirment la chose : 81 % d’entre eux attestent que les jeunes ne savent pas bien écrire, alors que 55 % sont d’avis que leurs élèves ne parient pas de façon adéquate ( Le français à l'éco.c, aujourd'hui et demain, Conseil de la langue française, 1987).« L’enseignement de la langue se révèle être un chaînon faible de la stratégie d’aménagement linguistique québécoise », conclut une elude menée par le Conseil de la langue française.Le chaînon faible, c’est que l’État du Québec faillit, encore et toujours, à son devoir de transmettre aux élèves une connaissance linguistique suffisante.Il a cru.à tort, qu'un statut officiel collé à la langue favoriserait son apprentissage et insufflerait à nos etudiants — par une quelconque force naturelle ou surnaturelle — une motivation envers l’étude de sa grammaire et de sa syntaxe.Or, s’il n'existe pas de lien causal entre l’un et l’autre, nous croyons que la piètre utilisation du français nuit, par extension, à ses dispositions legales.Les jeunes dans le débat En 1985, le Conseil de la langue française réunissait un groupe de jeunes afin qu’ils discutent et se prononcent sur la situation linguistique qui prévalait au Québec.Ceux-ci affirmaient à cette époque « qu'ils ne s’étaient rarement, sinon jamais, posé la question de l’avenir du français (.) et se demandaient même ce qu’ils venaient faire à de pareilles réunions sur un tel su jet ».Le Conseil conclut que« les jeunes francophones ne ressentent pas d’insécurité (.).( La langue) est vue par les jeunes comme un outil de communication, sans référence explicite à ses racines et à son histoire; et la question de la langue n’est pas une priorité » (Les jeunes et l'avenir du français au Québec, Conseil de la langue française, 1985).Le 22 décembre 1986, la Cour d’appel du Québec jugeait ultra vires l'article 58 de la loi 101, réglementant la raison sociale des entreprises.Le gouvernement du Québec, décidant de faire appel en Cour suprême, plusieurs organismes s’immiscèrent au débat et réussirent à mobiliser l'opinion publique.On revendiquait alors du premier ministre Bourassa qu’il ait recours à la clause nonobstant, dans l’éventualité d’un jugement re nouant avec celui de 1986.À l’automne 1988 donc, quelques mois avant le jugement final, se tint dans les rues de Monliéal une manifestation regroupant pl isieur; milliers de citoyens, dont un nombre important de jeunes.Cette volte-face de la pensée étudiante, par rapport à la survie du fait français au Québec, indique que les jeunes combattants se servirent avant tout de cette polémique comme moyen.De fait, plusieurs l’auront remarqué, de gestes politiques qu’elles devaient signifier, les marches pour la loi 101 devinrent pour ces jeunes sympathisants l’occasion de réunir une bande, de se faire remarquer et de décharger leur trop-plein d’énergie : attitudes caractéristiques de l’adolescent.Mêlés à cette effervescence, surgirent des slogans boiteux, voire même vulgaires (plusieurs graffiti exposaient des messages du genre Québec français tabarnak, ou Va chier l’Anglais sale), doublés d’un discours mal articulé et mal argumenté.Rien de surprenant si l’on suppose que la fin poursuivie par le jeune combattant n'est pas le français en tant qu’héritage menacé.Prise comme moyen, la défense de nos droits linguistiques n’exige rien d’autre que quelques cris barbares et quelques pancartes fielleuses.Nul besoin de bien savoir parler ou écrire, si la francophonie n’est que prétexte à la fête.On objectera que le résultat demeure le même : peu importe ses motifs, une foule reste une foule, et donc un outil de pression efficace.Regardons les choses autrement.Un combat légitime?Le langage représente, au sein d’une société, l’outil de communication par excellence.Une langue raffinée et articulée demeure, jusqu’à preuve du contraire, le lot et la richesse des peuples civilisés.Autant le dialecte restreint la pensée, autant le langage riche exploite, suscite et précise les idées qui, avant toute autre chose, contribuent à l’avancement des collectivités.« Pour échanger entre primitifs, une langue de primitifs suffit; les animaux se contentent de quelques cris », disait le Frère Untel.En négligeant de faire du français d’ici un outil d’échange entre les individus, c’est tout le peuple québécois qui en souffre, et ce, de deux manières.Tout d’abord parce que cela privilégie une élite qui seule pourra jouir des vertus du bon langage.Ainsi, limiter le « savoir-dire » et la faculté de s’exprimer à une couche de la population, cela revient à priver l’ensemble des individus des bénéfices que chacun apporte en jugeant l'appareil social, en critiquant ses structures et en proposant des solutions de rechange.Massacrer la langue tout en défilant dans la rue pour la défendre, c’est se disqualifier purement et simplement.Finalement, la prolifération du jouai, aux dépens d’un parler correct, mine la légitimité d’un combat qui vise un meilleur aménagement linguistique.Seule une société organisée peut condamner l’anarchie.Seul un homme qui n’a jamais tué peut juger le meurtrier.De même, la lutte en vue de préserver l'imposition d’une langue d’affichage ou d’enseignement, ne peut être menée que par des combattants au-dessus de tout soupçon sur leur propre compétence linguistique.À défaut de quoi, leurs revendications perdent leur crédibilité.On peut donc se demander si les jeunes Québécois qui s’animent autour de ce débat ont les qualités requises pour une telle lutte.La sauvegarde du français commence avant tout par la qualité de son enseignement, par l’assimilation de celui-ci et, surtoul, par la justesse de son application.Il ne s’agit toutefois pas d’exiger de notre jeunesse une expertise lin guistique.Le seul respect des critères pédagogiques de l’heure (ceux de l’État), bien qu’ils soient peu élevés, contribuerait à échapper aux barbarismes.Mais dans l’immédiat, l’incapacité de nos élèves à répondre à ces normes, en a d’ores et déjà fait des combattants illégitimes.(Troisième de six articles) Un amalgame douteux pour noircir Israël Louis Cornellier Professeur de littérature au Cégep de Joliette Manifestement, les Québécois ont la peau sensible.Les réactions négatives et souvent injustifiées à l'endroit de l’article de Mordecai Richler (.Veh Yorker, sem.du 23 sept.) viennent, une fois encore, le démontrer d’une façon alarmante.Quoi, me rétor-quera-t-on, fallait-il se taire et laisser passer ?Peut-être pas.D’ailleurs, REPLIQUE certains, telle Lise Bissonnette (LE DEVOIR, 18 sept.) ont su trouver le ton juste de l’indignation tout en évitant le dérapage.Par contre, il fallait s’y attendre, d’autres n'ont pu se retenir de sombrer dans un babillage antisémite qui, parce qu’il est insi dieux, risque de se répandre dangereusement.Ainsi, fonctionnant selon la logique discursive qui a cours dans les autobus scolaires, l’article de Corinne Paquet (« Un amalgame douteux pour noircir le Québec », LE DEVOIR, 1er octobre) appelle la consternation.A l’enflure du discours de M.Crelinsten ( LE DEVOIR, 24 sept.), cette future doctoresse rétorque, démagogie oblige, par une célèbre boutade : « Celui qui le dit, c'est lui qui l’est.» Maniant l’analogie avec la dextérité d'un manchot, Mme Paquet veut faire entendre raison à Richler et Crelinsten : «[.] La communauté hassidique d’Outremont, puisqu’il en est question, est loin, me semble-t-il, de vivre les affres et les vexations ou les tortures que vivent les Palestiniens aujourd’hui en Israël.» Ce qui, on l’aura compris, devrait suffire à lever toutes les accusations d'antisémitisme dirigées vers le Québec.Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus, l’auteur insiste : « Quant au fléau du nationalisme, je trouve pour le moins étonnant que la pierre soit jetée au Québec par un membre éminent du Congrès juif canadien (M.Crelinsten), quand on sait la façon dont le premier ministre israélien Yitzhak Shamir [.j a l’intention de régler le problème des territoires occupés.» En d’autres termes : lais-sez-nous tranquille, vous n’êtes pas mieux que nous ! Aussi, prévoyant les injures, Mme Paquet s’esquive d’avance en rappe- lant la mentalité paranoïaque qui serait généralisée chez les descendants du peuple de Moïse : « Il existe de puis quelques années un type de dis cours pour le moins pervers qui associe toute critique a l’endroit d’Israël [.) à une idéologie a priori fortement teintée d’antisémitisme.» Ce peuple serait donc très rusé criti À quoi rinu* une telle logique, sinon à mettre à jour la nature de comploteur du peuple juif ?que, mais pas critiquable; nationaliste à outrance et bourreau chez lui, antinationaliste et victime ailleurs! Une véritable émule de Machiavel.Une telle rhétorique fait frisson ner et donne raison à Richler et Crelinsten eri essayant de les dénoncer.Corinne Paquet ne voit-elle pas que, réfléchissant ainsi, elle rie fait que reprendre béatement les arguments des antisémites de la première heure ?À quoi rime une telle logique sinon à mettre à jour la nature de comploteur du peuple juif ?Dit-elle autre chose quand, naïve, elle se demande : « La question, ici, est de savoir pour qui celte provocation — puisque provocation il y a — est utile ?» A la juiverie internationale peut-être ?Fébriles, certains n’attendaient que sa démonstration pour franchir le pas qui mène à l’infamie.Pourtant, elle n’a de cesse, tout au long de son article, de rejeter l’accusation d’antisémitisme.Arrogante, elle va même jusqu’à apostropher Michael Crelinsten : « Allez-vous égal nent me soupçonner d’antisémitisme militant ?» Croyant n’a-voir fait que son devoir en mettant à jour les sombres desseins du peuple dont sont issus nos pourfendeurs, elle crie déjà à l’incompréhension.C’est elle la victime, pas eux.Le problème avec toute cette histoire, c’est que l’attitude véhiculée par Mme Paquet est beaucoup plus répandue qu’on ne le croit.À la recherche de nouveaux martyrs, une bonne partie de l’intelligentsia occidentale a trouvé un trésor dans le peuple palestinien.À nouvelle mission, nouvelles données.C’est ainsi que le peuple juif, ancienne figure emblématique de la victime, s’est vu affubler du statut de bourreau.Aussi, l’antisémitisme, longtemps combattu, est redevenu un gonfalon du progressisme new look.La métamorphose a semblé si naturelle aux justiciers du monde qu’ils ne se sont même pas aperçus qu’elle prenait source à leur antisémitisme larvé, précédemment refoulé.Or, jamais ils ne l’avoueront.Les monstres d’aujourd’hui excellent plus dans la dénégation que dans l’affirmation.Derrière leur progressisme de façade se cache pourtant une problématique zone d’ombre : •< Si vous bavardez avec quelqu’un pendant une heure et que pendant cette heure votre interlocuteur vous assure dix fois qu’il n’est pas antisémite, vous pouvez avoir la quasi-certitude qu'il l’est parce qu'un homme normal n’a aucune raison de déclarer qu’il n’est pas antisémite tout comme il n’a pas à expliquer qu’il n’est ni voleur ni cannibale.» (Adam Michnik, Le Nouvel Observateur, Dossiers, no 2, 1990) En définitive, la sortie de Corinne Paquet ne fait que confirmer un constat sur le nouveau visage du réveil de la bête : « Il sera antisioniste — ou il ne sera pas.» (B.II.Lévy, Les aventures de la liberté, 1991, p.41 ).au pouvoir qui boit du lait Paul Warren Professeur de cinéma à l’Université Laval A'*’ L’ÉPOQUE très ancienne déjà où l’on citait Mao, il arrivait de temps en temps de retrouver dans le discours des hommes de gauche cette petite phrase du Grand Timonier : « Le temps est le plus grand ennemi des révolutions.» Notre premier ministre, à force de tergiverser depuis vingt ans, a injecté dans le corps du Québec un tranquillisant qui a eu pour effet d’endormir une révolution naissante et déjà fragilisée par sa tranquillité.Chez cet homme au pouvoir qui boit du lait à petites doses, l’art du calcul, du détour, de l’esquive, de l’échappatoire et de l’expression molasse est devenu une seconde nature.Je l’observais lors de sa conférence de presse du 25 septembre, au lendemain du dépôt des offres d’Ottawa.Quand la caméra l’avait de face, on retrouvait pour la millième fois cette lassitude du corps et du geste, ce mouvement mécanique et à moitié déployé des avant-bras, ces deux mains qui se ferment à demi et qui jamais n’arrivent à se faire poings, cette moue des épaules au moment du recul sur le fauteuil, ce visage empreint d’un ennui mortel, ces yeux indifférents et sans éclat.Quand la caméra le prenait de profil, sa gestuelle de poupée mécanique s’accentuait jusqu’à la caricature, hit ce devant et ce côté venaient appuyer des phrases indéterminées et d’une incommensurable banalité, avec cet accent politicien qui vient arrondir la derniere syllabe : « Nous allons examiner », « Ce ne sont pas des offres finales », « Faut pas exagérer », « On va en discuter au Conseil des minisss.» Comment se fait-il que nous ayons pu élever au titre de premier québécois un tel individu ?Que nous ayons fait ça au début d’une décennie où la fierté nationale était à son apogée ?Que nous ayons remis ça à une période de notre vie où le choix de notre identité nous était enfin possible ?Certains esprits freudiens diraient que nous sommes un peuple masochiste qui, après s’être autoflagellé pendant des siècles sous le regard sadique de l’Église, se fabrique un premier ministre qui a mission de perpétuer son humiliation.Il ne faut pas chercher si loin et si creux.La réalité est plus simple.Bourassa est l’expression expressive de la partie médiocre de nous-mêmes, celle qui nous dit au creux de l’oreille de ne pas trop s’en faire, que ça ne va pas si mal que ça entre les anglophones et les francophones, que le temps arrange les choses, que tout ce qui arrive est pour le mieux, que malgré tout on a des bons hommes à Ottawa et que, de toute façon, on a fait un grand bout de chemin depuis le bon vieux temps.C’est le langage de la compromission; à force de nous exercer à la barre du trait d’union du Canadien-français, puis du Canadien-québé-cois, nous avons réussi l’exploit de nous asseoir à demeure entre deux chaises.Au grand mépris des Canadiens-anglais à qui le trait d’union va comme un gant; à l’étonnement et l’exaspération des Néo-Québécois qui ne savent plus comment s’y prendre pour se débarrasser du leur au sein d’un Canada-français qui garde le sien si fortement chevillé au corps.Depuis quelque temps, depuis les offres d’Ottawa, pour la nième fois, il se passerait quelque chose du côté de notre trait d’union historique.Mais il semblerait, cette fois, si l’on en croit les sondages, que notre trait caractéristique ne serait plus aussi solidement chevillé à notre corps national.Il se pourrait même qu’il commence à sérieusement branler dans le manche.Se pourrait-il qu’il s’agisse d’autre chose que d’une simple poussée de révolte qui nous amène sporadiquement à secouer notre chaîne comme pour en vérifier la solidité ?Se pourrait-il que le côté médiocre de nous-mêmes se mette à lâcher prise et que le Québécois en nous commence à se déployer et à prendre sa place, ne craignant plus de se retrouver seul, sans son cordon ombilical, devant les Canadiens ?Alors, notre premier Canadien-français, notre Bourassa, qui ne tient son pouvoir que de notre infantilisme, ayant de moins en moins de place pour s’installer en nous, se rétrécirait comme peau de chagrin jusqu’à disparaître de nos vies.Devenu libre et souverain dans notre patrie, nous regarderions sur notre téléviseur, en même temps que les Canadiens désormais nos égaux, des vidéos d’archives sur cet homme de pouvoir qui fut le dernier à administrer notre humiliation.Nous garderions sur les lèvres un sourire indulgent devant l’image de nos peurs, de nos lâchetés et de notre confusion.Devant l’image de notre adolescence, en ce temps-là où nous buvions du lait.L’équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’Information générale Josée Boileau.Jean Chartier /ves O A vignon.Jean-Denis Larnoureux.Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes).Louis-G L’Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Clément Trudel à l’Information culturelle Pierre Beaulieu, Paule DesRivieres.Marie Laurier.Robert Lévesque.Nathalie Petrowski.à l’Information économique Robert Dutrisac.Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte.A l’Information politique Pierre O’Neill (partis politiques), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste a Québec), Michel Venue (corres pondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulori (politique internationale) François Brousseau, éditorialiste (politique internationale) et responsable de la page ’Idées et événements .Laurent Soumis (politique municipale) aux aflalree sociales : Paul Cauchon (questions sociales), Louis-G Francoeur (environnement) Sylvain Blanchard (relation', de travail), Marie-Josée Hudori.Jean Sébastien (commis) Danielle Cantara, Thérèse Champagne, Monique Isabelle.Christ:,)!
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