Le devoir, 23 octobre 1991, Cahier B
CAHIER Le Devoir, mercredi 23 octobre 1991 Deux visions du corps Dans l’univers de la compagnie Momix, fondée en 1980 par Moses Pendleton (qui prend l’affiche ce soir à la Place des Arts), le subterfuge impose sa loi sur la réalité, le faux sur le vrai, écrit Mathieu Albert.Résultat : des créatures difformes, saugrenues, pittoresques, tombées sur la scène comme si elles venaient de l’au-delà.Page B-3 Le Salon du livre L’imposition de la TPS a été vertement condamnée par les organisateurs du Salon du livre de Montréal qui estiment que son introduction aura eu pour effet de réduire de 10% le nombre de d’exposants qui participeront à la 14e édition du Salon de Montréal, à compter du 14 novembre à la Place Bonaventure.Page B-3 Le dogme du Politically Correct On a récemment, de manière symbolique, transformé, à Montréal, l'avenue Christophe-Colomb en « avenue des Premières Nations».Karim Benyekhlef, professeur de Droit à l’UdeM, tire de cet exemple une réflexion sur le nouveau dogme qui fait rage au États-Unis et au Canada : le dogme du Politically Correct.Page B-8 L’Eunuque canadien Je ne sais pas de quel mal souffre le Canadien anglais que l’on disait errant, sans racine et sans identité, écrit Nathalie Petrowski qui a vu The Grocer’s Wife, de John Pozer, mais s’il faut se fier aux films qui se font présentement sur lui, j’en viens a la conclusion qu’il est devenu l’incarnation par excellence de l’eunuque.Page B-3 Les Canadiens du désert koweïtien 300 militaires assurent le soutien technique de la mission de l’ONU Jocelyn Coulon Envoyé spécial KOWEÏT — Au quartier général du secteur sud, les observateurs des Nations unies sont de très bonne humeur.Us logent depuis quelques jours dans des maisons mobiles climatisées que les militaires canadiens viennent de leur installer après avoir passé un été d’enfer sous la tente à surveiller la frontière entre le Koweit et l’Irak.Depuis six mois, quelque 300 ingénieurs et soldats du 1er Régiment de génie (CER) de Chilliwack, en Colombie-Britannique, assuraient le soutien technique de la Mission d’observation des Nations unies pour l’Irak et le Koweit (MONUIQ).Lors de ma visite, pendant la deuxième semaine d’octobre, ils quittaient l’émirat heureux de passer le flambeau à 85 militaires fraîchement débarqués de la base de Valcartier.« Je ne vais pas m’ennuyer, dit le capitaine Paul-Émile Roy.Le désert a quelque chose de fascinant, mais je ne suis pas mécontent de retourner au Canada voir un peu de verdure ».Roy et ses compagnons sont épuisés.Depuis avril dernier ils ont sillonné le désert du Koweit dans tous les sens pour aménager et construire 18 postes d’observation installés dans la zone démilitarisée que les Nations unies ont créée de part et d’autre de la frontière entre le Koweit et l'Irak au lendemain de la guerre du Golfe.La zone s’étend sur 200 kilomètres dans le désert et 40 kilomètres dans la voie d’eau du Khor Abdullah.Le défi était de taille, car en arrivant au Koweit, les soldats ont trouvé un pays en délabrement complet où chaque pouce carré de désert était à apprivoiser.« Lorsque les Nations unies ont décidé d’envoyer une force de paix dans la région, après le cessez-le-feu entre l’Irak et les alliés, le Canada a immédiatement accepté d’y participer, dit le major Dick Isabelle, commandant du régiment.Le gouvernement nous a alors demandé de partir sur-le-champ, car il fallait que la force se déploie le plus rapidement possible.À notre arrivée, il n’y avait rien.Nous avons couché à mm ¦ B Mi m PHOTO SCOTT TAYLOR C'tC Deux soldats canadiens de la mission des Nations unies observent les puits de pétrole en feu dans le désert du Koweit.même le sol.L’air était pollué par les émanations des 735 puits de pétrole qui brûlaient».Le contingent canadien, le plus important au sein de la MONUIK qui compte près de 1000 civils et militaires, a été logé dans de vastes entrepôts à Doha à quelques kilomètres de la ville de Koweit.Les soldats ont tout aménagé : dortoirs sous des toits de toile, cantines, toilettes, salles de détente et douches, installées à l’extérieur pour que le soleil chauffe l’eau des réservoirs.De juin à août, les dortoirs étaient de vrais fours.La climatisation est arrivée à la fin août.Un peu tard pour certains.La tâche des Canadiens était particulière.L’ONU dépêchait 300 observateurs de 33 pays dans la zone démilitarisée pour s’assurer du respect du cessez-le-feu et enregistrer toute violation aux règles de droit international.Les Canadiens sont donc partis dans le désert pour tracer des routes, aménager l’espace pour chaque poste d'observation et bâtir des abris sommaires en attendant les maisons mobiles.« Le plus difficile dans cette mission fut d’affronter la chaleur et surtout d’éviter de sauter sur les mines, dit le capitaine Roy.Le pays en était littéralement truffé ».Toutes les routes, dont plusieurs avaient disparu sous le sable, les sites d’observation et les aires d’atterrissage utilisés par les Nations unies ont fait l’objet d’un minutieux aménagement.D’abord, les soldats devaient s'assurer qu’aucune mine ne viendrait troubler les activités des forces de l’ONU.En même temps que des véhicules spéciaux dégageaient le sable des routes et se livraient aux terrassements des sites, des soldats repéraient les mines et bombes sur leur passage.Selon le type d’explosif, ils adoptaient une procédure différente.Certaines mi-Volr page B-2 : Canadiens Ces mines qui tuent PHOTO SCOTT TAYLOR Un soldat canadien s’apprête à dé truire des bombes irakiennes.Jocelyn Coulon U MM QASR — Je suis à peine arrivé à l’hôpital militaire irakien d’Umm Qasr que déjà, dans une petite salle d’opération, on s’affaire a nettoyer l’endroit après avoir amputé un Irakien, blessé par l’explosion d’une mine.Le colosse, un pied en moins, gémit et se tortille sur son lit.Il sera bientôt transféré dans un autre hôpital.Tous les jours, depuis plusieurs semaines, l’équipe médicale norvégienne qui travaille dans cet hôpital traite des Irakiens aux membres déchiquetés par l'explosion de mines.Ils perdent souvent une main, un pied, une jambe ou les deux à la fois.Parfois, ils y laissent leur vie.Tout cela pour une poignée de dinars.Les membres de la mission d’observation des Nations unies pour l’Irak et le Koweit (MONUIK) n’avaient pas prévu ces drames dans leur mandat.Depuis avril dernier ils sont chargés de surveiller l’application du cessez-le-feu dans une zone démilitarisée de part et d’autre de la frontière entre les deux pays.Mais depuis quelques semaines, ils doivent jouer les ambulanciers.Les militaires irakiens incitent les plus pauvres des habitants du sud de l’Irak à traverser la frontière pour récupérer les mines qu’ils ont enterrées au Koweit pendant les sept mois d’occupation.Les civils se rendent donc dans la zone démilitarisée et déterrent des mines qu’ils revendront aux militaires pour quelques dizaines de dinars.« Malheureusement, de nombreux Irakiens n’ont pas la formation pour faire du déminage, déclare le porte-parole de la MONUIK, Abdel-latif Kabbaj.Ils se blessent très souvent.D’autres en meurent », dit-il en me montrant des photos d'irakiens déchiquetés.L’ONU a averti les autorités irakiennes qui ont juré de sévir.Mais rien ne semble stopper ce flot humain comme j’ai pu le constater en survolant une zone minée.L’hélicoptère des Nations unies décolle de Doha, un site d'entrepôts à trente minutes de la ville de Koweit, où sont logés temporairement les soldats onusiens.Nous nous dirigeons vers le camp S4 aménagé à la frontière entre l'Irak, le Koweit et l’Arabie Saoudite.Après avoir discuté avec trois observateurs — un Indien, un Norvégien et un Vénézuélien — qui habitent ici depuis quelques mois, nous repartons pour survoler le sud du Koweit, la région que les Irakiens ont miné d’est en ouest.Après une quinzaine de minutes de vol, les pilotes, des militaires chiliens, nous montrent des civils ira- kiens qui courent dans le sable.A la vue de l’hélicoptère, ils s’immobilisent et font aller leurs mains pour nous saluer.U n des Irakiens trans-orte une longue pelle qui lui servira déterrer des mines.Futile outil.Le sergent John Payne, du contingent canadien, m’explique que certaines mines explosent à la moindre vibration.D’autres, dès qu’on tente de les dégager du sable, s’élèvent légèrement du sol avant d’exploser, dispersant des billes d’acier sur plusieurs mètres.Pour l’instant, les pilotes chiliens ne peuvent intervenir.Ils transmettent la position des Irakiens à leur quartier général qui verra à envoyer une patrouille pour prendre en charge les intrus et les ramener de l’autre côté de la frontière.jusqu’à la prochaine fois.Un pilote nous confie que certains Irakiens, un pied en moins, reviennent pour tenter une autre chance.Il n’y a pas que des civils irakiens qui se blessent ou meurent après avoir heurté une mine au Koweit.Le jour de mon départ, six soldats égyptiens ont été tués en tentant de désamorcer un de ces engins.En plus des mines installées par les forces irakiennes, il reste de nombreuses petites bombes larguées par les avions de la coalition et qui n’ont pas encore explosé.Certaines de ces bombes, munies d’un parachute, se déplacent sur le sable dès que le vent se lève, rendant la tâche de déminage encore plus difficile.Maintenant que la plupart des puits de pétrole en feu ont été éteints, réduisant considérablement la pollution atmosphérique dans l’émirat, les mines demeurent le problème numéro un.Dans chaque chambre d’hôtel, on trouve sur la table à café un feuillet d’information sur ces engins, avec dessins à l’appui.La télévision diffuse quotidiennement des avertissements, surtout pour les enfants, dont une trentaine sont morts depuis mars dernier.Enfin, si le déminage des plages et des alentours de la capitale est terminé, les eaux du Golfe sont encore infestées de mines flottantes.Malgré cela, certains Koweïtiens ont recommencé à faire du ski nautique près des côtes.L'hélicoptère doit nous laisser quelques minutes au camp S4 pour porter secours à un Irakien qui vient d’être blessé.En attendant son retour, je marche dans le sable autour des maisons mobiles où logent les observateurs des Nations unies.À chaque pas, je pense aux mines, qui pourraient bien être sous mes pieds, et à cet Irakien qui se tordait de douleur à l’hôpital d'Umm Qasr.Plaidoyer en faveur des industries culturelles Jocelyne Richer de noire bureau (le Québec VÉRITABLE cascadeur du monde des affaires, celui ou celle qui choisit de démarrer une industrie culturelle doit avoir le goût du risque et de l’aventure.Ce gestionnaire doit savoir que, quelle que soi! sa compétence, il se place en situation « de risque permanent et d’incertitude structurelle ».La future politique culturelle du Québec devra, de ce fait, tenir compte des contraintes spécifiques aux industries culturelles et prévoir « des programmes souples capables de soutenir le risque et l'incertitude ».C’est du moins l’avis exprimé par M.François Colbert, titulaire de la Chaire de gestion des arts de l'École des Hautes Études Commerciales (HEC), qui présentait hier son mémoire à la commission parlementaire de la culture.Si les entreprises culturelles ou artistiques se retrouvent souvent en situation déficitaire, il faut chercher les causes précisément dans ce contexte de « risque et d’incertitude » propre à ce secteur, et non pas du côté « de la mauvaise gestion comme l'opinion populaire peut le croire », peut-on lire dans le mémoire.La Chaire de gestion des arts des H EC effectue des recherches sur .< les pratiques managériales en milieux artistiques et culturels », et vise la formation de gestionnaires d’en-I treprises culturelles.Le mémoire présenté hier en commission parlementaire stipule que « la gestion d’une entreprise artistique est essentiellement une gestion du risque : continuelle mise en marché de nouveaux produits, impossibilité de tester avant le lancement, obligation de retirer du marché même en situation de succès, impos-j sibilité de stocker en cas de mévente { constituent les dimensions ineontour-I nables de ce risque permanent».L'État pourrait trouver les | moyens de mieux aider les entreprises culturelles, est persuadée l’institution.Ses leitmotivs seraient alors .débureaucratisation », simplifica-! tion des procédures administratives, ; souplesse dans l’application des nor-j mes et assurance d’un financement plus stable.La motivation de l’État dans son soutien financier aux entreprises artistiques et culturelles devrait être fondée, selon la Chaire, sur « le soutien à l’excellence, où qu’elle soit ».Le mémoire de la Chaire, intitulé « Créer et gérer, deux réalités, un même but », rappelle que, contrairement à une entreprise de tout au-| tre secteur, l’industrie culturellle répond à un projet artistique, dont la finalité « ne se mesure donc ni en termes de profits générés ni en termes de rendement sur le capital ».Le Musée des beaux-arts Une des grandes institutions cultu-j relies du Québec, le Musée des I beaux-arts de Montréal, a fait valoir, par ailleurs, aux membres de la commission parlementaire, que le musée avait « besoin d'un soutien financier à la mesure de sa mission, de son envergure, de sa programmation et de ses nouveaux espaces, et cela en proportion avec ce qui est accordé à d’autres grands musées ».La direction du musée souhaite donc « vivement que le gouvernement du Québec continue de nous ap-Volr page B-2 : Industries gjjjjp É-IIÜUMOC T D ARl O lEMQü B-2 M Le Devoir, mercredi 23 octobre 1991 UNE POLITIQUE DE LA CULTURE L’industrie culturelle : risque et incertitudes permanents NDLR — Durant la commission parlementaire des affaires culturelles, LE DEVOIR publie chaque jour des extraits des mémoires les plus significatifs qui y sont soumis.Aujourd'hui des extraits du mémoire de la Chaire de gestion des arts de l'école des Hautes études commerciales de l'Université de Montréal.DANS LES sociétés globalisées, médiatisées et informatisées dans lesquelles nous vivons, l’État doit répondre avec empressement et justice aux besoins exprimés par ses contribuables.Ces besoins, ces goûts et ces aspirations légitimes, nous disposons maintenant de moyens éprouvés pour les cerner et aucune raison, qu’elle soit de nature idéologique, technologique ou économique, ne peut justifier que subsiste quelque inégalité que ce soit au chapitre de l’accessibilité matérielle aux produits artistiques.En ce sens, nous appuyons sans réserve la position exprimée dans la Proposition Arpin quant à l’urgence d’établir une cartographie complète des équipements culturels installés sur notre territoire en vue d’en compléter au plutôt le parachèvement.Car, et des études socio-démographiques et psychographiques nous en préciseraient l’ampleur, les besoins ressentis par la population québécoise, partout sur l'ensemble du territoire, pour les produits culturels de pointe, tant nationaux qu’internationaux, nous portent à croire que cette accessibilité matérielle est une condition nécessaire à notre développement.Il n'est pas question pour nous, ici, de réduire le développement culturel aux possibilités matérielles de consommation de produits culturels — une politique générale du développement culturel fera, on s’en doute bien de l'éducation une pierre angulaire de ce développement.Qu’il nous suffise de réaffirmer toutefois le droit des citoyens aux arts et le rôle que l’accessibilité matérielle aux arts peut jouer dans un projet global de développement culturel.Nous sommes conscients, il est vrai, que les conjonctures démographiques et géographiques posent un défi onéreux, tant aux pouvoirs publics chargés d’assurer un juste accès aux arts qu’aux entreprises artistiques elles-mêmes qui, aux prises avec des ressources rares et des marchés numériquement resteints et géographiquement étendus, ressentent avec douleur leur actuelle impossibilité de répondre à la demande croissante des consommateurs.Ces remarques exprimées dans le contexte de la diffusion des arts vivants, valent également pour la diffusion des arts visuels et de la littérature.Mais, encore une fois, soyons clairs : un réseau parachevé de salles de spectacles, de centres d’exposition et de bibliothèques publiques, tant nécessaire soit-il, ne servira qu’à desservir les marchés 4 Industries puver avec vigueur, en augmentant sa'contribution à l’organisme, au même titre que d’autres secteurs de recherche-développement », peut-on lire dans le mémoire.Présentant le Musée des beaux-arts comme « l’un des plus remarquables » au Canada, les dirigeants du MBA ne se sont pas prononcés, dans leur mémoire de 15 pages, sur une politique des musées ou sur le type de politique culturelle qu’ils souhaiteraient voir pour le Québec.Quant au Centre de valorisation du patrimoine vivant, il a tenu à souligner qu’il ne s’agit plus « tellement de conserver passivement des traces de pratiques du passé, mais de communiquer et de partager des valeurs culturelles présentes ».Le patrimoine vivant, « culture de la vie quotidienne », englobe les « pratiques transmises de génération en génération sans interruption dans le temps, pratiques toujours actuelles ».En clair, il peut s'agir des contes et légendes, des danses folkloriques, des vieilles chansons, etc.La ville de Sept-ïles, de son côté, revendique plusieurs choses, dont « la création dans chaque région d’un fonds régional pour le développement et que la ventilation et la répartition se fasse en concertation avec les municipalités et les milieux culturels ».La municipahté souhaiterait aussi que Radio-Québec soit incitée « à concevoir des programmes mettant en évidence les productions régionales », et que les bureaux régionaux de Radio-Québec « soient dotés de ressources leur permettant d'être le reflet de l'actualité culturelle régionale ».« Communication et culture, bien qu’étant reliées, doivent rester distinctes », croit pour sa part le Regroupement des télévisions communautaires et locales du Québec, un organisme qui ne favorise pas le transfert du dossier des médias au ministère des Affaires culturelles.La ville de Mont-Laurier a soutenu quant à elle que « le ministère des Affaires culturelles doit cependant voir l’action municipale comme un ‘accélérant’ au développement culturel et artistique du Quebec et non pas comme une substitution de son rôle.Limité par la capacité de payer de ses citoyens, aucun développement des infrastructures d’accueil à la diffusion de spectacles ne pourra voir le jour sans une intervention ‘indexée’ de l'État en regard à l’indice économique de notre région ».Aujourd'hui, on entendra les mémoires du Mouvement Québec français, de l’Association des organismes musicaux du Québec, de la ville de Boucherville, le Congrès juif cana dien et les Services communautaires juifs de Montréal, du Cégep de l’Abi tibi-Témiscamingue, de la ville de Gatineau, du Musée des religions, de la ville de Rouyn-Noranda, du Théâ tre du Nouveau Monde, du Playwrights Workshop Montreal et du Conseil régional de la culture de ébec.4 Canadiens nés ou bombes étaient désamorcées sur place pour être détruites plus tard.D’autres, trop dangereuses pour être transportées ou même manipulées, étaient détruites sur place.Un spécialiste reliait les bombes entre elles grâce à des fils spéciaux et faisant sauter le tout.Enfin, plusieurs bombes explosaient sous l’effet de l’oxydation et de la chaleur.Ce type d’explosif était le plus difficile à identifier.Après le déminage, les soldats ont monté des tentes et construit des abris temporaires pour les observateurs.Des panneaux spéciaux étaient déployés autour des sites, marquant ainsi les limites de la zone de sécurité.Au-delà, le désert et ses mines qui dorment sous le sable.Les équipes de soldats canadiens n’ont guère profité des abris qu’ils construisaient.Après une journée de travail, ils couchaient à la belle étoile ou dans leur camion pour éviter les scorpions et les araignées, particulièrement géantes dans ce coin du monde.« De toute façon, personne ne pouvait coucher dans ces abris apres une journée où la température atteignait facilement 60 à 65° C, dit le major Isabelle.Après avoir terminé l’aménagement d'un poste d’observation, les équipes repartaient très tôt le matin pour dégager d’autres routes et construire d’autres abris.« Pour faciliter la tâche des observateurs des Nations unies, tout un système de panneaux de signalisation a été installé le long des routes qui servent pour la patrouille de la zone démilitarisée, dit le capitaine Roy.Ces panneaux indiquent le kilométrage, la position et les endroits minés.Malheureusement, les Irakiens qui pénètrent dans la zone démontent ces panneaux pour se servir des matériaux.Il faut donc envoyer des soldats pour installer de nouveaux panneaux.C’est une question de vie ou de mort pour ceux qui s’aventurent sur ces routes ».En quelques mois, les militaires canadiens ont dégagé plus de 1000 kilomètres de pistes de patrouille et détruit plus de 8000 mines et obus non explosés.À la fin de cet été, les soldats ont coulé les socles de béton sur lesquels ont été installées les nouvelles maisons mobiles climatisées pour les observateurs.Chacun des 18 sites est composé de cinq maisons, d’une cour centrale et d’une clôture de barbelés.L’aire d’atterrissage est situé à environ 200 mètres du campement.Entre 20 et 30 observateurs peuvent vivre dans un tel site.Les militaires canadiens ont aussi reçu la tâche de transformer l’ancien hôpital irakien d’Umm Qasr en un nouveau quartier général pour la MON UI K.C mm Qasr est située dans le sud de l’Irak à la frontière avec le Koweit.Cette ville de 50 000 habitants est un port qui donne sur le Khor Abdullah, une voie d’eau chaudement contestée par les deux pays.Pour me rendre à Umm Qasr, les Nations unies ont négocié pendant soirée CA S I N 0 M * f CENTRE DES FEMMES DE MONTRÉAL SOIRÉE BÉNÉFICE Lu ' Soiree Casino*/, qui sera sans nul doute memorable, aura lieu dans la salle de bal de l'Iiôlel llonaventure Hilton de Montréal.I Place llonaventure.Montréal.le* jeudi 24 octobre* 1991.1X1i30 Cocktails I9H30 Souper 21 h Casino et danse il’rix de présence) 110 S par personne I enue de \ille (laxes incluses) existants avides de culture; il ne sera qu’un instrument au service d’un plan stratégique de développement culturel.Le défi managérial Depuis la fondation, en 1984, du Groupe de recherche et de formation en gestion des arts jusqu’à la création toute récente de la Chaire de gestion des arts de l’École des Hautes Études commerciales de Montréal, nous nous sommes penchés sur la question du management en milieux artistiques et culturels.Nous n’avons eu de cesse, et ce travail est bien loin d'être terminé, de proclamer l’intégrité, l’inaliénabilité et la complexité réelle des produits artistiques, de décrire les caractéristiques des marchés de consommation des biens culturels, de réfléchir à l'apport des sciences de l'administration à la saine gestion des entreprises artistiques et culturelles bref, d’analyser la spécificité de ce secteur de l’activité humaine d’un point de vue managérial.J’invite les distingués membres de cette commission à consulter le Cahier de recherche intitulé « La recherche et la formation en gestion des arts à l’aube des années 1990 » que j’ai publié l’année dernière et que nous déposons en annexe au présent mémoire.Il développe beaucoup plus longuement que la présente tribune ne nous le permet cette complexe problématique.Nous nous permettrons ici de n’attirer votre attention que sur certains aspects que nous jugeons essentiels.1.Contrairement à toute entreprise à caractère lucratif, l’entreprise artistique répond à une mission de réalisation d’un projet artistique et sa finalité ne se mesure donc ni en termes de profits générés ni en termes de rendement sur le capital; l’évaluation du rendement sera plutôt faite à partir d’indicateurs de nature esthétique d’où toute valeur quantitative (profit, taux de fréquentation) est ou devrait être exclue; il est évident par ailleurs que l’organisation doit présenter en fin d’année financière un résultat des revenus et dépenses équilibré.Par ailleurs, ces caractéristiques font que les compagnies du domaine des arts peuvent être assimilées aux départements de recherche et de développement des grandes compagnies du secteur manufacturier (on sait par expérience la quantité de ressources qui doivent être englouties dans de tel département de recherches avant d’obtenir le résultat garant du succès); 2.la haute direction d’une entreprise artistique est assumée par la direction artistique dans le cas d’entreprises à gestion unique; dans le cas d’entreprises à gestion bicéphale, l’administratif est généralement subordonné à l’artistique; le rôle du gestionnaire est d’abord et avant tout de collaborer à la réalisation du projet esthétique de la compagnie par une utilisation rationnelle et imaginative des maigres ressources à sa disposition; 3.nous avons parlé de projet artis- tique; nous aurions pu ajouter projet affectif car, dans toute entreprise artistique, la relation qui lie les artisans au produit est de nature affective plutôt que fonctionnelle; 4.contrairement à une entreprise commercialisant un produit de consommation courante où la nature du produit est subordonnée au goût des consommateurs, une entreprise artistique développe et offre un produit pour lequel elle doit identifier le segment, parfois mince, de consomma- Meurs chez qui ce produit suscitera un intérêt.On comprend, dans un tel contexte, le défi qu’un marketing stratégique doive relever; 5.la gestion d'une entreprise artistique est essentiellement une gestion du risque : continuelle mise en marché de nouveaux produits, impossibilité de tester avant le lancement, obligation de retirer du marché même en situation de succès, impossibilité de stocker en cas de mévente constituent les dimensions incontournables de ce risque permanent; or tout gestionnaire d’entreprise, ceux qui font la mise en marché de produits de consommation courante en particulier, savent que le lancement d'un nouveau produit constitue l’opération la plus risquée qui soit et que le taux d’échec est élevé.Nous pourrions continuer la description.Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que le gestionnaire d'une entreprise artistique, dans un contexte de ressources humaines et financières rares, gère une entreprise complexe (et qui, au demeurant tend à se complexifier toujours davantage — qu’on pense ici aux institutions muséales dont la croissance et la complexification sont extrêmement rapides — ) en contexte de risque permanent et d’incertitude structurelle.C’est ce contexe de risque et d’incertitude qui explique d’ailleurs la situation déficitaire dans laquelle se retrouvent bien souvent les entreprises artistiques et non pas la mauvaise gestion comme l’opinion populaire peut le croire.Il faut reconnaître tout de même que ce secteur d'activités aussi comporte son lot de mauvais gestionnaires ou de mauvaises décisions de gestion.Oui, affirmons-le clairement : les gestionnaires de nos entreprises âr-tistiques redoublent de créativité, d’imagination et d’invention.Leur style de gestion est à la fois audacieux, innovateur et prudent et si, à titre d’exemple, on regarde avec quel taux de succès ils traversent la récession actuelle, on voit, et il convient de le réaffirmer, avec quel talent et quelle ténacité ils tiennent la barre.Une politique des arts devra pren dre en compte la nature des con traintes internes et externes auxquelles est confronté le secteur des arts et prévoir des programmes sou pies capables de soutenir le risque et l’incertitude.Pour notre part, nous ne cesserons, à travers la formation que nous dispensons aux gestionnaires d'entreprises artistiques, (l’offrit les outils jugés pertinents à l’analyse et à la prise de décision.Ceci est np; tre raison d'être.SECTEUR NORD lia Bublyan Umm an Nmml •KOWIIT DOHA K DÉPLOIEMENT DE LA MONUIK, OCTOBRE 1991 IRAK A Poste 0 observation Limite de secteur QG Gisement ! de pétrole Zone démilitarisée *C4 ^ s \ y _ ./ f ¦ iA KOWEÏT A»* / / A./S5^- / SECTEUR SUD / / / / i -< : J *A __ ARABIE SAOUDITE KÉPI HI.IQlj; ISLAMIQt K DIRAS Uaahkar r/ Ha Faltaka Ha Awhah Réalisation Sylvie Adbfo La zone démilitarisée de part et d’autre de la frontière entre l’Irak et le Koweit est divisée en trois secteurs avec chacun six postes d'observation.Le quartier général de la MONUIK sera bientôt transféré à L'min Qasr, dans le sud de l’Irak.plusieurs jours avec les autorités irakiennes l’obtention d’un laissez-passer de quelques heures.'Trois soldats canadiens m’accompagnent et nous empruntons la route qui longe le bord de mer et l’ile de Bubiyan, une parcelle de territoire que l’Irak revendique depuis longtemps.Arrivés à la frontière, les militaires irakiens ne tentent même pas d’arrêter notre véhicule pour vérifier nos papiers.Ils nous laissent passer en nous saluant.L’hôpital que les militaires canadiens rénovent n’a guère servi depuis sa construction il y a dix ans.Le bâtiment d’un étage avec sous-sol est ultra-moderne, les pièces spacieuses, mais les équipement médicaux et techniques sont tombés en désuétude faute de réparation.« Ce sont des Suisses qui ont cons- truit ce bâtiment et installé les équipements, dit un sergent.Malgré le délabrement de l’hôpital, nous avons réussi à le rénover parce qu’il était bien bâti.J’ai été étonné de voir à quel point les Irakiens n’ont pas entretenu un tel bâtiment.Nous avons trouvé des équipements qui pouvaient fonctionner sur simple pression d’un bouton».Les murs de l’hôpital sont tapissés de fresques colorées à la gloire de Saddam IIussein et de son armée.Dans quelques mois, l’administration de la MONUIK sera transférée dans ce bâtiment et seulement quelques pièces seront utilisées comme clinique d’urgence.Pour retourner à Doha, nous empruntons la route qui mène à Safwan, là où les forces alliés ont obtenu la reddition de l’armée irakienne.Puis nous prenons l’autoroute qui file vers le sud.En entrant au Koweit, les champs pétrolifères du nord brûlent toujours.Nous nous arrêtons pour regarder, mais pas pour longtemps.À peine sommes-nous descendus de la camionnette que nous retournons à nos siège : une fine pluie de goute-lettes de pétrole tombe sur la région souillant les vêtements et polluant l’air.Tous les feux seront éteints au début novembre.Dans les entrepôts de Doha, les 60 ingénieurs et 25 techniciens de Val-cartier préparent leurs quartiers pour les six prochains mois.Ils arrivent au bon moment.La température baisse chaque jour, l’air est moins pollué, les infrastructures sont en place.« La vie va être plus facile pour nous, dit le capitaine Nicolas El Daoud, du 5e Régiment du génie de combat.Mais le travail ne manquera pas.» Le nouveau contingent canadien verra à terminer la rénovation do l’hôpital d’Umm Qasr et à l’aménagement de plusieurs postes d’observation.Les routes devront être entretenues et la destruction d’explosifs sera toujours une préoccupation quotidienne.Enfin, lorsque la Commission de démarcation des Nations unies sur le tracé des frontières entre les deux pays aura terminé ses travaux, ce qui n’est pas pour demain, les arpenteurs du contingent seront appelés à installer les bornes.Les Canadiens sont au Koweit pour longtemps.CINÉMA L’émotion nue, nuit et jour Nuit et jour Réal Chantal Akerman France/Belgique 1991 (91 min) V o française Aujourd'hui à l'Outremont, 19 h Samedi, à l'Élysée, 19 h Odile Tremblay D’UN FILM à l’autre, la Belge Chan tal Akerman poursuit sa quête exigeante du sens, de l’essence.Elle refuse de se laisser distraire par une action, par des décors, vise l’émotion nue.Une mission difficile qu’elle accomplit en sacrifiant les détails séducteurs, superflus à travers une oeuvre résolument anti-commer ciale.Son dernier-né Nuit et jour rappelle celui de Philippe Garrel {.l'entendsplus lu guitare, présenté au même festival).Les deux cinéastes partagent un amour pour le cinéma intimiste, les sentiments qui effleurent un visage, les silences, l’immobilité qui soudain craque et montre une fêlure, les mots tenant davantage du rituel que de la véritable communication.Mais là où Garrel est plus tendre, plus sensuel, Akerman fouille la surface lisse des événements en traquant le moment où les choses soudain basculent.Il y a une dureté dans son regard impitoyable et une pureté dans le net de ses beaux cadrages soignés.Il y a aussi des êtres captés à mi-corps, et des lits, des étreintes, et des rues.Toutes couleurs qui portent l’inimitable signature d’Akerman.C’est d’amour dont il est question dans Nuit et jour.Une passion adolescente qui lie Julie (Guilaine Lon-dez) et Jack (Thomas Langmann).La nuit, il conduit son taxi et elle erre dans le rues de Paris.Le jour, ils font l’amour dans un petit logement un peu sordide.Ils n’ont pas le téléphone, ils ne connaissent personne.Et vogue la lune de miel.Mais voici qu’apparaît Joseph dans la vie de Julie.Ils deviendront amant la nuit.La belle menant ses deux liaisons de front, le jour à Jack, la nuit à Joseph Dort-elle parfois?On en doute.Pense-t-elle ?On en doute aussi Mais elle marche et se laisse aimer Peux t on rendre vraiment deux hommes heureux ?Non, répond la cinéaste.D’une semaine à l’autre, l’état de grâce s’effrite.Jack se met à souffrir sans comprendre pourquoi.Joseph serre les poings, Julie cherche à colmater les brèches.Rien de brûlant dans le jeu des comédiens.L’amour, la jalousie, le doute se vivent sans cris, sur le mode du murmure.On dépiste les émotions au coin de l’oeil, dans un geste soudain saccadé qui annonce la rupture.Le degré d’intimité lui, est inscrit dans la posture des corps.Jack et Julie sont toujours enlacés tandis (jue Joseph et Julie marchent côte à côte.Le second venu n’occupera jamais la première place.Les personnages sont distanciés, souvent presque absents d'eux-mê-mes, comme cette Julie traversant la mêlée de son sourire béat.Dans sa peau, Guilaine Londez se révèle presque irritante de mystère.Estelle humaine ?On n’en est pas très sûrs, jusqu'à cette scène où, épuisée entre ces nuits et ses jours, elle s’endort, devient quelques instants vul nérable, pour mieux se diviser de plus belle.Ici, les personnages par lent beaucoup mais se livrent peu.Il faut les décoder en silence.Thomas Langmann rend avec beaucoup de sensibilité un Jack qui s’agite sous la pression d’une menace inconnue Même si Nuit et jour s’étiole parfois, manque de souffle à mi parcours, la cinéaste rattrape ses acteurs en boni de ligne, les conduit par le main jusqu'au dénouement (trop abrupt).La beauté du film d’Akerman réside dans la musicalité de sa facture.Nuits et jours ponctuent l’action comme des thèmes aux multiples va.riations.Il y a des leitmotive lanci» nanls : la marche de Julie la nuit venue et ces taxis qui envahissent le Paris nocturne.La lumière est helld aussi et chaude.Elle caresse les visages, puis se transforme sans cricii gare en déchirure.Les décors intérieurs sont feutrés comme des et)' cons d’intimité, La rue est froide,' blanche.Quant au jeu sobre, trop soi bre des comédiens, il contribue au caractère inéluctable d’une oeuvre finalement tragique dont même, les1 acteurs n’ont pas la clé.4 « < Le Devoir, mercredi 23 octobre 1991 ¦ B-3 TPS et Salon du livre Le Salon montréalais perd 50 exposants Serge Truffaut L'IMPOSITION de la TPS aété vertement condamnée par les organisateurs du Salon du livre de Montréal qui estiment que son introduction aura eu pour effet de réduire sensiblement la quantité d’exposants qui participeront à la lie édition de cet événement qui se tiendra entre les 14 et 19 novembre à la Place Bo-naventure.Président du conseil d’administration du Salon du livre de Montréal, M.Marcel Couture a confié qu'en raison de la TPS le nombre de kiosques va passer de 560 l’an dernier à 510 cette année, soit une diminution de 10 % sur 1990.Le ton ferme, le verbe impératif, M.Couture a déclaré lors d'une conférence de presse convoquée hier que « nos gouvernements sont en train de nous étouffer.Lentement mais sûrement, l’édition d'ici commence à suffoquer.Le maintien de la TPS sur le livre, condamne sans aucun doute l’édition québécoise et tous ses artisans à la guillotine ».Pour sa part, M.Jean-Claude Germain, president d’honneur du Salon, a qualifié la TPS « d’obscène ».Pour pallier au revers de fortune qui frappe aussi bien les libraires que les finances du salon du livre, M.Couture estime que « les gouvernements du Québec et du Canada se doivent de prendre des mesures dra-# coniennes pour ranimer énergiquement toute l’industrie culturelle et en particulier le monde de l’édition ».Donnant l’exemple, les autorités du Salon ont décidé d’absorber la TPS.Autrement dit, le consommateur, l’amateur qui ira palper les piles de livres qui seront présentés à cette occasion ne payera pas la taxe en question sur le prix d’entrée de 5$.La TPS, mais surtout la morosité qu’elle a communiquée tant chez les libraires que chez les simples amateurs des choses écrites, va opérer une soustraction sur le nombre de visiteurs attendus cette année.Les organisateurs prévoient en effet que 10:1000 personnes franchiront les portes d’entrée du salon contre 110 000 l’an dernier.La TPS mise à part, le président du Salon a indiqué que des liens étroits avaient été établis avec les organisateurs du Salon du livre de Brive.Au cours de la présente semaine, M.Couture et plusieurs auteurs québécois vont se rendre dans cette ville située dans le département de la Corrèze afin de traduire dans les faits la collaboration amorcée.11 est probable qu’à l’occasion de la 15e édition, les confrères français de M.Couture, M.Germain et de Mme Francine Bois, directrice générale, « prêtent » au Salon de Mont- réal une ou deux expositions littéraires.Comme ce fut le cas lors des éditions antérieures, le Salon va inviter cette année des personnalités dites de marque.Quelles sont-elles ?Hervé Bazin, Solange Chaput-Rol-land.Régine Deforges, Christiane Duchesne, Suzanne Jacob, Jean La-couture, Danny Laferriere, Emmanuel Locha Mateso, Paul Nizon, Jean Provencher et Esther Rochon.Côté récompenses, les prix du Grand Public, d’Air Canada, Alvine-Bélisle, de la ministre de l’Enseignement supérieur ainsi que le prix littéraire Canada-Communauté française de Belgique seront décernés entre le 14 et le 19 novembre.Bien évidemment, tables rondes, émissions littéraires et autres activités seront organisées dans le cadre de ce Salon qui a choisi Je livre comme slogan.Simon YVebb et Susinn McFarlen dans The Grocer's Wife.w*aeM* Snap»* W ' k.r H % tjr'mÆ AB I \wÊ ¦Æ t I\* L’eunuque canadien Nathalie Petrowski J E N E SAIS pas de quel mal souffre le Canadien anglais moyen mais s’il faut se fier aux films qui se font présentement sur lui, j’en viens à l’inévitable conclusion que l’homme canadien, celui que l’on disait errant, sans racine et sans identité, est devenu avec les années et l'émergence d’un certain cinéma d’auteur, l’incarnation par excellence de l’eunuque moderne.J’en ai pour preuve trois films canadiens qui ont été réalisés à peu en même temps et qui mettent tous en scène le même personnage paumé, à savoir le mâle blanc et caucasien, âgé entre 20 et J0 ans, personnage aussi mou qu’émasculé qui nourrit une peur panique des femmes, qui n'a jamais eu la moindre relation sexuelle, ni relation tout court, le grand dadais épais qui vit dans l’ombre de sa mère et qui dans le meilleur des cas finit par perdre son humiliante virginité et dans le pire, par se joindre au clan des psychopathes anonymes.Cet eunuque a fait son apparition dans le premier film canadien de Yves Simoneau intitulé Perfectly normal.Il a récidivé dans Highway 61, le film de John McDonald qui a inauguré le Festival du Nouveau cinéma.Et il revient une fois de plus dans The grocer's wife, un film de John Pozer, présenté ce soir au Parallèle à 23 h et dimanche à 18 h à la Cinémathèque, film qui a valu à son réalisateur une mention spéciale au Festival de Toronto ainsi qu’un chèque de 25 000 $ de la part d’Atom Egoyan.Des trois films The grocer’s wife est sans contredit le plus étrange ne serait-ce que parce qu’il a été réalisé avec des bouts de chandelle et qu’à force de manquer de moyens, le réalisateur John Pozer, un transfuge de Vancouver qui vit actuellement à Montréal, a fini par se trouver un style, sinon maladroit, au moins original.Au centre de cette histoire insolite campée dans un petite ville industrielle canadienne à côté de laquelle même le fin fond du Nebraska serait plus excitant, s’élève une immense cheminée (serait-ce un symbole phallique déguisé) qui crache son horrible fumée et empoisonne la population dont tous les habitants sans exception ont la mauvaise habitude de fumer comme des condamnés.Dans cet univers aussi agréable qu'un asile psychiatrique, Tim, l’eunuque de service, vit avec sa mère, la reine des chipies et une sorte de Joan Collins de bas étage qui terrorise son pauvre fils et le tient dans un état d’infantilisme avancé.Deux autres femmes viendront compléter le tableau : la femme du dépanneur, une toutoune tellurique qui fait du rentre-dedans à Tim et une striptea-seuse sans-gêne qui vient s’installer FESTIVAL INTERNATIONAL OU NOUVEAU CINEMA ET DE LA VIDEO MONTREAL chez Tim pendant que sa mère qui a respiré trop de fumée, crève à l’hôpital.Plus noir que ça, tu meures .de préférence dans un incinérateur.La critique canadienne anglaise a déjà dit de ce film qu’il était foncièrement dangereux.Elle avait raison.Les bons sentiments ici n’existent pas.Tout dans cette comédie noire n’est que frustration, haine, hargne et ressentiments.Même Tim, le pauvre eunuque qui n’oserait pas faire de l’oeil à une mouche, nourrit de sombres plans de vengeance à l’endroit de la stripteaseuse qui se prend pour sa mère, couche dans le lit de cette dernière et finit par devenir sa copie èonforme.À la fin de tout, quand maman sera morte et ses cendres dispersées, quand la striptea- seuse sera partie avec un vieux cowboy sirupeux, quand le dépanneur aura vendu son commerce pour ouvrir un club de danseuses nues, Tim ne pourra plus rien contre la femme du dépanneur qui resserera autour de lui sa toile d’araignée, trempée dans le miel de sa lubricité.Alors que les eunuques de Perfectly normal et de Highway 61 retrouvent en bout de piste un semblant de virilité, Tim lui ne retrouve rien sinon une impuissance fondamentale qui le fait regarder l’immense cheminée et y voir sa condamnation.John Pozer aura beau dire qu’il a imaginé une histoire d’amour existentielle vue de l'intérieur d’un nuage de fumée, il y a beaucoup trop de fumée, donc dé pollution dans l’âme de ses personnages pour que l'amour ait la moindre chance de s’élever au-dessus des cendres du passé.De quel mal souffre l’eunuque moyen, je ne saurais le dire mais si je me fie aux conclusions de John Pozer, je crois comprendre qu’il n’y a pas d’issue, pas de porte de sortie.Malheureusement pour la santé mentale nationale, les eunuques canadiens deviendront des hommes quand les poules auront des dents et que les cheminées industrielles cracheront de l'encens.En attendant, il faudra accepter l’idée qu’on a les eunuques qu’on mérite et les hommes politiques qu’il faut pour les gouverner.TELEVISION/chronique Les caprices de Morphée Hugo Léger | DEPUIS qu’il a mis la dernière main I à son reportage Les damnés du ! sommeil ( Enjeux, ce soir, 21 h), le j journaliste Bertrand Hall, qui se i définit comme un oiseau de nuit, a changé ses habitudes.Il ne se couche pas encore avec les poules, mais s’est décidé à poser des rideaux, « et des épais», à sa chambre, et d'insonoriser la pièces.Mais plus encore que ces trucs pour mieux succomber aux bras de Morphée, Hall s’est intéressé aux conséquences sociales d'un dérèglement du sommeil, de la fameuse horloge biologique.Et vous, téléspectateurs, en serez quitte pour un peu d’insomnie .« L'être humain a toujours été un animal diurne, conçu pour travailler le jour, dit le reporter.Mais il y a 100 ans, quand Edison a inventé l’ampoule électrique, il a permis au monde de travailler la nuit, de rogner sur ses heures de sommeil.Mais quelqu’un s’est-il demandé si l’homme était capable de bosser la nuit ?La réponse est non.Notre société, qui s’est permis, pour des raisons de rentabilité et de sécurité, de changer ce qui a été la règle depuis toujours, reste complètement ignorante des fonctions du sommeil, de ce qui régit le tiers de notre vie ».On estime à plus de 100 milliards $ les coûts sociaux du manque de sommeil : mauvais apprentissage scolaire, absentéisme, catastrophes.Chaque année, aux États-Unis, 40 000 accidents seraient causés par des gens qui s’endorment au volant.D’entrée de jeu, Les damnés du sommeil s’arrête aux métiers à risques, aux simples mortels qui vivent des quarts de travail brisés, et biologiquement affolants.En 1978, le policier Caron pique un somme au volant et entre dans le décor.Il est 2 h de l’après-midi.L’agent a tout fait pour échapper aux horaires alternés jour-nuit-jour.En vain.« On se lève à l'heure des cultivateurs, dit-il à l’écran, pour se coucher plus tard qu’une danseuse à gogo ».Bertrand Hall tourne alors sa caméra vers une profession où la viligence est vitale : pilote d’avion.Le commandant Guertin, de Air ’Transat, témoigne des décalages horaires ahurissants.Il n’a jamais eu d’accident d’avion : il est juste entré dans un poteau en sortant de Dorval.À la raffinerie Shell de Montréal-Est, jour et nuit, des opérateurs se relaient pour assurer le fonctionnement de l’usine.Là encore, des horaires en dents de scie qui transforment les hommes en zombies.« J’ai arrêté la mauvaise pompe.J’ai poussé sur le mauvais bouton, ce n’était pas une erreur bien grave, mais c’est arrivé», dit innocemment un employé.L’occasion est trop belle : le journaliste enchaîne avec les tragédies de Bhopal, de Three Miles Island, de Tchernobyl et de l’Exxon Valdez, qui, pour la plupart, se sont produites la nuit.« Dans certains cas, et même si c’est difficile à prouver, les experts n’hésitent pas à tirer une ligne directe quart de travail-fatigue-erreur ».Problèmes cognitifs, de somnolence, de mémoire, le sommeil traîne un cortège de maladies : on en a répertorié au moins 58.« L’ensemble de ces maladies louche de 20 à 30 % de la population, prétend Bertrand Hall, et on ne parle même pas des insomniaques ».L’une d’elle, la narcolepsie a frappé un homme de Granby, Guy Fournier.L’homme s’endormait partout et à tout moment, et ses rêves, immédiats, apparaissaient affreusement réels.Un vrai cauchemar.Il a perdu son commerce, son emploi, ses économies, sa famille.On Ta enfermé deux mois en institution psychiatrique.En route, vous apprendrez aussi que le ronfleur subit entre 200 et 700 arrêts respiratoires par nuit et que le bruxisme est la maladie de celui qui grince des dents.« Le sommeil a toujours été l’enfant pauvre de la médecine, dira le docteur Jacques Montplaisir de la Clinique du sommeil de Sacré-Coeur.Du fait que les médecins examinent toujours leurs patients à l’état de veille ».Si la Sleep Disorder Society, une organisation mondiale, compte aujourd’hui plus de 2500 membres et multiplie les congrès, on navigue toujours en plein mystère circadien.A ces problèmes, les médecins ont souvent une solution toute faite, toute ronde : les somnifères « dépendogènes » et inefficaces après un certain laps de temps.Au Canada, la pilule pour dormir représente un marché de 63 million $.Le problème est tel que Thalcion, un puissant calmant, a été interdit en Angleterre et le Canada songe à emboîter le pas.Mais quatre fois sur cinq, la journaliste Alexandra Szacka, prétendant l’insomnie, est sortie du cabinet du médecin avec une ordonnance de tranquilisants.Un seul a procédé à un examen physique.Mais entre la petite pilule pour dormir et le traitement de pointe, y a-t-il d’autres pistes ?La lumière, répondent en choeur plusieurs spécialistes.Charles Seizler du Laboratoire du sommeil de Boston déclare qu’elle est « le plus puissant stimulus découvert pour réajuster l’horloge interne.Des lumières plus brillantes peuvent envoyer un signal au cerveau qui comprend alors que c’est le jour ».La température trop élevée, le trop grand confort, « il faut redessiner le lieu de travail pour je jour comme pour la nuit », enchaîne un spécialiste de l’Institut circadien de Boston.Assis dans la salle de visionnement, Bertrand Hall a l’air un peu vanné.Les dernières semaines ont été épuisantes : de son voyage au bout de la nuit, il a ramené plus de 20 heures de bobines, et des poches sous les yeux.Mais son reportage, lui, devrait vous tenir bien réveillé.DIMANC1IE SOIR dernier, au Gala Excellence de La Presse, comme à chaque année, c’était la soirée des témoignages en cascades, des remerciements, comme les sacs de plastique, à ne plus savoir où les mettre, dans le tiroir ou au frigo, de l'humilité, fausse ou vraie, des valeurs sûres.C’était le gala des cheveux gris, des noeuds papillon (à l’exception d’Hubert Reeves, ce merveilleux clochard céleste, qui avait laissé sa chemise entrouverte).Avec son sens du timing et de la réplique, longtemps cultivé sur les planches du Théâtre des Variétés, Gilles Latulippe s’est étonnemment bien acquitte de son rôle, secondé par une Suzanne Lapointe qui s’en tenait à son texte comme un cheval enligne l’écurie.Dans l’ensemble, trop d’invités décoratifs qui faisaient deux petites phrases puis s’en allaient, trop de conservations inachevées qui débouchaient sur un hommage-minute, comme le steak du même nom.Pour tout dire, trop de crémage sur le gâteau.Et en plus nous n'avons pas bien vu les gagnants recevoir leurs prix, pas plus qu’on ne les a entendus.Deux heures durant, on s’est donc bombé le torse, mais pas trop quand même, de peur d’envoyer son tux chez le couturier.Le moulin à superlatifs déplaçait beaucoup d’air et la brise, parfois, me relevait la crête de l’excellence.Très heureux tout de même pour la personnalité de Tannée, Jean Vanier.TÉLÉ Ex Libris Sous le thème Le vice et la vertu, Patrick Poivre d’Arvor se paie un coup d'envoi salé : les Mémoires d’une fouet teuse d’une certaine Faty, La vieille qui marchait dans la mer de Frédéric Dard et Les filles du Calvaire de Pierre Combescot.On entend d’ici les soupirs.(TVS.21 h) *** La quatrième dimension Inspiré d’une célèbre série des années 60 ( Twilight Zone), ce film nage en plein fantastique, mais un fantastique près de la vie quotidienne.Mais, comme dans tout film à sketchs, certaines histoires sont plus réussies que d’autres.(Radio-Canada, Oh05) — Hugo Léger S j Deux visions du corps T rois spectacles de la compagnie Momix à la Pd A Mathieu Albert LES DANSEURS occupent la scène comme s’ils débarquaient d’une autre planète.Leur corps est frappé d’anomalie, leurs membres font pousser des excroissances soudaines, leur silhouette ne décrit plus les contours habituels de la forme humaine.Ils sont là, cinq en tout, à prendre un malin plaisir à semer le doute dans nos esprits, et à se muer en plasticine protéiforme pour déjouer nos idées préconçues et refaire le découpage corporel à l’image d’une matière imprévisible et aléatoire.Dans l’univers de la compagnie Momix (qui est installée au Connecticut), le subterfuge impose sa loi sur la réalité; le faux sur le vrai.La danse n’y est pas conçue comme une organisation du mouvement dans l’espace mais comme une forme de dérapage au coeur de l'onirisme et de la fantasmagorie joyeusement hallucinée : « Je ne crée pas mes pièces selon les procédures habituellement admises, dit Moses Pendleton, le directeur et fondateur de la compagnie en 1980, je crée plutôt mes pièces comme des tableaux, une succession d’images mouvantes.Mes idées sont d'abord et avant tout formelles; je cherche à placer le corps à l’intérieur d’un dispositif visuel qui pourra en renouveler la perception chez le spectateur, et augmenter le registre des possibilités techniques chez l'interprète.Je souhaite que le corps devienne autre chose que lui-même ».Résultat : des créatures difformes, saugrenues, pittoresques, tombées sur la scène comme si elles provenaient d’un au-delà.Après 21 ans de chorégraphie, Moses Pendleton (qui fut également l'un des fondateurs de Pilobolus au début des années 70) s’est imposé comme l’un des champions dans l’art d’actionner les leviers du féérique et du bizzaroïde.Ses oeuvres, qui sont exemptes de toute prétention métaphysique ou militante, réussissent à synthoniser la fréquence du cocasse, ei à faire vivre un peuple toujours crédible dans son extravagance, et sympathique dans sa façon de faire naître l’émotion au détour d’un artifice technique.Pour son passage à Montréal, au Théâtre Maisonneuve, à compter de ce soir jusqu'à vendredi, Momix présente la toute dernière création de Moses Pendleton, dont la première a eu lieu à Toronto le 10 octobre dernier.Une oeuvre qui met côte à côte deux visions du corps via le croisement de deux cultures, ainsi que deux façons d’en concevoir sa relation avec l’esprit : « Il y a l’Orient, dit-il, qui présente le corps d’une façon spirituelle el festive, et l'Occident, qui est plus répressif et disci- pliné ».La pièce, qui porte le titre de Passion.veut également faire écho à la religion, ainsi qu'à la diversité des formes à travers lesquelles celle-ci peut s’exprimer : « La chorégraphie est émaillée par divers symboles qui peuvent suggérer les différentes représentations du Christ adoptées par les religions, explique-t-il.Même si le langage que j'utilise laisse constamment planer une ambiguïté, je crois qu’il est possible de lire, à travers le jeu de l'imagerie, une évocation du phénomène de la croyance, et de la place que le corps occupe à l'intérieur de celui-ci».La musique, pour sa part, constituée par la trame sonore du film La dernière tentation du Christ composée par Peter Gabriel se veut un prolongement auditif de l'esprit communiqué à l'ensemble de la pièce : « Un Etat que je veux proche du rêve», dit le chorégraphe.La compagnie Momix à la salle Maisonneuve jusqu’à vendredi.A w B-4 ¦ Le Devoir, mercredi 23 octobre 1991 CINEMA ASTRE I: (849-3456) - Lillie Man Taie 7 h, 9 h II: Shout 7 h, 8 h 45 III: Freddy’s Dead the Final Nightmare 9 h — Suburban Commando 7 h IV: Fisher King 8 h 45— La championne 7 h BERRI I: (849-3456) — Robe noire 1 h.3 h 10, 5 h 20, 7 h 30.9 h 30 II: La Un de Freddy, ! ultime cauchemar 1 h 40,3 h 40 5 h 40,9 h 40— Des pilotes en l'air 7 h 40, mer pas de representation III: La championne t h 30.3 h 30.5 h 30.7 h 30— Des pilotes en Fair9 h 40 IV: L’assassin Jouait du trombone1 h, 3 h 10,5 h 20 7 h 30, 9 h 40 V: Nelllgan 3 h 15.5 h 30.7 h 45.9 h 45 |eu 3 h 15, 5 h 30 9 h 45— Des pilotes en Fair 1 h 15 BONAVENTURE I: (849 3456) - Late tor Dinner T h 15.9 h 15 II: Suburban Commando 7 h.9 h BROSSARD I: (849-3456) - L assassin louait du trombone 7 h 10 9 h 25 II: Rose passion 7 h.9 h 20 III: Robe noire 7 h 15, 9 h 30 CARREFOUR LAVAL 1: (849-3456)- Madame Bovary S h 2: Rose passion 7 h 20.9 h 30 3: La championne7 h 15— Dangerpubllcih 20 4: La lin de Freddy, l'ultime cauchemar 7 h, 9 h 5: Delicatessen 7 h 20.9 h 20 6: L‘assassin louait du trombone 7 h 20.9 h 25 CENTRE EATON 1: Mtl— Shattered 12 h 10.2 h 15 4 h 30 6 h45 9 h 2: Deceived 12 h 05.2h20 4 h 40.7 h.9 h 20 -— 3: Journey of Hope 12 h 10 2 h 20.4 h 45 7 h 9 h 20— 4: Trompée 12 11 15.2 h 30 4 h 50 7 h 10.9 h 30 5: The Doctor 1 h 3 h 40 6 h 20 9 h 10 6: Man In the Moon 12 h 20.2 h 35.4 h 40.6 h 55.9 h 15 CINEMA EGYPTIEN 1: 1455 Peel Mtl (849 3456)- Little Man Tate \ h.3 h 10 5 h 15 7 h 25 9 h 35 2: Barton Flnk t h 30 4 h 15 7 h 9 h 30 3: Rambling Rose 1 h 45,4 h 30.7 h.9 h 30 CINÉMA FESTIVAL: 35 Milton (849-7277)- Salle 1 Toto le héros tous les soirs 7 h 30.9 h 30 — Salle 2 Festival International du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal du 21 au 27 oct CINEMA JEAN-TALON: Mtl- Shattered 7 h 30.9 h 30 CINEMA OMÉGA 1: - Robin des Bois 9 h -Genial mes parents divorcent 7 5 2: Terminator 2 7 h.9 h 30— 101 dalmatiens 1 h 15.5 h 20 3: Le roi pêcheur 7 h, 9 h 45— 4: Troubles 7 h 9 h 15 CINEMA PARALLELE: 3682 boul Sl-Laurent, Mtl (843 6001) — Festival International du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal ( 17 au 27 ocl ) CINEMA PARIS: Mtl (875-7295)— CINEMA POINTE-CLAIRE 1: 6361 Trans-Canada (849-3456)— The Super ! h 15, 9 h 15 2: CINEMA QUÉBEC Fin grand film!" i g " i IMLMPiiRÊL JL "BRAVO!" à MOUNT ET .^1 LX DEVOIR (ZZDCOP- ¦‘i.'.ua 01 12 15 2 304 •»w 00-9 20 J CANARDIÉRE: (661-8575)—lin de Freddy 19 h 15 21 h 10 CINEMA LIDO: -Robe noire 19 h, 21 h 10— Des pilotes en l'air 19 h — Kick Boxer 2 21 h — Nelligan 19 h — Thelma et Louise21 h — A propos d'Henri 19 h.21 h 10— Trompée 19 h 21 h 10 LE CLAP: (650-CLAP)— Delicatessen lun.au |éu 12 h.13 h 50,15 h 40 17 h 30.19 h 20, 21 h 10 GALERIES CAPITALE 1 : (628-2455)- The Doctor6 h 25 9 h 2: Le roi pêcheur 6 h 10.9 3: Trompée 7 h 15.9 h 20 4: Troubles 7 h 15.9 h 15 5: Terminator 2 6 h 15.9 h 05 6: A propos d’Henri 7 h 10.9 h 25 PLACE CHAREST: (529-9745)- Robe noire 12 h 20.14 h 25.16 h 40.19 h.21 h 20— L assassin jouait du trombone 13 h 30.16 h 15,19 h 05, 21 h 20- Barton Flnk 13 h 10.15 h 40,19 h 10.21 h 40— Madame Bovary 12 h 30.15 h 35.18 h 30.21 h 25- Robin des Bols 12 h 30.15 h 30,18 h 40.21 h 30— Des pilotes en l’air 12 h 50,15 h.17 h 05 19 h 20.21 h 40— La championne 13 h , 15 h 10.17 h 15.19 h 30, 21 h 35- La lin de Freddy 13 h 15 h 20.17 h 20.19 h 40.21 h 50 LE PARIS: (694-0891)- Danger public 19 h.21 h — Demoiselle sauvage 19 h 15— Shout 21 h 15— Il danse avec les loups 19 h 45 PLACE QUEBEC 1 : (525-4524)- Thelma et Loulseven à mar 9 h— Rlcochetven à mar 6 h 30 11 : L agent lait la larce ven.à mar 7 h 15.9 h 15 STE-FOY 1: (656-0592)- Frankie and Johnny 6 h 50.9 h 15 2: Fisher King 6 h 20.9 h 3: Other People's Money!h 15 9 h 25.SÉRIE TOPAZE LE QUATUOR QUÉBEC Programme: BOCCHERINI, quatuor en duo majeur, op.52, no 1 HAYDN, quatuor en ré majeur, "l’Alouette”, op.64,no 5 BRAHMS, quatuor en la mineur,op.51, no 2 mercredi 23 octobre: 20 heures À L’ÉGLISE ERSKINE AND AMERICAN (angle rue Sherbrooke ouest et ave du Musée) Stationnement: Édifice Standard Life, entrée de la Montagne Billets: 15$ (étudiant 8$) Pro Musica, 3450 Saint-Urbain, 845-0532 Billeterie Articulée, 4378 Papineau, 5244526 Lettre-Son Musique, 5054 ave du Parc, 495-99297 Une Coproduction >iiSîL S RC Ritz-Carlton MONTRÉAL CHAMPAGNE ¦ Veuve Clicquot ¦ LE DEVOIR ROCK-DÉTENTE VOUS IM VITE À FÊTER L HALLOW EL AU CHAMP ACME A U RITZ-CARLTOM \T m L >fll~ ISSCHIYKZ- ^ «v \()( S i/ \ ro/M/vs nwitoiw i (.u, \ i;n: :i (,mn ri:s m: I COI* I / V.S r\ssi;iio\T i n/; soirée i:\soiu ii.i.i mi.le sont m :n (un mm:.cocktail i:\ni\nu: i / i \ i l i /; ci.loi o r.soi mit t ait os L ni: en i )//mg\/; [i < i if: ni: CMOS 1)1 HIT/-C t HLTO\ i l.i co nrmt ni: 221,00.\i 11 \it u: rntwn nti\ o \ si: rit 1 \sroitui: i: \ 1.01 !*-(, tnoi.i:\ (our u, \ii ni 1 \ y/ylui: ni: l 1 \ i l \ 1; ci.101 o r: I«- coupon ri-apre* 011 ajotitc/.-v une carie «(’affair Vfj/H.___________________________________________________________U,E_ i DRESSE.___________________________________\ ILLE.______________________ T El.: RI R__________________________________"Es_________________________ Nom de ,'J personne* avec lc-(pn llc- \oiih aimeriez vi\re celle •mirée.2 l'o-lez le lo.il a I II M.I.OW I.I.N \l IUT/ < \IU ION < ri f ROCK l)f.IT.YI I.RI.rue S|e-( allierific oue«l Hill IKI on par fax.: T'LT-'IIH.l I, - tirait-* -*¦ irninl a 7M2 le.211.29 ,-t 3(1.\ ou* aura/, 107 mi nu la* pour rappalar au KM,-( 711 Shout 7 h 10.9 h 10— 3: Suburban Commando 7 h, 9 h 4: Black Robe 7 h 20.9 h 30 5: Little Man Tate 7 h 15.9 h 25 6: Late lor Dinner 9 h 20 — Rambling Rose 7 h CINEMATHEQUE QUÉBÉCOISE: (842-9768)— Festival International du nouveau cinéma el de la vidéo de Montréal (17 au 27 ocl ) CINEMA V - 1: 5560 Sherbrooke 0 (489-5559)- Frankie and Johnny! h 10 9 h 40 2: Fisher King 6 h 20 9 h 10 CINÉPLEX I: (849-3456) - Double Impact 1 h.4 h 15.7 h, 9 h 20 2: Late lor Dinner1 h.3 h.5 h, 7 h, 9 h III: Le silence des agneaux 1 h 15, 4 h 7 h 05.9 h 25 IV: Jacquot de Nantes 1 h 30.4 h.7 h 05.9 h 30 V: The Super 1 h 10 3 h 10, 5 h 10.7 h 10.9 h 10 VI: Sftouft h 10.5 h 10, 9 h 10— L'entant miroir 3 h 10 7 h 10 VII: Barton Flnk 1 h 4 h, 7 h.9 h 25 VIII: Robin des Bols, prince des voleurs 12 h 50 3 h 40.6 h 30.9 h 20 IX: Il danse avec les loups i h 30.5 h 8 h 30 COMPLEXE DESJARDINS I: (849-3456)-Rose passion 2 h 15 4 h 45 7 h 10, 9 h 3011: Delicatessen t h.3 h 05, 5 h 15.7 h 30, 9 h 45 III: Mediterranéo 1 h.3 h 05.5 h 10, 7 h 15, 9 h 20 IV: Les géants de la pub 1 h 30.3 h 25.5 h 25 7 h 20.9 h 10 COMPLEXE GUY-FAVREAU/ O.N.F.: 200 ouest Boul René-Lévesque.Mtl (283-8229)— Le ddrnler des bablngas/Mendes: l'Amazonie brûle 19 h (22 au 25 ocl ) CONSERVATOIRE D'ART CINÉMATOGRAPHIQUE: (848-3878)- A>( Woman See II: Bread and Dignity/A Time ot Daring 20 h 30 CREMAZIE: (849-3456) - Dans la soirée 7 h, 9 h 05 DAUPHIN I: (849-3456) - Madame Bovaryc 6 h 15.9 h 15 11: 37.2 le matin 8 h CINEMA DECARIE 1 : (849-3456) - Late lor Dinner! h 15 9 h 15 2: The Commitments 7 h.9h20 DORVAL I: (631-8586) - Fisher King 6 h 30.9 h 20 II: Paradise 7 h 10 9 h 30— III: Other People's Money 7 h.9 h 151V: Ernest Scared Stupid 7 h 9 h DU PARC 1 : (844-9470)— Frankie and Johnny 6 h 40 9 h 05 2: Other People's Money 7 h.9 h 10 3: Fisher King 6 h 20, 9 h DU PLATEAU 1: (521-7870)- Trompée 1 b 30.3 h 30.5 h 30, 7 h 30, 9 h 30— 2: A propos d'Henri 1 h 20.3 h 20,5 h 20,7 h 20.9 h 20 FAIRVIEW I: (697-8095) - Shattered 7 h, 9 h 15—11: Deceived 7 h 10.9 h 25 FAUBOURG STE-CATHERINE 1: (849-3456)— Black Robe 1 h.3 h 05, 5 h 10.7 h 20, 9 h 30 2: Homicide 12 h 45, 2 h 50, 4 h 55, 7 h.9 h 15 3: The Commitments 1 h 15.4 h, 7 h, 9 h 20 A: Delicatessen 1 h 3 h.5 h.7 h 9 h 10 GOETHE-INSTITUT MONTRÉAL: (499-0159)-Le Festival International du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal 117 au 27 oct.) GREENFIELD I: (671-6129) - Frankie and Johnny6 h 30,9 h 05 2: Trompée7 h, 9 h 15 3: Deceived! h 15.9 h 30 IMAX: Vieux Port de Montréal (496-4629)- Montagnes de leu et L’oeuf magique|usqu'au 23 ocl.représentations en français, mar.au dim 13 h, 14 h 30.16 h.19 h représentations supplémentaires dim au ven 10h , ven et sam.22h , sam.el dim.17h 30— représentations en anglais mar.au dim.11 h 30 et 20 h 30 IMPÉRIAL: (288-7102) - Fisher King 12 h 30 3 h 15.6 h 05,9 h.LAVAL : (688-7776)- 1: Trompée 7 h 10.9 h 20* 2: Frankie and Johnny 6 h 40.9 h 10 3: Troubles 7 h.9 h 4: Deceived 7 h 20.9 h 30- 5: Other People's Money 7 h 9 h 6: Genial mes parents divorcent! h 10 9 h 15 7: Ernest Scared Stupid 7 h.9 h 8: Shattered 7 h 10.9 h 15 9: Fisher King 6 h 30,9 h 30 10: Le roi pécheur 6 h 20.9 h 2011 : Paradise 7 h.9 h 1012: Necessary Roughness 7 h 20,9 h 35 LAVAL 2000 1 : (849-3456)- Robe noire ! h 30, 9 h 30 2: Des pilotes en l'air 7 h 10,9 h, LOEWS l:(861-7437) — Frankie and Johnny 1 h 15,3 h 50 6 h 30.9 h 05 II: Paradise 12 h 10.2 h 20 4 h 40 7 h, 9 h 25 III: Other People's Money 12 h 30.2 h 40, 4 h 50, 7 h 10,9 h 35 IV: Robin Hood Prince ol Thieves 12 h 30.3 h 15 6 h 10, 9 h 05 V: Dead Again 12 h 15.2 h 30 4 h 45, 7 h 10.9 h 30 OUIMETOSCOPE:(525-8600) - Salle 1 Décalogue 3-419 h- La Discrète21 h 15- Salle 2 The Nasty Girl 19 h 15- Oedipus Rex 21 h OUTREMONT: (273-0437)— 20e Festival International du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal 7 n PALACE 1 : — Ernest Scared Stupid 12 h 20.2 h 25.4 h 30.6 h 45,9 h 05 II: Ricochet 12 h 15.2 h L’AIR DU TEMPS: 194 ouest St-Paul Montreal (842-2003)— Jazz du mer.au dim.de 22h 15 à 02030— Proteus, du 24 au 27 oct ATRIUM DE LA MAISON ALCAN: 1188 Ouest Sherbrooke, Montréal— Julian Armour, violoncelle, Michael Woytiuk, piano, le 23 oct.à 12h.LES BEAUX ESPRITS: 2073 St-Denis.Monlréal (844-0882)— Wang Clang Doodle, les 23-24 ocl à 22030 BIDDLE'S JAZZ AND RIBS: 2060 rue Aylmer.Monlréal (842-8656)— Le Qualuor de Johnny Scott et Geollrey Lapp, en permanence, lun.mar 190 à 24h .mer.au ven 17h 30 à 22h — Le T no de Charlie Biddle, en permanence du mer au ven.à compter de 220, sam à compter de 21030 — Billy Georgette, pianiste/chanteur, lun.mar de 170 à 190— Trio Billy Georgette, sam de 180 à 21 h 30— Le trio de Bernard Primeau, les dim de 18030 à 240 LE BIJOU: 300 rue Lemoyne.Vieux-Montréal— Caroline Harvey, les 24-25-26 ocl.BISTRO D'AUTREFOIS: 1229 St-Hubert.Montreal (842-2808)— Scène ouverte, chansons, le 23 ocl à 210 BISTRO 4: 4040 Sl-Laurent.Monlréal (844-6246)— Tous les mercredis.Place aux Poètes, animatrice Ja-nou Saint-Denis, invités: Guy Boulianne el Monique Dussault, le 23 ocl à 21h BOITE A CHANSONS LE PIERROT: 114 est St-Paul.Montréal— François Delisle.Michel Sadler, humoristes, el Gilbert Lauzon, le 23 ocl.à 200 BOZO BISTRO-BAR: 6121 rue Morin.Val-Morin (819-322-2454)— Odette Coulombe el Rock Gmgras, du mer au sam CAFÉ DE LA PLACE: PDA, Monlréal (842-2112)— • Anne esl morte * de René-Daniel Dubois, m en s.Jean-Marie Lelièvre, du 6 nov au 21 déc.CEGEP DE ST-HYACINTHE: 3000 rue Boullé, Sl-Hyacinlhe— Les finissants de l’option-théâtre présentent • Vivre comme des cochons • de John Arden.adaptation René Richard Cyr.m.en s.Louison Danis, du 18 au 26 oct à 20h CENTRE SAIDYE BRONFMAN: 5170 chemin Côte Ste-Catherine, Montréal (739-2301)— Music ol the Holocaust Mara Biro, mezzo-soprano.Hersh Felder.ténor, Annie Vexler, le Quatuor Cormier et Cara L.Gatten, narratrice, le 23 oct.à 20h.CENTRE CULTUREL VANIER: 15 boul Maple.Chàteauguay— Le groupe Los Tropicales, salsa, rumba et lambada, le 23 oct.à 19830 CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PAS- 30 4 h 45.7 h, 9 h 25 III: Naked Tango 12 h 20.2 h 35,4 h 40.7 h.9 h 15 — IV: Terminator 212 h 30,3 h 20,6 h 15, 9 h V: Tokyo 12 h 45.2 h 45.4 h 45.6 h 50, 9 h 10 VI: Necessary Roughness 1 h 30.4 h.6 h 40,9 h 15 PARADIS I: (849-3456)— Des pilotes en l'alri h 45 — La lin de Freddy, l'ultime cauchemar! h II: Danger publlcih — La championne 7 h III: Le retour au lagon bleu 7 h 10, 9 h 10 PARISIEN I: (866-3856)- Naked Tango 1 h 10.3 h 10.5 h 15.7 h 20 9 h 30 II: Génial mes parents divorcent 12 h 45,3 h, 5 h 05.7 h 10, 9 h 25 III: Le voyage vers l'espoir 12 h 15.2 h 30.4 h 45.7 h.9 h 20IV: The Doctor 1 h, 3 h 40, 6 h 20.9 h 05 V: Les secrets professionnels du docteur Aplelgluck 1 h 15.3 h 20.5 h 20, 7 h 20, 9 h 20VI: Le rot pêcheur 12 h 20, 3 h 10.6 h 05.9 h 7: Troubles 12 h 45, 3 h, 5 h 05, 7 h 10.9 h 25, mer 12 h 45,3 h.5 h 05,9 h 25 PLACE ALEXIS NIHON l:(849-3456) - The Super1 h.3 h.5 h, 7 h.9 h 11: Shoutl h 30.3 h 30.TEUR: 100 esl Sherbrooke.Monlréal (872-5338)— Midi-musique Yves Morin, pianiste, oeuvres de Chopin, Liszt el Schumann, le 23 ocl à 12h CLUB BALATTOU: 4372 Sl-Laurent Montréal (845-5447)— Les Jeunes de la Salsa, le 23 ocl à 22h ÉGLISE ERSKINE AND AMERICAN: rue Sher brooke ouest el ave du Musée, Monlréal (524-4526)— Concert du Quatuor Québec, oeuvres de Boccherini, Haydn el Brahms, le 23 oct à 20h ESPACE LIBRE: 1945 Fullum.Montréal (521-4191)— Le Nouveau Théâtre Expérimental présente • L'homme qui n'avail plus d'amis * texte el m en s Robert Gravel, du 8 oct au 9 nov., mar au sam à 20h 30 GRAND SÉMINAIRE DE MONTRÉAL: 2065 ouest Sherbrooke.Montréal (873-1243)— Dom André Laberge touchera les orgues de la chapelle du Grand Séminaire, le 24 oct à 20h , au bénéfice de la construction de l'Église Abbatiale de Sl-Benoit du Lac NOUVELLE COMPAGNIE THEATRALE: Salle Denise-Pelletier, 4353 esl Ste-Catherine.Monlréal (253-8974)— Le Théâtre La Rallonge présente ¦ La contrebasse • de Patrick Suskind, m.en s Pierre Moreau, du 26 sept au 26 oct à 20h LE P'TIT BAR: 3451 St-Denis.Monlréal (281-9124)— Didier Dumoutier, chansons, accordéon-mu-sette, les lundis à 21h.POLYVALENTE ANDRÉ-PRÉVOST: 535 boul Filion, St-Jérôme (282-9362)— Les Grands Explorateurs présentent Derniers Seigneurs de l'Indus.avec Patrick Moreau, le 23 oct â 20h RESTAURANT-THÉATRE LA LICORNE: 4559 Papineau, Monlréal (523-2246)— Le Théâtre de la Manufacture présente • Le scalpel du diable • de Jean-François Caron, m.en s Claude Poissant du 29 oct au 30 nov mar.au sam.à 20h.30.dim.à 15h.SALLE ANDRÉ-MATHIEU: 475 boul de l'Avenir Laval (667-2040)— .Le valseur.de Norman Ba-rasch et Carroll Moore, m.en s.Monique Duceppe.du 24 au 27 oct à 20h.SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE: 220 Vincenl d'Indy.Montréal— L'Ensemble de cuivres, dir Albert Devito, beuvres de Dukas.Gabrieli et Horovitz, le 23 oct à 20h SALLE ÉMILE-LEGAULT: 613 ave Ste-Croix.Menlréal (744-7310)— Claude Barzotti en spectacle, le 23 oct â 20h SALLE POLLACK: 555 ouest Sherbrooke Mont- 5 h 30.7 h 30.9 h 30 III: Freddy's Dead the Final Nightmare 1 h,4 h, 7 h, 9 h 30 PLACE LONGUEUIL 1 : (849-3456) — La championne 7 h— La Un de Freddy, l'ultime cauchemar 9 h 2: Des pilotes en l’air 7 h 05,9 h PLAZA COTE DES NEIGES: (849-3456)- 1 : Europe Europa 7 h.9 h 10 2: Shout 7 h 20,9 h 20 3: Korczak 7 h.9 h 15 4: The Commitments 7 h 05,9 h 20 5: Little Man Tate 7 h 25.9 h 25 6: Suburban Commando 7 h 20,9 h 15 7: The Super 7 h 05.9 h QUARTIER LATIN: MULE RIALTO: 5723 ave du Parc, Mtl (274-3550)— Festival International du nouveau cinéma et de la vidéo (18 au 26 oct) VERSAILLES l:(353-7880) - Le rot pécheur 6 h 20.9 h II: Trompée ! h 15.9 h 30 III: A propos d'Henri 7 h 15 9 h 35 IV: Terminator 2U 6h 20.9 h— V: Frankie and Johnny 7 h, 9 h 20 VI: Troubles! h 05 9 h 10 réal (398-4547)— Ensemble à vent de McGill, Choeur de concert de McGill, dir Robert Gibson el Iwan Edwards, oeuvres de Burke.Steven, Glick, Ridout Wil-lan el Rorem, le 23 oct à 20h THEATRE D'AUJOURD'HUI: 3888 Sl-Dems Montréal (282-3900)— • La trilogie des Brassard .de Michel Tremblay, m en s André Brassard, du 27 sepl au 31 ocl, mar.au |eu a 20h .ven sam à 19h .dim à 15h THEATRE CENTAUR: 453 St-François-Xavier Vieux-Montréal (288-3161)— • A Shayna Maidel ¦ de Barbara Lebow, m.en s Frank Witlow.du 3 au 27 oct, mar au sam â 20h .dim.19h , sam et dim matinées â 14h .les mer matinées à 13h.THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE: PDA Montréal (842-2112)— ¦ Le taucon ¦ texte el m.en s Marie Laberge, du 30 oct au 7 déc., mar au ven à 20h , sam 16h 30 et 21 h THEATRE MAISONNEUVE: PDA Monlréal (842 2112)— Les Feux de la danse Banque Royale, Mo-mix, chorégraphie de Moses Pendleton, du 22 au 26 ocl à 20h THEATRE DE MARIONNETTES LE BISCUIT: 221 ouest Sl-Paul.Vieux-Montréal (845-7306)— ¦ Êléphanhssimo ¦ texte el m en s Benoit Dubois, à compter du 13 |uillet.les sam et dim à 15h .réservations sur semaine pour groupes THEATRE DU NOUVEAU MONDE: 84 ouest Ste-Calherme, Montreal (861-0563)— .L'Opéra de Qual'Sous ¦ de Bertolt Brecht, m en s René Richard Cyr, du 19 nov au 14 déc .mar, au ven à 20h .sam 16h el21h.THEATRE DU RIDEAU VERT: 4664 St-Denis Montréal (844-1793)— • Lettres d'amour.de A R Gurney, traduction el adaptation de Jean Leclerc, m en s Michèle Magny, du 1er oct au 3 nov .mar.au ven a 20h .sam 16h el 21h.dim 15h LE TRITORIUM: Cegep du Vieux-Montréal, 255 esl Ontario, Montréal (282-9362)— Les Grands Explorateurs présentent ¦ Trésors de I Espagne ¦ avec Robert Jean, du 21 au 26 oct, lun au mer â 20h .jeu ven.â 19h.GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Salle Octave Crémazie.Québec— Le Théâtre du Trident présente .Le lançon .de Marie Laberge, m en s.Gill Champagne, du 29 ocl au 23 nov .mar au sam.â 20h THÉÂTRE PÉRISCOPE: ?esl rue Crémazie Quebec (418-529-2183)— Le Théâtre de la Commune présente ¦ A loi pour loueurs, ta Mane-Lou .de Michel Tremblay, m ens ” niseVerville du 13nov au 1er déc , mar au sar 3h SUR SCENE /£&/ CAMERA D'OR ¦ PRIX DU PUBLIC • y c A N N E s 19 9 1 | G °| ’yp'-fctr' -//eî'crs UN FILM DE C * UN FILM DE JACO VAN DORMAEL MICHEL BOUQUET ¦ MIREILLE PERRIER • JO DE BACKER m y* MÉili SfBoliw : 7H30 - 9K30 W«j 1H30 • 3HJ0 • SK30 - 7M0 • VU0 MUSIQUE CLASSIQUE I ¦ CE SOIR.MERCREDI 23 OCTOBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE ï CIEL MF : PRÉSENTE A 22:00 I • concerto pour violon no 1 (Haydn) “ • concerto pour violon op.64 (Mendelssohn) ¦ • nocturne no 4 (Field) DEMAIN SOIR, 22:00 Bi • symphonie no 40 (Mozart) H • Fantaisie pour un gentilhommme (Rodrigo) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 «fie  SURVEILLER Une soirée d’information ayant pour titre : « l,a Franc-maçonnerie c’est quoi ?» sera tenue par la Grande Loge maçonnique mixte du Québec, le 23 octobre.Ré-serv.: 676-6356.Kntrée gratuite.¦ Dans le cadre des Belles Soirées de l’Université de Montréal, une série de conférences intitulée « L’origine de la vie sur terre », sera donnée les mercredis 23, 30 octobre et 6 novembre, de 19 h 30 â 21 h 30, au Pavillon principal, 2900, boul.Édouard-Montpetlt, Kntrée Z-l.Rens.: 343-6090.¦ Aujourd’hui, collectes de sang de la Croix-Rouge à Montréal au Centre permanent, 3131 rue Sherbrooke est, de 9 h à 18 h ; à St-Lambert, Cégep Champlain, 900 Riverside Drive, de 10 h à 16 h 30; à Bois-briand, Club Aramis, 592 Grande Côte, de 14 h à 20 h, et à l’Annonciation, Hôpital des Laurentides, de 13 h 30 à 20 h Rens.: 937-1941.¦ Le CLSC Lae-Saint-Louis offre une série de cours prénatals gratuitement, incluant une session sur la nutrion et la pré-concept ion, débutant le 28 octobre au 145 ave.Cartier à Pointe-Claire.Réserv.: 697-4110.¦ La série de 3 conférences intitulée ¦< Barbare, païenne et sainte Russie » que prononcera dans le cadre des Belles Soi rées de l’Université de Montréal, M.Pierre Trottier, aura lieu les mercredis 23, 30 octobre et 6 novembre de 19 h 30 à 21 h 30, au Pavillon principal, 2900, boul.Êdouurd-Montpetit, Kntrée Z-l Rens.343 6090 Ce soir à 20 h, Nouvelle Acropole, 1631 rue St-Denis organise un séminaire consacré à la Chine et au Tibet.Réserv.: 848 0553.¦ Ce soir à 19 II 30, le Collège Mon! mo rency vous convie à une conférence sur l’éducation sexuelle des enfants, au 475, boni, de l’Avenir à Laval.Rens.: 667 8821, poste 441 ¦ ’ Ce soir à 19 h 30, découvrons le vin par le biais de nos sens avec Yves Michaud, à la Bibliothèque municipale de Brassard, 3200, bout I.apinièreà Brassard.Rens : 926-7912.¦ Les Chemins ensoleillés présentent une conférence intitulée « Impact des radia lions électromagnétiques à faible puis sauce sur la matière vivante », avec Jac- ques Surbeck, le vendredi 25 octobre à 19 h 30, au Salon Gagnon de l’Hôtel llo liday Inn Crowne Plaza, 505 Sherbrooke est.Rens.: 641-1374.¦ Ce soir à 19 h, l’Écho des femmes de la Petite Patrie invite les femmes à une soirée détente avec échange sur le tarot, au' 6758 rue Christophe Colomb, et soirée sur l'homéopathie, le 6 novembre à 19 h.Rens.: 277-7445.¦ Le 5 novembre, « Chronique d’un temps flou » un film de Sylvie Groulx présenté à la maison de la culture Frontenac, 2550 rue Ontario est à Montréal.Rens.: 872-7882.¦ Ce soir à 20 h, le Centre Teilhard de Chardin vous convie à une conférence de Mgr Paul-Émile Charbonneau sur le theme : « L'Église dans le monde de ce temps », au le Gesù, 1202 rue de Bleury (métro Place-des-Arts).Rens.: 523 6966 ¦ Ce soir à 19 h 30, l’Association pour l’éducation interculturelle du Québec vous convie à une soirée portant sur la dimension religieuse et ouverture interculturelle, au Centre communautaire Chris tophe Colomb, 6865 ave Christophe-Colomb à Montréal.Rens.: 276-8883 ¦ ' Giant Steps, une école bilingue pour enfants atteints d’autisme, organise une soirée bénéfice, ce soir de 18 h 30 à 21 h, au 20 rue Academy à Westmount.Relis.935- 1911 ¦ Ce soir à 19 h, l’Institut interculturel de Monlréal vous invite à une conférence présentée par Majid Rahenma sur le thème de la pauvreté globale : une invention qui s'en prend aux pauvres, au 4917 rue Si -Urbain Relis 288 7229.¦ - Ce soir à 19 h 30, l’Association Québec-France Rive-Sud vous invite à une conférence sur la généalogie donnée par M Paul Millet, à la salle des Seigneuries (lu Centre Jeanne Dufresnoy, angle Curé Poirier el Chemin de Chambly.Rens 655 9414.¦ Ce soir ù 20 h, le Comité d'animation culturelle de la Bibliothèque d'Anjou vous invite ù venir rencontrer Mme lluguelte Delisle, copropriétaire de Centres de con-(iitionneinenl physique, au 7500ave.Gon court à Anjou Kntrée libre liens : 352-4440.L» lél(;vision ilu monriMli soir on un oliu il'ooil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO gr* CBFT (R.C.) Montreal 17h30 / Ce soir Délecteurs de mensonges Marilyn g Le grand g remous Comment ça va g Enjeux Le Téléjournal g Le Point/météo/sport Studio libre Cinéma -, WCAX (CBS) Burlington News News g The Golden Girls Baseball / Série mondiale g News Scene ol the Crime c WPTZ(NBC) 3 J Plattsburgh News News g Jeopardy ! Wheel ol Fortune Unsolved Mysteries g .Cinéma : Danielle Steel's Daddy—Am.91 g Avec Patrick Dulfy el Lynda Carter News The Tonight Show CBMT(CBC) Ai* Montréal Newswatch CBC Newsmagazine The Wonder Years g Race lor the Bomb g The Nature ol Things g The National g The Journal News Newharl g Welcome Back.g (0 EST1 Le TVA g éd.18 hres Jeopardy L’heure juste Hockey / Nordiques vs Canadien g 22h15/L'après-match Le TVA g réseau Les g sports Des mots pour le dire CG\ CFCF(CTV) AD Montreal Puise Entertainment Tonight Dinosaurs Baseball / Série mondiale g News g The Arsenio Hall Show TV5 (Télé Francophones Feu vert Des chiffres el des lettres Le journal de A2 Vision 5 À la recherche du temps Mur Euro 3 Ex Libris Montagne (22hlS) 22h40/La santé d’abord 23h40/Objectil médecine f17| CIVM (R.-Q.) y'1 Montreal Passe- Partout Téléservice Fou de g la pub Consommaclion g Visa santé g Omni g science Téléservice La période de questions m p,rue Musique vidéo Fax: L’Infoplus Vidéoplus : VJ : Claude Rajotte Musique vidéo Rock en bulle Transit fogi WVNY(ABC) -J Burlington News g Star Trek: The Next Generation Dinosaurs The Wonder Years g Doogie g Howser, md Sibs g Anything g buflove Good & g Evil News g Nlghtllne Commercial Program (oct Much Music 19 h / Muchwest Limit Up Sneak Previews Vidéoclips Daily R.S.v.P.Spotlight / Bob Seger Power 30 too, VERMONT ETV(PBS) The MacNeil-Lehrer Newshour g The Nightly Business Travel Magazine Scientific American g Frontiers Call the Governor Moyers/Circle ol Recovery Cinéma : Scarlace— Am.32 Avec Paul Muni el Ann Dvorak (oc, 4-SAISONS Monlréal La roue chanceuse Coup de fouore 24/24 S.O.S.consommation Cinéma : La dame en question —Am.B8 Avec Katharine Hepburn el Karen Austin Le Grand Journal Sports Plus Cinéma : L'enter mécanique —Am.77 Avec James Brolin et Kathleen Lloyd fey] WCFE (PBS) 17 h/Childreo Programs The Nightly Business.The MacNeil-Lehrer Newshour g Election 91 : The Plattsburgh Mayoral Debate Porterhouse Blue Emerdale Farm Butterflies Yes, Prime Minister Le Devoir, mercredi 23 octobre 1991 ¦ B-5 SCIENCE EN BREF.De l’espoir pour les diabétiques Les jours de la radio AM et FM sont comptés L’avènement de la radio numérique ne dépend plus que de la disponibilité d’une fréquence * w (B.L.) — IL SERA peut-être possible d'effectuer des transplantations pancréatiques non dans le pancréas mais dans l’intestin.C'est ce que laisse présager la mise en évidence d’ilots pancréatiques connus sous le nom d’ilots de Langerhans chez le rat dans la paroi du duodénum soit le segment initial de l’intestin grêle.Cette découverte est l’oeuvre de M.Moïse Bendayan, professeur d’anatomie à là Faculté de médecine de l’Université de Montréal.Elle est brièvement relatée dans la revue Médecine Sciences (volume 7, numéro 7, septembre 1991 ).On cherche en vain depuis des années à réussir des greffes de pancréas ou encore de tissus ou de cellules pancréatiques pour traiter les diabétiques.Ceux-ci compensent leur déficience en insuline par des moyens externes (injections, absorptions transcutanées).Ce sont des amas cellulaires (les ilôts de Langerhans) situés dans le pancréas qui sécrètent l’insuline, substance qui a notamment pour fonction vitale de réduire la présence du glucose dans le sang.La présence d'ilôts identiques dans la paroi intestinale laisserait supposer que des transplantations de cellules pancréatiques y seraient plus facilement acceptées.Ceci n’est pas encore démontré.Pour le moment, il semble certain que les techniques de microscopie optique et électronique ont permis à M.Bendayan et à son stagiaire LS.Park de décrire des amas dont « la composition et l’organisation cellulaires sont en tous points identiques à ceux du pancréas ».Dans le même numéro de la revue, un intéressant dossier dee Pascale Briand et Axel Khan sur les perspectives et les limites des thérapies géniques; en d’autres termes sur les indications thérapeutiques de l’ADN Flatulences de dinosaures (AFP) - LES FLATULENCES des dinosaures qui peuplaient la planète voici plusieurs millions d’années, ont pu contribuer au réchauffement de la planète, en raison de la présence de méthane dans leurs gaz, selon une étude présentée mardi lors de la réunion annuelle de la Société géologique d’Amérique.Des chercheurs ont détecté la présence de méthane dans les excréments fossilisés de dinosaures.Le méthane est un gaz à « effet de serre », qui capte la chaleur du soleil, et peut, dans une certaine mesure, contribuer sur terre au maintien d’une certaine chaleur.Le méthane résultait de la digestion des herbes dont se nourrissaient les dinosaures, a ajouté le biochimiste Simon Brassell, de l'université d’Indiana, co-auteur de l'étude.“Il est concevable que le méthane des dinosaures ait apporté une petite contribution à l’effet de serre”, a estimé de son côté le géochimiste de l’université d’Etat de Pennsylvanie.Si elles sont retenues, les conclusions de l'étude s'appliqueront au bétail herbivore actuel, et les moutons et vaches seraient alors considérés comme partiellement responsables du réchauffement de la terre.Bernard Lévy DANS QUELQUES mois, en février 1992, la délégation canadienne des radiodiffuseurs demandera aux membres de la World Administrative Radio Conference, WARC-92 ou Conférence de l’administration mondiale de la radio qui siégera en Espagne, d’autoriser les radiodiffuseurs du Canada à émettre sur la bande de fréquence comprise entre 1,4 et 1,5 GHz.Cette bande large permettrait de développer, dans des conditions idéales, la radiodiffusion numérique par transmission terrestre et par satellite non seulement au Canada mais encore aux États-Unis et au Mexique par découpage des zones d’émission.Tout serait simple si cette fréquence n’était pas déjà occupée par l’armée américaine qui s'en sert notamment pour téléguider ses missiles « Patriots».Des objections de nature commerciale provenant d’exploitants de station de radio décidés à tirer profit quelques années encore de la modulation d’amplitude et de la modulation de fréquence viendront certainement aussi brouiller l'opération de conversion au numérique, technologie précisément destinée à épurer les ondes sonores de parasites et d’interférences.Quoi qu’il en soit, il semble que les jours de la radio AM et FM soient comptés.Si l’on interprète logiquement la demande que s’apprêtent à adresser conjointement à la WARC-92 la Société Radio-Canada, l’Association canadienne des radiodiffuseurs, le Ministère des communications du Canada et le Centre de recherche en communication du Canada, on en déduit que l’adoption de la nouvelle technologie de radiodiffusion numérique ne dépend plus que de la disponibilité d’une fréquence de diffusion.Le rapport technique faisant état des tests auxquels on a soumis les équipements qui permettent la diffusion radio codée, ainsi que des essais conduits auprès d’audiophiles (ingénieurs du son, mélomanes) et de non-audiophiles concluent sur une note enthousiaste à « la faisabilité et au grand avenir de la radio numérique au Canada ».Le confort numérique « La technologie numérique, estime M.François Conway, ingénieur principal du Service de la transmission et de la distribution de Radio-Canada, va bouleverser la radio aussi profondément que l’invention du transistor, en 1947.» Il admet toutefois qu'une période d’adaptation qu’il évalue à une dizaine d’années, sera nécessaire.Car la révolution numérique — car c’en est une de plus — forcera les auditeurs à acquérir de nouveaux postes récepteurs.Il est probable qu’au cours des deux prochaines décennies, on commercialisera des appareils qui capteront à la fois les émissions diffusées en AM, en FM et en numérique.Toutes celles et tous ceux qui ont goûté au son numérique sont unanimes: sa qualité parait indiscutablement meilleure que celle transmise par les fréquences actuelles.Au Canada, les expériences qui se sont déroulées à Vancouver, à Toronto, à Ottawa et à Montréal entre les mois de mai 1990 et mai 1991 témoignent avec éloquence du succès du pro- MM.Sawyer et Conway à bord du véhicule de test de la radio numérique.cédé numérique': pas un seul commentaire défavorable.Mieux: des experts se sont avérés incapables de faire la différence entre le son tiré d’un disque compact à partir d’un lecteur laser et celui transmis par la voie des ondes numérisées; certains audiophiles ont même exprimé une légère préférence pour l'écoute radio ! S’ils savaient qu’on ne leur avait diffusé que 15 % seulement du spectre sonore .ils n’en croiraient pas leurs oreilles ! Et pourtant.Puissance de la sourde oreille C’est justement en tirant parti des limites physiologiques de l’appareil auditif humain que des ingénieurs français, allemands et hollandais sont parvenus à mettre au point le système MUSICAM (Masking-pat-têrn Universal Subrband Integrated Coding And Multiplexing) qui permet d’éliminer les parties inaudibles des messages'sonores.Heureusement parce qu’il aurait été impossible de numériser la totalité de chaque onde acoustique.Qu'on y songe: une seconde de musique constitue un message composé de 768 000 éléments binaires (des bits).Il faut bien comprendre ici le principe de la technologie numérique: l’onde qui transporte le message est décomposée en un message codé en langage binaire (forméexclusivement de 6 et de 1 ) qui véhicule ainsi l'information qu’un émetteur transmet à ses récepteurs: Ceux-ci décodent le message même s'il parvient avec des distorsions et reconstituent le signal initial.Hélas le flot d’information est trop important pour être traité adéquatement.Alors, M.Yves-François Dehéry, chercheur au Centre commun d’études de télédiffusion et télécommunication (CCETT) de Rennes, en France, a eu l’idée d’exploiter la faiblesse de l’oreille humaine qui ne perçoit qu’une partie des sons par suite de phénomènes de persistance auditive (impossible de distinguer deux sons trop rapprochés) ou de masquage (un son plus fort rend imperceptible un son simultané plus faible).Avec l’aide de physiogistes, le chercheur français est parvenu à construire une courbe de masquage! qui établit les registres d’intensités sonores en fonction des fréquences audibles.Ainsi dans la diffusion radiophonique numérisée pouvait-on éliminer des messages les fréquences non audibles.Le chercheur a eu alors l’extraordinaire surprise de découvrir qu'il pouvait soustraire 85 % de l’information codée.Avec ses collègues il a mis au point un compresseur baptisé aujourd’hui MUSICAM qui ramène de 768 000 bits à 128 000 bits (soit six fois moins) le flot des messages audio tout en préservant une qualité de son comparable à celle émise par un disque compact.Ce système a été testé en France, dans divers pays d’Europe puis, l’an dernier, au Canada ne s’attirant que des éloges.Outre Atlantique, son implantation est commencée.La radio-ordinateur Les avantages sur toutes les autres formes de réception radio sont « à n'en pas croire ses oreilles » : son de qualité laser, sans interférence ni parasites.Les programmes des différentes stations de radio peuvent être partagés sur une même bande de fréquence.M.Conway, de Radio-Canada, note que cette particularité ne plaît pas à tous les radiodiffuseurs: les plus importants se trouvant soudainement sur un pied d’égalité avec les plus petits et contraints de partager (la puissance n’ayant plus d’importance) un territoire strictement identique.Les règles du jeu, imposant la séparation très nette des frequences de 1 hssuré, lomts de ciment vides, brique éclatée mauvaise combustion 455-8803, ENTREPRENEUR gênerai Léo Maher, tous travaux de construction el rénovation petit et grand Résidentiel, commercial, industriel Gérance de projet 362-0365 ou 527-8541 Perdus, trouvés PERDU BAGUE: pour homme, or, initiale L dim 20 oct Marché Atwater Récompense 842-2913- 462-3988 Astrologie, ésotérisme TÉLÉPATHIE Recherche personne connaissant, pratiquant ou enseignant télépathie.Compétence reconnue.Ecrire: CP 9331.Sle-Foy,Qué G1V4B5 Services immobiliers ANDRÉ THÉORETINC.Conseiller en systèmes d'alarme el sécurité, Inspection d'immeuble pour pré-achat ou vice caché, rapport écrit Rél.S.O.S.Consommation T.Q.S., 524-0661.Offres de services professionnels A 9.95$/1000.cartes d'affaires, circulaires, couleur.723-2251.BUREAU de secrélariat juridique à la pige, service de compl.complète, gestion adm d'immeuble el secrétariat gé-néral.272-2194 HOMME DE CONFIANCE Coursier, cuisinier, chauffeur etc.279-8051 24-10-91 S Commerces à vendre Encadrez votre annonce classée 286-1200 CHICOUTIMI 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l’un des symboles de ce machisme impérialiste blanc qui a dévasté l’histoire de l’humanité.Les accusateurs sont nombreux : toutes les minorités, qu'elles soient de nature raciale, ethnique, linguistique ou sexuelle.Sont seuls exclus les mâles blancs.Ceci ne constitue qu'une des nombreuses manifestations de ce mouvement que l'on connaît sous l’appellation politically correct.Le Québec et le Canada n’ont évidemment pas échappé à cette mode politique qui a pris naissance aux États-Unis.Les minorités de tout genre réclament pêle-mêle un réalignement du vocabulaire (« afro-américain » plutôt que Noir, « pré- femme » plutôt que fille, etc.), une prise en compte historique de leur apport social et économique et l’évacuation systématique dans le discours de toute référence présumément préjorative à leur état de minorité.Cette mode n’est pas dénuée d’intérêt sur certains points.Elle a cependant le défaut d’imposer une orthodoxie idéologique qui attente aux libertés.Cette recherche forcenée d’un égalitarisme formel s’accompagne d’une atteinte obligée aux libertés.Ainsi, la liberté d’expression se voit sérieusement amenuisée par la suppression dans le discours de toute une série de réréfences sémi-ques et par l'obligation faite de tenir compte dans l’élaboration du discours de variables idéologiques dont se réclament les tenants de ce mouvement.I.a prise en compte de certaines réalités minoritaires dans l’exposé n'est certes pas condam- nable (la mise en tutelle paternaliste par l'État fédéral des Indiens dans l'élaboration de sa législation, par exemple).Mais lorsque cette prise en compte se transforme en une obligation idéologique que l’on se doit d’embrasser sous peine d’excommunication, le danger apparaît clair.L’imposition de cette volonté égali-tariste rappelle dans la psyché idéologique la tentation totalitaire du marxisme.Il ne s'agit pas tant de se convaincre de la validité de ses thèses que de convaincre l’autre.L’exaltation des différences Nous assistons dès lors à l’exaltation des groupes, à la valorisation des différences et à l’affirmation des idiosyncrasies collectives.L’identité générale doit céder le pas aux revendications somme toute corporatistes Une idéologie dangereuse qui emprunte indic iblement au terrorisme intellectuel que certains marxistes dogmatiques ont exercé sur les esprits dans les années 60 et 70.de toute une kyrielle de groupes minoritaires.Comme si la somme des différences entre ces divers groupes était iférieure aux multiples caractéristiques fondant l'identité générale.En fait, l’association hétérogène ad hoc des Noirs, des Asiatiques, des femmes, des gays, des handicapés et tutti quanti laisse songeur.Ces groupes aux intérêts divergents n'ont qu’un [joint commun : la revendication de leur singularité, singularité qui doit se traduire par la reconnaissance juridique et politique de certains droits et considérations.Or, il nous semble que l’affirmation formelle pour un groupe précis peut entraîner une dénégation, voire un recul.pour un autre groupe.Il n'y a certes pas là une conformité de revendications susceptible d'atténuer ces dangers.Cette volonté de singularité et d'affirmation minoritaire ont joué un certain rôle dans l’échec de l’accord du Lac Meech.Le gouvernement fédéral notamment prend d'ailleurs grand soin d’inviter tous les groupes à se faire entendre dans le cadre du présent débat constitutionnel.De multiples revendications éclatées, souvent sans lien entre elles, sont mises de l’avant afin de figurer, dans une forme ou une autre, au panthéon des valeurs constitutionnelles.Il y a dans cet exercice une bonne dose de naïveté, voire de boy-scoutisme, comme si un texte constitutionnel devait constituer le reposoir de tous les particularismes de chacun des groupes composant la société civile.En fait, un texte constitutionnel doit enchâsser des valeurs fondamentales exprimant l'identité générale.Il y a certes place dans un tel document pour des aménagements prenant en compte certaines particularités nationales, mais il faut éviter d'en faire un répertoire des doléances de chaque groupe et groupuscule.Cette surenchère des revendications à laquelle se prêtent d’ailleurs nos gouvernants relève directement de cette political correctness.En plus de constituer un danger potentiel pour les libertés, cette utopie égalitariste tend à vouloir transformer le processus politique en une gigantesque vente a la criée où les desiderata de chacun sont mêlés en un amalgame incohérent.La démocratie est fondée notamment sur la loi de la majorité.C’est là un régime qui peut apparaître primaire dans le mesure où l’addition des voix ne résulte pas forcément en une bonne politique.Toutefois, l’adoption d’instruments voués à la protection des libertés publiques (Charte québécoise des droits et libertés de la personne et Charte canadienne des droit et libertés, par exemple) atténue sérieusement cette critique par la consécration de droits et libertés assurant, dans une mesure raisonnable, l’exercice d’un libre arbitre et l'épanouissemnt des singularités individuelles.C'est là indubitablement une sophistication instrumentaire de l'idéal démocratique puisque les intérêts minoritaires sont en principe protégés contre les volontés péremptoires de la majorité (tyrannie de la majorité).Il y a donc place, au Québec et au Canada, pour une affirmation juridique, et par conséquent po- litique, des singularités et revendications particulières qui respecte également l'économie générale des textes de nature constitutionnelle.Cette formule n’est certainement pas parfaite.Elle a pourtant le mérite d’asurer une certaine cohérence du tissu social et d’éviter d’appréhender notre société comme une addition éthérée de communautés hétérogènes dont la seule qualité commune serait de partager le même espace géographique.Ernest Renan avait justement écrit qu’« un pays n’est pas la simple addition des individus qui le composent; c’est une âme, une conscience, une personne, une résultante vivante».Une constitution est tout d’abord un instrument aspirant à ordonnancer et définir les structures de l'État.Nous savons également qu'on peut y instiller des déclarations de principe qui traduisent un faisceau de valeurs morales communes à la nation.En un telle occurrence, l’opposition entre les concepts de nation et d’État s’estompe quelque peu.Ces valeurs communes définissent la nation et circonscrivent l’identité générale.Parce qu’elles sont le fruit d'une vision temporelle commune ayant participé à la fondation de la nation, on ne saurait les diluer dans une masse générale de revendications au risque (le les voir traiter de même manière que ces dernières.Or, la remise en cause, autre qu’une réévaluation sainement critique, de ces fondements valoriels porte en elle le ferment des divisions et de la déliquescence de l’idéal national.La bonne conscience puritaine Le mouvement politically correct, parce qu'il fait appel à une bonne conscience puritaine et à un vague sentiment de culpabilité, semble auréolé de toutes les qualités démocratiques.Pourtant, ses critiques systéma-t iquesel réductrices du passé et sa volonté de codifier formellement les rapports humains pour en expurger, à tort ou à raison, toute référence minoritaire (qu’elle soit justifiée ou non) en font une idéologie dangereuse qui emprunte indiciblement au terrorisme intellectuel que certains marxistes dogmatiques ont exercé sur les esprits dans les années 60 et 70.Nicole Marchand Linguiste de formation, Mme Marchand travaille comme scénariste pigiste à Québec DANS UN VIBRANT appel à la solidarité humaine, M.Marco Micone (« Les “Erancophones québécois” ou l’obsession de la langue», LE DEVOIR, 17 octobre 1991) demande aux francophones du Québec de ne plus tenir compte du critère restrictif de la langue française dans leur définition de la culture québécoise.Cette culture, affirme-t-il, est multilingue de droit et de fait.Prétendre le contraire revient à nier l’existence de 17 % de Québécois dont le seul tort est d’appartenir à des minorités linguistiques.Il trouve d'ailleurs fâcheux qu’on désigne ces minorités par un pronom terriblement indéfini : « les autres ».Mais il emploie lui-même assez libéralement le mot « allophone », qui ne signifie rien de plus dans le sécurisant jargon technocratique.M.Micone s’appuie sur l’évidence : aucune langue ne peut prétendre exprimer à elle seule toute la diversité de l’expérience humaine.Parler d’un Québec français, c’est donc reculer à l’époque « assimila-tionniste » (sic).Et qui voudrait d’un Le multiculturalisme est en train d’avoir la peau du Canada.Il n’aura pas celle du Québec.pareil recul, puisque tous, autochtones, Québécois de souche et Québécois venus d’ailleurs, nous sommes unis par la même haine des tyrans.Le propos, de prime abord, est sympathique.D'autres nous l’ont servi avant M.Micone, sous une forme souvent moins subtile.Pourquoi, en somme, refuserions-nous à nos minorités ce que nous réclamons pour nous-mêmes ?S’il est une constante de l’expérience humaine, c’est bien qu'on ne cesse d’être opprimé que pour devenir l'oppresseur potentiel de quelqu’un.Tous les nationalismes ont les mains sales, un peu, beaucoup ou passionnément suivant les moyens qu’ils choisissent pour s’affirmer.Il est dans leur nature de proclamer une différence en négligeant les autres.Ils disent ; « Nous sommes; nous sommes distincts; nous entendons le demeurer.» Au Québec, les francophones sont bien forcés d’ajouter qu’ils sont plus distincts que les autres, depuis que le multiculturalisme est devenu la doctrine de l’État fédéral.M.Micone préfère parler d’interculturalisme.Il faut l’en féliciter, puisque ce concept met en lumière l’anthropophagie culturelle à laquelle conduit inévitablement le multiculturalisme d’État.Le multiculturalisme est une créature sans mémoire.Quatre cent cinquante ans d’histoire vulgairement locale ne pèsent pas bien lourd quand on veut se brancher chaque matin sur l'universalité de l’expérience humaine.Les francophones d’ici feraient bien d’oublier d’où ils viennent en même temps que leurs prétentions linguistiques.Idéologie de l’instant présent, le multiculturalisme leur suggère aussi d’oublier où ils vont.Il y a quelque chose de profondément mesquin dans le fait de vouloir survivre en tant que majorité, sur un territoire qu’on a de toute façon volé à ses premiers occupants.Du reste, être une majorité relève en soi de la plus grossière indécence.Small is beautiful.C’est écrit dans la déntelle des chartes, nouvelle religion de ceux qui craignent par-dessus tout les hymnes nationaux et l’inquisition linguistique.Car le multiculturalisme est légaliste, bien plus que ne le seront jamais les francophones du Québec soucieux de protéger leur langue.M.Micone se réfère lui-même à l'article de la loi.Tous ceux, rappelle-t-il, qui détiennent un droit de résidence permanente sur le territoire du Québec font partie du peuple québécois, sans égard à leur origine ethnique ou à leur langue maternelle.Soit.Faut-il admettre pour autant que ce sont les textes de loi qui font les cultures ?Pierre Elliot Trudeau le pensait.Que je sache, la réalité ne lui a pas encore donné raison.À écouter les tenants du multiculturalisme, on finit par croire que le sens de l'aventure humaine lient désormais tout entier dans ce concept : l’égalité dans la différence.Chaque individu est propriétaire de sa différence, autorisé à la partager avec un petit groupe s’il le désire, et invité.à faire valoir son égalité en exerçant ses droits individuels.Les majorités sont priées de se transformer en minorités ou, à défaut, en courant d’air, pour ne pas nuire au grand partage.Mais que partage-t-on, en réalité, à part un texte de loi et la jubilante satisfaction d’être égaux ?La réponse de M.Micone est aussi courte que triste.Nous partageons l’angoisse métaphysique et la vulnérabilité inhérentes à la condition humaine.Aussi bien dire qu’entre les textes de loi qui définissent un peuple et la misère universelle, la culture spécifique d’une communauté n’est rien de plus qu’un épiphénomène, un état transitoire dont nous serons un jour délivrés par quelque espéranto.M.Micone ne voit dans toute langue qu’un outil de communication.Il préfère oublier qu’une langue est un prisme à travers lequel on appréhende le monde, un vecteur d'identité personnelle et collective, un organe aussi vivant que la communauté qui la parle, et partant, le noyau dur d’une culture.L’histoire de l’humanité n’a pas encore produit de Tour de Babel viable.Le dogme multiculturaliste n’y pourra rien changer.Que les allophones du Québec envisagent l’assimilation comme une sorte de mort culturelle, on peut le comprendre.Qu’ils continuent pendant plusieurs générations à participer de leur culture d'origine autant que de celle de la majorité, on doit non seulement le comprendre, mais aussi le permettre.Cela ne nous menace ni ne nous appauvrit, au contraire.Pour autant, je ne dirai pas demain à mes enfants que la culture québécoise n’a pas de langue qui lui soit propre.Je ne peux pas le leur dire, parce que ce n’est pas vrai.Que M.Micone se rassure pourtant.Mes enfants savent déjà que les majorités ont des devoirs.Ils savent que la tolérance est un exercice difficile mais nécessaire, où la négation de soi n’est pas une voie obligée de la reconnaissance de l’autre.Et s’ils ont appris en français le sens du mot solidarité, ils savent très bien que la solidarité n’a pas de frontières linguistiques.M.Micone a raison de dire que le temps est à la solidarité et à l’intégration.Le multiculturalisme est en train d’avoir la peau du Canada.Il n’aura pas celle du Québec.Parce qu’ici, l’intégration des minorités linguistiques exclut aussi bien la désintégration culturelle que l’assimilation forcée.Au Myanmar, le prix Nobel.de l’isolement ?Yves Prescott Journaliste pigiste et ethnologue LE PRIX NOBEL de la Paix, décerné à Aung San Suu Kyi, braque une fois de plus les projecteurs sur l’obscure république socialiste du Myanmar, autrefois connue sous le nom de Birmanie Aung San Suu Kyi est une femme au destin exceptionnel.Ayant complété des études en Inde, au Japon et en Angleterre, elle travaillera par la suite au secrétariat général des Nations unies à New York, avant d’être déléguée au Royaume du Bouthan par le ministère des Affaires étrangères .De retour en Birmanie en 1988, elle critiquera ouvertement le gouvernement du général de Win Elle remportera les élections libres de mai 1990, sans pourtant exercer le pouvoir.Placée sous assignation à résidence par un régime qui refuse le verdict des urnes, elle sera alors adoptée comme prisonnière de conscience par Amnistie internationale.Elle se dit inspirée dans sa lutte non-violente par le Mahatma Gan- dhi, ainsi que par son père, le héros national Aung San.Si le nom de Gandhi va est associé spontanément à la non-violence, celui de Aung San est au contraire associé à la résistance armée.Par exemple, durant la Deuxième Guerre mondiale, ce dernier décida de se ranger auprès des communistes chinois.Capturé par les Japonais, il collabora ensuite avec les fascistes.Finalement, il fera volte- L’attribution du prix Nobel de la Faix à une héroïne birmane accélérera-t-il le combat pour la démocratie dans ce pays méconnu ?face à partir de décembre 1944 en luttant auprès des forces alliées ! Signalons que Aung San Suu Kyi n’a pas véritablement connu son père : elle n'avait que deux ans lors de son assassinat.Ce prix Nobel évoque la dégringolade des régimes totalitaires dans le monde, en l’occurence celui du gé- néral Saw Maung, « héritier » du général Ne Win.Mais l’expérience d’autres peuples ayant fait la transition vers la démocratie semble peu applicable à ce pays méconnu, l'un des dix plus pauvres du monde.Déjà, on prévoit la possibilité de pressions extérieures sous forme d’embargo.Mais une telle action donnerait des résultats mitigés.Dans leur désir d’isoler la Birmanie, les dirigeants socialistes ont accepté avec retenue l'aide internationale qu’elle soit américaine, soviétique, japonaise ou autre, en évitant avec habileté d'établir un rapport de dépendance ou d’inégalité avec ces partenaires.On a peine à s’imaginer comment le Canada, par exemple, pourrait exercer des pressions autres que symboliques, puisqu’il n’y a pas d’ambassade du Myanmar à Ottawa, alors qu’un minuscule bureau de l’ambassade britannique s’occupe des « intérêts canadiens » à Rangoon.L’Inde pourrait faire contrepoids à cet embargo, riche d’une frontière commune et d'une fusion coloniale entre les deux pays de 1886 à 1937.Ce pays a plusieurs fois démontré ses attitudes ambiguës et déroutantes : Aung San Suu Kyi, prix Nobel.neutralité lors de l’invasion du Tibet, annexion pure et simple d’un voisin pacifique comme le Sikkhim, etc.La mobilisation d’une solidarité in ternationale est encore moins probable parce que Aung San Suu Kyi demeure relativement peu connue à l’étranger.I.a Birmanie-Myanmar, majoritai-rement bouddhiste, ne possède pas de leader de la trempe du Dalai-Lama (autre Prix Nobel de la Paix) capable de gagner les coeurs des dirigeants politiques et religieux d’< >c-cident.Relativement peu d’ouvrages existent sur son histoire et sa cul ture, ce qui risque de reléguer la lutte du peuple birman aux oubliettes.D’autre part, les événements en Haïti, en Yougoslavie et en Afrique du sud « captivent » davantage.D’autres raisons, intérieures celles-là, nuisent à l’effort de démocratisai ion symbolisé par Aung San Suu Kyi.La dite « Union birmane » est minée par des conflits entre le groupe majoritaire birman et les 66 autres ethnies autochtones parlant environ 243 langues et dialectes el recoupant la plupart des religions.Les tensions parfois violentes avec les musulmans et les « minorités étrangères» (chinoise et indienne) ne fait que compliquer un tableau déjà difficile.Ces tensions étaient telles que lors des fêtes nationales de 1972, on déguisa des Birmans en « minorités », de façon à éviter que la célébration ne vire à l’émeute ! Contrairement à l’exemple de la Roumanie, où la télévision a joué un rôle clé dans la chute de Ceausescu, ce média a moins de dix années d’existence à Rangoon.De plus, les postes récepteurs hors de prix se re-I rouvenl chez les privilégiés du système peu susceptibles d’être incités à se rebeller contre un régime dont ils profitent grassement.Selon un scénario vraisemblable, seule une sérieuse mutinerie des forces armées permettra à la Myanmar d’accéder à la démocratie.Rappelons que plus de 50 % du budget national serait destiné à maintenir l’armée : on a peine à imaginer comment un colonel collaborerait activement à mettre fin à un « ordre social » dans lequel son salaire est 30 fois plus élevé que celui d’un manoeuvre.Mais si tel venait à être le cas, Aung San Suu Kyi hériterait d’un pays ruiné, où l’espérance de vie n'est que de 44 ans.Les revendications s'empileraient au point ou le pays pourrait, comme l’URSS ou la Yougoslavie, assister à son propre démembrement.Au mieux, ce dé mentèlement pourrait se réaliser sans effusion de sang.Ce serait alors le test ultime pour Aung San Suu Kyi, récipiendaire du Prix Nobel de la Paix 1991.L’équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'Information générale Jean Chartier, Yves d'Avignon, Jean-Denis Lamoureux, Louis-G.L'Heureux, Bernard Morrier Laurent Soumis,, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes).à l'Information culturelle Pierre Beaulieu, Paule DesRiviéres, Marie Laurier, Robert Lévesque (Le Plaisir des livres), Nathalie Petrowski, Odile Tremblay à l'Information économique Robert Dutrisac.Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte, à l'Information politique Josée Boileau Pierre O'Neill (partis politiques), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Ouébec), Jo celyne Richer (information générale et parlementaire à Ouébec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Ouébec), Chantal Hébert (.correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulon (politique Internationale), François Brousseau, éditorialiste (politique Interna tionale) et responsable de la page Idées et événements', aux affaire* sociale* : Paul Cauchon (questions sociales), Caroline Montpetit (enseignement primaire et secondaire), Isabelle Paré (enseignement supérieur) Louis-G Francoeur (environnement, Sylvain Blanchard (relations de travail), Clément Trudel (affaires /uridiques), Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Joan Sébas tien (commis).Danielle Cantara.Thérèse Champagne Monique Isabelle, Christiane Vaillant (clavistes).Marie-Héléne Alarie (secrétaire rt la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire a la direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Marion Scott, Sylvie Scott, Serge La plante (Ouébec) Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Millotte (directrice),Jacqueline Avril, Caroline Bourgeois, Francine Gin- gras, Johanne Gulbeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, Lise Major (publicitaires), Marie-France Turgeon, Micheline Turqeonfmaquef-tistes), Johanne Brunet (secrétaire) L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables), Florine Cormier Céline Furoy, Jean-Louis Huot, Jean-Guy Lacas, Rachel Leclerc-Venne, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ftoss Linda Thôriault (secrétaire é l'administration) LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christlanno Benjamin (directrice) Monique Corbell (adjointe), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions dés abonnements), Louise Paquette LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Françoise Blanc Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombe, Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau (avis publics) Micheline Ruelland, Patrick Salesse, LE DEVOIR (1st publié par l'Imprirnorle Populaire limitéo, société A responsabilité llmllée.dont le siège social nsi situé au numéro Fit.rue du Saint-Sacrement, Montréal H2Y 1X1 II est composé ol imprimé par Imprimerie Dumont, 7743, ruo Bourdeau, une division do Imprimeries Quobecor lf|G 61?ouest ruo Saint-Jacques, Montréal L Agence Presse CanarJionno ont autorisée é employer et é diffuser les informations publiées dans I P DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupo Qwober.or Inc située ou //'>, boni Lobonu St l auront I nvoi do publication - Enroots froment n 0858 ÜépOl légal Bibliothèque nationale du Québec Téléphone général (514) 844 3361 Abonnemonts (514) 844 f>/30 I I DEVOIR (USPS* 003708) is published daily by L Imprimerie Populaire Limitée, 211.ruo du St Sacrement, Montréal, Québoc H2Y 1X1 Subscription rate per year is $ 439 00 USD Second Class Postage paid at Champlain.N Y US POSTMASTER send nddross changes to Insa, P O Box 1518 Champlain NY 12919-1518
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