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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-10-26, Collections de BAnQ.

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sgfippsin liiir fÆÈ rJiEiii., LE CORPS VACANT « •• - .0 I I fvH >1! .I M I A O PH( )T( ) = MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 26 octobre 1991 Marie-Michèle Cron JUSTE À l’entrée de la galerie René Blouin plongée dans une semi-obscurité, l’objet dans son apparente simplicité et son imposante volumétrie, attend qu’un corps se glisse dans son enveloppe d’acier lisse.Au fond de la pièce, sur un mur peint en gris, un film dévoile le secret de sa mécanique : un modèle masculin placé dans le centre de la sculpture la fait pivoter, balancer d'un côté et de l’autre, les muscles tendus comme un arc, tel un Spartiate luttant contre des forces invisibles pour ramener cette machine énigmatique dans sa position initiale.Fascination.Le regard est aimanté par ces mouvements incessants qui relient et soudent l’homme à la matière.C’est Sisyphe II, Roi de Corinthe et fils d’Éole condamné par Zeus pour avoir dépeuplé le royaume de Pluton et empêché les hommes de mourir, à rouler un énorme rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où il retombait inévitablement à chaque tentative.Entre le corps et l’esprit, entre l’âme et la chair, les oeuvres de Jana Sterbak nous rappellent notre fragile et mortelle condition.C’est pourquoi, nul ne peut rester indifférent devant elles.Injectées de conflits, métaphoriques et empathiques, pétries de l’humour caustique et de la violente tristesse chère à la « En réactualisant la mythologie, je veux faire une connexion avec le passé et démontrer que nous sommes toujours les mêmes.En tant qu’êtres humains, nous pouvons faire beaucoup de choses mais il y a des limites.Et ce sont ces limites qui m’interrogent.» pensée slave (Jana Sterbak est d’origine tchèque), elles suscitent diverses réactions.Et bousculant au passage notre confort et notre indifférence, nous forcent à prendre en charge nos émotions pour nous faire comprendre, comme dans cette valse aux adieux drôle et lugubre de Milan Kundera, que « le monde moderne nous a privés même du droit au tragique ».Déjà, au début des années 80, Jana Sterbak présentait dans l’exposition de groupe Menues Entre l’âme et la chair, Jana Sterbak rappelle à l’Homme sa condition fragile et mortelle SISYPHE AUJOURD’HUI ¦M • - -1 aapp MW- ; i ! i * i PHOTO JACQUES NADEAU Sisyphe II, de Jana Sterbak.manoeuvres qui se tenait au Musée d’art contemporain de Montréal, une galerie d’objets évocateurs, main, pieds, coeurs, estomac, orteils, enveloppe, maison aux matériaux diversifiés : pâte à modeler, bronze, fer, caoutchouc coulé, entre autres.D’emblée, l’artiste imposait son regard particulier, dense et intense, sur tout ce qui est caché dans le corps (cette structure qui protège comme une maison), sur nos viscères, sur nos entrailles, sur la vie qui bat à l’intérieur de nous et que nous avons oublié de regarder.Ce corps-là, fragmenté car traversé de tensions multiples, composait l’ossature de l’exposition Corps à corps qui se tenait le printemps dernier au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa et qui est actuelle- ment présentée aux Etats-Unis, à Boston, Cincinnati et San Diego.Une cinglante mise en scène de l’individu amputé de ses membres essentiels par les conflits sociaux, passionnels, idéologiques, où d’autres éléments venaient se greffer au domaine de l’invisible : meubles, vêtements, galons à mesurer.Ainsi de la Colonne vertébrale de rechange en bronze patiné, image épouvantable a priori mais non dénuée d’une pathétique réalité, celle de cet étrange et stupéfiant transfert des dons d’organes ou de la « langue » en bronze, métaphore du ma sacre des protestants à Prague en 1621, parole ravie et coupée par la tyrannie et le pouvoir de l’autre.Un vocabulaire plastique cru de l’anatomie humaine qui venait se retourner littéralement comme une seconde peau dans Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, oeuvre sulfureuse par excellence qui créa la controverse que l’on sait : une robe de viande sanguinolente pourrissait sur son cintre, nature morte, douloureuse et écorchée que l’on refuse d’admettre, car symbole trop évident de notre irrémédiable décomposition corporelle.Vanitas, thème spécifique de l’iconographie du moyen âge, avec son assemblage d’objets liturgiques et scientifiques qui intégraient un crâne de mort.Celui-ci, n’était-il pas un motif culturel introduit officiellement et avisant les populaces que toute chose en ce bas-monde est caduque ?Vanités comme orgueil.Rares sont les artistes qui comme Jana Sterbak, s'emploient à nous mettre la vérité, dure et crue, sous nos yeux et notre nez.Cette robe de viande nous demande de faire don d’humilité.Et ils en ont bien besoin, tous ceux qui revendiquent un pouvoir quelconque au nom de la liberté et de la démocratie.« Dans cette robe, je m’étais ins- « La robe de viande était pour moi l’incarnation de la vieillesse, cette vieillesse que nous n’acceptons pas dans notre société faite pour les jeunes car nous avons peur des maladies et de la mort.D’ailleurs, cette mort est toujours déguisée dans notre siècle.» pil ée de la Marie-Madeleine de Donatello, une sculpture qui se trouve au Musée de l’homme à Florence raconte Jana Sterbak.Pour moi, c’est l’incarnation de la vieillesse, cette vieillesse que nous n’acceptons pa£ dans notre société faite pour les jeunes car nous avons peur des maladies et de la mort.D’ailleurs, cette mort est toujours déguisée dans notre sièle.» C’est vrai.Pour éviter cette épée de Damoclès suspendue Voir page C-2 : Sisyphe JOHN POZER Le mouton noir du cinéma canadien Nathalie Petrowski Vous Etes qui, vous ?» John Pozer, 35 ans, cinéaste canadien, né en Colombie-Britannique vivant aujourd’hui à Montréal, connaît bien la chanson.Chaque fois qu’il décroche le téléphone, parle à un journaliste ou à un fonctionnaire de Téléfilm Canada, chaque fois qu’il présente son premier film The Grocer's Wife, la question revient comme une absurde litanie.« Vous êtes qui, vous ?» façon un peu arrogante de dire de quel droit existez-vous et de quel droit venez-vous de faire un film qui est tellement canadien que c’en est presque épeurant.John Pozer rigole.C’est vrai il n’est personne.C’est vrai qu’avant The Grocer's Wife il n’existait pas.D’abord aux yeux du monde mais surtout aux yeux de ce pays complexé qui l’a vu naître à Kamloops B.C.en 1956 dans une famille normale, une famille de la classe moyenne où il ne fallait pas trop faire de vagues et où il valait mieux mettre sa tête dans le sable ou à défaut de sable, dans un nuage de coton ouaté.John Pozer a tellement vécu dans le coton ouaté que lorsqu’il s’est mis à écrire son premier scénario après deux années d’école de cinéma et plusieurs mois sur les plateaux de tournage, il a craqué.Volontairement.Consciemment.« With a vengeance » comme disent les Anglais.Fini le bonheur.Evaporé le nuage de coton ouaté.Bye bye les abeilles et les petits oiseaux.John Pozer a décidé que son film serait différent.Que ce serait un film à petit, voire minuscule budget.Un film qui ne devrait rien à personne et qui se passerait de tous les éléments standard — les poursuites en auto, les coups de feu, le sexe, la drogue et le rock’n'roll — bref de tous les clichés du cinéma américain.Un film noir comme la suie qui recouvre les villes.Un film méchant comme les êtres humains le deviennent quand ils sont piégés par des circonstances atténuantes.Un film aussi dangereux qu’un camion qui fonce sur la glace vive bordant un ravin.Bref, un film canadien, dans tous les sens du mot ou plutôt précisément peut-être dans le sens le plus strict.Le Canada dans toute son horreur.Le Canada dans toute son étouffante aliénation.Le Canada quand la neige a fondu, que les grands espaces ont rétréci et qu’il ne reste plus que la méfiance, le malaise, l’incapacité de vivre.« Nous autres les Canadiens on est un peu dans une position inconfortable, dit Pozer.D’un côté il y a notre mère britannique qui nous trouve un peu simplets et de l’autre, il y a notre frère américain, celui qui est toujours plus beau, plus fin, plus intelligent que nous, celui qui gagne toujours la médaille et nous relègue au plan de bon troisième.Pour combattre les effets débilitants de cette situation, on est obligé de faire beaucoup d’efforts et de se faire croire toutes sortes d’histoires juste pour se rassurer.» Voir page C-2 : Pozer Photo Jacques Nadeau John Pozer THÉÂTRE Scalpel du diable À 30 ans, Jean-François Caron fait partie de la nouvelle vague de dramaturges québécois qui jettent sur la société façonnée par les baby-boomers un regard souvent impitoyable.Gilbert David a rencontré l'auteur du Scalpel du diable, présenté à la Licorne.Page C-2 JAZZ Les frères Marsalis Depuis toujours, les frères Wynton et Branford Marsalis sont sujets de polémique.Les gens qui apprécient leur sensibilité musicale veillent sur eux avec autant de soin que ceux qui les détestent en prennent pour vilipender les balades qu’ils poursuivent sur les bas-côtés de l’Histoire du jazz.Page C-6 CINÉMA Le onzième commandement Inconnu il y a trois ans, le réalisateur polonais Krzystof Kieslowski s’est acquis la confiance du public avec son Décalogue.Il nous offre aujourd’hui La double vie de Véronique, Prix de la critique internationale et prix oecuménique au dernier festival de Cannes.Page C-3 Itinéraires: La Côte Est de New-York à Montréal Numéro spécial: LA NOUVELLE ANGLETERRE 0$ Je réfléchis un instant.Dans je fond, Tim c’est un peu lui, non ?John Pozer écarquille ses yeux.J’y vois poindre deux points d’exclamation.« Moi, jamais de la vie ! Enfin certaines parties de moi, sans doute comme tous les autres personnages d’ailleurs.Non, Tim c’est un bon Canadien comme j’en ai rencontré dés douzaines quand je travaillais I’éfé en usine.Et d’ailleurs quand j’ai présenté le film aux gens de Trail où nous avons tourné le film, certains sont venus me dire qu’ils connaissaient Tim, qu’ils savaient même où il habitait.» Je retire ce que je viens d’affirmer.Tim, ce grand dadais pour qui se faire couper les cheveux sans la permission de sa mère est un exploit, Tim qui fait tout pour se convaincre que la vie est belle et propre et programmée quand en réalité la vie est un peu laide, un peu sale et complètement désordonnée, Tim dans le fond, c’est un peu beaucoup le Ca nada.John Pozer se remet à rire.Il ne nie pas.Il ne confirme pas non plus.Il se contente de dire que chacun a droit à sa vision des choses, chacun a droit d’interpréter le film comme il le sent.« Ne nous méprenons pas, j’adore le Canada, dit-iil c’est mon pays et je ne lui demande rien de sorte que je ne suis jamais déçu.Ce qui est dommage toutefois c'est qu’il y a au Canada une quantité incroyable de cinéastes inconnus qui sont bourrés de talent et qu’on n’aide pas parce qu’ils ne rentrent pas dans les cases.On préfère donner l’argent à des films comme Black Robe qui n’en ont pas vraiment besoin.C’est dommage, c’est tout.» Le mouton noir se tait.Il n’a plus rien à ajouter sinon qu’il s’est remis à écrire un scénario inspiré de choses qu’il a vécues à Montréal au cours de la dernière année.Montréal n’a qu’à bien se tenir.Avec John Pozer dans les parages, ça sera sans doute drôle.Drôle mais certainement pas beau à voir.( 'onset valoirc d'art dramatique de Montreal Pour le bien de l'amère patrie de I.Wcrtcnbakcr une production autogerce des élèves de troisième année dirigés pat Henri C’hassé du Il'r au 9 novembre 1991 à 20 heures relâche le 3 novembre au Studio-théâtre .lean-Valcourt 100.rue Notre-Dame 1st Montréal métro ( hamp-de-Mars I titrée libre avec laissez-passer K.S V P : (514) K73-4283 Gouvernement (tu Québec Ministère dns Affaires culturelles Québec :::: i » Le Devoir, samedi 26 octobre 1991 ¦ C-3 le cahier du 1 • armai CINEMA Le onzième commandement La double vie de Véronique De Krzysztof Kieslowski.Avec Irène Jacob.Philippe Volter, Aleksander Bardini, Louis Ducreux, Sandrine Dumas, Claude Duneton.Scénario : K.Kieslowski et Krzysztof Piesiewicz.Images : Slawomir Idziak.Musique Zbigniew Preisner Pologne-France, 96 min.Alain Charbonneau ENCORE inconnu il y a trois ans, le réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski s’est acquis depuis la confiance du public et la caution de la critique : son Décalogue a imposé ses lois, ses scénarios bouclés à double tour et ses mises en scène efficaces et directes, sans être démons- It L’année de l'éveil, un film de Gérard Corhiau.Du mauvais Malle, de la boursouflure L’année de l’éveil De Gérard Corbiau.Avec Grégoire Colin, Laurent Grévill, Chiara Caselli, Johan Rougeul.Adaptation et dialogue : G.Corbiau, Andrée Corbiau, Michel Fessier.Images : Patrick Camboulive.Musique : extraits de Schubert, Grieg, Faure, Smetana, Beethoven.France-Belgique, 102 min.Alain Charbonneau INSPIRÉ du récit autobiographique éponyme de l’écrivain français Charles Juliet, L’année de l’éveil de Gérard Corbiau évoque, sur un canevas qui ne va pas sans rappeler Au revoir, les enfants de Louis Malle, une période décisive de l’adolescence de François, enfant de troupe cantonné en Provence lors de la guerre d’Indochine.¦ Petit Villon en puissance, François n’a alors du poète que cette voix intérieure qui n’a pas encore décou vert ses propres portes de sortie.Kt la vie de caserne n’aide en rien l’expression de ses angoisses et de ce que Kafka appelait sa singularité.À 14 ans, il reste donc plutôt renfermé, peu sociable, cherchant Dieu à la chapelle entre deux messes et la sainte paix près du mess des officiers.Il trouve bientôt dans la pratique de la boxe un moyen comme un autre de s’exprimer, et dans le chef (Laurent Grévill) qui la lui enseigne, le père adoptif qui lui a toujours cruellement manqué.Ce dernier se prend d’affection pour cet adolescent aux oreilles en chou-fleur, et l’invite à passer les dimanches chez lui à la campagne, où vivent sa femme Lena et son enfant.Jeune et aguichante Italienne, Lena bovaryse seule toute la semaine, et subit les week-ends la compagnie d'un mari que de toute évidence, elle n’aime plus.Une idylle va naître entre elle et le jeune François, lequel fera d’une pierre deux coups, se libérant et du poids d'un Oedipe en souffrance et des chatouillements d’une prostate en campagne.Très vite, l’éveil de la sexualité attise chez lut l'esprit de révolte et l’instinct lyrique.Il se met à consigner ses pensées dans un carnet et, subissant l’ascendant rimbaldien de Galène, un nouveau venu, amoureux fou, mélomane averti et réfractaire à tout embrigadement de l’esprit, il abandonne la boxe pour lui préférer une lutte autrement passionnante : la vie dans toute sa complexité.Une vocation est née.Je n’ai pas lu le livre de Juliet, dont on dit par ailleurs beaucoup de bien.À défaut, je l’imagine écrit dans un style intimiste, en désespoir de toute autre cause, usant du silence comme basse continue, à la recherche d’un temps perdu, avec embusqués derrière chaque phrase l’aphasie qui constamment la menace, et derrière chaque « je » le suicide qui le hante et l’obsède.À tout cela, qui forme, aux extraits que j’ai pu en lire ici et là, l’essentiel de ce livre, Gérard Corbiau manifestement reste sourd, et son film, imperméable.Après avoir fait dans le mauvais Visconti avec le Maître de musique, Corbiau récidive en nous offrant cette fois du mauvais Malle, avançant d’un pas assuré sur les voies de l’académisme de seconde main, à savoir : de la boursouflure avant toute chose.Shootéîi la musique et artificiellement dramatisé (combien de scènes, gratuites, cachent l'essentiel ?), son film orne le récit d'une vocation, au lieu de nous introduire au coeur de sa naissance, douloureuse et difficile.Kt dès lors on se prend à lui chercher la seule chose qui distingue la vie d’un artiste, et les premières palpitations de son oeuvre : leur nécessité.tratives.Mais davantage encore, son cinéma témoigne — chose rare à l'heure actuelle — d’une vision du monde cohérente et profonde, où les destinées particulières de tous et chacun nous sont montrées coincées dans leur trajectoire parallèle, hasardeuse et aveugle.Prix de la critique internationale et prix oecuménique à Cannes cette année, son dernier film, La double vie de Véronique, n’échappe pas aux rouages de la machine kieslowskienne, bien que le mécanisme s'y desserre un peu.En ce sens, il constitue une sorte de onzième commandement, d'un style épuré, plus abstrait et plus aérien que les précédents.A l’inverse de Bunuel qui prêtait, il y a 15 ans, à son « obscur objet du désir » les traits de deux comédiennes différentes, Kieslowski colle à ses deux personnages principaux une seule et même empreinte digitale en la personne d'Irène Jacob (prix bien mérité d’interprétation féminine à Cannes), troublante deux fois plutôt qu’une, doublement belle avec son visage lunaire et ses lèvres gonflées, et doublement gracieuse dans son costume d’écolière.Grâce à cet artifice tout simple, la Véronique de Kieslowski nous apparaît du début à la fin une et double à la fois.Double d’abord, car Weronica la Polonaise et Véronique la Française (clin d’oeil de Kieslowski aux deux pays producteurs du film ?) vivent à mille milles l’une de l’autre, ne parlent pas la même langue et — ultime preuve de leur singularité — sont nées de parents différents.La biographie de chacune, en dépit des similitudes qu’elle présente avec celle de l’autre, garde sa personnalité propre, ses événements, son histoire.Double aussi tout comme l’est le film, plié au terme du premier tiers le meilleur du film qui s’achève sur l’enterrement en terre polonaise de Weronica, morte subitement lors d’un concert sur une note sublime et inoubliable, pour enchaîner sur les ébats de Véronique en sol français — l’érotisme et la mort servant ainsi de charnières aux deux volets.Unique cependant (comme ce film encore, l’un des plus beaux de l’année, avec La Belle Noiseuse de Ri-vette), Véronique l'est aussi, pui-qu'entre Véronique et Weronica, la ressemblance ne s’arrête pas à la seule parité physique, mais s’étend étrangement à d’autres sphères de leur existence imparfaitement dédoublée.Nées le même jour, à la même heure, elles présentent en quelque sorte toutes les caractéristiques de jumelles parfaitement identiques qu’on aurait séparées à la naissance et qui auraient mené des vies semblables, déterminées par un patrimoine génétique commun, chacune d’elles écoutant inconsciemment l’appel de l’autre et éprouvant l’inquiétante impression de n’être pas unique au monde — au contraire de la coquette rose du Petit Prince.«Au delà de la peur.la magie des volcans Sophie-Andrée Blondin Radio Canada «La lave crépité, explose, comme si vous y étiez.» Odile tremblay, le Devoir « L enfer, comme si vous y étiez.» Serge Dussault, la Presse uLkx_>S2 I s Il VUUX POM fi La double vie de Véronique, un film de Krzysztof Kieslowski avec Irène Jacob et Philippe Volter.Leur voix, pure et cristalline, les a conduites naturellement à étudier la musique en quoi elles excellent.Chacune est orpheline de mère et vit seule avec son père; toutes deux aiment s’appliquer doucement contre le bas de la cornée un anneau d'or ou encore observer le monde au travers d’une petite balle en plastique dur, boule de cristal miniature où, à défaut d’ombres prophétiques, défile le reflet convexe et inversé du paysage réel; l’une et l’autre enfin sont gauchères et atteintes d’une même maladie de coeur.Une aussi, cette Véronique, puisque, selon le principe de vases communicants parapsychi-ques, le modèle français profite de l’expérience de son alter ego polonais : c’est la mort de Weronica qui poussera obscurément son sosie à renoncer définitivement au chant.Une, encore et enfin, par le traitement de l’image, dont la lumière tamisée, ocre, estompe le contraste entre Cracovie d’une part et de l’autre, Clermont-Ferrand ou Paris, liant le tout comme une sauce.Bref le couple Véronique-Weroniea, c’est un même être qui s’est trouvé deux fois jeté dans les rets de l’existence.Laquelle, ici, ne précède plus l’essence, mais au contraire, la suit, la dédouble, la corrige, et l’infléchit selon les hasards de la destinée ou de la mise en scène.Plus encore que dans le Décalogue, Kieslowski manoeuvre ses personnages, les tient à la fois en laisse et à distance, les manipule, exactement comme le marionnettiste du film (Philippe Volter), de qui Véronique va tomber amoureuse, manipule ses pantins tout de soie drapés.Kieslowski fera se croiser les chemins de ses héroïnes sur une place publique de Cracovie, dans le feu d’une manifestation, comme il avait fait se rencontrer le meurtrier et le chauffeur de taxi de Tu ne tueras point : de manière volontairement artificielle, en appuyant davantage sur le hasard de la rencontre que sur sa prédestination.Comme Narcisse, iVeronica mourra après s’être vue lans ce dangereux miroir qu'est là Were dans ce dangereux miroir qu i réalité.Quant à Véronique, c’est une photo prise à l’aveuglette qui lui révélera plus tard l’existence de son double, qu’elle ne connaîtra pas (se connaît-on jamais ?) Figures homonymes et synonymes, les Véronique partagent qn même nom qui, lui, revêt deux sens proches mais différents.Comme^i toutes deux formaient la dernière pièce d'un puzzle insoluble qui en demandait deux.Décidément, les desseins de Kieslowski sont plus que jamais impénétrables.N.B : En revoyant le film cette semaine, j’ai cru remarquer qu’il y manquait une scène importante pour la compréhension de l’histoire.Si nia mémoire ne me trompe pas, Véronique, dans la version FFM de cet été, subissait au milieu du film un examen médical, et c’est à la suite de cet examen qu’elle décide de renoncer à sa carrière de choriste.Geci mentionné sous toutes réserves.le cinema IMAX du Vieux Port de Montreal angle de la Commune et Saint-Laurent • Metro Place-d'Armes • Renseignements 496-4629 rm 11 3 ’IPcfirn sign SOPHIE MARCEAU • RICHARD BERRY On pouvait la séduire.On pouvait la faire rire.Un seul l'a fait pleurer.V HSA CidKIIM Un film de ALEXANDRE ARCADY * j O A COMITÉ ‘ CANADA ISRAËL.Québec • Itrael iur la carte* t, IN{ M AS ( INI 11IX OlHON À l'affiche au cinéma BERRI LE COUP.impossible LE PARCOURS.imprévisible LES EXECUTANTS.insoupçonnables LE RESULTAT.Jnimaginable! DES VENDREDI 1er NOVEMBRE! —! *« l C-4 ¦ Le Devoir, samedi 26 octobre 1991 T le cahier du i • â^ameai CINÉMA Un Américain en Chine à l'affiche au COMPLEXE DESJARDINS ¦WJ}?fiS'-y version (rançaije de LlfTLL MAN TAU OTBDIWlirod IfOMff lit III (MU IHUVÜKi «Mkisc aa&*****ÿ- ORiOïl 'va»hi ' UAWJiH» !“*»«, IVIH'K* PICTURES Rolaato HttW'A |(DO( ¦* tfll ! ! (ft OU* !•* TAPO i*r *, f/> ' 0*i 12 JO 2 4' t«rn du GRÉGOIRE COLIN LAURENT GRÉVILL • MARTIN LAMOTTE • CHIARA CASELLI GERARD CORBIAU ANDREE CORBIAU MlCHl I Et SSI.E R .- INFOFUJK FAMOUS PLAYERS 866-0111 „Too ¦Le PARISIEN ® 1 DU BOX OFFICE À TRAVERS TOUT LE CANADA Un enchantement Luc Perreault, LA PRESSE ^ "Double vie: si belle, si pure." üHI A M h* jaa^ DOUBLE r\ -louis® Blanchard.LE JOURNAL DE MONTREAL LEONARDO DE LA FUENTE présente un film de KRZYSZTOF KIESLOWSKI L |L AUTEUR DU ^ | DÉCALOGUE ./PRIX D,IKTERPRÉTATiC‘' I 11 Xf FEMININE ) il PRIX DE LA CRITIQUE I m INTERNATIONALE 1 M PRIX OECUMENIQUE lall CANNES 91 VIE de véronique avec IRENE JACOB et PHILIPPE VOLTER scenario KMYSZIOfJOESlOWSKI et KRZYSZTOf PltSIEWtCZ cJrecteur de lo photograph SUWOMIRIDZIAK musique originale ZSIGNIEW PKISNE8 une production SIDERAL LE PLUS POPULAIRE ET LE PLUS ACCLAMÉ DES FILMS DE LA SAISON POURSUIT SES RAVAGES NOMINATIONS AUX PRIX GÉNIE - dont - MEILLEUR FILM et MEILLEUR RÉALISATEUR Le PARISIEN ® LAVAL MENTION HONORABLE "CAMÉRA D’OR" AU FESTIVAL DES FILMS DE CANNES 1991.MiMUR lUMIITi ItraMNI SAM et MOll version française 12 40^3 00-5 10-7 15-9 25 WNEE LEVEL “Le meilleur film de la rentrée.Iron and Silk De Shirley Sun, avec Mark Salzman.Pan Qinfu, Jeanette Lin Tsui, Vivian Wu.Scénario : Mark Salzman et Shirley d'après le récit autobiographique de Mark Salzman Images : James Hayman Direction artistique : Calvin Tsao.Musique : Michael Gibbs.USA, 1990 90 minutes Francine Laurendeau A TR Kl Z K ANS, Mark subit un véritable coup de foudre en voyant son premier film kung fu.11 les dévore tous, s’initie aux arts martiaux et se débrouille pour apprendre à baragouiner la langue de Bruce Lee en travaillant dans un restaurant chinois.Mais ce n’est pas seulement pour le karaté que la Chine l'attire, ("est parce que la population chinoise représente le quart de l’humanité et qu'il veut connaître ce quart.Donc plus tard, à l’université, il va se mettre sérieusement à l'étude de la langue et de la littérature chinoises.Kt c'est en 1982 qu'il réalise enfin son grand rêve : il réussit à se trouver un poste de professeur d'anglais en Chine où il passera deux années riches en surprises et en émotions de toutes sortes.Le film commence le jour où Mark (Mark Salzman) descend du train à iiang-Chou, belle ville déjà remarquée au XlIIe siècle par Marco Polo.Première surprise : ses élèves.Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qui étaient pro- osent continuer à le fréquenter.Iron and Silk ne se distingue pas par l'inventivité de sa réalisation, ("est honnêtement tourné.L'acteur principal, Mark Salzman, un assez fade blondinet, ne vous fera pas non plus l’effet d'une révélation.Kt pourtant, c’est une très agréable surprise dans l’avalanche de nouveaux films qui déferlent ces temps-ci sur nos écrans.U ne agréable surprise parce que, entièrement tourné au Celeste Km-pire et inspiré d’une histoire vraie, cette photographie en coupe de la société chinoise est riche en observations de toutes sortes qui nous en apprennent plus long sur les mentalités, sur les traditions, sur les tabous chinois et sur la façon dont la conjoncture politique se reflète dans la vie quotidienne, qu'un docte traité de sinologie que, de toutes façons, nous ne lirions pas.Je me retiens de vous raconter les perles qui font le charme de ce film.Ce que les Chinois pensent du baiser.Leur conception de la beauté féminine.Ce qui compte d'abord pour eux dans l’existence.Il y a des méprises déroutantes qui en disent long sur l’abîme qui sépare nos cultures.Des moments touchants aussi où la compréhension jaillit d’un regard ou d’un geste.11 va sans dire qu’une telle entreprise aurait été impensable à l’époque de la Révolution culturelle comme elle le serait sans doute aujourd’hui.Les dernières séquences ont en effet été tournées en mai 1989 et l’équipe a quitté Hang-Chou le 2 juin, c’est-à-dire très exactement à la veille des événements de la Place Tiananmen.Un film qui mérite le détour.A I affiche en version française aux cinémas COMPLEXE-DESJARDINS, CARREFOUR LAVAL, LANGELIER el TERREBONNE sQiÇJyr V.o.anglaise aux cinémas EGYPTIEN, POINTE-CLAIRE, ,v.CÔTES DES NEIGES et ASTRE ( INI 11 IX (MX ON LE DEVOIR rfl-Qmü .:a?CfP ÆUU˰>by STEREO^ l (.¦ 20-9 90 AF>RÈS \ root VERMONT £ TV (PBS) All Creatures Great and Small Wild g America Naturescene Nature Masterpiece Theatre g Abord the QE2 Mystery ! Masterpiece Theatre g rog) 4-SAISONS Montréal 100 limite Caméra 91 Cinéma : Sparks —Am.90 Avec Victoria Principal et Ted Wass Le Grand Journal Sport Plus week-end Cinéma : La bête noire —Fr Avec Richard Bohrlnger et 83 •hlllppe Sfez f£f] WCFE ^ (PBS) The Avengers Cosmos Creation ol the Universe Q Across a Fiery Sky Dreams : Theatre.Eyes on the Prize g Golden Years. Le Devoir, samedi 26 octobre 1991 ¦ C-11 Une oeuvre pour la paix Jean Dumont LE CHANTIER du parc Jarry bourdonnait d’activité, jeudi dernier, alors qu’on mettait la dernière marn à la finition de la sculpture pour la paix réalisée par l’artiste montréalaise Linda Covit.Cette oeuvre, qui •Séra inaugurée officiellement demain, à 13 h 30, en présence du maire Jean Doré, a été commandée à l’artiste au printemps dernier, dans le cadre du programme d’art public de la' Ville de Montréal, administré par 1a (TDEC.» VJ» ?ft cette occasion plus d’un millier ^’enfants se sont défaits de leurs 'jouets de guerre pour en faire cadeau à l’artiste afin qu’elle les utilise dans sa sculpture.Environ 1200 d'en-tre-eux sont enterrés sous l’énorme spirale de dalles de granit qui consti-lue la base de l’oeuvre.Une vingtaine d’autres, fusils, mitraillettes, chars d’assault etc., ont été coulés en bronze par Linda Covit et scellés en divers endroits de la dalle et du gazon alentour.Les empreintes d’une douzaine d’autres ont été découpées dans d’épaisses plaques de cuivre qui remplacent certaines dalles pour qjjè l’herbe puisse pousser à tra-"¦'cV'OjVS.Deux magnifiques voiles d’acier it|ôxydable, chacun de 16 pieds de -bfiMt et de 36 pieds de long laissent entre eux, au centre de la dalle de granit, une ouverture, métaphore de ^'entrebâillement d’une porte.Trois bancs de granit à une extrémité, et deux énormes pierres dressées dans tirt'massif d’arbustes à l’autre, alignés avec l’ouverture, complète cette remarquable installation dédiée autant à la paix de l’esprit qu’à celle des armes.Linda Covit aimerait que la végétation y pousse partout en liberté, au pied des voiles entre les dalles, autour des jouets de bronze plantés dans le gazon .La culture guerrière effacée lentement par le surgissement vivant de la nature.Gageons qu’elle aura des difficultés avec les sacro-saintes règlementations municipales.Il lui a déjà fallu modifier son projet, au détriment de son aspect, parce que certains règlements le considéraient dangereux pour les enfants ! Si on appliquait à l'ensemble de la ville les exigences manifestées envers l’art public, il n’y aurait pas beaucoup d’enfants à se s promener sur les trottoirs de Montréal, ni à jouer dans les ruelles.¦|l j Anecdote : un des maires invités au Sommet des grandes villes du * monde, est venu visiter la sculpture de Linda Covit.Un Japonais.Il a invité l’artiste au Japon.Après son départ, elle s’est étonnée qu’il ait été le .- & aàgniË; PHOTO JACQUES GRENIER La sculpture de Linda Covit sera dévoilée demain au parc Jarry.seul à venir voir cette oeuvre pour la était, on lui a répondu que c’était le paix.Quand elle a demandé qui il maire d’Hiroshima .Il faut croire qu’il avait plus de raisons que d’au très de s’intéresser à la paix! fllêfl *¦**•
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