Le devoir, 22 novembre 1991, Page(s) complémentaire(s)
A-4 M Le Devoir, vendredi 22 novembre 1991 Les étudiants craignent une nouvelle hausse des frais de scolarité Isabelle Paré LE MOUVEMENT étudiant universitaire anticipe une hausse massive des frais de scolarité qui, selon les scénarios à l’étude par le gouvernement, pourrait atteindre jusqu'à 20%.C’est du moins ce que soutient la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) qui doit d’ailleurs rencontrer ce matin la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science (MESS), Mme Lucienne Ro-billard, pour obtenir plus de détails à ce sujet.Selon la FEUQ, le ministère étudierait présentement la possibilité d’augmenter substantiellement les frais de scolarité et de moduler la tarification payée par les étudiants en fonction des divers programmes d’études.Lors d’une rencontre survenue en juin dernier avec les représentants étudiants, un sous-ministre du M ESS aurait d’ailleurs clairement fait savoir à la Fédération étudiante que son ministère songeait à combler l'écart qui subsiste entre le Québec et les autres provinces du Canada en ce qui a trait aux frais de scolarité imposés aux étudiants.« Nous avons des informations plus récentes à l’effet que le ministère ne songe pas à une indexation, mais bien à une décision qui pourrait avoir pour effet de hausser entre 10 à 20 % les frais de scolarité », a fait valoir hier M.Nicolas Plourde, président de la FEUQ.« On étudierait aussi la possibilité de fixer deux niveaux de tarification, dont une plus élevée pour les programmes qui entraînent une formation plus coûteuse, comme la médecine ou l’ingénierie.Nous nous objections totalement à cela», a-t-il dit.Ces hypothèses enragent d’autant plus les représentants étudiants qu’a-près la hausse de 100% des frais de scolarité appliquée depuis deux ans par le ministère, seule une indexation annuelle devait être ajoutée à la facture réclamée aux étudiants.Si le fardeau étudiant doit être augmenté, affirment les étudiants, d’autres partenaires, tels les entreprises et les gouvernements, devront aussi faire leur part pour financer les universités.La FEUQ préconise d'ailleurs le prélèvement d’un impôt «post-universitaire», sorte de taxe qui serait réclamée auprès des diplô- més après au moins cinq années passées sur le marché du travail.Au cabinet de la ministre, on a confirmé hier que tous ces scénarios étaient bel et bien sur la table, mais qu'il ne s’agissait que d’hypothèses de travail.« Aucune décision n’a enore été prise », a soutenu hier l’attaché de presse de la ministre, qui a toutefois confirmé qu’un projet devait être présenté au conseil des ministres avant les Fêtes par Mme Ro-billard.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Mulroney à ce Sommet par « l’autre grand frère » de la famille francophone.Le Canadien Brian Mulroney sort de cette conférence la tête haute, même si son approche très ferme sur les questions de droits de la personne n’est pas partagée par ses homologues.La Déclaration de Chail-lot, comme la résolution condamnant le coup d’État en Haïti sont des propositions canadiennes.M.Mulroney s’est démarqué dès l’ouverture en saluant, à la place mais sans doute avec l’approbation de l’hôte de ce Sommet M.Mitterrand, la présence du président renversé d’Haïti, M.Jean-Bertrand Aristide.Le président français avait d’ailleurs rendu hommage au premier ministre canadien : « Il faut spécialement le remercier, dit-il.Vous débloquez des obstacles ».Puis faisant allusion aux problèmes intérieurs canadiens : « Ça ne doit pas toujours être facile pour lui ».Lors de la séance de clôture à huis clos, M.Mitterrand aurait eu de bons mots cette fois pour M.Bourassa, rapportent des gens de son entourage : « J’apprécie toujours votre contribution, non seulement pour ce que vous représentez, aurait-il déclaré, mais surtout en raison de votre autorité personnelle».Le premier ministre du Québec a pour sa part estimé que le Québec avait atteint ses objectifs à ce Som met francophone.11 a souligné la contribution du Québec, particulièrement à l’élaboration de la programmation de l’Agence de coopération culturelle et technique.« Nous avons pu affirmer de façon concrète, réelle, dynamique, la présence du Québec sur le plan international », dit-il.M.Bourassa s’est réjoui en particulier de l’accent mis par le Sommet sur la dimension économique de la francophonie, passée pourtant inaperçue au cours de la semaine.Le Sommet s’est engagé à
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