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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 1988-01-29, Collections de BAnQ.

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VOLUME 4, NUMÉRO 1 - FÉVRIER 1988 • - f -, LA CULTURE UNE BONNE AFFAIRE Guy Lallberté, pdg du Cirque du Soleil .sur le point d’éclater?¦ÎÂ&LDË D La foule de petits détails qui s’additionnent à toutes les fins de mois.un vrai cauchemar! Avec Instaprime, c’est la paix totale.Instaprime, une initiative du Groupe Commerce, vous permet de profiter des avantages des versements mensuels, sans avoir à vous en occuper! Vous envoyez un spécimen de chèque et vos 12 versements se font automatiquement sans intérêt.quelle que soit votre caisse ou votre banque.Instaprime, c’est de la planification budgétaire intelligente, rentable.et sans tracas! Parlez-en à votre courtier.Instaprime Un peu de paix offerte par LE GROUPE COMMERCE Compagnie d’assurances Une présence rassurante X Photo de la page couverture: Paul Gélinas VOLUME 4, NUMÉRO 1 FÉVRIER 1988 4 AVANT-PROPOS L’art devenu rentable L'INDUSTRIE DE LA CULTURE 6 20 14 ' a Le mécénat culturel en pleine expansion Culture et marketing: un mariage possible?Laliberté dit non à l’État vache-à-lait Pour une retraite paisible 41 INNOVATIONS Un fauteuil roulant révolutionnaire 43 EN LIBRAIRIE 45 EN VACANCES Mille dollars de mise en forme LE DEVOIR ÉCONOMIQUE 3 ANDRÉ PANNFTON/CIRQl'L Dll SOLEIL L'art devenu rentable Æki t{é‘ PAULE BEAUQR, L'an dernier à pareille date, ou à peu près, des gens d’affaires — regroupés sous la houlette de la Chambre et du Bureau de commerce de Montréal — annonçaient leur intention de s'impliquer financièrement dans «l’industrie culturelle» et d’inciter d’autres à le faire.11 n’y a plus seulement Alcan, La-valin, Ultramar, les brasseries ou les cigarettes Benson & Hedges, entre autres, qui se penchent sur les arts avec intérêt.D’autres entreprises sérieuses du milieu de la finance, des affaires et de la grande-industrie se préoccupent maintenant d’apporter un certain soutien, administratif et financier, à une foule d’organismes culturels affamés.A Montréal, c’est même à un mariage des arts avec la PME qu’on travaille au sein de comités d’action.L'art est donc devenu rentable, et pas seulement face au fisc.C’est tout le milieu de la promotion qui s’interroge sur le meilleur profit à en tirer, tout en servant le développement de la culture québécoise.Des toiles de maîtres accrochées aux murs des bureaux de Lavalin à l’Ultraquizz, il y a tout un monde.Il y en a pour tous les goûts, d’ailleurs, depuis le jazz dans la rue jusqu’à l’Orchestre symphonique de Québec, en passant par le Cirque du Soleil qui, grâce aux commandites, est allé se gagner la Californie, transporte la magie du cirque à travers le Québec et travaille à l’établissement d’un atelier d’apprentissage des métiers du chapiteau.AVANT-PROPOS y u t •1 3AGNE Le jeune et audacieux pdg du Cirque affirme d'ailleurs que les organismes culturels devront dorénavant se donner une gestion serrée, sérieuse, et avoir carrément le sens des affaires.La concurrence face aux commanditaires s’annonce en effet de plus en plus cruelle et ceux-ci, pour délier les cordons delà bourse, pourraient avoir des exigences de ce type.La solution, pour certains organismes culturels, résiderait sans doute dans une meilleure connaissance de leur public et de ses besoins, connaissance que des études de marché, des sondages pourraient leur fournir.Il semble cependant qu’il s’agisse là de-besoins de gens riches.qu’il faudrait confier à des commandites! Dans notre reportage, des maisons de sondage se disent prêtes à faire leur part de concessions (financières) pour venir en aide, elles aussi, aux arts québécois.L’offre est faite.Qui la relèvera?Nous avons voulu lancer cette nouvelle année en faisant place à une industrie réelle, dont il faut suivre les activités financières comme on le fait pour toute autre.Nous y reviendrons pour vous parler du monde de l’édition, de théâtre, de-productions télévisées et de radio.Pourquoi pas, puisque la culture, c’est rentable.¦ LE DEVOIR ÉCONOMIQUE RÉDACTION DIRECTEUR: Benoit Lauzière RÉDACTEUR EN CHEF: Paul-André Comeau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE et responsable de la publication: Paule Beaugrand-Champagne ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Christiane Berthiaume, Pierre Cayouette, Normand Grondin, Charles Meunier, Jeanne Morazain, Jean-Robert Sansfaçon, Marie-Agnès Thellier.Photographes: Pierre Desjardins, Anne Gardon, Paul Gélinas, Jacques Nadeau.CORRECTION DES ÉPREUVES: Michèle Constantineau PUBLICITÉ Service de publicité du DEVOIR, (514)842-9645 PRODUCTION André Lajoie Communication Liée IMPRESSION Imprimerie Montréal-Magog DISTRIBUTION Les Messageries Dynamiques, Berthold Brisebois MARKETING Roland David le magazine «LE DEVOIR ÉCONOMIQUE» est publié par LE DEVOIR, 211, me du Saint-Sacrement, Montréal H2Y 1X1.Au téléphone: (514)844-3361 ADMINISTRATION Gabriel Hudon Courrier de deuxième classe — enregistrement no 7013.Le magazine «LE DEVOIR ÉCONOMIQUE»est publié huit fois par année.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada.Le jazz mis à la portée de tous, chaque été. AUCUN AUTRE FABRICANT NE PEUT VOUSDONNER LES MOTIVATIONS QUE vota S’il vous faut de sérieuses motivations avant d’acheter une nouvelle voiture, considérez celles-ci: qualité, fiabilité et longévité.Des qualités innées dans chacune des voitures Volvo 1988.De la légendaire Volvo 240- le modèle le plus abordable - à la Volvo 780, un coupé au design très italien qui vous offre tout le luxe possible et imaginable.Les mêmes qualités se retrouvent bien sûr dans chacun des modèles, sedans ou familiales, de notre prestigieuse série 700.La plus impressionnante étant la760, avec ses nouvelles lignes racées.Ce que vous remarquerez d’abord, c’est le nouveau profil avant de la 760.Mais lorsque vous prendrez le volant, vous remarquerez des caractéristiques bien plus importantes.Dont une nouvelle suspension à bras de liaisons multiples qui facilite non seulement la conduite, mais donne à la760 une tenue de route des plus confortables.Également réconfortantes pour ceux qui se soucient de leur sécurité, des caractéristiques standard comme un dispositif de freinage anti-blocage?Comme vous voyez, peu importe le modèle de Volvo choisi, vous obtenez bien plus qu’une voiture bon chic bon genre, bien aménagée.Vous vous assurez de la qualité, de la fiabilité, de la durabilité et d’une technique en matière de sécurité, qui ont fait la renommée de Volvo.Ceci devrait suffire à vous VOLVO motiver, non?Une voiture digne de confiance.* Freinage anti-blocage : standard sur les modèles 780,760 et 740 Turbo.Ce dispositif n’est pas disponible sur la 240.0 1987 Volvo Canada Liée. LE MÉCÉNAT CULTUREL EN PLEINE CRISE DE CROISSANCE Commandite par-ci.Parrainage par-là.Dons à tous vents.Sièges aux conseils d’administration d’organismes culturels.Colloques sur le mécénat, la philantropie ou les initiatives culturelles.Dans les grandes entreprises québécoises, la mode est à la culture.TEXTES: MARIE-AGNÈS THELLIER «¦! y a urgence.Les gens d'affaires fl veulent s’impliquer dans le secteur fl culturel, mais il leur faut un certain fl encadrement, un plan d’action.Sinon, chacun se découragera de voir ses efforts individuels tomber à plat», constate Michel Théroux, associé de Samson Bélair.«Les organismes culturels se font une_ concurrence féroce lorsqu’ils sollicitent’ les entreprises.Vont s’en tirer les organismes culturels qui feront la preuve que-leur produit est le meilleur et qui utiliseront la meilleure stratégie de marketing», prévoit François Lebrun, président des Grands Ballets canadiens et membre de la firme Raymond, Chabot, Martin, Paré.«Attention: ne manquons pas notre coup! J'ai peur des lendemains quand je vois des entreprises se mettre à commanditer sans môme se donner de politique et quand je vois le milieu culturel se contenter de profiter de la manne, § sans renforcer le 5 management des 2.organismes culturels», lance Guy Laliberté, pdg du Cirque du Soleil.UN INVESTISSEMENT RENTABLE Ces trois réactions caractérisent bien la situation actuelle du mécénat culturel au Québec: un mécénat en pleine crise de croissance, qui fait face à une-nuée d organismes culturels de plus en plus imaginatifs, mais pas toujours bien gérés.le rapprochement entre le monde des affaires et le monde des arts n’est pas fortuit.La raison majeure est évidemment économique: un investissement dans la commandite artistique et dans le financement des arts est devenu souvent plus rentable qu’un investissement similaire dans la publicité traditionnelle.On sait que l’impact des messages publicitaires a été considérablement réduit depuis que les téléspectateurs ont le câble et un magnétoscope.François Lebrtm.Une concurrence féroce.Au contraire, l’art est devenu vendable.1rs entreprises ont pris conscience que leur clientèle — davantage scolarisée — s'y intéresse; leur personnel aussi, d’ailleurs.Les grandes entreprises anglophones ont été les premières à s’impli- quer, à l’exemple de leurs soeurs canadiennes ou américaines.Depuis quelques années, l’entreprise québécoise francophone s'est elle aussi intéressée au mécénat culturel.«Dans le cas de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), les gens d’affaires sont beaucoup plus réceptifs qu’au-paravant.Depuis environ dix-huit mois, le produit OSQ a été reconnu comme un produit de qualité, qui peut leur être utile dans différents domaines: promotion ou même relations de travail», précise Guy Boulanger, président de l’OSQ et associé chez Mallette, Benoit, Boulanger, Rondeau, à Québec.Pour sa part, un grand mécène, David Rockfeller, note que le soutien aux arts augmente parce qu'aux yeux du monde des affaires il a fait la preuve de son efficacité.«L’homme d’affaires tend à agir comme un mouton», a-t-il déclaré en juillet 1986, à Vancouver, lors d’un colloque intitulé Support for the tins.«S’ils pensent que quelque chose est admis et correct, ils font comme les autres», a-t-il expliqué.JUSQU’À SATURATION De l’autre côté, plusieurs organismes culturels se sont bâtis une crédibilité en embauchant des gestionnaires qualifiés et en invitant des gens d’affaires à siéger LE DEVOIR ÉCONOMIQUE à leur conseil d’administration.Un véritable réseau de professionnels se créait dans le domaine culturel, avec notamment des services-conseil spécialisés dans le mécénat culturel et dans la levée de fonds.Une firme, Sponsorium, regroupe même des commanditaires et des commandités de Québec.L’appétit s’est aiguisé dans le milieu artistique.Les campagnes de levées de-fonds se sont donc multipliées ces dernières années, au point que l’on craint maintenant la saturation, les entreprises, interrogées l’hiver dernier par la défunte-association Sociétal, ont souligné leurs difficultés croissantes à répondre à des sollicitations qui augmentent chaque année en nombre et en montant demandé.Selon l’Institut de recherches en dons et en affaires publiques (IRDAP), les entreprises canadiennes recevaient 800 demandes par an en 1985, contre seulement 180 dix ans auparavant.Au Québec, les entreprises les plus sollicitées dépassent largement ce chiffre.«Nous recevons 300 à 400 demandes par mois», estime Gilles Pagé, directeur des affaires corporatives d’Ultramar.Le Mouvement Desjardins, les banques et Hydro-Qué-bec sont dans le même cas.Les entreprises les plus courtisées ont dû se doter d’une structure interne capable d’endiguer le flot: comité des dons, politique de commandite, etc.L'entreprise doit pouvoir refuser «pour de bonnes raisons», sinon elle peut être dénoncée publiquement.On en arrive à élaborer une véritable «gestion du refus».Et évidemment une «gestion des commandites», afin que soient protégés les intérêts propres de l’entreprise (visibilité, image de qualité, etc.) et que soient évalués les résultats de la commandite.Le rapport sur les dons d’entreprises au Canada en 1986, récemment publié par l’IRDAP, confirme la forte progression des demandes dans les dernières années.En 1978, dans seulement 3 P-cent des grandes entreprises, un responsable consacrait au moins la moitié de-son temps à gérer le mécénat.En 1986, une telle charge de travail se retrouve dans 19 p.cent des 215 grandes entreprises interrogées.Face à la saturation qui guette les grandes entreprises québécoises, la solution la plus simple est d’élargir le cercle aux PME.Marier la PME et les arts, avec la bénédiction et même le soutien des grandes entreprises: voilà comment on peut interpréter les récentes initiatives prises par le monde des affaires, notamment par la Chambre de commerce et le Bureau de commerce de Montréal, (encadré page 8).«L accent qui est mis sur le parrainage des arts et la commandite artistique dans de nouvelles stratégies de communication de l’entreprise annonce des perspectives d’avenir pour le financement des arts par la PME», prévoit d’ailleurs Gilbert Gagnon, chercheur au ministère r.Sr* y- VOrchestre symphonique de Québec a lancé son propre RÉA.des Affaires culturelles, dans un document de travail sur le financement privé des arts.Parmi les PME, les premières visées seront les «Réa-ctées», les entreprises inscrites au RÉA (Régime d’épargne action du Québec), qui ont connu un développement accéléré ces dernières années.12 P.CENT DES DONS DES ENTREPRISES Selon l’IRDAP, en 1986 la culture a reçu environ 12 p.cent des dons, le secteur de la santé se taillant toujours la part du lion (46 p.cent), suivi par l’éducation (25 p.cent).Les 215 grandes entreprises canadiennes interrogées ont fourni environ 10,8 millions S au secteur culturel.Elles ont notamment parrainé 598 activités culturelles.Les subsides provenaient encore MicheI Théroux.Un plan d’action.à 75 p.cent du budget «dons de charité» (contre 63 p.cent pour les activités sportives subventionnées).Vingt-deux p.cent des sommes investies dans ces activités culturelles provenaient des relations publiques, de la publicité ou du marketing (contre 34 p.cent dans le cas des activités sportives).Ut tendance semble irréversible: la culture verra — comme l’a vu le sport — diminuer la part provenant du budget «dons de charité» et progresser la part provenant des budgets des relations publiques, du marketing ou de la publicité.Aussi sera-t-il nécessaire de bien «cibler» à la fois l’activité culturelle financée et l’entreprise sollicitée.«Aux entreprises, je dis: Choisissez votre créneau.Et aux organismes culturels, je conseille: Choisissez votre entreprise», précise Nicole Martin, directrice chez Secor et présidente du Comité des industries culturelles de la Chambre de commerce de Montréal.«Une entreprise peut s’associer durablement à un organisme culturel qui lui plaît et qui répond à ses besoins de visibilité.Et un organisme culturel peut rechercher une entreprise intéressée par son creneau, par son produit et par son public», explique Mme Martin.ART = LAVALIN OU ULTRAMAR Pour une entreprise, il semble de toute façon beaucoup plus rentable de concentrer ses dons et ses commandites dans un domaine artistique en particulier.Le meilleur exemple est celui de Lavalin, qui, depuis une vingtaine d’années, est un important mécène des arts dits visuels.Lavalin consacre à la promotion des arts un pourcentage fixe de sa facturation.En plus d’investir dans une collection de plus de mille oeuvres, Lavalin épaule de jeunes artistes grâce à ses expositions thématiques au Québec, au Canada et parfois aux États-Unis.Il ne s’agit donc plus seulement de décorer le siège social — voire même tous les bureaux — de l’entreprise, mais d’imposer une équation «Art = Innovation = Lavalin».?" If) ¦ 7 V" * LE DEVOIR ÉCONOMIQUE Si Ultramar récidive son exploit de «Lance et compte», la compagnie pétrolière pourrait miser sur une autre équation: «Mini-série québécoise = Populaire = Ultramar».En investissant moins d’un demi-million de dollars au vu d’un scénario, Ultramar a bénéficié d’une publicité nationale mille fois plus efficace qu’une publicité traditionnelle, parce que le téléroman «Lance et compte» a connu un succès extraordinaire.«Nous avons fait preuve d’audace et de leadership en préférant nous associer directement à la production d’une minisérie comme «Lance et compte» plutôt que simplement placer des messages télévision dans des séries américaines, comme tant d'autres», déclarait le pdg d’Ultramar, Jean Gaulin, en mars dernier.Il envisageait alors un investissement similaire, dans une mini-série québécoise basée sur la Formule-1.Le verra-t-on alors en coureur automobile, lui qu’on a vu en hockeyeur pendant les pauses publicitaires de «Lance et compte»?À MONTRÉAL L’activité culturelle est un des axes de développement de Montréal: déjà en 1985, les industries culturelles y représentaient une activité de 1,7 milliard f.Aussi la Chambre de : commerce et le Bureau de commerce de Montréal se sont-ils lancés depuis peu | dans une vaste opération de soutien à | l’industrie culturelle, clé du rayonnement international de Montréal.«Il y a encore une grande distance entre les gens d’affaires et le domaine artistique: de part et d’autre, on se craint Nicole Martin.encore», constate Nicole Martin, présidente du comité des industries culturelles de la Chambre de commerce de Montréal.Directrice de Secor, Mme Martin était précédemment sous-ministre adjointe aux Affaires culturelles du Québec.Son comité est chargé de mettre en chantier les huit recommandations du rapport intitulé «L’industrie culturelle et le rayonnement international de Montréal», rendu public en février 1987 par LE MARKETING REMPLACE LA QUÊTE Quant aux organismes culturels, ils innovent dans leurs méthodes de solli-cation.Le marketing a remplacé la quête.De nombreux organismes ont un responsable du marketing ou du financement.Leur fonction est simple: créer des événements capables d'intéresser des commanditaires et de faciliter le financement privé de l’organisme.Depuis sa fondation en 1984, le Cirque du Soleil s’est montré imaginatif et déterminé.En novembre 1986, il se donnait une politique de commandite afin de réagir devant les coupures gouvernementales dans le domaine culturel.«L’État fournit au Cirque 1 à 1,5 million S selon l’année ou la tournée.C'est une diminution en pourcentage car notre chiffre d’affaires augmente d’année en année.Pour 1988, le «holding» pourrait même atteindre 15 millicm S, ce qui ferait tomber la part de l’État à 10 p.cent», prévoyait cet automne le pdg du cirque, Guy Laliberté.Le Cirque du Soleil a imaginé toute une panoplie de supports promotionnels, selon l’importance de la commandite.«Nous voudrions non seulement accentuer les commandites commerciales mais aussi jumeler ces commandites avec un investissement», poursuit M.Laliberté, qui rêve d’un véritable partenariat entre le monde des affaires et le milieu culturel.Mais qui dit «partenariat» dit gestion similaire ou presque: le fossé culturel entre les deux mondes et le caractère artisanal de certaines gestions pourraient bien réserver ce «partenariat» à seulement une douzaine d’organismes culturels bien rodés au Québec.Rodés ou pas, tous les organismes font maintenant surenchère d’imagination.Par exemple, pour vendre l'appui financier à un orchestre, il est devenu routinier d’organiser un concert ou un brunch.11 y a quelques mois, l’OSQ a attiré 13 000 visiteurs dans des condo- ON S'APPRIVOISE ENCORE le président du groupe de travail, Gilles Mercure.Le comité se dote actuellement d’un plan d’action pour renforcer les liens entre le monde des affaires et le monde des arts.«À Montréal, il y a déjà beaucoup d’organismes de regroupement culturel: le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM), la section québécoise de la Conférence nationale des arts, la Société de développement des arts du Grand Montréal.», constate Mme Martin.Aussi le groupe de liaison arts-affaires restera-t-il une structure légère.La Chambre de commerce de Montréal a recruté une vingtaine de gens d’affaires motivés et de représentants du milieu culturel qui se sont réunis deux fois durant l’automne et qui ont formé trois sous-comités.Un comité de stratégie oriente les travaux.Ce groupe de liaison a trois objectifs: sensibiliser les gens d’affaires à l’importance économique des arts; créer des opportunités d’affaires pour les industries culturelles elles-mêmes et des opportunités de mécénat pour les entreprises, par une meilleure circulation de l’information; faire débouchei certains dossiers en favorisant la concertation entre les gouvernements, la Ville de Montréal et le secteur privé.Ces dossiers touchent des équipements culturels, comme la salle de l’OSM, ou des secteurs, comme le cinéma.Le milieu des affaires reste à sensibiliser.Par exemple, des jeunes cadres appartenant aux grandes entreprises montréalaises seront poussés à s’engager bé- névolement dans des organismes communautaires ou culturels, qu’ils feront bénéficier de leurs connaissances en gestion, en comptabilité ou en marketing.«Le mécénat progressera quand les personnes s’impliqueront»: tel est le postulat de la Chambre de commerce, qui sera aussi invitée à mieux accueillir ses membres venant du secteur culturel et même à prévoir des activités qui leur conviennent.Le rapport Mercure recommandait par ailleurs que soient consolidées certaines compagnies artistiques et certains événements d’envergure internationale: «renforcer au moins une compagnie majeure en théâtre et en danse; promouvoir le développement de festivals internationaux du film et du jazz.» Poussant jusqu’au bout sa logique, le Groupe de travail sur les industries culturelles de Montréal a recommandé que les entreprises culturelles à but lucratif puissent, elles aussi, avoir accès à certains programmes d’aide gouvernementale.Jusqu’ici, les gouvernements ne subventionnent les arts que si les organismes culturels sont à but non lucratif.«Les entreprises industrielles bénéficient de programmes dans les fonctions non rentables comme la recherche-développement ou la promotion des exportations.11 serait juste que les industries culturelles aient accès à des programmes similaires, dans les mêmes conditions», explique Mme Martin.Si le milieu d’affaires obtenait un tel revirement du Conseil du Trésor, on pourrait vraiment dire que les mentalités ont changé au Québec! ¦ LE DEVOIR ÉCONOMIQUE Les professeurs de géographie savent où ils vont.Les professeurs de géographie du Québec se réunissent régulièrement à l’Hôtel des Gouverneurs.Les professeurs de géographie savent qu’en choisissant l’Hôtel des Gouverneurs, ils prennent la bonne orientation.L’Hôtel des Gouverneurs, en premier lieu dans un agenda.Les Québécois savent où ils vont.l?¥f3S oflo HÔTEL ôes GOuveRneuRs 1-800-463-2820 Québec • Sainte-Foy • Trois-Rivières « Sherbrooke » Chicoutimi » Sept-îles » Rimouski » Matane « Gatineau « Val-d’Or » Laval (1988) î 83441428 PRODUCTIVITE • Pour des réalisations exceptionnelles en matière de productivité grâce â une planification efficace et â la participation de tous les employés.Commercialisation Pour avoir fait montre de créativité et d'innovation exceptionnelles dans tous les domaines de la commercialisation, tout particulièrement, les études de marché et la planification, ainsi que pour souligner le succès commercial.ESPRIT D’ENTREPRISE • Pour les réalisations exceptionnelles d'un propriétaire-gestionnaire â la suite de la fondation, de la reprise ou de la transformation substantielle d’une entreprise indépendante.Collaboration ouvriere-patronale • Pour des réalisations exceptionnelles â la suite de changements ayant eu un impact important sur la main-d’œuvre.Ce prix est remis conjointement aux représentants des employés et de la direction (il y a deux trophées).A Pour une réussite exceptionnelle dans la mise en œuvre de nouvelles technologies en matière de procédés de production, de produits ou de services qui ont obtenu un succès commercial.Jr r 1 Pour une percée scientifique ou technique exceptionnelle portant sur un procédé, un produit ou une technique qui peut être exploité commercialement, mais qui n’existe pas encore sur le marché.Design industriel Pour l'application d’un design exceptionnel dans la fabrication d’un produit canadien.Petite entreprise Pour des réalisations exceptionnelles en matière de gestion, commercialisation, innovation et autres domaines de gestion, par une entreprise indépendante (non sous franchise) ayant un chiffre d’affaires annuel de moins de cinq millions de dollars.////// //////.y// m\cw\i)\ / roi r y i;i.rue Ouren Ottawa (Ontario) Kl A01 If» Tél.: (ti Cf) 1-107!) Gouvernement du Canada Expansion industrielle régionale l.hon Robert R de Cotrel Ministre Government ol Canada Regional Industrial Expansion Hon Robert R de Cotrel Minister Demandez votre formulaire d’inscription dès maintenant.La date limite d’inscription au concours est le 15 avril 1988.Nom_______________________________________________________________________________________________________________________________ Titre.Société.Adresse.Ville___ .Province.Code postal.Je désire obtenir des renseignements en français ?en anglais ?,N° de tél.( 1401 Canada miniums du Vieux-Port de Québec.À 5S l’entrée, cela a rapporté 65 000 S à l’orchestre.et beaucoup de visibilité pour le promoteur immobilier.L’OSQ vient aussi de lancer son propre RÉA: un régime d’encouragement aux arts, imaginé par le président de la campagne de financement, l’homme d’affaires Charles Sirois.Il existe même des catalogues d’idées aux États-Unis, où la sollicitation a commencé de progresser fortement il y a déjà vingt ans.POUR 100 L'ÉTAT REND 50 I Là où les Etat-Unis conservent une avance magistrale, c’est dans la philantropie des individus.Les entreprises québécoises sont proportionnellement aussi généreuses que les entreprises américaines.Mais peu de Québécois donnent aussi généreusement que les Américains.eux-mêmes généreusement financés par l'État américain par le biais des avantages fiscaux consentis aux dons de charité.Du punch aux grands événements, comme l’exposition Léonard de Vinci.Un spécialiste américain, J.Mark Davidson Schuster, a calculé qu’en 1983, à cause des exonérations d’impôt accordées aux particuliers, aux entreprises et aux fondations, l'État américain supportait la moitié des 4,3 milliards de dons privés aux arts et aux lettres.Aux États-Unis, le mécénat culturel n’est donc pas à 80 p.cent d’origine privée, comme on le pense généralement: les dons proviennent à 40 p.cent du mécénat privé et à 60 p.cent du mécénat public lorsqu'on tient compte des avantages fiscaux.En juin 1986, un groupe de travail recommandait au gouvernement fédéral d’être aussi généreux que le gouvernement américain.La soixantaine de recommandations sur «le financement des arts au Canada d’ici l’an 2000», n’a cependant pas été reprise intégralement Lance et compte: 1 000 fois plus efficace qu ’une pub traditionnelle.dans le Livre blanc sur la réforme fiscale qu’a déposé, en juin dernier, le ministre des Finances du Canada, Michael Wilson.Membre du groupe de travail et associé chez Samson, Bélair, Michel Théroux estime que «à la suite de cette réforme fiscale, certaines choses vont être appliquées, mais pas nécessairement comme nous le proposions».«Comme nous le recommandions, M.Wilson a transformé en crédits d’impôt les anciennes exemptions pour dons déchanté.Mais au lieu que ces crédits soient accordés au taux maximum d’impôt (56 p.cent), le premier 250 S sera accordé au plus bas taux de 29 p.cent», explique-t-il.«Si le Québec adopte cette mesure, cela signifiera que le premier 250 S rapportera un crédit d’impôt de 30 p.cent et l’excédent un crédit d’impôt de 52 p.cent.Il y aura moins d’incitation à donner qu’un crédit d’impôt uniforme de 56 p.cent», ajoute M.Théroux.À ses yeux, si le mécénat privé est stimulé par des mesures fiscales, l'État aura moins de-subventions à verser surtout si, en parallèle, les municipalités s’impliquent davantage.«U important est d’encourager les gens et les entreprises à une première donation aux oeuvres de charité.Ce sont toujours les mêmes entreprises qui donnent.Il faut maintenant intéresser les petites et surtout les moyennes entreprises à encourager la culture, soit par des commandites, soit par des dons», ajoute M.Théroux.Les entreprises québécoises ne consacrent qu’environ 0,5 p.cent de leurs revenus aux oeuvres charitables.L’objectif serait d'y consacrer 1 p.cent des revenus.«Pour les dons d’entreprises, le Québec a un moins bon score que l’Ontario pour trois raisons.Tout d’abord, les grandes entreprises donnent là où sont situés les emplois, ce qui favorise l’Ontario qui a plus d’emplois et plus de sièges sociaux.Ensuite, traditionnellement au Québec, l’aide à l'éducation et à la santé provenait de l’Église, puis de l’État, et non du secteur privé.Enfin, sauf à Mont- L’ÉTAT ET LES MUNICIPALITÉS: UN RÔLE ENCORE ESSENTIEL Le mécénat culturel est-il la solution-miracle qui renforcera les industries culturelles québécoises?Le mécénat culturel sera-t-il une solution définitive au sous-financement du secteur culturel montréalais, dénoncé il y a un an dans le rapport Picard?Ce rapport soulignait aussi que la Ville de Montréal n’a pas joué son rôle et que, maintenant, un écart «énorme» sépare Montréal de Toronto pour les industries culturelles.L’implication du monde des affaires a donné du punch, du piquant aux grands événements dont le Québec est friand depuis quelques années.L’exposition «Léonard de Vinci» ou le Festival international de jazz en sont de bons exemples.Mais une chose est sûre: malgré-leurs gestionnaires expérimentés, malgré-leurs administrateurs venus du monde des affaires, de grands organismes culturels comme le Musée des Beaux-Arts, l’Orchestre symphonique de Montréal et les Grands Ballets canadiens continuent d’afficher des déficits.Jamais l’État ne pourra se retirer complètement du financement des arts.«Le ballet classique a des contraintes majeures qui augmentent les coûts.Il va toujours falloir l’aide de l’État même si nous arrivons à augmenter jusqu’à 15 ou 20 p.cent la participation du secteur privé, au lieu des 10 p.cent actuels», précise le président des Grands Ballets canadiens, François Lebrun.Expérimentée sous Clément Richard, la formule du «matching grant» (subvention de contrepartie ou d’appariement) a été lancée en juillet dernier par la ministre des Affaires culturelles, Lise Bacon.Un fonds d’appui de 4 millions S a été créé.Pour chaque dollar de financement obtenu du secteur privé, le MAC versera un dollar, jusqu’à concurrence de 100 000 $.lx.- milieu des affaires recommandait l’adoption d’une telle formule.Mais il réclame aussi que l’État modernise les équipements culturels.«La responsabilité- principale des gouvernements est de financer l’implantation d’équipements et d’institutions culturelles à vocation nationale et internationale», précise le rapport Mercure publié il y a un an (voir l’encadré).Le milieu des affaires est prêt à s’impliquer davantage dans le financement des arts.Mais il réclamera davantage de coordination entre les trois paliers de gouvernement.Peut-être sonnera-t-il la fin du psychodrame de la salle de concert de l’OSM, par exemple?¦ réal, il y a moins de campagnes de financement dans les diverses villes du Québec, en comparaison avec l’Ontario», explique Richard A.Hopkinson, président de l'IRDAP, un institut qui étudie, depuis 1972, la politique des entreprises en matière de dons.LE DEVOIR ÉCONOMIQUE 12 « 7 Chez Hilton International, nous cherchons toujours de nouvelles façons de mieux vous servir.Un exemple?Les Départs Express®.parce que nous savons que votre temps est précieux.C’est simple comme bonjour: vous n’avez qu’à vous inscrire en utilisant une carte de crédit reconnue.Et tôt le matin de votre départ, vous trouvez une note détaillée et un reçu que nous avons glissés sous votre porte durant la nuit.Il ne vous reste qu’à déposer la clé de la chambre en sortant.Fini les attentes! 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libre-échange.L’autre grand facteur à l’origine du succès du Cirque du Soleil est l’établissement de bonnes relations avec l’entreprise privée.Si d’autres entreprises culturelles ne jurent que par les subventions de l’État, le Cirque du Soleil a su établir des relations «saines et honnêtes» avec le mécénat.«Nous sommes actuellement dans une zone grise.La situation fiscale au Canada ne favorise pas les investissements du secteur privé dans les arts.Aux États-Unis, on accorde des avantages fiscaux aux entreprises privées qui investissent dans l’art.Au Canada, ce n’est toujours pas le cas, et rien ne changera avant trois ou quatre ans.Parallèlement, l’État suit les grands courants, dans les arts et ailleurs, et se fait plus parcimonieux dans l’octroi d’argent, dit Guy Laliberté.Nous cherchons donc d’autres avenues.Nous cherchons à nous défaire du lien de dépendance qu’entretiennent traditionnellement les entreprises québécoises du secteur de la culture avec l'État vache à lait».En 1984, les subventions gouvernementales totalisaient 97 p.cent des entrées de fonds du Cirque du Soleil.En 1985, le pourcentage des revenus venus de Québec n'était plus que de 50 p.cent.En 1986, il était de 32 p.cent.L’an dernier les subventions, tant d’Ottawa que de Québec, ne représentaient que 15 p.cent ou moins des entrées du Cirque du Soleil.BONNE GESTION ET AUDACE Déjà, en 1986, la participation du secteur privé dans l’aventure du Cirque du Soleil s’élevait à plus de 200 000 S.Les mécènes se bousculent presque aux portes du chapiteau.C’est le cas des Lignes aériennes Canadien International, deve- PIERRE CAYOUETTE A l’âge où les futurs administrateurs suaient sur les banquettes universitaires, Guy Laliberté, lui, crachait le feu dans les rues de Baie-Saint-Paul.Pourtant, aujourd’hui, toutes les chambres de commerce s'arrachent le jeune fondateur et président-directeur général du Cirque du Soleil.La communauté des entrepreneurs voit en lui le plus prometteur des hommes d’affaires québécois.Les parrains corporatifs affluent.Guy Laliberté dirige en effet l’une des plus prospères entreprises culturelles du Québec.Après avoir conquis l’Ouest américain, le Cirque du Soleil s’attendait à réaliser, en 1987, un chiffre d’affaires d'au moins 6 millions S.L’entreprise fournit de l’emploi à quelque 200 personnes, dont 110 permanents.Cette année, le Cirque prévoit atteindre les 10 millions S de chiffre d’affaires.Dans son bureau aménagé au troisième étage d’une ancienne caserne d'incendie de la ville de Montréal, cédée au Cirque par bail emphytéotique, Guy Laliberté garde les pieds sur terre, malgré tout ce succès.11 consent volontiers à partager sa philosophie corporative, «à condition que vous ne me demandiez pas de recette».Deux mots reviennent sans cesse quand il parle du Cirque: la qualité du produit.«Je crois que la clef de la réussite, pour une entreprise culturelle, c’est la qualité du produit.Sur ce point, on ne doit jamais lésiner.Il ne faut jamais faire de compromis, que ce soit envers son public ou envers ses mécènes.C’est une politique que nous respectons scrupuleusement depuis le début de notre aventure.Et, avec le temps, à condition d’avoir un créneau original — il n’y a pas véritablement d’autre cirque au Québec —, ça rapporte».Le problème de la «qualité du produit» s’est posé de façon aiguë à propos de Dans cinq ans, prospère et cravaté?l’achat d'un chapiteau.«C’est le meilleur exemple que je puisse donner.En 1985, je me suis rendu compte qu’un chapiteau de 800 places ne convenait plus au Cirque du Soleil et freinait notre croissance, puisque l’essentiel de nos entrées de fonds proviennent de la vente aux guichets.J’ai donc décidé de me rendre en Italie et d’acheter un chapiteau de 1 700 places.Mes collègues ont été sceptiques.D’autant plus que nous avons terminé l’année 1985 avec un déficit de 750 000 S.Mais avec le temps, l’investissement a rapporté.Sans ce chapiteau spacieux, il nous aurait été impossible de conquérir l’Ouest américain.Ce fut une décision passionnelle.» LE DEVOIR ÉCONOMIQUE 14 OlOH 040» jjtio 010» MK»»»» ($) Desjardins u : aoc '«-g Banque officielle désignée des XVe* jeux olympiques d'hiver Parlez-moi d'une banque.Royale! RÉGIME ENREGISTRÉ D’ÉPARGNE-RETRAITE Le Régime Enregistré d’Épargne-Retraite de la Banque Royale offre aujourd’hui des instruments de placement plus nombreux encore.Pourquoi cette souplesse?Pour toujours mieux répondre à vos besoins particuliers.Ainsi, vous pouvez choisir, par exemple, un dépôt vous garantissant un taux d’intérêt avantageux.ou un dépôt à intérêts quotidiens calculés sur le solde le plus élevé.ou encore des dépôts à terme, avec ou sans privilège de retrait.Peu importe votre choix, nos taux d’intérêts sont toujours concurrentiels sur chacune de ces options et sur bien d’autres encore.Mais, peut-être leur grand nombre vous pose-t-il un problème de choix?DES SPÉCIALISTES EN GRAND NOMBRE Eh oui, dans chacune de nos 1500 succursales, vous pouvez discuter avec l’un de nos spécialistes dans le domaine des REÉR.Vous pouvez lui poser toutes vos questions au sujet de tous nos REÉR, ce qui vous permettra de choisir le Régime Enregistré d’Épargne-Retraite le mieux approprié à vos besoins.Et au moment de votre adhésion, on vous remet tout de suite un reçu pour fin d’impôt.Venez parler REÉR avec nos spécialistes.Vous avez jusqu’au 29 février 1988 pour profiter de l’abri fiscal! — * Nous avons des REER pour tous.et des spécialistes pour en paner à chacun. offrant à la fois des services de planification et de gestion de portefeuille.Certaines d’entre elles se paient en prélevant un pourcentage sur les profits enregistrés par les placements faits au nom de leurs clients.Comment faire son choix?Claude La ferrière, professeur au département de Sciences comptables de l’UQUAM, croit que les conseillers en planification rétribués par commission se trouvent en situation de conflit d’intérêts.«Je ne pense pas que ces gens puissent être objectifs dans la mesure où l’on s'imagine mal un vendeur, peu importe lequel, nous dire que son produit n’est pas bon.» À son avis, il vaut mieux se préparer avant de rencontrer un conseiller avec lequel on n’a jamais fait affaire.D’abord en se renseignant sur les produits qui nous intéressent.Pour ensuite poser plusieurs questions au vendeur, en agissant, en quelque sorte, comme si l’on ne connaissait rien sur le sujet.«De cette façon, on peut mieux évaluer la qualité des réponses fournies par le conseiller.» Pour sa part, Yvon Caron, directeur général de l’Association québécoise de planification fiscale et successorale (AQPFS), estime que les conseillers payés en honoraires ne sont pas non plus à l’abri des erreurs.«Il y a beaucoup de variables qui entrent en ligne de compte dans le dossier d’un client et je ne crois pas qu’une seule personne, un généraliste donc, soit en mesure de répondre à toutes les questions.Pour remédier à ce problème, l’AQPFS favorise plutôt la constitution d’équipes multi disciplinaires, formées de spécialistes provenant de milieux différents, donc mieux habilitées à rencontrer les exigences de ce travail.«Nous croyons que le client sera mieux servi de cette façon et que, par la même occasion, la profession y gagnera en crédibilité.» Cela dit, un bon conseiller devrait normalement être en mesure d’évaluer Yvon Caron.Des équipes multidisciplinaires.l’ensemble de la situation financière de son client (état des pertes et profits, bilan annuel) pour ensuite, en fonction de ses objectifs, lui brosser un tableau complet des options financières à sa disposition.Tout cela en tenant compte de l’inflation, des coûts à long terme et de l’impôt.Bien sûr, une planification élaborée peut exiger des déboursés relativement considérables.C’est donc au client à déterminer s’il estime que le jeu en vaut la chandelle.«Si un individu paie 500 S pour obtenir un avis éclairé qui lui permet de sauver de l’impôt ou d'éviter de se lancer dans un projet sans allure, je crois qu’on peut dire que c’est de l’argent bien placé, remarque Claude Laferrière.Évidemment, tout dépend de la relation de confiance qui s’est établie entre les deux personnes et du niveau de compétence du conseiller.» Finalement, il n’est pas nécessaire d’être fortuné pour recourir aux services d’un conseiller en planification financière.Comme le mentionne Jean Landreville, vice-président senior marketing de l'entreprise de conseillers en placements P F.MP, il suffit simplement de pouvoir mettre un peu d’argent de côté saris pour autant gruger le budget consacré aux petits plaisirs de la vie.«Beaucoup de nos clients sont des célibataires ou encore des couples qui ne gagnent pas une fortune mais qui, l’un dans l’autre, font un salaire raisonnable.Ceux-là viennent toujours nous voir parce qu’ils trouvent curieux d’arriver au bout de l’année avec presque plus un sou en poche après avoir payé leurs impôts.Les quelques milliers de dollars qu’ils sauvent pourront éventuellement servir à préparer leur retraite.» Yvon Caron croit lui aussi qu’un contribuable disposant d’un salaire moyen peut bénéficier des conseils d'un spécialiste de la planification.«Par contre, le client a aussi le devoir de se renseigner.Il ne faut pas oublier qu’on se procure un véhicule financier un peu comme on fait l’achat d’une paire de lunettes.Pas seulement en regardant la monture mais en mettant aussi les verres sur le bout de son nez!» ¦ AU CENTRE DES AFFAIRES LE CENTRE SHERATON Joignez l'utile à l'agréable, affaires ef plaisir au Cenfre Sheraton.Maintenant membre de l’Aéroplan Appeler sans frais au 1-800-325-3535 ou appeler votre agent de voyages Le Centre Sheraton Montréal Hôtel et Sommet de la tour L* Mfvtc* h6t*4i«« d yf|f|| 1201, boulevard Dorchester ouest, Montréal.Québec H3B 2L7 (514) 878-2000 LE DEVOIR ÉCONOMIQUE 40 PIKRRK DESJARDINS K?£.v; mm CHARLES MEUNIER INNOVATIONS En novembre 1987, la compagnie Pro-Vertic de Drummond se voyait attribuer le prix «Innovation PME» pour la mise au point d’un fauteuil roulant qu’on s’accorde à qualifier de «révolutionnaire».Il s’agit d’un fauteuil roulant verticalisateur qui permet aux paraplégiques, aux quadriplégiques, aux sclérosés et autres personnes souffrant d’incapacité des membres inférieurs de se lever ou de se mettre en position intermédiaire entre la station debout et assise.Et ce ne sont là que quelques-uns des avantages qu’un tel fauteuil offre à ses utilisateurs.Le fauteuil Pro-Vertic ne comporte aucun élément motorisé.Le passage de la station assise à la position debout ne demande qu’un minimum d’effort.Il se fait simplement à l’aide d’un levier manuel assisté par deux cylindres de levée ajustables au poids de l’usager.Lorsque la personne est en position verticale, l’appui-bras se transforme en une ceinture de retenue thoracique ajustable.Pour accroître la stabilité de l’usager, le Pro-Vertic 2000 (nom de commerce du fauteuil) est également muni d’un appui-jambes à verrouillage automatique.Et pour empêcher que le fauteuil ne bouge lorsqu’il est à la verticale un loquet de sécurité des freins s’enclenche.Si le fauteuil roulant de Pro-Vertic s’est mérité le prix «Innovation PME» c’est non seulement à cause des avantages technologiques qu’il présente par rapport aux fauteuils roulants conventionnels, mais à cause de son caractère humanitaire.C’est d’ailleurs un souci humanitaire qui est à l’origine de l’invention de Clément Proulx et Normand Julien, respectivement président et vice-président de l’entreprise drummonvil-loise, qui, avant de former Pro-Vertic, fabriquaient des nourrisseurs motorisés pour les éleveurs de bestiaux et de porcs.«L’idée, explique Normand Julien, était d’améliorer un produit d’origine française dont nous avions obtenu l’exclusivité de la distribution, mais qui, malheureusement, n’offrait pas la stabilité et la sécurité du fauteuil que nous avons mis au point.Clément Proulx a littéralement redessiné tous les éléments vitaux du fauteuil verticalisateur, de telle manière qu’il ne demande qu’un minimum de force physique et qu’il offre une très grande stabilité.Puis, en 1986, nous l’avons fabriqué en faisant appel à des sous-traitants de la région qui produisent diverses pièces que nous assemblons ensuite.» UNE MEILLEURE QUALITÉ DE VIE Le fauteuil roulant verticalisateur de messieurs Proulx et Julien permet une meilleure qualité de vie au niveau fonctionnel, notamment en ce qui a trait à Normand Julien (à gauche) et Clément Proulx, en compagnie d’un utilisateur de leur fauteuil, Bernard Boivin.UN MARCHÉ À CONQUÉRIR Ce fauteuil, au détail, se vend environ 4 000 S.Cette somme est importante, la digestion (vessie et intestin), à la circulation sanguine, au rétrécissement prématuré des muscles et tendons, à la formation des plaies de siège.De plus, le fait pour une personne handicapée de pouvoir se lever à volonté procure un fonctionnement articulaire qui favorise la remise en charge osseuse qui, autrement, accuse une forte tendance à fixer en flexion les membres inférieurs.Il a été soumis à différents tests auprès de personnes handicapées.On a constaté chez elles une diminution des infections urinaires.Ces infections sont fréquentes chez les personnes qui demeurent en position assise (position dite en décubitus) durant de longues heures sans pouvoir se lever.Pour Ginette Bastien, qui utilise le fauteuil Pro-Vertic depuis deux ans environ, le fait de pouvoir adopter la position ver- ticale donne à sa vie de paraplégique une dimension nouvelle.«Mon système circulatoire est très fragile.Je suis sujette à la phlébite.Les variations de positions sont donc d’une importance capitale pour moi.Les courtes périodes passées en position debout grâce au fauteuil verticalisateur permettent de libérer les différents points d'appui sollicités par les autres positions et par conséquent permettent d’équilibrer ma fonction circulatoire.«J’ai bon espoir que l'usage de ce fauteuil me permettra d’ici peu de diminuer les visites que je dois faire à l’hôpital pour avoir recours à des traitements de physiothérapie et de chiropratie.«Cela dit, je suis mère de deux enfants (4 et 6 ans) dont j’ai l’entière responsabilité.Le fauteuil verticalisateur me permet une meilleure accessibilité à une foule d’endroits — tablettes, armoires de cuisine, congélateur — qui autrement me seraient inaccessibles.Sur le plan psychologique, un tel fauteuil.redonne le sourire.» Pour Bernard Boivin, étudiant en orthèses/prothèses au cégep Montmorency à Laval, le fauteuil roulant verticalisateur a changé sa perception de son handicap.«Ce fauteuil, dit-il, me donne accès à la machinerie sans que je sois obligé de faire appel à des confrères de classe.De plus, depuis que je l’utilise, j’ai constaté une diminution des spasmes qui se produisent lorsque Longest trop longtemps assis sans bouger.À la maison, j’ai maintenant accès à plusieurs endroits qui, en fauteuil roulant ordinaire, sont hors de ma portée.» mais il faut savoir qu'un fauteuil roulant traditionnel de bonne qualité se vend 2 000 $ pour peu que sa tubulure soit légère.Cela dit, il semble que le fauteuil roulant verticalisateur permette des économies appréciables notamment en ce qui a trait aux coûts reliés aux escarres (plaies), aux infections urinaires.Sans oublier les coûts qu’entraînent de fréquents déplacements vers les centres hospitaliers où sont dispensés les soins de physiothérapie.Les extincteurs automatiques à eau.¦.¦¦¦l'iii'i QU joue pas ?Un SSsr L'efficacité et la fiabilité à toute épreuve des extincteurs automatiques à eau contribuent à: ?diminuer les risques d’arrêt des affaires et de pertes économiques importantes pouvant survenir à la suite d'un incendie; ?obtenir des réductions importantes des primes d'assurance dans la plupart des cas; ?réduire les risques de perte de vies et de blessures importantes lors d'un incendie, autant chez les occupants du bâtiment incendié que chez les pompiers; ?diminuer les coûts de construction des bâtiments neufs et augmenter les conditions de sécurité et la qualité de vie de leurs occupants.Il existe une foule d'autres avantages qu'il vous importe de connaître.La Corporation des maîtres entrepreneurs en installations contre l'incendie dans la province de Québec Bien que la compagnie Pro-Vertic, qui fabrique et distribue ce fauteuil roulant, soit très jeune, sa percée du marché est intéressante.Au Québec, une centaine de fauteuils ont déjà été vendus.Au Canada, ce chiffre atteint 145.«Quant aux États-Unis, explique M.Julien, nous venons tout juste de nous y intéresser.Le marché potentiel pour notre fauteuil est d’autant plus intéressant qu’il apporte une nouvelle dimension de vie aux personnes souffrant d’incapacité des membres inférieurs.» Quant à la possibilité de «patenter» de nouveaux produits à l’intention des personnes physiquement handicapées, M.Julien est d’avis que le succès que connaîtra le fauteuil roulant verticalisateur sera déterminant.«Pour l’instant, pré-cise-t-il, nous consacrons toutes nos énergies à sa production et à sa mise en marché.Cela dit, nous continuons, par la recherche et le développement, à tenter de lui apporter de nouvelles améliorations.Ce qui, compte tenu de la nature même de la clientèle et du produit, ne va pas sans difficulté.Nous devons, à tous les niveaux, tenir compte de sa qualité, de son efficacité et de ses nombreux aspects sécuritaires.» De récentes statistiques tendent à démontrer que le Pro-Vertic 2000 a, si l’on peut dire, beaucoup d’avenir.Le nombre d’accidents d’automobile qui laissent derrière eux des personnes sérieusement handicapées ne cesse d’augmenter.Et il en va de même pour les accidents du travail.Au début des années 80, plus de 30 000 travailleurs recevaient des prestations pour incapacités permanentes.En se méritant le prix «Innovation PME», Pro-Vertic a fait la démonstration que le mieux-être des personnes handicapées peut constituer un objectif humanitaire qui permet en même temps à une entreprise de faire son chemin.¦ LE DEVOIR ÉCONOMIQUE 42 & CRIQ CENTRE DE RECHERCHE INDUSTRIELLE DU QUÉBEC 333.rue Franquet Case postale 9038 Sainte-Foy (Québec) Canada G1V 4C7 (418) 659-1550.télex 051-31569 Télécopieur (418)652-2251 8475.rue Christophe-Colomb B P 2000, Succursale Youville Montréal (Québec) Canada H2P 2X1 (514) 383-1550.telex 05-827887 Télécopieur (514)383-3250 >*>X Oh! Chers économistes! Christian Stoffaës, Fins de mondes, Éditions Odile Jacob, Paris, 1987,435 p.Lionel Stoleru, L’ambition internationale, Seuil, Paris, 1987,325 p.Deux ouvrages dans l’air du temps, à l’odeur de la crise qui secoue le monde occidental depuis le premier choc pétrolier de 1973, sont atterris coup sur coup sur mon bureau quelques jours avant 1988; deux textes denses, surtout axés sur l’histoire des théories économiques du XXe siècle.Ce qui frappe, à lire L’ambition internationale et Fins de mondes, c’est d’abord la similitude des analyses et des solutions avancées.Lionel Stoleru et Christian Stoffaës sont Français, diplômés d’universités américaines et s’entendent comme larrons en foire pour critiquer toutes les grandes théories économiques qui ont influencé les leaders de notre monde depuis la première Grande Guerre.«Après son âge d’or, la science économique a connu ses années noires: après / Miel Stoleru L’AMBITION INTERNATIONALE Si ni/ ijsss trente années de certitude, l’ère des incertitudes s’est ouverte.On ne sait plus prévoir, on ne sait plus agir, on ne sait plus interpréter», affirme Stoffaës, auteur de Fins de mondes.«Nous essayons de décrypter l’évolution du monde à la lueur de notre réverbère, alors que cette lumière ne peut rien éclairer d’utile», ajoute Stoleru dans L’ambition internationale.Les deux spécialistes renvoient dos à dos les Ricardo, Keynes et même, curieusement — puisque leur discours rappelle à maints égards celui des économistes néo-libéraux —, les chantres influents du monétarisme.Aujourd'hui, souligne Stoleru, «le taux d’intérêt directeur d’un pays est dicté par l’étranger et un gouvernement n’a, dans une situation internationale donnée, pratiquement aucune marge de manoeuvre de sa politique monétaire sur le plan national».Plusieurs, ici en Amérique, qui ont été habitués depuis trois ou quatre ans à entendre surtout parler d’excellence, de succès et de croissance économique, seront surpris de constater que la crise demeure le thème privilégié de ces analystes européens d’abord préoccupés par les tendances lourdes de l’économie: dépérissement progressif de la structure industrielle européenne et nord-américaine depuis une vingtaine d’années, gains de productivité plutôt minces, endettement chronique du Tiers-monde, rigidité dans l’organisation du travail, crise des outils de la politique économique, sont autant de signes qui ne trompent pas.Alors?Eh bien, malgré un constat pas très rose, ni Stoffaës, ni Stoleru ne perdent espoir, chacun y allant de ses recommandations, encore une fois semblables, pour une «sortie de crise» qui ne soit pas qu’un feu de paille.Pour Stoleru, c’est le marché international qui doit désormais dicter nos comportements et non plus l’une ou l’autre des multiples stratégies nationales privilégiées depuis cinquante ans.Il faut «.faire tourner les économies nationales autour de l’économie internationale comme la terre tourne autour du soleil, et non l’inverse», affirme-t-il.Pour y parvenir, l’auteur de L’ambition CHRISTIAN STOFAËS FINS DE MONDES IIVIOSV ¦xtu.ivlobX internationale propose une série démesures, toutes dans la foulée libérale des privatisations et déréglementations visant à «libérer l’entreprise».Comme c’est souvent le cas avec ces théories, on fait grande confiance au marché pour rétablir l’équilibre éternellement recherché, prenant pour acquis que tout le monde y trouvera son profit.Or, il en résulte que les sacrifices énormes imposés par le marché à sa main-d’oeuvre sont négligés.Stoleru redéfinit, par exemple, les notions de chômage et d’emploi en privilégiant une vision plus floue qui fait d'un chômeur «quelqu’un qui voudrait un peu plus d’emploi qu’il en a».On peut se demander si ces nouveaux concepts de la science économique sont plus opérationnels que ceux condamnés.Quant à Stoffaës, il propose aussi une plus grande flexibilité des lois du travail, des salaires, pour une meilleure adaptabilité à la conjoncture internationale.En parlant de l’État, loin de nier l’importance de son intervention dans l’économie, Stoffaës voudrait plutôt le voir nous imposer «une fiscalité d’entrepreneur» qui récompenserait «le travail, l’effort et la prise de risque», il souhaiterait aussi une décentralisation des ser- La fine cuisine française de JMenri Jblaporte ar Distributeurs RovFunri Ltée, Royal Bank Plaza, Bureau 2990, Tbur sud, Ibronto (Ontario) M5J 2.12.L’offre ne se fait que [>ar prospectus. O N C/3 0 c o w Z! > '^r c 0 û.£ c ^ c T-1 Q1 -3 m .m 0 ‘q5 C T3 9 P P -0 CD-C «D So 8 e ©.§¦§ o g *= c ‘P £ cd J- œ Q-c Q) x-03 9 CO P B Q-p c Oû.0 ¦co 2 c3 co CD-CD P C =3pc 13 0 CO 03' P m ® c b.0 n 0 c m r-\ -n © 5 85"8p g-© 8 nP ë -J X -, lu P 9 9-> p P 0 O CL.- en 0ÛJ £ CC3 (/) CO P o O o Weim^O-n’) rp< y* *n V/^ ^ vy; r— _j vu w 'CDajgQjaj^-OQvC “DOID^OOc-SCD *— m — “r w £ QP u o c 0 £ 3 ° P k— “3 9 .9-d p fer Z L .9- co -c 9 c co oP o P 9 9 E hco 0 V=- m ¦— —i o w c.P k» _ p
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