Le devoir, 30 janvier 1988, Cahier D
X S\V WES mssL t iirturs FRANCE THÉORET FRANCE THEORET LES HERBES ROUGES ESSAIS ESSAIS LE PLAISIR le pl Jfsm LE PL LEP LE vres Bestsellers : les hauts et les bas d’un terme familier/D-2 Lettres québécoises : Les Enfants parfaits, de Pierre Voyer; Des histoires d'hiver, avec des rues, des écoles et du hockey,• de Marc RobitaiIle/D-3 Lettres allemandes : Ingeborg Bachmann en traduction/D-4 Feuilleton : Un certain goût pour la mort, de Phyllis Dorothy James/D-5 Musique : Carl Maria von Weber de .lolin Warrack/1)-6 Posthume : les Chroniques de René Lévesque/D-l Carnets : La Troisième Greffe du coeur, de Michel-M.Solomon/1)-8 Vitrines : les livres du quotidien/1)-6; les sciences humaines/ D-7 Montréal, samedi 30 janvier 1988 Victor-Lévy Beaulieu Inventer son propre bateau JEAN ROYER VICTOR-LÉVY Beaulieu en mène aussi large qu’avant le référendum de 1980.Comme beaucoup d'autres, l’écrivain a troqué l’amertume de l’échec politique pour la sérénité de la création littéraire.Si l’on se fie au ton qu’il a pris pour notre entretien, la semaine dernière.on peut comprendre que, pour le romancier, « l’indépendance du Québec reste un minimum » et que son rôle sera désormais « d’occuper le territoire de l’imaginaire ».C’est à partir de là que le pays déborde, me lance Victor-Lévy Beaulieu.La sérénité de l’écrivain lui vient sans doute des succès de 1/Héritage, roman et téléroman : déjà 14,000 exemplaires imprimés par le coéditeur Alain Stankéet un auditoire de 1,400,000 téléspectateurs à l’antenne de Radio-Canada le mercredi soir.L’auteur souhaite, avec cette nouvelle oeuvre, « contribuer à dessiner un peu mieux la cartographie québécoise ».L’Héritage se passe à la fois dans le haut du fleuve, à Montréal, et dans le bas, à '[Yois-Pistoles.Au départ de cette saga, deux personnages qui nous rappellent que nous sommes encore en pleine civilisation du livre et qui sont, dit l’auteur, « le double blanc et le double noir ».Philippe Couture, homme d’affaires le jour et poète la nuit, a tellement lu de poésie qu’il parle comme un poète.Xavier Galarneau, cet austère protestant, a tellement lu la Bible qu’il parle comme un oracle.« On m’a reproché la violence des Galarneau, dit Beaulieu.Mais cette violence verbale n’est pas une vio- lence gratuite.On ne se donne pas de coups de poing comme c’est déjà arrivé dans l’univers de Jean-Paul Bel-leau.Chez les Galarneau, c’est une violence très habitée.J’ai respecté l’esprit de Français protestants ha-bitués de vivre dans une sorte de mal-confort et capables de répondre sans aller plus loin.C’est aussi très québécois, cette peur qu’on a de voir sortir les sentiments.En même temps, il y a, je crois, de beaux moments de tendresse, entre Junior et Julie, entre Xavier et Miville, par exemple.» D’autre part, ajoute l’auteur, « il ne saurait y avoir de descente réelle dans la conscience québécoise sans excès : il y a un au-delà du réel par lequel se transfigure la banale vie du banal quotidien.Et, me semble-t-il, c’est ce qu’expriment mes personnages, que ce soit Xavier, ou Philippe (lisant Paul-Marie Lapointe), ou Miriam, ou Albertine et sa longue chevelure noire de princesse malé-cite déchue, ou bien les grandes oreilles décollées de Ti-Bob Cayouette, ou bien ce James Dean qu’est parfois Junior, ou bien encore Gabriel, l’homme-cheval rêvant au royaume des centaures aux confins des Trois-Pistoles ».De tous ces protagonistes, Philippe Couture est, certes, le plus étonnant.Cet écrivain qui se croit raté a lu tous les poètes québécois.Tout comme l’avait fait Victor-Lévy Beaulieu afin de nourrir son personnage.« J’ai toujours été fasciné par la poésie, dit Beaulieu.J’admire ceux qui refont en dix lignes une métaphore de la vie dépouillée de l’anecdote et de l’archétype.Le poète ne peut s’en sortir que par la force du langage.Relire toute notre poésie m’a révélé quelque chose de VICTOR-LÉVY BEAULIEU : « Ce n’est pas moi qui deviendrais marin mais j’aime bien regarder le fleuve.L’eau, c’est un beau moyen de voyager dans l’imaginaire.» Photos Jacques Grenier fabuleux : on peut y passer sa vie et y trouver tout ce dont on a besoin, ce qui n’était pas le cas il y a 50 ans.Et si tu ajoutes aux Paul-Marie La-pointe, Gaston Miron, Claude Gau-vreau, François Charron, les auteurs Suite à la page D-8 Les éditions du Méridien: une belle histoire de famille FRANCE LAFUSTE DF MES AÎNÉS, j’ai hérité discernement, perspicacité et désir de bâtir », me disait tout récemment François Martin, jeune président des éditions du Méridien.Il faut dire que la filiation est de taille : le grand-oncle est nul autre que le père Émile Deguire, directeur des Annales de l’oratoire Saint-Joseph pendant de nombreuses années, le père, Victor Martin, annonce fièrement ses 40 ans de bons et loyaux services à la maison d’édition Fides où il était directeur commer- cial, la mère, Raymonde Simard-Martin, a été pendant longtemps directrice de la section littérature jeunesse chez Fides également.J’allais oublier Paul-Aimé Martin, l’onde vénéré, fondateur de cette illustre maison d’édition québécoise.François Martin, conscient de ce qui lui a été donné en partage, s’applique avec tout l’enthousiasme et l’optimisme de ses 35 ans à faire prospérer son entreprise, aidé de sa mère, aujourd’hui directrice générale, et de son père, vice-président.Ce jeune bâtisseur n’a peur ni des mots ni de la concurrence et promet à sa maison d’édition d’être « l’une des plus importantes du Québec d’ici deux ans », ni plus ni moins.Cela ne l’empêche pas de dire en plaisantant qu’il n’a de président que le titre.Au travail depuis l’âge de 17 ans, né dans une famille de huit enfanLs, il .met aujourd’hui à profit ses études ’ en sciences politiques et en histoire.Il pense stratégies commerciales, marges bénéficiaires, coups médiatiques, et affirme sans ambages : « Si on ne regarde pas loin, si on n’a pas beaucoup d’ambition, on fait du sur-place.Le tout, c’est de savoir choisir les bonnes avenues au bon Suite à la page D-6 Manifestation de Franco-Manitobains à Winnipeg en JACQUELINE BLAY EN SORTANT de la Chambre, en laissant sonner les cloches, les conservateurs sortent de la tradition parlementaire et n’hésitent pas à dire au reste du Canada que la dualité culturelle et linguistique ne s’applique pas au Manitoba.Leur refus a eu des conséquences paradoxales car, en imposant la Cour supreme à Bilodeau, ils imposaient un bilinguisme provincial plus large que celui qui avait été conclu entre Ottawa, la SFM et le gouvernement provincial.Ils invitaient également les Franco-Manitobains à retourner à l’avenir devant les tribunaux pour obtenir un bilinguisme aux niveaux municipal et scolaire.Lyon et ses députés ont également mené une lutte des plus anti-democratiques en affirmant que les gouvernements avaient plus de droits que les particuliers.Chef de la dissidence provinciale lors ae la question constitutionnelle fédérale, Lyon ne pouvait pas admettre qu’une nouvelle constitution réduise les Quand de vieux démons viennent hanter le Manitoba À l’été 1983, le Manitoba vit des heures dramatiques.Le gouvernement néo-démocrate est obligé de capituler et doit renoncer à son projet d’offrir aux francophones de cette province des services en français.Jacqueline Blay a mené enquête et les éditions du Blé, de Saint-Boniface, lancent, aujourd’hui même à Montréal L ’Article 23.Notre inédit est extrait de la conclusion de cette étude.droits provinciaux.Pour cela, il mena sa lutte ius-qu’en Cour suprême du Canada.Il refusait ce meme droit de revendications aux particuliers qui voyaient leurs droits abrogés.Les conservateurs tournaient ainsi le dos au Canada et à leur parti fédéral pour des gains éphémères.A plusieurs reprises également, les conservateurs ont manifesté un déplaisir profond face à la méthode choisie par le gouvernement Pawley : l’enchâssement constitutionnel.Grand défenseur des traditions canadiennes, Sterling Lyon ne pouvait pas accepter celle qui rendait aux Franco-Manitobains leurs droits 1983.Photo CP et plaçait la langue française au Canada un peu plus en évidence.Peu de Canadiens furent réellement convaincus que les conservateurs manitobains respectaient les francophones.Peu de Canadiens ont accepté l’argument voulant que les 60,000 Franco-Manitobains soient réellement une menace pour le million de Manitobains dont la langue est, de toute façon, l’anglais.Kn refusant le bilinguisme, les conservateurs ont refusé, au nom des générations futures de Manitobains, une ouverture d’esprit sur le reste du pays et sur l’autre culture officielle.Ce faisant, Us ont entraîné dans leur siUage ceux qui, parce qu’ils ne font pas partie de cette autre culture officielle, ne voulaient pas avoir un sentiment d’échec et prônaient donc un unilinguisme provincial, à défaut de national.Le débat linguistique de 1983-84 a dévoilé, crûment quelquefois, les vraies motivations derrière les Suite à la page D-8 Le président des éditions du Méridien, FRANÇOIS MARTIN (à gauche), durant 40 ans pour la maison Fides.Photo Jacques Grenier et son père, VICTOR, qui a travaillé ¦Ul D-2 B Le Devoir, samedi 30 janvier 1988 LE PLAISIR fLc LP PLAISIR L£ PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Fiction et biographies 1 Myriam première Francine Noël VLB d)’ 2 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (2) 3 Une invitation pour Matlock Robert Ludlum Laffont (3) 4 La Nuit sacrée Tahar Ben Jelloun Seuil (4) 5 Brume Stephen King Albin Michel (5) 6 L’Amour au temps du choléra G.Garcia-Marquez Grasset (-) 7 Sans les mains P.D.James Mazarine (-) 8 Blizzard sur Québec Alice Parizeau Québec/Amér.(6) 9 L’Héritage Victor-L.Beaulieu Stanké (9) 10 Corps à corps A.-E.Dreuilhe Gallimard (8) Ouvrages généraux 1 La Bombe et l’orchidée Fernand Seguin Libre Expression (2) 2 Dieu ne joue pas aux dés Henri Laborit éd.de l’Homme (3) 3 Astérix chez Rahazade R.Gosciny A.Uderzo Albert René (1) 4 Le Guide du vin Phaneuf La Presse (4) 5 La Part du lion Linda McQuaig du Roseau (5) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarci Québec Pantoute, Garneau, Laliberté, Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa Trillium; Sherbrooke Les Biblairies G.-G.Caza; Joliette ; Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.' Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, le dimanche à 9 h 30 : Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture chez l'enfant.Au réseau de Télé-Métropole, le dimanche de midi à 14 h: à Bon Dimanche, Reine Malo propose la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.À Radio-Canada, dimanche à 13 h : Rencontres.Marcel Brise-bois reçoit le psychanalyste Jacques Goldberg.À Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l'on reçoit parfois un écrivain.À Radio-Canada, le mardi à 13 h 15, l'émission Au jour le jour présente une chronique sur les livres tous les deux mardis.La prochaine aura lieu le 2 février.À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h : Apostrophes.Sous le thème « La France a du rythme », Bernard Pivot reçoit Marie-Paule Belle, Pascal Quignard, Philippe Gumplowicz et Jean-Claude Denis.(Reprise le dimanche 7 février à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d'ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM A la radio AM de Radio-Canada, du lundi au vendredi, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.À Radio-Canada, les mardi 2 et vendredi 5 février, à l'émission L'Aventure, Robert Blondin s'entretient avec Arlette Cousture, auteur du best-seller Les Filles de Caleb.RADIO FM À CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30 : Textes.Yves Boisvert lit des extraits de Roland Giguère (La Main au feu, éditions Typo).Produite par CFLX-FM (Sherbrooke), l’émission est également diffusée sur CKRL-FM (Québec).À Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère, animé par Réjane Bougé, avec les chroniques de Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature d'ici, animé par Marie-Claire Girard, avec les chroniques de Jérôme Daviault (essais), Roch Poisson (fiction) et Robert Mélançon (poésie).À Radio-Canada, mercredi à 16 h : Littératures parallèles, animé par André Carpentier, avec les chroniques de Michel Lord (science-fiction/fantastique), Jean-Marie Poupart (policier/es-pionnage) et Jacques Samson (bande dessinée).A Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 ; Le Jardin secret.Gilles Archambault reçoit Jacques Folch-Ribas.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« L'Empire des lettres », introduction à la littérature chinoise classique (4e de 10 émissions).A Radio-Canada, vendredi à 17 h : L'Art et la plume.« La critique littéraire » (5e de huit émissions); invité : Bertrand Poirot-Delpech, de l'Académie française, critique littéraire au journal Le Monde._ M.M.Aimez-vous Devenez membre de l’Association internationale des Amis de Stendhal section montréalaise Pour tous renseignements; tél.: (514) 398-7408 ou (514) 398-7409 (jour) Les best-sellers Anglomanie ou néologisme: les hauts et les bas d’un terme familier PIERRETTE DIONNE BEST SELLER : un terme qui s’est vraisemblablement imposé aux lecteurs des années 1980, bien que son emploi en français portait « l’empreinte du snobisme », avertissait Radio-Canada en 1965.Mais, en fait, qu’est-ce qu’un best-seller'! L’étude du terme montre qu'il est un mot anglais, un anglicisme, un néologisme ou une anglomanie.Il s’applique à un livre, disque, article, objet, chose, personne ou auteur, selon les divers ouvrages de référence.Best-seller est qualifié, notamment, de succès de vente, grand ou gros, de succès auprès du public, de succès de vente en librairie, de record de vente ainsi que de super-succès.L’origine du mot best-seller se situe à la fin du 19e siècle aux États-Unis.Il désignait « one of the books having the largest sale of the year or the season », selon le prestigieux Oxford English Dictionary.En français, c’est au Dictionnaire des anglicismes des éditions Larousse que l’on retrouve les premières attestations du mot best-seller.Il indiquait, en 1934, un « article qui a obtenu un grand succès de vente ».Il qualifiait les automobiles « populaires à bas prix, les best-sellers » dans la revue L’Auto.Par la suite, vers la fin des années 1950, l’éditeur Robert Laffont s’appropriait le mot « best-seller» pour désigner particulièrement une collection qui mettait vraiment en évidence les succès américains.Il attribuait ainsi un sens nouveau au terme best-seller, qui désignait, selon Le Petit Robert, « un livre qui avait obtenu un grand succès de librairie ».En 1980, dans le Dictionnaire des anglicismes, collection « Les usuels du Robert », on souligne que le « best-seller est mal assimilable par le système français; on peut le remplacer par succès de librairie, plus long, comme le sont toujours les traductions françaises des composés anglais ».On observe, malgré tout, que, dans les années 1980, best-seller est de plus en plus utilisé dans le milieu du livre et dans les médias.Un certain nombre d’attestations permettent de constater que
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