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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-03-05, Collections de BAnQ.

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LE LE LE LE LE SA® des vres ¦ Best-seller : La Part du lion, de Linda McQuaig/D-2 ¦ Lettres québécoises : Baie des Anges, de Serge Viau ; Kerameikos, de Loukv Bersianik/D-3 ¦ Autobiographie : Laterna magiea, d’Ingmar Bergman/D-4 * ¦ Feuilleton : Les Meilleures Nouvelles de l'année 87/\ La Terre est à nous, d’Annie Saumont/D-5 ¦ Lettres françaises : Sur la peau du diable, de Nicole Avril; Les Masques, de Régis Debray/D-5 ¦ Arts visuels : des ouvrages sur Van Gogh, Gauguin, Fernand Léger, Hakuin et.la salle de bains/D-6 ¦ Néo-Québécois : Juifs marocains à Montréal, de Marie Berdugo-Cohen, Yolande Cohen et Joseph Lévv/D-7 ¦ Carnets : La Reine Soleil levée, de Gérard Étienne/D-8 ¦ En bref : les ondes littéraires/D-2; la vitrine du livre/D-4; la littérature jeunesse/D-6 Montréal, samedi 5 mars 1988 Il y a cinq ans, la mort d’Hergé Tintin au pays des collectionneurs PAUL CAUCHON ES « TINT1NOPHILES » sont des êtres bizarres qui cherchent la Castafiore derrière chaque Callas, arborent des moustaches à la Alcazar, peignent leurs oranges en bleu, et s’échangent dans les toilettes publiques des boîtes de crabes aux princes d’or.Les plus atteints ont connu la jouissance ultime en contemplant l’édition originale de Tintin au pays des soviets.Il faut dire que les éditeurs n’ont rien fait pour les aider.Et certains d’entre eux ont envoyé au Québec, depuis janvier, des albums d’un luxe inouï, dernière vague d’un raz de marée qui s’abat sur nous depuis la mort d’Hergé, le 3 mars 1983.Une vague qui vient souligner à point le cinquième anniversaire de cet événement.Depuis Le Monde de Tintin, de Pol Vandromme, chez Gallimard en 1959, on a scruté le mythe de Tintin sous tous les angles.Ainsi, dans les années 60, on a dénoncé les supposées visées racistes d’Hergé.En 1972, le premier grand essai d’analyse sémiologique sur la bande dessinée, signé Pierre Fres-nault-Desruelles, puisait abondamment dans l’oeuvre d’Hergé.Par la suite, Hergé est devenu le parcours obligatoire de tout sociologue/sémiologue qui se respecte.Michel Serres a même commis de brillants articles sur l’oeuvre.Quant à l’album Les Bijoux de la Castafiore, il a suscité des exercices de haute voltige intellectuelle.Ensuite, ce fut la mode de Tintin psychanalysé, lancée par des au leurs comme Apostolidès et Tisse-ron.Le chic du chic fut de découvrir les angoisses de castration dans certains albums, ou d’étudier les symptômes d’homosexualité refoulée.Mais ce que le vrai maniaque a avant tout convoité, ce sont les produits dérivés, les albums de luxe, les fonds d’archives.L’éditeur d’Hergé, Casterman, a vite flairé le filon et commencé à rééditer, il y a plusieurs années, le découpage d’époque des premiers albums de Tintin, d’abord sous forme d’archives, ensuite en « fac-similés ».Casterman a édité neuf des premières aventures de Tintin en noir et blanc, et propose ces temps-ci un coffret, Tintin en noir et blanc, dans lequel on retrouve ces neuf premières aventures sous forme de mini-livres format 10 X 13 centimètres.Ce coffret est presque un non-sens, puisque qu’on réédite en petit format des albums qui sont eux-mêmes des rééditions visant à nous faire connaître le format originel des Tintin ! Évidemment, les passionnés trouveront matière à cadeau.Casterman propose aussi Les Débuts d'un illustrateur, une recherche concernant la carrière d’Hergé illustrateur entre 1922 et 1932, alors qu’il était âgé de 15 à 25 ans (Tintin fut créé en 1929).Hergé fut un touche-à-tout, produisant croquis, illustrations, caricatures, cartes postales, dessins publicitaires, etc.Certains dessins sont, d’ailleurs, d’un modernisme étonnant.Mais, dans la catégorie des « produits dérivés », Tintinolâtrie est vraiment l’ouvrage du maniaque ultime, presque un cas médical ! Car la principale occupation de l’auteur, Albert Algoud, semble être d’idolâtrer l’oeuvre d’Hergé.Éperdu d’admiration, il livre donc, dans un style pompeux, le fruit de ses recherches.Il écrit à Jacques Chirac pour exiger qu’on baptise du nom de Tintin un grand boulevard parisien.Il écrit au nonce apostolique pour lui demander la permission de baptiser son marmot Tintin.Algoud invente aussi le journal imaginaire de Nestor, tente de trouver une place à madame Pinson (concierge de Tintin), écrit une complainte pour le méchant Rastapopou-los, fait tracer par ordinateur l’horoscope de Tintin, publie des textes scientifiques bidon sur la gémellité des Dupont/d, et j’en passe et des meilleures.Un album délirant, qui sera apprécié par les maniaques les plus atteints.Parmi les autres produits disponibles ces dernières semaines, signalons le séduisant Nous, Tintin d'un petit éditeur belge.Il s'agit d’un bel ouvrage grand format reprenant 36 oeuvres réalisées par autant d’illustrateurs sur le thème des albums imaginaires de Tintin.Certaines réalisations sont magnifiques, l’univers graphique d’Hergé étant ici resservi et prolongé d’autant dans les styles les plus divers.Parmi les participants, des dessinateurs comme Bilal, Breccia, Cla-veloux, Meulen, F’Murr, Masse.Et des titres d’oeuvres à faire rêver : La Pyramide du sommeil, Tintin contre la caisse noire, Tintin et la face cachée de la Lune, La Tentation de saint Tintin.Histoire d’attirer les intellos, la (courte) préface du livre est signée Wim Wenders.Terminons avec une étude, une autre, que tout tintinophile qui se respecte pourra placer dans sa bibliothèque à côté du Monde d’Ilergé, excellent volume de Benoît Peeters, qui fait autorité.Frédéric Sournois, un chercheur belge, a voulu livrer, avec Dossier Tintin, une analyse complète de Suite à la page D-8 Le livte teste un souvenir de la parole JEAN ROYER Michel garneau est une sorte de géant de notre littérature.Poète et dramaturge, il a bâti depuis 30 ans une oeuvre qui nous apparaît monumentale.À preuve, les deux livres qui viennent de paraître chez Guérin littérature : Michel Garneau, écrivain public, un document biographique et bibliographique de Claude Des Landes, ainsi que Poésies complètes, 1955-1987, un fort recueil de 768 pages dont 230 sont tout à fait inédites et réunies sous le beau titre : « Dans la jubilation du respir le cadeau ».Ce poète prend le langage à la fois comme une jouissance et une communication.« Les mots sont des cailloux/ qu’on se met dans la bouche/ pour apprendre à parler », écrit-il.Sa poésie, qui emprunte à la langue familière, raconte, souvent avec tru- culence, les joies et les peines de la vie individuelle et sociale.En fait, il n’y a pas poète plus joyeux que Garneau, en meme temps qu’il reste toujours politique devant les événements qui nous concernent en tant qu’humains et Québécois.Parmi ses inédits, on lit un poème de colère sur le référendum de 1980.Garneau en veut à ceux qui ont pris le projet d’indépendance du Québec comme une simple idée à la mode.Il est scandalisé d’entendre aujourd’hui un cinéaste comme Jean-Guy Noël qui, tirant son film Ti-namerde L’Amélanchier de Jacques Ferron, a osé affimer publiquement qu’il lui fallait enlever les éléments politiques de l’oeuvre du romancier écrite dans les 1970 parce que les choses avaient change ! « C’est de la cocomberie ! lance Garneau.Il ne faut avoir aucun sens de la réalité pour dire cela.» Québécois inconsolable, Michel Garneau continue cependant d’écrire.Il veut désormais le faire à plein temps.Il quitte son enseignement à l’Ecole nationale de théâtre pour écrire du théâtre, des scénarios de films et même du roman ou de la nouvelle.« La seule chose que je peux rêver de faire pour le Québec, c’est d’être un bon poète.J’avais compris ça à 17 ans et c’est le sens de mon entreprise.D’autre part, il faut arrêter d’avoir une littérature de fin de semaine.Je veux écrire à plein temps.Je veux le faire parce que j’ai « Les mots sont des cailloux qu’on se met dans la bouche pour apprendre à parler .» MICHEL Photo Jacques Grenier GARNEAU et sa fille ZOÉ.la tête dure et que c’est très important que quelques individus dans cette société gagnent leur vie de l’écriture, afin qu’un jour on arrive à avoir une notion qui soit un peu moins romantique et élitiste de l’écrivain.» L’oeuvre poétique de Michel Garneau appartient à une grande famille de la poésie québécoise, celle qui réunit Pierre Perrault, Gilles Vi-gneault et Gérald Godin, entre autres.Voilà des écrivains qui se situent sans équivoque du coté de la tradition orale.Leur poésie se lit à voix haute et s’entend par tout le monde.En publiant l’ensemble de sa poésie chez Guérin, Michel Garneau s’en est fait le critique sévère.Il a passé tout un été à corriger ses anciens recueils.Un seul poème de son premier livre a résisté à son ratissage, par exemple.« Je me suis rendu compte que c’est seulement après vingt ans d’écriture, à la publication des Petits Chevals amoureux, que j’ai commencé d’avoir une écriture personnelle.» La poésie de Garneau utilise une langue familière.On peut dire qu'il s’agit ici d’une poésie « parlée », par laquelle le livre reste un souvenir de la parole.Cette poésie ne participe absolument pas de la tradition typographique, qui s’est développée depuis Mallarmé et son Coup de dé jusqu’à la poésie concrète contemporaine.« Je ne suis pas contre les poètes typographiques mais je ne suis pas de cette race-là, répond Garneau.Pour moi, la poésie vient de l’oralité et elle y est toujours.De toute façon, j’ai hérité de cette tradition, je ne l’ai pas choisie.Mon amour du langage fait partie de ma gourmandise.Je mange trop, je bois trop, je parle trop parfois ! J’aime le langage de façon sensorielle.Je travaille mes poèmes au niveau sonore.Je considère que le livre est une boîte dans laquelle on met des mots.Ma façon de placer un poème dans la page reste une suggestion de le placer dans l’espace.Non pour le plaisir des yeux mais pour celui des oreilles.Les savants ont prouvé que quand on lit on prononce imperceptiblement.Notre langue et tous nos organes phonatoires, silencieusement et minimalement, prononcent et savourent tous les mots.Le poème de la tradition orale revendique cette réalité.D’ailleurs, quand la poésie typographique tombe dans la précio- Sulte à la page D-3 Photo Jacques Grenier Un jeune « tintinophile », ALEXANDRE DESHAIES.Q w Vamp Un roman qui met en scène une (aune mi-intellectuelle, mi-désoeuvrée, dans le décor du Quartier latin du Montréal des années 80 Coup d'envoi de Christain Mistral, ce premier roman fait appel à une écriture surprenante Vamp sera lancé ces prochains jours par les éditions Québec/Amérique CHRISTIAN MISTRAL J’AVAIS passé l’après-midi aux Beaux Esprits, qui est une manière de rendez-vous des intellos branchés sur Saint-Denis en bas, dans le quartier latin de Montréal ainsi nommé parce qu’il a l’UQAM pour coeur, à jaser assis au bar avec un Breton et un Pakistanais, llseclu-saient des fleuves de vin blanc, seuls avec Alain, le barman, quand j’arrivai ma tablette vierge sous le bras, pressé de terminer ma Litanie monochrome.Bien entendu, je n’écrivis pas une ligne.J’avais fouillé la rue une heure durant pour trouver ce papier, déboursé le prix fort, renversé par la difficulté de mettre la main sur de quoi écrire dans un secteur universitaire, et je crois que je l’oubliai là-bas sous les cadavres de bouteilles de bière; en tout cas, je ne l’ai plus revu.Les Beaux Esprits ont un happy hour de 2 à 20 tous les jours de la semaine, mais l’endroit n’en est pas moins toujours désert jusqu’au soir.J’aime ses fauteuils jstn vastes, eviscérés comme des baleines sur la plage, et sa musique de jazz.Et à deux bières pour le prix d’une, le fait que je n’y aie jamais rencontré de bel esprit n’est qu’un détail accessoire.Maurice, le Breton.La quarantaine graisseuse, l'air placide, il paraissait beaucoup plus intelligent qu’il ne l’était en réalité.Je fus dupe un long moment, jusqu’à ce qu’il se mette à disserter sur le crime qui ne paie pas.S’enflant les joues, roulant des yeux rougis par la vertu, il me vantait les délices de dormir sur ses deux oreilles avec toute l’emphase comique de quelqu’un qui a quelque chose sur la conscience.Imam, le Pakistanais.Face de cuivre poli, chevelure bleue à force d’être noire.Salamalecum, camarade, et tu sais ce qu’on leur fait, aux voleurs, dans mon pays ?On leur tranche la main gauche à la première offense et la droite à la seconde.Les troisièmes sont plutôt rares.Il raconte les moeurs musulmanes avec un sourire désarmant de nostalgie.La conversation dévia tout naturellement vers la polygamie, les guerres de religion, (es femmes voilées et autres friandises évoquant les mers de sable, les ruelles animées résonnant de cris d’enfants et des harangues de cohortes de marchands de tapis.Maurice tirait la couverture à la moindre occasion, glissait un torrent de descriptions lyriques dans le style des agences de voyages sur le ressac battant les falaises de Bretagne, la terrible majesté du mont Saint-Michel et l’air salin, mais Imam le rattrapait bien vite et sautait sur les merveilles des cités enfouies, énumérant des noms de villes pleins de « h » aspirés qu’Alain cherchait dans un vieux Larousse tout déchiré, sans jamais les trouver bien sûr.Imam, prenant une moue de surprise hautaine, feignait de ne pas le croire’.Maurice finit par s’en aller, la tête pleine de korrigans, laissant à l’au- Sulte à la page D-8 LetteW tj’AriUu NOUVEAUX TITRES dans la collection Québecua F le petit format des grandes oeuvres! • Georges Boucher de Boucherville: Une de perdue, deux de trouvées • Philippe Aubert de Gaspé: Les anciens Canadiens > , * • Gabrielle Roy: Un jardin au bout du monde F les éditions internationales alain stanké Itée, 2127, rue guy, montréal h3h 2I9 (514)935-7452 \ l il t 11 D-2 Le Devoir, samedi 5 mars 1988 LE PLAISIR ///H-LE PLAlCTn LEPLAISIE LE PLAISIR LE PLAISI §éfesw • i livres Fiction et biographies 1 Les Vaisseaux du coeur Benoîte Groult Grasset (1)* 2 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (3) 3 Myriam première Francine Noël VLB (2) 4 La Grande Sultane Barbara C-Riboud Albin Michel (9) 5 Le Fou du père Robert Lalonde Boréal (4) 6 Brume Stephen King Albin Michel (7) 7 L'Héritage Victor-Lévy Beaulieu Stanké (6) 8 Les Filles de Caleb 1 & Il Arlette Cousture Québec/Amér.(-) 9 L'Amant sans domicile fixe Fruttero & Lucentini Seuil (8) 10 Laterna maglca Ingmar Bergman Gallimard (10) Ouvrages généraux 1 Prévenir le burn-out Jacques Languirand Héritage (1) 2 Le Guide canadien des assurances 88 Ass.des consommateurs du Québec Prologue (3) 3 La Petite Noirceur Jean Larose Boréal (5) 4 Le Burn-out chez la femme Herbert J.Freuden berger Transmonde (-) 5 Comment réduire votre Impôt Johanne Leduc-Allaire Héritage (-) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec Pantoute, Garneau.Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa Trillium; Sherbrooke Les Biblairies G -G Caza; Jollette Villeneuve, Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Les best-sellers Les riches paient-ils assez d’impôts?LA PART DU LION Linda McQuaig Montréal, éditions du Roseau 1987, 400 pages ALBERT JUNEAU C’EST la question centrale que pose l'auteur, Linda McQuaig, et a laquelle le lecteur trouve une première réponse dans le litre même du livre : La Part du lion.La journaliste de Toronto y défend avec conviction la thèse que les riches ont pris le contrôle du système fiscal canadien et que les projets de réforme, depuis le célèbre rapport de la commission Carter en 1967 jusqu’à la nouvelle politique mise de l’avant en décembre par Michael Wilson, ont servi avant tout les inté-rêLs des corporations et des hauts revenus qui se seraient habilement réservé la « part du lion ».L’auteur n’est pas une spécialiste des finances publiques ni de la fiscalité.Journaliste au Globe and Mail, Mme McQuaid a, par ailleurs, acquis une expérience pertinente au fil des enquêtes fouillées qu’elle entreprit sur certains scandales qui ont marqué l’histoire récente de la politique canadienne.Son livre n’est donc pas une analyse académique de notre ré- fime fiscal, mais plutôt une histoire vénementielle, quelquefois anecdo- tique, de l’influence qu’exercent les milieux d’affaires sur le gouvernement fédéral et le ministère des Finances.Mme McQuaid reprend, en fait, quelques-uns des plus gros scandales qu’elle révéla dans les colonnes du quotidien torontois en les situant dans une perspective d’évolution du système fiscal canadien.Le plus important fut sans contredit celui du crédit d’impôt à la recherche scientifique dont l’auteur raconte l’histoire avec moult détails fort intéressants.Il s’agit, d’après l’auteur, du « pire fiasco de l’histoire fiscale canadienne ».Elle n’a pas tort.La journaliste montre avec conviction comment l’échec cuisant subi en 1982 par le ministre des Finances, Allan McEachen, qui avait tenté de faire adopter un budget défavorable au milieu des affaires, a préparé la voie à une politique tout a fait opposée.Abandonné par le premier ministre Trudeau et une bonne partie de la députation libérale, M.McEachen est alors remplacé par Marc Lalonde qui ne tarde pas, dès l’année suivante, à s’illustrer par une des mesures fiscales les plus controversées.C’est l’époque où les entreprises, encore sous le choc de la récession, réclament des concessions fiscales du gouvernement.La recherche est considérée comme une priorité.En 1983, le ministre des Finances présente un projet de loi créant un crédit d’impôt à la recherche scientifique.Ce crédit équivalait à 50 % du montant dépensé.Mais, par toutes sortes de subterfuges, il était facile pour les entreprises de s’enrichir aux frais de l’État, c’est-à-dire de percevoir la totalité ou une partie du crédit sans dépenser la somme cores-pondante.Les coûts du programme, rappelle l’auteur, ont été phénoménaux.« Il a soustrait au Trésor fédéral près de 2.8 milliards de dollars.Près d’un tiers de cette somme, $ 925 millions, a été gaspillé : un demi-milliard en transactions frauduleuses et $ 400 millions en projets de recherche mal conçus qui ont avorté par manque de financement complémentaire ou qui n’étaient tout simplement pas valables.» La journaliste du Globe conclut de cet épisode que les milieux d’affaires attendent du gouvernement des « lois fiscales assez souples pour laisser un peu de latitude aux investisseurs ».Mais ce type de « livre à thème » n’est pas exempt de faiblesses.Ainsi, l’auteur reproche aux conservateurs d’avoir créé la « phobie du déficit budgétaire », une fois rendus au pouvoir, alors qu’ils avaient garde silence sur ce sujet durant la cam- Photo éditions du Roseau LINDA McQUAIG.pagne électorale.La journaliste se borne ici à examiner les positions du gouvernement et des milieux d’affaires.Elle donne l’impression que les conservateurs ont inventé non seulement l’histoire du déficit mais le déficit lui-même.Ce n’est pas parce que le sujet a été ignoré sciemment par M.Mulroney au cours des débats électoraux qu’il ne constitute pas une réalité.LA VIE LITTERAIRE MARC MORIN Une coquille C’EST en 1637 qu’a été publié le Discours de la méthode de Descartes, donc il y a 350 ans, et non pas 250 comme une coquille le laisait entendre au début de l’article de Heinz Weinmann, paru dans ce cahier samedi dernier.Un oubli NOTRE ATELIER a fait sauter au montage le crédit photo dans l’inédit de la Une du PLAISIR DES LIVRES, le samedi 27 février.La photo de Simone Piuze a été prise par Suzanne Langevin pour les éditions de l’Hexagone qui publient Les Noces de Sarah.Nos excuses.Une précision UNE DÉPÊCHE de l’agence France-Presse reproduite dans le cahier du 20 février annonçait la parution, aux Presses de la Cité, de la collection « Tout Simenon » qui livrera, au rythme de cinq volumes par an, tous les romans du père de Maigret.On nous signale qu’au RECHERCHE Ne*'°n an» La modification des lois de Newton par M.Milgrom Le darwinisme social en France par L.Clark Les images "intelligentes" par L.Delesalle, J.F.Colonna et M.Fantin Les souris sans queue par G.Gachelin Dossier : La querelle de l'ozone par P.Aimedieu !-1 OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT • Un an: 36,00s .Je souscris un abonnement d’un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 36,00$.Veuillez payer par chèque établi à l’ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom______________________Profession__________________.| Ad resse______________________________________ Ville:_________________ Code Postal_____________________ I À retourner accompagné de votre règlement à: I Diffusion Dlmédla, 539, Boul.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2.«Un délai, d'au moins 8 semaines, interviendra entre la date de la demande I d'abonnement et la réception du premier numéro L'abonné(e) le sera pour | un an, à compter du premier numéro reçu.» nsS».N( 196 ,50* Québec, la diffusion de cette nouvelle collection sera faite par la maison Libre Expression, mais seulement vers la mi-avril.Une lecture LA REVUE Estuaire présente demain une séance de lecture avec les poètes Nicole Brassard et Nadine Ltaif.C’est à 17 h, au bar Le Mélomane (812, rue Rachel est).Pour sa dernière lecture de l’année, le dimanche 10 avril, Estuaire présentera les poètes Jean Chapdelaine Gagnon et Gérald Gaudet.Une conférence LUNDI, l’Alliance française de Montréal présente une conférence sur « le roman policier d’aujourd’hui» avec Hubert Monteilhet, auteur d’ouvrages sur le XVIIIe siècle, de romans historiques et de nombreux « polars », dont Les Mantes religieuses et Les Pavés du diable.Son prochain ouvrage, La Pucelle, un roman historique sur Jeanne d’Are, paraîtra ce mois-ci aux éditions de Sallois.Il en coûte $ 5 aux non-membres pour assister à cette conférence, le 7 mars à 19 h 30, à l’amphithéâtre de l’hôtel Méridien.Une rencontre LA PROCHAINE rencontre auteur-lecteurs de la Société des écrivains canadiens, section de Montréal, marquera la journée internationale de la Femme en recevant la journaliste et écrivain Pierrette Champoux, qui présentera ses poèmes et chansons et trois vidéos de sa réalisation.L’entrée est gratuite, le mardi 8 mars à 20 h, à l’auditorium de la maison de la Culture de la Côte-des-Neiges (5290, chemin de la Côte-des-Neiges, angle Jean-Brillant).Pour renseignements : 737-7603 ou 737-3838.PRINCE MOSES D’ÉGYPTE ET SON PEUPLE ,T A CHARLES V.BOKOR 224 pages - 17,95$ t f MOSlî I* fnïm V1 ,M>.\ PM.PM Les légendes par lesquelles on a entouré l’origine et la vie de Moses l’ont transformé en un être différent de celui qu’il avait été en réalité.Ce livre prést Moses d’Éey; qu’il fut vraiment.Photo Jacques Grenier FRANCINE NOËL rencontre les lecteurs, dès 14 h aujourd’hui, chez Hermès.Un panorama L’INSTITUT Canada-Argentine, chapitre de Montréal, en collaboration avec le programme de littérature comparée de l’Université de Montréal, a invité le professeur Nicolas Rosa à présenter un « panorama de la nouvelle argentine contemporaine».L’entrée est libre, le mercredi 9 mars à 20 h, à la salle Z-250 du pavillon principal de l’Université de Montréal.Pour renseignements : Liban Rodriguez, 737-1085.Les femmes ont la parole JANOU SAINT-DENIS « fête la parole des femmes », à la Place aux poètes du mercredi 9 mars.En poèmes, en monologues, en chansons et en musique, on pourra entendre, entre autres, Anne Dandurand, Louise de Gonzague-Pelletier, Hélène Blais, Nicole Richard, Louise Brissette, Monique et Benjamine Gill, Catherine Larivain, Francine Sénéchal, Anne-Marie Géünas, Céline Delisle et Jacinthe Chaussé.La Place aux poètes s’ouvre à 21 h, le mercredi, à la Foüe du large (1021, rue de Bleury - métro Place-d’Armes).Pour renseignements : 397-1222.TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, le dimanche à 9 h 30 : Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture' chez l’enfant.Au réseau de Télé-Métropole, le dimanche de midi à 14 h : à Bon Dimanche, Reine Malo propose la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.À Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l'on reçoit parfois un écrivain.À Radio-Canada, le mardi à 13 h 15, l’émission Au jour le jour présente une chronique sur les livres tous les deux mardis.À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h : Apostrophes.Sous le thème « Posséder, collectionner, accumuler », Bernard Pivot reçoit Maurice Rheims, Jacques Attali, Pierre Assouline et Réal Les-sard.(Reprise le dimanche 13 mars à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d’ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM A la radio AM de Radio-Canada, le samedi à 17 h, dans le cadre de rémission Plaisirs, Pierre Bourgault parle de littérature.À Radio-Canada, dans la première heure de Présent dimanche, dès 09 h : « Le livre de la semaine ».Michel Cormier rencontre Jean Ziegler, auteur de La Victoire des vaincus (Seuil).À Radio-Canada, du lundi au vendredi, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.RADIO FM A CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30 : Textes.Yves Boisvert lit des extraits de Si Rimbaud pouvait me lire.de Lucien Francoeur.Produite par CFLX-FM (Sherbrooke) et présentée par les Ecrits des Forges, l’émission est également diffusée sur CKRL-FM (Québec).À Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère, animé par Réjane Bougé, avec les chroniques de Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert. Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature d'ici, animé par Marie-Claire Girard, avec les chroniques de Jérôme Daviault (essais), Jean-François Chas-say (fiction) et Roch Poisson (revues).A Radio-Centre-Ville (102,3), mercredi de 07 h 30 à 09 h : Les Paresses matinales.Jean-François Bonin reçoit régulièrement des écrivains et recense les revues culturelles.À Radio-Canada, mercredi à 16 h : Littératures parallèles, animé par André Carpentier, avec les chroniques de Michel Lord (science-fiction/fantastique), Jean-Marie Poupart (policier/es-pionnage) et Jacques Samson (bande dessinée).À Radio-Centre-Ville, mercredi à 16 h: Paragraphes.Danielle Roger reçoit Jacques Folch-Ribas.A Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 : Le Jardin secret.Gilles Archambault reçoit Roch Carrier.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« L’Empire des lettres », introduction à la littérature chinoise classique (9e de 10 émissions).À Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les Idées à l’essai.François Ricard s'entretient avec Léon Dion au sujet du livre Québec, 1945-1960 - À la recherche du Québec, tome I (Presses de l’Université Laval)., _ m m MYRIAM PREMIÈRE de Francine Noël LA CRITIQUE EST UNANIME iET LES LECTEURS LE PROUVENT: l3« .jin» Molli Myriam première « Frandne Noël signe un des trois ou quatre grands romans de la décennie ».(Réginald Martel, La Presse).« Ceux qui ont aimé Maryse se précipiteront sur cette suite, et ce sont les autres que je voudrais convaincre que Frandne Noël vient d’écrire un très grand roman.On ne peut parler de chef-d’œuvre quand l’œuvre est si jeune, et pourtant.» Jean-Roch Boivin, Le Devoir.Vlb éditeur 513 pages — 19,95$ « Avis aux fans de Michel Tremblay, en particulier s’il s’agit d’inconditionnelles, l’univers de Myriam, parce que plus actuel, supplante ce qu'elles avalent appris à aimer depuis La grosse femme d’à côté est enceinte.Ce qui n’est pas peu dire.Ce livre est important et mérite qu’on le lise.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil.• Frandne Noël se transforme en enchanteresse, puisant de son imaginaire le fluide magique qui nous transporte d«n« un monde suspendu entre la fiction et le réel.De sa baguette magique, elle jette un regard empreint d’humour, de profondeur et de justesse sur nous-mêmes, sur une sodété et ses habitudes.» Marie-Eve Pelletier, Le Droit.« Myriam première est un roman d’une séduction extraordinaire, Intelligent, drôle, émouvant, enfin c’est un malheur.A lire, donc: Pour le plaisir d’une écriture étonnamment libre et belle, qui utilise les expressions à la mode avec une sorte d’élégance négligée; et pour s’instruire.» Gilles Marcotte, L’Actualité.«ri U AJ 4 LA PETITE MAISON VJLD eaiLeur DE LA grande littérature ?V LE PLAISIR ,LK LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Le Devoir, samedi 5 mars 1988 ¦ D-3 Le surprenant délire d’un bum sophistiqué BAIE DES ANGES Serge Viau Montréal, Boréal, 1988, 219 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN AH, le voisinage des livres ! Hier, c’était la prose pur satin, précieuse, de Jacques Foch-Ribas dont le héros était un grand pianiste.Donc, grande musique.Aujourd’hui, c’est la véhémence pur denim de Serge Viau qui me ramène dans le siècle.Le ton rogue et arrogant de son narrateur-héros, qui nous serine obsessivement les paroles des chansons de Torn Waits, le chantre du « low-life », des paumés romantiques et des nuits blanches de la ville.Les petits garçons échevelés ont 30 ans et n’en reviennent pas ! Ce Léo, journaliste pigiste, a décidé d’aller passer une semaine chez son copain Paul, établi à Baie-des-Anges dans Charlevoix où il travaille comme animateur social.Léo caresse le projet de traduire tout Torn Waits.Rien de moins.En fait, il déteste la campagne et les voyages.« L’espace est une dimension futile et dépourvue d’intérêt, tandis que l’intérieur de l’homme, son cerveau, son corps, son sexe .Et le temps, le temps tout en infinies nuances subjectives .Elle est par là, l’aventure humaine.Enfin, c’est la mienne, celle que je vis au jour le jour, sexe, corps, cerveau, périlleuse plongée à travers les strates de cet opéra fabuleux qui ressemble à la musique de Tom Waits, alcool, perversité, subtile violence, angoisse, angoisse .Comprenne qui pourra, après tout.» Hum ! Voilà le menu et ce qui l’attend à sa plus grande surprise dans cet endroit paradisiaque au bord du fleuve, qui s’appelle Baie-des-Anges.Notre Léo y débarque en plein drame social, justement.U ne douzaine de petites filles ont été enlevées par un mystérieux Croquemitaine.Il est à peine arrivé que le gros Albert Turmel, le richard de la place, lui met le grappin dessus pour qu’il découvre le criminel, contre gros sous.Toute la semaine, le cher Léo cultivera la tentation de se sauver avec les gros sous et de laisser cette bande de débiles se débrouiller avec leur drame.Mais on ne lui laisse guère la chance de dessoûler.Je dis « débiles » parce que c’est comme ça qu’il les décrit, lui, le citadin, dans son beau délire de « bum sophistiqué ».Il courtise davantage l’audace que la sympathie pour ses personnages.Même la douzaine de petites filles enlevées ne seront jamais objet d’apitoiement, juste un prétexte pour que cette histoire aille quelque part et que le héros nous entraîne dans les profondeurs inconfortables de l’âme humaine.Ce Léo est un pauvre type comme la ville en est pleine.Sans trottoir, Photo Gilles Savoie SERGE VIAU.Michel Garneau Suite de la page D-1 sité moderne, elle devient insupportable !» Car une avant-garde peut être conservatrice, rappelle Garneau.Un conservateur, c’est quelqu’un pour qui la culture s’arrête à une certaine année, mais il y a aussi ces gens qui croient que la culture commence en telle année et que tout ce qui est avant eux ne compte plus ! « Moi, je ne vis pas là.Je vis à travers les siècles.Le livre est la machine à voyager à travers le temps.C'est un cadeau infiniment plus moderne que n’importe quoi d’autre.C’est transportable, ça se touche, ça se sent.Tu mets ça dans ta poche.Tu peux l’ouvrir, le lire à l’endroit, à l’envers, par le milieu.Tu peux le lire cent fois, une demi-fois.Tu peux tout faire avec un livre.C’est une machine d’une souplesse extraordinaire qui te permet de vivre dans l'histoire et dans tous les siècles de la parole humaine.Tu peux y passer des bouts de semaine à Sumer ou avec Platon, puis en compagnie de Cummings ou Stevens.« Or, quand des gens qui se disent d’avant-garde affirment qu’ils commencent à lire à la naissance de la modernité, qui est arrivée en 1968 à sept heures ! cela m’apparaît insupportable.Ces conservatismes m’énervent énormément.« Là où je crois avoir raison quand je prends parti pour l'oralité, c’est que je vois que cette oralité préserve du baroquisme et de la préciosité.Cela se vérifie quand on dit ses poèmes en public.Tout poète qui écrit typographiquement, hermétiquement et modernistement et qui s’est retrouvé devant un public à lire ses poèmes, l’a fait généralement une seule fois puis est rentré chez lui en disant à son chien qu’on ne l’y reprendra plus à une telle prostitution ! « Bien sûr, cela est évident.Ce test de la lecture publique est absolument fatal.Le public doit avoir une raison de savourer ta poésie, sinon il va dire qu’il n’a rien compris.Moi, s’il faut être allé â l’université pour que les gens lisent de la poésie, je débarque ! C’est déjà dommage que peu de gens lisent de la poésie, j’essaie au moins de rejoindre ceux à qui je parle.Si je peux lire mes poèmes à des gens qui ne sont pas allés à l’université, qui restent innocents par rapport à l'histoire de la poésie, et si je peux les toucher, je crois que ces gens vont comprendre ma poésie, qu’ils vont l’aimer et la trouver nécessaire.» — Jean Royer Libraires demandé(e)s Lu Librairie Champigny est présentement en pleine effervescence.Nous sommes à la recherche (le libraires d'expérience, de jour et de soir, afin de combler des postes de "responsables de rayons ”.Si vous possédez plus de deux ans d'expérience en librairie et désirez travailler auprès du publie dans une librairie (pii bouge, nous aimerions vous connaître.ChairiPKttiy 0 Mont-Royal 844-2587 OUVERT 7 JOURS JUSQU'À 21 H Librairie Champigny inc 4474, rue Saint-Denis Montréal, H2S 2L1 rJMià S 'LtSjÇs: fl *Sf » Bis 11 IwttMH! KV» BOREAL Photo Jacques Grenier LOUKY BERSIANIK.sans rues à angles droits, il est totalement désorienté et c’est ce qui le rend absolument sympathique malgré la dérision systématique qu’il cultive pour tout ce qui fait courir le petit monde de Baie-des-Anges.Lui, il l’a dit, n’en a que pour l’aventure intérieure; mais il y a les petites femmes qui le mettent en rut et qui le font courir.Ces parties de femmes car elles sont seins, fesses et fentes, culs qui le mettent en transe.Ah, la beauté du diable ! « Quelle cochonnerie, non mais pourquoi on vit, pourquoi subir ça, cet affront, tant de beauté, tant de vigueur, tant de légèreté, elles ont tout, comme des magasins généraux, et la grâce et la délicatesse et la vitalité, comme soufflées d’un autre air que le nôtre, que le mien, on se sent insulté et vieux et laid, Bonhomme Sept Heures rien qu’à les regarder, et plus elles sont jeunes, et petites, et menues et fragiles, c’est ça l’obsession, le désir rien à voir, le cul, le sexe, rien à voir, rien de rien de rien !» « Le Diable, c’est Dieu qui se soûle la gueule », dit-il paraphrasant son Torn Waits.Il y a du San Antonio et du Henry Miller dans ce héros qui, un jour par chapitre, nous fait vivre sa descente aux enfers.Ça aurait tous les ingrédients du best-seller, mais ce n’est pas du tout gentil.C’est même joliment scandaleux.On comprendra que c’est d’avant la révolution du condom, sans foi ni loi.Je serais femme que .je ne sais pas.La lecturt étant un plaisir solitaire et totalement inoffensif, je me suis laissé aller, complice amusé de toutes les aberrations de mon narrateur et de ses fantasmes les plus débridés.C’est lui, d’ailleurs, le personnage le plus intéressant.Les autres, il les décrit avec humour et sans indulgence.Notre détective-malgré-lui est plus intéressé à philosopher, à faire de la poésie que de ja psychologie.Un vrai bum ! En fait, c’est en explorant sa psychologie à lui de criminel, rendant ainsi le lecteur coupable de complicité de fait, qu’il découvrira qui est celui qui bouffe les petites filles.Le côté policier n’est pas très fort mais l’écrivain habile va ramasser tous les fils qui pendent dans une entourloupette.C’est son style.Baveux, vous dis-je.Moi, j’aime ça être choqué dans mon fauteuil, qu’on me fasse bander sur le côté tout croche de la vie.Mais je suis de ceux qui aiment Tom Waits et s’imaginent que Dieu est mort de rire le septième jour en voyant qu’il avait inventé le diable.Évidemment, c’est tout à fait amoral et délicieusement punk, si ça se peut, cette histoire de cow-boy urbain perdu dans la nature.Certains détesteront violemment peut-être.Je crois.Gérant(e) de librairie Pour répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus nombreuse, nous avons créé un nouveau poste de géranl(e) de librairie.Depuis quelques années, vous assumez avec succès la gérance d’une librairie et vous croyez que cette dernière doit toujours offrir une présentation impeccable et imaginative.Ayant eu à superviser du personnel, vous avez été reconnu(e) pour votre talent de leader.Vous savez mettre à profit les ressources humaines en répartissant constamment les tâches pour un service optimal.Alors c’est peut-être vous que nous cherchons.La voix inoubliable de Louky Bersianik Mont-Royal 844-2587 OUVERT 7 JOURS JUSQU'À 21 H Librairie Champigny me 4474.rue Saint-Denis Montréal.H2S 2L1 KERAMEIKOS Louky Bersianik poèmes accompagnés de dessins de Graham Cantieni Saint-Lambert, éditions du Noroît coll.«Écritures/ratures», 1987 JEAN ROYER ON NOTE, dans la poésie québécoise actuelle, une résurgence du thème de la mort, intimement lié à la conscience des origines.L’approche des poètes se fait tour à tour mystique, comme chez Fernand Ouellette (Les Heures), initiatique, comme chez Robert Yergeau (Le Tombeau d’Adelina Albert) ou existentielle, comme chez Alphonse Fiché (Sursis) qui la regarde dans sa froideur et sa noirceur.Louky Bersianik, fidèle à son travail passé, adopte une approche mythique.Son magnifique recueil Kent meikos vient compléter son poème « Nucléa épiphane » sur les origines de la vie, qui accompagnait des photos de maternité de Kèro (Au beau milieu de moi.Nouvelle Optique, 1983).Kerameikos se révèle comme un des plus beaux textes des dernières années.L’ampleur de son chant veut recouvrir la douleur du monde en même temps qu’elle nous apprend que la mort n’empêche pas le « triomphe implacable de la vie sur tout ce qui vit ».C’est-à-dire qu’il faut compter avec les rituels de la vie, « cette inconnue ».La mort, elle, nous est bien connue.Voyez Kerameikos, un cimetière de céramique et la nécropole antique la plus importante d’Athènes dès le 10e siècle avant Jésus-Christ.Cet espace de la mort, traversé par la Voie sacrée, comprend des vases funéraires, urnes, amphores, des tombes, tertres puis terrasses ornées de stèles et de statues.Ce sont ces ruines que visite la poétesse.Car « l’art veut désigner la permanence du scandale ».Devant l’urne où elle voit « apparaître les cendres de l’amour », Bersianik éprouve la douleur de la continuité du monde : « quand la jarre s’éprend de l’eau oubliant sa fissure/ l’amour se répand en pure perte faute de vivant».Au fur et à mesure de cette réflexion sur la mort apparaît une conscience sociale et même cosmique qui lie l’individu au monde.Bersianik médite aussi sur l’amour, le désir et l’art.Elle oppose finalement la peur de vivre de l’homme nucléaire au sens de l’avenir qui peut animer la femme, porteuse de mémoire et de vie.Ainsi, la dernière partie de Kerameikos, intitulée « Ruines du futur », compose un appel pathétique.Les hommes du nucléaire « n’ont trouvé dans la rue que décor jetable [.] ils sont les ancêtres de l’avenir/ avec les images fossiles de leur actualité (.] la science déchire leurs diplômes/ le folklore s’entiche de leurs poèmes/ cent fois leur modernité change de ton».Les femmes, de leur côté, ont ap- pris le sens de l’avenir : « elles ont réussi à déchiffrer les codes mortifères la sauvagerie des savoirs ».Et, pendant que ceux-là « exhibent leur panoplie nucléaire dans la suie de la stratosphère ».celles-ci ont « cessé de confondre la profondeur du ciel avec l’amnésie de leur désir profond » : « /.J ils incendient les forêts pour en savoir plus long sur l'hiver nucléaire I.] ils pratiquent la mort comme un hologramme à bout portant I.J j’écris â la mémoire d'une jeune fille rangée sous terre la tête parsemée de gigantesques montagnes tu deviens soudain le visible de la voix au cimetière contemporain des crépuscules ne dis plus qu'un coips peut se dissoudre dans ses larmes attends j’ai presque oublié le goût de la peur.» Pour Louky Bersianik, cette victoire sur les « larmes » marque une étape où sa poésie passe de la virtuosité calculée de ses précédents recueils à la libre amplitude d’une voix désormais inoubliable.Sur ce mode poétique, on a beaucoup parlé de Fernand Ouellette et trop peu d’Alphonse Fiché.Sans enlever leur mérite à ces poètes, il faudrait tout de même entendre la voix unique de Louky Bersianik.Cette voix est, d’ailleurs, magnifiquement mise en pages, avec les crayonnages de Cantieni qui modulent les espaces de mort et de vie, dans la nouvelle et somptueuse collection « Écritures-/ratures » qui maintient, si besoin était, la réputation des éditions du Noroît.Robert Lalonde LE FOU DU PÈRE «Un roman d'une beauté sévère, comme un chant rauque et grave.» (Le Devoir) «Un récit dense, d'une poésie étonnante.{La Presse) «Comme un long poème à la valeur et à la richesse de la vie.» (Le Nouvelliste) «Un livre profondément touchant et dérangeant.» (Voir) Fa11! LE DEVOIR pour le crone! I C E HÉC1T MB WEOU8E5 UBSOÎQUtS D'ON HOMME ET D'UNE BALEINE 448 pages, 24,95$ RECIT DES AVENTURES HEROÏQUES ÂBULEUSE D'UN HOMME ET D'UNE BALEINE D’une rencontre fortuite entre un homme et une baleine va naître une nouvelle forme de sensibilité spirituelle.De leur amitié s’ensuivent une série d’actions qui entraîneront le lecteur des îles de Mingan aux îles Caïcos dans un vertigineux et inoubliable voyage en mer. D-4 ¦ Le Devoir, samedi 5 mars 1988 LE PIAÎSIR LF PLAISIR LE PLAISIR LH PLAISIR LE PLAISIR Une manivelle et une momie LATERNA MAGICA Ingmar Bergman traduit du suédois par C.J.Bjurstrom et Lucie Albertini Paris, Gallimard, 1987, 333 pages ROBERT LÉVESQUE ILS SONT rares les artistes du théâtre, du cinéma, de ces arts d’interprétation, qui savent passer avec bonheur du côté du mémorialLste.Ce sont habituellement les écrivains, gens de plume, ou les politiciens, qui couchent le plus sur le papier leurs souvenirs, traçant pour le lecteur leur parcours dans le siècle.Ingmar Bergman fait mentir tout ça.L’un des plus grands cinéastes du siècle, et un homme de théâtre d’une prodigieuse force (on a vu à Québec, en 1986, sa Mademoiselle Julie), il s’est assis seul à sa table, une vraie table et non pas ce grand panneau que l’on jette sur le dos des fauteuils dans la pénombre des salles, lorsqu’il met en scène, et il a écrit, commençant ainsi : « Quand je suis né, en juillet 18, ma mère avait la grippe espagnole .» Et son livre, Laterna magica, publié chez Gallimard, est un ouvrage admirable : par la qualité de la confidence, écrite avec un art du récit consommé, par la richesse du propos, chez un homme où l’art et ses fabrications ne se séparent pas de la vie, et par l’incroyable insistance avec laquelle Bergman, que l’on connaît sans connaître, nous amène dans le secret et les secrets de sa vie.On ne Ut pas une suite d’anecdotes.************ ••••••••••••••••••••• .* * * • •••••••••*********** OLD Es» üLIQUIDATIONÜi Hide stock b * •••••• * * • • • • • < 11 ¦ ( 111LHII LkI I ti J i riiluhlihkHliV****** ï!””'”””-wW****** • • • • l ''1AÉMAÉÉMAÉÉÉAMtAAAA*AÉAMAAM«M«****l rjFTiFI^• • • • • < • •••••••••• ••••• î .Ui&llülüUËMiAJMMftykllUiliS***** • • » • • • • • • • « • • 5 ; ; • • • • • « 1 Tous les soirs ÆÊ jusqu’à 21 heures ¦ Z IMtiâ LIBRAIRE 371 ouest, ave Laurier Montréal.QC - H2V2K6 Tel (514) 273-2841 Nouveauté n TEMPS Changent UNE GENERATION SE RACONTE PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-PAUL LEFEBVRE 14li(krS 312 pages; 19,95$ Que ce soit à partir des souvenirs et expériences personnelles de Michel Bélanger, Gérard Filion, Gratien Gélinas, Paul Gérin-Lajoie, Jean Marchand, Jeanne Sauvé ou autres, vous aurez plaisir à vous remémorer ou à découvrir le Québec des années 50 et 60.En tout 13 témoignages différents à lire et à relire.une presence a 5170, av.Decelles, Montréal, Québec H3S 2C5 — (514) 735-6406 ou un ramassis de complaisances, comme chez certains qui prennent la plume lorsqu’ils ne peuvent plus prendre autre chose; au contraire, on entre avec lui, à pas mêlés, puisque Bergman va et vient dans sa vie sans trop de chronologie, dans les arcanes d’une vie d’une richesse spirituelle fantastique en même temps que d’une simplicité désarmante.C’est une grande confidence.Point d’appui : la Suède de l’enfance, les années 20, la vie sévère dans les presbytères où l’apparition d’un cinématographe cadeau à son frère aîné le fera hurler de rage, s’endormir de chagrin; avant de fabriquer le premier bonheur lorsque, contre 100 soldats de plomb, cette machine sera à lui.Photo 1 Bengt Wansellus, 1986 INGMAR BERGMAN.& ™ « Ce n’était pas une machine compliquée, écrit-il.Comme source de lumière, il y avait une lampe à pétrole et la manivelle était reliée à une roue dentée et une croix de Malte.Au fond de la boite en tôle, un simple miroir.Derrière la lentille : un dispositif pour des projections en cou-ieurs.Une boîte violette rectangulaire accompagnait l’appareil.Elle contenait, d’une part, quelques images sur verre et, d’autre part, un bout de film sépia.Il mesurait à peu près trois mètres et il avait été collé pour former une boucle qui tournait sans fin.Il était indiqué sur le couvercle que le film s’appelait Frau Holle.Qui était cette “Frau Holle", personne ne le savait, mais il s’avéra plus tard qu’elle était un équivalent populaire de la déesse de l’amour dans les pays méditerranéens.» L’enfani Bergman découvre : « Je tournais la manivelle, la fille se réveillait, elle s’asseyait, elle se levait lentement, elle étendait les bras, elle se retournait et disparaissait à droite.Si je continuais à tourner la manivelle, la fille était de nouveau couchée, elle se réveillait et elle refaisait exactement les mêmes gestes.Elle bougeait.» « Le cinématographe était à moi », s’écrie le petit Galilée du cinéma.Pour le théâtre, les découvertes, nombreuses, viendront plus tard, entre autres, dans cette page admi- Suite à la page D-8 Les Prophéties du Pape Pie XII y P.Boyer de Belvefer GUY TRÉDANIEL ÉDITEUR Diffusion AQUARIUS Tel.: (514) 737-9176 en vente chez votre libraire Danièle Sallenave tSSBÊÊÊ L.a vie des grands hommes appelle le témoignage, excite la mémoire, attise la piété — mais celle des hommes ordinaires?Elle ne laisse pas de trace: obscure, anonyme, semblable à des milliers d’autres, à peine s’est-elle éteinte qu’elle est effacée, et nul n’en réveillera le souvenir.Par le hasard d’un congé forcé, un homme jeune rend pendant un mois visite à son grand-oncle.Tout les sépare, mais la parenté a tissé entre eux des liens diffus.Le vieil homme parle; le jeune homme le photographie, le regarde et, le questionnant, s’étonne.Qu’a donc fait de sa vie ce vieil homme muré dans la sphère étroite d’une existence dont rien n’est venu l’arracher, qui n’a connu ni les livres ni les voyages et qui à l’extrême bord de sa vie, ne semble éprouver ni inquiétude ni regrets, mais seulement un muet assentiment au grand ordre des choses?Il n’est rien, ni personne, il le sait.Mais il est là, pour quelque temps encore.Il se tient très droit dans son fauteuil, il fixe sur l’objectif son oéil rond et malicieux.N’oublions pas ce regard là.Diffusion Flammarion LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND TRUFFAUT Éric Neuhoff, Lettre ouverte à saint Francois Truffaut, Albin Michel, coil.« Lettre ouverte », 151 pages.À BÂTONS ROMPUS, Éric Neuhoff se remémore les grands moments de la carrière du célèbre cinéaste français.Il ridiculise les manies et les obsessions de 'Truffaut, tout en ne cachant pas son admiration profonde pour l’oeuvre qui a marqué toute une génération de cinéphiles.Un hommage sur le mode intimiste qu’aurait sûrement apprécié l’homme qui aimait les femmes, les livres et les films.CLOCHARDS Shirley Roy, Seuls dans la rue.Portraits d’hommes clochards, éditions Saint-Martin, 174 pages.ON LES VOIT un peu partout traîner dans la rue, quémandant un « trente sous » pour un café ou un beigne.Habillés de guenilles, la démarche hésitante et le visage défait, les clochards, les « robineux », les itinérants, quels que soient les noms qu’on leur donne, ont l’air « magané » par la vie.« Dans le grand Montréal, le nombre d’hommes itinérants se situerait entre 10,000 et 15,000.(FRANÇOISE G1ROUD ALMA MAHLER i l’art d’être aimee ROBFKf LAFFONT die ddll «inc ‘;»a parmi les pays sous-développés.Un dixième environ de sa population souffre chroniquement de la faim et, depuis 1985, on a dû, dans plusieurs grandes villes américaines, rouvrir les asiles de nuit et les soupes populaires que l’on n’avait pas revus depuis la Grande Crise de 1929.» Malgré toutes ces détériorations de la réalité américaine, le mythe persiste dans le monde entier.Comment s’est-il perpétué et quel avenir aura T« american way of life » ?Cet ouvrage tente de répondre à ces questions et bien d’autres encore.Éric Neuhoff Lettre ouverte François Truffaut FATALE Françoise Giroud, Alma Mahler ou l’art d’être aimée, Robert Laffont, coil.« Elle était une fois », 256 pages.QU’ONT en commun Gustav Mahler, le grand compositeur, Kokoschka, le peintre expressionniste, Walter Gropius, l’architecte, fondateur du Bauhaus, et Franz Werfel, l’écrivain ?Ils ont tous partagé, à un moment de leur vie, la destinée particulière d’Alma Mahler.Un peu à l’instar de Lou Andreas Salomé, Alma Mahler était une femme volontaire et intelligente qui savait se faire aimer.Françoise Giroud brosse son portrait en toute complicité.Quoique numériquement moins important, le phénomène touche de plus en plus de femmes et de jeunes; à Montréal, plus de 3,000 femmes itinérantes et plus de 4,000 jeunes de 13 à 20 ans vivent dans la rue.» Ce phénomène inquiétant et croissant est-il le résultat d’un choix individuel ou le destin collectif de la société moderne ?En privilégiant la restructuration de l’économie, l’exclusion du travail pour les moins spécialisés, l’augmentation de la pauvreté, la restriction d’aide aux défavorisés et l’isolement social, Shirley Roy étudie et analyse le problème.NOUVELLES Emmanuel Bove, Monsieur Thorpe et autres nouvelles, Le Castor astral, 371 pages.CE RECUEIL rassemble l’intégrale des nouvelles et des contes non disponibles d’Emmanuel Bove.On y retrouve le mythique « Monsieur Thorpe » (un des textes les plus autobiographiques de Bove), « Rencontre », les « Petits Contes » et des textes parus en revues ou inédits à ce jour.MYTHE Gérald Messadié, Requiem pour superman.La crise du mythe américain, Robert Laffont, coll.« Essais », 306 pages.L’AMÉRIQUE est en crise.« À l’exception de l’Otan, son système d’alliances politiques s’est écroulé.Sa dette nationale est si grande qu’elle n’aura fini de la rembourser que vers la fin du XXIe siècle.Selon les termes mêmes de la presse, ses grandes villes sont ceinturées de ghettos qui sont autant de petits Beyrouth.Depuis 1972, la consommation de cocaïne, entre autres drogues dures, y a crû de plus de 300 %.Le taux de mortalité infantile s’y élève jusqu’à rejoindre celui des plus déshérités HOMOSEXUALITÉ Jean Boisson, Le Triangle rose.La déportation des homosexuels (1933-1945), Robert Laffont, 247 pages.UN MILLION d’homosexuels ont été déportés et exécutés en Allemagne nazie entre 1933 (bien Gerald Messadié REQUIEM TOUR SUPERMAN la crise du mythe américain Essais Ruben IalTont avant la guerre donc) et 1945.Pourquoi y a-t-il un silence de l’histoire là-dessus ?Pourquoi, lorsque les hmosexuels veulent rendre hommage à leurs nombreux disparus, pendant les cérémonies commémoratives, sont-ils encore persécutés et en-tend-on des cris comme celui-ci : « Ils auraient dû tous les exterminer » ?Le nazisme aurait-il eu des bons côtés ?Le silence de l’histoire sur ce sujet nous interpelle aujourd’hui.Jean Boisson tente de sortir de l’oubli ce fait capital, car, comme le disait justement Simone Veil, « se souvenir, c’est aussi tirer la leçon de l’Histoire pour que de telles catastrophes ne puissent se reproduire ».Nous paraît en URSS Un roman de science-fiction écrit il y a.67 ans MOSCOU (AFP) — Nous, un roman de science-fiction de l’écrivain Evguéni Zamiatine, qui aborde le même sujet que 1984, de George Orwell, sera publié pour la première fois en Union soviétique en avril, 67 ans après avoir été écrit, a indiqué lundi un porte-parole du journal littéraire soviétique Znamia.Le porte-parole a indiqué que l’ouvrage, le travail le plus important de son auteur, serait publié dans le mensuel en avril et en mai.La revue Novy Mir avait indiqué la semaine dernière qu’elle préparait la publication du livre d’Orwell, interdit en URSS depuis près de 40 ans.Le roman de Zamiatine est une réflexion sur la déshumanisation de l’individu dans un État tout-puissant, où les gens ne portent pas de nom mais seulement un numéro.Douze ans après avoir achevé son ouvrage, Zamiatine avait affirmé qu’il ne fallait pas voir dans celui-ci « un pamphlet politique » : « Ce roman avertit du danger que risquent l’individu et l’humanité dans un monde où le gouvernement et les machines sont tout-puissants », avait indiqué l’auteur.Nous a paru en traduction anglaise en 1924.Une édition en russe a été publiée trois ans plus tard en Tchécoslovaquie, provoquant la persécution de son auteur.Zamiatine est décédé en 1937 à Paris. Le Devoir, samedi 5 mars 1988 ¦ D-5 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Les mirages de la diversité SUR LA PEAU DU DIABLE Nicole Avril Paris, Flammarion 1988, 291 pages LETTRES FRANÇAISES ODILE TREMBLAY NICOLE AVRIL se grise de mouvement.Son dernier roman, Sous la peau du diable, fonce à bride abattue de New York à la Nouvelle-Orléans en passant par la France et le Nigeria.Toutes frontières confondues, cet auteur poursuit, à travers ses personnages, une quête frénétique et fort contemporaine du bonheur.Elle met en scène des héros qui s’étourdissent à chercher un ancrage,des êtres d’action aux prises avec les mirages de la diversité.Figure centrale du roman, la belle Elvire, à la peau diaphane, est directrice du « French Movie Office » de New York.Astreinte à de perpétuels déplacements, elle réside la moitié de son temps dans une luxueuse limousine, sorte de boudoir mobile où défilent les grands noms du cinéma français avec qui elle ébauche en passant quelques intrigues.Le chauffeur de madame, lui, s’appelle Alas- sane et a abandonné son Nigeria natal pour venir se fondre dans la faune de Manhattan.Éternel témoin du tourbillon qui emporte Elvire, il découvre le secret de sa patronne : liée par une attache indestructible à sa soeur handicapée demeurée en France, elle ne peut cultiver de relation stable avec qui que ce soit d’autre.Entre le noir Alassane et la blanche Elvire, une folle passion finira pourtant par naître et mourir.Ce canevas noir et blanc aurait donné lieu à une pénétrante analyse de rapports humains douloureux; Nicole Avril sombre malheureusement trop souvent dans la facilité.Le chauffeur africain au grand coeur, la fantasque et magnifique Elvire projetant côté pile l’ombre d’une soeur immobile et muette; tous ces éléments dégagent un arrière-goût de roman rose qui agace parfois.Sous la peau du diable aborde, cependant, certains thèmes intéressants, tels les difficiles contacts d’un Africain avec le milieu noir américain ou le triste sort des handicapés en butte au rejet social; mais ces sujets auraient mérité d’être fouillés davantage.Ce livre, qui possède par son rythme et son style certaines qualités d’un bon roman d’action, pèche par manque de profondeur.Faute d’avoir été étroitement cernés — par quel cheminement Elvire a-t-elle été catupul- Photo G.Popovlc/Flammarion NICOLE AVRIL.tée au poste qu’elle occupe ?mystère — les personnages s’enlisent dans la caricature et cessent d’être convaincants.Sous la peau du diable laisse le lecteur sur sa faim : il aurait bien aimé en apprendre davantage; l’approche trop superficielle du récit l’empêche d’être vraiment nourri.Mea culpa matérialiste LES MASQUES Régis Debray Paris, Gallimard, 1988, 283 pages JEAN-FRANÇOIS CHASSAY DANS un remarquable essai intitulé Le Scribe, publié en 1980, Régis Debray interrogeait « ce petit sphynx discret — qui s’est appelé tour à tour scribe, aède, sophiste, clerc, lettré, intellectuel ».Dans Les Masques, c’est, en fin de compte, la même figure que l’essayiste examine, en s’attaquant — le mot n’est pas trop fort — à son propre personnage.Cette confession qui glisse — habilement — du cynisme à l’autoflagel-lation ne manque pas d’esprit mais l’exhibitionnisme agace de plus en plus au fil des pages et l’auteur frôle régulièrement la complaisance.Soit, Debray écrit bien, il écrit même très bien.Le problème, c’est qu’il ne dit pas grand-chose.Le pari était risqué : mêler le privé au public, faire tomber tous les masques dont les médias l’ont affublé, se lancer dans un mea culpa bien catholique quand on est un matérialiste athée, c’est marcher sur une corde raide.Outrancier plus souvent qu’à son tour dans le passé, Debray veut s’expliquer sobrement, expliquer honnêtement, sincèrement, ce qu’il a vécu depuis un quart de siècle.A l’origine de l’entreprise, une banale histoire sentimentale qui tourne au vinaigre et à cause de laquelle Debray se sent spolié de ses certitudes.C’est à partir de là, à cause de cet épisode amoureux « comme y en a cent par jour » qu’il va délinéer ses souvenirs pour essayer de voir plus clair dans sa vie.« J’ai acquis les gestes gourds du scaphandrier, quand on pèse une tonne et qu’on tâtonne au fond de soi comme un petit Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd'hui 5 mars de 14h à 16h FRANCINE NOËL Myriam Première vlb éditeur Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche à 14h30 dc9à9 363 jours cette année 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 garçon dans le noir», écrit-il.Fatigué de tous les masques qu’on lui impose, l’auteur rédige un autoportrait fort peu flatteur : « le Tintin de la rut d’Ulm », « petit maître derechef en appétit d’influence », « Ho-mais avaricieux et jobard », n’est, au fond, qu’« un philosophe déplacé qui repique à l’entraînement militaire, un enfant prodigue qui ne veut pas revoir sa famille, un amoureux marié dont la femme convole avec un autre : un faux faux-jeton dans une vraie situation fausse ».Il fait siennes les pires diatribes que ses détracteurs ont pu lancer contre lui au fil des années et, comme si ça ne suffisait pas, il en rajoute.Cependant, on n’échappe pas au jet-set quand on en fait partie depuis si longtemps.Lorsqu’il appelle sa maîtresse en pleurs, ce n’est pas d’un obscur appartement parisien mais « une semaine après son retour des Caraïbes, d’une cabine téléphonique à Francfort, où (il attend) un avion d’Air India miraculeusement en retard ».Et c’est lors d’un colloque à New Delhi à la mémoire d’Indira Gandhi qu’il méditera sur la trahison de la femme qu’il aime.Les con- textualisations de ce type fourmillent.Je suis un idiot peut-être, mais pas n’importe quel idiot.Quant aux femmes, qui sont toutes à ses pieds — il faut lire la scène où la pôvre Jane Fonda effondrée attend Régis à la porte de son appartement — elles lui donnent l'occasion de faire la preuve d’un joyeux antiintellectualisme primaire enrobé de « vécu » : « Joan, Bianca ou Jane ont fait 10 fois plus, sans le savoir, pour saper mes convictions marxistes que la lecture de Soljénitsyne, Popper et Claude Lefort.» Dans le même esprit, il critiquera les mémoires d’Abellio : si ce dernier ne prend qu’une demi-page sur 300 pour parler de ses aventures féminines, c'est la preuve qu’il ne sait pas aller à l’essentiel : « L’alliage de l’immaturité affective et de la virtuosité cérébrale (.) a faussé plus d’un destin.» Il reste surtout de ce livre d’admirables portraits — de Guevara, Fidel Castro, Allende, Simone Signoret, Mitterrand, Althusser (en jardinier ! ) — et certains tableaux remarquables (ceux du paysage chilien, entre autres).Pour le reste, Debray ne réussit pas à faire croire, malgré Small is beautiful LES MEILLEURES NOUVELLES DE L'ANNÉE 87 Paris, éditions Syros/ Alternatives, 1988, 216 pages LA TERRE EST À NOUS Annie Saumont Paris, Ramsay, 1988, 202 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN POURQUOI un titre en anglais au feuilleton de cette semaine ?Tout simplement parce qu’il y sera question de nouvelles.Et que ce genre littéraire est, ou plutôt était jusqu’à ces dernières années, une spécialité anglo-saxonne.Comme l’expliquait un jour le professeur Edmund Speare, de l’Université de Harvard, en présentant un recueil des meilleures « short stories » de tous les temps, « each story is direct, dramatic, suprising, gripping in the intensity of its interest ».Dans un texte d’introduction aux Meilleures nouvelles de l'année 87, Daniel Boulanger, orfèvre en la matière, affirme, pour sa part, que « la nouvelle est faite pour notre temps.On ne passe plus quatre heures à table, pour manger ou lire.Pressé depuis le réveil, on se jette au lit plus qu’on ne s’y coule », ajoutant que « la longueur moyenne des nouvelles peut être parcourue avant que le sommeil ne vous emporte.Lire est un acte d’amour physique, et qui peut satisfaire en ne se prolongeant pas inconsidérément ».Il arrive, toutefois, que certaines signatures, parmi les 18 que l’on retrouvera dans cet ouvrage, sont celles d’écrivains connus avant tout pour leurs romans.De Jean Vautrin (La Vie ripolin) à Marie Redonnet (la trilogie Splendid Hotel, Forever Valley, Rose Mélie Rose), en passant par Chris-tiane Barroche (L’Hiver de beauté) et Roland Topor (affichiste célèbre d’Amnistie internationale et auteur de Four Roses for Lucienne), on s’étonnera de découvrir qu’elles et qu’ils sont aussi des auteurs de nouvelles.Ces courtes histoires ne furent pas toutes recueillies en livres, mais elles ont presque toutes été publiées dans les revues, les magazines.Quelques-unes furent même couronnées lors du Festival de la nouvelle de Saint-Quentin, créé par Martine Grelle, une bibliothécaire locale.Festival dont on annonce la quatrième édition pour les 18 au 23 avril prochain.C’est l'évidence même : on peut difficilement résumer le court récit qu’est la nouvelle.Un roman en raccourci et non pas un condensé de roman comme s’en est fait une spécialité le Reader's Digest.Il vaut beaucoup mieux vous recommander de lire toutes ces très bonnes nouvelles, sélectionnées avec goût et compétence par des spécialistes et dont Christine Ferniot, leur présentatrice, assure qu’« elles témoignent d'un mouvement et offrent le bonheur d'une lecture inédite, panorama idéal d’une création qui bouillonne».Mise en appétit par « Papa perdu », d’Annie Saumont, confession d’une presque réjouissante cruauté, j’ai voulu lire d'autres nouvelles de cet auteur extrêmement doué pour l’histoire brève.Qui en est même à son septième recueil et qui avait obtenu la bourse Concourt de la nouvelle, en 1981, pour Quelquefois dans les cérémonies.?* On pouvait sans doute le prévoir : on ne traduit pas impunément John Fowles, Nadine Cor-dimer, Robert Silverberg; on n’a pas offert une superbe et nouvelle traduction aux premiers lecteurs français de L'Attrape-coeur, de Salinger, sans .attraper soi-même le virus du style direct, ramassé, du texte court et souvent dramatique.La Terre est à nous, qui s’ouvre sur « Papa perdu », citée plus haut puisque cette nouvelle fait partie du recueil des Meilleures nouvelles de 87, est une grande réussite.On ne saurait dire laquelle de ces 16 nouvelles est la plus poignante, celle qui vous hantera le plus longtemps dans ces rêveries qui prolongent l’émotion d’une bonne lecture, si courte soit-elle.C’est « Dans une écharpe blanche » que la petite Josette, qui a 18 ans, et qui fut mal aimée depuis sa naissance, enveloppe le bébé dont ne veut pas Fabien, son premier et seul amant, avant de le bercer une dernière fois.« Tu est blotti contre moi, paisible, confiant, dérisoire.Je vais te tuer.» La suite se déroule dans un hôpital psychiatrique où, « recroquevillée enveloppée dans l’écharpe blanche », la pauvre jeune mère pleure son enfant, bien qu’on la console en lui affirmant que « dans quelques dizaines d’années les hommes ne trouveraient plus place sur leur terre déjà encombrée si on y laissait grouiller tout ce qui naît de par le monde de petits chats, de petits chiens.» N’allez pas déduire de ce qui précède que le recueil d’Annie Saumont n’est fait que d'histoires tristes et même cafardeuses.« La terre est à Edmonde », une histoire d'héritage qui finit bien; « Rencontre », amusant quiproquo d’une demoiselle âgée qui recherche l’âme soeur, qui fantasme sur un voisin et qui l’imagine de son âge et bien .conservé, de préférence, et qui se retrouve devant un beau et jeune sportif; mais, surtout, « Samedi matin au café du Commerce », où l’on voit un gamin refaire l’histoire d’Ulysse, de Pénélope et même de Nausicaa, se prenant pour Télémaque et racontant sa version à Émile, un clochard qui vil dans un placard : voilà de quoi vous rejouir et même vous payer une pinte de bon sang.Et si le « Samedi matin » ne vous paraît pas suffisant, revenez au « Jeudi matin », toujours au café du Commerce.Pour admirer davantage, si c’est possible, l’habileté de cet auteur de nouvelles et son art du suspense.Daniel Boulanger a bien raison : « La nouvelle est le confessionnal, le roman l’église.L’une entend les fautes, l’autre les grâces, de demande ou merci.L’une est un petit rien unique.L’autre l’ensemble.Mais l’arbre de la nouvelle ne cache pas la forêt; il la pressent et dénonce l’essence qui domine.» Offrez-vous un passage au « confessionnal ».Le confesseur en vaut la peine ! toute sa sincérité, à cette image de brave anachorète touché par les vicissitudes de la vie.Un masque de plus.MICHEL GARNEAÜ POÉSIES COMPLÈTES 1955-1987 L’âme du Québec révélée dans une somme poétique unique Nous rendant complices de ses émotions les plus secrètes, Carneau nous invite à partager ses expériences de vie les plus diversifiées.772 pages 30$ En coédition GUÉRIN LITTÉRATURE / L’AGE D’HOMME Montréal / Lausanne Distributeur exclusif: Québec Livres NOUVEAUTÉS THÉÂTRE TIENS TES RÊVES de Sylvain Hétu, Jean Lessard et Sylvie Provost Cette pièce aborde, avec beaucoup de simplicité, de délicatesse et d'humour, le thème de la sexualité chez les adolescents.Comment ceux-ci réagissent-ils face à leur première relation sexuelle?Cette pièce a mérité le Prix de la meilleure production ««jeunes publics» 1986-1987.102 pages — 9,95 $ | tfilln» P*dn*Bult La déposition LA DÉPOSITION de Hélène Pedneault Cette pièce se présente comme une histoire policière: une femme est accusée d’avoir tué sa mère sur son lit d’hôpital.S’ensuit un chassé-croisé entre l’inspecteur de police et l’accusée.Est-elle vraiment coupable et pour quelles raisons aurait-elle tué?Un grand moment de théâtre! 110 pages — 9,95 $ LES FANTÔMES DE MARTIN de Gilbert Turp Cette pièce met en scène un jeune homme de vingt ans qui veut changer le monde, comme on le veut tous quand on a vingt ans.Les fantômes de Martin.c’est un cri de désespoir qu’on pousse quand toutes les avenues sont bloquées.116 pages — 9,95 $ vlb éditeur DE l^GRAWDE LITTÉRATURE vient de paraître Dr SERGE MONGEAU MARIE CLAUDE ROY L.Ph.NOUVEAU DICTIONNAIRE DES MEDICAMENTS^ EDITION REVUE ET AUGMENTÉE Il X E Dill Q fl S il u M répertoire complet des médicaments la portée de tous.Un livre de référence pratique qui évitera bien des maux et accidents reliés à une mauvaise utilisation des médicaments.Un guide de santé pour tous les membres de la famille.•Des renseignements sur plus de 1000 médicaments prescrits ou en vente libre.M E R I QUE D-6 ¦ Le Devoir, samedi 5 mars 1988 LE PLAISIR LF PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LITTERATURE JEUNESSE DOMINIQUE DEMERS Dix petits orteils, texte d’Anne-Marie Chapouton, images de Marie-Anne Di-dierjean, Paris, Flammarion, coil.« Père Castor ».LES PÉRÉGRINATIONS quotidiennes de dix petits personnages coquins et coquets : trot-tinements et galopades, flâneries aux quatre vents et barbotages.De simples orteils ?Que non ! De joyeux drilles, de fidèles compagnons, complices de mille fantaisies.Et si, au fil des ages, les tout-petits apprennent les compter, ils retiennent avant tout des idées pour s’amuser.L’Avion de Julie, de Robert Munsch et Michael Mart-chenko, Montréal, La Courte Échelle.UN PEU moins fou que d’autres récits du célèbre tandem mais le charme opère toujours.La pauvre Julie se perd dans un aéroport, cherche son père jusque dans une cabine de pilotage, en profite pour pitonner un peu, et se réveille en plein ciel alors que, quelque part dans une tour de contrôle, des adultes s’affolent.L’avion s’écrase en mille morceaux mais Julie s’en tire indemne.L’incident permet à l’héroïne de retrouver son père et de décider du métier qu’elle exercera un jour.Devinez.Biboundissimo, texte et illustrations de Michel Gray, Paris, L’École des loisirs.LES LIVRES d’images ont souvent engendré des personnages enfants cachés sous les traits d’animaux banals : lapins roses et gentils petits minous.De plus en plus, auteurs et illustrateurs démantibulent ces pauvres types pour dessiner une folle ménagerie où les loups ont parfois peur de tout et les éléphants ne sont pas juste encombrants.Bi-boundé, l’enfant pingouin sur sa banquise, n’est pas seulement original; il porte surtout, et merveilleusement bien, les peurs, les peines, les désirs profonds et les hantises courantes des enfants.Un album drôle, inventif, tendre et fou.L’AFFAIRE LÉANDRE et autres nouvelles policières DENIS CÔTÉ PAUL DE GROSBOIS RÉJEAN PLAMONDON DANIEL SERNINE ROBERT SOUUÊRES OD collection conquêtes Bonne fête Madeleine ! de Michel Aubin, illustré par Hélène Desputeaux, Montréal, Boréal Jeunesse.ENTRE ses idées de grandeur et une réalité plus prosaïque, Madeleine attend fébrilement le jour de son anniversaire de naissance.Le poids des rêves risque de faire chavirer la réalité alors que le banquet imaginé cède la place à un simple repas de famille.Qu’à cela ne tienne, le gala tant espéré se déguise en fête de quartier, au parc, dehors, l'hiver, avec des centaines de millions d’amis — ou presque — autour d’un gâteau de crème glacée.Des images superlatives, un texte exclamatif, un album emballant.Cinq histoires pour avoir peur, Paris, Gallimard, coll.« Folio benjamin ».LA PLUS HORRIBLE anthologie qui soit : cinq des plus monstrueux récits publiés à l’intention des enfants au cours des 20 dernières années.« Il y a un cauchemar dans mon placard », de Mercer Mayer, l’histoire d’une épouvantable créature cachée pour vrai dans un placard; « Le garçon qui criait au loup », une relecture signée Tony Ross du célèbre conte d’avertissement; « Bernard et le monstre », de David McKee, un conte d’avertissement, moderne cette fois et à l’usage des parents; « Bizardos », d’Allan et Janet Ahlberg, les facéties nocturnes d’une famille de squelettes, et « L’énorme crocodile », la folle équipée d’un gros croco en quête d’un petit garçon juteux.Des trésors de papiers, de Laurence Mode), illustré par Georges Lemoine, Paris, Gallimard, 59 pages, coll.« Pliages/découpages ».DANS UNE COLLECTION de bouquins malins ayant pour consigne : défense de s’ennuyer ! Plus d’excuses puisqu’il suffit d’un ciseau et quelques bouts de papier.Des sages confections du „ * MICHEL GAY genre éventails et guirlandes, aux impertinentes bombes à eau qui éclatent sur la tête des gens, en passant par une multitude de cerfs-volants, de planeurs, de fusées et d’avions supersoniques.Du moins au plus difficile, toujours bien expliqué.Petit Poil, d’Irina Korschu-now, illustré par Reinhard Michl et traduit de l’allemand par Myriam Bouveris, Paris, L’École des loisirs, 78 pages, coll.« Mouche de poche ».UNE FÉÉRIE à la Tolkien écrite à l’intention des enfants.Un drôle de petit bonhomme poilu quitte sa mère pour s’enfoncer dans la forêt et découvrir, derrière le •< grand portail vert », le monde secret des elfes qui, eux, ne volent pas seulement en rêve.Tout y est : intrusion du merveilleux dans le réel, thématiques propres à l’enfance, suspense, aventure, amour, fantaisie.Le tout emmitouflé dans un de ces récits initiatiques qui invitent les tout-petits à grandir, comme disaient nos grands-mères, « en sagesse et en grâce ».On m’appelle Tamanoir, de Christine Nostingler, traduit de l’allemand par Geneviève Granier, Paris, L’École des loisirs, 180 pages, coll.« Médium ».TH ESI ne mange pas de fourmis mais elle a hérite du tamanoir un nez pointu et un menton fuyant.Et comme deux tares ne viennent jamais sans une troisième, la fillette fait partie de ces élèves brillantes, chouchoutées par les profs.Ajoutez à cela une soeur aînée belle comme une actrice et des parents bourrés de défauts.Pour compenser un peu, Christine Nôstlinger offre à son héroïne une grand-mère délicieusement excentrique et merveilleusement compréhensive et un prétendant sur mesure.Tous ces ingrédients composent un judicieux mélange d’humour et d’émotions.Le Double dans la neige, de Diane Turcotte, Montréal, éditions Paulines, 103 pages, coll.«Jeunesse pop».UN ROMAN d’aventure dans la plus pure tradition du genre.De jeunes personnages profitent d'un congé scolaire pour tomber sur un complot, débrouiller le mystère et livrer les bandits aux policiers avant de reprendre leur petite vie ordinaire là où ils l'avaient laissée jusqu'à ce qu’un nouveau malfaiteur se montre le bout du nez.Depuis quelques années, les auteurs offrent, en prime, une situation éducative; ici, un des personnages est handicapé mental, et « ni ange ni démon », apprendront les lecteurs.Bien fait et.sans prétention.L’Affaire Léandre et autres nouvelles policières, Montréal, Pierre Tisseyre, 180 pages, collection « Conquêtes ».PEU DE RATÉS dans cette anthologie de nouvelles policières pour adolescents, un genre de plus en plus à la mode.Robert Soulières reprend deux personnages de Casse-tête chinois (prix du Conseil des arts 85) dans un court récit admirablement construit : « J’aurai ta peau mon salaud ! ».Denis Coté et Daniel Sernine, connus surtout du côté de la science-fiction et du fantastique, livrent deux belles surprises : « Kidnapping » et « L’af faire Léandre ».Moins convaincants, les récits de Paul de Gros-bois et Réjean Plamondon, « Cher oncle Philippe » et « Robin des banques », ne manquent pourtant pas de piquant.Personne ne peut changer sa famille, Louise Fitzhugh, Paris, Gallimard, 249 pages, coll.« Page blanche ».S'IL EST vrai que les livres pour enfants trahissent les systèmes de valeurs d’une société et, plus spécifiquement, sa relation à l’enfance et à l’adolescence, le roman de Fitzhugh lance un grand sauve-qui-peut ! Le message est clair : les adolescents ont raison, les adultes ont tort, les premiers ne peuvent changer les deuxièmes mais il existe quelques trucs pour survivre.Le pire dans tout ça ?Le roman est excellent ! Les arts visuels en pages Simone et Fernand, Paul et Vincent L’ART DE LA SALLE DE BAINS Michel Rachline Évreux, Jacob Delafon/ Olivier Orban, 1987, 96 pages RIEN QU’UN SAC DE PEAU Le zen et l'art de Hakuln Kazuaki Tanahashi traduit du japonais par Évelyn de Smedt et Vincent Bardet, en collaboration avec Yvon Bec Paris, Albin Michel 1987, 154 pages VAN GOGH Le soleil en face Pascal Bonafoux Paris, Découvertes Gallimard 1987, 176 pages LA VIE PRODIGIEUSE DE GAUGUIN Maurice Malingue Paris, Buchet/Chastel, 313 pages LETTRES A SIMONE Fernand Léger préface de Maurice Jardot Zurich, éditions d'art Albert Skira, Musée national d’art moderne, centre Georges-Pompidou 1987, 287 pages CLAIRE GRAVEL TITRE en lettres d’or sur une reliure de toile bleue, L'Art de la salle de bains est l’un de ces petits livres superficiels et luxueux, remplis d’anecdotes, de jolies reproductions d’oeuvres d’art et de photographies d’acteurs de cinéma dans leur bain.En fait, il est le fruit du travail d'éditeurs et d’industriels afin « de créer enfin une culture économique et scientifique en parallèle à la culture générale si chère aux Français » en montrant moult salles de bains prin-cières, signées Jacob Delafon.Si les extraits « pris dans la littérature » sont assez faibles, on a droit, par contre, à une prose élégiaque à la robinetterie.?Sous le titre étrange Rien qu’un sac depeau, l’écrivain américain Kazuaki Tanahashi présente les textes et les calligraphies du maître zen Hakuin qui a vécu de 1685 à 1768 au Japon.Ce livre a de quoi surprendre : les encres semblent caricaturales, maladroites, les textes chargés de métaphores incompréhensi- bles.Beaucoup de peintures d’Ha-kuin reposent sur des koan, qui, dans le zen, font référence à une histoire exemplaire employée par un maître pour encourager un étudiant à expérimenter la réalité directement.Hakuin est ironique, souvent absurde : il s’agit de dépasser la dualité entre le spectateur et l’objet perçu.Quand à ses images, plutôt grossières, ce qui nous les rend « modernes », Tanahashi les analyse de façon remarquable : « Hakuin.n’évitait pas la laideur, mais la pénétrait.» ?Van Gogh, le soleil en face a une qualité rare : les illustrations d’oeuvres empiètent sur le texte, les rapports sont directs, lumineux, fascinants.Bonafoux s’attache à décrire la folie qui s’empare de l'artiste.Des citations issues des 668 lettres adressées à son frère Théo constellent le livre : Vincent y discute de peinture avec beaucoup de coeur, et on le voit attentif à sa folie même, dont il a le sentiment qu’elle est nécessaire à son oeuvre.Il « monte au jaune » avec des abus d’absinthe et de café : sa dernière lettre, inachevée, est poignante de désespoir ; «.Eh bien, mon travail à moi, j’y risque ma vie, et ma raison y a sombré à moitié.».?Autre livre construit à coups de citations, La Vie prodigieuse de Gauguin est fastidieux.Chaque nouveau personnage a droit à sa biographie qui nous égare sans cesse.Une hémorragie de détails « croustillants » et écrits dans le ton d’une certaine littérature française et catholique des années 50 — misogyne en plus — masque mal la minceur de l’intérêt porté aux oeuvres, dont seulement deux tableaux sont reproduits ! Malingue se contente d’énumérer les titres des oeuvres, de décrire les moeurs de tout un chacun, en commençant par celles de la grand-mère de Gauguin, Flora Tristan, d’accumuler les actes notariés et, bien sûr, les lettres; il ne craint pas, dans les chapitres qui suivent la mort du « koke », prolonger notre agonie d’une vingtaine de pages de ragots supplémentaires.?Simone Herman a sans doute été le plus grand amour de Fernand Léger.- ¦ !«MSfe'i, ' PAUL GAUGUIN, autoportrait à Charles Morice, 1891 -V*-; j* • .Quand il la rencontre, en 1931, il a 50 ans, elle en a 26.Il l’aimera avec dévotion, avec ferveur.Cette petite bourgeoise qu’il appellera « mon bijou » le subjugue.Mais Simone lui préférera trop souvent le cocon familial, les gâteries de sa mère.Pendant huit ans, le peintre empressé lui envoie ces lettres émouvantes où il n’en finit pas de la célébrer corps et âme; il écrit dans une langue simple, « comme on parle », émaillé ses feuillets de dessins, de drôleries.On le sent pénétré de cet amour qui l’accompagne partout, qui rend ses vacances si longues parce qu’il en est séparé.Léger raconte tout ce qu’il vit mais sa passion s’exprime avec une pudeur qui donne lieu à des descriptions métaphoriques délicieuses.« L’ours » s’intéresse à tout ce qui entoure son Bijou : jusqu’à son numéro de téléphone qu’il commente d’une façon inénarrable : « D’abord qui c’est ça Botzaris — Au moins moi Danton c’est clair ça gueule c’est oratoire et téléphonique.» Et puis, un jour, devant les éternels atermoiements, les rendez-vous manqués, une Simone angoissée par la santé de sa mère, le ton devient désinvolte.Léger ne raconte plus que des banalités : soudainement, c’est lui qui n’est plus là.Un très beau livre.«Découvertes Gallimard»: lire comme on va au cinéma MARIE-CLAIRE GIRARD LA COLLECTION « Découvertes Gallimard» existe depuis un an.Avec 28 titres parus, cette série se veut une véritable encyclopédie de poche tout en couleurs, avec la clarté des manuels scolaires mais sans le côté austère et didactique généralement rebutant qu’on retrouve chez ces derniers.Les illustrations complètent le texte et le lecteur qui ouvre un de ces volumes ne peut qu’être attiré par une légende ou une image propres à frapper son imagination : les livres des « Découvertes Gallimard » se lisent comme on va au cinéma.Comme un film documentaire se déroulant devant le spectateur, sans temps mort, conçu de façon à résonner comme de grands coups de cym- bales aux tympans modernes.Les « Découvertes Gallimard » visent donc à rendre accessibles des thèmes précis (les fossiles, l’astronomie), des personnages qui ont marqué leur époque (Alexandre le Grand, Michel de Montaigne, André Malraux), des événements historiques (les soulèvements en Vendée, la conquête de l’Ouest), ou des lieux chargés d’histoire (le mont Saint-Michel, la péninsule du Yucatan).La collection fait appel à des spécialistes dans tous les domaines qui ont, entre autres mandats, de communiquer leur savoir de façon précise et concise mais sans sacrifier en rien à la facilité.Le style limpide contribue à l’attrait qu’exercent ces petits livres qui se détaillent entre $ 16 et $ 20, imprimés sur papier glacé, résistants, faits pour être manipulés et consultés.VIENT DE PARAÎTRE L’ASTROLOGIE SANS MAQUILLAGE Martial Bessette * 256 pages * 15,95$ r VëVtkV Ayant étudié et pratiqué l’astrologie pendant ées, Martial Bessette connaît tous nombre d’années, Martial les fards et tous les secrets de cette “science des astres”.Son ouvrage donne des réponses précises aux multiples questions que soulève l’astrologie; il dévoile aux lecteurs la nature véritable de cet art antique: son origine, ses procédés, ses failles et ses illusions.SAISONS D’EXPÉRANCE Ève Bel is le * 136 pages* 10$ "Dans un langage à la portée de tous, l’auteure nous livre un message de joie, d’espoir, de foi, où tous peuvent puiser les principes d’une vie active et remplie, sous le regard de Celui qui préside à et remplie, sous le regard de Celui qui preside a toutes nos destinées.Saisons d’Esperance d’Ève Bélisle c’est un rayon d’espoir qui nous guide vers la vie." (Françoise Morin) r fb*k.fie BdliMe •! i.1 LA LUMIERE DANS MA LA LUMIÈRE DANS MA NUIT Charles Thébault * 120 pages* 12$ La lumière dans ma nuit présente une réflexion humaine et chrétienne d’un homme confronté à la mort; une réflexion qui plonge ses racines dans la souffrance et s’épanouit dans l’espérance.Le livre est rehaussé de 4 illustrations en couleurs.En vente chez votre libraire habituel ep EDITIONS PAULINES 3965, boul.Henri-Bourassa Est Montréal, QC,H1H 1L1 Tél.: (514) 322-7341 Parmi les récentes parutions, mentionnons Entre ciel et terre, le mont Saint-Michel, de Jean-Paul Brighelli (un homme du Midi séduit par les brumes normandes, nous dit-on), qui, en quelque 180 pages, allie lyrisme et observation scientifique, rigueur historique et charme des légendes.On y apprend, entre autres, que la tradition fixe au 16 octobre 708 la consécration du sanctuaire au sommet du mont Tombe, en Normandie.Plus ancien que Pépin le Bref et Charlemagne, le mont Saint-Michel est aussi la superposition de différents types architecturaux qui se croisent sans se heurter.Sous l’Empire, le mont Saint-Michel devient une prison et, pendant 47 ans, 14,000 détenus y transitent ou y meurent.Un peintre insurgé, qui y est emprisonné en 1832, s’en évadera et servira de modèle à Alexandre Dumas pour le comte de Monte-Cristo.Dans la même veine, Les Cités perdues des Mayas, de Claude-François Baudez, nous propose également un voyage.L’effondrement de la ci- ¦ ¦ vinsation classique maya est survenu au IXe siècle, moment où la plus grande partie des villes est retournée à la forêt tropicale.Pendant des centaines d’années, les ruines de ces cités, cachées dans la forêt, demeurent insoupçonnées : leur découverte ne commencera vraiment qu’à la fin du X Ville siècle pour se poursuivre jusqu’à nos jours.Des photographies absolument étonnantes transmettent l’impression d’immense solitude mêlée de tristesse qui se dégage de ces ensembles monumentaux.PHILOSOPHER S O M M A I R F.hurrUrn him laufitn (ùultuml Di ISSU K te\ ninirfvii«i i/r / rui • hrml ri Dur* ut i ft mus • lr\ •'"hrpii-m* du iduiMt • id-nt- i.mlr, Hrldrun tmwttst m •In toi Int i inirnktliiuhil di phdmifhti • Ifrufui il ptmn !•«»*lli run now • iimthu * ( Ot ft g If fl numéro 5 I 9 8 K uni: publica tion de- PHILOSOPHIE A U COLLÈGE ASSOCIA TION DES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE DU QUÉBEC DE NIVEAU COLLÉGIAL REVUE SEMESTRIELLE CASE POSTALE 515, SUCCURSALE BOURASSA MONTRÉAL (QUÉBEC) H2C 3G8 A BON N EM EN T UN AN.DEUX NUMÉROS 15 S DISTRIBUÉ EN LIBRAIRIE PAR: Dll FUSION PA RA LLÈLEIPROLOGUE RICHES CONTRE PAUVRES DEUX POIDS.OfUX Mlicm w ; b xj mfitmuXk*
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