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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-07-30, Collections de BAnQ.

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LEÇAHIE ¦ PLACE AUX DISQUES.Pierre Beauregard signe « en quelques notes » une recension de huit disques compacts, tandis que Carol Bergeron présente le dernier enregistrement du pianiste montréalais Marc-André Hamelin.¦ L’ÉTÉ AU CINÉMA.Dans l’attente du Festival des films du monde, trois choix de Francine Laurendeau et Marcel Jean : Dernier été à Tanger, Poussière d'ange et Die Hard.m LECTURES DE VACANCES.Un regard sur la vie de Flaubert et la découverte d’une Bovary, égarée à la fin du XXle siècle, par Lisette Morin.Jean-Roch Boivin, lui, a lu avec plaisir Jeff, de Judith Messier.Montréal, samedi 30 juillet 1988 0 Æ ».t! •f-VTfflaa inn iw Sauvée in extremis La chapelle Rideau s’intégre à la beauté du MBA du Canada Photo Galerie nationale du Canada Vue d’ensemble de la Chapelle centenaire de l'ancien Couvent de la rue Rideau, une oeuvre du chanoine Georges Bouillon en 1888 restaurée pour le MBA du Canada.MARIE LAURIER JE SUIS venue bien souvent prier ici », se souvenait devant nous une ancienne Soeur Grise de la Croix d’Ottawa toute heureuse de se retrouver dans un décor familier : celui de la chapelle centenaire du Couvent de la rue Rideau entièrement reconstituée, rafraîchie, rénovée qui fait désormais partie intégrante du nouveau Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa.Pour le conservateur de l’art canadien, Charles Hill qui a présidé aux travaux d’aménagement de la chapelle fort heureusement sauvée du pic des démolisseurs en 1972, cette acquisition fait d’une pierre deux coups en ce qu’elle ajoute un élément artistique intéressant au musée tout en s’inscrivant dans l’esprit de conservation du patrimoine.« Cette initiative d’insérer la chapelle au musée ressort d’une prise de conscience collective et Voir page C2 : Chapelle HMnHaiMPSSiMHniianMragBss&is&SEBflHKnffivroii Tim Curry et Me and My Girl Dansez les premiers, messieurs les Anglais ! ROBERT LÉVESQUE LF CONSUL avait pris la décision d’avancer de quatre heures le five o'clock tea.Imaginez ! Il faut dire que ce n’est pas à tous les jours que le consul de Grande-Bretagne à Montréal reçoit la vedette de The Rocky Horror Picture Show dans sa cour arrière, ce petit jardin qui s’agrippe à la montagne, sur Red-path Crescent, à un jet de pierre de l’ancienne résidence de l’attaché commercial James Richard Cross.Mais il faut ce qu’il faut, et les Anglais sont plus souples que l’on ne croit sur la tasse de thé, puisque le consul reçut Tim Curry et la presse à 13 heures pile mercredi.L’acteur devant jouer Me and My Girl à Toronto à 20 h ce soir-là, avant d’attaquer Montréal la semaine prochaine avec cette comédie musicale gagnante, la décision de faire infuser prématurément les thés avait dû être discutée avec Londres le matin, approuvée peu avant 11 h et mise en pratique gaiement par l’épouse du consul qui s’occupe de tout.Alors tout était là, les pyramides de fraises dans les bols de cristal, la crème anglaise, évidemment, les gâteaux et les théières dont le trafic était réglé par le boy asiatique.Des petites filles avec des rubans tenaient gravement sur leurs genoux des gâteaux grignotés.L’Angleterre toute entière tenait dans le jardin du consul Newton, qui demanda à Francine Grimaldi ce qu’elle faisait dans la vie ! Je crois bien que c’était la première fois que la promotion d’une comédie musicale passait par le jardin d’un consul, anglais de surcroît.Mais il faut savoir que l’Angleterre, depuis qu’un de ses rois s’appelle Andrew Lloyd-Weber et que les Cats, Mize t autres Phantom of the Opera ont garni les caisses du royaume, s’est rangée fièrement dans sa suprématie et un jour prochain, vous ver Photo Chantal Keytar Le Britannique Tim Curry, vedette de The Rocky Horror Picture Show, défendera la comédie musicale Me and My Girl à la salle Wiflrid-Pelletier de la Place des Arts du 2 au 8 août prochain.rez, le soleil ne se couchera jamais sur l’empire du musical anglais.Me and My Girl, que défend Tim Curry dans une production de plus de $ 3 millions conçue expressément pour la tournée (et non une de ces sous-productions de tournée que les Américains traînent de Seattle à Montréal avec des équipes fatiguées et des décors usés ! ), est un musical comme les autres — ils se ressemblent tous plus ou moins — mais son histoire, c’est-à-dire la petite histoire de ce spectacle, est belle comme toul.Et Tim Curry, arrivé en espadrille chez le consul, enlevant vite la cravate, était fier d'en parler entre deux avions, mercredi.Me and My Girl, qui s’installe à la salle Wilfrid Pelletier mardi (pour six soirs), a une histoire qui passe par le bombardement de Londres, une danse folle qui a eu son heure de gloire sur les paquebots de l’après-guerre, les voûtes du Bri- tish Museum et l’acharnement d’un fils à rendre justice à lu mémoire de son père.Noël Gay avait mis en musique, en 1937, pour sa création au Victoria Palace, une histoire concoctée par Ar-lliur Rose et Douglas Furber qui fit dire à certains critiques qu'il s’agissait d'une version inversée du Pygmalion de Bernard Shaw de 1912, Elisa Doolittle étant un garçon, Bill Voir page C-2 : Dansez Ils ont rassemblé trois millions de spectateurs cet été Quatre « entrepreneurs de la culture » qui ont moins de 40 ans ISABELLE FERLAND LA SAISON des festivals d’été tire à sa fin ( il ne reste que le Festival des films du monde).Exit le Festival Juste pour rire, le Festival d’été de Québec, le Festival mondial de folklore de Drummund-ville, le Festival de Jazz.Le public n’est plus dans la rue; les artistes reprennent leur souffle, mais les organisateurs, qu’on aurait cru morts de fatigue, exilés sur une plage, sont encore au poste.Ils préparent déjà la saison 19H9.À eux quatre, ces festivals ont attiré plus de trois millions de spectateurs.Le plus jeune d’entre eux, le Festival Juste pour rire, a maintenant six années derrière lui.Ces grands événements ont donc atteint une certaine maturité.Leur succès est imputable à une nouvelle génération « d’entrepreneurs de la culture » qui ont travaillé d’arrache-pied pour mettre au monde ces événements.Dans la trentaine tous les quatre, ils sont à la fois des passionnés de l’art et des bons gestionnaires.Les Gilbert Rozon, du Festival Juste pour rire, Richard Luneau, du Festival mondial de folklore de Drum-mundviUe, Alain Simard, du Festival de Jazz et Jean Beauchesne, du Festival d'été international de Québec, sont héritiers de deux influences ; la contre-culture des années 60 et le Photo Chantal Keyser Gilbert Rozon, du Festival Juste pour rire.pragmatisme et le réalisme économique des années 60.Alain Simard est un colosse du « showbizz» québécois.Le Festival de jazz ne représente que 20 % de ses activités.Avec Spectrascène, Spec-tel Vidéo et la compagnie de disque Audiogramme qu’il dirige avec André Ménard et Daniel Harvey, il occupe presque tous les niveaux de l’industrie du spectacle : production, enregistrement de vidéos et de disques, gérance d’artistes et administration \ ¦ - " I__________^ ^ Photo Chantal Keyser Richard Luneau, du Festival mondial de folklore de Drummondville.de salles de spectacles (le Spectrum).Depuis ses premières expériences, à l'adolescence, de producteur de spectacles, Alain Simard a toujours été guidé par la même ambition créer des choses jusque là inexistantes et ouvrir l’écoute des gens à de nouvelles musiques.C’est cet idéal qui a poussé Simard à ouvrir, en Î969, un café ( La Clé) pour les auteurs-compositeurs québécois de musique rock qui n’avaient alors pas de tribune, tel le groupe La Famille Photo Archive» Alain Simard, du Festival international de jazz.Casgrainde Michel Rivard.Mais en octobre 70, l'armée a mis la clé dans la porte du café.Dans ce même élan, Alain Simard a été le premier à faire venir les groupes Pink Floyd, Genesis, Gentle Giant, ("était les années 75, l’engouement pour le rock progressiste.Mars déjà trop " commercial », Simard a quitté cette scène et, avec Spectrascène fondée en 1976, a commencé à produire des spectacles de jazz.La route n'était plus longue avant que le Photo René Balllargeon Jean Beauchesne, du Festival d’été international de Québec.premier Festival de Jazz voit le jour, en 1980.« Notre expertise en tant que producteurs de spectacles rock à grand déploiement nous a permis de mettre sur pied un festival de grande envergure Nous avions la rigueur que n’ont pas habituellement les producteurs de jazz.» Alain Simard est avant tout un homme d’idées, de concepts commerciaux.« Ma force, c’est le packaging».Facile à croire, lorqu’il nous raconte tous ses projets en ges-tation comme l’ouverture d’un Spectrum à Paris ou un tour du Québec à bicyclette auquel se joindront un spectacle dans chaque ville, une loterie quotidienne et une émission de télévision diffusée chaque jour, d’une ville différente.Dans la même lignée, Gilbert Rozon se définit comme un entrepre-neurqui ne fonctionne que par coup de coeur.Dans le'domaine de la chanson, celui qu’il a eu pour Charles Trenet sera difficle à retrouver.C'est peut-être pourquoi, il reste collé à l’humour.On a entendu parler de lui la première fois à La Grande Virée, qu’il avait organisée à Lachute en 1980.Le succès fut spontané.La troisième année, Rozon décida de transporter l’événement musical à Montréal, sur un terrain de Pointe aux-Trembles.L’échec fut retentissant : les deux semaines de pluie et la grève d’autobus n’ayant rien aidé.Du héros qu’il avait été durant deux ans, Gilbert Rozon est tombé à zéro.La cla-que sur la gueule, la dépression.« J en ai tiré une grande leçon.J usque là, tout m’avait réussi; j’avais beaucoup d’argent pour mon âge et j’étais un peu suffisant.Avec cet échec, je suis retombé les pieds sur terre.» Un an après, en 1983, en une nuit, le concept du Festival Juste pour rire Voir page C-3 : Quatre Le Centre d’Art de Baie-St-Paul 4, Boul.Fafard, Baie St-Paul Qué.GOAIBO (TéL 418) 435-3681 Baie-Saint-Pa le symposium de la jeune p ei n avec Rene Huyghe les 9,11,13 août AMERICAIN Avec Clément Greenberg les 13,16,18 août.Avec Karen Wilkin les 19,20,26 août.QUÉBÉCOIS avec Nicole Dubreuil Blondin les 15,17 août.Parole d'ARTISTE, le 10 août Parole de MUSÉOLOGUE, le 12 août.k fc-2 Le Devoir, samedi 30 juillet 1988 LE leIàhier du LE LE^CAHI L amedi Photo Archives Tim Curry dans la comédie Me and My Girl.4 Dansez Snibson, qui parle cockney et qui découvre qu'il est le fils d’un comte.Me and My Girl fit sensation.On donna 16-46 représentations de cette comédie musicale qui avait été conçue pour une vedette du IVesf End, Lupino Lane.Ces accords musicaux, en particulier le fameux air du Lambeth Walk qui allait inspirer une danse crazy, sorte de « pied-de-poule » de l’époque, faisaient oublier d'autres accords autrement moins gais, ceux de Munich que Chamberlain avait dû signer en M à Munich devant Hitler, la peur de la guerre aux fesses.Le succès de Me and My Girl était si fort que seul le bombardement de Londres et la destruction du Victoria Palace eut raison du box-office.Lu-pino Lane trouva un soir le théâtre en ruines.Mais il resta le fameux air, parce que si entraînant, du Lambeth Walk, un de ces airs, comme le Swa-nee de Gershwin, qui, entrés dans la tête, n’en ressortiront plus.La guerre finie, le Lambeth Walk devint une danse sociale qui témoignait du succès d’une soirée, de l’ambiance d'une traversée, un hit de ballroom où les couples se faisaient tourner, se penchaient, se frappaient les genoux en cadence syncopée, et envoyaient un signe du pouce pardessus l’épaule.On dit que Mussolini, à l’ambassade britannique de Rome, s'y laissa entraîner un soir au milieu de la piste .Noël Gay, le compositeur, mourut en 1954.Son fils, Richard Armitage, agent théâtral londonien, eut l'idée, au début des années HO, de reprendre ce vieux succès de 37.Mais la chose ne fut pas facile.La guerre avait dé moli bien des choses.C’est dans les voûtes du British Museum qu’Armi-tage trouva un pre-rehearsal script du spectacle, d’abord, puis le cahier d’une production amateur que Gay avait supervisé au début des années 50.La découverte d’un enregistrement-radio de la musique fut décisive.Avec le metteur en scène Mike Ockrent et l’écrivain Stephen Fry, Armitage ramena Me and My Girl sur une scène de Londres, dans le West End, au Adelphi, et depuis février 19H5 c’est le triomphe ininterrompu.Triomphe d’autant plus net que l’acteur principal, celui qui reprenait le rôle créé pour Lupino Lane, était inconnu.Depuis, Robert Lindsay, qui a repris le rôle à Broadway où Me and My Girl joue aussi à guichets fermés depuis 102 semaines, au Marquis Theatre, est devenue une vedette, et que Me and My Girl (MaMG) a collectionné trois Tony Awards, cinq Drama Desk Awards et un Laurence Olivier Award.C’est Jim Dale qui joue le rôle à Broadway en ce moment.Kt Tim Curry, qui a une carrière qui lui permet d’éviter les galères de la tournée, a été engagé à fort prix pour jouer Bill Snibson durant un an de Los Angeles à Washington, en passant par Montréal et Toronto, dans une exceptionnelle production à grands frais qui fera oublier la seconde qualité des musicals américains qui voyagent (trop) et rappellera à tout le monde la suprématie anglaise dans le domaine.A Toronto, le succès est exceptionnel.On a prolongé de plusieurs semaines MaMG, qui fait salle comble au O’Keefe Center.La critique a été unanime (« a oldie hut goodie », a dit le Toronto Star, Curry gives stellar performance, a rajouté le Globe and Mail), mais à Montréal, où la comédie musicale n’a pas encore pris racine, on ne prévoit qu’une carrière de six jours.Chose étonnante, c’est Cineplex Odeon, connu pour ses activités dans l’industrie du cinéma, qui gère cette tournée de MaMG, avec les services de Donald K.Donald pour Montréal.Ces gens-là ont des projets en tête et la ferme intention de placer Montréal sur la carte des grandes comédies musicales.On annonce déjà Can-Can, avec Chita Rivera, pour septembre.À Toronto, Cineplex Odeon est en train de refaire l’intérieur d’un vieux théâtre de la rue Yonge (le Thomas Lamb Theater) pour présenter Phantom of the Opera à l’automne 1989.Kdgar Dobie, qui s’occupe de la section live theater chez Cineplex, affirmait dans le jardin du consul, mercredi, que certains gros titres seront annoncés bientôt pour Montréal et qu’il est possible que ce Fantôme de l'opéra imaginé par Gaston Leroux et devenu le plus gigantesque des musicals de l’histoire vienne hanter Montréal dans les années 1990.Tim Curry, lui, qui a débuté dans Hair, qui a créé au Royal Court le Rocky Horror Show et qui a repris ce rôle de Frank N.Furter dans le film-culte qui en a été tiré et qui maintient le succès depuis 15 ans, qui a aussi été le Mo/art dans Y Amadeus de Broadway, qui a créé Travesties de Tom Stoppard à la Royal Shakespeare Company, qui a été l’acteur de l’année à Londres pour The Pirates of Penzance, etc, ’Pim Curry rêve, disait-il au consul Newton, de se reposer .Il joue Bill Snibson depuis dix mois, sans arrêt, et après la semaine à Montréal il terminera son contrat avec sept semaines à Washington.Il n’en peut plus.Mais il adore ! Il rappelait, mercredi, qu’il est déjà venu à Montréal, en 1979, avec un orchestre rock.Il chante, ce qui fait qu’on a rajouté une chanson pour lui, dans MaMG, parce que ça manquait de solo pour Bill Snibson.À l’époque Lupino Lane était surtout un acteur de vaudeville et Me and My Girl ne comportait pas un seul solo pour la vedette ! Il est fort à parier que, mardi, au début de la seconde partie de Me and My Girl, qui s’ouvre sur le fameux Lambeth Walk, Tim Curry et les 35 acteurs qui l’entourent feront un malheur, et que même le consul Newton sera secoué par l’envie de se taper les genoux à cette danse des canards d'une autre époque, plus gaie, plus élégante, mais toute aussi crazy.4 Chapelle spontanée de citoyens soucieux de préserver et de conserveur leur patrimoine, nous dit-il.Car il s’agit indéniablement d’un joyau architectural unique en son genre dont la reconstruction dans un musée constitue une première au Canada.» M.Hill et son équipe ont dû en effet relever l’énorme défi de reconstituer fidèlement et scientifiquement cet oratoire de style néo-gothique du XIXe siècle, et cela, avec très peu de moyens puisque les religieuses ne disposaient pas ou très peu de documents, d’archives et de photos couleur pouvant faciliter ce travail.Mais aujourd’hui, tous s’accordent à qualifier cette réalisation de véritable réussite, à en juger par les nombreux visiteurs qui affluent dans l’imposant oratoire situé en plein coeur des galeries d'art canadien au musée d’Ottawa.Il faut dire que cette chapelle bénéficie d’un baptême prestigieux et d’une rampe de lancement spectaculaire dans le cadre de l’exposition Degas qui se déroule pendant 73 jours depuis le 13 juin au MBA du Canada.Cet événement culturel attire chaque jour plus de 5000 visiteurs au point de dépasser toutes les prévisions, fixées à 130,000 personnes.Déjà au 20 juillet, 95,000 visiteurs avaient franchi les tourniquets et on s’attend à ce que le rythme des entrées, 500 à l’heure, se maintienne jusqu'à la fin, le 28 août.« L’ouverture du musée a changé radicalement l’atmosphère de la capitale, nous disait mercredi Mme Helen Murphy, responsable des relations publiques et du marketing.Grâce à ce haut lieu de ralliement et d’animation, Ottawa connaît cet été un regain de vitalité.» I .es Canadiens et ces dernières semaines les touristes y viennent autant pour admirer ce bâtiment exubérant de lumière qui présente à lui seul un point d'intérêt par son site et son architecture originale (une oeuvre de l’architecte Moshe Safdie) que pour y découvrir les richesses de l’art canadien dont ce musée national possède les plus importantes collections au monde.P’.t pour Degas, bien entendu.Cette ambiance était effectivement au rendez-vous, en cette magnifique journée ensoleillée cette semaine, lors de notre visite au MBA du Canada érigé sur un promotoire au confluent de la riviere des Ou-taouais et du canal Rideau.Il apparaît tel un phare géant au coeur de la ville, mettant ainsi en relief un environnement particulier constitué d’autres musées, de la basilique-cathédrale, du Parlement, de la pointe Nepean dominée par le monument Champlain, le marché, la promenade Sussex, bref tout un ensemble harmonieux au coeur même du quartier historique de la capitale.La chapelle Rideau fait donc désormais partie des collections permanentes d’art canadien au musée national et si elle ne sert plus au culte pour les religieuses et les jeunes filles de bonne famille qu’elles ont éduquées pendant 84 ans au Pensionnat Notre-Dame du Sacré-Coeur (mieux connu sous le nom de Couvent de la rue Rideau), elle semble fort bien s’apprivoiser à sa nouvelle vocation d’oeuvre d’art.Bâtie en 1888 selon les plans d’un prêtre-architecte du diocèse d’Ottawa, le chanoine Georges Bouillon, originaire de Rimouski, la chapelle de style néo-gothique offre une splendide voûte bleu et or en éventail et reproduit ses lambris de frêne.Des colonnes effilée en fonte, trois autels et un retable en boiserie finement sculptée donnent un aspect de hauteur et de profondeur à l’ensemble.Des fenêtres-vitrail en arceaux de différents coloris laissaient jadis pénétrer la lumière naturelle, ce qui en faisait un lieu remarquable de beauté et de recueillement, foi de l’ex-religieuse citée au début de cet article.Selon M.Hill, l’ajout de luminaires dans son nouveau site est la seule concession que l’on a dû faire lors de son déménagement à l'intérieur du musée.Le conservateur a profité de ce décor approprié pour mettre en évidence certaines oeuvres d’art sacré et religieux des collections permanentes du musée, notamment des sculptures en bois grandeur nature, d’artistes québécois de la fin du XIXe siècle, de même qu’une magnifique sélection d’orfèvrerie tirée de la collection canadienne, la plupart des objets provenant de la collection Birks.Celle-ci comprend 6000 objets qui a été remise au Musée des beaux-arts en 1979 par Henry Birks and Sons de Montréal.Mais sans la vigilance d’un groupe de citoyens qui ont vigoureusement protesté lorsque l’on projettait de démolir la chapelle en 1972, à la suite de la vente du Couvent de la rue Rideau, nous ne pourrions admirer aujourd’hui cette oeuvre d’art.Des organismes comme La Capitale des Canadiens (aujourd’hui Heritage Canada) entreprirent de sensibiliser l’opinion publique pour enfin intéresser la Commission de la capitale nationale, le Conseil national de recherches, le ministère des Affaires indiennes et du Nord qui permirent au Musée des beaux-arts du Canada de s’en porter acquéreur.La chapelle fut démantelée hâtivement et plus de mille pièces conservées en entrepôt.De 1984 à 1988, une équipe de restauration constituée d’employés de Parc Canada, du M B A et d’entreprises privées ont tra-vaillé sans relâche à la reconstitution de la chapelle, la rendant la plus authentique possible.Les Amis du Musée des Beaux-arts du Canada se sont engagés pour leur part à recueillir $ 500,000 pour défrayer les coûts de la restauration el de l’installation de la chapelle Rideau.Ils cherchent à atteindre toutes les anciennes — et elles sont légion — qui ont fréquenté cette institution scolaire renommée.Photo Claude Luplen La voûte en éventail de la Chapelle Rideau au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.Radio-Musique m Radio-Culture Êâ Radio-Canada 24 heures sur 24 au réseau FM Stéréo de Radio-Canada SAMEDI 30 JUILLET 1988 12h00 LES JEUNES ARTISTES Corey Cerovsek, vl.; Katja Cerovsek.p So nate, op 1 no 13 (Handel); •Danse hongroise.no 1 (Brahms); Récitatif - Scherzo pour violon seul (Kreisler); Mélodie op 42 no 3 (Tchaikovksy), exlr Concerto en si min.(Paganini); «Berceuse» (Fauré) 12h30 RECITAL D'ORGUE Danny Belisle, orgue Casavanl, église Samt-Jean-Baptiste de Montréal Choral, extr Douze Pièces et «Seconde Suite», op.27 (Boellmann).Anim Michel Keable 13hOO DES MUSIQUES EN MÉMOIRE Musique traditionnelle française et bretonne avec le groupe Ad Vielle que pourra Anim Elizabeth Gagnon 14hOO L'OPÉRA DU SAMEDI «Der Feme Klang» (Schreker) Anja Silja.Wieslaw Ochman.Franz Mazura, Camillo Meghor, Orch du Théâtre de La Monnaie, dir Christoph von Dohnanyt Jean Deschamps 18hOO MUSIQUE DE TABLE «Hora Staccato» (Dinicu); Concerto pour piano no 5 «Empereur.(Beethoven); extr de la musique du film «The Day of The Dolphin.(Delerue).Concerto pour violon no 1, K, 207 (Mozart); extr Symphonies pour les Soupers du Roy (Delalande); «Concierto d'Aran|uez» (Rodrigo); Quatuor, op 4 no 3 (Paganini).• Pagodes» (Debussy) Anim Jean-Paul Nolel 20h00 CONCERT A LACHINE Concert enregistré dans le cadre du Festival superphonique de Lachine Jamie Parker, p Sonates.L 430 et L 457 (D Scarlatti); Six pièces, op 118 (Brahms); Rhapsodie hongroise no 2 (Liszt), Ballade no 3.op 47 (Chopin); Sonate no 23 «Appassionala.(Beethoven) Anim Francine Moreau 21h30 MUSIQUE ACTUELLE Anim Colette Mersy 23hOO JAZZ SUR LE VIF De Vancouver, le Claude Ranger Trio et le Don Thomson Quartette Anim Michel Benoit DIMANCHE 31 JUILLET 1988 OhOO MUSIQUES DE NUIT La nuit, des musiques de toutes les époques et de tous les pays vous accompagnent |us-qu'à l'aube Anim Stéphane Pilon 5h5S MÉDITATION «Les pauvres de Dieu.(Éloi Leclerc) 6h00 LA GRANDE FUGUE 1re h Suite de sonates (Uccellim), Danses pour clavecin (Picchi); Sonate pour violon et b c.op 2 no 4 (Vivaldi), Deux Pièces pour flûte et harpe (Nielsen) 2e h.Suite française pour clavecin, BWV 815 (J S Bach); Concerto en mi pour flûte, hautbois el viole d'amour (Telemann); Ouverture à 5 (Boehm).Prélude en sol min pour piano (Siloti) - 3e h.Trio H XI/71 (Haydn); Divertimento, K 254 (Mo zarl).extr Concerto pour piano no 3 (Beethoven); extr «Cavalleria Rusticana» (Mascagni).Anim Gilles Dupuis 9h00 MUSIQUE SACRÉE • Dixit» (Mayr); «Qui Tollis» et «Salve Regina» (Donizetti), extr «Petite messe solennelle» (Rossini) Anim Gilles Dupuis 10h00 POUR LE CLAVIER «Sur un air de valse» Valse D 145 et 12 Valses nobles, D 969 (Schubert); «L'Invitation â la valse» (Weber); Valses, op 34 nos 1 et 2 (Chopin); Méphisto-Valse, Valse-Impromptu el extr.Valse oubliée no 1 (Liszt) Anim Jean Deschamps 11hOO MUSIQUE DU CINÉMA Musique du cinéma britannique Dangerous Moonlight, 1941 Concerto de Varsovie (Ad-dinsell), Things to Come (Bliss); That Hamilton Woman (Rozsa), et Anne des 1000 jours (Delerue).Chansons des années 30 par Adolphe Menjou et Lili Palmer Anim André Hébert 12h00 QUE LES PEUPLES CHANTENT Gagnants du concours international de chorales d'amateurs «Let the People Sing.Anim Michel Keable *j* *i.CBJ-FM 100,9 '«C>: ’ï?î’ Chicoutimi 13hOO CONCERT A LACHINE Concert enregistré dans le cadre du Festival superphonique de Lachine 1re partie Luc Beauséiour, civ «Amarilli di Julio Romano» (Caccini), «Toccata prima - Secundo Libro» et «Partita sopra l'arià della Romanesca» (Fres-cobaldi).Prélude et fugue en si min sur un thème d'Albinoni, et Concerto en ré, BWV 972 (J S Bach); Sonates, K 208, K 209, K 492 (D Scarlatti) - 2e partie Ensemble baroque La Piémontoise Sonate no 3 pour flûte, hautbois, basson et clavecin, op 2 no 3 (G P Simo-netti); Trio en sol ma|eur pour flûte, hautbois, basson et clavecin (Platti); Sonate en ré min pour basson et clavecin, op 2 no 5 (Dard) -3e partie: Julie Triquet, vl ; Bruno Perron, gui.Extr Sonate, op 2 no 6 (Veracini); Sonate, op 5 no 8 (Corelli); Cantabile et Deux Sonates (Paganini), Variations pour guitare sur un thème de Handel, op 107 (Giuliani); Caprice pour violon (Paganini), Sicilienne (Fauré); Entracte (Ibert) Anim Francine Moreau 16h30 LES GRANDES RELIGIONS «La Voie du milieu ou le bouddhisme.(44e de 56) Le tch'an chinois Inv.Kristoter Schipper, de l’École des Hautes Études à Paris et spécialiste de la Chine, et Frédérick Tristan, romancier.Anim.Yvon Leblanc.17hOO TRIBUNE DE L'ORGUE ¦ Festival de Lahti.Avec Guy Bovet et Ste-fano Innoncenti Anim Michel Keable 18hOO MUSIQUE DE TABLE Andante cantabile, op.posth (Tchaikovsky).Concerto en ré min pour flûte (Molique).• Cerdana.(Séverac), Concerto pour violoncelle, H Vllb/1 (Haydn), Sonate pour piano, op 22 (Schumann), Quatuor pour piano et cordes, op 25 (Brahms).«L'Oiseau-prophète» (Schumann) Anim Jean-Paul Nolet 20h00 CONCERT A LANAUDIÊRE Concert enregistré à la Cathédrale de Joliette dans le cadre du Festival d'été de Lanaudière 1988 Orchestre du Festival d'été de Lanaudière, dir.José-André Gendille, Père Fernand Lindsay, org «Et exspecto resurrectionem mortuorum» (Messiaen) et Symphonie no 3 (Saint-Saëns) Anim Colette Mersy 22h00 COMMUNAUTÉ DES RADIOS PUBLIQUES DE LANGUE FRANÇAISE • Nouvelles des États-Unis «Une Rose pour Emily» et «Carcassonne, de William Faulkner Prés Marie-Claire Pasquier Prod Radio France 23h00 JAZZ SUR LE VIF De Québec, le Jacques Bourget Octet Anim Michel Benoit LUNDI 1er AOÛT 1988 OhOO L'EMBARQUEMENT POUR SI TARD.Une invitation à risquer l'aventure d'une nuit en musique Anim Catherine Perrin 5h55 MÉDITATION «L'Intimité.(Éloi Leclerc) 6hOO LES NOTES INÉGALES Anim Anne Rochon.9hOO UN ÉTÉ EN MUSIQUE Restons calmes et buvons frais au fil du temps et des festivals, un été en musique c'est autre chose! Anim Françoise Davoine et Georges Nicholson 11h00 EN CONCERT Gyorgy Terebesi.vl , Anna-Marie Globenski, p Sonate en mi bém , K 380 (Mozart); Sonate en la pour piano.D 664 (Schubert), • Short Story» (Gershwm/Dushkm), Trois Préludes et extr «Porgy and Bess.(Gershwin/ Heifetz) Anim Marie Savane 12h00 LES MIDIS DE L'ÉCHANSON Tel un champagne frémissant entre vos lèvres, laissez dans votre oreille couler cette chanson Que son charme éphémère ietle une note brève, douce comme le vin servi par l'é-chanson.Anim Johanne Laurendeau 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim Carole Trahan 16hOO MATIERES DE RÊVE • «Personnages de rêve» d'André Carpentier Lect Jean-Louis Millette 16h30 CROYANCES, MYTHES ET LÉGENDES• Série d'émissions de la CIRTEF.«Le Culte des jumeaux au Bénin.Prod Radio Télévision du Bénin.17hOO LATITUDES» «L'Histoire au quotidien.(6e de 10).La vie à Berlin sous Hitler Anim.Richard Salesses 17h30 L ISLE JOYEUSE Un entremets musical animé en toute liberté par Monique Leblanc 19h00 L'AIR DU SOIR et CONCERTS EUROPÉENS Choeur et Orchestre de la Radio bavaroise, dir Jorg-Peter Weigle, Julie Kaufmann, sop ; Inis Vermillion, alto; Thomas Moser et Aldo Baldm, t, Rainer Scholze, b : Symphonie no 5 et Messe no 6.D 950 (Schubert) Anim Aline Ouellet 21h30 TRÉSORS DU THÉÂTRE • Henry Deyglun et le mélodrame Inv Janine Sutto Rech Pierre Lavoie Anim Michel Vais. Janine Sutto 22h00 LES PATRIOTES • Dern de 4 Les conséquences immédiates des batailles de 1837 Un dossier de Jacques Lacoursière 23hOO JAZZ-SOLILOQUE «The Tasmanian Devil.Jean Beaudet; «Too Marvelous for Words.Joe Williams, «In a Sentimental Mood.Earl Van Riper, «Until The Real Things Comes Along, et «My Handy Man.Carmen McRae; «T Bone Blues.T-Bone Walker; «The Masquerade Is Over.Gene Harris.«Lullaby of The Leaves* Mickey Baker.«As The Years Go Passing By.Albert King Anim Gilles Archambault MARDI 2 AOÛT 1988 OhOO L'EMBARQUEMENT POUR SI TARD.Anim Catherine Perrin 5h55 MÉDITATION ¦ Les béatitudes.(Éloi Leclerc) 6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Anne Rochon 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anim Françoise Davoine et Georges Nicholson 11hOO EN CONCERT Lysette Brière, p , Jean Laurendeau, clar Michèle Gagnon, cor, Guy Vanasse, fl .Bernard Jean, htb , René Bernard, bas Divertissement, op 6 (Roussel), Caprice sur des airs danois et russes, op 79 (Saint-Saëns), Quatre Miniatures pour trio d'anches (Hétu).Divertissement pour trio d'anches (Françaix), Sextuor (Poulenc) 12hOO LES MIDIS DE L ÉCHANSON Anim Johanne Laurendeau 13hOO AU GRÉ DE LA FANTAISIE Demandes spéciales des auditeurs Anim Carole Trahan 16hOO ÉTÉS D'AUTREFOIS • Évocation des périodes estivales d antan «La baignade et les sports d'été».Inv.Donald Guay, historien.Rech et int.Jacques Lacoursière Prés Elizabeth Gagnon.16h30 PRÉSENCE DE L'ART • Entrevues de fond avec des artistes, critiques, historiens d'art, etc.Anim.Gilles Daigneault et Rober Racine, 17hOO LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES» «Le Refuge huguenot» Terres d'Allemagne (1 re de 2) Le mythe du démarrage économique Inv Michelle Magdelaine Anim Roland Auguet Prod Radio France.17h30 L ISLE JOYEUSE Anim.Monique Leblanc.19h00 L’AIR DU SOIR et CONCERTS EUROPÉENS Festival du Château de Ludwigsburg 1987 Quatuor Guarneri: Quatuor, op.76 no 4 «L'Aurore» (Haydn); Quatuor, op 10 (Debussy), Quatuor, D 804 (Schubert) Anim.Aline Ouellet 21h30 CONCOURS DE NOUVELLES • «L'Autoroute» d'André Berthiaume Lect Hubert Loiselle 22hOO LES RENCONTRES D'ÉCRIVAINS DE LA CRPLF • Rencontres d'écrivains francophones tenues en Belgique, en juin 1987 Participants, Jacques Godbout, Canada; Émile Ollivier.Haïti; Nicolas Bouvier.Suisse; Rachid Mimouni, Algérie; Jean-Claude Pirotte, Belgique; Axel Gauvin.La Réunion; Gilles Lapouge.France, et S Labou Tansi, Congo 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Dédié à Paul Bley» Pierre Cartier; • Strollin'.Horace Silver; «Blue Monk»: Abbey Lincoln; «Wee-Jay.: J R Monterose; • Slower Blues» et «J'espère enfin.Zoot Sims, «You Can Depend On Me.Prez Conference/Joe Williams; «Bread and Wine.André Previn/Gerry Mulligan Jazz Club.Anim.Gilles Archambault MERCREDI 3 AOÛT 1988 OhOO L'EMBARQUEMENT POUR SI TARD.Anim Catherine Perrin 5h55 MÉDITATION «Scandaleuse nouveauté.(Éloi Leclerc) 6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Anne Rochon 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anim Françoise Davoine et Georges Nicholson 11h00 EN CONCERT Grégoire Jeay, fl baroque, Johanne Gauthier, viole de gambe; Myriam Chabot.Civ Suite en ré (Hotteterre), Sonate en ré (C P E Bach), Sonate en trio no 5 (J S Bach); extr 25e Ordre de Pièces pour clavecin «La Visionnaire, et -Les Ombres errantes» (F Couperin); Sonate en ré min (Blavet); Concerto en la min (Telemann) 12h00 LES MIDIS DE L ÉCHANSON Anim Johanne Laurendeau f 3h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE ¦ L'Écho des lieux, tour géographique et musical des diverses provinces canadiennes Anim Carole Trahan 16h00 PLAISIRS DE CHARLEVOIX • Une invitation à goûter les charmes indéfinissables de Charlevoix «Les arts» Rech et co-amm Philippe Dubé Lect et anim Richard Joubert 16h30 VISIONS ACTUELLES • «Les codages génétiques.Inv Dominique Stehelin, biologiste et cancérologue Rech .texte et int.Janine Delaunay 17h00 LES PROGRÈS DE LA BIOLOGIE ET DE LA MÉDECINE • Prod Radio France 17h30 L ISLE JOYEUSE Anim Monique Leblanc 19h00 L'AIR DU SOIR et CONCERTS EUROPÉENS Teresa Zylis-Gara, sop .Christian Ivaldi.p «Liebestreu», «Meme Liebe ist grun», «Auf dem Kierchhof», «Von ewiger Liebe» (Brahms); «Auf dem Wasser zu singen», «Die junge Nonne», «Der tod und das Madchen», «Gretchen am Spinnrade» (Schubert); «Les Berceaux», «Green», «Fleur jetée., «Mandoline» (Fauré); «Connais-tu ce pays?», «Le Ménétrier», «Au méchant».«Printemps» (Mo-niusko); «Mélodies tziganes», op.25 (Dvorak).Anim Aline Ouellet 21h30 LE JARDIN SECRET • Voyage aux sources de la création.Inv Jacques Brault.Anim Gilles Archambault.22h00 LITTÉRATURES • «Les Biographes» (20e de 21) Quelques-uns des biographes les plus connus d'Europe et d'ici nous livrent le secret de leur art Ils parlent de leurs méthodes, des difficultés qu'ils ont à vaincre, du sort réservé à leurs livres et des proiets sur lesquels ils travaillent Inv.Ma-rie-Josèphe Guers.Anim, Denise Bombardier 22h30 ANTHOLOGIE • «Chaînes» par Jean Filiatrault Lect Jean Marchand 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Medley»: Modem Jazz Quartet; «Willow Weep for Me» Ruby Braff; «Sleeping Bee.Carmen McRae; «Lawra» Wallace Roney.«I Don't Stand A Ghost ot A Chance» Lennie Tristano; «Steam» Archie Shepp/Horace Parian; «In A Sentimental Mood» Chico Freeman; «All Aboard.Muddy Waters Anim Gilles Archambault JEUDI 4 AOÛT 1988 OhOO L'EMBARQUEMENT POUR SI TARD.Anim Catherine Perrin 5h55 MÉDITATION «Tournant décisif» (Éloi Leclerc).6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Anne Rochon 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anim Françoise Davoine et Georges Nicholson 11h00 EN CONCERT Lucile Brais, hp , Marie-Andrée Benny, fl.; Andrée Lehoux.bas «L'Égyptienne» (Rameau); Trois «Danses médiévales», op 45 (J Lau-ber); «Rossignol.(Liszt); Chaconne en ré mm.(J.S.Bach); «Pastorale de Noël» (Jolivet), «En bateau» (Debussy) Anim André Hébert 12hOO LES MIDIS DE L'ÉCHANSON Anim Johanne Laurendeau 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE «Les 5 clés de sol» version intégrale des disques ou des oeuvres qui ont obtenu la meilleure cote à l'émission Chronique du disque Anim Carole Trahan 16h00 MÉMOIRES* Inv Me Maurice Blain, notaire, ex-conseiller luridique de l'Université de Montréal, qui fut de l'équipe de «Cité Libre» Int Réginald Martel.16h30 LE LIBÉRALISME MODERNE • «Le Libéralisme politique» Inv Dale C Thompson, professeur de Sciences politiques à l'Université McGill Rech et int Victor Te-boul Prés Jacques Larue-Langlois 17h00 LA MÉMOIRE DES LIEUX* «Le Plateau, le coeur de Montréal» (le Plateau Mont-Royal) Les débuts Le coteau St-Louis Le quartier de la rue St-Laurent.Le quartier de la rue St-Denis Le Parc Lafontaine Anim Jacques Folch-Ribas et Denys Marchand 17h30 L ISLE JOYEUSE Anim Monique Leblanc 19h00 L'AIR DU SOIR Anim Aline Ouellet 20h00 ORCHESTRES CANADIENS Orch du Centre national des Arts, dir Victor Feldbrill, et Mischa Maisky, vc «Diversion» (Adaskin); Concerto, op 104 (Dvorak); Symphonie no 4 (Vaughan Williams) 22h00 LIBRE ÉCHANGE • Pierre Olivier s'entretient avec Bruno Riverm, président de la Bourse de Montréal 22h30 L'ÉTAT DE PAIX • 18e de 20 «L'État Mais comment s'en débarrasser’’• Inv Bernard Bonin, économiste CBAF-FM 98,3 CBOF-FM 102,5 CBF-FM 100,7 CBV-FM 95,3 CJBR-FM 101,5 Moncton Ottawa-Hull Montréal Québec Rimouski Panayotis Soldatos, professeur de Science politique à l'Université de Montréal Rech.et int Pierre Villon.23h00 JAZZ-SOLILOQUE • Funk in Deep Freeze»: John Zorn; «Sweet Lady.; Monty Alexander, «Three Windows»; Modem Jazz Quartet; «Ibrahim»; David Friedman; «Liquid Silver»: Richard Beirach; «Ornithology»: Sonny Stitt; «You Are Getting to Be A Habit With Me»; Mai Waldrom; «Midnight Run.Woody Herman VENDREDI 5 AOÛT 1988 OhOO L'EMBARQUEMENT POUR SI TARD.Anim.Catherine Perrin 5h55 MÉDITATION «L'Église» (Éloi Leclerc) 6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Anne Rochon 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anim Françoise Davoine et Georges Nicholson.11h00 LES JEUNES ARTISTES Terry Tam, vl ; Vera Danchenko, p extr Partita no 3 (J S.Bach); Romance, op 50 (Beethoven); extr Concerto, op 47 (Sibelius); Vocalise (Rachmaninov); Scherzo-Tarentelle, op 16 et extr Concerto no 3 (Wieniawski); Romance andalouse (Sarasate) 12h00 LES MIDIS DE L'ÉCHANSON Anim Johanne Laurendeau 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE tre partie: Concert enregistré à la Maison Trestler.Yuri Meyrowitz, p oeuvres de Haydn, Schumann, Debussy.Dawson et Chopin Anim Carole Trahan 16h00 AU CINÉMA* «Les producteurs» Inv Louise Carré Anim Richard Gay 16h30 LE MASQUE ET LE VISAGE • Petite anthologie du théâtre d'ici.«Les grands auteurs et leurs témoins» Inv Luc Durand Anim Alain Pontaut.17h00 L'ÉCONOMIE EN LECTURES • Pierre Olivier s'entretient avec Ruben J Dunn, auteur du «Crash démystifié» 17h30 L'ISLE JOYEUSE Anim.Monique Leblanc 19h00 L’AIR DU SOIR Anim Aline Ouellet.20h00 FESTIVAL ESTIVAL Enregistré à l'église de St-Thomas dans le cadre du Festival de Lanaudière Extraits de récitals présentés à l'occasion de la semaine polonaise qui a eu lieu du 18 au 21 juillet Avec le Quatuor Wilanow, Jolanta Wrozina, sop ; Ella Susmanek et Janusz Olejniczak.p et Elzbieta Gaiewska, fl Anim Colette Mersy 22h00 TRAJETS ET RECHERCHES • Claude Lévesque s'entretient avec Jacques Brault, poète 22h30 SECONDE DIFFUSION • • Séquences du 7e art» (4e de 13) «Le Réalisme poétique français» Anim Richard Gay et Jean-Marie Poupart 23h00 JAZZ-SOLILOQUE ¦ Limehouse Blues» Roy Haynes, «Monk's Mood.John Scofield, «You're My Thrill» Charlie Barnet, «The Rubber Man.: Cedar Walton/Ron Carter/Jack DeJohnnette, ¦ Evolution» Santi Debriano, «Mood Indigo» Al Cohn, .Forward Fliqht» Booker Little.•Goodbye Blues.Benny Carter SAMEDI 6 AOÛT 1988 OhOO MUSIQUES DE NUIT Anim Stéphane Pilon 5h55 MÉDITATION «Affranchissement» (Éloi Leclerc) 6h00 LA GRANDE FUGUE Anim Lise Daoust f OhOO CHRONIQUE DU DISQUE Inv Daniel Leduc, réalisateur radio.Pierre Dionne, disquaire Anim Normand Séguin • ÉMISSION CULTURELLE CBF-FM 104,3 .;*i.-r • «! Irois-Rivieres ’ï?r i 4 Le Devoir, samedi 30 juillet 1988 M C-3 iHIER dU LE a, i rONAftl) 51 AIMj WALTON Symphonie No 1, Ouverture « Porstmouth Point » Phil de Londres, dir.Leonard Slatkin Virgin VC 7 90715-2 DDD***** Décidément, le maestro de St.Louis vit des années fastes.Au sommet de sa forme, comme sur le disque précédent, il parvient à nous galvaniser en redorant le blason d’un compositeur resté trop longtemps à l’écart.Voilà une performance rutilante d’un chef en pleine ascension, qui, tout en comblant les amateurs de son spectaculaire, sait respecter à la lettre les débordements waltoniens ! MICHAEL MURRAY AT ST.JOHN THE DIVINE Oeuvres de Franck, Widor, Dupré, Bach et al.Telarc CD-80169 DDD *** Dans la plus grande cathédrale gothique de la Terre, Michael Murray fait honneur à un orgue somptueux (KM.Skinner 1910), dans un programme délibérément conçu — Telarc oblige ! — pour en dramatiser les qualités extraordinaires.Une fête glorieuse immortalisée au laser par des ingénieurs qui veulent à tout prix gagner leur ciel.Michael Murrav „ ,y 4 4 ?Hk- ( alhcilr.il ol N.John Iho I Jiviik -AxV tram l • Widoi Otiprc IWliv^ollieih >iiiin.m rca Victor .«w.w OFRA » IARNOY MVAIDI lost I UroSHMUMJi) a>SU.mi)MMU l i n \ND II\ss*M»N .1 »\thS \l K V» loHnSloill \ Mil! liiUrt IIISIUX l'M I l^miNSOS VIVALDI Ctos pour violoncelle, Cto pour violoncelle et basson Otra Harnoy, violoncelle James McKay, basson Orch de ch.de Toronto, dir.Paul Robinson RCA Victor « Red Seal » 7774-2-RC DDD ?La jeune virtuose Torontoise marche allègrement sur les traces de sa concitoyenne, la guitariste Liona Boyd.Ce resplendissant concert inaugural sous l'étiquette RCA comporte entre autres trois concertos de Vivaldi jamais encore enregistrés.Avis aux collectionneurs ! HOIST 4 Scxrvnel fiteœKxfi, li;*# Sut?WUQHAN WtLUAMS The AVsp* - Conctrlc- Grotêa OEUUS Air ,vxf Otnce WARLOCX Sen*»* HOLST A Somerset Rhapsody, Suite « Brook Green » (+ oeuvres de Vaughan Williams, Delius et Warlock) Bournemouth Sinfonietta, Orch.symph de Bournemouthr dir.Norman DelMar EMI CDC 7 4781-2 ADD ***** « Fine musique anglaise pour un soir d’été », voilà le titre qui aurait pu coiffer ce magnifique compact qui n’en porte aucun.Pendant 71 minutes que l’on n’est pas prêt d’oublier, DelMar dirige sereinement un concert en hommage à la beauté, à la richesse et à la plénitude du son des cordes.**>**» Haydn 'fi m Seven I,\st W irds of Christ 16 T* AMAN STATV ( HCJtt.VrRA JANUS ITjIhMSlK HAYDN « Les sept dernières paroles du Christ » (version orchestrale) Orch.de l'État hongrois, dir.Janos Ferencsik HUNGAROTON HCD 12358 DDD ?*** Plus d’une heure de méditation respectueuse.C’est la toute première version concoctée par Haydn de ce qui allait devenir tour à tour un quatuor à cordes, une oeuvre pour piano-forte et, finalement, l’oratorio bien connu.Ici, Ferencsik utilise habilement les couleurs les plus sombres, les plus moroses, pour nous offrir une espece de « Requiem » sans paroles .LUTOSTAWSKI Quatuor à cordes ( + oeuvres de Penderecki, Cage et Maryuzumi) Quatuor LaSalle Deutsche Grammophon coll.« Classiques du 20e siècle » 423 245-2 ADD **** Sonorités cauchemaresques de 1ère atomique, tiraillements prémo nitoires des consciences, conversations entre gens stressés.À écouler à très petites doses et jamais en voi turc 1 Cette musique inquiétante et difficile d’accès rend parfaitement notre siècle et nous fait amèrement regretter les « classiques » Pour spéeia listes.«ND KM»* MENDELSSOHN Romances sans paroles Andras Schiff, piano LONDON 421 119-2 DDD ?A partir de l’été 1832.cette collection de petites pièces pour musiciens amateurs réussit à tenir longtemps le haut du palmarès de la musique en feuilles chez les éditeurs.Schiff, qui est bien meilleur dans Bach ou dans Mozart, nous en donne ici une lecture un peu trop sérieuse, voire parfois guindée, même si ce compact est loin d’être un désastre.Question de métabolisme, sans doute.— PIERRE BEAUREGARD uepLaissr DES Cette chronique retrouvera sa place dans la prochaine livraison du PLAISIR DES SONS, le samedi 24 septembre.Y figureront aussi reportages, interviews et recensions par nos collaborateurs habituels.Marc-André Hanielin y parvient admirablement Ne s’attaque pas qui veut à Godowski CAROL BERGERON * Marc-André Hamelin (piano) Leopold Godowski (1870-1938), Passacaille, Prélude et Fugue, Étude macabre, Suites Java no 2 et no.8, transcriptions de Chopin, Schubert.Richard Strauss.Albeniz et Loeillet.Musica Viva MV 1026, en CD, idem pour les autres disques * Ian Hobson (piano) Godowski, 18 Études extraites des 53 études d’après celles de Chopin Arabesque Z 6537 * Jorge Bolet (piano) Godowski, Élégie, transcriptions de Schubert, Albeniz, Bizet et Richard Strauss; pièces de Mendelssohn, Chopin, Debussy, Moszkowski et de Schlozer.London 417 361-2.* Shura Cherkassky (piano): Godowski, Aimer, boire et chanter, transcription de Johann Strauss; des pièces de Schumann, Chopin et Schubert.Nimbus Records NIM 5043.Les musiciens qui l’ont bien connu ont décrit Leopold Godowski comme le plus grand maître du clavier de son temps et sans doute de toute l’histoire du piano.Né à Wilna (Pologne) en 1870, il est mort à New York en 1938.A le voir en photo, le visage rond et le corps plutôt trapu, on pense à certains Bouddha; d’ailleurs, on lui donna rapidement le surnom de Brahma du clavier, d’après cette divinité hindoue représentée avec deux paires de bras.Cependant, ce paradigme des pianistes ne put jamais donner toute la mesure de son génie en concert.Au dire des témoins les plus avisés, hanté par la « phobie » de l’imperfection technique, il ne prenait aucun risque et son jeu perdait en couleur et en force ce qu’il gagnait en acuité.Il passa à la légende par d’autres voies : grâce à l’impression qu’il fit sur ses collègues musiciens, à ses compositions, notamment ses transcriptions des 26 Études de Chopin, et à ses ouvrages didactiques.À propos de l’oeuvre pour piano de Godowski, Harold C.Schonberg précise qu’elle est d’une telle complexité, d’un tel foisonnement de détails, que personne d’autre que lui ne pouvait la jouer.On disait alors qu’il composait pour les pianistes du futur.Cette génération de pianistes serait-elle née ?Toujours est-il que deux jeunes pianistes Ian Hobson et Marc-André Hamelin, un Anglais et un Québécois, se sont attaqués à ce répertoire « injouable » et l’ont fait avec un bonheur étonnant.Ils ne se sont pas contentés de jouer quelques pièces Marc-André Hamelin I 1 * ¦ V comme le font certains de leurs illustre aînés (Bo let ou Cherkassky) mais ils n’ont pas hésité à consacrer tout un disque à ce « pianiste des pianistes ».Dans l’avant-propos de l’édition (Lienau/Schle-singer) des 53 Études d’après les 26 Études de Chopin, Godowski précise qu’il s’est proposé un triple but : d’abord, « enrichir l’art du piano de nouveaux moyens mécaniques, techniques et esthétiques»; ensuite,» contribuer au développe ment de la nature particulière de l’instrument, si accessible aux combinaisons polyphoniques, po Arythmiques et polydynamiques »; enfin, « mul tiplier les ressources de coloris de l’instrument » Contrairement à Liszt qui dans certaines trans criptions s’abandonne à quelques excès d’exubérance d’un goût assez douteux, celles de Godowski sont tour simplement fascinantes.Il suffit de com- parer l’original de Chopin et ce qu’il en fait, à part cela, inutile d’insister sur le fait que le pianiste en à plein les doigts quand ce n’est pas les cinq doigts de la seule main gauche pour laquelle Godowski s’est plu à transcrire rien de moins que la fameuse Révolutionnaire, l’op.10 no 12.Même si l’on trouve que Ian Hobson se sert un peu trop généreusement de la pédale de droite (sostenuto) ou qu’il a tendance â alourdir ses lectures en multipliant les détails, il n’en demeure pas moins que l’ensemble relève d’un tour de force musical et technique dont fort peu de pianistes sont capables.On s’en rend aisément compte à l’écoute de Jorge Bolet qui en voulant faire de la musique avant toute chose ralentit le débit au point d’en diluer toute la substance pianistique.Cela devient rapidement insupportable et tout compte fait, pas très musical.Chez Cherkassky, le virtuose se montre un peu plus éloquent mais, à mon avis, il est possible d’y mettre encore plus de panache.Reste le plus récent disque compact, celui de Marc André Hamelin.D’abord, il faut regretter que la prise de son ne soit pas meilleure.L’instrument (le désormais célèbre Fazioli de la Chapelle du Bon Pasteur de la Ville de Montréal) y sonne comprimé et parfois même un peu clinquant.Ainsi capté, ce piano ne respire pas et l’image musicale en souffre.Cela dit, reste le pianiste et sur ce point, on ne peut qu’être rempli d’admiration.Hamelin semble posséder toutes les qualités requises pour interpréter mieux que perssonne, à l’égal de Godowski tout au moins, cette musique affreusement difficile Son jeu est partout fluide, intelligent et sensible 11 n’y manque vraiment qu’une maîtrise encore plus grande des coloris pianistiques.Quand on compare Hamelin à Hobson, dans la 45e Étude (la seule pièce en commun sur les deux disques), Davantage va nettement au premier.Avec lui, la construction est plus logique et cette transcription de Godowski de la Nouvelle étude no.2 de Chopin sonne aussi beaucoup mieux.Ailleurs, dans les transcriptions de Schubert, Albeniz et Strauss, il démontre une aisance pianistique et un sens du style à rendre jaloux un Bolet que l’on sent peiner.La grande Passacaille qui emprunte son thème à VInachevée de Schubert, offre l’occasion d’un déploiement magistral des qualités pianistiques de Marc-André Hamelin.On reste pantois devant une démonstration aussi spectaculaire.4 Quatre était trouvé.« J’y ai cru comme un malade », raconte Rozon.Quarante jours après, le premier Festival débutait avec quatre jours de spectacles et deux galas.Gilbert Rozon se sent « marié» avec le Festival Juste pour rire pour au moins cinq ans encore.Le Festival a encore beaucoup de chemin à faire, vers les États-Unis notamment, où il a commencé à s’implanter cet été grâce à la retransmission sur la chaîne HBO (télévision payante) d’un gala de Just For Laughs.Celui qui, dans les années 70, se sentait catalogué parce qu’il réussissait à bien gagner sa vie, ne se gêne vraiment plus pour viser la rentabilité, afin de construire encore plus grand.Richard Luneau est le défenseur tranquille de son bébé qu’il porte au bout de ses bras depuis 1981 : le Festival mondial de folklore de Drum-mundville.Son combat est plus difficile que celui de ses collègues, car les Québécois entretiennent beau- coup de préjugés envers le folklore en général et leur propre folklore en particulier, qu’ils connaissent bien mal.« Le folklore qui leur a été pré-senté à travers des émissions comme À la canadienne, c’est du western », explique-t-il.Aussi, la ville de Drummundville est un peu la risée du Québec depuis un certain numéro spécial du magazine Croc.Ville avec laquelle aussi, Luneau a dû se battre pour amener ses hommes d’affaires dans le coup.Mais Luneau est fier de constater que le Festival de Drummundville réussit à redorer le blason du folklore.De 81,000 spectateurs en 1981, ce nombre est passé à 750,000 cette année.Bachelier en arts et traditions populaires, Richard Luneau est un fervent folkloriste.Il a commencé tout jeune à danser et c’est avec la troupe Mackinaw qu’il a mis sur pied le Festival mondial de Drummundville Depuis, Luneau n’a qu’un seul re gret : trop occupé par des tâches ad ministratives, il ne voit pas passer le Festival et ne danse presque plus.Il n’est ni le directeur, ni l’orgam sateur du Festival d’été international de Québec, mais comme directeur wMmW.¦ Thâtre du Sang Neuf présente du 25 juin au 27 août le Théâtre du Parc Jacques Cartier à Sherbrooke La Danse des Baboons, une folle comédie américaine adaptée par Louise Latraverse et John Stowe.Mettant en vedette Dainielle Bissonnette et Bernard Fortier.Forfait souper-théâtre et hébergement-théâtre disponibles.Réservation: (819) 821-5489 (819) 567-7575 P U B L h BASILIQUE NOTRE-DAME 2 AOÛT K 19 H.HJ U ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL CHARLES pi TOIT CHARLES DITOIT.chef RICHARD ROBERTS, violon MOZART Conorto pour / iolon no I À 20** TCHA1M )\SK> S\tnf)honie no 5 Billet» individuels IK$ ISS il “$ en venir • iu\ comptmrx Tuluirun ( ?I SdJ ) • it*\ Huichris de Ij Place des \rt> | +1 (MIS » CE FLSTDÀl EST REND! POSSIBLE GRÂCE A LA GÉNÉROSITÉ DE POWER CORPORATION DU CANADA a Hyd'o Québec SIlGLS RtSERYtS de la programmation, Jean Beau-ehesne joue un rôle primordial dans la mise sur pied de cet événement.Intellectuel, Jean Beauchesne par tage son temps entre la programmation du Festival de Québec cl l’enseignement de la philosophie.Pour rien au monde, il ne voudrait abandonner cette double tâche.« Mes deux occupations sont très complémentaires.La programma tion du festival est le prolongement pratique de mes préoccupations esthétiques.» Beauchesne termine d’ailleurs une maîtrise en esthétique.En vieux collectionneur de disques depuis deux décennies, il a « côtoyé » bien des groupes.Après le rock et le folk rock, en passant par le jazz, Beauchesne en est venu à s’intéres ser aux musiques ethniques.C’est maintenant sa spécialité Doublée d’une bonne dose d’intuition des nou veaux courants, c’est cetU mnais sance qui nous donne, FüpI IbmHanks DAUPHIN ST-JÊR0ME 1 J0LIETTE BEA JBIEN IBFRVH F ’?1 60f' 7330 A(JT DES LAURENtlDES 688 3684 CARREFOUR OU ‘J0RD CINEMA JOLIE T TE DIDIER FARRE PRESENTE DAD ni mas C.INUMIX OOtON À L' PETIT BON.FRANÇAISE oui of Rosenheim EN VERSION FRANÇAISE LA MAGIE DU DÉSERT, D'UNE GROSSE ALLEMANDE ET D’UN THERMOS.DENIS S'f CATmER 0DË0N LAVAL JEAN-TALON Percy Adlon dx L0NGUEUIL 222*02233 2ième FILM AUX CINÉ-PARCS J0LIETTE I ST-HYACINTHE TROIS-RIVIÈRES avec Marianne Sagebrecht Cch Powder Jack Palance CINE-PARC LAVAL ICINE-PARC CHATEAUGUAYICINE-PARC ST-HILAIRE JE S LAURENTIDES (SORTif «.une interprétation brillante! .en sent l'influence de Bergman et de Fellini.» ft#.*#.vulAGt vO'Cf « .impressionnant I » ç «.intelligent, frais et innovateur .comique à l'extrême!» DÈS LE 3 AOUT UNE DISTRIBUTION Êfcttor *9ilm Wnretw Confer NtW VO»K TlMfi Un Mm de SUZANNE OSTEN c’en est fini de la pomme.Mais si vous ratez la poubelle et qu’un pépin a la chance de s’implanter dans le sol, son destin sera autre et la pomme survivra.Alors donc « l’indépendance, c’est quand on rate la poubelle.» (sic).Pour faire avaler ce genre de pitreries, il faut d’excellents comédiens.Ils ne sont pas mauvais, les comédiens qu’a choisi Alexandre Arcady.Mais ils ne sont pas toujours dirigés.Ainsi, le numéro de Jacques Villeret en marchand arabe est un flagrant exemple de cabotinage.Quant à Anna Karina en chanteuse de blues, c’est une erreur de distribution .Il y a peu à dire sur la décorative Valeria Golino.Cela dit, Dernier été à Tanger n’est pas un film à balayer du revers de la main.D’abord, c’est un film agréable à regarder et on en a vrai ment plein la vue.À gauche, l’Atlan- tique; à droite, la Méditerranée; en face, Gibraltar.Et à l’intérieur, au confluent de deux continents, la rencontre de deux civilisations.Dans le Tanger qui se dessine sous nos yeux, les folklores, les langues, les costumes, les artisanats, les architectures composent un fascinant mélange.Si la galerie de portraits humains manque de nuances, elle n’en est pas moins chaleureuse et pittoresque.Et le trait est juste.Qui, mieux qu’Alexandre Arcady, pourrait du reste faire revivre cette époque qu’il a connue et aimée ?Rappelons qu’Arcady a réalisé Coup de Sirocco, Le Grand Pardon et, plus récemment, Le Grand Carnaval qui décrivait avec verve et couleur l’Algérie coloniale des années 40.De la même façon, malgré ses défauts, Dernier été à Tanger est un témoignage sur une Afrique du Nord à jamais disparue.Et par cela, il intéresse.Poussière d'ange et Die Hard Histoires de flics Photo Archives Fanny Bastien et Bernard Giraudeau dans Poussière d’ange d’Édouard Niermans MARCEL JEAN ?Poussière d’ange.D’Édouard Niermans.Avec Bernard Giraudeau, Fanny Bastien, Fanny Cottençon, Jean-Pierre Sentier et Michel Aumont Scénario: Jacques Audiard, Alain Le Henry et Edouard Niermans Image Bernard Lutic.Montage: Léon Senza et Vincent-Marie Bouvot.France, 1987 94 minutes.Complexe Desjardins.* Die Hard.De John McTiernan.Avec Bruce Willis, Bonnie Bedelia et Alexander Godunov.Scénario: Jeb Stuart et Steven E.de Suza.Images Jan De Bon.États-Unis, 1988.135 minutes.Plaza Alexis-Nihon.Simon est flic.Mai rasé, mal habillé, solide buveur, amoureux jaloux qui n’hésite pas à sortir sa femme d’un restaurant par les cheveux, il n’a rien d’un exemple à donner aux enfants.En fait, Simon est, dans tous les sens du terme, un sale flic.Violetta, elle, est une femme-en-lant.Vaguement braqueuse de banque, elle pique ses repas dans un supermarché, s’agenouille devant toutes les statues religieuses qu’elle croise et cherche désespérément les responsables de la mort de sa mère.Au fond, Violetta est, comme disent les vieux, une bonne petite fille.À la dérive depuis que sa femme l’a quitté, Simon va se voir confier la glorieuse mission d’enquêter sur la disparition de quelques bouts de pains, de fromages et de viandes froides dans un supermarché.C’est là, dans ce lieu moins que probable, qu’il va rencontrer Violetta.Film policier, Poussière d'ange est d’abord construit sur de solides personnages, et c’est vers eux plutôt que vers l’enquête que se porte l'attention du cinéaste.Édouard Niermans, révélé par Anthracite en 1980, aborde le genre d’une manière très personnelle, en cherchant à donner à son film une allure proche du rêve.C’est ainsi que Simon est un personnage presque fantomatique, un personnage d’abord vidé de toute vie (sa femme l’a quitté) et qui se remplit FAMOUS PLAYIRS f LES FILMS DU N CRÉPUSCULE INTERNATIONAL PRESENTE ESI 1st loi du Désir an film de Pedro Almodovar ’¦ LE CINÉASTE LE PLUS TALENTUEUX DE , L'ESPAGNE CONTEMPORAINE- VILLAGEVOICE POUR CEUX ETCELLES QUI ONT 1 AIME «LA CAGE AUX FOLLES» UNIVERSITE ® Vendredi Samed peu à peu au contact de Violetta, l’ange évoqué par le titre.Pour arriver à créer le climat d’étrangeté dans lequel baignent les personnages, Niermans n’a rien ménagé.À partir de prises de vues de Paris, de Lyon et de Marseille, il a créé une ville surprenante, aux couleurs délavées, presque noire et blanche.Pour donner aux bruits générés par la ville un aspect aérien, il a tapissé la bande sonore de sons pris dans la ville de New York.Enfin, il a travaillé les costumes des acteurs dans leurs plus infimes détails.Spectres errants, Simon et Violetta n’ont pas vraiment de maison.Ils vont et viennent avec quelques objets familiers.Lui dort dans sa vieille Mercédès, elle dort où elle peut.Leurs rencontres, qui ponctuent le récit, ont lieu sous le signe d'une étrange fascination, d’une sorte d’attirance non-rationnelle qui exclut le sexe et toutes les autres mécaniques habituelles.Exceptionnel dans le rôle de Simon, Bernard Giraudeau éclate enfin, après tant de mauvais films et tant de rôles sans intérêt.Son Simon est étonnant et se situe à des kilomètres des rôles de bellâtres auxquels il nous a habitués.Drôle mais désespéré, à demi-éveillé, il traverse le film comme on traverse un dur lendemain de veille.Quant à Fanny Bastien, légère comme une plume au grand vent, elle évoque bel et bien ces petites créatures sans âge et sans sexe, ces anges exterminateurs au visage pur qui, la nuit, peuplent les rues des villes imaginaires.Poussière d’ange est la preuve qu’Edouard Niermans est l’un des rares jeunes cinéastes français de qui l’on peut attendre de bons films sans craindre de se tromper.La preuve, aussi, qu’on peut encore faire quelque chose de singulier en respectant un canevas de film policier.Si Simon est un sale flic, John McLane, lui, en est un bon.En vacances à Los Angeles pour la période de Noël, désireux de renouer avec son ex-femme, ce policier de New York n’est pas sitôt installé que des terroristes prennent un groupe de gens en otages dans des bureaux situés en haut d'un grand building.Devant l’inefficacité de la police locale (décidément, après les deux Beverly Hills Cops, on va commencer à croire que la police de Los Angeles est vraiment inefficace), voilà qu’il décide de prendre les choses en main.Réalisé par John McTiernan.Die Hardest un produit américain honnête, où l'humour el l'efficacité (de la mise en scène, pas de la police) sont de la partie.Bien entendu, comme l’ensemble de la production commerciale américaine cette année, le film aurait gagné à être resserré et à durer une bonne vingtaine de minutes de moins.Bruce Willis, l'acteur principal de la série télévisée Moonlighting.prouve encore une fois, après Blind Date, qu'il est mûr pour le cinéma.à Le Devoir, samedi 30 juillet 1988 ¦ C-5 LC PLAISIR /Av LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Les best sellers Le rêve d’un magicien en vacances à Newport Mr NORTH Wilder Thornton Paris, Presses de sance, 1988.a Renais- SYLVIE MOISAN THÉOPHILUS North est un jeune homme dans la trentaine qui décide, à l’été 1926, de s’installer pour la saison à Newport, dans le Rhode Island, après avoir démissionné de son poste de professeur.Huit ans plus tôt, alors qu’il y faisait son service mili taire dans les gardes-côtes, il avait été séduit par cette station balnéaire élégante, où la haute société de la Nouvelle-Angleterre va en villégiature durant l’été.Lorsqu'il était enfant, Théophi-lus avait successivement caressé le rêve d’être saint, anthropologue, aventurier, détective, comédien, magicien, amoureux, puis, finalement, homme libre, ce qui semble bien être le plus difficile.À son arrivée à Newport, il n’a plus ni idéal, ni ambition.À vrai dire, il est plutôt désabusé et jette sur le monde un regard empreint de cynisme.Comme les archéologues avaient trouvé, sur le site de Troie, neuf strates de construction, il ne tarde pas à percevoir à Newport neuf cités, qui représentent autant de lieux historiques, de classes sociales et de groupes humains.Pour gagner sa vie durant son séjour, il donne des cours de tennis, des leçons de français, et fait la lecture à plusieurs personnalités importantes de Newport.Ses activités l’introduiront graduellement dans la bonne société et lui donneront l'occasion de jouer tour à tour chacun des personnages qu’il avait rêvé d’être, en fonction des neuf cités qu’il trouve à Newport.Il réconciliera les époux, sera à la fois confesseur, guérisseur et psychologue, mènera quelques enquêtes, déjouera des complots et complotera lui-même à l’occasion, pour réunir des amoureux sépares ou désunir des amants mal assortis.Le narrateur utilise son journal de l’époque pour reconstituer les événements et nous en faire le récit plusieurs années plus tard.Certains épisodes sont racontés sans grand souci de leur ordre chronologique, ce qui occasionne de nombreux retours en arrière et de fréquents sauts dans le temps qui pertubent la continuité du récit et sèment parfois la confusion dans l’esprit du lecteur.Mais c’est le ton ambigu du narrateur qui risque le plus de déconcerter.J’avoue ne pas avoir très bien su distinguer les moments où il est sérieux de ceux où il ironise.Les tours de passe-passe de Théophilus nous en mettent plein la vue.Il est, pour ainsi dire, a l’abri des échecs.Sans doute est-ce à cause de son côté magicien, celui qu’il rêvait d’être lorsqu'il était enfant et qu’il est devenu, de toute évidence, à Newport.Bien qu’il nous montre certains aspects peu édifiants de la nature humaine, Théophilus semble croire qu’avec un peu de bon sens et surtout beaucoup de bonne volonté, tout peut s’arranger dans la vie.Cette conception, plutôt simpliste des choses, laisse peu de place, on l’aura deviné, à la profondeur psychologique et au questionnement métaphysique auxquels, de son propre aveu, il a renoncé.Les personnages du roman manquent, par conséquent, de substance et leurs aventures, souvent déterminées par les machinations bienveillantes de Théophilus, nous semblent par moment bien peu crédibles.À vrai dire, tout s’organise dans le récit d’une façon un peu mécanique, ce qui donne à l’ensemble un caractère factice.Le séjour de Théophilus à Newport lui aura apporté une forme de sérénité.Ces quatre mois vécus dans une petite ville charmante qui a ses mystères lui auront permis de satisfaire certaines de ses aspirations, « d’actualiser» quelques-uns de ses phantasmes juvéniles, tout en se faisant des amis, ce qui est déjà une agréable façon de passer l’été.Flaubert: vie et oeuvre en son temps.et une Bovary égarée dans notre siècle! FLAUBERT Henri Troyat Paris, Flammarion, 1988, 410 pages.LA MARE D’AUTEUIL Roger Grenier Paris, Gallimard, 1988, 189 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN Q N SK PR K NI) à rêver.Si iFlaubert, qui peina pendant près de cinq ans sur le manuscrit de Madame Bovary, n’eût pu profiter des rentes de sa mère; n’ait pas eu le refuge campagnard de son domaine du Croisset ; bref, si Flaubert, au lieu de rédiger l’histoire d’Kmma entre les années 1851 et 1856, par la perversion d’une machine à précipiter le temps, eût abouti aux années 50 de notre siècle, dans la frénétique république parisienne des Lettres, que fût-il advenu de son héroïne ?Et, par la suite, de Salammbô, de 1/Éducation sentimentale, des Trois contes et même de Bouvard et Pécuchet, laissé inachevé, puisqu’ils furent tous arrachés de la même façon à un labeur terriblement exigeant ?Mais que je revienne, c’est plus que l’heure ! à la splendide biographie de Troyat.Il faut la recommander même à ceux-là, il s’en trouve partout, et même au Québec ! qui croient tout savoir du père de « la Bovary ».Et notamment aux contempteurs de l’art pour l’art, cette religion que pratiqua Gustave Flaubert et dont il se fit volontairement le martyr.Ils seront peut-être étonnés, grâce à la méthode de travail que suit ici le biographe, d’apprendre que l’ermite de Croisset était aussi, et sinon plus que ses confrères écrivains, assoiffé de vie parisienne, d’honneurs, de relations flatteuses; que la thébalde normande, toujours retrouvée avec plaisir et soulagement, n’était pas l’antre d’un ours mal léché.Autres qualités de ce bel ouvrage : la cohabitation, chez ce gros et gras personnage que fut Flaubert, d’un artiste et d’un étudiant attardé, dont le Prince de cuir et B.C.B.G.: de modernes mésalliances JEFF ! Judith Messier, Montréal, Triptyque, 1988, 214 pages.LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN VOICI un roman léger qui se lit avec plaisir et tout d’une traite, et qui ne risque pas de laisser de traces.On ne lui en fera pas grief, il a été voulu ainsi.C’est qu’il raconte une histoire d’amour qui ne durera pas, où le drame est maintenu à distance.Mathilde a trente-cinq ans.Elle vit seule dans son condo à Outremont, partageant son temps entre ses amies, ses lectures et son travail d’écriture : elle a un roman en cours et vit de journalisme à la pige.Elle est divorcée et se méfie modérément des aventures amoureuses.Elle aimerait bien aimer sans souffrir mais ne cultive pas d’illusions.C’était compter sans l’irrésistible Jeff ! Au Lux, un garçon lui sourit, il la suit dans la rue.Il est beau, visiblement beaucoup plus jeune qu’elle.Il parle délicieusement français avec une pointe d’accent anglais.Good Grief est son juron favori.On dirait qu’il est de bonne famille .Tout de cuir noir vêtu, les yeux passés au khôl, il porte un anneau à l’oreille et de la gommine dans les cheveux.Il la suit au comptoir du boucher, s’achète un steak lui aussi, une bouteille de vin et s’invite chez elle.Elle voudrait s’en débarrasser, ne fait rien du moins pour l’encourager, mais il a du charme, de l’aplomb, de l’esprit et apparemment, une certaine culture.Ce soir-là, ils feront l’amour et ce sera bon.La séduction aura commencé à enfiler ses mailles.Mathilde a beau se gendarmer, se méfier d'elle-même autant que de lui, pourquoi refuserait-elle ce qui lui est donné avec la plus désarmante des gentillesses.Bientôt le beau Jeff s’est installé chez elle avec la même grâce superbe et indépendante qu’un chat.Un vrai Survenant ! Quand vient le temps du loyer, il lui dépose les gros billets sur la table.Tout simplement.Quand elle rédige ses articles, il lit les livres de sa bibliothèque, par ordre alphabétique, son walkman sur la tête.Elle commence à redouter qu’il n’en arrive à la lettre Z.Il lit même Barthes dans le texte, l’anglophone ! D’où tient-il cet argent dont il ne semble jamais manquer, lui qui ne travaille pas et semble faire de l’oisiveté une forme d’art ?Il sort souvent seul et très tard.« Au revoir, ma douce ».Ne dit pas où il va, ni quand il reviendra.Il Photo xza JUDITH MESSIER revient toujours.Elle accepte de ne pas poser les questions auxquelles il ne veut pas répondre, de ne pas attendre, de ne pas souffrir en l'attendant.Ses amies à elle (qui ne sont pas sans ressembler aux femmes de La bonne aventure) s’étonnent qu’elle ne sache même pas son nom.« Non, je ne lui ai pas demandé, il ne me l'a pas dit de lui-même et je n’ai pas fouillé ses poches à la recherche de sa carte d'assurance-maladie ou de son permis de conduire.Je ne connais pas cet homme, je ne connais ni ses aspirations ni ses déceptions, ni ses problèmes physiques ou métaphysiques.J’aime sa présence charnelle et presque muette.Quand mes autres amants me racontaient toutes leurs histoires, j’étais angoissée, j’essayais de me mettre dans leur tête pour les comprendre.Ça me gru geait et m’empêchait d'écrire.Jeff, j’ai la possibilité de l’aimer — comment dire ?— légèrement.[.] pour le moment, je vis l’amour léger, d’où n’est pas exclue une part d’angoisse, puisque Jeff peut disparaître du jour au lendemain.» Voilà le hic.Au premier chapitre, intitulé Générique, elle l’attend et l’on pressent qu’il ne reviendra plus.Cette ombre de la fin d'un amour qui ne devait pas durer plane sur tout le roman.Comme les amies de Mathilde, nous nous serons demandé qui donc est ce Jeff énigmatique sorti de nulle part, qui ne va nulle part, touriste de la vie.Quand il l’emmène dans les bars qu’il fréquente, au Saint-Sulpice, au Business, où on le traite comme un prince, Mathilde l’imagine revendeur de drogue,lui prête même des aventures homosexuelles.Nous saurons à la fin, il le faut bien, qui était ce Jeff qui passait sa vie à se glisser dans celle des autres.Un coureur de grands chemins, une sorte d’ange pasolinien domestiqué.La fin est un peu faible, commode, mais l’auteure a beaucoup de talent pour décrire ces lieux où il entraîne Mathilde, leurs simples plaisirs d’amants et les angoisses bénignes qui les accompagnent.Elle a surtout le don des dialogues qui courent alertes et abondants d’une « Séquence » à l'autre.En employant ce mot de séquence plutôt que celui de chapitre, Judith Messier souligne les qualités cinématographiques de son écriture.Ce qui donne à son style sa légèreté et son efficacité dans un roman de bonne facture.Un bon moment de lecture qu’on ne saurait bouder.Un premier roman qui fait souhaiter que l’écrivaine récidive et s’attaque à des défis plus périlleux.langage et le vocabulaire étonneront les délicats, dans les lettres, matériau copieux où puise, avec discernement.le biographe pour éclairer toutes les facettes de la personnalité de son héros; le goût des voyages et de l’exotisme, Flaubert, ayant sacn fié très jeune à l’évasion en Orient, et pour son oeuvre, sans doute, et pour l'encanaillement chez des houris de bazar, qui lui vaudra ce qu’on appelle aujourd'hui pudiquement des MTS avec le vieillissement et la calvitie précoces.Troyat ne serait pas le maître biographe que l'on sait s'il n’avait, pour Flaubert, usé de son propre métier de romancier.Nouveauté, à mon sens, qui n'apparaissait pas dans les livres qu’il a consacrés aux grands Russes : Gogol, Tchékhov, Tourgue mev, Gorki : une propension à la critique — admirative — pour les grands romans de Flaubert, en particulier pour L'Éducation sentimentale, dont il prend la défense quand les critiques parisiens l'éreintent, et même pour Bouvard et Pécuchet.Curieuse absence, cependant, à moins que la légende lui soit apparue fausse et exagérée : on n’assiste pas aux fameuses séances de travail que Flaubert aurait imposées à son disciple, fils de sa grande amie Laure de Maupassant enfermant le pauvre Guy dans une chambre et le faisant « plancher » sur une page de texte.On doit, hélas ! limiter le commentaire, laissant à Troyat lui-même la conclusion.Pour Flaubert, « l'amour de l’art excuse tout, justifie tout.Un destin sacrifié à la passion des lettres ne peut être un destin perdu ».?Quelle aubaine, pour qui rédige un feuilleton, de «tomber», dans la même semaine de lecture, sur La mare d’Auteuil, de Roger Grenier, immédiatement après le Flaubert, de Henri Troyat ! Et surtout, sur la réjouissante première page de la première histoire, simplement intitulée : Normandie.« Dans les scénarios de Madame Bovary Ne m’arrêtez pas déjà, le mot de scénario est de Flaubert (Troyat, c’est exact, le lui met souvent sous la plume).Il ne faut pas croire qu’il date de l’invention du cinéma.Il est attesté dès 1764.» Et suit, pour notre édification, tout un paragraphe de pure érudition, ne laissant aucun doute sur la culture flaubertienne de Grenier.
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